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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 12:56
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15 août 2009 6 15 /08 /août /2009 19:19

 

Les forces réactionnaires de Lettonie viennent de subir deux importants revers électoraux coup sur coup. C’est une très bonne nouvelle pour tous les démocrates.

A la tête de la Lettonie depuis l’effondrement de l’Union soviétique 1991,  soutenues à bout de bras par les USA et l’UE, elles se maintiennent au pouvoir  notamment grâce à l’exclusion de la vie politique, de la citoyenneté, d’un quart de la population, de langue russe.

Comme la xénophobie,  l’anticommunisme a été érigé en loi, le parti communiste interdit, ses dirigeants même incarcérés. Les fascistes lettons ont été en revanche réhabilités et célébrés. Dans le même temps, sur le plan économique, la grande braderie du pays aux impérialistes occidentaux a amené dépendance, chômage, émigration de masse, misère. Officiellement, au premier semestre 2009, l’économie est en décroissance de 22% !

Les élections européennes du 7 juin 2009, avec une participation en hausse, contrairement à la plupart des pays, ont vu la percée de la coalition progressiste, le « Centre de l’Harmonie ». Dans une meilleure traduction, le « Centre de la Concorde »  rassemble des formations politiques de gauche qui refusent la séparation des citoyens de langue lettone et de langue russe (40%). Avec 19,57%, il est arrivé deuxième et obtient deux élus sur huit au Parlement européen.

Mieux encore, aux élections municipales, il arrive en tête dans la capitale Riga (700.000 habitants sur 2.300.000) avec 34% et gagne la mairie dans le cadre d’une coalition plus large.

Enfin, événement riche de signification, parmi les deux élus se trouve Alfred Rubiks, ancien premier secrétaire du Parti communiste de Lettonie, ancien membre du Politburo du Parti communiste de l’Union soviétique, qui s’était élevé contre la dissolution de l’URSS et la sécession de la Lettonie et fut emprisonné 6 ans dans de dures conditions dans les années 90 après un procès inique. Il est aujourd’hui à la tête du Parti socialiste de Lettonie où militent les communistes depuis l’interdiction du PCL. Il siège maintenant dans le groupe GUE-NGL au Parlement européen aux côtés des députés communistes français.

Alfred Rubiks est à la fois un acteur et un symbole, qui bénéficie d’une très grande popularité, de la résistance au démantèlement de l’URSS, à la restauration capitaliste dans sa république, de la résistance à la politique de casse des acquis sociaux et démocratiques, même les plus élémentaires.



A partir de plusieurs de ses écrits et d’articles de la presse internationale, nous revenons sur les étapes de son combat depuis 1991 (article solidarité-internationale-PCF)



1991: la lutte pour le maintien de l'Union Soviétique


En 1991, Rubiks est alors secrétaire-général du Parti Communiste Letton et maire de Riga, tout juste élu au Politburo du PCUS. Le doute plane alors sur les ambitions de Gorbatchev – qui reste volontairement évasif dans ses discours et jusque dans ses entretiens privés avec Rubiks et les autres dirigeants communistes – et sur l'avenir de l'URSS.

Pourtant, le référendum sur le maintien de l'Etat fédéral soviétique organisé en mars 1991, dont Rubiks a été l’un des promoteurs, avait débouché sur un oui massif (76%), dans les 9 républiques où il est organisé.

Mais, en Lettonie, la situation de chaotique était devenue anarchique. Les nationalistes gagnaient du terrain grâce aux atermoiements et abandons de Gobatchev. Ils avaient déjà émis une déclaration d'indépendance, tout à fait anticonstitutionnelle. Depuis la fin de l'année 1990, ils commençaient à mettre sur pied des milices dont ils se servaient pour traquer les dirigeants communistes et plus largement pour terroriser la population hostile à leurs plans, en visant en particulier les russophones. Ils parvinrent à empêcher la tenue du référendum.

Sûr d'être dans bon droit et déterminé à lutter jusqu'au bout pour les intérêts du peuple letton et des peuples soviétiques, Rubiks reste à Riga, tente d’organiser le référendum.

Au mépris de toute légalité, faisant fi de son immunité parlementaire lettone et diplomatique soviétique, les nationalistes l'arrêtent au siège du Comité central pour « haute trahison ».


Un procès qui se retourne contre ses accusateurs


S'apercevant rapidement de l'absurdité de l'accusation et surtout du fait qu'elle pourrait se retourner contre eux, les nationalistes changent à trois reprises de chef d'accusation. Confrontés à la défense résolue de l'accusé, à sa capacité à utiliser le procès public pour le retourner contre les accusateurs, et à sa popularité croissante, renforcée par une grève de la faim entamée durant le procès, les nationalistes font condamner finalement – après 2 ans de procès – Rubiks à 8 ans de prison pour « tentative de coup d'Etat ». Soit dit en passant, ce chef d'accusation est considéré comme totalement illégal sur le plan des conventions européennes et internationales concernant les droits civils et politiques, puisqu'il renvoie à une loi constitutionnelle qui n'existait pas au moment des faits et qui ne peut pas donc avoir une valeur rétrospective.


Un symbole de résistance qui inspire la crainte aux dirigeants anti-communistes


Rubiks passa finalement près de 6 ans en prison dans des conditions de détention indignes. Par sa fermeté politique, son abnégation en prison, il tend à devenir un héros pour la « minorité » russophone persécutée, pour tous les progressistes lettons humiliés, pour une part croissante de la population confrontée à la dégradation continuelle de ses conditions de vie. En 1996, Rubiks – encore prisonnier politique – se présente symboliquement aux élections présidentielles lettones [le Président letton est élu par le Parlement]. Bien que n'ayant aucune chance d'être élu par les parlementaires anti-communistes lettons, la popularité grandissante de Rubiks dans l'opinion pousse les dirigeants lettons à trouver une solution de compromis: Rubiks est libéré l'année suivante pour « bonne conduite » mais il lui est interdit de se présenter à toute élection nationale [il n’a le droit de se présenter qu’aux européennes].


Le démantèlement de l'économie, désastre social: de quelle « indépendance » parle-t-on ?


Depuis son « indépendance », la Lettonie est précipitée dans la régression économique. Soi-disant « libre », la Lettonie est désormais asservie aux intérêts du capital ouest-européen, à l’UE et à l’OTAN.

La production agricole est tombée à un niveau tellement bas qu'elle n'est même plus comptabilisée comme une catégorie autonome dans les indicateurs économiques du pays. La production industrielle actuelle représente 50% de celle de 1990.

Le capital ouest-européen a confiné l'Etat balte à deux secteurs dans la division du travail internationale: celui de plate-forme financière pour capitaux en manque d'un système bancaire déréglementé et celui de fournisseur de main d'œuvre. Les Lettons ont perdu le droit de vivre et travailler au pays ! Depuis 1992, la population a diminué de 15%. 82% des jeunes travailleurs déclarent vouloir quitter le pays.

Les illusions sur l'indépendance et la souveraineté lettone ont vite été dissipées: à titre d'exemple 30% des terres lettones appartiennent déjà à des étrangers. Les nationalistes espéraient faire de la Lettonie une « puissance » dans le secteur bancaire, avec des banques nationales fortes. Mirage : toutes les banques lettones ont désormais été rachetées par des banques scandinaves. Si le démantèlement de l'économie lettone a pu représenter une blessure à la fierté nationale, elle a eu également des conséquences bien plus dramatiques sur les conditions de vie du peuple letton plongeant la majorité dans la pauvreté et la lutte pour la survie. Une situation qui touche les salariés confrontés à la baisse continue de leur salaire réel, les jeunes que les bas salaires et le chômage poussent à émigrer en masse et, de manière dramatique, les retraités qui représentent un quart de la population et dont 94% vit sous le seuil de pauvreté.


Les travailleurs commencent à s'organiser et les communistes gagnent en crédibilité


La situation socio-économique est telle que, phénomène assez nouveau en Lettonie, les salariés et les retraités luttent et s'organisent désormais pour revendiquer la hausse des salaires et des retraites. Cette situation d'ensemble explique également le succès du Parti Socialiste Letton (PSL). Ce dernier est l'hériter du Parti Communiste Letton, interdit depuis 1991.

