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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
1 janvier 2012 7 01 /01 /janvier /2012 18:22

Le processus de « transformation » du PCF 1994-201? au miroir de la liquidation du PCI 1989/1991

par Emmanuel Dang Tran

 

Nous reproduisons ci-dessous la préface d’Emmanuel Dang Tran au livre de Guido Liguori, « Qui à tué le Parti communiste italien » (éditions Delga – 2011). Liguori analyse les conditions historiques, les idées, les actes, qui ont servi à la direction du PCI pour saborder le plus grand parti communiste d’Europe occidentale. Dang Tran montre les mêmes discours, les mêmes motivations alimentent le processus, toujours poursuivi, jamais complètement réalisé, aujourd’hui encore, de « mutation-transformation » du PCF par sa direction depuis le début des années 90.

 

 

EN PDF (cliquez sur le lien)


 LIGUORI_DELGA.jpg

 

« Le nom et la chose ». Ce titre de chapitre de Guido Liguori cerne le dilemme qui a concerné et concerne tous les appareils dirigeants des partis communistes qui ont fait ou font le choix du réformisme.

 

Les mots « communiste », « partis communistes » sont des signifiants politiques et historiques extrêmement forts. Ils sont indissociablement liés à la théorie marxiste et léniniste, aux expériences issues de la Révolution d’Octobre qui a fécondé les mouvements ouvriers nationaux. Après la chute du Mur de Berlin et la victoire de la contre-révolution à l’Est, ces références fondamentales deviennent définitivement disqualifiantes pour les dirigeants communistes qui ne voient plus d’autres perspectives que de s’intégrer encore davantage dans la démocratie bourgeoise.

Mais leur problème est que ces « noms », « communisme », « partis communistes », sont aussi des identifiants politiques extrêmement forts des « choses » que cette théorie et cette histoire ont permis de développer. A la fin des années 80, le Parti communiste italien ou le Parti communiste français (le PCF encore de façon atténuée aujourd’hui) sont des réalités très fortes. Leur notoriété est générale. Ils constituent un repère dans la vie politique nationale, dans l’inconscient collectif du pays. Leurs organisations sont encore nombreuses et structurées. Ils disposent d’un acquis électoral, institutionnel, patrimonial considérable.

Comment garder l’héritage de la « chose » pour la transformer, la liquider, en la coupant du sens du « nom » : voilà la préoccupation des « communistes » réformistes. Comment donner tout son sens au « nom » pour défendre l’existence de la « chose », la renforcer : telle est la préoccupation des communistes qui considèrent que les partis communistes marxistes et léninistes conservent toute leur raison d’être et qui entendent assumer l’histoire du mouvement communiste international sans jeter le bébé avec l’eau du bain.

La bataille pour ce que représentent le nom et la chose « PCF » est encore tout à fait d’actualité en 2011. Pour les communistes français, l’histoire de la liquidation du PCI présente un grand intérêt.

 

« Comment s’appeler Parti communiste quand on n’est plus un Parti communiste » ? Guido Liguori retrace le déroulement du coup de force qui a amené en 1989 et 1990 à l’abandon du nom « Parti communiste italien » et la transformation en « Parti démocrate de gauche » (PDS). Ce dernier est maintenant devenu Parti démocrate tout court après son regroupement avec des pans de feu la démocratie chrétienne. Liguori en reprend les étapes dans le détail, les ultimes congrès, les dernières réunions du comité central, les discussions entre intellectuels sur l’identité du Parti, sur l’identité communiste.

 

Le lecteur communiste français est évidemment frappé par les similitudes avec les stratégies des directions du PCF et les débats en France, sinon en 1989, du moins à partir de 1994 et la « Mutation » lancée par Robert Hue. Les termes du débat italien d’alors sont étonnement restés les mêmes qu’aujourd’hui dans un PCF dont les dirigeants cherchent, avec la même obstination, les voies de la « transformation », de l’intégration dans une autre « gauche ».

Ils restent aussi terriblement d’actualité en Italie même, parmi les organisations, issues du PCI, qui n’ont pas renoncé au nom « communiste » mais qui n’ont toujours pas tranché la question de l’identité communiste, au point de ne cesser de s’émietter et de quasiment disparaître de la scène politique nationale.

 

La majorité de la direction du PCI est parvenue à trancher la chose vite, à clore l’histoire glorieuse d’un parti de 69 ans en 18 mois. Le résultat de cette expérience donne une idée du point de chute, vertigineux, des développements sur l’évolution de « l’identité communiste » soutenus par les partisans du changement de nom. L’organisation de masse s’est désagrégée. C’était le prix à payer. Le PDS n’a récupéré que moins du quart des adhérents et la moitié de ses électeurs. Mais le PDS, puis ce qu’il est devenu, héritier du grand PCI, est bien devenu un parti de gouvernement dans l’Italie capitaliste.  

Massimo D’Alema, que l’on revoit « centriste » au sein de la haute direction du PCI en 1990, se proclamant attaché à cette décidément flexible « identité communiste » est devenu un bon président du conseil de « centre-gauche » (1998-2000) avant de seconder le libéral Prodi (2006-2008). Ambition réussie aussi pour le communiste droitier Giorgio Napolitano : il est aujourd’hui président de la République alors qu’au Parlement ne siège plus aucun communiste. La rupture avec l’histoire communiste a été vite consommée. Le terrain était préparé.

 

Le 9 novembre 1989, la chute du Mur trouve Napolitano à Bonn avec Willy Brandt et Achille Occhetto, secrétaire général du PCI depuis 1988, à Bruxelles avec le travailliste anglais Neil Kinnock en pleine négociation pour l’entrée du PCI dans l’Internationale socialiste. Le symbole est parlant. Pour un PCI « qui n’est déjà plus un parti communiste », la défaite du camp socialiste est une aubaine. Le changement de nom avait déjà été sérieusement envisagé, mais toujours reporté. Là le coup devient possible. Occhetto hésite puis se lance dans l’achèvement de sa mission liquidatrice.

Ironie de l’histoire ? Le PCI a été, de tous les partis communistes, celui qui s’est démarqué le plus systématiquement de l’URSS et des pays de l’Est. On le retrouve dans les débats de 1989/90 : c’est même une part essentielle de son identité. Elle est mise en avant aussi bien par les dirigeants et intellectuels qui prônent ou acceptent le changement du nom que par certains de ceux qui le refusent.

Pourtant, des grands partis communistes occidentaux, le PCI sera le seul à ployer et à rompre sous le mauvais vent de l’histoire. Il se retrouvera précisément dans la situation des directions des partis « frères » de l’Est, qu’il avait si violemment critiqués et qui se sont sabordés au même moment (à l’exception notable du Parti communiste de Bohème-Moravie en République tchèque).

La contradiction n’est peut-être qu’apparente. Elle montre comment, même pour le PCI, l’existence du « camp socialiste » restait une donnée identitaire fondamentale. Mais n’y avait-il pas aussi une similitude avec les appareils des partis de l’Est qui sont passés, avec plus ou moins de succès selon les pays, d’une administration d’un socialisme sans conviction à la gestion de la restauration capitaliste ? Le niveau d’insertion de l’appareil du PCI dans les institutions de la démocratie bourgeoise italienne les en rapprochait, plus qu’aucun autre parti communiste d’un autre pays capitaliste. Liguori constate : «  les années passées dans le cadre du pouvoir local avaient formé un “parti d’administrateurs” trop enclins au compromis ». Cette évolution n’avait pas atteint le même stade dans le PCF.

 

La comparaison de la situation du PCI et de celle du PCF en 1989/90 montre, au-delà de réelles contradictions, plutôt un décalage qui annonce déjà un processus allant dans le même sens en France mais pas aussi loin. La direction du PCF, derrière Georges Marchais, rejette l’hypothèse du changement de nom après la chute du Mur. Le bureau politique condamne les éléments « reconstructeurs » ou « refondateurs » qui essaient de transposer l’exemple italien. Le 27e congrès de 1991 confirme ce choix. Il demeure décisif aujourd’hui. Malgré toutes les tentatives depuis 20 ans, la différence fondamentale persiste. En 2011, le PCF, même très affaibli sur tous les plans, continue à exister et à être le dépositaire de l’histoire du mouvement communiste en France.

Les raisons de ce choix différent en 1989 sont multiples. Elles sont en lien les unes avec les autres. Il serait essentiel d’analyser le maintien plus solide de l’organisation de classe, de la cellule, de la cellule d’entreprise dans le PCF et la dérive institutionnelle dans le « compromis » plus avancée du PCI. La composition des directions du PCI est déjà marquée par la sous-représentation criante des militants issus de la classe ouvrière, ce qui allait devenir le cas au PCF dix ans plus tard.

Les positions du PCF et du PCI avaient aussi depuis longtemps divergé. Le PCF n’a pas suivi le PCI dans la condamnation répétée de l’URSS (jusqu’à accepter la légitimité de l’OTAN !). Le PCF n’a pas suivi jusqu’au bout l’expérience « eurocommuniste » initiée par le PCI. La conversion à la défense de l’intégration européenne est aussi très précoce dans le PCI.

Les différences, loin d’être entièrement contradictoires, se posent aussi en termes de perspective politique nationale.

