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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
13 mars 2009 5 13 /03 /mars /2009 14:11

A la mémoire de Jules Molina
Cimetière des Ulis, 10 mars 2009


Il nous est, il nous sera toujours difficile de penser que Jules Molina, notre Julot, car nous tous, ses parents, ses camarades et ses amis, nous l’appelions ainsi, comme pour lui dire simplement notre amical respect et notre affection, il nous sera toujours difficile de penser et d’accepter que Julot n’est plus, ne sera plus jamais parmi nous.
Il était si présent, si indispensable à notre vie, que nous avons, que nous aurons toujours le sentiment qu’un terrible vide s’est creusé pour nous tous. Pour Sylvie, sa femme, sa compagne, qui durant tant d’années a partagé ses combats et ses épreuves. Pour ses enfants, Danielle et Paul, pour tous les siens, si fiers de lui.
Bien au-delà du cercle familial et de tous ses proches, son souvenir restera également vivant chez tous ceux qui ont eu la chance, en Algérie et en France, de pouvoir le connaître de près, de travailler et de militer avec lui car Jules Molina était avant tout un homme d’action et de conviction, tourné vers l’espérance d’un monde débarrassé de toutes les tares du présent, de l’exploitation, de l’oppression, du racisme, des guerres et de tous les maux qu’engendre la société capitaliste. C’est justement parce que son souci était en premier lieu dans la vie des autres, qu’aussitôt après la fin de la deuxième guerre mondiale -qu’il fit du débarquement en Sicile jusqu’à Monte-Cassino et des batailles de France à celles, ultimes, d’Allemagne- il rejoignit dès son retour en Oranie, les rangs des communistes algériens et le combat qu’ils menaient pour la libération de l’Algérie du joug colonial.
Rien n’était plus important pour lui que de servir cette cause et c’est pourquoi, un peu plus tard, il n’hésita pas un instant, à accepter la proposition qui lui était faite de quitter son poste très bien rémunéré d’ingénieur pour devenir permanent responsable de la Région d’Alger du Parti Communiste Algérien, puis directeur de l’imprimerie d’Alger républicain. Un travail épuisant et un salaire misérable que sa femme Sylvie accepta elle aussi, avec le même courage que lui même. C’est à cette époque, qu’entre Jules et moi, naquirent une affection, une amitié, une entente de pensée qui, depuis soixante ans n’ont cessé de s’approfondir jusqu’à ce jour tragique où il dut nous quitter.
Jusqu’à son dernier souffle, il resta fidèle à son engagement, apprécié par tous pour ses capacités, son courage, son esprit fraternel, le respect et la solidarité qu’il témoignait, quelle que soit leur origine, à tous ceux avec lesquels il était amené à travailler dans un pays où le racisme et le mépris de la majorité des Européens à l’égard des Algériens, arabes et kabyles, étaient quasiment la règle, une des règles les plus odieuses du régime colonial. Sa modestie, sa capacité de travail, sa constante disponibilité à aider quiconque demandait son appui, aussi bien pour régler une question pratique que pour donner un avis politique, avaient fait de lui un ami estimé par tous ceux qui avaient eu la chance de le connaître. Ceux-ci étaient aussi bien parmi ses camarades de parti qui appréciaient sa clairvoyance et sa solidité politique que parmi les responsables nationalistes qui trouvaient toujours en lui un appui précieux pour sortir leurs journaux et tracts édités dans l’imprimerie qu’il dirigeait et pour faire échapper ceux-ci aux constantes saisies policières.
Il paya très chèrement le prix de cette résistance active aux autorités coloniales. Arrêté quelques mois après l’interdiction d’Alger républicain, en 1955, sommé d’indiquer dans quelles conditions des tracts clandestins du PCA avaient été imprimés, il se refusa à en dire un seul mot et, malgré les tortures, persista dans son silence. Cela lui valut d’être condamné à un an de prison qu’il accomplit à la prison d’Alger. A sa sortie, il échappa à l’internement dans un camp de concentration et durant toutes les années qui séparaient encore le pays de la fin de la guerre, il continua de militer pour l’indépendance dans les rangs du PCA et du FLN.
Jules, apporta ensuite son concours à l’Algérie nouvelle en remplissant des fonctions de direction dans diverses usines où ses talents et son travail lui valurent les éloges des dirigeants algériens qui, désormais, étaient à la tête des entreprises où il travaillait.
Mais, en juin1965, un coup d’Etat aboutit une nouvelle fois à la mise hors la loi effective des communistes et à l’arrestation de dirigeants qui s’étaient dressés contre le putsch. Jules ne fut absent d’aucun des nouveaux combats, d’abord clandestins et enfin légaux menés par le PCA, renommé Parti de l’Avant-Garde Socialiste (PAGS) puis Parti Algérien de la Démocratie et du Socialisme (PADS).
Contrairement à leur désir le plus profond de demeurer en Algèrie, les aléas de la situation mirent enfin Jules et Sylvie, le cœur déchiré, dans l’obligation de quitter un pays et un peuple qui étaient les leurs et dont, depuis toujours ils n’avaient songé qu’à partager le destin. Ils arrivèrent en France en 1989 et s’installèrent à Palaiseau où habitait déjà leur fille Danielle.
D’autres que Jules, déjà à l’âge de la retraite, auraient seulement songé à vivre tranquillement les dernières années d’une vie déjà si bien remplie mais c’était là une décision que Julot rejetait d’emblée.
En dépit d’amères épreuves, en dépit du fait qu’il n’était plus dans le pays qui l’avait vu naître, il considérait que son devoir était de poursuivre en France le combat contre le colonialisme et pour monde nouveau à naître, un monde socialiste, ce combat qu’il avait commencé si longtemps auparavant en Algérie. C’est pourquoi il rejoignit les rangs de l’ACCA - Agir contre le Colonialisme Aujourd’hui- que dirige Alban Liechti et y travailla avec passion. Pour des raisons identiques et malgré les divergences qui pouvaient l’opposer à la ligne politique de la direction du Parti Communiste Français et qu’il ne cacha jamais, il n’hésita pas non plus à militer activement au PCF.
Ainsi vécut Jules Molina, notre camarade, notre ami, celui dont la femme, les enfants, les petits enfants et tous ceux qui viendront après lui, pourront dire avec fierté qu’il leur a laissé un inestimable héritage : celui d’un homme inoubliable et pour toujours exemplaire.

