Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A LA UNE

NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:28

Le parti communiste (KKE) a confirmé son statut de troisième force politique de Grèce à l’occasion des élections européennes du 7 juin. Avec 8,35% des voix, il progresse sur son résultat des élections législatives de 2007 (7,55%) tout en restant en retrait sur son résultat des européennes de 2004 (9,39%).

En Grèce également, l’abstention de défiance vis-à-vis de l’UE a progressé, atteignant 47%. Mais contrairement à la plupart des autres pays, le parti de l’alternance à la droite au pouvoir, le PASOK social-démocrate, augmente légèrement son résultat et arrive en tête (36,7%). L’extrême-droite progresse de 4 à 7%.

 

Le KKE juge son résultat électoral satisfaisant en prenant soin d’analyser précisément le contexte politique.

Indéniablement, l’ancrage dans les luttes du KKE comme des syndicats PAME dans lesquels il joue un rôle d’animation essentiel, contre les effets et les causes de la crise du capitalisme, est reconnu par les travailleurs. A nouveau, le KKE a porté clairement et courageusement ses positions à l’égard des partis de l’alternance et de l’absence de perspective d’alternative du côté de la « gauche » institutionnelle. Sur l’UE, il est tout aussi clair : rejet de l’UE du capital, aucune illusion sur les soi-disant apports de l’UE au développement du pays.

Le KKE a su aussi déjouer les attaques politiques directement portées contre lui avant le scrutin, des campagnes anticommunistes, une diffamation sur son fonctionnement.

 

Parmi elles, la tentative des media et des partis dominants d’ériger la formation Syriza comme troisième parti du pays a lamentablement échoué. Un temps donné à 18%, Syriza se retrouve à 4,6% soit sensiblement le même résultat que le parti de gauche Synapsismos, seul, en 2004.

Syriza est une coalition de « gauche » composée d’éléments qui ont quitté le parti communiste « sur la droite » depuis 1991 (Synapsismos), de trotskystes, de personnalités élues ou associatives. Elle prétend se donner une image moderne avec son parti-pris sociétal et mouvementiste. Son jeune secrétaire est mis en avant complaisamment par les media un peu comme Olivier Besancenot, avec lequel il est souvent comparé, « en plus bobo ». Sa perspective est celle de rassemblements « antilibéraux » à gauche tantôt avec, tantôt sans le Pasok. C’est toutefois principalement un parti d’élus dépendant de ce dernier. De façon cohérente, il s’inscrit pleinement dans une démarche favorable à une intégration européenne imaginant une UE miraculeusement rendue « sociale ».

 

Syriza fait partie du Parti de la gauche européenne, le PGE, dont il est clair en Grèce qu’il s’oppose au mouvement et au parti communistes, sur le fond comme sur la stratégie.

L’exemple grec, comme celui d’autres pays, doit contribuer à faire réfléchir les communistes français sur certaines évolutions voulues du PCF dans le sens du PGE.

En tout état de cause, nous appelons à ce que le PCF, les communistes français, reprennent des échanges beaucoup plus étroits avec nos camarades grecs du KKE. Nous avons tout à y gagner.

 

Rédaction de vivelepcf

 

 

Sur le résultat des élections en Grèce – un communiqué du KKE

 

Communiqué de la Section des relations internationales du KKE,  tiré du communiqué du rapport du Comité Central du KKE

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

En Grèce 27 listes ont été présentées par différents partis politiques et organisations lors de ces élections européennes. Le KKE a obtenu 428 283 voix, soit 8,35% des suffrages exprimés, ce qui a permis l'élection de 2 de ses membres au Parlement européen (pour cette législature, le nombre de mandats européens grecs a été réduit à 22 contre 24 auparavant).

 

On a relevé un taux élevé d'abstention lors de ces élections, près de 47%, qui a entraîné une diminution du nombre de voix obtenu par tous les partis par rapport aux résultats des élections législatives de 2007 et des élections européennes de 2004.

