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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
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RENCONTRE AVEC ANDRE GERIN ET CHARLES HOAREAU 30 avril 2008

Une contribution au débat pour le 34ème congrès:

Environ 80 personnes ou plus ont participé à cette rencontre tenue au 2 rue Voltaire à Béziers.

Introduction de Aimé Couquet:
Au nom de la section de Béziers du PCF, nous sommes heureux d'accueillir André Gérin, député-maire communiste de Vénissieux et Charles Hoareau de l'association « Rouge Vif », cégétiste qui s'est fait connaître comme coordinateur du mouve­ment des chômeurs à Marseille. Nous considérons que dans le cadre du 34è Congrès il faut un débat important. Nous approuvons la position d'André de conserver un PC révolutionnaire, tourné vers les classes popu­laires. Il nous a paru logique d'accepter sa pro­position de rencontre. Le système capitaliste est tellement pré­gnant qu'il faut organiser le plus possible de dé­bats pour que tous les communistes participent à la prépa­ration de ce congrès. Avant, la direc­tion de notre Parti prenait en compte les propositions de la base pour la prépa­ration des congrès, mais cela ne se véri­fie plus de­puis longtemps. Malheureusement, il y a une telle culture du respect des directions par les militants que les camarades ne réagissent même plus, ou sanc­tionnent en quittant le Parti.
Il est important que tous les communistes soient ca­pables de rester membres du Parti, alors que de nom­breux cama­rades refusent le comportement de cer­tains dirigeants qui conduit à la déliquescence. Déli­quescence qui elle-même conduira à la disparition du Parti, ainsi que le veulent certains dirigeants. Mais s'ils ne veulent plus du Parti qu'ils le quittent donc et le laissent à nouveau se développer!
Voilà pourquoi nous organisons cette réunion. Et d'autres suivront, car en France nous ne sommes pas seuls ! Le congrès ne devra pas être tout ficelé d'a­vance au travers de trois réunions nationales et de rencontres départementales organisées par la direc­tion. Ce sont les communistes qui doivent être pro­priétaires de leurs déci­sions. Dans le débat nous fé­dérerons tous ceux qui sont adhérents du PCF, plus tous ceux qui l'ont quitté de­puis peu, car les classes populaires ont besoin d'un Parti communiste organisé, clair sur ses positions et ses propo­sitions pour faire évoluer la société.

André Gérin : Je dois vous parler de deux ou trois choses importantes que nous vivons en ce moment. Je pense que le 34ème congrès peut être fatal pour le PCF. Dans l'analyse des municipales et des canto­nales, ce qui frappe c'est le potentiel de femmes et d'­hommes militants, élus qui montrent que le PC et son enracinement sont réels et qui ont sau­vé l'honneur du Parti pour ces élections. Mais je considère que Marie-George Buffet et le conseil na­tional pour­suivent le déclin du PCF dans leurs positions. En 1977, le PC rayonnait sur environ 9 mil­lions d'habi­tants ; au­jourd'hui, c'est sur 1,2 à 1,3 millions. Le paradoxe, ce sont les exemples de villes comme Le Havre, Cor­beil-Es­sonne, Sète, et je me refuse à rentrer dans le dé­tail pour la région pari­sienne. Ce qui me frappe c'est qu'en 2001, nous avons perdu 31 villes dont 20 de plus de 30 000 habi­tants. Dieppe ayant sauvé l'­honneur. Mais sur ces 20 villes, 9 au­jourd'hui sont dirigées par le PS. Ce qui me choque, c'est qu'on ne soit pas capable (le CN) de s'expliquer par rapport à ce qui se passe. Le Parti n'est même pas capable de tirer les ensei­gnements de 2001, de voir qu'il fallait changer des habi­tudes d'alliance avec le PS qui nous faisaient perdre. Le sommet a été atteint avec Le Havre où il était inimagi­nable pour le PS de laisser la ville au PC! Avec tout ce qui s'est pas­sé de­puis le dernier congrès, il est clair que la direc­tion nationale organise la dispari­tion du Parti. Je vous le redis donc: le 34è congrès est celui qui joue notre avenir. La si­tuation est grave pour notre Parti.
Comment aborder la question au stade actuel? Le re­fus de la direction nationale d'analyser pourquoi on a perdu la Seine-Saint-Denis est caractéristique de son attitude. Considérons le vote Front national des an­nées 90: elle a refusé de voir que des électeurs com­munistes avaient voté FN. En Seine-Saint Denis, par endroits le FN a réali­sé 30%. Au­jourd'hui, sur ce dé­partement, le FN est en recul mais chose gravissime, l'abstention y a établi ses re­cords à 65 et 70%, dans les classes électorales où le PC a vocation d'agir. La ligne politique actuelle d'abandon des classes popu­laires et ouvrières, accélérée avec Robert Hue, a accentué le déclin du PC et le travail est ache­vé ac­tuellement par la direction nationale. Nous sommes à un moment fatidique, d'autant que la direction n'a au­cune légitimité, car ses membres ne représentent qu'eux-mêmes. Notre légitimité c'est d'être en prise avec le monde populaire, avec le tra­vail, avec les intellectuels. Nous avons aussi abandonné l'éducation populaire et notre pratique d'étude du marxisme...