La situation des communistes lettons est d'autant plus difficile qu'ils doivent s'organiser dans un climat d'anticommunisme virulent. Le Parti Communiste est interdit, mais toute propagande pour des idées communistes et marxistes est également interdite, et tout membre du PC letton avant 1991 n’a pas le droit de se présenter à une élection nationale.

Dans un tel climat de terreur, le fait que le PSL ait 4 députés au Parlement, obtienne 8% des voix lors des dernières élections législatives et parvienne à sortir de son isolement par sa collaboration avec les forces progressistes réunies dans la coalition du « Centre de l'Harmonie » prouve l'enracinement des idées communistes dans le pays.


Rubiks, fidèle à ses convictions, à Riga comme à Strasbourg


Alfred Rubiks – dont le fils est par ailleurs député au Parlement letton – ne pouvant se présenter à une élection nationale, a ainsi pu mesurer le niveau de sa popularité aux élections européennes. Placé tête de liste par la coalition, ce qu’il représente est pour beaucoup dans l'excellent score obtenu qui a permis l'élection d'un deuxième député de la coalition. Fidèle à ses convictions, Rubiks a adhéré – dès son élection – au groupe confédéral de la Gauche Unitaire Européenne, à laquelle appartiennent les forces communistes et progressistes européennes. Tout comme il s'est battu en URSS et en Lettonie pour les intérêts du peuple letton, nous pouvons être confiants sur sa détermination à se battre pour les intérêts de son peuple et des autres peuples européens à Bruxelles.

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26 juin 2009 5 26 /06 /juin /2009 11:27

Vivelepcf, d’après revue de presse et correspondance locale

 

La crise s’approfondit au sein de la « coalition de gauche », Syriza, en Grèce, liée au PGE.

 

Ces formes et ses causes ne peuvent qu’attirer notre attention de communistes français confrontés à des « expérimentations » de la même inspiration comme le Front de gauche. D’autant qu’elles contrastent avec la cohérence politique du Parti communiste, KKE.

 

Les élections européennes ont été marquées en effet par un dégonflement du résultat de Syriza, 4,7%, par rapport à des attentes fixées à plus de 10%. Nous avons publié des analyses de ce résultat dont celle du KKE (lien). Dans les rangs de Syriza, le résultat est reçu, pire qu’une déception, comme une véritable catastrophe qui pose aussitôt des questions existentielles.

 

Le Président du groupe parlementaire Syriza, Alekos Alavanos, ancien secrétaire de la principale composante de l’alliance, Synapsismos, a annoncé sa démission. Puis il a accepté de la retirer à la demande de ses camarades.

 

Depuis le scrutin européen, la coalition se divise ouvertement sur ses choix stratégiques.

 

Un groupe de dirigeants, qui se présentent comme « les rénovateurs », demande que la coalition affiche plus clairement sa disposition et son objectif d’être un partenaire du PASOK social-démocrate dans un futur gouvernement d’alternance.

D’autres privilégient l’option de continuer à construire en préalable un « pôle de gauche » allant de socialistes de gauche à des gauchistes « anticapitalistes ».

 

Les premiers constatent que le soutien des seconds aux agitateurs, qui ont tenté de dénaturer le mouvement de la jeunesse de décembre dernier en poussant à des actes de violence gratuite, n’a pas été payant électoralement. Par définition, les anarchistes ne votent pas, fait remarquer un journaliste !

Suivant un tout autre parti pris, le KKE s’est efforcé, avec un écho repris même par la presse internationale, de construire une unité de revendications entre étudiants, jeunes travailleurs et ensemble du mouvement ouvrier.

 

Compatible avec les deux courants de Syriza, l’idée avance maintenant de proposer une alliance électorale au parti écologiste, monté en épingle un peu comme en France avant les européennes.

 

Ce qui frappe dans ces débats internes, c’est que leur seule boussole est le calcul politicien électoraliste et notamment le soin de l’image du parti, presque en termes de marketing.

Une organisation politique fondée sur une alliance électorale n’est-elle pas nécessairement électoraliste ? Faire occuper, canaliser, l’espace de la « gauche radicale » à une coalition hybride, dominée par un parti d’élus (Synapsismos), acceptant par exemple sur le fond l’intégration européenne, n’est pas si facile.

 

D’autant plus lorsqu’un parti communiste existe, fortement structuré et solide idéologiquement, comme le KKE, avec lequel il est plus que souhaitable que le PCF renforce ses échanges.

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21 juin 2009 7 21 /06 /juin /2009 20:28

Le parti communiste (KKE) a confirmé son statut de troisième force politique de Grèce à l’occasion des élections européennes du 7 juin. Avec 8,35% des voix, il progresse sur son résultat des élections législatives de 2007 (7,55%) tout en restant en retrait sur son résultat des européennes de 2004 (9,39%).

En Grèce également, l’abstention de défiance vis-à-vis de l’UE a progressé, atteignant 47%. Mais contrairement à la plupart des autres pays, le parti de l’alternance à la droite au pouvoir, le PASOK social-démocrate, augmente légèrement son résultat et arrive en tête (36,7%). L’extrême-droite progresse de 4 à 7%.

 

Le KKE juge son résultat électoral satisfaisant en prenant soin d’analyser précisément le contexte politique.

Indéniablement, l’ancrage dans les luttes du KKE comme des syndicats PAME dans lesquels il joue un rôle d’animation essentiel, contre les effets et les causes de la crise du capitalisme, est reconnu par les travailleurs. A nouveau, le KKE a porté clairement et courageusement ses positions à l’égard des partis de l’alternance et de l’absence de perspective d’alternative du côté de la « gauche » institutionnelle. Sur l’UE, il est tout aussi clair : rejet de l’UE du capital, aucune illusion sur les soi-disant apports de l’UE au développement du pays.

Le KKE a su aussi déjouer les attaques politiques directement portées contre lui avant le scrutin, des campagnes anticommunistes, une diffamation sur son fonctionnement.

 

Parmi elles, la tentative des media et des partis dominants d’ériger la formation Syriza comme troisième parti du pays a lamentablement échoué. Un temps donné à 18%, Syriza se retrouve à 4,6% soit sensiblement le même résultat que le parti de gauche Synapsismos, seul, en 2004.

Syriza est une coalition de « gauche » composée d’éléments qui ont quitté le parti communiste « sur la droite » depuis 1991 (Synapsismos), de trotskystes, de personnalités élues ou associatives. Elle prétend se donner une image moderne avec son parti-pris sociétal et mouvementiste. Son jeune secrétaire est mis en avant complaisamment par les media un peu comme Olivier Besancenot, avec lequel il est souvent comparé, « en plus bobo ». Sa perspective est celle de rassemblements « antilibéraux » à gauche tantôt avec, tantôt sans le Pasok. C’est toutefois principalement un parti d’élus dépendant de ce dernier. De façon cohérente, il s’inscrit pleinement dans une démarche favorable à une intégration européenne imaginant une UE miraculeusement rendue « sociale ».

 

Syriza fait partie du Parti de la gauche européenne, le PGE, dont il est clair en Grèce qu’il s’oppose au mouvement et au parti communistes, sur le fond comme sur la stratégie.

L’exemple grec, comme celui d’autres pays, doit contribuer à faire réfléchir les communistes français sur certaines évolutions voulues du PCF dans le sens du PGE.

En tout état de cause, nous appelons à ce que le PCF, les communistes français, reprennent des échanges beaucoup plus étroits avec nos camarades grecs du KKE. Nous avons tout à y gagner.

 

Rédaction de vivelepcf

 

 

Sur le résultat des élections en Grèce – un communiqué du KKE

 

Communiqué de la Section des relations internationales du KKE,  tiré du communiqué du rapport du Comité Central du KKE

 

Traduction JC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

 

En Grèce 27 listes ont été présentées par différents partis politiques et organisations lors de ces élections européennes. Le KKE a obtenu 428 283 voix, soit 8,35% des suffrages exprimés, ce qui a permis l'élection de 2 de ses membres au Parlement européen (pour cette législature, le nombre de mandats européens grecs a été réduit à 22 contre 24 auparavant).

