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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
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Préparation du 34ème congrès du PCF

 


Remarques sur les travaux des ateliers, par Claude Deffontaine, section PCF Paris 16

Les 8 ateliers (je n’en vois que 7 avec une intro) n’apportent rien de véritablement neuf par rapport aux contenus des textes fondamentaux de ces 15 dernières années. Par contre, ils confirment bon nombre de renoncements (voir dans les remarques ci-après).

Ils confirment l’inventaire à la Prévert des défauts de notre société que nous connaissons tous. Ils sont rédigés sur le mode du questionnement, proposant des pistes mais n’ouvrant pas vraiment de voies claires. Après tant d’années de réflexion inabouties, il est écrit « qu’il ne s’agit pas de se positionner par rapport à ces textes ». Ils ne serviraient qu’à alimenter le débat. Cependant, un Conseil national se tiendra les 25 et 26 juin pour en faire le bilan et trois réunions nationales se teindront d’ici là, basées sur ces textes. Si ce ne sont pas des pré-textes de congrès, cela y ressemble beaucoup.

Par ailleurs, les 3 questions majeures qui seront débattues lors des 3 rencontres nationales ne sont pas assez ouvertes, vu le nombre restreint de participants, qui sont désignés par les fédérations. Pourquoi pas un nombre au moins double de participants qui seraient désignés par les sections. L’assemblée de fin décembre 2007, avec ce mode de désignation, avait permis de faire reculer les idées réformistes de la direction.

Revenons aux thèmes de travail. Ils sont fractionnés mais il y a entre eux un trait commun : l’absence de référence au marxisme en tant que théorie économique, philosophique, historique.  

Suivent mes observations brèves et synthétiques sur les textes, non pour fermer le débat, mais au contraire pour l’alimenter en cellule.

Intro : dans le 1er §, il faut remplacer les mots « gauche » par PCF. Dans l’ensemble des textes, on retrouvera ce refus d’assumer les responsabilités du PCF par la direction en se cachant derrière la « gauche ». 

 

Atelier n°2 : 

D’emblée, il est dit : « les politiques menées au nom de la droite mais aussi de la social-démocratie et du social-libéralisme n’ont fait qu’aggraver… » Fort de café ! Puisque nous y avons participé et l’envisageons encore avec certains dirigeants. Dans cet atelier qui traite des différentes situations internationales, pas de projet sur un mouvement communiste international à revivifier. Pas de référence au marxisme remplacé par la nébuleuse « internationalisme de nouvelle génération », de « forum », de « réseaux » ??

Pas de positionnement clair sur le type précis d’Europe des nations à refonder.

Les risques de guerre inhérents au capitalisme ne sont pas abordés ainsi que les menaces accrues de l’impérialisme américain sur la paix, entraînant Sarkozy dans son sillage.

 

Atelier n°3 

Le terme « dépassement » comme objectif, avec tout ce qu’il comporte de flou, est mis à toutes les sauces (ex : pourquoi parler du dépassement du capitalisme et non de sa chute ?)

Le texte est surtout bâti avec de belles envolées lyriques idéalistes, au sens philosophique du terme, donc anti-matérialiste.

Phraséologie empruntée aux poncifs à la mode.

Les mots production et productivisme ne sont pas des gros mots s’ils sont situés dans un contexte politique et social différent. Evidemment pour ceux qui n’ont jamais travaillé dans un atelier ce ne sont que des gros mots.

Ceux qui sont pourvus aujourd’hui ignorent qu’il faut passer par la production pour tout type de développement, qu’elle soit respectueuse de l’homme est une autre affaire à résoudre autrement qu’avec des abstractions. Avec ce type de raisonnement on prend tout droit la piste des bonnes âmes qui condamnent à priori le développement de la Chine, de l’Inde, du Brésil, etc.

« Révolution » économique : pas de schéma de société nouvelle, mais adaptation et amélioration des structures existantes.

