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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
8 mai 2010 6 08 /05 /mai /2010 14:48

Pas débat de diversion avec Gayssot !

 

Gayssot_hue_buffet.jpgPour beaucoup de communistes dont nous sommes, Jean-Claude Gayssot est disqualifié depuis longtemps comme dirigeant communiste, au moins depuis qu’il a aidé Jospin à faire passer la privatisation d’Air France et celle de France télécom en juin 1997.

Cela ne s’est pas arrangé depuis, ni au gouvernement, ni dans le PCF avec son coup de force (mis en échec par les camarades) pour prendre la section de Béziers après avoir lourdement contribué à faire perdre au Parti la municipalité de Drancy en Seine-Saint-Denis.

L’aventure de Jean-Claude Gayssot est un symptôme des effets du processus de mutation-liquidation du PCF. Il nous fait penser à ces anciens dirigeants des PC des pays de l’est qui ont si rapidement retourné leur veste.

 

Du coup, on ne peut regarder sans sourire l’embarras des directions départementales et régionale du PCF en Languedoc-Roussillon à traiter le « cas Gayssot » après les dernières élections régionales.

Gayssot, comme trois autres élus sortants et anciens dirigeants du PCF (Henri Garino de l’Aude, Jean-Paul Boré du Gard et Josiane Collerais de l’Hérault) se sont présentés sur les listes de Georges Frêche, ont été réélus et ont récupéré leurs vice-présidences, quand le PCF choisissait officiellement de constituer une liste du « Front de gauche » derrière le PG, ex-PS, René Revol.

Pour cela, les directions du PCF rendent publiques des discussions internes pour savoir si elles doivent les « suspendre » du PCF, les exclure, si le débat doit être mis à l’ordre du jour du « congrès d’étape » de juin.

 

Pourquoi tant de bruit ?

 

Il coule de source que Gayssot et ses collègues ne pourront pas représenter le PCF au Conseil régional. Peut-être cela va-t-il encore mieux en le disant.

 

Mais après ? Il n’y a pas de motifs d’exclusion dans les statuts du PCF, autres que : « la mise en cause délibérée des valeurs fondamentales d’intégrité et de dignité humaine, la corruption, ainsi que l’appartenance à un autre parti politique. » Rien qui permette d’exclure Gayssot.

 

Georges Frêche est un personnage répugnant, un social-libéral cynique, aux sorties malsaines (mais habilement calculées). Ceci dit, cela ne date pas de la dernière campagne électorale des régionales. Les insultes à des harkis, les hommages à l’OAS, les insinuations sur la composition de l’équipe de France de football, et sa politique régionale remontent à des années. La plupart de ceux qui mettent en situation de sanctionner Gayssot l’ont cautionné de la même façon, jusqu’il y a quelques mois… avant de faire leur mijaurées dans le Front de gauche avec d’anciens camarades de Frêche.

 

Les discussions sur l’éventuelle exclusion de Gayssot et cie sont infondées. Laissons le se disqualifier tout seul et redorons le blason du PCF dans les luttes !

 

Ces débats troublent les véritables clivages dans le PCF. Est-ce pour cela qu’on leur fait tant de publicité ? Sur quoi s’opposeraient Gayssot et ses amis d’hier ?

 

Josiane Collerais a annoncé sa démission du PCF (comme l’ancien président du Conseil général de Seine-Saint-Denis, Jean-Louis Mons en soutien à Gayssot). Réélue vice-présidente de la Région, elle estime que le PCF de l’Hérault dans le « Front de gauche » pratique un « antisocialisme gauchisant » (Midi Libre du 23 avril). Elle en profite (là elle ne fait qu’une constatation évidente) pour dénoncer une construction politique qui fait le lit de Mélenchon et de ses amis. Gayssot, pour sa part, crie au procès stalinien, demande que la « métamorphose du PCF aille jusqu’au bout, à l’abandon de la matrice bolchévique », déplore que la stratégie du « Front de gauche » affaiblisse le PCF (ça, c’est vrai).

 

Le brouillage du débat dans le Parti atteint son comble. Est-ce pour cela que l’on va complaisamment laisser Gayssot jouer la vedette, le repoussoir ?

 

Le ralliement au PS est autant inscrit dans la ligne « Gayssot » que dans la ligne « Front de gauche » (avec des socialistes opportunistes, maastrichiens, à peine repentis du PS). L’affaiblissement du Parti, la suite de l’abandon de sa théorie, de son organisation révolutionnaires s’accroît encore avec le « Front de gauche », comme le demande Gayssot. Les « transformations » que la direction veut imposer au congrès extraordinaire et à celui de 2011 s’inscrivent exactement dans le processus de « métamorphose » demandé par Gayssot, en témoignent les appels du pied de la direction aux « refondateurs ».

 

Refusons les mises en scènes, les oppositions jouées entre anciens ministres de la gauche plurielle !

 

Communistes conséquents, laissons Gayssot et ses amis aux petits fours du Conseil régional (il n’est jamais gavé), évitons les débats de diversion et concentrons-nous sur l’objectif principal que la situation politique, l’intérêt des travailleurs exigent : faire vivre et renforcer le PCF, même contre la stratégie de sa direction !

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9 avril 2010 5 09 /04 /avril /2010 16:39

Braouezec, Zarka, Martelli, Fraysse… annoncent leur retrait du PCF : pourquoi maintenant ?

