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KSCM - aprs la chute du gouvernement tchèque

La chute du gouvernement ouvre de nouvelles perspectives, mais  soulève aussi de nouveaux problèmes.

Par Jiří Maštálka, vice-président du Parti communiste de Bohème-Moravie, KSCM, député européen, 26 mars 2009. Traduction pour vivelepcf: AC.

 

         Ce sont plusieurs mois de douleur qui s'achèvent avec l'adoption de la motion de censure contre le gouvernement de droite dans notre pays, qui est également à la tête de l'Union Européenne.

         Le gouvernement est tombé. Cela a été rendu possible par les efforts conjoints des deux partis de gauche, même si les divisions au sein de la coalition gouvernementale y ont aussi contribué. Sa manière de gouverner, marquée par le mépris profond pour les intérêts nationaux et les besoins des classes populaires, lui a mis à dos y compris des forces de son propre parti. Ce gouvernement, qui a pu voir le jour grâce à une trahison de membres du Parti social-démocrate, a exclus de son alliance parlementaire des députés du Parti Vert et de l'ODS. Ces derniers se sont révélés plus nombreux que les sociaux-démocrates qui avaient retourné leur veste. L'agressivité suicidaire de M.Bursik [chef du Parti Vert et ministre de l'environnement] et de M.Topolanek semblent avoir porté leurs fruits.

         Désormais, nous avons devant nous deux tâches essentielles. La République Tchèque doit, au moins, terminer sa présidence de l'UE d'une manière plus digne qu'elle ne l'a commencée. Il est clair que cet objectif sera très difficile à atteindre. La manière dilettante dont le gouvernement a traité de certaines questions, en particulier celles liées à la sécurité énergétique en Europe, l’a discréditée autant à l'Ouest qu'à l'Est de l'Europe. A supposer que le gouvernement tchèque, démissionnaire, reste à la tête de l'UE, cela pourrait paradoxalement se révéler une bonne chose pour l'Europe.

Le discrédit des dirigeants politiques tchèques à la tête de l'UE rejaillit sur les positions idéologiques à la base de leurs prises de décision. Le gouvernement tchèque actuel est effectivement une vitrine idéologique si repoussante de l'ultra-libéralisme, de la russophobie, et de l'anti-communisme primaire, qu'il peut entraîner l'Europe à choisir une voie différente pour sortir de la crise économique. Elle a besoin de coopération et non de confrontation.

         Nous devons préparer les prochaines élections européennes en prenant compte de ce nouveau contexte créé par la démission du gouvernement. Nous pouvons nous attendre à ce qu'éclatent d'autres crises politiques dans notre pays qui pourraient aboutir à décourager les gens de participer aux élections en Juin. Le dégoût pour la politique risque d'être renforcé par le fait que nombre de nos concitoyens sont durement frappés par la crise. Le désenchantement vis-à-vis de la politique et des politiciens pourrait donc ouvrir une perspective politique aux populistes, porteurs de solutions simplistes. Le KSCM doit donc être prêt à mobiliser encore plus ses militants et ses sympathisants. La chute du gouvernement ouvre à la fois des perspectives de succès pour les prochaines Européennes, mais soulève aussi de nouveaux problèmes. Nous devons adapter notre réponse à cette nouvelle situation.

         On en vient ainsi à notre seconde tâche importante. Se préparer aux négociations pour la constitution d'un nouveau gouvernement et de possibles élections anticipées. Nous ne devons pas oublier que si la chute du gouvernement Topolanek reste un grand succès, elle est aussi la victoire de Vaclav Klaus. C'est lui qui, dans cette crise, est parti pour reprendre en main les rènes du pays. Et pas seulement parce que les pouvoirs constitutionnels le mettent en mesure de former un meilleur gouvernement que celui de Topolanek. Vaclav Klaus a aussi su saisir une occasion unique pour sortir la droite de la crise et pour entamer sa reconstruction. Klaus est incontestablement un des rares politiciens tchèques à pouvoir penser par lui-même, et cela ne date pas d'aujourd'hui. Plusieurs prises de position, en particulier dans le domaine de la politique étrangère (sur le bombardement de la Yougoslavie, le Kosovo, le conflit du Caucase, la crise du gaz etc.), ont montré qu'il pouvait adopter une attitude guidée par des axes forts, sans souci du profit qu'il pourrait en tirer par rapport à sa propre popularité, et en se distanciant de la pensée politique dominante. C'est aussi un politicien qui a toujours eu des convictions. Toutefois, c'est aussi un politicien foncièrement de droite avec tout ce que cela implique.

         La droite tchèque, au cours du mandat de Topolanek, s'est plongée dans une crise profonde, exacerbant les divisions qui secouent les trois partis au pouvoir. Nous suivons avec attention le fait qu'un nouveau parti se soit reformé sur la scène politique tchèque, un parti vert avec des positions supposées conformes à ses origines. La situation ouverte par la chute de Topolanek est en train de faire bouger les lignes. Il est compréhensible que le groupe de Topolanek appelle maintenant à la tenue d'élections anticipées. Si j'étais sur le point de me faire remplacer, c'est ce que je chercherais à faire,  prendre de vitesse les dispositions constitutionnelles de passage du pouvoir. La reconstruction de la Droite, avec un programme et non sur des ambitions personnelles, est un processus qui demande du temps, et qui, pour être effectif, ne pourra être achevé en juin.

Il y a bien deux stratégies au sein de la droite tchèque.

         Le KSCM devra estimer précisément les avantages et les inconvénients ainsi que les conséquences que ces divisions à droite impliquent pour la gauche. Mais une tâche tout aussi importante sera de considérer soigneusement le rôle que peuvent jouer nos alliés et nos partenaires. C'est évident que le Parti social-démocrate, après son dernier congrès, nous envoie des signes contradictoires. Il suffit de lire la résolution ambiguë à propos de la présence de bases états-uniennes sur notre territoire. La résolution ne remet même pas en question l'existence de telles bases, elle rejette uniquement l'accord obtenu par le gouvernement Topolanek. Il faudra donc attendre les négociations en vue d’un nouveau gouvernement et les débats sur l'adoption d'une stratégie pour d'éventuelles élections anticipées, pour juger de la possibilité d’une nouvelle ligne politique dans le Parti social-démocrate.

         Le KSCM est prêt à soutenir tout effort dirigé vers une sortie de la crise économique qui mènerait au renforcement des acquis sociaux et des intérêts nationaux tchèques. Il s'agit de cela en cas d'élections anticipées. La liquidation des acquis sociaux et des principes d’'intérêt national est pour nous INACCEPTABLE, peu importe qu'elle se déroule sous un drapeau bleu, vert ou orange [le bleu est la couleur de l'ODS, l'orange du parti social-démocrate]. Le gouvernement est tombé. Maintenant l'important est de s'assurer que la crise politique qui en résulte crée les conditions pour l'amélioration des conditions de vie du peuple dans notre pays, et dans les pays d’Europe.

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M
http://www.radio.cz/fr/article/104587(sur ce que j'ai écrit)<br /> Lorsque le gouvernement tchèque est tombée j'étais à Prague.J'y suis très souvent par et depuis 1991.Je suis très attentivement l'évolution politique.Je viens de lire l'article.J'en ai fait la même analyse.Il m'arrive d'écrire sur radio-Prague.Ca va dans le même sens que le parti communiste tchèque.Vous taper sur google "martine hildebrandt" et vous en saurez davantage.Salutations fraternelles.M.H-Syndicaliste-Paris
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