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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
29 décembre 2011 4 29 /12 /décembre /2011 11:27

1992 : LES RAISONS DU NON A MAASTRICHT SELON LEO FIGUERES

 

Les raisons du NON à Maastricht en 1992 sont les raisons du rejet de l’euro en 2012 !

 

Nous reproduisons ci-dessous l’éditorial du bulletin « Notre Malakoff » de septembre 1992 par Léo Figuères, alors maire et conseiller général de la ville.

 

Dans le cadre de la campagne nationale du PCF, mais avec ses propres expressions synthétiques, Léo Figuères s’adresse aux habitants pour les appeler à voter NON au traité de Maastricht.

On peut vérifier à nouveau combien son analyse était juste et s’est vérifiée, en particulier sur les objectifs réels et les conséquences néfastes de la monnaie unique.

 

On peut reprendre les mêmes arguments aujourd’hui. On le doit si l’on ne veut pas rester à perpétuité dans le carcan de Maastricht, de l’UE et de l’euro.

 

110801 Figuères2 

20 septembre 1992, référendum sur Maastricht

 

LES RAISONS D’UN NON

 

Le 20 septembre, le référendum permettra de donner votre avis sur le traité européen signé à Maastricht. Pour ma part, je vous invite à répondre NON, c'est-à-dire, à repousser le traité et avec lui, les graves périls qu’il comporte pour la France, son peuple et le monde du travail en premier lieu.

Les croisés du oui, qu’ils soient de droite avec Giscard ou au gouvernement avec Bérégovoy, parent Maastricht des plus belles couleurs ; il ouvrirait le chemin de la paix perpétuelle et de la prospérité générale.

Mais un grand nombre d’entre vous ne s’en laissent pas compter et disent leur volonté de voter NON. Ils ont raison.

Maastricht, ce n’est pas la paix ! C’est le risque de voir la France entraînée dans des aventures militaires sous le prétexte de « défense commune » et d’être empêchée de jouer son rôle dans l’action pour un désarmement général et contrôlé, seul gage véritable d’une paix solide.

Maastricht, ce n’est pas la prospérité ! C’est au contraire la voie ouverte à plus d’austérité et de sacrifices pour réaliser l’objectif fondamental du traité : uniformiser les conditions de la concurrence des capitaux et de la course au profit dans les douze pays de la CE.

La monnaie unique et la Banque qui la contrôlera en constitueront les instruments et seront en fait dominées par l’économie la plus puissante, l’économie allemande.

L’on peut s’attendre, dans ce cadre, à la casse de nouvelles entreprises, à la croissance massive du chômage dès à présent annoncée pour les douze pays et à de mauvais coups contre les acquis sociaux, la protection de la santé, le système des retraites, etc.

Avec Maastricht la France abandonnerait une bonne part de sa liberté d’action.

Comme le proclame Giscard, il s’agit bien d’un traité de droite qui corsèterait à tel point notre pays qu’il rendrait difficile tout changement politique réel, toute réforme sociale de fond.

A ce traité de droite, il convient d’opposer un NON de gauche, un NON signifiant que l’on veut une Europe dont les Nations coopèrent librement dans un esprit d’égalité et dans le respect des traditions et des droites de chacune d’elles.

Avec vous, nous voulons construire l’Europe de la Pais et du désarmement, l’Europe des frontières ouvertes aux échanges des hommes et des produits de leur travail, l’Europe du plein emploi et du progrès social.

Que vous soyez jeunes ou plus âgés, ne vous trompez surtout pas le 20 septembre. N’approuvez pas les gens du pouvoir et de la droite à qui Maastricht donnerait de nouveaux moyens de frapper les gens modestes et d’hypothéquer plus encore l’avenir de notre jeunesse.

Vous abstenir par dégoût des jeux politiciens servirait aussi la politique dont vous ne voulez plus.

Il faut qu’à Malakoff, le NON de gauche à Maastricht soit massif et puissant.

C'est-à-dire ce NON que je vous invite.

 

Léo FIGUERES

Maire de Malakoff

Conseiller général     

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27 novembre 2011 7 27 /11 /novembre /2011 17:24

Sortir de l'euro?

Introduction à un débat-formation entre communistes, par Marc Jammet, section de Mantes-la-Jolie (lien vers le blog de MJ).


Faire vivre et renforcer le PCF. Stage de formation - 28 août 2011 - Cholonge (Isère)

 

Sortir de l'Euro?

Introduction de Marc Jammet.

 

Le plan.

1. L'euro dans son contexte historique (la CED, la PAC, le traité de Maastricht, le traité constitutionnel).

2. Les enseignements politiques à tirer de cette période historique

3. L'analyse historique du PCF est toujours valable

4. La mutation idéologique de notre direction nationale est une impasse (sortir de l'euro accroîtrait les difficultés? Réorienter la BCE? Initiative du PGE. La reprise des idées du FN? Le masquage des enjeux fondamentaux.)

 

1. L'euro dans son contexte historique - la construction européenne.

 

Dès 1947 - avec l'éviction des ministres communistes sur ordre des USA - avec la constitution de la IV° république et ce qu'on a appelé la 3° force - socialistes, MRP, radicaux et petits partis centristes - pour se maintenir au pouvoir entre "deux feux": celui des communistes, celui des gaullistes avec le RPF créé en avril 1947.

 

Cette "troisième force" oriente la politique de reconstruction dans deux directions complémentaires: l'alliance avec les Etats Unis dans le cadre de la guerre froide et la construction européenne.

 

Projet symbolique de cette troisième force: la CED - communauté européenne de défense - qui est un projet de création d'une armée européenne, avec des institutions supranationales placées sur la supervision du commandant en chef de l'OTAN … lui-même nommé par le Président des Etats-Unis.

Après une intense campagne de notre parti - et l'opposition des gaullistes - le traité instituant la CED, pourtant déjà ratifié par la RFA, la Belgique, le Luxembourg et Les Pays-Bas, est rejeté le 30 août 1954 par l'Assemblée nationale française par 319 voix contre 264 et entraîne la démission du Président du Conseil, Antoine Pinay.

 

Dès le départ donc, cette construction européenne est le fruit d'un double consensus socialistes-droite: le camp des USA - y compris militairement - et son corollaire; le maintien du capitalisme qu'on veuille officiellement l'aménager ou pas.

 

C'est cette volonté qui va être à l'œuvre pendant plusieurs dizaines d'années malgré les contradictions internes du capitalisme (une partie de ces forces, pour des raisons économiques et/ou idéologiques pouvant s'y opposer - comme ce fut le cas des gaullistes ou des poujadistes).

 

C'est notamment le cas de la PAC - politique agricole commune - créée en 1957 et mise en place en 1962, qui vise, je cite, "à moderniser et à développer l'agriculture européenne", en clair: à la rentabiliser pour le capital (ce sont, par exemple, des milliers d'exploitations familiales qui vont être détruites en France en 2-3 décennies - mettant en cause la capacité d'autosubsistance de notre pays et évidemment ses capacités de coopération avec d'autres pays dans ce domaine).

 

Je vais vite - évidemment trop vite - pour aller aux deux accélérations majeures:

 

Le traité de Maastricht qui va reprendre et amplifier tous les pas faits précédemment dans l'intégration européenne, qui va décréter la libre circulation des capitaux, des marchandises et des hommes à l'intérieur des frontières européennes tout en ne fixant des règles nouvelles que pour les deux premiers termes: les capitaux et les marchandises.

 

Traité de Maastricht - et c'est son innovation principale - qui va instituer la monnaie unique - l'euro - et la création d'une banque centrale européenne, officiellement indépendante des états qui composent le territoire sur lequel s'étend son influence.

 

Une intense campagne - encore et toujours - de notre parti (autour de 10% à l'époque, 7% à la Présidentielle de 1988 avec Lajoinie) conduit, d'une part à obliger François Mitterrand à annoncer la tenue d'un référendum en 1992, d'autre part manque de peu le rejet du traité avec plus de 49% de "non" contre 51% de "oui" obtenus et défendus par des forces aussi diverses que le PRP, l'UDF, Les Verts, l'abstention de Lutte Ouvrière, le parti socialiste - dont Jean-Luc Mélenchon qui multiplie les insultes publiques contre les communsites.

 

Le traité constitutionnel européen qui va, comme nous l'avions dit à l'époque, "graver dans le marbre" tous les traités préexistants et qui ne pourront plus "officiellement" être remis en cause: traité de Nice, 1° traité de Lisbonne .. etc.. 

 

Nouvelle innovation: il décrète la libre concurrence non faussée dans pratiquement tous les domaines, des transports jusqu'à la santé en passant par l'Education nationale.

