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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 07:53

1981, 1997, 2012 : une fois, deux fois, trois fois, ce n’est plus une erreur !

 

Par EDT, 10 mai 2011

 

A l’occasion du 30ème anniversaire du 10 mai 1981, les media, les partis de gauche s’efforcent d’agiter des sentiments, une nostalgie des grandes espérances même déçues.

 

Pour nous communistes, cette date nous invite à poursuivre notre analyse politique, nécessaire même si elle douloureuse.

 

Bien sûr, il y a le souvenir de l’abolition de la peine de mort, des dernières conquêtes sociales importantes, du droit à la retraite à 60 ans, solde des acquis des luttes des années 70 dans lesquelles les communistes avaient joué un rôle déterminant.

 

Mais 1981 marque pour le pays le début d’une régression politique, économique et sociale sans précédent depuis 1945. Elle marque la victoire de la pédagogie de la résignation au capitalisme, représentée par ceux-là mêmes qui prétendaient « changer la vie ». Elle marque le début d’un recul terrible des organisations révolutionnaires dont les conséquences se font durement sentir.

 

L’échec de la stratégie politique suivie par notre parti depuis les années 70 est directement en cause. Beaucoup de nos camarades le pressentaient déjà avant 1981. Mais nous n’avons pas su, pas pu sortir de cette stratégie même après 81.

 

Le capitalisme français a su jouer de notre conception du rassemblement. Après mai/juin 68, après le beau succès électoral de Jacques Duclos à la présidentielle de 1969, il a réussi à reconstituer un partenaire de « gauche » au PCF pour canaliser la contestation sociale et affaiblir le parti et le syndicat révolutionnaires.

 

Il est presque comique d’entendre l’ancien décoré de la francisque pétainiste entonner un refrain anticapitaliste au Congrès du PS d’Epinay en 1971. Mitterrand était beaucoup plus dans son rôle à Vienne au Congrès de l’Internationale socialiste lorsqu’il a déclaré, ouvertement, que son but était de prendre 3 millions de voix aux communistes.

 

Nous le savions mais nous pensions que notre organisation serait assez forte pour que les luttes, le mouvement populaire contrebalancent la social-démocratie.

 

C’est le contraire qui s’est passé.

L’Union de la gauche, le programme commun, sa logique même, ont centré la perspective politique sur l’échéance institutionnelle, semant d’immenses illusions, faisant passer, malgré nous, les luttes et notre action au second plan.

 

Dans sa démagogie, la social-démocratie a été un instrument majeur de l’anticommunisme. Puisque nous donnions nous-mêmes un brevet de force de changement au PS, pourquoi, en pleine mutation sociale, notamment les nouvelles couches de la classe ouvrière auraient-elles fait le choix beaucoup plus exigeant de l’engagement communiste ? D’autant plus qu’au plan international, les signes de faiblesse du camp socialiste se multipliaient.

 

Pour le PCF lui-même, l’Union de la gauche a représenté une forme d’institutionnalisation structurelle qui l’a éloigné partiellement de la lutte des classes. L’électoralisme s’est répandu dans nos rangs, l’élection devenant de plus en plus une fin en soi.

Les grandes conquêtes électorales, grâce à l’Union de la gauche plus qu’à nos propres forces, notamment aux municipales de 1977, ont renforcé durablement ce caractère. Ce qui n’enlève rien aux réalisations de nos municipalités.

 

Conscients, la direction de notre parti, comme de nombreux communistes, n’ont pas pu, pas su sortir du piège.

La rupture du Programme commun s’est retournée contre nous.

110510_Marchais_81_affiche.jpgMalgré la belle campagne de Georges Marchais et son résultat, en fait très honorable, nous sommes amenés à participer au gouvernement qui opère dès 1982 le « tournant de la rigueur », les quelques acquis de 1981 étant à mettre au compte du rapport de forces que nous continuions à animer.

Même après la sortie du gouvernement en 1984, malgré la « priorité au mouvement populaire » affirmée au 25ème congrès, la réaffirmation de notre perspective socialiste, le Parti n’arrive pas à se sortir de cette contradiction, à rompre avec la perspective politique électorale et institutionnelle d’une union de la gauche avec un rapport de force « tirant le PS à gauche ».

Le contexte est aussi celui d’une déstabilisation sociale rapide, d’une avancée nationale et internationale de l’idéologie dominante, d’une existence plus difficile encore de l’organisation de classe. Dans le même temps, les éléments les plus réformistes dans notre Parti gagnent du terrain (les anciens ministres communistes se dirigent l’un après l’autre vers le PS).