 

28 notables du courant « refondateur » ont annoncé leur intention de quitter le PCF dans la semaine suivant les élections régionales. Leurs déclarations de rupture se succèdent depuis à un rythme régulier : Braouezec, Zarka, Martelli, Fraysse...

 

A vrai dire, c’est une décision logique qui se situe dans la continuité de leur positionnement. Depuis une quinzaine d’années au moins, ils estiment que le PCF n’a plus de raison d’être. Ils théorisent sur la nécessité du « dépassement de la forme parti », en fait uniquement de la forme « Parti communiste », de la « matrice bolchévique », comme l’écrit Martelli.

 

Derrière les formules, les communistes ont pu mesurer la dérive politique.

 

En prétendant promouvoir la « démocratie participative », les « refondateurs » se détournent de l’organisation politique  révolutionnaire qui a seule permis à la classe ouvrière, aux salariés d’intervenir sur le champ politique essentiel, celui de la lutte des classes. Souvent élus ils s’intègrent au contraire dans le cadre institutionnel de la démocratie bourgeoise délégataire.

 

Ils sont partisans de longue date de l’intégration et du dépassement du PCF dans un « pôle de radicalité », à la « gauche » du PS. L’expérience des « collectifs antilibéraux » en 2006, dont ils ont été ardents supporters, a bien traduit l’esprit de clubs politiciens auquel ramène leur projet. Dans la pratique, cet affichage de « radicalité » coïncide avec une collaboration rapprochée avec le PS dans les cadres institutionnels.

 

Sur les positions de fond, les refondateurs poussent loin le révisionnisme. Le philosophe estimé, Lucien Sève, a théorisé sur le dépassement de l’objectif de propriété collective des moyens de production. Depuis les années 90, il va jusqu’à promouvoir le développement de l’actionnariat salarié. Ses thèses ont servi à justifier justifié les privatisations de l’ère Jospin, cautionnées par Hue, Buffet et Gayssot (France télécom, Air France…).

 

Logique, le départ des refondateurs ne représente pas non plus un grave affaiblissement pour le PCF. Certes, ces personnalités sont connues. Leur décision est largement relayée dans les media. Elles sont aussi, pour certaines, reconnues dans le Parti pour leur apport passé, notamment en tant qu’intellectuels communistes (Sève, Martelli). Mais les refondateurs n’ont jamais représenté un courant nombreux dans le Parti et notamment parmi les militants. Bien conscients de cette réalité, ils se sont bien gardés, encore au 34ème congrès, de soumettre au vote des communistes leur plate-forme alternative.

 

Non, la vraie question qui appelle l’attention des communistes est surtout : « pourquoi ils partent maintenant ? ».

Jusqu’à présent, tout en affichant leur rejet de la « forme PCF » et des désaccords avec la direction du Parti, la plupart des personnalités de cette mouvance avait décidé de rester dans le Parti, ne suivant pas les générations précédentes de « rénovateurs » et « reconstructeurs » jusqu’au bout de leur cheminement vers le PS.

Ils ne voulaient visiblement pas se couper des communistes et de l’héritage du Parti, dont ils se réclament. Il faut dire aussi qu’ils doivent principalement au PCF leur notoriété et leurs postes d’élu.

 

Qu’est-ce qui peut avoir changé aujourd’hui, au lendemain d’élections comme les régionales qui ne sont pas vraiment capitales ?

Et puis pourquoi partir maintenant au moment même où la stratégie de la direction du Parti colle de si près à leurs positions de toujours? Depuis la « Mutation », en passant par la « gauche plurielle », du Congrès de Martigues jusqu’aux collectifs antilibéraux, la direction du PCF les avaient suivis. Aujourd’hui, le « Front de gauche » fait bien directement écho au « pôle de radicalité » et semble le rejoindre.

 

Justement !

Sans doute les refondateurs ont-ils trouvé un nouveau cadre qui leur permet d’agir et de développer leur ligne en dehors du PCF.

A côté ou dans le « Front de gauche », ils peuvent espérer conserver un lien avec les adhérents du PCF et un cadre pour garder leurs positions d’élus, indépendamment de son appareil. Ceux d’entre eux qui ont des positions dans les fédérations du PCF ont annoncé pragmatiquement qu’ils y resteraient...

 

En même temps, dans le « Front de gauche », les refondateurs et leurs amis (ex : Clémentine Autain) ont intérêt à exister en tant que tels, avec maintenant leur FASE (Fédération pour une alternative sociale et écologique), pour ne pas être supplantés, dans la recomposition en cours, comme dans la course à 2012 par d’autres comme le Pg.

L’éviction de certains des leurs aux régionales (notamment en Ile-de-France et au second tour en Seine-Saint-Denis et dans le Val d’Oise) aurait été un avertissement.

 

Indépendamment du PCF, ils peuvent aussi œuvrer à l’élargissement d’un « Front de gauche » tout azimut. Dans une interview au Monde, Braouezec tend de nouvelles perches à des fractions du NPA, du PS et de l’Europe-écologie de Cohn-Bendit que le maire refondateur de Sevran, Stéphane Gatignon a déjà rejoint pour les régionales.

 

Enfin en quittant de façon bien orchestrée et médiatisée, ils participent à la campagne visant à donner l’idée d’une décomposition du PCF.

 

Garder, récupérer le mot « communisme », en se débarrassant de toute sa signification historique, en particulier en termes d’organisation, en jetant le PCF, c’est l’objectif politique théorisé par Roger Martelli. Certains pensent y arriver maintenant hors du PCF. D’autres pensent important d’y rester pour continuer à le vider de son identité révolutionnaire et accompagner sa dilution dans le « Front de gauche ».