Henri Alleg

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 00:48

André Maurice (section PCF de Nantes) réagit à notre article sur 1968 et donne son expérience personnelle

 

1- Extrait d’intervention en Assemblée des communistes

« … Etudiant-salarié en Histoire, je pensais être de gauche. Je lisais France-Soir de temps en temps ! Les provocateurs et la démagogie de Cohn-Bendit en mars 68 bousculèrent ma culture idéaliste…

J’ai alors tout appris des communistes.

C’étaient des militants ouvriers, souvent issus de la Résistance. Ils m’ont expliqué… la place des entreprises… la classe ouvrière. Les événements avaient du sens… au travers des combats des générations. Ils m’ont parlé de la lutte des classes en France et à l’échelle internationale. Le peuple de France n’était pas seul, d’autres luttaient à travers le monde, aidés par les pays socialistes : Cuba, les peuples d’Indochine, les pays d’Afrique… A Moscou, il y a avit l’université Patrice Lumumba. Et il faudrait faire l’impasse sur le rôle de l’Union Soviétique face au nazisme, aux impérialistes, ne retenir que le stalinisme !

J’ai commencé à lire l’Humanité, Clarté… J’ai découvert un nouvel alphabet pour comprendre le monde, tout ce que la société, son système scolaire et ses médias, me dissimulait. J’ai appris le matérialisme philosophique et historique.

Je ne crois pas que ces outils d’analyse soient aujourd’hui dépassés. 

Faudrait-il en douter ?

Nos ennemis de classe nous donnent un éclairage singulier sur nos renoncements. Eux ne doutent pas de la force de nos idées… Ils redoutent pas dessus tout une progression nouvelle des peuples.

Il n’y a qu’à voir l’acharnement qu’ils mettent toujours à caricaturer les expériences révolutionnaires, à éradiquer l’espoir, l’idée même qu’une autre société est possible : l’Histoire serait terminée, les classes sociales n’existeraient plus. Le marxisme serait vidé de son contenu… or la bataille est idéologique, plus que jamais.

