Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A LA UNE

NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 10:08

Congrès Pcf 2008: tribune de Fred BRÛLE, fédération d'Ille-et-Vilaine 

 

J’ai adhéré au Parti en  août 1968 ; ma démarche ne fut pas la conséquence d’une demande d’autrui mais le résultat d’un long cheminement personnel. Je me suis souvent abstenu lors des votes de document de congrès, mais en 40 ans, je n’ai jamais quitté le Parti. Comme bon nombre de camarades, je suis de celles et ceux qui ont toujours servi le Parti sans jamais s’en servir.

Depuis sa création, je considère qu’à toutes les époques, le Parti, au  travers de certains de ses dirigeants ou responsables a commis des erreurs (c’est trop facile de dire que tous les camarades sont concernés).

Voici quelques exemples qui, selon moi, ont été des erreurs :

-Une certaine allégeance, par ailleurs des complaisances vis-à-vis d’autres partis communistes dont le PCUS et cela dès les années 20 (l’internationalisme prolétarien signifie bien entendu solidarité de classe mais aussi autonomie, expression du sens que nous donnons à l’idéal communiste (ainsi  ma solidarité à l’égard  de Cuba ne m’interdit pas de réprouver les emprisonnements et autres comportements  auxquels sont soumis les opposants).

- Le comportement sectaire du groupe Barbé-Célor.

- Le faux-pas de Jacques Duclos concernant la tentative de reparution légale de l’Humanité.

- La non-dénonciation des crimes  du stalinisme dès leur connaissance, donc dès après la  disparition de Lénine.

- La signature du Programme Commun (l’écriture du Programme « Changer de cap » fut une bonne initiative que l’on pourrait  remettre aujourd’hui en chantier et  ainsi donner à voir  notre identité)

- Les ouvertures de capital (véritables privatisations) initiées sinon votées, acceptées

 par les ministres communistes

- Lors de l’élection présidentielle de 2007, l’appel et la campagne en faveur d’autres candidats que celle du Parti par des dirigeants et responsables notoires de notre Parti (Merci à ces derniers  pour le score de 1,93% !)…

Les raisons  de toutes ces erreurs : beaucoup d’opportunisme, de suffisance, de manque d’esprit critique, de manque de rigueur … Depuis le début des années 70 et même un peu avant, toutes ces raisons continuent à co-exister dans les instances dirigeantes de notre Parti.

Présentement, la préparation du congrès aurait dû être confiée à d’autres que les membres du Conseil National sortant qui sont juges et parties et par ailleurs naturellement mal placés pour faire le bilan de leur mandat ; il y a parmi eux , celles et ceux qui par leur comportement ont contribué à affaiblir le Parti dans la dernière période, ceux-là même qui souhaitent la disparition de notre Parti !

 

Autres insuffisances ou problèmes : la démocratie interne, les finances du Parti , les accords électoraux , l’internationalisme.

 

-         La démocratie : il reste beaucoup à faire : des camarades s’expriment mais beaucoup ne s’expriment pas , d’autres quittent une instance en cours de mandat ce qui signifie que ces derniers  n’ont pas trouver leur compte dans celle-ci ; et l’auto-critique des responsables de l’instance en question : absente , au moins apparemment .

-         A propos du Congrès, quels moyens concrets de mise en œuvre pour qu’une nette majorité de camarades participent aux votes !? Des scores à 30% ne sont pas plus satisfaisants que des scores à 99% !

-         Les finances du Parti : en fait , je pense plutôt aux sources de recettes et aux conséquences :  les recettes reposent majoritairement sur les reversements des indemnités d’élu(e)s .Rêvons un seul instant  à la situation où les recettes proviendraient essentiellement des cotisations des adhérent(e)s. Il est facile de comprendre alors que notre situation actuelle justifie notre électoralisme, nos accords électoraux avec le Parti socialiste. Petit à petit, ce parti nous efface de la carte électorale. Dans les années 70, nos maires géraient une population de plus de 5 millions d’habitants, et maintenant… c’est 5 fois moins ! Les accords à géométrie variable selon les élections …! fondamentalement ce n’est pas fiable : les élus communistes sont utiles, bien sûr … Il n’empêche, je pense quand même que  l’objectif des accords électoraux est pour le moins autant financier que politique. Le Parti est  plutôt réformiste que révolutionnaire !

 

-         L’internationalisme. Le monde capitalisme est organisé, a ses instances, bref est à la hauteur quant à la défense et à la promotion de ses privilèges. Pendant ce temps que font les différents partis communistes du monde entier, sont-ils à la hauteur  pour s’opposer  au rouleau compresseur du capitalisme mondial ? Que fait le Parti dans ce cadre ? Qu’attend-on  pour prendre des initiatives de  rencontres à l’échelle de la planète, pour participer à l’organisation de la riposte au capitalisme? Pour le Parti c’est l’Europe, l’Europe, et encore l’Europe ! En attendant le «  dépassement » du Capitalisme, nous gérons ? oui ou non !

 

Pour finir : ce que je souhaite du prochain congrès :

 

Que le  Parti redevienne  MARXISTE. Je comprends que l’on peut être communiste sans être marxiste. S’agissant des responsables et plus encore des dirigeants, je suis beaucoup moins compréhensif. Je pense vraiment que la situation actuelle dans laquelle se trouve le  Parti en matière de comportement, d’analyse, de stratégie, de réflexions, d’actions tient au fait que le MARXISME n’irrigue plus  les consciences de nos dirigeants.

Alors est venu depuis plusieurs décennies le temps de l’opportunisme, du pilotage à vue, de la cacophonie. Je souhaite que ce temps soit révolu.

 

Fred Brûlé (Fédération d’Ille-et-Vilaine)

 

P.S.  Quand je dis MARXISME, j’entends par là, évidemment, les apports de Marx qui correspondent à notre époque du début du 21è siècle, apports, enrichis, complétés par les résultats acquis à ce jour et fruit des recherches dans les diverses sciences humaines et sociales.

Partager cet article
Repost0
3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 09:30
Le camarade Roland Weyl a souhaité adresser un texte (très riche) de réflexions aux participants à la rencontre nationale "Pas d'avenir sans PCF" des 29 et 30 août 2008 à laquelle il n'a pas pu participer. Nous l'avons mis en ligne:


Lien vers la partie 1 du texte de Roland Weyl
Lien vers la partie 2 du texte de Roland Weyl

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 12:31

Nous reproduisons ci-dessous la lettre de Michel Perrin, militant communiste cheminot de Haute-Vienne à la direction de l'Humanité à l'occasion de la souscription lancée cet été.

 

Chers camarades,

Lecteur quotidien de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche depuis 1969, je suis de ceux qui pensent effectivement que ce journal ne doit pas disparaître, en tant qu’outil médiatique indispensable pour l’avenir du Parti Communiste Français.

C’est donc bien volontiers que je participe à la campagne de dons financiers pour le journal, et à laquelle répondront j’en suis persuadé de nombreux communistes avec leurs organisations.

Cependant je sais que la contrainte financière n’est pas le seul danger qui menace le journal. Depuis plusieurs années, j’ai de plus en plus de mal à me reconnaître dans la ligne éditoriale du journal. Si l’Humanité continuait sur cette dérive éditoriale, il aurait à mes yeux disparu.

Si je dis cela c’est parce que j’ai vécu une expérience similaire avec le quotidien régional (Indre, Creuse, Corrèze, Haute Vienne, Dordogne) l’Echo du Centre. Ce journal issu de la résistance et maintenu exclusivement par l’action militante des communistes est, après leur avoir été volé, devenu un journal…(pluraliste !!!??). Le paradoxe étant qu’il continue à être demandé aux communistes de participer à son financement par l’intermédiaire de leurs sections, alors qu’il est outrageusement devenu un outil médiatique au service des élus socialistes.

Convaincu que l’Humanité ne s’en sortira pas en étant moins communiste et espérant ne pas investir à fond (politique) perdu, veuillez accepter, chers camarades, mes fraternelles salutations.

Partager cet article
Repost0
2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 12:11

Nous reproduisons ci-dessous la lettre de notre camarade de Haute-Vienne Michel Perrin à l'Echo du Centre suite à la publication d'une tribune d'un dirigeant fédéral, Gilbert Bernard, pronant ouvertement la dissolution du Parti communiste (voir en bas).

