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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 15:39

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris

 

manu-96pppLe capitalisme utilise sa propre crise à son profit faute d’organisation révolutionnaire suffisamment forte. Voilà qui se vérifie à nouveau, en Tunisie, en Europe, en France.

La super-austérité sera-t-elle au menu avant ou après les élections de 2012 ? Les deux !

Une deuxième série de mesures antisociales est annoncée pour dans quelques semaines après le plan Fillon de la fin de l’été. Le système prépare le terrain à une nouvelle « cure » au lendemain des élections au nom de la récession prévisible et de la dette publique que cette même politique des gouvernements successifs a creusée. Baisse des salaires, « restructurations » ravageuses, privatisations, le patronat a le pied posé sur l’accélérateur.

Pourtant l’autre constat majeur dans la période, c’est la persistance d’une opposition massive à cette politique. Le rapport de force manifesté l’an dernier pour défendre les retraites ne s’est pas évaporé. La journée d’action du 11 octobre n’a pas été l’échec annoncé. La mobilisation des cheminots, à plusieurs reprises, notamment le mouvement spontané des contrôleurs, montre un point de convergence possible des luttes pour le service public, alors que les premiers trains de voyageurs privés doivent circuler en décembre. Le monde le l’éducation a massivement fait grève le 27 septembre. Dans les raffineries, la métallurgie, l’agro-alimentaire, d’importantes luttes se développent qui posent les questions fondamentales de la politique industrielle.

Mais l’enfermement de la perspective politique sur l’échéance électorale, y compris dans les stratégies syndicales, pèse lourdement et anesthésie le mouvement social, décisif pour tout changement.

Communistes, dans le contexte pré-électoral, dans la campagne pour battre la droite et repousser l’extrême-droite, notre priorité est d’élever le niveau de riposte en partant de ces luttes actuelles, bien réelles, dans la perspective de l’aggravation brutale de l’offensive capitaliste comme celle qui frappe tour à tour les autres pays d’Europe.

Le plus contre-productif pour cela est de s’enfermer de même dans la perspective électorale et de rentrer dans la logique de l’alternance.

Que changerait une alternance avec l’équipe de François Hollande ? Se fera-t-elle dans l’intérêt des travailleurs ou des capitalistes ? Nous devons le dire clairement.

Dans tous les pays d’Europe, quand un gouvernement, usé, n’arrive plus à faire passer sa politique au service du capital, il passe la main à l’équipe de réserve, dans un sens ou dans un autre. En France, cette équipe, c’est le PS et ses satellites, nous en avons une solide expérience depuis 30 ans.

L’entourage de Hollande commence déjà à remettre en cause les minces promesses, faussement présentées comme sociales, de son programme.

La « gauche » se prépare aussi à poursuivre les contre-réformes structurelles, à faire la part du travail que la droite a plus de mal à faire passer. Souvenons-nous que la RGPP appliquée par Sarkozy contre la fonction publique découle de la LOLF (loi organique relative aux lois de finance) adoptée en commun par la droite et la « gauche » en 2000.

Constatons que depuis 2007, le pouvoir sarkozyste a accéléré le processus de marchandisation des services publics et la destruction des statuts des personnels mais a très peu privatisé. SNCF, Poste… : qui va passer à l’étape suivante ? Nous avons l’expérience de 1997/2002. Le choix récent des socialistes à la Région Ile-de-France de mettre en concurrence la RATP sur plusieurs lignes de tramway est indicatif.

La droite a considérablement dégradé les prestations de la Sécurité sociale en continuant la sape de son financement par la cotisation sociale. Le programme du PS, Aubry comme Hollande, prépare, avec un rôle nouveau de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu, une remise en cause complète, gravissime, de ses fondements mêmes.  

Enfin, droite et « gauche » tirent la même conclusion de la crise : ils veulent « plus d’Europe », plus de « gouvernance européenne », c'est-à-dire de mise sous tutelle des démocraties nationales pour imposer le carcan de l’UE du capital.

Il est remarquable que le grand nombre qui veut se débarrasser à tout prix de la droite au pouvoir ne se fait pas non plus d’illusions sur le PS et l’alternance. Nous l’entendons tous les jours dans nos actions. Alors surtout, ce n’est pas au PCF d’en semer !

Le titre de l’Humanité-dimanche du 20 octobre est dramatiquement révélateur. « Hollande/Mélenchon, la véritable primaire commence ». On dénonce le danger du « vote utile » et on démontre l’inutilité du vote Mélenchon ! Celui qui va gagner, pas de doute, c’est Hollande ! Voilà qui confirme combien Mélenchon n’est qu’un rabatteur socialiste et le Front de gauche une force d’appoint de l’alternance.

Dans le détail, sur le même mode, le rapport du CN met en avant les « propositions de loi qu’une majorité de gauche devrait défendre ». C’est prendre les choses complètement à l’envers, placer les institutions avant les luttes, la victoire électorale de la « gauche » comme seul salut.

Pour sortir de cette impasse stratégique, il faudrait que le PCF affirme haut et fort qu’il exclut toute participation gouvernementale si Hollande est élu.   

De la même façon dans les contenus, Mélenchon et le Front de gauche font le complément du PS. Mélenchon peut promettre un peu n’importe quoi « s’il est élu », « s’il arrive en tête de la gauche ». Mais précisément ses quelques propositions s’apparentent à des surenchères sur le programme du PS qui du coup passe pour insuffisant mais allant quand même dans le bon sens. C’est tout le contraire que le PCF devrait produire dans la campagne : battre en brèche le consensus UMP/PS (et FN), porter les propositions de rupture fondamentales.

