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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
11 juin 2008 3 11 /06 /juin /2008 11:09

Les analyses du Parti communiste de Chypre (AKEL), trois mois après l'élection d'un président communiste


Décision/Appréciation du Comité Central de l’AKEL
au sujet des élections présidentielles

 

La session plénière du Comité Central de l’AKEL s'est réunie mardi 13 mai 2008 pour procéder à l’appréciation des élections présidentielles des 17 et 24 février 2008. Elle a également défini les devoirs du Parti dans le cadre de la situation nouvelle produite par les résultats des élections. La discussion a eu lieu sur la base des documents du Bureau Politique et du rapport du Secrétaire Général du Comité Central, Président de la République Dimitris Christofias.

 

L'élection de Dimitris Christofias à la Présidence de la République constitue un succès d'importance historique, non seulement pour la Gauche, mais aussi pour tout le peuple chypriote en son entier. Ce succès a renversé des préjugés de plusieurs décennies et a tracé de nouvelles perspectives porteuses d'espoir, tant pour le combat pour une résolution juste de la Question chypriote, que pour une société plus juste. Le succès électoral constitue également une contribution particulière aux luttes et à la situation de la Gauche en Europe, et plus largement dans le monde. C’est précisément pour cette raison que les partis de gauche à l'étranger ont salué, avec une remarquable joie et satisfaction, l'élection de Dimitris Christofias.

 

Le Comité Central de l’AKEL félicite chaleureusement les cadres et les membres du Parti, et de manière générale ceux qui ont participé au Mouvement Populaire pour leur contribution multilatérale au succès du combat préélectoral. La victoire de Dimitris Christofias est principalement due à leur enthousiasme, leur foi et leur dévotion formidables, ainsi qu’à un travail dur et organisé durant la période préélectorale. Le Comité Central adresse des salutations particulières et de chaleureuses félicitations à la jeunesse du Mouvement Populaire, qui s'est trouvée en première ligne du combat électoral en donnant le meilleur de soi.

 

Le Comité Central de l’AKEL remercie et félicite les partis politiques et les organisations, les mouvements de soutien à la candidature de Christofias, et les personnalités qui se sont engagées en sa faveur, soit dès le début de son combat électoral, soit au deuxième dimanche des élections. L'élection de Christofias est également redevable pour une grande part de leur soutien et de leur contribution.

 

Le Comité Central de l’AKEL estime que la victoire aux élections présidentielles est le produit de la combinaison de nombreux facteurs. Ces facteurs sont :

 

Une ligne politique sans équivoque et suivie du Parti sur la Question chypriote, la contribution de l’AKEL et du Mouvement Populaire aux problèmes économiques et sociaux du pays, ainsi qu'au combat pour une société plus juste. L’AKEL s’est établi dans la conscience du peuple comme force authentiquement patriotique, qui se bat scrupuleusement sur des principes, mais aussi avec souplesse pour une solution du problème chypriote. L’AKEL s’est également établi dans la conscience du peuple comme force politique responsable et sérieuse, par ses prises de positions politiques réfléchies. La sensibilité de l’AKEL en matière de politique sociale et de justice sociale est largement reconnue par le peuple.

 

Une claire politique de collaborations que suit constamment et consciencieusement l’AKEL.

 

La capacité d’innovation de l’AKEL, et sa reconnaissance en tant que force de modernisation de la société, porteuse de valeurs et d’espoirs de croissance et de progrès.

 

La justesse de la décision du Parti d’avancer la candidature de Dimitris Christofias pour la fonction suprême de la République, au moment propice d’un point de vue temporel et politique. Cette candidature, renforcée par une procédure de désignation entièrement démocratique, a été acceptée avec satisfaction par le peuple. La candidature de Dimitris Christofias a été présentée au moment précis où les conditions étaient mûres ; c’est pour cela qu’elle s‘est avérée victorieuse.

 

Dimitris Christofias lui-même, dont les dispositions particulières, et les qualités qui le distinguent à la fois en tant qu’homme et homme politique, et qui l’ont révélé, depuis des années, comme le leader politique le plus aimé du peuple, qui concentre sur lui le respect et l'estime des citoyens indépendamment de leur positionnement idéologico-politique. La personnalité de Dimitris Christofias et les positions qu’il exprime ont grandement contribué au rassemblement tant de la plus large partie de la Gauche que des forces et des gens extérieures à cette espace.

 

Le fait d’être parvenu à avoir des cadres de l’AKEL présents dans toutes les instances du pouvoir, dans les collectivités locales, les organismes semi-publics, le Parlement et le Gouvernement, ainsi que, en ce qui concerne Dimitris Christofias lui-même, à la présidence de la Chambre des Députés.

 

La qualité spécifique et la vocation de la Gauche – et celles personnellement de D. Christofias – qui sont d’exprimer les intérêts du peuple tout entier des Chypriotes Grecs et Chypriotes Turcs ; spécialement en promouvant la communication et la collaboration entre les deux communautés, en s’opposant au nationalisme et en combattant pour le rapprochement sur une base établie de longue date.

 

Le désir intense du peuple d'aller de l’avant, d'échapper à un arrimage stérile au passé, d'ouvrir des voies et des perspectives. La candidature de Christofias répondait précisément à cette envie populaire de changement, d’espoir et de perspective.

 

La bonne politique de communication mise en œuvre par l’état-major de campagne de Dimitris Christofias et par l’AKEL, et l’organisation et la collaboration efficaces du Parti, du Mouvement Populaire, des Forces Nouvelles, des Groupes de Soutien et de tous ceux qui ont travaillé pour la candidature de D. Christofias.

 

Le Parti était le fondement et le levier essentiel de tout le travail politique, de communication et d'organisation. Tant que le Parti reste puissant, uni, bien organisé et correctement orienté du point de vue politico-idéologique, des succès similaires se reproduiront.

 

La session plénière du Comité Central de l’AKEL expose, devant ses instances et la totalité du Parti, ses devoirs qui découlent du résultat des élections présidentielles, et appelle tout le monde à travailler pour leur concrétisation la plus complète.

 

Le premier devoir du Parti et du plus large Mouvement Populaire (note: le Mouvement Populaire correspond à l'ensemble des différentes organisations de masses, telles que l'Organisation de la Jeunesse (EDON), les syndicats de classe de la Fédération Panchypriote du Travail (PEO), l'Organisation des Agriculteurs (EKA), l'Organisation des Femmes (POGO) et d'autres organisations progressistes et de gauche) est de soutenir le gouvernement de Christofias et de l'aider le plus fortement possible afin qu'il réussisse dans sa tâche et soit à la hauteur des attentes du peuple. Les positions et les objectifs qui sont répertoriés dans le programme de gouvernement du président de la République constituent aussi notre propre engagement et contrat envers le peuple. Certes, la responsabilité de concrétiser le programme revient au Gouvernement dans son ensemble et à chacun des ministres séparément. Cependant, nous devons, en tant que Parti, nous investir de toutes nos forces dans cet effort. Par conséquent, le Parti, le Groupe Parlementaire de l’AKEL-Gauche-Forces Nouvelles, les commissions du Comité Central et les organisations de masses doivent être engagées dans le travail de réalisation du programme gouvernemental. Le degré de concrétisation de ce programme aura inévitablement une répercussion sur le développement ultérieur de l'influence et du prestige du Parti au sein du peuple.

