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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 23:42

Décès de Léo Figuères

 

Vivelepcf – 1er août 2011

 

Nous apprenons à l’instant de nos camarades de Malakoff le décès brutal de Léopold Figuères à l’âge de 93 ans.

Notre tristesse est énorme. Notre pensée va tout de suite à toute sa famille, à ses camarades les plus proches.

Nous pensions pouvoir compter encore sur l’expérience, la capacité d’analyse, la détermination communiste, intactes jusqu’aux derniers instants, de notre éminent camarade.

Son dernier livre publié en 2010, «  Capitalisme, socialisme(s), commun110801_Figueres.jpgisme », sert aujourd’hui de document de référence pour la formation de communistes, notamment de jeunes communistes. De ces jeunes, ceux qui ont imposé au dernier congrès du MJCF le rétablissement de l’objectif du socialisme comme phase transitoire du changement de société, ne pouv aient que se retrouver avec Léo.

Le rôle de militant communiste ouvrier, de dirigeant, d’organisateur du PCF et de la JC de Léo Figuères est inestimable dès les années 1930, dans ses Pyrénées-Orientales d’origine, puis dans le Var et en Région Parisienne, au plan national ensuite. Il est témoin, acteur, animateur de toute la vie du Parti.

Il a été membre du Comité central de 1945 à 1976.

Ses activités dans la Résistance, ensuite dans le soutien à la lutte anticoloniale au Viêt-Nam, au nom du Parti (« Je reviens du Viêt-Nam libre »), lui valurent des années d’illégalité, qui valent bien les médailles d’autres.

Il fut député des Pyrénées-Orientales à la Libération. Comme élu, il sera surtout de 1965 à 1996 le maire communiste de Malakoff dont l’œuvre et la personnalité sont appréciées aujourd’hui encore de façon impressionnante par ses concitoyens. Il n’y avait qu’à le voir dans la Fête de la ville en juin 2011.

Grand dirigeant du Parti, Léo a été aussi un important théoricien.

Il a été directeur des Cahiers du communisme, auteur de très nombreux articles. Il a écrit de nombreux ouvrages dont « Le trotskysme, cet anti-léninisme » dont il nous avait suggéré qu’il avait une version actualisée « sous le coude ». 

Dès les années 80, il met en garde la haute direction du Parti contre les choix opportunistes qui n’allaient cesser de s’accuser. Ses archives personnelles remises, comme celles du Parti, aux archives départementales de Seine-Saint-Denis, en témoignent, comme documents de l’histoire présente.

Contre toutes les attaques de l’anticommunisme déchaîné, du révisionnisme généralisé de gauche et de droite, après 1989/1991, Léo Figuères aura été de ces quelques dirigeants historiques du PCF qui n’ont rien laissé passer, qui ont poursuivi le combat pour la classe ouvrière, les masses laborieuses des nouvelles générations, pour le Parti dont elles ont besoin en France pour gagner leur émancipation : le PCF.

Elles lui sont déjà reconnaissantes. Elles le seront encore davantage demain.

110801_Figueres2.jpg

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16 juin 2011 4 16 /06 /juin /2011 17:53

Communistes, nous n’avons aucun hommage à rendre à l’homme politique Jorge Semprun !

 

Jorge Semprun est mort.

Ancien déporté résistant à Buchenwald-Langenstein, je ne puis être indifférent à la disparition d’un compagnon de souffrance.

Jorge Semprun était un écrivain. Je comprends que ceux qui ont apprécié son œuvre le regrettent.

Mais communiste, je ne conçois pas de rendre hommage à l’homme politique qui a trahi l’engagement de ses camarades. Comment Pierre Laurent peut-il saluer « ses combats pour l’émancipation humaine » et voir en lui un précurseur « que le PCF a sans doute trop tardé à entendre ».

A partir des années 60, Semprun aura utilisé sa qualité « d’ex », ex-résistant, ex-déporté, ex-communiste, pour prêter main forte à toutes les campagnes anticommunistes. D’abord habillés d’anti-stalinisme, ses prises de position, ses règlements de compte plutôt, ont vite révélé le nouvel engagement politique de l’individu : le parti de l’idéologie dominante, celui du capital et du patronat.

Dernièrement encore, il célébrait, une fois de plus, l’UE des multinationales dans un livre cosigné avec un certain Dominique de Villepin.

Il y a dix ans, Jean-Marie Messier le nommait au Conseil d’administration de Vivendi Universal…

Il n’aura eu de cesse de mettre en parallèle nazisme, stalinisme et communisme.

Ces déclarations, le statut de « conscience morale » que les gouvernants lui ont logiquement attribué, m’ont encore plus écœuré et révolté, comme nombre de mes camarades anciens déportés, à propos de la mémoire de la Déportation et du camp de Buchenwald.

Semprun, qui comme des milliers d’autres, devait sa survie à la résistance communiste dans le camp, aux sacrifices de l’Armée rouge, osait, entre autres, assimiler les camps nazis à des camps soviétiques. Cracher sur la RDA, célébrer l’Allemagne capitaliste restaurée, était devenu une obsession chez lui. Je l’ai vu, entendu, dénoncé.

On a le droit d’évoluer, de changer d’opinion politique. J’ai bien des camarades dans ce cas. Je respecte leur point de vue, je les contredis. Ils restent des amis.

Mais je n’ai aucun respect pour les renégats qui crachent dans la soupe et sont comblés d’honneurs pour cela par les pires ennemis des travailleurs.

 

Emile Torner, Buchenwald, 81.655

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8 mai 2011 7 08 /05 /mai /2011 19:12

8 mai 1945 – 8 mai 2011 

 

 

110508_berlin.jpgIl y a 66 ans, le 8 mai 1945, l’Allemagne hitlérienne capitulait sans conditions. Berlin tombait devant les troupes libératrices soviétiques. Les efforts conjugués des forces alliées et des résistances populaires nationales parvenaient, enfin, à écraser le fascisme.

L’impérialisme japonais devait tomber quelques mois plus tard.

 

La date du 8 mai 1945 doit être célébrée, c’est celle de la victoire des peuples contre l’oppression, des patriotes sur l’asservissement national, sur la forme la plus barbare de l’impérialisme.

Il est toujours aussi nécessaire de se souvenir des forfaits commis par les criminels de guerre en Europe, en Asie, en Afrique. 55 millions d’hommes, de femmes, d’enfants sont morts. Des villes, des régions entières ont été dévastées, anéanties.

Destructions, déportations, tortures, massacres, exterminations, volonté délibérée d’avilir d’être humain : jamais les forces hostiles au progrès de l’Humanité ne s’étaient livrées à un tel déchaînement de racisme, de violence et de cruauté.

                            

La responsabilité des fascistes européens, des militaristes japonais ne peut faire oublier celle des détenteurs du grand capital dont ils étaient les agents. L’agression nazie fut favorisée par la complaisance des principales puissances impérialistes. Hitler ranimait notamment leur obsession à rayer de la carte le premier Etat socialiste, l’URSS. Il était leur instrument pour briser le mouvement ouvrier et émancipateur en Europe.

 

La bourgeoisie française a sa part de responsabilité dans cette politique, elle qui choisit largement Munich et Vichy contre l’intérêt de la Nation, qui livra la France à Hitler, à son armée, à la Gestapo.

 

Le 8 mai est une date essentielle pour honorer et prolonger l’engagement de celles et ceux qui refusèrent de se soumettre, qui organisèrent et développèrent la résistance sous toutes ses formes, jetèrent les bases d’un monde meilleur, malheureusement jamais acquis.

 

Hommage doit être rendu au peuple soviétique qui supporta le poids principal de la guerre, 20 millions de morts, 30% de ses richesses détruites mais dont les victoires eurent des conséquences décisives. Les sacrifices du premier Etat socialiste, quelques qu’étaient les contradictions de sa réalité, contribuèrent de façon déterminante à la libération des peuples, à un mouvement sans précédent de conquêtes sociales, économiques, démocratiques, culturelles.

 

En France, des hommes et des femmes se dressèrent dès le début contre l’oppression et les complices de l’ennemi. Combattants de la résistance, dans les usines, dans les maquis, les villes et les villages, soldats avec ou sans l’uniforme des FTP, des FFI ou des FFL, ils ont montré que la France ne renonçait pas au combat. Ils portèrent des coups sévères à la machine de guerre et d’oppression nazie et jouèrent un rôle essentiel dans le relèvement du pays à la Libération.

 

Par dizaines de milliers, les communistes ont versé leur sang pour que la France vive. Ils tinrent une place centrale dans l’action capitale de la classe ouvrière pour la libération du pays. L’action, la réflexion collective du PCF, dans ses heures si dures, contribuèrent de façon déterminante au rassemblement dans la Résistance, à l’union du peuple de France, aux grandes conquêtes de la Libération.

