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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 11:35

La propagande anti-cubaine jusqu’au baccalauréat !

Vivelepcf, 30 juin 2012

Plusieurs enseignants et associations de solidarité avec le peuple cubain ont dénoncé la teneur de l’épreuve d’espagnol, langue vivante 1, du baccalauréat des séries S et ES.

Le texte soumis aux candidats, « El muchacho da Camaguey », de l’obscur écrivain espagnol (et même pas cubain), Luisgé Martin, dresse un tableau accablant de la vie dans l’île : un Cubain famélique raconte comment il a été arrêté par des policiers déguisés en touristes pour avoir parlé de sa faim et de son dénuement.

Les intentions de ceux qui ont choisi le sujet éclatent dans leurs consignes de correction :

 

« On attendra du candidat qu’il commente à partir du texte :

  •  La pauvreté sur l’île : la faim en rapport avec la description physique de Carlos, le manque de bien courant (allusion au savon, l’attitude des Cubains vis-à-vis des touristes, les conditions économiques
  • La censure : crainte, méfiance et répression ».

Les « bonnes » réponses sont récompensées par 5 points, coefficient 3 !

Rarement la propagande anti-cubaine aura atteint ce niveau caricatural et en même temps ce niveau officiel.

C’est proprement un scandale.Nous nous associons à toutes les protestations en direction du ministère de l’éducation. Nous reproduisons ci-dessous la lettre ouverte au ministre de 4 résidants cubains en France. Ils rappellent quelques vérités, notamment le blocus US et, malgré celui-ci, le niveau de scolarisation parmi les plus élevés du monde à Cuba.

 

120630_ecole_Cuba.jpg 

LETTRE OUVERTE AU MINISTRE FRANCAIS DE L’EDUCATION (le scandale du Bac 2012)

A Vincent Peillon, ministre de l’Education

Paris

Monsieur le Ministre,

Une fois de plus, les calomnies et mensonges contre Cuba sont à l’ordre du jour dans la société française.

A cette occasion, c’est le tour du secteur que vous dirigez, qui a choisi comme sujet d’espagnol au baccalauréat le conte "El muchacho de Camagüey" de l’écrivain espagnol Luisgé Martin. Et ce, après avoir consacré à Cuba tout un chapitre de l’année scolaire laissant de côté le grand nombre d’excellents écrivains cubains reconnus à l’échelle internationale, qui auraient apporté aux élèves de véritables connaissances concernant la culture et la réalité de l’île.

Nous considérons ce choix du jury comme une subtile agression contre la réalité socio-culturelle de notre pays. Nous soulignons que malgré les difficultés économiques aggravées par la crise que traverse le monde et le blocus brutal exercé par gouvernement des Etats-Unis depuis plus de cinquante ans, il n’y a pas eu une seule fermeture d’école à Cuba.

L’UNESCO considère le niveau culturel et de scolarisation des citoyens cubains parmi les plus élevés de la planète.

En tant que résidents cubains en France, fiers des conquêtes de notre Révolution, nous regrettons cette manipulation contre notre pays et souhaitons vivement que le Ministère de l’Education, formateur des nouvelles générations, reste fidèle à la vérité.

Avec Cuba dans le coeur et dans la pensée,

Cristobal Danilo Campos Aveillé

Virgilio Ponce

Felina Martínez

Vilma Suárez

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1 avril 2012 7 01 /04 /avril /2012 12:58

Benoît XVI était en visite à Cuba du 26 au 28 mars 2012.

 

Vivelepcf, 1er avril 2012

 

 

Dans l’avion qui l’y menait, le pape a glissé aux journalistes un message à destination du peuple cubain et du monde: « le marxisme, comme il a été conçu, ne correspond plus à la réalité », « il convient de trouver de nouveaux modèles ».

Ces propos sont conformes à son engagement réactionnaire personnel de toujours mais ils sont bien atténués.

Sinon, dans l’île, il a beaucoup prêché pour les intérêts de son église.

 

Le pape a aussi rencontré officiellement les plus hautes autorités de l’Etat socialiste ainsi que Fidel Castro, son antithèse politique.

Avant de prendre l’avion du retour, il a explicitement condamné le blocus économique par lequel les Etats-Unis essayent d’étouffer Cuba depuis 50 ans. Il a dénoncé « les mesures restrictives imposés par un pays tiers qui pèsent injustement sur le peuple cubain ».  

 

Une déclaration dans un sens, une autre dans l’autre ?

120401_castro_benoit-16.jpegLa caricature du dessinateur brésilien Quinho (ci-contre) est vraiment bien vue !

 

Continuellement placé sous une pression injuste et insupportable, au bord de la rupture, le socialisme cubain a résisté et résiste.

 

Le contexte international a été bouleversé avec la défaite des pays socialistes d’abord puis dans un autre sens avec l’avènement de nouvelles expériences se réclamant du socialisme en Amérique latine malgré leurs différences, leurs limites et leurs contradictions.

L’influence mondiale de la Chine transformée ne cesse aussi de grandir.

Vingt temps de « période spéciale », nécessaire pour tenir, ont profondément marqué la société cubaine, entre les restrictions de tous les jours et l’intrusion d’un tourisme occidental de masse.

 

En 2011, le pouvoir cubain a décidé d’engager une nouvelle vague de réformes structurelles avec comme priorité le développement économique, comprenant un retour à une certaine mixité de la propriété des moyens de production.

 

Certains anticommunistes et anticastristes, par exemple dans les milieux les plus réactionnaires de Floride, y voient un signal de faiblesse et la possibilité d’en finir avec le socialisme à Cuba en renforçant l’agression internationale menée par les Etats-Unis.

 

D’autres y voient la possibilité d’une restauration capitaliste progressive, larvée. Le pape serait-il à ranger maintenant dans ceux-là, aux côtés de certains milieux de la gauche européenne ?

 

Communistes, nous nous plaçons au contraire derrière tous ceux qui s’engagent à Cuba dans la voie de la consolidation, à terme, et de l’approfondissement de l’expérience socialiste.

