Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A LA UNE

NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 19:03
OUVERTURE DU SITE: http://vivelepcf81.over-blog.com/ (lien)

 

Aujourd'hui à quelques semaines des régionales, où en est-on? La situation est assez grave pour que nous jugions utiles de donner quelques informations afin que les Communistes s'engagent dans la bataille en toute connaissance de cause.


Après avoir passé un accord avec Mélenchon représentant le PG, notre direction nationale a décidé de lancer le Front de gauche et a fait ratifier son choix par les Communistes pour les Européennes.

Malgré un résultat très modeste (le FG n'a obtenu, dans un contexte de forte abstention, que 0,5% de plus que la liste PCF en 2004), elle a fait valider la poursuite de cette stratégie du front de gauche pour les régionales.

Une majorité de Communistes a validé ce choix parce qu’on leur a dit qu'ainsi on s'affranchirait du PS.


Qu’en est-il aujourd’hui, ?


Notre direction proclame qu’au 2ème tour on fusionnera avec la liste PS pour être dans les exécutifs des régions.


Mais il y a pire :


Depuis plusieurs mois, notre direction nationale subit les négociations au lieu de faire des propositions, elle s’est contentée de discuter des propositions des autres (alors que nous sommes le seul Parti à avoir des sortants présentant un bilan).

 

Avant même que le vote ait lieu, nous savons que dans le cadre de cette alliance, nous allons perdre la moitié de nos élus ( en Midi-Pyrénées, nous en avions neuf, combien en aurons-nous?).

Par contre le PG en aurait 40 au plan national alors qu’il n’en a aucun.


Financièrement, la campagne repose essentiellement sur nos ressources (le PG n'a pas payé complètement sa part pour les Européennes); le cadeau au PG s'élèverait à 1 million d'euros pour les deux élections.


En Midi-Pyrénées, notre direction nationale nous a envoyé , pour tirer la liste du FG, C.Picquet de la « gauche unitaire » (dissidents du NPA) qui représente 300 adhérents au plan national. (alors que les adhérents avaient plébiscité notre camarade Ch.Marziani).


La Direction a privilégié les accords en s'enfermant dans des tractations avec des micro-associations dont les électeurs ignorent l'existence.( les militants ont découvert leur existence au moment des négociations !)

Toutes ces organisations minuscules inconnues ont des prétentions exorbitantes jusqu’à revendiquer de faire part égale avec le PCF sur les listes.


Sans nul doute, l’attitude démissionnaire de notre direction nationale les a encouragées dans cette voie.

La seule préoccupation de ces micro-associations c’est de conquérir des places, acquérir un peu de visibilité et non de changer de société.


Nous sommes loin des préoccupations des gens, des salariés qui ne peuvent plus vivre de leur salaire !

Par exemple, lors d’une émission de radio, Mélenchon s’est livré à un véritable marchandage avec Cohn-Bendit : il lui propose un accord de 2ème tour pour dépasser le PS prêt à faire un accord avec le Modem…….sauf que Cohn Bendit (anti communiste notoire) est prêt à s’unir avec le Modem et vote à Bruxelles toutes les directives libérales.


La préparation des listes a créé malaise, colère et divisions chez les Communistes.

 

Comme la Direction ne joue plus son rôle de promotion du PCF, on trouve des communistes sur plusieurs listes dans plusieurs régions et …aucune liste communiste.

Même si nos dirigeants disent dans les meetings qu’ils veulent « casser la cabane », ils sont particulièrement muets depuis longtemps sur tous les sujets, y compris dans l’Humanité au point que Mélenchon (qui s’affirme social-démocrate) paraît plus offensif que MG Buffet.

 

   Avec le Front de gauche, notre direction est en train d’effectuer la « métamorphose » du Parti (fusion du Parti dans un conglomérat réformiste) rejetée par les Communistes lors du dernier Congrès… Cette « métamorphose-mutation » avait été lancée dès 1994 par Robert Hue (qui se compromet aujourd’hui avec le Modem)et JC Gayssot (qui maintient toujours son soutien à Frêche malgré ses déclarations nauséabondes).

On commence par faire passer l’idée qu’on ne peut plus se présenter seul puis peu à peu tente de nous suggérer que le PCF n’a plus lieu d’exister. Or le PCF seul a fait entre 9 et 10% aux dernières cantonales nationalement et localement.


Manifestement, le Front de gauche est destiné à diluer et à supplanter progressivement le PCF. Il le remplace par une formation électoraliste vaguement de gauche, en fait entièrement inscrite dans la gauche d'accompagnement du système ; c’est ce qui s’est passé dans d’autres pays d’Europe (voir encadré ci-dessous).

 

Chers camarades, voulons -nous que notre parti devienne une machine électorale social-démocrate ou voulons-nous qu’il redevienne un parti de luttes lié aux travailleurs et aux chômeurs , les élections n’étant qu’un moment de notre bataille?

Faisons entendre notre voix.

 

Les luttes se développent partout pour résister aux attaques du gouvernement ; le capitalisme est condamné par une majorité d’électeurs et le marxisme est l’objet de nombreuses études et articles intéressants publiés assez régulièrement dans l’humanité quotidienne. Les salariés ne savent plus vers qui se tourner. C’est ce moment-là que notre direction nationale choisit pour effacer le Parti !


Le rôle du PCF ce n’est pas se contenter d’être auprès de ceux qui luttent. Il faut contribuer sur la base d’un contenu politique à faire converger les luttes et à ce qu’elles construisent une alternative politique.

Les cheminots, les enseignants, les postiers, les chômeurs, les salariés du privé, les petits retraités ont besoin d’un Parti révolutionnaire pour retrouver l’espoir.


Notre Parti est rassembleur quand il propose des actions qui correspondent aux préoccupations des gens.


C’est pourquoi, nous invitons les communistes à s’investir sur ce qui devrait fonder le vote communiste. Dans le domaine des régions, contre la marchandisation des transports et contre la réforme des lycées. Contribuons à éclairer les luttes et à faire connaître nos propositions en matière de retraites pour faire reculer le pouvoir. Dans le Tarn, faisons en sorte que le PCF s’en sorte le mieux possible en menant une campagne communiste en faisant élire Jeanne Jimenez ; elle peut être élue si elle fait le score des cantonales ;ce sera un appui sûr pour mener les luttes futures et pour faire rayonner le PCF.

 

 

 

Des exemples à méditer :

 

Une expérience du même type que le Front de gauche a été menée avec les mêmes arguments en Espagne et s’est soldée au bout de 23 ans par l’effacement du PCF  ;on a commencé à dire aux adhérents que chaque parti garderait son identité et que cette stratégie électoraliste serait revue à chaque élection : c’est le contraire qui s’est produit. Le PCE s’est coupé de sa base ouvrière et n’a que 12000 adhérents aujourd’hui. Et Izquierda unida (le front de gauche espagnol) ne fait plus que 3,5%; l’Arc en ciel (front de gauche italien) a abouti en quelques années à la disparition du PCI et à sa propre disparition ; quant à Die Linke (en Allemagne) il est en train d’exploser après quelques succès électoraux.

 

 

 

 

 

Christiane Odetti

Secrétaire de la section

Partager cet article
Repost0
11 février 2010 4 11 /02 /février /2010 02:33

En Lorraine, Mélenchon donne des leçons de dissidence aux communistes !

 

S’il y a une qualité qui ne s’accorde pas avec la personnalité de Mélenchon, c’est bien la loyauté. Même si on peut le trouver fondamentalement fidèle, au-delà des organisations, à la social-démocratie.

 

Soi-disant « partenaire » national de la direction du PCF dans le « Front de gauche », il ne se prive pas de tirer la couverture à lui, de poursuivre son OPA hostile sur le PCF, à la barbe et aux nez des dirigeants de notre parti, étrangement consentants.

 

Le voici le 9 février invité médiatisé d’une réunion en Lorraine (voir l’article ci-dessous de l’Est Républicain).

Que Mélenchon vienne encourager ses maigres troupes de socialistes inscrits au PG, c’est son boulot et nul ne saurait le lui reprocher. Mais le voilà qui vient encourager les communistes à se diviser, les racoler, donner des leçons de dissidence à ceux qui suivent le « Front de gauche » contre le PCF régional.

Sympa ! Quel allié bien intentionné nous a trouvé la direction de notre parti !

 

Faut-il rappeler que Mélenchon a quitté le PS seulement fin 2008 ? Il aurait pu le quitter en 2005 au moment du référendum sur la « constitution européenne ». Cela aurait pu avoir l’air sérieux. Mais, visiblement, son choix d’alors pour le Non n’était alors que tactique, comme le montrent ses professions de foi zélées pour Maastricht (lien: Maastricht un compromis de gauche pour JLM).