 

L’appel de Jacques Duclos et de Maurice Thorez du 10 juillet 1940, analysant la politique de faillite nationale poursuivie par le capitalisme français devait inspirer le programme du Conseil national de la Résistance auquel nous devons encore tant d’acquis économiques et sociaux structurants. 

 

Nous ne pouvons qu’observer avec une grande inquiétude la situation présente de notre pays et du monde, 66 ans après la libération du joug fasciste.

Les conquêtes démocratiques de la Libération, du programme du CNR sont méthodiquement détruites par un capitalisme à jamais revanchard.

Le langage de la haine et du racisme est porté jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat. Le système capitaliste, confronté de nouveau à sa propre crise, n’hésite pas à recourir au fascisme pour esquiver la colère populaire, pour empêcher les travailleurs de se rassembler pour défendre leurs intérêts, les intérêts de tout le pays, pour le combattre.

 

La guerre reste pour les impérialistes, comme la torture et l’assassinat, le moyen de la persistance de leur puissance partout dans le monde, comme ils le furent dès les lendemains de 1945 pour l’impérialisme français, en Algérie, à Madagascar, en Indochine.

 

La célébration du 66ème anniversaire du 8 mai 1945, dans chaque ville et village de France, n’en est que plus importante.

Nous appelons à faire des cérémonies officielles des manifestations politiques conséquentes pour montrer, notamment à la jeunesse de France, la valeur et la force des idéaux et de l’engagement qui conduisirent à la libération de notre pays.

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12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 11:41

Le 2 mars 2011, Monsieur PUJADAS a présenté au journal de 20 H. de la chaîne publique de France 2, un dossier spécial intitulé « Louis Renault a-t-il collaboré avec l’Allemagne nazie ? »

Ce dossier fut entièrement consacré à blanchir celui qui fut l’objet d’une confiscation de ses usines décidée par l’Assemblée Nationale le 15 novembre 1944 pour collaboration avec l’ennemi. L. Renault fut emprisonné et mourut en prison.


Le 16 janvier 1945, Charles de Gaulle, soutenu par toutes les forces politiques et patriotiques de l’époque, signait une ordonnance instituant la nationalisation des usines Renault.


Voici un extrait de l’exposé des motifs : 


" Alors que les livraisons fournies par la société Renault à l’armée française s’étaient montrées NOTOIREMENT insuffisantes pendant les années qui ont précédé la guerre, les prestations à l’armée allemande ont, durant l’occupation, été particulièrement importantes et ne se sont trouvées freinées que par les bombardements de l’aviation alliée des usines du Mans et de Billancourt."


La mairie de Boulogne sur ses panneaux publics consacrés à la mémoire des usines Renault rappelle d’ailleurs clairement ces faits historiques.


L’initiative de M.PUJADAS et de la direction de France 2 est un outrage à la mémoire de tous les patriotes morts pour la France, de tous les salariés de Renault arrêtés, torturés, fusillés pour fait de sabotage et de résistance à l’intérieur comme à l’extérieur des usines Renault de Billancourt et du Mans. 


Sollicités pour exiger un droit de réponse, les services de M. PUJADAS ont sèchement refusé.


Nous appelons tous les démocrates de notre pays, tous les élus de la nation, tous les témoins et les associations d’anciens combattants, déportés, ou de fusillés, les historiens, syndicalistes et gens de culture à signer cette pétition.

Pour exiger du gouvernement et du ministre de la culture et de l'information, Frederic Mitterand, un droit de réponse sur France 2 : Cliquer ICI


 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 19:46

Force et faiblesses du premier pouvoir ouvrier

 

Par Victor Joannès – Cahiers du communisme du 100ème anniversaire de la Commune de Paris – 1871 - 1971

 

D’après les analyses de Marx, Engels et Lénine (L’Etat et la révolution)

 


En novembre 1831, les canuts lyonnais, agissant pour la première fois comme force autonome, sans que la bourgeoisie les impulse ou les dirige, se rendent maîtres de leur ville. Mais dépourvus d’idéologie comme d’organisation, ils sont incapables d’exploiter leur succès, et cèdent sans combat.

 

En juin 1848, les ouvriers parisiens, à qui on veut voler leur victoire de février, prennent les armes. Par une lutte héroïque, ils occupent la moitié de Paris, les barrières, une partie de la banlieue. En progrès sur les Lyonnais, ils savent ce qu’ils veulent : «  La République démocratique et sociale », dit une de leurs affiches. Mais n’ayant le soutien d’aucune fraction politique et manquant de l’indispensable organisation de base, ils seront écrasés après quatre jours de combats.

 

Tout change avec la Commune. Car elle met « pendant deux mois pour la première fois aux mains du prolétariat le pouvoir politique ». Et c’est là, sans conteste, le fait historique fondamental de l’expérience avortée mais glorieuse de la Commune de Paris, son premier et, à beaucoup d’égards, décisif apport au mouvement ouvrier. 

 

Lénine étudiant les problèmes qui se posaient pour la France, aux lendemains de la guerre contre l’Allemagne, écrit : « dans une période normale de l’histoire, une république démocratique bourgeoise aurait facilement résolu les problèmes énumérés plus haut. Mais quand la bourgeoisie s’y refuse, c’est le prolétariat qui résout ces mêmes problèmes violemment, par une révolution, et la Commune en était une ».

 

Relève si évidente, et qui parut si normale, qu’elle reçut l’accord actif, ou tacite, d’autres couches sociales : « la classe ouvrière fut reconnue ouvertement comme la seule capable d’initiative sociale. Elle fut reconnue comme telle même par l’exemple de la classe moyenne parisienne : les boutiquiers, les artisans, les commerçants, à l’exception des grands capitalistes. »

 

Mais dans le contexte d’une société bourgeoise, capitaliste, la classe ouvrière ne peut dominer politiquement, exercer le pouvoir sans avoir briser les chaînes qui l’attachent au capital, sans réaliser ce que Marx et Engels ont appelé la dictature du prolétariat. C’est précisément devant cette tâche que se trouve placée, dès le premier jour de son existence la Commune de Paris.

 

Un Etat de type nouveau.

 

Bien qu’elle n’est pu remplir cette tâche jusqu’au bout, la Commune entreprit la création d’institutions nouvelles, la création de l’instrument nécessaire pour combattre les forces de la réaction et s’opposer à la restauration de leur pouvoir. Elle créa un Etat de type nouveau, un Etat de classe, agissant au nom de la classe ouvrière et du peuple, pour la classe ouvrière et pour le peuple.

 

Quels étaient les traits principaux de cet Etat ? D’une part, il reposait sur l’arment du peuple substitué à l’armée de caste au service de la bourgeoisie. D’autre part, il remplaçait la haute bureaucratie policière et administrative de l’Etat bourgeois par un appareil démocratique, formé de fonctionnaires issus du peuple et rémunérés selon les mêmes normes que les autres travailleurs. Il instaurait une justice du peuple, faisant des magistrats et des juges des fonctionnaires responsables et révocables par lui. Il supprimait le parlementarisme formel de l’Etat bourgeois et le remplaçait par « des institutions où la liberté d’opinion et de discussion ne dégénère pas en duperie, car les parlementaires doivent travailler eux-mêmes, eux-mêmes appliquer leurs lois, eux-mêmes en vérifier les effets, eux-mêmes en répondre devant les électeurs ». La Commune, comme dit Marx, « devait être un corps agissant, exécutif et législatif à la fois », un gouvernement « de serviteurs responsables de la société », par opposition à l’autorité de type ancien revendiquant une prééminence au dessus de la société elle-même.

 

Bien entendu, la forme politique originale de la Commune parisienne devait être étendue à toutes les villes et villages de France. L’ensemble des communes ainsi constitué aurait élu la délégation nationale siégeant à Paris, chaque délégué au pouvoir central étant également lié à ses électeurs par un mandat impératif et révocable par eux. « L’unité de la Nation ne devait pas être brisé, mais au contraire organisée par la constitution communale ; elle devait devenir une réalité par la destruction du pouvoir d’Etat qui prétendait être l’incarnation de cette unité, mais voulait être indépendant de la Nation même, et supérieur à elle, alors qu’il n’en était qu’une excroissance parasitaire. »

 

Un Etat de ce type n’était plus, ne pouvait plus être l’instrument de domination d’une minorité d’exploiteurs sur l’ensemble de la société. La Commune en remplaçant un ensemble d’institutions par d’autres foncièrement différentes, n’établissait pas simplement une démocratie plus complète, elle innovait, accomplissait par là même une œuvre gigantesque. Comme le souligne Lénine dans « l’Etat et la révolution » : « c’est là justement un cas de « transformation de la quantité en qualité » : réalisée de cette façon, aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne ; d’Etat (= pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un Etat ».

