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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:18

A l’occasion du 40ème anniversaire de la mort d’Ho Chi Minh, nous publions ces deux textes historiques de cette grande figure du mouvement communiste international.

 

 

 « Discours au Congrès de Tours » du Parti socialiste français (décembre 1920).

 

Ho Chi Minh (Nguyen Ai Quoc), est délégué du Parti pour l’Indochine.

Il se prononce, avec la majorité, pour la création du Parti communiste français dont il est ainsi l’un des fondateurs.

Son intervention attire l’attention sur la situation en Indochine et les crimes du colonialisme.

Elle montre combien l’anticolonialisme, actif dans le soutien aux mouvements libérateurs, fait partie de la raison d’être de notre parti depuis sa naissance comme du mouvement communiste international.

Elle indique déjà comment le marxisme et le léninisme seront les atouts déterminants de la lutte du peuple vietnamien pour sa liberté.

 

Le Président. — L’Indochine a la parole. (Applaudissements).

 

Le Délégué d’Indochine [Nguyen Ai Quoc]. — Camarades, j’aurais voulu venir aujourd’hui collaborer avec vous à l’œuvre de révolution mondiale, mais c’est avec la plus grande tristesse et la plus profonde désolation que je viens aujourd’hui, comme socialiste, protester contre les crimes abominables commis dans mon pays d’origine. (Très bien!).

Vous savez que depuis un demi-siècle le capitalisme français est venu en Indochine; il nous a conquis avec la pointe des baïonnettes et au nom du capitalisme. Depuis lors, non seulement nous somme honteusement opprimés et exploités, mais encore affreusement martyrisés et empoisonnés. Entre parenthèses, je soulignerai ce mot « empoisonnés », par l’opium, l’alcool, etc.

Il m’est impossible, en quelques minutes, de vous démontrer toutes les atrocités commises en Indochine par les bandits du capital. Plus nombreuses que les écoles, les prisons sont toujours ouvertes et effroyablement peuplées. Tout indigène réputé avoir des idées socialistes est enfermé et parfois mis à mort sans jugement. C’est la justice dite indochinoise, car là-bas il y a deux poids et deux mesures; les Annamites n’ont pas les mêmes garanties que les Européens ou les européanisés.

La liberté de presse et d’opinion n’existe pas pour nous, pas plus que la liberté de réunion ou d’association. Nous n’avons pas le droit d’émigrer ou de voyager à l’étranger; nous vivons dans l’ignorance la plus noire car nous n’avons pas la liberté d’enseignement. En Indochine, on fait tout ce qu’on peut pour nous intoxiquer avec l’opium et pour nous abrutir avec l’alcool. On a fait mourir plusieurs milliers d’Annamites et on a fait massacrer plusieurs milliers d’autres pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs.

Voilà, camarades, comment plus de vingt millions d’Annamites, qui représentent plus de la moitié de la population de la France, sont traités. Et pourtant ces Annamites sont des protégés de la France. (Applaudissements). Le Parti socialiste se doit de mener une action efficace en faveur des indigènes opprimés. (Bravos).

 

Jean Longuet. — Je suis intervenu pour défendre les indigènes!

 

Le Délégué d’Indochine. — J’ai imposé, en commençant, la dictature du silence... (Rires). Le Parti doit faire une propagande socialiste dans toutes les colonies. Nous voyons dans l’adhésion à la IIIe Internationale la promesse formelle du Parti socialiste de donner enfin aux questions coloniales l’importance qu’elles méritent. Nous avons été très heureux d’apprendre la création d’une délégation permanente pour l’Afrique du Nord et nous serons heureux demain si le Parti envoie un camarade socialiste étudier sur place, en Indochine, les problèmes qui se présentent et l’action à mener.

 

Un délégué. — Avec le camarade Enver Pacha?

 

Le Délégué d’Indochine.— Silence, les parlementaires! (Applaudissements).

 

Le Président. — Et maintenant, silence les autres délégués, même non parlementaires!

 

Le Délégué d’Indochine.— Au nom de l’humanité tout entière, au nom de tous les socialistes, ceux de droite et ceux de gauche, nous vous disons: camarades, sauvez-nous!

 

Le Président. — Le représentant de l’Indochine a pu voir par les applaudissements qui l’ont salué, que le Parti socialiste tout entier est avec lui pour protester contre les crimes de la bourgeoisie.