Il faut réaffirmer: restons fidèles aux choix de 1920. Renouons aujourd'hui avec nos fondamentaux mar­xistes, tra­vail essentiel d'autant que nous sommes dans une situation d'éclatement. Beaucoup de com­munistes sont en­core restés au Parti, mais d'autres l'ont quitté. Posons-nous la question. Quel Parti pour mener le combat révolu­tionnaire? La révo­lution n'est pas une question ringarde mais moderne dans la lutte de classe nationale et inter­nationale. Les enjeux sont fantastiques pour le Parti communiste anticapitaliste avec le sujet de la faim dans le monde.
Qu'est-ce que chacun peut faire? Si on veut avoir une chance de faire bouger les choses à ce Congrès, ça sup­pose que même les communistes qui ne sont plus adhérents doivent à nouveau s'impliquer. J'ai la conviction que les com­munistes ont en­vie de construire cette bataille idéologique, politique, concrète. Si la construction d'un Parti communiste ré­volutionnaire pouvait être notre objectif commun dans le rassemblement de tous les nombreux groupes résistants, pourquoi serions-nous bat­tus au 34ème congrès en portant cette idée forte de démarche révo­lutionnaire? Nous changerons la direction pour sortir du tête-à-tête avec le parti socialiste afin que le Parti revole de ses propres ailes. Il faut « couper le cordon ombilical » comme en 1920, Et si les communistes ob­ligeaient la direction à remettre son mandat, exi­geaient la consultation de tous les adhérents afin d'ob­tenir une direc­tion porteuse de l'idéologie révolution­naire? C'est pour cela que j’ai lancé l’idée d’un ré­férendum des communistes .Le problème est crucial, il faut qu'on se bouscule, qu'on s'organise.

Paul Barbazange:
J'ai été délégué les 8 et 9 décembre 2007 à la conférence nationale à Paris. J'en suis revenu en disant «on a battu la di­rection natio­nale dans son objectif d'accélérer la disparition du Parti». D'autres ont eu la même analyse. En dépit des diffi­cultés il y a la volonté de garder le PCF. Je rap­pelle qu'il est né de la bou­cherie de 14-18, comme nous pouvons renaître de l’inhumanité du capita­lisme. M.G. Buffet ne vou­lait pas que la question de l'organisation de la construction communiste soit dans le texte. Notre amendement est passé en commission puis atténué en séance pleinière, mais est resté! Oli­vier Dartigolles et Marie-Pierre Vieu ont décidé la disparition de l'organisation com­muniste. Ils sont comme Gayssot, mais eux sont au sommet de l'appareil.

