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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 22:01

Italie. Après le désastre électoral de la « gauche arc-en-ciel », les réactions et les initiatives se développent contre la ligne de liquidation des organisations communistes.

L’appel « Communistes, commençons par nous ! », lancé le 17 avril, a recueilli 3000 signatures en 48 heures, montrant le niveau de préoccupation et d’attente des camarades italiens. Il émane principalement de militants communistes du PRC et du PdCI, sans que ressortent des noms de dirigeants. Le texte récuse le projet désavoué de parti de la « gauche » et propose une perspective d’unité et d’autonomie des organisations communistes, partant des mobilisations sociales et anti-impérialistes qu’a connues l’Italie ces derniers mois.

Les similitudes avec la situation française sont évidentes. On retrouve le projet de dilution du PCF dans une gauche indéterminée, alignée sur le PS, les mêmes sanctions électorales. Les démarches de nos camarades italiens contre ces orientations, communes aux partis animateurs du PGE, ne peuvent qu’attirer notre attention et susciter notre intérêt.

Tout en tenant compte d’une différence importante. En Italie, le PCI n’existe plus et les communistes sont éclatés dans différentes organisations. En France, le PCF continue d’exister et d’être dépositaire, malgré les orientations de sa direction, de l’héritage historique du grand parti de masse et de classe des travailleurs.  

Nous reproduisons ci-dessous l’appel italien dans une traduction (légèrement amendée) de « Caius Gracchus ». Nous renvoyons vers son site, riche en informations, notamment sur le mouvement communiste italien. http://caiusgracchus.blogspot.com/

 

Appel : "Communistes : commençons par nous !"

Après l’effondrement de la Gauche Arc-en-ciel, nous nous adressons aux militants et aux dirigeants du Pdci et du Prc et à tous les communistes de toute l’Italie

Nous sommes des communistes de notre temps. Nous avons choisi de rester dans les mouvements et au cœur du conflit social. Nous avons des histoires et des sensibilités différentes: nous savons que ce n'est pas le temps des certitudes. Nous avons le sens, même critique, de notre histoire, que nous ne renions pas; mais notre regard est tourné vers le présent et vers l'avenir. Nous n'avons pas la nostalgie du passé, mais plus que jamais d'un avenir meilleur.

Le résultat de la Gauche Arc-en-ciel est désastreux. Non seulement, elle n’obtient qu’un quart de la somme des voix des trois partis en 2006 (10,2%) – sans compter l’apport de la Sinistra Democratica – mais elle recueille même moins de la moitié des voix obtenus il y a deux ans par les deux partis communistes (PRC et PdCI), qui ensemble dépassaient 8%. Et à peine plus d’un tiers du meilleur résultat (8,6%) de Rifondazione, quand elle était encore unie. Trois millions de voix ont été perdues depuis 2006. Et pour la première fois dans l’Italie de l’après-guerre, aucun communiste n’entre au parlement.

Ce résultat électoral a des racines beaucoup plus profondes que la seule explication par le "vote utile": il provient de l‘immense et profonde déception du peuple de gauche et des acteurs des mouvements sociaux envers la politique du gouvernement Prodi, ainsi que de l'émergence au sein de l'Arc-en-ciel d'une perspective de liquidation de l'autonomie politique, théorique et organisationnelle des communistes au profit d’une nouvelle formation non communiste, non anticapitaliste, orientée vers des positions et une culture néo-réformistes. Une formation qui n'aurait aucune valeur alternative et qui serait subordonnée au projet modéré du Parti Démocrate et à une logique d'alternance au sein du système.

Le temps des choix est arrivé: Voici le nôtre.

Nous ne partageons pas l’idée [de constitution] du « sujet unique de la gauche » dont quelques-uns demandent obstinément une "accélération" malgré sa faillite politique et électorale.

Nous proposons à la place une perspective d'unité et d’autonomie des forces communistes en Italie, dans un processus d'agrégation [aggregazione] qui, à partir des forces majeures, PRC et PdCI, aille au-delà de celles-ci en impliquant d’autres subjectivités [soggetività] politiques et sociales sans sectarisme ou logiques identitaires.

Nous lançons un appel aux militants et aux dirigeants de Rifondazione, du PdCI, d'autres associations ou réseaux, et aux centaines de milliers de communistes sans carte qui dans les années écoulées ont contribué, dans les mouvements et dans les luttes, à poser les bases d'une société alternative au capitalisme, pour que les expressions organisées des communistes se soient pas liquidées et que soit engagé un processus ouvert et innovant tourné vers l’objectif de la construction d'une "maison commune" des communistes.

Nous nous adressons:

-Aux travailleuses, aux travailleurs et aux intellectuels des anciens et nouveaux métiers, aux précaires, au syndicalisme de classe et de base, aux classes sociales qui aujourd'hui « n’y arrivent plus" et pour qui "les fins de mois difficiles » ne sont pas seulement un titre de journal: ensemble ils représentent la base structurante et de classe indispensable à chaque lutte contre le capitalisme;

-Aux mouvements de jeunesse, féministes, environnementalistes, pour les droits civiques et de lutte contre toutes les discriminations sexuelles. Dans la conscience qu’aujourd’hui la lutte pour le socialisme et le communisme peut retrouver sa fonction originelle de libération intégrale seulement s'il est capable d'assumer aussi dans son propre horizon les problématiques posées par le mouvement féministe;

-Aux mouvements contre la guerre, internationalistes, qui luttent contre la présence des armes nucléaires et des bases militaires étrangères dans notre pays, qui sont du coté des pays et des peuples (comme les Palestiniens) qui cherchent à se libérer de la tutelle militaire, politique et économique de l'impérialisme;

-Au monde des migrants, qui représentent l'irruption dans les sociétés les plus riches des injustices terribles que l'impérialisme continue à produire à l’échelle planétaire. Parce que c’est seulement de la rencontre multiethnique et multiculturel que peut naître - dans la lutte commune - une culture et une solidarité cosmopolite, non intégriste, anti-raciste, ouverte à la "diversité" qui fasse avancer l'humanité entière vers les l’horizons d’une meilleure vie commune et de paix

Nous souhaitons un processus qui dès le début se caractérise par sa capacité à promouvoir une réflexion problématique et même autocritique. Qui recherche aussi les raisons pour lequel une expérience riche et prometteuse comme celle à l’origine de Rifondazione Comunista n’a pas été capable de construire ce parti communiste dont le mouvement ouvrier et la gauche avaient et ont besoin; et qui recherche pourquoi ce processus a été marqué par des divisions multiples, des séparations, des défections qui ont déçu et éloigné du militantisme des dizaines de milliers de camarades. Nous demandons une réflexion sur les raisons qui ont rendu fragile et inadapté l'enracinement social et de classe des partis issus de cette expérience, et aussi les erreurs qui nous ont portés dans un gouvernement qui a déçu les attentes du peuple de gauche et qui est aussi à l’origine du retour de la droite

Il faudra du temps, de la patience et du respect réciproque pour cette réflexion.

