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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 11:02

100ème anniversaire du Général Giap

 

100827 GiapLes plus hautes autorités du Vietnam viennent de célébrer le 100ème anniversaire du Général Giap, héros national, « vainqueur de Dien Bien Phu », un des principaux dirigeants communistes vietnamiens pendant les guerres révolutionnaires anti-impérialistes contre le colonialisme français puis contre l’agression des Etats-Unis.

 

Communistes français, nous saluons cette grande figure du mouvement communiste international, qui est également liée à l’histoire de notre pays.

 

La personne du Général Giap est en elle-même un point de repère historique et politique, au-delà du symbole national qu’il représente à la suite d’Ho Chi Minh.

 

Nous reproduisons ci-dessous un extrait du livre de notre camarade Léo Figuères, « Je reviens du Vietnam libre », publié en 1951, où il revient sur la vie et l’engagement du Général et raconte son entrevue avec lui, en pleine guerre d’Indochine.

Giap ne s’est pas montré qu’un « fin stratège » mais aussi un des concepteurs de « l’armée nouvelle » (pour reprendre le terme de Jaurès), l’Armée populaire vietnamienne, instrument de la Révolution par l’intervention des masses.

Cette armée, toujours dirigée par Giap, devait réussir à mettre en échec l’impérialisme américain et réaliser l’unité du Viet-Nam.

 

Après 1975, Giap est ministre et membre du bureau politique du Parti communiste vietnamien jusqu’en 1982. Il intervient dans les débats internes du Parti et ne cesse de le faire, y compris parfois publiquement dans un contexte d’évolution accélérée des orientations politiques du pays.  

En 2009, il s’exprime contre la décision de laisser un groupe capitaliste chinois prendre le contrôle de l’exploitation d’un gisement de bauxite au centre du Vietnam mettant notamment en garde contre la perte de souveraineté.

 

Longue vie au Général Giap, grand dirigeant communiste, militant inlassable pour le socialisme dans son pays !

 

 

ARTICLE PUBLIE SUR LE JOURNAL EN LIGNE DU PARTI COMMUNISTE VIETNAMIEN :

 

A l'occasion des 100 ans du Général Vo Nguyên Giap (25 août), fêtés le 24 août, le président du Front de la Patrie du Vietnam (FPV), Huynh Dam, est allé lui adresser ses meilleurs vœux de longévité.

M. Huynh Dam a exprimé la fierté et la reconnaissance profonde du Front de la Patrie et du peuple vietnamiens envers cet élève brillant du Président Hô Chi Minh, qui a grandement contribué à l’œuvre révolutionnaire nationale.
Le chef du FPV lui a souhaité une bonne santé et longévité. Le Général Vo Nguyên Giap demeure toujours un modèle pour les jeunes générations.
Le même jour, le Premier ministre Nguyên Tân Dung, le vice-Premier ministre et ministres des Affaires étrangères, Pham Gia Khiêm, le ministre et chef du Bureau gouvernemental, Nguyên Xuân Phuc, le président de l’Assemblée nationale, Nguyên Phu Trong, et ses chefs adjoints… ont fait de même.
Le gouvernement, a affirmé M. Nguyên Tân Dung, continuera de conjuguer ses efforts avec tout le Parti, tout l’Armée et tout le peuple pour atteindre l'objectif d'un peuple riche, un pays puissant, une société équitable, démocratique et moderne.
Après avoir informé des activités législatives au cours de ces derniers temps,  M. Nguyên Phu Trong a réaffirmé la détermination de l’AN de continuer de progresser sur la voie du socialisme, conformément au choix judicieux du PCV et du Président Hô Chi Minh.
Remerciant tous ces dirigeants, le Général Vo Nguyên Giap a exprimé sa ferme conviction que sous la direction du Parti et la gestion de l’Etat, le Vietnam réaliserait de nouvelles avancées socioéconomiques et dans son intégration nationale.

Khánh Anh

 

 

EXTRAIT DE « Je reviens du Viet-Nam libre » DE LEO FIGUERES (1951).

 

"Une visite inespérée au Commandant en chef de l’Armée vietnamienne va me permettre de compléter mon opinion.

Sitôt arrivé à destination, après une longue journée de voyage, me voici introduit dans un vaste bureau tapissé de cartes. Le Général sobrement habillé d’un uniforme kaki, aux épaulettes noires sur lesquelles brillent des étoiles d’or, se tient derrière une table revêtue de serge verte.

Un visage extraordinairement jeune, malgré les 40 ans passés, de petite taille mais visiblement très robuste, des yeux mobiles et brillants, une bouche constamment souriante, tel est Vo Nguyen Giap, ministre de la Défense, Commandant en chef des forces armées du Viet-Nam et l’un des dirigeants les plus populaires du pays.

Dans la conversation, je vais pouvoir juger de la vaste culture de cet homme qui possède notre langue d’une façon parfaite.

Giap n’a pas toujours été militaire. Rien ne le prédisposait même à cette carrière puisqu’au sortir de ses brillantes études de lettres, il avait choisi d’enseigner à Hanoï en qualité de professeur libre. Il n’en restait pas moins l’un des animateurs du mouvement vietnamien de libération nationale.

 

Lorsque les Japonais furent introduits par Pétain en Indochine, Giap quitte la capitale, part dans les montagnes et organise la résistance. Sa femme, malheureusement, devait tomber aux mains des colonialistes et succomber des suites de tortures dans un cachot de la prison d’Hanoï.

En 1941, Vo Nguyen Giap reçoit d’Ho Chi Minh la mission de mettre sur pied les premiers groupes de partisans armés. C’est alors que commence sa vie de militaire. Très vite, il se familiarise avec l’art de la guerre. Il surmonte les difficultés et malgré les conditions très rudes de l’action dans la montagne, il arrive à organiser les premières unités de l’armée vietnamienne, puis parvient à les renforcer, à les multiplier…

A la veille de la capitulation japonaise, en août 1945, Giap se trouve à la tête d’une pêtite armée de plusieurs milliers d’hommes avec laquelle il réussit à libérer la quasi-totalité du territoire du nord Viet-Nam avant de pénétrer dans Hanoï avec le gouvernement provisoire constitué sous la présidence de Ho Chi Minh.

Devenu ministre de l’Intérieur du premier gouvernement national formé en septembre 1945, il a le mérite de mettre hors d’état de nuire les ennemis intérieurs de la République et d’abord les agents vietnamiens du Kuo-mintang.

Porte-parole de sa délégation à la première conférence franco-vietnamienne de Dalat, qui précéda celle de Fontainebleau, Giap s’y fait remarquer par sa vigueur et sa logique irréfutable pour défendre la cause de son pays. Son éloquence, sa sincérité, son patriotisme, en imposent tellement à tous ses adversaires que le cauteleux Thierry d’Argenlieu, lui-même, se croit obligé de ne l’approcher qu’avec beaucoup de marques de respect.

Durant tout le séjour en France du Président Ho, il eut la lourde charge d’assurer l’intérim de la direction gouvernementale. On se souvient encore du sang-froid avec lequel il fit face aux provocations des colonialistes durant les discussions de Fontainebleau et de la persistance qu’il mit à rechercher un terrain d’entente avec les représentants français.  

Les Hauts-Commissaires en Indochine, d’abord d’Argenlieu, Bollaert ensuite, ont, au moins en apparence, essayé de voir en Giap « l’homme dur » opposé au Président Ho dont il a toujours été l’un des meilleurs disciples et compagnons de lutte. La propagande colonialiste s’est efforcée de faire de Giap un croquemitaine, un « bouffeur de français » qu’on est parfois allé jusqu’à présenter comme d’origine allemande en déformant son prénom de Vo à Von. Le Général est le premier à rire de ces sornettes.