Dans un pays comme dans l’autre, dans les années 70, elle est d’abord institutionnelle. Mais la stratégie du PCI (que Liguori appelle « Berlinguer I ») est en 1976 de rechercher un « compromis historique » avec la Démocratie chrétienne. En France, dans les conditions nationales, la stratégie du PCF reste l’Union de la gauche, avec un rôle sinon prépondérant, du moins incontournable, du Parti dans son alliance avec le PS. Elle vise une « démocratie avancée », étape vers le socialisme.

Malgré son échec rapide, la logique du « compromis historique » a marqué. La stratégie « Berlinguer II » n’a pas le temps de corriger selon Liguori. Dans les années 80, l’obsession de larges franges des directions et des élus du PCI est de rechercher des accords avec le PSI pour une coalition gouvernementale. En France, l’échec du Programme commun en 1977 puis de la participation gouvernementale de 81 à 84 amène le Parti à redonner la priorité au mouvement populaire, laissant la perspective d’Union de la gauche en sourdine.

A la fin des années 80, l’écart s’est creusé. La direction du PCI en est à solliciter l’adhésion à l’Internationale socialiste. Le PCF exclut de participer au gouvernement Rocard, ouvert au centre-droit, après 1988.

L’affaiblissement électoral parallèle ne laisse pas non plus les deux partis dans la même situation en 1989. Le PCI reste largement le parti dominant à gauche, deux fois le PSI en voix. Le PCF est à 10%.

Les opportunistes du PCI peuvent rêver au pouvoir dans la démocratie bourgeoise, en allant juste un peu au-delà de la perspective de « compromis historique ».

Les plus opportunistes du PCF ne peuvent envisager n’être qu’une force d’appoint du PS, ce qui allait se passer entre 1997 et 2002 avec la participation au gouvernement Jospin. Le PCF en sortira considérablement affaibli alors qu’il s’était maintenu électoralement (malgré l’Est) à 10% en 1997. En 2002, il tombe à 3%.  Le même sort attendait le parti italien de la Refondation communiste. Le nom « communiste » ne se prête vraiment pas au compromis avec les gestionnaires loyaux du capitalisme.

Pour des raisons tenant à la fois des positions politiques antérieures, de l’état de leur structuration, de la conjoncture politique, les équilibres dans la direction du PCI et du PCF et à la base de ces partis ne sont pas les mêmes. La question du nom du parti, sinon de la rupture avec son essence, ne se pose pas de la même façon, surtout pas au même moment.

En 1990 en France elle est tout simplement inconcevable. Mais en quelques années, les éléments, l’idéologie et la perspective réformistes l’emportent dans la direction du PCF. En 1994, Georges Marchais part et Robert Hue engage le processus dit de « mutation ». Mais dans les conditions de la France, le changement forcé de la « chose » n’a toujours pas aujourd’hui réussi à avoir raison du « nom » et continue, encore aujourd’hui, de s’y heurter.

 

Le militant du PCF qui aura résisté aux multiples campagnes de « mutation », « transformation », « recomposition » de son parti jusqu’à aujourd’hui se reconnaîtra sans mal dans les méthodes et dans les termes du débat italien de 1989/1990. L’offensive de l’idéologie dominante s’effectue par les mêmes voies, avec une grande cohérence. « Théorie des droits plutôt que lutte des classes, horizon démocratique plutôt que finalité socialiste, Révolution française plutôt que Révolution russe », voilà comment un journaliste résume brutalement la pensée d’Occhetto.

Hue, tout comme Occhetto, veut marquer une rupture avec la tradition communiste. Comme lui, il recourt à une « communication » tapageuse, qui se veut moderne. Avec la même insistance, Hue et ses successeurs se lancent dans l’auto-flagellation, le dénigrement et même la criminalisation de l’histoire du mouvement communiste.

On retrouve les mêmes réflexions sur le « dépassement » de la « forme parti », au regard de nouvelles exigences « démocratiques ». Elles justifient la déstructuration du Parti de classe et de masse dans les années 90 en France comme en Italie. L’abandon du centralisme démocratique (PCF – 1994) a fait sauter un verrou, comme au PCI, aux transformations. Les directions enchaînent les coups de force, jouant à la fois du légitimisme des adhérents, de leur mainmise sur l’appareil et de la dégradation du débat démocratique dans le parti, notamment dans la préparation des congrès. La suppression des cellules au congrès de Martigues en 2000, doublée de la participation au gouvernement social-libéral, entraîne une hémorragie des effectifs et accélère la déstructuration à la base. Le recul démocratique réel est aussi à placer sur ce plan. 

On retrouve presque mot à mot les développements sur la fin de la centralité de la lutte des classes - avec le développement des technologies et des communications - mise au même niveau que les questions de société. La protection de l’environnement, le féminisme sont instrumentalisées, de façon également pesante, pour accompagner la fin du PCI comme ensuite les transformations du PCF. Dans le même temps, les cadres ouvriers disparaissent des organigrammes du PCF. Au congrès de Martigues, la priorité est ouvertement donnée à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. La participation à un gouvernement de gestion loyale des affaires du capitalisme est ainsi validée théoriquement ainsi que l’institutionnalisation du Parti, qui devient un « parti comme les autres ».

Parallélisme total aussi des discours sur « l’ouverture » du Parti. Occhetto s’adresse à la « gauche des clubs », à la « société civile », aux non-communistes pour constituer son nouveau parti, de la même façon qu’en France sont justifiées la constitution de la liste « Bouge l’Europe » aux élections européennes de 1999 (50% de non-communistes), puis les Collectifs antilibéraux (2006) ou maintenant le Front de gauche. En fait d’ouverture, c’est le renoncement à l’engagement politique des classes laborieuses et la porte ouverte à la « petite gauche » où prédominent petite bourgeoisie et réformisme.

 

Ces similitudes sont d’autant plus importantes à souligner en France aujourd’hui que l’on voit maintenant le point d’arrivée des héritiers de la majorité du PCI.

Les directions du PCF ont « réussi » à profondément changer la « chose », à la dénaturer mais ils ne cessent de buter sur le « nom ». Leur stratégie, constante depuis 1994, est une suite ininterrompue d’échecs dont un recul électoral sans précédent. L’inadéquation entre le « nom » et la « chose » en est une explication. Même au bout de 20 ans, on n’attend pas du PCF qu’il s’aligne sur la social-démocratie ou sur l’UE du capital. Un parti qui a tant de mal à défendre (à réécrire) son histoire se tire des balles dans le pied alors que l’anticommunisme sévit plus que jamais. La persistance du fait PCF vaut parmi ses adhérents mais aussi ses partenaires et ses adversaires. Un parti communiste qui n’est plus communiste est condamné.

 

Les directions du PCF ont essayé de changer le nom du parti à deux reprises. Avant le congrès de rupture de Martigues, l’idée de lancer le « nouveau parti communiste » a été lancée mais n’a pas pris et a été rapidement abandonnée. En 2007, après la débâcle de l’élection présidentielle (1,9%), Marie-George Buffet remet en cause l’existence même du PCF dans son rapport au conseil national lançant les hypothèses suivantes : « celle de décider la création d’un nouveau parti, de le dépasser pour en fonder un avec d’autres à l’exemple de Die Linke, d’affirmer l’existence du PCF comme préalable à tout débat sur cette question, ou bien de réfléchir à partir du potentiel du Parti communiste, à ce que pourrait être une force communiste aujourd’hui… ».  Les dirigeants enchaînent pendant quelques mois les déclarations sur l’épuisement de la raison d’être du PCF. Mais une vague de fond dans ce qui restent des effectifs du parti (levée notamment par l’appel « Pas d’avenir sans PCF » dont nous étions à l’origine) a mis en échec cette opération. La direction a dû s’y résoudre en s’efforçant de réduire la réaction des communistes à un « attachement » sentimental au parti.

 

Puisqu’on n’arrive toujours pas à changer le « nom », restent deux solutions : l’effacer peu à peu et en changer le sens.

Dans la suite de « Bouge l’Europe », les initiatives de la direction du PCF d’intégrer le parti dans des « Collectifs antilibéraux », en 2006, avec cette « petite gauche » et la « société civile », maintenant dans un « Front de gauche » vont dans le sens de la dilution du Parti. Il pourrait être peu à peu supplanté par cette nouvelle organisation « chapeau », comme, au niveau européen, dans le Parti de la gauche européenne. Les prochains mois avant l’élection présidentielle de 2012, où le PCF s’aligne derrière le social-démocrate Jean-Luc Mélenchon seront décisifs pour le succès ou l’échec de cette nouvelle tentative. Les correspondances avec les débats italiens de 1989 sont à nouveau nombreuses, mais autant avec les réflexions de partisans que d’adversaires du tournant historique. Voilà qui fait sans doute comprendre pourquoi les autres organisations issues du PCI, celles qui ont conservé le nom communiste, en premier lieu le Parti de la Refondation Communiste (PRC), ont suivi depuis lors un parcours très parallèle à celui du PCF.

