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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
22 mai 2010 6 22 /05 /mai /2010 21:45

« Crise » du capitalisme :

la machine à broyer le droit des peuples et les acquis DES TRAVAILLEURS s’emballe

 


« Crise » du capitalisme :

la machine à broyer le droit des peuples et les acquis DES TRAVAILLEURS s’emballe

 


De « crise » en « crise » : le capitalisme

A l’automne 2008 éclatait la « crise financière ». Elle suivait la « crise des « subprimes » et la faillite de la banque Lehman Brothers aux Etats-Unis. Les économies des principales puissances capitalistes (Etats-Unis, Europe, Japon…) ont connu en 2009 une récession d’une gravité souvent inédite depuis 1945. Ce mouvement de repli continue en 2010. On parle maintenant de la « crise des dettes publiques ».

Cette crise ne résulte pas d’excès du capitalisme, du « néolibéralisme », c’est la crise du capitalisme lui-même. L’affaiblissement, puis la disparition du contrepoids que représentait, dans le rapport de classe mondial, l’existence de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est laissent apparaître la logique de ce système dans toute sa brutalité. Notamment en Europe de l’ouest, la période du « compromis social » est révolue.

La réalité du capitalisme, c’est la recherche du profit maximal confrontée à la baisse tendancielle du taux de profit. Ce qui est décrit comme la financiarisation de l’économie, l’explosion de la dette privée, notamment dans les pays anglo-saxons, puis de la dette publique est un instrument pour renforcer l’exploitation du travail.

Dans la période, la nouvelle étape de la mondialisation du capitalisme continue de se caractériser par une extension géographique du système, par une mise en concurrence accrue des travailleurs des différents pays, toujours par une âpre lutte, entre puissances capitalistes et multinationales, pour le contrôle des richesses naturelles et des marchés.

Des économies dites « émergentes » semblent échapper à la crise, en premier lieu, la Chine, devenue en 2009 la deuxième économie capitaliste du monde.

Le développement économique de la Chine, gouvernée par un parti qui porte le nom de communiste, sur les bases d’acquis du socialisme mais clairement suivant un mode de production capitaliste, doit être un sujet d’étude prioritaire pour notre parti.

La persistance et la montée de résistances, au nom du socialisme, notamment en Amérique Latine, à la domination du capitalisme mondialisée doit continuer à susciter notre intérêt et notre soutien. Notre solidarité avec le peuple cubain doit en particulier continuer à se renforcer, alors que l’avènement du Président Obama n’a pas modifié l’agression des Etats-Unis.

La crise est inhérente au système. Le capitalisme sait utiliser sa propre crise pour renforcer sa domination en l’absence d’un mouvement révolutionnaire suffisamment fort.

On assiste ainsi à un affrontement terrible entre le capital et le travail, à l’échelle planétaire, les uns pour maintenir et accroître leur taux de profit, les autres pour s’assurer des conditions d’existence décentes. Les gouvernements au service du capital entreprennent d’accélérer et d’aggraver brutalement, à la faveur de la crise, toutes leurs politiques antisociales qui sont pourtant à l’origine de la crise. Les mêmes recettes s’appliquent dans tous les pays, notamment d’Europe, où tous les acquis sociaux et démocratiques des peuples sont attaqués.

La Grèce sert de véritable cobaye, avant peut-être le Portugal, l’Espagne, la France. De concert, la finance internationale, les gouvernements, l’UE, le FMI, les « agences de notation » auxquelles le système donne une importance factice, veulent faire un exemple de recul social rapide, d’écrasement d’un peuple et de sa résistance. Les sacrifices exigés des travailleurs, des retraités, des jeunes grecs rejoignent toutes les mesures annoncées par les gouvernements de tous les pays d’Europe (de droite comme de « gauche ») et les dirigeants de l’UE : recul de l’âge de légal de départ à la retraite, attaques contre les droits sociaux, les salaires, contre les services publics, la santé, l’éducation…

Ils sont dans le droit fil de la stratégie du Traité européen de Lisbonne. Au nom de la « concurrence libre et non faussée », de la recherche de « compétitivité », l’UE sert de prétexte et d’instrument aux gouvernements nationaux en vue d’augmenter le profit capitaliste, par le renforcement de l’exploitation des travailleurs et par l’extension du marché capitaliste à tous les domaines qui lui échappent, services publics, protection sociale.