« Je ne suis pas plus antifrançais que n’importe lequel de mes compatriotes. Je n’aime pas les colonialistes, rien n’est plus exact, mais j’aime la vraie France, celle du peuple ».

 

Et il me raconte comment, en mars 1945, après le désarmement des troupes françaises par les Nippons, il collabora durant une période avec une unité française qui avait réussi à quitter la ville de Cao-Bang avant l’arrivée des Japonais.

« Nous avions créé avec les officiers français un Comité de liaison franco-vietnamien pour la lutte contre les Japonais. Tout allait très bien lorsque ces officiers exprimèrent le désir de passer en Chine, nos conditions de vie leur paraissant sans doute trop rudes.

Après avoir essayé de les convaincre de l’utilité de notre combat commun, je les fis accompagner jusqu’à la frontière chinoise. C’est ainsi que s’acheva le seul cas de collaboration des forces françaises et vietnamiennes dans la guerre contre les impérialistes japonais ».

 

Le généralissime évoque ensuite des souvenirs sur ses relations avec d’Argenlieu, les généraux Leclerc et Morlière, le commissaire Sainteny et d’autres personnages français. Il en parle sans âpreté, mais avec une connaissance extrême des défauts et des qualités de ces hommes qui, s’ils avaient fait preuve d’honnêteté et de bonne volonté, auraient pu en 1946 jeter les bases d’une collaboration durable entre la France et le Viet-Nam.

« La plupart d’entre eux ne croyaient ni à la possibilité d’une telle collaboration, ni à la solidité de notre gouvernement et à son influence sur les masses.

Même lorsqu’ils nous faisaient des sourires, nous restions pour eux des rebelles, et l’espoir de nous mettre hors de cause en un tournemain était dans leur tête.

De notre côté, nous avions besoin de la paix et, quoique nos concessions fussent parfois pénibles au peuple, nous avons recherché jusqu’au dernier jour les possibilités de nous entendre avec les Français.

La guerre nous a été imposée à la suite d’une longue série de violations des accords du 6 mars 1946, du modus vivendi de septembre 1946, et à la suite de multiples provocations sanglantes.

Puisqu’il n’y avait rien d’autre à faire pour sauver les conquêtes d’août 1945, nous avons fait la guerre et nous la poursuivrons désormais jusqu’à la victoire complète ».

 

C’est maintenant le ministre de la Défense nationale qui parle pour m’expliquer les changements intervenus dans la tactique des deux adversaires et le rapport des forces en présence.

Et longuement, patiemment, Vo Nguyen Giap répondra à toutes mes questions sur la situation militaire et ses perspectives en me disant au terme de notre entrevue :

 

« Nous savons que de grandes difficultés nous attendent. Nous aurons encore de durs moments à passer avant de contraindre les colonialistes à quitter notre pays. Mais quand nous jetons un regard en arrière et constatons le chemin parcouru depuis 1941, la victoire finale ne fait plus aucun doute pour nous ».  

 

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7 mai 2010 5 07 /05 /mai /2010 14:56

Tribune dans l’Huma du 6 mai 2010

Grèce: leurs mesures visent à réduire le prix du travail

Par Eliseos Vagenas, membre du comité central et responsable de la section des Affaires internationales du Parti communiste grec (KKE).


Quelles propositions après l’adoption du plan d’hyperaustérité imposé par l’Ue et le FMI ?


Les mesures prises par le gouvernement du Pasok (socio-démocrates) constituent une forme de guerre pour écraser le peuple travailleur, une guerre qui conduira une large partie des couches populaires à une paupérisation encore plus vaste, avec une réduction dramatique de leurs revenus et la réduction de ce qui reste encore de leurs droits à la sécurité sociale et du droit du travail. Ces mesures portent sur deux axes  : a) Réduire davantage le prix de la force du travail et assurer que les capitalistes disposeront de travailleurs bon marché. b) Trouver des capitaux, à travers les prêts que le peuple grec paiera encore une fois, pour financer et soutenir les banques, les industriels et les armateurs. Ces derniers feront face quand même à une puissante vague de résistance et des luttes populaires. Ce qui est important pour nous les communistes, c’est que, à travers la lutte contre les mesures antipopulaires, se créent des conditions de contestation, de rupture et de renversement du système capitaliste d’exploitation.

Notre parti croit que Lénine avait raison quand il écrivait, en 1915, dans son article sur « Le mot d’ordre des États-Unis de l’Europe », qu’une telle union serait soit impossible à réaliser, soit réactionnaire. En effet, la Communauté économique européenne (CEE) et ensuite l’Union européenne (UE), avec le traité de Maastricht (pour lequel ont voté pour tous les partis en Grèce sauf le KKE), ont prouvé qu’elle est une union du capital, qui a pour but d’attaquer les droits des travailleurs et de préserver les profits des capitalistes  ! Un de ses outils est aussi la Banque centrale européenne. Nous ne sommes pas censés cultiver l’illusion chez les travailleurs que la nature impérialiste de l’UE peut changer. Encore moins que nous puissions mettre « les gens avant les profits ». En réalité, ce qui compte, c’est de créer un système où il n’existera pas de profits capitalistes ! C’est pour cela que notre parti insiste à la sortie de notre pays de l’Otan et de l’UE et appelle à la constitution en Grèce d’un front de lutte pour le pouvoir populaire, l’économie populaire, le socialisme.

Le KKE propose des mesures particulières dans la situation actuelle de crise capitaliste. Des mesures qui ont pour but de soulager les travailleurs et les chômeurs, comme la taxation du grand capital avec une taxation à 45 % au lieu de 20% aujourd’hui. Nous proposons un faisceau complet de revendications basées sur les besoins modernes des travailleurs. Pourtant, dans le système capitaliste, il peut y avoir quelques conquêtes seulement à travers le développement de la lutte des classes. Nous luttons sans cesse pour des conquêtes immédiates et nous allons continuer pour qu’elles soient imposées, par la puissance du mouvement, des mesures qui diminuent la sévérité des problèmes, qui soulagent. Nous soutenons le PAME (Front syndical de lutte), qui englobe tous les syndicats de classe de Grèce. De plus, nous posons au peuple ouvertement notre proposition alternative, celle d’une économie de socialisation des moyens de production, de planification centrale et de contrôle ouvrier, avec un système de santé exclusivement public, avec un système d’éducation, de santé et de sécurité sociale, qui sera unifié et gratuit pour tous. Une économie qui sera basée sur un autre pouvoir, qui renversera le pouvoir des monopoles et construira des institutions populaires neuves.

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 17:26

Procès en appel : l’interdiction de la Jeunesse communiste tchèque (KSM) enfin et définitivement levée !

 

070913_carte_postale_ksm.jpgLe 27 janvier 2010, la Cour de justice de Prague a levé l’interdiction de l’Union de la jeunesse communiste tchèque (KSM) qui avait cours depuis 2007. Les juges ont également levé en appel un jugement de 2008 qui avait débouté la KSM de son assignation contre la décision d’interdiction du ministère de l’intérieur.

« C’est une décision très importante car elle relégalise la KSM. La KSM va pouvoir travailler à nouveau ouvertement en tant qu’organisation légale », se félicite Milan Krajca, son président dans une déclaration.

 

Le gouvernement tchèque avait fondé son interdiction de la KSM sur la présence dans son programme de l’objectif de renverser la propriété privée des moyens de production et de la remplacer la propriété collective. Une autre raison invoquée était la perspective proposée par la KSM à la jeunesse tchèque de combattre pour une autre société, libérée des principes du capitalisme.