 

Ce caractère démocratique nouveau, supérieur, de la Commune s’est aussi exprimé dans la façon dont s’exerça le pouvoir. En effet, dans la mesure où la guerre civile lui en laissa le loisir, la Commune essaya de faire participer les grandes mesures populaires à l’administration et d’établir une liaison constante avec elles. Elle favorisa une vie politique intense dans les sections de l’Association internationale des travailleurs, dans les clubs, dans les réunions publiques, dans la presse largement ouverte à la critique de ses actes. Elle fit appel à l’initiative d’en bas, par exemple quand elle demanda aux commerçants et aux comptables d’élaborer eux-mêmes une solution pour le problème des échéances d’effets.

 

La part décisive de la classe ouvrière.

 

Pouvoir ouvrier par le caractère des institutions politiques qu’elle mit en place, la Commune le fut aussi par les forces qui la soutinrent, s’efforcèrent de soutenir ses réalisations et combattirent pour elle jusqu’au dernier moment, par l’indiscutable participation numérique des forces prolétariennes à toutes les actions qu’elle put entreprendre. Ainsi, le comité central qui déjoua la provocation versaillaise du 18 mars et libéra Paris, était de composition spécifiquement ouvrière. Jules Vallès le constate dès le 19 mars, et s’en étonne d’ailleurs : « je n’en connais aucun… aujourd’hui une demi-douzaine de garçons à gros souliers avec un képi à filet de laine, sans une épaulette, ni une dragonne, sont, sous ce plafond à cartouches fleuries, le gouvernement. Cette présence des « garçons à gros souliers » et qui vont gérer les affaires en attendant de les transmettre au conseil de la Commune atteste, concrètement, de la maturité des forces ouvrières.

 

En atteste également le fait que les élections de la Commune du 26 mars, faites au suffrage universel et direct, firent entrer dans ce conseil 25 ouvriers sur un total de 80 membres. Cette proportion, jusqu’alors jamais atteinte, déjà remarquable en elle-même, l’est davantage encore si l’on constate qu’il s’agit d’hommes éprouvés ayant joué un rôle actif dans les groupements ouvriers, et notamment dans les Chambres syndicales et dans la section française de l’Internationale.

 

Sans doute, dans le Conseil de la Commune, la majorité n’était pas ouvrière, et cela se verra par la suite de façon très regrettable. Mais ce sont les ouvriers qui dans ce conseil seront les plus efficaces, les plus réalistes, les plus désintéressés. Ce sont des ouvriers : Camélinat, Theisz, Combatz (pour ne citer que les plus connus) qui remirent sur pieds les services municipaux désorganisés par le sabotage systématique de Versailles et les firent fonctionner. C’est l’ouvrier bijoutier Leo Fränkel qui, délégué au Travail et à l’Echange, mit sur pieds le programme social de la Commune, et qui, en dépit de la brièveté du temps imparti commença à le réaliser. C’est l’ouvrier relieur Eugène Varlin qui, à la Commission des finances d’abord puis à partir du 21 avril à la Commission des substances, assuma pour une large part l’organisation matérielle de la ville et de l’armée.

 

Et c’est dans la classe ouvrière que se recrutèrent presqu’exclusivement les forces de la Commune. En  témoignent tragiquement les pertes subies aussi bien au cours des engagements avec les Versaillais et lors de la Semaine sanglante qu’avec la répression qui suivit la défaite. « On évalue à 100.000 le nombre des ouvriers qui, tués, prisonniers, ou en fuite, manquent à Paris en 1871. Cela représente le quart de la population ouvrière masculine. L’analyse de la composition socio-professionnelle des Parisiens arrêtés nous conduit aux mêmes conclusions. Sur un total de 34.722 personnes incarcérées, 5.873 seulement appartinnent à des catégories non ouvrières : petits commerçants, employés (et encore que de petits employés très proches très ouvriers !), professions libérales, rentiers, négociants ».

 

C’est cette prédominance ouvrière dans la masse des insurgés, c’est cette aptitudes des militants ouvriers à prendre en main les affaires de l’Etat et à les analiyser avec lucidité, à s’efforcer de la résoudre correctement, malgré beaucoup d’hésitations et de fauisses manœuvres, sur lesquelles nous reviendrons, qui donne à la Commune son sens de mutation historique, encore précoce et peu durable, mais pourtant décisif. On comprend que Marx analysant ce fait absolument nouveau ait pu y voir « un gouvernement de la classe ouvrière, le résultat de la lutte des producteurs contre la classe des appropriateurs, la forme politique enfin trouvée qui permettait de réaliser l’émancipation économique du travail ». Et on comprend aussi qu’Engels ait pu écrire que la Commune ait été le tombeau du vieux socialisme spécifiquement français, en même temps que le berceau du communisme international nouveau pour la France. » « A contrario, on comprend aussi que toute l’historiographie bourgeoise s’efforce encore aujourd’hui de masquer cette nouveauté, cette modernité de la Commune.

 

Des mesures sociales et démocratiques.

 

Certes, il est vrai qu’en raison du manque de temps et de l’obligation où elle s’est trouvée de se consacrer, presqu’exclusivement à sa défense, la Commune n’a pu qu’amorcer son œuvre dans le domaine économique et sociale. Mais ses décisions en cette matière soulignent, elles-aussi, son caractère prolétarien et démocratique. Leur simple énoncé suffit pour réfuter les affirmations grossières de l’historien américain Manson pour qui la Commune ne fut qu’un épisode dont « les origines sociales étaient vagues et les intentions sociales douteuses », ou celles de M. Laronce pour qui la Commune n’a été qu’un « parlement bourgeois à tendance radicale » ou encore celle de M. Rougerie qui soutient contre toute vérité que dans les documents de la Commune « il n’est nulle part question de supprimer le capitalisme » et cela quand Jules Vallès appelait dans le « Cri du peuple » à en finir pour toujours avec le salariat. Sans législation spéciale et compliquée, simplement par des actes, la Commune s’est attaquée au droit de propriété traditionnelle. Elle a décrété la remise aux associations ouvrières des entreprises immobilisées ou abandonnées par leurs propriétaires ; elle a aboli le système des amendes sur les salaires ; elle a supprimé les bureaux de placement qui étaient de véritables officines policières et confié aux bourses du travail le soin de procurer des emplois ; elle a supprimé le travail de nuit dans les boulangerie ; elle a fait remise aux locataires de leur terme du temps de guerre, tout en procédant par ailleurs à la réquisition pour le logement des sinistrés et des réfugiés.

 

Sur le plan religieux, la Commune a été très nette : liberté de conscience, pas de persécution religieuse. La religion est affaire privée et personnelle, d’où séparation de l’Etat et de l’Eglise.

 

Partant de cette donnée générale, la Commune a posé les principes d’un véritable enseignement laïque, gratuit et obligatoire, nullement vexatoire. Cet enseignement devait être débarrassé des entraves imposées par les gouvernements au service de la classe exploiteuse. « La totalité des établissements d’instruction furent ouverts au peuple gratuitement et, en même temps, débarrassés de toute ingérence de l’Eglise et de l’Etat. Ainsi, non seulement l’instruction était rendue accessible à tous, mais la science était libérée des fers dont les préjugés du pouvoir et de la classe gouvernementale l’avaient chargée ».

 

Le nom glorieux du délégué à l’enseignement, Edouard Vaillant, homme d’une rare culture, qui fut secondé dans sa tâche, par Elie Reclus, l’un des plus grands géographes de son temps, les noms du grand peintre Gustave Courbet, du journaliste et écrivain Jules Vallès suffisent à rappeler tout ce que la Commune a fait pour l’instruction publique, les sciences et les arts.

 

Ainsi donc la Commune a bien abordé concrètement les problèmes de la démocratie économique et sociale qui sont la base d’une véritable démocratie. Ajoutons que la Commune ne s’est nullement désintéressée du sort des couches moyennes. Elle a pris d’importantes mesures sociales en leur faveur. Par exemple, outre le moratoire des loyers, elle a décrété la remise du paiement des échéances, ce qui signifiait la suspension définitive des traites dont les échéances menaçaient les boutiquiers de faillite. Et ce ne fut certainement l’un des moindres mérites de la Commune aux yeux de la petite bourgeoisie artisanale et boutiquière qu’elle fut un modèle d’ordre public.

 

Comme le faisait remarquer un membre de la Commune, « on n’entendait plus parler d’assassinat, de vol, ni d’agression, à croire vraiment que la police avait entraîné à Versailles toute sa clientèle ».