 

Au contraire pour nous et, pensons-nous pour de nombreux communistes, le mot « communisme » a trouvé son sens par son histoire et les organisations qui l’ont fait vivre dans le combat de classe et dans la perspective du socialisme.

Nous le revendiquons plus que jamais en lien avec notre bataille pour faire vivre et renforcer le PCF.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:47

Front de gauche : une faucille et un marteau de malfaçon.

 

Dans plusieurs régions, des camarades et certainement aussi des électeurs sont interloqués par la présence sur les professions de foi des listes du « Front de gauche » d’une étrange faucille avec un étrange marteau. Ce ne sont pas les faucille et marteau du logo du PCF. D’ailleurs il y a une petite étoile en plus en haut et un sigle inconnu « PCOF » en bas.

Les initiateurs du « Front de gauche » ont en effet introduit comme partenaire le « Parti communistes des ouvriers de France ». La généalogie de ce groupuscule de quelques dizaines de membres renvoie à une scission à la fin des années 70 dans les partis maoïstes. Le pcof a alors été créé par des « pro-albanais », admirateurs d’Enver Hodja.

Que vient faire ce groupuscule dans une alliance électorale avec le PCF ? Pourquoi lui faire de la publicité ? Objectivement, rien ne peut le justifier, ni son influence insignifiante, ni ses orientations.

A-t-on cherché à ajouter un sigle de plus au Front pour donner l’image d’une plus grande unité ?

Sans doute, mais pas uniquement.

 

Dans le Front de gauche, le PCF est de très loin la première force mais sa direction s’efforce de l’effacer. Par exemple sur le bulletin de vote en Ile-de-France, « PCF » apparaît seulement 4 fois, autant que « PG », sur 225 noms de candidats. « PCOF » apparaît deux fois !

 

Dans la stratégie de recomposition politique effaçant le PCF qui se poursuit, le PCOF peut servir à exorciser le « Front de gauche » de sa composante communiste en la réduisant, en réduisant son symbole historique, à de l’anecdotique, à du marginal.

 

Un peu partout en Europe, les composantes du PGE (Parti de la gauche européenne) font ainsi appel à des groupuscules trotskystes ou maoïstes comme forces d’appoint se revendiquant du communisme et aidant l’entreprise de mutation des vrais partis communistes jusqu’à leur fusion dans les nouveaux ensembles de « gauche ».

 

Ces trotskystes et maoïstes se précipitent sur l’occasion de gagner une petite place au soleil en restant fidèles à leur combat de toujours : l’anticommunisme, au sens des manœuvres contre les partis communistes de classe et de masse.

 

Communistes, méfions-nous des contrefaçons et de ceux qui les importent !

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:44

Le Front de gauche d’une élection à une autre élection ou le PCF dans la lutte des classes ?

 

Non au congrès extraordinaire pour imposer le Front de gauche jusqu’aux présidentielles !

 

Invitée sur I-Télé, le 22 février 2010, Marie-George Buffet a été interrogée sur la déclaration de Roland Muzeau, du 10 février. Le député PCF avait envisagé une candidature « du Front de gauche élargi » à l’élection présidentielle de 2012. Le Pg s’était alors empressé de saluer cette position (Voir notre article Muzeau (député PCF), après Mélenchon (PG), pour un « Front de gauche » jusqu’aux présidentielles et au-delà. Non merci ! du 14/02 en lien).

MG. Buffet se garde bien de se prononcer. Mais l’AFP prend le soin de répandre largement une dépêche sous le titre « Buffet n’exclut pas qu’il y ait une candidature Front de gauche en 2012 ».

Car MG. Buffet a indiqué que cette question serait mise à l’ordre du jour du « congrès de juin » : « ce sera le débat que nous allons ouvrir à notre congrès de juin et, bien sûr ce sera une des options qui seront en débat dans le Parti ».

 

Cette annonce est inacceptable.

 

Le Conseil national du PCF est l’instance qui peut convoquer un congrès extraordinaire et en fixe l’ordre du jour. Il n’a même pas été informé de la « proposition » de l’équipe dirigeante. Ses membres en sont réduits à interpréter les orientations de la haute direction du PCF au fil des émissions de télévision. C’est inadmissible.

 

Préparé dans le secret, puis expédié en deux mois et demi, ce « congrès extraordinaire » serait censé définir une ligne politique jusqu’en 2012. Voilà qui s’apparente à un coup de force.

 

On peut imaginer pourquoi la direction n’a pas osé convoquer un congrès extraordinaire dans des délais décents. Il lui faut attendre le résultat du « Front » aux régionales. Maintenant que les sondages se font plus rassurants, la possibilité s’ouvre d’enfermer le PCF et les communistes dans la logique électorale et électoraliste du « Front de gauche » d’ici 2012.

 

Le mépris des militants est à son comble. On est en plein dans la campagne des régionales. Beaucoup de communistes s’y sont investis pour défendre le Parti, pour garder des élus, malgré tout, malgré les couleuvres qu’ils n’ont cessé d’avaler pendant la période interminable de préparation des listes du Front. Ils doivent encore supporter l’arrogance du Pg et des groupuscules qui sont encore présentés officiellement comme de simples alliés électoraux. Et voilà qu’on leur fait voir qu’un résultat électoral correct pourra être utilisé pour faire perdurer et structurer le « Front de gauche », contre le PCF.

