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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 18:31

Conseil national du PCF des 5 et 6 septembre 2008 

34ème congrès du PCF: intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Le pré-projet de base commune de discussion nous a été communiqué seulement avant-hier. Il ne correspond absolument pas à ce dont les communistes sont en droit d’attendre de leur direction et à ce dont le PCF a besoin.

Nous avons déjà fait l’expérience du caractère bâtard de ce texte prévu par les statuts [adoptés en 2000] : à la fois base de discussion, supposée ne pas trancher les questions, et motion porteuse de la ligne de la direction sortante.

Je considère qu’il constitue une base de discussion irrecevable parce qu’elle fait l’impasse sur des éléments essentiels à soumettre au débat, à commencer par le bilan de la stratégie mise en œuvre depuis les congrès précédents. J’estime que la ligne politique que porte ce texte, la continuité, est dangereuse pour l’avenir du parti.

Amnésie, anesthésie et fuite en avant : voilà les trois caractères de ce projet de base commune.

Les choix repris au 33ème congrès, dans la suite du processus de « mutation » engagé dans le congrès précédents, ont fait la preuve de l’échec. Le 1,9% des présidentielles l’a sanctionné sans appel sur le plan électoral. Mais surtout, cette ligne a privé l’intensification des luttes depuis 1995 et la montée de la contestation du capitalisme de l’outil politique à leur service que le PCF doit être.

Comment une base de congrès peut-elle s’abstenir de présenter un bilan des choix stratégiques qui ont été faits ? Ils sont précis : celui d’effacer l’identité de notre parti, celui de donner la priorité à la présence dans les institutions sur l’action dans le mouvement populaire, ce qui a conduit à la satellisation au PS, ou encore les choix d’abandonner certains de nos fondements théoriques, de supprimer l’organisation spécifique révolutionnaire. Rien de tout cela : l’amnésie !

Le texte abonde en revanche de questionnements et de formules vagues, sur la situation du monde et la « modernité », de phrases creuses et fumeuses, assénant l’idée que le « monde aurait changé », que nous aurions « changé d’époque ». Et donc qu’il faut changer le parti ou plutôt changer de parti !

Tout au contraire, jusqu’à démonstration du contraire, le capitalisme domine toujours, et même davantage, notre pays et le monde, la lutte des classes est une réalité, le danger impérialiste s’affirme. D’une base de congrès, les communistes sont en droit d’attendre une analyse de leur développement, de leur évolution. Et non l’abandon de notre grille d’analyse marxiste.

Vague, peu concret, ce texte décourage le débat des communistes. Est-ce le but recherché ? On entrevoit la volonté de tenir un congrès dilatoire pour mieux poursuivre la stratégie qui détruit notre parti et sa raison d’être.

Car la continuité est bien à l’ordre du jour. L’orientation du texte ne respecte pas le mandat donné par les communistes à l’occasion de l’Assemblée nationale extraordinaire de décembre 2007 : maintenir et renforcer le PCF.

Il est significatif que le sigle PCF n’apparaisse pour la première fois qu’en 19ème page après tant de formulations sur la « gauche ». Si la « recherche de la constitution d’un autre parti » n’est pas retenue, c’est pour mieux insister sur les « transformations profondes », les « dépassements », allant jusqu’à une « métamorphose ». Ce que se propose la direction sortante dans ce texte, c’est de continuer, en attendant, à transformer le parti en coquille vide : un travail de taxidermiste !

La dilution du PCF dans le cadre d’une recomposition politique, dans un ensemble de « gauche » dont il ne serait plus provisoirement qu’un élément, est plus que jamais de mise. La discussion de tout à l’heure et la conception des listes aux élections européennes l’ont bien montré.

L’analyse sur le PS laisse présager la recomposition politique recherchée. Aux côtés d’une du PS convertie au social-libéralisme, existerait une place libre pour une nouvelle social-démocratie dans laquelle se fonderait le parti. C’est oublier, sinon sa nature même, que le PS est rentré dans le jeu de l’alternance depuis au moins 1983. Et surtout, que la différence demeure toujours aussi fondamentale entre un parti social-démocrate, réformiste et un parti communiste !

L’affirmation de l’indépendance totale, de pensée, d’action et de structure du PCF doit être un préalable.

Dans une base de congrès digne de ce nom, il est indispensable que les communistes puissent se prononcer pour la rupture avec le processus de mutation-disparition du parti, pour qu’il retrouve sa raison d’être.

Qu’ils puissent se prononcer pour que le PCF porte à nouveau une perspective politique révolutionnaire, la rupture avec le capitalisme, le socialisme.

Quelle est la perspective politique proposée depuis dix ans d’abandon de l’objectif du socialisme ? La « visée communiste » s’est confirmée être au mieux un vague humanisme, sinon une perspective fumeuse pour habiller la seule voie retenue : le rassemblement électoral majoritaire. Ce que l’on retrouve exactement dans le projet de texte proposé : objectif 2012 ! « une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche ». Une nouvelle « gauche plurielle » ? Immanquablement ! Quoiqu’elle en dise, la stratégie de la direction insère le Parti dans la bipolarisation, le satellise au PS, se détourne de la force décisive de l’alternative politique, les luttes.

