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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 20:11

Monnaie unique ou monnaie commune ?


La politique économique et sociale de la France est encadrée par les règles de l’union monétaire qui découle de la philosophie de l’Acte unique : un marché unique, une monnaie unique. L’Europe politique est conçue comme un vaste marché au sein duquel les capitaux ont toutes libertés de mouvement. Les statuts de la BCE ont été organisés autour de deux principes fondamentaux 1°) la lutte contre l’inflation 2°) son indépendance politique. La politique monétaire européenne qui repose uniquement sur la BCE n’a pas à se préoccuper de l’emploi ni de la croissance qui sont du ressort des Etats. En revanche elle définit les conditions dans lesquelles les budgets nationaux doivent être gérés afin de préserver la stabilité monétaire. De ce fait les dépenses socialisées des Etats sont conditionnées par la politique monétaire de la BCE qui épouse les seules exigences de profit du capital. La lutte contre l’inflation consiste en l’écrasement des coûts salariaux, la lutte contre les déficits publics consiste en la compression des dépenses sociales.

L’euro, est l’arme de cette politique. Il n’est pas autre chose qu’un élément de rivalité entre puissances capitalistes pour une captation du capital financier. L’euro peut il être utilisé à la croissance et au développement de l’emploi productif ? Oui, affirme le PCF, s’il est mis fin à l’indépendance de la BCE. Mais, demander un contrôle politique de la BCE, n’est ce pas s’engager dans le fédéralisme ? Une banque centrale devant intervenir en permanence ne peut être que sous le contrôle d’une autorité politique qui en Europe reste à définir. Ceci n’a de sens que si l’Europe peut élaborer une politique économique commune, en clair si elle devient un Etat fédéral. Mais, l’Europe politique est une association d’Etats qui ont chacun leur histoire, leur langue, leur organisation propre. La liberté de mouvements du capital au sein de l’espace européen n’efface nullement les Etats et les stratégies qui leur sont propres. Il n’y pas de capitalisme sans Etats ! C’est l’Etat qui définit les conditions de l’exploitation et qui aide les groupes capitalistes nationaux à concurrencer ceux des autres Etats. Les stratégies économiques de chaque Etat dépendent de leurs groupes industriels et de leur zone d’influence héritées de l’histoire. Les dissensions entre la France et l’Allemagne concernant la gestion de la crise financière montrent que l’Allemagne ne tient pas à ce que les autres pays européens mettent leur nez dans la façon avec laquelle l’Etat Allemand gère la crise financière.

La France doit retrouver la maitrise de son économie. Il faut relancer l’emploi productif seule source de richesses, pour cela les stratégies des groupes industriels ne doivent plus être déterminées par leurs stratégies de profit. Il ne peut y avoir de solution à la crise sans une maîtrise pleine et entière des circuits de financements, ce qui implique le contrôle des mouvements de capitaux. La France est malade de l’austérité, il ne peut y avoir de relance de l’économie sans développement du marché intérieur, sans développement de la consommation. Cette relance implique de développer les productions nationales et de relocaliser les productions.

Il ne peut y avoir de politique économique nationale avec une monnaie unique. La socialisation des richesses en faveur du salariat implique de revenir aux monnaies nationales. La monnaie nationale permet le contrôle politique de la banque centrale nationale sans lequel il ne peut y avoir de contrôle des mouvements de capitaux. La monnaie nationale permet le contrôle des groupes privés par l’Etat.

Le volume des échanges commerciaux et des transactions bancaires nécessitent une monnaie commune. Avec la monnaie commune se pose les problèmes des disparités entre devises, des différences de productivité entre économie. Une monnaie est forte parce qu’elle est d’abord est un moyen de paiement des marchandises produites par le pays émetteur de cette devise. La faiblesse du Franc par rapport au Mark n’a cessé d’être le reflet de la structure moins productive et plus financière du capitalisme français comparée à celle de son concurrent allemand. Ce différentiel entre économies est l’amorce des mouvements spéculatifs sur les monnaies. La réintégration des pouvoirs de décision monétaire dans le cadre national, permet au mouvement de lutte de peser sur les mécanismes fondamentaux des différentiels de parité entre devises, de modifier les critères du crédit, de changer les stratégies des entreprises et donc de socialiser les richesses. De même la prééminence du dollar, monnaie de la mondialisation capitaliste, ne peut être mise en cause par une hypothétique monnaie mondiale, mais par l’établissement de monnaies communes de zone entre pays de productivité voisine. Ces monnaies communes permettent aux pays y participant d’organiser des zones économiques non soumises au système dollar. Ce processus est en cours en Asie, en Amérique du sud et dans la péninsule arabique.


Gilles Mercier

PCF Vitry

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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 11:57

Rencontre internationale des 15 et 16 novembre à l’initiative du PCF : « Un premier pas » ? Dans quel sens ?

 

Les 15 et 16 novembre, le PCF organisait une initiative internationale à Paris sur le thème « construire un nouvel internationalisme ». Cette rencontre est censée alimenter la préparation du 34ème congrès. La base commune du CN indique : « nous tiendrons à Paris les 15 et 16 novembre une initiative internationale pour réfléchir aux conditions et aux objectifs d’un internationalisme de nouvelle génération ».

 

Toute réunion internationale de ce type suscite l’intérêt mais au regard des documents mis en ligne sur le site national et notamment du bilan tiré par Jacques Fath, responsable aux questions internationales, les communistes peuvent rester sur leur faim et se poser plusieurs questions.

 

La rencontre des 15 et 16 se substituerait aux initiatives internationales qui ont lieu habituellement pendant un congrès du PCF. Le 34ème se déroulera sans délégations étrangères. Pourquoi ce choix réducteur dans toutes ses dimensions ?

 

Pour les communistes français d’abord, cette absence limite la portée internationale du congrès. Pour les partis d’autres pays également. L’observation directe de la situation d’un grand parti comme le PCF est instructive dans une perspective internationale. Souhaite-t-on cette année que notre congrès se passe sans témoins étrangers ?

 

Au 33ème congrès, une centaine de délégations étaient présentes sur plusieurs jours avec toutes les possibilités d’échanges que cela comporte : un événement internationaliste en soi.

Pour la rencontre des 15 et 16 novembre, Jacques Fath annonce « 45 délégations et personnalités » participantes. Il semble que, pour un certain nombre, il s’agisse de représentants vivant en France.

 

Les débouchés de la rencontre semblent également très minces. Aucune décision, aucun appel n’en est sorti. On aurait pu attendre une prise de position commune par exemple sur la Palestine, ou bien contre les nouveaux euromissiles, ou bien pour la fin de l’intervention impérialiste en Afghanistan.

 

Quant à un « nouvel internationalisme », les interventions des uns et des autres contribuent certes à la réflexion. La caractérisation de la crise comme crise du système capitaliste, dont les conséquences sont envisagées depuis plusieurs pays, constitue par exemple une base commune d’analyse pour les partis en présence.

 

Mais en termes de construction de ce « nouvel internationalisme », rien de concret ne ressort. Les conclusions de Jacques Fath évoquent un « site internet commun ou des liens vers les sites du PCF », d’autres rencontres à venir.

La seule initiative réelle prévue est la constitution du « front européen progressiste » pour les élections européennes. Nous en connaissons par ailleurs l’orientation qui est celle du PGE. Au lieu d’internationalisme, le PGE rentre dans une logique d’intégration à une structure capitaliste supranationale.

 

Pas un mot en revanche dans l’interview de J. Fath sur la rencontre internationale des partis communistes et ouvriers qui avait lieu la semaine suivante à Sao Paulo du 21 au 23 novembre. Pourtant un représentant du PCF y a participé.

