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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 11:58

L’alternative introuvable : 60% d’abstentions aux européennes. La nécessité, plus que jamais, de renforcer le PCF.

 

Première analyse de la section du PCF Paris 15ème, 8 juin 2009

 

 

Un résultat des élections européennes éclipse tous les autres. 60,2% des électeurs inscrits se sont abstenus, auxquels il faudrait ajouter les 2% de bulletins blancs et nuls.

 

Deux comparaisons aident à interpréter ce chiffre jamais atteint :

 

1- Au référendum de 2005, l’abstention n’avait été que de 30%. On sait comment l’UE et les partis dominants en France ont décidé d’ignorer la décision démocratique du peuple français, comme celle du peuple néerlandais puis des Irlandais en réintroduisant la Constitution européenne rejetée avec le traité de Lisbonne. Il est logique que les peuples refusent de donner une caution démocratique aux politiciens et aux structures de l’UE qui les méprisent. Le Parlement européen sortant s’était lui-même prononcé à 90% pour la Constitution. L’abstention massive porte la persistance, la montée, du rejet de l’UE du capital. Ses traités, directives et règlements sont plus illégitimes que jamais pour casser les acquis sociaux et démocratiques nationaux.

 

2- Le 1er mai, l’Humanité titrait « 72% des Français soutiennent les revendications ». Ces derniers mois ont été marqués par des luttes de grande ampleur dans notre pays, dans un contexte de crise du capitalisme. A plusieurs reprises, le 29 janvier, le 19 mars, les travailleurs ont manifesté par millions. Le soutien à ce mouvement qui met en cause directement la politique du Président et du gouvernement et ses contre-réformes n’a cessé de s’étendre. Force est de constater que ce mouvement de fond, qui porte la perspective d’une alternative politique, ne s’est pas retrouvé dans la campagne des élections européennes. C’est l’autre enseignement de l’abstention qui atteint des sommets, parfois 75%, dans les villes ouvrières et les quartiers populaires.

 

Pour autant, en aucun cas, le gouvernement ne peut se prévaloir de l’expression d’un soutien majoritaire à sa politique. Ses partisans se sont logiquement davantage mobilisés. L’UMP arrive largement en tête mais son résultat, 28% des exprimés, ne représente guère qu’un Français sur 8.

 

Le PS subit, avec 17% des voix, la lourde sanction de son défaut d’opposition sur le fond à la politique européenne et aux choix nationaux du pouvoir. Les politiciens qui se présentaient comme « écologistes », ont, ce n’est pas la 1ère fois aux européennes (cf 1989), été mis en avant comme vote défouloir sans conséquence. Les travailleurs n’ont rien à en attendre. L’engagement ultralibéral et anticommuniste de M. Cohn-Bendit ne s’est jamais démenti pendant que l’opportunisme politicien de M. Bové s’affirme.  

 

Comme des milliers de communistes dans tout le pays, nous avons mis au centre de notre action pendant la campagne électorale le contenu du vote communiste qui seul pouvait donner un sens au vote lui-même.

Dans la suite des campagnes de notre parti en 1992 contre Maastricht, en 2005 contre la constitution européenne, nous avons affirmé le refus de l’intégration dans l’UE du capital et de sa fatalité.

Nous avons mis en avant les possibilités de rassemblement et de convergences de tous ceux qui luttent pour commencer à faire plier le pouvoir dès maintenant.  

 

Cette campagne militante, qui continue, a permis de multiplier les contacts, de réaliser des adhésions, de collecter des milliers de signatures pour le retrait de la Loi Bachelot contre l’hôpital public…

 

Mais nous vérifions aujourd’hui que la stratégie du « Front de gauche » a empêché notre parti de jouer pleinement son rôle pour l’alternative politique dans ces élections. Tous les communistes devront y réfléchir.

 

Malgré la force du NON de 2005 et le rôle qu’a joué le PCF dans cette victoire, malgré la crise du capitalisme et l’actualité renouvelée de nos fondamentaux idéologiques, malgré l’ampleur des luttes sociales, malgré le discrédit du PS (28% en 2004), les listes du « Front de gauche » stagnent par rapport aux les listes de rassemblement présentées par le PCF en 2004 : 6,05% des suffrages exprimés (2,4% des inscrits) contre, en 2004, 5,90% des exprimés (2,5% des inscrits). Elles n’ont pas détourné de l’abstention. Avec 1.038.000 voix, le Front de gauche sur toute la France fait moins que le vote communiste aux cantonales de 2008 dans une moitié du pays (1.150.000 voix rien que sur les 50% de cantons renouvelables).

 

Une première analyse dans le détail tend à montrer le Front recule souvent dans les villes ouvrières et les quartiers populaires, malgré l’action militante des communistes, mais capte une parti du vote socialiste, notamment dans les centres-villes. Ces résultats et l’émiettement des votes pour les autres listes permettent de faire réélire le même nombre de députés PCF, Jacky Hénin et Patrick Le Hyaric, et de faire élire à Strasbourg Jean-Luc Mélenchon et une militante associative, Marie-Christine Vergiat.

 

Le choix, imposé aux communistes par la direction du PCF, de la stratégie du « Front de gauche » et la campagne nationale ont brouillé nos positions, d’autant que Jean-Luc Mélenchon s’est rapidement imposé, c’était prévisible, comme porte-parole national. L’engagement « pro-européen » de la campagne (Mélenchon a été un ardent partisan de Maastricht), la perspective politique reportée à une victoire de la « gauche » en 2012 (déjà Mélenchon tend la main à Cohn-Bendit), la priorité donnée aux enjeux institutionnels ont dilué le sens du vote communiste.

 

Le caractère « unitaire » du Front de gauche, mis en avant malgré l’insignifiance de nos partenaires (2800 adhérents pour le Parti de gauche, 250 pour la « Gauche unitaire »), a révélé davantage un glissement sur les positions de fond historiques du PCF et un appel du pied à l’électorat socialiste qu’une démarche de rassemblement correspondant à l’aspiration à la convergence des luttes.

 

Nous continuerons à nous opposer à toute perspective de poursuite de la dilution du PCF dans ce type d’alliances aux contours et aux contenus incertains. La direction du PCF doit écarter sans ambiguïtés et définitivement le scénario de fusion dans un « parti de gauche » tel que Mélenchon et certains dirigeants du PCF le proposent. La place de notre parti est plus que jamais dans la lutte des classes.

 

Sans attendre, nous continuons notre action dans les luttes, dans les entreprises et les quartiers du 15ème. Le 13 juin a lieu une nouvelle et très importante journée nationale de manifestations à l’appel des organisations syndicales.

Dès cette occasion, montrons que le rapport de force pour mettre en échec la politique de Sarkozy-Fillon est toujours bien là. Les élections européennes ne pouvaient pas sonner l’heure de l’alternative politique. Les luttes et leurs convergences si !

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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 17:24

De José-Manuel Barroso, on connaissait la politique ultralibérale et le soutien indéfectible à l’administration américaine lorsqu’il était premier ministre du Portugal. On connaît son zèle à promouvoir cette même politique en tant que président de la Commission européenne.

 

Voilà que remonte de sa biographie qu’il était dans sa jeunesse, dans les années 70 au Portugal, dirigeant du « Mouvement pour la réorganisation du parti du prolétariat », un groupuscule d’extrême gauche d’obédience maoïste. Voilà qui pourrait sembler étonnant même si en France ce type de parcours est assez fréquent.

 

M. Barroso a toutefois a tenu à plaider la cohérence de son parcours politique : "J'ai choisi les prochinois parce qu'ils étaient les plus anti-communistes". Et semble-t-il qu’ils collaboraient étroitement avec la CIA.

 

L’anti-communisme est bien la matrice du l’UE du capital !

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 09:00

Jean-Luc Mélenchon : « Maastricht est un compromis de gauche ».

 

 

Nous reproduisons ci-dessous l’intervention de Jean-Luc Mélenchon, sénateur PS de l’Essonne, le 9 juin 1992, dans la discussion au Sénat sur le projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du traité de Maastricht. Le texte est copié du Journal officiel. Les passages soulignés le sont par nous.

 

Rappelons le contexte dans lequel le débat a lieu. Quelques jours auparavant, le NON à Maastricht vient de l’emporter au référendum au Danemark. En France, Mitterrand annonce juste la tenue d’un référendum. Les sondages prédisent une victoire massive du oui.

 

L’intervention de Mélenchon a suscité l’indignation des sénateurs communistes. On les comprend. Loin de toute critique de l’Europe capitaliste ou « libérale », il défend en « homme de gauche », le « compromis de gauche » que représente selon lui Maastricht.

Son adhésion à l’intégration européenne est totale. Il célèbre la monnaie unique. Dans la foulée, il se livre à un véritable hymne à l’Europe, au « patriotisme européen », aux « éléments de puissance » que l’UE donne avec Maastricht. C’est du pur nationalisme européen, sinon  une invitation au développement d’un impérialisme européen.

 

Mélenchon a-t-il changé ?

En 1992, il manifeste un mépris outrancier pour le choix démocratique du peuple danois qu’il caricature. En 2008, il prétend qu’il faut respecter le Non irlandais à Lisbonne.

En 2005, il se prononce pour le Non au projet de constitution européenne, comme d’autres chantres de Maastricht tels Fabius. Il faut dire que depuis 1992, l’opinion publique rejette de plus en plus massivement la « construction » européenne.

Mais au-delà des postures politiciennes, ne doit-on pas constater une permanence dans l’engagement ultra pro-européen de Mélenchon, teinté maintenant de la couleur de « l’Europe sociale » ?

 

En tout cas, le choix du « Front de gauche » et la place accordée dans celui-ci par la direction du PCF à Jean-Luc Mélenchon n’en finit pas de poser question. Sur la forme comme sur le fond ; sur la campagne d’ici le 7 juin comme sur les projets de recomposition politique qui pourraient suivre.

 

La rédaction de vivelepcf

 

 

Sénat, séance du 9 juin 1992

 

Examen du projet de loi constitutionnelle préalable à l’adoption du Traité de Maastricht.

 

Extrait du Journal officiel.

 

 

M. le Président. La parole est à M. Mélenchon. (applaudissements sur les travées socialistes).

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Monsieur le président, monsieur le ministre d’Etat, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, le vote du Danemark a pesé assez lourd sur le déroulement de nos débats pour que certains de nos collègues aient, à un moment, jugé opportun de faire un tableau justifié et apprécié des vertus de ce « grand petit peuple ».

Tableau justifié et apprécié, certes, mais incomplet : que de leçons seraient encore à tirées des vertus des Danois, clamées ici et portées si haut ? Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

J’ai pensé, mes chers collègues, que vous apprécierez que l’on complétât ce tableau en rappelant qu’il y aurait peut-être quelque chose à apprendre des Danois en examinant le régime qu’ils appliquent aux étrangers aux élections locales ! (applaudissements sur les travées socialistes.)

 

M. Guy Allouche. Très bien !

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Sans cette précision, que vaut ce portrait ? Rien, comme bien des prétextes qui ont été avancés dans la discussion.

Le vote des étrangers aux élections locales, qui a occupé tant de place dans la presse, a pris parfois un tour dur, injuste, blessant, lorsque, le prétexte se révélant trop inconsistant, il a fallu ajouter derrière le Belge ou l’Italien, qui ne faisaient peur à personne, l’ombre de l’Africain et du Maghrébin, qui paraît-il, sont ce qu’il y a de pire. Or, pour la majorité d’entre nous, Africains et Maghrébins sont des amis et nous espérons bien voir un jour le suffrage universel étendu à tous.