Car si nous l'éludions, les fondations de la reconstruction se révèleraient trop précaires. Notre engagement n’est pas contradictoire avec l'exigence bien comprise d'une plus vaste unité d'action de toutes les forces de gauche que ne renoncent pas au changement. Pas plus qu’il n’exclut la recherche de convergences utiles pour endiguer l'avancée des forces plus ouvertement réactionnaires. Mais de telles forces unies à gauche auront d’autant plus de succès que sera plus avancé le processus de reconstruction d'un parti communiste fort et unitaire, à la hauteur des exigences de notre temps.

Il doit savoir vivre – bien plus qu’aujourd’hui - s’enraciner dans la société d'abord et ensuite dans les institutions. Parce que seul l'enracinement social peut garantir solidité et perspectives de croissance et poser les bases d’un parti qui ait son organisation autonome et son rôle politique autonome avec une influence de masse, malgré l'actuelle exclusion du Parlement et même dans l'éventualité de nouvelles lois électorales encore plus défavorables.  

La manifestation du 20 octobre 2007, dans laquelle un million de personnes ont défilé avec enthousiasme sous une marée de drapeaux rouges avec les symboles communistes, montre - plus que n’importe quel discours - qu'il existe dans l'Italie d'aujourd'hui l'espace social et politique pour une force communiste autonome, combative, uni et unitaire, qui sache être la cheville ouvrière d'une plus vaste mobilisation populaire à gauche, qui sache parler - parmi d’autres - aux 200.000 manifestants contre la base de Vicenza, aux délégués syndicaux qui ce sont battus pour le NON à l'accord de gouvernement sur la protection sociale et les retraites, aux 10 millions de travailleurs et travailleuses qui ont soutenu le référendum sur l'art.18.

Nous espérons que cet appel – aussi à travers des rencontres et des moments de discussion ouverte - rassemble un vaste courant d’adhésion dans chaque ville, territoire, lieu de travail et d’étude, partout où il y a un homme, une femme, un garçon et une fille qui ne considèrent pas le capitalisme comme l'horizon indépassable de la civilisation humaine.

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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 20:19
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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 12:28
L'échec du projet de la « Gauche-Arc-en-ciel »

de G. Pegolo, député, et F. Giannini, sénateur, du réseau L'Ernesto (du nom de la revue et du site internet NDRL).

L'Ernesto du 15 avril 08

Le résultat électoral de la Gauche-Arc-en-ciel, avec l'exclusion de toute représentation
parlementaire, met en évidence l'échec d'un projet qui entendait rassembler en effaçant les identités à commencer par l’identité communiste.

Au contraire, cela s'est soldé par une défaite cinglante.
Le groupe dirigeant de Rifondazione Comunista porte la plus haute responsabilité dans ce désastre, de même que l'ex-président de l'assemblée nationale qui a imposé ce choix.
Avec le résultat d'aujourd'hui, c'en est fini du projet de la Gauche-Arc-en-ciel. Croire qu'il est possible de le ressusciter, comme le voudraient Bertinotti et Giordano, est dépourvu
de sens.

L'alternative à la désagrégation définitive, c'est de relancer RC et de reconstruire un Parti communiste.
Le passage obligé, c'est la convocation immédiate d'un Congrès.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 09:58

Elections en Italie : la Gauche arc-en-ciel n’obtient que 3,08 (contre 10,2% en 2006 aux partis qu’elle réunit) et plus aucun élu à l'Assemblée comme au Sénat. Cette sanction sans appel n’est pas sans nous rappeler le résultat de R .Hue en 2002, puis celui de MG.Buffet en 2007. Les mêmes formules donnent les mêmes résultats : effacement de l’identité, des positions et de l’organisation communistes, participation à un gouvernement social-libéral et caution au social-libéralisme. En Italie aussi, des communistes réagissent face à ce discrédit historique qui menace l’existence même de l’organisation communiste, héritière du PCI, dont les travailleurs vont avoir encore davantage besoin contre la politique de Berlusconi. Ci-dessous la traduction d’une tribune de Fosco GIANNINI, dirigeant du Parti de la Refondation communiste, qui, le 4 avril, analyse avec clairvoyance la situation et demande la tenue d’un congrès extraordinaire. (Traduction LAS pour vivelepcf)


Congrès tout de suite !

Fosco Giannini, 04/04/2008 (traduction LAS)

Allons droit au cœur de la question.

Nous avons assisté à l'échec total du gouvernement Prodi et à l'échec, tout aussi total, de la participation du Parti de la Refondation Communiste au sein de ce gouvernement – nous l'affirmons en tant que dirigeants du PRC.

Sur les thèmes de la paix, du désarmement, de la redistribution des richesses, des droits sociaux et civils, rien n'a été obtenu. En revanche, notre Parti s'est ruiné, dans cette expérience de gouvernement il s'est transformé en compromettant ses liens avec les mouvements de contestation et avec l'ensemble du mouvement ouvrier. Il a aussi payé un lourd tribut en ce qui touche à l'organisation et de la solidité interne. Aujourd'hui, dans les cercles, les fédérations, l'heure n'est certainement pas à l'enthousiasme : c'est plutôt la tristesse, le désengagement, l'étonnement, la désaffection. Un air de suspension : qu'avons-nous fait? Qui sommes-nous? Qu'allons-nous devenir demain?

A l'échec - celui de l'expérience au gouvernement, mais bien plus celui, profond, de toute une politique issue du Congrès de Venise [2005] – le groupe dirigeant du PRC a pour l'essentiel répondu en trois façons: d'abord, en éliminant les bases matérielles de la défaite ; deuxièmement, en accélérant le processus d'effacement de la nature communiste de notre Parti ; troisièmement, en serrant la vis à l'intérieur, de manière antidémocratique, ce qui assurément n'évoque pas les meilleurs moments de l'histoire du mouvement communiste, et encore moins évoque-t-il ce parti « antistalinien » et démocratique tant vanté par l'« innovation » à la Bertinotti.