 

Quant aux paysans, la Commune leur offrait de faire payer les frais de la guerre par ceux qui en étaient responsables ; un gouvernement à bon marché ; l’affranchissement de la tyrannie des représentants de l’Etat bourgeois, préfets, gendarmes, ainsi que des notaires, huissiers, avoués dont les charges seraient devenues celles de fonctionnaires responsables et révocables et comme à tous l’instruction gratuite de leurs enfants.

 

Malheureusement, on le sait, la Commune n’eut ni les moyens suffisants, ni surtout le temps, d’établir des liens étroits avec les larges masses paysannes, ce qui la priva du soutien actif de ces dernières.

 

Mais il reste que l’expérience de la Commune, ses efforts pour réaliser l’alliance avec les couches moyennes des villes, son brillant exemple d’union du travail et des hommes de culture, ses tentatives – même insuffisantes – de contact avec la paysans ont fourni des enseignement précieux sur l’alliance nécessaire de la classe ouvrière avec toutes les autres classes et couches de la nation exploitées par le Capital.

 

Il faut encore insister sur un autre aspect qui a donné à la Commune son caractère de gouvernement ouvrier et, par là national : son internationalisme, et qui fait l’objet de l’étude de Raoul Callas.

Contre le gouvernement de la bourgeoisie responsable de la capitulation et qui pactisait avec l’envahisseur pour écraser Paris, la Commune ouvrit les rangs des combattants de la cause nationale à des ouvriers et des patriotes étrangers qui avaient compris que la victoire de la Commune serait aussi leur victoire, la victoire de la démocratie véritable et de la liberté réelle.

 

Depuis la Commune, la grande bourgeoisie est devenue un élément permanent de trahison de la nation, parce que ses intérêts de classe sont en contradiction avec l’intérêt national. Par contre, la classe ouvrière et son avant-garde communiste sont devenues toujours plus le facteur déterminant de l’unité nationale. Comme l’avait montré la Commune : patriotisme et socialisme vont de pair !

 

Les points faibles du premier Etat ouvrier.

 

Etudiant les causes profondes de l’échec de la Commune, Lénine met en évidence deux données essentielles.

 

La première est le faible développement des forces productives dans la France de 1871, le fait que tout en étant un des principaux Etats capitalistes de ce temps, la France restait encore un pays d’artisans, de boutiquiers et de paysans. La concentration de l’industrie et donc de la classe ouvrière n’avait pas atteint un degré suffisant.

 

La deuxième est l’impréparation politique du prolétariat. Il manquait à la classe ouvrière un parti dirigeant armé d’une théorie révolutionnaire sans laquelle il n’y a pas, il ne peut y avoir, de véritable mouvement révolutionnaire. « Il n’existait pas de parti ouvrier : la classe ouvrière n’avait ni préparation ni long entraînement et dans sa masse elle n’avait même pas une idée très claire de ses tâches et des moyens de les réaliser. Il n’y avait ni sérieuse organisation politique du prolétariat, ni syndicat ou association coopérative de masse ».

 

Ce sont ces circonstances qui sont à l’origine des faiblesses de la Commune et expliquent les fautes qu’elle a commises, fautes qui l’ont conduite à la défaite.

 

L’erreur fatale du prolétariat parisien fut la proclamation de la république le 4 septembre 1870, de conserver des illusions sur le sentiment national de la bourgeoisie. Il n’était pas encore clair pour la classe ouvrière que la bourgeoisie avait achevé son rôle national, que désormais la sauvegarde de ses intérêts égoïstes de classe la dressait contre la nation, faisait d’elle l’instrument de la trahison nationale.

 

C’est en raison de ces mêmes illusions que la Commune ne mit pas à profit, dès le 18 mars, les bonnes dispositions des troupes pour marcher sur Versailles, et faire prisonnier le gouvernement. Marx a souligné le caractère irrémédiable de cette faute : « S’ils succombent, les communards, leur caractère bon garçon en sera cause. Il eût fallu marcher aussitôt sur Versailles après que Vinoy d’abord, et ensuite les éléments réactionnaires de la Garde nationale eurent laissé le champ libre. Par scrupule de conscience, on laissa passer le moment favorable. On ne voulut pas commencer la guerre civile, comme si ce méchant avorton de Thiers ne l’avait pas déjà commencé, en tentant de désarmer Paris ».

 

De même, l’auteur de « La guerre civile en France » signale que dans la lutte qu’elle fut ensuite obligée de mener la Commune resta généralement fidèle aux mêmes errements. Elle ne combattit pas avec la méthode et l’acharnement convenables la nuée de policiers, de provocateurs et d’espions que Thiers entretenait dans la capitale, faisant le plus souvent preuve, à l’égard de ceux qu’elle arrêtait, d’une magnanimité excessive.

Disposant du pouvoir, appuyé par Bismarck, Thiers put ainsi écraser la Commune qui avait été proclamée à Lyon Marseille, Narbonne et dans quelques autres grands centres industriels et isoler Paris de la province. Dans Paris même, avec les difficultés et la sauvagerie de la guerre menée par les Versaillais, la classe ouvrière se trouve également peu à peu isolée de la petite bourgeoisie qui l’avait soutenue au début de l’insurrection. L’alliance étroite, indispensable de la classe ouvrière avec les larges masses paysannes et les couches moyennes des villes que la la Commune avait tenté ne put s’effectuer.

Une autre faute mise en évidence par Marx consiste dans le respect excessif de la démocratie formelle, héritage comme tant d’autres choses des conceptions petites bourgeoises. La Commune ne tint pas suffisamment compte des conditions difficiles qui suivirent la révolution du 18 mars. « Deuxième faute, écrit Marx, le Comité central se démit trop tôt de ses fonctions pour faire place à la Commune. Encore par un trop grand scrupule d’honneur » !

 

Les mêmes scrupules se retrouvent dans certains aspects de la politique sociale de la Commune. Elle n’osa pas s’attaquer hardiment à la propriété capitaliste. On sait, par exemple, qu’elle s’abstint d’occuper la Banque de France et laissa à peu près intact le trésor national qui aurait pourtant constitué pour elle un énorme trésor de guerre. Engels observe à ce propos : « La banque aux mains de la Commune, cela valait mieux que 10.000 otages. Cela signifiait toute la bourgeoisie française faisant pression sur le gouvernement de Versailles pour conclure la paix avec la Commune ».

 

La Commune perdit aussi beaucoup de temps à des bagatelles, à des querelles personnelles, à des gestes inutiles et même maladroits comme la destruction de la colonne Vendôme ou de la maison de Thiers, place Saint-Georges.

 

Toutes ces indécisions, toutes ces erreurs de la Commune étaient la conséquence des conceptions confuses d’origine proudhonienne et blanquiste qui prédominaient dans le Conseil général, en même temps que du maque d’expérience. « Il va sans dire que la responsabilité des décrets économiques de la Commune, de leurs côtés glorieux ou peu glorieux, incombe en première ligne aux proudhoniens, comme incombe aux blanquistes celle de ses actes et de ses carences politiques ».

 

En outre, sinon chez les principaux dirigeants ouvriers, du moins dans les milieux ouvriers, les vues manquaient souvent de précision. Frankel dira bien le 23 avril 1871 : « nous sommes ici non pour défendre des questions de municipalité, mais pour faire des réformes sociales… Je n’ai accepté d’autre mandat que celui de défendre le prolétariat ». Il précisera le 12 mai : « Nous ne devons pas oublier que la révolution du 18 mars a été faite exclusivement par la classe ouvrière. Si nous ne faisons rien pour cette classe, nous qui avons pris pour principe l’égalité sociale, je ne vois pas la raison d’être de la Commune ».

 

Mais s’il définit aussi immédiatement et aussi clairement le but essentiel, c’est qu’il est marxiste ; et il est, sans doute, le seul.

Lénine a remarquablement résumé ce que furent les faiblesses de la Commune et leurs conséquences : « Deux fautes anéantirent les fruits d’une brillante victoire. Le prolétariat s’arrêta à mi-chemin : au lieu de procéder à « l’expropriation des expropriateurs », il se laissa entraîner par des rêves sur l’établissement d’une justice suprême dans le pays, uni par une tâche nationale commune ; des institutions comme les banques ne furent point saisies, la théorie proudhonienne du « juste échange », etc. régnait encore parmi les socialistes. La deuxième faute fut la trop grande magnanimité du prolétariat ; au lieu d’exterminer ses ennemis, il chercha à exercer une influence morale sur eux, il négligea l’importance des actions purement militaires dans la guerre civile et au lieu de couronner sa victoire à Paris par une offensive résolue sur Versailles, il donna à Versailles le temps de rassembler les forces ténébreuses et de se préparer à la Semaine sanglante de mai.

