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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 23:39

Alain, Olivier, votre démarche vise-t-elle à construire un nouveau « grand » parti anticapitaliste ou à participer à détruire le PCF ?

Nous sommes peut-être les mieux placés pour savoir que ce résultat ne résout pas tout. Mais la nette remontée du PCF, 9,3% aux cantonales, sur la base de 1300 campagnes locales ne masquant pas l’identité communiste, est une bonne nouvelle pour tous les militants révolutionnaires.

Il ne reste à ceux qui spéculent sur le « déclin inéluctable » du PCF que les colonnes du Monde pour expliquer qu’un bon score en est en fait un mauvais (Martelli, Grador…) ou celle de Rouge, l’hebdomadaire de la LCR. Alain Krivine, en politologue, s’y évertue à relativiser la « résistance au déclin » du Parti communiste.

Viendrait-elle contrecarrer les plans de la direction de la LCR ? Dans la motion majoritaire de son congrès, le « déclin du PCF » est présenté comme « continu et irréversible », notre parti comme « une force du passé », « incapable de rassembler » etc. Cet effacement du PCF serait l’une des principales validations de la constitution du NPA, le Nouveau parti anticapitaliste.

Alain Krivine, Olivier Besancenot, si vous voulez vraiment renforcer la lutte politique anticapitaliste en France, vous faites fausse route.

Militants aguerris, comment ne vous inquiétez-vous pas de l’extraordinaire complaisance médiatique dont vous bénéficiez, à l’heure où tout ce qui bouge un peu trop dans le mouvement social subit étouffement et répression ?

Aux élections municipales (il n’y avait quasiment pas de candidats aux cantonales), télévision et presse rangent la LCR parmi les gagnants, sinon les grands gagnants alors qu’ils minorent les résultats du PCF. Pourtant les listes LCR ou apparentées n’étaient présentes que dans un nombre limité de communes et obtiennent des résultats contrastés. 

A y regarder de près, les listes LCR+ dépassent 5% dans une trentaine de ville (sur 80 où elles étaient présentes) avec quelques pointes au dessus de 10, mais aussi des résultats décevants par rapport à 2001. Surtout, l’extrême gauche dans son ensemble (LCR+LO+PT) est en repli sur 2001 dans la majorité des villes : Paris (3,3% à 2,7%), Angers (9,3 à 6,4), Blois (8 à 6), Bordeaux (4,4 à 3,6) ; Caen (5,3 à 4,8) ; Créteil (10,5 à 5,5) ;  Lille (9,4 à 6,3) ; Le Havre (4,7 à 2,9 où une liste conduite par le PCF a obtenu 29%)…

Certes, la LCR supplante souvent LO mais l’irruption de l’extrême gauche aux élections municipales se produit de façon nettement atténuée par rapport à 2001. Des alliances étonnantes, par exemple avec des nationalistes régionaux, qui n’ont pas grand’ chose à voir avec la gauche, faussent aussi certains résultats.

Il ne fait pas de doute pour nous que les votes pour vos listes sont à ranger, comme ceux pour les candidats PCF, dans l’expression du refus de la politique au service du Medef et nous les apprécions comme tel, mais à leur juste niveau.

Pendant des années, la LCR a cherché les mots les plus durs pour fustiger l’électoralisme supposé des communistes. N’avez-vous pas conscience de tomber en plein dans cette déviation ? Olivier est sur tous les plateaux, dans tous les magazines. Sa figure stylisée est devenue un logo sur toutes vos affiches de France. Une chose est de se saisir d’une opportunité après la présidentielle, une autre de tomber dans le piège conduisant à l’opportunisme. Là encore, vous ne pouvez pas ne pas avoir mesuré cet aspect.

Construire un « grand parti anticapitaliste » sur les bases de résultats électoraux fugaces (voir l’expérience de Laguiller) et de la complaisance des media du capital : c’est illusoire.

Votre démarche nous frappe sur un autre point. Pendant des années, vous avez critiqué, souvent violemment, les reculs idéologiques sinon les compromissions, selon vous, du PCF. Maintenant vous n’imaginez pas constituer un parti de masse sans effacer les mots « communiste » et « révolutionnaire » du nom de votre parti. Pourtant l’anticapitalisme ne désigne pas un projet de société, encore moins la formule « 100% à gauche ». Si nous sommes pour redonner son sens au mot « gauche », force est de constater qu’il ne porte pas aujourd’hui une perspective politique anticapitaliste.

