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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 12:32

Un compte-rendu de la première réunion du nouveau Conseil départemental du PCF Paris, le 13 janvier. Par B. Landais.

 

Pour ce qui est du rôle de direction de CD, cette première réunion a tout de suite marqué la volonté de verrouillage de Patrice Bessac et de son équipe.

 

1- Court-circuiter le Conseil Départemental

 

A l’ordre du jour figurait l’élection de l’exécutif départemental.

 

Dans son rapport introductif, Patrice Bessac a annoncé la couleur et la forme de verrouillage politique retenue.

Les prises de décision au niveau fédéral se feront dans quatre instances différentes :

-          le CD (Conseil Départemental)

-          le CED (Conseil Exécutif Départemental)

-          la réunion des secrétaires de section

-          la « coordination départementale »

 

Au sommet de la « pyramide » : la « coordination » a seule été élue. Elle regroupe neuf personnes, à qui sont attribuées des tâches précises. Elle se réunira toutes les semaines. Autant dire que c’est le véritable exécutif et la véritable direction politique.

  

L’élection de la coordination (11 voix contre) s’est déroulée sans débat sur les noms proposés. Un camarade a cependant dénoncé les pratiques de cooptation que révélait cette procédure et l’absence totale de contrôle du CD sur l’efficacité du travail mené par chacun. Alors que Patrice Bessac soulignait lui-même, dans son rapport, que « personne ne pouvait être satisfait de la manière dont fonctionnait le parti à Paris jusqu’à maintenant », les noms proposés pour l’animer quotidiennement sont étrangement similaires à ceux de l’exécutif sortant. Nous y retrouvons une écrasante majorité de camarades qui s’étaient prononcés pour la « métamorphose » du PCF, contre l’avis majoritaire des communistes. Rappelons que le secrétaire fédéral, Patrice Bessac, est lui même président de la commission nationale chargée de donner une « orientation et un contenu » à cette métamorphose.

 

Avant le congrès, exécutif et coordination étaient confondus. Au mépris de toutes les règles démocratiques, le CED n’a pas été élu lors du premier CD. Son élection est reportée au mois de février et son élaboration est laissée à l’initiative de la seule coordination.

 

Normalement, la réunion des secrétaires de section doit s’occuper prioritairement de prendre des dispositions pratiques. Cela ne semble plus devoir être le cas.

 

Le Conseil Départemental, statutairement le lieu du débat et des décisions politiques au niveau fédéral, est donc court-circuité par trois autres instances où la direction est certaine d’obtenir une adhésion sans réserve à toutes ses initiatives, de ne rencontrer aucune contradiction.

Nous y voyons une manœuvre clairement destinée à verrouiller le débat, en particulier à écarter de la décision les membres du CD qui s’opposent clairement à la poursuite de la stratégie de dilution du Parti, dont ceux élus sur la liste alternative « faire vivre et renforcer le PCF » qui avait obtenu 18% des voix au congrès départemental, malgré le filtrage des délégués.

Autres preuves de la marginalisation du CD dans l’organisation du parti à Paris : la brièveté du temps laissé à la discussion (1h15) et la rareté des réunions prévues (3 d’ici les vacances d’été ! et aucune entre le 25 mars et le 27 mai).

Pire : le relevé de décision envoyé à l’ensemble des adhérents le surlendemain de la réunion prévoit que les prochains CD seront organisés de manière à ne laisser que 30 minutes (sic!), pas plus, à la discussion. Rappelons que le CD élu compte tout de même 89 membres.

 

La direction fédérale a donc clairement choisi de faire sans le CD, par peur de l’échange et des propositions politiques que nous pourrions susciter, en opposition avec sa stratégie liquidatrice.

Elle souhaite garder les mains libres pour mener la même politique de destruction progressive de ce que représente le parti, de calculs électoralistes et de recomposition politique « à gauche ».  Loin du  rôle qu’il doit jouer dans le combat de classe.

 

2) Priorité absolue aux élections européennes

 

Dans une courte partie consacrée au mouvement social, Patrice Bessac a mentionné les « grandes initiatives » des 22, 23 et 24 janvier, censées préparer la journée de mobilisation du 29 janvier, autour des 6 axes politiques annoncés nationalement.

