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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
2 septembre 2011 5 02 /09 /septembre /2011 11:33

Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’introduction d’Anthony Crézégut à un débat sur la situation des partis communistes d’Europe (août 2011). 

Dans quasiment chaque pays, chaque parti communiste, les mêmes tentations réformistes, les mêmes résistances communistes se sont affrontées, s’affrontent, dans une âpre lutte.

L’issue est différente suivant les réalités nationales et le niveau des batailles menées. Le PGE, sponsorisé par l’UE du capital, est désormais, depuis 2004, un moyen puissant, politique et financier, pour pousser la mutation-liquidation des partis communistes. Mais le discrédit croissant du capitalisme et de l’UE à son service modifie le rapport de force idéologique.

On constatera que le PCF se situe toujours à la croisée des chemins. Le processus de « mutation-transformation-liquidation » réformiste, après presque 20 ans continue de se heurter à d’importantes résistances, tout en ayant considérablement affaibli le Parti.

On comprend encore mieux pourquoi ce n’est pas un hasard que Pierre Laurent ait été nommé Président du PGE, après un Italien et un Allemand qui ont, chacun à sa façon, parachevé le travail de liquidation dans leur pays respectif. Au même moment, la direction du PCF va chercher un candidat social-démocrate à la présidentielle pour ranger le Parti derrière le « Front de gauche », appellation peu originale en Europe…

La Fête de l’Huma (voir nos débats) sera une nouvelle occasion d’apprendre à connaître l’action des communistes qui ont maintenu ou reconstitué leur parti et qui mènent la bataille contre les politiques d’austérité coordonnées par les gouvernements nationaux, l’UE et le FMI.

Nous ne saurions trop vous recommander par ailleurs la lecture du n°4 des Cahiers communistes consacré au mouvement communiste international. 

 

Coopération internationale entre partis communistes face au projet d’'intégration supranationale dans un bloc réformiste avec le PGE

 

 

            Du 3 au 5 décembre 2010 se déroulait à Paris le 3ème congrès du PGE avec une dizaine de partis de « gauche », héritiers autant d'une tradition communiste que non-communiste voire anti-communiste. Congrès qui voyait l'élection de notre secrétaire-général Pierre Laurent – en concurrence avec les dirigeants anti-communistes du Bloc de gauche portugais et du Synapsismos grec – à la tête de ce « parti politique européen » appelant à « une autre Europe sociale » contre l' « Europe des marchés ». Au même moment, sans que les communistes français en soient informés, avait lieu à Johannesbourg la 12ème rencontre internationale des partis communistes et ouvriers, avec une quarantaine de partis communistes posant la « nécessité de l'alternative socialiste face à la crise capitaliste ».

            Une question : comment des partis portant l'étiquette « communiste », héritiers de la tradition communiste, peuvent se retrouver pour certains dans l'initiative du PGE, pour d'autres dans celle de la Rencontre des partis communistes et ouvriers ? Qu'est-ce qui les différencie, voire les oppose dans leur ligne stratégique sachant qu'on ne retrouve presque jamais les mêmes partis à ces rencontres.

            Je vais essayer de montrer comment cette division dans le mouvement communiste international (ou chez ses descendants) est le reflet d'une divergence stratégique fondamentale, l'opposition de deux lignes qui se livrent une lutte à mort sans « coexistence pacifique » possible.

 

I)       De quoi le PGE est-il le nom ?

 

            Le PGE naît en 2004 de l'initiative de plusieurs partis « communistes » les plus engagés dans un processus de transformations déjà entamé depuis longtemps mais incomplet (Izquierda Unida), en voie d'achèvement (le PDS est-allemand, futur Linke, avec ses avatars luxembourgeois et autrichiens) ou déjà préparé par une longue mutation (PCF) ou refondation (Rifondazione comunista) ainsi que de partis ouvertement anti-communistes (Bloc de gauche, SYNAPSISMOS, SDS tchèque). Dès sa naissance, pourtant, le projet suscite l'opposition de plusieurs partis communistes influents (le PdCI italien, le KSCM tchèque, le PCP portugais, le KKE grec) qui refusent d'y adhérer ainsi que des partis « de gauche » comme le PS hollandais (extrême-gauche) ou les partis de la gauche rouge-verte nordique. Pourquoi ?

 

            Avant de voir ce qu'il est, voyons ce que le PGE n'est pas : une coordination de partis communistes, voire de « gauche », à l'image du groupe parlementaire européen Gauche unitaire européenne/gauche verte nordique.

 

            Le PGE n'est pas une coordination de partis respectueuse de leurs différences, mais un « parti » en soi tendant à construire des « sections nationales » à son image, à unifier tous les partis nationaux en un seul parti européen. Il n'y a pas différents partis dans le PGE (communistes, verts, divers gauche..), il y a des partis à différents stades de leur transformation en « partis de gauche », en sections nationales du « Parti de gauche européen ».

 

            Si je peux me permettre ce parallèle historique, l'Internationale communiste a été une machine à transformer tous les partis socialistes nationaux en partis communistes (Sections nationales de l'IC), le PGE est une machine à transformer les partis communistes nationaux en partis sociaux-démocrates, des sections nationales du PGE. On peut reprocher beaucoup de choses au KOMINTERN des années 1920-30, mais alors substituer Moscou à Bruxelles comme centre du mouvement communiste international, c'est un tour de force !

 

 

            Un parti politique donc mais « européen ». Comme le PPE, le PSE, les Verts européens, le PGE est un parti politique reconnu par la Commission qui le finance à condition qu'il assure la « promotion de l'idée et de l'intégration européennes » et garantisse que les seules forces capables de s'opposer à l'UE du Capital canalise l'opposition vers... le renforcement de cette Union européenne ! Ainsi, dans le manifeste du PGE, on retrouve comme idée-force du PGE la construction d'une « Europe sociale, écologique, démocratique, pacifique et solidaire », le manifeste se finit même par cet appel : « Ensemble nous disons qu’une autre Europe est possible »

 

 

            Un parti européen « de gauche », qui donc ne vise pas à respecter les différentes options au sein de la gauche, mais à fondre tous les partis dans un même moule : pro-européen, réformiste, allié structurellement à la social-démocratie. Avant de m'intéresser aux transformations organisationnelles, un coup d’œil au plan idéologique. Le PGE n'est pas un « espace de confrontation d'idées entre partis politiques » (Pierre Laurent, rapport conclusif du congrès du PGE), elle est une organisation qui impose sa ligne politique aux partis-membres.

 

            Regardons le document principal du congrès du PGE (Agenda for a social Europe) pour éclairer ce propos, en reprenant exactement les termes de ce document :

 

Deux axes centraux :

 

-         Le refus de lutter contre le système capitaliste. Le PGE oppose capitalisme financier et productif, économie financière et économie réelle. Ainsi, il lutte contre le capitalisme financier et bancaire, contre le « mode de gestion néo-libéral », pas contre le capitalisme dans son ensemble ;

 

-         Le refus de lutter contre l'UE. Bien au contraire, le PGE lutte contre l'euro-scepticisme. Le principal danger est... « la perte de légitimité de l'UE », la mise en péril du « vivre ensemble dans l'UE ». L'objectif fixé par le PGE est de relancer l'idée européenne sur la base de l' « Europe sociale », de combattre la casse sociale européenne avec le mot d'ordre « Une autre Europe est possible » !

 

Si on regarde désormais les revendications concrètes du PGE, notamment sur le plan économique, on y observe une certaine cohérence

 

 

-         Ré-orientation de la BCE et transformation de ses missions : financer les prêts aux États à des taux plus avantageux (sic), instaurer la sélectivité des crédits (donc financer les investissements du capital!) ;

 

-         Réforme de la structure des marchés financiers mondiaux avec la taxe Tobin comme mesure-phare ;

 

-         Relance du marché intérieur par une politique de redistribution des revenus ;

 

-         Création d'une agence de notation européenne pour faire contre-poids aux agences américaines ;

 

-         Émission d'euro-obligations ou euro-bonds (proposition d'Aubry et de Papandreou également!) ;

 

-         Modernisation des services publics ;

 

Un programme européiste, kéynesien-socialdemocrate, alter-capitaliste mais pas un programme anti-capitaliste, encore moins communiste.

 

Où je veux en venir ? Si on analyse les programmes du Parti de la Refondation communiste, d'Izquierda Unida, du PCF, de Die Linke, du Bloc de gauche : ce sont, presque mot pour mot, les mêmes mots d'ordre, les mêmes axes programmatiques : le PGE est, avec la CES au niveau syndical, le lieu d'élaboration de cette ligne politique réformiste et européiste.