 

Il est frappant que la plupart des dirigeants et intellectuels qui se sont opposés au changement de nom se placent quand même dans une forme de consensus pour une révision de « l’identité communiste », pour une « refondation » du PCI. La motion d’opposition au congrès final s’intitule : « Pour une vraie rénovation du PCI et de la gauche ». Le PRC, « refondateur », est constitué d’emblée, en rupture avec la continuation du PCI, avec des éléments anciennement socialistes ou trotskystes. Au contraire, c’est le PDS qui prend garde de se placer dans la continuation du PCI en conservant, momentanément, le vieux sigle avec la faucille et le marteau sous le nouveau, un chêne… Comme au sein du PCF, les débats de 1989/90 se reproduisent en boucle sur les mêmes questions jusqu’à aujourd’hui dans le PRC ou dans le Parti des communistes italiens (PdCI - issu d’une scission du PRC). Une sorte de processus infini de scissions, divisions, auto-liquidation semble engagée.  

 

Dans ces processus, la question de l’identité communiste n’est jamais tranchée. La tentation est forte de tordre le sens du « nom », de le dévaluer, en Italie comme en France. De façon récurrente depuis les années 80, on retrouve, aussi à la fin du PCI, cette citation de Marx de L’Idéologie allemande, mise en avant et décontextualisée par Lucien Séve, qui permet de valider toutes les révisions : « nous appelons communisme le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ». La « visée communiste » propagée dans le PCF au tournant des années 2000 fait écho à « l’horizon communiste » discuté dix ans plus tôt en Italie. Certains en sont au « post-capitalisme » quand ce n’est pas à « l’altercapitalisme » (le dirigeant du PCF Parny en octobre 2009). Elle permet d’éliminer la notion d’étapes, de ruptures, le socialisme et tout bonnement la perspective révolutionnaire. En juin 2008, Marie-George Buffet affirmait à propos du Congrès de Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. » À quoi fait écho l’actuel secrétaire national du PCF, président du PGE, Pierre Laurent. Sur France Inter, en juin 2011, il ne se formalise pas d’être taxé par un journaliste de « social-démocrate de gauche » et affirme que ce qui « distingue » le PCF, c’est : «  une détermination, quand même farouche, qui reste notre identité, ou ce pourquoi nous existons, à penser qu’il va falloir passer à autre chose que le système capitaliste. [Autre chose de quel genre ?] Il faut que la solidarité devienne le système d’organisation de la société, à la place de la concurrence… ». La « solidarité comme projet de société » : C’est court comme identité communiste !  

 

L’enseignement de l’expérience italienne de 1990 est peut-être qu’il faut aux communistes qui veulent le rester défendre à la fois et « nom » et la « chose », toute la « chose », assumer l’histoire du mouvement communiste international, se ressourcer dans les fondamentaux marxistes et léninistes, faire vivre et renforcer les organisations de nos partis suivant leur raison d’être dans la lutte des classes. Des partis communistes, en Grèce, au Portugal, en Afrique du Sud… ont fait ce choix. En Italie, des communistes développent une base dans ce sens pour « reconstruire le Parti communiste ». En France, nous sommes des dizaines de milliers à défendre le PCF. Il y a 20 ans, l’actualité dominante était la « chute du communisme ». Aujourd’hui, c’est la « crise du capitalisme ».

 

Emmanuel Dang Tran, membre du Conseil national du PCF

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3 octobre 2009 6 03 /10 /octobre /2009 00:24

Texte envoyé aux membres de la Commission de Transformation de PCF par José Hernandez.

 

Lors des deux réunions de la commission de transformation auxquelles j'ai assisté, Patrice Bessac nous a annoncé l'ouverture d'un site "Wiki" et notre travail dicté par "une feuille de route" devait être sur ce site avant le 15 août.

En juillet, ne voyant pas arriver l'adresse du fameux " Wiki", j'ai téléphoné à Patrice pour la lui demander. Il ma répondu très sérieusement qu'il y avait un problème technique pour sa création. Une telle réponse, c'est prendre les camarades de la commission pour des idiots ou des malades mentaux.

A ce jour, ce n'est à ma connaissance qu'une dizaine de camarades qui ont rendu leurs "devoirs de vacances".

Patrice Bessac, assisté de Pierre Laurent, nous a indiqué qu'il devait y avoir un travail interactif entre les membres de la commission sous forme d’échanges, de compléments d'analyses etc. A la vue de ces éléments, la mise en place de cette commission est une vaste rigolade et ne sert uniquement qu'à amuser la galerie.

Comment transformer, sans faire une analyse sérieuse de ce qui va bien ou mal dans le PCF ?

Une chose est certaine : la direction du PCF sous la Présidence de Robert Hue a cassé les structures de notre Parti (cellules de quartier, cellules et sections d’entreprises). L'abandon du centralisme démocratique a ouvert la porte à des sociaux démocrates qui ont créé des courants à l'intérieur du Parti, ce qui a entraîné la situation que nous connaissons aujourd’hui. Des preuves ! Lors de notre dernier congrès, des camarades se sont présentés sur des listes alternatives pour être élus au CN sans passer par les fédérations (et pas des moindres !). Pour notre fédération trois camarades étaient sur la liste de Marie-Pierre Vieux sans avoir été élus par la conférence fédérale.

Lors de la première réunion de la commission j'avais indiqué qu'il fallait ouvrir dans le Parti un grand débat sur l'avenir du PCF avec tous les communistes et pas seulement quelques camarades tenant des postes à responsabilité. Il est nécessaire que la transformation de notre parti passe par une consultation nationale. C'est ce que j'ai essayé de faire dans ma fédération. J'ai demandé à tous les adhérents de s'exprimer sur la transformation du Parti et à ce jour un seul communiste a donné un avis sur les statuts du Parti.

Peut-être que les communistes ne voient pas la nécessité de transformer un parti communiste en un parti fourre tout. Dans la situation politique et sociale d'aujourd'hui, les travailleurs, les salariés, les techniciens et cadres, les PME, ont besoin d'un parti communiste qui s'organise dans les quartiers, les entreprises, les commerces, les services publics, pour combattre pied à pied le capitalisme dévastateur.

A propos des rassemblements, des alliances avec les sociaux démocrates (PS-PG, alternatifs, verts et tous les autres), je citerai un passage de Karl Marx dans son manifeste : "en guise de drapeaux, ces messieurs agitaient la besace du prolétaire afin de rassembler le peuple derrière eux; mais, dès que le peuple les suivait, il apercevait les vieux blasons féodaux dont s'ornait leur derrière, il se dispersait avec de grands éclats de rire irrévérencieux».

Redevenons le Parti de la classe des exploités, redevenons le parti des opprimés et des exclus.

Redevenons un vrai Parti Communiste Français.

Redevenons un PCF qui ose  faire des propositions pour construire une nouvelle société".

Jo Hernandez

Fédération du PCF Tarn, membre de la direction fédérale, Secrétaire de la Section de l’Albigeois.

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 21:35

Le rôle et l'importance des cellules d'entreprise dans l'organisation du parti, article théorique du PCP

 

Le lien du parti aux masses. Dans les entreprises et les lieux de travail.

 

De Manuel Gouveia, membre du Comité Central du Parti Communiste Portugais

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

Comme tout élément inséré dans un processus historique, le lien du parti aux masses ne se décrète pas, ne se décide pas lors des congrès, et n'est pas quelque chose d'acquis, de garanti où nous le construisons, d'inatteignable où il n'existe pas aujourd'hui. Il dépend de la justesse de nos orientations, dans la mesure où celles-ci guident notre action, de nos priorités, de notre ligne politique. Et d'une pratique révolutionnaire qui concrétise ces orientations.

 

Car, dans le travail du Parti, nous ne pouvons pas dissocier les orientations de leur concrétisation. Il ne sert à rien d'avoir des positions correctes si après leur élaboration collective, on oublie leur mise en œuvre collective. Le Parti s’est toujours fixé le lien aux travailleurs dans les entreprises et les lieux de travail comme la priorité des priorités. Mais il n'a pas toujours eu la capacité de mettre en œuvre cette orientation.

 

Le militant communiste

 

Le parti se construit avec des militants, des hommes et des femmes qui intègrent leur action individuelle dans le collectif du parti. C'est dans le militant communiste que réside l'essentiel du lien du parti aux masses. Par ce qu'il apporte au Parti de son lieu de travail, de son entreprise, de son secteur, de sa classe. Par ce que le Parti lui apporte à son tour.

 

Augmenter le nombre d'adhérents du PCP dans les entreprises et les lieux de travail est une condition nécessaire (bien qu'insuffisante) du renforcement du lien du parti aux travailleurs. Dans les entreprises dans lesquelles le Parti est déjà organisé, le recrutement doit être lui-aussi organisé: en élaborant des listes des travailleurs à contacter, en définissant la meilleure manière de les aborder chacun, tout en faisant un contrôle régulier de l'exécution des tâches. Dans les autres entreprises, il faut être capable de définir des priorités, de canaliser les forces dans l'action militante, d'élaborer des plans de travail et de contrôler l'exécution des tâches. Sans oublier que, dans la définition des priorités, il faut certes prendre en compte les facteurs objectifs (nombre de travailleurs, importance stratégique), mais les facteurs subjectifs ne peuvent pas être sous-estimés (par exemple, les conséquences de la situation sociale concrète de l'entreprise). Et enfin il faut orienter les nouvelles adhésions de travailleurs vers les cellules d'entreprise pour organiser le travail dans les entreprises.