 

Là encore, l'intervention des communistes est essentielle quoiqu'incohérente au départ.

 

C'est l'époque des affiches "Oui à l'Europe, Non à la constitution européenne" que fait imprimer la direction du PCF … et que les militants communistes découpent avant de ne coller que la 2° partie.

 

Parti de 20% de non - Chirac pense confirmer son leadership à la fois sur la droite et sur la gauche dans une sorte de communion nationale en annonçant le référendum - le "NON DE L'ESPOIR" (nouvelle affiche de la direction du PCF en fin de campagne) gagne peu à peu du terrain et l'emporte largement avec 55% des suffrages en mai 2005.

 

On connaît la suite. Chirac, tout en prenant acte du résultat, poursuit cette politique. Sarkozy, dès 2007, entérine - grâce aux votes des députés UMP, MODEM, Verts et Socialistes - le traité de Lisbonne.

 

2. Quels enseignements politiques peut-on tirer de cette période historique?

 

A l'évidence, le capital tient à ce projet. Il ne s'avoue jamais vaincu. Il recule quand il ne peut pas faire autrement. Il avance d'autant plus vite quand l'opposition à ses projets n'est pas déterminée.

 

S'il le fait, c'est qu'il en a besoin. En termes marxistes, il est confronté depuis les années 70 à une sur-accumulation de capitaux qui cherchent à s'investir dans de nouveaux domaines.

 

Et ce n'est pas par hasard si la libre concurrence non faussée est appliquée prioritairement aux transports (Air France, SNCF ==> lois Gayssot), à l'énergie (EDF, GDF), aux télécommunications (PTT puis P et T puis France Télécom et La Poste), à l'Education nationale (introduction de capitaux privés et mise en concurrence, réformes successives des lycées et des écoles faisant la part belle au privé, écoles privées dorénavant subventionnées obligatoirement par les municipalités), à la santé (loi Bachelot), à la protection sociale (changement de régime des mutuelles pour les adapter aux normes européennes, déremboursements sécu mais liberté des prix pour les médicaments, mise en cause du droit à la retraite avec l'incitation au recours aux assurances privées)…

 

La liste serait bien longue - et elle recoupe directement les secteurs directement de l'autorité de l'Etat ou des pouvoirs locaux - les services publics et ce qu'il restait des entreprises nationales.

 

Autre volet de cette recherche de rentabilité pour une masse toujours plus importante de capitaux: la mise en concurrence des salariés entre eux avec les délocalisations d'entreprises - réimportation de produits. 

Au plan extérieur ==> on fait produire moins cher ailleurs ce qu'on va vendre dans notre pays.

Au plan intérieur ==> heures supplémentaires détaxées qui bloquent les embauches, maintien sur le marché du travail de millions de retraités ou qui pensait l'être - avec l'objectif d'un renforcement de cette concurrence entre les salariés cherchant à s'employer et acceptant sans rechigner des baisses de salaires.

 

Enfin, dernier volet en date - la crise et la dette. Avec deux temps. 

 

Le 1° en 2008: la crise des subprimes. Pour aller vite, les marchés financiers n'ont plus confiance dans leurs produits pour rentabiliser l'immense masse de capitaux dont ils disposent. Alors ce sont les états - dont l'Europe - qui interviennent. Les marchés financiers prêtent aux états des capitaux que les états vont leur redonner - par milliards - en payant les intérêts et en augmentant leur dette puisqu'ils ont emprunté ces capitaux.

 

Deuxième temps. Ce sont les marchés financiers qui vont fixer les taux d'intérêts en fonction de la capacité de remboursement des états. Moins ils estiment qu'ils pourront rembourser, plus les intérêts seront élevés pour compenser "ce risque". C'est le cas notamment de la Grèce avec un taux d'intérêt de 15% et une dette qui s'accroît à chaque plan de sauvetage. Plan de sauvetage qui va revenir, à chaque fois, à faire payer la rentabilité des capitaux aux salariés et à la population (vente du Pirée à Athènes, dégraissage de la fonction publique, baisse des salaires et du salaire minimum, hausse de la TVA - seul impôt sur les marchandises accepté parce qu'il ne joue pas sur les échanges. La TVA est déduite des produits importés de Grèce donc on peut délocaliser tranquillement. Seuls les Grecs paient plus cher leurs produits sans nuire à la "concurrence libre et non faussée".

 

Pour les autres pays - soi-disant - plus chanceux, ceux notés par un rire - A A A - il s'agit de garder cette note, symbole de la confiance des marchés financiers dans leurs capacités de remboursement d'une dette énorme bien que fictive économiquement puisqu'ils n'en ont contracté la majeure partie que pour rentabiliser les capitaux des marchés financiers. Avec les mêmes recettes: privatisations, casse des services publics, baisse des salaires … L'objectif avoué étant de "rassurer les marchés financiers" qui ne le seront jamais parce qu'ils n'ont aucun intérêt à l'être.

 

Sans doute, faut-il ajouter à ces volets économiques, la guerre - enfin les guerres - où on peut revenir à ce que Marx analysait déjà en son temps - la destruction d'une partie de l'appareil de production pour permettre le ré-emploi des capitaux qui cherchent à s'investir.

 

Là aussi l'Europe a fait un pas de plus. Si en 2003, grâce à notre pays, elle n'avait pu s'engager complètement dans la guerre en Irak, elle l'a fait pleinement en Côte d'Ivoire via la France et en Libye (la résolution européenne autorisant les frappes a été votée par les deux députés du Parti de Gauche - dont Jean-Luc Mélenchon -, les deux députés communistes de métropole étant, opportunément, absents).

 

L'euro et la BCE sont des outils précieux pour la capital.

 

Ce dont le capital a besoin, c'est de stabilité pour parvenir à ses fins. L'euro et la BCE sont là pour cela.

 

L'euro et la BCE sont indépendants des états? C'est faux formellement mais cela garantit surtout le capital des soubresauts éventuels des populations dans un état privé de sa politique monétaire et, partiellement, de création monétaire.

 

Dans le même ordre d'idée, les délocalisations sont davantage sécurisées. On sait combien on va payer les salariés avec une monnaie qui a cours dans tous les pays européennes. On est à l'abri d'une dévaluation ou d'une ré-évaluation politiques.

 

Quant à la dette, c'est évident. Avec une dette exprimée en monnaie nationale, une dévaluation permettrait de limiter ses effets puisque la dette, proportionnellement, représente alors moins de capitaux tandis la production est réévaluée.

 

3. L'analyse historique du PCF est toujours valable.

 

Contrairement à l'image qu'ont voulu plaquer sur nous les autres forces politiques, nous n'avons jamais prôné le repli sur soi, le rejet de l'autre, les frontières hermétiques.

 

Nous sommes - et je parle là aujourd'hui des communistes, pas forcément de la direction - pour la paix, pour l'indépendance nationale, pour des coopérations mutuellement avantageuses. Et pour coopérer, il faut exister. Et pour coopérer, il faut s'affranchir dans le même mouvement d'un système qui, par essence même, prône la compétition et la confrontation.

 

C'est la raison pour laquelle nous nous sommes opposés depuis le début à la construction et l'intégration européenne - et donc à l'euro.

 

Je ne vais pas reprendre tout ce que je viens de dire parce que l'analyse marxiste y est en filigrane mais simplement pointer quelques éléments.

 

L'euro facteur de développement? Comme le Parti le dénonçait dans les années 90, l'euro favorise les capitalistes dominants. Il renforce encore la concurrence "libre et non faussée" au sein de la zone euro, écrase les activités en développement. Il encourage les délocalisations dans des pays ateliers, aux marches d'Europe de l'Est ou plus loin.

 

L'euro, possible outil du changement? C'est exactement le contraire. Tout simplement parce que la perspective de changement de société saute du cercle national au cercle européen. Changer la politique monétaire et économique portée par l'euro, c'est reporter le changement au niveau de l'Europe. Bien entendu la monnaie nationale n'est pas le socialisme. Elle reste sous le contrôle des capitalistes nationaux, des banques nationales mais elle n'est pas hors de la portée politique des peuples.

 

4. La mutation idéologique de la direction nationale du PCF est une impasse ou une tentative consciente de leurrer les militants.

 

Depuis maintenant un an, les déclarations de la direction se sont multipliées pour dénoncer la "fausse bonne idée" de sortir de l'euro (Pierre Laurent, Fracis Wurtz, Yves Dimicoli et les économistes).

 

"Sortir de l'euro ferait redoubler les difficultés et la spéculation, exacerberait les rivalités en Européens et, au total, consoliderait la domination mondiale du dollar, elle-même en crise très profonde" - Tract Jean-Marc Durand, économiste, dans la Drôme.