 

Nous nous rendons compte aujourd’hui que ces derniers l’ont emporté après 1990 puis le 28ème congrès de 1994 avec la « Mutation » de Robert Hue.

La stratégie qui était une erreur, d’ailleurs repérée, discutée aux congrès successifs, devient à partir des années 90 un choix assumé.

ministres_patch.jpgEn 1997, la direction du Parti arrache aux communistes l’acceptation de la participation gouvernementale au moyen d’un vrai-faux accord avec Jospin, dont rien n’a été respecté ni l’arrêt de la privatisation de France Télécom, ni la hausse du SMIC de 8%.

La direction du Parti participe avec la « gauche plurielle » au gouvernement qui aura le plus privatisé, qui a servi loyalement les intérêts du capital pour reprendre une autre citation socialiste célèbre.

Ce choix va de pair avec la dévitalisation des organisations de base du Parti et la ligne du congrès de Martigues en 2000.

Le résultat est connu, à nouveau dramatique : 3,37% en 2002 au lieu de 10% en 1997, la perte des deux tiers des adhérents, la disparition de la plupart des cellules etc.

 

En 2011, on continue à épuiser le potentiel révolutionnaire, théorique, historique irremplaçable du PCF pour les travailleurs de notre pays ? Malheureusement oui !

 

Maintenant à deux niveaux avec le « Front de gauche ».

A nouveau, la direction du PCF se place dans une perspective d’avènement d’une nouvelle « gauche plurielle » en 2012, derrière sinon Strauss-Kahn (sans doute un leurre), le PS d’un François Hollande, avec toujours cette prétention fausse à « peser à gauche » sur le PS.

 

Mais elle reproduit même l’Union de la gauche et le programme commun en petit, en farce, avec le « programme partagé du Front de gauche » et Jean-Luc Mélenchon.

Mélenchon, dont Mitterrand est l’idole, n’a plus 3 millions de voix à prendre aux communistes… mais quelques centaines de milliers feraient bien son affaire. Il ne s’agit plus non plus d’accéder au pouvoir en tant que parti dominant, ancré dans la lutte des classes, mais de jouer un rôle d’appoint dans un Front de gauche lui-même force d’appoint.

 

Pourtant c’est grave. Parce que plus que jamais, les travailleurs de notre pays, notre pays lui-même, ont besoin du PCF, de ce qu’il représente, aussi de sa capacité de rassemblement qui ne confond pas avec une unité de groupes sur des bases vagues.

Loin de la menace d’un parti révolutionnaire conséquent, armé théoriquement, fort de son histoire, avec Mélenchon, le capital, la « gauche » peuvent compter sur un « réformiste radical », un « gauchiste institutionnel », solidement Maastrichien.

 

L’importance n’en est que plus grande pour les communistes, aussi pour ceux qui ont été écartés de leur parti, pour tous ceux qui ressentent la nécessité du Parti de classe et de masse, dans leur entreprise, leur quartier populaire, leur campagne, de se réapproprier leur Parti, le PCF, de le faire vivre et de le renforcer.

 

Communistes, c’est notre préoccupation à l’heure des choix graves, que l’on veut nous imposer pour les élections de 2012, comme dans les mois et années qui suivront.

30 ans après le 10 mai 1981.

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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 14:55

Bataille contre la privatisation de la Poste : l’unité d’organisations ne devrait pas nuire au rassemblement pour gagner

 

L’aspiration à l’union, au rassemblement contre la politique du pouvoir part d’un constat.

 

Objectivement, les contre-réformes du gouvernement sont rejetées par une grande majorité des salariés, des retraités, des jeunes. Objectivement, chaque lutte, pour l’emploi, la sécurité sociale, les services publics… revêt de plus en plus un caractère d’intérêt général.

L’ampleur des grèves et des manifestations interprofessionnelles des 29 janvier et 19 mars ont fait la preuve de l’ampleur des possibilités de rassemblement et de leur force potentielle.

 

Cependant, elles n’ont pas mis en échec le gouvernement sur une seule de ses contre-réformes, comme cela s’était passé en novembre/décembre 95 ou plus récemment et plus modestement en 2006 contre le CPE.