 

           

 

II)    L'offensive liquidatrice depuis 2004 menée par le PGE

 

 

            Passons maintenant à la transformation effective des partis communistes en partis de gauche orchestrée par le PGE. Pour la période avant 2004, notamment pour l'Espagne et l'Italie, je renvoie au numéro 4 des CC voire au numéro 1 (article fondamental sur Izquierda Unida). Je vais insister sur la période après la création du PGE :

 

Le modèle, c'est bien entendu le « Parti de la gauche ». C'est-à-dire, un parti à part entière qui a dissout ses composantes fondatrices (dont celles communistes limitées à un « courant culturel »), une formation qui se reconnaît dans une identité « socialiste de gauche ». Le modèle, c'est « Die linke » en Allemagne. Constituée dès 2005 comme une alliance électorale entre le PDS de l'Est (ex-SED) et le WASG de l'Ouest (ex-SPD), on passe tout de suite à l'étape suivante en 2007 lorsque Linke devient un parti politique liquidant le PDS, héritier du parti communiste est-allemand.

 

            Le modèle est revendiqué par les dirigeants liquidateurs français (Buffet, Laurent) qu'italiens (Bertinotti, Ferrero, Grassi) et imité par les directions autrichiennes, suisses ou luxembourgeoises. Sans grand succès car les directions liquidatrices s'opposent à la persistance du fait communiste et à la singularité d'un modèle importé reposant sur les spécificités du cas allemand.

 

            Le cas italien montre les limites de la marche forcée vers Die Linke. Fausto Bertinotti est le premier secrétaire du PGE, quoi de plus normal, pour un tel « animal politique », socialiste qui se découvre communiste après la liquidation du PCI, il est propulsé de suite secrétaire de « Refondation communiste » dont il liquide toute l'organisation (les cellules mais aussi les sections) dans une perspective mouvementiste, il importe une idéologie éclectique (opportuniste en fait) suivant la vieille recette du minestrone, on mélange toutes les questions (féminisme, écologie, pacifisme non-violent...) dans une bouillie informe dissolvant la lutte de classes. Après 2004, Bertinotti passe de la liquidation de la « chose » à celle du « nom » communiste. Après la participation au gouvernement de l'ancien président de la Commission européenne Prodi en 2006, celui de la guerre en Afghanistan et des privatisations, Bertinotti décide en 2008 de lancer son grand projet : la « Gauche arc-en-ciel » (Sinistra arcobaleno), coalition électorale entre les deux partis communistes, les Verts, une scission des sociaux-démocrates et d'autres formations groupusculaires dont le but affiché est de fonder un nouveau parti politique après un triomphe à deux chiffres (le potentiel électoral de la formation était de 12/13%). Sans le nom ni les symboles communistes, faucille et marteau, une première depuis 1945. Le résultat va livrer une autre première historique : les communistes sortent exclus du Parlement avec un minable 3%. On rappelle que les communistes, seuls, faisaient encore 9% en Italie en 2006. Les liquidateurs sont allés trop loin, trop vite. Bertinotti et l'aile-droite des liquidateurs est, malgré les magouilles, renversée au Congrès de 2008 (à une majorité de 51%!). Le PGE est confronté à son premier échec majeur et change son fusil d'épaule.

 

            Fini le « Die linke » à marche forcée, le PGE re-découvre les mérites de la transition à partir d'une « organisation de type fédérale » dont l'Izquierda Unida fut le précurseur dès 1986. On ne dissout pas le Parti communiste, on le maintient dans le cadre d'une « coalition électorale » qui devient petit à petit une « formation politique » qui se superpose au parti sans le liquider formellement. De fait, le Parti s'efface, disparaît, se meurt : un processus de liquidation passive qui a fait du PCE un parti au bord de la disparition en 2008 (10 000 adhérents) mais qui surtout se révèle en 2008 un fiasco total pour IU elle-même : 3% en 2008, minimum historique, le PCE reste la seule organisation intégrée à IU, toutes les autres sont parties les unes après les autres, IU réduite à une force d'appoint, caution de gauche du gouvernement ultra-libéral de Zapatero. L'IU est en 2008 un cadavre politique au moment où naît dans le PCE un mouvement sans précédent de contestation d'IU, en faveur d'un renforcement du PCE.

 

            La réponse du PGE consiste à relancer le projet « Gauche unie » en Espagne et à l'étendre au reste de l'Europe, quitte à couper les branches pourries (les équipes liquidatrices droitières de Llamazares en Espagne et Bertinotti en Italie). On met aux commandes des dirigeants issus des anciennes directions liquidatrices mais capables de tenir un discours de « gauche anti-capitaliste », anti-PS (Cayo Lara en Espagne et Paolo Ferrero en Italie). Entre 2007 et 2009, naissent trois projets du même format : la refondation d'IU (avec les Verts notamment) en Espagne, la Fédération de la Gauche en Italie (avec PdCI et PRC plus quelques groupuscules) et le Front de gauche en France.

 

            Pour que ce soit clair, les derniers événements en Italie et en Espagne prouvent l'orientation liquidatrice de ces projets « Fédération de la gauche » :

 

            En Italie, Ferrero à la tête de Refondation communiste a su dévoyer le projet d' « unité des communistes » en proposant l'unité certes... mais au sein de la « Fédération de la gauche » (FdS en italien) ! Pourtant, en 2009, la liste communiste unitaire, dans la précipitation et dans un climat de guerre civile (nombre de dirigeants fédéraux de Refondation avaient fait voter massivement pour d'autres listes « de gauche »!), avait obtenu 3,4% aux européennes. Un résultat insuffisant mais honorable vu les conditions, meilleur que celui de la gauche Arc-en-ciel, censé réunir « toute la gauche ». Depuis, la FdS n'a pas dépassé les 3%, aux élections régionales et municipales de 2010 et 2011. Mais on persévère avec la création de comités locaux de la FdS, la question est posée de l'adhésion directe et surtout on met en avant publiquement d'abord par Claudio Grassi (courant « Essere comunisti », identitaire mais réformiste) puis par le secrétaire Paolo Ferrero le projet de « Die linke » à l'italienne au cours de l'année 2010. Il faut rappeler la perspective dressée par Ferrero : faire un grand « pôle de la gauche d'alternative » avec le parti du juge Di Pietro (l'homme de l'opération Mains propres, juge de droite, un peu le Eva Joly italien) et Nichi Vendola, liquidateur de Refondation communiste, démagogue mégalomane, sioniste et papiste, qui devrait se présenter aux primaires du Parti démocrate, et s'est déclaré prêt même à une alliance avec l'ancien fasciste Gianfranco Fini, allié numéro un de Berlusconi. Quel est le but ultime de tout ça ? Faire une alliance avec le PD, libéral et européiste, en espérant le « tirer à gauche ».

 

            En Espagne, l'illusion d'une conciliation des projets « refondation d'IU » et « renforcement du PCE », votés conjointement au congrès de 2008, a fait long feu. Pour les élections locales de 2010, les communistes d'Asturies et d'Extrémadure, expulsés depuis 2005 d'un IU qu'ils avaient eux-mêmes créé, demandent à former des listes communistes indépendantes d'IU. Refus catégorique des directions nationales d'IU et du PCE. Les communistes Asturiens persistent et défendent une liste communiste contre IU dans ce bastion communiste historique. 800 militants communistes sont alors expulsés « temporairement » du Parti. Ils ne sont à ce jour toujours pas ré-intégrés. Le cas de l'Extrémadure est encore plus révélateur. Les camarades n'ont pu porter leur liste communiste. Ils se sont saisi de la liste IU pour y mettre leur contenu : anti-capitaliste et anti-PSOE, officiellement la ligne dont se revendique l'IU « refondée ». Problème : le PS, en décrépitude aux régionales de mai 2011, ne s'est révélé être en mesure de conserver qu'une région, l'Extrémadure, à une seule condition : gagner par une alliance politique avec IU les trois sièges décisifs à son investiture. Avant l'investiture, les communistes d'Extrémadure ont été soumis à d'intenses pressions et menaces de la part des directions du PCE et d'IU. Ils décident finalement, après consultation de la base, de refuser l'alliance avec le PS. Le coordinateur d'IU, Cayo Lara, a entamé une procédure en cours d'exclusion des militants et dirigeants d'IU-Extrémadure.