 

C'était pourtant le cas avant l'année 2.000 et c'est bien portant, en plein règne de l'euro, que la crise américaine des subprimes éclate et touche aussitôt les pays de la zone euro. C'est bien pourtant en plein règne de l'euro que les spéculateurs s'attaquent directement aux états (Grèce, Portugal, Espagne) en faisant exploser les intérêts de leur dette (contractée, pour rappel, pour rentabiliser les capitaux des marchés financiers). Alors y'a-t-il une différence entre une monnaie nationale et l'euro gérés tous deux par les capitalistes? Il y en au moins une. Avec une monnaie nationale, on peut agir pour diminuer la dette (dévaluation) voire même l'annuler tout ou partie. Et même si les capitalistes nationaux, le droite ou le PS s'y refusent, ils peuvent y être contraints par le mouvement populaire. Avec l'euro, cet outil disparaît.

 

"Il ne faut pas sortir de l'euro mais réorienter les missions de la BCE vers le plein emploi et le social" Yves Dimicoli.

 

Sortir de l'euro est sans doute un objectif ambitieux - notamment au regard de l'état de l'opinion - mais il n'est pas irréaliste. Tout simplement parce que si la France sortait de l'euro, cela signifierait à l'évidence et immédiatement la fin de la monnaie unique européenne. Comme dit précédemment, cela n'est pas hors de la portée politique de notre peuple.

 

Réorienter les missions de la BCE est évidemment vouée à l'échec d'un point de vue marxiste. Tout simplement parce qu'elle est faite pour le contraire et que penser cela, c'est aussi penser qu'on peut convaincre le capitalisme d'œuvrer pour le plein emploi au détriment de sa recherche de profits. Cela voudrait tout simplement dire que le lutte de classes n'existe plus ou n'a jamais existé.

 

Le PGE propose une initiative européenne pour s'opposer à la crise.

 

Une pétition va être proposée proposant la réorientation des missions de la BCE notamment vers la création de fonds régionaux qui abonderaient un système de "sécurité-emploi-formation".

 

Outre le fait que cette proposition s'inscrit totalement dans la construction européenne actuelle qui dessaisit les nations de leurs prérogatives au bénéfice des régions - et donc milite pratiquement pour une Europe fédérale -, l'initiative annoncée mardi ou mercredi dans l'Huma n'est pas nouvelle. Elle a déjà quelques mois.

 

Cette pétition s'appuie sur le traité constitutionnel européen ou Lisbonne qui prévoit le droit de pétition. C'est cette même argumentation qui a été utilisée par les partisans du "oui" pour affirmer qu'ils s'engageaient - enfin ! - dans la construction d'une Europe sociale sous le contrôle des citoyens. Argument qui avait été démonté à l'époque par les partisans du "NON DE GAUCHE".

 

En l'occurrence, cette mesure n'étant toujours pas en œuvre, il faut attendre le 1° janvier 2012 pour lancer cette pétition.

 

Cette pétition devra atteindre 1 million de signatures dans 12 pays européens minimum avec un minimum de 86.000 signatures pour la France (1 adhérent du PCF sur 2 - sacrée campagne!).

 

Une fois le million atteint, elle sera communiquée à la Commission européenne pour qu'elle examine la demande lors d'une de ses prochaines réunions.

 

Et, comme l'écrivait le journaliste de l'Huma il y a quelques mois "et si la Commission européenne ne veut pas l'examiner, il faudra qu'elle s'en explique!". De quoi faire tressaillir d'horreur nos dirigeants européens comme on le voit!

 

Et si la commission s'en explique? Et si elle examine la pétition mais la rejette? On refait une autre pétition? Comme action révolutionnaire ou simplement efficace, on peut peut-être espérer mieux.

 

Demander la sortie de l'euro, ce serait reprendre les idées du Front national ? 

 

Cette position a souvent été véhiculée par le PS et Les verts, elle l'est maintenant, c'est nouveau, par des dirigeants nationaux du PCF avec la même mauvaise foi et la même incohérence vis-à-vis de la lutte de classes.

 

On a connu cela pour Maastricht et le traité constitutionnel.

 

Tout simplement parce que le Front national est un outil politique - dangereux d'ailleurs comme l'étaient les nationaux-socialistes ou les fascistes qui se déclaraient anti-capitalistes - aux mains des capitalistes.

 

Car ce n'est pas le PCF qui reprend les idées du Front national (pas plus que ce n'est le mouvement de résistance n'a repris le nom de ce parti raciste mais bien le contraire) mais le Front national qui tente de s'emparer des idéologies progressistes pour mieux les dévoyer.

 

La lute des classes, c'est selon lui la lutte des fonctionnaires contre les producteurs - dans lesquels il place .. les patrons.

 

Rejeter le traité constitutionnel en 2005 ne signifiait pas pour lui une véritable action de coopération et d'amitié entre les peuples dans le respect des identités nationales mais de dire non à l'entrée de la Turquie musulmane dans l'Europe chrétienne.

 

Et, comme par hasard, les micros et les caméras se sont tendus à ses propos et à ses images. Beau repoussoir pour celles et ceux qui refusaient cette Europe supranationale, facteur de guerre mais qui ne voulaient surtout pas apparaître aux côtés de ce parti xénophobe et raciste.

 

C'est un piège - important et qui marque vite les consciences. Raison de plus sans doute pour y répondre, argumenter plutôt que de baisser la garde et affirmer en filigrane que nous nous sommes laissés entraîner par Le Pen pour Maastricht, le traité constitutionnel et notre refus de la construction européenne.

 

Une impasse politique qui vise à masquer les enjeux fondamentaux.

 

Refuser le rejet de la monnaie unique, c'est aussi bien pratique parce que cela élude des questions fondamentales.

 

En effet, le rejet de la monnaie unique ne peut être un slogan rabâché sans contenu.

 

Il ne peut être que lié avec une série de propositions fondamentales: remise en cause des dettes publiques indues, renationalisation du secteur financier, renforcement de nos services publics et leur développement (notamment la gestion de l'eau), détricotage ou retrait de notre pays des traités successifs qui le bâillonnent et remettent en cause  son indépendance nationale (notamment en matière agricole, en matière de défense nationale), interdiction de fait des délocalisations et de la réimportation y compris par des taxes dissuasives, développement d'une coopération internationale respectueuse des autres et favorisant la sortie du sous-développement .. etc.

 

Ce sont des questions fondamentales - dont nous pouvons nous saisir à l'intérieur du Parti et dans l'expression publique de nos organisations du Parti.

 

C'est en tout cas le débat que nous vous proposons pour cette  séance - à la fois pour ce qui concerne:

- l'état de l'opinion

- le caractère de classe du rejet de l'UE

- et, lié aux deux premiers termes, comment agir?

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1 novembre 2011 2 01 /11 /novembre /2011 20:34

Papandréou convoque un référendum pour tenter de contenir la révolte du peuple grec. Utiliser toutes les contradictions du capital pour faire avancer nos luttes.

 

Vivelepcf (EDT), 1er novembre 2011

 

La montée de la révolte du peuple grec et de son organisation par le Parti communiste grec et les organisations syndicales qu’il inspire commence à bousculer les calculs des capitalistes européens.

 

Il y a à peine quelques jours, Nicolas Sarkozy et ses collègues chefs d’Etat et de gouvernement européens, globalement soutenus par le PS français, vantaient les vertus de leur plan de Bruxelles pour sauver l’euro : Pour « sauver l’euro » en continuant à pressurer le plus possible le peuple grec.

 

111101_papandreou.jpgMais voilà que le 31 octobre, Georges Papandréou, premier ministre grec, est obligé de les prendre totalement à contrepied. En annonçant la tenue d’un référendum dans son pays sur le plan de Bruxelles en janvier 2012, il le rend caduc dans les faits, au moins jusqu’à cette date.

 

En 24 heures les commentateurs français, journalistes et politiciens, dépités, retrouvent leurs formules méprisantes contre les peuples, celles qu’ils ont utilisées contre les Danois, les Néerlandais, les Irlandais et bien sûr les Français quand, tour à tour, ils ont voté contre l’UE du capital. Ciel, comment donner la parole à des gens qui ne comprennent rien, qui risquent de ne pas comprendre la question posée !

Ils comprennent d’autant mieux que ces donneurs de leçon qu’ils ne sont pas de la même classe sociale !

 

Sans nul doute, l’ampleur de la protestation de couches de plus en plus larges de la population grecque a contraint M. Papandréou.