Gilles Galtier :
Pour le PCF il est trop tard. Je m'ex­plique. J'ai adhéré en 1974 et depuis 4 mois j'ai refusé de re­prendre ma carte par découragement et par dé­goût. Par découragement car dans mon village, il y a 25 ans, nous étions 80 membres du PCF et aujourd'­hui 4, dont les âges vont de 77 à 84 ans. Il y avait à Servian une section de 250 membres, aujourd'hui la section a disparu. Et pendant des années je me suis présenté à des élections, l'action adoucis­sant la ran­coeur.
Par dégoût pour les pratiques de nos dirigeants fédé­raux, porteurs d'eau de Frêche, qui ont besoin d'être élus -il y a des indemnités qui leur permettent de vivre- mais leur niveau idéologique est lamentable, sans parler de l'at­titude de Jean-Louis Bousquet en 2002 sur le Vème prenant une décision de retrait au premier tour sans avoir régulièrement convoqué les camarades et ses pratiques écoeurantes à Béziers. Entre décourage­ment et dégoût, j'ai décidé de ne pas renouveler pour observer. Toutefois, ça ne me suffit pas donc je m'intéresse de près à l'action de la LCR qui me paraît plus cohérente que celle du PC.
L'an dernier, MGB est venue Sète, je n'y suis pas allé, mais je me suis rendu à Montpellier où se tenait une ren­contre avec Besancenot. Et dans la foule une bonne moitié avait moins de 30 ans !
Ce qui va terriblement manquer au PCF, c'est le re­nouvellement de ses militants. Ici, à part Nicolas, il n'y a que des gens âgés. Alors, si on n'a pas la jeu­nesse dans une ville de 70 000 habitants que dire des villages; c'est le dé­sert. La LCR est beaucoup plus at­tractive. Donc on va voir comment ça se passe, mais si au congrès on se fait avoir...

Nicolas Cossange:
Ton intervention tombe bien. Car il y a des manque dans l'accueil au sein du Parti. En particulier le manque de formation. Le PC n'est pas là pour gérer le capitalisme. Il devrait proposer une al­ternative, mais ça n'existe plus. A la fédé, il n'y a rien en ce qui concerne la formation. Ce manque va très vite devenir un obstacle car il n'y a pas transmission ni élan pour remplacer au moment voulu les forces restantes. Le mouvement des Jeunes Com­munistes n'est plus que l'ombre de lui-même. Les jeunes sont fondus dans les directions aux divers ni­veaux ou alors ils sont dans la ligne de la disparition du PCF. Les Jeunes Communistes ne sont pas organisés sur l'Hé­rault. Le site internet ne donne aucun contact hormis le mien et celui de Florian. Sans l'organisation des jeunes, les sections ont du mal à attirer des jeunes qui sont pourtant communistes. Lorsqu'on considère l'­histoire enseignée dans les ly­cées, le communisme s'arrête à Staline. Je pense qu'il faut organiser des ren­contres entre jeunes et anciens. Pour la pre­mière fois, notre génération, celle des jeunes, sait qu'elle vivra moins bien que celle de ses parents.

Martine Souty:
Nous sommes courageux. Quand Ni­colas a adhéré, j'ai été surprise car c'est compliqué pour nous d'être militants dans le Parti. Il n'y a plus de clarté. Dans le parti il n’y a pas que des com­munistes et tous les communistes ne sont pas forcé­ment au Parti. Se rassem­bler d'accord, mais pour se battre sur quoi, pour aller ensemble vers quoi? On ne s'y retrouve plus, mais nous y croyons. Notre culture, notre vécu, nous ne voulons pas les lâcher. Si certains n'en veulent plus, qu'ils partent! Ils ont or­ganisé la casse et ce sont eux qui gagnent parce qu'ils ont le pouvoir. Obtenir le vote de tous les communistes, je suis bien d'accord, mais qui va dé­pouiller ces votes? Nos luttes ne sont pas forcément relayées par la direc­tion nationale. On fait quoi contre le blocage au ni­veau des directions? On est majoritaire à la section de Bé­ziers mais on voit des mecs qui nous font ch.. Je ne vois pas comment au plan national on va y arriver...