 

Cette solidarité politique s’exprime dans le cadre de la lutte idéologique mondiale qui traverse également le mouvement de "gauche".

Mais solidaires immédiatement avec le peuple cubain, nous faisons une priorité de relayer les campagnes contre le blocus, violation insupportable du droit des peuples. Sa levée est une condition du développement du socialisme.  

 

Donc rien de ce qui ira dans ce sens, même des positions papales, quelles que soient leurs arrière-pensées, n’est à rejeter…

 

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 21:08

USA/Cuba : Libération de René Gonzalez, un des « 5 de Miami ». Renforcer la solidarité contre la justice inique des USA.

 

Joran Jamelot pour Vivelepcf, 8 octobre 2011

 

René Gonzalez a été libéré le 6 octobre 2011, après 13 ans de détention dans les geôles américaines.

Libre ? Pas complètement. Il est encore astreint pour trois ans à porter un bracelet électronique à la cheville et interdit de retour à Cuba. Sa femme est interdite de visa aux Etats-Unis. Ils ne se sont pas revus depuis treize ans. Ils ne se reverront peut-être pas avant 2015. Une nouvelle manifestation de la conception US des droits de l’Homme !

111008_rene_gonzales.jpgLes autorités cubaines et la famille de René Gonzalez expriment par ailleurs leurs craintes pour la sécurité du « libéré » dans un pays où les exilés fascistes cubains pourraient attenter à sa personne.

 

Cette libération, la plus tardive possible, a au moins le mérite d’attirer l’attention internationale sur les « 5 de Miami », ces 5 Cubains scandaleusement emprisonnés depuis 1998, condamnés pour certains à vie à la suite d’un procès inique.

Leur situation est devenue un symbole de la politique américaine d’intimidation contre Cuba mais aussi de la solidarité mondiale avec le peuple cubain et le système politique socialiste qu’il s’est choisi.

 

Les « 5 », outre René Gonzalez, Gerardo Hernandez, Fernando Gonzalez, Ramon Labanino et Antonio Guerrero, étaient chargés par Cuba de surveiller les activités anti-cubaines d’organisations d’extrême-droite implantées en Floride, dont la sinistre FNCA, Fondation nationale cubano-américaine qui finance les attentats terroristes à Cuba. En aucun cas, ils n’ont porté atteinte à la sécurité ou à la légalité américaines.

Mais ce n’est pas le problème des autorités et de la justice américaines qui ont voulu faire un exemple, avoir un nouvel instrument de pression idéologique contre Cuba.

 

La libération de René Gonzalez est l’occasion d’intensifier la campagne pour la libération de tous les 5.

C’est une question humanitaire. René doit pouvoir regagner Cuba et retrouver sa famille. Comme les quatre autres.

C’est aussi et avant tout une question politique. La souveraineté de Cuba doit être respectée. L’embargo économique doit être levé.    

Les « 5 de Miami » doivent être libérés.

Communistes français, nous continuerons à porter ce combat.

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28 septembre 2011 3 28 /09 /septembre /2011 19:58
Deux spécialistes américains de l'URSS de Gorbatchev analysent les différences fondamentales entre la politique liquidatrice de Gorbatchev et les réformes actuellement impulsées à Cuba

 

par Roger Keeran et Thomas Kenny,

 En avril dernier, le VIème Congrès du Parti communiste de Cuba (PCC) a adopté de nouvelles lignes directrices audacieuses pour affronter de sérieux problèmes économiques. Certaines de ces grandes lignes comprennent la réduction des dimensions de la fonction publique, une plus grande autonomie pour les entreprises publiques, la stimulation des coopératives et de l’entreprise privée et la promotion de la production et de l’efficacité.

 


En conséquence, certains commentateurs ont laissé entendre que le socialisme Cubain était en difficulté, ou en échec, ou en train de prendre le chemin de l’Union soviétique de Mikhail Gorbatchev.
 
Bien que n’étant pas spécialistes de Cuba, nous avons écrit un livre sur les causes de la chute de l’Union soviétique, Socialism Betrayed: Behind the Collapse of the Soviet Union *. L’un de nous a visité l’Union soviétique de Gorbatchev. Tous les deux sommes revenus récemment d’une visite à Cuba. Ces expériences emmènent plusieurs observations.
 
La trahison de l’Union soviétique a consisté dans le renversement du socialisme et l’éclatement de l’État unitaire sur une base nationale. Cela fut la conséquence de cinq processus concrets : 1) la liquidation du Parti communiste de l’Union soviétique, 2) la remise des médias entre les mains des forces anti-socialistes, 3) la privatisation et marchandisation intégrales de l’économie planifiée et publique, commencée sous Gorbatchev et atteignant ses sommets sous Eltsine, 4) le déchaînement du séparatisme nationaliste et 5) la capitulation devant l’impérialisme américain.
 
Ces processus ne sont pas en cours à Cuba. Par conséquent, la réponse succincte à la question « Cuba restaure-t-il le capitalisme ? » est non. Mais la question mérite une réponse plus complète. Voilà ci-dessous les grandes lignes de notre opinion sur la question, un prélude à un article plus approfondi à venir.
 
Juger avec certitude où va Cuba est quelque peu prématuré, car les réformes Cubaines ont à peine commencé. Essayer d’estimer les similitudes et les différences dans les situations de Cuba et de l’Union soviétique est périlleux.
 
Il s’agit de deux pays très différents, aux dimensions, histoire et contexte bien différents. Néanmoins, la construction du socialisme est modelée par des tendances générales tout comme par des particularités nationales. Tout comme le capitalisme a des problèmes qui lui sont endémiques, à travers le temps et les frontières, le socialisme rencontre des problèmes similaires dans des pays différents. Des comparaisons sont possibles.
 
Les pays socialistes peuvent rencontrer des problèmes de motivation, de productivité, d’efficacité et de qualité. Le contrôle étatique et la planification peuvent mener à la bureaucratie, la paperasserie et aux retards. Donner à tout le monde un emploi peut conduire au sur-effectif et à l’inefficacité. Garantir à tous les bases d’une vie décente – éducation, santé, alimentation, logement, vêtements et culture – peut mener au rationnement et aux queues et à des limites sur la qualité et la diversité des biens de consommation. Le rationnement et une quantité limitée de biens de consommation peuvent mener au marché noir et à l’économie parallèle.
 
