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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 11:06

Conseil départemental du PCF PARIS

17 avril 2008 -  Intervention de Camille Marques, section du 14ème arrondissement

http://pcf-paris14.over-blog.org/

La direction de « Refondation communiste » vient de subir un échec cinglant dans son entreprise de liquidation des références communistes Italiennes. L’opération de la « gauche arc-en-ciel » menace gravement l’avenir des partis communistes italiens. Heureusement, des camarades régissent.

Heureusement aussi, Fausto Bertinotti a tiré les conséquences de son échec en annonçant sa démission et son retrait de la vie politique.

La direction exécutive du PCF n’a pas eu le sens des responsabilités d’en faire autant. Malgré des désaveux successifs tout aussi cinglants depuis le 33ème congrès.

Le même projet, que celui des partenaires du PGE en Italie, a été engagé avant les présidentielles avec le résultat que l’on sait. Il s’est poursuivi en juin avec la mise à l’ordre du jour du congrès extraordinaire, qui s’est transformé en Assemblée extraordinaire, de l’effacement du Parti.

Les communistes, dans leur section, ont mis en échec ce plan. Les résultats des élections cantonales, où se présentaient des candidats portant leur identité et des positions communistes, contrastent violemment avec ceux des présidentielles.

Mais les mêmes directions restent en place comme si de rien était. Elles diluent, sans les renier, leurs projets précédents. Le rapport de ce soir, après ceux du CN me confirme dans l’idée qu’elles nous préparent un congrès de routine, minimisant l’enjeu, surtout esquivant toute remise en cause.

Ce n’est pas responsable. C’est coupable quand on mesure l’importance du rôle du maintien et du renforcement du PCF pour riposter à la politique du pouvoir.

Le 34ème congrès ne peut pas être un congrès comme les autres. Sur le fond comme sur la forme.

Sur le fond, le bilan de la stratégie et des repositionnements, pour moi des reniements, idéologiques mis en œuvre depuis la « Mutation » doit être au centre du congrès. La question de la rupture doit être posée. Les ateliers prévus, (des ruches ?), même s’ils portent sur des sujets importants ne doivent pas faire diversion. Que 7 sur 8 soient animés par des dirigeants qui se sont publiquement exprimés pour le dépassement ou la disparition du PCF en dit long.

Sur la forme, les abus de procédures, les censures dans l’Huma et dans le Parti, le non respect des statuts par les directions elles-mêmes ne peuvent plus se reproduire comme la dernière fois.

En particulier à Paris. En particulier dans le 14ème !

Le discrédit de la direction départementale du PCF Paris est encore plus prononcé que celui de la direction nationale. On n’a pas entendu ses membres au CN décrire et analyser les résultats des municipales. Et pour cause, elle a choisi l’alignement sans programme politique sur le social-libéral Delanoë.

Je rappelle qu’au 33ème congrès, elle n’a pas tenu compte du congrès de la section du 14ème. Les tenants des orientations de la direction nationale ont désigné les délégués au congrès départemental à sa place, élu pléthore de figurants au conseil départemental qu’on ne voit ni ici, ni dans les luttes.

Ils ont ensuite désigné une section fantoche, que le très jeune « secrétaire » (Ian Brossat NDRL) proclamé s’est empressé de quitter dès que le PS lui a signifié que sa place de Conseiller de Paris se trouvait dans le 18ème.

Enfin des candidats aux municipales ont été désignés et élus dans le plus total mépris des statuts.

De tels agissements sont pitoyables. Comptez-vous les reproduire à nouveau pour ce prochain congrès qui sera d’une importance si décisive ? Les communistes, ceux du 14ème, ne le tolérerons pas.

En tant que membre du conseil départemental, avec mes camarades de ma section, nous nous proposons d’organiser la préparation du congrès dans le 14ème dans le respect de tous les communistes, quelles que soient leur « sensibilité ».

Cette exigence vaut pour l’ensemble du travail d’impulsion du congrès dans la fédération. Nous sommes candidats aussi pour participer à la faire devenir réalité.

Je vous demande d’en prendre note et de mesurer l’état d’esprit de très nombreux camarades dans toute la France qui n’accepteront de se laisser déposséder de l’avenir de leur parti.

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 12:28
L'échec du projet de la « Gauche-Arc-en-ciel »

de G. Pegolo, député, et F. Giannini, sénateur, du réseau L'Ernesto (du nom de la revue et du site internet NDRL).

L'Ernesto du 15 avril 08

Le résultat électoral de la Gauche-Arc-en-ciel, avec l'exclusion de toute représentation
parlementaire, met en évidence l'échec d'un projet qui entendait rassembler en effaçant les identités à commencer par l’identité communiste.

Au contraire, cela s'est soldé par une défaite cinglante.
Le groupe dirigeant de Rifondazione Comunista porte la plus haute responsabilité dans ce désastre, de même que l'ex-président de l'assemblée nationale qui a imposé ce choix.
Avec le résultat d'aujourd'hui, c'en est fini du projet de la Gauche-Arc-en-ciel. Croire qu'il est possible de le ressusciter, comme le voudraient Bertinotti et Giordano, est dépourvu
de sens.