 

Le programme gouvernemental est quinquennal. Le Gouvernement hiérarchise ses objectifs et pose des priorités. Une certaine aisance et du temps doivent lui être donnés, pour qu’il planifie et envisage ses actions. Aussi devons-nous aider par notre intervention à faire comprendre qu’il n'est pas possible que tout ce qui est prévu dans le programme se réalise dès les premiers mois.

 

Notre objectif doit être au préalable la concrétisation des protections fondamentales inscrites dans le programme, afin de faire avancer la solution au problème chypriote, et d’obtenir une amélioration dans des secteurs et pour des questions qui concernent de larges parties de la population ; c’est-à-dire que nous devons nous centrer en priorité sur les sujets qui renouvelleront radicalement les questions sociales du pays et inviteront à des innovations.

 

Nous ne pouvons sans doute pas ignorer les nombreux problèmes quotidiens, ordinaires ou non, des gens. Sans que cela nous déroutent de notre objectif principal, nous devons, eux-aussi, les traiter avec patience et compréhension ; en trouvant des solutions raisonnables et justes, et en démontrant ce qui est déraisonnable et infondé.

 

Ce qui, à la base, nous aidera à orienter nos actions devra rester la méritocratie, l’égal traitement, et la légalité. Il n’est pas question que le Gouvernement de Christofias s’occupe des citoyens en fonction de leur couleur politique et de leur credo idéologique ; auquel cas, nous agirions contre nos principes pour, au final, des résultats négatifs. C’est cette position qu’il nous faut expliquer avec patience et constance au monde, en donnant certes raison, dans la mesure du possible, à ceux qui ont été lésés en raison de pratiques indignes ou de comportements partiaux.

 

Nous devrons expliquer à notre peuple, que par la prise en compte des points ci-dessus, le Président de la République et son Gouvernement sont Président et Gouvernement de tous les Chypriotes, et devront se comporter en tant que tels. Il faudra par ailleurs bien tenir compte du fait que le Président et le Gouvernement agissent dans le cadre défini par notre participation à l'Union Européenne, dans les difficultés d’une économie mondialisée, et bien entendu sous l’occupation [du nord du pays]. D’un autre côté, il est clair que, indépendamment de cela, la Présidence et notre Gouvernement sont progressistes et agiront dans l’intérêt du peuple.

 

L’AKEL et le plus large Mouvement Populaire devront conserver leur caractère combatif et revendicatif en tant que force de défense des droits des travailleurs et plus largement du peuple, et en tant qu’avant-garde de la lutte pour la consolidation et l'élargissement de ses conquêtes. Le Parti et le Mouvement Populaire le plus large doivent continuer ainsi à produire des idées et des politiques qui aident aussi le Gouvernement dans sa recherche de solutions dans sa confrontation aux problèmes qui, soit existent aujourd'hui, soit apparaîtront au fur et à mesure. Avec l'élection de Christofias, l’AKEL a endossé des responsabilités particulières, augmentant les attentes du peuple envers notre Parti. Tous les efforts doivent alors être faits pour que nous y répondions, et que nous offrions, ensemble avec le Président et le Gouvernement, les meilleurs résultats possibles au profit de Chypre et de notre peuple.

 

En ce qui concerne l’AKEL, il devra continuer à travailler pour l’unité sur le front intérieur et pour le renforcement des relations d'amitié et de collaboration qui existent entre les partis participant au gouvernement.

 

Le Comité Central de l’AKEL constate avec satisfaction que, depuis l'élection de Dimitris Christofias, il existe aujourd’hui, comme résultat des initiatives qu’il a prises, une évolution appréciable de la Question chypriote. En un peu moins de trois mois, le climat a complètement changé, et des gestes concrets et porteurs d'espoir ont été faits. Nous saluons la rencontre du 21 mars et ses résultats. Nous saluons l'ouverture de la rue de Lidras, ainsi que la constitution et le fonctionnement de groupes de travail et de commissions techniques. Nous attendons que ceux-ci produisent un effort de rapprochement des points de vue des deux communautés. Il est indispensable que les groupes de travail et les commissions techniques obtiennent des résultats pour que l’on puisse passer à la prochaine étape, celle des négociations entre les représentants des deux communautés. La détermination politique et la bonne volonté du Président Christofias de travailler ardemment afin que nous arrivions à une solution le plus rapidement possible, sont des faits acquis. Nous appelons les dirigeants de la communauté chypriote turque à faire de même. Plaider pour une solution à deux états, deux peuples, pour une « parthénogenèse », pour le séjour de tous les colons et les « droits » imprescriptibles de la Turquie sur Chypre, n’est absolument pas constructif, et met en péril toute la procédure qui est en marche.

 

Le Comité Central de l’AKEL appelle les Nations-Unies, les cinq membres permanents du Conseil de Sécurité, l'Union Européenne, et de manière générale la communauté internationale à faire pression sur Ankara pour qu'elle change sa politique vis-à-vis du problème chypriote. Ce n’est qu’ainsi qu’une voie pourra être ouverte vers la solution. L’AKEL répète qu'il s'engage pour la solution d’une fédération bizonale et bicommunautaire sur la base des résolutions des Nations-Unies, des accords à Hauts Niveaux, du droit international et européen. Le Comité Central de l’AKEL adresse ses salutations amicales et respectueuses à nos compatriotes Chypriotes Turcs, et appelle à un combat commun pour que justice soit rendue à notre patrie commune. Il assure en même temps qu'il continuera à lutter contre le nationalisme et le chauvinisme, et à œuvrer pour le rapprochement des deux communautés.

 

Le Comité Central de l’AKEL salue et soutient les initiatives du Président Christofias pour le maintien d’un climat d'unité sur le front intérieur, qui constitue une condition indispensable de succès pour le combat pour que justice soit rendue à Chypre. Il salue également et appuie les initiatives du Président pour la revalorisation du rôle et de l'efficacité du Conseil National (note: Conseil National - Organe consultatif pour le Président de la République composé de tous les partis parlementaires et des anciens Présidents). L’AKEL agira dans la mesure du possible pour contribuer activement et avec créativité au renforcement de l'unité de notre front intérieur, et pour le meilleur fonctionnement du Conseil National.

 

En ce qui concerne la politique intérieur, la session plénière du Comité Central de l’AKEL estime que les premières mesures du gouvernement de Christofias sont très positives. Elles dénotent le fait que le programme gouvernemental a commencé à être mis en œuvre avec détermination et une sensibilité sociale. L’AKEL salue les positions du gouvernement en matière de politique socio-économique et sur des questions relatives au travail, telles qu’elles ont été formulées par le Président dans son discours lors des célébrations de la fête du 1er Mai.

La session plénière du Comité Central appelle les membres du parti à l’engagement et au combat pour que nous offrions à la patrie et à notre peuple l'avenir que nous méritons.

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 15:43

Le « Workers’ Party » d’Irlande dénonce le manque d’information sur le traité européen

 

Le peuple irlandais sera le seul à être consulté par référendum sur le nouveau traité de l’UE, dit « de Lisbonne », du fait de sa constitution nationale de 1937.

Le vote aura lieu le 12 juin prochain. Parmi toutes les manœuvres pour influencer le vote, la dernière n’est pas de rendre inaccessible le texte au plus grand nombre. 

Le « Workers’ Party » (Parti des travailleurs), l’une des formations politiques qui militent ardemment pour le NON, dénonce ce déni de démocratie, avec force et perspicacité dans ses références.