Il n’est pas dans mon habitude de mener le débat politique concernant mon organisation par presse interposée, fut-elle progressiste. C’est un exercice que je privilégie de partager avec mes camarades, dans les réunions prévues à cet effet, permettant l’expression de chacun.

L’intervention de Gilbert BERNARD dans le courrier des lecteurs du mercredi 13 août 2008 après celle de nombreux responsables départementaux du PCF, m’incite à le faire.

Simplement pour dire que de mon point de vue l’intervention politique de responsables départementaux, doit être de faciliter l’intervention du plus grand nombre de communistes possible avant d’imposer leur choix personnel. Le nombre d’initiatives pour réunir cellules et sections sur la haute vienne ne me semble pas aller dans ce sens.

Quand au fond, Gilbert, comme d’autres, propose ni plus ni moins que la dissolution du PCF pour créer un énième mouvement dont il dessine les composantes (PS, verts, communistes, …etc…) mais pas et c’est paradoxal, le but. Souhaite t-il un congrès de Tours à l’envers ? Une organisation réformiste de plus ?

Quand au bilan très négatif de l’organisation, n’est-il pas le fait d’orientations actuelles insatisfaisantes pour une majorité de communistes ? Les directions n’ont-elles pas l’obligation de réfléchir à leurs échecs répétitifs ?

Chacun doit être clair dans les propositions et ne pas avancer masqué. Alors retrouvons nous dans les prochains jours,semaines, mois, pour discuter et prendre les bonnes décisions avec tous les communistes, qui, j’en suis persuadé ne sont pas prêt à s’auto détruire. C’est en tout cas à eux d’en décider.

Michel Perrin



Partager cet article
Repost0
29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 08:58

UN CONGRES DU PCF POUR QUOI FAIRE ?

Contribution de Roland Weyl pour le 34ème congrès - Partie 1

AVANT-PROPOS

La préparation du congrès n’invite guère à l’optimisme : un Parti Communiste ne peut être qu’un parti de combat. Cela suppose que la préparation d’un congrès soit portée par une dynamique. Or il n’apparaît que de longs textes académiques, des pensums d’objectifs limités et listés, des discussions codées entre tendances, et, en face, des réquisitoires souvent fondés mais à dominante épidermique. Il est temps que chacun s’efforce de contribuer à porter les analyses et les ambitions à la mesure des besoins.

Faut-il tout placer sous le mot d’ordre unique ou dominant que le parti doit changer ?  Bien sûr tout ce qui est  vivant est appelé à constamment changer, selon les changements de ce qui l’entoure et l’expérience qu’il engrange. Mais changer en quoi et par rapport à quoi ?    ,

On lit souvent qu’il nous faut être « un Parti moderne »  L’idéologie de la « modernité » est sans doute l’une, sinon la principale, des clefs idéologiques actuelles de la domination de classe : On a connu « l’Etat au-dessus des classes ». Il y a aujourd’hui la « modernité au-dessus des classes », occultant tous les problèmes sous les critères de l’objectivité et de capacité techniques. Certes il ne faut pas s’accrocher au passé, il faut se mettre à jour des besoins contemporains, mais « être moderne » ne veut rien dire en soi.

Le Parti a pour vocation de mener le combat de classe, qui n’est en soi que trop parfaitement moderne.

Donc, s’il doit changer, c’est dans la continuité de son combat spécifique et donc par rapport à ce qu’il est aujourd’hui.. Or certes, les résultats désastreux auxquels a conduit la « mutation » appellent à penser les choses autrement, et cela mérite une analyse. 

Il ne doit certes pas pour autant revenir à ce qu’il était avant la mutation, non par repentir, car tout n’en était pas mauvais, mais à la fois pour intégrer les leçons de ce passé et parce que le réel avec lequel il a vocation d’être aux prises a changé.

Mais si l’on part de l’idée qu’un parti communiste n’est pas une fin en soi, mais la nécessité de répondre à un besoin, il pourrait ne jamais en avoir existé et il faudrait en définir les objectifs et leurs conditions de réalisation. Le fait qu’il existe et a un passé y ajoute seulement le bénéfice de l’expérience acquise de ce qui est essentiel et de ce qui doit être évité.

La question qui se pose aujourd’hui aux communistes ne doit donc pas être  « quoi changer dans le Parti ? » mais « quel besoin y a-t-il d’un Parti Communiste et comment peut-il et doit-il y répondre ? »

                                             -----------------------------------

1 – POURQUOI  UN PARTI COMMUNISTE

La raison d’être d’un parti communiste est la nécessité qu’existe un outil de lutte pour ceux qui veulent en finir avec une société fondée sur l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et qui ait pour cela une culture critique ?  Il ne semble pas que ce combat ne soit plus à l’ordre du jour, que sa culture soit devenue périmée, ou que son expérience acquise soit à passer en profits et pertes.

L’argument des nécessaires rassemblements ne doit pas fourvoyer dans de fausses alternatives : C’est aux heures de sa plus grande force et de sa plus grande vitalité de parti que le PCF a été l’artisan des plus grands rassemblements/ 

Encore faut-il retrouver dans la culture jetée aux oripeaux quelle en était la philosophie, demeurée fondamentale : on rassemble d’autant plus large que l’on en réduit les objectifs à ce que le plus grand nombre a en commun. Cela peut même conduire à des rassemblements en cercles successifs : On peut rassembler à la fois 50 sur a + b,  et 100 sur a seulement.et 100 autres sur b seulement. Et pendant ce temps, le Parti lui-même garde sa liberté d’agir sur a+b+c+d.

Donc, vouloir supprimer le parti pour y substituer un rassemblement, c’est seulement supprimer le parti, puisque sa suppression n’est pas une condition du rassemblement.

De plus, il est clair que si le Parti peut avoir la liberté d’agir sur a+b+c+d et qu’on y substitue un rassemblement celui-ci sera inévitablement limité à a ou b ou a+ b ou a+b+c, car autrement  si c’était pour assurer tous les objectifs du Parti,, il n’y aurait pas besoin d’une autre base de rassemblement, cela signifie qu’on abandonne ce qui du a, du b, du c, et du d n’est pas repris par le rassemblement.

Donc oui au rassemblement (et même aux rassemblements), mais certainement pas à la place du Parti, mais au contraire non  seulement cela ne doit pas être exclusif du rôle propre du Parti mais en dépend nécessairement.

2-QUEL PARTI COMMUNISTE ?

  L’analyse de la crise du PCF et des solution à y apporter ne doit pas se focaliser sur les résultats électoraux pour en améliorer les scores ; La participation élective aux institutions est un moyen (parmi tous les autres) et non une fin. Certes, même si elle est faussée par l’idée du « vote utile », l’évolution des scores est une indication sur le crédit et l’audience du parti, mais c’est celle-ci qui doit être le critère et l’objectif essentiel, à longueur d’année dans les luttes (et à  cet égard le nombre des adhésions et des participants à nos campagnes est plus important que celui des voix recueillies dans les périodes électorales (qui d’ailleurs lui-même en est fonction).

Donc la question essentielle n’est pas « comment regagner des voix ? » mais « comment regagner des militants ? », ce qui renvoie à la fonction spécifique d’un parti communiste. En cela, le formule thorézienne du « parti pas comme les autres » est plus vraie que jamais : il n’y aurait pas besoin  d’un parti communiste s’il n’était qu’un de plus, ou s’il ne donnait pas à voir sa différence.

Essai d’analyse matérialiste de la crise actuelle

D’abord, je récuse le terme de « déclin », qui accréditerait une idée de dépérissement d’un être en fin de vie.  Le terme d’ « effondrement » traduit mieux comment une construction s’écroule pour une cause qui peut ne pas lui être substantielle, et  laisse ouverte la possibilité de reconstruction.

Plus exact encore est le terme de « perte  de crédit », qui rend compte à la fois de l’effondrement des effectifs et de celui des suffrages électoraux.

C’est cette perte de crédit dont il faut rechercher les explications..

Et il ne faut surtout pas voir dans les résultats municipaux et cantonaux un démenti et une raison de se rassurer et de penser que le temps des interrogations serait périmé.