 

Nous sommes fiers, en tant qu’organisations communistes en France d’avoir porté, comme d’autres un peu partout en Europe, la campagne de solidarité avec nos camarades tchèques. Des milliers de cartes-pétitions ont été collectées dans un public beaucoup plus large que les communistes qui refuse la négation de la liberté d’expression telle qu’elle se manifeste dangereusement dans les pays de l’UE.  

 

La bataille contre l’anticommunisme a marqué un point. Elle est au centre de la lutte des classes en Europe. Elle est appelée à se manifester dans bien d’autres initiatives.

 

« Le jugement de la Cour de Prague signifie la légalisation de la KSM. C’est une victoire très importante dans le combat contre l’anticommunisme et les développements antidémocratiques en République tchèque », souligne la déclaration de l’Union de la jeunesse.

 

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 10:44

Le cas espagnol est, sur bien des points, précurseur avec la "Gauche unie" effaçant le PCE, du "Front de gauche" en France. Au bout de 23 ans, le résultat est accablant pour le PCE. La stratégie électoraliste, même parée de "radicalité" et "d'anticapitalisme", a conduit a détruire l'organisation de classe et de masse, dont les travailleurs, le mouvement syndical, le pays ont besoin. Des signes de réveil communiste, de renforcement du PCE, contre IU, annoncent une évolution encourageante.

03-12 L'expérience Izquierda Unida n'a laissé aux communistes espagnols qu'un désert

 

Article d'AC  pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

            9 mars 2008, le soir des élections législatives, le verdict tombe: 3,8% pour Izquierda Unida (la « Gauche unie »), encore moins qu’en 2004. Alors que la crise du capitalisme touche de plein fouet les travailleurs, que le PSOE poursuit sa dérive libérale, IU s'écroule.



Soutien inconditionnel au PSOE localement mais silence sur la politique libérale qu’il mène nationalement, appareil d'élus pléthorique mais absence dans les mouvements sociaux, mouvement « unitaire » mais sans autre organisations à unir que le Parti communiste d’Espagne (PCE) tout en pratiquant une chasse aux sorcières contre les communistes : Izquierda Unida a poussé toutes ses contradictions à leur paroxysme.



L'expérience Izquierda Unida (« Gauche unie »), après 23 ans d'existence, semble avoir fait son temps.



En son sein, les « anti-communistes » menés par l'ancien leader de IU, Gaspar Llamazares, parlent de fonder un nouveau mouvement politique, « La Gauche » ou « La Nouvelle Gauche » qui couperait définitivement les ponts avec le passé communiste.  Les « communistes » essaient de sortir le PCE du piège dans lequel il s’est enfermé avec IU.



Entre les deux, une bonne partie de l'appareil s'accroche aux tentatives de refondation d'IU engagées par son coordinateur général, Cayo Lara et encouragée par le Parti de la gauche européenne (PGE).



Le 18ème congrès du PCE en novembre 2009 a confirmé une évolution vers la reprise d’autonomie mais sans trancher définitivement. Les membres du PCE resteront-ils prisonniers d'une formation qu'ils ont eux-mêmes créée, enfermés dans les calculs politiciens, les perspectives électoralistes et les projets de recomposition politique à la remorque de la social-démocratie?



Comment en est-on arrivé là? L’expérience espagnole ne peut que retenir l’attention des communistes français.


 

Au début était l'eurocommunisme


 

            Au sortir de la dictature, le Parti Communiste d'Espagne incarne le parti de la Résistance, il est un parti de masse (plus de 200 000 militants en 1977) et un parti de classe, lié organiquement au syndicat des Commissions Ouvrières (CC.OO) dont le secrétaire-général est alors le dirigeant communiste Marcelino Camacho. 



Mais en particulier sous l’impulsion de son secrétaire général, Santiago Carrillo, le PCE va vite embrasser un nouveau cours, clairement réformiste.



carrilloCette évolution s'inscrit dans le mouvement eurocommuniste, promu par l’Italien Berlinguer et dont Carrillo va se faire le théoricien avec son livre Eurocommunisme et Etat. Les partis communistes sont invités à se démarquer radicalement des régimes socialistes d'Europe de l'Est jusqu’à les condamner. Carrillo les incitent à participer de manière constructive à la création d'une autre Europe, à renoncer à la perspective de rupture révolutionnaire pour faire le choix du dépassement réformiste du système capitaliste, à privilégier pour cela le champ des institutions, à concentrer leurs efforts sur les échéances électorales et sur la lutte parlementaire, à rechercher une hégémonie sur ce terrain, dans la pratique, par la participation aux exécutifs locaux et nationaux dans le cadre de l'union de la gauche.



Ce bréviaire du réformisme va inspirer la ligne du PCE de 1978 à 1982, et va aboutir, paradoxe apparent, à un désastre électoral. Alors que Carrillo avait lancé la « rénovation » du PCE pour décoller électoralement, il contribue à l'affaiblir dramatiquement. Ayant obtenu près de 10% des voix en 1977 et 1979, le parti tombe à 4% en 1982. L'échec de Carrillo emmène à son remplacement en 1982 par Iglesias, la suite de ses dérives à son expulsion en 1985. Carrillo doit alors mener son projet à bien à l'extérieur du PCE. Il fonde un nouveau Parti avec une fraction du clan dirigeant eurocommuniste, le Parti des Travailleurs d'Espagne, qui est un échec cuisant. La direction du nouveau parti rejoint en bloc le PS, excepté Carrillo, à cause de son engagement communiste antérieur.



Comment les militants communistes ont été trompés par la nature du projet Izquierda Unida


 

            Carrillo avait entrepris la mutation idéologique du PCE ses successeurs vont engager la transformation, autant dire le dépassement de l’organisation PCE elle-même.



Critiques de gauche de Carrillo (les radicaux dont Iglesias et Anguita) et critiques de droite (les rénovateurs) se rejoignent sur un point: le PCE est arrivé au bout de son histoire, une nouvelle formation devait naître de ses cendres. Prenant pour arguments le mauvais résultat de 1982 et la signature d'un appel par une dizaine d'organisations pour la sortie de l'Espagne de l'OTAN en 1986, la direction du PCE lance une plate-forme unitaire de gauche. Les organisations signataires décident de concourir ensemble aux élections législatives suivantes. Izquierda Unida-IU est née.



Pour calmer les craintes des militants du PCE de voir leur parti disparaître, la direction du PCE développe l’argumentation suivante :



-                    IU est présentée comme une coalition électorale et non une nouvelle organisation politique, les partis conservant leur autonomie organisationnelle. Ils ne sont censés se rassembler que de manière ponctuelle et conservent le droit de sortir de la coalition. Renforcement organisationnel du parti et rassemblent électoral derrière IU ne seraient pas contradictoires.



-                    IU est présentée comme la réponse à la nécessité d'une dynamique unitaire. Les élections de 1982 ont nourri une pédagogie du déclin: le parti serait trop faible pour peser tout seul, pour rassembler des voix. La dynamique unitaire se transformera en dynamique électorale qui permettra d'atteindre une masse critique permettant de faire basculer le centre de gravité de la vie politique espagnole à gauche. Peu importe que IU n'ait pas de définition idéologique ni de but clair, l'important c'est le mouvement, aller de l'avant.



-                    L'indépendance par rapport au PS. IU, assurent ses promoteurs, ne sera pas un appendice du PS, ni sa caution de gauche. Il maintiendra son autonomie, critiquera le PS nationalement quand cela est nécessaire, refusera de dépendre de lui localement pour conquérir des places institutionnelles. Les seules alliances possibles seront ponctuelles et basées sur un contenu.