 

Trop de fois nous pensons avoir terminé ici le processus de recrutement des nouveaux militants. Et c'est bien de militants que nous parlons. Il faut donc transformer chaque nouvel adhérent du PCP en un nouveau militant communiste, par son intégration dans un collectif, sa formation et sa responsabilisation.

 

La cellule d'entreprise.

 

La construction de cellules dans les entreprises (*) est un pas décisif pour le renforcement des liens qu'entretient le Parti avec les travailleurs. L'analyse de la situation concrète, les grandes lignes de l'action militante, le lien entre l'action dans chaque entreprise et l'action générale des travailleurs portugais doit être fait au niveau de la cellule. Ce n'est pas tant ici le nom de la chose qui est déterminante, mais plutôt la chose en soi. Au Parti, il ne suffit pas qu'il existe une cellule d'entreprise. Il faut qu'elle vive comme une cellule d'entreprise.

Des exemples récents illustrent comment on certaines cellules d'entreprises peuvent se réduire à une coquille vide.

Le rôle de direction de l'action militante des communistes à l'entreprise se trouve par exemple transféré au syndicat, notamment parce que l'on ne remplace pas à temps les travailleurs partant à la retraite par des travailleurs actifs.

Autre exemple : quand nous laissons l’activité des cellules se réduire à la simple exécution des orientations (au sens large, c'est-à-dire impression, propagande suivant des lignes de travail, des priorités, etc.) produites à des niveaux supérieurs, aussi importante et décisive soit cette partie du rôle de la cellule – et elle l'est!

Non moins grave est le cas où une cellule d'entreprise se détache de la lutte générale des travailleurs portugais et des tâches que le Parti lui attribue dans cette lutte, et se dédie exclusivement à son entreprise comme si elle était sur une île.

 

Une cellule doit lier le Parti aux masses et les masses au Parti.

 

Organiser et diriger le mouvement ouvrier.

 

L'action des militants communistes dans les ORT [organisations représentatives des travailleurs – ce terme renvoie tant au syndicat qu'au Comité de Travailleurs – cf plus bas] tient une importance capitale dans le lien qu'entretient le parti avec les masses, par la contribution décisive qu'ils apportent au fonctionnement des ORT, en impulsant une action conséquente, en combattant l'opportunisme, en les dynamisant et en renforçant leur prestige vis-à-vis des travailleurs, mais aussi par l'exemple qu'incarnent les militants communistes engagés dans les ORT, par le courage et la détermination dont ils font preuve, par l'esprit de résolution et les capacités d'organisation qu'ils démontrent.

 

La bourgeoisie et ses représentants dans le mouvement ouvrier, cherchent à enlever des mains des travailleurs, en l'institutionnalisant, l'action des ORT.

 

Dans le travail unitaire, pour que les liens avec les masses soient renforcés de manière permanente, il faut une pratique qui soit proche des lieux de travail, qui partent des problèmes concrets, qui élargisse la conscience de classe et politique, encourage la participation dans la lutte des travailleurs, et renforce dans ce processus les organisations de classe.

 

Le renforcement de l'organisation syndicale, particulièrement des réseaux de délégués et la syndicalisation, la création et le fonctionnement des CT [Comité de travailleurs – équivalent approximatif des comités d'Entreprise en France] et des sous-CT et le fonctionnement effectif des Commissions d'Hygiène et de Sécurité, sont des tâches centrales pour une cellule d'entreprise.

 

La propagande autonome des cellules d'entreprise.

 

Le parti arrive à surmonter une partie de la répression dont il est la cible, de la part des classes dominantes, par sa capacité à s'adresser directement aux masses. Mais il le fait toujours dans une atmosphère qui est polluée par les gigantesques moyens de propagande de l'idéologie dominante. Insérée dans une entreprise au cœur du conflit de classe, la propagande autonome des cellules d'entreprise prend une efficacité encore plus grande. En partant des problèmes concrets et de son engagement dans la lutte de classes, en proposant une perspective et en incluant dans cette perspective les objectifs et les formes de la lutte, la propagande des cellules d'entreprise joue un rôle inestimable dans le lien qu'entretient le parti avec les masses.

 

Là s’est manifestée une grave défaillance du Parti. Dans trop de situations, on a abouti à sous-estimer complètement ces tâches ou même à s'en écarter, en reportant les responsabilités du Parti vers la propagande et l'agitation du mouvement unitaire (à l'exception, et encore de manière trop sporadique, des périodes électorales). Au niveau de l'organisation régionale de Lisbonne, le contrôle de l'exécution régulière des tâches au niveau de l'exécutif de district a permis de sensibles améliorations dans ce domaine, bien que ce soit encore bien loin de ce qui est nécessaire et possible. Une expression concrète est le fait qu'il a déjà été édité une propagande spécifique en direction des travailleurs dans près de 60 entreprises de la région.

 

Le travail institutionnel et les entreprises.

 

La relation directe du travail institutionnel du parti avec la vie de l'entreprise, par le biais de l'action organisée du Parti dans celles-ci, résulte du travail de masse accompli. Ce lien donne du sens à l'existence d'élus communistes dans les institutions bourgeoises, contribue à l'élévation de la conscience politique des travailleurs et élargit les conditions de la lutte...

 

Comme dans tous les autres aspects du travail de masse, la force du Parti réside dans sa capacité à partir des masses pour aller jusqu'aux institutions et des institutions pour aller jusqu'aux masses sans jamais donner aux institutions le rôle de transformation sociale que seules les masses possèdent. L'importance d'une motion dans une assemblée locale, d'une question au Gouvernement ou d'une proposition de loi ne se mesure pas à la complexité technique nécessaire à son élaboration, mais plutôt à son impact auprès des masses.

 

Ce lien dépend fortement de la disponibilité, de la capacité et de la fermeté des groupes d'élus communistes dans les institutions. Mais de nombreuses expériences de travail impliquant les cellules du Parti dans l'Organisation régionale de Lisbonne, en lien avec le groupe des députés communistes à l'Assemblée de la République, montrent que cela dépend essentiellement des cellules d'entreprise, de leur capacité d'initiative et de direction.

 

« Avante! »

 

La vente organisée d'Avante! représente une étape supérieure dans lien qui unit le parti aux travailleurs au sein d'une entreprise. Par ce que cela signifie sur le plan de l'organisation, par son importance dans la formation et l'information des militants, par le fait que le noyau de lecteurs d'Avante! irradie ensuite toute l'entreprise.

 

Aujourd'hui, dans trop d'entreprises et de lieux de travail, nous n'arrivons pas à surmonter les difficultés objectives qui permettent de parvenir à cette étape supérieure du lien du parti avec aux masses. La diffusion d'Avante! ne doit pas se faire sur une base irrégulière. Il faut organiser sa distribution, sa diffusion et sa vente. Toutes les semaines. La tâche du diffuseur d'Avante!, qui ne peut être accomplie seulement par les militants les plus disciplinés du Parti, doit correspondre, dans la répartition des forces, au rôle prioritaire qu'elle représente.

 

Conclusion:

 

Le lien du Parti aux masses est le résultat d'une action militante patiente et collective, de courageuses et fermes direction et définition des priorités. Ce lien rend le Parti indestructible de l'extérieur. Mais ce n'est pas seulement notre propre survie qui nous pousse à l'action. C'est que nous savons – et nous ne pouvons pas l'oublier – que ce sont les masses qui seront les acteurs de leur propre libération.

Avec le mouvement ouvrier et le Parti à l'avant-garde.

(*) Je parle toujours de cellule d'entreprise par économie bien que la réalité offre plus de diversité, résultat des conditions objectives que nous rencontrons dans le développement de l'action du parti. Grosso modo, la cellule sera à l'entreprise à chaque fois que cela est possible, mais correspondra à un secteur ou une zone géographique chaque fois que cela sera nécessaire.

Numéro 301 de Juillet/Aout de O Militante, revue théorique du Parti Communiste Portugais: http://omilitante.pcp.pt/

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 00:39


Intervention de José Hernandez secrétaire de la section d’Albi, membre de la commission nationale de transformation du Parti, à la première réunion qui s’est tenue le dimanche 14 juin au siège du CN place du Colonel Fabien (25 présents sur 90 - présidée par Patrice Bessac responsable de la commission de transformation, assisté de Pierre Laurent membre de l’exécutif du PCF).


Sur la question des transformations du Parti.

Il faut s’entendre sur le but que l’on souhaite assigner à ces « transformations ».

Notre fédération présente la caractéristique lors de notre dernier congrès d’avoir voté à 70% pour un PCF autonome, sur des bases de classe et offensif. Nous partageons avec la très grande majorité des communistes l’idée qu’il faut défendre l’existence du PCF. Nous pensons que, dans les conditions présentes, « faire vivre et renforcer le PCF » est plus que jamais une exigence de notre temps, une condition indispensable et essentielle pour créer les conditions d’un changement de société dans notre pays et d’une rupture avec le capitalisme. Depuis de nombreuses années, le PCF ne se positionne plus vraiment sur de nombreuses questions ; au mieux, il se contente de soutenir les luttes. Il donne la primauté à la question des alliances et réfléchit avant tout en termes électoraux. Non que l’on doive négliger ou minorer l’importance de ces questions, mais l’activité du PCF, son intervention ne doit pas avoir pour seul objectif un positionnement en vue d’échéances électorales à venir. Les stratégies électorales depuis les plusieurs décennies sont toujours les mêmes : union de sommet. Les deux dernières expériences les plus cuisantes pour notre parti étant la période de la « gauche plurielle » et celle des « collectifs antilibéraux ».