 

Le Congrès normal du PCF doit avoir lieu fin 2011, c’est suffisamment tôt !

Sa préparation pourrait commencer en septembre ou en juillet 2011. Est-ce trop tard pour décider de la candidature aux présidentielles qui auront lieu fin avril 2012 ?

Bien sûr que non ! A moins que l’équipe dirigeante du PCF veuille faire, comme les autres partis, de la préparation de l’échéance électorale l’alpha et l’oméga de la vie de notre Parti.

 

Précipiter le congrès pour imposer le « Front de gauche » et forcer la main aux communistes.

Sans perspective électorale, le « Front de gauche », coalition déséquilibrée entre le PCF qui en représente plus de 90%, les socio-démocrates du PG et des groupuscules divers ne trouve pas de justification, notamment pour les communistes.

C’est une constatation. Sans objet électoral, qu’est-ce qui rassembleraient dans une même organisation les communistes et ces quelques autres ? Un rapport de force trompeur et illusoire par rapport au PS (en fait pour mieux canaliser vers lui) dans les urnes est la raison d’être du Front.

 

Fin 2008, le principe du « Front », téléphoné avec Mélenchon, est imposé aux communistes en court-circuitant le débat du 34ème congrès du PCF. Ensuite, les européennes et les régionales ont été les seules occasions de leur forcer la main à nouveau.

 

Le résultat des européennes a pourtant été peu concluant. Seulement après hésitation, il a été présenté comme un succès. Pourtant le « Front » progresse à peine (pas du tout par rapport aux inscrits) sur les listes PCF de 2004. Et la campagne électoraliste (derrière un partisan de Maastricht comme Mélenchon) est passée à côté de la colère exprimée au référendum de 2005 et des attentes des grandes luttes du début 2009.

 

Avec difficultés, en laissant le moins d’espace à la réflexion collective des communistes (cf. la suppression du CN d’octobre 2009), la direction du PCF est à peu près parvenue à imposer à nouveau le Front de gauche pour les régionales.

A la faveur d’une forte abstention, de la persistance du vote communiste et de l’action des communistes, il semble que les listes du Front s’approcheront des résultats du PCF aux élections locales. Voilà qui ne manquera d’être présenté comme une victoire. Pourtant, le « Front » s’est constitué, dans la douleur, mais sans contenu et sans objectifs précis. Sa campagne superficielle, loin de s’émanciper du PS, n’aura donné aucune piste, aucun point d’appui pour rompre avec la gestion sociale-libérale des régions (cette observation étant à nuancer selon les régions).

 

Pour continuer le Front, il faudra une relance électorale immédiate. Les présidentielles constituent la troisième étape du « paquet électoral » de Mélenchon. Il faut placer de force les communistes dans cette perspective, embrayer tout de suite après les régionales. C’est l’un des buts perceptibles du congrès extraordinaire.

 

Ne laissons pas les calculs électoraux esquiver encore les questions de fond !

 

Pour un parti communiste, les candidatures aux élections doivent relayer l’action dans les luttes, pour l’alternative politique et non l’inverse.

Sinon on fait comme Mélenchon qui, au cœur de la lutte pour La Poste, promet que cela ira mieux en 2012 si la « gauche » fait un bon score.

 

Dans une majorité des fédérations et des sections, la stratégie du Font de gauche, les tractations avec les « partenaires » pour les régionales, écartant les positions de fond, ont semé la division (des communistes sur 4 listes différentes dans certaines régions !) et un désarroi profond parmi les communistes.

 

La fuite en avant vers de nouveau calculs électoraux pour les présidentielles, deux ans à l’avance ne résoudra pas le problème. Tout au contraire, c’est la meilleure façon d’aggraver les choser d’éviter les remises en cause de fond salutaires.

Aux communistes, que va-t-on proposer ? De se prononcer sur un choix électoraliste, pire, présidentialiste. 

Faudra-t-il une candidature du « Front de gauche en 2012 qui ne soit pas nécessairement communiste » ou une « candidature du Font de gauche qui soit si possible communiste » ? Dans des débats stériles, Mélenchon, Clémentine Autain voire Besancenot joueront à tour de rôle les alliés ou les repoussoirs.

En marge, certains « Refondateurs » réclameront une « candidature du Front de gauche qui ne soit surtout pas PCF ». Les media promouvront une ou deux candidats potentiels dits « orthodoxes » pour caricaturer l’identité communiste.

 

De cette soupe, les communistes ne tireront rien de bon. Ce qui ne veut pas dire que nous mettions tous les candidats éventuels sur le même plan ni que la nécessité d’une candidature communiste ne s’impose pas, mais sur la base d’orientations politiques et le moment venu.

 

Des primaires à la « gauche de la gauche » comme au PS, pendant deux ans, pour mieux esquiver le fond et rentrer dans l’électoralisme ? Cela ne vous dit rien ? Si ! Les communistes ont déjà donné. Pendant plus d’un an en 2006 et 2007, la vie du parti a été polluée par la stratégie des collectifs anti-libéraux tournée vers l’élection présidentielle et déjà la recomposition politique effaçant le PCF dans un nouvel ensemble de « gauche » social-démocrate.

 

Le « Front de gauche » se situe dans le droit fil de cette expérience. C’est un nouvel avatar de la stratégie de la direction, à l’œuvre depuis au moins le congrès de Martigues en 2000, d’effacement du PCF, de ce qu’il représente, de sa théorie et de son organisation. Le Pg est cette fois l’instrument de la nouvelle étape d’effacement du Parti. Auxiliaire recruté par la direction du PCF, Mélenchon aurait tort d’en rabattre sur ses prétentions démesurées à dépouiller le PCF, y compris en vue de 2012.