En 1937, le gouvernement de l’époque s’était efforcé de faire connaître le plus largement le projet de constitution nationale, soumis à référendum. Il y avait consacré les moyens nécessaires. Le « Workers’ Party » rappelle comment les autorités avaient lancé une campagne d’annonces dans la presse. Le projet de constitution était disponible gratuitement dans tous les lieux publics et les librairies. Il était en vente au prix modique de 2 « anciens pence », soit « moins cher qu’une pinte de bière ».

En 2008, pour se procurer un texte du projet de traité de l’UE, il faudra au citoyen irlandais débourser 42 euros sans les frais de port… Ou bien se procurer une imprimante susceptible de tirer les plus de 300 pages depuis internet, où l’on peut certes les lire si l’on ne craint pas de s’abîmer les yeux.

Le gouvernement voudrait bien sans doute que les électeurs votent après avoir bu pour 42 euros de bière plutôt qu’après avoir pris connaissance d’un texte qui va directement contre leurs intérêts, leurs acquis démocratiques notamment de 1937.

Les partis, qui militent pour le non, dénoncent la manipulation et font connaître le texte. Nous leur apportons le témoignage de toute notre solidarité, sur la base de notre propre expérience.

En gaëlique, il n’existe pas de mot pour exprimer notre « oui »…   

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 12:38

62% des Hongrois jugent que l’ère Kadar (1957-1989) a constitué l’époque la plus heureuse de leur pays. Ils n’étaient que 53% dans le même sondage en 2001.

BL/EDT pour vivelepcf d’après une correspondance locale

La filiale hongroise de l’institut de sondage allemand gfk-Hungaria a réalisé en mai 2008 un sondage sur la perception par la population du passé de leur pays. De façon encore plus marquée qu’en 2001, les sondés considèrent que la période antérieure au  changement de régime (1989) a été la « plus heureuse » de l’histoire. L’expression de cette nostalgie concerne plus particulièrement la période comprise entre 1956/8 et 1985/9, lorsque János Kádár était chef du gouvernement et premier dirigeant du parti socialiste ouvrier (PSOH) au pouvoir.

Dans le détail, l’enquête ne permet pas de visualiser les opinions exprimées en fonction de l’appartenance sociale. Toutefois, nous observons que la popularité de la période « kadarienne » diminue avec le niveau de diplôme (54% pour les diplômés de l’université et des grandes écoles, 58% chez les bacheliers, 62% chez les diplômés des lycées professionnels et 67% chez ceux qui ont arrêté leurs études avant le lycée) et avec la taille de la ville (maximum de popularité atteint dans les villes de 2 à 5000 habitants et minimum relatif à Budapest). Cette indication est suffisante pour tirer quelques enseignements sur le sentiment des classes populaires : alors que les cadres des grandes entreprises, diplômés des écoles de commerce et des universités de droit, se concentrent à Budapest, les petites villes de province abritent une population d’ouvriers et d’employés, mal payée et mal protégée, mais aussi de retraités et de chômeurs survivant dans une situation très difficile. Nous pouvons aussi supposer que les petits commerçants et artisans (dont les activités étaient restées privées du temps du socialisme) font partie des sondés favorables à ce qu’il est convenu d’appeler en Hongrie l’ « ancien régime ».

De façon assez logique, cette popularité croît avec l’âge des sondés : 80% chez les plus de 50 ans, 72% chez les 40-49 ans, 55% chez les 30-39 ans et seulement 24% chez les 15-29 ans qui n’ont pas ou à peine connu cette époque directement. Autre résultat intéressant de ce sondage : le « score exceptionnel » obtenu par les deux dernières décennies qui sont considérées par 60% des personnes interrogées  comme la plus malheureuse du XXe siècle (12 points de plus qu’en 2001), loin devant la période Kádár et l’avant-guerre (13% chacune) !

L'augmentation de la sympathie pour la période Kádár depuis 2001 n’a rien d'étonnant. Le « miracle hongrois », tant célébré par la Commission Européenne avant l’élargissement de mai 2004, a pris fin il y a plusieurs années. La prospérité économique relative qu’avait connu le pays dans les années 1990 reposait sur le flux ininterrompu des investissements occidentaux. Celui-ci contribuait au développement de certaines activités dans la capitale et dans quelques grandes villes, grâce à des délocalisations industrielles (automobile, pharmacie, informatique) et l’installation de sièges sociaux (IBM). L’essoufflement de cette dynamique est dû aux nouveaux horizons des délocalisations industrielles, encore plus lointains (Roumanie, Slovaquie, Turquie), mais aussi au rapatriement du profit par les premiers investisseurs. De plus, l’abondance passagère de capitaux étrangers a eu un prix : celui de la privatisation et de la liquidation rapide du secteur industriel socialisé et celui de l’alignement sur les législations les plus libérales en ce qui concerne la protection maximale du revenu du capital, la faiblesse de l’imposition des entreprises, la ruine des systèmes sociaux solidaires et le démantèlement du droit du travail.

Les conditions de vie du plus grand nombre, déjà sévèrement détériorées par le changement de système en 1989, se sont à nouveau dégradées après 2001. Le gouvernement « libéral-socialiste » a opté de manière brutale pour une politique de rigueur. Une série de mesures visant les dernières entreprises publiques (transports), les hôpitaux (fermetures de site, privatisations, forfait hospitalier), les universités (autonomie, réduction des crédits, envolée des droits d’inscriptions) et les administrations des ministères (vente du parc immobilier, réduction du personnel) a été très durement ressentie. Dans le même temps, les impôts sur la consommation (TVA à 25%, la plus forte d’Europe) et sur le revenu (peu ou pas de progressivité) sont maintenus à des taux élevés. Enfin, les Hongrois doivent subir chaque année une hausse d’environ 10% du prix du gaz, de l'électricité et des transports. Avec une croissance plus lente, les profits n’en continuent pas moins de remplir les poches de quelques capitaines d’industrie occidentaux et hongrois, dont le premier ministre « socialiste » lui-même. On estime que le revenu médian est toujours inférieur de 30% à celui de 1989, en prenant en compte la valeur des avantages matériels comme le logement et l’accès gratuit à de nombreux services. Une grande fraction de la jeunesse, notamment étudiante, ne songe qu’à une réussite individuelle et à partir en Occident.

Le regret de la période précédente où la vie était perçue comme meilleure et surtout plus sûre est observable dans la plupart des pays de l’est. En ex-RDA, on a inventé le concept « d’Ostalgie ». Un sentiment anticapitaliste et un attachement à la « solidarité nationale » sont très aussi répandus.

Mais ce phénomène n’a pas de traduction politique. L’idéologie dominante s’efforce, efficacement pour l’instant, de couper cet état d’esprit et le regret des acquis de l’ancien système de toute référence au socialisme.

Le parti socialiste - héritier direct de l'ancien PSOH  pour la structure et les cadres – s’est radicalement détourné de son passé. Au pouvoir, il s’est appliqué, d’une manière brutale et voyante, à démanteler les acquis sociaux du régime précédent, se montrant adepte d’un « libéralisme » échevelé.

Le système politique a (judicieusement) laissé au parti conservateur (droite) le rôle de défendre les quelques meubles restants (santé, universités). Il capte une partie de la protestation sociale, avec un discours souvent nationaliste et tout en développant un discours anticommuniste outrancier.