La dernière avec le PG a été scellée le 24 octobre 2008 en dehors de toute discussion avec les communistes. Nous avons refait l’union de la gauche (en petit) comme à l’époque du programme commun, sans tenir compte des enseignements de cette période. Or notre recul a commencé à ce moment-là.

Lors des élections européennes, si le « Front de Gauche » a obtenu des résultats honorables, notamment dans notre circonscription ou dans notre département, l’essentiel de ces résultats a été obtenu grâce à la mobilisation militante des communistes. Néanmoins, c’est la personnalité de Jean-Luc Mélenchon qui est apparue largement sur le devant de la scène, au détriment des dirigeants de notre parti. La question que l’on peut se poser, c’est, si l’on en reste à ce type de démarche, à ce type d’intervention pour notre parti, crée-t-on les conditions d’une remontée d’influence pour le PCF, claire, lisible et reconnue comme telle ? Poser la question, c’est y répondre. Et le progrès de l’influence du PCF, c’est évidemment une question décisive pour parvenir un jour à changer la société.

Alors que jamais le capitalisme n’a été autant contesté et critiqué dans notre pays, nous ne menons pas la bataille idéologique au niveau suffisant sur les questions de la rupture avec le capitalisme, sur l’objectif d’un socialisme du XXIe siècle (il fut d’ailleurs un temps – celui de la « mutation » - où même le terme de socialisme était proscrit dans nos rangs …).

Nous pensons donc que notre parti doit procéder à un certain nombre de ruptures, non pas avec son héritage et les traditions révolutionnaires de notre peuple, mais bien avec des pratiques d’union au sommet qui ont fait perdre de la lisibilité, de la cohérence au PCF et qui ont fait que nombre d’électeurs issus des couches populaires et du monde du travail se sont détournés du parti. Au fond il s’agit de ruptures pour un retour assumé aux sources.

Par exemple, notre parti, au plan national, devrait s’efforcer d’organiser des actions pour défendre la paix, l’environnement, le monde du travail dans son ensemble et particulièrement les ouvriers et les employés –et naturellement les privés d’emplois. Avec nos économistes, le parti doit rechercher des mots d’ordre rassembleurs permettant aux communistes d’aller à la rencontre des salariés avec des propositions compréhensibles.

Que proposons-nous aux salariés, notamment aux salariés des petites entreprises ?

Que proposons-nous aux jeunes, notamment aux étudiants qui se sont battus pendant 4 mois ? Rien de clair.

Que disons-nous de simple, de clair sur les destructions des cultures dans les pays pauvres pour planter des palmiers afin que les occidentaux mangent des biscuits à l’huile de palme, Qu’avons-nous dit à ce sujet de simple, de fort ?

Quant à la paix, malgré quelques déclarations pour la forme, nous avons en réalité abandonné ce combat, alors que nous pourrions redevenir le « parti de la paix ». Toutes les expériences d’actions, notamment locales, - ainsi dans notre département – où nous mobilisons en faveur de la paix, contre le surarmement, l’OTAN, contre l’intervention française en Afghanistan … sont des succès et où nous rassemblons très largement, y compris des gaullistes et des citoyens attachés à la paix et à l’indépendance de notre pays.

La lutte pour la paix et pour la solidarité internationale, ce sont des valeurs essentielles qu’a portées notre parti, parfois à contre courant des idées dominantes, depuis le congrès de Tours. Je pense bien sûr aux luttes anticoloniales, dès les années 20. L’engagement aux côtés des peuples opprimés, contre le racisme, doit là encore être plus fort et doit être l’objet de batailles politiques. On ne peut en rester aux déclarations d’intentions et aux grands principes. Porter ces valeurs et les défendre en toutes circonstances, c’est ce qui a fait la force de notre parti, notamment dans la jeunesse, depuis des décennies jusqu’aux années 90.

Ces idées ont fait du chemin dans notre société, bien au-delà de nos rangs, elles sont aujourd’hui souvent largement majoritaires, elles peuvent susciter l’adhésion, l’engagement dans la jeunesse.

Tout cela pourrait permettre de mobiliser largement la jeunesse et notre peuple, de redonner du souffle aux militants communistes, à notre parti.

C’est ainsi qu’on peut rassembler largement, en agissant concrètement pour de grandes causes humanistes. Le Parti au plan national privilégie les combinaisons électorales et les alliances en vue d’échéances électorales. Pas étonnant que les gens rejettent les partis traditionnels et votent écolo en pensant que la question de l’environnement n’est pas politique.

C’est en osant se positionner clairement sur tous les sujets que nous serons rassembleurs, visibles et surtout utiles.

Ce serait une profonde transformation si on en finissait avec l’obsession des unions avec des partis politiques et celle des enjeux institutionnels.

En renonçant à se positionner sur les grandes questions de notre temps, en renonçant à se battre, la direction nationale agit de fait pour la disparition du PCF et beaucoup de militants se sentent abandonnés et ont perdu espoir. Bien souvent, ils ne reconnaissent plus leur parti et y restent par attachement sentimental.

Ils ont adhéré à un parti révolutionnaire qui osait affronter les puissants. Aujourd’hui est-ce encore le cas ? Combien de fois ne nous a-t-on pas dit, sur un marché, devant des entreprises, regretter le temps où le PCF parlait fort et clair, y compris dans les médias (on pense immanquablement à la pugnacité et à la combativité de Georges Marchais) ? Aujourd’hui, nos dirigeants souvent nous donnent l’impression de se contenter de la portion congrue qui leur est octroyée et donnent l’impression de manquer de combativité. La dernière campagne de communication pour le Parti, à nouveau commandée à une boite de com tape complètement à côté (parodie de jeux à gratter), elle désole ou déroute les communistes et ne correspond pas au discours qu’attendent les gens qui ont besoin du PCF. L’obsession de certains dirigeants à changer à tout prix l’image du PCF – cette dernière campagne de com vise à cet objectif – se révèle désastreuse : une communication illisible (ou bien trop subtile pour être percutante) rate toujours la cible et ne touche pas la population, alors que nous avons tant de choses à leur dire !

Nos sections, dans la plupart des cas, ont continué à faire ce qu’elles pouvaient et ont eu le courage de se positionner sur les questions d’actualité et les luttes locales (défense des salariés, défense des hôpitaux, du service public de l’eau, pour les services publics en général, action contre les prisons pour mineurs, etc.). Malgré cela, le PCF a eu du mal à se maintenir et à progresser car lors des élections nationales (présidentielles, législatives, voire européennes) les gens se réfèrent aux positions nationales surtout dans les régions et les départements où nous n’avons pas de parlementaires. L’aggravation tragique de la crise, le très haut niveau d’abstention à ces élections européennes dans les catégories populaires, chez les ouvriers (69%), les employés (66%), les jeunes, le monde du travail en général, doivent retenir toute notre attention et nous interpeller. Ce sont ces questions là qu’il nous faut absolument avoir à l’esprit pour tenter de redevenir le parti du monde du travail et de la création.

Le PCF doit redevenir pleinement autonome dans son intervention, retrouver un discours clair : un parti révolutionnaire sur des positions de classe. Il doit faire bien plus appel à l’intelligence politique, à la créativité des communistes et faire vivre en toutes circonstances leur souveraineté.

Le parti doit agir en tant que tel et ne pas se dissoudre dans une nébuleuse, où il serait en réalité progressivement totalement subordonné à d’autres et perdrait son autonomie d’action et d’initiatives.

 

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30 novembre 2008 7 30 /11 /novembre /2008 17:14

Compte-rendu de la conférence départementale du Rhône


dimanche 30 novembre 2008

 

La conférence de section confirme les leçons du vote de la base commune. C’est d’abord l’affaiblissement qui est perceptible. Elle a été convoquée sur une base de 150 délégués, 70 de moins qu’au 33eme congrès, pour des raisons logistiques de salle selon la direction fédérale. Mais de fait, la conférence n’a pas atteint 100 participants le vendredi et le samedi, 116 pour le dimanche matin et les votes du texte et des directions, alors qu’elle avait atteint 150 délégués 3 ans avant. Pourtant, les sections de Vénissieux et Saint-fons ont fourni les délégués demandés, et aurait pu mobiliser autant de délégués que la dernière fois. Il y a donc un affaiblissement là ou le parti est peu organisé. Il y a bien urgence à sortir de cette longue période d’atermoiement et d’affirmer le besoin de parti communiste. Le rapport assumait de ne rien dire du bilan d’activité départemental, et annonçait l’attitude générale de la direction refusant tout amendement tirant les leçons du passé recent.