 

Communistes, responsables du PCF, cette contradiction doit être notre préoccupation majeure, contribuer à en sortir, l’objectif de notre action. Cela en restant sur le terrain politique tout en étant nécessairement très attentif aux options syndicales.

 

La bataille contre la privatisation de La Poste rentre dans une nouvelle phase avec le nouveau projet de loi que le gouvernement veut faire voter avant la fin de l’année.

 

Les convergences d’intérêt autour de la défense de la Poste invitent à en faire un point de convergence des luttes :


- L’opposition massive des agents de La Poste à la privatisation qu’ils subissent directement, les nombreuses luttes locales des postiers sont autant de points d’appui.

- Du côté des usagers, des actions locales contre les conséquences de la privatisation, contre des fermetures ou « restructurations » de bureaux par exemple, font la démonstration de l’ampleur de l’opposition et des possibilités de la faire s’exprimer rapidement.

La privatisation de la Poste peut être à la hauteur de ce que représente ce service public dans le pays (également en termes d’emploi et de référence sociale – relative).

- La défense de La Poste va aussi de pair avec la lutte pour tous les services publics qui sont l’objet de la même politique de privatisation.

Le pouvoir sarkozyste s’en est bien rendu compte de la capacité de développement et d’entraînement d’une bataille comme celle de La Poste. Il a soigneusement repoussé l’examen du projet de loi de 6 mois pour qu’il ne coïncide pas avec les mobilisations du début de l’année.

 

L’existence objective de convergences d’intérêt ne débouche pas automatiquement sur une convergence de lutte ! Sur la Poste comme sur le reste. Nous ne le découvrons pas !


En 2004, il n’y a pas eu de mouvement national d’importance, malgré quelques actions locales notamment partant des rangs du PCF, contre la précédente loi de privatisation de La Poste, celle qui a livré le courrier au dessus de 50g au marché privé et transformé en Banque postale de statut privé les services financiers.

En 2004, il n’y a eu aucune impulsion politique, une absence globale de bataille sur le fond et même un refus de l’engager. On notera que depuis cette date, la crise « financière » a rendu plus évident le danger du processus de privatisation des services financiers de La Poste.

 

Quelle action en 2009 ?


De multiples actions locales ont été engagées depuis le début de l’année, en particulier à l’initiative ou avec le soutien d’organisations du PCF.

Au plan national, un « Comité national de mobilisation contre la privatisation de la Poste » s’est créé, unissant des dizaines d’organisations, syndicales, associatives, dont, parmi les partis politiques, le NPA, le PS, les Verts...

Ce n’est pas méchanceté que de constater qu’y figurent des dizaines de groupuscules qui tirent la preuve de leur existence de l’apparition de leur sigle sur d’interminables listes de signataires d’appels « unitaires ».  et que le cadre unitaire leur permet de prétendre représenter la mobilisation des autres.

La direction du PCF semble vouloir s’inscrire nationalement dans ce cadre.

 

Des propositions et initiatives sont avancées autour d’un appel demandant un « référendum » sur l’avenir de la Poste. « Enfin quelque chose ! » se disent les militants qui en ont assez des occasions de lutte manquées. Mais quoi ?

Faute de clarté sur le fond, cette unité d’organisations risque d’être aussi inefficace contre la nouvelle loi de privatisation qu’en 2004.

Par son l’absence de clarté sur le fond, cette unité d’organisations sur un thème de mobilisation important, cautionne des regroupements et des alliances politiciennes à « gauche » à l’avenir. Est-ce l'objectif?

En tout état de cause, le PCF et les militants communistes ne doivent pas se laisser effacer mais s’exprimer en tant que tels et mettre en avant les aspects fondamentaux de la bataille idéologique. C’est indispensable pour contribuer à la victoire de la lutte.

 

Mesurons le contenu et la gravité du nouveau projet de loi contre La Poste:

 

Le texte comprend deux dispositions principales qui accélèrent le processus de privatisation :

 

a-      la transposition de la 3ème directive européenne de marchandisation du courrier.

La distribution du courrier serait entièrement mise en concurrence en France à compter du 1er janvier 2011, y compris celles des lettres de moins de 50 grammes qui relève toujours pour l’heure du monopole de La Poste.

Pour rappel, la 2ème directive a été transposée en 2004 et la 1ère en 1999 par la « gauche plurielle » (loi Voynet).

 

b-     le passage de La Poste sous le statut de société anonyme.