 

Depuis plusieurs années, notamment à l’initiative en Europe, des partis communistes portugais, grec, tchèque… ces partis, certains de ces partis lancent des appels communs sur des questions importantes : pour la paix, pour la solidarité avec des pays d’Amérique latine, au niveau européen contre le Traité de Lisbonne…

Le PCF s’y est parfois associé, sans en faire la publicité. A nouveau, on ne trouve nulle trace de ce début de construction internationaliste nouvelle dans les conclusions de la rencontre.

 

Aux communistes de la faire valoir.

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16 novembre 2008 7 16 /11 /novembre /2008 22:48

Rencontre internationale les 15 et 16 novembre 2008 organisée par le PCF sur le thème : « Construire un nouvel internationalisme ».

 

Intervention de la représentante du Parti Communiste de Grèce, Diamanto Manolakou, membre du Comité central et députée

 

La nécessité d’un mouvement international de contestation et de rupture avec le capitalisme


(remercions nos camarades grecs pour la traduction qui comprend nécessairement quelques approximations)

Chers camarades,

 

C’est avec grand intérêt que nous prenons part à la rencontre organisée par le PCF avant son 34ème congrès. La formulation de l’invitation [en anglais] suscite à elle seule l’intérêt. Je me réfère au mot « Encounter », qui porte en grec à la fois la notion de la réponse commune, de la rencontre et la notion de conflit, de confrontation, de controverse. Quelle que soit la notion retenue, le débat d’aujourd’hui sur la situation internationale, le rapport de forces mondial, les diverses actions internationales de solidarité, renvoie aux principes et valeurs du mouvement communiste, à la solidarité internationaliste, à l’internationalisme prolétarien, au fameux mot d’ordre de 1848, dans le Manifeste du Parti communiste : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

 

Cette question fondamentale renvoie aussi aux débats des années 70 dans le mouvement communiste qui ont été provoqués par les points de vue du Parti communiste italien sur un « nouvel internationalisme ». Bien que le débat concernait la capacité de rassembler le plus grand nombre de forces sociales et politiques possible pour faire face aux problèmes universels communs, il s’en est suivi un affaiblissement de l’unité et de l’internationalisme au sein du mouvement communiste, la contestation du rôle des PC, de la classe ouvrière, etc, conduisant finalement à la création de situations qui ont profité en définitive aux forces impérialistes face aux forces socialistes. Il s’est avéré que, même si de nombreux problèmes étaient communs, les solutions étaient totalement différentes parce que dépendant du système social, de la politique de classe qui jouerait un rôle dominant. Par conséquent, même ces problèmes universels montraient encore et encore la nécessité d’une solution d’opposition fondamentale avec le système capitaliste d’exploitation, et donc le renforcement de toutes les caractéristiques du mouvement communiste et le renforcement du rôle du parti communiste.

 

Dans les conditions actuelles, après le renversement de l’Union Soviétique et le rétablissement du capitalisme dans les pays socialistes d’Europe, cette conclusion se vérifie, à notre avis, de la manière la plus manifeste.

 

Aujourd’hui, nous ne sommes ni en 1989, ni en 1991. Plus de 15 ans ont passé. L’attaque du capital contre les droits et conquêtes des travailleurs dans cet espace de temps a pris des dimensions jamais vues, et tour à tour, a provoqué de fortes réactions et mobilisations, provoqué le « NON » des peuples aux traités et choix fondamentaux de l’UE, des manifestations contre les interventions impérialistes dans les Balkans, en Irak, au Liban, en Palestine et ailleurs.

 

L’environnement, qui constitue aussi un problème en plein essor, est lui aussi la victimes des profits monopolistes, de l’agressivité impérialiste en général. Certaines des menaces les plus caractéristiques sont : le réchauffement de la planète en général et dans l’hémisphère nord en particulier, la destruction des forêts tropicales, la sécheresse, les déchets nucléaires, etc.

 

Les impérialistes sont unis entre eux dans leur attaque contre les travailleurs, alors qu’ils sont en compétition sur les marchés et dans les zones d’influence. C’est dans le cadre de la stratégie unifiée de l’impérialisme que se développent les contradictions inter-impérialistes et antagoniques pour la première place dans le partage des marchés et des sphères d’influence en Asie, au Moyen-Orient, en Afrique. Ces contradictions s’expriment, directement ou indirectement, sur les fronts de guerre, dans les foyers des conflits nationalistes, dans les conflits en pays voisins. Les centres impérialistes sont en situation d’antagonisme les uns par rapport aux autres. Les forces impérialistes les plus puissantes derrière les Etats-Unis s’emploient à conserver et étendre leur hégémonie.

 

A cette course prennent part d’autres pays capitalistes émergents, revendiquant une plus grande part et un plus grand rôle dans le système impérialiste international. De nouvelles alliances se forment, provisoires ou davantage permanentes, au niveau régional, notamment en Asie du sud-est, en Amérique Latine, afin de se confronter à l’hégémonie des Etats-Unis. Ces alliances aspirent à avoir un rôle plus important, au moins égal, à celui des Etats-Unis dans l’internationalisation capitaliste.

 

La tendance à la dégradation de la position de la classe ouvrière et d’importants secteurs des couches moyennes des pays résulte de l’antagonisme et du déséquilibre régional et international. Dans tous les centres et unions impérialistes (G8, UE, OTAN, FMI ? OMC) apparaissent des contradictions en raison du développement déséquilibré et des reclassements qu’il provoque dans le rapport de forces.

 

Objectivement, la lutte anti-impérialiste et anti-monopoliste est liée davantage et s’intègre organiquement dans la lutte pour renverser le capitalisme. Il englobe de par sa nature des ruptures qui sapent les fondements de sa domination capitaliste. Il crée les conditions de la conquêtes du pouvoir politique par la classe ouvrière et ses alliés.

 

La stratégie de l’impérialisme vise, d’un côté à faire face à la difficulté que connaît aujourd’hui le système capitaliste à reproduire le capital social de la même façon et avec la même facilité relative qu’il avait avant, et d’un autre côté à empêcher à temps toute contestation du système dans un pays donné, dans une série de pays. A empêcher la marche d’émancipation des peuples en faveur du socialisme.

 

La lutte idéologique aujourd’hui tourne autour de cette contradiction.

 

La dite mondialisation constitue l’idéologisme [sic] central, tant des courants idéologiques opportunistes, à la fois bourgeois et petit-bourgeois, mais ayant un dénominateur commun, à savoir l’effort pour occulter le caractère capitaliste et le caractère de classe. Sous prétexte des rythmes accélérés de l’internationalisation capitaliste qui se manifeste par la hausse effrénée du volume du commerce international et de l’exportation de capitaux, et sur la base aussi de leur impact sur les accords interétatiques et unions, on fait passer l’idée que la nécessité d’une stratégie révolutionnaire au niveau de chaque pays séparément n’existe plus. Et que soi-disant est supprimée ou tend à être supprimée l’organisation de l’Etat-nation, alors qu’est mise en avant, en tant que stratégie au plan régional et international, la soi-disant nécessité d’accepter et de réformer les unions impérialistes.

 

Sur le fond des idéologies impérialistes se développent des théories plus pointues sur la « fin du travail et de la classe ouvrière », sur « la suppression de la propriété capitaliste individuelle en raison des nouvelles technologies », de la « société post-industrielle », voire même des théorie réactionnaires, telles que le « choc des civilisations », le « choc des religions ».

 

Les partis socio-démocrates, les forces du compromis et de l’opportunisme, répandent systématiquement ces conceptions préjudiciables et anti-scientifiques selon lesquelles l’impérialisme aurait cédé sa place à une nouvelle réalité, dans laquelle l’opposition « forces productrices/relations de production » ne jouerait aucun rôle. Il y a un effort systématique aussi de la part de certains qui utilisaient le terme scientifique « impérialisme » pour le supprimer et privilégier la terminologie sans classe de « mondialisation » ou pour faire référence au monopolisme et à l’hégémonie des Etats-Unis. Délibérément, ils méconnaissent la co-responsabilité des autres forces impérialistes et unions interétatiques, à savoir la stratégie unifiée de l’impérialisme, lequel constitue le stade suprême du capitalisme.

