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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 08:58

UN CONGRES DU PCF POUR QUOI FAIRE ?

Contribution de Roland Weyl pour le 34ème congrès - Partie 1

AVANT-PROPOS

La préparation du congrès n’invite guère à l’optimisme : un Parti Communiste ne peut être qu’un parti de combat. Cela suppose que la préparation d’un congrès soit portée par une dynamique. Or il n’apparaît que de longs textes académiques, des pensums d’objectifs limités et listés, des discussions codées entre tendances, et, en face, des réquisitoires souvent fondés mais à dominante épidermique. Il est temps que chacun s’efforce de contribuer à porter les analyses et les ambitions à la mesure des besoins.

Faut-il tout placer sous le mot d’ordre unique ou dominant que le parti doit changer ?  Bien sûr tout ce qui est  vivant est appelé à constamment changer, selon les changements de ce qui l’entoure et l’expérience qu’il engrange. Mais changer en quoi et par rapport à quoi ?    ,

On lit souvent qu’il nous faut être « un Parti moderne »  L’idéologie de la « modernité » est sans doute l’une, sinon la principale, des clefs idéologiques actuelles de la domination de classe : On a connu « l’Etat au-dessus des classes ». Il y a aujourd’hui la « modernité au-dessus des classes », occultant tous les problèmes sous les critères de l’objectivité et de capacité techniques. Certes il ne faut pas s’accrocher au passé, il faut se mettre à jour des besoins contemporains, mais « être moderne » ne veut rien dire en soi.

Le Parti a pour vocation de mener le combat de classe, qui n’est en soi que trop parfaitement moderne.

Donc, s’il doit changer, c’est dans la continuité de son combat spécifique et donc par rapport à ce qu’il est aujourd’hui.. Or certes, les résultats désastreux auxquels a conduit la « mutation » appellent à penser les choses autrement, et cela mérite une analyse. 

Il ne doit certes pas pour autant revenir à ce qu’il était avant la mutation, non par repentir, car tout n’en était pas mauvais, mais à la fois pour intégrer les leçons de ce passé et parce que le réel avec lequel il a vocation d’être aux prises a changé.

Mais si l’on part de l’idée qu’un parti communiste n’est pas une fin en soi, mais la nécessité de répondre à un besoin, il pourrait ne jamais en avoir existé et il faudrait en définir les objectifs et leurs conditions de réalisation. Le fait qu’il existe et a un passé y ajoute seulement le bénéfice de l’expérience acquise de ce qui est essentiel et de ce qui doit être évité.

La question qui se pose aujourd’hui aux communistes ne doit donc pas être  « quoi changer dans le Parti ? » mais « quel besoin y a-t-il d’un Parti Communiste et comment peut-il et doit-il y répondre ? »

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1 – POURQUOI  UN PARTI COMMUNISTE

La raison d’être d’un parti communiste est la nécessité qu’existe un outil de lutte pour ceux qui veulent en finir avec une société fondée sur l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et qui ait pour cela une culture critique ?  Il ne semble pas que ce combat ne soit plus à l’ordre du jour, que sa culture soit devenue périmée, ou que son expérience acquise soit à passer en profits et pertes.

L’argument des nécessaires rassemblements ne doit pas fourvoyer dans de fausses alternatives : C’est aux heures de sa plus grande force et de sa plus grande vitalité de parti que le PCF a été l’artisan des plus grands rassemblements/ 

Encore faut-il retrouver dans la culture jetée aux oripeaux quelle en était la philosophie, demeurée fondamentale : on rassemble d’autant plus large que l’on en réduit les objectifs à ce que le plus grand nombre a en commun. Cela peut même conduire à des rassemblements en cercles successifs : On peut rassembler à la fois 50 sur a + b,  et 100 sur a seulement.et 100 autres sur b seulement. Et pendant ce temps, le Parti lui-même garde sa liberté d’agir sur a+b+c+d.

Donc, vouloir supprimer le parti pour y substituer un rassemblement, c’est seulement supprimer le parti, puisque sa suppression n’est pas une condition du rassemblement.

De plus, il est clair que si le Parti peut avoir la liberté d’agir sur a+b+c+d et qu’on y substitue un rassemblement celui-ci sera inévitablement limité à a ou b ou a+ b ou a+b+c, car autrement  si c’était pour assurer tous les objectifs du Parti,, il n’y aurait pas besoin d’une autre base de rassemblement, cela signifie qu’on abandonne ce qui du a, du b, du c, et du d n’est pas repris par le rassemblement.