Faut-il les aider en rompant les amarres ?

Comme hier contre le nazisme, à l’exemple de Guy Môcquet, résistons aujourd’hui pour combattre le capitalisme. Reste à débattre de notre stratégie et de nos objectifs… et ceci demande une réflexion complémentaire… »

 

2- Entretien avec André Maurice, étudiant à Nanterre en mai 68 (dans un journal local)


Quel âge aviez-vous à l’époque, et dans quel établissement étiez-vous ?

En Mai 68 ? Je suis à 6 mois de ma majorité, alors à 21 ans. Etudiant-salarié en deuxième année d’Histoire à Nanterre-La folie… c’était le nom de la gare pour l’Université !

Qu’est-ce que le mouvement a représenté pour vous à l’époque ?

L’irruption de la politique avec un grand P, dans ma vie d’étudiant : la force des mouvements sociaux… da la jeunesse, mais aussi la puissance des syndicats ouvriers… Le silence dans la gare Saint-Lazare, tous les trains immobilisés, c’était impressionnant !

L’Histoire s’écrivait tous les jours. Des lectures également… Entre les assemblées générales, j’apprenais dans Lénine, le sens d’un mot nouveau dans l’actualité… le gauchisme !

Il faut dire que j’avais vu Daniel Cohn Bendit gifler un prof devant un amphi de 5000 étudiants… Les pratiques de la révolution culturelle chinoise de 1966 n’étaient pas loin. Cela m’avait interrogé sur le véritable rôle de ce « leader », mis en scène par les médias, puis très vite par le pouvoir.

Quels étaient les objectifs de Cohn-Bendit ?

J’ai assez vite compris que les barricades étaient un « piège à cons pour les élections »… Une nuit d’émeute, c’était des centaines de voix pour un retour à l’ordre et le triomphe électoral de la droite.

Comment le voyez vous aujourd’hui avec le recul ?

Comme une mutation de nos pratiques d’alors…politique, mais aussi culturelle, scolaire et même familiale. Ce n’était plus pareil au lycée, à la fac avec nos profs, nos parents. On osait prendre la parole…

Mai 68 met en chantier les luttes des années 70/80… La question de l’après-gaullisme allait se poser et pour certains, le remplacement du système lui-même.

Si vous ne deviez avoir qu’un seul souvenir, quel serait-il ?

Une nuit au journal l’Humanité, boulevard Poissonnière, en face du cinéma le Grand Rex. A l’époque, j’étais étudiant « catho », peu politisé… je lisais de temps en temps France-Soir !

La journée avait été rude à Nanterre… entre les CRS, les groupuscules trotskistes, maoïstes… et les étudiants communistes.

La secrétaire de leur cercle, fille de réfugiés espagnols, m’avait proposé de les accompagner à l’Huma où tous les soirs ils venaient chercher le réconfort et les analyses de leurs aînés…

C’est là que j’ai entendu le commentaire de René Andrieu, le rédacteur en chef du journal… « si nous avions appelé les ouvriers à aller sur les barricades… ce soir il y aurait eu plusieurs centaines de morts ! »

Et un slogan ?

Aucun. Il me semble que vouloir réduire Mai 68 à quelques slogans sortis de leur contexte historique, c’est participer à la caricature des évènements pour mieux les discréditer et orchestrer un mythe. D’autant que la plupart de ces slogans annoncent l’individualisme « libéral-libertaire » des futures bobos des années 90.

Que pensez vous de la volonté de Nicolas Sarkozy de « liquider » l’héritage de mai 68 ?

Ce qui me frappe dans la campagne (commerciale) de la commémoration des 40 ans, c’est précisément la dénaturation du mouvement réduit à Dany le rouge, aux grenades lacrymogènes… et à la liberté de circulation dans le dortoir des filles !

Le mouvement ouvrier et la satisfaction des revendications sont rarement évoqués !

Or la « grande trouille du pouvoir », c’est un mai 68 qui aboutisse. C’est le bouc émissaire des difficultés d’aujourd’hui !

Comme en 40, le Front Populaire était accusé de la défaite ! D’autant que la crise économique est  à nos portes et qu’il faut préparer les esprits au sacrifice des réformes, voilà l’objectif du président. Le message est clair, refaire un mai 68 ne servirait à rien d’autre qu’à développer la violence et la « chienlit » anarchiste.