 

Ne rentrons pas dans ce jeu !

 

Dans ces conditions, nous invitons tous les communistes, quelle que soit l’option qu’ils privilégient, à refuser le coup de force du congrès extraordinaire en juin 2010.

Nous les invitons à refuser que soit mis au centre des débats du Parti la question des présidentielles de 2012 avant le congrès ordinaire (qui peut être avancé, si cela doit être décidé, en juin 2011).

Nous nous prononçons et insistons pour des initiatives du PCF, en tant que tel, réaffirmant son indépendance au service des travailleurs. Elles peuvent et doivent contribuer à ouvrir la perspective politique au moment où la contestation du capitalisme, le mouvement des luttes s’élèvent, à mettre en échec le gouvernement dès à présent. Sur les questions des retraites et des coupes budgétaires dans les dépenses sociales, on attend des positions du PCF indépendantes.

 

Depuis des années, on impose aux communistes aux élections des choix politiciens qui sapent le fondement du vote communiste, dilapident l’électorat communiste, acquis en des décennies de fidélité à notre parti pris révolutionnaire. La direction de notre parti méprise et gâche cet héritage au lieu de le consolider, de le reconstruire.

L’action dans la lutte des classes, c’est la raison d’être du PCF, c’est ce qu’on attend de lui, loin des calculs électoraux, notamment du « Front de gauche ».

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 11:59

Muzeau (député PCF), après Mélenchon (PG), pour un « Front de gauche » jusqu’aux présidentielles et au-delà. Non merci !

 

Le député communiste des Hauts-de-Seine s’est exprimé le 10 février, repris par l’AFP, pour que « la stratégie du Front de gauche aille jusqu’à la présidentielle et au-delà », pour « un candidat à la gauche du PS porté par le Front de gauche élargi ».

Aussitôt le PG, par la voix d’Eric Coquerel, s’est réjoui de cette déclaration qui rejoint le « paquet électoral » (européennes + régionales + présidentielles+législatives) planifié par Jean-Luc Mélenchon.

 

Les régionales ne sont même pas passées que les instigateurs du « Front de gauche » avancent leurs calculs politiciens.

 

Il faut dire que, dans son OPA hostile sur le PCF, Mélenchon et son PG sont déjà gagnants quel que soit le résultat. Ils sont intronisés par les media porte-parole du Front englobant le PCF. Ils vont obtenir beaucoup plus d’élus. L’appui du PCF leur permet de bénéficier de centaines de milliers d’euros (au moins) pour lancer leur entreprise.

Au contraire, le PCF est déjà quasiment perdant d’avance, en élus, en visibilité. Plus grave encore, la stratégie du « Front de gauche » conduit à des divisions et à une confusion sans précédent dans le parti. 

 

Roland Muzeau mange sans doute le morceau. Le choix de tout ou partie de la direction du PCF est bien de mener jusqu’au bout la ligne d’effacement et de dilution du parti, au moyen du « Front de gauche », avec l’aide du PG.

 

Les communistes sont présents et actifs pendant la campagne. Mais cela ne veut pas dire qu’ils se laisseront embobinés dans ce plan.

 

Le plus souvent, ils font l’expérience des tractations politiciennes interminables avec des partenaires insignifiants et souvent déloyaux, de l’électoralisme, du décalage avec les luttes de cette « autre gauche », deuxième fer au feu de la social-démocratie.

 

Ils ne peuvent pas accepter qu’elle supplante le PCF et ce qu’il représente.  

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 11:02
Il nous semble utile, après avoir soulevé les simitudes inquiétantes entre le "Front de gauche" et l'expérience espagnol de la "Gauche unie" (Izquierda Unida n'a laissé aux communistes espagnols qu'un désert) de revenir sur l'expérience de la gauche arc-en-ciel en Italie à l'occasion des élections générales de 2008.
Là aussi, le choix d'effacer l'identité des partis communistes à travers une coalition électorale a conduit au désastre, aussi bien pour le résultat électoral lui-même que pour l'avenir du mouvement communiste italien.
Similitude ne voulant pas dire identité avec la situation française.

13 avril 2008:

Elections en Italie: la « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

15 avril 2008:

Elections en Italie - sanction sans appel de l'arc-en-ciel 

22 mai 2008:

Enseignements de l’expérience des communistes italiens (1)

Etat du mouvement communiste en Italie (2)


Le dossier Italie du site international avec les évolutions ultérieures: en lien
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29 novembre 2009 7 29 /11 /novembre /2009 10:17

Notre site vous a informé à plusieurs reprises de la tentative de la direction du PCF-Paris d’expulser la section du PCF Halle-Bourse des 1er et 2ème arrondissements et de lui substituer une section fantoche.

La section tenait une réunion d’information le 19 novembre, puis le 27 novembre des délégations sont venues la soutenir au Colonel Fabien. Nos camarades de la section du 15ème arrondissement nous ont communiqué les éléments qui suivent.

 

- Patrice Bessac, secrétaire du PCF-Paris,  refuse toujours de retirer sa plainte qui a abouti à une condamnation au tribunal le 22/07 en 1ère instance, la section faisant appel, de Simonne Goenvic, secrétaire de la section, à quitter le local de section, situé 62 rue Montmartre. Des huissiers sont venus.