Tous ces problèmes ont existé en Union soviétique, et ils existent aujourd’hui à Cuba, exacerbés bien sûr par le blocus américain vieux de 50 ans, par l’effondrement du bloc socialiste en Union soviétique et en Europe de l’Est et, plus récemment, par les retombées de la récession mondiale de 2008.
 
A la surface, les initiatives Cubaines pour affronter ces problèmes ressemblent à celles de Gorbatchev en 1985-1986. L’appel de Gorbatchev pour un passage d’un développement « extensif » à un développement « intensif » ressemblent aux mots d’ordre du récent Congrès du Parti communiste cubain – « Production » et « Efficacité ». Les mesures de Gorbatchev pour développer des joint ventures, des coopératives et l’entreprise privée, semblent similaires aux nouvelles orientations indiquées par le récent Congrès du PCC.
 
Sous la surface, cependant, les différences dans les problèmes et les approches en question apparaissent bien plus importantes que les similitudes.
 
Éthique révolutionnaire, unité nationale
 
Lorsque Yuri Andropov et Gorbatchev ont commencé à s’attaquer aux problèmes accumulés par le socialisme Soviétique dans les années 1980, ils l’ont fait contre un passif historique de 60 années qui était bien plus source d’inquiétudes et de controverses que celui Cubain. ( ... )
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7 août 2011 7 07 /08 /août /2011 20:39

Le président vénézuelien Hugo Chavez confirme la centralité de l'alliance avec les communistes « non comme une entente conjoncturelle mais comme une nécessité historique »

 

Compte-rendu publié par le PC Vénézuelien. Traduction MA pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Le président a salué les 526 délégués nationaux et 43 représentants internationaux qui participent au XIVème Congrès du Parti communiste vénézuelien (PCV), qui se tient dans le contexte du 74ème anniversaire du PCV.

 

110807 VenezuelaLe président de la république, Hugo Chavez Frias, a déclaré ce jeudi que l'alliance du processus révolutionnaire avec le Parti communiste vénézuelien (PCV), bien au-delà du conjoncturel, est une nécessité historique.

« Notre alliance va bien au-delà du conjoncturel, c'est une nécessité historique que nous devons continuer à construire », a affirmé le président lors d'une brève participation téléphonique pour l'ouverture du XIVème Congrès du Parti communiste vénézuelien, qui s'est tenue dans la salle de conférence du Parc Central.

Dans son discours, le chef de l’État a remercié les militants du PCV « pour leur soutien de toujours »et a confirmé son appui à cette formation politique.

Il a réaffirmé que les États-Unis étaient plongés dans une crise capitaliste, moment propice pour passer à l'offensive, une occasion selon lui à saisir pour construire des modèles alternatifs.

 « La voie (vers le socialisme) est pleine de contradictions et de dilemmes, mais c'est la nôtre, nous mettons le cap vers une nouvelle hégémonie », a souligné le Chef de l’État.

Il a rappelé que 2011 marque le septième anniversaire de la déclaration du caractère socialiste et anti-impérialiste de la Révolution bolivarienne, née comme le fruit d'un enchaînement d'événements qui ont émaillé une voie « qui est encore pleine de contradictions, de doutes et de dilemmes, mais qui continue à avancer ».

Par ailleurs, le président Chavez a annoncé qu'il entamera d'ici quelques heures la deuxième phase de sa chimiothérapie. « C'est une bataille que je remporterai avec l'aide de vous tous, la solidarité du peuple vénézuelien et des médecins vénézueliens et cubains. Je vivrai pour que, tous ensemble, nous continuions à construire la patrie socialiste », a-t-il affirmé.

Un total de 526 délégués nationaux et 4 représentants de 31 organisations venant de 28 pays des cinq continents participent à ce Congrès, intégré dans les célébrations du 74ème anniversaire du PCV.

La cérémonie d'ouverture a vu la présence du vice-président de la République, Elias Jaua Milano ; du président de l'Assemblée nationale (AN), Fernando Soto Rojas ; du ministre des Affaires étrangères Nicolas Maduro ainsi que de la députée Cilia Flores, des dirigeants du PCV ainsi que d'autres personnalités de la vie politique nationale et internationale.

 


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20 février 2011 7 20 /02 /février /2011 22:09

Cuba : soutenir le pari de développer le socialisme

 

110220_PCC.jpgOn peut remercier l’association France Cuba d’avoir organisé le 12 février 2011 une rencontre avec l’économiste, sociologue et philosophe cubain, Aurelio Alonso Tejada à propos des évolutions du modèle économique cubain.

 

L’annonce de la sortie de 500.000 salariés du secteur étatisé n’est pas sans susciter des interrogations voire des inquiétudes parmi les amis de Cuba socialiste. Elle est utilisée par ses opposants, de droite, de « gauche » et d’extrême « gauche » pour attaquer de plus belle le socialisme et prédire une transition capitaliste.

 

L’analyse d’Aurelio Alonso, que j’ai compris comme à la fois officielle et personnelle, contribue à resituer les choses.

 

Le développement de Cuba est fortement contraint par son environnement. On ne le répétera jamais assez.

L’hostilité active de la seule puissance voisine hautement développée, les Etats-Unis ne faiblit pas. Obama n’a pas du tout levé l’embargo inique qui étouffe le pays. Les progrès démocratiques et économiques en Amérique latine ne compensent que partiellement cette situation, comme le développement d’échanges avec la Chine et certains pays développés.

La période spéciale dans les années 90 et la nécessité d’une première ouverture partielle à l’économie de marché qui s’en est ensuivie pèsent sur le développement du socialisme cubain et lui ont fait prendre beaucoup de retard.