La voie de l’ouverture du capital, c'est-à-dire la privatisation partielle, puis de la privatisation totale, au sens propre du transfert de propriété du public au privé, sera ouverte.

La disposition du projet de loi précisant que le capital restera dans les mains de l’Etat ou de « personnes morales appartenant au service public » ne doit pas faire illusion. Elle sera beaucoup plus facile à lever que le statut d’établissement public, quand ce sera mûr.

Rappelons que le précédent changement de statut, première grande étape du processus de privatisation, remonte à la loi Quilès de 1990, du nom du ministre socialiste qui a cassé l’administration des PTT, fait de la Poste un établissement commercial et qui a sorti les fonctionnaires de La Poste de la fonction publique d’Etat.

 

On le voit, le nouveau projet de loi s’inscrit dans une continuité. La privatisation de la Poste est un processus.

On le voit, la « gauche », derrière le PS, a participé, à Paris comme à Bruxelles, avec zèle, à la mise en œuvre de ce processus. Et encore, nous n’évoquons pas France Telecom ou l’action des socio-démocrates dans les autres pays…

En ce qui concerne la Banque Postale, on retrouve le même processus avec la création par la « Gauche plurielle » de la filiale Efiposte en 1999, l’embryon de la banque.

 

Tout le monde peut changer d’avis ! Mais les positions de la « gauche » qui approuve les directives européennes de mise en concurrence, qui les a votées et mises en œuvre sont inconciliables avec la bataille contre la privatisation.

Aucune mobilisation « unitaire » ne peut se construire sans une mise au clair.


Il y va de la crédibilité parmi les postiers, les militants syndicalistes qui ont combattu hier comme aujourd’hui la privatisation.

Il y va de la crédibilité face au pouvoir sarkozyste qui justifie le changement de statut par les directives européennes et se défend de vouloir privatiser.

Le « Comité national unitaire » ne fait rien pour retrouver cette crédibilité.

 

Revendiquer un « référendum » pour esquiver le fond de la bataille ?

 

Le « Comité national unitaire » développe une proposition phare : la tenue d’un « référendum d’initiative populaire sur l’avenir de La Poste ». Cette demande reflète l’ensemble de sa démarche.

Sous couvert de « donner la parole au peuple », n’est-ce pas un moyen de s’abstenir de se prononcer soi-même sur ce qui fâche mais qui est essentiel?

 

1- D’abord, ce référendum n’a strictement aucune chance d’avoir lieu, quand bien même la proposition serait opportune et largement reprise dans la population.

La loi organique, suivant la modification constitutionnelle de 2008, encadrant ce type de référendum n’a pas été votée. Et en tout état de cause, la nouvelle disposition constitutionnelle exige que 10% du corps électoral, 4,4 millions de citoyens, soutiennent la demande de référendum. En trois mois…  Par ailleurs, on se demande pourquoi faire de la publicité aux modifications constitutionnelles de juillet 2008 qui ont renforcé la dérive présidentielle du régime.

 

2- Ensuite, quelle question pose le « Comité unitaire » avec son référendum ? « Pour ou contre la privatisation ». C’est si général que tout le monde peut s’y retrouver, comme dans les formulations du Comité demandant un service public « maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins ».

Sarkozy ne prétend-il pas lui-même que la privatisation ne saurait être à l’ordre du jour. Au sens précis du transfert de propriété, sa loi ne privatise pas, même si elle fait tout dans ce sens.

Quant à ceux qui, « à gauche », ont préparé la privatisation de leur côté et partagent l’idéologie du marché « libéré », la formule leur permet de se dérober, de se ranger du bon côté, sans frais et sans sortir du consensus « européen ».

Les différends fondamentaux sont gommés. Mais la bataille essentielle contre l’application de la « concurrence libre et non faussée » qui conduit à la privatisation est ignorée.

Si l’on voulait demander un référendum qui amène le vrai débat : demandons la renationalisation intégrale de GDF et de EDF et leur fusion!

 

3- Enfin, inviter à un référendum, faire voter dans des urnes fictives, comme le Comité propose de le faire, c’est indiquer à l’opinion une seule perspective: les échéances électorales, une alternance à « gauche » en 2012, en passant par les régionales et avec les alliances adéquates. En 2012, le projet du gouvernement contre la Poste sera adopté depuis longtemps si la lutte ne rassemble pas maintenant pour y faire échec. Et sans les luttes, il n’y aura rien à attendre en 2012 !