 

On a relevé un taux élevé d'abstention lors de ces élections, près de 47%, qui a entraîné une diminution du nombre de voix obtenu par tous les partis par rapport aux résultats des élections législatives de 2007 et des élections européennes de 2004.

 

Ce 8 juin, le Comité central s'est réuni pour faire une première évaluation du résultat des élections européennes du 7 juin 2009. Le Comité central a synthétisé ses premières conclusions et a encouragé le lancement d'un processus de discussion à l'intérieur du parti et, plus largement, avec les amis et sympathisants du Parti aussi bien qu'avec toutes celles et ceux qui ont travaillé avec le Parti et lutté à ses côtés.

 

Le Comité central a présenté ses salutations militantes aux membres du Parti et à la KNE [organisation de jeunesse - NdT], aux amis et sympathisants du Parti, à toutes celles et ceux qui ont travaillé dur et ont lutté aux côtés des communistes lors de cette bataille électorale. Il a noté que: « l'action politique de masse, aux multiples facettes, menée par le Parti dans des conditions particulièrement difficiles, sur lesquelles ont pesé la crise économique et la stratégie sophistiquée mise en place par le système pour canaliser la colère populaire, constitue une base importante ouvrant la voie à de nouvelles expériences positives ».

 

Par ailleurs, le Comité central considère que « ces élections se rapprochent, dans une large mesure, de la tournure qu'avait prise la bataille électorale pour les législatives. Cette campagne électorale a été la plus difficile et la plus compliquée que nous ayons eu à mener au cours des 25 dernières années. Elle s'est déroulée dans le contexte d'une crise économique dont les effets sur les consciences et l'attitude des travailleurs sont contradictoires. Le point de repère valable pour juger du résultat de cette campagne électorale est d’abord les élections législatives et dans une moindre mesure les élections européennes de 2004 qui s’étaient déroulées après les élections législatives et dans des conditions politiques différentes ».

 

Le Comité central a souligné le fait que le KKE a réussi à faire face à la stratégie élaborée dans les rangs du système pendant la période 2007-2009 jusqu'à la veille de ces élections qui visait à porter un coup politique et électoral au KKE et à le déloger de sa position de troisième force politique du pays. En plus des attaques violentes venant des grands médias, il y a eu aussi ces efforts continus, par le biais de sondages montés de toute pièce, pour démontrer qu'il y aurait un recul tel de la force politique du KKE qu'il serait dépassé soit par SYRIZA, cette masse informe représentative de la « nouvelle gauche », soit par le « nouveau » parti des Verts/Ecologistes.

En même temps, les directions du parti d'extrême-droite LAOS (Rassemblement Populaire Orthodoxe) et du parti social-démocrate PASOK lançaient une attaque choquante contre le KKE. Ils ont tenté, sans fournir aucune preuve et en ayant recours à la calomnie et au mensonge, de salir le KKE et de le présenter comme étant impliqué dans les scandales qui ont ébranlé les partis bourgeois au cours des dernières années. Ils cherchaient à s'attaquer à la réputation de haute moralité reconnue aux communistes et à la confiance dont ils jouissent parmi le peuple.

 

Cette offensive anticommuniste s'est déroulée au moment où il est avéré que la ND comme le PASOK sont mouillés dans des scandales et où une bonne partie du peuple est déçue par les conséquences des restructurations capitalistes et plus généralement par les politiques de l'UE. Cette campagne de calomnie s'est mise en place avec le soutien actif ou, dans certains cas, avec la bienveillance, des autres partis aussi bien que d'une partie des médias.

Cependant, l'anticommunisme n'est pas un phénomène grec; on retrouve ses sources au sein des institutions européennes et dans la majorité des Etats-membres, à travers l'équation fascisme=communisme et les persécutions dont les communistes sont l'objet dans plusieurs pays.

 

Dans une large mesure, cette offensive a échoué. Toutefois, elle a pu poser des obstacles à la dynamique du Parti dans un contexte d'abstention massive.

 

Le Communiqué du Comité central souligne que l'escalade dans cette attaque a été motivée en particulier par la réaffirmation de l'unité politique et idéologique du Parti, encore approfondie lors du 18ème congrès, avec l'effort qui a été fait pour tirer des conclusions et des leçons des voies prises par la construction du socialisme au 20ème siècle, ce qui constitue le point de départ pour un renouveau de la lutte pour le socialisme.

 

Le KKE a affronté directement les provocations, prouvant son expérience, sa force et sa capacité de résistance. Il a empêché, dans une certaine mesure, que le vote de résistance et de contre-attaque soit canalisé vers des partis protestataires inoffensifs que la classe dirigeante utilise comme des barrières à la radicalisation du peuple.

 

Le Comité Central du KKE juge que « le résultat final obtenu par le KKE est positif si on prend en considération les éléments mentionnés ci-dessus ».

Nous sommes parvenus à la conclusion qu'une « proportion notable de celles et ceux qui ont voté pour le KKE ces dernières années, en particulier aux  élections de 2007, sont de nouveaux électeurs avec qui nous n'avons pas réussi à rentrer en contact depuis, pour étendre et intensifier nos liens avec eux et, bien sûr, afin qu'ils prennent part de manière plus systématique aux luttes. Nous devons développer ces liens politiques et idéologiques, mutuels et étroits, qui consistuent le plus important facteur de résistance dans des conditions aussi difficiles et complexes. »

 

Entre autres, le Comité central fait remarquer que « le résultat électoral et la situation générale nous contraignent à la plus extrême vigilance. Pas de répit. L'establishment économique et politique dans le pays et les centres impérialistes n'abandonneront pas facilement leur objectif qui est de porter un coup décisif au KKE. L'offensive anticommuniste va continuer avec ces sales coups, par tous les moyens possibles et imaginables. Ils visent à porter atteinte à la dynamique du KKE et principalement au rôle qu'il peut jouer dans un avenir proche dans l'organisation des luttes de classe qui sont l'élément moteur de toute évolution positive. »

De plus, le Comité central du KKE considère que « dans la période qui s'annonce, l'offensive contre les travailleurs, les droits du peuple et le KKE va s'intensifier,  tout comme les attaques calomnieuses et diffamatoires visant à nous intimider. La résistance, la contre-offensive et le renforcement des convergences essentielles, idéologiques et politiques, partiront du mouvement ouvrier et plus généralement du mouvement populaire, à travers divers moyens d'expression. Les liens du Parti avec la classe ouvrière et les couches populaires, aussi bien que les liens qu'entretiennent les militants du parti avec les adhérents et plus généralement avec les travailleurs doivent être renforcés et approfondis » (…).

 

« Aujourd'hui, plus que jamais, l’importance décisive de la lutte collective organisée ressort. La colère individuelle, les tentatives de chacun pour trouver des solutions individuelles à l'impasse dans laquelle tous sont placés ne sont pas seulement inefficaces mais sont aussi préjudiciables car elles  repoussent la perspective de la lutte qui doit être menée aujourd'hui, tout en entretenant des illusions et une certaine fatalité.

Notre responsabilité collective est importante, même si, pour que cette lutte puisse être menée et soit victorieuse, elle doit reposer sur une prise de conscience individuelle, sur la contribution constante de chaque communiste, de chaque membre de la KNE, de chaque personne qui lutte ».

 

Le Comité central exprime la nécessité, dans un esprit d'optimisme militant, « d'évaluer les difficultés et les opportunités rencontrées dans l'action militante quotidienne selon la stratégie du Parti et les conditions particulières de chaque secteur, industrie et région. Nous en appelons à la classe ouvrière au sens large, les travailleurs, indépendamment de leurs croyances et de leurs préférences politiques, à défendre le KKE contre les attaques calomnieuses dont il est victime en prenant en compte que la campagne et l'hystérie anticommunistes porte également atteinte au mouvement populaire en général. »

 

Section des Relations Internationales du KKE

 

Traduit de l'anglais depuis le site: http://inter.kke.gr/

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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 11:01

Déclaration de Jeronimo de Sousa, Secrétaire-Général du PCP

 

Sur le résultat des élections européennes

 

7 juin 2009

 

« Ce que le pays réclame, c'est une rupture claire avec les politiques de droite que depuis plus de 33 ans le PS et le PSD défendent selon une logique d'alternance, seulement possible avec le renforcement de la CDU. »


Traduit par AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ 


Le secrétaire-général du PCP s'est adressé au pays pour affirmer sa satisfaction devant l'importante progression électorale de la CDU. Une progression qui envoie un signal, celui de la revendication du changement et de la confiance sur le fait qu'il est possible de construire une vie meilleure. Jeronimo de Sousa a ensuite insisté sur la condamnation claire de la politique du Gouvernement qui s'est traduite par la défaite électorale du PS.