 

Alonso est clair et définitif quitte à décevoir certains mauvais esprits : en aucun cas, il n’est question de remettre en cause la nature socialiste de l’économie cubaine. Il n’évoque pas non plus le choix d’une NEP, avec un retour partiel, contrôlé et provisoire à une économie capitaliste telle que Lénine l’avait mise en place au début des années 20. Si c’était le cas, serait-ce opportun de l’afficher comme telle ?

 

Le choix fait à Cuba est celui d’une « désétatisation » partielle. L’objectif est de stimuler l’économie, d’améliorer la réponse aux besoins, d’accroître la production et la productivité. Le constat part de rigidité de l’économie cubaine, d’une bureaucratisation excessive.

Désétatisation ne veut pas dire retour sur le socialisme.

Alonso insiste sur les statuts et formes de propriété à développer : l’économie familiale, les coopérative, la propriété communale. Les secteurs clés de l’économie resteront sous le contrôle de l’Etat. Le secteur du tourisme restera à 75% public. Le secteur du nickel est à 60% contrôlé par l’Etat en coopération, nécessaire, avec un groupe canadien.

 

Les normes sociales seront définies dans le cadre du socialisme. Les 500.000 à un million de salariés appelés à quitter le secteur étatisé et rendus disponibles pour d’autres activités économiques ne seront pas abandonnés par l’Etat, ni pendant la période de transition, ni ensuite.

 

Ces réformes délicates sont indissociables du processus démocratique profond dans tout le pays avec la préparation du prochain congrès du Parti communiste cubain. L’intervention directe de toutes les strates de la population, le renouveau du rôle d’avant-garde du parti qui doit supplanter sa fonction administrative, sont les conditions de la réussite des réformes.

 

Communistes français, sommes nous pleinement rassurés par cette vision convaincante de l’évolution de la politique cubaine ? Bien sûr que non, pas plus que nos camarades cubains eux-mêmes qui sont conscients du contexte difficile, de toutes les contradictions qu’il amène et a amenées au sein même de la société cubaine.

 

Les périodes précédentes, les réelles difficultés internes, ont créé des oppositions structurelles internes à l’approfondissement du socialisme. La tentation de la trahison, de l’hypocrisie gorbatchéviennes existe certainement pour faciliter une restauration capitaliste. Les soutiens des autres pays d’Amérique latine sont sujets à leurs propres contingences et aux agressions de l’impérialisme.

 

Ces considérations doivent nous amener à renforcer notre solidarité matérielle et surtout politique avec le peuple cubain. En France cela veut dire, plus que jamais, d’affronter la propagande des adversaires de Cuba, notamment venant de la « gauche européenne » et des rangs trotskystes, les premiers prêts à encourager une dramatique transition capitaliste à la façon de l’Europe de l’est, les seconds toujours prêts à trahir la révolution réelle au nom de la révolution imaginaire.

 

En 1990, ceux-là ne donnaient pas cher de Cuba. En 2010, Cuba est toujours et plus que jamais une épine dans le pied de l’impérialisme américain et un espoir pour l’émancipation des peuples du monde.

 

Joran Jamelot

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14 octobre 2009 3 14 /10 /octobre /2009 15:27

Cuba. Une municipalité communiste demande la libération des 5.

 

La municipalité de Valenton, dans le Val-de-Marne, a adopté, le 29 septembre 2009, un vœu émanant du groupe des élus communistes et républicains pour la libération des « 5 de Miami », ces cinq Cubains détenus injustement dans les geôles américaines pour avoir défendu leur pays. En voici le texte :

 

 (source ag94 : http://camarade.over-blog.org )

 


N°09/210 : MOTION POUR LA LIBÉRATION DES « CINQ » DE CUBA

A l’attention de Monsieur Barack Obama Président des Etats-Unis d’Amérique, sous couvert de Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis en France,


Depuis presque onze ans, Messieurs Gerardo Hernandez Nordelo, Ramon Labanino Salazar, Antonio Guerrero Rodriguez, Fernando Gonzalez Llort et René Gonzalez Sehwerert, tous cubains, purgent une peine de prison injuste.
Connus sous le nom des « cinq », ils ont été accusés d’espionnage anti-américain, alors qu’en réalité ils se trouvaient aux Etats-Unis pour recueillir des informations sur les plans des organisations terroristes qui ont installé, depuis de longues années, leur base d’opération à Miami : la Fondation Cubano-américaine (FNCA), le Conseil pour la Liberté de Cuba (CLC), les Frères du Secours, le Mouvement Démocratie, Alpha-66, et bien d’autres dont les activités délictueuses sont connues.


Les actes de terrorisme de ces groupes, incluant de nombreux sabotages et attentats, ont fait des milliers de morts, de blessés et causé de gros dégâts à l’économie cubaine; ils se sont livrés au trafic de drogue et de personnes, ont élaboré des centaines de plans d’assassinats du Président cubain, Fidel Castro, et ont même réalisé des attentats sur le territoire étasunien et dans d’autres pays tiers.


Les « cinq » ont fait l’objet d’un procès partisan à Miami, ville dominée par la mafia d’origine cubaine, où était impossible d’obtenir un jugement impartial conforme aux lois étasuniennes et au Droit international. En effet, les milieux anti-cubains ont déclenché une forte campagne de propagande calomnieuse pour faire pression sur l’opinion publique et le jury. Cet état de fait a été dénoncé à de nombreuses reprises par les avocats des « cinq » qui ont sollicité à plusieurs reprises un changement de juridiction, ce qui leur a toujours été refusé.


Le 27 mai 2005, le groupe de travail des Nations Unies sur les détentions arbitraires a conclu : « La privation de liberté des « cinq » est arbitraire et contraire aux conventions internationales, comme les violences commises au cours du procès » et a demandé instamment au gouvernement américain de prendre immédiatement des mesures pour mettre fin à un tel arbitraire.

Le 15 juin 2009, la Cour suprême de justice des Etats-Unis a décidé d’ignorer les voix qui s’élèvent de partout pour demander la révision d’un procès injuste : dix Prix Nobel, des centaines de parlementaires, d’organisation de juristes de nombreux pays dont les Etats-Unis, d’universitaires et d’académiciens, de personnalités défenseurs des droits de l’Homme, de millions de personnes à travers le monde.