 

Affirmer l’analyse communiste dans la bataille de La Poste !

 

Les communistes sont profondément unitaires dans la mesure où l’unité, pour une lutte précise, comme pour l’alternative politique, est de nature à élargir et renforcer le rassemblement de ceux qui ont objectivement intérêt à les gagner. Mais évidemment, nous ne recherchons pas l’unité pour l’unité.

 

Pour les communistes, ce serait un contresens de se fondre dans la démarche et l’esprit du « Comité national ». Notre but ne peut être que de tout faire pour contribuer à faire reculer le gouvernement. Y compris dans un cadre unitaire, nous n’avons pas à nous rallier au plus petit dénominateur commun. On sait comment cette position a déconsidéré le PCF pendant la « gauche plurielle ».

 

Aussi les communistes doivent-ils avoir leurs propres initiatives et dans les rendez-vous unitaires, comme ceux organisés le 3 octobre, bien souvent par des municipalités communistes d’ailleurs ou des organisations locales, à l’appel du « Comité national », mettre en avant les analyses qu’ils jugent efficaces dans la lutte idéologique.

 

Des axes de lutte indispensables :

 

1- L’objectif immédiat de la bataille pour La Poste est la mise en échec, le retrait, du projet de loi du gouvernement portant le changement de statut et la mise en concurrence intégrale.

C’est la condition pour commencer à inverser le processus de privatisation.

C’est le point de convergence pour donner plus d’efficacité à l’ensemble des luttes contre les effets de la privatisation de La Poste. Une victoire ouvrirait une perspective à l’ensemble de ceux qui combattent la politique au service du Medef.

(Il est amusant de constater comment certains de ceux qui croient dur comme fer dans leur référendum n’imaginent pas mettre le gouvernement en échec sur le projet de loi…)

Les initiatives de lutte doivent correspondre à cet objectif : pourquoi pas une pétition nationale unitaire pour le retrait de la loi ? Un objectif précis et crédible, des explications complètes contre le processus de privatisation, pas d’ambiguïté sur la forme d’action (lutte/vote).

 

2- On ne pourra pas mettre en échec le projet de loi et la privatisation sans s’attaquer à leur justification : l’installation de la concurrence. La concurrence, dont les effets sont connus et analysés, détruit les grands services publics nationalisés de « réseau » (transports, énergie, poste…) et leurs principes d’égalité, d’accès à tous, de péréquation tarifaire…

On doit être logique et cohérent.

Refuser la concurrence dans ces activités fondamentales à la réponse de tous et au développement du pays, c’est rejeter les directives européennes qui les organisent et les prétextent.

Rejeter les directives européennes, c’est refuser la fatalité de leur application dans notre pays. Des rapports de force existent au niveau national : des majorités refusent les lois de la concurrence, leurs conséquences, leurs aberrations (imaginons deux boîtes aux lettres de deux compagnies différentes côte-à-côte !). Ce n’est pas de Bruxelles ou de Strasbourg, irresponsables devant les peuples, acquis à 90% au Traité de Lisbonne qu’il faut laisser l’illusion qu’un changement pourrait venir.

Refuser la concurrence, c’est aussi choisir une alternative qui a fait ses preuves, la nommer et la défendre en positif : les monopoles publics à défendre et reconquérir pour une amélioration et une « modernisation » du service public.


« Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. », l’alinéa 8 du préambule de la constitution de 1946, issue du programme du Conseil national de la Résistance et de son analyse de l’avant-guerre, est plus actuel. Nombreux sont ceux qui y font référence : qu’ils soient conséquents !

 

3- La question des services financiers de La Poste et de la Banque postale est à mettre en avant au même niveau. C’est la seule banque qui a échappé aux pertes de la « crise financière », grâce à son origine publique. Mais la logique de privatisation s’accentue rapidement avec l’annonce d’investissements financiers à l’étranger, une dérive spéculative, notamment dans les produits d’épargne, un recul rapide des services aux usagers…

L’avenir des services financiers de La Poste est une question d’intérêt national en elle-même, entièrement liée à celle de l’ensemble de La Poste (ex : l’avenir des bureaux).

La proposition du PCF de constituer un « pôle public financier » n’aurait pas de sens si elle ne partait pas de la bataille pour la défense et la reconquête des institutions financières publiques existantes. On a vu comment la casse des statuts des Caisses d’épargne, la privatisation de 40% de la Caisse des dépôts, etc… pendant la « gauche plurielle » l'ont décrédibilisée.

