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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
10 septembre 2011 6 10 /09 /septembre /2011 10:42

Conférence avec Léo Figuères le 13 novembre 2010 à Malakoff.
À l'initiative des sections des Jeunes Communistes du sud des Hauts-de-Seine et de Paris XVème.

À l'occasion de la sortie de son livre, "Capitalisme, Socialisme(s), Communisme", Léo Figuères présente son analyse de la situation actuelle, dresse un bref bilan des expériences socialistes passées, et met en avant la nécessité pour les organisations révolutionnaires de porter le socialisme comme projet.

 


 

 

 

 

 

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:07

Par vivelepcf@laposte.net

« La concurrence libre et non faussée », selon le texte du Traité de Lisbonne, plutôt la « concurrence de tous contre tous », voilà l’instrument pour détruire tous les services publics. Dans le rapport de force de la Libération, grâce au PCF, de grands monopoles publics ont été conquis. En France, la notion de « nationalisation » a pris un caractère hautement progressiste, que nous avons pu placer dans une perspective socialiste. Ces conquêtes ont court-circuité le processus de concentration des oligopoles privés analysé si justement par Lénine après Marx.

Il n’était plus question de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits comme cela avait était le cas auparavant (ex : la nationalisation des Chemins de fer de l’ouest en 1909) ou comme on vient de le voir à la faveur de la crise de 2009 aux Etats-Unis (General Motors) ou en Grande-Bretagne (secteur bancaire). En France le gouvernement s’est bien gardé de nationaliser pour renflouer les banques. C’était bien trop risqué eu égard à cette histoire et cette réalité encore présente de l’existence d’un large secteur nationalisé monopolistique.

L’existence des monopoles publics a aussi donné un modèle économique porté par des acteurs publics dans des secteurs restés ou redevenus concurrentiels (ex : l’audiovisuel encore aujourd’hui, ou l’automobile avec Renault) et un modèle social.

La casse des monopoles publics, l’éradication de l’esprit de service public qu’ils portent est une priorité obsessionnelle pour le capital. Tous les arguments sont bons. Le processus est avancé depuis les années 80.

Doit-on considérer pour autant que la bataille est terminée, qu’il faudrait se résigner ? C’est ce que l’on comprend de discours « pro-européens » émanant même de certains dirigeants de la CGT et du PCF. Le « Service public à la française », assimilé scandaleusement à un vecteur de nationalisme, ne serait même pas compréhensible pour les autres progressistes européens nous expliquait Francis Wurtz pour faire passer l’adhésion au PGE en 2003 (!).

Membre tout à la fois de la direction de l’entreprise RATP, de la direction de la CGT RATP et de celle du PCF RATP, Michel Rizzi, écrit dans le n°2 de la « Revue du projet » : « Le monopole public, à la condition expresse qu’il soit géré de façon réellement démocratique, est certainement l’organisation la plus pertinente en termes d’efficacité. Mais supprimer la concurrence, notamment à travers une modification en profondeur des traités européens, ne peut pas être un préalable pour avancer. Un premier objectif est certainement de conserver, de conquérir ou de reconquérir un opérateur public dans chaque grand domaine concerné, tout en admettant qu’il sera nécessairement et pour une longue durée en compétition avec des sociétés privées. »

L’UE du capital et la concurrence libre et non faussée comme horizon indépassable ! On comprend le refus de certains de mener la bataille pour défendre les régimes spéciaux de retraite, le statut des entreprises publiques, son acceptation de la politique du Syndicat des transports d’Ile-de-France à direction PS, aménageant la concurrence.

Communistes, cela ne peut pas être notre position.

Le service public est attaqué comme jamais. Au 1er janvier 2011, le monopole juridique de La Poste sur le courrier de moins de 50g a été supprimé, avec une directive européenne (La « votation » de « toute la  gauche » en 2009 avait d’ailleurs refusé de mettre ce point en question). Veolia s’allie avec Trenitalia pour faire rouler, sur les mêmes voies, des trains privés de voyageurs contre la SNCF. Avec la loi NOME, EDF va livrer à prix coûtant l’électricité d’origine nucléaire financée par les usagers et la collectivité pour qu’elle soit revendue au prix fort par le privé.