Ce discours rassure mais il est déjà marqué par la centralité de la question électorale et par l'absence totale de toute référence aux luttes. Héritiers en cela de l'eurocommunisme de Carrillo, les fondateurs d'IU vont auréoler leurs visées institutionnelles et électorales d'une phraséologie radicale et anti-PSOE.




De la coalition électorale à la création d'une nouvelle organisation politique




Izquierda Unida est lancée pour les élections de 1986, mais obtient un mauvais résultat (4,63%). En 1986, Izquierda Unida est bien unitaire, elle peut sembler radicale. Mais unie autour d'un projet de société clair et alternatif, elle ne l'est pas et ne le sera jamais. Il suffit de voir la composition même de la coalition: monarchistes alternatifs et républicains de gauche, « marxistes-léninistes » ayant quitté le PCE et rénovateurs qui y sont restés, humanistes et sociaux-démocrates: Izquierda Unida est un fourre-tout d'organisations groupusculaires, tout sauf une organisation révolutionnaire.

 

1245873005 Bien que le PCE représente 9/10ème des membres de Izquierda Unida, les autres organisations servent d'alibi à la participation électorale sous une autre bannière que celle du parti. L'illusion unitaire ne perdurera pas. Entre 1987 et 1989, quatre des sept organisations fondatrices quittent la coalition, craignant que celle-ci ne porte atteinte à leur autonomie. Elles voient juste, à l'approche des législatives de 1989, Izquierda Unida est transformée en un « mouvement politique et social » et récupère l'ensemble des compétences politiques et électorales, et à terme toutes les compétences des partis fondateurs. Une organisation politique parallèle au PCE est ainsi créée. IU n’a déjà plus rien d’une simple coalition électorale.


 

Un moteur purement électoral et institutionnel


 

Et le résultat électoral remporté par IU va étouffer toute contestation au sein du PCE: plus de 9,07% en 1989 et 17 sièges, 9,55% en 1993 et 18 sièges et enfin 10,54% et 21 sièges en 1996. Entre temps, le parti réalise un score historique aux européennes de 1994 avec 13,44% des voix.



iu1993Izquierda Unida est à son apogée, mais son succès, purement électoral, est dû – outre l'attrait pour le nouveau et l'illusion unitaire – à la conjonction de deux facteurs conjoncturels exceptionnels: le niveau de la colère contre le gouvernement social-libéral de Felipe Gonzalez et la personnalité charismatique du leader de IU, Julio Anguita. Le maire de Cordoue parle bien et ne mâche pas ses mots, il peste contre les socialistes et sait prendre un langage de lutte. Il devient même, un temps, la personnalité politique préférée des espagnols.



Sur un point aussi, Anguita est inflexible : l'indépendance par rapport au PS. IU ne conquerra aucune municipalité si elle doit dépendre du PS, elle ne taira pas son opposition. Anguita reprend la théorie italienne du « sorpasso ». Selon lui, il existerait deux gauches en Espagne: une social-démocrate et réformiste, et une autre radicale et révolutionnaire. La dynamique de rassemblent anti-capitaliste portée par IU permet d'envisager le dépassement électoral (sorpasso) de la gauche social-démocrate par la gauche radicale. Une fois que la gauche radicale aura pris le leadership de la gauche espagnole, elle imposera son programme et ses idées à l'ensemble de la gauche.



Mais quel programme de IU, quelles idées? Unis autour du plus petit dénominateur commun idéologique (la gauche) et galvanisés par une perspective électoraliste et institutionnelle (le sorpasso): IU n'est ni la gauche radicale ni la gauche révolutionnaire décrite par Anguita.


 

Un château construit sur du sable: démolition de l'organisation du PCE et épuisement de la dynamique électorale


 

Cet « âge d'or » d'Izquierda Unida cache la réalité la plus préoccupante. IU rompt le lien entre les communistes et le mouvement ouvrier et l'organisation communiste entame sa décomposition.



1229533771405zapaccgrandednLes dirigeants communistes historiques sont écartés du syndicat des CC.OO et sont remplacés par des nouvelles têtes apolitiques (réformistes). L'organisation du PCE à l'entreprise disparaît tandis que les effectifs du Parti fondent (à peine plus de 50 000 militants à la fin des années 1980). En déstructurant le PCE, IU sape, paradoxalement, les bases de son succès. Le recul du PCE, seule organisation de masse à la fondation de IU, seule organisation restante au début des années 2000, ne peut qu'aboutir à l'affaiblissement électoral de IU. IU se révèlera être un château construit sur du sable.



Anguita a-t-il sciemment démoli l'organisation du PCE pour mieux pouvoir liquider un parti qui faisait obstacle à son rêve d'un nouveau mouvement radical et anti-capitaliste? Rien n'est moins sûr diront ces partisans. Pourtant, en 1994, il est avéré que Anguita avait préparé un discours annonçant la dissolution du PCE devant les militants réunis lors de la fête du PCE. Seules les réticences exprimées par une partie de la direction de IU et du PCE, craignant une rébellion de la base, l'a contraint à faire marche arrière. Dans le même temps, l'opposition affichée d'Anguita aux positions liquidatrices exprimées par le courant Nouvelle Gauche, dont les leaders rejoindront en 1997 le PSOE, lui donnent la légitimité de dirigeant « communiste » d'Izquierda Unida.



Dans la période suivante, le roi est nu face au redressement du PSOE et au retournement des médias. Le PS se refait une virginité politique dans l'opposition à partir de 1996 tandis que les médias accusent Anguita, avec sa rhétorique anti-PSOE, d'avoir facilité l’arrivée au pouvoir par Aznar et le Parti populaire. C'est la théorie de la « pince », Gonzalez, le socialiste, pris dans la tenaille d'Anguita, le radical de gauche, et d'Aznar, l'homme de droite.



Izquierda Unida ne s'en remettra pas. Aux Européennes de 1999, le score est divisé par trois par rapport à 1994 (5,77%). Aux législatives de 2000, le résultat est catastrophique (5,45%). Affaibli également par des ennuis de santé récurrents, Anguita cède la main sur un constat d'échec. Il laisse à son successeur, Gaspar Lllamazares, le soin de redéfinir la stratégie d'IU.


 

La boucle est bouclée




L’illusion du « sorpasso » s’est effondrée : IU ne concurrencera jamais pas le PSOE sur son terrain électoral. Succès électoral en feu de paille, PCE en ruine : IU ne survit plus que par son appareil d'élus, en péril.



Gaspar Llamazares Rodriguez Zapatero Congreso DiputadosDu coup, Llamazares opère, logiquement, un virage à 180 degrés. IU est structurellement amenée à se ranger inconditionnellement derrière le PSOE : soutien aux politiques social-libérales du gouvernement Zapatero dès 2004, participation aux exécutifs locaux socialistes afin de consolider ses positions institutionnelles. Dans le même temps, Llamazares contractait des alliances régionales contre-nature avec des formations écolo-nationalistes en Catalogne et aux Asturies, enfoncé dans des calculs opportunistes.



La boucle est bouclée, le discours présenté aux militants du PCE en 1986 est contredit point par point. La dynamique s'est essoufflée depuis longtemps. D'unité il y en a plus depuis le départ de tous les groupes et groupuscules opportunistes (le PASOC et Gauche Républicaine quittent IU en 2001 et 2002). La coalition électorale est devenue parti politique supplantant le PCE. Enfin, la conception d’IU s’est révélée conduire de l'indépendance proclamée par rapport au PSOE à la soumission inconditionnelle.