Devant l’aggravation rapide de cette politique, son passage à une nouvelle phase avec la situation grecque, notre congrès extraordinaire tombe à point pour affirmer notre solidarité active avec les travailleurs grecs, revoir nos positions sur l’UE, envisager, d’une façon nouvelle, la coopération internationale avec les autres partis communistes et ouvriers.

Notre congrès pourrait adopter une adresse au peuple grec. Depuis des mois, les travailleurs, leurs organisations syndicales et politiques, scandent: « Nous ne paierons pas leur crise ! ». Ce slogan apparaît plus juste que jamais avec les sacrifices exigés pour combler les dettes publiques, précisément creusées pour renflouer le capital. « Plus un sou pour la finance ! ». Exigeons l’annulation de la dette grecque ! La solidarité française peut s’exprimer de façon concrète en mettant en cause les banques françaises. Selon la Banque des règlements internationaux, elles constituent le plus gros créancier de la Grèce, à hauteur de 74 milliards de dollars. Notre revendication de nationalisation des banques rejoint ainsi l’intérêt du peuple grec. Notre solidarité s’exprime également à travers nos propres luttes contre la même politique et par la contestation de l’UE du capital.

L’UE dévoile encore plus clairement sa raison d’être, qui remonte au Traité de Rome, en faveur de la finance et des trusts. Avec le FMI et les gouvernements nationaux, elle est à la barre pour imposer les plans de recul social aux pays, similaires aux plans d’ajustements structurels qu’impose le FMI.

Profitant de la crise, l’UE tente un pas de plus dans la remise en cause des démocraties nationales. La Commission européenne prétend maintenant placer les budgets nationaux directement sous sa tutelle pour imposer le carcan de Maastricht.

Les effets de l’euro, pour lequel devraient être consentis toutes les régressions sociales, apparaissent de façon flagrante.

Ce que nous dénoncions dans les années 90, dans nos campagnes contre le traité de Maastricht, celui d’Amsterdam et la monnaie unique, se réalise exactement.

L’euro est conçu dans l’intérêt de la finance européenne. L’euro fort l’aide à spéculer, à délocaliser.

Au sein de sa zone, l’euro accentue la mise en concurrence des économies et des travailleurs. Il écrase les activités économiques en développement, notamment dans les pays périphériques, mais favorise les groupes capitalistes les plus forts, notamment en Allemagne (mais pas les travailleurs allemands). L’exemple grec illustre combien l’euro place les peuples sous la dépendance du capitalisme européen.

Comme nous mettions notre pays en garde, l’euro, loin d’unir les peuples, les dresse les uns contre les autres et attise le nationalisme. Les campagnes de dénigrement, de haine, reprenant tous les clichés xénophobes, auxquelles nous assistons, l’attestent.

Le mythe européen, celui de l’Europe « qui protège, qui unit », a de plus en plus de plomb dans l’aile, malgré les campagnes idéologiques incessantes, à tous les niveaux, pour forger un nationalisme européen.

Le rejet de l’UE unit de plus en plus fortement les peuples, après les victoires du NON aux référendums de 2005 en France et aux Pays-Bas. Nous pouvons et nous devons le caractériser comme un rejet du capitalisme européen que les peuples identifient comme source de recul économique et social et de souffrance. Les tenants de l’UE du capital tentent de canaliser cette réaction dans des partis nationalistes. Communistes, il est de notre responsabilité, en France, de ne pas laisser faire.

Aussi fermement qu’il s’est toujours battu pour le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les nations d’Europe (et d’ailleurs), devenu encore plus nécessaire, notre parti s’était opposé à l’Europe supranationale du capital, depuis le Traité de Rome, jusqu’à ceux de Maastricht en 1992 et Amsterdam en 1998, en passant par l’Acte unique de 1986. Nos positions, fortement ancrées dans le Parti et le pays, ont alimenté l’action décisive des communistes dans le rejet par notre peuple en 2005 du projet de constitution européenne.

Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable à Lisbonne), a accentué cette évolution.

La situation présente doit nous amener, avec encore plus d’urgence, à revenir sur ces orientations, sous peine d’être en porte-à-faux avec les aspirations de notre peuple et nos propres propositions.

L’UE souffre d’un déficit croissant de légitimité. C’est tant mieux ! Elle n’est pas réformable. Ce discrédit est un point d’appui pour mettre en échec les politiques menées en son nom dans l’intérêt du capital. En France, les traités, directives et règlements européens, par exemple ceux de marchandisation des services publics n’ont pas à s’appliquer, à servir de prétextes à la politique du pouvoir.