Le Parti communiste ouvrier hongrois s’efforce de s’impliquer dans le développement du mouvement social. Depuis 2 ans, le PCOH a fini de se désolidariser complètement du PS. Il n’appelle plus à voter pour lui au 2e tour et le caractérise comme un parti capitaliste comme les autres, sans identifier l’ensemble de ses adhérents à sa direction. Mais son influence et sa visibilité restent modestes, hormis sans doute quelques localités. Le PCOH fait face à une intense répression allant jusqu’à la menace d’emprisonnement de tout son bureau politique.

Une campagne internationale de solidarité a été lancée (voir appel).

Pour les communistes français, il ne s’agit pas d’utiliser les résultats de sondages comme celui-ci en Hongrie, pour réhabiliter des modèles de socialisme comme le « socialisme à la hongroise » où l’économie mixte était particulièrement développée. Mais ils permettent de contrer l’un des axes de la propagande anticommuniste, propagée notamment par l’UE et d’alimenter notre réflexion sur notre visée socialiste, sous un autre jour que le discours de la « repentance », des « valises de plomb de l’Histoire », développée par la direction du PCF depuis plusieurs années.

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 09:17

La répression anticommuniste s’intensifie en République tchèque. Intensifier la solidarité internationale avec la JC interdite (KSM)!

Se faire arrêter pour avoir brandi le drapeau rouge avec la faucille et le marteau, cela se passe maintenant au cœur de l’Europe, en République tchèque. C’est arrivé précisément le 21 mai dernier à Prague à un dirigeant de l’Union communiste de la jeunesse tchèque, David Pazdera, qui participait à une manifestation contre la privatisation du système de santé. Déjà lors de la manifestation du 1er mai à Brno, la police s’était emparée des drapeaux de jeunes manifestants communistes.

Les emblèmes de la faucille et du marteau ne sont pourtant pas interdits en République tchèque, même si plusieurs parlementaires, à l’image de certains parlementaires européens, le demandent. David Pazdera avait fait remarquer le 1er mai que se trouvent parmi les plus virulents d’entre eux des anciens membres du parti communiste et de la JC, d’avant 1989…

Ce nouveau pas franchi dans la répression anticommuniste en République tchèque suit la décision de la justice, le 24 avril, de déclarer légale la mesure d’interdiction de la KSM prise en 2006 par le ministère de l’intérieur. Elle a ordonné la dissolution immédiate de l’organisation.

Bien au-delà des communistes, tous les progressistes, les démocrates, de tous les pays, notamment d’Europe ne doivent pas laisser passer la banalisation du délit d’opinion, en particulier de l’opinion marxiste et socialiste.

Rappelons que le motif invoqué par les autorités est l’expression dans les statuts de la KSM de la nécessité de l’appropriation publique des moyens de production et d’échange.

Derrière l’organisation de jeunesse, il ne fait pas de doute que le Parti communiste de Bohème-Moravie, KSCM, 3ème parti du pays, est visé. Les autorités souhaitent probablement aussi préparer le terrain à la campagne anticommuniste et caricaturale qui accompagnera l’anniversaire des événements d’août 1968.

La solidarité internationale contre l’interdiction de la KSM doit s’intensifier.

En France, une carte postale de solidarité, reprenant une pétition de soutien, a été éditée par des organisations du PCF et est à la disposition de tout militant (contact : solidarite-pcf-ksm@laposte.net ).

Nous appelons ce jour le Comité exécutif national du PCF à prendre des initiatives d’ampleur.

Au Conseil national du PCF du 23 mai, consacré aux questions européennes, Emmanuel Dang Tran a évoqué l’interdiction de la KSM mais ignorait la nouvelle étape de l’escalade répressive.

Il n’est pas imaginable qu’un pays qui vient d’honorer Guy Môcquet, admette que l’un de ses voisins et partenaires criminalise et arrête des jeunes communistes qui ont aujourd’hui les mêmes convictions politiques.

Stéphane Auriol, Emmanuel Dang Tran, Fabienne Debeauvais, Claude Fainzang, membres du CN du PCF

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 17:12

«Quelles perspectives pour le mouvement communiste en Italie ? »

Rencontre-débat avec Andrea CATONE, historien, militant du Parti de la Refondation Communiste, collaborateur de la revue « l’Ernesto ». A l'invitation d'Emmanuel Dang Tran et Claude Fainzang, membres du CN du PCF.

Paris, Ecole Normale Supérieure, le 17 mai 2008.


Retranscription de l’introduction d’Andrea CATONE (par JV pour vivelepcf – non revue par l’orateur)

 

La défaite des forces de gauche est inattendue et sans précédent.

         La gauche italienne vient de connaître une débâcle sans précédent, qui créé une situation inédite : pour la première fois depuis la fin du fascisme, la « gauche de classe » n’est plus représentée au Parlement. L’échec de la coalition de Gauche Arc en Ciel (GAC) est très grave : les groupes qui la composaient (Parti de la Refondation Communiste - PRC, Parti des Communistes Italiens - PdCI, Verts et Gauche Démocrate - SD) avaient recueilli 10,2 % des voix aux dernières élections, non compris les dissidents de la DS. Avec les dissidents de la social-démocratie, les SD, le potentiel électoral était de 12 % … pour un résultat de 3 % seulement ! Depuis 2006, date des dernières élections, les organisations formant la Gauche Arc en Ciel perdent près de 3 millions de voix. Où sont passés les électeurs ? Une petite partie s’est tournée vers le Parti Communiste des Travailleurs et la Gauche Critique, organisations dissidentes du PRC, qui ont regroupé environ 500.000 voix. Mais où sont partis les autres ? Vers l’abstention, vers le vote blanc ? Quelle partie s’est reportée sur le Parti Démocrate (PD), par un réflexe de « vote utile » ? Il faut voir que beaucoup d’électeurs sont partis vers la Ligue du Nord ou vers Italie des Valeurs, le mouvement social-libéral de l’ancien juge Antonio Di Pietro, allié du PD.

         A vrai dire, une défaite d’une telle ampleur était inattendue : on espérait dans les directions des organisations de la Gauche Arc en Ciel environ 7 ou 8 % à l’échelle nationale. L’échec est également très grave dans les Pouilles, région présidée depuis 3 ans par Nicchi Vendola du PRC, où la GAC ne recueille que 3 % des voix. La défaite de la GAC est homogène sur le territoire. Parallèlement, la victoire de Berlusconi et de la Ligue du Nord est éclatante, et ce sur l’ensemble du territoire. Plus inquiétant encore, la Ligue du Nord (LN), parti réactionnaire et xénophobe demandant la sécession du nord de la Péninsule, allié turbulent de Berlusconi, obtient à l’échelon national le meilleur score de son histoire. Le renforcement de son implantation est très net, avec des scores de 30 à 40 % localement, comme en Lombardie ou en Vénétie. La LN réalise aussi une percée dans les « régions rouges », notamment l’Emilie-Romagne ou la Toscane, y prenant vraisemblablement des voix aux organisations communistes.

         On comprend le désappointement des communistes italiens : en effet, quelles sont les perspectives pour le mouvement communiste italien, après une défaite de cette ampleur ? L’histoire des communistes italiens est-elle terminée ?

La gauche et le centre au gouvernement : le bilan des expériences est incontournable.