Non, en octobre 2008, il ne se passe rien de décisif dans le pays mais une occasion politicienne se fait jour. D’un côté Mélenchon risque de se faire doubler par la gauche au congrès du PS par la motion Hamon. De l’autre, en parallèle du 34ème congrès du PCF, la direction de notre parti cherche un partenaire pour poursuivre la stratégie des collectifs antilibéraux sous la nouvelle forme du « Front de gauche ». 

L’opportuniste saisit l’opportunité.

 

Voilà sans doute la leçon que Mélenchon vient livrer aux camarades lorrains.

Elle ne doit pas tromper. Le choix du « Front de gauche », ce n’est pas celui de l’émancipation vis-à-vis du PS, c’est celui de la dilution du parti historique de la classe ouvrière dans un ensemble électoraliste social-démocrate. Disons les choses ! Ce n’est pas dans cette option politicienne que les communistes feront retrouver sa raison d’être au PCF !

 

Le plus drôle, c’est quand Mélenchon use et abuse de l’épouvantail Modem pour trouver une différenciation avec ses ex-camarades et toujours amis (voir l’article) du PS. C’est le même Mélenchon qui rampe devant Cohn-Bendit, partisan le plus affirmé de la collaboration avec le Modem et anticommuniste primaire, pour solliciter une alliance politicienne. Pour vous qui ne l’avez pas vu, vraiment, prenez le temps de visionner l’émission du 2 décembre 2009 sur France Inter (en lien)!

 

En Lorraine, sans que le caractère démocratique de cette décision ne soit contesté, la majorité des communistes ont décidé de ne pas constituer de liste de « Front de gauche » aux régionales avec le « Parti de la gauche ». Les motivations des camarades ont certainement été diverses. L’hypothèse de présenter des listes de rassemblement à l’initiative du PCF n’était plus envisageable. Le choix du « Front de gauche » ne représentait évidemment pas davantage rupture avec la social-démocratie que les listes d’union de la gauche mais clairement effacement du PCF dans un projet fusionnel aux contours délibérément flous.

L’intrusion régionale de Mélenchon comme les annonces de ralliement sans condition à la « gauche » au second tour le confirment.

 

Dans une situation contrainte par le choix stratégique de la direction du Parti, qui a créé une confusion extrême dans le Parti, les camarades qui sont déterminés à « faire vivre et renforcer le PCF » ont fait des choix responsables selon leur situation régionale, parfois différents.

Dans certaines régions, le poids et la détermination des organisations du PCF permettent que le « Front de gauche » garde un caractère d’alliance électorale et ne se fasse pas au détriment du PCF (Nord-Pas-de-Calais, Franche-Comté…). Dans d’autres, on doit mener une activité et une campagne communiste à côté, voire malgré le « Front de gauche ». Dans d’autres encore, le rejet du PS donne une signification, momentanément, à l’alliance.

 

Mais bien naïfs, irresponsables ou complaisants seraient les communistes qui se laisseraient duper par un bateleur comme Mélenchon, par l’opération « Front de gauche » de dilution du PCF!

 

Jean-Luc-Melenchon-etait-hier-soir-a-Nancy-a-la-rencontre-d.jpgMélenchon le catalyseur

A Nancy le leader du Parti de gauche est venu rencontrer des militants lorrains, candidats aux régionales.

Avec Jean-Luc Mélenchon débarqué à la nuit tombée de Strasbourg, le Front de gauche a renoué hier à Nancy, avec le goût des meetings improvisés dans les bars de copains bondés, sur un coin de table, haranguant la foule à pleins poumons, sans micro, sans écrans géants, sans mise en scène.
«
Moi qui suis élu de banlieue, je suis ému ce soir de voir rassemblés autour de moi, des militants qui ont tout contre eux. Je suis le socialiste qui a rompu les rangs, comme il y a ici des communistes, parfois depuis plusieurs générations, qui ont décidé de marcher à leur propre pas » lâche le leader du Parti de gauche, formation de scission, modélisée sur l'exemple allemand de « Die Linke » et dont Mélenchon veut faire un catalyseur.

Mosaïque de mécontents


Toute la gauche alternative, qui ne se reconnaît pas dans un modèle français bipolaire est là : les Jeunes communistes de Nancy, la Fédération pour une alternative sociale et écologique, le Mouvement politique pour une éducation populaire, la Gauche alternative 54, République socialisme et d'autres encore, à l'instar de la Gauche solidaire du Pays-Haut Meurthe-et-Mosellan. Autour de Philippe Leclercq longtemps adjoint au maire à Pompey et tête de liste régionale du Front de gauche, Patrice Zolfo animateur et porte parole du collectif PCF du bassin de Longwy-Villerupt, Serge de Carli le maire de Mont-Saint-Martin, serrent les rangs et cognent dur sur Jean-Pierre Masseret : «
On ne brade pas nos convictions pour des prébendes. Ma première adjointe Jacqueline Brigidi aurait pu être comme dans un fauteuil sur la liste de Jean-Pierre Masseret. Elle a refusé. Comme elle, 17 régions sur 22 en France se sont positionnées pour le Front de gauche, dont le travail citoyen est de reconstruire la gauche malade. Et celà même si au second tour, la gauche restera la gauche, et donc se rassemblera » martèle De Carli, pendant que Jean-Luc Mélenchon reprend le flambeau, façon trotskyste internationaliste :« Il faut mettre une bonne raclée au gouvernement en défendant nos idées. Le PS où j'ai gardé beaucoup d'amis fidèles est devenu un parti conformiste, qui n'a rien compris à la transnationalisation du capitalisme, à la financiarisation de l'économie. Un parti qui souffre de cécité écologique et économique ». Au passage l'ancien sénateur de l'Essonne devenu député européen, n'oublie pas son ancien copain Jean-Pierre Masseret : « Sur le banc de la gauche au Sénat, on s'est battu contre la droite avec Jean-Pierre que j'estime. Mais à l'époque quand le Modem cognait sur nous il ne l'invitait pas à une large coalition. Il ne sortait pas des bêtises pareilles ».

Pan sur Masseret


Dans les rangs de la gauche plurielle qui a créé son «
Front », l'ouverture de Masseret fait figure de blasphème politique.« Il n'y a pas d'alliance possible. Il faut arrêter de voir Bayrou comme un chef scout illuminé nous invitant à un jamborée ! » fulmine Mélenchon, tout en goûtant la formule à l'emporte-pièce. Les militants qui s'écrasent contre les murs du «Melkim Pot » un bar de l'Ile de Corse à Nancy applaudissent le rejet d'une gauche socialiste« pantouflarde, dépassée, plan plan ».
Au contraire, le Front de gauche serait le «
sursaut citoyen qui déplace le curseur à la gauche de la gauche, avec son esprit de rebellion, son côté obstiné ». C'est vrai que dans le genre têtu, Mélenchon n'a de leçons à recevoir de personne.

Pascal SALCIARINI

 

Partager cet article
Repost0
7 février 2010 7 07 /02 /février /2010 23:21

Robert Hue et cie : plus aucune retenue !

 

Huchon---Hue.gif


Robert Hue est de nouveau en campagne. Cela faisait longtemps.

Il suit son ami Jean-Paul Huchon, le très social-libéral président PS sortant d’Ile-de-France, un jour à Malakoff et Bagneux, le lendemain dans le 15ème au QG de campagne.

Pas question pourtant de se mettre trop en avant sur la photo, dit-il aux media. Est-ce pour ne pas faire d’ombre ou pour ne pas porter la poisse à la tête des listes régionales du PS sur lesquelles s’alignent Hue et certains de ses amis ?

Les élus et anciens élus du PCF qui se rangent derrière Robert Hue n’ont pas choisi d’ajouter à la liste hétéroclite des composantes du « Front de gauche » leur propre sigle, le MUP (pour « mouvement unitaire progressiste »).

Non, le sénateur du Nord, Yvan Renar, le vice-président du Conseil général de l’Oise et ancien député, Patrice Carvalho, ou l’ancien conseil régional du Val d’Oise, Laurent Dumont, ou encore le conseiller de Paris, Alain Lhostis, (dont l’appartenance au MUP n’est pas vérifiée) choisissent le PS dès le 1er tour, même dans les régions où les communistes en ont décidé autrement. Et ils le font savoir.

 

Bon c’est vrai, la stratégie du « Front de gauche » a provoqué une confusion et une division extrêmes dans tout le Parti à l’occasion de ces élections.

Certes, une bonne part de ceux qui se présentent sous la bannière du « Front de gauche » n’en ont pas moins participé aux exécutifs sociaux-démocrates, partagent leur bilan et s’apprêtent à continuer.

Certes les partenaires du Front de gauche, notamment les PG, ne sont guère qu’une branche de la social-démocratie.