Certains ont prétendu que nous serions incapables de répliquer à l’argument selon lequel toute la procédure engagée devant notre assemblée résulterait d’un contresens, le traité étant devenu inapplicable et caduc.

L’essentiel a déjà été dit à ce sujet. Mais quoi ? après tant de gargarismes sur la grandeur de la France, sur son rôle dans le monde, on trouverait bon, un des partenaires venant à faire défaut, de renoncer à tout, en particulier à la volonté que nous portons en nous de faire l’Europe ?

 

N’ayons pas honte de ce traité. Déjà, il va au-delà de la situation actuelle, il constitue une avancée.

 

En tant qu’homme de gauche, je souhaiterais me tourner un instant vers certains de nos amis (l’orateur se tourne vers les travées communistes) pour leur faire entendre que Maastricht est un compromis de gauche : pour la première fois, dans un traité de cette nature, des mesures d’encadrement du marché sont prévues ; pour la première fois, citoyenneté et nationalité sont dissociées ; pour la première fois, les syndicats vont être associés aux processus décisionnels. (protestations sur les travées communistes. – Applaudissements sur les travées socialistes.)

 

Mme Marie-Claude Beaudeau. Les chômeurs vont disparaître ?

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Si l’on veut dresser un tableau complet, tout cela doit être dit.

 

Politique politicienne, paraît-il. Nous gouvernerions ce pays l’œil rivé sur le rétroviseur, nous demandant ce que les uns ou les autres vont penser de ce que nous avons conclu. Vous plaisantez ! Aucune cause franco-française, à plus forte raison aucune cause de lutte politicienne ne parvient au niveau auquel se situent les enjeux de Maastricht. S’il en résulte un peu de désordre parmi vous, nous ferons avec !

 

Mme Hélène Luc. Pour le désordre, vous pouvez parler, parce que chez vous…

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Le fil noir de l’intégration serait, a-t-on dit, un projet sans flamme ; on vérifie une fois de plus que la flamme ne s’allume pas aux mêmes objets pour tous !

Mais l’intégration représente un plus pour nous ; la construction de la nation européenne est un idéal qui nourrit notre passion. Nous sommes fiers, nous sommes heureux de participer à cette construction.

Nous sommes fiers de savoir qu’il va en résulter des éléments de puissance, qu’un magistère nouveau va être proposé à la France, à ma génération, dans le monde futur, qui est monde en sursis, injuste, violent, dominé pour l’instant pas une seul puissance.

Demain, avec la monnaie unique, cette monnaie unique de premier vendeur, premier acheteur, premier producteur, représentant la première masse monétaire du monde, l’Europe sera aussi porteuse de civilisation, de culture, de réseaux de solidarité, comme aujourd’hui le dollar porte la violence dans les rapports simples et brutaux qu’entretiennent les Etats-Unis d’Amérique avec le reste du monde.

 

M. Emmanuel Hamel. Et la violence du 6 juin 1944 !

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Il ya ici assez d’Européens de longue main pour regretter la décision des Danois sans se laisser pour autant détourner des objectifs qu’ils poursuivent et poursuivront sans relâche.

Il y va, je le répète, d’un enjeu de civilisation. L’alternative au monde violent et injuste, où la chute du mur de Berlin reçoit en écho les émeutes de Los Angeles, c’est l’avènement de la nation européenne porteuse de paix, de civilisation et de solidarité.

 

M. Félix Leyzour. Cela commence bien !

 

M. Jean-Luc Mélenchon. Et nous ne serons jamais autant Français qu’en y jetant toutes nos forces.

On a invoqué ici, de nombreuses fois, la tradition républicaine de la France pour argumenter contre le progrès de la citoyenneté européenne que constitue le droit de vote accordé aux étrangers communautaires. C’est à mes yeux commettre un contresens et faire preuve d’un archaïsme totalement contraire à la philosophie politique qui a présidé à la fondation de la République dans notre pays et qui garantit la continuité du principe républicain et sa formidable prégnance.

 

On a dessiné devant nous une identité de la France quasi métaphysique, dans laquelle la souveraineté nationale est confondue avec ses instruments, dont la pérennité tracerait la frontière entre la vie et la mort de la nation. Contresens !

 

La nation est un mot nouveau qui est né pendant la Révolution française, par opposition au morcellement féodal des peuples de France sous la monarchie.

 

La nation est le lieu de la citoyenneté ; elle n’est ni éthique, ni religieuse, ni linguistique. La citoyenneté est dans l’exercice collectif du pouvoir. Là où est le pouvoir réel, là doit s’exercer la citoyenneté. Là où est la citoyenneté, là est la nation.

 

Tout se tient dans la tradition française entre la démocratie et la nation. Si le pouvoir réel de maîtriser notre destin ne peut prendre toute sa réalité économique et sociale qu’à l’échelle de l’Europe, alors, les vrais démocrates ne peuvent que vouloir l’avènement de la nation européenne et, avec elle, de la citoyenneté européenne.

 

Mes chers collègues, quand on aime la France – et on peut l’aimer de bien des façons – on sait qu’on ne peut la faire dans un seul pays.

 

La véritable polarisation du débat politique est là, elle traverse l’histoire de nos deux siècles de République. D’un côté, le conservatisme – ce n’est pas honteux – qui s’oppose à chaque étape au processus qui voit la citoyenneté étendre son rôle. De l’autre, le camp du progrès, qui saisit toutes les occasions de confier le pouvoir réel au plus grand nombre et qui, pour cela, parie toujours sur la dimension universelle de la personne, renvoie les différences les plus essentielles – la fois, la langue, l’attachement aux identités locales dans le domaine privé – pour ne reconnaître comme sujet de l’histoire que le citoyen défini par les droits mutuels universels.

 

Ces principes, nous les portons avec fierté. A l’heur où nous travaillons à une cause aussi fondamentalement française, il ne peut être question de délibérer sous la pression des mots, des fantasmes et même des leçons de patriotisme.

 

Si j’adhère aux avancées du Traité de Maastricht en matière de citoyenneté européenne, bien qu’elles soient insuffisantes à nos yeux, vous devez le savoir, c’est parce que le plus grand nombre d’entre nous y voient un pas vers ce qui compte, vers ce que nous voulons et portons sans nous cacher : la volonté de voir naître la nation européenne et, avec elle, le patriotisme nouveau qu’elle appelle. (applaudissements sur les travées socialistes).

 

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13 mai 2009 3 13 /05 /mai /2009 08:12

Célébrations du 9 mai : un nationalisme européen qui ne dit pas son nom

 

 

Une réflexion à chaud de Benjamin Landais, co-auteur du livre « L’idéologie européenne »

 

Le 9 mai a été promu au rang de « journée de l’Europe » il y a 23 ans. Chaque année, les institutions européennes, les gouvernements des Etats membres s’efforcent d’organiser des manifestations susceptibles de promouvoir la « construction » européenne auprès des « citoyens européens » et de susciter leur enthousiasme. Peine perdue pour l’instant.

 

L’enthousiasme populaire introuvable

 

L’intérêt des populations pour l’Union Européenne reste faible voire marginal. L’abstention pour les élections européennes est plus forte que pour tous les autres types d’élections et augmente à chaque nouvelle mandature. Ce phénomène se retrouve dans la quasi-totalité des pays de l’UE, l’abstention atteignant des sommets en Europe centrale, avec un taux de près de 85 % en Slovaquie. L’intérêt passager de la population pour un sujet européen ne semble être au rendez-vous que lorsqu’il s’agit de dire NON à la poursuite d’une politique européenne structurellement antidémocratique et favorable aux intérêts du patronat comme le 29 mai 2005.

 

Cette année encore, l’enthousiasme populaire est totalement absent. Bruno Le Maire, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes, dont l’opinion découvre aujourd’hui seulement l’existence, déclare ainsi au Figaro : « je souhaite que cette journée soit populaire parce que je crois que l'Europe doit être moins réservée aux élites ». Cette simple phrase nous replonge dans l’atmosphère des débats de la campagne du référendum sur la Constitution Européenne. A côté des thuriféraires agressifs de la « construction » européenne montrant au grand jour leur mépris de classe, d’autres hommes politiques se contentaient d’exprimer un étonnement béat devant une opposition massive des Français au projet européen. C’est cette attitude qu’on retrouve chez ce secrétaire d’Etat et dont l’exemple le plus frappant avait été donné par le président Jacques Chirac lors d’un débat, pourtant censé être réglé au millimètre avec un parterre de jeunes en 2005.

 

C’était l’époque de la « France d’en haut » et de la « France d’en bas » chère au premier ministre Raffarin. Médias et hommes politiques n’ont pas été longs pour interpréter cette opposition majoritaire des Français comme une simple incompréhension entre l’ « élite » et le « peuple ». Depuis lors, la priorité est à la « pédagogie » et à l’ « incarnation » de l’idée et de la citoyenneté européennes. Des programmes scolaires au jeu de loterie, le sens européen de chacun est censé être sollicité et développé à tous les instants. Les célébrations du 9 mai participent de ce phénomène : le déploiement d’un immense drapeau européen et le rappel des grandes étapes de la « construction » européenne lors de l’ouverture de la finale de la coupe de France, manifestation nationale par excellence, devrait être le point culminant de la journée.

 

Une manifestation du nationalisme européen

 

Que célèbre-t-on au juste le 9 mai ? Officiellement, la Journée de l’Europe commémore le discours de Robert Schuman, préparé en petit comité par Jean Monnet et quelques hauts fonctionnaires, sur la création de la CECA, lors d’une conférence de presse tenue au Salon de l’Horloge le 9 mai 1950. {{Un événement à l’image de l’Union Européenne actuelle : des décisions préparées par des commissions de spécialistes, inspirées directement par les lobbies patronaux (à l’époque les cartels français et allemands de la sidérurgie) et soutenues par les forces politiques au pouvoir, qu’elles soient démocrates-chrétiennes ou sociale-démocrates}}. De fait, le 9 mai 1950 est un non-événement, une simple étape dans la maturation d’un projet technocratique. Les mots de Schuman n’ont ébranlé ni l’Europe ni la France, n’ont soulevé aucun enthousiasme populaire.

 

Mais que révèlent ces efforts répétés des institutions de Bruxelles, des gouvernements, des médias dominants et de la plupart des partis, y compris ceux qui adoptent une position critique vis-à-vis de « {l’Europe telle qu’elle est aujourd’hui} », pour célébrer la « construction » européenne ?

 

Fête, hymne, drapeau, devise et valeurs européens, tout cela ressemble précisément à la symbolique nationale. L’union Européenne possède aussi ses « pères fondateurs », hommes politiques de l’après-guerre dont on gomme généralement la partie la moins flatteuse de la biographie. Elle cherche désormais à promouvoir des manifestations de masse qui célèbreraient l’attachement concret de la population à cette nouvelle entité.

 

Les polémiques sur les limites culturelles de l’Europe, sur l’européanité de la Turquie dans la perspective de son adhésion à l’Union, sur l’apparent dilemme entre approfondissement et élargissement communautaire ou encore sur l’Europe protectrice nourrissent ce glissement des débats politiques vers la question de l’attachement identitaire européen. Cette évolution est d’ailleurs favorisée par les positions publiques défendues par l’extrême droite nationaliste, pourfendeuse de l’ « {Europe supranationale} ». Elle est aussi poussée par les discours qui tendent à interpréter les « blocages » institutionnels européens comme les résultats de l’égoïsme des nations – lorsque le Royaume-Uni et la Pologne sont pointés du doigt – incapables de s’accorder sur l’intérêt supérieur européen.

 

Choisir entre deux nationalismes ?

