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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
4 juin 2012 1 04 /06 /juin /2012 11:41

« Majorité honteuse » à l’Assemblée, le versant moins glorieux de la « révolution citoyenne » !

 

Pour un Parti, la question du soutien à un Gouvernement se pose nécessairement à partir du moment où il dispose de députés à l’Assemblée nationale. L’épreuve de vérité a lieu au moment du vote de confiance ou d’une motion de censure, voire même au moment du vote du budget en cas de minorité de blocage.

 

Or, que vient de décréter le « leader » Jean-Luc Mélenchon, certainement soutenu par les autres dirigeants du Front de Gauche, avant même que les communistes ne se prononcent ?

 

Il a pris un « engagement solennel », « au nom du Front de gauche » (sic !) : « jamais le groupe du Front de gauche (sic !) ne votera une motion de censure déposée par la droiteSans être membre de la majorité, sans avoir demandé ni obtenu quelque poste que ce soit, nous prenons cet engagement solennel ».

 

Notons la contradictionentre le fait de s’afficher en dehors d’une majorité et le fait de ne pas voter de motion de censure, ce qui revient à soutenir le Gouvernement.

 

Et sur le fond, nous sommes en présence d’un Gouvernement maastrichtien d’austérité. Nous pouvons nous attendre à des restrictions et sacrifices divers, au nom des mots « dette publique et sociale », « compétitivité », « libre entreprise », « Europe » ou encore, plus prosaïquement, « responsabilité ».

L’avenir n’est pas écrit pendant les 5 années à venir. Il y aura des turbulences, des mouvements de fond, à gauche comme de droite. Si 3 millions de salariés sont dans la rue pour s’opposer à un nouvel allongement de la durée de cotisation et à l’application concrète de la « règle d’or » des finances publiques, ce qui équivaut à 50 milliards d’économies budgétaires dès la première année, de quel côté de la barricade les communistes devront-ils, sans sectarisme, se placer ? Du côté de Hollande ?

Sans avoir à en revenir à la période « classe contre classe », entre 1988 et 1993, les députés communistes ont voté par deux fois la censure contre Mitterrand-Rocard-Bérégovoy et leur politique de destruction des acquis sociaux.

Il est parfaitement insensé de dire à l’avance « on ne vous bloquera jamais » aux dirigeants PS. Cela donne le signal que les communistes seront les participants loyaux, avec peut-être des états d’âme, à la majorité Hollande-Ayrault-Aubry. Au motif de la « révolution citoyenne » en 2017 ? Ce n’est pas très mobilisateur !

Il n’est pas question de « faire la politique du pire », mais d’avoir la prétention d’incarner l’espoir d’une sortie du capitalisme. Il s’agirait d’engager le rapport de force, dans une vision dynamique et agissante du peuple, et non de se cantonner au rôle de rabatteur institutionnel du Parti socialiste.

L’avenir de la France dépend du niveau de conscience populaire, de la mise en mouvement de la classe ouvrière.Le communisme s’est toujours construit de manière autonome dans la gauche. Il est une gauche à lui tout seul, et non une simple partie de celle-ci. Ses identifiant sont forts et toujours plus d’actualité : respect de la souveraineté nationale des peuples, refus de la guerre et refus du capitalisme.

 

Dans la période à venir, nous aurons certes besoin du plus de députés communistes à l’Assemblée nationale (et non pas « Front de Gauche », encore moins d’un groupe « Front de Gauche »). Nos élus, nous le savons, sont des points d’appui, et non une fin en soit.

 

Mais nous aurons surtout besoin d’un Parti communiste qui réfléchit et analyse sur des bases marxistes et non opportunistes, porteur de propositions offensives et crédibles, un parti d’organisation et d’action, prenant systématiquement l’initiative des luttes, travaillant à une alliance populaire à la base.

 

Gautier WEINMANN, PCF à LEFOREST (62)

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2 mars 2011 3 02 /03 /mars /2011 15:11

Edgar Morin : 60 ans au service de l’idéologie dominante, 1er invité de l’université « populaire » de l’Humanité !

 

par EDT pour vivelepcf.fr

 

110302_Morin_UE.jpgFaut-il que notre parti le PCF soit à ce point dépourvu de penseurs, sinon de pensée propre, pour qu’il déroule le tapis « rouge » à l’un des parangons de l’idéologie dominante, en l’occurrence le « sociologue, philosophe, historien », Edgar Morin, présenté, vu son grand âge, comme un puits de sagesse ?

Maintenant avec le Front de gauche, il semble que certains dirigeants du PCF souhaitent s’intégrer dans le monde intellectuel de cette « gauche non communiste » qui a montré combien elle était anticommuniste.

 

Edgar Morin est ce 2 mars 2011 le 1er invité de la nouvelle « Université populaire de l’Humanité ». Deux pages d’interview lui ont été offertes hier dans le quotidien. Comme Stéphane Hessel, Edgar Morin ne doit plus savoir gérer son agenda tant il est sollicité par tous les médias, les clubs politiques, les associations culturelles…

La place de l’Huma n’est-elle pas de se situer à contre-courant ?  

 

Edgar Morin n’est pas invité en tant que spécialiste d’un domaine scientifique. Il vient présenter son dernier livre « La voie » qui suit les précédents dont « Ma gauche » (2010) et  expose son discours politique de propagandiste conséquent.

 

Allons tout de suite au plus significatif pour les camarades!

Depuis le départ, Edgar Morin met son image d’intellectuel entièrement au service de la cause de l’UE du capital. Dommage qu’aucune question ne lui ait été posée sur cet engagement fondamental dans l’interview de l’Huma.

En 1992, il est membre éminent du « Comité national pour le oui à Maastricht » présidé par Hélène Carrère d’Encausse.

En 2005, il multiplie les articles pour le Oui à la constitution européenne, se référant aux « pères fondateurs », regrettant la « distribution à profusion du texte qui ne va qu’accroître la confusion et la perplexité » (A quand une Europe visionnaire - Le Monde du 11 mai 2005).