Il est heureux d’entendre enfin de nouveau le mot « nationalisation » mais soyons précis. Par exemple sur les banques.Un « pôle public financier », avec les institutions qui restent que la gauche plurielle n’a pas privatisées, c’est une belle illusion réformiste. Quand le PS et la droite voient que la recapitalisation des banques va devenir une nécessité pour « sauver l’euro » de la crise, ils préparent l’opinion à un nouveau renflouement, une sorte de nationalisation des pertes. La présence de quelques représentants de l’Etat en contrepartie dans le Conseil d’administration pour « impulser une autre politique du crédit » ne sera qu’un emballage pour faire passer la pilule. La nationalisation que nous voulons, c’est la nationalisation intégrale de chaque banque, sans indemnité aux actionnaires déjà gavés de dividendes (et la réintégration de la Banque Postale dans La Poste).

Le consensus le plus fondamental que le PCF devrait faire exploser, dans la suite de ses positions historiques, c’est le consensus européen. Que le Maastrichien Mélenchon défende l’UE et l’euro au nom d’une « autre Europe », c’est logique. Mais comment Pierre Laurent peut-il s’inquiéter que « l’UE risque de voler en éclats si elle n’est pas refondée » ? Là encore, il faut arrêter de semer des illusions, de chercher par tous les moyens comme le PGE à relégitimer l’UE dont le but est d’écraser les résistances nationales aux politiques du capital. Une bataille pour la rupture avec l’UE du capital et la fin de l’euro, instrument de la politique européenne d’austérité à perpétuité, peut déboucher sur une victoire politique majeure, quand « sauver l’euro » est l’obsession des dirigeants européens et le moyen de saigner les peuples. Le minimum, c’est d’ouvrir le débat dans le Parti, au CN. UE, Monnaie unique : est-ce que tout ce que le PCF a défendu jusqu’aux années 90 est à jeter aux orties ?  

Le malaise est grand dans le Parti. Cela se reflète également au Conseil national. Mélenchon et les prétentions du Parti de gauche passent très mal chez les camarades. Le Front de gauche profite unilatéralement aux « partenaires ». Ils auraient tort de se priver de ce que leur apporte la poursuite de la stratégie d’effacement du Parti.

Des organisations parallèles du Front de gauche se constituent, avec plus ou moins de difficultés, à tous les niveaux, tendant à supplanter celles du Parti. Elles se créent autour notamment de certains qui l’ont quitté, il y a plus ou moins longtemps, sur une base « droitière », contestant la raison d’être de la forme parti communiste, de personnalités d’obédience socialiste… Englober le PCF, en le vidant de sa substance, dans une organisation vaguement à gauche : le but du Front de gauche se confirme.

On ne peut laisser banaliser, aussi au Conseil national, des déclarations politiques aussi lourdes de signification que celles qu’a prononcées Pierre Laurent à la Fête de l’Humanité.

«  Et permettez-moi un mot à l’attention de mes amis socialistes et d’Europe-écologie/les Verts. Ma franchise sera excusée.

Il y a vingt ans, vous nous disiez : soyez démocratiques et nous sommes devenus démocratiques.

Il y a dix ans, vous nous disiez : soyez écologistes et nous sommes devenus écologistes.

Alors aujourd’hui, à vous amis socialistes et écologistes, nous vous disons : soyez de gauche ».

Les socialistes auraient eu raison ! Le modèle politique démocratique, c’est le PS. Ah non alors !

La raison d’être des partis communistes, de leurs fondements théoriques, de leur forme d’organisation spécifique, éprouvés par l’Histoire et une longue réflexion inachevée sur le socialisme et la démocratie, est plus grande que jamais pour les travailleurs dans la lutte des classes.

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4 novembre 2011 5 04 /11 /novembre /2011 15:34

Conseil national du PCF des 21 et 22 octobre 2011 

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

 

claudefainzangIl faut condamner fermement le processus des primaires, régression démocratique largement médiatisée, qui enferme l’alternative politique dans un simple choix électoral de personne en 2012. La forte participation traduit une aspiration au changement ; mais attention, cette primaire a été boudée par les quartiers populaires : 14% à Paris contre 4% nationalement.

La candidature d’Arnaud Montebourg a servi à canaliser une part de la contestation sociale sur François Hollande. Au tour de Mélenchon de rabattre sur Hollande au 2ème tour, comme la couverture de l’Humanité Dimanche du 20 octobre le traduit si bien [Mélenchon/Hollande : la véritable primaire commence].

Je veux rappeler les promesses des dirigeants grecs, avant les élections, d’augmenter les salaires de 5% ; et après les élections, les salaires ont été baissés de 20% ; 40% chez les fonctionnaires.

Les forces de droite comme de gauche canalisent le mouvement de protestation à tour de rôle. Après les élections ils appliquent la même politique. Quand même, camarades, nous ne découvrons pas l’alternance électorale !

Alors soyons clairs. C’est l’exigence minimale que d’affirmer dès maintenant que le PCF ne participera pas au gouvernement en 2012.

Les mobilisations actuelles (enseignants, cheminots, ouvriers de la sidérurgie lorraine ou des raffineries) indiquent la voie indispensable pour riposter à la politique du capital et obtenir un vrai changement : la lutte !

Il y a quelques années, on disait dans le Parti : « priorité au mouvement populaire ». Cela semble bien loin !