 

 

 

Appel à l’occasion de la fondation du Parti communiste vietnamien, Hong Kong, 18 février 1930

 

 

Ouvriers, paysans, soldats, jeunes gens, élèves des écoles, compatriotes opprimés et exploités, amis, camarades, les contradictions de l’impérialisme ont provoqué la guerre mondiale de 1914-1918. Après cet horrible carnage, le monde s’est divisé en deux fronts : d’un côté le front révolutionnaire englobant les peuples coloniaux opprimés et le prolétariat mondial exploité et dont l’Union soviétique est l’avant-garde. De l’autre, le front contre-révolutionnaire du capitalisme international et de l’impérialisme dont l’état-major général est la Société des Nations.

 

Cette guerre a causé aux peuples des pertes incalculables en hommes et en biens. C’est l’impérialisme français qui en a le plus souffert. C’est pourquoi, afin de restaurer les forces du capitalisme en France, les impérialistes français ont eu recours aux moyens les plus perfides pour intensifier l’exploitation capitaliste en Indochine. Ils créent de nouvelles usines pour exploiter les ouvriers en leur payant un salaire de famine. Ils volent les terres de nos paysans pour créer des plantations, acculant ainsi la paysannerie à une misère affreuse. Ils nous écrasent sous une fiscalité exorbitante, et nous obligent à acheter des bons d’emprunt. Bref, ils acculent notre peuple à la misère.

Ils accroissent leurs forces militaires d’abord pour étouffer la révolution vietnamienne. Ensuite pour préparer une nouvelle guerre impérialiste dans le Pacifique en vue de conquérir de nouvelles colonies, troisièmement, en vue de réprimer la révolution chinoise. Enfin quatrièmement, pour attaquer l’Union soviétique, parce qu’elle aide les peuples opprimés et le prolétariat exploité à faire la révolution.

La deuxième guerre mondiale éclatera. Il est certain que les impérialistes français conduiront alors notre peuple à une tuerie d’une horreur sans précédent. Si nous leur laissons les mains libres pour préparer cette guerre, si nous les laissons combattre la révolution chinoise, et attaquer l’Union soviétique, juguler la révolution vietnamienne, ne serait-ce pas les laisser balayer notre race de la surface de la terre et noyer notre nation dans l’Océan pacifique ?

Toutefois, l’oppression barbare et l’exploitation féroce des colonialistes français ont réveillé la conscience de nos compatriotes. Tous ont réalisé que seule la révolution nous permettra de vivre et que sans la révolution, nous sommes condamnés à une mort lente et misérable. C’est précisément pour cette raison que le mouvement révolutionnaire grandit et se renforce chaque jour : les ouvriers font grève, les paysans réclament la terre, les élèves font la grève des cours, les commerçants la grève du marché. Partout, les masses se redressent contre les impérialistes français qui tremblent devant la révolution montante. De leur côté, ils utilisent, d’une part, les féodaux et les bourgeois compradors, pour opprimer et exploiter leurs compatriotes, d’autre part, ils terrorisent, jettent en prison et massacrent en masse les révolutionnaires vietnamiens.

Mais s’ils croient pouvoir juguler la révolution vietnamienne par la terreur, ils commettent une erreur grossière.

Premièrement, la Révolution vietnamienne n’est pas isolée, elle bénéficie du soutien du prolétariat international et tout particulièrement de la classe ouvrière française. En second lieu, c’est précisément au moment où les colonialistes redoublent leur menée terroriste que les communistes vietnamiens, auparavant divisés s’unissent tous dans un seul parti, le Parti communiste vietnamien, pour diriger la lutte révolutionnaire de notre peuple tout entier.

Ouvriers, paysans, soldats, jeunes gens, écoliers !

Compatriotes opprimés et exploités !

La Parti communiste vietnamien est fondé. C’est le parti de la classe ouvrière. Sous sa conduite, le prolétariat dirigera la révolution dans l’intérêt de tous les opprimés et les exploités. Dès maintenant, notre devoir est d’adhérer au parti, de l’aider et de le suivre pour réaliser les mots d’ordre suivants :

1-       Renverser l’impérialisme français, la féodalité et la bourgeoisie réactionnaire du Vietnam.

2-       Conquérir l’indépendance complète de l’Indochine,

3-       Former le gouvernement des ouvriers, des paysans et des soldats,

4-       Confisquer les banques et autres entreprises impérialistes et les placer sous le contrôle du gouvernement des ouvriers, des paysans et des soldats,

5-       Confisquer toutes les plantations et autres propriétés des impérialistes et des bourgeois réactionnaires vietnamiens pour les distribuer aux paysans pauvres,

6-       Appliquer la journée de travail de 8 heures,

7-       Abolir les emprunts forcés, la capitation et les taxes iniques qui frappent les pauvres,

8-       Réaliser les libertés démocratiques pour les masses,

9-       Dispenser l’instruction à tous,

10-    Réaliser l’égalité entre l’homme et la femme.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Assumons l'histoire du PCF
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