En ce qui concerne les causes de la défaite, le groupe dirigeant du PRC a repris en bonne partie l'interprétation fournie par M. Prodi : l'échec serait dû à la trahison de l'aile modérée de l'Union de Prodi (Dini, Mastella) et au fait que le pouvoir économique se serait déchaîné contre lui au moment d'emprunter le tournant du « dédommagement social ». Il y a ensuite une analyse énoncée dans un premier temps par Giovanni Russo Spena [dirigeant du PRC] puis reprise par d'autres, selon laquelle la raison déterminante de l'échec serait le fait que ce gouvernement a été imperméable aux mouvements de contestation, c'est-à-dire qu'il ne se serait pas laissé pousser vers la gauche par eux.

Le premier de ces arguments (la trahison de l'aile modérée de l'Union) est un argument typiquement superstructurel et politicien: la composition politique, voire idéologique, de l'Union était bien connue, de même que ses limites quant au programme. Ces limites ont poussé à juste titre une large minorité interne au PRC à se battre contre le choix de participer à priori au gouvernement fait par la majorité du Parti lors du Congrès de Venise.

Pretendre de Dini et Padoa Schioppa [inflexible ministre du Trésor] – même dans la dernière phase du gouvernement Prodi - des politiques  de redistribution pour frapper les profits et augmenter les salaires, c'eût été comme demander à Parisi et Rutelli de retirer les soldats italiens d’Afghanistan: une contradiction en termes.

En ce qui concerne le fait que gouvernement serait tombé du fait des pouvoirs économiques car désormais prêt à l'inversion de marche et au dédommagement social : il n'y a pas le moindre signe en faveur de cette hypothèse. Avant de tomber, le gouvernement venait juste d'achever le néfaste Protocol du 23 juillet qui mettait à mal la lutte à la précarité, et s'apprêtait à gérer une saison contractuelle sous le signe de la centralité des entreprises, pas du tout consacrée à reporter les salaires au niveau du coût réel de la vie.

Quant à l'international, il allait prolonger les guerres en cours, relancer less dépenses militaires (ainsi que le montre l'activité de la Commission Défense, au Sénat, après la chute du gouvernement Prodi) et reconnaître l'indépendance du Kosovo.

L'argument proposé, telle une autocritique prudente, par une partie des dirigeants du PRC (gouvernement imperméable aux mouvements de contestation) est selon nous particulièrement faible. L'essentiel ne réside pas en la fait que le gouvernement ait été imperméable à ces mouvements, mais bien que les politiques concrètement menées ont creusé un gouffre entre le gouvernement et ces mouvements, jusqu'à ce que tombe l'illusion que Bertinotti avait créée, d'ailleurs de manière non complètement honnête, selon laquelle les mouvements de contestation devaient tirer vers la gauche la politique du gouvernement.

A la place de cela, les mouvements de lutte – depuis Gênes 2001 à celles dans la métallurgie, jusqu'à la contestation de la guerre – se sont retrouvés de l'autre côté des barricades, par rapport au gouvernement Prodi, loin d'en être les compagnons de route.
La vérité est que le groupe dirigeant du PRC a commis un refoulement profond des causes de la défaite. Il a voulu oublier d'analyser la phase pendant laquelle s'est située l'expérience gouvernementale.

De manière idéaliste, il a ignoré les données concrètes et structurelles.

On pourrait définir la phase où la PRC est entré au gouvernement comme celle de la compétition globale.

Au niveau international, nous sommes face à un point d'orgue du conflit politique et économique entre les pôles impérialistes et capitalistes, une bataille très dure pour la conquête des marchés.

Les larges fractions capitalistes aujourd'hui hégémoniques – en Italie aussi – ne perçoivent qu'une voie pour battre la concurrence : baisser le coût des marchandises en réduisant brutalement les salaires, les droits, l'état social.

De ce point de vue, elles n'envisagent aujourd'hui aucun compromis avec le monde du travail, aucune solution de redistribution de type social-démocrate.

La redistribution des richesses ne pend pas de la branche – la phase – comme un fruit mûr, prêt à être cueilli. Ce fruit, tout simplement, n'existe pas. Si le gouvernement Prodi entendait cueillir ce fruit, il devait s'inscrire en faux par rapport à la phase en cours (en d'autres termes, cela revient à dire qu'il fallait nuire un peu aux patrons).

Il ne l'a pas fait, ni il n'aurait pu le faire, par sa nature. Voilà le point structurel qui nous mène à la question centrale : existait-il les conditions objectives pour que les communistes entrent au gouvernement Prodi?
Plus encore: y avait-il les conditions pour y rester? Ou n'aurait-il pas fallu retirer au gouvernement la délégation du PRC après l'Afghanistan, après Vicence, après le bouclier antimissile, après le Kosovo, après les mesures de droite sur la « sécurité », après la renonciation aux droits civils et face à la volonté d'acier de gouvernement Prodi de ne pas amender le Protocole du 23 juillet?

Voilà, en vérité, ce qu'il aurait fallu faire, en bons communistes : rompre, du moins à partir du vote sur le Protocole, à savoir sur la complicité avec un gouvernement incapable d'exprimer une position autonome par rapport aux stratégies impérialistes des USA et de l'OTAN et aux politiques économiques désormais clairement libérales.

D’autres données structurelles ont été ignorée par l’analyse du PRC sur la phase en cours : les rapports de force sociaux en Italie, très défavorables à l’ensemble du mouvement ouvrier, et la tendance générale vers le centre modéré lancée dans l’Union Européenne par le néo-impérialisme européen naissant. Ce n’est pas peu dire. Des rapports de force aussi défavorables aux travailleurs, plaçant l’essentiel de la bataille sur le terrain institutionnel, font courir le risque de tomber, plus ou moins inconsciemment, dans le crétinisme parlementaire et d’aggraver encore davantage les conditions de vie des travailleurs, des précaires, des retraités, des jeunes gens au chômage, en consolidant le pouvoir des patrons.