A nous, communistes, de faire monter de véritables propositions de rupture : nationalisations démocratiques, affranchissement vis-à-vis de l’UE et de l’euro, défense du financement de la Sécurité Sociale, hausse du SMIC et des salaires (sans attendre), rétablissement d’une échelle mobile des salaires, défense des services publics.

Faire monter le refus de l’application des traités et directives européennes est essentiel.

On voit bien le rôle joué par l’UE, la BCE, le FMI : ils aident les gouvernements à saigner les peuples. Les directives européennes, le traité de Lisbonne, sont des instruments pour coordonner les politiques antisociales, l’euro un instrument pour les imposer.

Nous voyons ce que coûte aux peuples le sauvetage de l’euro. IL serait de notre responsabilité de faire le lien entre l’euro, les politiques nationales antisociales et les problèmes immédiats des gens. Je partage pleinement la proposition de Dominique Negri d’organiser dans le Parti un débat sur la sortie de l’euro, la rupture avec l’UE du capital.

Bien sûr, il faudra battre Sarkozy et l’extrême droite. Mais la question n’est pas QUI va continuer la politique au service de l’argent, mais comment on la combat, comment on commence à la mettre en échec.

Le choix du moins pire ?  NON ! On a déjà donné. Il faut faire grandir des positions de rupture et contribuer au développement des luttes.

A propos du matériel qui sera tiré pendant les campagnes électorales, je demande qu’il y ait du matériel « PCF ». On a vu ce que cela a déjà coûté aux régionales de ne pas le faire.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 12:18

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011 

 

Résumé de l’intervention d’Eric JALADE, fédération du Tarn, dans le débat sur les questions internationales

 

ericjaladeLe capitalisme est incapable de répondre à l’immensité des défis qui sont posés à l’Humanité. Nous avons la nécessité de promouvoir des ruptures avec ce système en crise. Le rapport rassemble beaucoup d’informations mais l’absence d’une problématique de classe donne l’impression d’une incapacité à influer réellement sur le cours des choses. Il y a besoin d’impulser des batailles politiques rassembleuses, notamment pour la paix, pour la sortie de l’OTAN. La coopération avec les partis communistes serait nécessaire. Allons-nous participer à la rencontre internationale des partis communistes et ouvriers sur la crise et le socialisme en décembre 2011 à Athènes, accueillie par le Parti communiste grec (KKE) ?    

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 12:42

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris, dans le débat général

 

110517 AMIENS EDTLe plan Fillon d’août n’est qu’un simple avant-goût, presque disproportionné par rapport à la dramatisation politique qui l’a accompagné. Ceci dit sans sous-estimer la nocivité des mesures annoncées dont la taxation des mutuelles.

Tout le discours sur les déficits rentre dans une vaste campagne idéologique destinée à préparer le pays au pire. Le jeu politicien du pouvoir sur la soi-disant « règle d’or » consiste à la fois à mettre le PS en porte-à-faux et, en même temps, à le faire passer pour une alternative, alors que leurs choix de fond se confondent.

 

Quelle forme pourra prendre la super-austérité demandée aussi bien par le Medef que par les « marchés »? Un plan d’ajustement structurel à l’allemande (les plans « Hartz » de Schröder et successeurs), une série de coupes sombres dans les budgets sociaux à la Cameron ou bien des plans tels que ceux qui s’abattent sur les pays d’Europe du sud ? Les exemples grec, portugais ou espagnol, le consensus européen, nous indiquent qu’elle pourra venir en France, après 2012, aussi bien de droite que de « gauche ».

 

Le mouvement populaire, les luttes seront seules décisives pour faire barrage à cette politique. Communistes, nous avons autre chose à faire qu’à contempler « l’indignation », nous avons à construire la riposte. L’ « indignation », c’est une prise de conscience mais c’est presque le niveau zéro de l’action. Loin d’être si spontané qu’on le présente, ce sentiment moral est très bien canalisé par l’idéologie dominante et habilement dirigé contre la « forme parti » et toute organisation conséquente des travailleurs.

 

L’interview de Bernard Thibault à l’Humanité-dimanche (1er sept. 2011) traduit à sa façon le blocage de la perspective politique (et syndicale) et nos responsabilités de communistes pour la dégager.

L’objectif envahissant de l’alternance en 2012 enferme la dynamique des luttes.

C’était déjà le cas lors des manifestations pour les retraites. Le mouvement social, en cette année décisive, reste sous le coup de cette défaite. Mais Bernard Thibault se félicite que la mobilisation ait « contribué à rendre le gouvernement très impopulaire, ce qui pèsera beaucoup lors des élections de 2012 ». Il est frappant de constater combien les « dix exigences de la CGT pour la rentrée » restent dans les clous du programme du PS.

 

Cela souligne la nécessité pour notre Parti de mettre en avant des propositions de rupture, de lancer des campagnes nationales pour les porter, en particulier dans cette année électorale.

 

Le choix de Mélenchon comme candidat à la présidentielle ne nous y aidera pas. En 1974, il y avait un enthousiasme dans le Parti, bien déçu ensuite certes, à faire la campagne de Mitterrand en portant nos idées. Cette année, nous aurions du mal avec un programme « partagé » par personne, surtout pas par les communistes. Personne ou presque à ce Conseil national ne parle de Mélenchon, c’est un signe du malaise qui traverse tout le Parti après qu’on a forcé la main aux communistes.