 

            Dans le même temps, je rappelle qu'au Portugal et en Grèce, le PGE continue de soutenir le Bloc de gauche et Synapsismos contre le PCP et le KKE, ce n'est pas un hasard sir deux dirigeants de ces formations étaient en ballottage avec Pierre Laurent pour être à la tête du PGE.

 

 

III)  La résistance contre le PGE est possible !

 

 

            Je vais conclure sur une note plus optimiste et volontaire car il est possible de résister à cette machine à broyer les PC qu'est le PGE, et car il existe une alternative à la ligne de la résignation.

 

            Tout d'abord, parce que le PGE est confronté à l'échec de sa ligne de formation de puissants « partis de gauche » électoralistes à la gauche du PS. Les derniers résultats le prouvent : 3% pour Izquierda Unida en 2008, minimum historique 3% pour la Gauche arc-en-ciel en 2008, minimum historique (et depuis entre 2 et 2,5% pour la FdS en 2010 et 2011) et même le vaisseau amiral Die Linke s'est écroulé aux dernières régionales partielles de mars 2011 avec 3,1% en Rhénanie-Palatinat (contre 9,4% en 2009) et 2,8% en Bade-Wurtemberg (contre 7,2% en 2009). Pour nous, le critère électoral n'est qu'un critère parmi d'autres. Mais nous pouvons appliquer à des forces électoralistes leurs propres critères. Le PGE est également paralysé par ses propres contradictions : le processus de liquidation des PC confronté d'une part à la persistance du fait communiste, dans la population, la classe ouvrière et la masse des militants du parti, d'une autre part la contradiction entre l'aspiration populaire à une alternative à l'UE et à la social-démocratie et la politique de collaboration du PGE avec le PS et l'UE du Capital. Or, les forces du PGE essaient, encore plus depuis 2008, de concilier l'inconciliable : 1) avec la formule liquidatrice de transition des « Fédérations/fronts de gauche ». 2) avec la relance d'un discours formel anti-PS et anti-UE dont le seul débouché est la défense d'un gouvernement « de gauche » et d'une autre Union européenne.

 

            Ensuite parce que des résistances existent et se développent en Europe contre l'action du PGE, pour le renforcement et la reconstruction des PC. En Espagne, j'ai déjà parlé de ces fédérations qui se sont opposés frontalement à IU (Extrémadure, Asturies), il y a aussi celles qui mettent la priorité sur le renforcement du PCE (Andalousie, Aragon). Depuis le congrès de 2008, le renforcement du PCE est redevenu une priorité du PCE qui a récupéré toutes ses fonctions hormis celle électorale, nerf de la guerre. En Italie, les camarades à partir du PdCI (Parti des communistes italiens) ont lancé un appel pour la « reconstruction du PCI » à l'occasion du 90ème anniversaire. Le PdCI a mis à l'ordre du jour de son congrès d'Octobre la reconstruction du PC. Les JC de Refondation communiste et du PdCI ont déjà annoncé leur volonté de ne former qu'une seule Jeunesse communiste. En Autriche et en Suisse, les communistes reconstruisent leur parti à partir d'une fédération sur une ligne d'opposition à celle du PGE. En Styrie, les camarades autrichiens gardent une organisation de masse et de classe (sur le plan électoral, 4,4% en 2010 contre 0,8% nationalement). Au Tessin, nos camarades suisses ont renversé la direction cantonale pro-PGE et reconstruisent depuis le parti et ils viennent, pour la première fois depuis les années 1970, d'obtenir un élu au parlement cantonal. Dans les deux cas, ce processus part d'une théorie et d'une pratique communiste, à partir aussi de l'impulsion décisive donnée par la jeunesse : les dirigeants du PC Tessinois ont tous moins de 27 ans, la JC Autrichienne a adopté récemment les thèses de la fédération de Styrie. Le camarade Robert Krotzer, qui représentait la Fédération de Styrie du KPO à la rencontre internationale du 26 février à Paris, est aussi secrétaire national de la JC Autrichienne.

 

            Et surtout, plusieurs partis de masse et de classe européens ont déjoué dans les années 1990 les projets liquidateurs et s'attachent à faire vivre et renforcer leur PC : le PCP, le KKE et le KSCM. Des partis qui ont résisté aux offensives liquidatrices féroces du PGE, qui apporte un soutien logistique, financier et politique au Bloc de gauche et Synapsismos. Aujourd'hui ces deux formations sont plongés dans une grave crise : Synapsimos est miné par les querelles internes entre courants (trotskistes, sociaux-démocrates, refondateurs etc.), le Bloc est sorti dramatiquement affaibli par son récent revers électoral (perte de la moitié de ses députés et de ses voix en 2011) causé notamment par le dévoilement de sa collaboration avec le PS, puisque le Bloc a soutenu le candidat socialiste dès le premier tour des présidentielles, en 2010. Face à eux, le PCP et le KKE sont des partis en pleine croissance : électorale (8% pour les deux aux dernières législatives avec près de 11% aux élections locales), militante (65 000 pour le PCP, 4 fois plus que le PCE, dans un pays pourtant quatre fois moins peuplé !) et surtout dans leur contribution au mouvement des luttes : la Grèce est le foyer de résistance européen à la politique du capital ; le Portugal est aussi en première ligne. Deux partis, ce n'est pas un hasard, qui ont conservé un lien organique avec un syndicat de masse : le PAME en Grèce et la CGT-P au Portugal. Contraste terrible avec l'apathie du mouvement social en Espagne et en Italie, la glissade progressive des anciens syndicats de classe et de masse (CGIL en Italie, Commissions ouvrières en Espagne) vers la collaboration de classe ouverte, et la crise permanente des héritiers du mouvement communiste dans ces deux pays.

 

            Enfin, je dirais pour conclure qu'il faut regarder plus loin que l'Europe occidentale. Le PGE propose une vision euro-centrique, arrimée au bloc de l'UE et de l'OTAN (cf la révélation Wikieaks sur la rencontre entre le dirigeant de Linke et du PGE Grigor Gysi et l'ambassadeur américain : Gysi rassurant l'ambassadeur sur le caractère inoffensif des mots d'ordre du PGE et de Linke sur la « dissolution de l'OTAN »). D'autres partis communistes la refusent, ceux qui participent à la coordination des partis communistes et ouvriers (ils sont entre 40 et 80 chaque année). Leur rencontre annuelle se tenait à Sao Paulo en 2008, à Delhi en 2009, à Johannesbourg en 2010, elle se tiendra à Athènes en 2011. Un groupe de travail a été mis sur pied en 2010 pour aboutir à des prises de position communes et à des analyses plus approfondies. A sa tête, des partis de masse qui n'ont pas renié leur identité communiste. J'aimerais juste donner quelques exemples de partis qui pèsent dans les luttes et agissent dans des processus de transition potentiellement révolutionnaires :

 

Le PC d'Inde (marxiste) ; un des deux partis communistes en Inde. Il compte à lui seul 1 million d'adhérents, et contrôle historiquement trois États dont le Kerala, hélas perdu cette année. Un parti qui a changé la vie de dizaines de millions d'Indiens dans les Etats qui dirigent, on a parlé du « miracle du Kerala », dans un État aussi peuplé que l'Espagne, avec des niveaux d'éducation et de santé dignes des pays les plus développés. Dans ces Etats comme ailleurs, le Parti communiste reste la principale force d'opposition au consensus dominant libéral Parti du Congrès (centre-gauche) et BJP (droite réactionnaire). Il impulse les luttes populaires contre la hausse du coût de la vie, les privatisations mais aussi pour la réforme agraire et une Sécurité sociale et une éducation nationales publiques, comme au Kerala.

 

Le PC Sud-africain : un chiffre important de 130 000 militants, les effectifs doublent tous les trois ans (ils étaient 5 000 il y a quinze ans, encore seulement 25 000 en 2004). Il participe à la coalition gouvernementale depuis 1994 mais reste une force très critique du tournant libéral de l'ANC. Il n'a jamais abdiqué son rôle de force d'avant-garde des luttes de la classe ouvrière sud-africaine dans la métallurgie et les mines notamment, ce qui explique sa popularité croissante. Il mène régulièrement des campagnes de masse dans les quartiers et sur les lieux de travail, comme celle dite « Octobre rouge » pour une Sécurité sociale nationale par exemple. Le PC Sud-africain avait été (sous la direction de Joe Slovo) un de ces partis qui ont fait le choix, après 1989/1991, de rester fidèle au communisme et de relancer, après sa légalisation, l'activité du parti sur les lieux de travail et dans les quartiers populaires. Aujourd'hui, il est un parti en pleine santé, qui attire chaque année des milliers de jeunes sud-africains vers le communisme.