 

Les travailleurs, les retraités, les jeunes Grecs ne sont pour rien dans la « crise financière ». Comment pourraient-ils accepter de telles coupes dans les salaires, les retraites, les services publics pour les capitalistes et les usuriers, pour une « dette » qui ne cesse de se creuser ? Comment accepter la mise sous tutelle du pays par l’UE, la BCE et le FMI, dont se satisfait bien le gouvernement et que le plan de Bruxelles veut rendre définitive ? Comment accepter l’humiliation et la xénophobie anti-grecque orchestrée par l’UE ?

 

Grèves et manifestations s’amplifient. Le mouvement de désobéissance civile devant les nouveaux impôts iniques gagne. L’économie est paralysée. Les syndicats réformistes commencent à ne plus contrôler la situation sociale. Le pouvoir commence à être fragilisé. Les cérémonies pour la Fête nationale du 28 octobre ont été perturbées, le président de la République devant même quitter la tribune du défilé de Thessalonique devant l’expression de la défiance populaire.

 

L’acte politique de M. Papandréou, disqualifié dans son pays, est très réfléchi. Dans ces conditions qui évoluent vite, face au peuple, imposer le plan de Bruxelles peut faire franchir une nouvelle étape au mouvement populaire. Cela pourrait mettre en échec tout le « sauvetage de l’euro », n’en déplaise à M. Sarkozy et Mme Merkel. Dans le même, cette situation met en évidence des intérêts propres au capitalisme grec, qui ne coïncident pas nécessairement, notamment sur l’euro, avec ceux du noyau européen.

 

Le premier ministre prend garde de convoquer des élections anticipées comme tout le pays le demande.

En organisant un référendum sur le Plan de Bruxelles, il se donne les moyens d’exercer un véritable chantage sur les électeurs, de les associer à la politique du capital, d’obtenir une caution démocratique.

Les pressions vont être maximales pour les faire voter oui, pour leur faire accepter eux-mêmes ce qui sera présenté comme la moins pire des solutions. S’ils votent non, le système les rendra responsables d’un scénario de remplacement qui pourrait être une intervention directe de la BCE contre d’autres sacrifices.

Pour le pouvoir en Grèce, il est trop tôt pour organiser l’alternance. La droite n’a passé la main aux socialistes qu’en 2009. Elle sera moins embarrassée en tant qu’opposition comme en tant que relève gouvernementale après le référendum.  

 

Le Parti communiste grec (KKE) dénonce l’opération politicienne et ses arrière-pensées. Il intensifie son action pour organiser la colère loin des compromissions réformistes et des provocateurs d’où qu’ils viennent. Il fait monter l’exigence du refus des mesures d’austérité, de l’annulation unilatérale de la dette publique, du désengagement de la Grèce de l’Union européenne. La question du rapport de force pour le pouvoir est au cœur de son intervention de masse. Ce n’est pas un hasard si la répression s’abat sur ses militants.

 

La résistance du peuple grec appelle toute la solidarité des travailleurs français. Toutes les luttes nationales servent les autres peuples.

La lutte des Grecs peut faire échouer l’accord de Bruxelles qui prépare l’austérité perpétuelle, la « règle d’or » européenne contre notre propre peuple. C’est un point d’appui même si un autre « plan européen » est à attendre. La légitimité de l’UE du capital ne cesse de se dégrader.

 

En France, le plan Fillon n’était qu’un avant-gout. Déjà un deuxième plan de rigueur est annoncé pour la fin de l’année, un autre est hautement prévisible dès les lendemains des élections de 2012. Amplifions la riposte contre chacune de ses mesures sans nourrir d’illusions sur 2012 !

 

Une part plus grande de la dette grecque va sans doute être effacée. On ne pleurera pas pour les prêteurs qui se sont déjà gavés d’intérêts. Le besoin de recapitalisation des banques françaises va augmenter. Le gouvernement français va devoir se préparer à renflouer les banques avec de l’argent public. Une mobilisation de grande ampleur est possible contre cette « nationalisation des pertes », contre la politique des banques, pour une nationalisation intégrale de chaque banque sans indemnité pour les actionnaires.

 

En France aussi, la question de la remise en cause d’une partie de la dette est plus que jamais posée comme de la politique qui la creuse en multipliant les cadeaux fiscaux et les exonérations sociales au profit des riches et du patronat.

 

« Sauver l’euro » ? Les gouvernements européens ont de plus en plus de mal à défendre cet instrument central de leur politique actuelle et future au service du capital. L’euro est l’instrument de cette politique économique, budgétaire européenne, décidée hors des démocraties et des résistances nationales.

Poursuivons les mobilisations contre Maastricht et contre le TCE !

Si cela ne tenait qu’à la Grèce, cela fait longtemps que les gouvernements européens l’auraient laissée quitter la zone euro. Cela correspond d’ailleurs à l’intérêt d’une partie des capitalistes grecs, handicapés, par exemple dans le tourisme, par « l’euro fort ». D’autres secteurs, comme les armateurs, accumulent les profits en euros et rachèteraient bien leur pays privatisé en drachmes dévaluées.

Mais la sortie de la Grèce de l’euro représenterait une profonde défaite politique pour les tenants de l’UE du capital, la dissipation définitive du mythe de l’Europe solidaire, une menace sérieuse de développement des luttes, de « contagion », contre l’UE du capital dans chaque pays, notamment en France. La fin de l’euro en France, c’est plus d’euro du tout. Ce serait une défaite sans précédent des tenants de l’UE du capital. D’où la pression sur la Grèce et les contradictions qu’elle met en évidence et que nous avons intérêt à exploiter.

 

C’est pour défendre l’UE et l’euro que se manifestent le plus nettement le consensus entre l’UMP, le PS et leurs satellites. Le système a confié à l’extrême-droite nationaliste la mission de dévoyer les positions défendues historiquement par le PCF contre l’Europe supranationale du capital.

Les événements en Grèce nous incitent plus que jamais à les reprendre, à les porter haut et fort parce que nous luttons contre le capitalisme, parce cette lutte ne peut être qu’internationaliste.

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17 septembre 2011 6 17 /09 /septembre /2011 09:32

APPEL : Le PCF doit lancer une campagne

pour la SORTIE DE L’EURO et la

rupture avec l’UE au service du capitalisme.

 

Au nom des déficits et des dettes publics qu’ils ont eux-mêmes creusés, les gouvernements européens, de droite comme de « gauche », accélèrent leur politique de coupe des dépenses publiques, de casse des systèmes de protection sociale, de privatisations. Tant qu’il détient le pouvoir, le capitalisme utilise sa propre crise à son profit.

En France, le plan Fillon n’est qu’un avant-goût de ce que ce système réserve au peuple français quel que soit le résultat des élections de 2012.

De concert, l’Union européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international aident les gouvernements à saigner leur peuple. Plus que jamais, le Traité de Lisbonne, les directives européennes, l’euro apparaissent pour ce qu’ils sont : des instruments pour coordonner les politiques antisociales.

10 ans après, les peuples ont fait leur expérience. Tout ce que nous, communistes, dénoncions, dans les années 90, en combattant le Traité de Maastricht s’est vérifié. L’euro sert à aggraver la concurrence entre les travailleurs dans et hors la zone euro, exacerbant la xénophobie. L’euro facilite les délocalisations, favorise la domination des trusts les plus puissants contre les activités en développement répondant aux besoins des populations. C’est un instrument redoutable pour tirer les salaires et les acquis sociaux vers le bas, les prix des denrées élémentaires vers le haut. C’est un outil de domination, complice du dollar, conçu pour être hors de portée des peuples et les affamer au service de la finance mondiale.

Les travailleurs ne restent pas sans lutter. Un mouvement profond de contestation se développe partout. Par millions, ils manifestent dans les rues d’Athènes de Rome ou de Paris en 2010 contre la casse des retraites.

Pour l’instant, le système et ses relais réussissent à canaliser le mouvement vers l’alternance électorale entre des forces de droite ou de « gauche », qui sitôt les élections passées, appliquent plus ou moins la même politique : Grèce, Portugal, bientôt Espagne avec les élections anticipées de novembre. La France en 2012 ?

Derrière les promesses électorales démagogiques (PS grec avait promis 5% d’augmentations des salaires avant de les diminuer de 20%), un engagement de fond révèle le consensus qui relie les forces politiques de l’alternance : l’adhésion à l’UE, la défense de l’euro.

Pour l’UE, pour l’euro, c’est l’Union sacrée de la droite, du PS, du Medef. L’idéologie dominante y met toutes ses forces : « il faut sauver l’euro » et tous les sacrifices sont bons pour cela. Les syndicats réformistes, à l’image de la Confédération européenne des syndicats (la CES), fer de lance du Traité de Lisbonne, promeuvent une soi-disant « Europe sociale » pour mieux légitimer les institutions européennes et l’euro. Les organisations du capital s’efforcent de détourner la colère populaire vers une issue qui va enfoncer encore davantage les travailleurs : le renforcement de l’UE du capital, de ses institutions qui écrasent les démocraties nationales, l’établissement d’une « gouvernance européenne ». Le point d’arrivée, c’est le sinistre « Pacte pour l’euro », une politique imposée au moyen de l’euro, synonyme d’austérité à perpétuité et de mise sous tutelle des Etats démocratiques.