 

Serons-nous donc sommés de choisir entre deux nationalismes ? Entre celui qui oppose les travailleurs entre eux au niveau national et un nationalisme européen qui ne dit pas son nom ? Entre un étouffement des conflits sociaux au nom d’une union sacrée nationale et un dialogue social européen où le patronat négocie avec ses propres créatures ? Entre une puissance militaire française intervenant dans ses anciennes colonies et une armée communautaire guerroyant contre le « terrorisme » dans les pays du tiers-monde, la bonne conscience en plus ?

 

A vrai dire, la différence entre ces deux alternatives n’est que de façade. Le nationalisme, qu’il soit français ou européen, nie les affrontements de classe au plus grand profit de la bourgeoisie, qu’elle soit nationale ou pas. Le nationalisme, français ou européen, est le promoteur d’un impérialisme agressif susceptible de mobiliser la population pour ses propres buts. La nation que défend le nationalisme, français ou européen, n’est pas celle de la souveraineté populaire mais celle du pouvoir absolu du patronat, assis sur une adhésion identitaire apolitique.

 

Qu’on ne s’y trompe pas, ces deux nationalismes n’ont rien d’incompatible. Pour preuve, les petits groupes de manifestants qui ont contesté la victoire électorale du parti communiste moldave au mois de mars – pourtant reconnue par les observateurs de l’OSCE – ont été les exemples mêmes de cette fusion. Se référant explicitement à la personnalité du général Antonescu, dirigeant fasciste de la Roumanie de 1940 à 1944, et au projet de « grande Roumanie », ces fils et filles de la bourgeoisie de Chisinau, majoritairement étudiants, arboraient tout à fois drapeau roumain et drapeau européen. Comme pour la soi-disant « révolution orange » d’Ukraine, les forces politiques réactionnaires trouvent dans l’Union Européenne un soutien concret à leurs entreprises mais aussi un symbole évident d’identification.

 

La position communiste et le refus du nationalisme européen

 

Le refus du nationalisme ne peut donc en aucun cas fonder une adhésion {a priori} au projet européen, quel que soit le contenu plus ou moins fantasmé qu’on lui attribue. L’enthousiasme pro-européen que manifestent, plus ou moins sincèrement, les militants de la quasi-totalité des partis politiques français, y compris le PCF, lorsqu’ils sont engagés dans la campagne pour les élections européennes du 7 juin est donc porteur de nombreuses illusions.

 

Défendre la nation, dans une optique non nationaliste, comme cadre le plus favorable aux intérêts des classes populaires, comme théâtre concret de l’affrontement de classe aujourd’hui et comme l’héritage de conquêtes démocratiques et populaires de premier plan reste plus que jamais d’actualité. Le cadre européen confirme tous les jours, quant à lui, sa nature de classe. En témoigne l’adoption récente, à une écrasante majorité, du rapport Linblad sur la condamnation du communisme en Europe, sous toutes ses formes, par le parlement européen. Les tentatives d’un secrétaire d’État, d’une chaîne de télévision ou d’un parti euro-réformiste pour insuffler un sentiment européen à une population qui persiste malgré tout dans son indifférence sont pour longtemps vouées à l’échec.  {{La « pédagogie » euro-constructive qui tente de masquer la réalité du rapport de force au niveau européen ne convainc que ses promoteurs.

 

Depuis la victoire du NON au référendum de 2005, le PCF a manqué beaucoup d’occasions de se débarrasser de cette illusion mortifère. Sa direction l’a, bien au contraire, largement renforcée et continue de mettre en avant ce réformisme européen pour justifier toutes sortes de rassemblements hétéroclites au niveau national (collectifs antilibéraux et maintenant Front de gauche) dont on a pu constater les effets en termes de démobilisation militante et même électorale, bien que ce dernier objectif semblait devoir primer. La coalition électorale du Front de gauche, où le PCF se fait discret malgré le caractère marginal des formations alliées (PG et GU), en vient ainsi à défendre le slogan de « changer d’Europe », revendication de toujours des sociaux-démocrates.

 

L’attitude euro-constructive, qui est une des formes de l’adhésion au nationalisme européen puisqu’il place la construction d’une entité européenne comme préalable absolu à toute intervention politique, montre ici sa conséquence la plus grave : l’abandon d’une position de lutte au profit d’une position réformiste et respectueuse des cadres politiques et sociaux imposés par le capitalisme dans un contexte d’exacerbation de l’impérialisme. Un retour critique sur l’évolution des partis socialistes européens et leur conversion progressive au nationalisme et à une attitude d’accompagnement et de gestion du capitalisme avant la première guerre mondiale devrait pourtant nous éclairer sur les dangers d’une telle dérive et sur les raisons d’être de notre parti depuis sa fondation en 1920.

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6 mai 2009 3 06 /05 /mai /2009 18:03

M. Mélenchon et le PdG se déclarent contre la poursuite du nucléaire civil. Mais quelle est la position du « Front de gauche » ?

 

Dans une interview publiée par le magazine « antiproductiviste » « La Décroissance » daté du 20 avril 2009, Jean-Luc Mélenchon s’affirme pour une « sortie maîtrisée du nucléaire » qu’il prétend « compenser avec la géothermie essentiellement ».

Cette position est celle du « Parti de gauche » qui a participé à des initiatives du lobby nommé « Réseau sortir du nucléaire ».

M. Mélenchon et ses partisans ont parfaitement le droit de défendre ce point de vue, du moins tant qu’ils disent la même chose partout.

Mais les communistes sont en droit de se demander quelle est la position défendue par le « Front de gauche » dans lequel leur parti, le PCF, se trouve embarqué. Le NPA avait justifié son rejet du « Front », entre autres, parce qu’il n’y retrouvait pas son exigence d’abandon de l’industrie nucléaire. C’est à n’y rien comprendre !

Déjà au temps de l’aventure des « collectifs antilibéraux », la question du nucléaire avait opposé, parmi d’autres points, les petits groupes de « gauche » aux communistes. Mais au moins, il y avait eu débat.

La filière nucléaire française, sa maîtrise publique, qu’une immense majorité des Français veulent défendre, sont particulièrement visées par les privatiseurs de l’UE et du gouvernement français. Dans la campagne des élections européennes, il est particulièrement important d’avoir une position claire.

En 2004, dans la « région Sud-ouest », la tête de liste communiste était Cathy Polo, militante syndicale à EDF. Sa bonne campagne avait permis d’obtenir un bon résultat.

Les électeurs, notamment les électeurs communistes, ont besoin de la même clarté. Les communistes aussi !

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2 mai 2009 6 02 /05 /mai /2009 10:52

Pour la création d’une Europe démocratique et solidaire

 

Position du Parti communiste du Luxembourg (KPL) sur l’Union européenne (L’ensemble du programme du KPL).

 

L’Union Européenne a toujours été, depuis la création de son organisation fondatrice, la CECA, en 1951, une structure servant exclusivement les intérêts des banques, des trusts et des gros industriels, en contradiction avec les intérêts vitaux des travailleurs. Cette union avait dès le début, pour seul et unique but, d’assurer aux banques et aux trusts les meilleures conditions leur permettant de réaliser des profits toujours plus gros. Toutes les décisions de l’UE ou des organisations qui la précédèrent, y compris l’abolition des frontières dans l’espace Schengen ou l’introduction de l’Euro ont toujours été subordonnées à ce but. 

Aussi bien le mode de fonctionnement, que les prises de décisions à l’intérieur de l’UE continuent à ignorer un bon nombre de principes démocratiques. Les décisions de la conférence au sommet des chefs d’état et de gouvernement des pays de l’UE sur, l’ainsi nommé, Traité de Lisbonne corroborent le développement de l’UE en direction d’un bloc économique, militaire et politique, qui s’oppose aux intérêts des travailleurs et des peuples en général. L’UE y parvient principalement en accélérant sa militarisation, la libéralisation des marchés, l’exacerbation de la concurrence, ainsi que le démontage et la privatisation des services publics dans l’intérêt des grands groupes capitalistes.

Le KPL est persuadé que l’UE ne saurait être reformée.

– Ensemble avec nombre d’autres partis d’Europe, le KPL se prononce pour la dissolution de l’UE dans sa forme actuelle et pour une nouvelle structure favorable à tous les peuples d’Europe et dans l’intérêt des travailleurs.

Le KPL exige par conséquent les mesures immédiates suivantes : 

- Abandon du «contrat de Lisbonne» et respect du choix majoritaire des votants français, néerlandais et irlandais ;

- Retrait de toute décision visant à faire de l’UE une puissance militaire et abandon de toute obligation d’armement des pays membres ;

- Arrêt du démontage social et du chômage de masse.

- Suppression de la «forteresse Europe», des règles communes pour l’immigration et accroissement substantiel des budgets en faveur des pays maintenus en état de sous-développement ;

- Renforcement et démocratisation de l’Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 07:39

Nous reproduisons ci-dessous l’analyse sur l’UE que proposait notre texte alternatif au 33ème congrès du PCF. Pour l’essentiel, il reste d’actualité.

 

 

Combattre l’Union européenne, instrument régional de la mondialisation capitaliste

 

Extrait du texte alternatif du 33ème congrès : « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes ! ».

 

 

En aucun cas, notre engagement internationaliste ne se confond avec un quelconque mondialisme qui nierait l’existence des nations, l’exigence de la souveraineté des peuples.

 

Nous considérons que le cadre national, pour ce qui concerne la Nation française, reste le lieu principal de la lutte des classes, de la résistance au capitalisme mondialisé. Par leur Histoire et leur cohésion, les nations constituent des freins, non seulement économiques, mais aussi sociaux et culturels, autant d’obstacles à la mondialisation. Elles sont le cadre le plus propice pour réaliser un rapport de forces politique favorable à la satisfaction des besoins du peuple, pour engager une rupture ouvrant la voie au socialisme.

 

Le capital l’a bien compris. Il pousse à l’intégration (à la désintégration) des nations dans des blocs régionaux, pour mieux soumettre les peuples.

 

L’Union européenne a été conçue dès le départ dans cet objectif. Ses promoteurs cherchent à imposer la marche vers une entité européenne supranationale sur laquelle les peuples n’auraient pas de prise démocratique mais où les multinationales seraient toutes puissantes. Ils cherchent à abattre le cadre majeur de l’expression démocratique des peuples, de la souveraineté populaire : la souveraineté nationale autrement dit le droit, souvent si chèrement acquis, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout projet de « constitution » européenne en est la négation même. C’est pourquoi les eurocrates cherchent par tous les moyens à en imposer une.

 

L’UE est une machine de guerre contre les acquis sociaux et démocratiques des peuples. Les traités européens, Maastricht, Amsterdam, Nice, les directives et les règlements de Bruxelles en sont les rouages. Ils servent de prétextes et de moyens à la politique de régression économique et sociale des gouvernements français pour démanteler les services publics, la Sécurité sociale, pour casser le code du travail, pour faire des coupes claires dans les dépenses publiques et sociales. L’UE organise la mise en concurrence des travailleurs (ex : Bolkestein), facilite les délocalisations, les flux de capitaux au service de la mondialisation capitaliste.

 

Combattre et récuser la dictature de l’UE au service du capital est une priorité pour les communistes français. Dans cette lutte primordiale, notre action doit viser à identifier les responsabilités, notamment celles des gouvernements, à situer les points de résistance nationaux pour vaincre le fatalisme et la résignation que l’UE alimente. 