 

Edgar Morin a en effet sa conception de la démocratie.

Il est un des développeurs du concept de « démocratie participative », dont il se félicite qu’il ait été repris notamment par Ségolène Royal (Rue 89 – 23/01/11).

Comme il le dit à l’Huma, « sans une part spontanée, il ne se passe rien ». « Mutuelles, coopératives, commerce équitable, rapports directs entre producteurs et consommateurs » seraient de nature à refouler le « capitalisme classique ».

Mais tout cela va pour lui de pair à une intervention active pour la disparition des acquis démocratiques nationaux, rapidement associés à du nationalisme, et à la promotion des instruments, constitution, traités, de la toute puissance de l’UE du capital.

Morin est bien l’un des meilleurs marchands hypocrites de l’UE à « gauche ». « Aller au-delà de l’euro » est son slogan (La Tribune – 02/05/10).

 

La « démocratie participative » pour mieux laisser la domination du capital supranational : cette idéologie a pour fondement chez Morin l’anticommunisme, résumé quand il le faut par l’antisoviétisme. Morin ne doit pas en revenir de pouvoir faire la leçon aujourd’hui à l’invitation de dirigeants du PCF !

 

Dans les 25 dernières années, l’écrasement de l’URSS est l’un des événements positifs qu’il voit, de même qu’il revendique la raison première de la création de l’UE du capital : l’opposition « nécessaire » à l’Union soviétique.

 

Les mots ont un sens. Morin le sait. L’histoire lui fait accepter ou refuser certains d’entre eux selon sa propre visée.

« Révolution » ? « J’ai abandonné ce terme parce qu’il est trop connoté à l’idée de violence… » répond-il à l’Huma. « Réforme » ? « J’emploie le mot réforme dans l’idée d’un chemin progressif qui transforme ».

« Socialisme » : « ce terme souffre de l’aplatissement et de la souillure et n’est plus tellement adéquat parce qu’il renvoie à des expériences qui, les unes et les autres, ont abouti à un relatif échec ».

« Communisme » : le converti repenti Morin, qui s’est fait exclure du PCF en 1951, répète combien le communisme aurait été une religion qui a failli à apporter l’idée du salut de l’Humanité.

L’idée que l’étiquette d’ex-communiste soit un gage de fiabilité politique est décidemment irrecevable.

 

Depuis les années 60, et notamment 1968, Morin, ami de Touraine et de Rocard, est à la pointe de toutes les perspectives alternatives à la lutte des classes et à l’organisation en parti de classe, lui pour qui Marx n’est qu’un penseur parmi d’autres. Aujourd’hui elles se nomment « commerce équitable, entreprises citoyennes, environnementales, développements associatifs, décroissance » (Le Monde 26/05/05) : l’idéologue Morin est évidemment toujours précurseur de ses idées de diversion. Bon pied, mauvais œil ! Mais pour lui, il s’agit bien de conférer à l’Europe un « rôle mondial », nécessairement impérialiste.

 

L’admirateur invétéré de Lula et d’Obama (malgré tout), s’inscrit dans un projet de refonte de la « gauche », entre un PS « stérile », le « côté fermé et sectaire » des petits partis de gauche… et en prenant compte de « l’intérêt de l’écologie politique » (Cohn-Bendit est logiquement sa tasse de thé).

 

Pourquoi inviter Morin à la première université populaire de l’Humanité ? Pour confirmer que le projet partagé du Front de gauche se fait dans le rejet de ce que représente le PCF, dans l’acceptation du langage actuel de la « gauche » de collaboration de classe ?

 

C’est malheureusement ce l’on peut penser.

L’avenir de la Pensée communiste est ailleurs.  

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16 janvier 2011 7 16 /01 /janvier /2011 13:06

A propos de Stéphane Hessel : s’indigner par hygiène de vie ou lutter par nécessité ?

 

Par vivelepcf

 

110116_hessel_rocard.jpgLa brochure de Stéphane Hessel « Indignez-vous ! » rencontre un succès considérable. Certains montrent leur agacement pendant que d’autres s’efforcent de le reprendre à leur compte. Rien ne justifie que les communistes adoptent l’une ou l’autre de ces réactions.

 

Aussi, nous ne pouvons qu’être surpris de voir cette brochure vendue en vente militante par les diffuseurs de l’Huma, par exemple au sein de l’Assemblée des délégués des sections du PCF du 8 janvier 2011.

 

Avec le grand âge, la vivacité d’esprit et l’intrépidité de Stéphane Hessel ont pris un côté jubilatoire dont il ne manque pas de jouer. Cette personnalité a sa part dans le succès du livre, de même que son contenu, en fait tellement consensuel à « gauche ».

 

Hessel défend son analyse politique. Mais elle n’est pas celle des communistes, même si elle peut la rejoindre sur quelques points.

Aux dernières élections régionales, il s’est présenté sur les listes d’Europe écologie. Maintenant, il se prononce pour la candidature de Martine Aubry tout en vantant l’action de Strauss-Kahn qui « est en train de transformer le FMI assez utilement » (interview à Rue89 le 30 décembre 2010).

 

Sa brochure est en cohérence avec ces positions et sa conception de la politique. Hessel est cohérent avec lui-même et il n’y a rien à lui reprocher.

 

L’ « indignation » est un sentiment, une réaction morale. Elle correspond bien aux états d’âme de la bourgeoisie libérale devant les « excès » du capitalisme. « Je vous souhaite à tous, à chacun d’entre vous, d’avoir votre motif d’indignation. C’est précieux » (page 12). L’indignation, c’est une hygiène de vie que nous recommande Stéphane Hessel pour ceux qui ont en ont le loisir!

Quelle distance avec la révolte, la lutte qui répondent à une nécessité, vitale, pour les travailleurs exploités !

« Si vous rencontrez quelqu’un qui ne bénéficient pas des « Doits de l’Homme », « plaignez-le… » (page 12) ajoute Hessel : du catéchisme laïcisé !