 

Ce 8 juin, le Comité central s'est réuni pour faire une première évaluation du résultat des élections européennes du 7 juin 2009. Le Comité central a synthétisé ses premières conclusions et a encouragé le lancement d'un processus de discussion à l'intérieur du parti et, plus largement, avec les amis et sympathisants du Parti aussi bien qu'avec toutes celles et ceux qui ont travaillé avec le Parti et lutté à ses côtés.

 

Le Comité central a présenté ses salutations militantes aux membres du Parti et à la KNE [organisation de jeunesse - NdT], aux amis et sympathisants du Parti, à toutes celles et ceux qui ont travaillé dur et ont lutté aux côtés des communistes lors de cette bataille électorale. Il a noté que: « l'action politique de masse, aux multiples facettes, menée par le Parti dans des conditions particulièrement difficiles, sur lesquelles ont pesé la crise économique et la stratégie sophistiquée mise en place par le système pour canaliser la colère populaire, constitue une base importante ouvrant la voie à de nouvelles expériences positives ».

 

Par ailleurs, le Comité central considère que « ces élections se rapprochent, dans une large mesure, de la tournure qu'avait prise la bataille électorale pour les législatives. Cette campagne électorale a été la plus difficile et la plus compliquée que nous ayons eu à mener au cours des 25 dernières années. Elle s'est déroulée dans le contexte d'une crise économique dont les effets sur les consciences et l'attitude des travailleurs sont contradictoires. Le point de repère valable pour juger du résultat de cette campagne électorale est d’abord les élections législatives et dans une moindre mesure les élections européennes de 2004 qui s’étaient déroulées après les élections législatives et dans des conditions politiques différentes ».

 

Le Comité central a souligné le fait que le KKE a réussi à faire face à la stratégie élaborée dans les rangs du système pendant la période 2007-2009 jusqu'à la veille de ces élections qui visait à porter un coup politique et électoral au KKE et à le déloger de sa position de troisième force politique du pays. En plus des attaques violentes venant des grands médias, il y a eu aussi ces efforts continus, par le biais de sondages montés de toute pièce, pour démontrer qu'il y aurait un recul tel de la force politique du KKE qu'il serait dépassé soit par SYRIZA, cette masse informe représentative de la « nouvelle gauche », soit par le « nouveau » parti des Verts/Ecologistes.

En même temps, les directions du parti d'extrême-droite LAOS (Rassemblement Populaire Orthodoxe) et du parti social-démocrate PASOK lançaient une attaque choquante contre le KKE. Ils ont tenté, sans fournir aucune preuve et en ayant recours à la calomnie et au mensonge, de salir le KKE et de le présenter comme étant impliqué dans les scandales qui ont ébranlé les partis bourgeois au cours des dernières années. Ils cherchaient à s'attaquer à la réputation de haute moralité reconnue aux communistes et à la confiance dont ils jouissent parmi le peuple.

 

Cette offensive anticommuniste s'est déroulée au moment où il est avéré que la ND comme le PASOK sont mouillés dans des scandales et où une bonne partie du peuple est déçue par les conséquences des restructurations capitalistes et plus généralement par les politiques de l'UE. Cette campagne de calomnie s'est mise en place avec le soutien actif ou, dans certains cas, avec la bienveillance, des autres partis aussi bien que d'une partie des médias.

Cependant, l'anticommunisme n'est pas un phénomène grec; on retrouve ses sources au sein des institutions européennes et dans la majorité des Etats-membres, à travers l'équation fascisme=communisme et les persécutions dont les communistes sont l'objet dans plusieurs pays.

 

Dans une large mesure, cette offensive a échoué. Toutefois, elle a pu poser des obstacles à la dynamique du Parti dans un contexte d'abstention massive.

 

Le Communiqué du Comité central souligne que l'escalade dans cette attaque a été motivée en particulier par la réaffirmation de l'unité politique et idéologique du Parti, encore approfondie lors du 18ème congrès, avec l'effort qui a été fait pour tirer des conclusions et des leçons des voies prises par la construction du socialisme au 20ème siècle, ce qui constitue le point de départ pour un renouveau de la lutte pour le socialisme.