 

Dans la lutte contre l’UE, le niveau national reste déterminant. L’UE supranationale a été créée de toutes pièces par les gouvernements bourgeois et socio-démocrates nationaux pour mieux répondre aux exigences du patronat et du capitalisme en voie de mondialisation. Elle n’a aucune légitimité démocratique en elle-même et ne peut pas en avoir. Aujourd’hui, contrairement à ce que l’on s’implique à inculquer aux citoyens des différents pays, chaque traité, directive ou règlement est cosigné, en conseil européen, par le gouvernement et le président français. Chaque directive fait l’objet d’une « transposition » en droit français qui doit être approuvée par le Parlement. Les gouvernements français successifs se réfugient, se défaussent devant le peuple, derrière la « contrainte européenne » alors que ce sont eux qui adoptent les directives. Sur le plan institutionnel, la France conserve d’importantes possibilités de s’opposer à la dictature de l’UE, d’autant plus que la « constitution » européenne a été mise en échec.

Sur le plan politique, les convergences d’intérêt et de lutte potentielles sont telles que l’on peut gagner  le rapport de forces au plan national pour mettre en échec la poursuite de l’ensemble de l’eurodémolition de Maastricht. L’application des traités, directives et règlements iniques et illégitimes a cessé d’être une fatalité. La victoire du NON au référendum, en France et aux Pays-Bas, au bénéfice de tous les peuples, vient d’ouvrir une brèche.

 

Nos positions sur l’Europe doivent découler de ces observations.

 

Rejet de tout l’édifice européen supranational existant et lutte contre toute tentative pour l’étendre :

-          Opposition à toute « constitution » européenne, à tout « processus constituant ».

-          Sortie de la France de l’euro et de la BCE avec rétablissement de la souveraineté monétaire et du franc et proposition de constituer une monnaie commune d’échange et de coopération.

-          Dissolution de la Commission européenne.

-          Sortie de la PAC pour sauvegarder notre agriculture.

-          Rejet de « l’Europe des régions ».

-          Rejet de tout élargissement de l’UE.

 

Refus de l’application en France des traités et directives européens, du pacte de stabilité que le vote du 29 mai vient d’invalider notamment concernant la mise en concurrence des travailleurs, des activités de service public…

Défendre EDF-GDF publiques, La Poste ou la Sécurité sociale, c’est la meilleure façon de s’opposer à Maastricht et aux directives européennes et de les mettre en échec.

 

Les luttes dans chaque pays restent déterminantes. Nous voulons les faire converger en Europe et au-delà. Les salariés, le peuple français ont besoin de développer des échanges entre Nations (européennes ou non) fondés sur des coopérations mutuellement avantageuses, par exemple entre services publics nationaux, dans les domaines de la recherche, des nouvelles technologies, de la protection de l’environnement, des échanges commerciaux internationaux notamment pour lutter contre le dumping social…

 

Rejetons le « mythe » européen !

 

Nous subissons une campagne idéologique de grande envergure, omniprésente, pour nous inculquer la nécessité de « l’Europe ». Tous les arguments sont bons pour justifier le soutien à l’UE du capital, même les plus ridicules ou les plus dangereux. On nous vante ainsi l’UE de la concurrence impitoyable entre les individus au nom de l’amitié entre les peuples.

Les forces du capital ont intérêt à prôner l’intégration européenne. Elles suivent leur logique de classes. Mais moins compréhensible est le raisonnement de ceux qui le préconisent tout en se réclamant de valeurs progressistes, de « l’antilibéralisme ».

 

Pour certains, construire « l’Europe » serait devenu la condition de tout progrès social. L’échelon supranational, les institutions de l’UE (même à « démocratiser radicalement ») seraient devenues le niveau décisif quasi unique de l’action politique. Ils ne cessent de clamer leur « besoin d’Europe ».

 

Même au nom des objectifs les plus généreux (les plus utopiques), c’est aller totalement à l’encontre de l’intérêt des peuples, des travailleurs de chaque pays que de chercher à légitimer, à relégitimer, l’UE supranationale du capital, une structure des institutions conçus contre eux, quasiment inaccessibles, le niveau où le rapport de forces est le plus défavorable et où les dés sont pipés dès le départ. Comment s’opposer à la casse d’un service public en France si on accepte la légitimité de la directive européenne qui lui sert de prétexte ou, ce qui revient au même, si l’on porte comme revendication la « réorientation » de ladite directive ?

 

Renoncer à se battre en France pour défendre les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, l’héritage des luttes, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front populaire, du programme du CNR, de 1968 pour construire « l’Europe sociale » avec Blair, Merkel, Berlusconi, Sarkozy, Barroso ou encore Bolkestein, sans parler des dirigeants des pays d’Europe de l’est, quelle duperie !

Cela va à contresens du vote de résistance du 29 mai en France et aux Pays-Bas, qui aurait été suivi par bien d’autres victoires si les gouvernements n’avaient pris garde d’annuler les référendums prévus.

Des idées d’apparence progressiste se révèlent être des chimères dangereuses et contre-productives pour les luttes. Ainsi les mots d’ordre séduisants d’ « Europe sociale » (repris par tous les partisans du OUI…) ou de « services publics européens » valident l’intégration européenne, redonnent une légitimité aux eurocrates pour saper les services publics et les systèmes de sécurité sociale nationaux sur lesquels pourraient se construire des accords de coopération. Gardons-nous de les reprendre !

 

Non, une « autre UE » n’est pas « possible », et pour longtemps. Ce n’est pas dans ce cadre mais contre lui que nous avons une chance de faire grandir les coopérations entre les peuples pour s’opposer à la mondialisation capitaliste.

 

La direction du PCF a progressivement tourné le dos à ce qui avait toujours été l’analyse et les positions du Parti sur l’UE. Un tournant a eu lieu en 1998 avec l’abandon de la campagne contre le traité d’Amsterdam et l’Euro. Depuis, les glissements se sont succédé depuis la posture « euroconstructive », l’objectif de « réorientation progressiste de la « construction » européenne », jusqu’à s’inscrire maintenant dans la revendication d’un « processus constituant » et d’un « nouveau traité constitutionnel ». Ces positions sont partie intégrante et essentielle de la « Mutation » réformiste du PCF que nous remettons en cause. Le résultat du référendum, la campagne que nous avons menée nous confirment dans cet objectif.

 

Non au nationalisme et à l’impérialisme européens !

 

Les propagandistes zélés de l’idéologie dominante fustigent le supposé nationalisme des adversaires de l’UE. Défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la souveraineté populaire, les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, défendre l’appareil productif national, les services publics à la française, est totalement à l’opposé du nationalisme comme avec les positions identitaires et racistes des Villiers ou Le Pen.

En revanche, il y a lieu de s’inquiéter de la volonté de développement d’un nationalisme européen que certains cultivent même sans s’en rendre compte.

Les démonstrations d’attachement passionné et irraisonné à l’Europe (« J’aime l’Europe »), les discours pour « renforcer l’Europe » et sa puissance, correspondent étroitement à la définition du nationalisme.

Dans le contexte d’affaiblissement relatif de leur puissance dans la mondialisation, la majorité des capitalistes français et des autres pays européens ont fait le choix de s’unir pour prolonger ensemble leur domination, non sans contradictions entre eux, en constituant une nouvelle puissance impérialiste, tantôt alliée, tantôt rivale des Etats-Unis, bientôt de la Chine.

L’euro se veut un concurrent du dollar comme monnaie de domination.

Cette volonté de puissance se retrouve sur le plan des relations internationales et sur le plan militaire, comme le projet de « constitution » l’a mis en évidence.

 

Notre rôle de communistes, dans la fidélité aux combats du PCF contre le colonialisme, le néocolonialisme français, contre la Communauté européenne de défense, est de dénoncer et de nous opposer sans faille à cet impérialisme naissant, néfaste pour les populations européennes, dangereux pour les autres peuples du monde, pour la paix.

 

Prétendre, comme le fait maintenant la direction mutante du PCF, que l’UE supranationale pourrait se constituer en acteur mondial, en bloc militaire intégré, pour oeuvrer en faveur de la résolution des conflits et du développement « durable » dans le monde, « en s’émancipant de l’OTAN », c’est au mieux de la naïveté.

Le peuple yougoslave porte dans sa chair les marques de cette logique qui a amené le PCF à ne pas mobiliser contre la guerre des Balkans (comme ensuite en Afghanistan).

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30 mars 2009 1 30 /03 /mars /2009 17:40

Une analyse critique de la plate-forme du PGE pour les élections européennes

 

par Gilles Mercier (section PCF de Vitry-sur-Seine)

 

La direction du PCF avait évacué, de façon injustifiable, de l’ordre du jour du 34ème congrès les questions principales touchant l’Union européenne et la campagne électorale de 2009.

La décision stratégique de constituer le « Front de gauche » en duo avec Mélenchon a ainsi été prise en marge du congrès le 24 octobre 2008.

Cette alliance, puis les avances en direction d’autres organisations, ont été initiées sans base politique de départ, discutée et décidée par les communistes, sans plateforme commune.

 

Les thèses du Parti de la gauche européenne, PGE, constituent de fait la matrice de la campagne de la direction du PCF et du « Front de gauche », maintenant déclinée, après coup, dans une déclaration « commune » et dans un argumentaire produit par le « Collectif Europe du CN du PCF ».

 

Le texte que le PGE a élaboré, intitulé « Ensemble pour un changement en Europe » a été publié dans l’Humanité le 8 décembre.

 

Gilles Mercier, camarade de la section de Vitry-sur-Seine, en fait une analyse minutieuse et utile.

Le PGE accepte et défend même l’idée de l’intégration européenne. Pourtant l’UE du capital constitue un cadre contradictoire avec la promotion de coopérations internationales mutuellement avantageuses.

L’intégration européenne, nouveau vecteur du réformisme ? NON merci !

Vivelepcf

 

 

ANALYSE DE GILLES MERCIER

 

Le texte qui suit est l’analyse du programme « Ensemble pour un changement en Europe ! »

Élaboré par une trentaine de formations politiques en vue des élections européennes et publié dans l‘Humanité du 8 décembre.

Pour les rédacteurs du texte, ce n’est pas la nature même du capitalisme qui est responsable de la crise économique et financière, mais sa forme libérale ou néolibérale.

Les dirigeants politiques qui ont promu ce capitalisme sont qualifiés « d’irresponsables ». La crise qualifiée de mondiale a pour cause première la politique hégémonique de Bush.

De même la mondialisation néolibérale aurait failli ! « La politique les Etats et des sociétés entières sont soumis aux marchés financiers incontrôlés. Le résultat est clair : une absence de démocratie et la fin de l’Etat providence ».

Ainsi la crise a des causes extérieures aux Etats qui seraient soumis à la mondialisation libérale. Pourtant quelques lignes plus loin il est écrit « Les gouvernements, les institutions de l’UE …ont imposé privatisations et dérégulation ». Le texte apparaît plus comme un patchwork de circonstance alimenté par l’apport des différents composantes du GUE, qu’un programme élaboré par une orientation cohérente.

Ce sont les Etats qui depuis le milieu des années 1970 face à la crise d’accumulation du capital ont dérégulé les marchés financiers, déréglementé le marché du travail afin de permettre au capital de s’internationaliser pour maintenir sinon accroitre ses taux de profit.

La crise a ses racines dans l’Etat national capitaliste. C’est l’accumulation de ces mesures de déréglementation qui est à l’origine de la crise.

Les Etats ne subissent la crise, ils la créent la structurent par la nature de leurs décisions.

Parler d’Etat providence est indécent ! Comme si l’Etat n’avait pas une nature de classe. La plupart des Etats capitalistes européens ont été obligés, à l’issue de la deuxième guerre mondiale de concéder au monde du travail un certain nombre de droits sociaux plus ou moins étendus suivant l’importance du mouvement de lutte.