 

Jusqu’à tout récemment, certains courants idéologiques avançaient la thèse qu’un nouveau stade de développement socio-économique s’est formé sous l’aspect d’un « empire » qui constituerait « une forme mondiale de domination ». Selon leurs vues, cet « empire » se compose d’une série d’organismes nationaux et supranationaux, sans contradictions et antagonisme, qui irait avec l’affaiblissement jusqu’à la disparition du pouvoir et du rôle de l’Etat national, qui serait dénué de centre territorial de pouvoir.

 

Pour soutenir la théorie d’une nouvelle réalité socio-économique, ils mettent en avant l’argument que le mouvement du capital financier s’autonomiserait du capital industriel.

Mais la réalité confirme que la plus grande partie du mouvement du capital est contrôlée et dirigée par des groupes monopolistes, se trouvant dans les trois plus grands centres impérialistes. Les phénomènes contemporains apparaissant dans la circulation de l’argent sont le produit du développement capitaliste et reflètent le fonctionnement parasitaire de la reproduction capitaliste dans la conjoncture actuelle où s’affirme la nécessité de la propriété sociale des moyens de production.

 

Ils considèrent comme nouveaux sujets révolutionnaires, les divers forums et les multiples organisations non gouvernementales (ONG), dont bon nombre sont l’œuvre des multinationales, en opposition avec l’alliance de la classe ouvrière et des autres couches populaires, en confrontation avec le rôle d’avant-garde révolutionnaire dans le mouvement anti-impérialiste et antimonopoliste, dans la lutte pour le socialisme.

 

Le dénominateur commun des idéologismes des socio-démocrates et des opportunistes modernes, malgré leurs divergences, consiste au fait qu’ils visent à occulter le caractère de l’impérialisme en tant que capitalisme monopoliste dont la continuité historique est le socialisme.

 

Lorsque les supporters de la mondialisation sans classe ou dudit « empire » sont contraints de reconnaître des problèmes liés au capitalisme ou lorsqu’ils exercent des critiques contre la mondialisation, ils proposent comme solution la régulation du marché mondial, avec des recettes de gestion de la crise. Ils propagent un esprit systématiquement fataliste, mais aussi l’illusion, mais aussi l’illusion que les changements radicaux auront lieu soit partout, soit nulle part. Ils incitent la classe ouvrière à renoncer à la lutte pour le pouvoir au plan national, à ne pas l’associer dialectiquement à l’action internationaliste, mais à se détacher de la réalité, optant pour des manifestations internationales de protestation de temps à autres contre les réseaux mondiaux, les sociétés, dans une logique de gestionnaire.

 

Le Parti communiste de Grèce insiste par conséquent sur le fait que, sans front puissant et structuré contre l’opportunisme, il est impossible de mener une lutte constante contre l’impérialisme. L’opportunisme fait obstacle à la radicalisation des masses les plus larges contre le système de l’exploitation capitaliste. Les traits distinctifs durables de la tactique de l’opportunisme sont l’adaptabilité, le double langage, les manœuvres politiciennes, la création de sensations, le mimétisme, l’attachement à des idéologies qui ont pris des coups, dans la théorie comme dans la pratique, depuis le début du 20ème siècle déjà.

 

La proposition « anti-néolibérale » que met en avant l’opportunisme n’est pas seulement éloignée, mais elle est en opposition fondamentale avec l’orientation anti-impérialiste, anti-monopoliste. L’essentiel et le fondamental de cette idéologie, c’est de dissocier la politique de l’économie, de dissocier les solutions proposées de la réalité concrète que créent les restructurations capitalistes. Ces propositions n’échappent pas à une nostalgie de l’Etat-providence » capitaliste du passé. L’idée centrale de cette proposition, c’est qu’il est possible de réguler le marché capitaliste et d’opérer le mariage des restructurations capitalistes avec une politique sociale en faveur des travailleurs. Bref, une proposition complètement désorientante.

 

L’attitude aussi face à l’UE est d’importance décisive concernant le vrai caractère d’un parti, surtout d’un parti qui prône le socialisme. L’alignement de la politique d’un parti sur la logique de la voie unique de l’UE infirme toute proclamation pour une politique radicale au niveau national, pour une démarcation tranchée avec la social-démocratie.

 

Le développement du mouvement anti-impérialiste, antimonopoliste passe surtout par le règlement des sérieux problèmes qui caractérisent le mouvement communiste international. Il dépend bien sûr également de la marche du mouvement syndical ouvrier qui se trouve lui aussi dans une phase de reclassement.

 

Comme résultat de cette situation, et aussi longtemps que le mouvement communiste n’aura pas fait face à sa crise et n’aura pas affirmé sa propre présence bien distincte, un certain nombre d’autres forces, qui sont sous l’influence directe de la social-démocratie internationale, tenteront d’orienter ces mouvement dans le sens de la coopération de classes er d’un capitalisme soi-disant à visage humain.

 

La création du « Parti de la gauche européenne » (PGE), comme nous l’avons dit, avec la participations de certains partis communistes, exprime cette tendance de soumission dans le rapport de force défavorable aujourd’hui. Il constitue objectivement, indépendamment de choix et de déclarations subjectives, l’acceptation fataliste de la force de la légalité bourgeoise. Le PGE refuse la théorie du socialisme scientifique, les traditions communistes et l’expérience des révolutions socialistes du 20ème siècle. Il choisit la voie dangereuse, menant à l’impasse, de la décommunisation et de l’intégration dans les structures de l’UE. Il entrave de cette façon les efforts de coordination et de coopération équitable des partis communistes, des partis ouvriers et des autres partis de gauche, dans leur opposition avec le centre impérialiste européen et le système capitaliste en général.

 

Dans un monde aujourd’hui très noir, ils avancent un capitalisme « plus moral et humain », dont pourraient profiter en même temps les forces du capital et les forces du travail.

 

Aujourd’hui sous le poids de la crise qui a commencé à partir de la métropole du capitalisme, les Etats-Unis, et qui se répand aux autres centres de l’impérialisme, les tons de l’arrogance et du capital déchaîné, ivre de sa victoire sur les Etats socialistes, sont tombés. A présent, le scepticisme domine à propos de la crise, ainsi que la préoccupation de surmonter la crise à nouveau au profit du système.

 

Dans les conditions actuelles, il est en encore plus clair que le 21ème siècle sera marqué par le passage du capitalisme au socialisme. Evidemment personne ne peut se prononcer contre les mesures ayant pour but de défendre les travailleurs devant les attaques et les escroqueries des banques. D’autre part, il est bien plus important d’être conscient du fait qu’aussi longtemps que e capitalisme continuera à exister, les crises vont se répéter avec une violence de plus en plus accrue. C’est pour cela que les besoins humains peuvent être satisfaits seulement en détruisant le système basé sur l’exploitation humaine. C’est pour cela que du point de vue de la classe ouvrière de chaque pays, la seule réponse possible à la crise capitaliste est le socialisme.

 

C’est dans cette direction que nous renforçons notre action et nous espérons avoir une série d’initiatives communes avec les partis communistes et ouvriers de toutes les parties du monde qui se réuniront du 21 au 23 novembre à Sao-Paulo au Brésil.

 

Merci pour votre attention.

 

 

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 10:59

Pas d’avenir sans PCF – Rencontre nationale des 29 et 30 août 2008 à Paris

Une synthèse du débat sur le PCF et l’Union européenne


Dès l’origine, le PCF a analysé l’UE comme un outil de coordination des élites capitalistes et un instrument de destruction de la nation en tant que cadre de la souveraineté populaire, des conquêtes sociales, par définition, de la nationalisation de certains grands moyens de production (services publics)…

S’appuyant sur cette analyse, le PCF, ses militants ont pu montrer, encore ces dernières années (traité de Maastricht, monnaie unique, TCE), leur capacité à porter largement et efficacement la critique de l'Europe du capital, en lien avec les luttes politiques dans le pays.