 Ces résultats sont en effet divers et contradictoires, et tendraient au contraire à vérifier ce qui suit : les bons résultats ont été là où n’a pas été pratiquée la délégation de pouvoir mais une relation politique vivante avec la population. Et là où il y a eu échec, que ce soit par des pertes ou des non-gains, les candidats locaux ont manifestement pâti de l’absence d’image nationale. Plus particulièrement, 1) il est permis de penser que les abstentionnistes sont en grande partie ceux que n ous ne mobilisons pas, 2) les primaires en Seine St Denis n’auraient jamais permis la victoire des socialistes si le Parti n’apparaissait pas avec une différenciation si faible qu’elle est ressentie comme une affaire de boutique.    

                  Les mauvaises explications :

La malédiction du passé : le «  stalinisme » du Parti, la solitude sectaire, le rapport à l’URSS 

 La pratique du Parti a certes connu des défauts, mais n’a jamais été ce que veulent bien en dire des oracles qui ne l’ont pas vécue et sont simplement sur la défensive devant les campagnes habituelles des adversaires de classe.

Le Parti était beaucoup plus solitaire dans les années 30 et c’est le moment où il s’est développé, précisément sur la basse de sa différence.

C’est pour les élections présidentielles de 1969 qu’il a obtenu son meilleur score électoral. Pourtant,

1) on connaissait tout du stalinisme en URSS,

2) le Parti ayant seul voté d’abord contre la constitution de 1958, puis contre l’élection du Président de la République au suffrage universel,

3) il était plus seul que jamais, s’était retrouvé en 1968 à lutter sur deux fronts contre la droite et contre le gauchisme (et y compris en son sein contre Garaudy sur sa droite et J. Vermeersch sur sa gauche), et venant d’être exclu des tractations du PS et de Mendès-France  

4) en fait de discrédit pour « stalinisme » interne, le candidat était celui qui avait fait applaudir Staline à Wagram après le 20è congrès du PCUS.

Obsolescence exigerait de faire autre chose correspondant aux nécessités nouvelles

La mystique de la modernité est un produit de l’idéologie dominante : combinée de technicisme, et se développant sur le terrain favorable dé la révolution scientifique et technique et du développement de forces productives, elle prend le relais des diversions religieuses ou réformistes pour occulter l’enjeu dominant des rapports de classe (avant-hier, la religion au-dessus des classes, hier l’Etat au-dessus des classes, et aujourd’hui la technique et la modernité au-dessus des classes)’ 

Pourtant plus que jamais l’essentiel demeure l’exploitation de l’Homme par l’Homme, donc l’antagonisme entre exploitants et exploités. Ce qui change est 1) la ligne de front qui n’est plus seulement entre prolétariat et bourgeoisie de masse, mais entre peuples et capital mondialisé, 2) le mode d’exploitation (révolution informatique et médiatique). Cela peut conduite un parti communiste à réfléchir sur ses moyens d’action et sur son champ d’écoute et d’organisation, mais ne change rien à la nécessité de son existence originale comme parti de lutte de classe, et plus que jamais sur sa base spécifique unissant classe, nation et internationalisme.

Donc ni la malédiction du passé ni l’obsolescence ne sont des explications valides, et il faut en chercher d‘autres.

                 Quelques pistes d’explications

La compromission avec les socialistes.

Force est de constater que c’est avec les élection de 1981 que l’érosion a commencé à se manifester dans l’électorat, entraînant en spirale l’érosion dans les effectifs par perte de confiance. D’où une propension à inculper principalement la compromission avec le PS.

L’érosion a d’abord fonctionné au profit du « vote utile » ::dès lors que le programme était le même, aucune raison de voter plutôt pour le parti.,.

Il s’est aggravé d’une prétendue nécessité de solidarité gouvernementale qui exigeait de mettre une sourdine aux actions pour ne pas gêner nos ministres.

Pourtant on aurait pou participer au gouvernement et ne pas pour autant relâcher l’action.

Il y a eu là la première amorce d’une autre dérive : la délégation de pouvoir.

La dérive de la délégation de pouvoir

C’est elle qui se manifeste déjà à l’occasion du programme commun.

L’idée en avait été lancée déjà par Waldeck Rochet, et elle pouvait prospérer si ce programme avait été une référence de luttes populaires. Mais c’était sous-estimer les méfaits qu’avait déjà causés dans la conscience populaire (et chez les militants) la délégation de pouvoir, produit combiné des institutions de la 5è et de l’influence idéologique de la révolution scientifique et technique.

De façon constante et notamment dans son discours du Congrès d’Ivry en 1945 Maurice Thorez avait dénoncé la tendance habituelle du Parti à pratiquer l’union à la tête au préjudice de l’union à la base, en lançant notamment cette phrase célèbre : «  L’union à la base toujours,  l’Union à la base et à la tête quelque fois, l’union à la tête seulement jamais ».

Or le programme commun a fonctionné comme un accord dont l’application était déléguée aux états-majors politiques.

Cependant, le mal n’était encore pas structurel, et n’affectait que le niveau tactique et non le niveau stratégique, et pouvait donc être redressé.

Vint alors la mutation

Avec la mutation, on passe de l’erreur tactique possiblement passagère à la remise en cause stratégique et structurelle, qui va marquer non plus seulement une aggravation quantitative du glissement mais un « bond en arrière » de nature qualitative et substantielle.

On ne peut pas s’étonner de la chute vertigineuse de crédit du Parti, quand c’est sa direction elle-même qui la nourrit.

En effet, elle se caractérise par une répudiation de tout le passé, au nom des mêmes arguments qui ont toujours rassemblé contre lui l’adversaire de classe de la droite et les collaborateurs de classe de la social-démocratie (au point de les trouver ensemble à la tête des incendiaires des sièges en 1956).

Pour tout rénover, on va commencer par démanteler ses structures et supprimer les écoles. Et la dominante est de refaire à l’envers un congrès de Tours, que l’on caricature en allégeance  à Moscou, alors qu’il est d’abord celui d’un Parti Socialiste de l’époque qui sous l’impulsion  de « la génération du feu ». purge la trahison de ses dirigeants compromis dans « l’Union Sacrée ».

Pourquoi ce virage à 180 degrés ?

En tant que marxistes, il faut essayer d’en faire une analyse matérialiste et d’en dégager des raisons objectives, où plusieurs ingrédients vont s’alimenter mutuellement :

D’abord une évidence chronologique :

La « mutation »  est contemporaine de l’effondrement de l’URSS, et tout se passe comme si c’était un  soulagement. En tout cas il va falloir faire avec (ou « sans »).

Enfin on est débarrassé de cette compromission et on va même peut-être pouvoir redevenir fréquentable, à condition de bien marquer qu’on a soi-même tourné la page, et qu’on a pris la mesure de sa propre culpabilité. Ainsi espère-t-on avoir l’absolution.

Déjà au lendemain de 1968, quand des esprits distingués d’une certaine gauche ne nous invitaient-ils pas à être « crédibles », en étant moins propagandistes et dogmatiques ?..

Et pour être crédibles,tant qu’à faire, faisons amende honorable sur notre propre passé, en le marquant le plus spectaculairement possible, avec l’abandon des références théoriques, grevées de l’anathème de dogmatisme », et la structure des cellules, grevée de « militarisme ».

Tout cela est facilité par la pénétration de l’idéologie dominante.

Il a toujours été de l’éducation du Parti de se rappeler que l’idéologie dominante est en éternel retour et que le Parti ne peut pas y être imperméable.

L’idéologie de la modernité dont on a déjà noté qu’elle est objectivement secrétée par le développement des forces productives va favoriser l’idée que le Parti tel qu’il est est une vieillerie dépassée, et offrir un alibi rêvé pour se débarrasser de cet encombrant passé et se montrer différents et blancs comme neige.

Cette idéologie générant des déviances technicistes par spécialités et une nouvelle division du travail, qui est une division des compétences, va reprendre, actualisée, la vieille idéologie bourgeoise « laissez faire la politique à ceux qui savent », va secréter une professionnalisation de la politique (avec dichotomie entre classe politique et « société civile »).

A partir de quoi, tous les repères mis au musée des antiquités, va demeurer, lancinante, la perception immédiate des problèmes tels qu’ils s’expriment en surface avec les reculs électoraux.

Et la gestion de la crise va se polariser sur les critères électoraux et les recettes électoralistes.

La même image électoraliste et politicienne que tous les autres

Le raisonnement va être simple : pour avoir des voix, il faut plaire aux électeurs, donc penser comme eux. .