Donc oui au rassemblement (et même aux rassemblements), mais certainement pas à la place du Parti, mais au contraire non  seulement cela ne doit pas être exclusif du rôle propre du Parti mais en dépend nécessairement.

2-QUEL PARTI COMMUNISTE ?

  L’analyse de la crise du PCF et des solution à y apporter ne doit pas se focaliser sur les résultats électoraux pour en améliorer les scores ; La participation élective aux institutions est un moyen (parmi tous les autres) et non une fin. Certes, même si elle est faussée par l’idée du « vote utile », l’évolution des scores est une indication sur le crédit et l’audience du parti, mais c’est celle-ci qui doit être le critère et l’objectif essentiel, à longueur d’année dans les luttes (et à  cet égard le nombre des adhésions et des participants à nos campagnes est plus important que celui des voix recueillies dans les périodes électorales (qui d’ailleurs lui-même en est fonction).

Donc la question essentielle n’est pas « comment regagner des voix ? » mais « comment regagner des militants ? », ce qui renvoie à la fonction spécifique d’un parti communiste. En cela, le formule thorézienne du « parti pas comme les autres » est plus vraie que jamais : il n’y aurait pas besoin  d’un parti communiste s’il n’était qu’un de plus, ou s’il ne donnait pas à voir sa différence.

Essai d’analyse matérialiste de la crise actuelle

D’abord, je récuse le terme de « déclin », qui accréditerait une idée de dépérissement d’un être en fin de vie.  Le terme d’ « effondrement » traduit mieux comment une construction s’écroule pour une cause qui peut ne pas lui être substantielle, et  laisse ouverte la possibilité de reconstruction.

Plus exact encore est le terme de « perte  de crédit », qui rend compte à la fois de l’effondrement des effectifs et de celui des suffrages électoraux.

C’est cette perte de crédit dont il faut rechercher les explications..

Et il ne faut surtout pas voir dans les résultats municipaux et cantonaux un démenti et une raison de se rassurer et de penser que le temps des interrogations serait périmé.

 Ces résultats sont en effet divers et contradictoires, et tendraient au contraire à vérifier ce qui suit : les bons résultats ont été là où n’a pas été pratiquée la délégation de pouvoir mais une relation politique vivante avec la population. Et là où il y a eu échec, que ce soit par des pertes ou des non-gains, les candidats locaux ont manifestement pâti de l’absence d’image nationale. Plus particulièrement, 1) il est permis de penser que les abstentionnistes sont en grande partie ceux que n ous ne mobilisons pas, 2) les primaires en Seine St Denis n’auraient jamais permis la victoire des socialistes si le Parti n’apparaissait pas avec une différenciation si faible qu’elle est ressentie comme une affaire de boutique.    

                  Les mauvaises explications :

La malédiction du passé : le «  stalinisme » du Parti, la solitude sectaire, le rapport à l’URSS 

 La pratique du Parti a certes connu des défauts, mais n’a jamais été ce que veulent bien en dire des oracles qui ne l’ont pas vécue et sont simplement sur la défensive devant les campagnes habituelles des adversaires de classe.

Le Parti était beaucoup plus solitaire dans les années 30 et c’est le moment où il s’est développé, précisément sur la basse de sa différence.

C’est pour les élections présidentielles de 1969 qu’il a obtenu son meilleur score électoral. Pourtant,

1) on connaissait tout du stalinisme en URSS,

2) le Parti ayant seul voté d’abord contre la constitution de 1958, puis contre l’élection du Président de la République au suffrage universel,

3) il était plus seul que jamais, s’était retrouvé en 1968 à lutter sur deux fronts contre la droite et contre le gauchisme (et y compris en son sein contre Garaudy sur sa droite et J. Vermeersch sur sa gauche), et venant d’être exclu des tractations du PS et de Mendès-France  

4) en fait de discrédit pour « stalinisme » interne, le candidat était celui qui avait fait applaudir Staline à Wagram après le 20è congrès du PCUS.