En termes d’orientation de l’épargne populaire, d’accès à tous aux services bancaires, de limitation des excès des banques privées, La Poste a un rôle majeur à jouer, dans la perspective de renationalisation des banques.

Pour stopper la dérive de la Banque Postale, il faut mettre fin à son statut privé de la Banque postale, qui préfigure celui de l’ensemble de La Poste. Avançons l’idée d’une campagne pour la réintégration de la Banque postale dans l’Etablissement public, préservant l’unicité de l’entreprise !

 

 

Communistes, nous devons être à l’offensive pratique et idéologique sur toutes ces questions. Ne laissons pas un cadre unitaire effacer un peu plus notre parti pour anticiper différents scénarios de recomposition politique institutionnelle !

Le PCF a une place particulière dans ce pays, indispensable, pour contribuer à créer les fronts de lutte qui gagnent contre la politique au service du capital.

EDT, pcf Paris 15, pour vivelepcf

 

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20 octobre 2008 1 20 /10 /octobre /2008 18:37

Henri Martin, militant anticolonialiste, ancien membre du Comité central du PCF, est signataire du texte alternatif pour le 34ème congrès "Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps"


Actuellement le monde entier peut constater que le prix du pétrole peut diminuer de moitié sans que les multinationales qui dirigent cette production soient en faillite, c’est donc que les profits sont immenses.

C’est pourtant au secours de ces multinationales que les gouvernements capitalistes veulent en premier réagir en en imposant la majorité de la population.

Le Président Français de la banque centrale européenne a déjà déboursé 150 milliards d’euros (la moitié du budget français) pour dépanner quelques banques amies.

La nocivité du régime capitaliste éclate au grand jour et frappe la majorité de la population en premier ceux qui produisent les biens nécessaires à la vie de tous.  Cette majorité est mécontente, proteste, mais ne peut prendre conscience spontanément des véritables responsables de l’aggravation de sa situation.

Le rôle d’une force politique organisée est donc indispensable pour aider à cette prise de conscience pour trouver des véritables solutions conformes à l’intérêt de la majorité de la population. Ce doit être le rôle du parti.

Déjà nous avons joué un rôle important dans la mobilisation de 55% des électeurs Français contre une constitution légalisant l’exploitation capitaliste, alors que la majorité des députés prétendait que c’était le meilleur mode de production. Bien sûr, le gouvernement a pu par la suite réussir à faire adopter sous l’appellation « traité » 98% de cette constitution rédigée par Giscard d’ Estaing. Mais surtout parce que la direction du PS a laissé faire au nom de sa solidarité avec les autres, PS européens.

Nous avions donc remporté cette bataille du référendum sans avoir le soutien du PS ce qui montre la répercution de nos idées et il me semblait que nous en avions tiré une leçon, en écrivant dans la base commune « l’expérience de la gauche plurielle a été marqué à plusieurs reprise par une surdité de notre part vis-à-vis du mouvement social et progressiste » puis «  Nous n’avons pas su prolonger la dynamique de 2005 en proposant immédiatement après la victoire du non (55%) un objectif, un cadre et une méthode susceptible d’éviter la confusion qui a marquée l’échec de cette tentative ».

Malgré cette phrase autocritique, qui est un minimum de regret par rapport a l’importance des privatisations que nous avons laissé faire entre 1997 et 2002, je pense qu’actuellement nous repartons dans la confusion en transformant le terme « gauche » en formule miracle, contre l’exploitation capitaliste.

Car que devient l’indépendance du parti dans ces conditions.

Dans la situation actuelle ou l’injustice de la société éclate, faire réellement du nouveau c’est aider les travailleurs a conquérir des droits politiques et économiques en leur faveur, afin d’être des citoyens à part entière.

Ce sont quand même eux qui produisent les biens nécessaires à la vie de toute la nation et pourtant ils sont traités en citoyens de seconde zone.

A la libération se sont les travailleurs qui ont relevé les usines, redémarré la production contre les dirigeants d’entreprises qui s’étaient mis au service de l’occupant nazi.

C’est donc vers ces travailleurs qu’il faut tourner d’urgence nos efforts, Paul Boccara a fait des propositions très intéressantes pour les aider a conquérir des droits politiques et économiques et tout simplement à conserver un travail, avant de songer à des alliances de sommet avec des gens qui n’ont pas l’habitude de tenir leurs promesses.