 

La défense du Programme du CNR est devenue une banalité à « gauche » qui le vide malheureusement de son sens. Reconnaissons que Hessel est plus habilité que d’autres en la matière. Mais quelle contradiction avec des affirmations (pour le monde) comme : « la décennie précédente, celle des années 90, avait été source de grands progrès » (page 21) ! … sans revenir sur son soutien, non exprimé dans le livre à la gauche de la collaboration de classe.

 

L’autre problème qui nous oppose à Stéphane Hessel, c’est son anticommunisme, pas un anticommunisme primaire mais un anticommunisme que nous réfutons avec tout le respect que nous avons pour Hessel.

Les travailleurs français doivent, pour une part prépondérante, le programme du CNR et les acquis de la Libération aux communistes. Il faut le dire et le reconnaître. L’analyse de la trahison des capitalistes français en 1940 était fondamentale dans l’appel du 10 juillet 1940 de Duclos et Thorez. Le réactionnaire de Gaulle, quel que soit son rôle dans la Résistance, n’en avait cure.

Hessel reconnaît que le fascisme a été causé par les « possédants, qui, avec leur égoïsme, ont eu terriblement peur de la Révolution bolchévique » (page 12). Mais c’est pour ensuite considérer le communisme sans distinction comme « une forme insupportable de totalitarisme », pour se réjouir unilatéralement de la « destruction de l’empire soviétique et de la chute du Mur de Berlin » (page 21). Pour nous communistes, les rapports de classe mondiaux sont autrement plus complexes et la fin du camp socialiste, du camp non capitaliste, est déterminante dans l’exacerbation de l’exploitation capitaliste en France et ailleurs.

 

Stéphane Hessel ne crache jamais dans la soupe. Ancien déporté à Buchenwald, il sait qu’il doit sa survie à la résistance communiste dans le camp. Dans des conditions dramatiques, elle a pu permettre à 3 aviateurs venus de Grande-Bretagne, trois seulement, dont Stéphane Hessel, d’échapper à l’exécution programmée par les SS en prenant la place et le matricule d’un déporté déjà décédé. L’éditeur de la brochure serait mieux inspiré de reprendre ce fait dans sa postface que d’ignorer la Résistance dans le camp.

 

Il est une question sur laquelle nous rejoignons pleinement Stéphane Hessel, c’est celle du combat pour les droits des Palestiniens. Nous saluons son intervention personnelle, son « indignation » active, devant les crimes de l’Etat israélien à Gaza et en Cisjordanie. 

 

Elle est le signe, que, dans certains cas, à certaines époques, l’indignation de personnes comme Stéphane Hessel rejoint la lutte de classe que les communistes s’efforcent d’organiser. A ces moments de l’Histoire, notre solidarité est totale parce qu’elle part d’une conscience entière de ce qui nous sépare et de ce qui nous réunit.

 

Amitiés et respect à Stéphane Hessel !

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18 novembre 2010 4 18 /11 /novembre /2010 16:13

NOUVELLE RUBRIQUE : "BILLETS D'HUMEUR"

 

Qu’est-ce qui se trouve derrière l’autocollant « Je lutte des classes » ?


Depuis plusieurs années, les manifestations sont devenues un peu la foire aux autocollants. C'est à l'organisation qui aura le slogan le plus prenant ou le visuel le plus accrocheur que puissent afficher les militants, les manifestants (ou les collectionneurs…).

 

Dans les grands défilés de ces dernières semaines pour les retraites, un autocollant a été très largement diffusé, notamment à Paris : le badge portant l’inscription « Je lutte des classes ».

D’une certaine façon, on peut comprendre son succès. Le concept de la « lutte des classes » a été tellement tu, nié, décrié par les tenants de l’idéologie dominante. La bataille pour les retraites est aussi le reflet d’un aiguisement de cet affrontement de classes.

 

Mais cet autocollant a quelque chose d’ambigu qui me dérange.

 

101118_jelutte.jpg

D’abord, il n’est pas signé, bien qu’il ait été diffusé par milliers sous le ballon PCF en bordure de manifs. L’Huma l’a repris aussi en pleine page dans son édition du 6 septembre 2010.


Mais il provient d’un collectif d’artistes qui se situe à la lisière de la politique, le collectif « Ne pas plier ». Ce dernier avait déjà produit les autocollants « Rêve générale » et, sur le même thème qu’aujourd’hui, « La lutte c’est classe… contre classe », suivant le même procédé graphique. Dans les deux cas, des concepts historiques du mouvement ouvrier étaient déjà déformés, repris depuis une forme gauchiste, vers un slogan publicitaire, politiquement démobilisateur.

 

Le « flyer » « Je lutte des classes » se situe dans leur continuité.

 

Mon premier problème, c’est le « je » (et pas seulement parce qu’il est incorrect en français !). La lutte des classes pourrait donc être menée individuellement. Voilà qui est en contradiction avec la, notre, conception même des classes, de la prise de conscience de classe, de l’importance des organisations dont la classe ouvrière s’est dotée.

 

Il n’est à ce titre pas étonnant que Mme Clémentine Autain  ou M. Patrice Braouezec, dans une tribune publiée dans l’Huma le 16 novembre 2010, voient dans ce slogan « la nouvelle articulation entre l’épanouissement individuel et l’émancipation collective ». Les mêmes en sont à attendre sagement le « post-capitalisme » sans révolution, sans rupture, sans socialisme.

 

Mon second problème, c’est l’usage du « badge ». Quel est l’intérêt politique de l’arborer dans une manifestation, entre manifestants ? Les immenses manifestations que nous venons de vivre constituent un acte de lutte important, partagé par tous les manifestants. Mais nous venons de voir qu’il n’a pas encore suffi à gagner contre le pouvoir au service du capital.

 

Les grèves, affrontement direct avec l’exploiteur, sont restées limitées. On n’imagine pas tellement l’intérêt du gréviste sur son piquet de grève à s’orner du fameux autocollant, sinon à titre de défi. En situation, c’est évident qu’il mène la lutte des classes, qu’il sait ce que cela va lui coûter comme pression, perte de salaire, qu’il sait aussi ce que cela va rapporter à son équipe de travail, à ses collègues, à sa classe : le maintien, la conquête de droits, la dignité.