Parler de l’Etat providence revient à passer sous silence la lutte menée par les classes dominantes pour revenir sur ce qu’elles avaient été obligées de concéder. L’Etat providence est la négation de la lutte de classe.

Le PGE « estime qu’une sortie de crise ne peut être trouvée qu’en se battant pour une Europe démocratique et sociale, une Europe des peuples et non pas une Europe des banques». Le combat pour une autre Europe, doit être d’abord mené contre la politique de son gouvernement national. C’est la lutte des classes au niveau de chaque pays qui détermine le contenu de la politique européenne. Elle contraint les


2 gouvernements à prendre en compte les exigences sociales au niveau national et européen.

L’exemple même est la lutte contre le CPE, qui a été suivie avec la plus grande attention par tous les gouvernements du continent, membres ou non de l’UE.

Le cadre national comme cadre de lutte sur lequel s’appuieraient les députés européens n’est même pas évoqué.

Se situer au niveau européen sans s’appuyer sur le niveau national, c’est se cantonner à une activité de sommet déconnectée des luttes.

« Plus que jamais, l’Union Européenne est à la croisée des chemins ; ou bien elle continue de mener sa politique actuelle qui approfondit sa crise financière, alimentaire, énergétique et de sécurité, ou bien elle se tourne vers une option de développement durable de justice sociale, … ».

Où les rédacteurs du texte ont-ils vu une crise alimentaire, une crise énergétique, une crise de sécurité en Europe ? Ces trois crises tombent comme un cheveu sur la soupe sans qu’elles soient explicitées. L’Europe mange à sa faim depuis le début des années 1950, elle n’est pas en déficit énergétique.

Quant à la crise de sécurité à quoi cela fait il allusion ? Le développement durable est mis à toutes les sauces. C’est une tautologie puisque le développement implique la durabilité.

Le social dans le texte est souvent accolé au développement durable, ainsi les économies de l’Europe doivent être « socialement et écologiquement durables ».

Que signifie une économie socialement durable ? Le texte ne le dit pas ! « Le Parti de la gauche européenne exige … une Europe féministe qui se développe sur la base de la démocratie et de la solidarité ».

Pourquoi accoler démocratie et solidarité à féminisme, où est la logique ?

Le terme démocratie est trop vague pour y donner un sens concret. Le suffrage est universel en Europe, les opinions peuvent s’exprimer. Quant à la solidarité le terme est ambigu. Tout le monde peut s’en réclamer. Qui est solidaire de qui ? Le social ne se réduit pas à la solidarité.

« Nous nous joignons au combat du mouvement pour la paix et contre la guerre, du mouvement des altermondialistes… ».

Citer l’altermondialisme n’est très pertinent.

Ce mouvement dépourvu de toute unité idéologique a servi pendant des années d’exutoire, sans remettre en cause l’ordre dominant et bien sur sans dégager aucune perspective. Ce n’est pas pour rien que la fondation Rockfeller est un des bailleurs de fonds des forums mondiaux.

L’écologisme a du succès. Pas une formation politique n’omet de se réclamer de la protection de l’environnement. Le créneau est très occupé. Visiblement le lobbying


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particulièrement intense des multinationales de l’environnement auprès des instances communautaires et du parlement européen n’est pas sans effet sur ceux qui se réclament d’une autre Europe.

Ainsi les rédacteurs du texte veulent une stratégie basée sur … « des relations traditionnelles avec la nature », ils ne disent pas jusqu’à quand ils font remonter la tradition !

Ils parlent de « la restructuration écologique » de l’économie réelle !!

Que veulent-ils dire ?

L’Europe est la région du monde où les normes environnementales sont les plus sévères pour l’industrie. Alors que l’Europe veut réduire de 20 % sa production de gaz à effet de serre d’ici 2020, sans savoir d’ailleurs comment elle va procéder, la GUE veut faire passer cet objectif à 25% pour atteindre 80% en 2050 !

Le seul moyen d’atteindre cet objectif est de diminuer l’activité économique. Ils ne craignent pas d’écrire dans la foulée vouloir augmenter l’utilisation des énergies renouvelables d’au moins 25%.

Energies qui n’ont de renouvelables que le nom puisque l’éolien et le photovoltaïque pour assurer la permanence de la fourniture d’énergie sont doublés par des centrales thermiques productrices de gaz à effet de serre !!

Le GUE demandent que les subventions de l’UE aillent aux énergies renouvelables, c'est-à-dire qu’elles favorisent les fournisseurs privés d’énergie.

Le GUE demande « de réduire la consommation totale d’énergie primaire de 25% (rien que cela !)… y compris en limitant la consommation par tête d’habitant ».

Réduction de 80% de Gaz à effet de serre, (dont rien n’indique qu’ils sont dangereux pour l’environnement), réduction de 25% des énergies fossiles, réduction de leur utilisation par tête d’habitant, pas un mot sur le nucléaire, le GUE ne flirterait il pas avec l’idéologie de la décroissance ?

Concernant l’agriculture le GUE reprend à son comptes les thèses de ceux qui remettent en cause la notion même de progrès. Il demande la « protection du matériel de reproduction végétal ?

(Il n’y a jamais eu autant de variétés cultivées !) La garantie du droit des paysans d’avoir leur propres semences, application de programmes de développement (cela ne mange pas de pain !) et interdiction de l’utilisation d’OGM pour la production d’aliments et de produits alimentaires…).

Les paysans ont le droit de cultiver avec leur propres semences, mais… pour leurs besoins propres, il est interdit dans tous les pays développés de vendre une récolte obtenue à partir de semences non certifiées listées dans un catalogue officiel.

Les rédacteurs du texte veulent ils nous ramener dans la première partie du 19e siècle avant la sélection des semences. La biologie, la génétique appliquée au végétal seraient source d’asservissement de la paysannerie dont la libération reposait sur le


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retour à l’empirisme. N’est ce pas là sans aucune fioriture, l’idéologie de l’antilibéral J Bové ?

Mais si l’agriculture retourne à l’empirisme, nous n’en avons pas fini avec les crises alimentaires !!

Dans la même veine les OGM devraient être interdites, alors rien de concret n’a été démontré, prouvé à leur encontre et pour cause, compte tenu des critères de mise en culture.

Rappelons que la Chine a engagé 1,3 milliards d’euros en 2008 sur les OGM ! Visiblement pour le GUE l’agriculture doit être une agriculture de petits propriétaires avec des rendements dérisoires fournissant un marché de proximité.

Economie

« L’indépendance totale de la BCE à l’égard de tout organe politique » est critiquée. La politique de la BCE « doit avoir pour objectifs essentiels une nouvelle croissance de l’économie et de l’emploi, ces objectifs étant prioritaires par rapport à la maitrise de l’inflation ». « La BCE doit être soumise au contrôle démocratique et public. Ses statuts doivent être modifiés» ? Le GUE est donc pour une Europe fédérale, puisqu’il se prononce pour un contrôle politique de la BCE.

Demander qu’il soit démocratique et public n’engage à rien. L’euro ne peut être autre chose qu’une monnaie d’attraction de capitaux. Il ne peut en aucun cas contribuer à une politique économique, car il n’y a pas de politique économique européenne, l’Europe n’étant pas un Etat.

Il faut revenir aux monnaies nationales, avec une monnaie commune et non unique vecteur des échanges commerciaux. Pourquoi le GUE ne le demande-t-il pas ?

Par contre il demande de taxer les transactions financières en Europe. Ceci n’a aucun sens, puisque la zone Euro est une zone de liberté de mouvements du capital.

Quelle autorité prélèverait cet impôt, n’est ce pas dessaisir le droit régalien des Etats de prélever l’impôt ? Encore le fédéralisme ! Taxer les mouvements de capitaux ne change rien à la nature de l’économie. C’est aux critères de ces mouvements qu’il faut s’attaquer !

Le texte demande l’harmonisation du système financier européen qui doit être basé sur la progressivité de l’impôt. Le système financier et l’impôt sont deux systèmes différents ! Il n’y a aucun système financier européen, il n’y a que des systèmes nationaux.

Demander l’harmonisation financière, si les mots ont un sens, c’est aller dans le sens du fédéralisme dans le sens d’une plus grande dérégulation des marchés financiers.

C’est ce que demandent ceux qui veulent qu’il y ait un marché financier européen unique avec une homogénéisation complète des règles financières entre places boursières !


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Parler ensuite de nationalisation est une aimable plaisanterie, car c’est porter atteinte à la concurrence libre et non faussée qui repose sur l’Euro. Comme personne ne veut mettre en cause l’euro !

Une Europe de paix et de coopération

« Le conflit du Caucase d’août 2008 est devenu une crise internationale qui a impliqué les Etats-Unis et qui a appelé la population européenne et l’Union européenne à jouer leur rôle pour négocier une solution politique ».

C’est ce que l’on appelle une réécriture de l’Histoire. Les USA n’ont pas été impliqués, ils ont été à l’origine du conflit. Ils ont instrumentalisé la Géorgie, afin de tester les capacités militaires de la Russie.

C’est quand même la Géorgie avec ses conseillers militaires US (Israël avait prudemment retiré ses siens) qui a bombardé la ville de Tsinkvalli !

Quand à l’UE elle s’est d’abord rangée dans le camp de la Géorgie, criant au loup face à l’agresseur Russe pour prendre ensuite une position plus nuancée afin de préserver ses propres intérêts face au partenaire économique russe et ce qui pouvait rester des intérêts Géorgiens.

Parler de la population européenne est une vue de l’esprit. Il n’y a pas une population européenne mais des populations européennes. Affirmer qu’elle aurait joué un rôle dans la solution du conflit est une aimable plaisanterie.

« La Gauche européenne se prononce en faveur de l’élargissement ultérieur de l’UE et pour une structure stable à l’échelle du continent afin de surmonter les divisions politiques et économiques existantes en Europe ».

Jusqu’ou l’élargissement doit il aller ? Doit-il intégrer la Turquie, pourquoi le document omet il cette question ? L’élargissement accompagné de la monnaie unique, accroit l’espace de libre mouvement du capital. C’est la création d’une structure qui permettrait de surmonter les divisions non seulement politiques mais aussi économiques de l’Europe !

L’aplanissement des contradictions n’a nul besoin d’une structure, mais repose sur des réunions bi et multilatérales autant que de besoins.

Une Europe démocratique et égalitaire

« Les droits des et les possibilités des travailleurs de participer aux décisions de l’entreprise, par exemple à la réglementation des investissements et de la production, doivent être élargis et définis par le droit international » Il s’agit de changer la nature de l’entreprise par le législatif !

Parce que sans lutte, c’est de l’intégration. Dans les pays nordiques les salariés sont représentés au CA de l’entreprise, sans que cela affecte la gestion capitaliste de la dite entreprise.

Le sous chapitre intitulé « une politique transparente à l’égard des médias » n’est pas d’une grande clarté. Il ne demande pas une information pluraliste, mais de


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« démocratiser la production, le traitement et l’appropriation de l’information et des connaissances pour tenir tête au capitalisme numérique » !

Concrètement cela signifie quoi ? Pourquoi ne pas demander la création d’une société publique de fabrication de logiciels ? Ce serait plus clair !

Oui mais comme pour la gauche Européenne le cadre national n’est pas le cadre pertinent d’action, mais uniquement le cadre européen, et que les sociétés publiques sont nationales car régies par un droit national, les rédacteurs du texte en ont été réduits à des généralités.