Pour aider ces travailleurs il faut donner du tonus au parti et non réduire sa force en l’inféodant totalement et durablement à d’autres forces politiques qui ne sont pas animées par l’idée de faire passer les intérêts du peuple avant les leur.

Il faut aussi arrêter de participer à l’offensive idéologique du grand capital pour discréditer notre histoire, alors qu’il se tait sur sa collaboration avec les nazis et sur les guerres coloniales.

De même il faut rappeler que lorsque nous n’étions pas au gouvernement, à l’élection présidentielle de 1995, Robert Hue avait gagné 600 000 voix et 2% sur l’élection précédente, au moment ou le candidat Jospin était en recul de 11% et perdait plus de 3 millions de voix sur le score de Mitterrand en 1988.

Par la suite lorsque nous avons été au gouvernement, Robert Hue est tombé à 3,37%. Les faits montrent donc que lorsque nous nous alignons sur les positions du PS, nos électeurs nous abandonnent.

Pour terminer je veux dire :

Chaque fois que nous ne sommes pas d’accord avec le PS, nous sommes accusés immédiatement d’être des antisocialistes bornés. Mais lorsque nous organisions des manifestations contre la guerre d’Algérie, faite par des gouvernements socialistes, non seulement nous agissions contre une guerre injuste, contre un peuple qui voulait à juste titre être indépendant, mais nous agissions aussi pour sauver la vie de tous ces jeunes Français, parmi lesquels des fils des militants socialistes. Ce qui était évidemment tout autre chose qu’un acte sectaire et antisocialiste.

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15 octobre 2008 3 15 /10 /octobre /2008 17:53
Publié sur alternativeforge

La situation est paradoxale : Le capitalisme engendre des crises qui montrent sa nocivité sociale, économique et écologique et dans le même temps notre parti connaît ses scores électoraux les plus faibles de son histoire.

N’avons-nous pas une responsabilité dans ce constat ? Evidemment si. Nous avons été partie prenante du gouvernement qui a le plus privatisé de la 5ème république et nous avons une mauvaise communication pour faire passer nos idées.

Nous parlons trop souvent de la gauche sans faire de distinction : il nous faut parler du PS, des Verts mais pas de la gauche sans adjectif ni complément.

La gauche socialiste gouverne la Grande Bretagne et c’est une politique identique, sinon pire, que celle de Sarkosy, idem pour l’Espagne et l’Allemagne ou là les socialistes sont au gouvernement avec la droite.

Nous devons, sans sectarisme, mais avec conviction, comme nous l’avons fait pour la marche des salaires du 27/9, faire nos propositions et s’opposer frontalement à Sarkosy. Pour cela nous avons besoin d’une direction unie et offensive et d’une communication plus incisive.

Ce n’est pas une simple remarque mais une demande qui revient régulièrement chez nos électeurs.

Parallèlement à tout cela il faut de la clarté : nous avons lancé avec les autres partis de gauche une pétition contre la privatisation de la poste mais comme d’habitude nous sommes pratiquement les seuls à la faire signer. Nous dédouanons ainsi le PS dont beaucoup de dirigeants ne sont pas opposés à cette privatisation. De plus, les salariés de la poste se souviennent que la privatisation de France Télécom a été faite par Jospin et sans cette privatisation celle de la poste était impossible.

Soyons réaliste, la crise actuelle et la politique illisible du PS peuvent nous ouvrir des perspectives réelles.

A Roissy-en-brie, municipalité d’union avec une maire socialiste, nous avons géré la ville mais aussi dénoncé la politique anti sociale menée, le manque de démocratie et de concertation. Nous l’avons fait avec nos collègues mais aussi avec franchise devant les habitants.

Cela nous a conforté pour présenter une liste de large rassemblement à gauche avec une direction communiste. Notre liste a été élue, cela montre que rien n’est définitif et qu’il est possible d’inverser les scores électoraux. Une seule condition, être à l’écoute des gens et être à leur coté sans se préoccuper si cela ne plait pas à nos alliés.

En pratiquant ainsi, non seulement nous augmentons notre influence et nos effectifs mais nous gagnons sur la social démocratie et aussi sur l’extrême gauche. C’est la seule façon d’assurer une remonté d’audience aux idées communistes et à notre parti qui doit garder son nom et ses principes en particulier le reversement des indemnités des élus à leur parti.