 

Qui a dit que les Partis communistes étaient morts ?

 

Conclusion :

 

Pour conclure, j'espère que ce petit exposé servira à une chose : montrer que le cas du Front de gauche en France n'est pas un cas isolé, qu'il s'insère dans une stratégie européenne de liquidation des Partis communistes, qui applique partout les mêmes recettes, poursuit le même objectif, tout en s'adaptant aux résistances (passage du modèle « Die Linke » à la formule transitoire de « Fronts/fédérations de gauche »). Il faut apprendre des expériences liquidatrices menées dans d'autres pays, comme en Espagne ou en Italie, pour pouvoir s'opposer avec succès à ce même type d'opérations aujourd'hui mises en place en France.

            J'espère aussi qu'il donnera de l'espoir car la stratégie du PGE est confronté à des résistances partout, elle est en ce moment dans une période difficile, tous ces modèles sont en crise, certains au bord de l'implosion. Nous ne sommes pas seuls en Europe : des camarades comme en Styrie et au Tessin mènent la lutte interne contre les directions alliées au PGE et obtiennent des succès encourageants, nos camarades grecs et portugais montrent toute la vitalité et la combativité de partis qui ont fait le choix de rester communistes, même en Espagne ou en Italie, le combat pour la « reconstruction du Parti communiste » est aujourd'hui engagé. Surtout, nous ne sommes pas isolés au niveau international, dans le monde, la plupart des partis communistes refusent la voie du renoncement, et ils sont aujourd'hui encore plus forts qu'ils ne l'étaient dans les années 1989/1991, de 'crise' du mouvement communiste international. A nous de puiser dans ces expériences internationales positives de quoi mener la lutte en France pour faire vivre et renforcer le PCF, lutter contre les manœuvres liquidatrices, dans les conditions particulières de notre pays et de notre parti. 

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 19:04

Objet de nos rencontres communistes internationales

Lien vers le bulletin d'abonnement

 

 

Une cahiers communistesQue les célébrations du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin furent tristes en 2009! Pluvieuses et clairsemées ! Le capitalisme n’a pas réussi à manqué la mise en scène de son autolégitimation sur les ruines des pays de l’est.

Au contraire, sa crise réveille l’actualité du socialisme. Un peu partout dans le monde, en Afrique du Nord, en Europe, une recherche nouvelle se manifeste vis-à-vis du communisme, un intérêt nouveau pour son histoire, sa forme d’organisation. Des partis communistes renaissent, se redéveloppent. L’image des immenses banderoles du Parti communiste grec au dessus du Parthénon, appelant à la riposte, ont fait le tour du monde, dans un des pays sur lequel l’exploitation capitaliste s’abat le plus violemment.  

 Pour autant, 20 ans, 30 ans après, l’état du mouvement communiste international  reste délabré. Les dégâts de l’offensive idéologique succédant aux années 1989/91 demeurent, sur fond d’affaiblissement antérieur. Suivant les réalités nationales, l’histoire du mouvement ouvrier de chaque pays, certains partis se sont dissouts, ont changé de nom, d’autres ont ployé accumulant les reniements théoriques et les compromissions avec le système et la social-démocratie. Mais un peu partout, des éléments, des partis résistent.

Confronter ces expériences, dans la diversité des situations nationales mais dans l’unité d’objectif de lutte, tel était l’objet de la rencontre communiste internationale organisée à Paris les 25 et 26 février 2011, à l’invitation de 7 membres du Conseil national du PCF, sous l’égide de notre revue « Cahiers communistes » et du site internet « Solidarité-internationale-PCF ».

Des représentants de 6 partis communistes y ont participé ainsi qu’un représentant de l’ambassade de Cuba, dont la présence, le 25, a été l’occasion de souligner le rôle    central de la solidarité avec Cuba socialiste. Plusieurs autres partis ont envoyé des messages de soutien, témoignant du niveau d’attente vis-à-vis des communistes français et de leur Parti, historiquement si glorieux.

Il faut dire qu’au niveau international, Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, a pris la présidence du « Parti de la gauche européenne » en décembre 2010.

Le PGE, appointé par la Commission européenne, collaborant avec les syndicats réformistes européens réunis dans la CES, apparaît de plus en plus clairement comme la forme de coordination internationale et comme l’instrument du processus d’effacement des partis communistes en Europe. Nous le vivons directement. Transformer les partis communistes en partis de gauche euro-compatibles, les diluer dans des « Fronts de gauche » : voilà l’objectif. Le PGE va jusqu’à sponsoriser des partis opposés aux partis communistes ne suivant pas sa ligne (Bloc des gauches au Portugal, Synapsismos en Grèce…).

Dans chaque pays, la bataille pour la légitimité de ce que représentent les partis communistes historiques bat son plein. Nos situations, différentes, sont très parallèles sous bien des aspects.

En Italie, la direction du PCI a réussi à imposer dès 1991 la conversion de l’organisation historique en formation social-démocrate puis démocrate. L’histoire des communistes depuis est celle d’innombrables et hasardeuses recompositions politiques, plombées par des éléments opportunistes et trotskystes. L’action actuelle pour l’Unité des communistes ouvre l’espoir d’arrêter cette spirale sans fin dans le pays de l’ouest où le PC était le plus fort. 

En Espagne, l’opération « Izquierda Unida », « Gauche unie », sonne comme un avertissement pour les communistes français confrontés au « Front de gauche ». Depuis 25 ans, IU s’est peu à peu substituée au PCE, a laissé son organisation se déliter, son point de vue s’effacer, sa perspective s’enfermer dans le carcan institutionnel et les alliances inconditionnelles avec le PS. Plusieurs fédérations tentent maintenant de rendre son indépendance au PCE pour le reconstruire.

Plus qu’un mouvement salutaire de révolte, le mouvement actuel des « indignés » est la cruelle manifestation de la faillite de la stratégie d’IU, sabotant le parti révolutionnaire, laissant le mouvement syndical sous hégémonie réformiste, collaborant avec le PSOE de Zapatero.

En Autriche, la direction du KPÖ observe fidèlement la politique du PGE et de Die Linke. Mais sa plus grosse fédération, celle de Styrie réussit à maintenir une organisation de classe autonome avec de bons résultats. Elle travaille en lien étroit avec l’organisation nationale de la jeunesse communiste, en plein renouveau.

Au Luxembourg, les camarades sont parvenus à préserver l’organisation historique et son patrimoine, des griffes de « la gauche ». « Dei Lenk », conçue au départ comme simple alliance électorale, s’était vite révélée être le moyen pour les éléments opportunistes de noyer le KPL dans une gauche de salon. L’opération a échoué.

L’expérience du Parti communiste grec, KKE, dans des conditions nationales très difficiles, fait référence. La fidélité au marxisme-léninisme se traduit par une influence de masse croissante. L’intervention efficace des communistes dans le mouvement syndical appelle la réflexion.

Notre rencontre se situait en plein dans le contexte des grands mouvements sociaux d’Afrique du Nord. Les analyses de notre camarade algérien du PADS ont su faire précisément le lien entre notre discussion sur l’organisation communiste et les luttes actuelles dans les pays arabes. Pendant des décennies, les régimes en place se sont appliqués à détruire les partis communistes, s’appuyant parfois sur leurs éléments les moins solides. Aujourd’hui, ils sont cruellement affaiblis devant les manœuvres de l’impérialisme pour garder la mainmise malgré le mouvement populaire.

Faire vivre et renforcer nos Partis communistes, c’est possible, c’est une nécessité. La venue plus importante de jeunes, de jeunes travailleurs vers les Partis communistes est un énorme encouragement.

Les voies d’abandon ouvertes par le PGE ne sont pas les seules. A Johannesburg, en décembre 2010, se réunissaient pour la 12ème fois des délégués de dizaines de partis communistes et ouvriers.

Le PCF ne peut se situer en dehors de ce mouvement, en contradiction avec sa raison d’être. Solidarité internationaliste ! Rendez-vous à la Fête de l’Humanité. 

 

A. Crézégut, E. Dang Tran

 

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28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 23:37

Les élections régionales en Allemagne montrent la volatilité de l’électorat de « die Linke »

 

Des élections régionales avaient lieu le 27 mars 2011 dans deux Länder d’Allemagne, à l’ouest, le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

Les partis de la coalition au pouvoir de Mme Merkel essuient un recul pour la CDU, une débâcle pour les libéraux du FDP. La CDU perd la présidence du Bade-Wurtemberg qui passait pour un de ses fiefs les plus solides.