L’action et le discours des militants communistes ont réussi à faire le lien, y compris en 2005, entre la dégradation des conditions de vie à l'approfondissement de la « construction » européenne.

Dans notre discussion, des exemples d’actualité ont illustré combien le rapport politique et idéologique est étroit entre les entreprises de liquidation des acquis sociaux et démocratiques nationaux et la promotion d'une entité européenne : mise en cause des départements dans le cadre de la promotion d'une Europe des régions, Révision Générale des Politiques Publiques, attaques contre des conventions collectives...

L’UE a-t-elle changé de nature avec l’évolution de la situation politique mondiale ? Pour tous les intervenants, la réponse est NON.

La chute du mur de Berlin n’a pas modifié les objectifs de la « construction » européenne. Un camarade rappelle que la « concurrence libre et non faussée » du projet de « constitution » de 2005 figurait déjà dès l’article 3 du Traité de Rome. La nouvelle étape du développement de la mondialisation capitaliste n’a pas modifié mais aggravé les prétentions du projet capitaliste de l’UE et renforcé sa fonction destructrice des acquis sociaux et démocratiques nationaux.  

La réflexion est engagée de savoir si l’UE est, aspire à devenir, un impérialisme secondaire (subordonné à l’Américain) ou une puissance impérialiste autonome. Dans tous les cas, l’intégration européenne est fondamentalement opposée au développement de l’internationalisme.

A l'extérieur, l'UE contribue à la mise en coupe réglée des économies émergentes en association avec les USA et le Japon au sein de l'OMC et suit de près toutes les agressions militaires américaines. La propagande autour de « l’Europe », la promotion d’une « Europe puissance » s’apparentent sur le plan idéologique à un nouveau nationalisme.

A l’intérieur, il est significatif que l’UE détruise les quelques exemples de coopérations internationales réussies, hors de son cadre, entre pays européens comme Airbus ou Galileo et les détournent au profit des multinationales.

Les transferts de pans de souveraineté vers l’UE, nominaux ou réels (monnaie, commerce extérieur) n’ont pas non plus supprimé le cadre national comme cadre principal de l’expression démocratique des peuples. Les référendums irlandais, néerlandais et français le montrent. La résistance à la domination capitaliste, dont l’intégration européenne est un instrument, ne peut se faire que dans le cadre national et international et non dans le cadre de l’UE elle-même, qui est incompatible avec la construction d’une alternative politique.

Des camarades ont aussi démonté le caractère illusoire et trompeur de « l’Europe sociale » ou du concept de « services publics européens », dénommés par l’UE « services d’intérêt général » qui part de la privatisation des monopoles publics nationaux dans l’intérêt des multinationales (ex : Véolia). 

L’adhésion à « l’intégration européenne » traduit la dérive « réformiste » de la direction du PCF.

Depuis les années 90, la direction du PCF a profondément changé sa position sur l’UE. Le renoncement en 1998 à la bataille pour le référendum sur la monnaie unique et le traité d’Amsterdam (que la « gauche plurielle » venait d’approuver), et l’expérience de la « Bouge l’Europe » ont constitué des ruptures.

La direction du PCF s’inscrit aujourd’hui dans le projet d’intégration européenne, auquel elle subordonne la perspective politique en confondant, de façon aberrante, internationalisme et « euroconstuctivisme ». Cette posture se traduit soit par la revendication « d’une autre Europe » soit par celle de la revendication d’une « réorientation de l’Europe ». On se souvient comment ont été désarçonnés certains camarades le soir du 29 mai 2005 en entendant MG Buffet réclamer à la télévision la « renégociation » de la « constitution » qu’ils venaient de combattre.

Un camarade a rappelé comment Francis Wurtz affirme dans les réunions que les services publics nationalisés, « à la française », sont dépassés, « parce que même nos amis européens n’en comprennent pas la conception ».

Un autre a montré comment la posture euroconstructive faisait glisser les positions sur l’OTAN, le Proche-Orient et abandonner des positions anti-impérialistes.

Le tournant « euroconstructif » participe de l'inflexion générale des positions idéologiques de la direction du PCF vers le « réformisme » (cette caractérisation fait l’objet d’un autre débat) depuis au moins le milieu des années 1990.

Le passage d'une analyse de classe de ce qu'est la « construction » européenne à une appréciation humaniste (« mettre l'Europe au service des hommes ») peut néanmoins passer inaperçu auprès de bon nombres de camarades. D'abord parce que le PCF est resté formellement impliqué dans une position hostile aux politiques européennes (bataille du Non au référendum), même s'il demeure une forte ambiguïté entre la position défendue par la plupart des militants et la direction. Ensuite parce que la direction a supprimé une bonne part des lieux de débats idéologiques dans le parti, et saboté les lieux de formation politique des communistes (voir l’indigence des « universités d’été » !).

Le niveau européen : prétexte et instrument à une recomposition politique qui efface le PCF.

L’abandon des positions communistes sur la question européenne va de pair avec l’adhésion sans réserve au Parti de la Gauche Européenne.

La nature du PGE a été cachée aux communistes lors de la consultation interne de 2004 comme depuis. Comme l’ont rappelé plusieurs camarades, ce « parti européen » est subventionné par les institutions européennes sous la condition expresse d’approuver et d’œuvrer à la construction d’une « entité européenne ».

Le PGE est à la fois le modèle et l’instrument de la poursuite de la « mutation » réformiste des partis communistes d’Europe, par ses positions et par son action.

Dans plusieurs pays, il soutient les éléments les plus réformistes des partis communistes membres voire des partis concurrents contre les partis communistes nationaux qui refusent de suivre sa ligne (Grèce, Portugal, République tchèque…).

Ses silences, comme ceux de la direction du PCF, sur les attaques menées dans différents pays de l’Union contre les mouvements communistes sont lourds de signification : aucune action contre l’interdiction de la JC tchèque, pour soutenir la direction, traînée devant les tribunaux, du Parti communiste ouvrier hongrois, rien contre le rapport Linblad.

La direction du PCF a également minimisé l’élection d’un président communiste à Chypre.

Le PCF transformé en « Parti de la gauche » comme le PGE ? ou comme « die Linke » en Allemagne (qui en assume la présidence) ? transformé en « section française du PGE » ? Les élections européennes de 2009 pourraient fournir, après le congrès, l’occasion d’une nouvelle étape dans la stratégie de disparition du PCF.

Au plan international et européen, la coopération internationale entre partis communistes et progressistes existe pourtant, hors du PGE. Elle s’est manifestée notamment à travers plusieurs appels internationaux initiés par les partis grecs et portugais, notamment contre le Traité de Lisbonne.

Signe de la gène de la direction sortante du PCF : elle les occulte (ne les publie pas, ne les traduit même pas en Français) même lorsqu’elle y a apposé la signature du PCF.

Le cadre européen est aussi un bon prétexte pour se tourner vers le syndicalisme de collaboration de classe. Plusieurs intervenants ont dénoncé la mise en avant de la Confédération Européenne des Syndicats, CES, comme notre partenaire syndical normal au niveau européen. Approuvant toutes les étapes de la « construction » européenne, y compris le TCE et le traité de Lisbonne, ce syndicat s’est toujours placé dans l’aménagement de la « concurrence libre et non faussée ». Ses positions, aux antipodes d’un combat de classe, sont donc totalement incompatibles avec les luttes que nous menons.

La recomposition politique au moyen de l’Europe s’est également manifestée, en France, avec l’épisodes des collectifs antilibéraux, issus des collectifs du non de 2005. Même si au plan local, les expériences, comme l’ont illustré certains camarades, n’ont pas toutes été négatives en terme de rassemblement et de lutte.