Charles Hoareau:
Je reviendrai sur les moyens de communiquer. J'ai longtemps milité syndicalement et j'ai ainsi connu l'UL CGT de Béziers qui avait une po­sition particulière. J'ai été membre du Parti mais quit­té après le congrès de Martigues. Il faudra bien qu'on finisse par rassembler les communistes du dedans et ceux du dehors. Le clivage existe: il est entre les ré­volutionnaires et les communistes socio-démocrates. Le parti socia­liste aussi va dans le mur d'où le problème de l'abstention. A Allauch, on a mené une campagne communiste et sommes passés d’un total théorique d'environ 10 % (PCF 8 % et LCR 1,5 %) à 20 %, Ceci en faisant des propositions sur les services public, etc... C'est dans les quartiers populaires que l'on a eu le plus fort score car les gens se sont reconnus dans notre programme.
Nous avons créé notre association qui s'appelle « Rouge vif » avec le symbole de la faucille et du marteau. C'est un symbole mondialement reconnu. Dans cette association il y a des gens du PC, es gens qui n'ont jamais été encar­tés, des syndicalistes, des simples citoyens... C'est clair, on ne peut pas être communiste tout seul, car ainsi on perd tout repère. Nous n'allons pas faire un nouveau Parti. Toute la question est d'atteindre une lisibilité nationale. Le 1er septembre 2007, à Vénissieux nous avons lancé l'ap­pel «Communistes de France, il faut un PC porteur d'un projet révolutionnaire». Un exemple: dans les luttes de la grande distribu­tion il faut que le PC donne un éclairage politique des luttes engagées. Il pourrait dire: na­tionalisons ce sec­teur!
Afin de communiquer et d'échanger, Internet est un outil formidable qui permet d'accéder rapidement à l'­information. Donc on a les moyens de savoir ce qui se passe un peu partout. Je sais qu'à Béziers vous avez un vrai prob­lème car quand je lis «l'Humanité», c'est Gayssot le modèle communiste!
Aujourd'hui, le Parti est isolé sur le plan international. Le PC d'Israël a lancé un appel que le PCF n'a pas si­gné, le PC égyptien a lancé un autre appel sur le prob­lème de la crise alimentaire mondiale et le PCF ne l'a pas signé. Ces deux appels ont été ratifiés par 39 PC… pas toujours les mêmes, mais c’est nous qui nous iso­lons.
Je reviens sur le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) de la LCR. L'idée d'un parti anticapitaliste est néces­saire. Mais ça ne marchera pas car il ne suffit pas de passer à la télé chez Drucker!
A Marseille, il y a eu une liste LCR avec quelques PC car il fallait voter contre Sarkozy. Si le PC avait pris la tête de liste avec les CUAL, on aurait pesé 15%. Le PC a choisi l’alliance avec le Ps , le Modem et même un UMP membre de leur bureau national! L’absten­tion a fait des ravages dans les quartiers populaires, jusqu’à 70 % des inscrits. On ne peut balayer d’un re­vers de main des décennies d’histoire communiste. Mais ça ne peut pas être le fils qui tue le père. Sur le Tibet, le PC a retrouvé des réflexes primaires, quel scandale!

Fabre du RCF : nous avons a plusieurs reprises proposé rencontres et débats en particulier avec l’appel de G. Hage. Nous n’avons pas eu de réponse, pourquoi ?