 

Malgré ses fautes et sa défaite, la Commune de Paris a constitué pour le mouvement ouvrier français et international la plus riche et la plus exaltante expérience jusqu’à la révolution victorieuse d’Octobre 1917.

 

Les réalisations concrètes de la Commune ont montré comment, selon l’expression de Lénine, « le prolétariat sait accomplir les tâches démocratiques que la bourgeoisie ne sait qu’énoncer ». Et ce sont les combats héroïques des communards qui ont rendu impossible en France la restauration de la monarchie et imposé la République, « c'est-à-dire cette forme d’organisation de l’Etat dans laquelle les rapports de classes se manifestent de la façon la moins dissimulée ».

Les leçons de la Commune, les Bolchéviks, sous la direction de Lénine, ont su les premiers les mettre à profit pour conduire à la victoire de la Révolution socialiste, à la création du premier Etat socialiste dans l’histoire.

Et cette intégration de la substance même de la Commune de 1871 dans le contenu de la grande Révolution d’octobre 1917 constitue en quelque sorte l’apport le plus décisif au mouvement ouvrier mondial.

Les communistes français, tous les partisans du socialisme dans notre pays ne sauraient perdre de vue les enseignements de cette première mais si riche expérience de pouvoir ouvrier qui se développa sur notre sol, dans notre capitale.

 

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18 mars 2011 5 18 /03 /mars /2011 19:44


« Le philistin social-démocrate a été récemment saisi d'une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l'air ? Regardez la Commune de Paris. C'était la dictature du prolétariat. »
 
Londres, pour le 20ème anniversaire de la Commune, 18 mars 1891.
Friedrich Engels.
 
images.jpg Aujourd'hui le 18 mars 2011, 140 ans après, nous devons voir dans la Commune de Paris une première expérience, à célébrer parce qu’elle est toujours riche d’enseignements, de prise du pouvoir par les travailleurs.
 
L’occultation de cet épisode majeur des programmes d'histoire de première et de terminale n'est pas anodine. La Commune fait toujours peur aux tenants du pouvoir d’aujourd’hui comme aux possédants de 1871.
 
La Commune est toujours féconde à l’heure où, par millions, nous refusons la vie de misère, l’exploitation effrénée pour le compte du profit capitaliste. La jeunesse doit surtout ignorer ces combats héroïques et leur sens.
 
Car rien ne fait plus peur aux capitalistes qu'une jeunesse décidée à changer radicalement la société, à se saisir de leur pouvoir.
Le capitalisme d'il y a 140 ans et celui que nous connaissons aujourd'hui ont de commun de n’être ni amendables, ni réformables.
 
La Commune doit nous rappeler aujourd'hui que la lutte pour de nouveaux droits est indissociable d’une perspective révolutionnaire. Le crétinisme électoraliste, dans lesquels le système veut nous enfermer n’amènera rien.
La libération de notre société viendra des travailleurs. Nous avons besoin d’une stratégie et d’un parti révolutionnaire pour faire reculer et mettre en échec le capital et l’Etat qu’il a façonné à son service.
 
La mémoire de la Commune de Paris n’appartient pas aux réformistes « de gauche » qui gèrent loyalement les affaires du capital aujourd’hui. Elle n’appartient pas aux rejetons aventureux de la bourgeoisie en quête d’émotions « révolutionnaires ».
 
Elle appartient aux travailleurs, aux jeunes, aux travailleurs en formation, pour lesquels elle constitue plus que jamais un exemple à méditer pour leur combat émancipateur, pour leurs luttes quotidiennes, nos luttes.
 
Pour alimenter notre action quotidienne, nous vous proposons des morceaux choisis d'analyse de Marx, Engels et Lénine sur la Commune de Paris.
cliquer sur le lien :
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14 mars 2011 1 14 /03 /mars /2011 21:51

Décès d’Albert CLAVIER

 

Albert CLAVIER est décédé. Notre tristesse est immense.

 

Ses obsèques ont au lieu ce 14 mars 2011.

Dominique Negri, secrétaire de la section du PCF de Saint-Martin d’Hères, dont il était adhérent, membre du Conseil national du PCF, a apporté notre salut fratenel et notre peine partagée, celles des communistes sincères et fidèles à leurs idéaux, qui mènent le combat révolutionnaire dans le Parti communiste français, à sa fille et à toute sa famille, notre témoignage de reconnaissance à toute son action politique communiste.

Les qualités humaines d’Albert étaient immenses. Tous ceux qui l’ont approché pourraient en témoigner.

 

Sa conviction de communiste ne s’est jamais démentie à travers le siècle entre la campagne iséroise, l’Indochine, dans les rangs du Vietnam libre, puis de retour en Europe, en Hongrie et en France.

 

Sa trajectoire l’a amené, dans les circonstances de la guerre d’Indochine, à rejoindre, par un choix raisonné, le Vietminh et à jouer un rôle dans la guerre de libération nationale, tout en restant fidèle à son propre pays.

Cette histoire en a fait un acteur et un témoin privilégié des premières années de la construction du socialisme au Vietnam, un intermédiaire entre les communistes français et vietnamiens.

Dans les aléas de la guerre, Albert avait même appris la langue vietnamienne.

 

Albert Clavier

 

Il n’a jamais délaissé ses convictions, habité d’un sentiment de classe permanent.

De retour en France, après bien des péripéties encore, il a défendu, dans les rangs du PCF, auquel il avait adhéré là-bas, adhésion reconnue par le Comité central, une position fondamentalement communiste, l’amenant à condamner, sans équivoque, les entreprises de dilution et de liquidation récentes de notre parti.

 

Au 33ème congrès du PCF, en 2006, il avait accepté de joindre son nom à la liste alternative pour le Conseil national, au grand dam des relais départementaux et nationaux de la stratégie de la liquidation du Parti. 

 

Mais ce que nous retenons de lui avant tout aujourd’hui c’est sa sagesse et son intelligence qui, jamais, ne l’ont retenu dans son engagement et son courage.

 

Fraternité éternelle !

 

Voir la note de lecture sur sa biographie : A lire : « De l’Indochine coloniale au Vietnam libre » par Albert Clavier

 

 

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 13:06

Le PCF après le massacre de Charonne le 8 février 1962

 

110209_charonne_obseques.jpg49 ans après le massacre de Charonne, nous reproduisons ci-dessous l’éditorial des Cahiers du communisme de février 1962, numéro intitulé « gaullisme et fascisme ».

Les analyses du Parti éclairent les collusions et intérêts communs entre pouvoir gaulliste au service du capital et fascistes de l’OAS qui expliquent la violence de la répression policière contre les manifestants antifascistes et anticolonialistes.

(Il n’est alors question que de 8 morts, la dernière victime, communiste également, devant décéder à l’hôpital peu après).  

 

 

 

Devant le péril fasciste

 

Au moment où nous écrivons ces lignes, le peuple de Paris, au cours d’obsèques solennelles et grandioses, accompagne à leur dernière demeure les huit martyrs antifascistes tombés sous les coups de la police gaulliste le 8 février dernier.

L’assassinat de ces travailleurs, dont sept d’entre eux étaient communistes, a soulevé dans tout le pays et à l’étranger une émotion profonde et une réprobation unanime.

C’est pour protester et s’élever contre le danger grandissant du fascisme, contre la poursuites des plasticages criminels des hommes de l’OAS, pratiquement jamais inquiétés ou restant impunis, que la classe ouvrière et le peuple se sont dressés en de puissantes manifestations antifascistes. Mais c’est contre elles que le pouvoir gaulliste a dépêché ses forces policières et répandu le sang.

La diversion anticommuniste du gouvernement pour tenter de justifier sa sauvagerie policière, éclaire une peu plus sa nature profondément réactionnaire, éclaire sa collusion de fait avec l’OAS. Elle montre d’une façon tragique que le pouvoir gaulliste, pouvoir des monopoles s’attaque en fin de compte à tous ceux : communistes, socialistes, catholiques, démocrates et républicains qui entendent faire barrage à l’OAS et n’acceptent pas de vivre sous le joug d’une dictature personnelle synonyme d’oppression, de misère et de guerre.

Contre la montée du péril fasciste, l’idée que le peuple doit compter désormais sur ses propres forces unies pour lui barrer la route a fait d’importants progrès.

L’union réalisée, notamment au soir du 8 février, le démontre. Cette union s’est d’ailleurs puissamment renforcée lors de l’appel à la grève générale le jour des obsèques lancé par toutes les organisations syndicales parisiennes, auxquelles se sont associés notre Parti, le PSU, le Mouvement de la jeunesse communiste, le Mouvement de la paix.