A l’occasion du 34ème congrès du PCF: réaffirmer le rejet de l’UE et la position internationaliste des communistes.

Notre discussion prenait place dans la perspective de l’élaboration d’un texte alternatif pour le congrès. Les analyses à écrire ne partent pas de rien, mais des positions développées dans le Parti plus ou moins jusqu’aux années 90 et de notre expérience militante.

Tous les camarades s’accordent pour réaffirmer l’opposition à l’Europe du capital, dans la suite du référendum de 2005, dont le résultat est analysé principalement comme un vote de classe.

La bataille contre la politique au service du Medef et du capital en France va de pair avec la dénonciation et le rejet du projet de l’UE, de « l’Europe des marchands », de « l’Europe des multinationales ».

L’expression de ce rejet doit-il se faire sous le slogan de « sortie de la France de l’UE », sous l’affirmation de la souveraineté populaire contre ses prétentions, dans une logique de désobéissance, de délégitimation de l’intégration européenne ?

Les directives qui cassent nos services publics, nos conquêtes sociales n’ont aucune légitimité pour s’appliquer en France et le gouvernement français qui utilise l’UE pour avancer sa politique capitaliste peut parfaitement les rejeter (d’autant mieux que c’est lui-même qui les a signées).

Une de nos préoccupations principales, pour le congrès, mais surtout pour la suite, doit être d’articuler notre rejet de l’UE avec nos luttes nationales, de démonter la légitimité de l’UE du capital.

Une autre est de mettre en avant notre position internationaliste : oui à des coopérations mutuellement avantageuses, librement consenties par les peuples, en dehors du cadre de domination capitaliste. Elles sont de plus en plus nécessaires. L’Amérique latine fournit un exemple politique d’alternative à l’intégration capitaliste.

Nous refusons de nous enfermer dans le dilemme « intégration européenne/repli sur soi nationaliste » en défendant la coopération et de solidarité de classe au niveau international. C’est ce que devront porter les listes présentées par le PCF aux élections européennes.

Cela implique, sur le plan du PCF, de demander la sortie du PCF du PGE et la participation, avec un rôle moteur, de notre parti au développement de la coordination des forces communistes et progressistes au niveau des pays de l’Union européenne, au-delà d’Europe, et du reste du monde. 

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 09:00

Pas d’avenir sans PCF - Rencontre nationale – Paris, les 29 et 30 août 2008

Intervention de Diamando MANOLAKOU, membre du Comité central du Parti communiste grec (KKE), députée au parlement grec, ancienne députée européenne.

(Version française transmise par nos camarades du KKE – merci pour leurs efforts de traduction)

 

Chers camarades,

Je vous transmets les salutations du Parti communiste de Grèce et des vœux pour un bon déroulement de votre conférence. Nous apprécions tout effort pour la reformation des forces communistes de classe en France. Tous les pas vers cette direction sont précieux ; ils contribuent à la résistance aux attaques contre les travailleurs et leurs conquêtes, aux attaques contre les libertés démocratiques, à la diffamation des communistes et des offres du socialisme.

Les développements récents au Caucase et l’installation des missiles américains demandent l’intensification de la lutte contre la rivalité des impérialistes et le risque d’un conflit armé dans le cadre d’une crise étendue.

Ils demandent la création d’un mouvement fort de lutte contre les monopoles et l’impérialisme, qui sera capable d’apporter le renversement de la corrélation des forces politiques dans nos pays et dans l’Union européenne.

Nous espérons que votre activité contribuera au renforcement de la lutte des partis communistes et ouvriers et des autres forces aux élections européennes de juin 2009, contre l’UE de Maastricht, de l’exploitation, des entreprises multinationales et de la guerre.

Nous nous réjouissons que les développements dans l’UE aient été récemment marqués par le NON du peuple irlandais, qui a apporté l’effondrement des efforts pour rétablir la constitution européenne déjà rejetée par les peuples français et hollandais. Nous nous réjouissons aussi de la montée des luttes des ouvriers et des jeunes, de luttes fortes contre les politiques de l’UE et des pays membres. Il y a une tendance vers des luttes de classe plus intenses. A travers ces luttes et l’intensification des contradictions et des difficultés dans le cadre de ‘UE, l’argument de quelques organisations [à savoir] que l’UE est « une réalité à laquelle on doit obéir » commence à vaciller ; l’illusion que, dans le cadre de l’UE, il puisse y avoir des politiques en faveur des travailleurs ou « qu’une autre UE est possible » s’amenuise. Nous croyons que la rupture de l’édifice de l’Union devient plus possible.        

C’est le but pour lequel nous luttons en Grèce. Nous savons que notre combat pour le pouvoir et l’économie populaires, qui donne lieu au socialisme et à l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme – ce qui est la raison d’être de notre parti – ne peut être accompli que dans la lutte contre l’UE, l’OTAN et les autres organisations impérialistes. Nous luttons pour que notre pays se dégage des chaînes de l’UE, parce que l’unification capitaliste n’est pas une procédure objective – comme certains veulent nous en persuader – et qu’elle ne peut pas être améliorée en faveur des travailleurs.

Avec d’autres partis communistes et ouvriers, nous avons essayé de développer une action commune contre la Stratégie de Lisbonne et le nouveau traité, contre la militarisation, contre l’anticommunisme et l’attaque des conquêtes démocratiques et sociales, pour l’éducation, les relations avec Cuba et l’Amérique latine, contre les missiles américains etc.

Tout en mettant en lumière les besoins contemporains des travailleurs et les possibilités offertes par l’évolution technologique. Malgré les approches différentes sur quelques sujets, cette action commune avance considérablement, parce qu’elle répond aux besoins des travailleurs et des jeunes et surtout parce qu’elle répond aux attentes des travailleurs [vis-à-vis] des communistes et forces anti-impérialistes de classe.

Nous croyons que la lutte imminente des élections européennes de juin 2009, pour laquelle notre parti a déjà publié ses propositions politiques, constituera un nouveau pas dans le cadre de cette collaboration. Ensemble, avec une série de partis communistes et ouvriers des pays de l’UE, nous sommes déjà d’accord sur un cadre de buts politiques et de formes d’action commune, ouvert à toutes les forces qui ont des aspirations similaires.

Un obstacle important à l’action commune des partis communistes et ouvriers et d’autres forces qui résistent à l’UE est – sans doute – la formation et l’activité du Parti de la Gauche Européenne. Son activité négative, en tant que facteur de sabotage et d’affaiblissement du mouvement ouvrier et populaire, a été prouvée récemment en Italie. Dans ce pays, ainsi qu’ailleurs, on a constaté à nouveau que le rôle du parti communiste révolutionnaire est irremplaçable ; d’un parti lié à la classe ouvrière, avec des fédérations ouvrières, fondé sur le socialisme scientifique et ayant des principes de fonctionnement d’un parti de type nouveau.

Notre critique de la Gauche européenne ne signifie pas que le KKE n’est pas disposé à coopérer avec des forces plus larges, comme c’est le cas au Parlement européen, dans le cadre du groupe GUE/NGL, pourvu que nous gardions notre autonomie et que cette coopération soit caractérisée par des relations de respect et de parité mutuels.

Pourtant, peut-être le savez-vous déjà, ce cadre politique et ce type de relations ne caractérisent pas le Parti de la Gauche Européenne.

Pour cette raison, peremettez-nous d’exposer notre vue sur cette formation.

La formation de la «Gauche européenne exprime la tendance à la subordination complète à la corrélation des forces négatives. Elle constitue un développement négatif et une acceptation fataliste de la « légitimité » impérialiste. La Gauche européenne dénie les traditions communistes, la théorie du socialisme scientifique et l’expérience des révolutions socialistes du 20ème siècle, voire elle s’oppose à toute sorte de résistance populaire au nouvel ordre de l’UE.