« Révolution » écologique : galimatia digne d’un Grenelle de l’environnement avec en prime l’accusation de productivisme aveugle dont nous serions responsables au nom de l’emploi ! Tous ces arguments fantoches pour faire plaisir à une frange « de gauche moderne et écologique » ne serviront à rien car plus loin nous soutenons heureusement le nucléaire sécurisé. Ce qui les fera bondir.

« Révolution » de l’art, de la connaissance et de l’information : quatre lignes indigentes pour faire fuir les intellectuels.

« Révolution » démocratique : toujours du dépassement nébuleux !

 

Atelier n°4 

Là aussi, il est souligné « les déceptions liées à l’échec du social-libéralisme et le recul de la conscience de classe qui est lié, mais c’est pour l’imputer à la faiblesse de la gauche et non à la direction du PCF. Quand même, constat que lors des dernières élections municipales et cantonales lorsque le PCF assume son rôle il progresse.

A partir d’observations assez justes, au lieu de trancher sur la nécessité de rupture avec le PS et autres réformistes, on écrit : « ceci nous amène à nous interroger sur les concepts qui  jusqu’ici ont présidé à notre analyse ». ( ???)

Une question qui n’est pas abordée : peut-on reconstruire des gauches fortes en Europe et en France sans construction parallèle de Partis communistes forts ? Sujet totalement écarté dans le type de débat organisé par Francis Wurtz (voir huma 19/05 – compte rendu de la conférence GUE-NGV à la cité des sciences)

 

Atelier n°5 

La direction du Parti sachant dire tout et son contraire il est acté « que tous les participants à l’atelier, le communisme est un exigence plus actuelle que jamais ».

Ceci dit sur les 7 ateliers, c’est le seul où l’on cite Marx une fois pour se donner bonne conscience. A aucun moment il n’apparaît que la démarche de pensée marxiste est notre repère. Comment aborder la question du communisme en escamotant totalement le marxisme, la démarche de l’économie politique marxiste, la démarche du matérialisme historique ?

L’étude dialectique du XXème siècle et du début du XXIème siècle, n’est même pas abordée alors qu’il existe des ouvrages et études de référence importants.

Aveu d’impuissance et pas de solution proposée pour une nouvelle image du communisme. Conclusion surréaliste du dernier paragraphe qui indique qu’il a été prévu « un programme d’audition » d’autres forces politiques de gauche pour connaître leur approche de la question du communisme ! (Au secours !!!)

Enfin la crainte des symboles confirme bien la fragilité des convictions. Le mot communisme, la faucille et le marteau posent problème aux âmes sensibles comme pour certains la Marseillaise est devenue un hymne trop sanglant et violent !

 

Atelier n°6 

Il est souligné que le projet politique est une question clef et que l’absence de projet assure la droite de « succès par défaut » le PCF doit définir son programme propre, très bien !

Rappelons que le PCF a depuis longtemps des axes de projets bien définis y compris sur le plan constitutionnel. (Voir Anicet Le Pors Huma du 20/05)

C’est l’absence de luttes réelles pour leurs réalisations et la soumission au Parti Socialiste qui en font l’échec.

Nous souhaitons proposer « des réformes incontournables », des « réformes représentant de vrais progrès, à la hauteur des problèmes et des possibilités d’aujourd’hui et sous lesquelles rien ne peut vraiment et durablement changer dans le bon sens ».

Alors banco, faisons-en un préalable à tout accord national avec le PS, nous aurons là le point de rupture, la mise à 0 des compteurs qu’attendent de nous tous ceux qui rejettent les politiques « stériles » dites de gauche.

Un projet communiste pour les 10 ans qui viennent, avec pour seul moteur les luttes avec les populations, peut assurer le renforcement d’un courant à côté de la social-démocratie qui permettra de nous renforcer.