Même les décisions de grève et de manifestation de la CFTC, FO et de la FEN, du Parti socialiste SFIO, lancées pour le lundi 12 février, bien qu’elles contiennent une part d’arrière-pensée et de manœuvre sont avant tout l’expression du puissant mouvement de masse contre le fascisme qui se développe actuellement.

Une telle prise de conscience du danger OAS et un tel développement de l’action unie pour lui faire échec, sont avant tout le résultat de la juste politique et de l’action courageuse menées par notre parti.

Dénonçant, d’une part, sans relâche la nature du pouvoir personnel ouvrant la voie au fascisme, travaillant, d’autre part, sans relâche à l’union de toutes les forces ouvrières et démocratiques, notre parti s’est révélé, une fois encore, la force principale dans la lutte antifasciste, le parti qui montre, non seulement, au peuple la voie de l’intérêt national, mais organise son combat pour reconquérir les libertés et la démocratie.

 

Le grand problème du moment réside donc dans l’organisation rapide et puissante de toutes les forces ouvrières et démocratiques afin de dresser un barrage infranchissable aux fascistes de l’OAS et de les écraser.

Mais la lutte antifasciste ne saurait se mener efficacement et aboutir victorieusement sans avoir la claire conscience que le danger OAS ne se limite pas uniquement à l’éventualité d’un coup de force.

En effet, l’attitude complice du pouvoir à l’égard de l’OAS, la persistance des dirigeants socialistes de droite à refuser l’unité ouvrière, à prôner l’anticommunisme, à afficher certaines thèses rejoignant celles de l’OAS, montrent parfaitement que certains milieux n’ont pas abandonné l’idée d’un compromis avec les factieux. S’il est vrai que l’OAS ne repose sur aucune force populaire, qu’elle n’a aucune audience dans le peuple de notre pays, par contre, elle tire sa force et son arrogance de la mansuétude du pouvoir gangréné par ses hommes, elle tire aussi sa force de la politique de division et de capitulation des dirigeants socialistes de droite et de certains hommes politiques qui se réclament de la démocratie.

La vigilance et la nécessité de tout mettre en œuvre pour répondre à un éventuel coup de force fasciste ne sauraient donc nous faire oublier que les méthodes du néo-fascisme revêtent d’autres formes, celles par exemple de l’utilisation du compromis politique, et cela notamment sous prétexte d’éviter la guerre civile.

C’est pourquoi, il est nécessaire d’analyser et de dénoncer systématiquement l’attitude comlplice du pouvoir gaulliste en même temps que la politique de division des dirigeants socialistes de droite.

Il est bien évident que si des contradictions réelles, mais secondaires opposent le pouvoir aux hommes de Salan, il n’en reste pas moins que ce pouvoir du capital monopoliste et de la haute banque conserve pour adversaire principal : les masses populaires qu’il tente de courber toujours plus sous son joug.

Cette contradiction fondamentale entre la classe exploiteuse au pouvoir et les masses laborieuses, que notre parti a toujours éclairée ne saurait en aucun moment s’estomper. C’est elle, au contraire, qui explique que pour continuer à mener une politique antipopulaire et antinationale le pouvoir gaulliste se trouve tout naturellement entraîné à pactiser avec les factieux, à les utiliser, et, par conséquent, à composer avec eux.

Dans le conflit algérien, la recherche d’une solution la moins défavorable possible à l’impérialisme français se trouve ainsi aidée par la pression politique que représente l’agitation factieuse.

De plus, le pouvoir ne peut se priver de l’instrument de répression et d’oppression que représentent pour lui les forces du fascisme dans la lutte contre l’action grandissante des forces démocratiques et nationales.

Toutes ces constatations d’aujourd’hui confirment combien notre parti avait apprécié justement – et dès son avènement – la nature du pouvoir gaulliste qui porte en lui la menace du fascisme déclaré.

Les tentatives de compromis de certains milieux de gauche avec la bourgeoisie s’illustrent par des prises de position identiques, notamment à propos de l’Algérie.

Guy Mollet s’acharne toujours à réclamer sur le problème algérien des « garanties pour la minorité européenne » qui s’apparentent plus à des garanties de caractère colonial qu’à des garanties légitimes. En fait cette position rejoint les exigences colonialistes de de Gaulle et remet sans cesse en cause l’idée de l’application sans restriction du droit des Algériens à l’autodétermination et à l’indépendance.

Il en va de même des positions énoncées par Maurice Faure, président du Parti radical, sur cette question. Elles rejoignent aussi les déclarations politiques d’hommes comme Jules Romains, André Morice, Lacoste et Lejeune qui, sous couvert d’un prétendu « comité de la gauche », parlent à propos des négociations franco-algériennes du « dédain manifesté au peuple français d’Algérie ».

Mais aujourd’hui, étant donné les reculs des forces colonialistes et le développement continu de l’action populaire, rien ne doit s’opposer à la conclusion d’un accord aboutissant à la paix en Algérie.

L’accord politique entre certaines formations de gauche et la grande bourgeoisie au pouvoir ne se limite pas seulement à ce problème. Que ce soit sur la constitution antidémocratique imposée par de Gaulle, le Pacte Atlantique ou le Marché commun, de nombreux autres points d’accord unissent ces formations au pouvoir.

Ainsi, comme le déclarait Paul Laurent dans son rapport devant le Comité central de Choisy-le-Roi : « certains chefs politiques de la bourgeoisie, y compris les socialistes de droite, inquiets des difficultés plus grandes des monopoles capitalistes à continuer leur politique antipopulaire et antinationale, se préoccupent d’en redorer le blason, encore une fois sous le couvert d’une pseudo « troisième force ». Sans porter atteinte le moins du monde au système du pouvoir personnel, ils proposent, dans un soi-disant but d’apaisement, de capituler devant certains exigences de l’OAS ».

 

 

Ainsi au cours de la grande bataille engagée par notre peuple contre le péril fasciste, il est absolument indispensable de battre en brèche la politique de capitulation et de compromission des dirigeants socialistes de droite.

Le danger OAS actuel, inséparable de la désastreuse politique pratiquée par le pouvoir depuis trois années, n’est-il pas issu de la politique de division, de la politique de collaboration de classe pratiquée précisément par les dirigeants socialistes qui, sous couvert d’anticommunisme et par crainte du peuple, aidèrent de Gaulle à se hisser au pouvoir ?

L’anticommunisme – et cela apparaît de plus en plus aux yeux des masses actuellement dressées et unies dans le combat antifasciste – recouvre toujours la poursuite de la politique d’entente avec la grande bourgeoisie.

La répression sanglante organisée le 8 février dernier par le pouvoir gaulliste à l’égard des forces populaires dressées contre le péril OAS a découvert le vrai visage de la politique tyrannique, de la politique de classe de ce régime. Elle a souligné en même temps la gravité du danger fasciste, la nécessité et les possibilités de l’unité des forces ouvrières et nationales pour y mettre un terme.   

Ella a montré dans sa tragédie tout le bien fondé de la politique nationale de notre Parti qui, avec confiance et persévérance, n’a cessé d’alerter et de travailler au rassemblement de toutes les énergies ouvrières et démocratiques afin d’en finir avec la guerre d’Algérie et son corollaire, le fascisme.

La bataille n’est pas terminée, c’est pourquoi les communistes redoubleront d’efforts pour continuer à créer et à renforcer des milliers et des milliers de comités antifascistes dans les entreprises et les quartiers. Ils poursuivront aux côtés de tous les combattants de la paix la lutte pour imposer la solution négociée du problème algérien. Ils continueront à propager avec audace et fierté la politique claire et unitaire de notre parti qui se révèle à travers les événements comme la seule juste et valable.

Ils renforceront dans cette période d’intense activité, l’organisation et les rangs de notre glorieux parti, le Parti des martyrs de la liberté.

 

13 février 1962

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19 janvier 2011 3 19 /01 /janvier /2011 20:13

Les services secrets allemands (RFA) reconnaissent avoir recruté le boucher SS Klaus Barbie comme expert de l’anticommunisme

 

110119_Barbie.jpgL’hebdomadaire allemand Spiegel vient de faire connaître (15 janvier 2011) des documents d’archive dans lesquels il apparaît que les services d’espionnage allemands (« les renseignements extérieurs fédéraux » de la RFA) ont recruté le criminel contre l’Humanité Klaus Barbie.

Précisément, il a été employé par la RFA en 1966 et 1967. Les services secrets de l’Allemagne de l’ouest l’ont embauché pour, selon les archives retrouvées, son « esprit fondamentalement allemand », ses « positions anticommunistes prononcées » et pour son expertise de la lutte anticommuniste acquise en particulier contre les communistes français pendant la guerre.