Nous n’avons pratiquement pas eu de temps pour en discuter, à partir de nos expériences dans les entreprises et les quartiers : ce qui aurait dû être au centre du CD. Le parti ne peut pas se contenter d’être « aux côtés » de ceux qui luttent, de tenir des réunions de la « gauche », les élus de se montrer.

Quels axes de mobilisation précis, immédiats, quelles initiatives pour donner une perspective politique aux luttes ?

 

La priorité absolue du PCF 75 ne se situe pas là mais dans la préparation des élections européennes de juin, sujet qui a occupé plus de la moitié du rapport et des débats.

Prétendant appliquer des décisions du congrès (!), les dirigeants départementaux ont appelé à investir « toute notre énergie » dans la constitution d’un « front progressiste européen » au niveau local. Sans craindre le paradoxe, plusieurs d’entre eux ont affirmé que la décision arrêtée au CN du 24 octobre et qui sera précisée lors d’une nouvelle séance du CN, le 7 février, doit être suivie d’effet dans les plus brefs délais dans les sections sans quoi elle resterait un simple « accord de sommet ». La faute aux militants !

 

Au niveau fédéral, plusieurs initiatives « ambitieuses » sont déjà prévues pour forcer l’enthousiasme des communistes et de la population pour cette stratégie électorale :

- Une commission, présidée par Ian Brossat, est chargée de lancer rapidement la constitution des « fronts progressistes européens » à Paris sur la base d’un appel de « personnalités » : « 500 Parisiens pour changer l’Union européenne »

- Autour de la Saint Valentin (14 février) une « grande fête de l’Europe sociale » (banquet, bal, débat), avec un objectif de 500 couverts, est prévue

 

Force est de constater que les contours et les objectifs de ce « front progressiste européen » n’ont jamais été ni définis ni discutés. L’ambiguïté a été maintenue entre la constitution d’une alliance électorale et le lancement d’une dynamique plus générale de recomposition politique dont les Européennes ne seraient qu’une étape.

Néanmoins, les discours de certains dirigeants fédéraux (Patrice Bessac, Nicole Borvo, Ian Brossat) ont laissé transparaître une volonté claire de s’engager dans un processus de constitution d’une nouvelle force politique. Patrice Bessac a ainsi encouragé les membres du CD à « conforter les unitaires » à l’intérieur du congrès du NPA à travers un travail de popularisation de la stratégie pour les Européennes.

Devant l’inquiétude de beaucoup de camarades face aux manœuvres de récupération du PdG et de Jean-Luc Mélenchon, il a été répondu que la tête de liste en Île-de-France serait membre du PCF (les négociations sont déjà bouclées !).

Nous avons aussi été chaudement encouragés à nous montrer à la pointe de la campagne et des initiatives unitaires pour les Européennes. Il est donc apparu où se situait clairement la préoccupation principale des dirigeants fédéraux.

Le silence des participants concernant les luttes contrastait de manière frappante avec l’enthousiasme affiché pour la préparation des élections européennes.

 

Pour l’un, il s’agit, pas moins, de se lancer à la « conquête de l’Europe ». Pour une autre, il suffit de « mettre plus en valeur le travail que font nos élus ». Tout l’avenir du parti semble subordonné à l’élection européenne.

La tonalité générale du débat est restée politicienne et électoraliste. Certaines interventions faisaient penser à un retour aux beaux jours des « collectifs antilibéraux », lorsqu’il s’agissait de commenter sans fin les manœuvres d’appareil des uns et des autres.

 

Les élections européennes sont aussi le moyen de mettre en avant un projet clairement réformiste autour du mot d’ordre de la « construction de l’Europe sociale », assorti de « contenus ambitieux », refusant le « rejet stérile » de l’UE.

A l’intérieur même du parti, une grande campagne de formation sur l’UE a été proposée par plusieurs intervenants afin de rendre plus familier aux adhérents le fonctionnement des institutions européennes.

 

Tout est cohérent. La priorité donnée à une mobilisation électorale sur un projet clairement réformiste s’intègre dans la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti : travailler à la constitution d’une nouvelle force « à gauche » sur des revendications toujours en recul tout en favorisant la démobilisation sur le front des luttes qu’aurait pu mener le parti.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans FEDERATIONS: vie du PCF
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