Les communistes italiens ont soutenu tous les gouvernements de centre-gauche depuis 1998. Il est donc indispensable de revenir sur la politique de Prodi et du bloc dont il a été la figure de proue pendant près de 10 ans : ce bloc a été à deux reprises aux affaires, une première fois avec les gouvernements Prodi, puis d’Alema et Amato, une seconde en 2006/2008 avec Prodi. On peut considérer que ces gouvernements ont loyalement servi les intérêts du capital européen : soutenus par le PRC et les Verts, avec le PDS comme force-pivot, ils ont systématiquement privatisé, en particulier dans le secteur de l’industrie lourde (historiquement à forte participation publique en Italie dès les années 1920, si bien qu’on a pu parler de « capitalisme d’Etat »). Même Berlusconi n’est pas allé aussi loin que Prodi et ses alliés dans la privatisation de l’industrie ! (Parenthèse : il ne s’agit pas de faire des nationalisations une fin en soi. Comme Engels le souligne dans l’Anti-Dühring, le capitalisme d’Etat reste du capitalisme. Les nationalisations n’amènent pas au dépassement du capitalisme : elles sont cependant une manière de sortir de capitalisme, une forme transitoire, qu’il s’agit de faire déboucher sur autre chose). Autre point, les contrats de travail, que les gouvernements Prodi se sont attelés à démanteler, tant et si bien qu’aujourd’hui en Italie la précarisation du travail est très avancée, et qu’il est presque impossible d’obtenir un CDI. Une telle politique n’aurait pas été possible sans le soutien de la CGIL (Confédération Générale Italienne des Travailleurs, principal syndicat ouvrier proche du PCI puis du PDS) au gouvernement Prodi et son absence d’opposition réelle à « l’autre fraction de la bourgeoisie » autour de Berlusconi. Après 1993 en effet, les syndicats italiens (CGIL et autres) se lancent avec les gouvernements successifs et la Cofindustria (confédération patronale italienne) dans une politique de modération salariale : aujourd’hui les salaires italiens sont parmi les plus faibles d’Europe Occidentale. Cette politique n’a pas réussi : l’Italie connaît un déclin économique réel (avec une chute des indicateurs économiques et une dégradation de la qualité des productions), le capitalisme privé ne s’est pas véritablement développé, et ce malgré les privatisations et la casse des contrats de travail.   

On peut dire ainsi que « la gauche n’a pas su faire son travail » au gouvernement. La dégradation de la condition des travailleurs est réelle, les réformes fiscales ont augmenté les impôts pesant sur la petite bourgeoisie et les travailleurs (notamment les impôts locaux), des coupes sombres ont été effectuées dans les budgets sociaux. Le pire est que les mouvements sociaux qui ont porté le bloc Prodi au pouvoir en 2006 ont été trahis dans leurs aspirations : fin 2003, 3 millions de personnes manifestaient à Rome contre la guerre en Irak ; à la même époque, des centaines de milliers de travailleurs se battaient contre la réforme du droit du travail touchant aux modalités des licenciements. Or le gouvernement Prodi a fait voter les crédits militaires pour l’OTAN, en autorisant l’installation d’une base à Vicence ; allant plus loin que Berlusconi, il a fait passer un projet d’allongement d’un an du temps de cotisation pour les retraites. Dans une telle perspective, la présence des communistes au gouvernement est donc au mieux inutile, au pire dangereuse, en servant de caution progressiste à des politiques de régression sociale.


Il est nécessaire d’analyser la victoire de la droite : la constitution d’un « bloc social » berlusconien.

 

         Quelle analyse faire de cette droite ? Le problème est que celle-ci n’a pas été menée par la gauche italienne, toutes tendances confondues, qui s’est contentée de diaboliser le personnage Berlusconi et sa manière de gouverner l’Etat au service de ses intérêts. Depuis 15 ans que « l’entrepreneur médiatique » Berlusconi dirige la droite, ce ne sont pas moins de 150 livres qui ont paru sur lui : mais cet « anti-berlusconisme » primaire n’a jamais tenté d’analyser le contenu social, la nature de classe du berlusconisme. Or le fait est que Berlusconi est parvenu à construire un « bloc social », en s’appuyant sur la puissance de ses média et en jouant sur son image de self-made-man. « Il a vendu des rêves ».

On peut dire globalement que le « bloc Berlusconi » est une coalition du peuple et des petits entrepreneurs plutôt opposés à l’UE (ne serait-ce que parce que Prodi a loyalement servi les intérêts du grand capital à Bruxelles comme président de la Commission européenne puis à Rome). Au l’inverse, les européistes sont plutôt anti-Berlusconi, et plus ou moins clairement pro-Prodi : Berlusconi représente en fait une droite non européiste, voire potentiellement anti-UE. La petite entreprise familiale a en Italie une importance économique et culturelle qu’on soupçonne difficilement en France : Berlusconi est parvenu à exprimer les aspirations des petits entrepreneurs. Ce que les communistes italiens n’ont pas vu, c’est que si le capital est généralement uni contre les travailleurs, il n’en n’existe pas moins des contradictions réelles au sein du capital entre les différents types de capitaux : entre la petite entreprise et le grand capital notamment. A destination des classes populaires, le bloc Berlusconi mène des campagnes sécuritaires et racistes aussi, hélas avec succès : les travailleurs ont voté pour la droite, surtout dans le nord.

Le problème est que le déficit d’analyse des partis communistes italiens s’étend aussi à l’évolution du PDS. Au nom de « l’anti-berlusconisme », ils ont accordé leur soutien à Prodi. Depuis 1991 le PDS ne se référait plus à la social-démocratie, mais à la « démocratie » et à la « gauche », ce qui pose la question du contenu de ces deux termes. Par son nom même le PDS n’a plus vocation à soutenir le monde du travail et à lutter avec lui. La notion de bloc social ayant été occultée dans leur analyse politique, les communistes étaient dans l’incapacité à agir contre la constitution du bloc social berlusconien et à réorganiser le mouvement ouvrier italien en conséquence.

Retour sur la constitution de la Gauche Arc en Ciel : l’aboutissement d’un processus de plusieurs années.

         La constitution de la GAC s’ancre dans les derniers mois du gouvernement Prodi. Celui-ci tombe « sur sa droite », quand des centristes quittent le gouvernement à propos du projet de référendum en juillet sur la loi électorale, l’idée étant d’aller vers un scrutin de type majoritaire. Ici, une parenthèse s’impose. Dès la Libération, le PCI est le principal soutien à la constitution de la République italienne, imprégnée de l’esprit de la Résisitance : il s’agissait de conjurer toute nouvelle expérience fasciste et de contrecarrer toute tentative de pouvoir autoritaire, d’où un tour très anti-présidentialiste et très parlementariste. Mais dès la fin des années 1970, des démocrates-chrétiens et des socialistes, regroupés entre autres dans la loge maçonnique P2, se battent contre le pouvoir du parlement. Dans un contexte de luttes sociales très fortes, qui se prolongent 10 ans après 1968, il s’agit de conjurer la lutte des classes en réorganisant la politique autour d’un centre-gauche et d’un centre-droit pratiquant l’alternance sans changer fondamentalement de politique. La fonction de ce bipartisme, comme dans le cas américain, est d’écarter la représentation des travailleurs et de favoriser l’alliance des différentes factions de la bourgeoisie. C’est en ce sens qu’en 1993 est introduite la prime majoritaire pour les élections « politiques » (parlementaires), position soutenue à bout de bras par Achille  Occhetto, artisan de la transformation du PCI en PDS. La boucle est bouclée : il s’agit de rendre impossible la représentation des communistes, des progressistes, … au Parlement. On a ici un des aspects de l’offensive contre les travailleurs et leurs moyens d’expression politiques.