Selon vous, quel est l’héritage de mai 68 ?

Pour les salariés, le droit syndical dans l’entreprise, interdit depuis 1884 ! La hausse du SMIC de 35%, le retour aux 40 heures alors que la durée moyenne était alors de 52 heures ! Et un rapport de foce avec le patronat qui rappelait 36…

Pour les étudiants et les lycéens, des élus dans le conseil d’administration et des droits nouveaux d’expression dans les établissements.

Quelle conclusion à tirer ? « La lutte paye ! Lorsqu’elle est menée dans l’unité . Ce ne peut pas être l’héritage du président ! Au-delà il me semble que l’esprit de Mai est un esprit critique sur touts choses, une organisation nécessaire pour gagner, et de la créativité dans l’élaboration de perspectives nouvelles pour transformer la société.

Quelque chose qui doit ressembler à ce qu’il y avait dans la tête d’un républicain en 1793 après l’élimination du roi ; ou d’un de la commune de Paris en 1871.

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 19:09
Nous relayons l'heureuse initiative suivante:

Cellule Pierre Simonot du PCF

La cellule Pierre Simonnot de la section de Lille de la Fédération du Nord du Parti Communiste Français, organise un débat sur le thème:

« La résistance communiste »

avec la participation de nos camarades Yvonne Abbas (déportée à Ravensbrück), Jean Colette (chargée de la liaison internationale avec la Belgique), Jeannette Simonot, Henriette Defrance, Michel Defrance, Guy Beziade et Pierre Charret, résistants communistes pendant l’occupation allemande.

Samedi 21 juin 2008 à 16h00

A l’Espace Marx

6bis, Rue Roger Salengro à Hellemmes

(métro Marbrerie)

Nous conclurons par un apéritif à l’honneur des nos résistants (participation libre). Sur place une exposition sur la résistance sera visible.

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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 11:02

55 ans après leur exécution : pour la réhabilitation des époux Rosenberg !



Le 19 juin 1953, Julius et Ethel Rosenberg étaient exécutés sur la chaise électrique, condamnés par la justice américaine pour avoir « remis la bombe atomique aux mains des Russes ». Les accusés, qui n'avaient cessé de clamer leur innocence, étaient anciens membres du parti communiste. La machination politique ne faisait pas de doute dès le départ. L’inconsistance du dossier à charge et des preuves n’a cessé de se vérifier depuis, les faux témoins de révéler leurs mensonges.

L’assassinat des époux Rosenberg fut l’un des points culminants de la « chasse aux sorcières » anticommuniste aux Etats-Unis, au début des années 50. Entre leur condamnation et leur exécution, une mobilisation considérable s’est développée dans le monde entier pour les soutenir, en France grâce à l'action déterminante des communistes. Cette campagne pour sauver deux vies comme la provocation américaine s'intégrait dans l'affrontement mondial entre l’impérialisme et le camp des travailleurs dont l’URSS était à l’époque objectivement le principal support.

La lutte des communistes français fut à la fois juste et de haute portée. Il convient pour les communistes d’aujourd’hui de saluer le dévouement de nos camarades et de participer au prolongement de ce combat, 55 ans après, en exigeant des Etats-Unis la révision du procès des Rosenberg.

La plus grande puissance impérialiste s’y refuse obstinément malgré les éléments flagrants et incontestatbles. Ne serait-ce pas pour elle en effet un aveu d’hier qui pourrait peser sur ses violations des droits humains d'aujourd'hui partout dans le monde de Guantanamo à Bagdad ?

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5 juin 2008 4 05 /06 /juin /2008 20:54

2008 : besoin du PCF ! Au moins comme il était en 1968 !

Il y en a assez de voir et d’entendre, pratiquement de tous côtés, effacer ou dénigrer l’action du PCF en 1968. Pour les communistes, au-delà de l’exaspération légitime, il est nécessaire de rétablir des vérités, celles qui sont utiles pour aujourd’hui, celles que l’on veut justement occulter. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille idéaliser le parti de l’époque ou s’abstenir de toute critique.