Pas question d’accepter cela comme une fatalité ! Les ressorts du service public d’entreprise publique, reposant sur les monopoles publics historiques, sont toujours actuels, largement partagés, à l’heure où même la « gauche » de l’idéologie dominante se met hypocritement à vénérer le programme du CNR.

Défendre et reconquérir les monopoles publics, des nationalisations démocratiques, refuser l’application des traités, directives et autres règlements européens illégitimes est une obligation pour promouvoir l’intérêt général, la coopération internationale entre services publics et peuples face aux prétentions du capital européen et mondial.

Nous ouvrons la réflexion par plusieurs articles traitant concrètement de différents secteurs d’activité. Parce que c’est fondamental.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 13:37

Le Nouvel Observateur, daté du 6 janvier 2011, publie ce court article :

 

«PCF: et nous, et nous !

Pierre Laurent met en garde le PS qui, selon lui, a fait de son alliance avec les écolos « un axe stratégique » au détriment du Front de gauche. Aux sénatoriales, fait-il remarquer, le PCF est largement supérieur aux écolos en termes de grands électeurs. « Si les Verts y allaient seuls, ils auraient zéro élu. Si on se place dans une logique de progrès général à gauche, il faut un accord gagnant-gagnant ». Pour 2012, le numéro un du PCF estime de la même façon que les débats doivent avoir lieu au sein de toute la gauche : « l’accord gouvernemental ne peut pas se faire uniquement sur le développement durable » [souligné par nous], dit-il, citant l’Europe ou le nucléaire comme des débats que la gauche doit avoir. »

 

Quel que soit le traitement, certainement peu complaisant, du Nouvel Obs, les propos repris de Pierre Laurent confirment combien toute la stratégie du Front de gauche se situe dans la réédition de l’expérience, désastreuse pour le Parti et le pays, de la «Gauche plurielle» entre 1997 et 2002. En pire, vu la dégradation du rapport de force politique et l’affaiblissement du Parti.

Les communistes doivent dégager le PCF de choix si lourds de conséquences, qu’ils n’ont jamais décidés.

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:40

Le PCF doit s’exprimer sans ambiguïté pour la sortie de la France de l’OTAN.

 

Les événements récents viennent de souligner de façon tragique les conséquences de l’alignement français sur la politique mondiale des Etats-Unis et l’OTAN. Dix soldats français viennent d’être tués en Afghanistan, où les gouvernements successifs ont engagé notre armée dès 2002 (sous la « gauche plurielle »), avant que Sarkozy décide de renforcer le corps expéditionnaire et de le diriger vers les zones les plus tendues. L’action de l’OTAN, à laquelle est affilié le gouvernement géorgien, pèse aussi lourdement dans les événements du Caucase.

Pour les communistes français, un objectif doit être posé sans ambiguïté : la revendication de la sortie de la France de l’OTAN. Evidemment cette perspective implique le refus total de la réintégration de la France dans le commandement intégré, comme Sarkozy vient de le décider en conclusion d’un processus conduit par tous les gouvernement depuis les années 70. L’aspect symbolique rejoint un enjeu hautement politique.

Mais au-delà, quelle doit être l’attitude du PCF vis-à-vis de la France et de l’OTAN ? Au 33ème congrès, la résolution finale aborde le sujet deux fois :

- « Alors que les États-Unis militarisent à outrance les relations internationales, développent le concept de guerre préventive en appui à leur offensive économique, commerciale et culturelle, la France et l'Europe doivent être des acteurs indépendants de type nouveau. Cela suppose de s'émanciper de l'OTAN et d'avancer vers sa dissolution, »

- « La France et l'Union Européenne doivent jouer un rôle positif au Moyen-Orient et dans le monde pour la paix en se dégageant de l'hégémonie et de l'unilatéralisme des États-Unis, ainsi que du carcan atlantique de l'OTAN dont il faut obtenir la dissolution. »

Ces phrases appellent, comme certains ont déjà suscité le débat au dernier congrès, plusieurs réflexions.