 

Au meeting de Grenoble, fin août, Mélenchon a levé une part de l’illusion qu’il entretient vis-à-vis de son parti d’origine. Cette fois, il n’a pas esquivé la question en pérorant qu’il arriverait en tête de la gauche. Son rôle de rabatteur se précise. Il tend la main au PS. Il intervient même dans les primaires en rejetant Hollande, après avoir rejeté Strauss-Kahn, en feignant d’ignorer qu’Aubry ou Royal partagent le même programme. Il est remarquable que les propositions immédiates de Mélenchon se situent toutes dans la prolongation, sous forme de surenchère, de celles du PS et les légitime : fiscalité, limitation des hauts salaires, UE… Là où Martine Aubry propose la « manifestation dans les urnes », Mélenchon propose la « révolution dans les urnes ». Quel besoin d’un deuxième candidat social-démocrate ?

 

Le choix de Mélenchon interroge toute la stratégie imposée par la direction du Parti. La seule perspective politique [assénée par Pierre Laurent ou André Chassaigne] c’est la constitution d’une majorité de gauche dans les institutions (sinon au gouvernement) que le Front de gauche tirerait à « gauche ». Loin de contribuer à battre la droite et la politique au service du capital, de renforcer le dynamisme des luttes, cela conduit à rabattre tout sur les élections et sur un minimum commun à « gauche ».

 

Au lieu de s’effacer dans le Front de gauche, le PCF devrait appuyer où cela fait mal avec le PS, reprendre et prolonger ses positions de toujours. Par exemple :

-          Pour le financement de la protection sociale, refusons bruyamment la hausse de la CSG et sa fusion avec l’impôt sur le revenu et défendons la cotisation sociale.

-          Il serait crucial de proposer une liste de (re)nationalisations démocratiques dans les grands services publics comme dans d’autres secteurs (industrie, commerce…).

-          Il est décisif que notre Parti reprenne ses positions historiques contre l’intégration européenne, l’UE du capital et sa monnaie unique, l’euro.

C’est le cœur du consensus entre les politiciens de droite et du PS. Toutes leurs prises de position sur la dette, même différentes en apparence, réclament plus d’intégration européenne, c'est-à-dire plus de tutelle de l’UE du capital.

Pour notre part, nous ne pouvons pas imaginer remettre en cause efficacement le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro qui est son instrument.

Le débat doit absolument s’ouvrir dans le Parti sur une initiative nationale pour la fin de l’euro (La sortie de la France de l’euro signifierait politiquement la fin de l’euro).

Toutes nos analyses contre Maastricht et le TCE restent justes. Nous pouvons construire une campagne de masse en lien avec le refus des politiques antisociales nationales.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:28

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

Intervention de Dominique Negri, fédération de l’Isère

 

dominiquenegriAvant comme après les élections de 2012, une bataille nationale d’ampleur s’impose : la bataille contre la marchandisation des transports. Elle est de nature à constituer le point de convergence de toutes les luttes pour le service public.

 

La mobilisation grandit – comme nous l’avons vu le 16 juin – parmi les cheminots contre la perspective imminente d’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageur, notamment des TER dans la suite de la régionalisation. La dégradation du service de la SNCF suscite un mécontentement croissant : à Saint-Martin-d’Hères la suppression des guichets en ville. Les cheminots peuvent être le pivot national de la bataille des transports.

 

En Isère, dans l’agglomération grenobloise, la même politique de démantèlement du service public est à l’œuvre visant le transport urbain. Le Conseil général, à majorité PS, détricote les réseaux publics VFD et TAG, désormais mis en concurrence. A coup d’appels d’offre privilégiant le moins disant social, il livre de plus en plus de lignes de bus au privé. En ce moment même, 90 emplois sont menacés. C’est inacceptable.

 

Du local au national, la campagne politique d’ensemble que nous devrions mener se pose dans les mêmes termes, indissociables :

-          défense et reconquête de la propriété publique des entreprises (sociétés nationalisées, régies)

-          défense et reconquête des monopoles publics

-          statuts des personnels reprenant les acquis historiques dans chaque opérateur (la destruction du statut est toujours la condition de l’avancée de la privatisation). 

 

Cela implique le rejet de l’application des directives européennes et plus généralement du Traité de Lisbonne. Le rapport de force existe pour cela dans le pays.

 

Voilà qui me ramène au rapport d’Olivier Dartigoles et à son absence de proposition de campagne nationale contre l’Union européenne et contre l’euro, absence même du débat nécessaire dans le Parti sur ce sujet. Beaucoup de camarades, sinon de travailleurs, ne comprennent pas comment les dirigeants du PCF peuvent s’élever pour défendre l’existence de l’euro.

 

C’est l’évidence de rappeler que ce sont des institutions et instrument conçus au service du capitalisme, notamment pour accroître la concurrence entre les travailleurs, la domination des trusts. Regardons la Grèce ! Le PCF est la force politique qui l’a historiquement démontré et dénoncé du point de vue de la classe ouvrière.

 

Le rapport le reconnaît aujourd’hui: l’euro est en danger et, avec la monnaie unique, c’est l’UE qui est en danger. L’UE est de plus en plus rejetée par la population. N’est-ce pas le moment de reprendre le combat des communistes, mené par le PCF dès les origines, contre les fondements de l’Union européenne ? Toutes les analyses passées du PCF restent pertinentes. Aujourd’hui, nous pouvons et devons utiliser les contradictions des capitalistes sur la question de l’euro et le rapport de force existant contre cet outil du capital.