L’anniversaire donne lieu à une entreprise générale de révision de l’histoire par l’idéologie dominante et ses serviteurs. A plusieurs niveaux.

Mai 68, coupé du contexte, est réduit à un folklore publicitaire. La représentation d’un « esprit de 68 » supplante la mémoire du mouvement des étudiants. Le mouvement des étudiants, vidé de tout son contenu de classe, supplante la mémoire du mai des prolétaires. Et quand on en vient quand même à évoquer l’une des plus grandes et longues grèves qu’a connues le pays, c’est pour mieux condamner les principales organisations qui l’ont rendue possible et fertile pour les travailleurs : la CGT et le PCF.  

Sans aucune honte, sans aucune autocritique sur leur propre attitude en 68 et leur parcours depuis, les gauchistes et autres mouvementistes d’hier et d’aujourd’hui se livrent, depuis les positions avantageuses que le système leur a octroyées depuis 68, au procès du PCF. Ces donneurs de leçons bénéficient sans surprise de la complaisance des media mais même de la réaction timorée, culpabilisée, de certains porte-parole du PCF. Les nombreux souvenirs, souvent très intéressants, publiés dans l’Huma montrent l’engagement des communistes individuellement mais ne portent pas d’analyse du rôle du parti.

Bon sang ! Communistes, n’ayons pas peur de contrecarrer la thèse officielle de ces « gauche » et « extrême-gauche » bien pensantes qui se dédisent, se trahissent depuis 40 ans !

Le PCF, en tant que parti, n’est pas passé « à côté du mouvement » en 68. NON ! Il en a été l’un des principaux ferments !

Le pouvoir était-il à « ramasser » en 68, la situation révolutionnaire ? Le PCF a jugé que non. S’est-il trompé ? Non !

Les gauchistes, dont Alain Krivine, qui assistaient au meeting de Charléty, essaieraient-ils encore de nous dire que Mendes et Mitterrand représentaient une rupture avec le capitalisme ? Comment ces exégètes des « minorités agissantes » à l’époque, extérieurs au mouvement dans les entreprises, qui flattent aujourd’hui les majorités silencieuses des télespectateurs de Drucker, comptaient-ils organiser leur « armée prolétarienne » à partir de piquets de grève d’où ils étaient complètement absents (programme de la LC(R) 1972) face à l’armée gaulliste, aux portes de Paris ?

Le PCF s’est-il trompé en poussant le mouvement revendicatif au plus loin avec la CGT ? Non ! La période ouverte après 68, après l’augmentation des salaires de 10 à 20%, du SMIC de 30%, l’obtention du droit syndical à l’entreprise, a amené jusqu’en 1982/83 une série de conquêtes sociales sans précédent. La part du travail, face à celle du capital dans le PIB a progressé de 10%, malgré et contre les gouvernements de droite jusqu’en 81.

Le PCF, notamment à travers son organe central, l’Humanité, qui n’a cessé de paraître et d’être diffusés grâce aux militants, défendait la perspective d’un « gouvernement populaire » d’union de la gauche. En 68, il se heurte au refus de la SFIO, de l’ensemble de la FGDS qui craigne le parti des travailleurs. Aujourd’hui, il n’est pas juste de mesurer la perspective de l’union populaire de 68 à l’aune du programme commun de 72 et du gouvernement de 81.

Parmi les donneurs de leçons, certains sont encore plus mal placés. Dans son livre « Communisme, l’avenir d’une espérance », Patrice Cohen-Séat, qui se présente aujourd’hui comme dirigeant du PCF et que nous citons uniquement comme contre-exemple, se permet de fustiger le PCF de 68. Le même avoue pourtant qu’en 74, il hésitait entre le PS et le PCF… Avant 68, selon lui, le PCF se serait bien accommodé du pouvoir gaulliste et il ose prétendre qu’en 68 le PCF « serait resté aveugle et sourd à ce qui se tramait sous ses yeux ». Quel mépris pour les communistes! Sur ces fameuses questions de « société », comment nier que le PCF a été depuis 1920 le premier et le seul à promouvoir la place des femmes, des immigrés en politique, pour ne citer que cela. A Paris 15ème, à Citroën, par exemple, les camarades sortaient des tracts en 4 langues ! Qu’en tant que parti de masse, le PCF ait été moins sensible à certaines modes comportementales, qui, parfois, révélaient de profondes aspirations, c’est possible mais ce n’est pas une raison pour faire la leçon au seul grand parti ouvert sur les aspirations d’émancipation du plus grand nombre des travailleurs.