 

Le concept de lutte des classes, acquis du marxisme, revient avec l’évidence des contradictions du capitalisme. Quand l’idéologie dominante n’arrive plus à l’étouffer parmi les travailleurs, où est l’intérêt à le dévaluer au rang de slogan publicitaire dans des pratiques de lutte qui, malgré tout, restent limitées. 

 

Porter le badge dans une manif, c’est en fin de comptes un acte gratuit d’affirmation individuelle. 

 

Avec tous ceux qui ont la tentation de le porter, je souhaite participer pleinement à la lutte des classes pour mettre en échec le gouvernement, renverser le capitalisme. Pour cela, j’affiche un autocollant plus radical :

 

« Faire vivre et renforcer le PCF ! ».


Robin Matta, jeune militant communiste

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 17:00

Pour la création des richesses. Combattre la dérégulation financière !

La crise financière grecque met à mal l’Europe politique. Les déclarations de l’Allemagne vis-à-vis de

la Grèce ont fait voler en éclat les déclarations œcuméniques entonnées depuis des décennies par les dirigeants européens concernant la solidarité entre Etats européens. Pour aider financièrement la Grèce un compromis fut laborieusement élaboré qui fait intervenir le FMI, les membres de l’UE ne voulant pas être seuls à partager la dette de l’Etat grec. La révision à la hausse du trou budgétaire grec fait naitre l’inquiétude d’une contagion non seulement en Europe, mais aussi au reste de la planète dans les pays affichant des déficits budgétaires tout aussi abyssaux que ceux de la Grèce. La dette des Etats est devenue telle que son apurement génère entre eux des affrontements qui prennent le pas sur la gestion concertée qui a prévalu jusqu’à maintenant. L’importance de la dette des Etats combinée à leur crise de financement, amplifie les tendances centrifuges au sein de l’UE.

Ne sommes nous pas entrés dans un processus de remise en cause de l’organisation politique initiée par le traité de Rome ?

 

La désindustrialisation, le chômage, le sous emploi, les sous rémunérations, les transferts massifs des financements socialisés vers le capital limitent des ressources des Etats et les amènent à recourir à l’endettement pour couvrir leurs énormes besoins de financement. L’union économique et monétaire en libérant totalement les mouvements de capitaux dans la zone euro a amplifié la dérégulation des économies des pays de l’UE. Sortir de la spirale de la dette implique des solutions d’une tout autre nature que la modification des critères de financement de la BCE préconisée par le PCF. Ce dernier doit singulièrement hausser son niveau d’analyse s’il ne veut pas être contraint de courir après les évènements.

 

L’objectif de ce texte est d’aider à la réflexion autour de 2 idées.

 

1°) Il faut en finir avec la liberté de circulation des capitaux.

 

La mondialisation capitaliste repose sur la mise en concurrence de la force de travail et sur les commodités que les capitalistes trouvent dans les pays aux contraintes étatiques moindres par l’intermédiaire des profits qu’elles espèrent en tirer en délocalisant relocalisant en étant indifférents aux destructions économiques et aux drames humains engendrés. Elle s’accompagne de l’ouverture de nouveaux champs de profits dans des activités réservées jusqu’ici à l’Etat. La plus grande mobilité du capital financier confère à la mondialisation capitaliste sa nature financière dominante. La mondialisation capitaliste c’est avant tout la surexploitation des salariés du monde entier.

 

Dans l’UE, le passage à la monnaie unique a fait de l’euro l’outil parfait de l’accumulation du capital par sa liberté absolue de mouvement et ses taux d’intérêt élevés. Si la monnaie unique a effacé l’instabilité découlant des différences de taux change et de taux d’intérêt entre devises, elle n’en a pas fait pour autant disparaitre l’origine, à savoir la différence de puissance économique entre pays émettant ces devises. La liberté absolue de mouvement du capital dans la zone euro n’a fait que renforcer le poids du pays dont les entreprises sont les plus performantes. Avec ses excédents commerciaux, l’Allemagne parle de plus en plus fort au sein de l’Eurogroup. La progression de ses exportations fait croitre son PIB de 0,5% par an. Si le commerce extérieur représente 51% du PIB de l’Allemagne, il n’en représente que 30% du PIB français. De plus 2/3 des exportations françaises sont au sein de la zone euro. Cette insuffisance de compétitivité des entreprises françaises est sanctionnée par un déficit commercial qui depuis 2001 se traduit par perte de 0,6% de croissance/an.

(La progression des exportations françaises est systématiquement inférieure à celle du commerce international).

 

En tant que monnaie unique de plusieurs Etats, l’euro ne pouvait être conçu que comme monnaie d’attraction des capitaux. D’où ses taux d’intérêts élevés qui ont détourné les capitaux vers les placements financiers et qui ont amplifié le poids de la dette des pays européens. Cette titrisation a enfoncé les pays dont les économies sont les moins performantes. La monnaie unique écrase la croissance économique qui permettrait aux Etats de payer leurs dettes.

 

Pour bien comprendre la phase actuelle, il est essentiel de comprendre que la monnaie est avant tout un rapport social. En tant que rapport social la monnaie est la composante ultime du rapport capitaliste. L’euro en tant que monnaie déconnectée des Etats consacre la domination politique du capital sur le travail. L’euro est la devise des bourgeoisies européennes sûres d’elles mêmes, de leur puissance, débarrassées de l’Union Soviétique et des Partis communistes en crise. L’euro est la devise des forces du capital qui ne veulent pas de limitation à leurs privilèges. La monnaie unique met les salariés des pays de l’UE directement en concurrence face aux capitalistes prédateurs.