Jacques Cros: Ce qui est en cause, c'est les limites d'un système économique et social qui ne répond plus aux be­soins des gens. Donc le système appelle une ré­volution. Le Congrès de Tours en 1920 c'est construit sur le re­fus de la boucherie. Aujourd'hui, il n'y a plus de réponse aux problème des gens: salaire, logement, sécurité, paix dans le monde... Il n'y a plus de loi, que celle de la force, la loi de la jungle des plus forts, comme les États-Unis qui gèrent le monde et que Sar­kozy suit. Le problème ne se résoudra pas si on n'a pas une perspec­tive claire. N’oublions pas qu’en 2001 à Cessenon dans mon village Le Pen a fait plus de voix que Jospin et Chirac réunis. La situation est tel­lement dégradée, partout, elle appelle donc un chan­gement de fond. Malheureuse­ment, on conserve l'alliance qui fait perdurer les choses! Si demain la so­ciale-démocratie revenait au gouverne­ment de la France, elle ne résoudrait rien. Il faut un Parti com­muniste révolutionnaire. Et le Parti sera révolution­naire ou ne sera pas.

Martine Ragonnet: Oui il faut une organisation car je ne suis pas sûre qu'on trouve une autre moyen. Ce que dit Nicolas concernant la formation est pour moi essentiel C'est vrai, la propagande est telle qu'il faut retrouver des mo­ments de réflexion communiste: théorie, histoire et avenir.

Paul Barbazange:
Je comprends les positions de chacun, car chacun a son histoire, sa culture politique. Dans le cadre du Congrès, est-ce que nous nous bat­tons pour «prendre» la direction du Parti? Je suis de vieille culture léniniste et la prise du pouvoir, c'est autre chose que son exercice. Nous avons à prendre en compte un calendrier indépendant de notre volon­té. A Tours le 14 juin, le débat pu­blic a pour thème «transformations du PCF». Et pour cet important dé­bat, les camarades ne seront pas mandatés. Ça veut dire que c'est la direction choisit qui parlera et quand. On les a battus le 8 décembre mais ils continuent comme si notre motion n'existait pas!

Michel Rouquette :
Il n'y a pas si longtemps, je par­tageais le découragement de Gilles. Mais ce qui m'a persua­dé de rester c'est ce qui se passe à la section de Béziers. Mais se battre contre des moulins à vent, ça va un mo­ment. Il y a de l’espoir. Si j’étais parti je ne serai allé nulle part. Mais plus on aura de rencontres, plus on pourra espérer. Même à 3% on en a marre des alliances avec le PS. S'il y en a moins qui vont à la soupe, on se reconnaîtra !

Serge Aléou:
Je suis un ex-secrétaire du PCF de Pa­ris, ex-membre du comité de section de Narbonne. Je n'ai plus ma carte. A Narbonne, c'est compliqué. Nous avons proposé un débat au PC, mais le PC a refusé. Alors à Li­moux, nous avons présenté une candidate. Nous avons été juste derrière les socialistes car notre tête de liste était la secrétaire CGT de chez Myris, et en dernière position est arrivée la camarade du PC. Nous appartenons à Convergence com­muniste. Nous essayons d'avancer. Les gens de Limoux ont voté pour une camarade dans les luttes, sur le terrain pour répondre aux besoins des gens. Il y a pas mal de camarades de Convergence com­muniste qui sont dans des conseils municipaux. Vous êtes sur le bon chemin ici, à Béziers. l faut chercher à se rapprocher. Dans l'Aude, nous n’arrivons pas au même type de débat. Pour vous dire, le res­ponsable de la LCR a fait adhérer les membres de la LCR au PCF puis est devenu se­crétaire du PCF

Thérèse Bouldoire: Je reprends ce qu'a dit le jeune communiste, «La jeunesse actuelle sait qu'elle va moins bien vivre que ses parents et c'est la première fois! » Je ne suis pas d'accord. Depuis des années, on ne parle plus de la mi­sère qu'il y avait à l'époque. Je rappelle que le RMI date de 1988, vingt ans déjà. Des gens qui vivaient mal il y en avait des quantités! Ici, c'est un endroit où j'entends des choses révolution­naires, c'est bien, mais j'y mets quelques bémols.