Déjà dans « le Défi démocratique », rompant avec la tradition d’affirmer la fierté de notre différence, Georges Marchais s’emploie à rassurer en protestant que nous sommes un parti comme les autres

Mais cette fois on va plus loin : Si la priorité est dans les enjeux électoraux, et s’il ne faut pas choquer les électeurs, en tenant un discours à contre-courant

En parfaite cohérence, la tactique va prévaloir sur la stratégie. Et on va apparaître comme, s’orientant au coup par coup non en fonction d’une boussole que l’on peut donner à voir, mais en fonction de ce que l’on pense pouvoir attendre d’habiletés circonstancielles. C’est la définition  même de l’opportunisme.

La même délégation de pouvoir démobilisatrice

Enfin,  par nature, une telle option est en dépendance exclusive de manœuvres d’état-major, comportant tous les marchandages au sommet, et l’accréditation de l’entrée dans le club de la politique politicienne, avec donc un  renvoi à une aggravation constante du discrédit, à partir de cette idée simple que si le Parti Communiste est et fait comme les autres, on peut se demander quelle est sa raison d’être et quelles raisons peut-on avoir de lui faire confiance.

Il en résulte que, alors qu’autrefois le Parti était identifiable par le fait qu’il ne pensait pas comme les autres, qu’il apparaissait souvent comme ayant le seul tort  d’avoir une raison trop tôt, mais permettant de faire à l’épreuve des faits la vérification qu’il avait raison, que l’on était en quête de ses analyses parce qu’elles étaient différentes, son insertion dans une sorte de pensée unique de la « gauche » lui retire toute raison d’exister.

De plus, cet électoralisme délégataire qui ne s’investit plus dans les luttes fait perdre au Parti le crédit que lui valait d’être d’abord un animateur de mouvement populaire. Et en corollaire il a perdu une de ses vertus essentielles, l’élément passionnel tout ce que contenait « le mot camarade ». En croyant devoir se plier à l’ultimatum d’être « raisonnable », on est dépouillé de la dimension affective qui était un indispensable ferment d’intense humanité et  d’engagement dans les luttes. On a remplacé la confiance en l’avenir en une inquiétude permanente.

Du révolutionnaire au gestionnaire :

De cette débâcle doctrinale a découlé tout normalement une débâcle de la relation aux masses populaires et se caractérise globalement et sous tous ses aspects par la délégation de pouvoir et la réduction à des différenciations gestionnaires.

La dernière campagne des présidentielles en aura été une illustration typique :

Alors qu’autrefois, les dirigeants communistes disaient toujours « Nous », ils disent aujourd’hui « Je ». Les propositions ne sont plus celles « du PCF » mais de Robert Hue puis de Marie-George Buffet.

Au surplus la méthode consistant à présenter des listes de propositions de réformes pont par point, et souvent de réformettes ne donne pas à voir et à choisir de grands axes de lutte, et les « propositions » se présentent comme la collection que propose un représentant de commerce.

Par leur nature et leur contenu elles dépassent rarement un niveau gestionnaire « ce que je ferais si j’étais au gouvernement »)

Extériorisation du rapport à la population et aux militants eux-mêmes

Enfin, les campagnes, de façon générale ne consistent plus à organiser des luttes et à les  alimenter, mais à s’adresser aux gens en leur disant « voilà ce que nous vous offrons de faire pour vous »., ce qui dans le meilleur des cas constitue un appel à la délégation de pouvoir au Parti.

Au demeurant, tout le rapport aux forces populaires est marqué de cette démarche : Quand on fait des assemblées et des forums, ce n’est pas pour organiser l’action, mais pour « consulter » la population sur ce qu’on doit faire. C’est d’ailleurs bien ce que signifie le mot d’ordre de « démocratie participative ». « Participer » n’est pas « diriger ». La « démocratie participative veut dire qu’on laisse une place à la base pour prendre une part, mais seulement une part.

Le fonctionnement interne lui-même en est marqué : me prétendu démocratisme qui consiste à inviter les communistes à donner leur avis par référendum interne, ou en répondant à des questionnaires est une officialisation de la délégation de pouvoir puisqu’elle réduit le militant à répondre aux questions que la direction décide de lui poser pour ensuite en tenir compte ou non dans son action.

Les masses populaires sont « mutées » en clientèle potentielle et les militants comme des instruments de ce clientélisme. Il est normal que dans ces conditions le corps dépérissent et que peu à peu ne reste que la tête, pour qui l’étiquette n’est plus que la marque de référence dans les compétitions politiciennes de sommet.

Il est également normal que puisse se poser alors la question de la raison de maintenir l’existence d’un Parti dépouillé de toutes ses justifications spécifiques

La logique de la dynamique liquidatrice

Cette analyse n’implique pas nécessairement une perversion des acteurs de cette dérive. Sans aucun doute il y a des cas individuels pour lesquels  elle a favorisé tous les carriérismes propres aux Partis bourgeois, mais jusque là étrangers au Parti. Mais de façon générale, il faut faire à ces acteurs le crédit de la bonne foi et de la bonne volonté. Sans aucun doute veulent-ils et croient-ils être utiles. C’est là encore une des caractéristiques de l’opportunisme.

Il est vrai que l’autre caractéristique est que, depuis près de 20 ans que la dérive a fait ses ravages, bon nombre de ceux-là n’ont rien connu de ce passé qu’ils vilipendent  à l’aulne de ce qui leur en est raconté par ceux qu’il leur est plus commode d’écouter.    

Et aussi que depuis 20 ans, ils ont complètement oublié (quand jamais ils les ont connus) les repères fondamentaux de la  culture politique que tout un héritage enrichi de 70 ans d’expérience avait valu au Parti, et qu’on s’est mis en devoir d’oublier au prétexte de faire peau neuve.

Pourtant les résultats devraient les inciter à réfléchir, car, bonne foi ou non, bonne volonté ou non, il leur fait bien faire le constat que ce qu’ils croyaient être utile a été nuisible, que ce qui est en échec n’est pas le Parti mais ce qu’ils en ont fait.

Il est donc vrai que le moment est venu de tout remettre à plat pour faire le bilan et en tirer les conséquences.

Mais le choix n’est pas alors entre liquider le Parti ou le garder tel qu’il est, mais entre liquider le Parti, ce qui ne serait jamais que finaliser le processus engagé depuis 20 ans, ou en  finir avec la dérive, et refaire du Parti ce qu’il doit être.

 

Lien vers la partie 2

 

Partager cet article
Repost0
28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 08:26

UN CONGRES DU PCF POUR QUOI FAIRE? par Roland Weyl (partie 2)


retour à la partie 1

Pour le Peuple de France et ceux du monde rendre vie et vigueur au Parti Communiste Français

Si le Parti n’existait pas il faudrait l’inventer 

Dire que la nécessité d’un Parti Communiste est dépassée, c’est dire que la Révolution est un objectif obsolète et que la société n’est plus obérée par la contradiction de classes.

L’argument des nécessaires rassemblements ebe doit pas fourvoyer dans de fausses alternatives : C’est aux heures de sa plus grande force et de sa plus grande vitalité de parti que le PCF a été l’artisan des plus grands rassemblements/ 

Encore faut-il retrouver dans la culture jetée aux oripeaux quelle en était la philosophie, demeurée fondamentale : on rassemble d’autant plus large que l’on en réduit les objectifs à ce que le plus grand nombre a en commun. Cela peut même conduire à des rassemblements en cercles successifs : On peut rassembler à la fois 50 sur a + b,  et 100 sur a seulement.et 100 autres sur b seulement. Et pendant ce temps, le Parti lui-même garde sa liberté d’agir sur a+b+c+d.

Donc, vouloir supprimer le parti pour y substituer un rassemblement, c’est seulement supprimer le parti, puisque sa suppression n’est pas une condition du rassemblement.

De plus, il est clair que si le Parti peut avoir la liberté d’agir sur a+b+c+d et qu’on y substitue un rassemblement celui-ci sera inévitablement limité à a ou b ou a+ b ou a+b+c, car autrement  si c’était pour assurer tous les objectifs du Parti,, il n’y aurait pas besoin d’une autre base de rassemblement, cela signifie qu’on abandonne ce qui du a, du b, du c, et du d n’est pas repris par le rassemblement.
Donc oui au rassemblement (et même aux rassemblements), mais certainement pas à la place du Parti, mais au contraire non  seulement cela ne doit pas être exclusif du rôle propre du Parti mais en dépend nécessairement.