Dictée par les forces hégémoniques du capital économique et financier, fonctionnelle à la constitution de l’impérialisme européen, cette profonde vague politique et culturelle du néo-centrisme dans toute l’Union Européenne constitue désormais bien plus qu’un mouvement souterrain. Elle marque, par-delà les forces explicitement libérales, une grande partie de ces forces politiques qui appartiennent à une sorte de centre-gauche européen.

Les forces modérées du gouvernement Prodi n’ont pas échappé à cette vague hégémonique et le PRC n’a pas su, n’a plus pu – en raison de sa nouvelle nature politique – compter avec ces contradictions, à partir de sa subalternité au carcan de Maastricht et à la mythologie de la réduction des déficits publics imposée par la BCE.

Dans la phase actuelle, comment une force de classe, anticapitaliste, communiste devrait-elle se placer face aux contradictions que suscite la compétition globale et face à l’attaque du capital ? Nul doute, elle devrait renoncer aux illusoires solutions institutionnelles – non pas par extrémisme, mais en vertu d’une analyse précise de la situation concrète – et se mettre à la tête d’un nouveau, long, cycle de lutte sociales, avec l’objectif primordial de changer les rapports de force dans la société et de couper les griffes aux patrons. Surtout, cela signifie se consacrer à la constitution et à la consolidation du Parti communiste, cœur unitaire d’un rassemblement plus large de lutte antilibérale, anticapitaliste, anti-impérialiste.

A la place de cela, qu’a choisi le groupe dirigeant du PRC après l’échec du gouvernement Prodi, après son propre échec ? Il a choisi d’accélérer le processus de dépassement de l’autonomia communiste et anticapitaliste pour se lancer dans la construction d’un nouveau et fumeux « sujet de gauche » : la « Gauche-Arc-en-ciel ». Un sujet qui naît, certes, comme produit final du long processus de dé-communisation à la Bertinotti, mais qui aujourd’hui prend sa forme la plus accomplie, focalisée sur la Gauche Démocratique [parti issu d’une scission de l’aile gauche des Démocrates de Gauche, lorsque ceux-ci ont formé le PD avec les ex-démocrates chrétiens], modérée et essentiellement social-démcrate.

L’effacement du Parti communiste est, en même temps, l’issue la plus fonctionnelle à l’attaque du grand capital et la plus délétère pour les intérêts des classes subalternes. Cette élimination comporte une espèce d’harmonie interne : elle représente une déchirure si violente dans l’histoire du mouvement ouvrier italien que, pour s’accomplir, elle a besoin d’autant de violence contre la démocratie : l’effacement est décidé par un groupe très restreint de dirigeants qui réduisent au silence et isolent quatre-vingt mille inscrits du Parti.

A bien y réfléchir, le tour de vis interne au PRC pour dépasser l’autonomie communiste est constitué par une longue série de prévarications : on constitue la « Gauche-Arc-en-ciel » sans la moindre discussion dans les cercles et les fédérations (en reprenant à vrai dire un schéma élitiste déjà employé pour la constitution de la Gauche Européenne et de l’Union pour Prodi – avec les résultats que chacun peut constater) ; en même temps, on élimine nos symboles, la faucille et le marteau ; on évite la moindre consultation de la base du Parti pour faire le bilan de l’expérience au gouvernement ; on lance la campagne d’adhésion au nouveau sujet politique (les cartes « Arc-en-ciel » sont en train d’arriver dans les fédérations justement au cours de cette campagne électorale : bel effort pour conforter l’esprit des communistes et les pousser dans les rues et les quartiers !) ; on suspend (jusqu’à quand ?) le Congrès national et l’on punit une minorité interne, « L’Ernesto », à travers une théorisation antidémocratique aussi inouïe que lâche et dangereuse : il y aurait des minorités « dialectiques » qui peuvent être récompensées et des minorités « d’opposition » (en ce qu’elles s’opposent à la liquidation du PRC) que l’on peut humilier et marginaliser.

C’est la campagne électorale, les camarades de « L’Ernesto » travailleront elles et eux aussi pour leur Parti et pour la gauche. Après, on ne saura plus tolérer une telle suspension de la démocratie interne. Qui veut éliminer le Parti communiste devra le dire, au lieu de raconter des fables. Et qui veut relancer l’autonomie communiste devra se battre.

Cette hypocrisie qui reste dans le vide est dangereuse pour tout le monde. Il faut trancher.

Après les élections, on ne pourra plus temporiser : il faudra un Congrès. Si le groupe dirigeant ne le convoquera pas, les inscrits devront l’imposer.

Il est temps d’en découdre.

La parole aux camarades. Congrès tout de suite !

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 19:12

Elections en Italie, les 13 et 14 avril. La « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

Voir aussi Italie: effacement de toute référence communiste aux élections! Les communistes réagissent!

Veltrusconi. Le néologisme, fusion des noms des leaders des deux partis principaux Walter Veltroni et Sylvio Berlusconi, est entré dans la langue courante de la campagne électorale italienne. Les similitudes dans les programmes sont tellement flagrantes. Veltroni est à la tête du nouveau Parti démocrate (PD) qui associe des communistes repentis comme lui-même (depuis longtemps), les ex « démocrates de gauche » et des politiciens issus de la Démocratie chrétienne. Il prétend incarner la rupture avec le gouvernement Prodi dont il était pourtant l'un des soutiens principaux. Son parti de « centre-gauche » présentent des cadres du patronat comme candidats, propose des baisses d’impôts pour les entreprises et les classes aisées, s’inscrit totalement dans les orientations « libérales » du nouveau traité de l’UE. Effectivement, tout cela fait peu de différences avec le programme de Berlusconi qui a gommé, dans la coalition qu’il dirige « peuple de la liberté » une partie des positions identitaires de ses alliés fascistes (soi-disant repentis).

Face à cette alternative bipolaire sans alternative politique, dans un pays imprégné par l’héritage, même contradictoire, de feu le PCI, on pourrait attendre l’expression d’un point de vue communiste fort à l’occasion de ces élections. Ce n’est pas le choix fait par le principal parti dont le nom fait encore référence au communisme « Refondation communiste » (PRC) et par ses dirigeants dont Fausto Bertinotti. Les élections anticipées sont l’occasion pour eux de précipiter la recomposition politique, à gauche du PD, à laquelle ils travaillent depuis plusieurs années. Les candidats, membres du PRC, se présentent dans le cadre de la « gauche arc-en-ciel ». La gauche « arc-en-ciel » réunit des candidats issus de quatre formations politiques : le PRC, le Parti des communistes italien (PdCI), les Verts et le courant des Démocrates de gauche qui a refusé de participer à la création du PD. L’Arc-en-ciel n’est pas conçu comme une coalition électorale de circonstance mais comme une formation politique destinée à se structurer dans la durée.