Jacqueline Maurel:
Je suis des « seniors ». Je rap­pelle que j'ai fait les écoles de cellules, plus l'école fé­dérale. Je me souviens qu'on nous avait proposé une réflexion sur « compromis et compromission » et j'a­vais déclaré que le compromis me­nait à la compro­mission. Balmigère m'a fait la leçon sur mes opinions trop arrêtées. Pour des raisons électora­listes, on avait l'illu­sion de croire que la direction amènerait le Parti au pouvoir au travers des alliances. J'ai eu tort de quitter le Par­ti, mais j'ai beaucoup d'inquiétudes. Je réfléchis à un retour pourquoi pas ! Quand les diri­geants sont vendus aux réformistes, on ne peut rien espérer.

Jean Louis Robineau:
Comme Line je suis un « senior ». Je suis resté au PCF. J’ai le sentiment de ne pas y faire grand chose, mais je viens chaque fois que possible, je participe. Mais n’est-ce pas la somme de ces «pas grand chose» qui faisait la réalité de notre Par­ti: le lien avec les travailleurs.

Claudine Esco:
Je fais partie du Sud-Biterrois. Heu­reusement qu'on vit à côté de Béziers. On subit aussi le décou­ragement et l'envie de ne plus rien faire. Mais la préparation du congrès, c'est préparer la survie du Parti. Si on ne réussit pas, on aura encore plus de dif­ficultés. Le repli sur soi doit être vaincu car il faut discuter ensemble et se re­trouver. Nous sommes des communistes révolutionnaires, même si on subit des chapardages de l'intérieur pour nous faire baisser les bras. Il doit absolument rester un Parti communiste.

André Gerin: Si nous considérons que majoritaire­ment les communistes sont pour le maintien d'un Parti communiste porteur d'un projet révolutionnaire, il faut en faire notre objectif commun. Chacun doit faire l'effort de se concentrer. Points de vue, analyses, dif­férents, contradictions, tout cela doit contribuer au ras­semblement pour sauver le Parti. Ce n'est pas le PRCF, ou André Gerin, qui a raison à la place de l'autre. Il faut absolument que chacun fasse l'effort d'arrêter de mettre des étiquettes. On a chacun notre part de vérité. On est dans ce moment critique où la position de notre direction peut être fatale au Parti. Est-ce qu'on est capable de dire: «qui nous em­pêche de prendre le pouvoir, de se­couer le cocotier si on a cet objectif, porter un projet révolutionnaire?». Il faut faire monter l'idée d'un référendum pour conserver le Parti. Aujourd'hui, on rencontre deux orientations chez les com­munistes: ceux qui veulent garder le PC avec toutes ses diversités, et ceux qui sont re-fondateurs depuis 1989, qui veulent abandonner l’organisation, et qui disent que tout ce qui va mal, c'est la faute du PC pour pouvoir continuer avec le PS. A côté d'eux, l'orienta­tion de MG Buffet est aussi l'abandon du PC pour aller vers le PS.
Une prise de conscience s'impose. Aujourd'hui notre direction s'adapte à l'accompagnement du libéralisme; non seule­ment on a abandonné la théorie, mais on a mis en sommeil et occulté tous nos points forts fai­sant l’apport original de notre Parti . Dans un pre­mier temps, abandon de «la dictature du prolétariat», idée de révolution pacifique pour la transformation de la société, et non re­nouvellement de la pensée. Ensuite abandon du centralisme démocratique. Il y a eu aban­don de points idéologiques forts.
Je pense que les adhérents doivent faire irruption avant le débat du congrès, en prenant appui sur 1920, en di­sant qu'il faut refaire le congrès de Tours, certai­nement pas à l'envers, mais pour aller plus loin, plus haut et plus fort. Il y a une passion française pour le communisme. Pour dépasser notre découragement, nos souffrances, car nous avons au pouvoir une droite pétainiste qu'on doit affronter, combattre de façon énergique! On personna­lise cette droite, mais le com­bat idéologique fait rage depuis la Résistance et le CNR, suivi du plan Marshall. La bour­geoisie au­jourd'hui détricote tout ce que nous avons construit. Dans ce combat cassant le collectif en isolant l'indivi­du dans la misère, il faut remettre au centre le collec­tif, d'où l'enjeu de porter les 40 ans de Mai 68 dans notre congrès. La préparation est concrète, immé­diate, au moment où la bour­geoisie entend encore modi­fier la constitution de 58, nous devons remettre en cause l'élection présidentielle au suffrage univer­sel. Nous devons être por­teur d’une nouvelle espé­rance , d'une république sociale.
Le Parti socialiste est d'accord avec le Revenu Social d'Activité, avec le traité simplifié européen, avec la priva­tisation des ports... Notre direction nationale a abandonné ces combats. Il faut re­motiver les cama­rades sur les millions de gens en survie: ont-ils besoin de petits pansements? C'est cela qui tue la démocra­tie. Notre PC aussi fait de l'accompagnement. On peut tenir tous les discours que l'on veut mais il faut se prendre par la main face à la question essentielle: est-ce que le marxisme aujourd'hui peut être utile à la France?
Pour la LCR, franchement toutes les conneries qu'on a fait contre les gauchistes, ça nous a coûté très cher. Il y a de la place pour tout le monde. Mais le PC doit être capable de réinvestir les classes populaires et le monde du travail, sinon il n'a plus de raison d'être.