Le Conseil municipal de Valenton,

Fort de son profond attachement aux valeurs de justice, de
démocratie et d’humanisme,

Considérant que la lutte contre le terrorisme ne saurait être assimilée à un délit,
Considérant que les « cinq » détenus cubains n’ont commis aucun crime,
Considérant les multiples violations du droit et des procédures légales dont les « cinq » ont été victimes,

Considérant qu’en rendant justice aux « cinq », les USA marqueraient leur volonté de changement de politique envers l’Amérique latine,

Demande au président Barack OBAMA, en vertu de son autorité constitutionnelle, de satisfaire à l’obligation morale de faire justice en prenant toute mesure permettant la libération immédiate de Messieurs Gerardo Hernandez Nordelo, Ramon Labanino Salazar, Antonio Guerrero Rodriguez, Fernando Gonzalez Llort et René Gonzalez Sehwerert.


Vœu adopté le 29 septembre au Conseil municipal à la majorité par 26 voix pour, 1 abstention (UMP), 5 refus de vote (2 PS et 3 UMP).

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 08:53

La JC a renoué avec les voyages de solidarité à Cuba. Les communistes français ne peuvent que s’en féliciter.


107 jeunes communistes de toute la France viennent de séjourner dans l’île du 15 au 29 juillet, avec un programme très riche d’activités culturelles, sociales et politiques, de rencontres avec des agriculteurs, des ingénieurs, des médecins, des militants communistes.

 

Emergeant d’un repos bien mérité, ils commencent à raconter.

Le voyage sur place permet de faire la part des choses, de balayer les campagnes anticubaines qui ont cours ici. Il ne répond pas à toutes les interrogations mais fournit des expériences à analyser. 

 

La démocratie participative n’est pas qu’une formule à Cuba mais une réalité, certainement imparfaite, mais véritablement alternative à la démocratie bourgeoise. Une liberté d’expression critique existe. L’engagement politique  populaire est réel, animé notamment par le patriotisme au meilleur sens du terme. Les militants communistes cubains, jeunes et étudiants, sont très conscients des acquis comme des difficultés du pays.

 

Les difficultés économiques sont réelles. Les effets du blocus américain sont évidents. Mais le pays assure à tous la satisfaction des besoins fondamentaux. La pauvreté n’est pas la misère. Un développement économique réel est perceptible. Le développement social, dont l’accès à la santé, à l’école, à la culture… est enviable par la quasi-totalité des pays du tiers-monde et a pu être directement testé par certains.

 

Le choix, courageux et nécessaire, après 1991 de maintenir le socialisme a été payé du prix de la « période spéciale » et d’une obligation à recourir au développement d’un secteur privé, notamment dans le tourisme.

Le dépassement de ces facteurs de déséquilibre est au cœur de la réflexion du pays, non pour muter en pays capitaliste, mais pour consolider le socialisme.

 

Le développement des solidarités internationales, notamment avec les autres pays d’Amérique Latine (l’ALBA comme système d’échange et coopération international par exemple), ouvre une vraie perspective.

 

La solidarité était aussi au cœur du voyage, avec une expérience de ramassage des patates douces dans une exploitation sinistrée par les cyclones. L’exemple pratique invite les jeunes communistes français à agir aussi politiquement en France:

 

Pour la levée du blocus US,

Pour la libération des 5 de Miami, emprisonnés aux Etats-Unis.

Pour contrer la propagande anticubaine diffusée par les tenants de l’idéologie dominante dans notre pays.

 

Communistes, jeunes ou moins jeunes, nous nous félicitons vraiment de ces voyages après que le soutien de la direction du PCF a bien flanché depuis le milieu des années 90.

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21 avril 2009 2 21 /04 /avril /2009 18:08

Le PCF et Cuba : une lettre de Jean-Pierre Page à la journaliste Charlotte Bozonnet après son article dans l’Humanité-Dimanche

 

La lettre de Jean-Pierre Page, membre du Comité central du PCF de 1982 à 2000, met en évidence les ambiguïtés, pour le moins, de la position de la direction du PCF vis-à-vis de Cuba depuis plusieurs années. L’article de l’Huma-Dimanche les reflète bien.

L’analyse autorisée de Jean-Pierre Page donne une argumentation précise notamment aux communistes français dont la solidarité ne devrait pas faire défaut à la Révolution cubaine, aujourd’hui comme hier.


A l'attention de Charlotte Bozonnet,

 

Je réside à La Havane et je prend  connaissance avec un certain retard de vos articles et contributions comme celles régulières de Janette Habel que je viens de lire dans l' Humanité Dimanche du 2 au 8 avril 2009.

 

Pour vivre à Cuba je vous avoue ma consternation entre ce que je vis et  ce que je lis de la situation ici tout comme  des analyses si conventionnelles que vous faites valoir : celles  particulièrement répétitives de Janette Habel  que vous semblez considérer comme un avis exclusif et autorisé, au point qu'on peut se poser la question si il n'y a plus de communistes susceptibles de donner une opinion indépendante sur Cuba et sa Révolution. Je parle bien sur de  communistes et non de Janette Habel dont le conformisme vis a vis de Cuba socialiste n'est pas nouveau. Ainsi elle conclut son interview par " Cuba n'est pas un modèle "! Mais qui parle de modèle? Sûrement pas les Cubains! Par contre pourquoi ne parlerait on pas "d'exemple" et même "d'exemple contagieux" si l'on apprécie l'esprit de résistance qui se développe en Amérique latine où chacun rend hommage à Cuba et à Fidel sans qui bien des changements ne seraient jamais intervenus! Ecoutez Lula, Bachelet, Kirchner, Zelaya, Colom, ou Leonel Fernandez, et je ne parle pas de Chavez, d'Ortega, de Evo, de Correa et de bien d'autres, mais surtout les peuples de cette région du monde. Est-ce si compromettant d'en parler? D'ailleurs il me semble que Janette Habel gagnerait à expliquer POURQUOI ET COMMENT 50 ans après le triomphe de la Révolution, Cuba, comme elle l'admet bien malgré elle, continue à être "un symbole de la résistance anti-impérialiste et de la souveraineté nationale". Après toutes ces années elle devrait savoir que si cela ne se décrète pas, c'est que cela doit reposer sur quelque chose qui s'appelle l'adhésion d'une large majorité du peuple cubain aux choix faits il y a 50 ans par les révolutionnaires du "Granma"!