 

J’entends le rapport et quelques propositions lancées: mais comment pourrions-nous laisser imaginer sérieusement que l’on pourrait réformer et contrôler des organismes comme la BCE ?

Ce n’est pas un hasard si le système confie au FN le soin de dénoncer l’UE et l’euro pour mieux disqualifier leur mise en cause fondamentale en les associant au nationalisme et à la xénophobie. Ce n’est pas un hasard si l’UMP et le PS se serrent les coudes pour défendre l’euro.

 

Cessons de taire ce qui fondamentalement nous écarte du PS ! Aucun contrat de gouvernement avec lui n’est possible. Cessons de placer nous-mêmes (suivant le PGE, la CES, ses « euromanifestations ») les enjeux au niveau européen où les peuples n’ont pas de prise ! Tout cela ne contribue qu’à légitimer l’adversaire. Le rapport de force pour résister efficacement, pour gagner se construit au niveau national sur la base des acquis sociaux et démocratiques nationaux, de la souveraineté des peuples, dont les l’UE et les gouvernements veulent se débarrasser.

Chaque avancée arrachée par les peuples au niveau national est un levier pour tous les autres et pas seulement en UE !

 

 

Dominique Negri a réagi plus tard dans le débat à propos des législatives, résumé :

 

« L’accord global du FdG pour les législatives devait être bouclé en juin pour le vote des communistes. Les marchandages continuent. M.G. Buffet l’annonce pour la Fête de l’Huma. Nous verrons. La souveraineté des communistes est bafouéé. Ils vivent mal de se voir imposer des candidats qu’ils n’ont pas choisis. Je ne parle pas de Mélenchon qui peine toujours à convaincre (même ici: quel manque d’enthousiasme !). Marie-George peut-elle préciser quelle circonscription gagnable pourrait être trouvée pour 1 des 3 sortants PG (dont 2 candidats du PS en 2007) ? Je rappelle que les voix qui iront sur les candidats du PG financeront le PG et non le PCF. Les camarades apprécieront, en Isère en particulier ! »

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 11:05

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011 

 

Intervention de Corinne Bécourt, fédération de l’Aisne

 

corinnebecourtNous vivons, nous militons au milieu des travailleurs, des populations. Ils ne se trompent pas lorsqu’ils disent qu’ils n’ont pas à payer la crise du capitalisme. Ils ne se trompent pas quand ils identifient l’UE et l’euro comme des instruments pour aggraver leur situation. Ils ne se sont pas trompés, et nous non plus, communistes, lorsque nous nous sommes opposés à Maastricht et au TCE : un véritable vote de classe. Le socialiste Mélenchon était dans l’autre camp.

L’expérience actuelle, voir comment l’UE, la BCE et l’euro saignent un à un les peuples d’Europe, ne fait que renforcer cette conviction. C’est un point d’appui essentiel face aux politiques d’austérité, à l’Union sacrée droite/PS/Medef pour défendre l’euro à tout prix.

Personne ne mobilisera sur l’idée de « réorienter » la BCE, l’euro. Quel intérêt à alimenter cette illusion ?

Nous ne manquons pas d’arguments et d’analyses. L’euro aujourd’hui correspond exactement à ce que nous avions dénoncé et combattu dans les années 90.

Aujourd’hui, une campagne contre l’euro se situerait dans la droite ligne de nos meilleures campagnes contre Maastricht et la constitution européenne. Il faut la mettre en débat dans le Parti.

Il ne s’agit pas seulement de sortir de l’euro – d’ailleurs si la France sort de l’euro, il n’y a plus d’euro. Nous pouvons porter une série de propositions cohérentes pour construire cette défaite de l’UE du capital : la remise en cause la dette publique indue, l’exigence de nationalisation du secteur financier, une tout autre politique salariale et fiscale.

Voilà qui est plus crédible que la « réforme » des statuts de la BCE !

Bien sûr, cette campagne politique implique de rompre avec le PGE, organe européen, financé par la Commission européenne et de renouer avec des partis communistes comme le Parti communiste grec.

Mais n’est-il pas temps de tout remettre à plat ? Notre parti – et il en a les moyens – doit reprendre le fil et la cohérence d’analyse et d’action qui lui ont permis d’être le plus efficace contre l’UE du capital.

Cela va – j’en suis consciente - à l’encontre de la campagne de Jean-Luc Mélenchon qui ne cesse de réaffirmer son attachement à l’euro, à l’encontre du programme du Front de gauche. Et alors ?

Beaucoup de camarades se rendent compte qu’ils ne pourront jamais mener campagne pour Mélenchon. 

Le programme, qui n’a de « partagé » que le nom, ne l’est pas personne surtout pas par les communistes. Les accords pour les législatives ne sont pas actés. Il se confirme de plus en plus largement que les communistes se sont « fait avoir » avec la désignation du socialiste Mélenchon comme candidat du PCF. Pas une raison pour rester l’arme à gauche !

La candidature Chassaigne a servi à canaliser le rejet de Mélenchon mais pour mieux se rallier à sa candidature et à appeler à l’alliance avec le PS.

« Pas d’effacement du PCF » nous assure-t-on ? Mais dans plusieurs départements naissent déjà des associations Front de gauche aux statuts déposés. Les bulletins d’adhésions au Front de gauche figurent en bas des tracts, pleins d’ambiguïtés. Conserver le nom « PCF » mais si c’est pour travailler à le vider de son sens !  