Certes l’opprobre sur Hue issue des 3,37% des présidentielles de 2002 a été levée depuis le 1,93% de Marie-George Buffet en 2007.

 

Il n’empêche que nous ne pouvons nous empêcher d’éprouver un certain sentiment de dégoût devant les gesticulations du personnage Hue, ancien secrétaire national du PCF et précurseur du processus de mutation-liquidation dont beaucoup de communistes saisissent mieux l’objectif réel aujourd’hui.

 

Décomplexé, Hue parade avec le Modem, tant qu’il y est. Et de continuer à cracher sur l’histoire PCF et du mouvement communiste. Cela, il l’avait commencé dès les années 90.

 

En aucun cas, l’attitude et les prises de position de Hue et de ses amis ne sauraient donner un brevet d’identité révolutionnaire à la stratégie de l’actuelle direction du parti, pas même un semblant de réalité à un « virage vers la gauche radicale ».

En août, nous nous demandions si  Robert Hue est un repoussoir ou poisson-pilote? Nous pouvons toujours nous poser la question.

Cela dit, s’il était correct, il devrait démissionner de son poste de sénateur du Val d’Oise qu’il tient, au moins aux deux tiers de voix communistes, et de son poste de président de la Fondation politique « Gabriel Péri » dont le rôle d’embaumeur du PCF se précise.

 

Le PCF n’a pas besoin d’une avant-garde dans le processus d’abandon de sa raison d’être de parti communiste, au service des travailleurs. Pas besoin d’arrière-garde non plus.

Partager cet article
Repost0
27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 11:57

C’est quoi tous ces sigles dans ou avec le « Front de gauche » ?

 

 

Comment s’y retrouver ?

Parfois, nous recevons, par mail, des appels à manifester signés d’une quarantaine d’organisations de « gauche », dont nous ne connaissons pas la plupart et qu’on ne voit pas ensuite sur les lieux. Souvent, plus il y a de sigles, moins il y a de monde…

 

Actuellement dans le « Front de gauche » pour les élections régionales, beaucoup de camarades se demandent ce que sont ces formations, ces groupes à qui on laisse un espace pour mettre leur logo et des places, souvent éligibles sur les listes.

 

On peut se demander si cela vaut vraiment la peine de détailler tout ça.

Les lettres valsent si vite, même si la mode est au « E » de « écologie » et que le « » de unitaire est revendiqué par une multitude de groupes comme le « A » de « alter » ou le « G » de gauche ».

 

On dirait que beaucoup ont intégré le principe de décision des CUAL. Vous vous souvenez : les « Collectifs unitaires antilibéraux » de 2006. Il y régnait la règle dite du « double consensus » : un candidat devait avoir été adoubé par les simples adhérents d’une part mais aussi, d’autre part, à l’unanimité, par les organisations qu’elles comptent 50 ou 130.000 membres.

Pour être plus influents et plus « unitaires », le mieux est de commencer par s’éclater en maintes organisations.

Un tel système attire aussi des groupes et groupuscules jusqu’alors isolés mais qui peuvent trouver l’opportunité d’une visibilité voire de bonnes places.

 

Car visiblement, pour les initiateurs du Front de gauche, un peu de volontarisme n’est pas de trop pour montrer qu’il est rassembleur et unitaire.

 

Parfois, pour se repérer, il est plus aisé de suivre la trajectoire d’une personne à travers ses changements d’étiquettes.

La tête de liste du Front de gauche à Paris, Eric Coquerel, après avoir, selon lui, flirté avec la LCR, s’est retrouvé jusqu’en 2002 au MRC de Chevènement puis au MARS, puis au MARS-GR, puis maintenant au PG. (Si on commence à expliciter aussi tous les acronymes obsolètes, on n’a pas fini !)

 

Donc, dans le Front de gauche, et encore ce n’est pas partout pareil, on peut signaler entre autres :

 

Le PG, « Parti de gauche » de Mélenchon (ex-PS, mitterrandien, ex-OCI,), créé fin 2008 à partir principalement du courant PRS du PS, rejoint par quelques autres dont des ex-Verts (ex : Martine Billard, ex-Verte, députée depuis 2002, présentée par le PS, ex-maoïste).

La GU, « gauche unitaire » unit quelques dizaines d’anciens de la LCR. Dans la plupart des régions, on ne trouve même pas de candidats pour ce « troisième partenaire » du Front. Il sert ouvertement de produit d’appel pour racoler les membres et électeurs du NPA. Son dirigeant, Christian Piquet (ex-LCR, fraction « droitière », ex OCR,…) a dû être embauché par un député PCF au Parlement européen après son départ et son licenciement de la LCR. Il est tête de liste du Front en Midi-Pyrénées.

 

Outre ces deux partenaires nationaux (sauf dans les régions où les candidats PCF sont sur les listes d’union de la gauche dès le 1er tour), on trouve, selon les cas (cités sans ordre d’importance):

 

Les « alternatifs », « Rouge et Vert », sont le vestige recomposé de l’union des années 80, dans l’AREV, des restes du PSU avec les comités Juquin, ceux-ci alors précurseurs des slogans pour le dépassement et de l’élimination du PCF. En 2007, ils se rangent derrière Bové qui a rejoint, comme on sait, Cohn-Bendit.

Le PCOF, « Parti communiste des ouvriers de France », issu d’une scission en 1979 du PCMLF, maoïste, dont il a toujours partagé l’anticommunisme. Le PCOF représente le résidu de la tendance albanaise « Enver Hodja » du maoïsme groupusculaire, reconverti maintenant dans la recherche de positions institutionnelles.

Le MPEP se présente comme un « Mouvement politique d’éducation populaire ». Il est issu d’une scission d’ATTAC menée par Jacques Nikonoff, après les accusations de fraudes dans le vote interne portées contre lui. A la tête d’ATTAC précédemment, Nikonoff avait déjà essayé d’en faire un tremplin électoral aux européennes de 2004 malgré le refus de l’immense majorité des adhérents. Auparavant, Nikonoff s’était fait connaître dans le PCF en tentant dans les années 80 de faire perdre au Parti le canton de La Courneuve. Dans les années 90, il est réintégré par Robert Hue qui le propulse aussi sec à la direction nationale pour être un élément actif de sa « Mutation » du PCF. Après l’effondrement de ses espoirs en 2002, il retourne ses ambitions vers ATTAC.

« République et socialisme » est groupuscule issu de la dernière scission en date (2009) du MRC de Chevènement animé par des ex PS et CFDT.

La FASE, « fédération pour une alternative sociale et écologique », est une sorte de club où se rencontrent divers groupuscules (une dizaine qu’on vous passe) en redéfinition permanente, des personnalités en attente d’opportunité électorale (Clémentine Autain, ex-adjointe de Delanoë jusqu’en 2008), des courants de partis dont principalement les « refondateurs » du PCF. Depuis 15 ans, ceux-ci (ex : Braouezec) prônent le dépassement de la « forme parti » et la disparition du PCF mais ils y conservent leurs places (même si Gatignon et Perreux ont fait le pas de rejoindre la liste d’Europe-écologie pour ces régionales). La FASE, c’est une sorte de CUAL dans le CUAL, relèvent certains spécialistes.

Au moins en Ile-de-France, on trouve aussi « Alternative citoyenne », avec notamment Claire Villiers, élue conseillère régionale en 2004 grâce à la préfiguration du Front de gauche, la « Gauche populaire et citoyenne ». Ancienne syndicaliste CFDT (puis rattachée à la FSU), elle s’est fait remarquer, si l’on peut dire, par sa solidarité sans faille, comme vice-présidente du Conseil régional, aux choix socio-libéraux du président PS Jean-Paul Huchon.

 

On pourrait citer encore pas mal d’autres groupes locaux ou à prétention nationale, par exemple les Alterekolos (avec un K !) ou les groupes d’« objecteurs de croissance » ou « décroissants » dont on peut railler le message en disant qu’ils expliquent aux travailleurs comment se passer, au nom de la préservation de la planète, de ce dont le profit capitaliste les prive…

 

A l’exception du PG, qui annonçait 2000 adhérents à sa création, maintenant 5000, pour la plupart issus du PS, dont un certains nombre d’élus, la plupart de ces groupes se gardent bien de dénombrer leurs troupes.

 

L’antilibéralisme, les préoccupations sociétales, de plus en plus l’écologie, parfois ornés d’affirmations anticapitalistes constituent en gros le fond commun de cette « gauche de transformation ». Le fonctionnement en clubs, en appels, en groupes, (en CUAL !) est hérité en droite ligne de leurs origines gauchistes et sociales-démocrates.

 

Leur objectif commun, c’est de vouloir recomposer la « gauche », créer un pôle à gauche du PS (en fait une deuxième social-démocratie) et gagner des places institutionnelles dans ce processus, recherché de longue date par « l’autre gauche » et que l’affaiblissement et la ligne de la direction du PCF rend enfin imaginable.