 

- Mais le motif invoqué pour expulser la section n’en finit pas de s’effondrer.

Le PCF-Paris et la société immobilière, la SA Rochechouart, à laquelle les biens immobiliers acquis par les sections de Paris ont été transférés, ne veulent plus reconnaître la section des 1er et 2ème comme telle.

Pourtant, justifiant la procédure d’appel, tous les éléments apportés par Simonne Goenvic, dont un avis de la Commission nationale des conflits du PCF, depuis le jugement en 1ère instance, sont irréfutables.

La section Halle-Bourse a tenu régulièrement son assemblée générale en novembre 2008 avant le 34ème congrès du PCF et réélu sa direction avec Simonne comme secrétaire.

La section « bis » a été administrativement constituée à la suite d’une réunion alibi, le 8 janvier 2009, c'est-à-dire après le congrès départemental et le congrès national, à laquelle avec quelques personnes seulement ont été invitées, choisies pour leur accord avec la direction départementale, dont certains sont membres d’une autre section, la section « banque de France ». L’opération enfreint entièrement les statuts. Un document émanant de la direction du PCF-Paris elle-même ne comptabilise en octobre 2009 que 7 (sept) cotisants à cette section fantoche.

 

- Du coup Patrice Bessac, ironiquement responsable national aux « transformations du Parti », doit commencer à reculer dans l’opération de renversement.

Après une première dérobade, il a enfin accepté de rencontrer le 27/11 une délégation de la section conduite par Simonne Goenvic alors que la direction du PCF-Paris était jusqu’alors représentée par une avocate lors des procédures.

Il admet maintenant que, provisoirement, la section historique demeure dans ses locaux.

 

A court d’arguments, P.Bessac prétend exiger maintenant d’autorité, toujours en dehors des statuts, que les adhérents de la section justifient de 12 mois de cotisations passés et règlent 12 mois de cotisations en avance avec un montant justifié sur la foi des avis d’imposition (!) pour qu’il veuille bien les reconnaître. Peut-être s’imagine-t-il par une telle mesquinerie bureaucratique dégoûter des camarades qui ont mené des batailles aussi dures que celle du Parisien ou de la Poste (de la grève de 1973 à aujourd’hui !), lui qui a été propulsé permanent par la direction nationale dès l’âge de 20 ans...

Peine perdue !

 

Le soutien s’amplifie à la section du 1er/2ème.

- Les adhérents du PCF des 1er et 2ème et leur section Halle-Bourse doivent être intégralement reconnus dans leurs droits. Il est inadmissible que leurs cartes « plastifiées » ne leur soient toujours pas remises comme à tous. Ils doivent disposer des locaux du 62 rue Montmartre qu’ils ont acquis.

- Dans l’intérêt aussi de l’ensemble du PCF-Paris et de sa direction elle-même, celle-ci doit abandonner immédiatement son action judiciaire.

 

Pour la section du PCF Paris 15ème, il s’agit d’un soutien fraternel à leurs camarades et d’une position de principe devant un nouveau coup de force de la direction départementale et nationale visant à écarter du PCF des militants communistes et des organisations communistes qui entendent le rester.

Les communistes du 15ème incitent leurs camarades des 1er/2ème, encore davantage devant cette situation, à participer à l’action nationale pour faire vivre et renforcer le PCF contre toute tentative de recomposition politique visant à effacer notre parti ou se résignant à sa disparition.

 

Ils continuent de poser, dans l’intérêt de toute la fédération de Paris du PCF, le risque de conflit d’intérêts entraînée par la situation actuelle du PDG de la SA Rochechouart qui se trouve aussi PDG associé d’un important prestataire de service du PCF. On n’est jamais trop prudent en la matière !

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 21:12

Robert Hue : le ridicule ne tue pas, il fait vivre !

Les media font preuve de nouveau d’une grande complaisance à l’égard de Robert Hue.

 

Maintenant que la direction de Marie-George Buffet a poussé sa stratégie jusqu’à 1,93%, le candidat des 3,37% aux présidentielles de 2002, se sent autorisé à reparler publiquement.

 

Fin 2008, il créait le NEP, « Nouvel espace progressiste ». Devant l’absence totale de succès de cette association au service de l’union de la « gauche », il en invente une autre, dédiée à la même cause, le ralliement à la social-démocratie, le MUP « Mouvement unitaire progressiste ».

Avec toujours aussi peu de « divisions » comme l’initiateur a dû le reconnaître dans une interview sur France Info le 5 novembre.

Au fil de cette interview, on l’entend dénigrer l’Europe de l’est – c’est l’air du temps – et se ranger parmi les critiques de l’époque, puis se répandre sur ces excellents contacts avec Jacques Chirac, qu’il serait l’un des seuls à visiter très régulièrement depuis qu’il n’est plus président et dont il vante « le rapport aux gens ».

 

Décidément le ridicule ne tue pas. Il fait même vivre Robert Hue dont le rôle dévolu semble être de déconsidérer jusqu’au bout le PCF à la tête duquel il s’est retrouvé pour le détruire.

 

Aujourd’hui, des partisans du MUP, dont lui-même dans le Val d’Oise, comme Jean-Claude Gayssot dans l’Hérault, s’apprêtent à figurer sur les listes des sociaux-libéraux Huchon et Frèche dès le premier tour aux prochaines régionales. En août à Marseille, Hue s’était joint déjà au PS Peillon et à la Modem de Sarnez pour envisager ensemble un schéma d’alternance.