Il est enfin une autre dimension que l’on ne doit pas mettre sous le boisseau : le PCF était le seul parti présent au cœur du mouvement, depuis des années, suivant sa raison d’être, dans les entreprises. L’organisation communiste, implantée souvent au départ avec volontarisme sinon abnégation, contre la répression patronale, parmi les travailleurs par des travailleurs, a été un des moteurs principaux de tous les mouvements, de toutes les mobilisations, avec son analyse, ses perspectives, son organisation elle-même. Les ouvriers communistes s’organisaient pour lutter, se défendre, construire, en tenant compte des réalités. 

Il est trop facile pour les donneurs de leçons, d’hier et d’aujourd’hui, de fustiger le PCF avec l’appui des media du grand capital. Nous affirmons que sans le PCF, sans les militants et les organisations communistes, 68 ne serait pas produit en France avec les résultats extraordinaires que l’on sait et que Sarkozy s’est fixé comme objectif de liquider.

Aujourd’hui, nous avons besoin du PCF, au moins tel qu’il était en 1968 !

Nous invitons les camarades, les sympathisants qui liront ce texte à donner leur avis et s’ils le veulent bien à en illustrer la thèse.

Vivelepcf – 5 juin 2008

 

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6 mai 2008 2 06 /05 /mai /2008 20:57

Rendons à Paris sa rue et sa place Robespierre ! pétition

Lien vers les textes des discours les plus importants de Robespierre:

lien

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8 mars 2008 6 08 /03 /mars /2008 19:44

La journée internationale des travailleuses (extrait du discours de Lénine du 8 mars 1921)

 

"On ne saurait amener les masses à la vie politique sans y attirer les femmes. Car, en régime capitaliste, les femmes, la moitié de l’espèce humaine, sont doublement exploitées. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital, et par surcroît, même dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, premièrement elles ne jouissent pas de tous les droits, car la loi ne leur confère pas l’égalité avec les hommes ; deuxièmement, et c’est là l’essentiel, elles restent confinées dans « l’esclavage domestique », elles sont des « esclaves du foyer » accablées par les travaux ménagers, les plus mesquins, ingrats, durs et abrutissants, et en général par les tâches domestiques et familiales individuelles.

 

La révolution bolchevique, soviétique, coupe les racines de l’oppression et de l’inégalité des femmes de façon extrêmement profonde, comme aucun parti, aucune révolution au monde n’ont osé les couper. Chez nous, en Russie soviétique, il ne subsiste pas trace de l’inégalité des femmes par rapport aux hommes au regard de la loi. Le régime des Soviets a totalement aboli l’inégalité odieuse, basse, hypocrite dans le droit matrimonial et familial, l’inégalité touchant l’enfant.

 

Ce n’est là que le premier pas vers l’émancipation de la femme. Aucun des pays bourgeois, même parmi les républiques les plus démocratiques, n’a osé faire ce premier pas. On n’a pas osé par crainte de la « sacro-sainte propriété privée ».

 

Le deuxième pas et le principal a été l’abolition de la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines. C’est cela et cela seul qui fraye la voie de l’émancipation complète et véritable de la femme, l’abolition de l’ « esclavage domestique » grâce à la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle. ..."

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21 novembre 2007 3 21 /11 /novembre /2007 05:36
Pour l’anniversaire de la révolution d’octobre, texte du tract diffusé Boulevard Lénine à Vénissieux et pendant une prise de parole organisée à la Croix-Rousse à Lyon

Le 7 novembre 1917, des ouvriers prennent le palais d’hiver du « tsar de toutes les Russies ». Quelques mois auparavant, un des pouvoirs européens les plus répressifs était tombé. Comme en France, en Angleterre ou en Allemagne, il avait entraîné des millions de paysans et ouvriers à s’entretuer dans la première guerre mondiale pour les grandes bourgeoisies coloniales qui se partageaient le monde. En France, la bourgeoisie avait assassiné Jaurès pour entraîner le parti socialiste dans la guerre. En Russie, elle pensait que les serfs étaient incapables de se révolter. Mais l’alliance entre ouvriers et paysans, la création d’un parti communiste organisé et militant allait « ébranler le monde entier ».