Cette démarche se situe entre rupture et continuité.

Rupture de plus en plus affirmée avec l’héritage, l’identité et les positions communistes. Pour la 1ère fois depuis 1945, il n’y aura pas de bulletin de vote portant la faucille et le marteau (sauf du côté des gauchistes qui ont vu l’opportunité). Les communistes du PRC, proches de la motion et de la revue « L’Ernesto », y compris les élus sortants, qui s’opposent à l’abandon de l’identité communiste et ont critiqué ces dernières années la participation au gouvernement Prodi, ont été écartés des listes. C’est un arc-en-ciel sans la couleur rouge !

La continuité, du moins l’absence de rupture, s’observe par rapport à la mandature précédente marquée par le soutien et la participation des quatre composantes au gouvernement de « centre-gauche », conduit par l’ancien président de la Commission européenne, issu de la droite, Romano Prodi. Bertinotti est devenu lui-même président de la chambre au bénéfice de cette alliance. Ce soutien actif a amener à cautionner des régressions sociales historiques comme la remise en cause du système de retraite à l’été dernier ou encore l’alignement sur les USA en Afghanistan ou sur la question de l’extension de la base militaire de Vicenze. Les dirigeants du PRC assument ce soutien « loyal » jusqu’au bout. La coalition a en effet été renversée par des parlementaires du centre, sans doute soucieux de passer à nouvelle étape de l’alternance.

Bertinotti estime publiquement que Veltroni va perdre les élections, ce qui permet d’évacuer la question d’une nouvelle participation à un gouvernement dominé par le PD (avec lequel le PRC est lié dans de multiple localités) qui continuerait de gérer loyalement et même avec zèle les intérêts de Cofindustria, le Medef italien. La crédibilité des positionnements de la « gauche arc-en-ciel » sur les problématiques sociales est pourtant conditionnée à cette stratégie et à des choix théoriques fondamentaux.

La « gauche arc-en-ciel » se situe dans un schéma proche de la Linke allemande et des ambitions de certains dirigeants du PCF, un schéma coordonné par le Parti de la gauche européenne PGE, dont Bertinotti a été le 1er président. Dans chaque contexte national, l’objectif à demi affiché est de capter l’héritage des partis communistes de classe et de masse et le diriger vers de nouvelles formations, tournant le dos à l’identité communiste, alliant une partie des socio-démocrates, ouvertement réformistes, favorables à l’intégration dans l’UE du capital. Ces partis de « gauche » auraient pour vocation de prendre une partie de la place laissée par les formations social-démocrates converties au social-libéralisme, tout en leur servant de supplétifs.

Bertinotti s’était lui-même prononcé au Parlement pour l’élévation du seuil électoral à 8% (par région) pour avoir des sièges au Sénat pour forcer la constitution de la coalition.

Les dirigeants de la « gauche arc-en-ciel » ne sont pas assurés de franchir ce seuil nationalement. Leur positionnement stratégique dans le gouvernement Prodi a nourri la logique du « vote utile », renforcée par la prime au parti arrivé en tête. En 2006, les partis qu’elle réunit avaient obtenu 10,2% des voix, sans compter la fraction ralliée des démocrates de gauche dont l’influence n’était pas mesurable.

Dans les deux partis communistes, PRC et PdCI, la ligne de Bertinotti est loin de faire l’unanimité. Après l’épisode électoral et le coup de force de « l’arc-en-ciel », les directions ne pourront pas empêcher le débat, sans doute des congrès extraordinaires. La persistance du mouvement communiste en Italie devrait, devra s’y concrétiser.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 11:24

Pékin: derrière la surenchère d'hypocrisie

article du PCF Paris 15ème

Le passage de la flamme olympique à Paris le 7 avril a donné lieu à un spectacle lamentable. Les « idéaux » olympiques ont été ridiculisés. L’ont-il été davantage que d’habitude ? Le principe, inscrit dans la Charte, du refus de toute instrumentalisation du sport et des athlètes à des fins politiques et commerciales, est tombé en désuétude depuis longtemps, s’il a jamais été respecté. La défense des valeurs de l’olympisme est déjà souvent sinon toujours une hypocrisie.

 

De la confusion fortement médiatisée de cette journée d’avril à Paris, des actes et positions diverses qui ont été montrés, il ressort un message unique : la Chine, le régime chinois, sinon les Chinois, sont des méchants pour rester sur le niveau de langage de Bush.

La formule définitive est prononcée : ils ne respectent pas les Droits de l’Homme. Ils s’abattent sur les malheureux Tibétains. De surcroît, ils sont médaille d’or en langue de bois…

Le constat de cette vérité tout à coup redécouverte fait quasiment l’unanimité, des personnalités en vue aux associations prétendument humanitaires (avec la palme pour Reporters sans frontières, groupe de pression notoirement financé par la CIA), du gouvernement à quasiment tous les partis, jusqu’à la direction de notre parti, le PCF.

Les propositions de réaction vis-à-vis de la Chine différent. Mais tous se sont crus obligés de participer à la campagne mondiale orchestrée contre la Chine. Pourtant la situation du Tibet n’est pas nouvelle. Les événements récents, si largement diffusés dans le monde méritent également d’être analysés aussi bien quant à leur déclenchement qu’à leurs répercussions réelles.

Les violations permanentes des Droits de l’Homme en Irak, en Palestine, du droit international au Kosovo… ne donnent pas lieu à de telles campagnes, bien que les crimes soient avérés et des résolutions de l’ONU soient bafouées. Que dire de la légalisation de la torture aux Etats-Unis ? La sensibilité aux Droits de l’Homme de certains est sélective, celle d’autres facilement manipulable. Là encore cette hypocrisie n’est pas une découverte.

