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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 02:33

En Lorraine, Mélenchon donne des leçons de dissidence aux communistes !

 

S’il y a une qualité qui ne s’accorde pas avec la personnalité de Mélenchon, c’est bien la loyauté. Même si on peut le trouver fondamentalement fidèle, au-delà des organisations, à la social-démocratie.

 

Soi-disant « partenaire » national de la direction du PCF dans le « Front de gauche », il ne se prive pas de tirer la couverture à lui, de poursuivre son OPA hostile sur le PCF, à la barbe et aux nez des dirigeants de notre parti, étrangement consentants.

 

Le voici le 9 février invité médiatisé d’une réunion en Lorraine (voir l’article ci-dessous de l’Est Républicain).

Que Mélenchon vienne encourager ses maigres troupes de socialistes inscrits au PG, c’est son boulot et nul ne saurait le lui reprocher. Mais le voilà qui vient encourager les communistes à se diviser, les racoler, donner des leçons de dissidence à ceux qui suivent le « Front de gauche » contre le PCF régional.

Sympa ! Quel allié bien intentionné nous a trouvé la direction de notre parti !

 

Faut-il rappeler que Mélenchon a quitté le PS seulement fin 2008 ? Il aurait pu le quitter en 2005 au moment du référendum sur la « constitution européenne ». Cela aurait pu avoir l’air sérieux. Mais, visiblement, son choix d’alors pour le Non n’était alors que tactique, comme le montrent ses professions de foi zélées pour Maastricht (lien: Maastricht un compromis de gauche pour JLM).

Non, en octobre 2008, il ne se passe rien de décisif dans le pays mais une occasion politicienne se fait jour. D’un côté Mélenchon risque de se faire doubler par la gauche au congrès du PS par la motion Hamon. De l’autre, en parallèle du 34ème congrès du PCF, la direction de notre parti cherche un partenaire pour poursuivre la stratégie des collectifs antilibéraux sous la nouvelle forme du « Front de gauche ». 

L’opportuniste saisit l’opportunité.

 

Voilà sans doute la leçon que Mélenchon vient livrer aux camarades lorrains.

Elle ne doit pas tromper. Le choix du « Front de gauche », ce n’est pas celui de l’émancipation vis-à-vis du PS, c’est celui de la dilution du parti historique de la classe ouvrière dans un ensemble électoraliste social-démocrate. Disons les choses ! Ce n’est pas dans cette option politicienne que les communistes feront retrouver sa raison d’être au PCF !

 

Le plus drôle, c’est quand Mélenchon use et abuse de l’épouvantail Modem pour trouver une différenciation avec ses ex-camarades et toujours amis (voir l’article) du PS. C’est le même Mélenchon qui rampe devant Cohn-Bendit, partisan le plus affirmé de la collaboration avec le Modem et anticommuniste primaire, pour solliciter une alliance politicienne. Pour vous qui ne l’avez pas vu, vraiment, prenez le temps de visionner l’émission du 2 décembre 2009 sur France Inter (en lien)!

 

En Lorraine, sans que le caractère démocratique de cette décision ne soit contesté, la majorité des communistes ont décidé de ne pas constituer de liste de « Front de gauche » aux régionales avec le « Parti de la gauche ». Les motivations des camarades ont certainement été diverses. L’hypothèse de présenter des listes de rassemblement à l’initiative du PCF n’était plus envisageable. Le choix du « Front de gauche » ne représentait évidemment pas davantage rupture avec la social-démocratie que les listes d’union de la gauche mais clairement effacement du PCF dans un projet fusionnel aux contours délibérément flous.

L’intrusion régionale de Mélenchon comme les annonces de ralliement sans condition à la « gauche » au second tour le confirment.

 

Dans une situation contrainte par le choix stratégique de la direction du Parti, qui a créé une confusion extrême dans le Parti, les camarades qui sont déterminés à « faire vivre et renforcer le PCF » ont fait des choix responsables selon leur situation régionale, parfois différents.

Dans certaines régions, le poids et la détermination des organisations du PCF permettent que le « Front de gauche » garde un caractère d’alliance électorale et ne se fasse pas au détriment du PCF (Nord-Pas-de-Calais, Franche-Comté…). Dans d’autres, on doit mener une activité et une campagne communiste à côté, voire malgré le « Front de gauche ». Dans d’autres encore, le rejet du PS donne une signification, momentanément, à l’alliance.

 

Mais bien naïfs, irresponsables ou complaisants seraient les communistes qui se laisseraient duper par un bateleur comme Mélenchon, par l’opération « Front de gauche » de dilution du PCF!

 

Jean-Luc-Melenchon-etait-hier-soir-a-Nancy-a-la-rencontre-d.jpgMélenchon le catalyseur

A Nancy le leader du Parti de gauche est venu rencontrer des militants lorrains, candidats aux régionales.