50 ans auparavant, la première expérience de pouvoir ouvrier de la Commune de Paris n’avait duré que 100 jours. Lénine bouscule les compromis qui laisse un pays affamé et soumis à la guerre et donne à la révolte de millions de pauvres la possibilité de prendre la direction de l’état et de l’armée, de signer immédiatement la paix et de donner tout le pouvoir aux « soviets », c’est à dire aux conseils de paysans, d’ouvriers, de soldats... L’URSS était née dans les horreurs de la guerre. Elle se construira en permanence dans l’affrontement avec l’ouest, depuis les guerres des armées blanches envoyées par les bourgeoisies occidentales, jusqu’à la guerre froide et la course aux armements imposées par la puissance américaine.

Elle n’a pas inventé cette utopie communiste qui soulevait tant d’espoirs, mais elle a transformé un vieil empire fondé sur le servage et l’exploitation coloniale en puissance économique et technologique, prenant pendant quelques temps la tête de la course à l’espace.

Elle a donné la parole aux peuples du Sud que le tsar et les bourgeoisies occidentales considéraient comme des sous-hommes. Si le capitalisme occidental avait organisé la traite des noirs pour compenser le génocide amérindien, puis les guerres de l’opium pour imposer son colonialisme à la culture chinoise millénaire, si ses dirigeants politiques n’hésitaient pas à opposer les blancs « civilisés » et les « indigènes », l’URSS inventait pour la première fois un état multi-national de peuples que le tsar traitait en esclaves.

Elle a imposé au colonialisme le rapport de forces permettant la libération nationale en Amérique latine, Afrique, moyen-orient et Asie. Sa victoire contre le fascisme a conduit le capitalisme a accepter l’état social qu’il veut détruire aujourd’hui.

Alors, si nous mesurons aussi les crimes du stalinisme en URSS, si nous savons combien les intérêts de grande puissance de ce nouvel état a parfois joué contre l’intérêt national d’autre pays, ce qui a fortement pesé sur le mouvement communiste mondial comme le dit Fidel Castro, si les contradictions entre pays socialistes ont été utilisées par l’occident pour diviser et finalement affaiblir et réduire le camp socialiste, nous n’oublions pas que le XXième siècle a démontré qu’on pouvait sortir du capitalisme, que rien ne nous oblige à accepter la loi de l’argent, du marché, et finalement de la bourgeoisie.

Dans la France de 2007, la résistance à la guerre sociale menée par les riches est difficile. L’unité de tout le monde du travail, entre précaires et fonctionnaires, entre quartiers, générations ou origines est souvent freinée par l’individualisme, les trafics, le racisme, l’intégrisme... Mais nous savons que nous pouvons être nombreux et que nous pouvons gagner dans la lutte contre les expulsions, pour l’entretien de nos logements, contre la précarité et les licenciements, pour les salaires et les minima sociaux, pour la Secu et nos services publics...

Pour être plus fort dans la lutte, pour être capable de « faire peur à la bourgeoisie », nous vous appelons à vous organiser pour reconstruire le parti communiste des ouvriers, employés, chômeurs, artisans, techniciens, fonctionnaires, enseignants, bref de l’immense majorité du monde du travail, de nos quartiers !

C’est pourquoi nous sommes fiers d’avoir un boulevard Lénine à Vénissieux. C’est un symbole pour nous rappeler que si le chemin du communisme reste à découvrir, nous savons qu’une révolution des prolétaires est possible, en France comme ailleurs...

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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 19:46
Marchais-parlons-franchement.gif
10 ANS DEJA que le dirigeant du "Défi démocratique" nous a quittés!

Hommage sera rendu à Georges Marchais avec le CN du PCF le vendredi 16 novembre au Colonel Fabien, le samedi 17 à 11H00 au cimetière du Père Lachaise où une plaque sera apposée dans le carré du PCF. Rendez-vous du côté du Mur des Fédérés.
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13 novembre 2007 2 13 /11 /novembre /2007 19:35
La direction du PCF ignore le 90ème anniversaire de la Révolution d’octobre : c’est injustifiable.