 

Car ce qui fédère aussi la plupart des composantes de cette mouvance de « l’autre gauche », au-delà des changements de noms, c’est leur rejet permanent de tout ce que peuvent représenter le PCF, son organisation, son histoire, accessoirement de la CGT.

 

Quel est l’intérêt pour le PCF de servir de marche pied à ces organisations ? Communistes, nous y voyions un moyen de la poursuite de la stratégie de dilution et de disparition du PCF (voir notre analyse du Front de gauche).

 

Alain Bocquet, le dirigeant du PCF, a eu cette formule heureuse en 2009 : « un rassemblement de petits, cela donne un petit rassemblement ».

On pourrait dire aussi que le Front de gauche, c’est l’auberge espagnole en référence à l’expérience de la « Gauche unie » en Espagne qui s’est traduite par un échec cinglant et un coulage du PCE.

 

Avec un article comme celui-ci, nous entendons déjà les uns et les autres des membres de ces petits groupes dénoncer le sectarisme. Pourtant, même affaibli, le PCF représente au moins 90% du Front de gauche.

Et il ne s’agit pas de repousser les apports des uns et des autres.

 

Pour nous, le préalable à toute alliance est l’affirmation du PCF et des positions communistes. C’est la condition du rassemblement qui nous motive : celui qui permet de riposter à la politique au service du capital.

 

Parce qu’ils ont cet objectif, comme cela se manifeste localement dans les entreprises, les quartiers, les villes, les communistes et leur organisation sont toujours les moins sectaires.

Partager cet article
Repost0
14 janvier 2010 4 14 /01 /janvier /2010 17:07

Nouvelles des régions. Divisions, confusions dans le PCF : ne laissons pas le « Front de gauche » atteindre son but !

 

Les élections régionales auront lieu le 14 mars. La date limite de dépôt des listes de candidats est fixée au 15 février. Dans certaines régions, va-t-on laisser, du fait du « Front de gauche », le PCF se diviser et se discréditer, jusqu’à cette date ?

On peut se poser la question au regard de la situation dans plusieurs régions. Et force est de constater que les communistes sont plongés dans la confusion.

 

En Bretagne, les adhérents sont appelés à voter une nouvelle fois ce 14 janvier. Et ce n’est pas si simple de s’y retrouver, malgré les apparences.

 

D’un côté : pour ou contre la présence de 14 candidats PCF sur la liste conduite par le PS. De l’autre : pour ou contre une liste « pour une région à gauche, solidaire, écologique et citoyenne » autonome au 1er tour avec une série d’autres organisations.

 

Le président de région sortant, Jean-Yves Le Drian, est membre du PS et est connu entre autres pour son engagement forcené pour « l’Europe des régions ». Sa politique est loin d’être celle des communistes.

Mais si la première option refuse l’émancipation électorale vis-à-vis de lui et du PS, la deuxième prévoit tout autant la participation à l’exécutif PS et implique des partenaires « PG » et autres groupes, pour la plupart récemment issus de la social-démocratie et tout autant partisans, pour n’évoquer que cela, de « l’Europe des régions ».

Les défenseurs de la première option mettent en avant un bilan de l’action des élus PCF dans la majorité du Conseil régional sortant, notamment sur les transports, un bilan sans doute modeste et contestable, mais existant. Et la nécessité de faire élire le plus possible de conseillers communistes.

Dans le cas de la deuxième option, si la barre des 5% était franchie, les candidats, repris et finalement élus sur la liste du PS au second tour, seraient pour un tiers ou moitié issus des autres formations.

Difficile de s’y reconnaître, dans l’une ou l’autre des alternatives, pour les communistes des fédérations de Bretagne qui voudraient que le point de vue communiste soit porté d’une façon plus claire et combative avant et après le scrutin, que le PCF conserve et renforce ses points d’appui. Une option manque depuis le début : celle d’une liste de rassemblement conduite par le PCF.

 

 

En Franche-Comté, au dernier moment, les négociations nationales (et parisianistes) ont laissé la tête de liste au PdG. Cet arbitrage a pris les communistes francs-comtois complètement à contre-pied, suscitant leur réticence et leur réprobation.

Mme Franco, chef de file du PdG, ex-PS, qui dit s’être toujours « sentie de gauche », n’en a cure. Le PCF ne l’intéresse guère. Si les communistes ne veulent pas la suivre, elle pense avoir plus de possibilités d’être élue avec le NPA.

Dans une région où le PCF est traditionnellement relativement faible sur le plan électoral, la logique du « Front de gauche » apparaît sans fard.

Les partenaires actuels (PG, GU) ou éventuels (NPA) du « Front de gauche » veulent les voix et la caution du PCF mais pas les communistes et ce que représente leur parti.

Sans connaître ces développements, les communistes francs-comtois s’étaient, notamment la Fédération de la Haute-Saône, prononcés à 30% pour une liste PCF de rassemblement.

Les faits leur donnent raison.

 

En Ile-de-France, la position de tête de liste régionale pour Pierre Laurent a coûté cher dans les négociations. Mélenchon s’est permis de se moquer (de se « foutre de la gueule » pour parler juste) des communistes en annonçant entre Noël et le 1er de l’an qu’il était exaspéré par les négociations qui lui refusaient la tête de liste et qu’il « faisait ses valises » pour rentrer à Paris. Finalement, les dirigeants du PCF ont concédé 5 têtes de listes départementales aux « autres » sur 8 départements, en plus des contreparties dans d’autres régions. A cela s’ajoute que des « refondateurs » et autres « alternatifs » à qui on avait déjà cédé des places en 2004 se présentent avec les Verts : Gattignon, maire de Sevran en Seine-Saint-Denis, Perreux, vice-président du Conseil général, en Val-de-Marne… 

La situation de l’Ile-de-France constitue un cas d’école. Déjà en 2004, la formule de la « gauche populaire et citoyenne » anticipait sur le « Front de gauche ». Elle « rassemblait » et faisait élire des candidats divers « gauche » qui ont, comme un seul homme, suivi et cautionné jusqu’au sein de l’exécutif régional Jean-Paul Huchon, le président PS du Conseil régional, qui ne cède rien à Georges Frêche en termes de social-libéralisme.

Les marchandages continuent, laborieux, pour la composition des listes départementales. Les communistes, illusionnés un temps par un « Front de gauche », vraiment à gauche et respectueux du PCF, n’en finissent pas d’être détrompés par l’arrogance des PdG et par la pusillanimité des dirigeants PCF.

Partager cet article
Repost0
17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 11:46

Elections régionales en Ile-de-France 14 et 21 mars 2010 :

 

Motion d'explication de l'option n°2 du bulletin de vote pour la consultation interne des 19, 20 et 21 novembre

 

Pour une liste de rassemblement présentée et conduite par le PCF, ouverte à des acteurs des luttes.

 

 

La campagne et le scrutin des élections régionales doivent être l’occasion de porter nationalement et régionalement le puissant mouvement des luttes contre la politique du pouvoir, de gagner des positions régionales pour les relayer. Le vote communiste, l’expression des positions communistes, le renforcement du PCF en sont l’instrument privilégié.

Les orientations largement sociales-libérales et la perspective enfermée dans l’alternance en 2012 des forces social-démocrates du PS, d’Europe-Ecologie excluent une union derrière elle. Le « Front de gauche » avec le PG et la GU, petites formations de dissidents du PS et du NPA, ne représente pas une alliance électorale intéressante dans notre objectif. Au contraire, il est de nature à continuer de brouiller l’expression communiste, à diluer l’identité de notre parti, à le plonger dans des querelles politiciennes stériles en vue de 2012 dans le fil des collectifs antilibéraux de 2006/7, de la « gauche populaire et antilibérale », de Bouge l’Europe. Aux européennes de 2009, il n’a pas permis d’améliorer les résultats du PCF en 2004 et de détourner de l’abstention la majorité des électeurs du NON du référendum de 2005.

Le bilan appelle à une rupture avec les choix fait en Ile-de-France depuis 2004.

Au plan national, les 20 régions à majorité de gauche n’ont pas été des points de résistance à la politique du pouvoir. Elles ont accompagné au contraire le développement de la logique « libérale » de l’Europe des régions, le processus de marchandisation des services publics, etc. En Ile-de-France, le président PS de la Région, Jean-Paul Huchon, s’en inspire ouvertement. Il multiplie les déclarations de guerre à l’Education nationale, qu’il veut régionaliser, aux entreprises nationalisées de service public qu’il veut mettre en concurrence, mais dans le même temps les cadeaux au patronat.