 

Le KKE a affronté directement les provocations, prouvant son expérience, sa force et sa capacité de résistance. Il a empêché, dans une certaine mesure, que le vote de résistance et de contre-attaque soit canalisé vers des partis protestataires inoffensifs que la classe dirigeante utilise comme des barrières à la radicalisation du peuple.

 

Le Comité Central du KKE juge que « le résultat final obtenu par le KKE est positif si on prend en considération les éléments mentionnés ci-dessus ».

Nous sommes parvenus à la conclusion qu'une « proportion notable de celles et ceux qui ont voté pour le KKE ces dernières années, en particulier aux  élections de 2007, sont de nouveaux électeurs avec qui nous n'avons pas réussi à rentrer en contact depuis, pour étendre et intensifier nos liens avec eux et, bien sûr, afin qu'ils prennent part de manière plus systématique aux luttes. Nous devons développer ces liens politiques et idéologiques, mutuels et étroits, qui consistuent le plus important facteur de résistance dans des conditions aussi difficiles et complexes. »

 

Entre autres, le Comité central fait remarquer que « le résultat électoral et la situation générale nous contraignent à la plus extrême vigilance. Pas de répit. L'establishment économique et politique dans le pays et les centres impérialistes n'abandonneront pas facilement leur objectif qui est de porter un coup décisif au KKE. L'offensive anticommuniste va continuer avec ces sales coups, par tous les moyens possibles et imaginables. Ils visent à porter atteinte à la dynamique du KKE et principalement au rôle qu'il peut jouer dans un avenir proche dans l'organisation des luttes de classe qui sont l'élément moteur de toute évolution positive. »

De plus, le Comité central du KKE considère que « dans la période qui s'annonce, l'offensive contre les travailleurs, les droits du peuple et le KKE va s'intensifier,  tout comme les attaques calomnieuses et diffamatoires visant à nous intimider. La résistance, la contre-offensive et le renforcement des convergences essentielles, idéologiques et politiques, partiront du mouvement ouvrier et plus généralement du mouvement populaire, à travers divers moyens d'expression. Les liens du Parti avec la classe ouvrière et les couches populaires, aussi bien que les liens qu'entretiennent les militants du parti avec les adhérents et plus généralement avec les travailleurs doivent être renforcés et approfondis » (…).

 

« Aujourd'hui, plus que jamais, l’importance décisive de la lutte collective organisée ressort. La colère individuelle, les tentatives de chacun pour trouver des solutions individuelles à l'impasse dans laquelle tous sont placés ne sont pas seulement inefficaces mais sont aussi préjudiciables car elles  repoussent la perspective de la lutte qui doit être menée aujourd'hui, tout en entretenant des illusions et une certaine fatalité.

Notre responsabilité collective est importante, même si, pour que cette lutte puisse être menée et soit victorieuse, elle doit reposer sur une prise de conscience individuelle, sur la contribution constante de chaque communiste, de chaque membre de la KNE, de chaque personne qui lutte ».

 

Le Comité central exprime la nécessité, dans un esprit d'optimisme militant, « d'évaluer les difficultés et les opportunités rencontrées dans l'action militante quotidienne selon la stratégie du Parti et les conditions particulières de chaque secteur, industrie et région. Nous en appelons à la classe ouvrière au sens large, les travailleurs, indépendamment de leurs croyances et de leurs préférences politiques, à défendre le KKE contre les attaques calomnieuses dont il est victime en prenant en compte que la campagne et l'hystérie anticommunistes porte également atteinte au mouvement populaire en général. »

 

Section des Relations Internationales du KKE

 

Traduit de l'anglais depuis le site: http://inter.kke.gr/

Partager cet article

Repost 0
Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Mouvement communiste international
commenter cet article

commentaires