Généralités qui se concluent par la tarte à la crème du logiciel libre, panacée de la lutte contre Microsoft ! Le logiciel libre se conçoit pour des applications scientifiques dans le cadre d’institutions académiques. Les logiciels, qui sont des programmes de travail, sont le fruit d’un travail de personnels hautement qualifiés formés par la société, ces programmes de travail sont indispensables au fonctionnement de toute organisation sociale (Etats entreprises privées, publiques, associations), il s’agit d’un travail socialisé et non d’un passe temps, ils ne peuvent être gratuits.

« Pour que toutes les personnes qui vivent dans l’Union européenne puissent occuper l’espace politique qui leur est du le parlement européen doit avoir le pouvoir de légiférer ». Parce que dans le cadre national de chaque pays de l’UE les citoyens ne peuvent occuper l’espace politique qui leur est du !

Légiférer mais pour quelles lois ? Et les parlements nationaux que deviennent ils ?

« Les institutions de l’UE doivent s’ouvrir à la participation des sociétés civiles, lesquelles doivent avoir la possibilité de contrôler leurs décisions ».

Dans la société il y aurait des sociétés civiles !

Qui sont-elles ?

Ces sociétés civiles pourraient contrôler (comment ?) les décisions des institutions européennes !

Mais quelle légitimité ont-elles pour le faire ?

La gauche européenne n’est-elle pas en train d’institutionnaliser des lobbies ?

Ou est la démocratie là dedans ?

Conclusion

Ce texte se situe dans le prolongement des idéologies altermondialistes. Le capitalisme n’est nullement mis en cause mais uniquement sa forme libérale.

Le cadre national est délaissé, tout se situe et se règle à l’étage supérieur, l’Europe.

Les parlements nationaux sont marginalisés. Au nom de la démocratie les groupes de pressions sont encouragés à intervenir directement sur les institutions européennes.

C’est ce que font déjà entre autres et ils ne s’en cachent pas Greenpeace et WWF qui ont installé leurs bureaux à Bruxelles.

L’écologisme est la clef de voute du programme, tout lui est subordonné, le catastrophisme domine le texte. Les seules données concrètes du programme concernent l’environnement.

 

Cette orientation sous un aspect contestataire accompagne par sa logique fédéraliste les forces dominantes qui poussent le plus à la dérégulation.

Gilles Mercier

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5 mars 2009 4 05 /03 /mars /2009 22:13

Comment l’UE continue de saigner les pays de l’est

 

La crise agit comme un révélateur. Les conséquences profondes des politiques commanditées par le capitalisme apparaissent. Le constat est particulièrement dur pour les pays d’Europe de l’est.

Les Etats-Unis et les grandes puissances de l’Union européenne se sont appliquées à détruire tous leurs acquis économiques et sociaux dans les années 90 en faisant miroiter à des peuples peu convaincus la perspective de l’adhésion à l’UE (et à l’OTAN). Elle est effective depuis le 1er janvier 2004, depuis 2007 pour la Bulgarie et la Roumanie.

Ces nouveaux membres de l’UE connaissent pour la plupart une sévère dépopulation, de nouveaux reculs sociaux. La crise vient montrer maintenant l’extrême fragilité de leurs économies et leurs extrêmes dépendances économiques et politiques.

Les actifs bancaires détenus par des banques étrangères atteignent l’équivalent de 49% (Pologne) à 146% (Estonie) du PIB de ces pays (85% pour la République tchèque, 88% pour la Hongrie).

Leur main d’œuvre qualifiée, quand elle n’a pas pris le chemin de l’exode, a été utilisée à bon marché pour satisfaire les marchés de l’ouest, notamment après délocalisation de nombreuses productions.

Aujourd’hui, la solvabilité des consommateurs de l’ouest chute et la production de l’est ne correspond pas aux besoins nationaux. Le revenu de ces pays s’effondre encore plus vite. Les débuts de faillites étatiques, une nouvelle explosion de la pauvreté sont déjà perceptibles.

 

L’UE a montré combien elle  est source d’échanges capitalistes mutuellement désavantageux pour les peuples.

 

Tout cela était entièrement prévisible. En tout cas pour des communistes.

Pourtant, en 2003, bien peu eurent en France à la fois la lucidité et le courage de s’opposer à l’élargissement de l’Union européenne.

A l’Assemblée nationale, seul Georges Hage, député communiste du Nord, doyen, avait annoncé son intention de voter contre. Empêché pour raison de santé, il ne trouva aucun collègue pour voter à sa place par procuration.

Au Sénat, seule contre tous, Marie-Claude Beaudeau, sénatrice communiste du Val d’Oise, vota NON, un NON qui devait trouver l’écho que l’on sait en 2005.

 

Nous reproduisons ci-dessous son intervention en séance publique, une analyse qui reste d’actualité et d’utilité politique :

 

Discours prononcé au Sénat par Marie-Claude Beaudeau, seule sénatrice, seule parlementaire communiste à avoir voté contre « l’élargissement » du l’Union européenne.

Le 10 décembre 2003

Monsieur le président, madame la ministre, mes chers collègues, à vous entendre, les dix pays qui vont entrer dans l'Union européenne n'ont que des amis qui leur souhaitent la bienvenue. Pour ma part, amie sincère de ces dix pays, je ne peux pas leur souhaiter ce que je ne souhaite pas à mon peuple : l'Europe du capital ; je ne peux pas non plus leur souhaiter ce que j'ai toujours combattu et continue à combattre : les traités, directives et règlements européens qui font sa domination.

M. Dominique de Villepin ne tarit pas de références littéraires et humanistes, et je reconnais son talent pour donner avec lyrisme une dimension « historique » à cet élargissement.

Les textes sont plus prosaïques que ses discours. L'entrée dans l'Union européenne de dix nouveaux Etats, c'est leur entrée dans « un marché unique où la concurrence est libre et non faussée », c'est l'objectif prioritaire de l'Union européenne rappelé dès l'article 3 du projet de Constitution.

Vous insistez sur l'engouement populaire à rejoindre l'Union européenne. Rien n'est moins vrai. Le « oui » à l'adhésion a péniblement atteint 40 % des inscrits aux différents référendums, malgré le battage médiatique et le chantage au chaos orchestrés par les gouvernements.

En République tchèque, en dépit de l'ouverture des bureaux de vote pendant deux jours, la participation électorale fut à peine de 50 %, avec un quart de votes contre. L'un des deux seuls pays où le « oui » est majoritaire, de justesse, est la Lituanie , étrange démocratie où le parti communiste est interdit.

Pour les jeunes qui approuvent l'adhésion, la première motivation est de pouvoir s'expatrier à l'Ouest pour échapper à une vie quotidienne très difficile et à l'absence de perspective d'épanouissement individuel, après dix ans de restauration capitaliste.

On est loin de l'enthousiasme, vous le voyez !

Cet « acquis communautaire » - c'est ainsi que vous l'appelez - que ce traité leur impose de reprendre intégralement, ces peuples peuvent déjà voir à quoi il aboutit, comme ils savent le prix des sacrifices infligés au nom de l'adhésion.

L'expérience de notre peuple, depuis Maastricht, est parlante. Le nombre de chômeurs a augmenté de deux millions dans les pays des Quinze. La précarité de l'emploi s'est étendue comme jamais. Au nom de l'Europe, les services publics, les systèmes solidaires de protection sociale ont été largement démantelés, privatisés, les dépenses publiques et sociales sacrifiées.

Au sommet de Barcelone en mars 2002, les gouvernements européens ont décider de reculer de cinq ans l'âge de la retraite et de mettre en concurrence le marché de l'électricité. Ils s'y appliquent depuis, contre les peuples mobilisés en masse ; on l'a vu en France, en Autriche, on le voit maintenant en Italie.

L'Union européenne s'est révélée n'être qu'une formidable machine de guerre contre les travailleurs, visant à démolir les aquis sociaux et démocratiques de chaque peuple.

Maastricht devait aussi garantir la paix : l'Union européenne a attisé la guerre des Balkans et renforcé la militarisation des Etats membres, en collaboration étroite avec l'OTAN.

Non, je me refuse à présenter ce passif de l'« acquis communautaire » comme un cadeau aux dix futurs membres, lesquels risquent d'être d'autant plus broyés par l'Europe du capital que leur économie sinistrée est passée sous la coupe réglée des multinationales, auxquelles leurs gouvernements sont soumis. La quasi-totalité du secteur bancaire polonais, les deux tiers des entreprises industrielles qui n'ont pas été liquidées, l'essentiel des médias, leur ont été bradés.

Toujours en Pologne, 52 % des familles vivent en dessous du seuil de pauvreté et le taux de chômage officiel frôle les 20 %.

Certains s'imaginent que l'avènement de l'Union européenne va atténuer les effets d'un capitalisme sauvage. Rien n'est moins sûr. L'agriculture des pays de l'Est est déjà vouée à une restructuration dramatique.

Le gouvernement tchèque annonce une remise en cause du système de retraite pour 2004. Les privatisations se poursuivent partout.

Le précédent de la RDA , pourtant annexée par l'Etat le plus puissant d'Europe, est éloquent : après plus de dix ans, le chômage y reste de 20 % et deux millions de personnes, soit plus de 10 % de la population, ont dû quitter leur ancien territoire.

En revanche, l'utilisation par Bruxelles et par le patronat européen des nouveaux territoires de l'Union à l'Est, dont les économies et les Etats sont fragilisés et vassalisés, pour délocaliser et intensifier la concurrence entre travailleurs, le dumping social dans toute l'Union européenne, fait pleinement partie de la logique de l'élargissement.

Madame la ministre, mes chers collègues, hier encore, vous vous réjouissiez de ce que vous qualifiiez de « libération » des pays de l'Est du joug soviétique et de leur souveraineté recouvrée. Aujourd'hui, vous vous réjouissez qu'ils perdent leur souveraineté nationale dans l'Europe supranationale

Pour ces peuples, dont vous vous dites amis, vous avez approuvé un calendrier qui les a fait se prononcer sur leur adhésion avant même de savoir dans quel cadre institutionnel l'Union européenne fonctionnera. Je parle évidemment du projet de Constitution européenne élaborée par la Convention présidée par M. Giscard d'Estaing.

Je n'ai le temps ici que d'évoquer le danger extrême que représente ce texte pour les salariés et les peuples d'Europe. En donnant aux traités de Maastricht, d'Amsterdam et de Nice le statut de loi fondamentale, en substitution des constitutions nationales, il vise à imposer de façon irréversible le carcan de l'Europe de la finance et du patronat. De même, il constitutionnalise l'instrument de recul social généralisé en Europe que représente la charte des droits fondamentaux.

Sur le plan institutionnel, il prépare l'avènement d'un Etat européen en instituant un président de l'Union européenne et en étendant la règle de la majorité qualifiée, qui prive les Etats de leur droit de veto.

C'est tout simplement le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, leur liberté, que le principe de Constitution européenne veut abattre.

Vous vous réjouissez de faire entrer dix pays de plus dans cette perspective, dont la plupart des gouvernements ont déjà exclu de nouveaux référendums. Pas moi !

Je refuse le dogme de la nécessité d'une construction européenne, au nom duquel nous devrions tout accepter. Je ne suis ni pour ni contre l'Europe. Elle n'est qu'une réalité géographique.

Ce que j'appelle de mes voeux, c'est le développement de coopérations mutuellement profitables, qui n'ont rien à voir, je le précise, avec les coopérations renforcées prévues par le projet de Constitution, entre nations souveraines, européennes ou non, contribuant à un monde de paix et de progrès.

Je me bats pour la sortie des traités de Maastricht, d'Amsterdam et de Nice, pour la dissolution de la Commission européenne, pour le respect de la souveraineté nationale de chaque pays à tout niveau, condition de ce qui pourrait être une véritable coopération régionale entre nations d'Europe.