En 2004, dans la Région, le PCF avait soutenu la liste de la « gauche populaire et citoyenne » précurseur du « Front de gauche ». Cette stratégie a amené l’élection par l’électorat communiste de presque une moitié d’élus non membres du PCF, un large effacement du point de vue communiste au Conseil régional, une participation active dans l’exécutif régional et une caution à la gestion loyale par Huchon des affaires du patronat dans la région. 

 

Pour toutes ces raisons, nous nous prononçons pour le lancement d’une liste clairement présentée et conduite par le PCF en 2010, porteuse des positions communistes, notamment

la défense et la reconquête des services publics, des monopoles publics, des entreprises nationalisées, en particulier dans le cadre des prérogatives régionales la RATP et la SNCF

le rejet de la réforme territoriale, de « l’Europe des régions » qui l’inspire.

le rejet de la conception du « Grand Paris », non seulement de ses aspects institutionnels mais des aménagements conçus dans l’intérêt de la finance et des multinationales. 

Partager cet article
Repost0
16 novembre 2009 1 16 /11 /novembre /2009 17:57

Analyse et compte-rendu du PCF Paris 15

 

 

La conférence régionale du PCF en Ile-de-France des 14 et 15 novembre était entièrement prévisible.

Les quelque 350 participants avaient été soigneusement choisis par les directions départementales, peut-être trop bien au vu du résultat caricatural : 94% d’approbation de « l’offre de la direction nationale pour le Front de gauche.

Les adhérents sont maintenant appelés à plébisciter à leur tour ce choix entre le 19 et le 21 novembre. En toute ignorance de cause !

Car de véritable débat dans le Parti avec les communistes sur la stratégie aux régionales, il n’y en pas eu et il n’y en aura pas avant le vote interne.

Prudemment, la direction a annulé le Conseil national de fin septembre qui devait lancer la discussion.

Après le CN des 24 et 25 octobre, les communistes ont disposé de quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre politique » avant désignation des délégués à la conférence régionale. Maintenant ils ont 4 jours pour se prononcer sur ses conclusions, par ailleurs toujours aussi troubles.

La conférence régionale a donné lieu à un interminable verbiage destiné à escamoter les questions de fond que notre unique délégué, avec 2 autres camarades des sections de Paris 5ème et de Meaux ont été presque seuls à soulever.

D’abord sur le bilan des régions de gauche à participation communiste. C’est devenu une formule rituelle notamment des élus sortants : « on ne gagne pas les élections sur des bilans ». On doit conclure qu’on les gagne sur des promesses que l’on n’est pas obligé de tenir !

Il y a une réalité que la direction du Parti, en particulier en Ile-de-France, ne veut pas entendre, ne veut surtout pas que les communistes entendent : c’est que les élus de la liste de la « gauche populaire et citoyenne » en 2004, conçue exactement suivant le principe du Front de gauche, ont cautionné jusqu’au bout, au sein de l’exécutif avec leurs vice-présidences, toutes les orientations sociales-libérales de la majorité du Président PS, Jean-Paul Huchon.

Nous avons pris, les premiers, l’initiative de propager très largement depuis août les conceptions politiques de Huchon exprimées dans son livre de 2008 (voir en lien). Elles sont si « énormes », si outrancières dans l’approbation du libéralisme et de l’Europe des régions, qu’enfin, le rapport introductif de la Conférence régionale les a citées.

Mais en oubliant la participation active des élus du Front de gauche (PCF, PG, alternatifs, divers…) !

Sur les rapports avec le PS à l’avenir, la conférence régionale, comme « l’offre politique » s’efforcent de tromper sur la marchandise. Le « Front de gauche » est présenté comme une façon de s’émanciper du PS, mais pour mieux construire des majorités dans les institutions derrière lui, autant dire pour ratisser plus large à gauche, aux régionales puis en vue d’une nouvelle alternance stérile en 2012.

Quelles sont les conditions d’une participation éventuelle au prochain exécutif régional après les élections ? Il n’y en a pas !  Des esprits fumeux vont même jusqu’à prétendre que négocier un accord sur les contenus avec le PS, ce serait s’enchaîner ! Non, il faut pouvoir continuer à tout se permettre comme depuis 2004, sans contrôle des communistes.

Très drôle : pour essayer de démarquer le « Front de gauche » de la social-démocratie, la tribune de la conférence a proposé de mettre sur le bulletin de vote une case pour une liste d’union de toute la gauche dès le 1er tour. Mais problème : comme l’a judicieusement fait remarquer le camarade de Meaux à l’assistance, il faudrait qu’au moins un délégué l’ait proposé. Aucun de ceux qui collaborent avec le PS dans les institutions n’a bien entendu voulu se mouiller et se discréditer ! Il a fallu qu’une déléguée quasi inconnue se dévoue !

Il faut dire aussi qu’en Ile-de-France, contrairement à d’autres régions, les sondages garantissent un score au dessus de 5% permettant la fusion avec le PS et Europe-écologie et qu’une répartition des places a eu lieu en 2004.

C’est de nouveau, comme d’habitude, sur les questions de candidatures que le débat s’est avivé.

Autant les communistes sont privés de débat de fond, autant les débats entre composantes du Front de gauche, même complètement groupusculaires, font rage et autant ils sont abreuvés de prises de position personnelles dans les media, notamment l’Huma.

Il y a de quoi complètement s’y perdre.

Il y a d’un côté Robert Hue qui s’affiche avec Peillon, le Modem et Huchon et qui devrait être candidat dès le 1er tour sur sa liste.

D’un autre côté, il y a le maire de Sevran, Stéphane Gattignon, maire PCF mais qui conteste la raison d’être du PCF depuis vingt ans, qui annonce qu’il figurera sur la liste d’Europe-Ecologie.

Il y a aussi Mélenchon qui évoque sa candidature en Ile-de-France comme chef de file, histoire d’ajouter au trouble des communistes.

Il y a encore Patrice Braouezec qui fait don de sa personne comme chef de file du Front de gauche dans notre région parce que, en somme, il est communiste, un peu mais pas trop et que donc il peut mieux incarner le Front de gauche. Parmi ses soutiens, on trouve Jean-Jacques Karman d’Aubervilliers dont la seule cohérence est de changer tout le temps de camp (on voit quel crédit accorder à de tels « opposants » de « gauche » au processus de disparition du Parti).

Dans tout ce micmac, apparaît au grand jour la nature et l’objectif du « Front de gauche », dans la suite des collectifs antilibéraux, de la candidature de la « gauche populaire antilibérale » de MG.Buffet en 2007 : au nom d’un pseudo rassemblement, il s’agit d’accélérer l’effacement et la décomposition du PCF.

Avec ses alliances à géométrie variable au plan national, avec ce que nos propres partenaires vont dénoncer comme des compromissions avec le PS, avec un tel spectacle, notre parti, le PCF, sortira encore un peu plus discrédité des élections régionales. D’autant plus que les préoccupations institutionnelles et politiciennes l’écarte des fronts de lutte et de ses positions fondamentales.

Pour les communistes désorientés, mais qui veulent que leur Parti continue d’exister et se renforce, la direction tend une fausse perche. Elle les invite à peser dans le Front de gauche pour que Pierre Laurent, futur secrétaire national, soit tête de liste du Front en Ile-de-France. Implicitement, c’est essayer l’impliquer les communistes attachés à leur parti au processus qui le saborde.

A la conférence, à peu près un quart des délégués, défendant plus ou moins Braouezec se sont prononcés pour que la tête de liste régionale ne soit pas un dirigeant communiste. Dans l’autre sens, défendant Pierre Laurent, la tribune a fait ajouter au bulletin de vote sur la case « front de gauche » cette phrase étonnante : « Considérant la place et l’influence du PCF en Île de France, les communistes proposent que la tête de liste soit issue du PCF dans une conception de campagne collective et à plusieurs voix. »

Destinée à rassurer trompeusement les communistes, cette phrase devrait susciter une réaction de bon sens : mais pourquoi donc si l’on veut une tête de liste communiste, la direction du PCF se place-t-elle elle-même dans la situation de ne pas l’avoir ?

Le choix de bon sens pour ces élections serait logiquement de présenter et de conduire une liste PCF largement ouverte aux acteurs des luttes. C’est ce qu’ont défendu notre camarade du 15ème (voir son intervention) et un camarade du 5ème. C’est l’option que nous défendons depuis le début.

La direction régionale, en Ile-de-France, comme dans d’autres régions, a décidé de la laisser apparaître (avec un intitulé déformé) sur le bulletin de vote. Ne pas le faire l’aurait déconsidérée et elle peut escompter influencer suffisamment le résultat du vote pour minimiser cette position naturelle.

Pour prendre une précaution de plus dans ce sens, elle a strictement rejeté que le bulletin de vote soit accompagné de quelques explications des partisans de cette option, spécialement en Ile-de-France où elle ne veut certainement pas qu’on montre que le Front de gauche existe déjà depuis 2004.