Les combinaisons électorales de sommet sont à écarter. Par contre à la base, le contenu d’un projet social et démocratique proche de la vie des gens permet toutes les unions et alliances possibles.
 

 

Atelier n°7

Dans les deux premières phrases du paragraphe page 1, on doit supprimer les mots gauches pour être plus clair (toujours se cacher).

C’est le 7ème paragraphe page 1 qui attire le plus mon attention. Il mérite d’être cité et commenté complètement :

« Le renoncement face aux règles libérales marque certaines formations de gauche réformiste. –pourquoi ne pas dire PS ?- et ne permet pas à la gauche de s’opposer clairement à la politique de Sarkozy –pourquoi ne pas faire référence aux ambitions présidentielles du PS qui régissent toute sa politique ?- La notion de gauche elle-même, ses contours, son avenir, son projet ou l’absence de projet alternatif, font débat. Le risque de disparition de l’idée de gauche est grand. »

Ceci posé, il y a cette fois-ci des idées pour dire que l’on peut faire autrement, que de rechercher des alliances au sommet avec le PS, pour un grand rassemblement majoritaire.

Mais il y a plus de questionnements que de réponses.

Personnellement je pense que si la direction du PCF n’a pas de complexe à éviter des références au marxisme, elle ne doit pas en avoir non plus à supprimer le terme Gauche, tant qu’il ne veut plus rien dire, pour définir le rassemblement populaire nécessaire. Je propose de le remplacer par le terme « Front Populaire », pourquoi ? Quatre ans avant l’élection présidentielle, le PS confirme objectivement ses choix de bipartisme, de présidentialisme et de dispositions constitutionnelles qui renforcent le pourvoir présidentiel issu du gaullisme. Son seul programme pour les 4 ans à venir sera social démagogique comme celui de la droite, avec à la sortie en cas de victoire, des reniements et promesses non tenues.

Front Populaire, ce n’est pas un retour ringard en arrière.

La formule est toujours connotée de progrès social et de résistance en France mais aussi en Europe. La droite n’hésite pas à faire appel à ces schémas traditionnels, n’hésitons pas à faire revivre certains de nos repères historiques positifs.

Le PCF indépendant sera une composante du Front Populaire auquel se rallieront toutes les forces progressistes se reconnaissant dans un programme moderne, laïque, social et démocratique. Le PS sous-estime la fracture qu’il va créer dans sont parti et chez ses sympathisant avec le renoncement de tout ce qui a fait son histoire.

Nous devons rallier ces gens. Nous devons aussi conquérir tous les courants associatifs nombreux qui se sont bâtis sur le vide politique de ces dernières années. 

 

Atelier n°8

Là aussi l’affirmation de besoin d’un Parti communiste est claire et issue du recul de la direction après l’assemblée des sections fin 2007. N’oublions pas cependant qu’en conclusion de cette assemblée et concernant le devenir du Parti il a été acté que « toutes les pistes étaient possibles ». Certaines analyses de l’atelier n°5 montrent bien la fragilité des convictions et les revirements possibles (le mot communisme, les symboles, etc.…)

Dans ma contribution sur le site alternative-forge, j’ai eu l’occasion de souligner que le Parti communiste évolue de façon normale comme un corps vivant avec le temps. Dans sa forme actuelle il est perfectible malgré les dégâts subis. C’est un outil qui reste en état de marche mais dont la direction ne sait pas / ne veut pas se servir.

Les directions sont remises en cause pour les erreurs commises, la nécessité de renouveler les dirigeants affirmée ainsi que les responsabilités dans les échecs (choix des alliances politiques, désorganisation et effacement du parti…). Cependant il ne faut pas pratiquer le jeu des chaises musicales et retrouver les mêmes à d’autres postes. Dans chaque section et dans les conseils départementaux il faut effectivement promouvoir des dirigeants représentant les milieux populaires. Pour assurer ces promotions dans l’avenir il est important de reprendre les formations militantes et d’éducation populaire.

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