Le premier mot qui nous vient à l'esprit est: satisfaction. Satisfaction vis-à-vis de l'importante progression électorale de la CDU. Une progression qui envoie un signal, celui de la revendication du changement et de la confiance sur le fait qu'il est possible de construire une vie meilleure.


Le deuxième mot qui nous vient à l'esprit est: inquiétude. Inquiétude par rapport à la situation du pays et du peuple portugais mais aussi: confiance. Confiance qu'une autre politique et autre voie est possible. Face à la crise, au chômage, aux injustices et à la corruption, une réalité s'impose: donner en ce moment encore plus de force à la CDU.


1 – Le résultat obtenu par la CDU – traduit par la confirmation de l'élection de nos deux députés (dans le cadre de la réduction de 24 mandats nationaux à 22), l'augmentation de son audience électorale et du nombre de voix obtenu, - est l'expression de la vague de soutien enregistrée pendant la campagne, et confirme que la CDU est une force en progrès, indispensable au pays et à la résolution des problèmes du pays.


En confirmant tout le sens des progrès et de la poussée électorale de la CDU lors des dernières échéances électorales, le résultat obtenu aujourd’hui n'ouvre pas seulement dans la vie politique nationale et lors des prochaines élections la perspective de mettre en échec les politiques de droite mais est aussi un moyen, avec le renforcement de la CDU, d'imposer un tournant dans la vie politique nationale.


Un résultat dont la signification et l'ampleur sont d'autant plus à valoriser qu'il a été construit à partir d'une campagne qui, basée sur l'intervention et l'engagement de milliers de militants avec un travail de mobilisation et d'explication dirigée vers les électeurs, a eu à triompher d'un climat de dénigrement ostensible envers la CDU. La déformation constante de son message et de ses propositions, la pression induite par les sondages successifs qui ont confirmé tout au long de la campagne la percpeption claire que, tant du côté du gouvernement que des intérêts économiques liés aux politiques de droite qui sont menées, ce qu'ils craignent le plus c'est que la CDU récolte des voix, car c'est elle qui peut le plus remettre en cause, pas seulement dans les mots, mais dans l'action et dans la construction d'un projet alternatif, les politiques de droite et les intérêts des grands groupes économiques et financiers.


2 – La défaite électorale subie par le PS matérialisée par une perte en terme d'élus et de voix obtenues représente une condamnation claire de la politique du Gouvernement et une érosion indiscutable de sa base sociale.


Les résultats obtenus aujourd’hui par le PS – indissociables des luttes, manifestations et de la colère qui ont uni et rassemblé des centaines de milliers de portugais pour la défense du droit au travail, des services publics et des acquis sociaux et qui ont trouvé dans le PCP et dans la CDU l'opposition la plus déterminée et la plus résolue – sont en soi l'expression d'une condamnation claire de sa politique et de ses orientations et confirment qu'il n'est pas seulement possible, mais qu'il est indispensable, d'infliger en Septembre prochain une nouvelle défaite significative à ce gouvernement et aux politiques de droite qu'il met en place.


3 – La CDU attire l'attention sur l'opération en cours qui concerne l'interprétation des résultats du PDS, et qui cherche à relancer artificiellement une dynamique de bi-polarisation tendant à masquer la similitude parfaite des propositions et des politiques qui, comme la campagne pour les européennes l'a révélé, créent le consensus entre le PS et le PSD. Ce que le pays réclame, c'est une rupture claire avec les politiques de droite que depuis plus de 33 ans le PS et le PSD défendent selon une logique d'alternance, seulement possible avec le renforcement de la CDU.


4 – La CDU salue les candidats et les militants du Parti Communiste Portugais, des Verts, d'Intervention Démocratique et tous les indépendants qui avec leur dévouement généreux, avec leur intervention irremplaçable ont contribué, dans tout le pays, à ce que la CDU puisse apporter une voix discordante au Parlement Européen en faveur de la défense des intérêts nationaux et puisse s'affirmer comme une force indispensable à la résolution des problèmes nationaux et à une rupture avec les politiques de droite.


La CDU salue les milliers d'électeurs qui ont voté pour cette coalition avec la pleine garantie qu'ils trouveraient ici de quoi aller dans le sens du changement qu'ils revendiquent dans la vie politique nationale, de quoi ouvrir une fenêtre d'espoir en une vie meilleure.


La campagne d'explication et de mobilisation des volontés que, semaine après semaine, la CDU a menée constitue un plus inestimable pour l'affirmation d'une force identifiée aux intérêts des travailleurs et de la population, profondément liée à ses préoccupations et à ses aspirations, partageant sa confiance inébranlable qu'une vie meilleure et plus digne est possible.


La Marche « Protestation, confiance et lutte » qui a envahie les avenues du centre de Lisbonne le 23 mai dernier a laissé – bien au-delà d'une simple initiative de campagne – la marque indélébile d'une force ancrée dans un large courant d'hommes et de femmes qui ne se résignent pas face aux difficultés et a constitué un signal fort de confiance et de combativité de la part de ceux qui croient à la construction d'un Portugal plus développé et souverain, qui continuera à vivre par son sens et son ampleur dans les nombreuses luttes qui ont lieu et cherchent à imposer une rupture avec les politiques de droite et construire une politique alternative dans notre pays.


Les résultats obtenus par la CDU, et surtout la vague de soutien à nos propositions et à notre intervention, sont un solide élément qui peut nous rendre confiant dans les batailles politiques et électoales qui dans un futur proche peuvent être décisive pour l'avènement d'un véritable changement dans la vie politique nationale.


Traduit depuis le portugais, depuis le site: http://www.cdu.pt/

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 14:43

Le Parti communiste allemand (DKP) présente une liste aux élections européennes de 2009.

Héritier en Allemagne de l’ouest du grand KPD (interdit en 1956 par l’Allemagne capitaliste), le DKP a refusé de se fondre dans le nouveau parti « La Gauche », die Linke (PGE). Mais des alliances politiques se développaient au niveau local.

Pour se conformer à la vie politique dominante de la République fédérale, Die Linke a adopté une ligne de démarcation complète vis-à-vis de ses propres origines communistes et du communisme en général et a ainsi coupé ses relations avec le DKP.

La direction du DKP a choisi d’assumer ses responsabilités et a impulsé une campagne nationale telle que le parti n’en avait plus mené depuis longtemps.

Nous reproduisons ci-dessous un des deniers messages aux électeurs en fin de campagne.

 

Vivelepcf. Traduction EDT.

 

 

Aux élections européennes du 7 juin : le DKP ! Faites le choix de l’alternative socialiste !

 

La majorité des électeurs n’a plus confiance dans les partis bourgeois établis et absolument pas dans la bureaucratie bruxelloise. C’est pourquoi beaucoup n’iront tout simplement pas voter. Car la CDU, la CSU, le FDP et les Verts ignorent les souffrances et les soucis de ces femmes et ces hommes qui savent très bien qu’ils payent les frais de la crise.

La Commission européenne ne prévoit pas seulement un recul économique de 4% dans ses prévisions de début d’année. En 2009, plus de 8 millions d’emplois doivent être anéantis. Les conséquences sociales de la crise se font de plus en plus durement sentir en République fédérale.

