Ce site est un espace d’information et d’échange pour tous ceux qui estiment qu’il est plus nécessaire que jamais de faire vivre le Parti communiste français, parti anticapitaliste de masse et de classe, assumant son histoire.
Marc Jammet, Yvelines, Mantes la Jolie
Conférence nationale du PCF
Intervention refusée par la direction nationale du PCF
"Deux questions courtes, un avis.
Première question. Pourquoi établissons-nous un lien entre la présidentielle et les législatives? A qui faisons-nous un cadeau politique? A ceux qui veulent sortir de la présidentialisation du pouvoir ou à ceux qui veulent - depuis le changement de "calendrier" instauré par Chirac-Jospin avec l'appel à voter blanc du PCF à l'époque - que la présidentielle soit l'axe autour duquel s'organisent ensuite les législatives? Autrement dit, à ceux qui veulent lier les deux élections?
Deuxième question. Quid de la participation éventuelle des communistes à un éventuel gouvernement de gauche? Les conditions sont-elles remplies pour cela avec le positionnement actuel du Parti socialiste? Pourquoi les communistes ne sont-ils pas saisis de cette question au moment où nous désignons notre candidat - en lien avec les législatives?
Mon opinion est que le Front de Gauche est une impasse politique et qu'en privilégiant "ce que la Gauche devrait faire" (c'est à dire le partage du pouvoir), nous oublions ce pourquoi nous avons adhéré: abolir (et l'abolition est un mouvement) le capitalisme, changer la société.
J'entends bien qu'ici ou là on nous répète beaucoup, ces derniers temps, qu'il faudrait "être raisonnable" - en clair, qu'il faudrait rester dans le domaine du possible. J'observe qu'il y a quelques années, cet argument ne provenait pas de nos rangs.
Mais si sortir de l'euro - forcément lié à une banque centrale européenne, si la nationalisation du secteur bancaire - interdite par l'Union européenne actuelle et ses règles acceptées par le Parti de la Gauche Européenne, la retraite à 60 ans avec 37,5 annuités pour qu'elle puisse être concrétisée, sont déraisonnables, alors je suis déraisonnable.
Et quitte à être déraisonnable, je veux rester marxiste - ce qui ne veut pas dire sectaire -, je veux rester communiste - ce qui ne veut pas dire ne pas travailler avec les autres sur des sujets donnés.
Dans cet état d'esprit, il y a besoin d'un Parti communiste influent - avec un projet. Il y a besoin d'un candidat communiste - un candidat communiste qu'il ne faut pas confondre avec un candidat du Front de Gauche membre du PCF (sauf à reproduire l'expérience désastreuse en 2007 avec un candidat membre du PCF qui serine tout au long de la campagne qu'il n'est surtout pas candidat communiste).
Il y a besoin d'un candidat communiste parce que la crise de la politique et de la citoyenneté n'appelle pas que certaines forces politiques se mettent d'accord sur le dos des citoyens qu'elles sont censées représenter mais appelle un parti politique qui a le courage d'analyser la situation, d'agir pour aider à comprendre ce qui se cache derrière les apparences. Elle appelle un parti pas comme les autres.
Ne bradons pas ce patrimoine mais plaçons-nous résolument dans la perspective de la remontée de notre influence en commençant par la prochaine présidentielle.