La coopération entre les peuples ne se fera pas dans le cadre de l’UE. L’UE, mais aussi la BCE et l’ensemble de ses institutions sont conçues pour imposer un niveau supranational où les trusts sont tout puissants mais sur lequel les peuples n’ont aucune prise. Affirmons clairement que « l’UE sociale » est un leurre ! Comme la victoire du Non en France en 2005 ou la lutte héroïque des travailleurs grecs en 2010 le montrent, les luttes de chaque peuple s’enrichissent des batailles nationales et de l’internationalisme, mais non de l’acceptation du cadre supranational du capital.

L’euro avec la BCE, la seule politique européenne réellement intégrée (avec la PAC), fait la preuve de sa nocivité pour le développement économique des pays. Notre proposition d’établissement d’une monnaie commune, outil de coopération monétaire pour les échanges internationaux, contre la spéculation et pour une politique du crédit, reprend toute son actualité. Elle signifie le rétablissement des monnaies nationales et la fin de l’euro.

En parallèle avec ces changements d’orientation, doit se reposer la question de l’adhésion de notre parti au Parti de la gauche européenne.

La crise grecque oblige les media à mettre en avant une réalité : le rôle crucial joué par le Parti communiste grec dans l’intervention des masses. Le KKE a refusé d’adhérer au PGE.

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2001, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Le Parti communiste portugais a également exclu d’adhérer au PGE pendant que le Parti tchèque ne souhaite pas en devenir membre à part entière.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement anticommunistes. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Est-ce le meilleur cadre de coopération international pour le PCF, alors qu’il existe déjà un groupe au Parlement européen beaucoup plus ouvert, GUE-NGL, et que d’autres formes de travail communiste international se font jour ?

Depuis plusieurs années, les partis communistes de plusieurs pays d’Europe (dont le KKE et le PCP) et d’ailleurs développent des cadres d’échange et diffusent des déclarations communes sur les sujets les plus importants. La direction du PCF, sauf exception, a choisi de boycotter ce cadre sans s’en expliquer. Il est temps de réviser cette position, eu égard au développement rapide de la « crise ».

La crise du capitalisme au niveau mondial, la constitution de nouvelles puissances exacerbent la concurrence entre puissances impérialistes dans le monde. La course aux marchés, aux matières premières, minérales, énergétiques ou agricoles renforcent les tensions internationales.

La menace sur la paix mondiale que fait peser le capitalisme ne doit pas être éludée. Elle doit être une de nos préoccupations premières.

La Palestine et Israël continuent d’être un lieu de polarisation des tensions. Malgré la politique agressive d’Israël, notamment en termes de colonisation, le soutien des Etats-Unis d’Obama ne se dément pas. Notre solidarité avec le peuple palestinien et les pacifistes israéliens en faveur d’une paix juste et durable est plus que jamais d’actualité.

Les Etats-Unis s’enfoncent dans la guerre en Afghanistan. Le pays est sinistré. Les enjeux pétroliers sont évidents. La France de Sarkozy a réaffirmé son soutien à l’intervention US, décidé en 2001. Le gouvernement vient de faire réintégrer notre pays au commandement de l’OTAN. Les menaces d’agression sur l’Iran demeurent et la France a établi une base militaire à Abu-Dhabi en prévision.

Notre congrès extraordinaire doit prendre pleinement en considération ces évolutions récentes. Plus que jamais, notre parti doit exiger le retrait des troupes françaises d’Afghanistan, la fermeture des bases militaires à l’étranger, la sortie de la France de l’OTAN, de toute forme de défense « européenne » intégrée.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans PCF - 35ème "Congrès"
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commentaires

MARAT EL MOKRANI 22/05/2010 22:09


Je suis d'accord avec cette analyse avec juste une remarque concernant l'europe ,je précise que l'europe actuelle n'est pas reformable (etant donné le poids de la droite et des sociaux democrate)
,mais on peut envisager une autre europe dans laquelle les peuples européens et les nations européennes conserveraient leur souveraineté .Cette europe n'est pas pour l'immediat quoi que ,quoique
etant donné la crise du capitalisme et de l'europe capitaliste!
il faudrait profiter du congrés "d'etape" pour clarifier nos positions la dessus.En tout etat de cause la politique de la France ne doit etre déterminée ni à Bruxelles ni à la corbeille!