La contestation de la politique gouvernementale profite uniquement aux Verts qui gagnent 10,5% en Rhénanie-Palatinat et 12,5% en Bade-Wurtemberg par rapport aux régionales de 2006. Ils arrivent en tête de la « gauche » dans ce dernier Land dont il devrait prendre la présidence. 

Le contexte de dramatisation de la question nucléaire, traditionnellement sensible en ex-Allemagne de l’ouest, après le tremblement de terre au Japon a indiscutablement joué de manière très importante.

Il n’en reste pas moins, que d’élection en élection, le déficit de crédibilité de l’opposition social-démocrate se confirme : -2,5% en Bade-Wurtemberg, -9,4% en Rhénanie-Palatinat.

110328_die_linke_baudruche.jpgDu côté du Parti de gauche, « die Linke », l’heure est à la déception.

Aux élections législatives de 2009, le nouveau parti unissant l’ancien « Parti du socialisme démocratique » PDS, issu de l’est, et des éléments de la social-démocratie de l’ouest derrière Oskar Lafontaine, avait réussi une percée.

En Rhénanie-Palatinat, die Linke retombe lourdement, de 9,4% en 2009 à 3,1% en 2011.

En Bade-Wurtemberg, die Linke chute de 7,2% en 2009 à 2,8% en 2011, c'est-à-dire même moins (-0,3%) que les anciens partis qui la composent en 2006.

Les déclarations des dirigeants de « die Linke » pour une sortie immédiate du nucléaire n’ont pas atténué le recul.

La proximité du programme de « die Linke » avec celui de la social-démocratie, avec l’objectif revendiqué de proposer « ce que la social-démocratie devrait défendre mais ne défend pas réellement », n’a pas convaincu les électeurs.

En tout cas dans ces deux Länder de l’ouest où « die Linke » n’a pas hérité d’une organisation institutionnelle forte.

Les succès électoraux initiaux de « die Linke » sont fragiles. Déjà à Berlin, où elle cogère la ville-région avec le SPD, ses composantes avaient déjà enregistré de lourdes pertes.

L’électorat de die Linke est volatil, comme ses positions anticapitalistes sont peu prononcées.

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10 mars 2011 4 10 /03 /mars /2011 18:37

Un compte-rendu du 11ème congrès du Parti communiste vietnamien

 

Compte-rendu du compte-rendu par EDT pour solidarité-internationale-PCF

 

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L’ambassade de la République socialiste du Vietnam en France organisait le 10 mars 2011 une réunion d’information sur le 11ème congrès du Parti communiste du Vietnam qui s’est tenu à la mi-janvier à Hanoï.

 

M. HONG Vinh, ancien rédacteur en chef du Journal Nhan Dan et ancien vice-président de la Commission de l’information et de l’éducation du PCV conduisait une délégation du Parti en France. M. DAO DUY Quat, du Comité de propagande et de formation du Comité central, vice-président du Comité central de théorie et de critique littéraire et artistique, a dressé une synthèse détaillée, minutieuse et d’un haut intérêt des conclusions du congrès.

L’assistance était principalement composée de membres d’associations de Vietnamiens en France et d’associations de coopération avec le Vietnam, d’obédiences diverses, dont l’Association d’amitiés franco-vietnamiennes (AAFV). 

 

La présentation de M. Dao Duy a porté sur la stratégie globale de développement du pays fixée pour la période allant de 2011 à 2020, partant du bilan des 5 dernières années et allant de pair avec une réflexion sur l’approfondissement de la démocratie dans le pays.

 

M. Dao Duy a tenu à exposer le processus démocratique qu’a représenté nationalement la préparation du congrès. Le Comité central du PCV a mis en débat plusieurs textes qui ont été discutés largement dans les structures de base organisant les 3,6 millions d’adhérents du PCV et au-delà dans les différentes institutions populaires. Les 50.000 contributions recueillies ont enrichi les textes qu’elles soient prises en compte ou rejetées dans le processus menant au congrès.

L’extension de la démocratie populaire, directe et indirecte, est une préoccupation essentielle exprimée par le congrès. Elle vaut dans l’ensemble des structures du pays comme dans le parti.

Le renouvellement des directions du Parti a donné lieu cette année à un débat très large. Jamais encore autant de candidatures n’avaient été enregistrées pour le Comité central, 800 d’abord, 400 maintenues après discussion sur les critères politiques, pour 175 membres titulaires et 25 suppléants élus finalement. Chaque délégué a été invité à se prononcer personnellement sur le nom du secrétaire général. L’expérience d’élection directe de dirigeants locaux du Parti dans certaines provinces continue d’être étudiée. Les statuts du Parti vont être modifiés.

La participation la plus large de la population est une recherche constante.

De façon assez surprenante pour nous, correspondant vraisemblablement à une étape, M. Dao Duy a cité à plusieurs reprises des enquêtes d’opinion attestant du niveau d’approbation des orientations économiques du Parti dans la population. 82% des Vietnamiens se disent optimistes pour l’avenir. 92% ont confiance dans les dispositions prises pour la défense de la patrie dans la période. 71% cherchent à acheter de préférence des produits nationaux.

Dans la période qui s’ouvre, le « renouveau » est le mot d’ordre dans les institutions, dans le Front de la patrie, dans les organisations professionnelles, pour améliorer la démocratie socialiste. La démocratie est pensée encore davantage comme le moteur du développement humain et de celui de la société.

 

Le 11ème congrès du PCV est parti du bilan socio-économique des 5 dernières années depuis le précédent congrès, qui se situent elles-mêmes dans les 25 années depuis le renouveau intégral du pays.

Globalement, ce bilan est très positif. Malgré les difficultés majeures qu’ont représenté la crise financière, plusieurs catastrophes naturelles, le pays a réussi à maintenir un haut niveau de croissance (5,2% par an en moyenne, 6,9% en 2010), dans la stabilité, avec un développement assez homogène des différents secteurs de l’économie, une amélioration sensible du niveau de vie de l’ensemble de la population (avec un PIB par habitant de 1200 dollars, le Vietnam est sorti de la liste des pays sous-développés). Cette évolution tranche avec la situation de pays voisins comme la Thaïlande, l’Indonésie ou les Philippines.

 

La stratégie pour la période 2011/2020 est envisagée dans la consolidation des conditions de ce développement.Elle est toujours caractérisée comme une période de « transition vers le socialisme ».

 

Plusieurs axes demeurent, éventuellement infléchis.

 

La croissance reste une priorité, mais une croissance qui se veut durable car fondée sur l’équité et le progrès social, le développement culturel et la protection de l’environnement et du cadre de vie.

Le perfectionnement du marché, son organisation sur la base d’une concurrence équitable restent à l’ordre du jour dans cette période. Une grande réforme administrative est prévue.  

Le renouveau intégral du système éducatif, avec la nécessité de développer des qualifications pointues, est une priorité.

Le développement des infrastructures, notamment de transports, est essentiel.

Le développement de l’immense potentiel maritime du Vietnam sous tous ses aspects, pêche, matières premières, commerce, tourisme, remise en ordre et développement de la construction navale (Vinashin) est un des défis posés par le congrès d’ici 2020.

 

L’économie de « marché à orientation socialiste » continuera à faire appel aux investissements directs étrangers (IDE). Dans la période 2006-2010, ils ont été 5 fois plus importants que dans les 5 années précédentes : 147 milliards de dollars et ont contribué de façon importante aux exportations et à la baisse du déficit commercial.

Dans les prochaines années, le congrès entend que l’attribution des licences soit plus sélective avec le développement durable, les transferts de technologie comme critères. Le gouvernement a déjà commencé à montrer sa détermination en ce sens en recalant des investissements non prioritaires et qui tardaient. 

Le développement, dans des zones particulières, du tourisme, de casinos n’est pas rejeté.

Plusieurs questions ont été posées par les participants français (élus de droite ou patrons) sur le développement de « partenariats public-privé », la sécurisation en termes de droit de propriété des investissements français. En réponse, M. Dao Duy a mis l’accent sur la réforme administrative, la réduction des délais de traitements des dossiers, le développement de la qualification de la main d’œuvre. Le secteur privé continuera d’être soutenu comme composante majeure de l’économie.

 

La question du renforcement, sous tous les plans, de l’indépendance et de la souveraineté nationale, en même temps que l’intégration croissante dans l’économie mondialisée est point sur lequel M. Dao Duy a insisté.