La première soirée a été consacrée à la crise à partir de témoignages demandés à certains camarades. On peut noter que si la discussion a été intéressante, c’est une curieuse organisation de début de congrès ou la liste d’intervention est préparée par la direction sortante ! Jean Chambon apportait de nombreux exemples de mesures patronales contre le salaire et l’emploi, chômages techniques, renvoi des intérimaires, licenciements, et montrait qu’elles n’étaient pas contraintes par le marché mais la traduction d’une stratégie de guerre contre l’emploi et les salaires, profitant de la crise financière pour faire passer un nouveau cap à la transformation conservatrice, anticipant de fait une crise économique et sociale profonde, marquée par une nouvelle et forte baisse des salaires, adaptant l’organisation du travail aux exigences d’un taux d’exploitation toujours à la hausse.
 Serge Truscello montrait que le patronat de l’automobile remettait en cause l’organisation du travail depuis des années et les avait accéléré dès juillet 2008 pour augmenter les marges et les dividendes, avant de prétexter la crise. Il dénonçait l’arrogance de ce patronat qui accumule les profits et se tourne vers les états pour obtenir des subventions. Il notait le mélange de potentiel de refus et de risque d’acceptation chez les salariés, et s’interrogeait sur l’efficacité dans ce contexte de nos propositions. Face à l’arrogance patronale, la proposition d’un pole public bancaire, ou d’une sécurité-emploi-formation ne nous aident pas à faire grandir les résistances. Ne doit-on pas parler des conditions de création de richesse, de nationalisations ? Il annonce la décision de la section de Vénissieux d’une journée de lutte le 17 décembre pour permettre une interpellation forte du monde du travai avec nos nos idées, nos analyses.
 Raphael Thaller apportait ensuite un point de vue marxiste sur la crise, insistant sur la relation étroite entre rendements financiers et exploitation du travail, dénonçant le discours de Sarkozy faisant croire que le capitalisme financier serait extérieur à l’économie réelle, discours populiste tenant d’unir le peuple derrière le capital. Il soulignait que si les grands actionnaires exigeaient 15% de rentabilité, c’est que l’exploitation dans l’économie réelle le leur donnait. Rien d’autre que le travail ne produit du profit et les capitalistes le savent, qui utilisent tous les moyens, y compris répressifs pour « mettre au travail » à leurs conditions. La première des résistances se joue donc sur la défense des salaires, des conditions de travail.
 Marie-Christine Burricand faisait remarquer que si tout le monde partageait ces analyses de la crise, alors il faudrait le traduire dans des décisions politiques départementales, qui ne peuvent se limiter à des rencontres-débats. L’initiative de la section de Vénissieux le 17 Décembre pourrait devenir une décision départementale pour exprimer la colère devant les décisions de chômage des entreprises, la colère des pauvres devant les milliards débloqués pour les riches, pour dire « nous ne paierons pas pour votre crise », avec la perspective de rassemblements, de manifestations à l’initiative du parti communiste.
 L’intervention suivante de Nicole Gay, conseillère régionale, faisait entendre un tout autre point de vue, défendant l’augmentation des impôts décidée par la majorité de gauche à Lyon au nom d’un « budget de lutte » contre l’étranglement des collectivités locales décidées par le gouvernement de droite.

La direction fédérale avait décidé d’une organisation des débats centrés sur les amendements, malgré la demande au conseil départemental d’une organisation permettant l’expression la plus large des communistes. Le résultat était prévisible. Difficile pour un militant non aguerri a ce travail de congrès de prendre la parole en réagissant a un texte qu’il découvre en séance, qui plus est modifié par la discussion. Ce sont donc les militants habituels qui s’expriment sur la plupart des amendements. A quelques occasions, il a été possible d’avoir un débat plus général, sur l’analyse du monde, sur les nationalisations, sur les alliances et le bilan de la gauche plurielle... mais le compte n’y est pas, et la méthode est définitivement à bannir pour une organisation communiste qui ferait de ces congrès les moments principaux de construction de cet « intellectuel collectif » qui faisait la force du PCF « ancien ».

La discussion a cependant conduit à des modifications parfois importantes du texte contre l’avis de la commission des amendements, et a plusieurs reprises à des votes très serrés. Ainsi un nouveau paragraphe présenté par la section de Pierre-Bénite fait un bilan négatif de la gauche plurielle, des alliances de sommet écrivant notamment à propos de la gauche plurielle et des collectifs anti-libéraux « ces deux échecs doivent nous amener à rompre définitivement avec les stratégies d’alliance au sommet qui amoindrissent notre pleine autonomie de proposition d’expression et d’action et conduisent notre peuple, les communistes et les élus dans des impasses que nous payons très cher » De même, un amendement de la section universitaire sur le Modem était adopté malgré l’intervention de Michel Laurent tentant de défendre la possibilité de décisions locales. Plusieurs amendements réintroduisent le marxisme dans différentes parties du texte, notamment un long développement sur le capitalisme et la bataille pour le salaire. La direction manœuvrait le plus souvent en recul, acceptant des amendements refusé par la commission quand leur vote était à l’évidence acquis, mettant au vote des modifications réduisant la portée des amendements proposés. Ainsi, après moultes reformulations proposées, la conférence retenait quand même un amendement faisant écho à l’édification du socialisme en Amérique Latine, le mot « socialisme » faisant visiblement peur à certains. De même en fin de texte, le mot « cellule » que la direction devait finalement accepter, mais en cherchant des formulations plus floues que l’amendement proposé.

Au total, la partie 1 a été votée avec 54 voix contre 38 et 5 abstentions, la partie 2 par 57 voix contre 48 et 9 abstentions, la partie 3 par 66 voix contre 41 et 9 abstentions, et le texte global voté le dimanche matin avec le maximum de délégués par 64 vois contre 46 et 7 abstentions. La conférence a donc voté le texte amendé avec 50 à 55% des délégués seulement, montrant encore une fois que l’orientation proposée n’arrive pas à rassembler largement les communistes. C’est toutefois une situation plus ouverte qu’au 33ème congrès, ou presque aucune modification positive du texte n’avait été possible.

Les discussions sur la direction départementale et la délégation au congrès traduisait cette ouverture. Les candidatures proposées par les sections étaient toutes retenues, reconnaissant la place des sections de Vénissieux et de Saint-Fons, contrairement à 2006. Au final, les votes des textes alternatifs 2 et 3 étaient pris en compte dans la direction proposée. Certes, les sections de Lyon et Vaulx-en-Velin avaient filtré fortement leur délégation et leurs candidatures et les sections de Villeurbanne et Décines n’avaient pas de candidat. Marie-Christine Burricand résumait dans cette situation la décision du réseau communiste du Rhône. Contrairement au congrès précédent, l’opposition à l’orientation de la direction est prise en compte dans la direction proposée, et le texte de congrès affirme clairement l’objectif de continuer et renforcer le parti communiste. Comme le redira André Gerin, des oppositions, des divergences profondes, existent, mais la confrontation des idées a été enfin possible, les communistes peuvent agir ensemble avec plus de clarté sur leurs orientations. C’est d’ailleurs des sections de Lyon et d’Oullins que sont venues deux interventions de jeunes en clôture de la conférence, confirmant que la confrontation continuerait pour renforcer le PCF, la première exprimant notamment la colère des militants lyonnais devant la situation créé par le soutien à la candidature Modem aux 2eme tour des cantonales, la deuxième insistant sur le fait que le vote unanime pour l’élection de la direction n’exprimait aucune satisfaction sur le déroulement des débats ou l’orientation politique proposée.

La conférence pouvait chanter l’internationale avant de rendre hommage à Camille Valin, ancien sénateur, maire de Givors, qui n’hésitait pas à parler du capitalisme, du socialisme et du communisme...

 

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 12:07

La conférence de section qui se tenait le week-end dernier a approuvé à 100% les orientations et le rapport d'activité. La section s'était prononcée très majoritairement pour le texte alternatif "Faire vivre et renforcer le PCF".

 

Lire aussi l'article dans le Républicain Lorrain du 24 novembre.

 

Reconstruire nos organisations de base, reconstituer une implantation communiste pour mener les luttes : le témoignage de notre camarade Jean BAUS, secrétaire de la section de Jarny en Meurthe-et-Moselle.

 

Le nord de la Meurthe-et-Moselle et l’ouest de la Moselle sont des terres de forte implantation communiste : c’est un ancien bassin minier et sidérurgique, autour de Longwy, Briey, Homécourt, Audun-le-Tiche, Gandrange. Une bonne partie de l’activité militante se faisait sur le lieu de travail : je travaillais aux aciéries de Gandrange qui comptaient encore en 1980 près de 11.500 ouvriers, et à l’époque chaque atelier avait sa cellule du Parti ! Mais la Lorraine a été frappée de plein fouet par la crise des années 1980 et les délocalisations : « charbon et acier trop chers à produire, comme on disait à Bruxelles ou à Paris, il faut bien s’adapter ». Les mines ont fermé les unes après les autres en Lorraine et SACILOR, nationalisée à cette époque, les socialistes sous la houlette de Mitterrand, se sont mis à licencier par milliers les travailleurs de Sacilor. Le Parti s’est retrouvé dans la tourmente : c’est toute sa base militante qui était touchée par les « restructurations ». Par-dessus le marché, c’était l’époque de notre première participation au gouvernement avec les socialistes : fallait-il rester en coalition avec des gens qui nous licenciaient ? Beaucoup de camarades sont partis, beaucoup de sections se sont mises à vivoter. La « Mutation » engagée à partir de 1994 n’a rien fait pour arranger les choses : nouvelle fuite de militants à cause de la deuxième participation au gouvernement avec les socialistes dans la « gauche plurielle », beaucoup d’élus qui ont quitté le Parti … En 2001, nous perdons la mairie de Villerupt, en 2002 c’est la catastrophe des présidentielles et aux législatives qui suivent notre candidat ne réalise que 12,7 % à Jarny. Est-ce la fin du PCF, comme l’espèrent le MEDEF et tous les médias ?