1-     Comment imaginer d’abord que l’UE se détourne de l’alliance atlantique alors que c’est l’un de ses fondements principaux ? Le projet de « constitution » européenne comme le texte du traité de Lisbonne sont sans ambiguïtés sur l’alignement sur l’OTAN et la militarisation de l’UE dans ce cadre. Cette dernière perspective n’est pas plus acceptable en dehors de ce cadre en vue de la constitution hypothétique d’un pôle impérialiste européen.

2-     La revendication de la « dissolution » de l’OTAN n’est pas équivalente, encore moins supérieure, à la revendication de la « sortie de la France de l’OTAN ». Dissoudre l’OTAN ne peut relever que d’une décision de ses membres avec la prépondérance que l’on sait des Etats-Unis. Citoyens français, ce n’est pas de notre ressort. Alors que demander la sortie de la France de l’OTAN relève de notre débat politique et va de pair, en les dépassant, avec nos revendications du retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan et avec le rejet de l’intégration dans le commandement commun.

Avec la demande de la « dissolution de l’OTAN », qui plus est, posée dans le cadre de l’UE, la direction du Parti accepte de fait que, pour un temps (sans fin ?), les orientations de l’OTAN soient acceptées jusqu’à un invraisemblable « dépassement » de l’alliance par un nouveau système d’alliances internationales atlantiques ou étendues. Aucune transformation de l’OTAN, officine impérialiste de guerre, n’amènera à un système de règlement pacifique des conflits internationaux.

Aussi, nous devons affirmer clairement le mot d’ordre : retrait de la France de l’OTAN ! en complément des propositions pour le Retrait des troupes françaises d’Afghanistan ! et de Refus du retour de notre pays dans le commandement intégré de l’OTAN.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:43

PCF et institutions : être cohérents et revenir notamment sur la position sur le quinquennat

La révision constitutionnelle voulue par Sarkozy et l’UMP a été votée le 21 juillet 2008. Les parlementaires communistes ont voté contre après avoir combattu le texte dès le départ. Les communistes sont opposés à la quasi-totalité des nouvelles dispositions.

Le PS a finalement voté contre, à quelques exceptions près, après avoir hésité. Nous ne pouvons pas parlé sur ce sujet là non plus d’un « front commun » de la gauche tant la position du PS tient de la posture politicienne et ne contredit pas l’accord sur le fond avec la droite, manifesté depuis 10 ans sur l’évolution des institutions.

Dans l’esprit de la 5ème République, les derniers gouvernements tentent de verrouiller institutionnellement toute contestation, d’abord du mouvement populaire, ensuite de ses relais éventuels dans les assemblées, de la politique des majorités d’alternance en place.

Ce constat doit amener le PCF à réaffirmer ses positions de toujours et à revenir sur des choix récents qui allaient à leur encontre.

Nous dénonçons la « présidentialisation » du pouvoir. La nouvelle modification de la Constitution donne en fait plus de pouvoir au bloc majoritaire autour du président : majorité parlementaire+gouvernement+Président (voir les analyses détaillées du texte, notamment sur les nouvelles procédures permettant de limiter les possibilités de d’opposition au Parlement).

Le « bloc majoritaire » se dote de nouveaux moyens pour imposer sa politique (au service du Medef) pendant la période de 5 ans où il tient le pouvoir politique.

La modification de la Constitution qui a le plus fondamentalement renforcé la présidentialisation est l’adoption en 2000 du quinquennat. Elle a mis au centre l’élection présidentielle, la plus personnalisée, la plus « bipolarisée », celle qui pose le moins les alternatives de fond, comme seule véritable échéance politique nationale.

Les législatives dans la foulée lui sont subordonnées quasi automatiquement. La coïncidence des deux élections ouvre des périodes beaucoup plus longues, de 5 ans, sans possibilité de sanction électorale populaire.

En 2000, la direction du PCF, notamment par la voix de Patrice Cohen-Seat, porte-parole sur ces questions, a choisi d’appeler à l’abstention au référendum sur le quinquennat. Le PCF était le seul parti qui aurait pu et dû dénoncer l’opération. Sa direction a choisi de ne pas le faire et est au contraire rentré dans le jeu du PS, alors à la tête de la « gauche plurielle » et de la droite.