 

Au lieu de se préoccuper des contenus, les partis bourgeois font dans la publicité. Ainsi le SPD avec des affiches telles que « ceux qui touchent des bonus [Dumpingslöhne] votent CDU », « les requins de la finance votent FDP » ou encore « l’air chaud vote pour die Linke » [avec une image de sèche cheveu]. Ainsi la CDU : « Nous, en Europe ».  Ainsi les Verts avec simplement l’acronyme « WUMS » [pour « Economie et Environnement, Humain et Social »]. Tous avec des promesses plein la bouche, qui aussitôt après les élections se transformeront en mensonges. Ce dont un nombre de plus en plus grand se rend compte.

 

Pour autant, il ne s’agit pas de se résigner. Il y a des alternatives à la politique des gouvernants. Pas seulement aux élections européennes mais aussi aux élections communales dans une série de régions où le Parti communiste allemand (DKP) défend ses mandats et cherche à se développer. Les adhérents du DKP ont fait connaître leurs positions ces dernières semaines en multipliant les échanges, les points d’information, les initiatives, notamment lors des manifestations du 28 mars, des 1er et 16 mai : pour changer les choses, il faut se battre ! Il faut renforcer le mouvement extraparlementaire au plan national comme au niveau européen.

Nos slogans « l’être humain passe avant le profit », « les riches doivent payer », ont rencontré beaucoup d’adhésion dans les manifestations. Et nous avons diffusé beaucoup plus de matériel dans la population que lors des précédentes campagnes électorales.

 

Dans son programme électoral, « positions du DKP pour les élections européennes de 2009 – ouvrir la voie à une Europe socialiste », notre parti a mis en avant une alternative globale à la crise politique de l’Union européenne et de la République fédérale. « Notre objectif est une Europe de la coopération, du progrès social, de l’égalité ; une Europe qui protège l’environnement, qui favorise la démocratie, la solidarité et la paix. Cette Europe ne pourra être atteinte que si l’orientation politique de l’UE est fondamentalement changée » a expliqué la tête de liste du DKP, Leo Mayer.

 

En conséquence : le 7 juin, votez anticapitaliste ! Votez DKP ! Voter DKP, c’est comme manifester dans la rue!

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7 juin 2009 7 07 /06 /juin /2009 11:57

La CDU, coalition démocratique unitaire réunit depuis plus de 20 ans autour du Parti communiste portugais (PCP) des formations politiques progressistes.

Le « Bloc de gauche » se présente comme un parti de gauche antilibéral. Il est issu d’éléments d’origine trotskyste, maoïste, socialiste… Il combat ouvertement le PCP. Le bloc est membre du Parti de la gauche européenne, PGE, qui le soutient activement et dont il partage l’engagement en faveur de l’intégration européenne.

Rappelons que le PCP a refusé d’adhérer au PGE.

NdlR.

 

Des critères pragmatiques - Critérios pragmáticos

 

Par  José Casanova, membre de la Commission politique du Parti communiste portugais, PCP, directeur du journal Avante

 

Traduction AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/


5 Juin 2009


Ils sont simples et pragmatiques, les critères adoptés par les médias dominants dans le traitement de la campagne électorale: la mise en valeur de toutes les forces politiques qui, directement ou indirectement, ne feront pas obstacle à la poursuite de la mise en œuvre des politiques de droite et le dénigrement de la seule force qui s'oppose frontalement à ces politiques et s'affirme, sans aucune équivoque, comme un élément indispensable de l'alternative nécessaire.

 

Ou bien: on fait de la propagande pour les copains du PS, du PSD, du CDS/PP et du Bloc de Gauche et on manipule toute l'information qui concerne la CDU.

 

Et c'est cette séparation des eaux – d'un côté la CDU, de l'autre tous les autres – que tous les jours nous voyons, entendons et lisons dans ces médias dominants, qui a donné le ton, le rythme et le contenu de la couverture de la campagne.

 

En premier lieu, en créant une bipolarisation PS/PSD, en faisant comme s'il s'agissait de partis avec des objectifs et des politiques différents autant en Europe qu'au Portugal – tout en sachant que cela revient au même, peu importe celui qui gagne.

 

On continue naturellement à mettre en avant le CDS/PP – qui fait partie de la famille, garde légitimement la vieille maison de la droite traditionnelle et dont tôt ou tard le PS et le PSD vont avoir besoin.

 

Ensuite, on retrouve le Bloc de Gauche, dont la tâche, d'importance, est de chercher à rabattre les voix des électeurs du PS mécontents de la politique du Gouvernement de José Socrates et d'empêcher que ces votes aillent, comme cela serait naturel, vers la CDU – la seule force que ces personnes mécontentes ont vu lutter, à leurs cotés, contre les conséquences néfastes de la politique du gouvernement, tous les jours et dans tous les coins du Portugal.

 

D'ailleurs, le Bloc de Gauche a toutes les caractéristiques pour remplir cette tâche: cette posture de « gauche radicale » qu'il affiche ostensiblement et que les médias du grand capital aiment tant, ils sont prêts à tout pour capter les voix des mécontentents à gauche; et cette posture anti-communiste radicale est un sceau de garantie pour le grand capital et, par conséquent, pour ses serviteurs que sont les médias dominants – et c'est cette fonction du Bloc de Gauche qui ressort tous les jours dans les médias et à laquelle ils rendent hommage – dans les commentaires, analyses, nouvelles et, même jusqu'aux légendes des photos...

 

Ce qui est clair – ils le pensent, le disent et en rêvent tous – c'est qu'ils cherchent à empêcher que les voix des mécontents aillent à la CDU – parce que dans ce cas-là, ces voix donneraient plus de force à la lutte contre les politiques de droite.

 

Ce qui est clair – ils continuent à le penser, à le dire et à en rêver tous – c'est qu'ils veulent que les voix des mécontents aillent au Bloc de Gauche – parce que si cela se passait ainsi, ce sont des voix qui resteraient dans la maison...

 

A la campagne du Bloc de Gauche, les médias, qui sont la propriété du grand capital, réservent un traitement empli de gestes affectueux, maternels.

 

A la campagne de la CDU, ils réservent les instruments de torture.

 

Tout cela pour confirmer que le vote pour la CDU est le vote que le grand capital et ses partis craignent le plus.

 

Tout cela pour confirmer que le vote pour la CDU est le seul vote sûr pour tous ceux qui sont mécontents de la politique du gouvernement et aspirent à un changement de politique qui puisse permettre de résoudre tous leurs graves et nombreux problèmes.

Tout cela pour confirmer, aussi, qu'en ce 7 juin, une fois les votes comptés, et cela quelque soit le résultat du décompte, pour la CDU et pour ceux qui la soutiennent, la lutte continue. Dès le lendemain.

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23 mai 2009 6 23 /05 /mai /2009 09:04

La tentative de diluer et de faire disparaître les partis communistes des pays d’Europe dans des « alliances » « de gauche » aux contours idéologiques imprécis se confirme bien être une opération coordonnée au niveau européen par le Parti de la Gauche Européenne, ce PGE lui-même financé par la Commission européenne.

Dans chaque pays, de plus en plus de communistes prennent conscience de l’objectif véritable de ce qui est présenté comme des démarches unitaires, sinon seulement ponctuelles.

L’échange de nos expériences nationales nous renforce dans nos débats internes à chaque pays et nos mobilisations parallèles pour défendre les outils historiques nationaux que sont nos partis communistes.

Là aussi, l’internationalisme s’oppose aux structures supranationales !

Après des analyses et documents sur les situations en Italie, Allemagne, Luxembourg, Hongrie…, nous publions une déclaration de nos camarades de la section genevoise du Parti suisse du travail.

Nous vous renvoyons également vers le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

La rédaction de vivelepcf

 

Publié dans le numéro d’avril 2009 de l’Encre rouge :

 

La section genevoise ne se joindra pas à l’appel pour un nouveau parti

 

Ayant discuté le texte de l’«Appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse», ainsi que le contenu des forums de Facebook qui y sont associés, le Comité directeur de la section genevoise a estimé à l’unanimité que le PST n’a aucune raison de s’y associer, mais doit au contraire catégoriquement rejeter ce projet, qui n’est qu’un énième avatar de l’idée de fusion pour la fusion de tout ce qu’il peut y avoir à la gauche du PS, option rejetée démocratiquement et à une très large majorité par le dernier Congrès national du PST.