 

Quand j’ai pris la tête de la section de Jarny en janvier 2005, nous partions de bas. Quelques chiffres et quelques exemples : il y avait à cette date 22 camarades encartés dans le Jarnisy, et la moyenne d’âge était très élevée. Certains d’entre eux étaient directement rattachés à la fédération, d’autres figuraient sur les listes mais ne payaient plus leurs cotisations depuis bien longtemps. Il n’y avait plus aucune activité politique, les tracts que le national ou la fédération nous envoyaient partaient par milliers directement à la poubelle, les finances étaient dans le rouge, nous avions l’huissier sur le dos, on nous avait coupé le téléphone et dans la trésorerie il y avait  2,32 euros. Bref, à Jarny, notre Parti était à l’agonie.

Nous nous sommes remis au travail avec détermination, pour redonner une visibilité au Parti dans le Jarnisy et lui rendre sa raison d’être : entraîner les travailleurs pour battre et dépasser le capitalisme. Nous sommes d’abord allés voir les camarades qui avaient quitté le Parti ou qui ne payaient plus leurs timbres : cela nous a permis de refaire un peu nos forces. Mais c’est le référendum sur la « constitution » européenne en 2005 qui nous a donné une première occasion de nous manifester, et nous a vraiment remis le pied à l’étrier : nous avons fait campagne contre l’Union Européenne des capitalistes et pour l’indépendance des peuples.

 

Ce qui fait aujourd’hui la force de notre implantation, c’est l’activité militante que nous avons réussi à déployer. Nous nous efforçons d’être présents sur tous les terrains de lutte de la région : un des derniers exemples en date, les aciéries de Gandrange, désormais propriété d’Arcélor-Mittal, où pendant quatre jours au mois de juin nous avons soutenu financièrement et par notre présence les travailleurs qui se battaient pour défendre leurs emplois.

Mais le combat communiste, c’est aussi aller à la rencontre de la population et confronter nos projets et ses attentes : dès 2005, nous avons beaucoup misé sur la propagande et sur l’action auprès des habitants du Jarnisy. En plus des tracts et des pétitions que nous faisons signer régulièrement, nous distribuons sur les marchés et dans les boîtes aux lettres notre journal de section, L’Avenir, qui a vu le jour en avril 2006 : nous en sommes aujourd’hui au numéro 19, et nous l’écoulons maintenant à 4000 exemplaires. Nous avons également créé un journal « Spécial Jeunes » que nous distribuons devant le lycée Jean Zay de Jarny à 600 exemplaires, deux à trois fois par an, en présence de camarades élus quand leur emploi du temps le leur permet. On peut être élu sans pour autant renier qu’on est aussi avant tout militant communiste ! Le bureau de section assure par ailleurs des permanences tous les vendredis à la Maison du Peuple de Jarny, qui nous permettent de coller aux plus près des attentes de la population : nous avons même réussi que le quotidien régional, Le Républicain lorrain, annonce chaque semaine les horaires des permanences dans ses pages locales ! 

           

Les campagnes présidentielles et législatives de 2007 ont été très difficiles pour nous : c’était la période de la « gauche populaire antilibérale », il ne fallait surtout plus prononcer le mot « communisme » ou se réclamer de celui-ci. Nous avons donc décidé de mener localement la campagne que la direction du Parti refusait de faire à l’échelle nationale : nous avons porté bien haut les couleurs du PCF ; en tant que militants communistes, nous avons utilisé ces élections comme une tribune pour porter notre combat de classe et si possible faire élire des camarades aux postes de responsabilité pour changer le quotidien des travailleurs.

Service minimum donc pour les présidentielles, vu que nous n’avions pas de candidat communiste à soutenir, et concentration de tous nos efforts sur les législatives. Nous avions comme candidat notre camarade Jacky Zanardo : on a su mobiliser tous les camarades de la section, ainsi que des élus communistes et non communistes autour de lui pendant plus de 6 mois. Jacky avait comme suppléante Monette Cascinelli, maire de Moutiers, un choix fort apprécié par tous les camarades. La section du Jarnisy était chargée d’assurer la campagne dans une cinquantaine de communes de la circonscription sur un périmètre de plus de 70 kilomètres. La majorité de ces localités n’avaient plus vu un militant communiste depuis plus de 18 ans !

 

Nos efforts ont payé, nous sommes redevenus crédibles. Depuis janvier 2005, nous avons réalisé 58 adhésions ou ré-adhésions. Surtout, le PCF redevient pour les habitants du Jarnisy un parti utile. Il suffit de regarder le résultat des derniers scrutins pour s’en convaincre ! Aux dernières législatives, notre camarade Jacky Zanardo a réalisé 35,7% à Jarny (à comparer aux 12,7 % de 2002) et sur le canton de Conflans 24.41% (en 2002 : 9.83%). Aux municipales de cette année, Jacky a conservé la mairie de Jarny dès le 1e tour, notre camarade Evelyne Didier a conservé au Parti la mairie de Conflans également dès le 1e tour, et nous réussissons même à gagner les mairies de Joudreville et Hatrize.

 

Etre communiste c’est se remettre en cause tous les jours pour faire avancer les idées révolutionnaires dont nous sommes porteurs.

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 11:47

POLITIQUE pcf du jarnisy

Jean Baus : «On veut la clarté»

 

En prélude à la conférence départementale du 6 décembre à Auboué, la section Jarnisy du Parti communiste s'est réunie samedi à Jarny. Détail des travaux de cette matinée avec son secrétaire, Jean Baus.

En quoi a consisté cette matinée de travail ?

«Cette conférence participe à la marche normale de notre section, en vue de la conférence départementale, le 6 décembre à Auboué, et du 34e congrès national, les 11, 12, 13 et 14 décembre à Paris. Nous avons réalisé le rapport d'activités de la section du Jarnisy du Parti communiste français, depuis février 2006, soit avant notre précédent congrès, en présence de Jacky Zanardo, Olivier Tritz, Evelyne Didier, Jean-Marc Léon et de multiples élus du secteur. Un deuxième temps a été consacré à notre orientation politique. C'est un point très important, car trois motions ont été présentées au niveau national : la motion du conseil national et deux autres, s'y opposant. Notre section a personnellement défendu l'une ces deux dernières. Les deux motions opposantes ont fait 40 %, contre 60 % pour le texte national. Mais cela ne représentait qu'un tiers des votants à l'échelle de la France. Nous allons maintenant essayer de faire amender cette motion nationale, soit à la conférence départementale, soit au congrès national.»


En quoi la motion que vous soutenez diffère-t-elle ?

«Nos divergences sont nombreuses : nous sommes pour la nationalisation de la sidérurgie et d'EDF-GDF ; pour un Smic à 1 500 € net. C'est le programme du Parti communiste qui est remis en cause au niveau national. Il existe quelques forces qui veulent en faire un parti d'alliance, comme le Linkspartei en Allemagne. Et ça, nous n'en voulons pas. Nous souhaitons la plus large ouverture à ceux qui veulent le changement et aux forces progressistes, au 2e tour. Mais, au 1er tour de toute élection, nous revendiquons notre autonomie.

Nous n'avons pas eu de candidat PC aux élections présidentielles. Marie-George Buffet s'est présentée sur les valeurs anti-libérales et il y a eu confusion. C'est vrai qu'au niveau national, ça a été un échec, mais parce que ce n'était pas clair. On veut la clarté.»

Et localement, comment se porte la section du PCF ?

«Je ne donnerai qu'un seul chiffre : depuis la dernière conférence en mars 2006, nous avons gagné 58 adhérents. Même si nous avons eu un décès et une mutation, nous avons ressenti une très forte progression et surtout un rajeunissement qui prouve l'activité de la section : beaucoup de jeunes d'une trentaine d'années nous ont rejoints. Notre force principale est la permanence que nous tenons tous les vendredis de 16 h à 18 h. Avant, elle ne durait qu'une heure, mais avec les personnes que nous recevons, cela ne suffisait plus. La majorité des nouvelles adhésions se sont faites là. Notre bureau se compose de dix personnes : j'en suis le secrétaire avec deux secrétaires adjoints, Pascal Galantini pour Jarny, et Jean-Marc Satambrogio pour Conflans. Elise Baus est trésorière. Quant au reste de la répartition des fonctions, elle est encore à déterminer lors d'une prochaine réunion. Avant, celles-ci se faisaient le vendredi, tous les quinze jours. Cela va probablement changer : nous avons désormais beaucoup de jeunes qui travaillent, alors qu'auparavant il s'agissait surtout de retraités. Nous allons donc devoir adapter le rythme.»

X. J.

Publié le 24/11/2008

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11 octobre 2008 6 11 /10 /octobre /2008 22:51

Le scandale du fichier Edvige fait réfléchir aussi au fichier des adhérents du PCF.