Dans l'immédiat, je m'engage dans la campagne pour exiger un référendum sur le projet de Constitution européenne, qui permette à notre peuple de dire « non » à ce texte, comme à toute constitution européenne. Dans ce combat, les peuples d'Europe, en particulier ceux des dix nouveaux pays de l'Union, sauront s'unir, j'en ai l'espoir.

Fidèle à mes convictions, je voterai contre ce projet de loi, persuadée d'exprimer par ce vote l'opinion de beaucoup d'autres. 

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10 février 2009 2 10 /02 /février /2009 19:39

Le PGE en français dans le texte.

 

 

La lutte contre la politique de l’Union Européenne (UE) est cruciale pour la survie de centaines de millions de travailleurs. À l’approche des élections européennes il est important de mettre à la disposition des communistes des extraits des textes fondateurs de la politique du Parti de la Gauche Européenne (PGE). « Mettre à la disposition des communistes » car, bien que le Parti Communiste Français joue un rôle central dans le PGE, la plupart de ces textes, très édifiants, ne sont disponibles … qu’en anglais.

Les communistes trouveront donc ci-dessous la traduction en français d’une centaine de passages, classés en sept thèmes, qui se trouvent sur le site officiel du PGE (www.european-left.org).

 

V. Fère

 

1.       La direction mutante du PCF et le PGE sont étroitement liés

 

Le PCF est représenté au Conseil des Présidents de partis du PGE par Marie-George Buffet et au Bureau Exécutif du PGE par Christine Mendelsohn et Jean-François Gau. Le point de contact européen du groupe de travail du PGE sur la politique économique est Alain Obadia.

 

 

2.       Vers un seul parti européen, dans lequel disparaîtraient les partis nationaux

 

Texte

Extraits

Some remarks concerning the creation of the Party of the European Left

Compte-tenu des expériences historiques concrètes très différentes en relation avec la Gauche qui pourraient être utilisées aujourd’hui, il n’y avait pas de raison que la Gauche Européenne s’interdise d’envisager aussi de former un parti Européen commun.

Comment les partis membres nationaux peuvent-ils garantir la formation d’opinion démocratique dans leur parti et l’indépendance dans une telle organisation Européenne unifiée, qui devrait être plus qu’une simple organisation-chapeau ?

Parallèlement à la création du PGE, des partis membres du GUE/NGL (groupe Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique du parlement européen), constituant un très large cercle de partis de gauche, travaillent actuellement sur une adresse électorale commune pour les élections au Parlement Européen le 13 juin de cette année, afin de prolonger les expériences positives de la collaboration actuelle en une fraction confédérée.

History - Cooperation has a long tradition

Aux élections Européennes de 1999, tous les partis sortants réussirent à s’assurer une représentation dans le nouveau Parlement. Ils furent rejoints dans le groupe par le Socialist Peoples' Party (SF) du Danemark et le PDS d’Allemagne, qui avaient auparavant été des partis membres associés. Le groupe accueillit aussi un parti tiers de Grèce, le DIKKI, comme membre à part entière et cinq parlementaires de France, élus sur la liste Lutte Ouvrière – Ligue Communiste Révolutionnaire (LO-LCR), comme membres associés.

Statute of the Party of the European Left

Article 6

(…) les femmes et les hommes résidents d’un État-membre de l’UE peuvent devenir des membres individuels de la Gauche Européenne

 

 

3.       Sur quelques problèmes d’actualité, une politique de casse des acquis nationaux

 

Manifesto of the Party of the European Left

Nous sommes pour des services publics modernisés, décentralisés et démocratisés.

Political Theses

The European Left: Building Alternatives

Le caractère économiquement durable (que le PGE recherche) a pour but le maintien de la « caisse sociale » de la société et sa richesse sociale, la garantie de l’efficacité économique, la croissance écologiquement et socialement saine de la productivité et la capacité d’innovation, et vise la stabilité économique, le renforcement des circuits économiques régionaux, une balance commerciale et des paiements équitable, et un nouveau type de plein emploi.

Nous devons envisager de construire une protection sociale Européenne universelle, qui garantisse des droits inaliénables et universels, en tant que modèle de civilisation différent.

Ceci n’est possible qu’en utilisant la programmation économique, en investissant dans les ressources renouvelables, et grâce à une politique d’économie et de réduction des déchets, et par la relocalisation de la production et la réduction consécutive des transports non nécessaires des marchandises.

Plateforme du Parti de la gauche européenne pour les élections au Parlement européen de 2009

(…) même la législation actuelle peut permettre de consacrer les dépenses nécessaires à un plan d’investissement qui soutienne l’emploi et la restructuration écologique de l’économie.

Il faut reconstruire un système de sécurité sociale à l’échelle européenne

Réduire la consommation totale d’énergie primaire de 25 % d’ici à 2020 et augmenter l’efficacité énergétique de 2 % par an, y compris en limitant la consommation par tête d’habitant.

La condition préalable essentielle est la reconnaissance et la concrétisation du droit du peuple palestinien à un État indépendant et viable à côté de l’État d’Israël

 

 

4.       Les travailleurs devraient croire au « dépassement » possible de l’Union Européenne

 

Some remarks concerning the creation of the Party of the European Left

Le PGE demande une autre Europe

La Gauche Européenne critique le capitalisme: elle est anticapitaliste et a pour but une transformation des sociétés au-delà du règne du capitalisme.

Working Group on Economic Policy

Les premiers projets (du groupe de travail) sont : (…)

À l’occasion du sommet européen à Bruxelles les 20 et 21 mars la publication d’un document de discussion/propositions de la Gauche Européenne relatif à une réforme du Pacte de Stabilité de l’UE en relation avec une réorientation complète du rôle de la Banque Centrale Européenne visant à l’introduction de nouveaux critères de développement économique, en particulier du « plein emploi » et de la « sécurité sociale ».

Manifesto of the Party of the European Left

Ceci donne une nouvelle impulsion à une politique de transformation.

Nous voulons bâtir un projet pour une autre Europe et pour donner un autre contenu à l’UE : autonome par rapport à l’hégémonie US, ouverte vers les pays du Sud, alternative au capitalisme dans son modèle social et politique, active contre la militarisation croissante et la guerre, en faveur de la protection de l’environnement et du respect des droits de l’homme, y compris les droits sociaux et économiques. Nous sommes pour le droit d’être ressortissant pour tous ceux qui vivent en Europe.

Nous voyons la nécessité d’une transformation sociale et démocratique de l’Europe solidement ancrée.

Confrontés à la récession et à la croissance du chômage, le « Pacte de stabilité » et les orientations de la Banque Centrale Européenne doivent être mis au défi d’œuvrer à une autre politique économique et sociale et à des priorités sociales en faveur du plein emploi et de la formation, des services publics et d’une politique courageuse d’investissement, pour l’environnement.

Nous disons qu’une autre Europe est possible.

Political Theses

The European Left: Building Alternatives

Les élections Européennes de 2009 sont une opportunité importante pour la Gauche Européenne afin de politiser le défi sur les questions Européennes et pour introduire un changement de direction dans l’Europe.

Nous devons développer des actions sociales, culturelles et unifiées ensemble avec les gens, à même de prendre la tête des luttes pour la transformation sociale dans le cadre des conditions actuelles.

Les critères de Maastricht, qui sont encore les bases de la politique économique, continuent d’être une camisole de force restreignant  les acquis sociaux et politiques. Cette fonction limitante est également celle du pacte de stabilité et des critères monétaristes rigides de la Banque Centrale Européenne.

L’Europe que nous voulons et pour laquelle nous luttons est une Europe sociale.

Stickers

Oui, nous pouvons changer l’Europe !

Plateforme du Parti de la gauche européenne pour les élections au Parlement européen de 2009

Les élections européennes de juin 2009 vont offrir une occasion de changer les fondations de l’Union européenne

l’Union européenne est à la croisée des chemins :

(…) elle se tourne vers une option de développement durable et de justice sociale,

Ce choix est entre les mains des peuples.

Le PGE mène son action en confrontation avec les partis conservateurs et libéraux, les partis sociaux-démocrates et Verts dans les pays membres et avec les partis politiques européens correspondants qui s’accrochent à la logique de la politique européenne actuelle.

Il est nécessaire de refonder l’Union européenne sur la base de nouveaux critères capables de faire passer le peuple et les droits avant les profits.

Le crédit doit être redirigé en faveur des secteurs productifs de l’économie et des collectivités, de l’emploi, des priorités sociales et environnementales, depuis les villes et les régions  jusqu’au système de la Banque centrale européenne.

Pour cette raison, le rôle de la Banque centrale européenne doit être changé, à partir du critère de l’emploi et du développement social et écologique, au moyen d’un abaissement sélectif de ses taux d’intérêts.

L’Union européenne doit s’ouvrir à la participation démocratique de toutes celles et tous ceux qui y vivent

changez l’Europe maintenant !

 

 

5.       La raison d’être du PGE : être intégré à l’Union Européenne et aux institutions du capital mondial

 

Some remarks concerning the creation of the Party of the European Left

(Au cours de la création du PGE) les partis de Gauche participant formulèrent des buts communs et des idées clés pour une Europe sociale, écologique, démocratique, pacifique et basée sur la solidarité ainsi qu’une esquisse de buts communs pour leur coopération dans le cadre de l’Union Européenne.

Lothar Bisky (président du PGE) exprima le besoin de penser au-delà des formes préexistantes de coopération parlementaire au sein du Parlement Européen et du Forum de la Nouvelle Gauche Européenne (NELF), et de concevoir de nouvelles modalités de travail politique en commun, indépendantes de la façon dont les partis individuels déterminent leurs liens avec l’Union Européenne et les étapes d’intégration mises en place pour eux.

La Gauche, si elle veut canaliser sa résistance contre la démolition de l’État-providence et de la démocratie vers des alternatives politiques, doit s’exprimer d’une manière unique à l’échelle Européenne et développer des propositions nécessairement concrètes et alternatives pour une Union Européenne différente, et à la fois une Europe différente.

Pourquoi ne devrait-il pas (le PGE) trouver et déterminer le dénominateur politique commun – pas le plus petit, mais face à l’attaque de la destruction sociale néolibérale le plus grand – afin de réussir à exister comme une force politique indépendante, et, en même temps, comme un partenaire des mouvements sociaux, afin d’être reconnu comme un acteur capable d’influencer et de changer les politiques Européennes ?

Statute of the Party of the European Left

Article 4

Le siège social de la Gauche Européenne est fixé à Bruxelles.

Article 5

La Gauche Européenne a pour but de : (…)

  • Promouvoir un « travail Européen de relations publiques » qui soutient activement le développement de l’identité Européenne conformément à nos valeurs et nos objectifs ; (…)
  • Est à l’initiative de, prépare et soutient des initiatives à l’échelle Européenne de la Gauche Européenne et de ses partis – ensemble avec d’autres partis, réseaux de partis et ONG ;

Article 9

1. La Gauche Européenne s’efforce de coopérer étroitement avec les groupes parlementaires de la Gauche dans les autres instances et réseaux Européens.

Article 11

Un Congrès doit se tenir au moins six mois avant les prochaines élections au Parlement Européen.

Article 12

Le Congrès est formé de : (…)

Des invités et hôtes, incluant des membres des groupes parlementaires des partis de Gauche au Parlement Européen, aux Parlements Nationaux ou dans les autres instances, respectivement réseaux, Européens.