En France, comme ailleurs, le système assigne à sa roue de secours d’extrême-droite le soin, comme en 1992 contre Maastricht, ou en 2005 contre le TCE de dévoyer la lutte contre l’UE du capital, en les associant au nationalisme et au racisme. Le capital joue avec le feu : ne laissons pas faire !

Les peuples, quand on leur demande leur avis ne se trompent pas : NON à Maastricht ou au TCE au Danemark, en Irlande, aux Pays-Bas ou en France. Un vote de classe, celui des ouvriers, des paysans, des employés, de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capital, s’exprime à chaque fois contre l’UE. Un rapport de force existe liant luttes et rejet de l’UE du capital.

Voilà pourquoi nous pensons qu’il est primordial que notre parti le PCF reprenne son combat de toujours contre l’intégration européenne capitaliste. Le PCF est la seule force politique conséquente qui a toujours combattu l’intégration européenne depuis la CED (l’armée européenne) en 1953 jusqu’au combat contre Traité d’Amsterdam et la monnaie unique en 1998 en passant par le Traité de Rome.

La sortie de la France de l’euro, c'est-à-dire la fin de l’euro, vu la place centrale de notre pays, n’est pas synonyme d’avènement du socialisme. Bien sûr, mais ce serait une victoire politique majeure, une mise en échec historique de l’UE, l’explosion du consensus droite/PS en France. Evidemment, pour les communistes, elle ne peut que s’accompagner que d’autres mesures fondamentales telles que la remise en cause de la dette publique indue, la nationalisation du secteur financier, une autre politique fiscale et salariale. Elle va dans le sens du refus croissant de l’application du Traité de Lisbonne, des directives et règlements européens. 

En 1992 comme en 2005, avec leur Parti, les communistes ont su aller à contre-courant. Nous nous souvenons que cela n’a pas été facile mais que cela a été finalement fécond pour les luttes. En 2012, le PCF doit refuser de céder à la pression réformiste dominante : aucune illusion ne peut être laissée, avec la CES ou le Parti de la gauche européenne, sur une réorientation contre-nature de l’UE ou de la BCE! Le débat ne saurait être esquivé dans le Parti pour cause de campagne électorale ou d’adhésion au Parti de la « Gauche européenne ».

Les institutions de l’UE n’ont d’objectif que d’éliminer les acquis sociaux et démocratiques nationaux, le droit, souvent chèrement payé, des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elles tentent de tout porter au niveau supranational où ils n’ont pas de prise mais où les multinationales sont omnipotentes. Au contraire, la résistance au plan national est décisive dans l’intérêt mutuel, internationaliste, des peuples!

Aussi, responsables, militants, sympathisants du PCF, citoyens, nous demandons publiquement que le PCF, au regard de son rôle historique, lance une campagne nationale pour la sortie de l’euro. Nous nous engageons à forcer le débat sur cette question cruciale.

 

Premiers signataires: Stéphane AURIOL (PCF-RATP, Conseil national du PCF 2005-2008), Corinne BECOURT (PCF 02, CN), Frédéric BERNABE (PCF 70, CN), Emmanuel DANG TRAN (PCF 75, CN), Fabienne DEBEAUVAIS (PCF 80, CN), Claude FAINZANG (PCF 75, CN), Eric JALADE (PCF 81, CN) ; Dominique NEGRI (PCF 38, CN)

Je m’associe à cet appel. Je demande que le PCF, dans la suite de ses combats contre le Traité de Maastricht et la « constitution » européenne lance une campagne nationale pour la sortie de l’euro en vue de rompre avec l’UE du capital.

Renvoyer à PCF Paris 15, 130 rue Castagnary, 75015 Paris. pcf15@wanadoo.fr

 

 

 

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22 juillet 2011 5 22 /07 /juillet /2011 17:26

Belgique : « laboratoire » de l’Union européenne…

 

En parallèle du sommet de la zone euro, le 21 juillet 2011, les Belges célébraient leur fête nationale et le 181ème anniversaire de l’indépendance.

 

Les difficultés politiques structurelles que connaît le pays ont été plus encore l’objet de larges discussions : pas de véritable gouvernement depuis 400 jours et des prétentions toujours accrues des organisations politiques séparatistes.

 

Le roi Albert II a lancé : « Notre situation actuelle crée de l’inquiétude auprès de nos partenaires et pourrait endommager notre position au sein de l’Europe, voire l’élan même de la construction européenne, déjà mis à mal par les eurosceptiques et les populistes ». La Belgique passerait, selon certains observateurs, pour un « laboratoire de l’intégration européenne », avec ses trois communautés linguistiques (Les Echos du 22 juillet).

 

Nous ne résistons pas à la tentation de remettre en ligne le sketch d’un humoriste qui fait ressentir avec une certaine justesse, et avec férocité, ce caractère de « modèle » de l’UE de la Belgique actuelle.

110722_pirette.jpg

Mais à l’inverse du roi, nous faisons partie de ceux qui ne considèrent pas que la crise politique belge fait peser un risque sur l’UE mais tout au contraire que l’UE est en bonne partie responsable de l’aggravation des problèmes de la Belgique.

Dans l’intérêt des firmes capitalistes, le « modèle européen » s’attaque avec acharnement à l’échelon national, à tous les acquis démocratiques et sociaux qu’il porte. Dans ce sens, il privilégie notamment l’échelon régional, « l’Europe des régions ». L’UE encourage aussi avec constance l’invention de « minorités nationales », sur base ethnique.

 

Dans les réalités de la Belgique, où objectivement et historiquement, des tensions internes entre Flamands et Francophones existent plus qu’ailleurs, la politique de l’UE est désastreuse pour tous les acquis nationaux. De part et d’autre de la « frontière linguistique », les progressistes s’engagent pour le maintien de l’unité de l’Etat belge.

 

Mais revenons au sketch de M. Pirette :

 

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18 juillet 2011 1 18 /07 /juillet /2011 17:06

Sortie de l’euro, fin de l’euro : le débat doit avoir lieu au sein du PCF.

 

Rédaction vivelepcf, 18 juillet 2011

 

Autres articles sur le sujet :

Sortir de l’euro ? Posons la question !

Remettre en cause le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro : impossible !

Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?

Voir aussi :

Extrait de la rencontre avec Emmanuel Dang Tran à St Martin d'Hères


 

Les plans de « sauvetage » se succèdent : « sauvetage » de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal… avec tous comme objectif le sauvetage de l’euro.

 

L’affolement joué par les gouvernants européens ne doit pas tromper.

 

De connivence avec les spéculateurs et les « agences de notation », ils sont en train de faire payer une deuxième fois la crise du capitalisme par les travailleurs de chaque pays pour le plus grand profit des capitalistes eux-mêmes.

 

Ils l’ont fait une première fois à partir de 2008 en aggravant les déficits publics pour aider davantage les plus riches et renflouer les banques.

Ils entendent saigner à nouveau les salariés, les retraités, les jeunes pour rembourser maintenant les « dettes » publiques qu’ils ont fabriquées. Les groupes financiers, déjà bénéficiaires hier, s’en repaissent aujourd’hui avec des intérêts galopants.

 

Voilà ce que signifie concrètement, techniquement « Sauver l’euro ».

Ce que le PCF avait si justement dénoncé dans les années 80 et 90 se réalise.

L’euro est l’instrument du renforcement de la mise en concurrence des peuples les uns contre les autres, de l’écrasement des salaires et des droits sociaux acquis dans chaque pays, des activités économiques en développement. L’euro facilite les délocalisations. Il a ouvert une période inédite d’accumulation financière pour les capitalistes européens…

 

A terme, toujours pour « sauver l’euro », les gouvernants, de droite et de gauche, et leurs idéologues ne prônent qu’une perspective : aller plus avant dans la même voie.

Il faudrait maintenant placer directement les politiques économiques nationales sous la mainmise de l’UE. Avec le « Pacte pour l’euro », dans l’accomplissement de Maastricht, c’est l’austérité à perpétuité pour les travailleurs.

 

Hollande et Aubry en France sont les premiers à demander plus de fédéralisme européen en matière économique et sociale.

 

Dans un tel contexte, le débat sur la sortie de l’euro doit absolument avoir lieu au sein même du PCF. Peu importe (si en fait mais c’est une autre question…) que Jean-Luc Mélenchon ait été l’un des plus virulents défenseurs de Maastricht et qu’il ne tient son idéal fédéraliste européen en réserve que pour mieux le ressortir, comme il l’écrit lui-même.