Pour ne prendre qu’un exemple, votre campagne pour une meilleure « répartition des richesses » relève du plus pur réformisme. Pour un parti marxiste, la remise en cause de la production capitaliste et de l’exploitation est centrale. L’expérience, notamment du PCF, montre qu’elle arrache aussi des concessions concrètes au capital.

La LCR existe sous une forme ou une autre depuis 40 ans. Depuis 40 ans, elle n’a jamais réussi à devenir un parti de masse et de classe comme le PCF. C’est un constat. Elle compte aujourd’hui officiellement 3100 adhérents dans toute la France, c’est moins que le nombre de candidats communistes aux dernières élections locales.

Nous pensons qu’un positionnement en apparence extrémiste s’est montré non productif dans la lutte des classes, qu’une forme d’organisation élitaire s’est avérée incompatible avec un ancrage dans les masses. Tenir des discours déterminés à la porte des entreprises qui sont liquidées et contribuer à organiser la lutte sont deux choses différentes. Nous pourrions en écrire beaucoup plus long sur nos différends historiques, mais ce serait vain aujourd’hui. L’une des constantes historiques de la LCR aura quand même été aussi d’attaquer le PCF…

Aujourd’hui, vous décidez de changer et de lancer un nouveau parti. C’est votre choix. Vous savez d’où vous partez et combien les « mutations » des formations politiques sont lentes. L’idée d’un changement de nom de la LCR n’est d’ailleurs pas nouvelle. La direction l’a avancée il y a déjà plusieurs congrès. Il est prévu aussi que le « nouveau » parti reste adhérent de la 4ème internationale, trotskyste.

Nous nous retrouvons le plus souvent en ce moment du même côté dans les luttes. Des alliances politiques locales ont pu se nouer. Pas de problème. Mais si vous êtes des révolutionnaires, il serait irresponsable (en plus d’être illusoire) d’imaginer fonder le développement de votre parti sur le déclin du PCF.

Le PCF connaît une crise interne. Nous pensons que la ligne de la direction d’effacement de l’identité et des positions de notre parti en est principalement la cause. Elle laisse un grand espace vide dans les media et aussi dans le pays. Momentanément. Encouragés par les résultats des élections locales, déterminés devant l’aggravation de la politique au service du Medef, des milliers de communistes dans toute la France entendent faire vivre leur Parti et ses organisations sur une base de lutte.

Par sa théorie, sa forme d’organisation, les combats de ses militants, le PCF a fait ses preuves et a contribué de façon déterminante à toutes les avancées sociales et démocratiques dans notre pays. Le capital le sait bien et ne relâche jamais ses campagnes anticommunistes.

Si vous voulez vraiment lutter contre la politique du patronat et du pouvoir, vous n’avez pas intérêt à rechercher l’affaiblissement du PCF, à livrer, même à votre corps défendant, avec l’aide des relais du capital, une « concurrence faussée et déloyale » au parti historique des travailleurs en France.

Nous ne vous y aiderons pas !


par Emmanuel Dang Tran, secrétaire du PCF Paris 15, membre du CN du PCF

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans gauche en recomposition
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commentaires

Eric RUIZ 20/01/2009 11:00

Effectivement, "Touriste", la criminalisation des mouvements sociaux et politiques est en cours dans la france sarkozyste !

Par contre, ne jugeons pas la valeur des responsables politiques au nombre de condamnations ou mise en examen qu'ils peuvent avoir ! A ce petit jeu, Rouillan est loin devant Besancenot (lol) !

Sans parler de Balkany, Carignon, etc...

touriste 18/01/2009 10:37

Quelle virulence contre la LCR !

Il y a au moins une chose qui distingue le PCF electoraliste de la LCR electoraliste ... c'est que son porte parole est deja deux fois assigne en justice pour avoir defendu ses idees ...

Et la deuxieme fois dans l'exercice de son activite syndicale

Ca fait beaucoup pour un collaborateur de classe, non ?

Soit dit en passant la criminalisation des activites anticapitalistes est en route et visiblement Sarkozy est pret à tout !

