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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
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Combattre l’Union européenne, instrument régional de la mondialisation capitaliste


En aucun cas, notre engagement internationaliste ne se confond avec un quelconque mondialisme qui nierait l’existence des nations, l’exigence de la souveraineté des peuples.

Nous considérons que le cadre national, pour ce qui concerne la Nation française, reste le lieu principal de la lutte des classes, de la résistance au capitalisme mondialisé. Par leur Histoire et leur cohésion, les nations constituent des freins, non seulement économiques, mais aussi sociaux et culturels, autant d’obstacles à la mondialisation. Elles sont le cadre le plus propice pour réaliser un rapport de forces politique favorable à la satisfaction des besoins du peuple, pour engager une rupture ouvrant la voie au socialisme.

Le capital l’a bien compris. Il pousse à l’intégration (à la désintégration) des nations dans des blocs régionaux, pour mieux soumettre les peuples.

L’Union européenne a été conçue dès le départ dans cet objectif. Ses promoteurs cherchent à imposer la marche vers une entité européenne supranationale sur laquelle les peuples n’auraient pas de prise démocratique mais où les multinationales seraient toutes puissantes. Ils cherchent à abattre le cadre majeur de l’expression démocratique des peuples, de la souveraineté populaire : la souveraineté nationale autrement dit le droit, souvent si chèrement acquis, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Tout projet de « constitution » européenne en est la négation même. C’est pourquoi les eurocrates cherchent par tous les moyens à en imposer une.

L’UE est une machine de guerre contre les acquis sociaux et démocratiques des peuples. Les traités européens, Maastricht, Amsterdam, Nice, les directives et les règlements de Bruxelles en sont les rouages. Ils servent de prétextes et de moyens à la politique de régression économique et sociale des gouvernements français pour démanteler les services publics, la Sécurité sociale, pour casser le code du travail, pour faire des coupes claires dans les dépenses publiques et sociales. L’UE organise la mise en concurrence des travailleurs (ex : Bolkestein), facilite les délocalisations, les flux de capitaux au service de la mondialisation capitaliste.

Combattre et récuser la dictature de l’UE au service du capital est une priorité pour les communistes français. Dans cette lutte primordiale, notre action doit viser à identifier les responsabilités, notamment celles des gouvernements, à situer les points de résistance nationaux pour vaincre le fatalisme et la résignation que l’UE alimente. 

Dans la lutte contre l’UE, le niveau national reste déterminant. L’UE supranationale a été créée de toutes pièces par les gouvernements bourgeois et socio-démocrates nationaux pour mieux répondre aux exigences du patronat et du capitalisme en voie de mondialisation. Elle n’a aucune légitimité démocratique en elle-même et ne peut pas en avoir. Aujourd’hui, contrairement à ce que l’on s’implique à inculquer aux citoyens des différents pays, chaque traité, directive ou règlement est cosigné, en conseil européen, par le gouvernement et le président français. Chaque directive fait l’objet d’une « transposition » en droit français qui doit être approuvée par le Parlement. Les gouvernements français successifs se réfugient, se défaussent devant le peuple, derrière la « contrainte européenne » alors que ce sont eux qui adoptent les directives. Sur le plan institutionnel, la France conserve d’importantes possibilités de s’opposer à la dictature de l’UE, d’autant plus que la « constitution » européenne a été mise en échec.
Sur le plan politique, les convergences d’intérêt et de lutte potentielles sont telles que l’on peut gagner  le rapport de forces au plan national pour mettre en échec la poursuite de l’ensemble de l’eurodémolition de Maastricht. L’application des traités, directives et règlements iniques et illégitimes a cessé d’être une fatalité. La victoire du NON au référendum, en France et aux Pays-Bas, au bénéfice de tous les peuples, vient d’ouvrir une brèche.

Nos positions sur l’Europe doivent découler de ces observations.

Rejet de tout l’édifice européen supranational existant et lutte contre toute tentative pour l’étendre :
-    Opposition à toute « constitution » européenne, à tout « processus constituant ».
- Sortie de la France de l’euro et de la BCE avec rétablissement de la souveraineté monétaire et du franc et proposition de constituer une monnaie commune d’échange et de coopération.
-    Dissolution de la Commission européenne.
-    Sortie de la PAC pour sauvegarder notre agriculture.
-    Rejet de « l’Europe des régions ».
-    Rejet de tout élargissement de l’UE.

Refus de l’application en France des traités et directives européens, du pacte de stabilité que le vote du 29 mai vient d’invalider notamment concernant la mise en concurrence des travailleurs, des activités de service public…
Défendre EDF-GDF publiques, La Poste ou la Sécurité sociale, c’est la meilleure façon de s’opposer à Maastricht et aux directives européennes et de les mettre en échec.

Les luttes dans chaque pays restent déterminantes. Nous voulons les faire converger en Europe et au-delà. Les salariés, le peuple français ont besoin de développer des échanges entre Nations (européennes ou non) fondés sur des coopérations mutuellement avantageuses, par exemple entre services publics nationaux, dans les domaines de la recherche, des nouvelles technologies, de la protection de l’environnement, des échanges commerciaux internationaux notamment pour lutter contre le dumping social…

Rejetons le « mythe » européen !