Conscients du contexte antidémocratique, en cohérence avec nos positions exprimées en Assemblée, nous appelons les camarades à voter pour des listes de rassemblement présentées et conduites par le PCF.

Plus que jamais, nous voulons tout faire pour contribuer à ce que les communistes, à cette nouvelle étape intermédiaire du processus de disparition du PCF, se réapproprient leur parti, prennent dans leurs fédérations, leurs sections, leurs localités la responsabilité de le faire vivre et de le renforcer.

C’est pourquoi notre ordre du jour prioritaire de la semaine est la préparation des grands mouvements programmés la semaine prochaine : grève des postiers, des enseignants, etc…

L’essentiel n’était pas à la conférence régionale !

Partager cet article
Repost0
6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 23:15

Elections régionales des 14 et 21 mars 2010.

Analyses et décisions de la section du PCF Paris 15ème lors de son assemblée du 3 novembre 2009

 

extrait de

http://pcf-paris15.over-blog.com/article-les-orientations-du-pcf-paris-15-pour-novembre-et-pour-les-regionales-38828253.html


 

A l’unanimité, nous repoussons « l’offre politique » nationale proposée par le CN et nous nous prononçons pour la constitution de listes de rassemblement, présentées par le PCF, sur un programme national et régional communiste.

 

D’abord, nous déplorons les conditions peu démocratiques dans lesquelles la consultation des communistes est organisée dans le Parti.

 

Les communistes disposent d’à peine quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre politique » du CN et se prononcer sur elle dans les sections. Autant dire que l’immense majorité sera tenue à l’écart.

 

Il est anormal que la réunion du CN des 26 et 27 septembre qui devait lancer la discussion ait été annulée, qu’aucune réunion du Conseil départemental de Paris n’ait été convoquée depuis le 2 septembre.

Ce calendrier précipité imposé aux communistes contraste avec toutes les tractations entre partis de « gauche » dont la presse a fait écho dans la période.

 

Pour ceux qui ont pu les lire, le texte « d’offre politique » et le rapport de MG. Buffet ne fournissent pas, au-delà de phrases vagues ou creuses, de bases réelles, notamment en termes de bilan et de contenu, à la réflexion des communistes. Au plan régional, un seul texte est arrivé à la direction de section le 30 octobre pour préparer la « conférence régionale » : aucun compte-rendu de mandat depuis 2004, notamment des élus parisiens !

 

Nous émettons également les plus grandes réserves sur les prochaines étapes de la consultation.

Le mode de désignation des délégués à la Conférence régionale relève de la cooptation par les directions départementales.

Nous attirons l’attention, que tel que « l’offre » politique le conçoit, les communistes ne pourront pas se prononcer sur la tête de liste de la liste soutenue par le PCF, ni même savoir comment elle sera désignée, tout cela revenant aux tractations futures avec le PG.

De même, les communistes risquent d’être empêchés de se prononcer pour un choix pourtant naturel : une liste de rassemblement présentée par la PCF relayant l’exigence de rupture politique exprimée dans les luttes.

Notre section retient unanimement cette dernière option. Voici la réflexion qui l’y conduit.

 

Nous insistons aussi sur le besoin que ce soit une stratégie nationale et sur les dangers d’arrangements opportunistes à géométrie variable selon les régions.

 

b- Aucune rupture politique possible en restant à la remorque du PS dans les institutions, nationalement comme régionalement.  

 

Le constat, mis en évidence par la complicité du PS dans la ratification du Traité de Lisbonne en 2008, demeure. Ses orientations ne portent pas de rupture sur le fond avec la politique au service du patronat et du capital. Son absence d’opposition (plan d’aide aux banques, loi Bachelot, loi LRU…) ou son opposition tronquée (acceptation des directives de concurrence par exemple sur La Poste) aux contre-réformes les plus graves du gouvernement le montrent. Il reste entièrement dans un schéma d’alternance, les yeux de ses prétendants rivés sur 2012.

 

Autre constat : 20 régions de « gauche » depuis 2004 dont 16 à participation communiste n’ont pas constitué un point d’appui pour s’opposer à la politique du pouvoir, ni au plan national, ni même au plan régional. Au contraire, globalement, elles ont accompagné, dans leurs domaines de compétence, la marchandisation des transports, la « régionalisation » des personnels techniques des lycées…

 

Le bilan en Ile-de-France est encore plus sombre avec le président sortant Huchon.

Sa profession de foi libérale dans son livre de 2008 « De battre ma gauche s’est arrêtée » est éloquente. Il s’affiche comme partisan de la régionalisation de l’éducation nationale, adversaire des nationalisations, estimant que les services publics sont mieux effectués par le privé, chantre de l’Europe des régions contre la souveraineté nationale…

Sa politique est en cohérence : il accompagne activement la marchandisation des transports (dont il veut seulement que la Région ait le contrôle), il accorde des aides inédites à l’enseignement privé…

De plein pied dans la logique de concurrence des territoires, Huchon et sa majorité accordent des cadeaux, sans contrepartie, au patronat d’Ile-de-France tout en faisant jouer le moins-disant social dans les commandes régionales comme avec le marché du renouvellement des trains de banlieue attribué au canadien Bombardier contre Alstom et à une production en France.

Etc…

 

A propos du Grand Paris, les divergences entre la majorité régionale et le gouvernement ne portent pas sur le choix d’aménagement au service de la finance et des multinationales mais seulement sur la future « gouvernance ».

 

Force est de constater que les élus de la liste de la « gauche populaire et citoyenne » de 2004, dont les élus communistes auront cautionné jusqu’au bout au sein de l’exécutif régional ces choix néfastes.

 

Cette analyse nous amène à nous prononcer :

contre une alliance électorale avec le PS (et les Verts) et la présence de candidats du PCF sur une liste au 1er tour derrière lui en Ile-de-France comme dans l’ensemble des régions.

contre toute position de principe de participation à un exécutif dirigé par le PS. La définition préalable des conditions d’une éventuelle participation est nécessaire.

Puisque ce n’est pas le cas, à la lumière de l’expérience, nous nous opposons à une participation à un exécutif dirigé par le PS et Huchon.

 

L’absence d’ouverture au Modem ne saurait être un critère suffisant. Même sans le Modem, les exécutifs à direction PS suivent des choix « sociaux-libéraux ».

 

Si l’on veut battre la droite, il faut s’opposer à toute politique de droite d’où qu’elle vienne.

 

c- Contre la poursuite de l’effacement du PCF et de ses positions avec la ligne du « Front de gauche »

 

La liste sur laquelle figuraient les candidats du PCF en 2004 en Ile-de-France, intitulée « gauche populaire et citoyenne », correspondait déjà à la stratégie du « Front de gauche ».

Les militants communistes ont fait l’essentiel de la campagne pour une liste effaçant leur parti, pour obtenir une moitié d’élus non membres du PCF, non représentatifs, sur une ligne politique qui a amené, malgré « l’antilibéralisme » annoncé, à une collaboration docile, jusqu’au bout, avec le social-libéral Huchon.

 

Nous refusons la poursuite de cette stratégie du « Front de gauche » au plan régional ou au plan national comme l’offre politique du CN le propose unilatéralement.

 

Le « Front de gauche » ne représente pas une émancipation vis-à-vis de la social-démocratie. Au contraire. On l’a vu avec l’exemple francilien.

Mélenchon est un social-démocrate. « L’offre politique » s’inscrit strictement dans la seule perspective d’une union « majoritaire » dans les institutions.

 

Le « Front de gauche » ne présente aucun intérêt comme alliance électorale pour ce que doit défendre le PCF.

Les partenaires, « gauche unitaire » et PG, sont des groupuscules qui ne pèsent rien dans le pays. Aux européennes, les listes du « Front de gauche » n’ont pas amélioré les résultats des listes PCF de 2004.

En revanche, les positions de Mélenchon (partisan de Maastricht notamment) ont contribué à brouiller le message des communistes et à laisser de côté, dans l’abstention, une bonne part de ceux qui s’opposent à l’UE du capital.

Les élus régionaux sortants du PG sont tous des ex-adhérents du PS.

 

Nous analysons le « Front de gauche » comme étant le nouvel instrument, après les collectifs antilibéraux, pour poursuivre la stratégie d’effacement de l’identité du PCF et de ses positions, de transformation en une deuxième mouvance social-démocrate, complémentaire du PS. Le NPA pourrait rapidement, aux lendemains des régionales, rentrer dans ce schéma de recomposition sur la base de la disparition progressive du PCF et de la captation de son héritage.  

Nous continuons à refuser résolument cette perspective qui prive le monde du travail, les couches populaires de la seule force historique conséquente pour affronter la politique au service du capital.