Ce dernier virage ne fait que discréditer davantage IU qui baisse encore en 2004 (4,96%) et en 2008 (3,77%). Llamazares déjà affaibli lors des « primaires » de 2007 où il ne réalise que 62% des voix face à la secrétaire du Parti Communiste du Pays Valencien, Marga Sanz est renversé lors de l'Assemblée Fédérale de 2008 où la ligne « Renforçons le Parti Communiste d'Espagne » l'emporte avec 44%. Cayo Lara qui s'inscrit plutôt dans la lignée historique de Julio Anguita succède à celui qui était perçu par les communistes comme un liquidateur et un anti-communiste.



Mais ce changement est encore bien loin de marquer le « renforcement du PCE » tant le bilan est sans appel: 22 ans de IU ont laissé un désert.


 

Comment renforcer le PCE dans le désert laissé par IU ?



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Car le PCE est, au début des années 2000, plus affaibli que jamais. A peine 10 000 militants dans tout le pays (12 000 aujourd'hui), dont la moitié pour l'Andalousie où l'organisation a moins souffert grâce au maintien d'une ligne communiste. IU a coupé le PCE des luttes sociales et des lieux de travail. Exemple extrême, les militants communistes ne pouvaient même plus participer aux manifestations avec le drapeau du PCE sous peine d'exclusion. L'enchevêtrement des deux organisations parallèles – PCE et IU – a créé des situations inextricables et cocasses, nuisant dans tous les cas à la vitalité du Parti communiste. Dans certaines régions (Asturies et Castille-Leon par exemple), les fédérations d'IU en sont arrivées à expulser les fédérations communistes qui les avaient elles-mêmes créées!



Au XVIIème Congrès du PCE, la direction du parti prenait acte de la dérive social-démocrate d'IU et tirait le bilan des erreurs commises au nom de l'unité. Le Parti a apporté son soutien aux fédérations communistes malmenées par les appareils d'IU, annoncé la récupération de l'ensemble des compétences du PCE, exceptées les élections. Un processus de reconstruction du PCE est engagé.



logopce-partidotrabajadores.jpgDepuis 2005, le PCE tente de se réimplanter dans les entreprises, impulse et participe aux luttes des travailleurs. Le travail effectué dans certaines régions (Andalousie, Pays Valencien, Castille-Léon etc.) porte ses fruits en termes de croissance des effectifs militants et de revitalisation des organisations de base.



Le XVIIIème Congrès qui s'est tenu en novembre 2009 a confirmé cette orientation mais toujours sans sonner l’heure de la sortie d'Izquierda Unida.





larepublica.esMais le débat est enfin ouvert, porté notamment par plusieurs membres de la direction nationale du PCE et le journal La Republica. Les bouches s’ouvrent. Aussi difficile soit-il, le bilan de vingt-trois ans de démolition de l'organisation communiste commence à être tiré. Des anciens camarades reviennent. La rupture avec IU, et non la transformation de IU, la priorité absolue à accorder aux luttes et au renforcement de l'organisation apparaissent de plus en plus comme des nécessités.



Aujourd'hui, alors que le modèle libéral espagnol, promu par les gouvernements socialistes et conservateurs successifs, est en crise, que la colère des travailleurs espagnols monte face au chômage massif, aux gels des salaires, à la casse des acquis sociaux, à la précarisation du travail, le mouvement social est au plus bas et la paix sociale est paradoxalement assurée par les deux syndicats, le socialiste UGT, et l'ancien syndicat communiste passé entre les mains des réformistes, les CC.OO.



cartel_CRISIS_PCE.png Les militants du PCE ressortent leur drapeau de la poche, réinvestissent le terrain des luttes, reparaissent aux portes des entreprises. La direction du PCE a lancé la campagne de masse « Pour que les travailleurs ne paient pas la crise » qui a permis au parti de renouer avec le terrain revendicatif.



Il a organisé une manifestation nationale à Madrid le 12 décembre dernier. Les communistes sont toujours là, mais ils ont perdu 23 ans. L’état du mouvement ouvrier et de la lutte des classes en Espagne s’en ressent durement.



Tout cela au nom de « l’Izquierda Unida », de la « Gauche Unie » dépassant, non le capitalisme, mais la lutte des classes et le parti communiste.

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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 16:51

Succès et développement du site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Depuis sa création, nous avons voulu consacrer une part importante de ce site « vive le PCF » à l’actualité du mouvement communiste international.

 

En France, nous sommes confrontés à la persistance de l’anticommunisme et, sur un autre plan, à la stratégie continue d’abandons par la direction du PCF, des positions du Parti, de sa forme d’organisation et de sa théorie révolutionnaire, au service de la lutte des classes.

 

Aussi avons-nous jugé primordial de faire connaître que des partis communistes dans le monde, malgré les difficultés, entendent le rester dans l’intérêt des travailleurs de leur pays, que le vent du réformisme, sinon du révisionnisme depuis 1989, rencontre des oppositions dans nombre de pays, dans nombre de partis communistes. Notamment en Europe face au « Parti de la gauche européenne » lié à la Commission européenne. 

 

Depuis avril 2009, nous avons développé le site http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/  en parallèle de http://vivelepcf.over-blog.fr/ .

Le résultat est plus que concluant en termes de nombre de contributions, sous forme de traductions ou d’analyses propres, comme en termes de visites.

 

Devant ce succès, nous décidons de transférer définitivement la partie de ce site consacrée à l’international vers le nouveau. Seuls continueront d’être mis en ligne les appels internationaux de Partis communistes, des articles concernant précisément le PCF ou des articles de partis étrangers à contenu théorique.

 

Les anciens articles, par pays, sont conservés dans la rubrique «  mouvement communiste international ». Une fenêtre à gauche de la page d’accueil informera des dernières publications du site international.

 

L’ensemble du site va connaître une refonte.

 

Bonnes lectures,

Bonne année 2010,

 

Administration du site vivelepcf

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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 13:04

Grèce : malgré le jeu de l’alternance, le parti des luttes, le KKE, consolide ses positions



Le premier ministre conservateur sortant, M. Karamanlis ne s’y est pas trompé en convoquant des élections anticipées.

Son gouvernement ne bénéficiait plus d’une légitimité populaire suffisante pour continuer la politique de casse sociale et économique, même prétextée par la crise. Le scrutin ne la lui a pas rendue.

 

Son parti, « Nouvelle Démocratie », a chuté de 42 à 34%, par rapport aux élections de 2007, et perd la majorité au Parlement.

Il passe donc la main à son rival et partenaire, le Parti socialiste, PASOK de M. Papandreou qui progresse de 38 à 44% des voix et disposera d’une majorité et d’une légitimité nouvelle pour continuer, avec plus ou moins de nuances, la politique conforme aux orientations de l’UE et du Traité de Lisbonne.

 

En Grèce, le système de l’alternance présente quelques traits caricaturaux dont la succession à la tête des deux principaux partis, sur trois générations maintenant, des chefs de deux dynasties familiales, signe de la permanence d’un clientélisme politique à tous les niveaux de la société.

 

La montée de la protestation sociale, les nombreuses luttes ouvrières, la révolte étudiante, la colère devant les incendies qui ont ravagé le pays et leurs causes, ont marqué la situation politique des deux dernières années.

L’alternance à « gauche » ne peut pas être son débouché politique. Mais, au sein même du mouvement social, elles peuvent compter sur le Parti communiste grec, KKE, pour porter une perspective politique et la construire.

 

Le KKE est parvenu à maintenir ses positions aux législatives, reculant très légèrement de 8,15% à 7,53% des voix et de 22 à 21 députés. Le vent, entretenu par les media, de l’alternance, du « vote utile » n’a pas emporté le KKE. Il n’a absolument pas effacé les importants progrès précédents (5,9% en 2004).

