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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 19:12

Elections en Italie, les 13 et 14 avril. La « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

Voir aussi Italie: effacement de toute référence communiste aux élections! Les communistes réagissent!

Veltrusconi. Le néologisme, fusion des noms des leaders des deux partis principaux Walter Veltroni et Sylvio Berlusconi, est entré dans la langue courante de la campagne électorale italienne. Les similitudes dans les programmes sont tellement flagrantes. Veltroni est à la tête du nouveau Parti démocrate (PD) qui associe des communistes repentis comme lui-même (depuis longtemps), les ex « démocrates de gauche » et des politiciens issus de la Démocratie chrétienne. Il prétend incarner la rupture avec le gouvernement Prodi dont il était pourtant l'un des soutiens principaux. Son parti de « centre-gauche » présentent des cadres du patronat comme candidats, propose des baisses d’impôts pour les entreprises et les classes aisées, s’inscrit totalement dans les orientations « libérales » du nouveau traité de l’UE. Effectivement, tout cela fait peu de différences avec le programme de Berlusconi qui a gommé, dans la coalition qu’il dirige « peuple de la liberté » une partie des positions identitaires de ses alliés fascistes (soi-disant repentis).

Face à cette alternative bipolaire sans alternative politique, dans un pays imprégné par l’héritage, même contradictoire, de feu le PCI, on pourrait attendre l’expression d’un point de vue communiste fort à l’occasion de ces élections. Ce n’est pas le choix fait par le principal parti dont le nom fait encore référence au communisme « Refondation communiste » (PRC) et par ses dirigeants dont Fausto Bertinotti. Les élections anticipées sont l’occasion pour eux de précipiter la recomposition politique, à gauche du PD, à laquelle ils travaillent depuis plusieurs années. Les candidats, membres du PRC, se présentent dans le cadre de la « gauche arc-en-ciel ». La gauche « arc-en-ciel » réunit des candidats issus de quatre formations politiques : le PRC, le Parti des communistes italien (PdCI), les Verts et le courant des Démocrates de gauche qui a refusé de participer à la création du PD. L’Arc-en-ciel n’est pas conçu comme une coalition électorale de circonstance mais comme une formation politique destinée à se structurer dans la durée.

Cette démarche se situe entre rupture et continuité.

Rupture de plus en plus affirmée avec l’héritage, l’identité et les positions communistes. Pour la 1ère fois depuis 1945, il n’y aura pas de bulletin de vote portant la faucille et le marteau (sauf du côté des gauchistes qui ont vu l’opportunité). Les communistes du PRC, proches de la motion et de la revue « L’Ernesto », y compris les élus sortants, qui s’opposent à l’abandon de l’identité communiste et ont critiqué ces dernières années la participation au gouvernement Prodi, ont été écartés des listes. C’est un arc-en-ciel sans la couleur rouge !

La continuité, du moins l’absence de rupture, s’observe par rapport à la mandature précédente marquée par le soutien et la participation des quatre composantes au gouvernement de « centre-gauche », conduit par l’ancien président de la Commission européenne, issu de la droite, Romano Prodi. Bertinotti est devenu lui-même président de la chambre au bénéfice de cette alliance. Ce soutien actif a amener à cautionner des régressions sociales historiques comme la remise en cause du système de retraite à l’été dernier ou encore l’alignement sur les USA en Afghanistan ou sur la question de l’extension de la base militaire de Vicenze. Les dirigeants du PRC assument ce soutien « loyal » jusqu’au bout. La coalition a en effet été renversée par des parlementaires du centre, sans doute soucieux de passer à nouvelle étape de l’alternance.

Bertinotti estime publiquement que Veltroni va perdre les élections, ce qui permet d’évacuer la question d’une nouvelle participation à un gouvernement dominé par le PD (avec lequel le PRC est lié dans de multiple localités) qui continuerait de gérer loyalement et même avec zèle les intérêts de Cofindustria, le Medef italien. La crédibilité des positionnements de la « gauche arc-en-ciel » sur les problématiques sociales est pourtant conditionnée à cette stratégie et à des choix théoriques fondamentaux.

La « gauche arc-en-ciel » se situe dans un schéma proche de la Linke allemande et des ambitions de certains dirigeants du PCF, un schéma coordonné par le Parti de la gauche européenne PGE, dont Bertinotti a été le 1er président. Dans chaque contexte national, l’objectif à demi affiché est de capter l’héritage des partis communistes de classe et de masse et le diriger vers de nouvelles formations, tournant le dos à l’identité communiste, alliant une partie des socio-démocrates, ouvertement réformistes, favorables à l’intégration dans l’UE du capital. Ces partis de « gauche » auraient pour vocation de prendre une partie de la place laissée par les formations social-démocrates converties au social-libéralisme, tout en leur servant de supplétifs.

Bertinotti s’était lui-même prononcé au Parlement pour l’élévation du seuil électoral à 8% (par région) pour avoir des sièges au Sénat pour forcer la constitution de la coalition.

Les dirigeants de la « gauche arc-en-ciel » ne sont pas assurés de franchir ce seuil nationalement. Leur positionnement stratégique dans le gouvernement Prodi a nourri la logique du « vote utile », renforcée par la prime au parti arrivé en tête. En 2006, les partis qu’elle réunit avaient obtenu 10,2% des voix, sans compter la fraction ralliée des démocrates de gauche dont l’influence n’était pas mesurable.

Dans les deux partis communistes, PRC et PdCI, la ligne de Bertinotti est loin de faire l’unanimité. Après l’épisode électoral et le coup de force de « l’arc-en-ciel », les directions ne pourront pas empêcher le débat, sans doute des congrès extraordinaires. La persistance du mouvement communiste en Italie devrait, devra s’y concrétiser.

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