Dans la période qui s’ouvre, malgré la dramatisation de l’échéance présidentielle, les communistes ne doivent pas d’éloigner de la raison d’être de leur Parti dans la lutte des classes. Peu importe Mélenchon. Il n’est pas mon candidat et je le dit publiquement comme les statuts du Parti me l’autorisent. Ce qui importe, c’est le renforcement du rapport de force pour mettre en échec la politique de superaustérité qui se prépare qu’elle vienne de droite ou de « gauche », c’est la lutte contre le capitalisme !

Je profite de l’occasion pour inviter largement au débat international sous notre stand à la Fête de l’Huma le dimanche 18 septembre à 14h00.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 10:21

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011 

 

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

 

claudefainzangJe suis très étonnée : la direction a engagé le PCF dans une campagne présidentielle aux lourdes conséquences, mais c’est à peine si l’on parle de Jean-Luc Mélenchon depuis ce matin au CN. C’est vraiment le signe d’un malaise.

Pour ma part, je vais en dire deux mots. Moins que jamais, Mélenchon n’est mon candidat. S’il a renoncé, pour l’instant, à transformer le Front de gauche en parti politique, il n’en continue pas moins à profiter de l’alliance pour siphonner l’influence, les voix et les élus du PCF pour le compte de son PG. Les élections européennes et régionales l’ont encouragé. Il profite à plein de la stratégie d’effacement du Parti.

Elle ne nous émancipe pas du PS. Bien au contraire, elle nous y ramène. Mélenchon se dévoile déjà comme un candidat socialiste-bis qui canalise vers la social-démocratie. D’ores et déjà la question nous est posée, à nous en particulier PCF, et nous devons y répondre. Annonçons dès à présent que nous n’irons pas au gouvernement avec le PS ! Le consensus PS/droite sur la question des déficits, des sacrifices programmés pour les salariés, les services publics, la protection sociale est flagrant.

L’attente est forte vis-à-vis du PCF. Tout ce que nous avons toujours défendu revient à l’heure de la crise du capitalisme, notamment notre projet de société, le socialisme, pour le bonheur. Communistes assumés, nous ne sommes pas du tout en décalage.

Malgré la campagne de Mélenchon, n’hésitons pas à porter des propositions de rupture. Dès maintenant et dans le cadre de la campagne des législatives, qui est la plus importante.

Les explications et les mots d’ordre mobilisateurs sont à notre portée : refus de subir l’austérité, de payer la dette. Les déficits publics sont intégralement dus aux politiques suivies depuis 15 ans, aux cadeaux structurels au patronat, aux grandes fortunes et au coût des mesures spéciales prises pour renflouer la finance et les trusts en 2008 et 2009. L’Etat se dit obligé d’emprunter sur les marchés. Il emprunte à ceux-là même que ces gouvernements ont gratifié de cadeaux fiscaux et sociaux. Et en plus, il leur sert de généreux intérêts ! 

L’accord entre la droite et les socialistes se retrouve aujourd’hui aussi bien dans les autres pays d’Europe que dans le fil de l’histoire en France et dans le soutien conjoint au Traité de Lisbonne.

La Fête de l’Huma pourrait être l’occasion de frapper un grand coup, d’inonder les allées de matériel sur ces questions, par exemple de mettre en avant des objectifs précis de nationalisation, répondant aux besoins et aux conditions du rapport de force, de lancer une campagne nationale pour la sortie de l’euro, outil conçu pour laminer les acquis sociaux. Balayons le mythe de « l’Europe sociale » !

L’absence de perspective de lutte nourrit la désespérance dans les entreprises. J’écoutais un camarade organisé dans une section cheminote. Elle peut amener jusqu’au suicide au travail.  La nécessité est plus grande que jamais de réhabiliter la classe ouvrière, de la replacer au centre, de recréer des cellules d’entreprise. A défaut, le chemin est ouvert à la collaboration de classe. Nos responsabilités sont à ce niveau.

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7 septembre 2011 3 07 /09 /septembre /2011 08:30

Conseil national du PCF des 3 et 4 septembre 2011

 

Débat sur les questions internationales : résumé sommaire de l'intervention d'Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

 

1- Nécessité d’analyser les nouvelles tensions inter-impérialistes avec la montée de la puissance chinoise. 2- Mélenchon et la Libye : désaccord de fond. Mélenchon dit non à la guerre de l’Otan mais a voté pour le principe d’une intervention (ONU, UE) au Parlement européen. Il nie les intérêts pétroliers. Réaffirmons notre refus de tout « droit d’ingérence » et la nature impérialiste de l’UE. Aucune illusion sur une « Europe puissance humanitaire » ! 3- Nécessité de campagnes de masse : arrêt du nucléaire militaire français, sortie de la France de l’Otan, de la défense européenne intégrée, retrait des troupes françaises de toutes les interventions extérieures. 4- Internationalisme : soutenons clairement Cuba !

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16 avril 2011 6 16 /04 /avril /2011 14:07

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

 

manu-96pppMa candidature est une décision collective de responsables d’organisation du Parti de tout le pays.

Après réflexion, nous avons considéré qu’elle sera le moyen de sortir de la fausse alternative dans laquelle on enferme les communistes: pile le Front de gauche, face le Front de gauche.

Et le « Front de gauche », comme Pierre Laurent a été obligé de le dévoiler à l’instant, ce sera Jean-Luc Mélenchon pour les présidentielles.

 

Quand j’entends parler ici d’innovations démocratiques, de formes inédites de « démocratie participative », avec le Front de gauche, j’aurais presque envie de rire.