 

Au contraire, sur la durée, sa ligne de rigueur politique, de défense sans compromis électoraliste du monde du travail et de la jeunesse, ses positions constantes contre l’UE du capital et l’impérialisme, son travail toujours renouvelé pour l’intervention des masses dans la vie politique (loin des discours sur la fumeuse « démocratie participative ! »), permet au KKE de consolider ses positions, y compris électorales, localement comme nationalement.

 

Les tenants du pouvoir en Grèce n’avaient pas besoin de leurs forces d’appoint potentiel qu’ils n’ont pas poussées politiquement et médiatiquement dans la campagne.

Les Verts, montés en épingle ces dernières années, restent en dessous du seuil des 3% qui permettent l’entrée au Parlement : 2,6% contre 1,1% en 2004.

La coalition de « gauche » (Syryza), sorte de « Front de gauche », rassemblant des « communistes repentis » (Synapsismos), des mouvementistes, des trotskystes, des alternatifs… soutenu par le Parti de la gauche européenne, malgré ses nombreux élus locaux obtenus grâce au PASOK, recule de 5,1% à 4,5%, toujours plus loin des 15% que leur promettaient les sondages fin 2008 lorsqu’il fallait canaliser le mouvement des jeunes.

Plus inquiétant, l’extrême-droite orthodoxe gagne deux points à 5,6% contre 3,8% en 2004.

 

Communistes français, nous adressons à nos camarades grecs du KKE nos vives félicitations pour le résultat obtenu, nous savons, au prix d’efforts incessants.

L’exemple du KKE constitue un immense encouragement pour les communistes.

Il montre qu’un parti communiste historique, peut redévelopper, dans son pays, son organisation sur une ligne révolutionnaire conséquente, comme le parti de classe et de masse, au service des travailleurs dans la lutte des classes.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 18:07
 

Elections anticipées en Grèce le 4 octobre 2009 : le vote communiste, le seul pour renforcer la riposte aux projets antipopulaires du pouvoir

 

Le premier ministre grec a décidé de convoquer des élections législatives anticipées le 4 octobre 2009. Son but est clair : que son parti conservateur, la « Nouvelle démocratie » ou son concurrent le Parti socialiste PASOK puisse bénéficier d’une légitimité renouvelée pour poursuivre et aggraver la politique antipopulaire menée au nom de la « crise ».

C’est ainsi que l’analyse nos camarades grecs du Parti communiste grec qui nous ont fait l’honneur d’être présents sous notre stand à la Fête de l’Humanité.

Plus que jamais, le KKE, dont le travail s’ancre dans l’action militante dans le monde du travail, dans l’organisation syndicale apparaît comme la seule alternative. Comme dans d’autres pays, les tenants de l’idéologie dominante ont tenté de mettre en avant une vague coalition anticapitaliste pour contrer l’action des communistes.

L’effet d’annonce de cette coalition opportuniste, Syrisa – Synapsismos, composée de groupes de « gauche alternative » se dégonfle heureusement devant ses divisions, son appât des postes électifs, le flou de ses positions sur le principal, notamment sa collaboration ouverte avec l’UE du capital. Il est fort regrettable que la direction du PCF, dans le cadre du PGE, continue d’entretenir des relations privilégiées avec cette formation.

Nous reproduisons ci-dessous un extrait du numéro spécial du journal du KKE Rizospastis diffusé en français à la Fête de l’Huma. La déclaration de la Secrétaire générale du Comité central, Aleka Papariga (en photo au meeting du 27 septembre à Salonique).

 

Correspondant PCF Paris 15 pour vivelepcf.

 

Déclaration de Aleka Papariga, Secrétaire Générale du CC du KKE concernant les élections législatives anticipées :

 

«Le fait que nous allons vers les élections anticipées, bien sûr sous responsabilité du gouvernement, est directement lié à la crise financière aiguë.

La ploutocratie du pays, les entreprises et leurs partis, ND et PASOK, attendent l’élection d’un gouvernement fort, chacun pour son intérêt.

Ils attendent un gouvernement capable de répondre, non aux problèmes du peuple, mais à la recherche de nouveaux profits capitalistes, un gouvernement capable d’adopter des mesures nouvelles plus rigoureuses, plus sauvages contre les travailleurs.

Nous devons contrecarrer leurs plans et les élections anticipées constituent une occasion pour le faire. Ni la ND ni le PASOK ne pourront prendre de mesures en faveur du peuple. Ils ne le veulent pas, ils ne le peuvent pas.

Le seul espoir du peuple est de les rejeter tous les deux, d’annuler leurs projets, de les affaiblir, de renforcer la mobilisation populaire, afin de pouvoir faire face au nouvel « orage » qui s’annonce.

Une condition préalable est essentielle pour que le peuple devienne plus fort : il faut renforcer le KKE et que les deux partis, ND et PASOK sortent affaiblis des urnes.

Ces deux partis obéissent à la même stratégie. Ils font les mêmes choix – comme c’est le cas dans tous les pays membres de l’UE – conformes à la stratégie du grand capital grec et européen.

En conséquence, oui, les élections anticipées constituent une bonne occasion de faire sortir une perspective nouvelle des urnes, au-delà de ce que les élections européennes n’ont pas donné.»


e-mail:cpg@int.kke.gr

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 13:43

Elections en Allemagne : sanction des partis au pouvoir, éclatement de la social-démocratie entre le SPD, die Linke, …

 

Par EDT pour vivelepcf

 

Les élections législatives avaient lieu dimanche 27 septembre en Allemagne.

 

Elles marquent la fin d’une période de quatre ans de « grande coalition », seule formule trouvée à l’issue des élections de 2005, c'est-à-dire d’alliance au pouvoir des partis conservateurs CDU-CSU menés par la chancelière Merkel et du Parti social-démocrate SPD. Mme Merkel restera au pouvoir avec cette fois-ci une majorité stable sans le SPD mais avec le Parti libéral, le FDP.

 

L’analyse du scrutin montre un net recul des partis de la coalition sortante qui ont poursuivi ensemble, en temps de crise, la politique de casse sociale voulue par le patronat allemand dont le passage de l’âge de la retraite à 67 ans est un symbole.

La CDU et sa branche bavaroise, la CSU, perdent 1,5% passant à 33,9%. Le SPD s’effondre passant de 34,2% des suffrages en 2005 à 23,0% en 2009.

 

La débâcle électorale du SPD n’est une surprise pour personne, surtout pas pour les cadres du SPD eux-mêmes qui balançaient hier soir entre tristesse et soulagement.

La « grande coalition » a fait jouer au SPD un rôle de caution de  la politique de Mme Merkel. Elle a fait apparaître au grand jour le consensus CDU/SPD sur les orientations de fond comme sur le Traité de Lisbonne qu’ils viennent de ratifier ensemble.

Le seul sens à donner au vote SPD en 2009 était de permettre de continuer la coalition pour essayer de limiter à la marge, au sein du gouvernement, des excès « libéraux » de la droite. On comprend que cette perspective n’ait guère enthousiasmé les électeurs !

Délivré du discrédit de la « grande coalition », le SPD peut maintenant envisager se refaire une virginité comme force d’alternance à « gauche », avec de nouveaux dirigeants, d’ici les prochaines élections de 2013. C’est exactement la route tracée dès hier par ses chefs de campagne.

Le maintien inattendu du SPD à la tête du Brandebourg, région de l’est, autour de Berlin, où les élections régionales avaient lieu le même jour que les élections fédérales, leur sert de signal encourageant.

 

La sanction des partis sortants est encore plus sensible en voix qu’en pourcentages. La CDU et la CSU perdent 2 millions de voix tandis que le SPD passe de 16,2 millions de voix à moins de 10 millions.