Avec Jean-Luc Mélenchon débarqué à la nuit tombée de Strasbourg, le Front de gauche a renoué hier à Nancy, avec le goût des meetings improvisés dans les bars de copains bondés, sur un coin de table, haranguant la foule à pleins poumons, sans micro, sans écrans géants, sans mise en scène.
«
Moi qui suis élu de banlieue, je suis ému ce soir de voir rassemblés autour de moi, des militants qui ont tout contre eux. Je suis le socialiste qui a rompu les rangs, comme il y a ici des communistes, parfois depuis plusieurs générations, qui ont décidé de marcher à leur propre pas » lâche le leader du Parti de gauche, formation de scission, modélisée sur l'exemple allemand de « Die Linke » et dont Mélenchon veut faire un catalyseur.

Mosaïque de mécontents


Toute la gauche alternative, qui ne se reconnaît pas dans un modèle français bipolaire est là : les Jeunes communistes de Nancy, la Fédération pour une alternative sociale et écologique, le Mouvement politique pour une éducation populaire, la Gauche alternative 54, République socialisme et d'autres encore, à l'instar de la Gauche solidaire du Pays-Haut Meurthe-et-Mosellan. Autour de Philippe Leclercq longtemps adjoint au maire à Pompey et tête de liste régionale du Front de gauche, Patrice Zolfo animateur et porte parole du collectif PCF du bassin de Longwy-Villerupt, Serge de Carli le maire de Mont-Saint-Martin, serrent les rangs et cognent dur sur Jean-Pierre Masseret : «
On ne brade pas nos convictions pour des prébendes. Ma première adjointe Jacqueline Brigidi aurait pu être comme dans un fauteuil sur la liste de Jean-Pierre Masseret. Elle a refusé. Comme elle, 17 régions sur 22 en France se sont positionnées pour le Front de gauche, dont le travail citoyen est de reconstruire la gauche malade. Et celà même si au second tour, la gauche restera la gauche, et donc se rassemblera » martèle De Carli, pendant que Jean-Luc Mélenchon reprend le flambeau, façon trotskyste internationaliste :« Il faut mettre une bonne raclée au gouvernement en défendant nos idées. Le PS où j'ai gardé beaucoup d'amis fidèles est devenu un parti conformiste, qui n'a rien compris à la transnationalisation du capitalisme, à la financiarisation de l'économie. Un parti qui souffre de cécité écologique et économique ». Au passage l'ancien sénateur de l'Essonne devenu député européen, n'oublie pas son ancien copain Jean-Pierre Masseret : « Sur le banc de la gauche au Sénat, on s'est battu contre la droite avec Jean-Pierre que j'estime. Mais à l'époque quand le Modem cognait sur nous il ne l'invitait pas à une large coalition. Il ne sortait pas des bêtises pareilles ».

Pan sur Masseret


Dans les rangs de la gauche plurielle qui a créé son «
Front », l'ouverture de Masseret fait figure de blasphème politique.« Il n'y a pas d'alliance possible. Il faut arrêter de voir Bayrou comme un chef scout illuminé nous invitant à un jamborée ! » fulmine Mélenchon, tout en goûtant la formule à l'emporte-pièce. Les militants qui s'écrasent contre les murs du «Melkim Pot » un bar de l'Ile de Corse à Nancy applaudissent le rejet d'une gauche socialiste« pantouflarde, dépassée, plan plan ».
Au contraire, le Front de gauche serait le «
sursaut citoyen qui déplace le curseur à la gauche de la gauche, avec son esprit de rebellion, son côté obstiné ». C'est vrai que dans le genre têtu, Mélenchon n'a de leçons à recevoir de personne.

Pascal SALCIARINI

 

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans régionales 2010
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commentaires

jb 08/05/2010 22:21


moi qui ne suis pas et n'est jamais ete communiste, j'ai toujours voté communiste au 2eme tour, c'etait évident, le pc était un allié de fait, or aujoud'hui ceux ci collaborent avec le PG et ou FDG
et j'en suis dégouté,