Les deux grands partis (Forza Italia et le PD) avaient comme projet commun de renforcer le bipartisme, sur le modèle américain, en constituant deux blocs politiques : le berlusconisme (centre-droit allié aux fascistes et postfascistes) d’une part, alliance des DS et de La Marguerite de l’autre. La comparaison avec les Etats-Unis n’est pas fortuite : elle imprègne les dirigeants du PDS et de la Marguerite (démocrates-chrétiens de centre-gauche), qui se sont fondus en un « Parti Démocrate ». L’orientation de celui-ci est claire : Veltroni a dit refuser la lutte des classes, qui « engendre la haine ». Cofindustria : présente sur les listes du PD, qui se présentait sur une ligne « interclassiste », prétendant se tenir à mi-chemin des travailleurs et des entrepreneurs. On savait en fait que le bloc Prodi allait perdre. Les élections locales de mai 2007 avaient été une défaite pour lui, les communistes connaissant à cette occasion un grave échec, notamment dans l’électorat ouvrier du nord. Les organisations communistes ont par exemple perdu plus de la moitié de leurs voix dans le nord, notamment dans la banlieue de Milan. Sachant qu’il allait perdre, Veltroni a fait le choix de la « normalisation » politique, en refusant toute alliance avec les communistes. Il s’agissait de se débarrasser des communistes en tant que force politique, et de rechercher les convergences au centre : au fond, les programmes de Veltroni et Berlusconi étaient interchangeables.

         Le PD ayant exclu toute alliance avec la gauche, celle-ci s’est ainsi trouvée prise au dépourvu et menacée de ne pas être représentée au parlement à cause des seuils électoraux : la GAC est donc une alliance improvisée et de circonstance. Son projet n’a pas été clairement défini, tout comme ses rapports avec le PD : définition d’autant plus difficile à trouver que la Gauche Démocratique, membre de la gauche arc-en-ciel est issue du PDS, qui avait tourné le dos au communisme ! A vrai dire, on a là encore l’aboutissement d’un processus d’effacement du combat de classe et de la référence communiste au sein des organisations communistes italiennes, initié par le dirigeant historique du PRC, Fausto Bertinotti. En 2001, il formulait le projet de dépasser PRC en le fondant dans les différents mouvements (altermondialistes, anti-guerre.) ; en 2004, il s’agissait de s’allier avec Prodi au sein de l’Union pour battre Berlusconi. Avant les élections, Bertinotti proposait ainsi avant les élections le dépassement du PRC dans un « sujet de gauche », qu’il comparait à la formation du PGE en Europe. Pour lui, le communisme était amené à rester une « tendance culturelle » au sein du parti de la gauche : une « réserve indienne » ... 

Que faire ?

         Les forces progressistes sont, en Europe, dans une situation extrêmement difficile. Le rapport de forces globalement défavorable, les attaques contre les organisations communistes, notamment en République Tchèque, sont très dures. Cela va dans le sens de la politique du capital. Parallèlement les organisations communistes sont tentées par des mutations de ligne. Le PRC a par exemple une ligne historique d’opposition à la participation des soldats italiens aux opérations de l’Otan. L’Italie compte 12000 soldats en tout en mission pour l’OTAN : au Kosovo et en Afghanistan surtout. Actuellement, Nicchi Vendola, dont il a déjà été question, n’exclut pas une participation accrue à l’OTAN. Ainsi, tout n’est pas question de changement de noms et de symboles ! C’est le contenu politique des combats qui est aussi en jeu.

         Le PRC comprend aujourd’hui plusieurs tendances, qui vont s’affronter lors du congrès de cet été. La première autour de la direction sortante, qui envisage la dissolution du PRC dans un « sujet de gauche », ce que propose par exemple Nicchi Vendola. Une deuxième tendance entend conserver l’organisation PRC : elle regroupe une partie de l’ancien courant majoritaire et le groupe « Être communistes ». Fondamentalement, elle cautionne les orientations du PGE. Une troisième tendance veut tenter une réunification des communistes, sur une base communiste : cela passe par une réorganisation (syndicale et politique) du mouvement populaire sur la base d’une opposition progressiste au gouvernement. Il s’agirait ainsi de s’opposer aussi aux directions syndicales, notamment celles de la CGIL, et à leur politique de cogestion du capitalisme avec le patronat. L’idée serait de faire du mouvement syndical une courroie de transmission, mais dans l’autre sens que celui que l’on a pu connaître : le parti doit relayer les luttes sociales.

        

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22 mai 2008 4 22 /05 /mai /2008 19:44

Enseignements de l’expérience des communistes italiens (1)

 

Le débat organisé à Paris le 17 mai dernier avec Andrea Catone, historien, militant du Parti de la Refondation communiste (PRC) et collaborateur de la revue l’Ernesto s’est révélé extrêmement instructif sur la situation politique en Italie, l’état du mouvement communiste après la débâcle électorale, sur l’état du mouvement communiste en Europe.

Une retranscription de ces échanges est en cours. Je livre ci-dessous quelques éléments de mes interventions dans la discussion et de ma réflexion depuis suite au développement des analyses d’Andrea Catone.

Les expériences récentes du PCF et du PRC frappent d’abord par leurs étroites similitudes. On constate que les mêmes recettes donnent les mêmes résultats et que les appareils dirigeants à l’œuvre dans les deux pays appliquent la même orientation stratégique, suivant des méthodes comparables. Le Parti de la gauche européenne, le PGE se confirme être le lieu de leur coordination.

Le cinglant échec électoral d’avril dernier en Italie rappelle le résultat de Marie-George Buffet aux présidentielles de 2007 ou celui de Robert Hue en 2002.

Par son ampleur, inattendue, d’abord: 3,1% à la « gauche arc-en-ciel » contre plus de 10% à ses composantes en 2006, dont plus de 8% pour les deux partis communistes (PRC et PdCI, parti des communistes italiens, scission du PRC). Il n’y a plus aucun parlementaire communiste.

SUITE

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8 mai 2008 4 08 /05 /mai /2008 21:54

Etat et avenir du mouvement communiste : la situation en Italie après les dernières élections générales

DEBAT PUBLIC

avec 

Andrea CATONE, du Parti de la Refondation Communiste, historien, collaborateur de la revue « L’Ernesto »

Emmanuel DANG TRAN, Claude FAINZANG, membre du Conseil national du PCF

Samedi 17 mai à partir de 16h30 à l'Ecole Normale Supérieure,
46 Rue d'Ulm, Salle de conférences (entrée sur la rue par le petit escalier), 75005 Paris (Métro Place Monge ou RER Luxembourg).
 

« Les récentes élections législatives italiennes ont été marquées par le retour au pouvoir de la droite berlusconienne et post-fasciste. Les composantes du gouvernement Prodi sont en échec. La sanction est sans appel pour les formations communistes italiens. Pour la 1ère fois depuis la Libération, elles n’ont plus aucun parlementaire.

Quelques semaines avant les élections anticipées, les dirigeants des deux partis communistes italiens, Refondation communiste (PRC) et Parti des Communistes Italiens (PdCI), avaient annoncé leur intention de former avec les écologistes et une aile des « Démocrates de gauche » un nouveau "sujet politique", la "Gauche arc-en-ciel", étiquette inaugurée pour le scrutin.
Le débat est actuellement très vif au sein des deux organisations. La stratégie de participation au gouvernement Prodi et le processus de dissolution de la référence communiste et des partis qui la portent dans un rassemblement de "forces de gauche" soulèvent de plus en plus d’opposition. Comme le contenu même du combat communiste. Andrea CATONE fait partie de ceux qui rejettent depuis plusieurs années, notamment à travers la revue « L’Ernesto », la disparition du communisme organisé en Italie.