Ce que signifie revitaliser le Parti

1)     Conjuguer au présent une dialectique du futur et du passé

Au cours des années et des luttes, le Parti avait accumulé une expérience qui faisait qu’au lendemain de 1968, à la double épreuve de la lutte sur deux fronts en mai, et du coup de force soviétique à Prague, la maturité des militants avait atteint un niveau de qualité sans précédent. Cela qui permet de mesurer le gâchis ultérieur.

A la base, si les  aspects effectivement positifs de l’expérience soviétique ont pu y avoir leur place,, y voir la composante principale de cette culture des communistes participe de l’entreprise de l’adversaire de classe Cette culture des communistes a principalement fleuri sur le terreau d’un double héritage, celui des philosophes des lumières et des combats du mouvement ouvrier français des origines communales à l’évènement communard,  enrichi par un marxisme seulement parfois trop dogmatisé.

Il n’y a donc rien ni de « stalinien », ni de passéiste, d’archaïsme, de nostalgique, ou d’immobilisme à en redécouvrir les sources et les richesses.  Elles sont un facteur indispensable de fertilisation de la projection  dans l’avenir.

Elles le sont d’autant plus qu’elles-mêmes se sont constituées dans un constant mouvement de mise à jour, à l’épreuve des luttes, des échecs, des modifications du contexte et du comportement de l’adversaire/. Ce sont des sources constamment ouvertes à la découverte et à l’enrichissement, les rejeter est se désertifier, avec la prétention puérile d’avoir à tout réinventer comme si rien n’avait jusqu’ici existé ou si a priori tout en était à rejeter parce qu’ayant dépassé la date de consommation !

Pour le vérifier, il suffit de  faire un bref inventaire, évidemment non exhaustif, de ces repères :

1)     Ce sont les peuples qui font l’Histoire

2)     Les peuples sont enseignés plus par l’expérience (leurs déboires, leurs luttes, leurs

 succès) que par les discours.

3)     Définir le communisme autrement que par une sorte d’humanisme vague dont tous

les autres font à bon compte leur panneau publicitaire.  Revenir aux fondamentaux  mettre au centre la dénonciation de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et donc la lutte de classes

Remettre en honneur des formules ambitieuses comme : le communisme est la substitution de l’administration des choses au gouvernement des hommes, et c’est la maîtrise des êtres humains sur leurs rapports sociaux et sur la nature. Reprendre avec vigueur les drapeaux du matérialisme historique, et les donner non pas seulement à voir mais à partager.

2)     Simplement mettre à jour l’application de cette boussole au moment de l’Histoire où nous sommes

Le stade du capitalisme mondialisé, en proie avec la crise tenant à la  contradiction fondamentale qui peut, dans la course aux marchés, conduire aux pires catastrophes pour l’Humanité.

Cela rend plus actuelle que jamais la nécessité d’une conscience de classe, mais en déplace le front, qui, avec toujours évidemment la classe ouvrière comme moteur, une opposition entre peuples et capital mondial  Nous sommes à une épque où  dans tous les domaines l’alternative fondamentale est entre pouvoir sur les peuples et pouvoir des peuples

Cela pose en termes nouveaux, enrichis, la notion d’internationalisme. Toute l’Histoire du Parti a été imprégnée de la solidarité entre classe et nation. Il serait coupable de penser que cela puisse être périmé, quand, en acquis des luttes passée, le Préambule de la Charte des Nations Unies, en proclamant « Nous Peuples des Nations Unies, avons décidé d’unir nos efforts » a donné à la notion de souveraineté populaire une dimension mondiale, consacrant que les Peuples étaient pluriels, et devaient être égaux, souverains, mutuellement respectueux et solidaires. .

        3)Ne pas hésiter à remettre au centre en la mettant à jour la question du pouvoir

Cette question du pouvoir est centrale. Encore faut-il la poser de façon adéquate.

On a l’impression que cette question du pouvoir est taboue, qu’on tremble de paraître prôner la prise du pouvoir un jour J, comme si la notion de pouvoir était irrémédiablement compromise par le précédent soviétique de « Parti au pouvoir », et d’autoritarisme de parti.

C’est faire bon marché de ce que dans toute formation sociale il faut que soient prises des décisions, et que la question de savoir qui les prend et comment, est incontournable  Et la question de savoir qui a le pouvoir sur quoi est un enjeu central.

Et qu’on le veuille ou non, la Révolution est une inversion de pouvoir ; pn ne peut pas se dire révolutionnaire et en faire l’économie.. C’est d’ailleurs la différence d’avec le réformisme qui ne brigue qu’à se différencier dans des choix purement gestionnaires, sans inversion du pouvoir.

Et la démocratie n’est pas une inversion de pouvoir si elle se limite à garantir des libertés.  Mais elle l’est si on lui restitue son origine étymologique de « pouvoir du peuple »  Marx ne disait-il pas que la liberté ne voudra plus rien dire quand il n’y aura plus d’oppression, et qu’elle aura fait place à la maîtrise ?

Alors les luttes sont mises en perspective : l’alternative étant pouvoir sur le peuple ou pouvoir du peuple, on renoue avec toutes les batailles de notre peuple pour la souveraineté populaire.  On évite le piège libéral du trop d’Etat » ou de l’Etat-providence » pour viser à cette ambition que Krouchtchev avait proclamée pour l’URSS mais dont les conditions et l’héritage historiques n’ont pas permis de faire passer dans la vie : l’Etat du peuple entier dont la fonction répressive dans une société de classes fait place à un Etat de service public dans une société libérée de la domination de classe. Il ne s’agit plus alors d’un pouvoir de parti,  mais d’un pouvoir du peuple.

Il est évident que, ainsi résumé, cela s’offre à tous les lazzis anti-populistes. Mais le populisme est l’utilisation par des oligarques d’un soutien populaire démagogiquement fourvoyé, alors que le pouvoir du peuple est simplement l’exercice d’une véritable souveraineté populaire

Et dès lors que la question du pouvoir est posée en ces termes,  elle se retrouve dans tous les combats, car c’est dans tous les domaines, et pied à pied que à tout moment cette question du pouvoir est posée : elle l’est dans la bataille contre les privatisations, dans la défense du service public, s’agissant des attributions des comités d’entreprise, des prérogatives municipales, du mode d’élection,  des pouvoirs des élus et de leur responsabilité devant leurs mandants, de la transparence de leurs délibérations, des possibilités d’intervention populaire, de la démocratisation des médias, etc……

A cet égard, la véritable mutation du PCF a été opérée dans les années 60, quand d’abord Maurice Thorez proclamait à la dernière conférence mondiale des Partis Communistes le droit à la différence, puis quand, préfaçant l’abandon de la dictature du prolétariat, était lancée en 1966 la stratégie de la démocratie avancée menant au socialisme,, c’est-à-dire le combat pour la démocratie jusqu’au bout,  à la condition qu’elle intègre à la fois le politique et l’économique, ,et ne soit pas cette caricature de démocratie réduite à l’élection et à la délégation de pouvoir.

 

D’abord et d’urgence rendre à notre peuple colère, ambition et confiance en lui,

Dans sa pièce Nekrassov, Sartre fait dire par un de ses héros « ils veulent désespérer Billancourt ». Le drame est qu’ils y ont réussi, et que, l’effondrement de l’URSS y ayant aidé le parti lui-même y a contribué, en acceptant de se  culpabiliser comme si c’était le moyen de faire peau neuve, et en ne sachant plus ou n’osant plus, une fois privé de la référence à l’exemple soviétique, offrir de perspectives alternatives (alors que les révolutionnaires du 19è siècle n’en étaient pas incapables ni avares, en un temps où il n’était pas question de modèle soviétique).

Il ne s’agit pas,  comme c’est un peu partout la mode, de présenter un projet de prêt-à-porter, mais de montrer à notre peuple, à la fois par le discours, par l’exemple, et par l’entraînement, qu’une véritable alternative est nécessaire et possible, et de lui rendre la chaleur et l’enthousiasme  d’une véritable perspective de libération humaine.

Sans doute un tel combat doit compter aujourd’hui avec les nouvelles formes de la domination de classe, que ce soit le nouvel opium du peuple que représentent les dévoiements et les diversions de la société de consommation, ou les moyens médiatiques.