 

Etant toujours identifié comme communiste, Hue est encore utile pour discréditer notre parti dans l’opinion. Il peut servir aussi de repoussoir pour mettre en avant la stratégie de la direction actuelle qui pourtant, avec son « Front de gauche », poursuit d’une autre façon, l’effacement du PCF et de ses positions, son arrimage à la social-démocratie, initiés par la « Mutation » des années 90, des années Hue.

 

Rédaction de vivelepcf.

 

Voir aussi notre article d’août 2009 : Robert Hue repoussoir ou poisson pilote

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 19:57

Le PCF serait maintenant « altercapitaliste » ! Un lapsus ou un révélateur de l’état de la direction de notre parti ?


par rédaction de vivelepcf

Dans le numéro daté du 2 septembre du supplément hebdomadaire « Communistes » paraissant le mercredi avec l’Humanité, on peut lire ces phrases dans l’éditorial :

 

« Nous ne voulons pas être complices de renoncements au changement et nous ne voulons pas nous cantonner dans un anticapitalisme sans alternative. Nous sommes clairement altercapitalistes. Fidèles à nos engagements, nous voulons poursuivre, enraciner, élargir la démarche du Front de gauche, sans limitation a priori du périmètre de ce front. » 

 

Le texte est signé de Francis Parny, membre du Comité exécutif national du PCF.

 

Que vient faire le mot « altercapitaliste » ?

Quel communiste, quel révolutionnaire, quel marxiste peut imaginer un « autre capitalisme », un « bon capitalisme », pourquoi pas un « capitalisme à visage humain » ?

 

Peut-être n’est-ce qu’un lapsus ou une faute de frappe, même si on se demande quel autre mot aurait été déformé.

 

Dans ce cas, une rectification s’impose. De toute façon, une correction politique s’impose !

Imaginez un peu que l’on puisse dire et répéter que même le Parti communiste français serait devenu favorable à un « certain capitalisme » !

 

Que « l’anticapitalisme », concept purement négatif, proclamé par d’autres formations politiques aux pratiques fortement influencées par le réformisme et l’électoralisme, ne soit pas une perspective satisfaisante pour les communistes, c’est une évidence.

Mais ce n’est pas pour autant que nous serions devenus adeptes d’un « autre capitalisme ».

 

Que la plupart des partis qui se disent « de gauche » se conçoivent ou soient dans les faits partisans d’aménagements au capitalisme, nous le savons. Mais nous ne sommes pas seulement un « parti de gauche », nous sommes un parti communiste. Et la victoire électorale d’une « gauche » ne saurait tenir lieu pour nous de projet de société.

 

Il est vrai que les congrès successifs du PCF depuis le 28ème et la « Mutation » ont semé le trouble dans la perspective politique que propose la direction du Parti. Subrepticement, au 29ème congrès, le socialisme a été effacé laissant, au 30ème congrès, une « visée communiste » fumeuse, censée advenir sans étape, sans rupture, suivant un processus quasi spontané de « dépassement » du capitalisme (même si le débat sur le sens philosophique du terme « dépassement » n’est pas clos).

Depuis, même cette « visée communiste » a été délaissée. La direction du PCF ne sait plus nommer ce pour quoi elle se bat.

 

Peut-être est-ce pour cela que certains comme Francis Parny pourraient être tentés de donner enfin un nom au point final de la Mutation qu’ils ont engagée.

Ils révèleraient alors jusqu’où mènent les reniements idéologiques successifs : jusqu’à la négation même de notre engagement communiste et de la raison d’être notre parti.

 

Pas question de les laisser aller jusqu’au bout ! Le PCF ne peut pas être un parti pour des « altercapitalistes » !

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 14:28

Robert Hue ne représente en rien le PCF. Espérons-le ! Il doit être désavoué !

 

Depuis quelques mois, on voit réapparaître Robert Hue dans l’actualité, pour participer au spectacle lamentable des combinaisons politiciennes à « gauche » pour les présidentielles dans 3 ans.

Depuis le début de l’été, il s’affiche complaisamment avec les « éléphants », les « ténors » du PS, F. Hollande en juillet à Lorient, y compris les plus ouvertement « socio-libéraux » et les plus tentés par l’élargissement de la « gauche » au Modem comme le président du Conseil régional d’Ile-de-France, J.P. Huchon ou Vincent Peillon.

 

Hue participait ainsi à Marseille le 22 août, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit et de Marielle de Sarnez (Modem), au rendez-vous « l’espoir à gauche » de Peillon à la « recherche de nouvelles alliances avant 2012 ».

 

Même sans responsabilité actuellement dans l’organisation du PCF, dont il n’est peut-être plus membre, Robert Hue, ancien secrétaire national (puis président du parti) de 1994 à 2002 et candidat aux présidentielles de 2002, continue de représenter notre parti aux yeux de l’opinion publique.

C’est précisément pour cela qu’il est invité.

C’est précisément pour cela que la direction de notre parti doit le désavouer sans ambiguïtés.

 

Après ce préalable, le rôle que joue Hue ou qu’on lui fait jouer dans ces temps de recomposition politique à « gauche » appelle la réflexion des communistes.

 

Hue, égal à lui même

 

Les initiatives de Hue se situent dans le droit fil de ses positionnements antérieurs, de la stratégie qu’il a incarnée à la tête du PCF, cette « Mutation » qui s’est attaquée aux fondements idéologiques et organisationnels de notre parti, avant de le déconsidérer dans une participation gouvernementale entre 1997 et 2002 comme « force d’appoint de gestionnaires loyaux du capitalisme ». Au nom de la priorité donnée à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes.