Emmanuel DANG TRAN et Claude FANINZANG, signataires du texte « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes » s’oppose à la même dérive dans le PCF. Le « parti de la gauche européenne », PGE, est d’une certaine façon la matrice de ces évolutions, en Italie, en France, en Allemagne…

Lien vers une série de textes l’état du mouvement communiste italien.

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23 avril 2008 3 23 /04 /avril /2008 12:10

Appel de solidarité avec les communistes, les forces progressistes et la classe ouvrière en Egypte.

7 avril 2008 (traduction de l’anglais pour vivelepcf)

Depuis tôt ce matin, le centre-ville du Caire comme les principales places de la ville sont investies par des forces spéciales de sécurité, des unités anti-émeutes et des agents en civil. Dans d’autres villes comme Alexandrie et Algharbia, les habitants sont témoins d’un important déploiement de forces de sécurité dans les artères principales et les grandes places.

La ville de Mahalla el Koubra a connu les plus grandes manifestations d’aujourd’hui.

Près de deux cents militants ont déjà été arrêtés à un moment ou un autre dans une province ou un autre. Des ouvriers font grève en solidarité avec les revendications des grévistes de l’entreprise de filature et de tissage Ghazl El-Mahalla. Leur revendication centrale est l’indexation des salaires sur le taux d’inflation. Elle ne concerne pas que les ouvriers de Ghazl El-Mahalla mais toute la classe ouvrière égyptienne.

La grève des ouvriers de Ghazl El-Mahalla s’est transformée en une immense manifestation dans toute la ville de Mahalla el Koubra. Les pauvres, les paysans et les ouvriers s’y sont joints. Près de 30.000 citoyens ont scandé des slogans contre la hausse des prix, les monopoles, le néo-libéralisme et les forces du marché.

Les forces centrales de sécurité égyptiennes ont attaqué à coups de grenades lacrymogènes, de balles en caoutchouc faisant des centaines de blessés dans les rangs des manifestants. Elles ont arrêté et détiennent toujours des manifestants blessés ou non.

Les nouvelles de Mahalla el Koubra font état d’au moins deux morts, une petite fille de neuf an et un homme de vingt ans.

Les « forces noires », une branche des forces de sécurité, ont incendié des magasins, des bâtiments publics, des trains et voitures pour fabriquer des charges contre les manifestants et les ouvriers arrêtés. Ils veulent resserrer le contrôle de la police et de l’Etat sur la classe ouvrière et contenir la montée de la protestation sociale en Egypte, très importante dans les cinq dernières années.

Nous en appelons à vous pour soutenir les revendications justes et légitimes des ouvriers de Ghazl El-Mahalla et leur droit de les exprimer par les moyens de leurs choix, manifestations, grèves ou tout autre méthode.

Communistes, avec toutes les forces démocratiques et sociales, nous vous alertons de façon pressante sur le fait que la police, agissant sur ordre de l’Etat, s’apprête à engager une immense campagne de répression contre la classe ouvrière en général et les ouvriers de Ghazl  El-Mahalla en particulier. Nos inquiétudes augmentent devant la violence de la réaction des forces de sécurité aujourd’hui à Mahalla el Koubra et notre signal alerte devant les charges fabriquées délibérément par les forces de sécurité contre les dirigeants ouvriers.

Fraternellement,

Parti communiste d’Egypte. 

 

Ont répondu à cet appel 41 partis communistes et autres partis progressistes du monde entier dont les partis communistes de Grèce, du Portugal, le PDCI, le DKP…

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21 avril 2008 1 21 /04 /avril /2008 20:14

Chine/Tibet : les élus PCF se défilent au Conseil de Paris!

Bertrand Delanoë, les élus PS et Verts de Paris ont décidé de relayer la campagne en cours contre le régime chinois. Ils ont attribué au Dalaï-Lama le titre de « citoyen d’honneur de la Ville de Paris » lors de la séance du Conseil de Paris du 21 avril 2008.

La position des élus du PCF suscite des interrogations.

D’abord, contrairement à ce qu’affirme l’Huma du matin, ils n’ont pas voté contre le vœu de Delanoë mais n’ont pas pris part au vote.

Ensuite, l’explication de leur porte-parole se borne à contester la personnalité du Dalaï-Lama. Les conseillers PCF, fraîchement élus sur les listes PS, n'auraient pas pu voter pour le vœu au nom de la laïcité et à cause de certaines prises de position du personnage sur des questions de société. En revanche, ils « comprennent et respectent » la démarche du Maire de Paris et ont affirmé avec insistance leur condamnation des atteintes aux Droits de l’Homme en Chine comme au Tibet.

Rien sur le contexte politique international !

Delanoë a eu tout loisir de moucher le porte-parole Brossat, lui expliquant qu’il ne voulait pas honorer le Dalaï-Lama en tant que religieux et que lui-même n’avait pas trouvé de déclaration homophobe de sa part.

L’explication de vote s’est effondrée d’elle-même sur le vœu suivant, des Verts, qui a également fait du dissident Hu Gia un citoyen d’honneur de la Ville.

Comment expliquer l’inconsistance politique des élus PCF de Paris sans entrevoir un double langage de la direction du Parti vis-à-vis des communistes ?

Les prises de position publiques, notamment de MG Buffet avant l’affaire de la flamme olympique, se sont intégrées dans la campagne médiatique orchestrée par l’impérialisme occidental contre le régime chinois. Elles ont suscité étonnement et réprobation chez nombre de camarades. Le symbole d’un vote au Conseil de Paris pour la proposition de Delanoë n’aurait pas manqué de les accentuer. Mais la position de fond, non discutée au CN, demeure.

Ce petit événement montre à la fois combien est nécessaire une analyse communiste de la situation de la Chine et comment les directions du PCF entendent se dérober à leurs responsabilités devant les communistes.

Par CM pour vivelepcf
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20 avril 2008 7 20 /04 /avril /2008 22:05

Italie. Après le désastre électoral de la « gauche arc-en-ciel », les réactions et les initiatives se développent contre la ligne de liquidation des organisations communistes.

L’appel « Communistes, commençons par nous ! », lancé le 17 avril, a recueilli 3000 signatures en 48 heures, montrant le niveau de préoccupation et d’attente des camarades italiens. Il émane principalement de militants communistes du PRC et du PdCI, sans que ressortent des noms de dirigeants. Le texte récuse le projet désavoué de parti de la « gauche » et propose une perspective d’unité et d’autonomie des organisations communistes, partant des mobilisations sociales et anti-impérialistes qu’a connues l’Italie ces derniers mois.

Les similitudes avec la situation française sont évidentes. On retrouve le projet de dilution du PCF dans une gauche indéterminée, alignée sur le PS, les mêmes sanctions électorales. Les démarches de nos camarades italiens contre ces orientations, communes aux partis animateurs du PGE, ne peuvent qu’attirer notre attention et susciter notre intérêt.

Tout en tenant compte d’une différence importante. En Italie, le PCI n’existe plus et les communistes sont éclatés dans différentes organisations. En France, le PCF continue d’exister et d’être dépositaire, malgré les orientations de sa direction, de l’héritage historique du grand parti de masse et de classe des travailleurs.