A défaut de programme disponible du PCF, les positions de la direction du PCF (voir l’article sur ce site : Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?) ou du secteur économie du PCF (voir l’Humanité-dimanche du 13 juillet 2011) peuvent susciter le scepticisme.

Réorienter la BCE, conçue au-dessus des peuples dans l’intérêt du capital, ne relève-t-il pas de l’illusion ? Une illusion qui risque de surcroît de légitimer sa domination.

Comment imaginer que l’UE, bloc de puissances impérialistes, allié avec des puissances émergentes, puisse avoir une politique monétaire favorable pour les peuples, même si l’on veut bien imaginer qu’elle rivalise un jour avec le dollar ?

Comment imaginer une intervention des travailleurs sur la base de propositions telles que la création « de fonds régionaux pour l’emploi et la formation », cogérés par les régions (de gauche ?), le patronat et les syndicats locaux, promouvant « la sélectivité dans l’attribution des garanties d’emprunt ou des bonifications d’emprunt » ?

Pourquoi toujours situer tout changement au niveau de l’UE, échelon qui esquive les réalités démocratiques nationales ? Comment imaginer une UE sociale ?

 

Vraiment toutes ces questions méritent discussion, d’urgence !

 

Les réalités nationales sont loin d’avoir disparu. Les Etats nationaux, suppôts de l’UE, n’ont peut -être jamais été plus diligents dans l’intérêt du capitaliste monopoliste. C’est toujours dans le cadre national, plus que jamais, que se construisent les rapports de force, les luttes qui peuvent gagner des ruptures avec la politique du capital. Les batailles de nos camarades grecs, dans ce sens, nous renforcent considérablement, en tout internationalisme.

 

La sortie de l’euro ne se pose pas dans une perspective unique.

 

Elle n’aurait pas les mêmes répercussions selon les pays.

Une partie des capitalistes grecs, suivant leur secteur d’activité (ex : tourisme), peut trouver intérêt à une sortie unilatérale, éventuellement provisoire, de la zone euro. Pas une autre (armateurs, finance).

Les gouvernants européens ne la souhaitent visiblement pas craignant un précédent politique qui ébranle l’euro dans les autres pays. La légitimité de l’’UE du capital n’a jamais été aussi faible parmi les peuples. Nous devons nous en féliciter d’autant plus que nous y avons contribué.

Une sortie de l’euro de la France signifierait, elle, directement la fin de la monnaie unique, la fin de l’euro.

 

Le système a chargé le FN, comme au moment de Maastricht ou du TCE, de dévoyer une bataille dont il sent qu’elle peut être portée largement par les travailleurs. Nous sommes, comme en 1992 ou en 2005 à l’opposé de cette caricature.

 

Evidemment, pour nous communistes, la sortie de l’euro n’est pas une fin en soi. Elle n’est pas synonyme de rupture avec le capitalisme. Elle ne peut s’imaginer sans d’autres conquêtes à la hauteur du rapport de force qui permettrait de la gagner : notamment la remise en cause des dettes et déficits publics fabriqués, la (re) nationalisation démocratique du secteur financier. Notre revendication s’accompagnerait des propositions que nous portions, il y a encore une quinzaine d’années, de coopération monétaire internationale, dont la constitution d’une monnaie commune internationale (voir articles plus détaillés en lien ci-dessous).

 

Le rejet de l’UE du capital, de l’euro, pour lequel il faudrait accepter tous les sacrifices est très large parmi les travailleurs. Les votes non de 1992 et 2005 ont été des votes de classe. La propagande, notamment inculquée à l’école et à l’université, prend mal.

Le PCF doit être fidèle à son analyse, percutante depuis le début, condamnant l’Europe supranationale du capital.

 

C’est ce que nous pensons. Qu’enfin s’ouvre le débat au sein du Parti !

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 15:15

Des dirigeants du PCF à la rescousse de l’euro ?

 

Réflexion EDT, 28 mai 2011 

 

Même si la direction du Parti lui fait le moins de publicité possible, ma candidature contribue à ouvrir le débat sur l’euro, une question qui est présente, je le vérifie partout au fil de mes déplacements, dans toutes les discussions de communistes ou presque.

 

Dans l’Huma-dimanche daté du 19 mai, les chroniqueurs Francis Wurtz et Jean-Christophe le Duigou dénoncent fermement toute revendication de « sortie de l’euro ». En décembre dernier déjà, Pierre Laurent se prononçait pour une réorientation de la BCE mais s’exclamait à propos de l’euro « ne bazardons pas l’instrument ! ».

 

Il y a de quoi être étonné. Le PCF est l’organisation qui a le plus précisément depuis l’origine dénoncé et combattu l’Europe supranationale du capital.

De l’Acte unique en 1986 au Traité d’Amsterdam en 1998, en passant bien sûr la grande campagne de 1992 contre Maastricht, nous avons avec force argumentation expliqué les dangers de la monnaie unique, l’arme supplémentaire qu’elle allait représenter pour les capitalistes européens contre les peuples.

 

Tout ce que nous avions annoncé et dénoncé se réalise. L’euro sert à aggraver la mise en concurrence des travailleurs des différents pays à la fois de la zone euro elle-même et de la périphérie. Il contribue à exacerber la xénophobie un peu partout en Europe. La monnaie unique encourage les délocalisations, favorise les secteurs capitalistes les plus puissants, compromet le développement des activités productives les plus faibles, pays par pays. L’euro, comme le démontre le « Pacte pour l’euro », est un instrument redoutable pour tirer les salaires, les acquis sociaux vers le bas, dans tous les pays, y compris l’Allemagne.

 

Le rapport de force que nous avons contribué à construire de façon déterminante contre l’UE du capital se retrouve, renforcé, contre l’euro aujourd’hui. Les 55% de NON au projet de « constitution » européenne, un vote de classe, ne se sont pas évaporés.

Le lien entre la monnaie unique et la « vie chère », principalement l’insuffisance des salaires et des pensions par rapport à l’envolée de toutes les dépenses de base, est largement établi, même si c’est parfois de façon simpliste en apparence.

L’euro comme instrument pour affamer les peuples au profit de la finance internationale est bien identifiable dans les crises grecque, portugaise ou irlandaise.

 

Dans ces conditions, comment pouvons-nous, communistes laisser la revendication de la sortie de l’euro au FN ?

 

Je réfute tout de suite l’argument consistant à dire qu’aucune de nos propositions ne peut être assimilée au FN. Si nous avions raisonné comme cela, nous n’aurions pas combattu Maastricht ou le TCE. Nous savons aussi, tous, combien nos propositions, notre projet de société sont strictement à l’opposé de ceux du FN, de tout nationalisme. Et nous avons les moyens de le faire comprendre.

 

Bien évidemment, la fin de l’euro, le retour au franc ne signifient pas l’avènement du socialisme en France. J’en suis le premier conscient. Le pouvoir resterait dans les mains du capitalisme français. En Grande Bretagne, la même politique d’austérité peut être menée par les socio-démocrates ou les conservateurs sans besoin de l’euro.

Devant la mise en péril de l’euro, certains économistes bourgeois envisagent des « plans B » pour continuer à saigner les peuples même sans l’euro ou avec une zone euro réduite à quelques pays.

Mais le retour de la souveraineté monétaire au niveau national ouvre, notamment en France, d’autres possibilités d’intervention populaire sur cet élément décisif de l’économie. Voilà bien ce que craignent les capitalistes français en général. En 1936, le Front populaire a brisé le règne des 200 familles sur la Banque de France.

 

Et puis pour nous communistes, le rejet de la monnaie unique ne s’apparente pas à un simple slogan. Il va avec une série de propositions fondamentales comme la remise en cause des dettes publiques indues, par exemple celles qui ne servent qu’à payer les intérêts de la dette elle-même, l’objectif, que le Parti devrait défendre sans ambiguïté, d’une renationalisation de l’ensemble du secteur financier.

A mon sens, effectivement, l’opposition à l’euro n’a de sens aussi qu’allant de pair avec un rejet général de l’UE du capital, de l’application, contre les peuples et en particulier le nôtre, des traités, directives et règlements, conçus dans l’intérêt du capital.  

 

Qu’est-ce qui est le plus réaliste ?

Réorienter la politique supranationale de la BCE, convaincre ces financiers d’intégrer, comme la FED américaine, un objectif hypocrite de plein emploi dans les statuts de la Banque de Francfort ?