A ceux qui luttent aux travailleurs, le « Front de gauche » donne le spectacle de « primaires » comme au PS et maintenant il nous conduit à un  marchandage des circonscriptions législatives entre ses courants. Quel progrès démocratique !

 

Le Front de gauche n’amène pas davantage de démocratie au sein du PCF, bien au contraire. Tout est décidé d’avance, ailleurs et « en haut ».

 

Je rappelle, et continuerai à le faire, que jamais les communistes n’ont pu se prononcer sur la stratégie du Front de gauche.

Sa création avec Mélenchon a été décidée en parallèle du 34ème congrès, sans que les communistes se prononcent. De même, le principe de candidatures communes pour 2012 a été acté lors d’un congrès « extraordinaire », non statutaire, sans que les communistes ne puissent non plus s’exprimer souverainement. 

Le congrès ordinaire prévu en juin 2011 a été annulé. Du coup, le choix des candidatures se fait sans que les communistes aient défini leur stratégie.

Le « programme partagé » tombe d’en haut, élaboré par des « experts », dans le but affiché d’être acceptable par toute la gauche, sans que nous n’ayons notre propre programme communiste à « partager ».

Aujourd’hui, notre réunion du Conseil national a lieu alors que l’accord avec les partenaires du Front est déjà signé depuis trois jours…

 

La finalité de cette suite de coups de force doit bien apparaître aux yeux des communistes et de tous ceux pour qui le PCF représente un outil important dans la lutte. Avec le Front de gauche à nouveau, au moyen de Mélenchon, la direction du Parti revient à la charge pour imposer la « métamorphose » du PCF que les communistes ont massivement refusée en 2007 et en 2008.

 

Face à ce scénario, il est décisif que les communistes s’expriment sur les questions stratégiques de fond qu’esquive le jeu interne au Front de gauche entre Mélenchon et André Chassaigne, qu’ils s’expriment sur le rôle que le PCF peut et doit jouer dans la situation politique. C’est ce que nous voulons rendre possible avec ma candidature. 

 

En deux mots, le contexte politique est marqué par le discrédit de la politique au service du capital, du capitalisme lui-même, par le développement de luttes dans des secteurs de plus en plus divers, mais aussi par une absence de perspective d’alternative institutionnelle.

C’est encore ce que les cantonales viennent de montrer par l’abstention massive.

Deux autres réflexions rapides à propos des cantonales :

- Le système a recours au FN pour dévoyer la colère populaire. Nous devons le prendre très au sérieux, évidemment, ne tolérer aucun glissement individuel vers le discours de l’UMP sur l’immigration et la sécurité, ne pas laisser au FN l’opposition artificielle au consensus droite/PS notamment sur l’UE.

- La méthode Coué ne devrait pas avoir de place ici. Le résultat des cantonales montre l’ancrage du PCF (l’insignifiance du PG…) mais le Front de gauche est en recul de 300.000 voix sur 2008 et même de 120.000 voix sur 2004 par rapport au PCF, alors que l’extrême-gauche ne présentait pas de candidats.

Pour les communistes, les élections sont une occasion de relayer la stratégie du Parti dans les luttes. On le voit, dans la démarche électoraliste du Front de gauche, c’est le contraire, elles sont le moyen d’imposer au Parti une stratégie institutionnelle.    

 

Nous mettons en avant et soumettons au débat trois axes stratégiques.

 

1°- Pour nous, la perspective ouverte par la situation politique, l’objectif de battre Sarkozy, ne doivent pas nous amener à une nouvelle « gauche plurielle ».

L’image de Pierre Laurent sur la péniche aux côtés de Aubry et Duflot a été un symbole désastreux.

Le programme rendu public par le PS n’est pas « timide » : il va dans le mauvais sens, par exemple avec le projet de fusion de la CSG et de l’impôt sur le revenu qui menace tout le financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale. Soyons clairs dès à présent : excluons toute participation à un gouvernement PS !

 

2°- L’ampleur du consensus PS/droite se manifeste (il ne peut pas être masqué) dès qu’il s’agit de l’UE. L’offensive idéologique est massive à « gauche » pour faire rentrer ceux qui luttent dans le leurre réformiste de « l’Europe sociale ». Le PCF doit y résister au lieu de s’associer au Maastrichien Mélenchon ou de suivre la Confédération européenne des syndicats, fer de lance du Traité de Lisbonne.

Le PCF doit redevenir le Parti qui rejette radicalement l’UE du capital, ses traités et directives, leur application, dans la suite de l’expression majoritaire de notre peuple contre le TCE en 2005.

Sur l’euro, comment pouvons-nous combattre le « Pacte pour l’euro » sans remettre en cause l’euro lui-même ? L’euro est le moyen pour imposer le Pacte, l’austérité aux peuples. Dans les années 90, dans nos campagnes contre les traités de Maastricht et d’Amsterdam, nous avions développé une excellente proposition, que je me souviens avoir défendue ardemment, celle de la monnaie commune de coopération. Elle est toujours d’actualité et pourrait porter une grande campagne aujourd’hui pour la sortie de l’euro.

 

3°- Dans la période actuelle, nous avons besoin d’une candidature clairement présentée par le PCF.

Pour rassembler sur perspective de rupture partant des luttes.

La question du rassemblement est centrale mais quel rassemblement ?

Le Front de gauche porte une démarche politicienne et électoraliste, entièrement rivée vers l’enjeu institutionnel, tournée vers la « gauche » social-démocrate.