Obsolescence exigerait de faire autre chose correspondant aux nécessités nouvelles

La mystique de la modernité est un produit de l’idéologie dominante : combinée de technicisme, et se développant sur le terrain favorable dé la révolution scientifique et technique et du développement de forces productives, elle prend le relais des diversions religieuses ou réformistes pour occulter l’enjeu dominant des rapports de classe (avant-hier, la religion au-dessus des classes, hier l’Etat au-dessus des classes, et aujourd’hui la technique et la modernité au-dessus des classes)’ 

Pourtant plus que jamais l’essentiel demeure l’exploitation de l’Homme par l’Homme, donc l’antagonisme entre exploitants et exploités. Ce qui change est 1) la ligne de front qui n’est plus seulement entre prolétariat et bourgeoisie de masse, mais entre peuples et capital mondialisé, 2) le mode d’exploitation (révolution informatique et médiatique). Cela peut conduite un parti communiste à réfléchir sur ses moyens d’action et sur son champ d’écoute et d’organisation, mais ne change rien à la nécessité de son existence originale comme parti de lutte de classe, et plus que jamais sur sa base spécifique unissant classe, nation et internationalisme.

Donc ni la malédiction du passé ni l’obsolescence ne sont des explications valides, et il faut en chercher d‘autres.

                 Quelques pistes d’explications

La compromission avec les socialistes.

Force est de constater que c’est avec les élection de 1981 que l’érosion a commencé à se manifester dans l’électorat, entraînant en spirale l’érosion dans les effectifs par perte de confiance. D’où une propension à inculper principalement la compromission avec le PS.

L’érosion a d’abord fonctionné au profit du « vote utile » ::dès lors que le programme était le même, aucune raison de voter plutôt pour le parti.,.

Il s’est aggravé d’une prétendue nécessité de solidarité gouvernementale qui exigeait de mettre une sourdine aux actions pour ne pas gêner nos ministres.

Pourtant on aurait pou participer au gouvernement et ne pas pour autant relâcher l’action.

Il y a eu là la première amorce d’une autre dérive : la délégation de pouvoir.

La dérive de la délégation de pouvoir

C’est elle qui se manifeste déjà à l’occasion du programme commun.

L’idée en avait été lancée déjà par Waldeck Rochet, et elle pouvait prospérer si ce programme avait été une référence de luttes populaires. Mais c’était sous-estimer les méfaits qu’avait déjà causés dans la conscience populaire (et chez les militants) la délégation de pouvoir, produit combiné des institutions de la 5è et de l’influence idéologique de la révolution scientifique et technique.

De façon constante et notamment dans son discours du Congrès d’Ivry en 1945 Maurice Thorez avait dénoncé la tendance habituelle du Parti à pratiquer l’union à la tête au préjudice de l’union à la base, en lançant notamment cette phrase célèbre : «  L’union à la base toujours,  l’Union à la base et à la tête quelque fois, l’union à la tête seulement jamais ».

Or le programme commun a fonctionné comme un accord dont l’application était déléguée aux états-majors politiques.

Cependant, le mal n’était encore pas structurel, et n’affectait que le niveau tactique et non le niveau stratégique, et pouvait donc être redressé.

Vint alors la mutation

Avec la mutation, on passe de l’erreur tactique possiblement passagère à la remise en cause stratégique et structurelle, qui va marquer non plus seulement une aggravation quantitative du glissement mais un « bond en arrière » de nature qualitative et substantielle.

On ne peut pas s’étonner de la chute vertigineuse de crédit du Parti, quand c’est sa direction elle-même qui la nourrit.

En effet, elle se caractérise par une répudiation de tout le passé, au nom des mêmes arguments qui ont toujours rassemblé contre lui l’adversaire de classe de la droite et les collaborateurs de classe de la social-démocratie (au point de les trouver ensemble à la tête des incendiaires des sièges en 1956).

Pour tout rénover, on va commencer par démanteler ses structures et supprimer les écoles. Et la dominante est de refaire à l’envers un congrès de Tours, que l’on caricature en allégeance  à Moscou, alors qu’il est d’abord celui d’un Parti Socialiste de l’époque qui sous l’impulsion  de « la génération du feu ». purge la trahison de ses dirigeants compromis dans « l’Union Sacrée ».

Pourquoi ce virage à 180 degrés ?

En tant que marxistes, il faut essayer d’en faire une analyse matérialiste et d’en dégager des raisons objectives, où plusieurs ingrédients vont s’alimenter mutuellement :

D’abord une évidence chronologique :

La « mutation »  est contemporaine de l’effondrement de l’URSS, et tout se passe comme si c’était un  soulagement. En tout cas il va falloir faire avec (ou « sans »).