 

Le passage à la monnaie unique marque la transition entre le capitalisme monopoliste d’Etat (CME) et le capitalisme monopoliste financier mondialisé (CMFM). Le CME a dans le cadre national réalisé une connexion intime entre l’Etat et les grands groupes afin de stimuler la rentabilité du capital. Dans le cadre du CMFM, l’Etat intervient toujours au bénéfice des grands groupes mais sur le fondement d’un rôle explicitement subordonné aux intérêts privés. L’Etat se transforme en serviteur évident des capitaux mondialisés dont il demeure le représentant politique national. La différence avec la période précédente réside dans le fait qu’il y a eu recouvrement dans le cadre du CME de l’intérêt national et des intérêts privés. La perte de rentabilité du capital dans le cadre national a rendu prédominant les intérêts privés, dont la prédominance est absolue le cadre de la mondialisation.

L’euro est la concrétisation du rapport social monétaire en faveur des intérêts privés capitalistes. Le rapport des forces est tellement en faveur des forces du capital que la dimension privée a absorbé la dimension collective, cette dernière lui étant entièrement subordonnée. Les deux dimensions sont incarnées dans l’entité abstraite que l’on appelle « le marché ». Dans le cadre du CMFM, les Etats qui défendent les intérêts des entreprises mondialisées laissent aux marchés financiers le soin de socialiser leurs intérêts.

 

La forte perte de rentabilité du capital du milieu des années 1970 a amené les grands groupes à rechercher des zones de profit hors du cadre national. Cette internationalisation du capital s’est accompagnée d’un progressif relâchement du contrôle des Etats sur les mouvements de capitaux aboutissant avec l’Union Economique et Monétaire à leur libéralisation totale. La baisse de rentabilité du capital productif eut pour corolaire le développement des marchés financiers. Le capital pour se rentabiliser doit tourner, le capital financier se déplaçant beaucoup plus vite que les machines, a imposé ses critères au capital productif. Sortir du profit des circuits financiers étant plus rapide que de le sortir de la production, l’accumulation du capital financier va prendre une ampleur bien plus considérable que l’accumulation du capital productif. Ce différentiel de l’accumulation est à l’origine des crises financières. Plus le capital s’accumule plus il réclame de rentabilité, plus il doit tourner, la loi d’airain du capital est la source d’une instabilité permanente. Cette instabilité était limitée dans le cadre du CME par les lois sociales de l’espace national. La mondialisation capitaliste en étendant la concurrence à l’ensemble de la planète a exercé une forte pression à la baisse des salaires et de l’ensemble des dépenses sociales. Cette pression s’est exercée d’autant plus durement que la dérégulation financière libérait l’appétit prédateur du capital. Le développement des marchés boursiers seuls régulateurs de la mondialisation capitaliste a fait apparaitre un montant de capital de titres s’ajoutant au capital réel qui engendre une pression permanente à la suraccumulation du capital qui pousse à la hausse des titres qui nourrit la bulle spéculative. La suppression progressive puis totale du contrôle des mouvements de capitaux a fait des crises financières les éléments de la régulation économique.

Cette domination absolue des intérêts privés confondus avec les intérêts nationaux est à l’origine de l’endettement des Etats. Le niveau de la dette génère des contradictions entre Etats qui sont appelées à s’exacerber, les pays excédentaires trouvant insupportable de financer les déficits structurels des pays économiquement peu performants.

 

Ce monde de la dérégulation est celui de la barbarie. Les entreprises se livrent une guerre féroce sur le dos de leurs salariés pour l’appropriation des marchés, les Etats reportant leur dette sur leur population.

 

Comment arrêter la barbarie ?

 

La dérégulation du mouvement du capital étant à l’origine de la déstabilisation mondiale, il faut en finir avec sa liberté de mouvement. Pour ce faire, il faut réintroduire le contrôle des changes dans le cadre historique pertinent qui est le cadre national. Ce contrôle doit être effectué par les banques centrales nationales sous l’autorité de leurs gouvernements respectifs. Ce qui implique de revenir aux devises nationales. Les devises nationales ne font pas partie du passé. Les nations continueront et pour longtemps d’être les acteurs du monde. La mondialisation capitaliste ne signifie nullement leur disparition. Combattre la mondialisation capitaliste ne consiste pas à restreindre le développement de chaque pays dans le stricte cadre de ses frontières. Les nations échangent entre elles des biens des services, des capitaux. Les gains de productivité sont devenus tels que même dans le cadre du plein emploi et de salaires réévalués, le marché intérieur est vite saturé. Les Etats ne peuvent plus gérer seuls, comme bon leur semble, bon nombre de problèmes (agriculture, pêche, transports aériens, maritimes, ferroviaires, production et distribution d’énergie, normes, environnement,…), ils n’ont pas l’ensemble des compétences leur permettant de mener à bien seuls des projets technologiques complexes. Ce qui implique des gestions concertées permanentes et donc intégrées. Concernant la monnaie, le volume et la diversité des échanges entre pays imposent une monnaie commune. Cette monnaie présente l’avantage pour chaque Etat membre de continuer à mener une politique économique et monétaire adaptée à leur économie conjoncturelle nationale. En effet, un Etat ne peut maitriser sa politique économique sans maitriser sa monnaie. L’euro de par sa nature s’oppose à toute politique économique nationale.

 

Le PCF propose de modifier les critères de la BCE afin d’utiliser l’euro pour la croissance. Il ne dit pas comment faire pression sur les critères de la BCE, sans doute en votant Front de gauche !! Mais, pour que l’euro soit une monnaie économique, encore faut il qu’il soit la devise d’un Etat. L’Europe politique n’est pas un état fédéral mais une association d’Etats nationaux. Le PCF dans son opportunisme serait il devenu aussi fédéraliste que le défunt Lecanuet ? L’approche du PCF est une approche essentiellement monétariste. On modifie les critères de la BCE, on utilise les fonds régionaux sur des critères d’efficacité sociale et comme par miracle les entreprises changent de stratégie ! Ce n’est pas par des solutions monétaristes venues d’en haut que la BCE imposera d’autres choix au capital. Cela est à mettre au même niveau que la monnaie commune mondiale objectif inaccessible à court moyen et long terme qui relève du romantisme bureaucratique et qui présente l’avantage d’éviter de réfléchir de manière théorique et approfondie aux exigences immédiates de l’action relative à l’euro. Le PCF oublie qu’il n’y a pas qu’une seule place financière européenne, mais autant que d’Etats nationaux qui se livrent entre elles une compétition acharnée dans la captation des capitaux. Le PCF fait semblant de La monnaie unique ne peut être autre chose que la monnaie de liberté de mouvement du capital et de captation de capitaux

Le retour aux monnaies nationales ne peut être considéré comme un retour en arrière. La monnaie unique a masqué certaines contradictions, mais en généré d’autres qui amplifient les rapports de puissance (dominants/dominés) au sein de l’UE. Il faut revenir à un système monétaire reposant sur des Etats régulateurs. Dans le cadre d’une monnaie commune, la BCE doit veiller au rééquilibrage des échanges afin d’éviter le recours aux règles déflationnistes classiques (déflation salariale).