Mais cela ne fait qu’exiger le passage à un niveau supérieur de qualité et de vigueur dans le combat de classe et non à le réviser à la baisse et au compromis.

Plus que jamais précisément, cette situation rend nécessaire un parti de classe, ayant une boussole, la donnant à voir et à partager , et qu’il n’ait pas pour souci dominant de rassurer mais de motiver et d’impulser.

Il ne faut pas être grand clerc pour penser qu’en se revendiquant avec fierté de son passé,de son héritage, de son identité, de sa boussole, de son internationalisme, le parti redeviendrait ce phare qui aujourd’hui fait si terriblement défaut à notre peuple

Un manque et un gâchis

Il est clair en effet que l’un des traits les plus dramatiques de la situation actuelle est que l’adversaire n’a rien de vraiment opposé en face de lui. Les différences et oppositions nourries ou non de phrase anti-libérale, ne disputent que la manière de gérer le capital en plus ou moins social. Il y a certes aussi des discours révolutionnaires, mais ils n’ouvrent pas cette ambition communiste d’une complète libération humaine.

La question de l’Europe en est exemplaire : la seule alternative offerte a été celle d’un « non de gauche », strictement focalisé sur les orientations sociales de l’Europe, aloprs qu’un non communiste devait, comme en 1954 contre la CED être fondé sur la revendication de ne pas toucher au pouvoir de chaque peuple sur ses affaires et sur le choix entre une Europe de concertation entre des Peuples libres et une Europe d’asservissement supranational. Il n’est pas excessif de constater qu’en cette circonstance le Parti a déserté son combat..

Plus généralement, la caractéristique actuelle est que la politique du pouvoir nourrit les mécontentements, mais qu’aucune force politique ne s’offre, comme le ferait un Parti Communiste digne de ce nom, à les faire passer ensemble des protestations catégorielles à un combat commun  pour un changement de logique.

Et le gâchis est considérable, car il est évident 1) qu’il y a, notamment dans la jeunesse, une demande considérable, et  2) que seraient comblés ceux qui retrouveraient des repérages pleurés ou découvriraient alors des horizons insoupçonnés.

Tous sont orphelins de ces enthousiasmes et de ces perspectives qu’on leur a déniés, et demandeurs de pugnacité.

Il n’y a rien de passéiste ou de nostalgique à en retrouver la dynamique dans les conditions nouvelles, plu difficiles sous certains aspects mais plus faciles sous d’autres, de la société d’aujourd’hui.

A l’approche d’un congrès où son existence est posée, les communistes ne doivent pas oublier que leur Parti n’est pas leur propriété mais celle de leur peuple, et par son internationalisme celui de tous les autres peuples, qu’il n’est pas un but en soi mais un moyen historiquement indispensable, et qu’ils n’ont pas le droit d’en disposer à leur guise, que sa vitalisation n’est pas un droit mais un devoir.

 


Partager cet article
Repost0
16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 01:00
Sanctionnons les fautes politiques, par Claude DEFFONTAINE, section PCF Paris 16ème

Dans une précédente intervention, j’évoquais l’incompétence des dirigeants qui d’échec en échec persistent sur des lignes politiques erronées. Depuis ce temps je constate que les débats confirment majoritairement l’attachement des communistes à leur parti avec le souci de corriger les erreurs passées mais surtout de choisir un cap à base d’affirmation de lutte des classes avec un parti à options revolutionnaires.

Ceci n’est de toute évidence pas la caractéristique de l’actuelle direction. Une contribution attire mon attention, celle de JF TEALDI, avec laquelle je suis d’accord, surtout dans ses réponses à R.MARTELLI. Il manque à mon avis un pas à franchir dans la critique de notre situation, c’est celle des sanctions des équipes dirigeantes qui nous ont menées à l’impasse. Les communistes français sont par nature disciplinés et respectent leurs responsables. Compte tenu du traumatisme vécu après 1991, beaucoup n’ont pas mesuré la gravité des choix faits sous couvert de recherche de nouvelles solutions. Aujourd’hui, la situation est éclairée par la vision que le renoncement aux valeurs de base et "collaboration" avec la social-démocratie mènent droit dans le mur.

Je ne crois pas aux modèles qu’il soient ALLEMAND ou ITALIEN mais nous pouvons analyser que les communistes avec leur culture internationaliste ont souvent les mêmes bons réflexes. Donc nos camarades ITALIENS ont bien réagi, tant mieux !! Je ne souhaite pas faire "tomber les têtes "car nous avons besoin de toutes les forces. Les têtes tomberont d’elles mêmes, qui ne se reconnaissent plus dans un parti du peuple pour le peuple. Je ne me fais pas de souci car les professionnels en politique trouveront des débouchés nouveaux. Dans les débats précédant notre congrès, il me semble important de sensibiliser les camarades à l’indispensable renouvellement des directions fédérales et nationales. Les communistes attendent des dirigeants qui dirigent sur des options claires et non des "responsables" qui se prennent la tête depuis 15 ans sans savoir ou ils vont. L’urgence de la situation en FRANCE avec les résultats de la politique sarkoziste si peu combattue par le PS est maintenant complétée par une situation internationale très grave. Dans ces conditions peut-on faire confiance à une équipe dont le credo reste l’alliance avec la social-démocratie toujours prompte à se tourner vers l’empire américain. Sensibiliser les camarades à cela me semble être la méthode pour faire prendre conscience que le parti de la résitance mérite mieux comme représentants.

Partager cet article
Repost0
6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 00:06
34ème congrès du PCF, contribution collective de militants du Rhône, jeudi 31 juillet 2008

Des axes essentiels de reconstruction


En France, le Capital exerce depuis des décennies sa dictature. Ces dernières années, compte tenu du rapport de force défavorable, il en a profité pour revenir sur tous les acquis du mouvement ouvrier en faisant pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l’éducation, la recherche et en faisant porter tous ses efforts sur l’augmentation des profits, sans qu’il y ait de véritable opposition. Outre l’injustice de cette politique, ses effets sont de plus en plus destructeurs pour les êtres humains comme pour la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l’humanité. Le peuple de France a donc besoin d’une perspective politique crédible qui s’insère dans un mouvement international.

Pour construire une telle perspective, une force politique capable d’affronter les intérêts de la bourgeoisie capitaliste et de remettre en cause sa dictature est nécessaire. Cette force, pour être efficace, devra être à la fois l’émanation des intérêts de classe des couches populaires, les plus touchées par l’exploitation de l’homme par l’homme, et être capable de porter l’unité de tous ceux qui ne vivent que de leur force de travail, les prolétaires de notre temps : elle doit devenir l’instrument de leur intervention dans la vie politique. Les dernières batailles électorales, le référendum de 2005, les 9% aux cantonales, l’assemblée des animateurs de section de 2007, montrent que les communistes dans la diversité de leur situation, ont les ressources pour cela. Ils doivent pouvoir se prononcer sur les axes fondamentaux d’une telle construction :

1 – Assurer l’existence du PCF et reconstruire son organisation

nous nous prononçons pour un parti qui se revendique du communisme, qui a pour objectif de combattre résolument le capitalisme, de s’en libérer pour une société de rupture, le socialisme, étape indispensable pour poursuivre les transformations révolutionnaires vers le communisme. Les expériences de dépassement du communisme ou de la forme parti dans "l’arc-en-ciel" italien ou dans la "gauche unie" espagnole se sont révélées des drames militants et populaires.