 

J'en viens maintenant à votre façon d'aborder la situation nouvelle, celle de l'après Bush! Elle me semble caricaturale et politiquement inappropriée pour tous ceux qui, lecteurs réguliers de l'Humanité et autres, se sentent solidaires de Cuba et attendent des arguments mais surtout des informations leur permettant de comprendre ce qui s'y passe afin d'apprécier les enjeux véritables. Car si l'on s'en tient à la seule lecture de Janette Habel, on a plutôt le sentiment que dans un monde qui bouge vite, Cuba serait comme paralysé ou si je vous suis tétanisé par l'esprit d'initiative d'Obama ! Ce qui est pour moi une façon de voir assez surprenante quand, dans les faits, cette période consacre au contraire  la justesse de la stratégie anti-impérialiste de Cuba qui aura contribué à modifier sensiblement le rapport des forces politiques de toute cette région. Votre article sur la Conférence de Trinidad et Tobago est de ce point de vue affligeant non seulement parce qu'il suggère qu'Obama incarnerait l'ouverture mais parce qu'il laisse entendre que la balle serait dorénavant dans le camp de La Havane. Argument que reprennent en cœur les agences de presse occidentales avec le discernement qu'on leur connaît. N' a-t'on pas entendu parler "de brèche dans le blocus" et même de "fin programmée". Ce qui est surprenant c'est que  l'Humanité Dimanche prête sa voix à ce concert. 

 

La réalité est tout autre! Qu'en est-il?

 

Avec la décision du Costa Rica et celle annoncée du Salvador, Cuba a maintenant des relations diplomatiques avec toutes les républiques d'Amérique Latine et de la Caraïbe. Cuba a été accueilli triomphalement au sein du groupe de Rio et Cuba ne rejoindra pas l'OEA parce que cette institution représente une époque désormais révolue, celle où l'Amérique latine était   "l'arrière cour" des USA obéissant à ses diktats et acceptant tous ses coups tordus criminels sur lesquels on attend encore qu'Obama s'explique, ce que d'ailleurs Fidel et Raoul viennent de rappeler opportunément. L'OEA, c'est 60 ans de trahison et d'ailleurs les Cubains demandent sa dissolution! Donc quand l'OEA sur ordre des USA souhaite la réintégration de Cuba, ils sont complètement à coté du sujet! En fait ce sont les USA qui sont complètement isolés! C'est d'ailleurs ce qu'a souligné avec pertinence la membre du Congrès US Barbara Lee, démocrate lors de sa récente visite à la Havane à la tête d'une importante délégation parlementaire du Black Caucus. Faut-il rappeler qu'un récent sondage aux USA montre que 71% des Américains souhaitent des relations diplomatiques normales avec Cuba ?

 

Le problème c'est que les mesures annoncées par Obama, conformes à ce qu'il avait déclaré pendant sa campagne électorale, ne modifient pas le fond des choses et en aucun cas ne sauraient être interprétées comme une ouverture. Elles assouplissent certaines dispositions pour les Cubanos-Américains mais pas pour les Américains et par ailleurs, elles s'accompagnent d'exigences totalement déplacées et mêmes provocatrices vis-à-vis d'un gouvernement et d'un peuple qui résistent depuis presque 50 ans contre un embargo criminel et dont une partie du territoire est occupée illégalement par un camp de concentration et une base militaire US: Guantanamo. En fait à Port-of-Spain, Obama a été très clair, il n'y aura pas de levée de l'embargo. C'est d'ailleurs ce qu'avait annoncé trois semaines auparavant le vice-président Joe Biden à la Conférence de Vina-del-Mar le 29 mars dernier au Chili. Il n'y a donc aucune ambiguïté. Maintenant évidemment, si les Etats-Unis veulent parler, les Cubains sont d'accord, mais cela ce n'est pas nouveau! Et comme l'a fait comprendre Raoul, " Cuba ne demande pas la charité, mais des relations normales", il n' y a pas de sujets tabous et on peut aussi discuter par exemple de la libération des 5 héros cubains prisonniers politiques en faveur desquels une douzaine de prix Nobel viennent à nouveau de se mobiliser, ou encore on peut parler du terroriste Cubano-Américain, agent de la CIA, Posada Cariles, dont le Panama et le Venezuela demandent en vain l'extradition depuis plusieurs années.

 

Comme l'a souligné Christina Kirchner, la politique des Etats-Unis est dans ces conditions totalement "anachronique". C'est donc à Washington de faire la démonstration de sa volonté de voir changer ses relations avec Cuba et non l'inverse! Ce qui passe par le respect de l'intégrité de Cuba, de sa souveraineté, de son indépendance, de ses choix politiques comme c'est un principe reconnu pour chaque pays du monde. Que dirait-on si Cuba exigeait comme préalable à toute discussion que Washington modifie la situation des droits de l'homme  aux USA, ou encore qu'ils renoncent au marché, voir au capitalisme. Au nom de qui et de quoi Washington et Obama s'arrogent-ils le droit de décider et juger de ce qui est bon pour les Cubains ? Tout cela venant d'un pays où le Président vient de reconnaître qu'on se livrait à la torture tout en ajoutant qu'en aucun cas on ne pourrait engager d'actions contre leurs auteurs et leurs inspirateurs. Quelle scandaleuse hypocrisie! C'est ce double langage, cette position rétrograde et réactionnaire qui est condamnée internationalement et est à l'origine de l'isolement des USA au sein de l'Assemblée générale des Nations Unies et bien sûr en Amérique Latine. C'est aussi pourquoi et visiblement au regard des premiers échos qui viennent de Trinidad, la montagne semble avoir accouché d'une souris. Si vous avez le temps et la volonté, relisez les déclarations de Celso Amorim le Ministre des affaires étrangères du Brésil faites là bas. "Obama doit comprendre que la région veut la fin de l'embargo! L'exclusion de Cuba  est une anomalie qui doit être corrigée! " Ce n'est donc pas à Cuba de donner des gages! Il faut ajouter encore une chose. A ce jour, les USA n'ont pas renoncé à leurs tentatives de déstabilisation dans plusieurs pays comme l'Equateur, le Venezuela, la Bolivie, Evo Morales vient d'ailleurs de le rappeler! Qu'en pense et que fait Obama?