Il faut arrêter de faire payer aux Etats qui leur reportent sur leur population, la liberté de mouvement du capital financier et industriel. Il ne peut y avoir de maitrise de la politique industrielle sans maitrise par l’Etat national des mouvements de capitaux. C’est la condition sine qua non pour accroitre la production nationale et réduire les différences de compétitivité entre économies qui est à l’origine des mouvements spéculatifs sur les monnaies, le retour au contrôle des changes limitant le pouvoir des financiers spéculateurs.

 

2°) La lutte contre le capital mondialisé doit en premier lieu reposer sur une base nationale.

 

Plus haut dans le texte il est affirmé que « les nations continuent d’être pour longtemps les acteurs du monde » car elles assurent la cohérence d’un espace économique et d’un espace politique face une mondialisation capitaliste dont le processus spatial est sans forme. Les nations sont devenues les résultantes et non les éléments actifs de la mondialisation, les Etats fonctionnant comme les servants directs du capital mondialisé. Les fonctions de l’Etat social se sont réduites au fur et à mesure que la classe ouvrière qui en avait été porteuse perdait de son influence. (L’analyse des raisons de cette perte d’influence sort du cadre de cet article).

 

La dérégulation qui a accompagné la liberté de mouvement du capital s’est traduite par une intensification de l’exploitation des salariés et par une remise en cause de leur droit qui les laisse désarmés face aux délocalisations. Dans sa lutte contre le capital, le salariat doit reprendre la main. Il ne peut le faire que dans le seul cadre identitaire historique qui est celui de la nation. C’est dans le cadre national que le salariat par ses luttes a arraché au capital ses conquêtes sociales qui ont humanisé la société. Ce cadre doit servir d’appui aux luttes pour contraindre les gouvernements nationaux à adopter dans les diverses instances internationales des positions conformes aux intérêts de leur peuple. Cette approche est à l’opposé de celle d’Attac et de l’alter mondialisme qui sous prétexte de combattre la mondialisation « libérale » et non la mondialisation capitaliste ont déserté le terrain national pour s’investir dans des forums européens et mondiaux dont le bilan est nul. Il est vrai que la mouvance altermondialiste n’a jamais ambitionné de changer le cours de l’histoire.

La nation est un processus construit dans l’histoire dont l’évolution n’est pas achevée. Cette évolution repose sur la lutte des classes. L’enjeu de l’affrontement entre le salariat et le capital en ce début de 21e siècle consiste pour le salariat à contester au patronat et à l’Etat capitaliste leurs critères de gestion. Cette question est centrale dans l’affrontement de classe. La compétence de gestion ne doit pas être du seul ressort des élites bourgeoises. C’est le rôle d’un parti révolutionnaire et du syndicalisme de lutte de former le salariat à ces questions. Cette approche est aux antipodes de la démarche purement électoraliste du front de gauche et d’alliance sans principe du syndicalisme rassemblé.

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5 janvier 2010 2 05 /01 /janvier /2010 22:35

A lire : « De l’Indochine coloniale au Vietnam libre » par Albert Clavier

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Nous ne saurions trop recommander la lecture passionnante du livre autobiographique de notre camarade Albert Clavier. Son parcours de communiste est singulier.

Engagé, au plus jeune âge, par erreur puis malgré lui, dans le corps expéditionnaire en Indochine, il prend conscience de l’injustice et de l’horreur de la guerre coloniale. Le Viet-Minh rentre par hasard en contact avec lui et découvre un anticolonialiste, un communiste.

Albert Clavier fait ensuite le choix hautement conséquent d’accepter de rejoindre la résistance, l’armée populaire. Ce qui le conduit à être un témoin et un acteur, dans des conditions très difficiles, de la guerre d’Indochine de l’autre côté, du bon côté, avec les expériences humaines et politiques extraordinaires que cela a représenté. Il apprend même le vietnamien dans les montagnes.

Là-bas, il se trouve dans une situation quasi unique pour mettre en pratique la ligne du PCF telle qu’Henri Martin, d’une autre façon, l’a si courageusement personnifiée.

Après 1954, interdit de retour en France (condamné à mort par contumace), il reste au Viet-Nam libre, assiste et participe à l’essor, contrarié par la pression étrangère, de l’Etat socialiste au nord. Intégré au parti, il est témoin de l’intérieur de la lutte d’influences et de l’offensive maoïste qui l’atteignent dans les années 60.

Puis il est amnistié et rentre en France puis part en Hongrie, autre volet d’une position peu commune d’observateur des expériences socialistes du 20ème siècle.   

Fort de cet engagement, Albert Clavier continue inlassablement, depuis son retour en France, à défendre l’existence de notre grand parti dont sa vie a illustré, dans une position très spéciale, certains des plus beaux combats.

Nous reproduisons ci-dessous l’article de l’historien Alain Ruscio consacré au livre d’Albert, publié dans l’Humanité du 18 octobre 2008. Plusieurs sections du PCF font une diffusion militante du livre (contact : pcf15@wanadoo.fr)

 

La seconde patrie d’un républicain sincère qui combattit pour libérer le Vietnam

De l’Indochine coloniale au Vietnam libre. Je ne regrette rien,

d’Albert Clavier, Éditions Les Indes Savantes, 2008, 208 pages, 23 euros.