 

Face à la crise mondiale, le congrès et le gouvernement adoptent une politique économique stricte marquée par le resserrement de la politique monétaire, la prévention de l’inflation, la réduction des dépenses publiques de 10% pour 2011.

Dans un contexte très différent, ces méthodes ne sont pas sans rappeler le discours dominant dans notre pays… M. Dao Duy a assuré que les économies budgétaires, malgré la croissance, seraient liées à la réforme administrative (notamment sur les dépenses de réception !) et ne toucheraient pas les programmes de lutte contre la faim et la pauvreté.

 

Cette politique est un axe primordial. Elle a déjà porté ses fruits.

Des programmes d’aide à l’accès gratuit aux soins, à l’éducation, à des tarifs sociaux de l’énergie sont en cours en direction des populations les plus pauvres, pour compenser les chocs de la période de transition sur ces acquis fondamentaux.

 

Au plan international, le Vietnam a depuis 25 ans normalisé ses relations avec tous les pays importants du monde. Il poursuit des partenariats stratégiques avec la Chine, la Russie, le Japon et recherche des partenariats basés sur la confiance avec l’Europe et les Etats-Unis.

 

Nous pouvons remercier M. Dao Duy pour son exposé qui montre la volonté du PCV de ne pas cacher les contradictions économiques et politiques de la phase transitoire qu’il impulse pour son pays.

Forte croissance, amélioration générale relativement homogène des conditions de vie, défense de la souveraineté du pays mais recours à une économie de marché concurrentielle, pénétration massive des capitaux étrangers, persistance de poches de pauvreté : le PCV confirme la voie choisie dans ce moment transitoire, sans ignorer les difficultés et le défi démocratique : celui d’arriver au socialisme après la transition.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 17:11

Faire vivre et renforcer le PCF

 

 

 

INVITATION

 

International Meeting of Communists

Paris 26 February 2011 

 

The present capitalist crisis undermines the dominant liberal ideology that announced the « end of communism » and, with it, the « end of History » in the 1990s.

 

Across the globe, major movements have developed seeking a rupture with capitalism. In Tunisia, Algeria, and Egypt, rooted in class struggles, the people are shaking the dictators who are lackeys of outdated imperialist ideals. In Latin America, the construction of socialism continues.

 

Socialism remains the order of the day in the ideological battle despite the liberal discourse on the failure of « real Socialism » in the 20th Century.

In Europe, under the aegis of the European Union, the destruction of progressive and democratic advances, unheard-of since 1945 (in Western Europe), has been met by massive opposition and protests.

 

On the one hand, the existence and strengthening of revolutionary parties, communist parties, with Marxist-Leninist heritage, are more than ever necessary.

 

On the other, their weakening, ideologically and structurally, over the last 30 years weighs heavily on the results of conflicts and on the union movement. 

 

Our analysis is based on the situation here. This past autumn, millions of workers protested throughout France against the destruction of the pensions system.

 

At the same time, among workers and the young, there is a greater interest for our party and what our party represents in France both historically and today. The 90th anniversary of the PCF has aroused renewed interest in the party through initiatives held across the country.  

The past and the future of our party, of communist parties throughout the world, are a key to class struggle. Strong pressure is coming form both inside and outside the PCF to force us to deny our own ideological foundations; to force us to become merely another reformist party on the « left. » The European Left Party and the European Trade Union Confederation are the international tools that have been forged for precisely this purpose.

 

Within the PCF, we have struggled against this destructive process for years.

We follow assiduously developments in other countries, such as the successful meeting in Johannesburg. We publish our work online to share our experiences at http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

Today, we believe that we must intensify these exchanges.

 

We would like to invite you to an international meeting on the 26th February in Paris consisting of two sessions:

 

Saturday 26 February 2011,  Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure

 

9h00-12h00 :

« Internationalism or European integration: Communist Parties confronted by the European Left Party's reformist and destructive logic. »

 

De 14h30 à 17h30: « National struggles and the relevance socialism today »

 

A fraternal meal is planned for lunch and books will be on display. We are inviting party members for the Saturday sessions.  

 

Comrades from Greece (KKE), Italy, Spain (PCE/La Republica), Austria (KPÖ – Styria), Algeria (PADS), Tunisia, Cuba  have already confirmed their presence

 

For any further information, feel free to contact:

Anthony Crézégut – anthony.crezegut@orange.fr; pcf15@wanadoo.fr

 

Hoping to welcome you in February to increase co-operation and learn from one another.

 

Our fraternal salutations,

 

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, members of the National council of the PCF

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 16:54

Die KPF leben und erstarken lassen

 

Einladung

 

Internationale Kommunistische Konferenz

Paris 26. Februar 2011

 

Die kapitalistische Krise hat der herrschenden Ideologie einen Schlag versetzt, obwohl sie vor zwanzig Jahren das "Ende des Kommunismus" und "das Ende der Geschichte“ feierte.

 

In der ganzen Welt zeigen sich Bewegungen, die nach einem Bruch mit dem Kapitalismus suchen.

In Tunesien, in Algerien und in Ägypten, schütteln die Völker das Joch der dem Imperialismus dienenden Diktaturen ab. In Lateinamerika gibt es seit Jahr und Jahrzehnten andauernde Versuche zur Errichtung des Sozialismus.

 

Das Erstarken der revolutionären, marxistisch-leninistischen, politischen Organisationen, das heißt der kommunistischer Parteien, ist wichtig – mehr denn je.

 

Ihre theoretische wie organisatorische Schwächung während der letzten Jahrzehnte ist schlecht für die Kämpfe der Arbeiter und der Gewerkschaftsbewegung.

 

Wir ziehen diese Bilanz auch auf der Basis unserer Erfahrung. Im letzten Herbst haben die Arbeiter zu Millionen gegen die Zerstörung des Pensionssystems demonstriert ohne sofortlichen Erfolg.

 

Die Geschichte und die Zukunft der kommunistischen Parteien aller Länder sind heute sogar eine entscheidende Frage im Klassenkampf geworden.

Der Zweck unserer Parteien ist in Frage gestellt; wir erfahren starken Druck von innen und von außen, um die Transformationsprozesse unserer Parteien in „Links-reformistischen“ Bündnissen zu akzeptieren. Die Europäische Linke (EL) und der Europäischer Gewerkschaftsbund tragen zu dieser Entwicklung bei.

 

Innerhalb der KPF gehören wir zu Denjenigen, die seit Jahren gegen diesen Zerfallsprozeß kâmpfen.

Wir bemühen uns, unsere Erfahrungen über die Internet-Seite http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/ bekannt zu machen.

Aber wir halten es für notwendig, den Austausch mit Genossen anderen Parteien zu verstärken.

Zu diesem Zweck organisieren wirdiese Konferenz am 26. Februar 2011 in Paris.

 

Vertreter der griechischen kommunistischen Partiei (KKE), der algerischen Partei für die Demokratie und den Sozialismus (PADS), der kubanischen Botschaft in Paris, Genossen aus Italien (kommunistische Neugeburt), aus Spanien (SKP – Republica), aus Österreich (KPÖ – Steiermark), aus Tunesien haben die Teilnahme bestätigt.

Wir laden Euch ein, an zwei Sitzungen euch zu beteiligen:

 

Samstag, den 26. Februar 2011, beim „Patronage laïque“, 72, Avenue Félix Faure – Paris.

 

9.00-12.00 Uhr: „Internationalismus oder europäische Integration? – Die kommunistischen Parteien und die reformistische Logik der Europäischen Linken (EL)“.

 

Von 14.30-17.30 Uhr: „Nationale Kämpfe und die Aktualität des Sozialismus“.

 

Wir stehen Ihnen für weitere Fragen gerne zur Verfügung: Kontakt:– anthony.crezegut@wanadoo.fr; pcf15@wanadoo.fr

 

Wir hoffen auf rege Anteilnahme zur Intensivierung unseres Austauschs,

 

Mit brüderlichen Grüßen,

 

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, Mitglieder des Nationalrats der KPF

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 16:44

Faire vivre et renforcer le PCF

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INVITATION

 

Rencontre communiste internationale

Paris, le 26 février 2011 

 

La crise capitaliste porte un coup important à l'idéologie dominante qui, il y a vingt ans de cela, proclamait la « fin du communisme » et avec lui « la fin de l'histoire ».

Un peu partout dans le monde, de grands mouvements de lutte se développent, porteurs d’une recherche de rupture avec le capitalisme.