il va falloir que je revoie ma position,
jb


Cédric 05/05/2010 12:38


J'ai du mal à comprendre la cohérence de cet article qui à la fois veut aller dans le sens de l'émancipation de la sociale-démocratie et d'autre part légitime une alliance sans condition avec le
PS.
Je fais partie de ces communistes "dissidents" qui ont participé à la création de cette liste Front de Gauche en Lorraine contre l'avis des directions fédérales de cette région. Je suis pourtant
loin d'être ce que l'on appelle un liquidateur, pour ma part je reste très partagé sur la stratégie de Front de Gauche proposé par notre direction fédérale et sur l'attitude de Melenchon, j'ai
souvent soutenu les textes identitaires à différents congrès de notre parti et j'ai même figuré sur la liste alternative de notre camarade Gérin au 33ème congrès. Mais pourtant cette stratégie a au
moins le mérite de nous sortir de l'ornière de la tutelle du PS et nous permet de trouver des alliés avec lesquels nous avons un dénominateur commun nettement plus fort.
Il y a eu plusieurs raisons à la situation que nous avons connu:
- parce qu'en Lorraine, le processus qui a conduit à la décision d'une liste officielle autour du PS est plus que contestable. Je ne rentrerais pas dans les détails, ce serait trop long à
expliquer, mais le caractère anti-démocratique de cette consultation est avéré aux yeux d'une grande partie des communistes de notre région. Ce vote n'a aucune légitimité morale. Je n'évoquerais
pas les insultes, pressions, intimidations et bassesses en tout genre commises à cette occasion.
- parce que le débat interne a seulement porté sur la questions des élus, du "bon bilan" (en réalité médiocre)et a été porté par les mêmes élus qui voulaient sauver leur sièges.
- parce qu'en réalité, ce choix d'alliance du PCF avec le PS en Lorraine est la résultante d'une cohérence stratégique portée par les rescapés du huismes encore en fonctions dans les structures
départementales du parti dans notre région. Ils ont sut trouver à cette occasion des accointances de circonstance avec "les révolutionnaires" de Jarny qu'on a eu tout de même un peu de mal à
comprendre cette fois ci.
- parce que la liste PS-PCF n'a nullement contribué à sauver l'identité du parti, mais au contraire l'a totalement effacé. Dans cette campagne le PCF a été totalement inaudible, ne devenant plus
que la caution au bilan du président PS sortant.
- et enfin parce que même si une liste Front de Gauche n'est pas une liste communiste, nous avons pu à cette occasion être réellement présents dans cette campagne en tant que communistes. Nous
avons été moteur de ce rassemblement, nous avons été visibles et entendus.


alain girard 19/02/2010 13:38


les communistes qui ont choisi le front de Gauche Lorrain me semblent quand même plus cohérents que ceux qui majoritaires, malgré de fortes contestations sur la consultation que vous occultez ici.
je note que la section révolutionnaire de Jarny a voté à la quasi unanimité le ralliement au PS et ce dès le premier tour, peut-être pourriez-vous nous en dire plus à ce sujet car beaucoup de
camarades sont tombés sur le c...
Pour être parfois dans le coin et dialoguer avec mes camarades lorrains, le motif essentiel avancé pour l'alliance avec le PS au premier tour n'est pas et de loin, le programme, le bilan mais
simplement: sans l'apport financier des élus, plus de fédérations...alors s'il vous plait cessez de mettre en avant ceux qui ont voté l'incohésion nationale du parti, qui de fait constituent une
fraction, ce que par ailleurs vous condamnez justement.
Un camarade lorrain m'a affirmé que voter communiste c'est voter socialiste dès le premier tout, personnellement je trouve cela assez étrange en sachant que le nouvel argument développé par les
unitaires sont: on a deux sièges de plus...
Donc en s'alliant avec le PS la droite du parti recueille votre soutien, étonnant.
Pour ma part ce que je connais des camarades présents sur la liste Front de Gauche Lorrain sont issus pour l'essentiel du bassin de Longwy, vous savez là où l'Europe d'Aubry à Sarkosy, de Davignon
à Chérèque a tout cassé. Alors moi je ne suis pas surpris que ces travailleurs, syndicalistes et élus ne veulent pas aller à la gamelle du PS au premier tour et si ils n'ont trouvé que cette voie
rien n'a empêché quiconque de leur en proposer une autre...
Quand à souligner la dilution du parti dans le Front de Gauche, j'entends d'autres choses à la base et même dans l'appareil et je constate que pour 5 régions la dilution et chose faite et
visiblement légitimée y compris par vous au nom d'une discipline qui mit le parti au garde à vous derrière un Robert Hue et autres.
Les signataires du texte 3 ont espéré un signe fort en leur direction, ils ont eu le vote de Jarny...

fraternellment


modérateur 12/02/2010 13:57


Il ne s'agit pas de soutenir les élus régionaux sortants. Il s'agit de dénoncer les intentions, d'ailleurs ouvertes, de Mélenchon et la supercherie du Front de gauche en tant qu'émancipation de la
social-démocratie.
La plupart des acteurs de ce site se sont prononcés pour des listes de rassemblement présentées par le PCF, indépendamment de la social-démocratie version PS ou version PG.
Après, la situation est tellement confuse dans ces régionales, que chaque organisation locale fait au mieux selon des circonstances qui lui sont imposées pour préserver l'avenir du PCF.


Tognolli 12/02/2010 12:22


Il fallait bien entendu comprendre que les élus PCF du Conseil Régional se sont jetés dans les bras du PS (et pas du PCF, bien au contraire!)