Cette alliance étriquée d’organisations est tout le contraire du rassemblement que doit porter le PCF en 2011 comme en 2012. Les travailleurs, le pays ont besoin que nous mettions en avant des positions de rupture immédiate avec la politique du capital, s’appuyant sur le mouvement populaire et les luttes, dans une perspective anti-capitaliste, qui, pour nous, est le socialisme. Rassembler sur ces bases, c’est la raison d’être de notre Parti.

- Pour arrêter le processus d’effacement du Parti.

La poursuite de l’effacement du PCF dans le cadre de la recomposition politique prévue avec le Front de gauche est inacceptable. Elle est indéniable. L’accord signé du Front de gauche institue un Conseil national du Front de gauche, doté d’un président, des collectifs locaux du Front de gauche, supplantant les organes du PCF, etc.

Pour nous, le renforcement du PCF, comme parti de classe et de masse, est une priorité. Elle s’oppose à la poursuite du Front de gauche qui est l’instrument de la « métamorphose » du PCF que refusent les communistes.

 

Je finis par ce qui devrait être au centre des réflexions de notre CN : notre action nationale dans les luttes actuelles. Pourquoi ne pas lancer de grandes campagnes pour le SMIC à 1600 euros net et le rétablissement d’une échelle mobile des salaires, contre les augmentations des tarifs de l’énergie, la renationalisation intégrale de GDF et d’EDF, le rétablissement des monopoles publics, pour l’arrêt des guerres françaises en Libye (n’en déplaise à Mélenchon), en Afghanistan, pour la sortie de l’OTAN.

 

Le rassemblement des travailleurs dans la lutte des classes se joue en 2011 avant 2012.

 

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 11:49

Intervention de Corinne Bécourt, fédération de l’Aisne, n°88


 

corinnebecourtQuel mépris pour les communistes !

Ce CN commence mais toutes les décisions sont déjà signées par l’exécutif avec « d’autres ». Et pour occuper les communistes, on leur organise un faux débat. L’alternative, c’est soit le Front de gauche, soit… le Front de gauche! Et le Front de gauche à la présidentielle, ce sera Mélenchon. Toute la préoccupation des premiers dirigeants nationaux est de savoir comme le faire passer aux communistes.

 

Les stratégies mortifères pour le Parti se succèdent. De la « Mutation », aux « collectifs anti-libéraux », en passant par « Bouge l’Europe », c’est toujours le même processus qui à l’œuvre avec maintenant le Front de gauche : la transformation, la métamorphose du PCF en un parti comme les autres, institutionnel et électoral, une courroie de transmission de la social-démocratie.

 

On ne cesse de mesurer les conséquences pour les travailleurs de la défaillance de notre parti comme parti révolutionnaire, portant des positions de classe. 

L’auto-satisfaction, l’auto-justification du Front de gauche, après les cantonales, est complètement déplacée. L’abstention est le fait majeur et le Front de gauche n’y échappe pas du tout, perdant 350.000 voix sur les résultats du PCF en 2008.

 

Un mot sur le FN. Je suis outrée de la banalisation de ce parti d’extrême-droite. Je condamne les positions, irresponsables, de ceux, à gauche, comme André Gerin, qui mettent leur pas dans les pas des dirigeants de l’UMP sur les questions de l’immigration et de la sécurité. Je suis écœurée des courbettes échangées par Mélenchon et Le Pen à l’entrée du Parlement européen comme on les voit sur une vidéo circulant sur internet. Il y a des gens qu’on ne salue pas ! Vraiment ce Mélenchon ne peut pas nous représenter !

 

Le texte « d’accord » du Front de gauche que vous avez adopté trois jours avant notre réunion du CN engage une négociation sur la répartition des circonscriptions aux législatives qui place les responsables et élus du PCF sous pression. Dans le même temps, il institue un collectif national du Front de gauche et des collectifs de circonscription. Que l’on ne vienne pas nous dire que l’organisation parallèle, doublant le PCF, n’est pas en route !

 

Nous demandons l’annulation de cet accord, caduque puisque nous ne nous sommes pas prononcés en tant qu’organe dirigeant du PCF.

 

Cette suite de coups de force pour imposer le Front de gauche aux communistes est inadmissible. Elle montre combien vous avez peur de l’expression souveraine des communistes, en connaissance de cause. Rappelons-le : Le Front de gauche et l’accord avec Mélenchon ont été décidés en parallèle du 34ème congrès. Le principe de candidatures communes a été retenu à l’occasion d’un congrès non statutaire, où les communistes n’ont pas pu se prononcer sur un texte. Le congrès ordinaire où les communistes auraient pu se prononcer sur une ligne politique a été annulé.

 

Dans ces conditions, je fais partie de ceux, déjà une centaine de responsables de fédération et de section du PCF, des jeunes militants, qui ont pris la décision de présenter une candidature «franchement communiste, celle d’Emmanuel Dang Tran. L’objectif est d’imposer le débat sur les questions de fond, sortant du jeu de postures. Les communistes doivent entendre une autre voix, la leur, celle d’une organisation dotée d’un vraie projet communiste, de propositions de lutte pour des ruptures avec la politique au service du capital, d’un projet de société : le socialisme.

 

Je comprends parfaitement que même des dirigeants du Parti, des élus n’y croient plus, ne croient plus au PCF. Mais alors, qu’ils aillent créer leur « Linke » ailleurs et qu’ils laissent les communistes, les travailleurs et les jeunes, les militants syndicalistes, faire vivre et renforcer le Parti communiste dont ils ont besoin.  

 

 

 

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