Enfin on est débarrassé de cette compromission et on va même peut-être pouvoir redevenir fréquentable, à condition de bien marquer qu’on a soi-même tourné la page, et qu’on a pris la mesure de sa propre culpabilité. Ainsi espère-t-on avoir l’absolution.

Déjà au lendemain de 1968, quand des esprits distingués d’une certaine gauche ne nous invitaient-ils pas à être « crédibles », en étant moins propagandistes et dogmatiques ?..

Et pour être crédibles,tant qu’à faire, faisons amende honorable sur notre propre passé, en le marquant le plus spectaculairement possible, avec l’abandon des références théoriques, grevées de l’anathème de dogmatisme », et la structure des cellules, grevée de « militarisme ».

Tout cela est facilité par la pénétration de l’idéologie dominante.

Il a toujours été de l’éducation du Parti de se rappeler que l’idéologie dominante est en éternel retour et que le Parti ne peut pas y être imperméable.

L’idéologie de la modernité dont on a déjà noté qu’elle est objectivement secrétée par le développement des forces productives va favoriser l’idée que le Parti tel qu’il est est une vieillerie dépassée, et offrir un alibi rêvé pour se débarrasser de cet encombrant passé et se montrer différents et blancs comme neige.

Cette idéologie générant des déviances technicistes par spécialités et une nouvelle division du travail, qui est une division des compétences, va reprendre, actualisée, la vieille idéologie bourgeoise « laissez faire la politique à ceux qui savent », va secréter une professionnalisation de la politique (avec dichotomie entre classe politique et « société civile »).

A partir de quoi, tous les repères mis au musée des antiquités, va demeurer, lancinante, la perception immédiate des problèmes tels qu’ils s’expriment en surface avec les reculs électoraux.

Et la gestion de la crise va se polariser sur les critères électoraux et les recettes électoralistes.

La même image électoraliste et politicienne que tous les autres

Le raisonnement va être simple : pour avoir des voix, il faut plaire aux électeurs, donc penser comme eux. .

Déjà dans « le Défi démocratique », rompant avec la tradition d’affirmer la fierté de notre différence, Georges Marchais s’emploie à rassurer en protestant que nous sommes un parti comme les autres

Mais cette fois on va plus loin : Si la priorité est dans les enjeux électoraux, et s’il ne faut pas choquer les électeurs, en tenant un discours à contre-courant

En parfaite cohérence, la tactique va prévaloir sur la stratégie. Et on va apparaître comme, s’orientant au coup par coup non en fonction d’une boussole que l’on peut donner à voir, mais en fonction de ce que l’on pense pouvoir attendre d’habiletés circonstancielles. C’est la définition  même de l’opportunisme.

La même délégation de pouvoir démobilisatrice

Enfin,  par nature, une telle option est en dépendance exclusive de manœuvres d’état-major, comportant tous les marchandages au sommet, et l’accréditation de l’entrée dans le club de la politique politicienne, avec donc un  renvoi à une aggravation constante du discrédit, à partir de cette idée simple que si le Parti Communiste est et fait comme les autres, on peut se demander quelle est sa raison d’être et quelles raisons peut-on avoir de lui faire confiance.

Il en résulte que, alors qu’autrefois le Parti était identifiable par le fait qu’il ne pensait pas comme les autres, qu’il apparaissait souvent comme ayant le seul tort  d’avoir une raison trop tôt, mais permettant de faire à l’épreuve des faits la vérification qu’il avait raison, que l’on était en quête de ses analyses parce qu’elles étaient différentes, son insertion dans une sorte de pensée unique de la « gauche » lui retire toute raison d’exister.

De plus, cet électoralisme délégataire qui ne s’investit plus dans les luttes fait perdre au Parti le crédit que lui valait d’être d’abord un animateur de mouvement populaire. Et en corollaire il a perdu une de ses vertus essentielles, l’élément passionnel tout ce que contenait « le mot camarade ». En croyant devoir se plier à l’ultimatum d’être « raisonnable », on est dépouillé de la dimension affective qui était un indispensable ferment d’intense humanité et  d’engagement dans les luttes. On a remplacé la confiance en l’avenir en une inquiétude permanente.

Du révolutionnaire au gestionnaire :

De cette débâcle doctrinale a découlé tout normalement une débâcle de la relation aux masses populaires et se caractérise globalement et sous tous ses aspects par la délégation de pouvoir et la réduction à des différenciations gestionnaires.