 

Car un autre trait marquant de l’élection est l’augmentation de l’abstention qui progresse de 22,2% à 29,3%, soit 3,2 millions d’abstentionnistes en plus, notamment, comme en France, dans les quartiers pauvres et parmi les travailleurs. Voilà qui relativise également les transferts de voix vers les autres partis.

 

La Parti Libéral, FDP, passe de 10 à 14,5% et gagne 1,6 million de voix, soit moins que ce que perdent la CDU et la CSU. Parti de droite « libérale » assumé sur les questions économiques et sociales, il est le partenaire politique logique et naturel de la CDU/CSU. Les media n’ont cessé de le mettre en avant ainsi que son, relativement jeune leader aux allures de cadre dynamique, Guido Westerwelle.

 

A gauche, les 6,2 millions de voix perdues par le SPD se retrouvent très partiellement dans les autres partis.

On peut présumer que les 800.000 voix (2,0%) remportées par les « Pirates », adeptes de la « liberté » sur internet viennent principalement de l’électorat social-démocrate.

Comme les 800.000 voix gagnées également par les Verts qui passent nationalement de 8,1% à 10,7% des suffrages exprimés, à la suite d’une campagne entièrement autonome, centrée sur les questions de l’environnement et clairement dans l’opposition au gouvernement sortant.

 

Contextes du progrès de die Linke

 

Le parti « die Linke » (en français « la gauche ») progresse de 8,7% à 11,9% par rapport aux partenaires de la coalition électorale de 2005 qui ont fusionné par la suite pour lui donner naissance. Il gagne exactement 1 million de voix.

 

Dans les régions correspondant à l’ancienne RDA, il se maintient à un haut niveau, de l’ordre de 25%, mais plafonne et perd 87.000 voix, malgré le contexte d’effondrement du SPD. Même constat aux élections régionales du Brandebourg.

Aux régionales en Saxe le 30 août dernier, il avait reculé de 3% (de 23 à 20%), comme en général il a régressé aux européennes dans ces régions.

Il demeure que die Linke, héritier du PDS et du SED, constitue toujours l’expression électorale de ceux qui continuent de se sentir (et ont de bonnes raisons pour cela) les victimes économiques, sociales, politiques et culturelles de l’annexion de la RDA par la RFA, vingt ans après.

Pour autant, die Linke représente de plus en plus, et se place entièrement comme un parti institutionnel de gestion social-démocrate, aux côtés du SPD dont il est partenaire au gouvernement du Land de Berlin pour une politique largement identifiée comme « social-libéral ».  

 

A l’ouest, die Linke progresse nettement par rapport à 2005. C’est là qu’il gagne toutes ses voix nouvelles. Le progrès est le plus spectaculaire dans les régions les plus réactionnaires : de 3,5% à 6,5% en Bavière, de 3,8% à 7,2% en Bade-Wurtemberg. Dans la plus grande région et la plus industrielle, en Rhénanie du Nord, il passe de 5,4% à 8,4%. Dans la petite Sarre, chez son leader Lafontaine, il ne progresse que de 18,5 à 21,2%, ayant sans doute déjà fait le plein en 2005.

Il apparaît nettement que die Linke a capté une partie de l’électorat social-démocrate traditionnel, d’autant plus logiquement que Oskar Lafontaine est identifié comme social-démocrate, ayant été premier dirigeant du SPD et ministre des finances de Schröder dans les années 90.

A l’ouest en général, où aucun parti de gauche, « à gauche du SPD », n’a pu réellement exister aux élections depuis les années 50, die Linke représente, même pour ceux qui sont conscients de ses limites, un moyen inédit pour une gauche « radicale » de gagner en visibilité.

 

Pour nous, communistes français, le succès électoral de Linke, même très relativisé par le contexte du SPD allemand, devrait-il représenter un encouragement, un repère stratégique ?

 

Jean-Luc Mélenchon s’est précipité pour saluer die Linke et notamment Oskar Lafontaine auquel il voudrait tant s’identifier en France, oubliant que, comme social-démocrate dans le PS, il n’a jamais joué un rôle national. Mais l’enthousiasme de Mélenchon est logique devant la montée d’un deuxième parti social-démocrate, « de gauche », en Allemagne.

 

Les communistes français n’ont pas les mêmes motifs d’enthousiasme. Nous pouvons comprendre et partager la satisfaction d’amis et de camarades allemands, devant le progrès d’une organisation à « gauche » du SPD, notamment dans la partie occidentale de l’Allemagne.

Mais die Linke, dont le président Lothar Bisky, est aussi président du PGE, représente une voie ouvertement social-démocrate, réformiste, favorable à l’intégration dans l’UE du capital, reniant toute conception du parti communiste et de son rôle dans la lutte des classes.

Le gain électoral circonstanciel de die Linke ne saurait valider sa stratégie ni celle du PGE pour des communistes conséquents.

 

La perspective de die Linke : « resocialdémocratiser » le SPD (Gregor Gysi)

 

Le mérite des dirigeants de Linke, par delà la composition hétéroclite de ses membres et de ses élus (ex-SPD, ex-PDS, même ex-trotskystes…), est de ne pas cacher leur parti pris social-démocrate.

Au soir du scrutin, Gregor Gysi, dirigeant historique de « die Linke » (ex-PDS), a rappelé sa perspective : « resocialdémocratiser le SPD », dont il souhaite la remontée, pour pouvoir gouverner avec lui nationalement aux prochaines élections générales de 2013, régionalement dans le maximum de régions dès maintenant. Et il complète en indiquant que pour se « resocialdémocratiser », le SPD n’a qu’a faire le bout de chemin qui le sépare de « die Linke ».

 

Cette perspective d’union de la gauche était au cœur du congrès extraordinaire de « die Linke » organisé en juin pour préparer les élections. Il y a été par exemple décidé de condamner la retraite à 67 ans mais sans proposer le retour à la retraite à 60 ans pour ménager des possibilités d’union avec le SPD.

 

Plus qu’une défaite de la social-démocratie, les élections allemandes ont montré un éclatement de la social-démocratie allemande, entre un SPD momentanément affaibli, des Verts toujours disponibles et « die Linke », aile gauche qui se charge de jouer le garde-fou « à gauche » et de canaliser l’expression politique de la colère sociale « anticapitaliste ».

 

Die Linke se charge aussi, dans les faits, d’éliminer toute forme d’organisation de la référence historique majeure que représente le mouvement communiste en Allemagne.

 

On est très loin des objectifs que les communistes peuvent avoir en France aussi bien pour l’avenir de leur propre parti, le PCF que pour une véritable alternative politique partant du mouvement réel des luttes qui refuse la politique au service du capital français et européen.

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28 septembre 2009 1 28 /09 /septembre /2009 13:40

Le Parti Communiste Portugais résiste et progresse dans un climat politique hostile

Article d'AC pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

Avec 7,90% des suffrages exprimés, 445 000 voix et 15 députés, les résultats du Parti Communiste Portugais marquent une progression du parti par rapport aux élections législatives de 2005 (+0,4%,  +15 000 voix, + 1 député) malgré un contexte politique difficile. Le PCP se présentait dans le cadre de son alliance électorale traditionnelle, respectueuse de l'autonomie des partis, la CDU (Convergence Démocratique Unitaire) avec le Parti écologiste et des Républicains de Gauche.

L’abstention atteint un record, près de 40%. Le Parti socialiste enregistre une résistance non-négligeable. Il perd sa majorité absolue mais conserve la tête du gouvernement (36% contre 45% en 2005).