 

90, ce n’est pas un chiffre aussi « rond » que 100 voire 75 ou 80. Cela n’empêche pas le monde intellectuel au service des possédants de raviver sa campagne et ses publications anti-communistes. La photo ci-contre, prise dans une grande librairie parisienne l’illustre. 
R--volution-octobre.gif

 

La direction du PCF a choisit d’ignorer totalement cet anniversaire. Aucune déclaration politique. L’Humanité s’est contentée pour sa part de publier le compte-rendu d’un échange policé d’historiens dont Nicolas Werth, l’un des auteurs du sinistre « Livre noir » avec Courtois qui vient de récidiver avec un dictionnaire Larousse du « communisme », plutôt de l’anticommunisme. 

 

Cette position de ceux qui se présentent comme la direction du PCF est injustifiable à deux titres.

1- Notre PCF est, qu’on le veuille ou non, lié à 1917 et à sa postérité. Nier ce lien, c’est rejeter une part de notre identité de parti, c’est se renier soi-même.

2- L’expérience révolutionnaire de 17 est toujours une référence indispensable pour tous les révolutionnaires et en particulier les communistes d’aujourd’hui.

 

1- Notre parti, le PCF est profondément ancré dans l’héritage du mouvement ouvrier français. Mais il doit sa constitution aux suites de la Révolution soviétique. Son origine lui est indissociablement liée. Elle a fécondé la tradition socialiste française pour en faire sortir le parti de masse et de classe, implanté au cœur du peuple travailleur et auquel le pays doit tant.

2- Octobre 17, suivi de 4 ans d’âpre guerre contre les puissances impérialistes, représente de façon incontestable une révolution socialiste. Cette expérience révolutionnaire anticapitaliste constitue un précédent unique, inestimable : les relations capitalistes de production, l’exploitation de l’homme par l’homme ne sont pas naturelles, éternelles et immuables.

 

En aucun cas, elle n’est réductible à sa postérité, glorieuse ou parfois sombre, en URSS, « à  l’est » ou dans le reste du monde. Mais, même déformés, bureaucratisés et répressifs, l’URSS et le bloc socialiste ont toujours constitué à la fois un pôle d’opposition à l’impérialisme, une forme de socialisme et un point d’appui pour les anticapitalistes dans la lutte des classes mondiale, en particulier en France mais aussi pour le mouvement émancipateur des nations colonisées. Ces Etats n’étaient pas capitalistes.

 

Ne pas assumer cette histoire, pire, jouer les donneurs de leçons comme ces gauchistes qui reprochent à Lénine d’avoir saisi l’occasion historique de prendre le pouvoir politique mais qui, eux-mêmes n’ont jamais rien fait en France ou dans le monde, c’est se condamner à l’impuissance ou à l’opportunisme. Dans le même temps, la chute, les étapes parfois contradictoires et même tragiques de l’histoire des pays socialistes, nécessitent une analyse poussée de notre part, mais surtout pas un rejet.

 

La réaction des dirigeants du PCF, qui orchestrent la « mutation-disparition » de notre parti, ne peut qu’évoquer, à son échelle, la situation d’une grande partie des anciens dirigeants de l’est, souvent passés directement du PC local au thatchérisme à l’image de feu Eltsine ou du premier ministre hongrois, ancien dirigeant des JC qui cherche aujourd’hui à interdire le Parti communiste ouvrier de Hongrie.

 

En occultant l’anniversaire de 17, ils confirment leur volonté d’effacer l’histoire et l’identité de notre Parti et de renier ses positions. Un des « idéologues » de cette stratégie par exemple, Patrice Cohen-Séat ne vient-il pas d’écrire : « un congrès de Tours à l’envers ? Mais pourquoi pas ! ». Il est logique avec lui-même!

 

Pour les communistes français conséquents, fidèles à leur engagement et à l’histoire de leur parti, jamais peut-être l’expression des révolutionnaires « ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain » n’a été autant d’actualité. La direction actuelle du PCF ne veut peut-être garder que l’eau du bain. Gardons le bébé ! Vive le Parti communiste français ! Vive la révolution d’octobre !

 

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