Les Jeux olympiques sont devenus un moment fort de la politique internationale, retenant l’attention de l’opinion publique mondiale. En 1980, le boycott par les Etats-Unis et leurs affidés des Jeux de Moscou, a été un symbole et un acte de la guerre, froide, livrée sans relâche jusqu’au bout contre le camp socialiste. En 2008, les rapports entre l’impérialisme américain (et son vassal, l’UE) et la puissance montante chinoise sont plus complexes. L’immense croissance productive chinoise s’effectue sur un mode capitaliste, avec des liens commerciaux et financiers très importants avec le capitalisme occidental. La Chine, superpuissance en devenir, également sur le plan militaire, est-elle un partenaire, un rival, un adversaire de la triade capitaliste USA-Europe-Japon ? Plus ou moins les trois à la fois.

C’est comme cela que nous pouvons interpréter les événements préolympiques. Il est impensable pour les gouvernants occidentaux de pousser jusqu’à la rupture avec la Chine que signifierait un boycott. Mais il n’est pas question non plus de laisser la Chine accéder, sans opposition, à l’occasion des JO, à un nouveau degré du développement politique de sa puissance. L’impérialisme occidental fait donc monter ses brigades légères : les media et les ONG à son service qu’il a considérablement développées depuis 1980. Se cacher devant un mouvement que l’on fomente soi-même : troisième hypocrisie.

Une cause facile, soutenue par l’idéologie dominante : de quoi attirer en France tous les opportunistes associatifs et politiques, de quoi abuser certains bons sentiments. On est évidemment bien loin des préoccupations du peuple tibétain.

Communistes français, quelle doit être notre position ?

Surtout pas d’aboyer avec les loups !

Refusons toute instrumentalisation des JO dans notre pays ! Ne rentrons pas dans la campagne antichinoise, dans la logique d’ingérence !

La position du secrétariat national du PCF n’engage que lui, elle n’a même pas été discutée en CN. Accuser Sarkozy de timidité dans sa condamnation de la Chine qui plus est parce qu’il serait sous l’influence de Bush, c’est un contresens! La campagne anti-chinoise est bien pilotée de Washington et non le résultat d’une poussée soudaine d’altermondialisme. Appeler les chefs d’Etats européens pour que l’UE intervienne « pour une issue politique au Tibet », c’est, de surcroît, rentrer la notion illusoire et dangereuse « d’Europe puissance », d’un impérialisme qui serait autonome de celui des Etats-Unis.

Pour autant, malgré l’exaspération que la mise en scène médiatique et politique peu légitimement inspirer, réagir par l’expression d’un soutien inconditionnel au régime chinois serait injustifiable. La lutte anticolonialiste est trop au cœur de notre engagement pour que nous puissions accepter sans réserves les discours sur « l’arriération » du peuple tibétain auquel le régime Chinois aurait apporté développement et modernité. Contrairement à l’Union Soviétique, Etat fédéral où l’élément russe n’étouffait pas les autres nationalités, notamment les peuples d’Asie centrale, la vie politique, économique et culturelle du Tibet, nation historique, est placée sous la domination à tous les niveaux ou presque de Chinois, devenus majoritaires dans le peuplement des villes. Aucun observateur ne le conteste. Pour les communistes, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne saurait souffrir d’exception. Ce n’est en outre pas plus aux Occidentaux (le Dalaï Lama), qu’aux Chinois de désigner les représentants légitimes du peuple tibétain mais à lui seul. Le respect, essentiel, de l’intégrité territoriale de la Chine, ne peut que s’accompagner du respect des droits des nationalités présentes sur son territoire. Cela, nous devons le réaffirmer.

Au-delà des événements actuels, les communistes, l’ensemble des progressistes ne pourront pas faire l’économie d’une analyse de fond sur la question chinoise.

L’émergence de la puissance chinoise s’effectue sur un mode capitaliste mais sous l’impulsion d’un Etat qui a développé une forme de socialisme.

Communistes français, ce socialisme n’a jamais été pour nous une référence, sans même parler de la « révolution culturelle » (qui a en revanche subjugué certains repentis du maoïsme en France que l’on a retrouvés dans les dernières manifestations). Au plan international, nous n’oublions pas qu’il a soutenu les Khmers Rouges (aux côtés des USA) et qu’il a mené une guerre d’agression contre le Viêt-Nam socialiste à peine sorti de sa guerre de libération. Mais la Chine est le plus grand pays qui se réclame du socialisme, son parti dirigeant même du communisme. 

Où en est le socialisme en Chine ? L’appel au capitalisme est-il, à la l’image de la NEP (Nouvelle politique économique de Lénine à partir de 1921), mais à une tout autre échelle, un choix pragmatique pour permettre l’essor des moyens de production qui restent ou doivent revenir sous le contrôle de l’Etat socialiste et du peuple ? Ou bien la Chine est-elle en train de devenir une superpuissance capitaliste où subsiste comme élément dirigeant l’appareil d’Etat du socialisme ? 

Des réponses à ces questions, qui demandent un important travail d’information et de réflexion, dépendent notre analyse des tensions montantes entre Occident et Chine telles qu’elles se manifestent avant les JO et notre attitude politique.

Occident derrière les USA face à Chine : choc entre deux impérialismes capitalistes, l’un déclinant l’autre montant à terme dangereux pour la paix mondiale ? Ou bien choc entre l’impérialisme et une puissance socialiste émergeant au premier rang?

Un chantier de réflexion avant notre 34ème congrès.

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19 mars 2008 3 19 /03 /mars /2008 19:24

Après le jugement du 19 mars confirmant l’interdiction de la Jeunesse communiste, amplifier la solidarité contre l’anticommunisme en République tchèque

Le tribunal de la ville de Prague a rendu son jugement en première instance mercredi 19 mars 2008. Il a validé l’interdiction de l’Union communiste de la jeunesse tchèque (KSM) par le ministère de l’Intérieur en octobre 2006. Dans le même temps, il a débouté la KSM de sa plainte contre le ministère. Le tribunal a estimé que la mesure d’interdiction est en conformité avec les lois en vigueur. Le ministère de l’intérieur avait considéré que le programme de la KSM était en violation avec la constitution de la République tchèque parce qu’il remet en cause la propriété privée des moyens de production et réclame leur socialisation. La KSM va probablement faire appel de ce jugement qui n’est pas exécutoire.

La procédure judiciaire, entamée il y a 18 mois, s’est étonnamment accélérée. L’ouverture du congrès de la KSM aura lieu samedi 22 mars. Pour ses dirigeants, ce n’est pas une coïncidence. Le pouvoir tente de faire pression sur les jeunes communistes pour qu’ils abandonnent les références théoriques fondamentales, marxistes et léninistes, de leur engagement politique.