 

On le sait largement depuis le procès des années 80: Klaus Barbie, SS et responsable de la Gestapo, s’est distingué en France entre 1942 et 1944 dans la répression de la Résistance, l’usage de la torture, l’assassinat, la déportation des enfants, ce qui lui a valu le surnom de « boucher de Lyon ».

 

On avait appris alors comment les Etats-Unis et notamment la CIA avaient protégé Barbie dès 1946 et l’avaient utilisé dans leur combat contre le communisme. Barbie a été notamment un rouage important dans l’organisation de la dictature fasciste en Bolivie dans les années 60 et 70 et dans l’écrasement des guérillas progressistes où Che Guevara a été assassiné.

 

Aussi, c’est sans grande surprise que l’on accueille les nouvelles informations venues d’Allemagne, vraisemblablement rendues publiques devant les progrès des recherches des historiens de l’extermination nazie.

 

Ce nouvel élément constitue toutefois une nouvelle occasion de souligner combien l’Allemagne de l’ouest, c'est-à-dire l’Allemagne impérialiste d’aujourd’hui, celle qui a annexé l’ex-RDA, n’a jamais cherché à rompre en profondeur avec les autorités de l’Etat nazi.

 

Elle invite à relativiser la campagne orchestrée mondialement par la RFA depuis 20 ans à propos des archives de la Stasi est-allemande, dont les « révélations » n’ont guère amené d’éléments marquants.

 

La RFA s’est construite sur la base des intérêts de l’impérialisme allemand, soutenu en bonne intelligence par les USA. La RDA, elle, se réclamant du socialisme, s’est construite sur des bases antifascistes, en rupture totale avec le nazisme.

 

Qu’apprendrions-nous si, qu’apprendrons-nous quand toutes les archives de la RFA, de ses services secrets, étaient dévoilées ?

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 19:54

90ème anniversaire du PCF

 

Rester fidèles aux choix fondamentaux de Tours, assumer l’histoire du Parti. 

 

Il y a tout juste 90 ans, le 25 décembre 1920, s’ouvrait à Tours le Congrès qui allait voir l’adhésion du Parti socialiste à l’Internationale communiste donnant naissance au Parti communiste français. 

 

Intervention au banquet de fin d'année du PCF Paris 15

 

101222 Tours

 

 

Le 90ème anniversaire du Congrès de Tours donne lieu à de nombreuses initiatives dans le Parti et suscite aussi des commentaires, des publications, en quantité relativement importante, dans les media et les milieux « intellectuels ».

On pourrait s’en étonner. 90, ce n’est pas vraiment un chiffre rond. Le 75ème ou le 80ème anniversaire n’ont pas donné lieu à tant d’égards.

Je vois dans ce regain d’intérêt une recherche vis-à-vis du PCF et de ce qu’il continue à représenter, le signe aussi que le vent de l’histoire commence à tourner.  

 

Militants, nous venons de le vivre pendant la lutte des retraites.

Dans les entreprises, dans les quartiers, dans les manifestations – c’est une réalité expérimentée pendant ces semaines depuis la rentrée – l’attention a été beaucoup plus forte pour ce que nous disons. On est venu même nous solliciter pour aider à organiser des initiatives de lutte.

De la politique, les salariés en lutte éprouvent le besoin d’autre chose que les combines politiciennes pour les élections. L’attente d’un parti d’avant-garde, porteur de propositions de rupture, d’une perspective de rupture avec le capitalisme est plus forte que depuis bien longtemps. La crise permanente et le discrédit du capitalisme, comme système susceptible de répondre aux besoins, sont au plus haut. Pensons à ce qui se passe ces jours-ci en Irlande.

En France, cette organisation historique a existé. C’est le PCF, auquel les travailleurs doivent principalement les acquis sociaux et démocratiques que le pouvoir s’applique maintenant à détruire. Dans le monde, la seule expérience moderne de victoire sur le capitalisme est le résultat de l’action des communistes.

Cette histoire est présente dans les mémoires, au moins dans l’inconscient collectif du pays, même chez nos adversaires. 

Ce n’est pas qu’une anecdote, nos symboles, faucille et marteau sur des autocollants ou drapeaux rouges, ont véritablement été des points de ralliement pendant ce dernier mouvement.

 

Dans le même temps, nous sommes réalistes. L’avenir de notre parti reste incertain, même si une jeunesse, plus nombreuse, se tourne vers le communisme.

Il s’est structurellement et politiquement très affaibli, notamment depuis la fin des années 90. Le repère qu’il représente est devenu plus flou.

De « mutation », en « métamorphose », maintenant en « transformations », l’équipe dirigeante de notre parti a montré elle-même qu’elle doutait de la raison d’être du PCF. Suivant les exemples italiens ou espagnols, la ligne du Parti de la gauche européenne, elle est tentée de fondre notre parti dans un « ensemble de gauche », réformiste, à contre-courant des nécessités de notre époque, qui plus que jamais est celle du capitalisme et de la lutte des classes.

La section du PCF Paris 15ème a toujours refusé cette dérive. La période nous encourage à continuer.

Aujourd’hui, il ne s’agit pas de trinquer entre nous à l’anniversaire du parti (Nous le ferons, certes !).

Il ne s’agit surtout pas d’évoquer, la larme à l’œil, un passé qui serait révolu.

Il s’agit encore moins de célébrer dignement les obsèques du PCF pour mieux en faire le deuil en bon ordre comme le proposent notamment certains « ex »-communistes pour passer à autre chose.

Non ! Nous sommes toujours communistes ! Nous voulons, à cette occasion, souligner toute l’actualité des choix fondamentaux qui sont à l’origine de la transformation en 1920 de la SFIO social-démocrate en Parti communiste français, la nécessité de faire vivre et renforcer le PCF.

 

L’histoire du PCF est un enjeu de lutte en elle-même.

Comme le communisme, l’anticommunisme n’est pas mort. Le révisionnisme historique est toujours une de ses armes privilégiées.

 

Il se déploie toujours sous sa forme la plus virulente. La criminalisation du communisme est ainsi quasiment un fondement existentiel de l’Union européenne. À une immense majorité, il y a quelques mois, droite et « gauche » confondues, le Parlement européen faisait du 23 août la journée des victimes du fascisme, du nazisme et du communisme, assimilés.

Mais l’anticommunisme primaire ne marche plus si bien - l’échec patent des mises en scène du 20ème anniversaire de la chute du Mur de Berlin l’a montré – notamment dans les pays où les Partis communistes ont été puissants, ont eu un rôle reconnu par les masses.

 

Faute de pouvoir la criminaliser, l’idéologie dominante en France essaie récupérer, de « décommuniser » l’histoire du PCF et des communistes.

 

Cela vous a peut-être frappés le 22 octobre dernier, en pleine lutte pour les retraites. Les recteurs d’académie, les media n’ont pas relancé la lecture de la lettre de Guy Môquet prescrite par Sarkozy en 2007 ! Il faut dire que cela aurait coïncidé avec la superbe mobilisation de dizaines de milliers de lycéens, paraît-il immatures et manipulés, contre sa politique de casse des acquis de la Libération !

 

À « gauche », des intellectuels s’appliquent à décrire, même à célébrer, les parcours d’anciens militants communistes mais en les renvoyant vers des circonstances historiques, sociologiques dépassées. Ainsi, le PCF aurait été le moyen de leur émancipation individuelle, notamment pour les ouvriers, à un moment donné de l’histoire. Mais en fait, ils auraient été communistes comme ils seraient autre chose aujourd’hui que tout a changé, notamment qu’il n’y aurait plus d’ouvriers.

Des livres, des thèses pour montrer cela, il s’en compte des dizaines qui arrivent tous à la conclusion que la forme Parti communiste est dépassée, sinon la lutte des classes elle-même.

Et naturellement, en conséquence, le résultat du Congrès de Tours, l’existence du PCF n’aurait plus lieu d’être.

 

Alors un Congrès de Tours à l’envers ?

 

Une réunification du PCF et du PS n’est à l’ordre du jour pour presque personne, même si, dans les faits, la satellisation du PCF autour du PS n’a cessé de préciser.

Rappelons que le Congrès de Tours, ce n’est pas d’abord une scission, c’est le choix, de 3208 mandats de délégués, contre 1022 et 397 abstentions que le Parti socialiste adhère à l’internationale communiste et devienne le Parti communiste. Les minoritaires droitiers sont partis constituer un autre parti, reprenant le nom de l’ancienne SFIO. Aussi, un « Congrès de Tours à l’envers », ce ne serait pas directement la fusion avec le PS.

 

Le « Congrès de Tours à l’envers », ce serait le retour du PCF au réformisme, à la social-démocratie, le changement de nom, ou l’effacement de ce que signifie « PCF ».