Communistes, nous devons imposer que notre parti revienne sans ambiguïté sur cette position pour le moins erronée et fasse des propositions pour contrer les effets du quinquennat et la « présidentialisation » du régime.

-                    Dès les années 70, nous avancions la proposition d’un quinquennat avec « un délai suffisant entre l’élection présidentielle et celle des députés à l’Assemblée nationale évitant toute simultanéité ». Reprenons-là !

-        Où est passée aussi notre opposition à l’élection du Président au suffrage universel direct, clef de la présidentialisation. On la retrouve discrètement dans les derniers programmes mais elle ne semble plus défendue alors qu’elle est fondamentale.

 

La dernière révision constitutionnelle doit nous faire réfléchir sur d’autres plans.

Le nouveau texte introduit dans la Loi fondamentale « l’objectif d’équilibre des budgets des administrations publiques ». L’expérience nous montre partout (Ex : Pacte de stabilité), que cet « objectif d’équilibre » est en fait l’instrument de la politique « ultra-libérale » de réduction de l’action publique et sociale, des coupes claires dans les budgets, de dizaines de milliers de suppressions d’emploi.

Cette nouvelle disposition, que nous dénonçons tous, prolonge l’introduction de la LOFL que nos camarades de la fonction publique connaissent bien pour en combattre les effets.

La LOFL est la « loi organique relative au loi de finances » co-élaborée en 2000 par le PS et la droite. Son objectif a été d’introduire, progressivement depuis, les modes de gestion privée dans les budgets publics. Au nom d’économies et de bonne gouvernance, la LOFL sert à supprimer des moyens humains et à diminuer le périmètre de l’action publique.

A l’époque, si les sénateurs communistes avaient voté contre la version sénatoriale du projet de loi, les députés s’étaient simplement abstenus sur cette loi d’essence « libérale ».

Aujourd’hui, nous devons être cohérents, revenir sur le contresens de la position de la direction du PCF en 2000 et développer notre opposition à la LOFL et à sa logique.

C’est central au moment où est frontalement attaquée la Fonction publique.

 

La révision constitutionnelle pose aussi à nouveau la question des prérogatives du Parlement national relativement aux textes européens.

Scandaleusement, la référence au Traité de Lisbonne est maintenue malgré le vote NON des Irlandais qui le rend caduc. L’obligation de tenir un référendum en cas d’élargissement de l’UE est supprimée.

Aujourd’hui, les directives et règlements européens sont rédigés à l’initiative de la Commission européenne, organisme antidémocratique par nature. Puis ils sont adoptés avec le Conseil européen où l’exécutif français (Président, premier ministre) peut s’y opposer mais ne le fait jamais, parce que la politique définie à Bruxelles, dans l’intérêt du capitalisme mondialisé, est la sienne.

Mais où intervient le pouvoir législatif français, représentation démocratique de notre peuple sur ces directives amenées à devenir des lois s’appliquant dans notre pays ?

La lutte acharnée à laquelle nous avons contribué contre la « constitution » européenne aura réussi à empêcher que les directives européennes, qui seraient devenues « lois européennes », rentrent directement dans la Loi française. C’est un des seuls reculs du Traité de Lisbonne. Les directives donnent toujours lieu à des « lois de transposition » discutées par le parlement national.

Là aussi, jusqu’à présent, jamais les majorités successives n’ont voté contre une loi de transposition. Mais l’existence du débat parlementaire en France, à l’échelon national, le plus important de l’expression démocratique du peuple, par exemple sur la marchandisation des services publics, ouvre des possibilités de débat public et limitent les prétentions des eurocrates.

L’UE sert de prétexte et d’instrument, dans les mains de nos gouvernants, pour casser nos acquis sociaux et démocratiques. Ne devons-nous pas porter l’idée d’un droit de censure de l’Assemblée nationale des directives et règlements européens ?

Sur ces questions aussi et bien d’autres, le 34ème devra être un moment pour réactualiser nos positions.


PS : pour donner le change contre les voix des radicaux de gauche, la majorité aurait consenti à abaisser à 15 le nombre de députés nécessaires à la constitution d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.