Charles Hoareau: Dès qu'une organisation ne fédère plus, elle s'émiette. J'ai moins de souffrance que vous car j'é­tais davantage militant syndical. Les plus vi­rulents contre le PC sont parfois ceux qui l'ont quitté. Il faut trouver la posi­tion qui va rassembler les com­munistes. Tous ceux qui se disent «à la gauche de la gauche» m'ont invité à jouer les «José Bové». Mais en gros, on a répondu «s'il n'y a pas le PC on n'y va pas». On a privilégié le dé­bat, mais en ex­terne on a empêché de tirer sur le PC. Au départ de Rouge Vif, il y avait 8 communistes sur 10 adhérents. Mais au­jourd'hui, à ces copains-là, comment leur demander d'adhérer au PC, juste pour le défendre? De l'extérieur du Parti, mais de l'in­térieur du communisme, il faut se rassembler car il faut absolument re­prendre l'appareil. Notre visibilité pèse dans le débat. Notre site Internet a vu 80 000 lecteurs de l'interview de Gerin et 200 000 personnes ont lu l'appel de Vénissieux. Les temps du militantismes sont tels qu'à la CGT, tu adhères et tu te retrouves dirigeant en moins de deux et sans for­mation! Travaillons ensemble pour se préci­ser les re­pères. Nous sommes trois cents, mais nous ne faisons pas la pensée d'un pays, c'est pourquoi nous de­vons nous rassem­bler. Ce qui s'est produit en Italie, échec de la «Gauche arc-en-ciel», est la preuve que la dispa­rition de la pensée révolutionnaire mène à l'échec de la gauche. Nous devons trouver quelles réponses poli­tiques apporter à ceux qui parlent concret, exemple pour le loge­ment. Nous de­vons aider les communistes à retrouver des valeurs. Quelques mots sur l'accord de la représen­tativité syndicale qui va m'enlever le droit de créer mon syndicat d'entreprise si je ne suis pas re­présentatif.

Evelyne Ortis:
En ce qui concerne l'obtention de la consultation de tous les adhérents pour savoir si oui ou non il faut conserver le Parti communiste, sachant que les statuts précisent que pour avoir le droit de vo­ter il faut être à jour de ses cotisations, faut-il pour gagner, demander aux anciens communistes, (ceux de Renaissance communiste ou de Convergence com­muniste), de ré-adhérer au Parti?

André Gerin: Tous les moyens sont bons. Il faut tout tenter. Travailler avec tous les communistes.

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