Cette option a beaucoup de partisans au sein de l’équipe dirigeante du Parti. Nous le savons. Après la « Mutation », « Bouge l’Europe », la « gauche plurielle », les « collectifs antilibéraux », la « métamorphose », le « Front de gauche » et les « transformations du PCF » poursuivent l’entreprise de dilution du PCF, de ce qu’il représente, de ses fondements.

En juin 2008, Marie-George Buffet déclarait à Tours : « Nous sommes au 21ème siècle, le monde a changé, les modèles se sont écroulés. Aussi, dans cette belle ville de Tours, si nous ne retenions de son célèbre Congrès qu’une seule chose : le formidable espoir, cette énorme volonté politique de la part de nos camarades de construire une société meilleure. »

 

Et bien NON ! Du Congrès de Tours, de l’histoire souvent glorieuse du PCF qu’il a permis, nous devons, nous voulons retenir les acquis fondamentaux, toujours aussi essentiels face à la domination d’un capitalisme qui ne s’est pas « écroulé ». Aujourd’hui comme en 1920, nous approuvons le sens 21 conditions de l’adhésion à la IIIème internationale, prises dans leur ensemble, sinon leur lettre.

 

De Tours, nous voulons, nous devons retenir la rupture avec la social-démocratie, le réformisme et la collaboration de classe qui sont ses pratiques. (Condition n°7 : « Les partis désireux d’appartenir à l’Internationale communiste ont pour devoir de reconnaître la nécessité d’une rupture complète et définitive avec le réformisme … L’action communiste n’est possible qu’à ce prix »).

En 1920, les congressistes sortaient de la boucherie de 14/18 qu’avaient approuvée dans « l’Union sacrée » les principaux dirigeants de la SFIO jusqu’à rentrer au gouvernement. Aujourd’hui, la social-démocratie est à la tête du FMI qui coordonne la casse sociale et les conditions d’exploitation dans le monde…

En aucun cas, la nécessité de la rupture avec la social-démocratie, n’est contradictoire avec la recherche d’alliances, mais pour des objectifs précis et selon les conditions et les rapports de force. 

Remarquons que la social-démocratie a toujours entretenu un courant plus « radical ». Mélenchon n’est vraiment pas un inédit historique !

 

À Tours, les congressistes avaient tiré les enseignements de la trahison de la plupart des élus et de la capacité de la démocratie bourgeoise à corrompre dans ses institutions.(Condition 11 : « Les partis désireux d’appartenir à l’Internationale communiste ont pour devoir de réviser la composition de leur fraction parlementaire, d’en écarter les éléments douteux, de les soumettre, non en paroles mais en fait, au comité central du Parti, d’exiger de tout député communiste la subordination de toute son activité aux intérêts véritables de la propagande révolutionnaire et de l’agitation ».) Après 1920, il ne se trouva que 10 députés socialistes sur plus de 70 à suivre la majorité des militants…

Le PCF doit être toujours, de nouveau, le parti qui refuse la « lutte des places » au nom de la lutte des classes, qui se démarque du spectacle lamentable des « primaires » pour les élections de 2012, qui refuse les compromissions électorales qui dégoûtent et démoralisent les travailleurs.

 

À Tours, les congressistes prenant la résolution d’agir en tant que communistes dans les syndicats (condition n°9) et de « combattre avec énergie et ténacité « l’Internationale » des syndicats jaunes fondée à Amsterdam ». Communistes, nous réaffirmons aujourd’hui la nécessité de l’action politique au centre de l’affrontement de classe, à l’entreprise. Elle ne s’arrête pas à la porte de nos syndicats, d’abord la CGT, menacés par les « jaunes » d’aujourd’hui, dans le respect de la fonction de chaque organisation. La Confédération européenne des syndicats, la CES, est l’héritière directe de l’Internationale jaune d’Amsterdam. Elle collabore avec les institutions européennes pour faire passer les traités et directives de l’UE du capital. Elle a fait campagne, pays par pays, pour la « Constitution » européenne et le traité de Lisbonne. Son président John Monks ne voulait pas voir en 2005 « remettre en cause les rêves de Monnet, Schumann, Mitterrand, Delors ». Il est inconcevable que l’équipe dirigeante du PCF et le Front de gauche fassent de la CES leur partenaire privilégié. Restons plutôt fidèles à Tours !

 

Le congrès de Tours a ouvert la voie au combat internationaliste et anticolonialiste du PCF qui est toujours le nôtre.

La 8ème condition indique notamment : « … Tout Parti appartenant à la IIIème Internationale a pour devoir de dévoiler impitoyablement les prouesses de « ses » impérialistes aux colonies, de soutenir, non en paroles mais en fait, tout mouvement d’émancipation dans les colonies… ». On se souvient de l’intervention d’Hô Chi Minh au congrès de Tours et de l’accueil enthousiaste qu’elle reçut. Cet engagement essentiel des communistes français s’est traduit en actes dès l’opposition à la guerre du Rif en 1923. Combattre le colonialisme, l’impérialisme, sous toutes leurs formes, d’où qu’ils viennent sont plus que jamais une priorité pour les communistes d’aujourd’hui. D’où qu’ils viennent, c'est-à-dire aussi de « nos » impérialistes qui se parent de plus en plus souvent aujourd’hui du couvert de l’Union européenne.

 

Le Congrès de Tours a ouvert la voie à la constitution d’un parti « de type nouveau », un parti de classe, toujours basé sur le marxisme, complété du léninisme, structuré plus rigoureusement selon les besoins de la lutte, impliquant l’intervention directe de ceux qui ont le plus intérêt à combattre le capitalisme. L’évolution a été progressive (constitution des cellules, des cellules d’entreprise…).

Elle a conduit à ce que le PCF soit réellement un parti de classe et de masse, permettant à des millions de travailleurs de s’approprier les armes du combat politique contre les capitalistes, à tous les niveaux, du local au national, à l’international. Cette réalité, inscrite dans l’affrontement de classe, issue de la forme d’organisation du parti communiste, a été d’un très grand apport démocratique, pour le parti, pour le pays (sans même revenir sur les pages de la résistance).

Elles peuvent et doivent l’être encore à l’heure où la sclérose de la démocratie bourgeoise ou les caricatures de « démocratie participative » pourraient préparer le terrain aux pires reculs des libertés politiques.

 

Comme sur tous les autres aspects que je n’ai pas mentionnés, on peut et il faut étudier de façon critique l’histoire du Parti, comment les principes de Tours ont été appliqués en France et dans le monde. Il n’est pas possible pour les communistes d’en faire l’impasse, sous peine de jeter le bébé avec l’eau du bain, voire de ne garder que l’eau du bain.

Le léninisme et la révolution russe ont permis au mouvement ouvrier français de passer à l’étape supérieure à laquelle il aspirait. L’expérience soviétique a ensuite marqué, accompagné le développement du PCF, souvent pour le meilleur, parfois non. La défaite du camp socialiste demande une analyse critique communiste qui n’est toujours pas réellement entreprise. Elle ne signifie en rien la fin de notre Parti.

Cette démarche est une nécessité justement parce que nous pensons que le PCF a toute sa raison d’être, de se renforcer aujourd’hui, dans la fidélité aux choix de Tours.

 

Je voudrais finir par la lecture de la condition n°17 : « Conformément à tout ce qui précède, tous les Partis adhérant à l'Internationale Communiste doivent modifier leur appellation. Tout Parti désireux d'adhérer à l'Internationale Communiste doit s'intituler Parti Communiste de... (section de la IIIème Internationale Communiste). Cette question d'appellation n'est pas une simple formalité ; elle a aussi une importance politique considérable. L'Internationale Communiste a déclaré une guerre sans merci au vieux monde bourgeois tout entier et à tous les vieux Partis social-démocrates jaunes. Il importe que la différence entre les Partis Communistes et les vieux Partis « social-démocrates » ou « socialistes » officiels qui ont vendu le drapeau de la classe ouvrière soit plus nette aux yeux de tout travailleur. »

Le nom de notre parti est indissociablement lié aux principes de sa création, comme à 90 ans d’histoire du communisme en France et dans le monde.

La 17ème condition est ainsi également toujours d’une grande actualité.

Les directions des partis communistes qui veulent se transformer en autre chose ont besoin de changer le nom. On l’a vu en Italie, en Suède, dans plusieurs pays de l’est.

En France, l’action des communistes, ce que représente le Parti dans le pays, l’ont rendu impossible jusqu’à présent. Il n’est pas question d’accepter maintenant que le nom du Parti soit dilué dans une « gauche », un « front de gauche » ou je ne sais quelle combinaison, ni qu’il soit dévalorisé.

Plus que jamais, face au capital, le peuple a besoin du PCF, d’un PCF fidèle à sa raison d’être, aux choix fondamentaux du Congrès de Tours.

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