Si cela se vérifie, notre revendication de 2007 serait satisfaite et l’occasion serait offerte de lever toutes les ambiguïtés du groupe de la « gauche démocrate ». Les 18 députés PCF et apparentés pourront reconstituer le groupe communiste. Les 4 Verts, notamment les anticommunistes Mamère et Cochet, pourront retrouver les 11 députés radicaux avec lesquels ils constituaient déjà un groupe entre 1997 et 2002.

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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 18:33

Stéphane Auriol s’adresse à André Gérin :

Dans l’intérêt de notre bataille pour le relèvement du PCF, je te fais part de mon profond désaccord avec tes positions sur le capitalisme « des métiers »


Cher camarade,

Je suis avec attention tes courriers et tes interventions dans les media. Avec mes camarades de la RATP, nous nous élevons comme toi contre le processus de liquidation de notre parti, né du congrès  de Tours, le PCF. C’est pourquoi nous pensons que nous avons intérêt à ne pas cacher certains désaccords, à ouvrir le débat sur certains sujets.

Nous ne nous reconnaissons absolument pas dans les positions que tu as exprimées notamment dans une interview à l’hebdomadaire « Le Nouvel Economiste » daté du 10 avril 2008. Nous sommes conscients que le journaliste peut avoir déformé tes propos, auquel cas il nous paraîtrait important d’imposer une rectification.

Dans les phrases que l’on te prête, tu te fais le défenseur « d’un capitalisme des métiers, des savoir-faire et des produits ». Tu estimes qu’aujourd’hui « les capitaines d’industrie sont nos alliés ». Tu te réjouis d’avoir noué des « relations étroites avec le représentant du patronat Rhône-Alpes, avec l’UIMM… » et de « travailler main dans la main avec les patrons de PME et la chambre de commerce et d’industrie ».

Je partage bien évidemment les objectifs de défense de l’emploi et de l’industrie. Mais cela passe-t-il pas une union sacrée avec nos ennemis de classe ? Pour moi, certainement pas !

Il n’y a pas un « bon » et un « mauvais » capitalisme. J’ai appris dans le parti une vérité théorique, marxiste, qui à mes yeux se confirme chaque jour : les capitalistes recherchent à tirer le profit maximal de l’exploitation des travailleurs. Cela peut passer, a pu passer, pour eux par un investissement dans l’industrie en France. Depuis des années, le patronat a trouvé dans le renforcement de la concurrence internationale sur le marché mondialisé, dans la dégradation pour la classe ouvrière des rapports de classe au niveau mondial, les moyens d’extorquer davantage de plus-value aux travailleurs en France, de remettre en cause leurs acquis sociaux, leurs conditions de travail et leurs salaires, jusqu’à bien sûr leur emploi. Les délocalisations, la désindustrialisation constituent à la fois un instrument et un résultat de leur stratégie capitaliste.

Pour les de Wendel (Seillères), quand la sidérurgie n’a plus assez rapporté en France, ils ont transformé leur groupe en holding financier « Marine-Wendel » (Wendel-investissement). Pour Gallois, plus le carnet de commande d’Airbus est plein, plus il veut filialiser les usines et supprimer des emplois en France. Etc…

Aucune collaboration n’est possible avec les « capitaines d’industrie », leurs groupements UIMM, Medef ou chambres de commerce. Nos intérêts de classe sont opposés. Ce qui ne veut pas dire que l’on ne soit pas amené, sur la base d’un rapport de force, en tant que militants syndicaux, politiques, qu’élus, à discuter.

Le patronat n’a de cesse d’essayer « d’associer » les élus politiques à sa logique pour obtenir encore davantage de cadeaux sous toutes les formes (déductions fiscales, exonérations de cotisations sociales, zones franches, aide en nature…) dans le cadre d’une mise en concurrence des territoires. Communistes, nous ne pouvons que combattre les politiques basées sur le chantage à l’emploi, à la préservation de l’industrie que Sarkozy pratique d’ailleurs sans complexe.

