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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
6 décembre 2008 6 06 /12 /décembre /2008 18:41

INTERVIEW D'EMMANUEL DANG TRAN PAR LE JOURNAL RIZOSPASTIS (EDITION DU DIMANCHE 7 DECEMBRE 2008), ORGANE CENTRAL DU PARTI COMMUNISTE DE GRECE, A PROPOS DU 34ème CONGRES DU PCF


Emmanuel DANG TRAN est membre du Conseil national du PCF depuis le 33ème congrès de 2006 et secrétaire de la section du 15ème arrondissement de Paris. Il fait partie des initiateurs du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » qui a été approuvé par 25% des adhérents face à la motion de la direction sortante.

Dans les jours suivants, aura lieu le congrès de votre parti. Quelle est l'idée centrale du congrès et le but posé par les chefs du parti?

Le 34ème congrès de notre parti arrive après trois années d’affaiblissement sans précédent de son influence, aux élections (Marie-George Buffet a obtenu seulement 1,9% à la présidentielle de 2007) comme en forces organisées.

L’existence même du Parti et sa nature sont en débat.

La direction sortante analyse le recul comme la conséquence d’une « crise mondiale du communisme », de l’inadaptation à un « monde nouveau » de la forme et de la théorie des partis communistes historiques. Elle met donc à l’ordre du jour du congrès la poursuite des « transformations »  du Parti engagées depuis plusieurs congrès et notamment le 30ème en 2000. Ces transformations pourraient aller jusqu’à une « métamorphose ».

Elle veut engager le Parti dans de nouveaux reniements idéologiques et dans une recomposition politique continuant l’effacement de ce qu’il représente comme seul parti de masse et de classe révolutionnaire dans l’histoire de notre pays.

Le Parti de la gauche européenne et le parti allemand « Linke » sont les modèles. Alors même que le congrès n’a pas eu lieu et n’a pas fixé sa ligne sur l’Union européenne, la direction sortante a décidé de se fondre dans une coalition pour les élections européennes de juin avec une partie de la social-démocratie. Quelques dirigeants du Parti socialiste viennent de quitter leur parti pour créer un « Parti de la gauche ».

La section du 15ème arrondissement de Paris a pris l'initiative de faire circuler un texte, où sont exprimées des opinions différentes des choix stratégiques prises par les chefs du parti. Ce texte a été approuvé par 25% des membres du parti. Quel est son contenu exact

Nous ne sommes pas seuls ! Notre section fait partie des initiateurs du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », mais il est le résultat d’un travail collectif avec d’autres organisations du PCF qui s’étaient déjà opposées à la ligne de la direction.

L’exigence du maintien et du développement de notre parti est au cœur de notre texte. Mais il ne s’agit évidemment pas pour nous de garder simplement le nom et le sigle « PCF » tout en continuant à le laisser vider de sa substance, comme c’est le jeu de certains groupes de la direction sortante.

Notre texte pose la nécessité de rompre avec la stratégie suivie depuis les années 90 dont devons faire le bilan sans complaisance. Nous considérons qu’elle est la principale responsable du recul du Parti, aux élections mais aussi dans le mouvement social.

Pour nous, la rupture passe par le retour à une analyse de classe, marxiste, de l’économie et de la société françaises et par le retour à une conception de parti de lutte.

La perspective politique que doit porter le PCF ne peut pas être une victoire de la gauche aux élections de 2012. Elle passe par la mise en échec immédiatement de la politique au service du capital. Les mobilisations populaires sont très fortes dans notre pays et prennent de plus en plus un caractère d’intérêt général, pour les services publics, le droit du travail, la protection sociale, la défense de l’industrie… Avec la crise financière, l’idéologie dominante est affaiblie. Il est plus nécessaire que jamais que le PCF retrouve le chemin des luttes et porte une perspective révolutionnaire au lieu de continuer à se transformer en parti institutionnel « comme les autres ».