 

d- Pour des listes de rassemblement présentées par le PCF, en particulier en Ile-de-France

 

Les élections régionales devraient être l’occasion de relayer pendant la campagne et lors du vote l’exigence de rupture politique exprimée avec force dans les luttes. Elles doivent contribuer à développer ce mouvement pour gagner de premières victoires et non à alimenter des combinaisons politiciennes en vue de 2012. Il est temps de montrer une « opposition véritable à gauche » a résumé un camarade, pas un « altercapitalisme » comme la direction du parti commence à utiliser la formule.

 

Le programme régional doit, en cohérence, partir du bilan sans fard de la participation des élus PCF-Front de gauche à la politique « libérale » de Huchon, porter des contenus de résistance à la politique du gouvernement.

Notamment pour les services publics, en particulier les transports, principale attribution des régions, pour refuser d’accompagner le processus de marchandisation-privatisation, en Ile-de-France en promouvant la défense et la reconquête du monopole public RATP/SNCF.

Nous devons nous opposer totalement au développement de l’Europe des régions et au projet de réforme territoriale qui lui correspond.

Pour cela, nous devons nous opposer à toute tentative d’étendre les prérogatives des régions, contre l’échelon démocratique national, son relais départemental et les communes.

Nous nous opposons par exemple totalement à toute régionalisation de personnels de l’éducation nationale, au détournement de fonds régionaux pour faire des cadeaux au patronat, ou encore pour financer le logement en acceptant le désengagement de l’Etat et le démantèlement du modèle de financement du logement social.

En cohérence, nous estimons que les régions doivent s’opposer à toute hausse des impôts locaux pour compenser les cadeaux accordés nationalement aux plus riches et au patronat.  

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:50

Aller beaucoup plus loin que le Front de Gauche

27 octobre 2009

 

L’appel que j’ai signé le 8 octobre dernier avec de nombreux militants et élus et qui a été rendu public contribue clairement au débat afin que les communistes choisissent l’unité et le rassemblement à l’occasion des élections régionales. Dans tout le pays, les militants communistes n’ont pas attendu des directives venues d’en haut pour faire connaître leur sentiment et il se dégage une dynamique en faveur de la constitution de listes de large rassemblement conduite par une(e) communiste dans chaque région dès le premier tour. Dans l’Oise, l’appel qui circule , contribue au débat , suscite des échanges libres et francs qui posent des questions de fond. Notamment celle du bilan du Conseil régional sortant, celle de l’identité communiste aujourd’hui, ou encore celle de la politique régionale et des candidats qui seraient capables de la porter et de la mettre en oeuvre dans l’unité une fois élus.

On semble s’orienter vers l’ouverture et la main tendue à nos camarades "Communistes en Somme" afin de rassembler toute la force communiste et permettre aux Picards d’avoir à leur disposition un programme, une liste de combat pour ancrer la future assemblée régionale bien à gauche. Il serait en effet suicidaire de ne pas retrouver ces camarades, de ne pas créer les conditions dès maintenant pour travailler en commun à la mobilisation des Picards. Car on ne souhaite pas jouer "petits bras", une grande ambition peut guider l’action et la mobilisation des communistes et de milliers de progressistes en Picardie : conquérir une assemblée régionale qui soit enfin une assemblée de combat avec une présence communiste et progressiste forte, déterminée et unie, pour ne pas renouveler les divisions que l’on a connues ces dernières années et qui ont conduit l’exécutif régional à accompagner la crise.

Ce texte que nous avons rendu public, parce que nous considérons que le débat n’est pas seulement interne mais concerne aussi les citoyens, pose la question du rassemblement. Le débat est en cours et cela est primordial qu’il ne se fasse pas en vase clos. Des camarades ont évoqué le "Front de gauche" pour caractériser ce rassemblement. Je comprends leur volonté. Cependant le Front de Gauche est une construction fort limitée face aux ambitions que nous avons. Il ne s’agit pas de cantonner notre rassemblement au seul Front de Gauche. Il s’agit de créer les conditions d’un rassemblement majoritaire dont le contenu permette à des citoyens dans leur diversité politique, syndicale, associative de se retrouver pour réaliser ensemble un programme de combat contre la destruction capitaliste et pour des mesures de transformations démocratiques donnant de réels moyens d’intervention aux salariés notamment dans l’utilisation des fonds publics pour le développement économique, en faveur de l’emploi et de la formation ce que le Conseil régional sortant n’ a pas mis en oeuvre.

Il ne faut enfermer personne dans une construction comme le Front de gauche actuel qui est limitée à quelques organisations et qui contrairement à toute analyse sérieuse n’a pas créé une dynamique de rassemblement populaire, mais seulement une alliance circonstancielle et électorale limitée à des organisations dont l’influence reste réduite et qui à tout moment peut voler en éclat car elle est loin d’être portée par un courant démocratique de masse et de classe. Plus que ce type de front, il est urgent d’organiser une offensive populaire de classe permettant aux gens de se positionner non plus sur la défensive mais sur des initiatives créatrices de luttes, de propositions, là où ils vivent et travaillent. En ce sens, il faut ouvrir largement notre démarche à des salariés en lutte qui quotidiennement sont confrontés à l’exploitation et à la répression patronale, à des hommes et des femmes déçus du Parti socialiste, à des militants d’extrême-gauche qui veulent en finir avec le capitalisme, à des élus très divers extrêmement inquiets des conséquences de la suppression de la Taxe professionnelle, à des citoyens qui dégoûtés de la politique politicienne veulent un vrai changement, à ces personnes des quartiers populaires qui si nous n’allons pas à leur rencontre risquent de se tromper de colère en votant Front national. Parmi tous ces gens, il y a des milliers de citoyens en Picardie qui accueilleraient avec un très grand intérêt l’annonce de l’unité des communistes picards, de la constitution d’une liste sur des bases de combat ,et qui se mobiliseraient en faveur de celle-ci.

Espoir, colère et combat, c’est l’esprit, je crois, du rassemblement que nous pouvons créer à l’occasion de la bataille des régionales, bien au delà d’accords d’états majors. Ne faisons rien qui conduirait à coller des étiquettes sur les gens ou qui les enfermerait dans des schémas politiciens et inversement n’entreprenons rien qui nierait l’identité communiste et celle de ceux qui sont prêts à participer avec nous à une belle et enthousiasmante bataille si nous savons nous unir dans l’intérêt de notre région et des Picards et celui de notre pays.

A Creil, le 22 octobre, Jean-Paul LEGRAND

Partager cet article
Repost0
31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:33

Nous reproduisons ci-dessous une lettre ouverte de jeunes communistes d’Ille-et-Vilaine à MG. Buffet ainsi qu’une réaction qu’elle a suscitée toujours dans la section de Rennes.

Ces lettres datent de l’été et le contexte a légèrement changé. Les questions du sens de la démarche du Front de gauche, élargi ou non, restent posées.

Ces textes, qui n’engagent pas le comité éditorial du site vivelepcf, invitent à poursuite l’échange. C’est dans ce but que nous les mettons en ligne. Ils ne reflètent qu’une partie des débats sur les régionales dans la fédération 35.

 

 

Lettre à Marie-George Buffet, signée de 15 jeunes communistes de la Fédération du PCF d’Ille-et-Vilaine.

 

Le 20 juillet 2009 à Rennes


Chère camarade,
Nous sommes des jeunes adhérents du Parti Communiste Français, de Rennes. Nombres d’entre nous ont adhéré après 2005. Alors que notre Parti est en train de vivre un tournant historique, qui lui permettrait de rebondir et de s’ancrer définitivement à gauche, nous sommes inquiets quant à la tournure que prennent les discussions actuelles.
L’expérience du Front de Gauche pour changer l’Europe a suscité de nombreux espoirs tant chez les militants de la gauche de dépassement du capitalisme qu’au sein de la population. Pour pérenniser cette dynamique, il est important de continuer dans cette logique d’union de la gauche qui refuse le consensus libéral.
Les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du Parti Communiste. Il est temps pour nous de prouver notre intégrité idéologique et d’affirmer notre appartenance à la gauche en s’opposant au capitalisme. Nous, jeunes adhérents du PCF, n’avons pas fait le choix de rejoindre ce parti pour le voir de plus en plus inféodé au Parti Socialiste.
C’est pourquoi, nous estimons qu’il est essentiel pour nous et pour la gauche, de construire un Front de Gauche pour les Régionales au côté de nos alliés des dernières élections européennes. L’élargissement vers le Nouveau Parti Anticapitaliste, est possible et indispensable si nous ne voulons pas perdre d’élus, voir en gagner !
Le Parti Communiste est aujourd’hui face à un choix, celui de l’audace, pour la construction de nouvelles majorités à gauche ou celui du renoncement avec l’affiliation à la Social-démocratie. C’est à ses militants de décider, ils ne doivent pas être laissés à l’écart des négociations en cours.
C’est parce que nous sommes attachés aux valeurs du Parti Communiste Français que nous nous refusons à le laisser sombrer avec le Parti Socialiste.
Dans l’attente d’une réponse, très fraternellement.
· Jeannie Barbier, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· François Cadiou, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Morgane Carlotti
· Mona Dorion
· Vincent Haloua, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Vivien Hipeau
· Romain Hipeau, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Jean-Marc Lacire
· Yann Le Carff
· Elsa Lafaye, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Fabien Paboeuf, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Claire Payen
· Olivier Sarrouy
· Elsa Siffert, membre du Conseil départemental de la fédération des Côtes d’Armor
· Semyon Tanguy-André
· Anatolie Teissier
- Quentin Wald

 

 

Réaction de la camarade Jacqueline Dang Tran, de la section de Rennes

 

Le 29 août 2009,

 

Chers camarades

            Je me permets de répondre à votre lettre du 20 juillet que l’on m’a transmise récemment et qui ne m’était évidemment pas adressée. Cela permettra peut-être d’alimenter le débat à Rennes.