L’action déterminée de la KSM contre la politique de casse sociale en République tchèque, contre l’implantation d’une base américaine de la « guerre des étoiles », la force et les combats du Parti communiste de Bohême-Moravie (KSCM) auquel elle est liée sont décidément insupportables pour les capitalistes.

Il est très important que soit réaffirmée la solidarité des communistes, des démocrates français avec la KSM que la mobilisation ne se relâche pas, alors qu’une nouvelle vague d’anticommunisme est lancée dans plusieurs Etats de l’Union européenne. En Hongrie, le gouvernement menace d’emprisonner les dirigeants du Parti communiste ouvrier (PCOH). Qui sera frappé demain par cette chasse aux sorcières ?

A l’occasion de son congrès, nous adressons à nouveau notre soutien total à nos jeunes camarades tchèques. Nous relançons notre campagne de signatures contre l’interdiction de leur mouvement.

Nous tenons à la disposition des organisations du PCF, de tous ceux qui veulent intervenir, des cartes postales de solidarité à faire signer et envoyer à la KSM.

Contact : PCF Paris 15, 01 48 28 60 05

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13 mars 2008 4 13 /03 /mars /2008 20:03

Le 9 mars 2008 avaient lieu les élections législatives espagnoles. La « gauche unie », Izquierda Unida (IU), a enregistré un score historiquement bas (3,80% et 2 députés, encore en baisse de 1,2% et de 3 sièges). Au sein du Parti communiste espagnol, qui est à l’origine la création en 1986 de cette coalition de différents mouvements de gauche et écologistes, les critiques contre IU font rage. Pour beaucoup, y compris parmi la direction du PCE, la déroute électorale sanctionne la politique d'allégeance au PSOE et l’absence d'organisation et de ligne politique réellement communistes. Les communistes sont de plus en plus nombreux à demander le retour à l’autonomie politique.

 

L’échec de cette expérience précurseur de "dépassement" d’un parti communiste, de dilution dans un ensemble de « gauche » sonne comme un avertissement pour ceux qui voudraient tenter la même expérience, notamment en France.

 
Nous mettons en ligne ci-dessous la traduction d’un communiqué du PCE suite aux élections et des extraits d’une résolution du PSUC (Parti socialiste unifié de Catalogne – partenaire catalan du PCE). Texte et traductions : AC pour vivelepcf



Communiqué de la Commission permanente du Parti communiste espagnol sur le résultat des élections générales

Tout d’abord, le PCE veut féliciter tous les hommes et les femmes de Izquierda Unida (IU) pour tout le travail et l’enthousiasme qu’ils ont manifestés dans cette campagne électorale.

Les résultats des élections générales se traduisent par une lourde défaite des candidats de IU. Une défaite sans équivoque.

Deux raisons doivent être prises en compte.

D’une part, le bipartisme exacerbé, habilement orchestré par les deux grands partis, a porté un coup très dur au pluralisme au sein de la société espagnole et à son caractère démocratique. Il s’est traduit par une amputation de la représentation politique aux Cortes [parlement].

D’autre part, l’absence de ligne propre à IU et son suivisme derrière les positions de Zapatero n’a pas rendu possible la défense de l’espace politique naturel d’IU, celui d’une force indépendante de transformation sociale.

L’Assemblée ordinaire d’Izquierda Unida doit se tenir dès que possible. Dans cette perspective, l’actuel coordinateur général d’IU n’est pas à même de conduire le processus nécessaire de reconstruction, par lequel IU doit retrouver sa vraie identité, en opposition avec la réalité des derniers temps qui en a fait une force d’appoint du PSOE.

Le PCE propose la constitution d’une commission pluraliste, unitaire, collective et collégiale qui garantisse tant le déroulement strictement démocratique de l’assemblée qu’un processus de reprise et de relance qui permettrait redonnant aux militants la parole et l’initiative.

Le PCE croit qu’il y a de la place pour une gauche de transformation sociale dans notre pays et il s’engage à la reconstruire.

Le PCE félicite la coalition Izquierda Unida-Les Verts en Andalousie pour avoir maintenu ses résultats malgré la vague bipartiste en ne reniant pas son identité propre et ses ambitions de transformation sociale.

Madrid, 10 mars 2008

 

 

Résolution du PSUC sur les Elections de 2008

Secrétariat du PSUC, 12 mars 2008

Les élections du 9 mars marquent la fin d’un cycle de 8 ans caractérisé pour IU par les crises internes, l’absence de projet de société alternatif et une politique de subordination au PSOE. Tout cela s’accompagnant d’un manque criant en terme d’organisation et d’une négation de la diversité des composantes d’IU.

La perte de 600 000 voix, qui nous laissent avec un seul député, est le pire résultat de toute l’histoire de IU. Il ne peut se comprendre seulement par les raisons évoquées plus haut, mais aussi par le bipartisme qui est en train de s’imposer dans notre pays.

Les résultats de ICV/EUiA [coalition catalane d’IU], avec la perte de 60 000 voix et d’un député, sont la conséquence de la dépendance et de l’absence de critique à l’égard du gouvernement de Montilla [président PS de la Catalogne] et du manque d’alternative politique. Le suivisme [d’IU] sur des sujets aussi importants que la privatisation de pans de la Santé publique, et le silence sur les propositions de privatisation de l’Education envisagée par le rapport d’Ernest Margall, sont des éléments qui ont provoqué un rejet de notre parti, dans des secteurs historiquement de gauche.

(...)

Le PSUC considère qu’un cycle politique se termine et que dans les circonstances actuelles le projet originel d’IU et plus que jamais d’actualité. C’est pour cela que nous lançons un appel pour reconstruire un mouvement politique et social qui parte de la base, en évitant de tomber dans les erreurs du passé ou dans un renouvellement de la ligne de Llamazares [dirigent actuel d’IU], ce qui signerait l’enterrement définitif de notre projet.

Par-dessus tout, nous devons lancer la réflexion et le travail pour relancer une alternative anticapitaliste, capable de retrouver les valeurs et l’utopie de la gauche de transformatrice.

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6 mars 2008 4 06 /03 /mars /2008 17:37

Nette progression du Parti communiste de la Fédération de Russie

Communistes français, nous pouvons observer avec intérêt les progrès électoraux du Parti communiste de la Fédération de Russie (PCFR) à la lecture de ses positions sur internet.