 

Le texte de l’appel, de même que les discussions sur Facebook, ne possèdent pas d’autre contenu politique qu’un vide idéologique. La seule perspective qu’offre l’appel est de faire un nouveau parti unifié, avec pour seule idée «politique» qu’il soit de gauche «alternative». Or ce terme d’«alternatif» est vide de sens. D’ailleurs les discussions sur Facebook en sont caricaturalement révélatrices: le seul vrai sujet débattu dans le forum «idéologie» est quel contenu donner à ce concept d’«alternatif», contenu qui demeure insaisissable. La section genevoise considère que la seule raison à cela, c’est précisément la vacuité politique du projet, le futur nouveau parti n’étant prévu ni pour défendre une classe, ni pour défendre une idéologie, ce qui est la raison d’être de tout parti. Le seul sens réel que possède le mot alternatif dans ce contexte est une alternative électorale au PS, tout simplement. Une certaine démagogie autour de l’unité masque mal l’ambition personnelle de quelques leaders qui rêvent d’un parti le plus large possible pour se faire élire sur ses listes.

Or le PST possède précisément ce qui manque au futur nouveau parti «alternatif»: il a une histoire, une idéologie et de réels objectifs politiques. Nous sommes un Parti marxiste et communiste, le Parti qui défend les classes que le capitalisme opprime. Certes aujourd’hui le PST est affaibli mais en quoi la dilution dans une vague nébuleuse réformiste l’aiderait-elle?

Pouvons-nous renoncer à notre culture communiste, à nos structures constituées par des décennies de lutte, à nos objectifs révolutionnaires pour nous fondre dans un mouvement hétéroclites dont les discussions portent sur comment se donner une image différente des socio-écolo-libéraux? Si nous n’avons pas à nous poser la question sur ce qui nous rend différents du PS, c’est précisément parce que nous avons une ligne politique émancipatrice en lieu et place d’une logique parlementariste. Jamais un vrai projet d’émancipation des peuples ne naît de vagues discussions sur les questions d’image et d’alternative. Alternative par rapport à quoi? Au PS, à la dénommée extrême-gauche, au PST? Une alternative au capitalisme?

Est-ce à dire un parti défendant la marche vers le socialisme? Le nouveau parti ne saurait être que social-démocrate de gauche vue l’absence de propositions politiques concrètes et la composition de ses dirigeants, dont beaucoup sont issus du PS et tiennent le communisme pour une vieillerie bonne à envoyer au musée, de même que par ses références au Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon, qui n’est rien de plus qu’une scission du PS français, lui-même virant au social-libéralisme.

La section genevoise considère que la seule réponse opportune que le PST peut donner à cet appel est de renforcer le Parti, ainsi que de lui donner un nouveau programme communiste cohérant et appliqué avec constance, afin de faire de notre Parti la force révolutionnaire que la Suisse et les peuples ont tant besoin. La section genevoise ne peut que s’étonner face à la démarche de certains camarades de la section vaudoise, dont quelques-uns occupent des postes dans la direction cantonale du POP, au Comité central, voire même au Comité directeur du PST.

Non seulement leur démarche est liquidatrice, anti-parti et anticommuniste puisque la dissolution du PST équivaudrait à un arrêt de mort du communisme en Suisse, mais elle est aussi anti-statutaire et antidémocratique.

En signant, voire en lançant, un appel qui est la copie conforme de la résolution liquidatrice que le XIXe congrès a démocratiquement rejeté à une très large majorité, ils ont amplement prouvé qu’ils n’ont aucune considération pour le Parti dont ils sont membres et sa démocratie interne, ni aucun respect pour notre base qui est attachée au PST mais dont l’avis ne les intéresse pas. Par ailleurs, leur vote n’est pas pris en compte, ce d’autant plus que la dissolution du PST ne peut être acceptée que par ses membres «par le vote favorable de trois quarts des délégué-e-s présent-es au Congrès de dissolution, suite à une Conférence nationale convoquée spécialement sur ce thème.» Ces camarades ont fait preuve du mépris le plus sincère pour nos instances et notre base par leur double discours, par leur hypocrisie. En effet, plusieurs d’entre eux ont dit aux membres des instances du PST qu’ils restaient attachés au Parti et que s’ils voulaient l’unité, ils n’avaient nullement en vue un nouveau parti remplaçant le PST, option à laquelle ils seraient opposés. Or ces mêmes camarades discutent parallèlement sur les forums de Facebook du nom pour le futur nouveau parti, qu’ils sont tous d’avis d’appeler «la Gauche», sans nous en dire mot naturellement. Pourquoi ces camarades font-ils cela?

Veulent-ils entraîner le maximum de membres du PST dans la nouvelle «alternative» par la tromperie? Ne supportent-ils plus d’être membres d’un Parti communiste? La section genevoise considère de telles manœuvres liquidatrices et anti-démocratiques, de même que les doubles discours, comme inadmissibles et estime que les camarades qui participent à la création d’un nouveau parti ont le choix soit de suivre les statuts du PST, organisation à but idéal, soit de démissionner s’ils considèrent que ces buts ne leur conviennent plus. Ceci concerne également le Conseiller national Joseph Zisyadis, porte-parole du nouveau parti, mais silencieux quant à sa position au sein du PST puisqu’il se dit «en vacances du Parti». La section genevoise n’accepte pas cette qualification non-statutaire, et demande que soit éclairci une fois pour toute si Joseph Zisyadis a encore à cœur les buts idéaux du PST, tels que définis dans ses statuts ou pas. Contrairement à certains camarades, le comité directeur de la section genevoise respecte la démocratie interne et les statuts du PST. Le comité directeur genevois plaide donc pour que lors du prochain Comité central soit formellement débattu l’«appel pour une vraie force politique alternative de gauche en Suisse», rappelle aux camarades leurs devoirs en tant que membre des instances du PST «d'agir en pleine responsabilité pour la mise en œuvre des décisions adoptées et la réalisation du programme» du parti, et si le but idéal n’est plus en accord avec leur vision d’un parti politique, de prendre leur responsabilité et la décision qui s’impose de rejoindre une autre organisation plus apte à répondre à leurs aspirations. En tout état de cause, le PST ne peut être utilisé comme un instrument purement électoraliste qui doit être jeté une fois que les suffrages ne suffisent plus à accéder aux parlements bourgeois, doit-on rappeler encore un de ses buts stipulé dans l’art.1 «Dans ses réflexions comme dans

ses actions, il s'appuie sur les analyses développées par Marx et d'autres théoriciennes et théoriciens du mouvement révolutionnaire». Dans cet esprit, le PST doit reconstruire sa base en menant les luttes décisives du 21ème siècle dans tous les espaces où les travailleurs, les intellectuels, les exclus se battent pour plus de justice sociale.

Parti du Travail de Genève

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 11:52

1er mai 2009 : le Parti communiste ouvrier hongrois (PCOH) quitte le PGE

Résolution du Comité Central du Parti communiste ouvrier hongrois (PCOH).

(traduction par EDT pour vivelepcf)

Le Comité Central du Parti communiste ouvrier hongrois a décidé, dans sa session du 25 avril, de quitter le Parti de la Gauche Européenne (PGE) à compter du 1er mai 2009, conformément à l’article 6 des statuts du PGE.

Le Parti communiste ouvrier hongrois est l'un des membres fondateurs de la Gauche Européenne. Dès le départ, notre parti a émis des réserves de fond sur la ligne générale du PGE.

Nous n’étions pas d’accord avec l’appréciation donnée par le PGE sur l'histoire des pays socialistes européens dont la Hongrie. Nous sommes convaincus que les pays socialistes ont atteint de  grands résultats dans les domaines de la vie politique, économique et sociale pendant les décennies du socialisme. Cette période sera considérée comme l'une des plus riches de succès dans l'histoire nationale des anciens pays socialistes. Nous ne pouvons pas nier qu'il y ait eu des erreurs, des fautes, mais nous n’admettrons jamais que ces années soient caractérisées comme celles du pur « stalinisme » et nous nous opposerons à toute tentative de dénigrement de cette période.