3,37% en 2002 : on connaît la sanction, sous son aspect électoral, qui n’est qu’une des lourdes conséquences de ces choix.

 

En 2002, Hue, qui a personnifié l’échec, est complètement disqualifié. Il part.

Le reste de l’équipe dirigeante, qui a tout autant poussé la « Mutation », notamment au Congrès de Martigues et dans la participation au gouvernement, se détache de lui. Mais c’est un changement sans rupture en ce qui concerne la ligne politique, l’image de changement étant d’autant plus facile à marquer que la droite est de retour au pouvoir.

 

Mais voilà, la même stratégie que certains d’entre nous avaient qualifiée de suicidaire, « Bouge l’Europe » cédant la place à la « gauche populaire et citoyenne », aux « collectifs antilibéraux », a abouti aux mêmes résultats : 1,93% en 2007.

 

Du coup, Hue s’en trouve presque réhabilité. Il peut rejouer une partition dans le travail de reniement et d’effacement du PCF.

 

Le revenant était déjà sorti de sa boîte, fin 2008, avant le 34ème congrès du PCF, pour annoncer qu’il ne voulait pas être renouvelé au Conseil national du Parti, que celui-ci, le parti, avait fait son temps et que lui, Hue, avait créé un club de réflexion, le « Nouvel espace progressiste », le NEP.

 

Se présentant comme élément libre maintenant, Robert Hue n’en a pas moins conservé des postes d’influence que la direction du Parti lui a octroyés. A quel titre ?

Il est sénateur du Val d’Oise, présenté par le PCF* en 2004.

Il a été désigné président de la « Fondation Gabriel Péri », fondation politique, qui jouit de moyens financiers importants venant de sa tutelle étatique, et qui a les moyens d’encadrer fortement la recherche et les publications sur le mouvement communiste, le PCF et leur histoire.

 

Repoussoir ou poisson pilote ?

 

Hue revient cet été avec un message : pour battre Sarkozy, gagner les élections, un large mouvement rassemblant toute la « gauche » doit être constitué, dépassant les formations politiques et portant quelques axes généraux en guise de programme.

Sans avoir peur de se citer, il ressort la formule du « pacte unitaire pour le progrès » qu’il avait avancé au PCF en 1996.

Toujours le cadre institutionnel et l’alternance comme seul horizon !

La mouvance social-démocrate (plutôt que l’organisation PS en crise) est le pivot naturel d’une large alliance politicienne, quoiqu’il en dise, mais comme il le montre dans le choix de ses partenaires.

Quant au « communisme » - Hue se dit toujours « communiste » - il est remisé en vague référence culturelle, alors que le PCF « n’est plus réformable » selon lui.

Hue met ses pieds dans les pas de l’ancien président du PGE et du Parti de la Refondation communiste en Italie, Fausto Bertinotti qui l’ont amené à participer à des « primaires » et à soutenir le démocrate-chrétien Prodi.

 

Les sorties récentes de Hue, en chemise rouge entre Cohn-Bendit et de Sarnez, choquent, en particulier les communistes et ceux qui sont proches de nous.

Mais Hue n’est-il pas en cohérence avec une ligne, y compris lorsqu’il contribue à discréditer notre parti, qu’il réduit à un appendice du PS ?

 

Et cette ligne politique est-elle si différente de ce que pratiquent un certain nombre d’élus du PCF (certains, pas tous !), collant aux exécutifs PS, jusqu’à accepter, sans rechigner, le symbole de l’alliance avec le Modem dans certaines villes aux municipales en 2008?

Est-elle si différente du projet que forment des dirigeants socialistes (Quilès, Sapin, Lienemann…) et communistes (Gayssot, Cabanne, Wurtz…) dans le club « Gauche avenir » ?

Est-elle-même si différente des « rassemblements majoritaires à gauche » qu’appelle de ses vœux l’actuelle direction du Parti, de ce qu’Olivier Dartigolles va dire à l’université d’été « officielle » du PS à la Rochelle ?

 

Est-ce même si différent de la stratégie du « Front de gauche », qui pourrait sembler être un autre choix au premier regard ?

Mais on retrouve la logique d’effacement du PCF, auquel on fait, de plus, jouer le mauvais rôle de satellite du PS dans la période. On retrouve la logique purement électoraliste que Mélenchon appelle la « Révolution dans les urnes », avec le mirage conscient de dépasser son parti de 30 ans, le PS, pour mieux s’y raccrocher. Méthode également appliquée, avec échec en Italie, par Bertinotti et sa « gauche arc-en-ciel ».

 

Plus que jamais, c’est un troisième choix, en rupture avec 15 ans maintenant de « Mutation-disparition » du PCF, que, communistes, nous devons mettre en avant. Partir du contenu, de l’actualité si évidente de nos fondements théoriques, pour nourrir et impulser de véritables Fronts de lutte contre la politique au service du capital, pour rassembler les salariés, les retraités et les jeunes qui rejettent aujourd’hui explicitement cette politique.

Et ensuite seulement, envisager, sans disproportionner l’enjeu, des unions électorales.

 

En un mot, faire vivre et renforcer le PCF !

 

*Notons que R. Hue a été élu grâce à 40% de voix de « grands électeurs » non communistes (sans doute de droite puisque la liste PS a gagné un siège.

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