Ou bien s’appuyer, nous en France, comme nos camarades dans les autres pays, sur le rapport de force réel qui existe, sur les contradictions entre capitalistes eux-mêmes pour mettre à bas, dans cette période donnée de « crise », l’un des instruments principaux de l’exploitation capitaliste ?

 

Poser la question, c’est y répondre.

 

Le choix de la direction du PCF dans le Front de gauche, avec le Maastrichien Mélenchon, avec le Parti de la gauche européenne, suivant la Confédération européenne des syndicats, propagandiste du Traité de Lisbonne, d’afficher envers et contre tout un parti pris « pro-européen » est injustifiable et extrêmement préjudiciable au mouvement populaire.

 

Assez de renoncements, de perméabilité à l’idéologie dominante !

Notre parti, et il a les moyens de le faire, doit reprendre le fil et la cohérence d’analyse et d’action qui l’ont amené à être le plus efficace contre l’UE du capital !

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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 17:22

Remettre en cause le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro : impossible !

 

par vivelepcf

 

Le PCF n’a rien à faire avec le PS et la CES pour justifier l’euro du capital

 

Le 24 mars 2011, les gouvernements des pays de l’UE, de droite ou sociaux-démocrates, ont adopté le « Pacte pour l’euro ».

Les travailleurs ne seront pas surpris de son contenu, conforme à tout ce qui vient de l’UE. Le Pacte vise à engager les pays membres à aggraver la politique d’austérité, de gel ou de baisse des salaires, de réduction des dépenses publiques et sociales, de remise en cause des systèmes publics de retraites etc. C'est-à-dire la politique que chacun des gouvernements met déjà en œuvre dans les conditions de son pays.

 

Plusieurs voix se font entendre pour contester le Pacte. En France, les dirigeants du Front de gauche, dont ceux du PCF, organisent un meeting « européen » le 3 mai pour « arrêter le pacte de super-austérité de Sarkozy-Merkel dit Pacte pour l’euro ». Le PS s’y oppose aussi, dénonçant l’austérité, regrettant que rien ne soit prévu, dit Martine Aubry, « pour mieux réguler le capitalisme, faire participer les profits à la solidarité ou taxer le capital ».

La gauche française rejoint la Confédération européenne des syndicats, la CES, qui réclame un « pacte en faveur de plus d’équité, contre l’austérité » et organise des « europrotestations paisibles » dans plusieurs capitales d’Europe.

Le Front de gauche et le Parti de la gauche européenne, présidé par Pierre Laurent y appellent avec insistance.

 

Evidemment, les communistes doivent être les premiers à combattre les politiques d’austérité au service du capital. Mais la question est de savoir à quel niveau doit se placer l’action. Pouvons-nous nous exprimer avec et sur la base des positions de ceux, PS et CES, qui sont des promoteurs de Maastricht et du Traité de Lisbonne que le Pacte ne fait que prolonger ?

Notre réponse, c’est non.

 

Avant le Pacte pour l’euro, nous avons connu le Pacte de stabilité, également conçu pour la mise en place de la monnaie unique.

Il n’a quasiment jamais été respecté par les pays de la zone euro mais a toujours fonctionné dans un sens unique contre les travailleurs. Les gouvernements nationaux ont bien su l’utiliser comme prétexte pour couper dans les dépenses publiques et sociales, pour privatiser. Jamais au contraire, ils n’ont autant augmenté les cadeaux fiscaux et les déductions de cotisations sociales qui, pourtant, creusent les déficits publics et alimentent la dette publique dont le Pacte devait prémunir.

Le Pacte pour l’euro servira, de même, de prétexte « d’en haut » pour imposer les politiques antisociales, combattues dans tous les pays par des luttes puissantes, comme celle que nous avons connue pour les retraites.

Ces luttes, au niveau national où existe et se construit le rapport de force, sont les seules décisives, toute victoire dans un pays aidant un autre comme on le voit dans le monde arabe.

 

Le Pacte va n’être qu’un prétexte de plus pour mettre en œuvre les politiques d’austérité, l’UE du capital dispose d’un instrument pour les imposer : l’euro, la monnaie unique.

On ne devrait pas dire le « Pacte pour l’euro » mais plutôt « l’euro pour le pacte » !

 

Au moyen de quoi, le capital mondial saigne le peuple grec, le peuple portugais ou le peuple irlandais : avec l’euro !

L’euro renforce la mise en concurrence directe des travailleurs des différents pays et écrase le développement des activités les plus faibles. L’euro « fort » est conçu dans l’intérêt des entreprises les plus puissantes, structurellement exportatrices, et qui y gagnent considérablement à délocaliser leurs sous-traitants.

 

Ceux qui disent que sortir de l’euro, retrouver une souveraineté monétaire, amènerait au nationalisme, devraient voir les campagnes, réellement nationalistes, de haine entre les peuples, que le capital fomente avec l’euro et qui ont déjà amené aux résultats considérables de l’extrême droite par exemple en Finlande. « Les Grecs sont des fainéants. Pas question de payer pour eux » disent les fascistes finlandais comme les journaux allemands à grand tirage.

 

Que le PS et la CES s’opposent au « Pacte pour l’euro » pour mieux faire accepter l’euro aux travailleurs, c’est logique. Que Mélenchon, Maastrichien convaincu, annonce un SMIC européen grâce à l’euro (un SMIC à 300 euros ?), c’est logique. Que la CES vante la fiction d’une Europe sociale, c’est logique.

Tous ceux-là font partie de ceux qui s’efforcent de relégitimer l’UE, ses traités, ses directives, sa monnaie aux yeux des peuples qui les rejettent massivement, comme en France en 2005.

La BCE pourrait être à l’origine d’un « Pacte social et écologique » : on rêve. Toutes les institutions de l’UE ont été conçues, depuis le départ, contre les peuples, les droits démocratiques qu’ils ont arrachés dans leur pays.

 

Le PCF, jusqu’à une date récente, s’est toujours prononcé contre l’UE du capital et pour des coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples et les pays. Ces positions font toujours de lui un repère politique dans notre pays.

 

Pour les Grecs ou les Irlandais, la bataille pour le non-paiement des usuriers capitalistes, favorisés par les gouvernements, à l’image de l’Islande, est primordiale. N’allons pas demander des prêts moins chers à la BCE !

Pour combattre les spéculateurs, pour se doter d’un instrument stable de coopération monétaire et de crédit, reprenons notre proposition de monnaie commune, composée d’un panier de monnaies nationales !

Cessons de suivre les socialistes du PS ou du PG sur les voies qui nous séparent historiquement de l’acceptation de l’Europe atlantiste du capital !

Ne laissons pas non plus le FN récupérer et caricaturer l’opposition de classe à l’UE du capital !

 

Donc soyons cohérents : NON aux politiques de casse sociale ! NON au Pacte pour l’euro ! NON à l’euro !

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:31

Le PCF peut s’enorgueillir d’avoir conduit les campagnes les plus conséquentes contre l’Europe supranationale du capital.

une-huma-dimContre le Traité de Maastricht en 1992, puis pour un référendum le Traité d’Amsterdam jusqu’en 1998, nous avons marqué beaucoup de points dans la dénonciation des méfaits de la monnaie unique qui allait devenir l’euro.

 

Depuis, en France comme dans tous les pays, avec la crise du capitalisme, l’UE du capital subit une profonde crise de légitimité et rencontre des résistances nationales toujours plus fortes. Les gouvernements nationaux, de droite ou socio-démocrates, peuvent de moins en moins utiliser le prétexte européen pour mener leur politique de casse des acquis sociaux et démocratiques. En difficulté, les dirigeants européens font front uni devant les opinions publiques pour défendre le principal de l’UE : l’euro.

 

Sarkozy, dans ces vœux au pays, a mis en garde solennellement contre les dangereux irresponsables qui évoqueraient la sortie de l’euro. Mme Merkel a fait de même avec autant d’insistance. M. Papandréou fait payer tous les sacrifices au peuple grec pour rester dans la zone euro.

 

Aussi c’est avec surprise que nous lisons les déclarations insistantes des principaux dirigeants du PCF pour défendre l’existence de l’euro. Avant MG. Buffet dans l’Huma, Pierre Laurent, tout juste désigné président du PGE, déclare à la presse, le 8 décembre 2010 : « La sortie de l’euro n’est pas la solution. Ce n’est pas la sortie de l’euro qui peut arranger les choses. … Donc changeons l’euro et la manière de l’utiliser mais ne bazardons pas l’instrument ».

Qu’est-ce qui peut justifier un tel revirement par rapport aux analyses que les communistes ont toujours défendues ?