Ce que la Gauche européenne promeut, c’est une variation de l’administration sociale-démocrate dans le cadre de l’UE capitaliste et de ses politiques.

La Gauche européenne a été constituée sur la base de l’article 191 du Traité de Maastricht, ayant comme but « l’intégration au sein de l’Union » et la « formation d’une conscience européenne ».

Son activité est contrôlée par le Parlement européen, c'est-à-dire par les forces les plus réactionnaires de l’UE. La Commission européenne, à travers un nouvel amendement du règlement sur le fonctionnement et les fonds des partis politiques européens, leur fournit des aisances nouvelles et augmente les supports financiers.

Dans toutes les déclarations du Parti de la Gauche Européenne, il y a l’angoisse, non pas de l’avenir des peuples de l’Europe, mais de l’avenir de la construction impérialiste qu’est l’UE. Dans ses textes, il essaie de cacher, derrière une phraséologie « antinéolibérale » confuse, des propositions soit utopiques, soit réactives. En même temps, les forces principales de la Gauche européenne veulent participer aux divers scénarios de réformation des systèmes politiques bourgeois et d’embellissement de la social-démocratie.

« C’est regrettable », dit la Gauche européenne, « que que quelques partis de gauche et social-démocrates suivent la ligne de libéralisation des marchés » au nom du « libéralisme de gauche ». De cette manière, la Gauche européenne couvre les responsabilités de ses forces dans l’application des politiques antipopulaires [menées] en collaboration avec les néoconservateurs. La Gauche européenne empêche de plus le dégagement de la classe ouvrière des partis bourgeois et crée des illusions.

D’autre part, sous la pression des luttes et le renforcement de la lutte des classes, la Gauche européenne reconnaît que la vie « elle-même nous pose de nouveau la question du socialisme ou de la barbarie ».

Le problème est que le Parti de la Gauche européenne, aujourd’hui comme dans le passé, n’a aucune relation avec la lutte pour le socialisme, mais se prononce pour la « reformation de la société comme une partie d’une reformation culturelle en introduisant de nouveaux modes de cohabitation ».

C’est caractéristique aussi que les « solutions alternatives » de la Gauche européenne ne se situent que dans le cadre de l’UE de Maastricht, étant donné qu’elle ne pose pas la question de leur abolition ou de leur rejet.

Sa critique du Traité de l’UE et de la stratégie de Lisbonne ne dénonce pas le caractère de classe, impérialiste et antipopulaire. Ce qui gène la Gauche européenne, est que leur orientation « vers la concurrence mondiale » n’est « ni économiquement raisonnable, ni efficace ». Il semble que cela ne la gène pas que ces conditions soient favorables aux monopoles et aux puissants, dirigées contre les intérêts des travailleurs, de la jeunesse et contre leurs besoins.

Leur solution « alternative » se contente du fait que « La Gauche européenne lutte pour la démocratisation de l’UE ». L’UE des monopoles et de l’impérialisme est considérée comme le véhicule de réalisation … de leur proposition « en faveur des peuples ».

Leur incorporation totale se voit dans leurs buts et demandes précis. Ils demandent une miette de services publics restant dans le secteur public, [par exemple] quelque chose concernant les ressources d’énergie renouvelable (un domaine où ils se trouvent en accord complet avec la politique et les arrangements de l’UE), quelque chose pour l’harmonisation des impôts ( !), l’augmentation du budget communautaire ( !), le … contrôle démocratique de la Banque européenne (§§) et ils font même une proposition pour « une politique active d’industrie et de recherche européenne liée à un secteur public européen capable de colaborer avec le secteur privé ». Les industriels seront d’accord !! Pourtant, les travailleurs, comme producteurs de la richesse, doivent « être suffisamment rémunérés ( ! – sic), le minimum en fonction de l’augmentation de leur productivité ( !!) », exactement comme le désire la stratégie néolibérale des restructurations capitalistes.

A part tout cela, les positions de la Gauche européenne justifient la campagne anticommuniste et considèrent que la lutte des classes et la lutte anti-impérialiste sont des choses dépassées.

A côté de déclarations connues anticommunistes et contre Cuba de ses divers dirigeants, se trouve son silence caractéristique à propos du mémorandum anticommuniste du Conseil de l’Europe, l’interdiction de l’activité de la Jeunesse communiste tchèque, le procès contre la direction du Parti communiste ouvrier de Hongrie, alors même que ce dernier parti est membre du PGE, etc…

Dans le capitalisme actuel, selon da Gauche Européenne, il n’y a plus de production matérielle et d’exploitation capitaliste. Le profit a comme source « l’investissement capitaliste dans les biens immatériels (connaissances, information, communication, formation, loisirs, culture), dont l’utilisation par un « consommateur » n’empêche pas l’utilisation par d’autres « consommateurs », contrairement aux biens matériels.

Ainsi, on dépasse le but du renversement des relations de production. Que reste-t-il, donc, comme but au mouvement ouvrier et à la « gauche » ? Rien du tout ! « Aujourd’hui, le but fondamental de la gauche doit être de revendiquer la connaissance comme un bien public et de lutter pour implémenter ce principe ». Mais, même avec cette propositions, la Gauche Européenne ne défens pas une éducation complètement publique et gratuit, ni l’abolition de toute sorte d’intrusion des entreprises dans le secteur de l’éducation.

La Gauche Européenne confirme qu’elle ne peut rien offrir de nouveau et de positif aux luttes qui se développent. Le problème est de savoir comment, dans sa descente, elle n’entraînera pas de forces communistes et radicales, de forces syndicales de classe et d’autres forces qui se radicalisent et cherches à se joindre à la lutte organisée.

Dans plusieurs pays, ils [PGE] poursuivent une stratégie sournoise en essayant de changer le caractère des partis communistes. Quelque fois, ils n’attaquent pas directement le caractère [la dénomination] communiste des partis mais leur identité.

Chers camarades, selon notre expérience, l’opportunisme a plusieurs visages. Méthodiquement et systématiquement, ils transmutent progressivement leur politique et leurs principes.

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3 juillet 2008 4 03 /07 /juillet /2008 08:55

S’accorder avec le PS sur l’UE : aberrant pour notre parti, le PCF !

La direction de notre parti n’arrive pas à se libérer du « comité de liaison de la gauche » de M. Hollande, à moins qu’elle ne s’y enferre délibérément.

A la suite de sa réunion mardi 1er juillet, quatre partis, PS, PRG, MRC et PCF ont adopté une déclaration commune sur l’UE, à l’occasion du début de la présidence française.

« UE : la gauche s’organise » se réjouit le PS dont les dirigeants, tels M. Moscovici appellent à réconcilier les peuples avec le projet européen.

Quelle ligne politique commune est imaginable sur l’UE entre les communistes et ceux qui ont fait campagne pour la « constitution européenne » puis qui se sont alliés avec l’UMP de Sarkozy pour la ratification du Traité de Lisbonne au Parlement français, au mépris de l’expression souveraine de notre peuple ?

Le PS, comme les socio-démocrates de tous les pays, a d’ailleurs appelé les Irlandais à voter oui.

Effacer ce clivage fondamental entre ceux qui défendent l’UE du capital et ceux qui la combattent est une aberration pour notre parti dont les positions nationales deviennent illisibles.

Le slogan de « l’Europe sociale » recouvre de plus en plus nettement un plan B (ou C, ou Z…) pour essayer de remettre en selle les institutions délégitimées de l’UE dont l’action se fixe précisément comme but la démolition des acquis sociaux nationaux.

A l'instar des propos de Barroso, Giscard et cie, le texte de déclaration s'obstine à voir dans le NON des Irlandais un oui déguisé à la "construction européenne".