J’en ai aussi vraiment assez d’entendre depuis la période Hue des dirigeants du Parti faire l’apologie des patrons de PME. Commençons par ne pas confondre l’artisanat qui subsiste avec les PME qui résultent de la nouvelle organisation de l’économie voulue par le patronat. Toujours pour dégager un profit maximal, les grandes entreprises ont recours à l’externalisation, à la sous-traitance en cascade. C’est le moyen de pressurer davantage les salariés, de rendre plus difficile encore leur organisation pour se défendre et faire valoir leurs droits. Que la situation personnelle des patrons de ce type de PME tende à se rapprocher de celle de salariés, cela n’y change rien. Toutes les aides accordées à ces PME, sur lesquelles on invite à pleurer comme sur les SDF, sont aussitôt pompées par les donneurs d’ordre et le grand capital.

Ta glorification du capitalisme « des métiers », au niveau des « bassins d’emploi », ta disposition à « défendre des entreprises industrielles capitalistiques » revient à accompagner cette stratégie du capitalisme. Leurs profits d’aujourd’hui ne sont pas les salaires et les emplois de demain ! L’expérience a confirmé notre réflexion théorique.

 

Quand je te lis affirmer que tu préfères recourir dans ta ville à une entreprise privée plutôt qu’aux services publics si elle apporte la « même réponse technique, moins chère » « sans esprit de boutique, ni partisan », je frémis car je crois entendre les patrons de mon entreprise ou le président PS Huchon de la région Ile-de-France lorsqu’ils justifient, au nom de la concurrence, la marche à la privatisation de la RATP, la baisse de nos salaires réels, la remise en cause de nos jours de repos, la filialisation. Une entreprise privée ne peut pas accomplir le même service public qu’une entreprise publique parce qu’elle ponctionne sa part de profit et cela aux dépens de la qualité de la réponse aux besoins, de l’emploi et des conditions de travail des salariés qui sont pour nous partie intégrante du service public. Une bonne gestion publique ne peut pas être une gestion de type privé. Elle relève effectivement des élus, notamment communistes, responsables devant la population.

Nous sommes en plein dans la discussion sur les nouvelles règles du « dialogue social » et de la représentativité syndicale. Tu réclames que « les salariés, en particulier les ingénieurs, cadres et techniciens (pourquoi davantage que les ouvriers ?) soient « associés aux choix stratégiques de l’entreprise ». Pour moi, ils ne peuvent pas être « associés », cogérer des stratégies capitalistes, ils doivent développer les moyens d’en imposer d’autres dans l’entreprise notamment avec leurs organisations syndicales de classe et la lutte idéologique sur le lieu de l’exploitation qui est la raison d’être des organisations du PCF à l’entreprise que je défends. La politique du pouvoir, le texte sur la représentativité syndicale que défend le Medef visent à structurellement, institutionnellement, financièrement inscrire l’activité des syndicats, (de la CGT qui m’intéresse principalement) dans les choix patronaux. Nous devons combattre cette grave atteinte démocratique et non aller dans son sens.

Je partage ta critique de la notion de « partage des richesses » par la « gauche ». Mais je crains que quand tu dis juste après qu’il faut « combiner résultats financiers et promotion des hommes », je ne sais pas si tu ne tombes pas dans la même logique.

Si je ne te connaissais pas je prendrais pour une insulte la phrase que rapporte le Nouvel économiste : « les cocos doivent virer leur cuti vis-à-vis du pouvoir. Il ne s’agit plus de tenir un discours contestataire en permanence mais de mettre les mains dans le cambouis. ». Je crois des milliers de camarades qui contestent chaque jour la logique capitaliste dans leur entreprise, loin des conseils d’administration et des bureaux des Chambres de commerce et d’industrie, savent ce que c’est que de mettre les mains dans le cambouis. La notion de « compromis » qui termine ton interview est justement celle que nous avons combattue, avec succès, au dernier congrès de la CGT.

André, ton interview a un mérite, celui de contribuer au débat, notamment dans la perspective du congrès sur une question essentielle pour les communistes : la politique industrielle.

Pour moi, en quelques mots, nous devons mettre en avant la défense et l’extension du secteur nationalisé, la remise en cause de la politique de concurrence « de tous contre tous » pilotée par l’UE du capital et l’OMC mais décidée en France. Notre rôle de communistes est de dévoiler, dénoncer, contester les stratégies du capital pour construire des rapports de force, au niveau des bassins d’emploi, du pays contre les choix de désindustrialisation des grands groupes. Sur un autre plan, nous devons mettre au centre, malgré la direction du parti, l’activité et l’organisation communistes à l’entreprise sur la base de notre théorie de la lutte des classes, plus actuelle que jamais.