En Tunisie, en Algérie, en Egypte, sur une base de classe, les peuples ébranlent les dictatures au service de l’impérialisme. En Amérique latine, des expériences d’édification du socialisme se poursuivent.

 

La question du socialisme revient au cœur de l’affrontement idéologique malgré le matraquage sur l’échec du « socialisme réel ».

Dans les pays d’Europe, sous l’égide de l’UE, la remise en cause, sans précédent depuis 1945 (à l’ouest), des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs rencontre une large opposition, des mobilisations nombreuses.

L’existence et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, marxistes et léninistes, c'est-à-dire des partis communistes, sont plus que jamais essentiels.

 

Leur affaiblissement théorique et organisationnel des dernières décennies pèse très lourd sur l’issue des luttes, sur le mouvement syndical.

Nous faisons ces constats dans notre pays, au sortir des immenses manifestations de cet automne contre la casse du système de retraite.

Dans le même temps, parmi les travailleurs, dans la jeunesse se manifeste un intérêt plus grand pour le communisme pour tout ce que continue à représenter notre Parti dans l’histoire de notre pays. Le 90ème anniversaire du PCF a suscité une attention renouvelée, un grand nombre d’initiatives à travers le pays.

 

L’histoire et l’avenir des partis communistes sont devenus en eux-mêmes un enjeu majeur de la lutte des classes. La pression est très forte, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour renier la raison d’être de nos partis, mener à bout les processus de transformation en partis réformistes, de « gauche ». Le Parti de la gauche européenne est l’instrument international de cette entreprise coordonnée en Europe, avec la Confédération européenne des syndicats.

 

Au sein du PCF, nous faisons partie de ceux qui combattent ce processus liquidateur depuis plusieurs congrès.

Nous observons avec grand intérêt ce qui se développe dans les autres partis communistes le travail de coordination dont la 12ème rencontre des partis communistes et ouvriers à Johannesburg en décembre 2010 a traduit les nouveaux progrès. Nous tâchons de faire connaître ces expériences dans nos publications, entre autres avec le site internet http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

 

Mais nous éprouvons la nécessité d’intensifier les échanges avec nos camarades d’autres partis.

C’est dans cet objectif que nous organisons une rencontre communiste internationale fin février 2011 à Paris.

 

Des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), de l’Ambassade de Cuba, des camarades d’Italie, d’Espagne (PCE – La Republica), d’Autriche (KPÖ – Styrie), de Tunisie ont confirmé leur participation.

 

Nous vous invitons à participer aux deux débats prévus le samedi 26 février au Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut)

 

De 9h00 à 12h00 : « Internationalisme ou intégration européenne ? – les PC face à la logique réformiste et liquidatrice du PGE ».

 

De 14h30 à 17h30 : « Luttes nationales et actualité du socialisme »

 

Une table de livres sera tenue à l’entrée. Le n°4 du journal Cahiers communistes rendra compte de cette rencontre.

 

La solidarité entre partis communistes de différents pays, la confrontation d’expériences de lutte et de résistance ne peuvent que nous aider communistes français.

 

Fraternellement,

 

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, membres du Conseil national du PCF

 

 

A votre disposition pour toute information complémentaire :

 

Contact :  anthony.crezegut@wanadoo.fr ; pcf15@wanadoo.fr  

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19 novembre 2010 5 19 /11 /novembre /2010 14:45

Message de félicitation au Parti communiste grec (KKE)

 

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Chers camarades,

 

Prenant connaissance des résultats des élections locales en Grèce, nous voulons particulièrement saluer l’action de votre Parti dans votre pays comme au plan international.

 

Le monde du travail, l’ensemble du peuple grec sont la proie d’une offensive du capital sans précédent depuis des décennies dans un pays de l’Europe dite occidentale.

Au nom de la dette publique, fabriquée par les gouvernants successifs au service des banques et des groupes capitalistes, les acquis sociaux et démocratiques sont violemment mis à mal, l’exploitation accrue, le développement économique lourdement compromis.

L’euro est un instrument de cette entreprise de démolition.

La Grèce s’est transformée en laboratoire des politiques de casse sociale en Europe.

 

Les élections locales des 7 et 14 novembre viennent de montrer le niveau de discrédit des partis de gouvernement, la droite libérale et la social-démocratie qui alternent au pouvoir pour mener cette politique pour le compte des possédants. Dans un contexte d’abstention et de vote nul record, jusqu’à 70% à Athènes au second tour, ils n’obtiennent, ensemble, que le soutien d’un électeur sur trois.

 

Une seule formation politique obtient un résultat faisant écho aux immenses mobilisations populaires. C’est le KKE qui passe de 7,5% à 11% des suffrages exprimés de 2009 à 2010, seule formation à gagner des voix.

 

Nous savons quelle est l’action du KKE dans les luttes, à l’opposé de toute ligne électoraliste et opportuniste, fût-elle présentée de « gauche ».

Le KKE, ses militants animent inlassablement les batailles contre les projets antisociaux, en même temps qu’ils démontent la logique du capitalisme.

 

Nous observons avec le plus grand intérêt les avancées enregistrées par vos camarades dans les organisations de masse, syndicales parmi les salariés avec le PAME, parmi les agriculteurs, parmi les travailleurs dits « indépendants ».

Nous savons, camarades, comment vous savez rejeter toutes les illusions vendues aux peuples par les impérialismes nationaux, européens, extra-européens.

 

Nous apprécions aussi au plus haut point la priorité que vous consentez à la reconstitution d’une coordination internationale des partis communistes, se nourrissant, sur la base du marxisme et du léninisme, des luttes de chacun. Pour nous aussi, les luttes nationales et internationalistes sont inséparables.

La participation de plusieurs membres éminents de votre parti à des initiatives en France récemment nous ont aidés et nous voulons vous en remercier aussi.

 

Dans ces conditions, votre résultat électoral s’avère hautement encourageant pour nous aussi, communistes français, confrontés en France au carcan de l’alternance à gauche, au blocage du Parti de la gauche européenne, aux hésitations théoriques de notre propre parti.

 

Vous pouvez comptez sur nous pour valoriser les expériences communistes grecques.

Le renforcement des organisations communistes en France, en Grèce comme ailleurs est la condition pour les classes ouvrières de nos pays, les peuples de trouver une perspective politique émancipatrice, révolutionnaire.

 

Vive le Parti communiste grec (KKE) !

 

 

Corinne BECOURT, Frédéric BERNABE, Emmanuel DANG TRAN, Fabienne DEBEAUVAIS, Claude FAINZANG, Eric JALADE, Dominique NEGRI, membres du Conseil national du PCF

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 16:51

Elections dans la province de Styrie : félicitations à nos camarades du Parti communiste autrichien (KPÖ)

 

Dimanche 26 septembre 2010 avaient lieu des élections régionales dans la province autrichienne de Styrie, 1,2 million d’habitants au sud-est du pays.

 

En 2005, les communistes de Styrie avaient créé l’événement en rentrant dans un parlement régional autrichien pour la première fois depuis 1970, avec 6,3% des voix. La personnalité de leur chef de file, Ernest Kaltenegger, largement reconnu notamment pour son action pour le logement social dans la capitale régionale Graz, avait contribué à ce résultat.

 

Après la retraite, bien méritée, de son leader, beaucoup misaient sur l’éviction du KPÖ du Parlement régional en 2010, d’autant plus que les positions du KPÖ de Styrie dérangent.

La fédération de Styrie du KPÖ a refusé en effet tous les abandons théoriques du KPÖ national (lié au Parti de la gauche européenne).

Avec ses militants et ses élus, elle poursuit son action quotidienne, fidèle à son opposition à l’UE du capital, sans compromission avec les partis dominants de droite et socio-démocrate (SPÖ). Entre 2005 et 2010, le SPÖ a écarté toute possibilité de travail avec les communistes pour privilégier des accords à droite.

 

Dimanche dernier, les communistes de Styrie ont réussi à dépasser le seuil de 4% nécessaire pour rester au Parlement avec 4,4%. A Graz, leur liste frôle les 10%.

La représentation institutionnelle du KPÖ ne peut plus être qualifiée d’accident de parcours mais s’inscrit dans la durée.

 

Ce résultat a été obtenu dans un contexte économique et politique préoccupant marqué par la crise et ses effets. Les deux principaux partis, sociaux-démocrates et « populiste » (droite) reculent et obtiennent respectivement 38 et 37%. Le FPÖ de feu Haider, ce parti de droite extrême, double son score à 10,8%.