Le PCF doit retrouver son identité, affirmer la nécessité d’une politique autonome afin de recréer un rapport de force s’appuyant sur les luttes et de faire l’unité sur d’autres bases que celles imposées actuellement par le PS. La solution n’est pas de rompre avec le PS pour se tourner vers d’autres solutions politiciennes. Nous avons besoin d’un parti capable d’une autre politique, de créer union et rassemblement populaire autour d’un projet porteur d’espoir et d’avancées concrètes. Il faut sortir du piège dans lequel est tombé le PCF depuis plus de 30 ans : la vraie ligne de fracture n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le Capital et le Travail. Pour se libérer de la dépendance idéologique et institutionnelle du PS, le PCF a besoin de développer sa capacité à agir et à rassembler partout, dans l’entreprise, la commune et la nation, les institutions ; il a besoin d’une véritable organisation communiste, implantée au cœur des couches populaires et armée de la conscience de classe :
Une organisation communiste : l’organisation doit être au service de l’action et de la lutte contre le Capital. Pour cela, il y a nécessité d’une réorganisation démocratique, au sens de rendre à l’action son maximum d’efficacité, à savoir, recréer des organisations de proximité (avec des dirigeants de proximité élus par les adhérents de proximité), promouvoir l’engagement militant, redonner le pouvoir politique et financier aux adhérents (distribution des cartes, paiement des cotisations, décisions politiques, élection des dirigeants…). L’expression transversale permettant de connecter les communistes sur des thèmes particuliers de réflexion ou de lutte ne doit pas mettre en cause le lieu de décision démocratique des organisations de proximité.
Privilégier une implantation de classe : cette organisation communiste doit se donner comme objectif de s’enraciner en priorité dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail afin de développer l’initiative populaire et les luttes. Ce sont majoritairement les ouvriers, les employés, les chômeurs de ces quartiers qui ont porté en 2005 le magnifique "Non" de classe du peuple français. La société compte aujourd’hui plus de 80 % de salariés et nous devons rassembler toutes les couches de la société qui souffrent de la dictature du Capital. Mais sans s’appuyer sur ceux qui ont le plus intérêt à la transformation socialiste de la société, le PCF ne peut redevenir l’expression de cette conscience collective que créent l’histoire et les antagonismes de classe.
Mettre en place une formation interne qui développe la conscience de classe : il est vital que les communistes reprennent pied dans la bataille idéologique. Ils doivent se donner les moyens internes de former des cadres capables de porter par les luttes, la conscience de classe, en prise avec les préoccupations populaires pour que la bataille idéologique soit au service de l’action et de la lutte des classes.

2 – un objectif, le socialisme

Retrouver une analyse communiste, une analyse de classe : il est nécessaire de réhabiliter l’analyse de classe de la société et donc le marxisme, et ainsi s’enrichir de la réflexion portée par les générations de communistes jusqu’à nos jours. La voie du réformisme qui porte l’illusion de marier le Capital et le social, a depuis longtemps montré son inutilité. La politique du PCF devra donc se réapproprier les acquis théoriques du mouvement communiste national et international. Il est aberrant que les textes des derniers congrès élaborés par la direction nationale ne proposent aucune analyse de la société capitaliste, ni de ses évolutions, analyse indispensable pour combattre efficacement la dictature du Capital. Si "les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer" (1818–1883 / Thèse sur Feuerbach) disait Marx.
Transformer la société, construire le socialisme : dépasser le capitalisme suppose un processus continu de lutte contre les intérêts de classe de la bourgeoisie capitaliste avec la participation active du peuple et des travailleurs, processus qui doit renforcer le camp révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas que le PCF pourrait participer comme force d’appoint à un gouvernement PS gérant loyalement le capitalisme. Au contraire, dans le cadre d’un rapport de forces favorable, ce processus devra se traduire dans une société de rupture avec la prise du pouvoir d’Etat : point de départ de la construction du socialisme, aiguisant la lutte des classes, ressourçant une nouvelle démocratie française de la commune à l’état et passant par l’entreprise, accélérant le processus de dépassement du capitalisme et ouvrant la longue aventure vers le communisme. Pour cela, il faut être clair sur les moyens de la transformation de la société, réaffirmer l’exigence de l’appropriation et donc de la nationalisation des secteurs clés de l’économie au-delà de celles réalisées par le CNR, tout comme l’exigence de la transformation des institutions, prendre à bras le corps la question de la production industrielle, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Sans tous ces moyens, il n’y aura aucune solution crédible aux problèmes fondamentaux de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’environnement.
Pour un développement humain durable donc socialiste : Marx dénonçant les gâchis de la bourgeoisie, disait déjà que le seul état économe ne pouvait être que socialiste. Il n’y aura pas de développement humain durable tenant compte des défis environnementaux sans transformer profondément les modes de production, sans les libérer du Capital. Il est illusoire de ne miser que sur des formes de production locales, anciennes, artisanales, en limitant le contenu scientifique du développement, en craignant la socialisation élargie des forces productives qu’exigent de vastes services publics modernes et efficaces. Il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle révolution scientifique et industrielle, faisant de l’environnement, du cadre de vie, de la santé humaine, les nouveaux défis industriels. Cela nécessite un développement mondial des forces productives dans lequel la science joue un rôle essentiel pour une libération massive de la créativité humaine, individuelle et collective.

3 – sortir de l’union européenne, affirmer la souveraineté populaire, développer la coopération et la paix

L’Union Européenne a été créée pour permettre au Capital de s’accumuler plus librement, pour redonner de l’air à ses taux de profits et aviver l’exploitation de l’homme par l’homme, en cassant le cadre national, berceau des acquis sociaux et en s’asseyant sur la souveraineté populaire. La "concurrence non faussée" était déjà un article fondateur du Traité de Rome ! Le refus de consulter les peuples ou le rejet autoritaire de leur décision (référendums français et hollandais) est un véritable déni de démocratie et montre le vrai visage de la dictature du capitalisme. La question de la participation de la France à l’UE doit désormais être posée. Le vote Irlandais vient confirmer que les peuples exigent de retrouver leur souveraineté pour faire d’autres choix, mettre en œuvre d’autres relations internationales, notamment de coopération et de paix, en Europe et dans le Monde. Nous devons soutenir avec force cet objectif en présentant une liste aux élections européennes portant l’exigence de sortir de l’UE. Cela nécessite de prendre des distances avec le PGE qui représente l’acceptation de l’UE, qui enferme les NON populaires dans l’illusion de la renégociation d’un traité, qui pousse le PCF à se désolidariser de certains partis communistes au profit de partis réformistes.

4 – avoir une solidarité internationale active

La rupture avec l’UE rouvre la possibilité de l’internationalisme. Et en effet, la question du socialisme fait de nouveau surface au niveau mondial, des pays bougent, de nouveaux rapports sud-sud se construisent, en Amérique Latine des processus révolutionnaires voient le jour et Cuba fêtera l’an prochain ses cinquante ans de socialisme. Et surtout, les rapports internationaux s’aggravent face à l’impérialisme qui provoque les émeutes de la faim, l’appauvrissement généralisé de nombreux pays et la guerre. Le PCF doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité. Mais, désormais il doit avoir le respect, la connaissance des expériences. Il doit sortir du suivisme médiatique, comme dans le cas du Tibet où l’attitude de la direction nationale paraphrasant les faux amis des droits de l’homme a été catastrophique, ou dans le cas de notre participation à un gouvernement envoyant des troupes en Afghanistan. Au plan international, le PCF doit avoir l’exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d’un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le respect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu’elles soient militaires ou dites “humanitaires”. Dans ce contexte, il aura aussi pour tâche de renouer avec les partis communistes : les progrès de l’influence de certains partis (Chypre, Grèce, Népal, Amérique Latine...) doivent nous interroger et nourrir notre analyse. Et même s’il existe certaines structures de rencontres internationales, comme le Forum Social Mondial, rien ne remplace une solidarité communiste internationale.

Pour conclure :

Pour le PCF, il est temps de changer de politique et donc de direction politique. Comment ceux qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui a conduit à l’échec, pourraient aller vers ce changement politique indispensable ? La tâche essentielle de la nouvelle direction sera de renforcer et réorganiser le PCF, d’être en capacité de rassembler et donc d’affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Contre l’immobilisme et la momification du PCF tels que voulus par la direction actuelle, il s’agira au contraire de faire du PCF l’instrument de tous ceux qui veulent changer de société, qui veulent le socialisme. Plus que jamais, nous sommes fiers d’être communistes et souhaiterions aussi être fier du parti communiste français.