La dernière campagne des présidentielles en aura été une illustration typique :

Alors qu’autrefois, les dirigeants communistes disaient toujours « Nous », ils disent aujourd’hui « Je ». Les propositions ne sont plus celles « du PCF » mais de Robert Hue puis de Marie-George Buffet.

Au surplus la méthode consistant à présenter des listes de propositions de réformes pont par point, et souvent de réformettes ne donne pas à voir et à choisir de grands axes de lutte, et les « propositions » se présentent comme la collection que propose un représentant de commerce.

Par leur nature et leur contenu elles dépassent rarement un niveau gestionnaire « ce que je ferais si j’étais au gouvernement »)

Extériorisation du rapport à la population et aux militants eux-mêmes

Enfin, les campagnes, de façon générale ne consistent plus à organiser des luttes et à les  alimenter, mais à s’adresser aux gens en leur disant « voilà ce que nous vous offrons de faire pour vous »., ce qui dans le meilleur des cas constitue un appel à la délégation de pouvoir au Parti.

Au demeurant, tout le rapport aux forces populaires est marqué de cette démarche : Quand on fait des assemblées et des forums, ce n’est pas pour organiser l’action, mais pour « consulter » la population sur ce qu’on doit faire. C’est d’ailleurs bien ce que signifie le mot d’ordre de « démocratie participative ». « Participer » n’est pas « diriger ». La « démocratie participative veut dire qu’on laisse une place à la base pour prendre une part, mais seulement une part.

Le fonctionnement interne lui-même en est marqué : me prétendu démocratisme qui consiste à inviter les communistes à donner leur avis par référendum interne, ou en répondant à des questionnaires est une officialisation de la délégation de pouvoir puisqu’elle réduit le militant à répondre aux questions que la direction décide de lui poser pour ensuite en tenir compte ou non dans son action.

Les masses populaires sont « mutées » en clientèle potentielle et les militants comme des instruments de ce clientélisme. Il est normal que dans ces conditions le corps dépérissent et que peu à peu ne reste que la tête, pour qui l’étiquette n’est plus que la marque de référence dans les compétitions politiciennes de sommet.

Il est également normal que puisse se poser alors la question de la raison de maintenir l’existence d’un Parti dépouillé de toutes ses justifications spécifiques

La logique de la dynamique liquidatrice

Cette analyse n’implique pas nécessairement une perversion des acteurs de cette dérive. Sans aucun doute il y a des cas individuels pour lesquels  elle a favorisé tous les carriérismes propres aux Partis bourgeois, mais jusque là étrangers au Parti. Mais de façon générale, il faut faire à ces acteurs le crédit de la bonne foi et de la bonne volonté. Sans aucun doute veulent-ils et croient-ils être utiles. C’est là encore une des caractéristiques de l’opportunisme.

Il est vrai que l’autre caractéristique est que, depuis près de 20 ans que la dérive a fait ses ravages, bon nombre de ceux-là n’ont rien connu de ce passé qu’ils vilipendent  à l’aulne de ce qui leur en est raconté par ceux qu’il leur est plus commode d’écouter.    

Et aussi que depuis 20 ans, ils ont complètement oublié (quand jamais ils les ont connus) les repères fondamentaux de la  culture politique que tout un héritage enrichi de 70 ans d’expérience avait valu au Parti, et qu’on s’est mis en devoir d’oublier au prétexte de faire peau neuve.

Pourtant les résultats devraient les inciter à réfléchir, car, bonne foi ou non, bonne volonté ou non, il leur fait bien faire le constat que ce qu’ils croyaient être utile a été nuisible, que ce qui est en échec n’est pas le Parti mais ce qu’ils en ont fait.

Il est donc vrai que le moment est venu de tout remettre à plat pour faire le bilan et en tirer les conséquences.

Mais le choix n’est pas alors entre liquider le Parti ou le garder tel qu’il est, mais entre liquider le Parti, ce qui ne serait jamais que finaliser le processus engagé depuis 20 ans, ou en  finir avec la dérive, et refaire du Parti ce qu’il doit être.

 

Lien vers la partie 2

 

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commentaires

pierre caumont Pedrito communista 25/09/2008 22:29

En finir avec la dérive : mais les responsables de la dérive n'ont pas l'air d'avoir conscience de leur responsabilité, justement, puisqu'ils s'obstinent à se coucher devanr une machine électorale ps qui n'est PAS DE GAUCHE !!! Et l'HUMA qui continue de faire référence à cette GÔCHE CAVIAR ! CA SUFFIT !!!