Je crois que c’est cela qui faisait la force du parti des « années 30 ou 50 » auxquelles tu te réfères, mais encore des années 60, 70 et 80.

Discutons-en !

Fraternellement,

Stéphane Auriol, militant syndical et politique à la RATP, membre du Conseil national du PCF.

 

En lien :

réponse d'André Gérin à Stéphane Auriol

lettre du PCF Paris 15ème à André Gérin

réponse d'André Gérin au PCF Paris 15


"Camarade Libéré" - article du Nouvel économiste sur André Gérin

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15 mai 2008 4 15 /05 /mai /2008 18:31

Nous reproduisons le texte de l'article de Philippe Plassant paru dans le n° 1427 du Nouvel Economiste du 10 au 16 avril 2008.

Longuement interviewé, notre camarade André Gérin reprend des positions qui ne peuvent que susciter discussion chez les communistes.


Camarade libéré

 

Après son éloge de Castro, André Gérin pourrait passer pour un archéo. Total quiproquo: en réalité, le « coco » de Vénissieux a viré sa cuti stalinienne. A faire passer Besancenot pour un rigolo.


Lorsque l'on se rend à un rendez-vous avec André Gerin, pour comprendre comment en 2008 ce député communiste a pu prendre sa plume pour adresser une lettre de félicitations à Fidel Castro sur le départ, on s'attend à se retrouver avec le dernier des Mohicans de l'assemblée. Impression renforcée au premier contact par la façon un brin soupçonneuse avec laquelle il dévisage son interlocuteur, comme pour cerner ses arrière pensées forcément malveillantes. Erreur: l'homme qui a à son actif sa réélection à la mairie de Vénissieux dès le premier tour (avec 53% des votants) est tout sauf un communiste primaire et affiche en réalité un positionnement sans complexe. «Ma lettre à Castro est un coup de sang. Je ne pouvais pas laisser sans répondre Bush, le président de Guatanamo, zone de total non-droit, critiquer Cuba. Ce régime n'est pas exempt de critiques, je me rends à la Havane au printemps pour me faire mon opinion.» Un camarade libéré.

 

Communiste et le « culte » du résultat

«D'abord je suis très fier d'avoir été pendant 21 ans ouvrier chez Berliet. J'y ai contracté le virus de la politique aux côtés de la génération qui avait fait la Résistance et la reconstruction et en même temps, c'est là que j'ai appris «l'obligation de résultat». Mes camarades d'atelier me lançaient: « Si tu veux progresser, montre-nous ce que tu sais faire.»
 Aujourd'hui, je tiens le même discours aux fonctionnaires de la ville. J'ai appris aux techniciens les ratios économiques. Pour-moi, un sou est un sou, qu'il soit public ou privé. Quand une entreprise de ma ville, une PME ou un artisan, est capable d'apporter la même réponse technique moins chère, je prends le privé sans état d'âme car j'ai la responsabilité du bon usage de l'argent. J'ai appris surtout à défendre l'intérêt général, sans esprit de boutique, ni partisan », explique André Gerin. Ce n'est pas la seule entorse à la doxa du Parti. Il n'a pas hésité à ouvrir certains services publics le samedi et même, comble du comble, le dimanche "tout simplement pour mettre en adéquation les services avec les besoins et attentes de la population".
Innovation encore avec la création originale d'une ligne d'appel fonctionnant nuit et jour tout au long de l'année - le TOP pour "office public de la tranquillité" De même fut-il pionnier dans les délégations de quartier mises en place il y a près de 20 ans. Sa conviction: « Les services publics comme on les concevait dans les années 70 doivent évoluer en fonction des besoins. On ne peut plus être au four et au moulin. Ce que nous devons créer c'est avant tout du lien social et de la citoyenneté. » De beaux discours car le maire traîne derrière lui une réputation d'autoritarisme. "Je ne me laisse pas marcher dessus, c'est évident. Mais je tiens le même discours à tout le monde. Et si mettre les devoirs au même niveau que les droits, si expliquer aux jeunes que ce n'est pas parce qu'ils sont dans la «merde» qu'ils peuvent tout se permettre, alors oui je suis autoritaire, mais je n'ai aucun problème là-dessus. La dissolution de l'autorité à tous les étages de la société a été une catastrophe. Je suis pour que l'on remette la question des limites et du respect au centre." André Gerin assume.