On notera aussi l’absence de remise en cause de « l’indépendance » politique de la Banque centrale européenne dont il est seulement proposé de modifier la listes des objectifs (affichés symboliquement). Demander à l’UE de « promouvoir et protéger les services publics » (Lesquels ? sous quel statut de propriété) avec une nouvelle directive européenne: autant demander à un pyromane de protéger une forêt !

On ne trouve même pas dans le texte une demande explicite du retrait des troupes françaises d’Afghanistan mais, dans le « cadre d’une politique internationale européenne », le vœu de privilégier l’aide au développement…

A l’approche du 34ème congrès du PCF, l’exigence de rupture avec la stratégie suivie notamment depuis le 33ème ne cesse de s’affirmer : rupture avec l’alignement sur le PS, rupture avec l’affadissement de nos positions, notamment sur l’UE.

La campagne du référendum de 2005 a montré l’atout que représente le PCF, ses positions inscrites dans une continuité historique, son organisation. Ne laissons pas gâcher ce capital de lutte!

JD pour vivelepcf.fr

Lien vers le texte de la déclaration commune


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30 juin 2008 1 30 /06 /juin /2008 18:20

UE, traité de Lisbonne, la Confédération européenne des syndicats (CES) défend son camp : celui du oui !

Doit-on ranger la Confédération européenne des syndicats, la CES, parmi les « forces progressistes de l’Europe » avec lesquelles mener des « batailles européennes » ? Marie-George Buffet le suggère à nouveau aux communistes dans son discours de clôture de la « rencontre nationale » de Tours, le 14 juin dernier.

Pour beaucoup de camarades, cette perspective n’est pas concevable. Depuis son origine, nous font-ils remarquer sur la base de leur expérience, la CES est pilotée par les syndicats européens de cogestion, sinon directement de collaboration de classe, imprégnés d’anticommunisme. La CES s’inscrit aussi depuis le départ dans la défense et l’illustration de l’intégration dans l’UE du capital.

Ce constat s’impose plus que jamais. La CES a compté parmi les principaux partisans du Oui à la constitution européenne en 2005, promouvant une « Europe sociale » qui nie les acquis et les rapports de force nationaux.

En 2008, elle a récidivé. John Monks, son secrétaire général, s’est senti obligé de répondre personnellement à une députée européenne irlandaise pour affirmer l’adhésion de la CES au Traité de Lisbonne. « Nous voulons que le traité de Lisbonne soit adopté rapidement par les Etats-membres avec l’introduction de la Charte européenne des droits fondamentaux …» a-t-il écrit à Mrs Sinnott le 30 avril. C’est on ne peut plus clair. Il précise aussi que la revendication d’une clause sociale additive ne constitue en aucun cas un préalable à l’adoption du traité, mais une « mesure séparée » et que « rouvrir le débat sur le traité, à cette date, n’est ni réalisable, ni souhaitable ».

La CES s’est placée, comme toujours, dans l’aménagement de la « concurrence libre et non faussée » et est intervenue auprès des syndicats irlandais dans ce sens, pendant la campagne décisive.

Cette position de fond est incompatible avec le combat des communistes des pays d’Europe, pour ce qui nous concerne, du PCF.

Elle est incompatible avec le verdict des peuples, français et néerlandais en 2005, maintenant de celui du peuple irlandais.

Ne comptons pas sur la CES pour faire respecter leur vote !

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28 mars 2008 5 28 /03 /mars /2008 10:28

Les partis communistes européens se coordonnent pour contrer l’UE du capital

La coopération entre partis communistes européens s’intensifie à nouveau depuis à peu près deux ans. L’initiative en revient notamment aux partis communistes du Portugal (PCP), de Grèce (KKE), de République tchèque (KSCM)… Les partis communistes espagnol (PCE), allemand (DKP), hongrois (PCOH), le Parti des communistes italiens (PDCI) et beaucoup d’autres y sont associés.

Les communistes français ne sont malheureusement pas informés de cette démarche qui diffère largement voire s’oppose à celle du Parti de la gauche européenne. Le PCP a d’ailleurs quitté le PGE, le KKE a toujours refusé d’y adhérer et le KSCM n’en est qu’observateur.

 

Dans le cadre de cette coordination, la souveraineté de chaque parti est respectée pour chaque position. L’identité communiste est affichée. Les échanges et initiatives sont ouverts au même titre à des partis de pays non-membres de l’UE. L’expression commune est strictement indépendante de toute pression des institutions de l’UE. Toutes ses caractéristiques diffèrent du PGE. Rappelons que le PGE est un parti financé par la Commission européenne, ayant inscrit dans ces statuts les objectifs d’intégration européenne exigés par elle, maintenant par le nouveau traité de Lisbonne. En Grèce, au Portugal, en République Tchèque, notons que le PGE soutient des partis concurrents des partis communistes.

La coordination des partis communistes (et partis ouvriers) s’est manifestée par une série de déclarations communes et de réunions internationales, par exemple été 2006 contre la guerre israélienne au Liban, contre la répression anticommuniste dans plusieurs pays d’Europe…

La coopération porte aussi naturellement sur l’action contre l’UE du capital. En mars 2007, à l’occasion du 50ème anniversaire de l’UE, 29 partis communistes et progressistes ont ainsi adopté une déclaration. En octobre 2007, à l’occasion du sommet de Lisbonne, à l’initiative du PCP, une position commune contre le nouveau traité, pour le respect de l’expression souveraine des peuples français et néerlandais, pour la tenue de référendums dans chaque pays était adoptée par 30 partis. Le PCF s’y est joint, pour la première fois, mais sans le faire savoir et sans même fournir une traduction en français.

Sur l’UE, les divergences entre l’expression des partis communistes et celle du PGE dépassent les nuances. L’appel de mars 2007 commence par ces deux paragraphes : « Le Traité de Rome, fondant la Communauté économique européenne (CEE), a été le résultat d’un choix des grandes puissances et du capitalisme monopoliste ouest-européen. Aujourd’hui, 50 ans plus tard, les développements de l’UE valident l’action des forces qui ont combattu ses politiques, qui ont dit NON et continuent à dire NON au Traité de Maastricht, qui ont exprimé leur opposition à la « Constitution » européenne. Ils donnent raison à ceux qui luttent contre l’Union européenne du grand capital, véritable directoire des grandes puissances néolibérales et militaristes. Les objectifs propagés par les forces politiques dominantes dans les pays de l’UE, les socio-démocrates, les conservateurs et autres forces de droite, se sont révélés des annonces mensongères qu’il s’agisse de la convergence des économies nationales, de la réduction du chômage, de l’amélioration des conditions de travail, de l’établissement de la démocratie et la paix, d’un développement commun sur un pied d’égalité. L’UE a pour mission de renforcer le capital transnational à base européenne et les grandes firmes des principales puissances européennes, en étendant leur pouvoir économique et leur emprise sur les choix politiques européens et nationaux, en remettant en cause les droits et acquis des travailleurs, en ouvrant de nouveaux marchés et ressources naturelles à l’exploitation. Cette voie conduit à l’accroissement des inégalités sociales, des déséquilibres régionaux, à l’extension de la pauvreté et de l’exclusion.»

Dans l’appel de Berlin fondateur du PGE, il est affirmé que, dans le cadre de l’UE, « une autre Europe est possible, démocratique, sociale, écologique, féministe, pacifiste, une Europe de la Solidarité ».

La dimension internationaliste de l’engagement des communistes français a toujours été essentielle. Se retrouve-t-elle dans le PGE ou dans une coopération de PC ? Dans le cadre de la préparation du 34ème congrès du PCF, il sera nécessaire de ne pas éluder la question.