Quand avec d’autres camarades, nous parlons de revenir à des fondamentaux théoriques, il ne s’agit pas d’une recherche d’affirmation identitaire, il s’agit d’une nécessité pour le combat de classe aujourd’hui.

Notre analyse de la nécessité de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange est essentielle dans la bataille contre les privatisations, pour la défense et la reconquête des monopoles publics, également pour une conception offensive de la mixité, par exemple dans un secteur comme l’audiovisuel.

Les enseignements de Marx dans « Salaires, prix et profits » sont tout aussi essentiels pour dénoncer et combattre le RSA, les exonérations de cotisations patronales qui sapent le financement de la Sécurité sociale, ou la Prime pour l’emploi défendue par le PS et certains de nos parlementaires alors que la PPE suit la même logique que le RSA [faire rémunérer le travail par la collectivité à la place du patron].

Un texte de congrès ne peut pas être hors du temps. La responsabilité des communistes est de proposer des ruptures politiques immédiates avec la politique au service du capital. L’alternative politique ne réside pas dans l’objectif électoral de 2012 [avec un pôle en « canalisant » à gauche] mais dans la capacité du mouvement des luttes à mettre en échec la politique de Sarkozy, sur une bataille ou une autre pour commencer, éducation, service public, droit du travail… Elles sont toutes déterminantes comme la lutte contre la guerre impérialiste et pour le retrait de la France de l’OTAN.

Dans toutes ces batailles, nous voyons combien la position retenue par le projet de texte sur l’UE est un contresens pour le PCF. En adhérent à l’objectif d’intégration européenne, même de façon « radicalement critique », on adhère à un projet capitaliste. Comment se battre contre la privatisation de la Poste si l’on ne remet pas en cause l’application des directives européennes en France ? Comment le faire, comme on nous l’a proposé ce matin, aux côtés des dirigeants du PS qui les ont défendues ?

Le texte de congrès dont nous avons besoin doit permettre aux communistes de se prononcer pour continuer à rejeter l’UE du capital, en finir avec les positions « euroconstructives ».

Quelques mots pour finir sur le parti lui-même.

La spécificité historique de notre organisation politique, parti de masse et de classe, a fait ses preuves dans l’histoire. Elle reste plus que jamais d’actualité.

Comment ne pas constater, par exemple, les effets, les dégâts de l’institutionnalisation du parti? La priorité donnée à la présence dans les institutions a accentué la dérive du rôle des élus [que le congrès de Tours avait justement subordonnés au parti]. On l’a vu encore aux municipales jusqu’à des alliances avec le Modem.

Nous devons analyser et mesurer les nouvelles prétentions du capital et du pouvoir à intégrer au système les forces qui ont pour raison d’être de s’y opposer du côté des exploités. Quelle autre signification des mesures sur le « dialogue social » et sur le plan politique, entre autres, de la réforme des institutions dans la suite du quinquennat et de la décentralisation.

On lit dans le projet de texte comme on entend partout le concept de « démocratie participative ». Mais dans un régime capitaliste, quelle meilleure participation démocratique que la lutte organisée ? La question de la reconstitution des cellules, tournées vers la lutte, est capitale. En particulier à l’entreprise, lieu de l’exploitation, en faisant l’analyse des évolutions du mouvement syndical.

La question des directions se pose en lien avec l’ensemble des choix stratégiques. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Pour finir, à propos du nécessaire renforcement du Parti. Le texte proposé est tout sauf le signal fort qu’attendent, en particulier du PCF, ceux qui sont dans les luttes pour dégager la perspective politique. Je constate qu’à nouveau le texte veut « ouvrir » le parti à des gens de « gauche » qui ne veulent pas devenir communistes. Cette « ouverture », déjà pratiquée par le passé, a laissé sur le bord du chemin des centaines de milliers de camarades. C’est au contraire vers eux en premier, comme vers les salariés, les jeunes qui se battent que nous devons nous tourner. A eux que nous devons nous adresser pendant ce congrès.

Le sondage publié hier dans l’Huma sur l’avenir du PCF m’a affligé. Constater les effets de l’idéologie dominante pour s’y adapter, quelle aberration ! S’il est erroné de se décréter l’avant-garde, il est affligeant de se concevoir en relais politique des majorités silencieuses !

En Italie, autre pays à forte tradition communiste, nos camarades ont déjoué la stratégie de liquidation de la référence communiste. Ils ont ouvert la voie. Non, la chute du Mur de Berlin n’a pas supprimé la différence entre un parti révolutionnaire et un parti réformiste, la nécessité de l’existence du PCF, n’a pas effacé la validité du Congrès de Tours.

Le dépôt d’un texte alternatif à ce projet de base commune sera indispensable.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Interventions au CN du PCF
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commentaires

Barbazange paul 10/09/2008 17:48

je suis en accord personnel avec le fond et le forme de l'intervention d'Emanuel dan trang au CN. je pense qu'elle est aussi très proche de la position dévellopée par notre section de béziers merci à nos élus au CN de faire leur travail. courage.