Pour un capitalisme des métiers

Un homme de gauche assumant un tel discours est déjà assez rare. Mais André Gerin réserve des surprises encore plus grandes quand il développe ses conceptions économiques et sociales. « Aujourd'hui, je considère que les capitaines d'industrie sont nos alliés. Sur Vénissieux et autour de la ville, nous travaillons main dans la main avec les patrons de PME
et avec la chambre de commerce et d'industrie. J'ai des relations étroites avec le représentant du patronat Rhône-Alpes, avec l'UIMM, le conseil économique régional, la CGPME... des relations de travail. Sur la ZUP qui est une zone franche Juppé, une quarantaine de petites sociétés sont installées. C'est notre manière de remettre l'emploi au coeur de la cité. »
Le maire voit bien plus large et théorise: « Avec moi, quand on parle industrie il n'y a aucun problème, ni blocage, ni a priori idéologique. Je défends un capitalisme des métiers, des savoir-faire et des produits. Il y a des PME qui réussissent en France, des entreprises industrielles capitalistiques que je suis prêt à défendre, car elles sont de ce point de vue utiles. Je dis cela sans état d'âme. De même doit-on désormais raisonner bassin d'emploi et plus forcément entreprise. Le discours de la gauche sur le partage de la richesse, c'est du blabla si on ne se demande pas d'abord comment la créer. Or la valeur ajoutée est dans l'industrie. En moyenne, un salarié dans l'industrie crée 30% de plus de valeur ajoutée qu'un employé dans les services ». Comment mener ce combat? « A mes yeux, il ne peut être gagné qu'en associant les salariés,en particulier les ingénieurs, cadres et techniciens, aux choix stratégiques. Aujourd'hui la plupart des grandes sociétés sont dirigées par une poignée de quatre ou cinq managers et les cadres n'ont plus voix au chapitre. »
Une réinvention de l'utopie autogestionnaire?  «Je ne jette pas le masque sur les problèmes. Mais je pose la question de la finalité qui doit combiner résultats financiers et promotion des hommes. »

Nécessaire révolution culturelle
"Je veux que le PC retrouve son identité et son originalité comme dans les années 30 ou 50,lorsqu'il s'appuyait sur ce que l'on appelait l'aristocratie ouvrière. S'il ne renoue pas avec les milieux populaires et le monde du travail, le PC est condamné. Après que bon nombre de nos électeurs ont rejoint le FN - je fus l'un des premiers à admettre cette réalité taboue – je constate aujourd'hui qu'ils désertent les urnes. Dans certaines villes populaires, le taux d'abstention est de 50% et monte jusqu'à 60 voire 70%. C'est très inquiétant. Aujourd'hui dans certains de ces quartiers, les petites bandes de mafia régnent. L'effet boomerang risque un jour d'être terrible. Le PC s'en sortira - mais ce n'est pas gagné - s'il est capable d'aller à la conquête des ingénieurs, cadres et techniciens, s'il est capable d'avoir un discours crédible et sérieux et s'il ne cherche pas à leur expliquer comment il faut faire. Une place est à prendre. Les cocos doivent virer leur cuti vis-à-vis du pouvoir. Il ne s'agit plus de tenir un discours contestataire en permanence, il faut mettre les mains dans le cambouis. Ce n'est pas sale. Il faut faire des compromis avec la réalité, j'ose même dire que c'est ce qui est le plus intéressant. Il faut casser les modes anciens de pensée. Sur la question du pouvoir, le PC doit faire sa révolution culturelle. Moi je l'ai faite et j'assume.» Depuis qu'il a déclaré sa candidature au poste de secrétaire général à la place de Marie-George Buffet, André Gerin est devenu l'homme quasi invisible dans les pages de l'Humanité.



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Lettre de Stéphane Auriol à André Gérin

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