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20 mars 2008 4 20 /03 /mars /2008 20:29

Les Communistes de l’ENS vous invitent à débattre sur le thème de «l’idéologie européenne » autour de la sortie d’un livre militant consacré à la question en présence des auteurs Benjamin Landais, Aymeric Monville et Pierre Yaghlekdjian:

RDV lundi 31 mars à 19h30 à l’amphi Rataud
au 45, rue d’Ulm (Paris 5e)

Rapidement mentionnée puis vite passée sous silence par les médias dominants, la ratification du « Traité de Lisbonne » par le parlement au début du mois de février 2008 semble définitivement oublié après la période des élections municipales. A la poubelle la victoire du «Non» à la constitution européenne ? Pourtant, le 4 février 2008 marquera sans doute dans l’Histoire de France le premier coup d’Etat politique du XXIe siècle.

Avec la bienveillance du Parti Socialiste, la nouvelle gouvernance à l’américaine aura montré que la volonté souveraine exprimée par plus de 15 millions de Français en mai 2005 peut être violée par 560 parlementaires moins de trois ans plus tard. Qu’importe puisque « L’Europe est sortie de l’impasse ! ».

Il était donc urgent de reprendre l’offensive dans les luttes comme dans l’analyse de ce que sous-tend réellement la « construction » européenne. Car force est de constater que même la « Gauche du NON », qui prétend «réorienter » l’UE et lui donner un contenu « social », a déserté ce terrain.

La rédaction collective de ce livre a été guidée par trois idées directrices :

  • • Identifier les conséquences réelles de la « construction » européenne.
  • • Retracer la généalogie de l’Europe en tant que mythe politique et culturel.
  • • Face aux impasses théoriques de l’altermondialisme, tenter de comprendre
  • dans quelle logique impérialiste l’Europe s’inscrit.


http://www.atheles.org/aden/lideologieeuropeenne

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5 octobre 2004 2 05 /10 /octobre /2004 18:52

Nous nous battons pour le NON au projet de « Constitution européenne »

Nous nous opposons à l’adhésion du PCF au Parti de la Gauche européenne, PGE !

Déclaration de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris,

5 octobre 2004


Au printemps dernier, le projet de création du « Parti de la gauche européenne » avait rencontré une forte opposition des camarades dans toute la France.
 

La direction du PCF n’en a pas moins décidé, sans consultation des communistes, d’apposer la signature du PCF comme membre fondateur du PGE au « congrès » de Rome, organisé symboliquement le 9 mai à la date de la « Journée de l’Europe » reprise par le projet de « Constitution » européenne.

 Six mois plus tard, elle vient demander aux adhérents de ratifier le fait accompli à l’occasion d’une consultation bâclée où l’essentiel des enjeux sont dissimulés aux communistes.
 
Le texte unilatéral accompagnant le « bulletin » de vote (dans l’Huma du 22 septembre, expédié à tous les communistes) n’éclaire pas les véritables objectifs et les conditions de la création du PGE.
 
Les communistes français ont plus que jamais besoin de revivifier l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Le renforcement d’échanges et de coopérations entre partis communistes ou progressistes de différents pays, européens est une exigence pour renforcer la solidarité entre les peuples.
 

L’opération PGE est à l’opposé de cela.

 
1)- Le PGE, un outil au service de « l’intégration » européenne
 
Le PGE s’inscrit ouvertement dans le cadre dicté par le « règlement définissant le statut et le financement des partis politiques européens », adopté en juin 2003 par le Conseil européen et le Parlement européen et repris dans le projet de « constitution » de Giscard (article III-331). Ces « partis européens » ont pour mission de « promouvoir l’intégration européenne », en récompense de quoi l’Union européenne leur gratifie une subvention annuelle conséquente.
 
C’est à quoi se conforment strictement les statuts du PGE. A l’article 5 sur les objectifs du PGE, on lit : « promouvoir un travail de relations publiques européen qui soutienne activement la formation d’une entité européenne ».
 
La loi européenne est claire. Pour être « qualifié » comme « parti politique au niveau européen », il faut accepter dans ses statuts les principes fondateurs de l’Union européenne. Le PGE et avec lui les dirigeants du PCF s’apprêtent ainsi à prêter allégeance à « la concurrence libre et non faussée », principe fondamental de la (pseudo)-construction européenne repris par le projet de « constitution »
 

2)- L’adhésion au PGE est contradictoire avec l’engagement des communistes dans la campagne pour le NON au projet de « constitution » européenne
 
Le PGE s’inscrit dans le schéma de l’Europe fédérale et dans l’acceptation d’une constitution européenne. Plusieurs « membres fondateurs » du PGE ont d’ailleurs des positions très ambiguës sur la « Constitution européenne ». Plusieurs avaient approuvé le Traité de Maastricht. Certains de leurs dirigeants se sont même prononcés pour le projet de Giscard, dont la tête de liste du PDS allemand aux dernières élections européennes, Mme Sylvia-Yvonne Kauffmann (3 députés européens de la « gauche unie espagnole » se sont abstenus, le 4ème a voté pour...).
 
Nous remarquons que le PGE n’a pas encore pris position sur le « traité constitutionnel » et ne le fera que fin-octobre.
 

3)- Le PGE destiné à supplanter les partis nationaux et notamment le PCF ?
 
Le PGE est très loin d’être un simple « espace commun d’initiative politique ».
 
La première phrase de ses statuts du PGE indique qu’il vise à « unifier les partis » qui y adhèrent. Ses structures sont calquées sur celles des institutions européennes, avec un « président européen », un « conseil des présidents » auxquels les statuts donnent les moyens de contrôler le PGE. Comme l’Union européenne elle-même, le PGE est une structure pyramidale, antidémocratique dont les positions conditionneront celles des partis membres.
 
C’est une atteinte inacceptable à l’indépendance des communistes français.
 

4)- Le PGE, à l’opposé du rassemblement des communistes et des Partis communistes
 
Le « manifeste du PGE» est si vague que n’importe quel parti social-démocrate peut le signer et évite toute référence au communisme.

En revanche, la majorité des partis communistes européens (qui ont gardé ce nom) rejettent le PGE: les PC de Grèce, du Portugal, de République Tchèque, le Parti des communistes italiens… Parmi les autres composantes du groupe au Parlement européen dont font partie les 2 députés du PCF, tous les partis scandinaves, le Parti socialiste (non socio-démocrate) des Pays Bas,…  ont aussi dénoncé et combattu la création du PGE.

En Italie, la consultation de « Refondation communiste » a donné 47% de votes contre.
 
Contrairement à ce que le texte accompagnant le « bulletin » de vote dans l’Huma veut laisser croire, les partis communistes portugais et tchèque (Bohême-Moravie) ne sont pas « membres observateurs ».


Que signifie l’empressement des dirigeants du PCF pour imposer la fusion du PCF dans le PGE ? Au-delà de l’intérêt de la carotte financière, il est difficile de ne pas voir une nouvelle étape du ralliement de la direction du PCF, déjà manifeste en 1999 avec « Bouge l’Europe », à l’intégration européenne.

Les communistes se trouvent confrontés à une nouvelle tentative de coup de force pour effacer l’identité, les valeurs, les combats de toujours de leur parti. Il s’agit de faire franchir un pas nouveau à la « Mutation », au reniement de la raison d’être du PCF et même à terme de son nom, dilué dans le PGE.

La discussion sur le fond de l’adhésion au PGE est esquivée de même que la discussion pour ou contre le principe d’une constitution européenne.

Pour nous, la bataille au plan international pour une voie anticapitaliste est indissociable de la bataille pour préserver la souveraineté nationale, intrinsèquement liée à la souveraineté populaire. De même, notre combat internationaliste exige le maintien de l’indépendance du PCF (et son retour sur les rails de la lutte des classes !).

Comme plusieurs sections et fédérations en France, nous appelons les communistes à s’opposer et à voter contre l’adhésion du PCF au Parti de la gauche européenne, nouvelle tentative pour saborder le PCF, son originalité, son histoire.
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