Au-delà des attaques habituelles du PS, le PCP a eu à subir une campagne médiatique de dénigrement systématique, virant à l'anticommunisme, dont a fait partie la valorisation outrancière du Bloc de Gauche – parti de « gauche radicale », mélange détonnant de groupuscules maoïstes et trotskistes ainsi que de transfuges de la social-démocratie soutenus par le PGE. Il fallait à tout prix éviter que les voix perdues par le PS soient récupérés par le PCP.

Ce traitement médiatique différencié n'est pas surprenant si on compare les discours des deux partis dans la campagne (et les réactions lors de la soirée électorale) sur deux points: le rapport au PS et le rapport aux luttes.

Le Bloc de Gauche concentre ses attaques contre le PS sur « l'arrogance » de José Socrates, la manière de gouverner « autocratique » du PS, ses méthodes de gouvernement, tandis que le PCP insiste sur les « politiques de droite » menées par le PS depuis 33 ans en alternance avec la droite et pointe le fond de leurs choix.

Le Bloc de Gauche avait affirmé pendant la campagne que « le principal espace de lutte est le Parlement », le PCP y avait alors vigoureusement répondu que le principal espace de lutte était dans la rue et dans les entreprises.

Lors de la soirée électorale, Fernando Louça, président du « Bloc de Gauche », triomphaliste (9,8% et 16 députés), a insisté sur le fait que son parti pourrait désormais remplir pleinement son rôle au Parlement. Jéronimo de Sousa, secrétaire général du PCF, a mis l'accent sur l'importance décisive des luttes de masse dans les mois à venir que le PCP impulserait.

L'analyse détaillée de son résultat montre une implantation du PCP tant en voix qu'en élus à l'Assemblée, en lien avec le développement du mouvement populaire.

Les résultats du Bloc de Gauche sont assez uniformément répartis sur le territoire, dénotant l'importance prépondérante de l’influence médiatique en absence d’implantation sociale réelle. Au contraire, les résultats du PCP reflètent son implantation militante, localement forte. Ainsi, le Parti obtient la deuxième place, six députés, et plus de 20% dans trois districts du Sud (Beja, Evora, Portalegre), autour de 10% dans les districts de Lisbonne et de sa périphérie la plus industrialisée (Lisbonne, Setubal – 20%-, Santarem).

Jéronimo de Sousa, à l'annonce des résultats, a insisté sur « l'augmentation de l'audience électorale de la CDU qui constitue un élément hautement significatif ». Il a souligné le rôle du Parti dans le « recul électoral du PS, avec la perte de la majorité absolue, inséparable de la lutte de résistance et pour les droits que la CDU a menée ». Pour le secrétaire général du PCP, ce vote-sanction marque une condamnation des « politiques de droite » menées par le gouvernement PS.

Le PCP ne soutiendra en aucun cas le gouvernement socialiste (qui ne disposera que d’une majorité relative), exécutant numéro un de ces politiques. Le PCP ne voit d'alternative que « dans la rupture et le changement » qui seront portées dans les mois qui viennent par les « luttes de masse » auxquelles le PCP entend contribuer activement.

Ce bon résultat électoral dans un climat politique d'hostilité sans précédent au cours des dernières années, marque une nouvelle progression du PCP dans le cadre des élections législatives (6,9% en 2002, 7,4% en 2005, 7,9% en 2009) et fait écho au résultat historique du Parti lors des élections européennes (10,4%).

Ces performances électorales ne sont que le reflet du travail de réorganisation du Parti entrepris depuis le XVIIème Congrès de 2004 au cours duquel l'accent a été mis sur la reconstruction des organisations de base, des cellules d'entreprise, le primat donné aux luttes sociales sur la lutte institutionnelle.

Un travail, une volonté qui ne peuvent qu’inspirer et renforcer les communistes de tous les pays !

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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 15:11

Une bonne nouvelle de République tchèque. Un pas vient d’être franchi pour la re-légalisation de la Jeunesse communiste interdite en 2007 pour contester la propriété privée des moyens de production. La Cour suprême a cassé l’interdiction et rouvert la procédure juridique.

Cette victoire contre l’anticommunisme d’Etat en République tchèque est importante au-delà du pays. Nous nous en félicitons.
La large mobilisation de solidarité en République tchèque, les combats que la Jeunesse communiste a continué à mener, par exemple contre l’implantation d’une base militaire américaine, pour les droits sociaux, le discrédit que la « crise » économique apporte à l’idéologie officielle, en sont clairement à l’origine.
L’action de solidarité internationale à laquelle nous avons participé en France notamment en éditant une carte pétition de soutien y a contribué. Continuons jusqu’à la victoire totale et la légalisation pleine et entière de la KSM.
vivelepcf
Victoire dans l’affaire de la KSM devant la Cour suprême administrative de République Tchèque.

Communiqué du Président de l’Union de la jeunesse communiste tchèque, Milan Krajca, 4 septembre 2009


Traduit de l’anglais par JT pour vivelepcf


Ce 1er  septembre 2009, l'Union de la jeunesse communiste de République Tchèque (KSM) a reçu le jugement prononcé par la Cour suprême administrative de République Tchèque sur l’affaire de l'interdiction de la KSM. La Cour suprême administrative de République Tchèque, saisie en appel extraordinaire par la KSM, a annulé le jugement de 2008 par lequel la Cour municipale de Prague a rejeté le recours administratif déposé par la KSM contre la décision du Ministère de l'intérieur de la République Tchèque de dissoudre la KSM. La Cour suprême administrative a renvoyé l’affaire devant la Cour municipale de Prague. Le jugement de la Cour suprême administrative n’a pas été motivé.

Le motif officiel d’interdiction de la KSM par le Ministère de l'intérieur de République Tchèque en 2007 résidait dans « l’objectif programmatique de la KSM de remplacer la propriété privée des moyens de production par la propriété collective des moyens de production ». Ainsi le motif de dissolution de la KSM était l’affirmation que la jeunesse devait lutter pour une autre société qui ne serait pas fondé sur des principes capitalistes.


Le pas franchi par le Ministère de l'Intérieur a suscité une profonde réprobation dans la majorité de la population tchèque. La pétition de soutien à la KSM a déjà été signée par des milliers de citoyens de République Tchèque. Ont protesté entre autres contre la décision du Ministère de l'Intérieur les associations d’anciens combattants contre le fascisme et des membres d’associations d’anciens résistants. La pétition des associations civiques est issue de l'initiative de militants étudiants qui ont dénoncé les actions successives du Ministère de l'Intérieur contre la KSM. Un soutien à la KSM a été également apporté par plusieurs partis politiques tchèques. Grâce à une initiative des députés du Parti Communiste de Bohème-Moravie (KSCM), il y a eu débat à la Chambre des députés du Parlement de République Tchèque sur les actions du Ministère de l'Intérieur.

L’interdiction de la KSM a suscité de grandes répercussions aussi à l'étranger. Des centaines de jeunes, d’étudiants, d’organisations syndicales ont émis des protestations. Des milliers de personnes ont exprimé leur indignation au Ministère de l'Intérieur et aux ambassades tchèques, parmi lesquels nombre de membres de parlements nationaux, du Parlement européens, des professeurs d’université, des anciens combattants antifascistes. Dans plusieurs pays, des actions de protestation ont également eu lieu devant les ambassades tchèques.

Le jugement de la Cour suprême administrative de la République Tchèque sur l'affaire de la KSM est une étape très positive dans la lutte pour la légalisation de la KSM, contre l'anticommunisme et les évolutions antidémocratiques en République Tchèque.

Milan Krajca,

Président de l'Union de la Jeunesse Communiste (KSM)
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