Voilà un parcours clairement décrit… et fièrement revendiqué ! Albert Clavier a lié sa vie (au point, parfois, souvent, de la risquer) au combat du peuple vietnamien, il y a plus d’un demi-siècle. Jeune, à dix-huit ans, il s’engage, en 1945, dans l’armée, sans trop, à vrai dire y avoir réfléchi. 1945 : fin d’une guerre, celle menée victorieusement contre le nazisme ; mais aussi début d’une autre, que le colonialisme français va imposer aux peuples d’Indochine. Et, très vite, notre soldat bien peu motivé va comprendre que ce conflit-là n’est pas le sien. Contrairement à bien d’autres, il s’interroge, il cherche à comprendre le Vietnam, il ouvre le dialogue avec des gens du peuple. Au point de commettre des imprudences : la sûreté risque de le repérer. En décembre 1949, il rejoint les rangs de l’armée populaire. « Déserteur » ? L’auteur préfère mettre des guillemets : « Je ne trahis pas mon pays, ma patrie. Je l’aime et je suis fidèle à ses idéaux, liberté, égalité, fraternité, en soutenant la lutte de libération d’un peuple. » Commence alors une partie de sa vie dont le récit, pour le lecteur, pour l’historien, est la plus captivante. Car ce témoin partage tous les combats, toutes les aspirations des maquisards, mais aussi toutes leurs souffrances, leur vie rudimentaire. Albert Clavier décrit remarquablement bien le climat politique qui régnait alors dans les rangs du viêt-minh : confiance en la victoire, fraternité vraie, égalité, parfois égalitarisme, entre les hommes. Sans masquer cependant la méfiance, çà et là, de la part de cadres hostiles, voyant des traîtres partout. Le livre montre également la montée en puissance de la lutte, passant de la guérilla à l’organisation d’unités aguerries, jusqu’à l’assaut final de Dien Bien Phu. L’auteur précise d’ailleurs qu’il s’est toujours refusé à participer aux combats - et, d’ailleurs, les Vietnamiens n’avaient ni le besoin, ni la volonté de le lui demander -, ne voulant en aucun cas tirer sur ses compatriotes. Que faire alors ? Il participe à la propagande en direction des soldats du corps expéditionnaire, notamment en étant l’un des voix françaises de la radio.

Puis, après Diên Biên Phu et l’arrivée à Hanoi commencent dix années tout aussi intéressantes, mais bien moins exaltantes. C’est alors le quotidien d’un socialisme en construction que Clavier nous décrit. Avec, là encore, une sincérité qui ne cache rien. L’épisode de la maoïsation du Parti vietnamien, qui aboutit à des méfiances détestables, est par exemple décrit. Saluons au passage le portrait de Duong Bac Mai, un grand militant justement réhabilité, victime de cette maoïsation. Albert Clavier, qui ne peut supporter cette évolution, est isolé. En 1963, dépité, il quitte cette terre du Vietnam où il vient de passer ses meilleures années. Le reste n’est pas moins intéressant, mais sans conteste moins spectaculaire : une permanence au siège de la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, à Budapest, un travail particulier, à Interagra, dans les affaires avec le monde socialiste d’alors. C’est pourtant, encore et toujours, au Vietnam que sont consacrées les dernières pages du livre. Malgré les cicatrices du passé, malgré les incertitudes du présent (le maoïsme égalitariste est bien loin…), Albert Clavier observe sa seconde patrie et écrit : « Je ne regrette rien. »

(*) Dernier ouvrage publié : Cambodge An 01, Les Indes savantes 2008.

Alain Ruscio, historien (*)

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 16:39
Quand des élus PCF donnent leur concours à la création d'une "Association des Jeunes Elus de France" avec la droite: aberrant !
En lien : Coup de gueule de Camille Marques

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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 22:49

Une des bases de toute école politique du PCF:

Principes élémentaires de philosophie, Georges Politzer

Ce manuel élémentaire reproduit les notes prises par un de ses élèves aux cours de Georges Politzer à l'Université Ouvrière dans l'année scolaire 1935-1936. (...)

Dès le début, Georges Politzer se chargea d'enseigner à l'Université Ouvrière la philosophie marxiste, le matérialisme dialectique : tâche d'autant plus nécessaire que l'enseignement officiel continuait d'ignorer ou de dénaturer cette philosophie.

Aucun de ceux qui eurent le privilège d'assister à ces cours — il parlait chaque année devant un nombreux auditoire où se mêlaient tous les âges et toutes les professions, mais où dominaient les jeunes ouvriers — n'oubliera l'impression profonde que tous ressentaient devant ce grand garçon roux, si enthousiaste et si savant, si consciencieux et si fraternel, si attentif à mettre à la portée d'un public inexpérimenté une matière aride et ingrate.

Son autorité imposait à son cours une discipline agréable, qui savait être sévère, mais restait toujours juste, et il se dégageait de sa personne une telle puissance de vie, un tel rayonnement qu'il était admiré et aimé de tous ses élèves.

Pour se faire bien comprendre, Politzer supprimait d'abord de son vocabulaire tout /argon philosophique, tous les termes techniques que peuvent seuls entendre les initiés. Il ne voulait employer que des mots simples et connus de tous. Lorsqu'il était obligé de se servir d'un terme particulier, il ne manquait pas de l'expliquer longuement par des exemples familiers. Si, dans les discussions, quelqu'un de ses élèves employait des mots savants, il le reprenait et se moquait de lui avec cette ironie mordante que connaissaient bien tous ceux qui l'ont approché.

(...)

Georges Politzer, qui avait une connaissance approfondie de son sujet et une intelligence d'une admirable souplesse, se préoccupait avant tout des réactions de son auditoire : il prenait chaque fois la « température » générale et vérifiait constamment le degré d'assimilation de ses élèves. Aussi était-il suivi par eux avec un intérêt passionné. Il a contribué à former des milliers de militants, et nombreux parmi eux sont ceux qui occupent aujourd'hui des postes « responsables ».