Dans le livre « Le Parti communiste français » écrit par le secrétaire national à l’orga du PCF en 1989, on peut lire l’extrait qui suit. Que l’individu dont vous lirez la signature ait suivi ensuite une étonnante dérive ne change rien à la pertinence du propos qu’il tenait en tant que dirigeant du Parti.

 

« Pas de fichier.

Autre idée répandue et tout aussi fausse : « une fois inscrit au parti, on est mis en fiche, étiqueté, surveillé ». Quelle stupidité !

La réalité est bien simple : il n’y a ni dossier, ni fichier au PCF. Dans d’autres partis, il en existe. Certains même en confient la gestion à des sociétés informatiques privées !

Nous refusons ces pratiques, cette apparente facilité, par principe, par respect de la liberté de chacun. De plus, mettre sur un fichier central informatisé les centaines de milliers de communistes, ce serait à coup sûr prendre le risque d’un « piratage », d’un détournement. Quel cadeau pour les Renseignements généraux, pour les hommes du patronat ! Enfin, si tout se faisait par terminaux et mémoires d’ordinateurs, si les adhérents réglaient leurs cotisations par prélèvement automatique à leur banque, ils finiraient par perdre tout contact entre eux.

Nous n’ignorons pas les progrès gigantesques des sciences et des techniques et nous savons les utiliser quand il le faut. Mais nous ne voulons pas gérer par circulaire un stock d’adhérents anonymes. Nous voulons faire vivre un parti, composé d’hommes te de femmes, qui ont chacun leur personnalité, leur expérience, leur savoir.

... »

 

Extrait de « Le Parti communiste français » par Jean-Claude Gayssot, éditions Messidor, 1989.

 

Ce texte fait réfléchir et va dans le sens de ce que beaucoup de camarades dénoncent. Le mode de « gestion des adhérents » adopté depuis le 30ème congrès par la direction du Parti déstructure l’organisation du parti.

La « carte pluriannuelle » reconductible tacitement est une invention aberrante. N’importe quelle association délivre une carte annuelle. La remise des cartes, les assemblées de remise de carte constituaient un élément essentiel de la vie des cellules, de la cohésion du parti, de l’intégration de chaque adhérent, le contraire d’une formalité pesante.

Même phénomène avec le choix de privilégier le paiement des cotisations par prélèvement. Le trésorier était l’un des trois membres de tout bureau de cellule parce que sa fonction était hautement politique.

Quant au fichier national informatique Cociel que la direction nationale essaie d’établir – on ne sait pas à quelle prestataire de service elle a fait appel – ils posent précisément les dangers soulevés en 1989.

Le secrétaire national à l’orga de 1989 dénonçait la caricature faite de notre parti par nos adversaires. Le Parti depuis la Mutation l’est devenu sous nombre d’aspects !

Revenons au parti révolutionnaire ! Le PCF ne peut pas être un parti institutionnel administré !

 

11 oct. 2008, la rédaction de vivelepcf

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:47

Communistes, aidons l’Humanité pour qu’elle redevienne pleinement le journal des communistes

Depuis quelques jours, la secrétaire nationale du PCF, la Présidente du Conseil national du PCF, avec Patrick le Hyaric, directeur du journal, s’adressent à nous dirigeants et militants communistes pour que nous aidions l’Huma confrontée à un problème financier exceptionnel.

La société avec laquelle avait été signée la vente du siège de Saint-Denis pour 15,5 millions d’euros, si nos souvenirs sont bons la « SARL immobilière Paris-Saint-Denis », se trouve en défaillance et ne peut payer. Dans l’attente de trouver un autre acheteur, l’Huma qui a déjà déménagé à un besoin urgent de l’équivalent d’un prêt relais.

Les camarades sont donc invités à consentir des dons exceptionnels ou des prêts remboursables dès la vente réalisée.

L’attachement des communistes à leur journal ne se démentira pas, une fois de plus, nous l’espérons, comme nous redoublons d’ardeur dans la préparation de la Fête de l’Huma.

Mais nous ne pouvons manquer de relever que cette situation pose une nouvelle fois, en pleine préparation du 34ème congrès du PCF, la question des rapports entre le PCF ; les communistes et l’Humanité.

Dès qu’il y a besoin d’argent, la direction sortante du Parti sonne à la porte des communistes. 

Pourtant la même direction, depuis des années, ne cesse de proclamer et d’établir la séparation entre le journal et le Parti. D’organe central du PCF, puis de journal du PCF, on est passé à l’Humanité tout court, journal de « ceux qui à gauche recherchent la voie d’un projet alternatif et de changement », pour reprendre le texte de la lettre qui nous a été adressée.

Il ne s’est pas agi simplement de changements de nom mais de lourdes évolutions de ligne éditoriale et de structure.

Comme beaucoup d’autres camarades, qui nous le disent dans nos sections, nous nous reconnaissons mal dans la ligne éditoriale en tant que militants communistes. Avec des hauts et des bas et tout en saluant le travail de nombreux journalistes et personnels de l’Huma.

Notre journal se doit d’être à contre-courant de l’idéologie dominante. Pourquoi laisser tant de place à des « intellectuels », même à des patrons, ou bien sans hiérarchie aux politiciens de « gauche », du PS, quand ce n’est pas de droite (les « débats » de l’HQ du samedi !), qui ont tout le reste de la presse et des media pour s’épancher.

L’interview sur une pleine page, offerte à Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, sans analyse et contradiction dans l’édition du 26 juin n’est pas acceptable dans les colonnes de notre journal, quand on sait que le plan « Destination 2012 » dont il fait la promotion signifie la casse du service public et la privatisation.

Sous la « gauche plurielle », l’Huma était devenue un soutien du gouvernement, au point d’être souvent exaspérante. On n’est pas revenu depuis au journal communiste dont nous avons besoin.

Ceci ne va pas sans cela : en 2001, la direction du Parti a livré 20% du capital de l’Huma aux groupes privés Hachette-Lagardère, Bouygues et Caisses d’épargne, réunis dans la mal nommée « Société Humanité Investissements Pluralisme ». Lagardère et Bouygues pour garantir le pluralisme : une plaisanterie! Personne ne s’imagine que ces magnats des affaires et des media donnent de l’argent, même si c’est une goutte d’eau pour eux, sans contrepartie.

Dans l’immédiat, nous nous étonnons que l’on ne sollicite pas ces « bienfaiteurs du pluralisme » pour accorder le prêt relais, qui ne leur coûterait presque rien, dont l’Huma a besoin.

Quelle signification va prendre la vente du siège, acte douloureux qui ne doit pas être l’annonce d’une liquidation*? La vente est censée donner un ballon d’oxygène financier au journal pour deux à trois ans. C’est le temps des décisions. Nous sommes à la croisée des chemins, la dernière.


Le choix est le suivant :

1- continuer à laisser l’Huma devenir un journal comme les autres à tonalité de gauche, c'est-à-dire continuer à disparaître par étape, quitte à se réduire à un hebdomadaire. Déjà l’HD est présentée comme le « magazine de la gauche » (avec le slogan: « avec l’HD, la gauche a son magazine »). On a vu comment Regards a été livré à la « gauche » non communiste et ne cesse maintenant de tirer dans le dos du PCF.

2- ou bien rendre pleinement à l’Huma son identité militante et communiste, celle qui a fait qu’il se trouve encore tant de communistes, de sympathisants prêts à souscrire.

 

C’est la deuxième solution que nous défendons, renforcés par l’expérience de la vie du journal mais aussi des luttes ces dernières années.

A court terme, nous demandons que soit prise la décision de libérer le capital de l’Huma de la présence des groupes capitalistes. Leur participation au capital représenterait 500.000 euros. La vente du siège doit servir entre autre à cela. Ce serait un vrai investissement politique et financier. L’Humanité doit redevenir indépendant des puissances d’argent, entièrement le journal du PCF qu’il est et reste, qu’on le veuille ou non, dans tous les esprits.

La ligne éditoriale doit évoluer en conséquence pour rendre son caractère militant et son engagement au journal. Les articles de l’Huma ne doivent pas être des tracts, nous dit-on. Mais ils doivent servir parfois à en écrire et la vente de l'Huma doit pouvoir redevenir un acte politique militant! Les articles à propos du mouvement social doivent cesser d'être si descriptifs. Pour cela, les journalistes doivent être eux-mêmes engagés dans le combat de classe. 

A propos du PCF : la séparation administrative a éloigné le journal des communistes mais pas la direction actuelle du parti du journal. Les articles politiques, notamment ceux concernant le parti lui-même, reflètent pratiquement exclusivement le parti pris de la direction. Cela ne peut plus durer. Tous les débats dans le parti doivent se retrouver dans l’Huma sans filtre, dans cette période cruciale.  

Ceux qui pensent que l’Huma pour survivre doit devenir encore moins communiste se trompent ou sont de mauvaise foi.

Nous pensons strictement le contraire. L’Histoire l’a montré.

 

Stéphane AURIOL, Emmanuel DANG TRAN, membres du CN du PCF


*Certains se sont étonnés à juste titre que le journal ne vienne pas occuper les deux étages libérés pour location au Colonel Fabien mais loue de nouveaux bureaux.

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