 

Jacques Perrot, Section de Roissy-en-Brie

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 14:46

Fusion-privatisation de GDF-Suez : tirer les enseignements politiques d’une défaite

GDF et Suez viennent finalement de fusionner, après 2 ans et demi de laborieuses tractations. GDF est privatisée de fait, l’Etat gardant pour l’instant 65% du capital de l’ensemble. Une nouvelle étape, grave, est franchie dans le démantèlement du secteur public nationalisé de l’énergie conquis à la Libération. On connaît les conséquences, déjà sensibles depuis longtemps du processus. Elles ne peuvent que s’aggraver aux dépens des agents, de leur statut et de leurs conditions de travail, des usagers du service public, du pays tout entier. Les tarifs s’envolent. Une concurrence aberrante et dangereuse, vu de l’intérêt général, s‘instaure avec EDF. Etc…

On pourrait continuer longtemps. Mais la question est pourquoi, malgré un rapport de force potentiel très important, cette privatisation n’a pas pu être mise en échec.

Du côté politique, la direction du PCF porte sa part de responsabilité, d’autant plus grande que notre parti tient une place historique à GDF comme à EDF.

Quelle bataille nationale a-t-elle engagée contre la privatisation ? Strictement aucune. Toutes les propositions ont reçu une fin de non-recevoir. Pourtant les possibilités de convergences de lutte sur cette question étaient (et restent) très fortes, avec les usagers, les salariés des autres services publics, l’ensemble des citoyens, sensibles à des questions comme l’indépendance énergétique, la sûreté des installations, etc… Les quelques organisations locales du Parti qui se sont engagées ont pu les mesurer et mesurer le gâchis, d’autant que nous avions du temps.

Cette bataille non menée ramène aussi à l’absence d’initiative marquante lors de l’immense mouvement des électriciens et gaziers en 2004. Ils se sont battus contre la casse de leur système de retraite et la privatisation, les deux étant liés. La suite l’a confirmé, également pour les autres entreprises publiques. Qu’a fait la direction du PCF alors pour rassembler dans le pays derrière les agents EDF-GDF ? Rien, sinon un service minimum parlementaire et des déclaration sur le ton « on est avec vous ». Le mouvement s’est effiloché à l’été 2004, laissant une expérience de l’échec.

La défaillance organisationnelle recoupe une défaillance idéologique.

La direction du PCF s’est convertie aux « services publics européens ». Nous avons toujours été favorables au développement de la coopération entre services publics de chaque pays. Mais, il ne s’agit pas de cela. Derrière la notion de « service public européen », on retrouve les « services d’intérêt économique généraux » et l’acceptation des directives européennes de marchandisation et donc de privatisation. La notion même de « service public européen » est une négation de la nationalisation : où est la nation européenne. La notion de « service public à la française », la seule acceptable liant le service public et la propriété nationale est niée (et combattue) par l’UE. Elle est abandonnée par la direction du Parti. L’héritage de Marcel Paul et du programme du CNR ! Qui a tant fait ses preuves.

En 2000, il y avait 60000 manifestants, EDF et GDF, contre la transposition d’une première directive de mise en concurrence. La « gauche plurielle » a réussi à la faire passer.

Pour les prochaines batailles pour le service public qui s’annoncent (SNCF, RATP, La Poste, EDF et GDF toujours…), les communistes doivent réaffirmer leurs positions fondamentales. Le service public passe par des monopoles publics détenu par des entreprises publiques (nationalisées ou selon l’activité municipalisées…). La nationalisation n’est pas synonyme d’étatisation. La privatisation est synonyme de loi du profit.

Les directives européennes n’ont pas de légitimité pour s’appliquer et détruire nos services publics, d’autant moins que l’EU du capital est désavouée par les peuples et que la « libéralisation » a montré ses effets dévastateurs partout dans le monde. Le service public, ce n’est pas, la compensation, aux frais de la collectivité, de quelques activités non rentables, par exemple d’une tarification « sociale » pour les plus pauvres, pendant que les actionnaires s’emparent des bénéfices.  

Sur ces bases, les communistes peuvent être de nouveau à l’aise et efficaces pour défendre et reconquérir des services publics, notamment GDF, en s’appuyant sur les acquis, encore considérables, pour participer à construire les grandes mobilisations et convergences de lutte.

Faisons jouer au PCF son rôle, déterminant, dans ces batailles !

 

PS : Est posée également la question du parti à l’entreprise et des relations avec le syndicat.

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