Nous n’étions pas d'accord avec la philosophie générale du PGE qui a exclu de l’adhésion un grand nombre de partis importants et a transformé le PGE en parti de l'Union européenne.

Nous ne sommes pas d'accord avec la politique du PGE qui, dans la pratique, se concentre uniquement sur les problèmes des pays d’Europe de l’ouest et sur les intérêts de l'Union européenne mais qui n’accorde aucune attention aux problèmes réels des pays d’Europe centrale et orientale.

Nous nous opposons à la ligne politique du PGE consistant à intégrer des partis qui n’ont rien de commun avec les idées communistes et sont même pour certains des ennemis du communisme.

Nous sommes opposés au mode de fonctionnement selon lequel les partis représentés au Parlement européen décident unilatéralement des grands axes de la ligne politique du PGE.

Nous ne sommes pas d’accord avec la nouvelle ligne politique de la Gauche Européenne définie par les résolutions du second congrès du PGE de novembre 2007. Notre parti a été le seul à ne pas voter pour ces documents. Nous sommes convaincus que nous n'avons pas besoin d'une "nouvelle culture politique européenne". Ce dont nous avons besoin, c’est d'une lutte conséquente contre le capitalisme, pour les droits des masses laborieuses. Nous ne devrions pas seulement critiquer le capitalisme mais organiser le combat quotidien des travailleurs.

Nous voulons abattre le capitalisme; le Parti de la gauche européenne veut l'améliorer. Nous nous situons sur les bases du marxisme-léninisme, de la théorie et de la pratique de la lutte des classes, des principes de l'internationalisme prolétarien. Le Parti de la gauche européenne se situe malheureusement sur les bases du réformisme. La Gauche européenne ne combat le capitalisme que dans les phrases, mais dans la pratique elle aide à renforcer l'apparence "démocratique" de l'Union européenne, du Parlement européen et du système capitaliste en général.

Nous avons tenté d'influer sur ces processus et de les modifier mais nous devons reconnaître que c'est impossible. La ligne politique de la plupart des partis membres du PGE et celle du PGE lui-même vont dans une direction qui porte atteinte aux intérêts élémentaires de la classe ouvrière et du mouvement communiste international.

Nous avons tenu compte de la position d’autres partis communistes. Nous partageons l’appréciation que le Parti de la gauche européenne joue un rôle négatif dans le mouvement de la gauche internationale. Par notre exemple, nous voulons faciliter la sortie du PGE d’autres partis. Nous voulons faire voir clairement ce qu'est vraiment le PGE.

Nous pensons que le révisionnisme et l'opportunisme représentent aujourd'hui les plus grandes menaces pour le mouvement communiste. Il est malheureux que nous soyons pauvres et démunis d’argent. Mais nous perdrions tout si nous abandonnions nos convictions idéologiques claires, le marxisme-léninisme.

Nous continuerons à participer à toutes les rencontres internationales des Partis communistes et ouvriers et nous ferons tout notre possible pour renforcer le pôle communiste suivant les principes de l'internationalisme prolétarien. Nous renforcerons nos relations bilatérales avec les partis communistes. Nous continuons notre combat contre le capitalisme sur la base marxiste-léniniste.

Notre décision repose aussi sur les réalités de la Hongrie. La situation en Hongrie est en train de changer. La population a déjà passé 20 ans sous le capitalisme et rassemblé beaucoup d'expériences concrètes. Après 20 ans beaucoup de gens comprennent ce que signifient exploitation capitaliste, chômage et injustice sociale. Par ailleurs, ils ont pu apprécier que le Parti communiste ouvrier hongrois existe, qu’il s'est toujours tenu à leurs cotés et s'est toujours battu pour leurs intérêts. C'est notre capital politique et moral et nous pourrons le faire fructifier dans les combats à venir. Le gouvernement hongrois essaye de sortir de la crise actuelle aux dépens des masses travailleuses. Les salaires et les retraites sont gelés; les dépenses publiques sont réduites. Cette politique, au lieu d'améliorer la situation des masses travailleuses, crée de nouvelles difficultés. La population attend de nous, communistes, que nous prenions des positions claires et menions des luttes conséquentes. C'est ce que nous ferons.

Budapest, 25 Avril 2009

Comité central du Parti communiste ouvrier hongrois.

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23 avril 2009 4 23 /04 /avril /2009 22:54

On le sait peu en France mais il existe un Parti communiste au Luxembourg qui a une histoire glorieuse et un ancrage réel notamment dans le bassin sidérurgique. Il a joué ainsi en 2005 un rôle important dans les 43,4% de non au référendum sur le projet de « constitution » européenne.

Sur bien des points, la situation et les débats du Parti communiste luxembourgeois (KPL) présentent des similitudes avec les nôtre. A partir des années 1990, une partie des directions ont poussé pour l’abandon de la référence communiste et de ce qu’elles représentent. Mises en échec une première fois, les mêmes sont revenues à la charge avec une coalition électorale « de gauche » qui s’est vérifiée être destinée à supplanter le KPL et à récupérer (et dévoyer) son patrimoine politique. Les pressions, notamment du PGE, ont été et demeurent d’autant plus fortes que le pays est au cœur de l’UE.

Nos camarades luxembourgeois ont refusé de se laisser enfermer et de se saborder. Ils restent fidèles à leur choix de classe et internationaliste.

Un exemple encourageant pour les communistes français. Le Luxembourg est un petit pays mais le KPL est voisin, sous bien des aspects, notamment des fédérations du PCF de Lorraine.

 

Ci-dessous, l’article écrit par notre camarade JV, après interviews sur place, pour vivelepcf détaille la situation du KPL.


Tentative de dilution des partis communistes dans « la gauche » : l’exemple du Parti communiste luxembourgeois et de sa résistance.

 

Retour sur l’Histoire du KPL :

 

         Le Parti Communiste du Luxembourg (KPL) a été fondé en 1921. Dès l’origine, il est en butte à une répression féroce de la part des gouvernements réactionnaires. Il parvient cependant à s’implanter durablement dans le bassin sidérurgique et minier du sud du pays, autour notamment d’Esch-sur-Alzette, deuxième ville du pays.

 

Principale force politique engagée dans la Résistance à l’occupant nazi, le KPL gagne une grande popularité après la Libération.

En 1945, sur une population de 220.000 habitants, 20.000 travailleurs sont sidérurgistes. Ils soutiennent massivement le Parti, tout comme les Lorrains le PCF de l’autre côté de la frontière. Le syndicat d’inspiration communiste fondé après-guerre domine parmi eux. Il est le seul à mener le combat de classe contre le grand trust sidérurgique ARBED.

A Esch-sur-Alzette dont il a détenu la municipalité, à Differdange, le KPL réalise des scores électoraux de 25 à 30 % dans les années 1950 et 1960, bien qu’en pleine guerre froide il soit traité comme un ennemi de l’intérieur par les autres forces sociales et politiques.

        

Les efforts du KPL se sont portés vers les nouveaux segments de la classe ouvrière qui se sont développés dans les années 1960 (installation de nouvelles usines par les groupes américains Du Pont de Nemours et Goodyear près de Luxembourg et dans le nord du pays, qui ont généré des milliers de nouveaux emplois dans l’industrie). Dans des zones essentiellement rurales et sans culture revendicative, les tentatives d’organisation des ouvriers de ces industries ont été farouchement réprimées et ont rencontré un succès limité. Le KPL n’a pas non plus réussi à s’implanter fortement parmi les employés du public ou du privé : les socialistes du LSAP et les chrétiens-sociaux du CSV, qui gouvernent ensemble le pays depuis 1948 au sein d’une « grande coalition », y sont restés prédominants. Ces deux organisations ont pu et peuvent d'ailleurs encore compter sur leurs relais syndicaux dans le monde du travail pour maintenir leur hégémonie.