Les media français ont choisi de mettre en avant les manifestations de « quelques dizaines » (sic) d’opposants à Poutine, « libéraux » pro-occidentaux. Le candidat du PCFR, Guennadi Ziouganov, a obtenu 17,76% et 13 millions de voix derrière le candidat du pouvoir Medvedev. Ce résultat « officiel » est à apprécier à l’aune de la fraude massive organisée de façon flagrante dans de nombreuses régions, de l’omniprésence de la propagande officielle et des pressions du pouvoir, relevées par tous les observateurs.

Dans de nombreuses villes, le candidat du PCFR double voire triple son score des législatives de décembre dernier atteignant 30 à 40% des voix dans certains centres industriels ou scientifiques. Au plan national, le PCFR est confirmée comme seule opposition progressiste et même seule opposition tout court au régime de Poutine.

La campagne de Ziouganov s’est concentrée sur les questions sociales et économiques, notamment autour du programme « 20 étapes pour une vie décente ». Les communistes russes ont mis l’accent sur la liquidation et le pillage du potentiel productif du pays, sur le vieillissement des infrastructures, sur le démantèlement de la recherche, de la formation des salariés. Sur ces positions, Ziouganov a reçu le soutien de nombreux syndicalistes pendant la campagne. Les communistes russes ont dénoncé également la politique monétaire soumise à la finance, au dollar et à l’euro.

Le pouvoir de Poutine ne cherche pas à répondre aux problèmes économiques, au contraire. Il transforme le pays en fournisseur de matières premières et creuse les inégalités. Sur le plan politique, Ziouganov a dénoncé la dérive vers le pouvoir personnel qui va de pair avec la corruption généralisée.

Face à la crise économique et sociale, mais aussi physique et morale, subie par le peuple russe, le PCFR apparaît comme la seule force politique organisée de résistance.

Cela ne peut qu’attirer davantage notre attention sur la réalité et les évolutions de ce parti, devenu étonnamment lointain pour les communistes français.   

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28 février 2008 4 28 /02 /février /2008 23:36

Pour information, nous publions une traduction d'un message aux électeurs de Guennadi Ziouganov, candidat du Parti communiste de la Fédération de Russie.

 

 

Le candidat à la présidentielle du Parti Communiste de la fédération de Russie Guennadi Ziouganov s’adresse aux électeurs.

Chers compatriotes !

Nous arrivons au terme de cette campagne, notre équipe ainsi que moi-même avons fait tout ce que nous avons pu dans cette lutte intense pour la victoire.

 

Contrairement à mon principal opposant, j’ai pris part à tous les débats télévisés ou radiodiffusés. Nous avons fait tout notre possible pour vous faire part de notre programme, fondé sur la prise en compte des intérêts de la majorité des citoyens de la Russie et de la situation actuelle de notre pays.

 

Nous avons parcouru toute la Russie, jusqu’aux secteurs les plus reculés, délaissés, où la population endure aujourd’hui les pires difficultés.

 

Je n’ai cessé d’aller à la rencontre des gens du peuple, de représentants de toutes les composantes de la société. Tous m’ont transmis le même message, tous s’accordent sur l’analyse des problèmes qui touchent la Russie et ravagent la vie de nos concitoyens, jusqu’à leur faire perdre confiance dans l’avenir.

 

Que nous soyons intellectuels ou paysans, salariés ou travailleurs indépendants, étudiants ou retraités, nous sommes tous inquiets devant la corruption rampante, sans précédent, devant la chute de la production industrielle et de la production agricole, devant les abus de pouvoir de bureaucrates sans principes, devant la destruction de notre potentiel scientifique, devant l’effondrement désastreux du nombre d’ouvriers qualifiés, de techniciens, de cadres, devant la perte totale de l’indépendance alimentaire de la Russie, devant tous ces problèmes énormes qui ne font que s’aggraver en dépit des vaines incantations du pouvoir en place.

 

Tout au long de la campagne, vous nous avez répercuté ce que 15 ans déjà ont mis dans les têtes : qu’il n’y aurait pas d’autre choix possible, que chacun serait dépassé par la situation. 

 

Il ne reste plus que quelque jours, ou plutôt quelque heures, pour réfléchir à ce qui nous arrive, à ce qui arrive à notre pays, plus grave encore, à ce qui attend nos enfants.

 

Le 2 mars, nous allons avoir une véritable occasion de prouver à ceux qui se sont emparés du contrôle de la Russie pour la transformer en fournisseur de matière première, que le peuple peut inverser ce processus désastreux, qu’il est capable de mettre en échec les projets du pouvoir et de ses idéologues, qu’il est capable d’avoir le dernier mot comme il l’a toujours fait aux heures les plus dures et cruciales de l’histoire de notre patrie.

 

Encore une fois, je veux vous dire ce que je crois et qui m’a conduit à me présenter aux précédentes élections présidentielles, et à nouveau à celles-ci.

 

Je n’ai aucun doute que les citoyens de Russie qui, encore une fois, sous l’influence des pressions et des promesses du gouvernement actuel, permettraient aux représentants du grand capital de continuer à diriger notre pays, regretteraient bien vite ce choix, comme le regrettent désormais ceux qui ont soutenu Eltsine dans les années 90.

 

Et je peux dire, avec certitude, que si les électeurs nous font confiance, à moi-même et à mes amis, pour assumer la haute mission de gouverner le pays, ils n’auront pas à le regretter.

 

Dans ce cas, nous vivrons dans un pays où le pouvoir ne se contente pas de bavardage sur ce qui légal, la sécurité du pays, la justice sociale, mais les incarne et les met en oeuvre chaque jour. Nous vivrons dans un pays où les gouvernants auront la volonté politique de forcer les bureaucrates à travailler pour le peuple et non pas pour remplir leurs propres bourses. Nous vivrons dans un pays où l’unité et la stabilité ne seront plus des slogans publicitaires à la télévision, mais bien une réalité.

 

Ensemble, faisons en sorte que le 2 mars soit une étape décisive pour:

 

- Que les richesses de notre pays reviennent au peuple !

 

- Que l’on renforce la sécurité de notre pays !

 

- Que chacun ait les moyens de vivre dignement !

Votre Guennadi Ziouganov


traduction: AC pour vivelepcf
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