Précisément, notre parti doit rompre avec la stratégie d’alliances au sommet et avec l’alignement derrière le Parti socialiste. La participation à un gouvernement de « gauche » entre 1997 et 2002 qui a fidèlement servi les intérêts du patronat est une des premières causes de notre perte de crédibilité.

Notre parti doit retrouver un programme de rupture avec le capitalisme, notamment en remettant en avant l’exigence de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange, immédiatement de nationalisation de certains secteurs clés.

Il doit se dégager de la logique de l’intégration européenne. L’UE est un projet capitaliste depuis le départ, contradictoire avec le développement de coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que nous voulons. Notre parti ne doit pas accepter et même promouvoir l’intégration européenne, comme le font certains de ses dirigeants, mais la combattre, aider notre peuple à refuser les traités et les directives européennes. La victoire du NON en 2005 à la constitution européenne en France puis aux Pays-Bas puis en Irlande a montré les possibilités de résistance des peuples, dans une perspective internationaliste.

Au plan international, notre texte demande la remise en question de l’adhésion du PCF au PGE et un renforcement de la coopération avec les partis communistes et ouvriers du monde entier. La réunion de Sao Paulo du 21 au 23 novembre a été tout simplement passée sous silence dans notre journal l’Humanité. Nous proposons de lancer une campagne pour la sortie de la France de l’OTAN et pour le retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan. Nous appelons à une relance de la solidarité internationaliste, notamment avec Cuba.

Une grande partie de notre texte concerne l’organisation du PCF. Nous demandons en particulier que les cellules de quartier et d’entreprise, directement orientées vers la lutte, soient reconstituées et qu’elles redeviennent le lieu de souveraineté des communistes dans le Parti.

Au total, notre texte s’oppose dans toute sa cohérence aux choix stratégiques engagés depuis les congrès des années 90 et que la direction sortante veut prolonger jusqu’au bout. Un grand nombre de camarades n’ont pas voté pour notre texte, de peur notamment de montrer une nouvelle division dans un parti affaibli, mais en partagent de grandes lignes.

Selon vous quel sera la réaction des participants au congrès?

La direction sortante est en grande difficulté sur le fond. Même si les délégués au congrès ne reflèteront pas entièrement ce qui s’est exprimé dans le parti, il sera difficile de ne pas en tenir compte.

Le texte de la direction, délibérément flou et confus, esquivant tout bilan, n’a obtenu que 22.000 voix sur 134.000 adhérents revendiqués. La direction n’a pas de légitimité pour continuer à « métamorphoser » le Parti. Pour la première fois les textes alternatifs réunissent 40% des votes exprimés (15.000 voix). A côté de notre texte, un autre semblant s’opposer à la ligne de la direction, avait aussi été déposé par les adhérents d’un groupuscule trotskyste, inconnus de la plupart des camarades. Soutenu par la direction, il a servi de diversion devant la montée de notre démarche.

Notre texte a été porté par des dizaines d’organisations du Parti, cellules, sections, fédérations à travers le pays. C’est la première fois que la contestation de la stratégie de disparition du PCF part aussi largement d’organisations militantes de base. Le résultat du vote traduit une mobilisation des communistes dans plus de 50 villes ou départements. Notre texte l’a emporté dans les deux plus grandes fédérations, le Nord et le Pas-de-Calais, qui sont aussi les plus ouvrières.

Cela ne pourra pas être absent du congrès. La direction sortante, de plus en plus divisée par des luttes internes, ne pourra pas pousser les « transformations » jusqu’où elle veut.

La contestation sur le fond que nous portons avec ces camarades de toute la France, peut devenir plus visible pour servir de point de repère à des milliers de camarades isolés, dont les organisations de base ne fonctionnent plus, pour relancer l’activité communiste, la vie du Parti, un peu partout dans le pays.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans 34ème congrès - tribunes
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