La crise de la sidérurgie a touché le Luxembourg de plein fouet. En 1974, alors que le trust ARBED annonce des coupes sombres dans les effectifs, le gouvernement de « grande coalition » instaure une commission « tripartite » (Etat, ARBED, syndicats) pour prendre des mesures « anticrise ». Alors que toutes les autres forces politiques acceptaient les conditions d’ARBED et discutaient que sur l’indemnisation des sidérurgistes licenciés, les communistes se battirent pour sauver les emplois, faisant campagne pour la nationalisation de la sidérurgie en porte-à-faux avec la direction nationale du syndicat réunifié OGB-L. Une situation qui n’est pas sans rappeler notre situation en Lorraine au même moment.

  

La défaite finale du mouvement, l’effondrement des effectifs de la sidérurgie, qui passe de 30 à 15.000 ouvriers entre 1974 et 1986, contribuent à accentuer l’affaiblissement de l’influence du KPL dans la même situation internationale que nous connaissions.

 

Evolution dans les années 1980.

        

Le recul électoral est très net. La base des soutiens du KPL dans la société est désorientée par le déclin industriel. Une partie se laisse courtiser par un nouveau parti d’extrême droite, qui affecte un discours ouvriériste et prétend défendre les « petits ».

Le paradoxe est que le KPL ne perd pas d’adhérents. Il en gagne même, grâce à son action efficace et résolue dans le mouvement de protestation contre l’installation de missiles « Pershing » au Luxembourg, et semble même à cette occasion réussir à étendre son influence dans de nouvelles couches de la population: jeunes intellectuels, enseignants, fonctionnaires, professions libérales… Certains représentants de ces couches sociales adhèrent au KPL, qui leur laisse assez rapidement des postes de responsabilité au sein du parti jusqu’au bureau politique. Le plus en vue de ces nouveaux dirigeants est André Hoffmann, professeur de philosophie, adhérent depuis les années 1970, qui devient député à la fin des années 1980.

 

En finir avec le communisme ? Les débats internes au sein du KPL avant la rupture de 1994.

 

         Le KPL n’avait jusqu’au début des années 1990 jamais connu de grandes dissensions en son sein, juste des débats dans les années 1980 sur la stratégie à adopter vis-à-vis des couches intermédiaires. Comme dans tous les partis communistes du monde, l’effondrement du bloc de l’est entraîna dans les sections du KPL des débats très durs sur l’analyse du régime soviétique et de sa chute. Ils le furent particulièrement à la section d’Esch-sur-Alzette, la plus grosse du pays, dont André Hoffmann était un dirigeant. Ce dernier défendait dès 1991 la renonciation à l’étiquette communiste et la fondation d’une nouvelle force : il lança ainsi avec ses partisans les « forums de la Nouvelle Gauche », cercles de discussion censés préparer la transformation du KPL en nouvelle force « de gauche ». Seul député du parti élu en 1990, Hoffmann disposait d’une influence non négligeable dans le KPL et bénéficiait de nombreux soutiens dans la direction : ses partisans tenaient la page consacrée à la vie interne de l’organisation dans le journal du parti (le Zeitung vum Letzebuerger Vollek = Journal du Peuple Luxembourgeois), ce qui permettait de diffuser largement ses vues en direction des adhérents.

         Les tensions au sein de l’organisation et le cours nouveau qu’une partie des dirigeants voulait amorcer ont alors éloigné du KPL bon nombre de militants.

Au congrès de 1993, les tenants de la ligne Hoffmann proposent au vote des militants une résolution de sabordage du KPL et de transformation en une nouvelle organisation ouvertement réformiste, faisant passer au second plan l’entreprise et la lutte des classes. Ils parviennent à l’emporter chez les adhérents des sections d’Esch-sur-Alzette et de Luxembourg-ville.

Mais malgré le soutien de la moitié du comité central, les adhérents se prononcent à une majorité de plus des deux-tiers pour une autre voix : pour le texte affirmant le maintien du parti sur des bases communistes.

Du coup, Hoffmann, en mauvais perdant, quitta le parti avec plusieurs de ses amis, dirigeants et élus locaux, pour fonder la « Nouvelle Gauche » (Néi Lénk), qui trouva d’emblée dans les media une complaisance sans commune mesure avec son influence réelle dans la population.

Aux élections législatives de 1994, KPL et Nouvelle Gauche présentent chacun leurs listes, aucune des deux organisations ne parvenant à faire élire un député.

 

1999 : naissance de « la Gauche » comme coalition électorale

 

Devant l’accélération des contre-réformes et de la remise en cause des conquêtes démocratiques et sociales par les gouvernements successifs de « grande coalition », l’idée d’une convergence, notamment en vue des élections nationales, entre les formations situées à gauche de la coalition s’est développée, y compris au sein du KPL.

Le parti décida d’intégrer une alliance électorale pour les élections législatives et européennes de 1999 qui prit le nom de « La Gauche » (Déi Lénk), avec notamment la « Nouvelle gauche ». La possibilité de l’adhésion individuelle à « La Gauche » avait été acceptée pour permettre à des syndicalistes ou des citoyens non organisés de s’y associer.

Rapidement cependant apparurent des divergences de fond entre le KPL d’un côté, les autres organisations de l’autre, à savoir la « Nouvelle gauche » et des petites formations notamment trotskistes. Désaccord sur l’analyse de l’Union Européenne : la « Nouvelle Gauche » défendant l’idée d’une réorientation de l’UE vers une « Europe sociale » ; désaccord sur les questions internationales, par exemple à propos de Cuba ; désaccord sur la pratique politique, le KPL souhaitant donner la priorité au travail politique dans les entreprises, quand les autres organisations préféraient s’adresser « aux citoyens ».

 

2004 : le KPL se dégage de « La Gauche »

 

Après le succès relatif de « La Gauche » aux élections de 1999, qui vit Hoffmann élu à nouveau député sous cette nouvelle étiquette, les contradictions se sont encore accusées.

A côté des divergences de fond, la coalition électorale « La Gauche » devenait progressivement un parti à part entière sous l’impulsion notamment d’André Hoffmann. « La Nouvelle Gauche » s’est ainsi dissoute pour se fondre dans « La Gauche ». Dès le début des années 2000, les pressions de « La Gauche » sur le KPL se firent très fortes pour qu’il se dissolve à son tour.

Le KPL perdait son autonomie et sa visibilité. Quant à ses adhérents, ils se détournaient du cadre de « La Gauche » qui ne leur convenait pas. 

Pour les élections de 2004, « La Gauche » avait même la prétention d’écarter les candidats proposés par le KPL et de choisir des candidats communistes à sa place.

2004 a été l’année de la rupture pour le KPL. La recherche de l’unité ne pouvait passer par l’étouffement du Parti et de ses positions. Au lieu de rassembler, les positions de « La Gauche » dégoûtaient et écartaient de nombreux communistes et sympathisants, délaissaient les luttes sociales, notamment à l’entreprise.

Le KPL, à une large majorité, décida donc de retrouver son indépendance d’expression et d’action. Il quitta « La Gauche » avant les élections et se présente depuis de nouveau sous ses propres couleurs. De son côté, « La Gauche » aligne ses positionnements sur ceux du Parti de la Gauche européenne (PGE) qui la soutient fortement. Elle bénéficie manifestement aussi d’une complaisance des media dominants du pays.

 

« La Gauche », le « Parti de la Gauche », les coalitions électorales de « gauche » ou « Arc-en-ciel » amenant un effacement des partis communistes : l’exemple luxembourgeois en rappelle d’autres, en Espagne, en Allemagne, en Italie, en France maintenant. De façon parallèle et coordonnée, maintenant avec le PGE, il apparaît qu’est déployée méthodiquement partout en Europe une stratégie d’abandon de l’identité communiste, d’alignement dans le cadre institutionnel sur une version de « gauche » de l’idéologie dominante. Capter l’héritage des partis communistes tout en coupant avec leur organisation et leur théorie révolutionnaires, voilà le projet mené tantôt par des directions internes, tantôt par des personnalités extérieures. Sans ou contre les communistes.

 

Non sans difficultés et déchirements, nos camarades luxembourgeois ont réussi à dépasser cet épisode, à garder la raison d’être de leur Parti.

Le KPL continue d’être un élément de la coopération internationale entre partis communistes et ouvriers, souhaitons-le toujours avec le PCF, notamment ses fédérations de Lorraine.

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