 

En fait, l'état des choses a décidément bien changé et, avec leurs différences, les peuples d'Amérique latine ont fait des choix qui devront s'imposer à Obama et son équipe au risque de voir ceux-ci louper le train de l'histoire! Un important Think Tank américain "the Inter American Dialogue Research Center" soulignait ces derniers jours: " le meeting de Trinidad-et-Tobago sera peut-être la seule opportunité pour Obama s’il veut prendre en compte la nouvelle réalité latino-américaine". Pour beaucoup d'observateurs qui commentent l'impressionnant ballet diplomatique qui se déroule depuis des mois à La Havane, Cuba est devenu une plaque tournante ou encore "une porte ouverte" sur l'Amérique Latine et par ces temps de crise, une sorte "de passage obligé". Même Sarkozy l'a compris à sa manière, alors pourquoi pas vous ! Ne pas saisir cela et ne pas expliquer le pourquoi de cette situation radicalement nouvelle que l'on doit à Cuba et non à Obama  ne peut que constituer un handicap pour les luttes et les nécessaires solidarités internationalistes.

 

Voila pourquoi la crédibilité de l'Humanité Dimanche gagnerait à parler de la situation réelle à Cuba, parce que c'est justement cette situation réelle, les progrès, les résultats acquis, qui donnent cette force et cette crédibilité à Cuba, ce que d'ailleurs vient de reconnaître le commissaire européen Louis Michel à l'issue de sa troisième visite cette année à La Havane. Sur ce point, il y a tant de choses à dire que de publier et republier  les mêmes arguments, les mêmes dénigrements et les mêmes expressions dans l'HD d'avril,  dans le numéro spécial de l'HD sur Cuba, dans le Monde Diplomatique de décembre 2008 comme le fait Janette Habel m'ont fait penser à ce révolutionnaire bien connu qui fort justement faisait remarquer : " l'histoire ne se répète pas elle bégaye".

 

Bien sur il y a des problèmes à Cuba et comment n'y en aurait-il pas ? Cuba est un petit pays du tiers-monde, soumis de surcroît à un embargo génocidaire et qui a subi fin 2008 trois ouragans particulièrement dévastateurs équivalents à tiers de son PIB. Cela ne donne que plus de mérites et de valeur aux avancées économiques, sociales et culturelles de la Grande Ile comme cela donne aussi du sens aux exigences critiques qui s'expriment  au sein du peuple, à commencer de la part de ses propres dirigeants, en particulier Fidel et Raoul. Tout cela est à l'ordre du jour et se discute, avec en perspective le prochain congrès du Parti Communiste Cubain!  Par conséquent réduire la vie politique et sociale à Cuba à cette présentation caricaturale, conformiste et politicienne à laquelle se livre Janette Habel devient pour le moins lassant. 

 

Par exemple celle ci parle des réformes de structure en panne mais, outre le débat ouvert sur les reformes de nombreuses institutions, le dernier et important remaniement ministériel qui vient d'avoir lieu a justement à voir avec tout cela, comme c'est le cas avec le rôle clef  joué dorénavant par le Ministère des sciences, des technologies et de l'environnement qui prendra totalement en charge tous les domaines de la recherche en particulier bio-technologiques et qui est placé maintenant sous la responsabilité du populaire "Chomi" Barruecos, ancien guérillero  et longtemps secrétaire personnel de Fidel Castro. C'est le cas également de la fusion d'autres ministères, Agriculture et pèche par exemple, ou encore du Commerce extérieure avec le ministère de l'investissement. D'autres changements se préparent. C'est pourquoi "la bombe" dont parle Janette Habel en évoquant le départ de Carlos Lage et de Felipe Roque, ressemble à un pétard mouillé, les explications ont été données et franchement, on est bien loin du roman qu'elle évoque sur la lutte souterraine entre Raulistes et Fidelistes. Quant à imaginer l'expression d'une gauche alternative faite de "courants d'inspiration marxiste", il ne faut pas voir le NPA partout et prendre ses désirs pour des réalités! Tout cela est bien dérisoire. Reprendre aussi dans cette interview  toutes ces fables sur les portables témoigne d'une méconnaissance totale. Il suffit de se promener dans les rues de La Havane pour voir ce qu'il en est réellement! Idem en ce qui concerne internet! A Cuba pour une population de 11 millions d'habitants, on compte près 700 000 ordinateurs, 15 000 étudiants se spécialisent dans ce secteur. Faut il rappeler qu'en 1959 Cuba comptait 3 universités et en 2007,  66 avec 600 000 étudiants ? Pourquoi ne pas parler de tout cela comme par exemple de la récente découverte cubaine d'un traitement contre le cancer du poumon, les progrès spectaculaires faits dans la lutte contre le SIDA et reconnus par la communauté internationale ou encore du vaccin contre la méningite B qui est le seul au monde ou de celui contre l'hépatite B exporté dans plus de 60 pays. En février dernier la Foire internationale du livre a connu 6 millions de visiteurs, 9000 nouveaux titres y étaient présentés, plus de 50 pays y participaient. Pourquoi ne pas évoquer également (février début mars) la " Conférence internationale des économistes" à laquelle ont participé cette année 1500 économistes de près de 60 pays, dont 3 prix Nobel américains, 2 présidents et 75 parlementaires et ministres de nombreux pays. Actuellement La Havane est envahie par l'Art Contemporain : la 10ème Biennale, 300 artistes de 54 pays représentant toutes les tendances de l'Art Contemporain, et enfin parler de la formidable restauration de la vieille Havane dont la réussite a conduit l'UNESCO à  la classer au patrimoine de l'Humanité... Pourquoi ne pas parler de tout cela et bien sûr aussi des problèmes!