 

Que l’on ne vienne pas nous dire que ne nous pouvons pas défendre une position en étant mal accompagné ! Puisque les Le Pen sont pour la sortie de l’euro, nous ne devrions pas l’être. Dans ces cas-là comme Mitterrand et les socialistes nous le disaient déjà, nous n’aurions pas dû combattre Maastricht. A gauche, Mélenchon ne s’embarrasse pas pour cela (France Soir du 8/01/11). Nous savons bien comment Le Pen est utilisé pour détourner les aspirations populaires. Nous savons (voir ci-contre) combien ses positions nationalistes et racistes l’amènent à soutenir en vérité l’EU du capital.

 

En s’opposant à l’euro, on se retrouverait aussi dans le camp des capitalistes allemands, des égoïstes qui veulent abandonner les pays européens aux économies les plus faibles. Les capitalistes allemands sont au contraire au 1er rang pour défendre l’euro, avec les capitalistes de tous les pays, armateurs grecs compris.

 

Exactement comme le Parti le dénonçait dans les années 90, l’euro favorise les capitalistes dominants. Il renforce encore la concurrence, « libre et non faussée », au sein de la zone euro, écrasant les activités en développement. L’euro « fort » fait le jeu des économies structurellement exportatrices mais pénalise les activités moins « compétitives ». Il encourage les délocalisations dans des pays ateliers, aux marches d’Europe de l’est ou plus loin.

 

Tout cela nous l’avions dit et cela se vérifie de même que l’aggravation des tensions nationales. La presse démagogique de chaque pays accuse les autres peuples d’être coupables de la crise, d’être irresponsables, paresseux…

Pierre Laurent estime que : « les pays qui sortiraient de l’euro seraient seuls face à la guerre économique actuelle ». Grecs, Irlandais, Portugais font l’expérience de la solitude avec l’euro ! Les sacrifices qu’on leur demande, 20% de perte de pouvoir d’achat en 2 ans, sont sans commune mesure avec les conséquences des dévaluations des années 1992/1993 de la livre et de la lire.

 

Sortir le l’euro et revenir aux monnaies nationales ne réglerait pas tout. Certes ! L’existence d’une monnaie nationale n’est pas le socialisme. Elle reste sous le contrôle des capitalistes nationaux, des banques centrales nationales, mais elle n’est pas hors de portée politique des peuples.

 

C’est l’aspect fondamental. Les dirigeants du Parti affirment que l’euro pourrait se transformer en la monnaie commune de coopération que nous appelions de nos vœux dans les années 90. Mais comment ? Comment laisser l’illusion d’une démocratisation de la BCE, même si hypocritement ses statuts intégraient des objectifs de croissance et d’«emploi » comme… ceux de la FED américaine ? Les peuples, les démocraties nationales n’ont aucune prise sur elle. De telles propositions ne font que légitimer ce que nous devons combattre !

 

Une monnaie commune n’est envisageable qu’avec le retour de monnaies nationales.

Au moment où l’euro, l’UE subissent une crise de confiance, de la part de peuples qui se mobilisent par millions contre la politique du capital, quel est le rôle des communistes ?

Certainement pas de rentrer dans le consensus pro-européen !

Mais de miser sur le rapport de force politique, de haut niveau, qui a amené à rejeter à 55% le Traité constitutionnel en 2005.

 

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 23:06

Proposition d’« Initiative citoyenne européenne » : le PGE fait la promotion de l’UE de Lisbonne ! Inacceptable pour le PCF !

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Le Parti de la gauche européenne (PGE), maintenant présidé par Pierre Laurent, annonce le lancement d’une campagne européenne de signatures en vue de proposer une « initiative citoyenne » à la Commission de Bruxelles.

Sur la forme comme sur le fond, cette campagne va à l’encontre des positions défendues par les communistes au moment de la lutte contre Maastricht ou contre le TCE. Le PGE s’enfonce un peu plus dans une logique de légitimation de l’UE du capital.

 

Les « initiatives citoyennes européennes » désignent une disposition prévue par le Traité de Lisbonne.

 

Au plan national, le PCF a toujours, sauf dans des cas bien précis, condamné le recours au référendum, même d’initiative populaire. Loin d’être une avancée démocratique, il tend à caricaturer les vraies questions politiques et à rentrer dans une logique de plébiscite.

Au niveau de 27 Etats européens, c’est pire.

 

Les modalités d’application du « droit » d’initiative citoyenne, laissées à la définition du Parlement européen, confirment la mascarade que nous avions dénoncée en 2005. Mais le PGE rentre dans le jeu…

Les dispositions juridiques définitives ne seront adoptées qu’en 2012 ( !). On sait déjà qu’il faudra 1 million de signatures émanant, avec un minimum dans au moins 7 pays, pour, tenez vous bien amis démocrates, pour pouvoir demander à la Commission de Bruxelles de bien vouloir organiser un référendum. Libre à elle de refuser, à condition de donner ses raisons !

 

Toutes les précautions sont prises pour éviter que voient jamais le jour les seuls référendums que les peuples doivent être en droit d’exiger dans l’UE: les référendums qui remettent en cause les traités de l’UE, la dictature de l’UE du capital.

Le souvenir des victoires du NON au Danemark en 1992, en France et aux Pays-Bas en 2005, en Irlande en 2008, restent décidemment dans la gorge des dirigeants européens. Ils ont permis de montrer, au bénéfice des tous travailleurs de tous les pays, combien cette UE est illégitime, combien les peuples peuvent y résister dans le cadre national.

 

Mais le projet du PGE n’a pas du tout cet objectif politique. Il est parfaitement recevable par la Commission européenne. Il n’a rien à voir et est même contradictoire avec les belles campagnes en France du PCF pour obtenir un référendum contre Maastricht en 1992, contre la monnaie unique en 1996/7, contre la Constitution européenne en 2005.

 

Le PGE demande la création d’un fonds d’investissement européen qu’il souhaiterait voir dédier au financement d’investissement pour la recherche, la formation, l’emploi, les infrastructures et bien d’autres choses.

Mais pourquoi un fonds européen ? Comment laisser imaginer que les peuples obtiendront plus d’un échelon qui leur échappe que des gouvernements de leurs pays ?

 

L’illusion, ou plutôt la supercherie, apparaît encore plus nettement dans les ressources proposées par les spécialistes du PGE pour alimenter le fonds.

Il faudrait d’abord augmenter le budget européen ! Mais d’où viennent ses recettes sinon du prélèvement sur les budgets nationaux ! On voit parfois dans nos villes des panneaux de propagande indiquant que la réfection d’un trottoir a été financée « grâce » à l’UE : en fait c’est avec notre argent !

Il faudrait ensuite créer une taxe sur les transactions financières, les mouvements spéculatifs. Même ATTAC a relativisé sa proposition historique devenue une tarte à la crème, reprise régulièrement à leur compte par les dirigeants du G20. Outre son caractère irréaliste, elle présente une logique perverse : plus il y spéculation, plus il y a de ressources pour le « fonds ».

Enfin, le PGE compte sur la BCE pour abonder le fonds avec une autre politique monétaire. Un FMI de gauche, une BCE de gauche, plus à gauche que Strauss-Kahn et Trichet ? Impossible, la BCE et l’euro ont été conçus pour échapper aux peuples.

 

Sur tous ces sujets précis, il serait souhaitable que le débat s’ouvre dans le PCF et nous ne demandons qu’à y contribuer. Mais ils ne doivent pas non plus esquiver une question de fond, encore plus imminente.

La proposition du PGE, l’action du PGE, combinée ouvertement avec celle de la Confédération européenne des syndicats (la CES qui défend le Traité de Lisbonne) se placent dans l’acceptation, la promotion du cadre de l’UE. Pour le PGE, c’est même une condition inscrite dans ces statuts pour bénéficier du financement de la Commission européenne.

 

Les communistes français peuvent et doivent avoir la possibilité de refuser cette dérive, qui trahit toutes les positions historiques du PCF.

L’affiliation du PCF au PGE ne doit pas être une fatalité. Pour nous il est clair qu’il faut en sortir.

 

D’autres formations ou personnalités commencent à avancer des propositions « d’initiative citoyenne européenne ».

Ainsi, Christine Boutin, représentante de la droite la plus réactionnaire demande un référendum pour que les « racines judéo-chrétiennes » de l’Europe soient plus explicitement inscrites dans les textes de l’UE (tiens comme Gallo ou Gerin !). Voilà qui laisse présager des questions nauséabondes que les « initiatives citoyennes » vont charrier à l’instar des votations en Suisse.

De son côté, le premier ministre et « père la rigueur » socialiste grec Papandreou va lancer une « initiative citoyenne européenne » pour la création d’un fonds européen qui mutualiserait les intérêts d’emprunt et permettrait « de financer des infrastructures », des activités créatrices d’emplois etc.

Papandreou, Pierre Laurent, les esprits se rencontrent !

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