Nous qui comprenions la valeur de cet enseignement et qui songions à tous ceux qui ne pouvaient l'entendre, et particulièrement à nos camarades de province, nous souhaitions la publication de ses cours. Il promettait d'y penser, mais, au milieu de son immense travail, il ne trouvait jamais le temps de réaliser ce projet.

C'est alors qu'au cours de ma deuxième année de philosophie à l'Université Ouvrière, où l'on avait créé un cours supérieur, j'eus l'occasion de demander à Politzer de me corriger des devoirs, et je lui remis, à sa demande, mes cahiers de cours. Il les trouva bien faits, et je lui proposai de rédiger, d'après mes notes, les leçons du cours élémentaire. Il m'y encouragea, en me promettant de les revoir et de les corriger. Il n'en trouva malheureusement pas le temps. Ses occupations étant de plus en plus lourdes, il laissa le cours supérieur de philosophie à notre ami René Maublanc. Je mis celui-ci au courant de nos projets et lui demandai de revoir les premières leçons que j'avais rédigées. Il accepta avec empressement et m'encouragea à terminer ce travail que nous devions ensuite présenter à Georges Politzer. Mais la guerre survint: Politzer devait trouver une mort héroïque dans la lutte contre l'occupant hitlérien.

Bien que notre professeur ne soit plus là pour mettre au point un travail qu'il avait approuvé et encouragé, nous avons cru utile de le publier d'après mes notes de cours.

Georges Politzer, qui commençait chaque année son cours de philosophie à l'Université Ouvrière en fixant le véritable sens du mot matérialisme et en protestant contre les déformations calomnieuses que certains lui font subir, rappelait énergiquement que le philosophe matérialiste ne manque pas d'idéal et qu'il est prêt à combattre pour faire triompher cet idéal. Il a su, depuis lors, le prouver par son sacrifice, et sa mort héroïque illustre ce cours initial, où il affirmait l'union, dans le marxisme, de la théorie et de la pratique. Il n'est pas inutile d'insister sur ce dévouement à un idéal, cette abnégation et cette haute valeur morale à une époque où, de nouveau, on ose présenter le marxisme comme « une doctrine qui transforme l'homme en une machine ou un animal à peine supérieur au gorille ou au chimpanzé » (Sermon de carême à Notre-Dame de Paris, prononcé, le 18 février 1945, par le R. P. Panici.)

Nous ne protesterons jamais assez contre de tels outrages à la mémoire de nos camarades. Rappelons seulement à ceux qui ont l'audace de les prononcer l'exemple de Georges Politzer, de Gabriel Péri, de Jacques Solomon, de Jacques Decour, qui étaient des marxistes et qui professaient à l'Université Ouvrière de Paris : tous de bons camarades, simples, généreux ; fraternels, qui n'hésitaient pas à consacrer une bonne partie de leur temps à venir dans un quartier perdu enseigner aux ouvriers la philosophie, l'économie politique, l'histoire ou les sciences.


Maurice LE GOAS , préface aux Cours de philosophie, Principes élémentaires, Paris, Editions Sociales, 1948.
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18 septembre 2009 5 18 /09 /septembre /2009 22:43

La crise du capitalisme et Marx, Domenico Moro

Une analyse courte et facile à lire du Capital de Marx, conçue à partir des questionnements que la "crise du capitalisme" posent couramment aujourd'hui.
 

Il ne s’agit pas ici d’un incantatoire « retour à Marx ». La crise actuelle du capitalisme favorise au contraire le dépassement de ce formalisme neutralisant dans lequel était savamment maintenu l’auteur du Capital. La question émerge d’elle-même à la faveur des conflits actuels : quelle peut être la saisie concrète du Capital par les forces de progrès ?

Effort didactique sans équivalent, ce livre de l’économiste italien Domenico Moro n’est ni plus ni moins qu’une réponse possible à cette exigence de réappropriation de l’oeuvre centrale de Marx, débarrassée des fétichismes et des clichés mondains. Il est temps de redécouvrir à quel point cette oeuvre n’est pas un dogmatisme, mais un outil pour l’action.

Traduction par LUIGI-ALBERTO SANCHI

(vente militante:  pcf15@wanadoo.fr )

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15 septembre 2009 2 15 /09 /septembre /2009 22:53
Un antidote à la propagande anticommuniste à l'occasion de la célebration de la chute du Mur.

Rideau de fer sur le boul'mich, Jean Salem

Il ne se passe guère d’année qui ne nous crédite de son lot de « révolutions orange » (Ukraine, Biélorussie, Tibet, Xinjiang, Bolivie, etc.). À ce rythme très soutenu, le système et ses porte-voix ne font que broder sur un canevas conçu trente ans plus tôt : l’opération qui, à l’Est, fit passer un demi-milliard d’individus d’une relative sécurité sociale à la jungle de la concurrence libre et non faussée. Les ex-Soviétiques y auront perdu dix ans d’espérance de vie et la diminution de moitié de leur production industrielle. Mais ils peuvent néanmoins jouir du droit formel d’aller vivre à Beverley Hills…

 

Du mur de Berlin au mur de l’argent, Jean Salem retrace ici la saga grotesque et dramatique qui précéda ces événements, avec son ballet de belles âmes narcissiques et de dissidents sponsorisés. Quand les défenseurs de Solidarnosc jetaient un voile pudique sur les contras de Reagan… Quand Soljenitsyne vantait les mérites du franquisme et du Chili de Pinochet… Quand Mitterrand, ancien ministre de la guerre

d’Algérie, inventait la « gauche morale »…

Vingt ans après la victoire du « monde libre », il est temps de passer au crible les mécanismes de ce qui fut et demeure une véritable propagande de guerre.

 

Jean Salem, philosophe est professeur à la Sorbonne. Il y anime le séminaire « Marx au XXIe siècle». Ses principaux travaux portent sur l’histoire du matérialisme et sur le marxisme.


vente militante: pcf15@wanadoo.fr

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