Article 21

Le Président doit réaliser les taches suivantes avec l’aide du Secrétariat : (…)

·          Entretenir dans le Parlement Européen et dans les autres institutions européennes/internationales etc le lien de la Gauche Européenne avec les Groupes Parlementaires dans lesquels il y aura des députés de partis de Gauche.

Article 23

La Gauche Européenne se finance par les cotisations de membres, les dons et les subventions publiques.

Manifesto of the Party of the European Left

L’Union Européenne comme l’ensemble du continent Européen deviennent un espace de plus en plus important pour des politiques alternatives.

(…) le conflit israélo-palestinien, qui devrait être résolu conformément aux résolutions de l’ONU.

Le PGE répond aussi aux défis à propos des pays qui sont actuellement hors de l’UE – comme les États balkaniques et les autres États Européens de l’Est – causés principalement par leur transformation et donc par le dilemme naissant entre le développement indépendant et le ralliement à l’intégration Européenne capitaliste en tant que stratégie de moyen terme pour traiter tous les conflits internes aux sociétés en relation avec ces changements du passé et de maintenant. La Gauche Européenne est prête à s’unir avec toutes les forces démocratiques dans ces pays en faveur de la démocratie, de la paix et de la justice sociale, du développement social et économique et à renforcer les institutions démocratiques.

Nous voulons agir de façon que les institutions électives, le Parlement Européen et les parlements nationaux comme les comités représentatifs (le Comité Économique et Social et le Comité des Régions) aient plus de pouvoirs d’action et de contrôle.

Nous lutterons sans rémission pour élargir l’action, la participation et le contrôle des citoyens à tous les niveaux et à chaque étape de la construction de l’Europe.

Les Forums Sociaux ont été des moments essentiels de débat, de confrontation et d’élaboration d’alternatives populaires et civiques à la présente Europe néolibérale.

Nous promouvrons un rôle renforcé du Comité des Régions [« Le Comité des régions (CdR) est l'assemblée politique qui fait entendre la voix des collectivités territoriales au cœur même de l'UE »] et du Comité Economique et Social en tant qu’organes institutionnels substantiels de politique démocratique et régionale dans l’UE, prenant part dans la procédure de décision des institutions Européennes.

Political Theses

The European Left: Building Alternatives

Le défi est de procurer des réponses nouvelles et concrètes pour l’avenir de l’Union Européenne, de l’ensemble du continent et du monde.

(…) les citoyens de l’Europe (…)

Le Parti de la Gauche Européenne a été créé par la volonté de parties politiques qui proposent une transformation sociale et démocratique, et des alternatives aux politiques néolibérales, grâce à notre engagement actif dans l’arène institutionnelle et dans divers mouvements alternatifs.

Nous voulons que le Parlement Européen – la seule entité qui représente la souveraineté populaire dans l’ordre institutionnel actuel de l’Union – et les parlements nationaux agissent réellement eu égard aux décisions concernant l’avenir institutionnel et politique de l’Europe.

Les politiques néolibérales ont besoin que soit réduit l’essence de la démocratie – c’est-à-dire le pouvoir de décision des institutions représentatives des gens (parlements, conseils, etc.).

L’Europe peut faire la différence.

Le Parti de la Gauche Européenne est donc en faveur d’une stratégie intégrée pour le développement durable et la solidarité.

En définitive, la dimension institutionnelle du développement durable signifie plus de droits de participation et d’opportunités pour les gens, le renforcement de réseaux et une coopération plus étroite parmi les institutions. La stratégie intégrée peut être mise en pratique en combinant des objectifs engageants au niveau de l’UE, des programmes d’action et des mesures, un cadre réglementaire commun dans tous les domaines politiques correspondants tels que la recherche scientifique ou les politiques régionales, en établissant des liens par l’UE et les États-membres.

Nous voulons des politiques fiscales et financières Européennes coordonnées,

S’il n’y a pas de réglementation Européenne alors la compétition économique interne, les forces du marché débridées et le développement inégal des normes sociales, salariales, fiscales et écologiques intensifieront d’autre part le déclin.

Nous demandons:

(a)     une politique industrielle et de recherché Européenne active en lien avec un secteur public Européen capable de réaliser des synergies avec le secteur privé;

(b)     une réforme de l’actuel système de l’Union Économique et Monétaire qui place la Banque Centrale Européenne sous un contrôle démocratique.

Le budget de l’UE devrait être augmenté pour faire face aux futurs défis de la restructuration socio-économique et écologique du modèle économique,

L’Europe doit mettre en œuvre un nouveau modèle de coopération

Il est inacceptable que l’Europe soit encore incapable d’agir sur la scène internationale avec une voix forte

Le soutien et la promotion d’une conférence permanente de paix, de coopération et de sécurité au Moyen-Orient, du type de l’OSCE [Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe], pourrait être une telle contribution Européenne.

L’Europe et l’UE peuvent et doivent jouer un rôle différent en faveur d’un ordre mondial basé sur la prééminence de la loi internationale et de la Charte des nations Unies,

La Gauche Européenne est favorable à une politique internationale et un ordre mondial basés sur la suprématie de la loi internationale

Nous sommes pour une PESC [Politique Étrangère et de Sécurité Commune] basée sur un concept de sécurité non-militaire multi-facette. Un système de sécurité pan-Européenne sur la base de l’OSCE est également nécessaire

L’Union Européenne a une obligation spéciale de contribuer à la paix de l’ensemble du continent.

Nous voulons vraiment que l’Union européenne soit un facteur actif dans un système multilatéral de relations internationales,

Un tournant politique réel doit être basé sur la reprise de nouvelles négociations conformément aux résolutions des Nations Unies.

Depuis trop longtemps, l’Europe échoue à surmonter son incapacité à jouer un rôle actif basé sur la loi internationale,

L’Europe doit jouer un rôle central dans l’approbation du post-Kyoto,

Budget 2007

Subvention du parlement Européen        524.251,22 €  [75 % des recettes]

Total Recettes PGE                                 699.745,22 €

Plateforme du Parti de la gauche européenne pour les élections au Parlement européen de 2009

L’expression démocratique des peuples doit être respectée dans un nouveau processus démocratique basé sur une participation active des peuples et des parlements nationaux et européen. La démocratie participative et les pouvoirs des parlements doivent être renforcés par des lois légalisant les pétitions populaires, l’élargissement des codécisions et les relations entre les parlements nationaux et le Parlement européen.

il est important que l’Union européenne respecte le droit international

Le Parti de la gauche européenne exige que cette Europe soit une Europe pacifique et citoyenne dont les économies soient socialement et écologiquement durables, une Europe féministe

La taxe Tobin peut être l’outil de financement d’initiatives industrielles innovantes dans les secteurs indiqués par les agences internationales de l’ONU, destinées à réduire les émissions nocives pour la planète et à augmenter le nombre des emplois. Ce fonds européen devrait être en conformité avec les directives et les programmes du Parlement européen : une sorte de « new deal vert »  établi par lui.

Nous sommes en faveur du développement immédiat et cohérent d’un nouveau traité international conforme au 4e rapport de la Commission intergouvernementale sur le changement climatique et s’insérant dans le plan d’action de l’Union européenne 2007-2009. Nous exigeons la mise en application pleine et entière des obligations promises et signées par l’Union européenne dans tous les domaines des politiques énergétiques et climatiques.

les subventions dans le cadre de l’Union européenne devront être limitées aux secteurs favorisant l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Nous sommes opposés à toute réforme de la Politique agricole commune de l’Union européenne qui mettrait en cause les politiques agricoles publiques.

Nous appelons la société civile en Europe et l’Union européenne à jouer leur rôle

une menace pour la souveraineté de l’Europe,

La politique commerciale internationale de l’Union européenne doit être conçue pour apporter des réponses adéquates

Le PGE se prononce en faveur de l’élargissement ultérieur de l’Union européenne

l’Union européenne. Quant à celle-ci, elle doit être politiquement et économiquement en état de prendre les mesures d’élargissement.

L’éducation publique européenne doit être enracinée dans les principes et les valeurs qui définissent les caractéristiques essentielles de la culture européenne.

La participation directe aux processus de décisions doit être rendue possible, selon l’exemple de l’Agora citoyenne introduite par le Parlement européen, comprenant des référendums organisés aux niveaux européen et national sur des décisions primordiales de l’Union européenne. Les institutions de celle-ci (Conseil, Commission, Parlement) doivent s’ouvrir à la participation des sociétés civiles, lesquelles doivent avoir la possibilité de contrôler leurs décisions.

We refuse to foot the bill!

(…) un renforcement substantiel du budget des programmes d’investissement Européens promouvant l’emploi dans des domaines sociaux et environnementaux. L’Europe doit avoir un budget d’au moins 3 % de son PIB à partir de 2013. La phase transitoire doit débuter dès 2009.

 

 

6.       La direction mutante du PCF et le PGE craignent … la lutte de classe des travailleurs

 

Political Theses

The European Left: Building Alternatives

Les choix néolibéraux définis par Maastricht ont provoqué une érosion des conditions matérielles de vie de larges secteurs de la population, conduisant à une crise de rejet de l'intégration Européenne. Cette crise est due à la non-viabilité d’un modèle économique, écologique, patriarcal et social qui produit des inégalités intolérables, un désastre environnemental, la précarité au travail et dans la vie. Elle n’est pas en mesure de dénouer les nœuds politiques qui se trouvent à la base de la crise de cohésion sociale et politique sur le Vieux Continent. L'ancien pouvoir politique ne peut résoudre ces problèmes, car ils continuent de pratiquer la politique de Maastricht. Cela crée un vide politique. Les vieux pouvoirs politiques ne peuvent résoudre ces problèmes parce qu’ils continuent à mettre en pratique les politiques de Maastricht. Cela est en train de créer un vide politique. Ce vide et l'absence de perspectives de changement pourrait engendrer la victoire de projets néo-populistes basés sur un mélange d’éléments xénophobes et racistes avec le néo-libéralisme.

La condition pour une meilleure acceptation de l’UE par ses citoyens est plus d’occasions de participer.

Le processus de l’intégration Européenne devient plus lent et plus contradictoire.

La “vieille” contradiction facilement comprise entre le Capital et le Travail est balayée par de nouvelles aspirations et contradictions entre les sexes, les générations, les cultures, les groupes ethniques et surtout par une conscience nouvelle de l’interrelation entre l’humanité et l’environnement.

La crise de légitimité des politiques met en danger le processus d’intégration Européenne.

(…) toute opération ayant pour but d’exclure les gens de la ratification du traité sera non seulement intolérable, mais également dangereuse pour l’avenir de l’Union Européenne.

 

 

7.       Lier les travailleurs, en premier lieu leurs syndicats, aux institutions du capital mondial

 

Statute of the Party of the European Left

Article 21

Le Président doit réaliser les taches suivantes avec l’aide du secrétariat (…)

représenter la Gauche Européenne lors des contacts avec les représentants d’organisations et d’institutions, y compris les autorités de l’UE, les syndicats, les organisations non-gouvernementales et associations.

Manifesto of the Party of the European Left

Nous sommes en faveur non seulement de la défense des droits des travailleurs et des syndicats contre toutes les formes de discrimination, mais en faveur de l'extension des droits des travailleurs, y compris pour les chômeurs et les travailleurs dans des emplois précaires, de la démocratie sur le lieu de travail et dans la vie économique , à tous les niveaux, y compris celui de l'Europe.

Dans l'UE, des intérêts divers sont en conflit les uns avec les autres. Pour nous, cela crée un nouvel espace politique pour la lutte de classe et pour la défense des intérêts des travailleurs et de la démocratie, de la société Européenne avec ses organisations et institutions et, parmi elles, le Parlement Européen.

 

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