 

Par conséquent les lecteurs de l'Humanité méritent aussi ces informations, et autre chose que les propos habituels de Janette Habel! Je ne sais pas si vous publierez ce courrier mais peut-être allez vous y répondre. Je le souhaite pour ma part! Tout comme je souhaite voir l'Humanité retrouver la place qui était la sienne dans la défense d'une Révolution qui, par delà ses victoires et ses échecs, continue à faire rêver et inspirer bien des peuples à travers le Monde.

 

Comme je doute que vous vous en soyez fait l'écho, je veux me saisir de l'opportunité de ce courrier en soulevant une question qui ne concerne pas directement l'Humanité mais l'activité du PCF à laquelle l'Humanité n'est pas indifférente. Pourquoi, fin 2008, au Conseil Régional d'Ile-de-France et en réunion de sous-commission, le groupe communiste avec le groupe socialiste a-t-il voté contre une motion proposant l'attribution d'une importante subvention de solidarité à Cuba après les dévastations sans précédents des 3 ouragans?

Bien cordialement à vous, Hasta la vitoria siempre!

 

Jean-Pierre Page, ancien membre du Comité Central du PCF (1982-2000)

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans CUBA SI! Amérique Latine: expériences socialistes
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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 12:59

Intensifier le soutien international à la démocratie bolivienne

 

Le président bolivien Evo Morales et son gouvernement ont décidé de s’en remettre au peuple pour contrer les tentatives de déstabilisation du pays. Le 10 août 2008 étaient organisés des référendums révocatoires. Les mandats du Président, du vice-président et des préfets (gouverneurs) de région étaient remis en jeu.

Le résultat est sans ambiguïté. Morales a obtenu le soutien de 63% des votants, soit 10% de plus qu’à l’élection présidentielle de 2005.

Ce résultat a été obtenu malgré les pressions sur le vote et les manœuvres d’intimidation exercées par les forces réactionnaires, notamment dans les régions qu’elles contrôlent. Les groupes et milices de la réaction ont multiplié les actions violentes et, entre autres, bloqué les aéroports pour empêcher la venue du Président dans ces régions. Les observateurs étrangers, particulièrement nombreux, pourront en témoigner comme de l’impartialité de l’organisation des scrutins par le gouvernement.

Le peuple bolivien a confirmé d’une façon incontestable la légitimité du pouvoir du Mouvement pour le socialisme (MAS) et son approbation de l’action politique impulsée par Evo Morales.

Depuis 32 mois, malgré les difficultés politiques, des mesures de justice sociale aussi fortes qu’inédites en Bolivie sont mises en œuvre. La nationalisation des hydrocarbures ouvre la voie à une redistribution de leur produit pour un développement équilibré dans l’intérêt national. La réforme agraire engagée affronte une répartition de la propriété inégalitaire à l’extrême : 86% des terres arables appartiennent à 1% des propriétaires. L’action de Morales est également tournée vers l’émancipation sociale et économique des populations indiennes jusqu’à présent marginalisées.

Cette politique a suscité dès le départ l’opposition résolue de l’oligarchie réactionnaire qui dispose toujours d’importants moyens économiques, institutionnels et médiatiques. Tous sont déployés pour déstabiliser le pouvoir progressiste.

Depuis le début de l’année, l’opposition tente de couper le pays en deux, en faisant faire sécession aux quatre régions du sud-est, les plus riches, dotées des hydrocarbures et des meilleurs terres. Ce sont aussi les régions où l’emprise de l’oligarchie est la plus forte. Des référendums bidon « d’autonomie » ont été organisés au printemps. L’objectif est de priver la politique en faveur du peuple de tout moyen.

Les Etats-Unis soutiennent à bout de bras l’opposition avec la préoccupation de circonscrire la « contagion » socialiste, la Bolivie d’Evo Morales s’étant placé dans le sillage du Venezuela de Chavez et de Cuba.

Le résultat des référendums du 10 août conforte le pouvoir socialiste. Mais il est loin de mettre un terme au sabotage de son action et à la tentative de déstabilisation.

Le ministère des affaires étrangères bolivien avait alerté, avant les votes, la Communauté internationale et l’opinion publique internationale sur les menaces pesant sur la démocratie. Elles demeurent et trouvent des échos dans le monde entier. Comme l’expérience vénézuélienne, l’expérience bolivienne est devenue l’objet d’une campagne de dénigrement planétaire orchestrée depuis les Etats-Unis. En France notamment.

Le quotidien dit « sérieux » Le Monde a livré dans son édition datée du 9 août un article particulièrement crapuleux. Ce n’est pas la première fois s’agissant de Cuba, du Venezuela ou de la Bolivie. Mais toutes les limites de la déontologie journalistique sont franchies dans un article digne du Crapouillot. Le journaliste ( ?) dénommé Paulo Paranagua dresse de façon perfide le portrait d’Evo Morales, qualifié, entre autres, de « Caudillo narcissique ». L’entreprise des fascistes boliviens est, elle, assimilée à une aspiration à la « décentralisation », « idée neuve » dans le pays. Etc.

Cet article (en lien) est scandaleux. Nous incitons à massivement intervenir auprès de la rédaction du Monde.

La campagne, que ce quotidien « de gauche » relaie avec zèle comme d’autres milieux « de gauche » et de droite, ne fait que confirmer l’enjeu international de la défense de la démocratie bolivienne. Un enjeu internationaliste qui nous concerne.  

 

 

En décembre, 52 partis communistes, ouvriers et progressistes le 15 décembre 2007 dont les PC de Grèce, du Portugal, d’Allemagne (DKP), de République tchèque (KSCM), d’Italie (PDCI), du Venezuela… signaient un Appel de Solidarité avec le peuple, le gouvernement, les forces communistes et progressistes de Bolivie (lien).

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