Nous subissons une campagne idéologique de grande envergure, omniprésente, pour nous inculquer la nécessité de « l’Europe ». Tous les arguments sont bons pour justifier le soutien à l’UE du capital, même les plus ridicules ou les plus dangereux. On nous vante ainsi l’UE de la concurrence impitoyable entre les individus au nom de l’amitié entre les peuples.
Les forces du capital ont intérêt à prôner l’intégration européenne. Elles suivent leur logique de classes. Mais moins compréhensible est le raisonnement de ceux qui le préconisent tout en se réclamant de valeurs progressistes, de « l’antilibéralisme ».

Pour certains, construire « l’Europe » serait devenu la condition de tout progrès social. L’échelon supranational, les institutions de l’UE (même à « démocratiser radicalement ») seraient devenues le niveau décisif quasi unique de l’action politique. Ils ne cessent de clamer leur « besoin d’Europe ».

Même au nom des objectifs les plus généreux (les plus utopiques), c’est aller totalement à l’encontre de l’intérêt des peuples, des travailleurs de chaque pays que de chercher à légitimer, à relégitimer, l’UE supranationale du capital, une structure des institutions conçus contre eux, quasiment inaccessibles, le niveau où le rapport de forces est le plus défavorable et où les dés sont pipés dès le départ. Comment s’opposer à la casse d’un service public en France si on accepte la légitimité de la directive européenne qui lui sert de prétexte ou, ce qui revient au même, si l’on porte comme revendication la « réorientation » de ladite directive ?

Renoncer à se battre en France pour défendre les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, l’héritage des luttes, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front populaire, du programme du CNR, de 1968 pour construire « l’Europe sociale » avec Blair, Merkel, Berlusconi, Sarkozy, Barroso ou encore Bolkestein, sans parler des dirigeants des pays d’Europe de l’est, quelle duperie !
Cela va à contresens du vote de résistance du 29 mai en France et aux Pays-Bas, qui aurait été suivi par bien d’autres victoires si les gouvernements n’avaient pris garde d’annuler les référendums prévus.
Des idées d’apparence progressiste se révèlent être des chimères dangereuses et contre-productives pour les luttes. Ainsi les mots d’ordre séduisants d’ « Europe sociale » (repris par tous les partisans du OUI…) ou de « services publics européens » valident l’intégration européenne, redonnent une légitimité aux eurocrates pour saper les services publics et les systèmes de sécurité sociale nationaux sur lesquels pourraient se construire des accords de coopération. Gardons-nous de les reprendre !

Non, une « autre UE » n’est pas « possible », et pour longtemps. Ce n’est pas dans ce cadre mais contre lui que nous avons une chance de faire grandir les coopérations entre les peuples pour s’opposer à la mondialisation capitaliste.

La direction du PCF a progressivement tourné le dos à ce qui avait toujours été l’analyse et les positions du Parti sur l’UE. Un tournant a eu lieu en 1998 avec l’abandon de la campagne contre le traité d’Amsterdam et l’Euro. Depuis, les glissements se sont succédé depuis la posture « euroconstructive », l’objectif de « réorientation progressiste de la « construction » européenne », jusqu’à s’inscrire maintenant dans la revendication d’un « processus constituant » et d’un « nouveau traité constitutionnel ». Ces positions sont partie intégrante et essentielle de la « Mutation » réformiste du PCF que nous remettons en cause. Le résultat du référendum, la campagne que nous avons menée nous confirment dans cet objectif.

Non au nationalisme et à l’impérialisme européens !

Les propagandistes zélés de l’idéologie dominante fustigent le supposé nationalisme des adversaires de l’UE. Défendre le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, la souveraineté populaire, les acquis sociaux et démocratiques de notre peuple, défendre l’appareil productif national, les services publics à la française, est totalement à l’opposé du nationalisme comme avec les positions identitaires et racistes des Villiers ou Le Pen.
En revanche, il y a lieu de s’inquiéter de la volonté de développement d’un nationalisme européen que certains cultivent même sans s’en rendre compte.
Les démonstrations d’attachement passionné et irraisonné à l’Europe (« J’aime l’Europe »), les discours pour « renforcer l’Europe » et sa puissance, correspondent étroitement à la définition du nationalisme.
Dans le contexte d’affaiblissement relatif de leur puissance dans la mondialisation, la majorité des capitalistes français et des autres pays européens ont fait le choix de s’unir pour prolonger ensemble leur domination, non sans contradictions entre eux, en constituant une nouvelle puissance impérialiste, tantôt alliée, tantôt rivale des Etats-Unis, bientôt de la Chine.
L’euro se veut un concurrent du dollar comme monnaie de domination.
Cette volonté de puissance se retrouve sur le plan des relations internationales et sur le plan militaire, comme le projet de « constitution » l’a mis en évidence.

Notre rôle de communistes, dans la fidélité aux combats du PCF contre le colonialisme, le néocolonialisme français, contre la Communauté européenne de défense, est de dénoncer et de nous opposer sans faille à cet impérialisme naissant, néfaste pour les populations européennes, dangereux pour les autres peuples du monde, pour la paix.

Prétendre, comme le fait maintenant la direction mutante du PCF, que l’UE supranationale pourrait se constituer en acteur mondial, en bloc militaire intégré, pour oeuvrer en faveur de la résolution des conflits et du développement « durable » dans le monde, « en s’émancipant de l’OTAN », c’est au mieux de la naïveté.
Le peuple yougoslave porte dans sa chair les marques de cette logique qui a amené le PCF à ne pas mobiliser contre la guerre des Balkans (comme ensuite en Afghanistan).

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