Bernard Berthelot 03/01/2009 16:54

Camarades,

C’est en fait à trois articles de votre site « Vive le Parti communiste français » que je me propose d’ajouter un commentaire. Je vous signale que le lien vers votre site figure dans le blog du POI de Saint-Quentin (02) : http://coposaint-quentin.blogspot.com/

Bien que n’adhérant pas au PCF, je suis néanmoins très attaché à l’existence de ce parti, que je reconnais comme le grand parti ouvrier du XXème siècle et, pourquoi pas, du XXIème. Je ne saurais donc me rendre complice de tous ceux qui, à l’extérieur, s’emploient à l’affaiblir et à en réduire l’influence, pas plus que de ceux qui, à l’intérieur, visent à le dénaturer.
Croyez bien que l’existence, dans le PCF, d’un mouvement alternatif unitaire rejetant toute dérive social-démocrate , voire libérale me donne toute satisfaction, et que je comprends tout à fait la volonté de ces militants de « faire vivre et renforcer le PCF ».
Il y a donc bien des positions que je partage sans réserves, et des analyses que je pourrais reprendre à peu près dans les mêmes termes. Pourquoi, alors, ne pas vous rejoindre

La première raison, et la plus fondamentale, est que je milite dans un autre parti, dont vous ne faîtes d’ailleurs guère mention, mais je n’ai pas (encore) lu tous vos articles.
Je milite au POI (Parti Ouvrier Indépendant) qui ne peut être considéré comme une simple mouture de l’ex-PT (Parti des Travailleurs), qui serait lui même un simple avatar de l’OCI (Organisation communiste internationaliste). Il ne s’agit de rien renier de ce qui a été, mais de prendre acte d’un certain nombre d’évolutions, que je me permets de porter à votre connaissance.

• Certes, il y a des trotskystes dans le POI, mais même s’ils y ont un rôle actif, ils y sont moins dominants qu’ils l’étaient au PT, et a fortiori à l’OCI. A côté du courant trotskyste, il existe un courant communiste, un courant socialiste, un courant anarcho-syndicaliste, et bien des militants n’appartiennent à aucun courant. Ces courants (non trotskystes) existaient déjà, il est vrai, dans le PT, mais leur importance ainsi que leur influence se trouvent nettement renforcées dans le POI .

• Le POI ne succède pas au PT comme le NPA sort de la LCR : il ne s’agit pas d’un simple changement de nom : il ne s’agit pas d’une opération médiatique : cela se saurait ! Du PT au POI, il y a un réel élargissement de la base militante et une réelle volonté de rassemblement.

• Le POI s’est donné en effet pour finalité le « rassemblement du mouvement ouvrier, dans la diversité de ses composantes ». Dès lors, il ne peut s’agir pour lui de se présenter comme concurrent de partis ou d’organisations qui s’inscrivent dans la même perspective.

Il ne s’agit donc absolument pas pour nous d’inviter à une « recomposition politique dont l’effacement du PCF est la condition. ». Il doit être clair que si l’Unité du mouvement ouvrier est aujourd’hui une nécessité et une urgence, ce dont le PCF comme le POI semblent être d’accord, elle ne peut se réaliser que sur des objectifs précis, dans le respect de nos deux organisations.

Alors oui, vive le Parti Communiste Français, vive le Parti Ouvrier Indépendant . vive l’unité du mouvement ouvrier !

Bien fraternellement.

Bernard Berthelot.

Brunet Jean-François 12/05/2008 14:30

Voilà qui devrait faire ouvrir les yeux à certains...

depuis trop longtemps, sous prétexte de livrer bataille au capitalisme, ces gens d'extrême gauche ose sont acharnés sur nous plutot que de travailer à l'évolution des idées communistes. Même leur militantisme de base est basé sur l'annonce prophétisée de la mort du Pcf, si possible en nous tapant dessus.

Pour annecdote, j'ai vu, alors que j'étais en train d'aider des camarades parisiens dans la vente de journaux, apres un meeting de Buffet, un journal d'extrême gauche (dont je ne pourrais citer le nom, faute de mémoire) appeler à voter Olivier OU Arlette!

Ce OU n'a pas lieu d'être dans un journal un ant soit peu communiste! Je comprends même à la limite qu'on puisse appeler à voter seulement olivier ou seulement arlette, mais l'un OU l'autre c'est une preuve irréfutable de leur attitude contestataire de base. C'est à dire, leur façon de contester tout sans jamais, et c'est là le pire, travailler à d'autres projet ou proposer quelque chose.

bref, j'aime beaucoup cet article