Traduction de LAS

 

Appel : "COMMUNISTES,partons de nous-mêmes"

Suite à l’effondrement de la Gauche – Arc-en-ciel, nous nous adressons aux militants et aux dirigeants du PdCI et du PRC et à toutes et tous les camarades d’Italie, quel que soit leur positionnement.

Nous sommes des communistes de notre époque. Nous avons choisi de rester dans les mouvements de lutte et dans le conflit de classe.

Nos parcours, nos sensibilités sont divers: nous savons que l’heure n’est pas aux certitudes.

Critiquement conscients de notre histoire, que nous ne renions pas pour autant, nos regards sont cependant tournés vers le présent et l’avenir. Ce n’est pas la nostalgie du passé qui nous meut, mais bien l’envie d’un avenir meilleur.

Les résultats électoraux de la « Gauche – Arc-en-ciel » ont tourné au désastre. Non seulement a-t-elle rassemblé le quart de voix obtenues en 2006 par les trois partis, sans l’apport de la « Gauche démocratique » qui n’existait pas à ce moment, mais en plus elle réunit bien moins que la moitié des voix obtenues il y a deux ans par les deux Partis communistes (PRC et PdCI), qui, à eux deux, ont franchi la barre des 8%. C’est également le tiers des 8,6%, meilleur score obtenu par Rifondazione Comunista avant la scission d’avec le PdCI.

Par rapport à 2006, on a perdu trois millions de voix. Pour la première fois en Italie depuis l’après-guerre, toute représentation parlementaire des communistes est éliminée : aucun communiste n’entre cette fois au Parlement.

La donne électorale a des racines beaucoup plus profondes que le simple appel au « vote utile » : le désarroi vaste et profond du peuple de la gauche et des luttes face à la politique du gouvernement Prodi, ainsi que l’essor, au sein de l’Arc-en-ciel, d’une perspective de liquidation de toute autonomie politique, théorique et organisationnelle des communistes, réduits à composante d’une nouvelle formation non-communiste, non-anticapitaliste, tournée vers des positions et des cultures néo-réformistes. Formation qui n’aurait aucune visée alternative et demeurerait subalterne au projet modéré du Parti Démocrate et à sa logique d’alternance gouvernementale.

                        C’est le temps des choix : voici le nôtre

Nous refusons le projet d’un parti unique de la gauche, dont d’aucuns demandent obstinément une « accélération » en dépit de l’échec politique et électoral. En revanche, nous proposons une perspective d’unité et d’autonomie des forces communistes d’Italie, dans un processus d’agrégation qui, à partir des forces politiques majeures, PRC et PdCI, aille de l’avant et entraîne d’autres sujets politiques et sociaux, sans sectarisme ni logiques autistes.

Aux militants et dirigeants de Rifondazione, du PdCI, d’autres associations ou réseaux, aux centaines de milliers de communistes sans carte qui, en ces années, par les luttes, ont contribué à poser les bases d’une société alternative au capitalisme, nous adressons un appel pour que les organisations communistes ne soient pas liquidées mais qu’au contraire un processus ouvert et novateur soit lancé, afin de construire une « maison commune des communistes ».

Nous nous adressons en particulier:

-         aux travailleuses, aux travailleurs et aux intellectuels des métiers anciens et nouveaux, aux travailleurs précaires, au syndicalisme de classe et de base, aux couches sociales qui, à présent, « n’y arrivent plus » et pour lesquelles la « crise de la quatrième semaine » n’est pas qu’un titre de journal : eux qui, ensemble, représentent la base structurelle de classe essentielle à toute lutte contre le capitalisme ;

-         aux organisations de jeunesses, féministes, environnementalistes, pour les droits civils et de lutte contre toute discrimination sexuelle, dans la conviction qu’à notre époque la bataille pour le socialisme et le communisme ne peut retrouver sa valeur émancipatrice originelle qu’en étant capable d’intégrer en son horizon les problématiques posées par le mouvement féministe ;

-         aux organisations de lutte contre la guerre, internationalistes, qui luttent contre la présence d’armes nucléaires et de bases militaires étrangères dans notre Pays, qui soutiennent les pays et les peuples (comme le peuple palestinien) tâchant de secouer le joug de la tutelle militaire, politique et économique de l’impérialisme ;

-         à l’univers des migrants, représentant l’irruption dans les sociétés les plus riches des terribles injustices que l’impérialisme ne cesse de produire à l’échelle planétaire : car seule la rencontre multi-ethnique et multiculturelle peut donner naissance, par la lutte commune, à une culture et à une solidarité cosmopolite, non-intégriste, antiraciste et ouverte à la « diversité » qui fasse progresser l’humanité entière vers des niveaux supérieurs de coexistence et de paix.

Nous souhaitons un processus qui, dès le début, se caractérise par la capacité de promouvoir une réflexion problématique, voire autocritique. Il faudra examiner les causes ayant empêché qu’une expérience prometteuse et riche à ses débuts comme celle de la « refondation communiste » de bâtir ce Parti communiste dont le mouvement ouvrier et la gauche avaient et ont grand besoin ; comprendre pourquoi ce processus a été marqué par autant de divisions, scissions, défections qui ont finalement déçu et éloigné du militantisme des dizaines de milliers de camarades.

Nous exigeons une réflexion sur les raisons ayant rendu fragile et inadapté l’enracinement social et de classe des partis qui proviennent de cette expérience, mais aussi sur les erreurs qui nous ont amené dans un gouvernement décevant les attentes du peuple de gauche : ce qui est en outre à l’origine du regain des droites. Cette réflexion demande du temps, de la patience et du respect réciproque. Mais, faute ce cela, les fondements de la reconstruction seraient trop fragiles.

Notre engagement ne contredit pas l’exigence légitime et largement ressentie d’une plus vaste unité d’action entre toutes les forces de la gauche n’ayant pas renoncé au changement. Il n’exclut pas, non plus, la recherche de convergences aptes à limiter l’avancée des forces les plus ouvertement réactionnaires. Or un tel effort unitaire à gauche aura d’autant plus de succès que le processus de reconstruction d’un Parti communiste fort et uni, à la hauteur des temps, sera abouti. Un Parti qui sache vivre et s’enraciner dans la société avant de l’être dans les institutions, car seul l’enracinement social peut garantir la solidité et des perspectives de croissance et peu poser les bases d’un Parti organisé de façon autonome, jouant un rôle politique autonome et rayonnant dans les masses, malgré l’actuelle exclusion du Parlement, voire dans l’éventualité de nouvelles lois électorales regressives.

La manifestation du 20 octobre 2007, quand un million de personnes ont défilé avec enthousiasme sous un déferlement de drapeaux rouges arborant les symboles communistes, montre mieux que tout discours que l’Italie d’aujourd’hui possède l’espace social et politique pour une nouvelle force communiste autonome, combative, rassemblée et unitaire, qui sache être le pivot d’une plus large mobilitation populaire à gauche, qui soit à même de parler, entre autres, aux deux cent mille de la manifestation contre la base étasunienne de Vicence, aux délégués syndicaux qui se sont battus contre l’accord du gouvernement sur les services publics et les retraites, aux dix millions de travailleuses et travailleurs qui ont soutenu le référendum sur l’article 18 [licenciement sans juste cause].

Nous souhaitons que notre appel – à travers notamment des rencontres et des occasions de discussion – reçoive une large adhésion dans toutes le villes, les territoires, lieux de travail et d’études, partout où il y ait un homme, une femme, un garçon ou une fille qui ne regardent pas le capitalisme comme l’horizon ultime de la civilisation humaine.

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