 

Les batailles pour l’emploi, contre la pauvreté, le contrôle des comptes régionaux sont les premières priorités que s’assignent les nouveaux élus du KPÖ et leur parti, toujours dans l’opposition à la grande coalition qui devrait se réinstaller. 

 

Nous adressons nos félicitations à nos camarades de Styrie et à leurs élus, Claudia Klimt-Weithaler et Werner Murgg.

 

La persistance et l’ancrage d’un parti communiste dans une région d’un pays capitaliste, où certains pensaient avoir éradiqué l’organisation marxiste et léniniste, est un encouragement pour tous les communistes.

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 15:03

Les partis communistes européens entre « transformation-liquidation » et renouveau.

 

Cet article constitue une introduction à une série d’études par pays, le cas de l’Espagne étant traité dans ce numéro. Article publié par

 

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1989-1991 : l’idéologie capitaliste sonne la « fin de l'histoire », la fin du « communisme ». Elle a trouvé un écho au sein des partis communistes eux-mêmes. Les vagues gorbatchéviennes, avant cela eurocommunistes, l’institutionnalisation de ces partis avaient préparé le terrain.

Dans tous les partis communistes d’Europe, des groupes dirigeants, qu’ils s’intitulent « rénovateurs », « réformateurs », « refondateurs », « modernisateurs » s’appuient sur le sens apparent de l’histoire pour engager un processus de rupture avec les fondements de l’organisation communiste.

 

Selon leur propre histoire, l’état de leur organisation, son lien avec le mouvement de classe, les partis communistes n’ont pas tous évolué au même rythme ou dans la même direction. Deux conceptions divergentes, d’abord floues, se précisent et s’affrontent. L'une s’intègre dans une gauche institutionnelle d’accompagnement du capitalisme. L’autre défend la théorie marxiste, l'organisation issue du léninisme et sa place dans la lutte des classes.

 

Dans la plupart des pays de l’est (à l’exception notable de la République tchèque), les directions sabordent les PC en quelques mois. Des PC se reconstituent difficilement, dans un contexte de criminalisation du communisme. Le plus grand parti communiste d’Europe de l’ouest leur a emboîté le pas, le PCI, abandonnant son nom, est devenu maintenant un « parti démocrate » à l’américaine, laissant sur sa gauche un groupement hétéroclite « Refondation communiste » (PRC). Le parti suédois a également changé de nom et de ligne sans aller jusqu’au même point.

 

En Grèce, au Portugal (ou au Luxembourg), la réaffirmation d'une ligne communiste finit par l’emporter dans l’organisation historique. Les éléments réformistes s’intègrent dans de nouveaux groupements de « gauche ».

 

Dans la plupart des pays qui ont connu des partis communistes forts, et on peut considérer que c’est le cas de la France, l’affrontement traverse toujours les partis historiques. Les contradictions s’accusent entre la stratégie des groupes dirigeants et ce que continuent à représenter ces partis, leur identité, les luttes animées par les militants. Confusion et ambiguïté demeurent.

 

Les similitudes sont grandes entre les options suivies par les directions dans les années 90 et 2000, en Italie (PRC), en Espagne, en France… Elles sont marquées par la priorité accordée à la participation aux institutions (ex : aux gouvernements Prodi, Jospin), par l’acceptation du cadre européen de l’UE du capital, par d’importants abandons théoriques, par la recherche de la dilution des partis communistes dans une gauche recomposée ou la séparation historique avec la social-démocratie est supprimée. Izquierda Unida en Espagne (« Gauche unie »), Linke en Allemagne (« Gauche »), « Fédération de la gauche » (après l’échec de la « Gauche arc-en-ciel ») en Italie, « Front des gauches » en Belgique, « Front de gauche » maintenant en France... marquent partout la ligne d’effacement, de disparition des partis communistes d’Europe.

 

En 2004, la création du Parti de la gauche européenne a institutionnalisé ces connivences. Le PGE est un parti politique européen financé par la Commission européenne pour promouvoir « l'idée et l'intégration européennes ». Il ne vise non pas à coordonner les partis dans leur diversité mais bien, par sa nature même de parti européen, à promouvoir, depuis sa création en 2004, la création de « sections nationales du PGE » acquises à l'idée qu'une « autre Europe sociale, écologique et solidaire » est possible. Le PGE, autour de cette ligne clairement réformiste, européiste et liquidatrice, adapte ensuite sa tactique à l'état d'avancement du processus de liquidation dans chaque pays: en Espagne et en Italie, il répond aux échecs par la fuite en avant: « refondation » d'Izquierda Unida et projet « Fédération de la Gauche », inspiré de l'expérience espagnole, en Italie, pour tuer dans l'œuf les projets de reconstruction des PC. Le PGE soutient en Allemagne et en France la création de « Partis ou de coalition de gauche ». Au Portugal et en Grèce, il appuie des « Blocs de Gauche » (Portugal) ou « Coalitions de gauche » (Grèce) contre les Partis communistes de masse et de classe. En République Tchèque, il soutient les tendances droitières dans le Parti communiste.

 

Mais vingt ans après 1989, le vent de l'histoire tourne. Le capitalisme connaît des crises de plus en plus profondes. L’idée du socialisme est revalorisée dans les masses. Le discours d’autoflagellation de dirigeants communistes sur les « valises de plomb » que traineraient les partis communistes ne portent plus.

 

Les expériences réformistes ont connu des échecs flagrants que leurs promoteurs ne peuvent plus attribuer au passé. Les partis héritiers de la tradition communiste qui se sont fondus dans la « gauche » ont participé à la gestion loyale du capitalisme. Ils ont perdu tout ou partie de leur identité et de leur raison d’être pour les travailleurs.

 

Les désastres électoraux se sont succédé, malgré les recompositions électoralistes. La Gauche unie espagnole a chuté à 3%. Le regroupement de la “Gauche arc-en-ciel” italienne a divisé par 3 les anciennes voix communistes. Le cas allemand correspond à une situation très particulière.

 

Les partis communistes qui assument et font vivre leur identité communiste ne sont pas condamnés à l’échec électoral au contraire : entre 8% et 10% en Grèce, entre 7 et 11% au Portugal, autour de 12% en République Tchèque, 35% à Chypre (en Russie de 15 à 20%).

 

Dans les luttes sociales intenses que connaissent leurs pays, les partis communistes grecs et portugais sont à l'avant-garde en portant un projet d'alternative politique résolument antagoniste à celui de la droite, de la social-démocratie et de l'UE.

Ils contribuent à l’existence d’un mouvement syndical de classe quand les syndicats historiquement liés au PCI et au Parti communiste espagnol, la CGIL et les Commissions ouvrières, n’en finissent plus de glisser dans l’accompagnement. Au PGE correspond étroitement la Confédération européenne des syndicats, la CES, qui est, entre autres, l’un des plus influents suppôts du traité de Lisbonne.

 

Le besoin de partis communistes plus forts face au capital s’exprime de plus en plus nettement. Le processus de disparition des partis communistes et de ce qu’ils représentent, concerté avec le PGE, n’est pas une fatalité.

 

Une alternative existe qui refuse le cadre strictement européen, qui respecte la diversité nationale des partis communistes et ouvriers tant qu'ils partagent les mêmes principes organisationnels et idéologiques, portent une alternative anti-impérialiste et anticapitaliste (donc anti-UE).

Une coordination des Partis communistes se met progressivement en place. Elle rassemble des partis communistes de masse en pleine expansion (Afrique du Sud, Inde voire Japon), des partis à l'avant-garde de la lutte de classe en Europe (Portugal, Grèce), des partis représentant encore pour des millions de personnes la résistance à la restauration capitaliste (République Tchèque, Russie), des Partis acteurs des mouvements révolutionnaires en Amérique Latine (Cuba, Venezuela). Des rencontres internationales sont organisées, des appels lancés. La direction du PCF reste pour l’instant presque toujours aux abonnés absents. Cela peut et doit changer. 

 

Entre la ligne du PGE et une ligne communiste, il n'existe pas de troisième voie. La ligne PGE a échoué sur tous ses objectifs avoués, électoral et social, hormis sur un, plus caché et pourtant non secret, celui d’anesthésier le mouvement communiste. La nécessité de notre temps est au contraire de faire vivre et de renforcer les partis communistes.

 

Nous ferons tout notre possible pour mettre en avant les points d’appui que peuvent représenter pour l’avenir du PCF les expériences du mouvement communiste international.

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