            J’en suis bien d’accord, les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du PCF. La situation historique que nous vivons, grave crise du capitalisme, extrême tension internationale, y compris au sein de l’UE, impose au parti communiste de se renforcer et de réaffirmer haut et fort ses principes fondamentaux. Jamais la théorie révolutionnaire n’a été autant d’actualité. Mais présenter l’expérience du front de gauche comme un  tournant historique me paraît bien excessif. Si le FG avait suscité tant d’espoirs dans la population, il aurait obtenu plus de voix. Le fait majeur des élections européennes, c’est l’abstention qui comme le non au référendum sur le TCE est le fait surtout des classes populaires que notre parti est censé représenter. Il s’agit d’une abstention de classe.

            Vous posez le problème épineux des alliances et du rassemblement, mais vous le posez, comme le font en général hélas nos dirigeants, en termes uniquement électoralistes et sans référence aux contenus. Le rôle d’un parti politique n’est pas seulement de préparer les élections et de présenter des candidats. Le PC doit être une force d’analyse, de proposition qui, sans se substituer aux syndicats, impulse, soutient , coordonne les luttes et mobilise la population. C’est dans les entreprises et dans la rue que peut se constituer un véritable front populaire.

            Ce sont ces « fronts de luttes » qui peuvent ouvrir des perspectives politiques, soit qu’elles aboutissent et mettent en échec le gouvernement ( cf. le CPE) soit qu’elles influent sur le résultat des élections. Si les militants communistes et leurs partenaires, au lieu de raconter des salades sur les prétendus pouvoirs du parlement européen,  avaient inondé la population de tracts dénonçant la loi Bachelot ou la privatisation en cours du service postal, en montrant bien que ces politiques sont l’application en France des directives européennes qui détruisent les services publics dans tous les pays, s’ils avaient pris part à  toutes les actions menées pour la défense de la poste ou de l’hôpital public , ils auraient peut-être eu  plus de voix et des élus au moins décidés à donner un écho européen à la mobilisation des citoyens. Ces luttes rassemblent des militants politiques, syndicaux, associatifs, des usagers sans appartenance politique tous unis par un même objectif.

            Car on ne s’unit pas pour s’unir. On ne le fait que si l’on est d’accord sur un projet clair. Or rien n’est plus obscur que le mot « gauche » !   C’est  un fourre-tout. Bien sûr le PS s’identifie à la Gauche, alors que, lorsqu’il était au pouvoir, il a servi loyalement les intérêts du capital et qu’il continue de le faire à des degrés divers dans certaines régions ou communes. C’est pourquoi le parti communiste ne peut en effet rester inféodé au PS. Là dessus je suis absolument d’accord. Notre parti s’est décrédibilisé, déconsidéré par sa participation et son soutien indéfectible à la Gauche Plurielle

            Mais est-ce mieux ailleurs ? Les écologistes se déclarent « de gauche » par nature évidemment. On voit surgir de multiples groupuscules « de gauche », dépourvus de militants, mais prêts à entrer dans le FG pour placer leurs grands penseurs, des « personnalités » comme on dit. Ce qui est gênant dans le front de gauche, c’est que l’une de ses composantes principales avec le PC est justement «  le parti de la gauche » qui s’inspire, Mélenchon n’a cessé de le répéter, de Die Linke qui en Allemagne n’est guère qu’un parti socio-démocrate no. 2. Rappelons qu’en 2004 en Ile-de- France, une liste alternative de « gauche populaire et citoyenne » initiée par M.G. Buffet a eu des élus qui se sont montrés d’une docilité remarquable à l’ égard du gouvernement régional. Qui dit qu’il n’en serait pas de même avec les élus du FG ? On n’a pas beaucoup entendu Mélanchon protester au temps de la Gauche Plurielle.

            Partout en Europe « la gauche » selon des modalités diverses sert à liquider les partis communistes, à effacer l’identité communiste. N’est-ce pas ce dont rêvent certains  ténors du FG, faire disparaître le PC en douce contre la volonté de ses adhérents ?

            Alors faut-il renoncer à toute alliance électorale ? non sans doute. Faut-il se tourner vers le NPA, comme vous le suggérez ? Pourquoi pas ? Mais n’oublions pas que les trotskistes ont toujours eu dans l’histoire comme objectif principal la liquidation du PCF, parti « stalinien » bien sûr ! Il en reste bien quelque chose. Leurs propositions en général séduisantes, sympathiques, sont souvent soit irréalistes soit racoleuses.

            Alors que faire ? Refuser tout effacement de notre identité. Réaffirmer notre raison d’être. Elle n’a pas changé : œuvrer pour l’abolition du capitalisme et l’instauration du socialisme (dont le régime soviétique n’était qu’une caricature). Nos dirigeants n’osent même plus utiliser ce beau mot de « socialisme ». Nos grandes  orientations qui sont autant de lignes d’action doivent être rappelées. Même si dans le cadre d’une alliance électorale conjoncturelle, nous pouvons accepter certains compromis, nous ne pouvons transiger sur l’essentiel.

            Ces grandes orientations sont (mais je n’ai pas la prétention d’être exhaustive) :

            _l’appropriation collective des moyens de production qui ne peut être que progressive mais qui est possible dans certains cas et selon certaines modalités dans le contexte même de la crise.

            _La défense ou la reconquête des monopoles publics pour toutes les activités qui relèvent des intérêts vitaux des citoyens : santé, communications, transports, éducation nationale, courrier, services de l’énergie, électricité, gaz, service de l’eau…Certaines de ces activités ont été déjà privatisées, ou sont menacées de privatisation. Dans ces domaines nous ne devons faire aucune concession. Pas de partenariat public privé.

            -Le développement d’un pôle public financier pour l’investissement d’intérêt général. Ici aussi aucune concession. Pas de démantèlement de la caisse des dépôts et consignations, pas de privatisation de la banque postale !

            _ Le refus du pouvoir personnel, du régime présidentiel. Un président, c’est fait pour présider, pas pour gouverner. Donc réforme de la constitution.

            _Le rejet de l’Union Européenne, cette machine à exploiter et asservir les peuples, sous hégémonie américaine. Une autre Europe est souhaitable, une organisation solidaire de peuples souverains. Le parti communiste a toujours défendu le droit des peuples à décider de leur destin.

 

            Dans l’immédiat, nous devons surtout nous investir dans le mouvement social. Pour les élections régionales, il est exclu de faire liste commune avec les socialistes, ce serait un ralliement à la social démocratie. Mais un désistement n’est pas exclu au second tour. Pour la constitution des listes et l’éventuelle participation à l’exécutif, la situation diffère selon les régions. Les communistes peuvent présenter des listes de rassemblement  enracinées dans les luttes sociales, comme ils l’ont fait en 2004 en Picardie et dans le Nord-Pas-de Calais, avec succès. Ailleurs il paraîtra préférable de présenter des listes « alternatives » de type Front de gauche élargi. Dans certaines régions, il est impensable que nous gouvernions avec les socialistes, dans d’autres où les socialistes peuvent avoir, au vu de leur bilan, une action bénéfique, pourquoi ne pas travailler avec eux, tout en restant sur nos gardes. Le refus de principe du NPA de participation aux exécutifs régionaux est difficilement soutenable.

            Pas question en tout cas d’accepter l’offre groupée de Mélanchon (cf. L’Huma du 27 aout). Bien de l’eau coulera sous les ponts d’ici 2012, les adhérents du PC décideront en temps utile.

 

Bien fraternellement. 

 

Jacqueline DANG TRAN, adhérente, section de Rennes du PCF

Partager cet article
Repost0