Texte cosigné par des militant(e)s du Rhône : Pascal Brula, Lyon ; Laurent Brun, Oullins, Cheminot ; Pietro Brundu, Vénissieux ; Marie-christine Burricand, Vénissieux ; Yvette Centa, Villeurbanne, Blandine Chagnard, Vénissieux ; Edith Chagnard-Peillard, Vénissieux ; Evelyne Ebersviller, Vénissieux ; Véronique Forestier, Vénissieux ; Anne-Marie Gallenne, Villeurbanne ; Marie-Noelle Lekouara, Lyon ; Yvette Jacqmin, Villeurbanne, Annick Le Mée, Villeurbanne ; Bernard Le Mée, Villeurbanne ; Pierre-Alain Millet, Vénissieux ; Marius Pellet, Vaulx-en-Velin ; Alain Picard, Feyzin ; Michèle Picard, St-Fons ; Christiane Pradier, Vaulx-en-Velin ; Jacques et Zinette Reffo, Villeurbanne ; Gilbert Rémond, Vaulx-en-Velin ; René-Louis Serre, Villeurbanne ; Serge Truscello, secrétaire de section de Vénissieux, Gérard Viornery, Vénissieux
Partager cet article
Repost0
8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 20:19

Pour en finir avec plus d’une décennie de navigation à vue et de renoncement à notre identité.

 

Depuis l’arrivée de Robert Hue la direction du PCF n’a eu qu’une seule stratégie : subordonner son action politique à la réussite de l’élection politique suivante. Partant du postulat toujours réaffirmé et jamais démontré que en se présentant seul le parti communiste est condamné à l’échec.

Selon la nature de la prochaine élection le discours dominant au sein de la direction change.

Au moment des Européennes (prochaine édition 2009), on nous ressort les collectifs antilibéraux ou le pôle de radicalité, censés rassembler les partisans d’une Europe dite « sociale ».

Au moment des régionales (prochaine édition 2010), on nous exhorte de nous souvenir que nous sommes un parti de gouvernement. On nous rappelle que nous partageons des exécutifs avec le PS et ses satellites. Nous sommes alors priés de privilégier une alliance avec la défunte gauche plurielle.

Les électeurs et les militants ne sont plus prêts à accepter cette valse à deux temps. Ils attendent de notre direction de demain qu’elle affirme mieux  notre identité communiste. Le résultat de 8,5 % de notre parti aux dernières élections est largement basé sur un retour à nos fondamentaux.

Le capitalisme est le mal sans fin dont souffrent les populations depuis l’avènement de la république. La croissance et le progrès social sont confisqués par une minorité qui fait de son enrichissement personnel la seule règle. Dans les deux dernières décennies, le capitalisme a pu profiter de l’affaiblissement des forces progressistes qui a accompagné la fin du bloc soviétique. Imposant partout sa domination, il a accentué une concurrence interne lui permettant de justifier un recul général des normes sociales (retraite, santé, temps de travail, salaire). Cette politique s’appuie sur une mondialisation accrue des échanges et un poids grandissant de la finance. Cette aggravation de l’état du monde porte un nom : l’impérialisme. Il n’est pas une découverte pour les communistes. Lénine y consacra en 1917 un ouvrage resté la référence en matière de « mondialisation ».

C’est en réaffirmant notre condamnation de ce système que nous sommes le mieux reconnus aujourd’hui. C’est quand le parti communiste dénonce les profits fabuleux des patrons du CAC 40 et la misère des travailleurs pauvres que nous sommes le mieux compris. Dans ce monde, tout se paye de plus en plus cher (l’essence, les produits frais, le logement, les banques…). Dans ce monde, les salaires et les retraites ne cessent de baisser du fait de réformes successives conduites par nos gouvernants sous couvert de l’Europe. De plus en plus de nos concitoyens sont prêts à partager avec nous ce rejet du système, à chaque référendum sur les institutions européennes, les Français, les Hollandais et aujourd’hui les Irlandais ont désavoué la cohorte des partis bourgeois qui les poussaient au OUI.

Nous devons cesser de courir après les échéances électorales et renvoyer à plus tard la question d’un programme communiste.

Nous devons nous saisir de chaque nouvelle remise en cause des acquis sociaux pour dénoncer ce système. Nous devons défendre un programme d’urgence sociale qui permette de faire reculer la pauvreté et le sentiment de fatalité. De grandes campagnes permanentes notamment pour l’augmentation des salaires, pour un programme de construction de logements financé par un prélèvement sur les profits, doivent être portées de manière permanente. Il faut dénoncer sans retenue les guerres impérialistes en Irak, en Afghanistan l’exploitation des travailleurs sans papiers.

C’est à cela que servaient nos cellules de quartier et d’entreprises ; il faut revenir sur l’abandon de cette forme d’organisation. Les directions qui se sont suivies n’ont jamais eu d’autres formes d’organisation crédibles à nous proposer. A n’en pas douter nous ne sommes pas seuls sur un tel combat de valeurs. Nombreux sont ceux qui s’abstiennent aux élections et qui n’attendent que cela de nous. En nous engageant résolument dans cette voie, les militants communistes sortiront du doute existentiel dans lequel la presse bourgeoise et une partie de nos dirigeants veulent nous enfermer. 

C’est fort de ce combat au quotidien que nous pourrons présenter sans peur des candidats communistes à chaque échéance. Ne doutons pas que dans ces conditions ils soient capables de progresser largement sur le score de 8,5% atteint aux cantonales.

Voila ce que notre congrès pourrait décider pour les trois prochaines années et les deux prochaines échéances électorales. Il n’y a là aucune solution miracle mais un projet commun à porter ensemble : redevenir pleinement un parti communiste au service du peuple de France.

Partager cet article
Repost0
8 juillet 2008 2 08 /07 /juillet /2008 20:08

«JE CHANGE, TU CHANGES, IL OU ELLE CHANGE...»


Par Daniel Dewalle


QUAND on est hospitalisé quelques jours puis convalescent, on prend nécessairement un peu de recul par rapport aux urgences quotidiennes de la vie militante et de celle d'élu... et on en profite pour lire un peu plus la presse. Bien sûr, pour une certaine presse, un bon communiste, c'est toujours un communiste mort... Inutile donc de s'y attarder puisqu'un communiste vivant est toujours mauvais. Il y a aussi toute une presse porteuse de bons conseils : «Le monde change... il faut changer avec lui... Vous les communistes, vous êtes généreux, solidaires, mais vous n'êtes plus en phase avec votre époque. Il faut changer, sinon vous disparaîtrez... Regardez vos reculs depuis 30 ans : vous n'êtes pas aveugles... on ne passe pas de 20-30% à 2-3% sans motifs... Vous avez raté le train de la modernisation... mais si vous changez, vous pourrez peut être vous raccrocher au dernier wagon de la modernité».

Merci, Chers journalistes et chers chroniqueurs de votre sollicitude pour ces moribonds d'un rêve communiste d'un autre âge, inadapté au 3ème millénaire. Il y a enfin l'Huma et l'Huma dimanche, deux journaux que j'aime bien lire parce qu'ils relatent les combats de la France d'en bas, de ces sans-papiers qui se battent pour leur régularisation, de ces chercheurs passionnés par leur travail qu'on veut réduire à la rentabilité à court terme, de ces travailleurs qui veulent garder leur emploi, leur droit à la santé gratuite, à la retraite à 60 ans, à la formation tout au long de la vie... et ces reportages ont de la gueule et tracent en pointillé un projet communiste pour le 21ème siècle et ça vous donne du tonus et du punch ! Puis après les reportages viennent les analyses, les propositions et bizarrement, chaque semaine mes journaux préférés m'expliquent que le monde change (tiens, j'avais déjà lu ça ailleurs !) et qu'il faut changer avec lui (tiens, tiens, eux aussi, me disent ça !)...

Parfois, l'analyse ressemble à un cri du coeur : «Qu'on change enfin !» ou «Repensons le changement » et le camarade de poursuivre : «Que nous devenions enfin absolument modernes !» Ce serait donc la clé de notre avenir : «Changer» : Mais c'est bien sûr» ! La voilà l'idée qui nous manque : «Changez», bizarre ! Je croyais que ça avait été fait... pendant des années le parti a réfléchi à sa «mutation» et il semblait voici peu qu'il l'avait faite. Mais attention, pendant que nous changeons, le monde change encore plus vite ! Un seul exemple. Il y a 30 ans, les écarts de salaire allaient de 1 à 10... Nous trouvions que c'était beaucoup. Aujourd'hui, le monde a changé et ces écarts vont de 1 à 400 ! C'est, paraît-il, vachement moderne ! Nous sommes des milliers, des millions à ne pas vouloir de cette modernité là... et sur cette base, il y a peut être de la place pour le Parti communiste, pas vrai ? «Qu'on change enfin !»??? Mon oeil ! «Changeons le monde !» Là oui, je suis d'accord.

Partager cet article
Repost0