L'alternative à la désagrégation définitive, c'est de relancer RC et de reconstruire un Parti communiste.
Le passage obligé, c'est la convocation immédiate d'un Congrès.

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15 avril 2008 2 15 /04 /avril /2008 09:58

Elections en Italie : la Gauche arc-en-ciel n’obtient que 3,08 (contre 10,2% en 2006 aux partis qu’elle réunit) et plus aucun élu à l'Assemblée comme au Sénat. Cette sanction sans appel n’est pas sans nous rappeler le résultat de R .Hue en 2002, puis celui de MG.Buffet en 2007. Les mêmes formules donnent les mêmes résultats : effacement de l’identité, des positions et de l’organisation communistes, participation à un gouvernement social-libéral et caution au social-libéralisme. En Italie aussi, des communistes réagissent face à ce discrédit historique qui menace l’existence même de l’organisation communiste, héritière du PCI, dont les travailleurs vont avoir encore davantage besoin contre la politique de Berlusconi. Ci-dessous la traduction d’une tribune de Fosco GIANNINI, dirigeant du Parti de la Refondation communiste, qui, le 4 avril, analyse avec clairvoyance la situation et demande la tenue d’un congrès extraordinaire. (Traduction LAS pour vivelepcf)


Congrès tout de suite !

Fosco Giannini, 04/04/2008 (traduction LAS)

Allons droit au cœur de la question.

Nous avons assisté à l'échec total du gouvernement Prodi et à l'échec, tout aussi total, de la participation du Parti de la Refondation Communiste au sein de ce gouvernement – nous l'affirmons en tant que dirigeants du PRC.

Sur les thèmes de la paix, du désarmement, de la redistribution des richesses, des droits sociaux et civils, rien n'a été obtenu. En revanche, notre Parti s'est ruiné, dans cette expérience de gouvernement il s'est transformé en compromettant ses liens avec les mouvements de contestation et avec l'ensemble du mouvement ouvrier. Il a aussi payé un lourd tribut en ce qui touche à l'organisation et de la solidité interne. Aujourd'hui, dans les cercles, les fédérations, l'heure n'est certainement pas à l'enthousiasme : c'est plutôt la tristesse, le désengagement, l'étonnement, la désaffection. Un air de suspension : qu'avons-nous fait? Qui sommes-nous? Qu'allons-nous devenir demain?

A l'échec - celui de l'expérience au gouvernement, mais bien plus celui, profond, de toute une politique issue du Congrès de Venise [2005] – le groupe dirigeant du PRC a pour l'essentiel répondu en trois façons: d'abord, en éliminant les bases matérielles de la défaite ; deuxièmement, en accélérant le processus d'effacement de la nature communiste de notre Parti ; troisièmement, en serrant la vis à l'intérieur, de manière antidémocratique, ce qui assurément n'évoque pas les meilleurs moments de l'histoire du mouvement communiste, et encore moins évoque-t-il ce parti « antistalinien » et démocratique tant vanté par l'« innovation » à la Bertinotti.

En ce qui concerne les causes de la défaite, le groupe dirigeant du PRC a repris en bonne partie l'interprétation fournie par M. Prodi : l'échec serait dû à la trahison de l'aile modérée de l'Union de Prodi (Dini, Mastella) et au fait que le pouvoir économique se serait déchaîné contre lui au moment d'emprunter le tournant du « dédommagement social ». Il y a ensuite une analyse énoncée dans un premier temps par Giovanni Russo Spena [dirigeant du PRC] puis reprise par d'autres, selon laquelle la raison déterminante de l'échec serait le fait que ce gouvernement a été imperméable aux mouvements de contestation, c'est-à-dire qu'il ne se serait pas laissé pousser vers la gauche par eux.

Le premier de ces arguments (la trahison de l'aile modérée de l'Union) est un argument typiquement superstructurel et politicien: la composition politique, voire idéologique, de l'Union était bien connue, de même que ses limites quant au programme. Ces limites ont poussé à juste titre une large minorité interne au PRC à se battre contre le choix de participer à priori au gouvernement fait par la majorité du Parti lors du Congrès de Venise.

Pretendre de Dini et Padoa Schioppa [inflexible ministre du Trésor] – même dans la dernière phase du gouvernement Prodi - des politiques  de redistribution pour frapper les profits et augmenter les salaires, c'eût été comme demander à Parisi et Rutelli de retirer les soldats italiens d’Afghanistan: une contradiction en termes.

En ce qui concerne le fait que gouvernement serait tombé du fait des pouvoirs économiques car désormais prêt à l'inversion de marche et au dédommagement social : il n'y a pas le moindre signe en faveur de cette hypothèse. Avant de tomber, le gouvernement venait juste d'achever le néfaste Protocol du 23 juillet qui mettait à mal la lutte à la précarité, et s'apprêtait à gérer une saison contractuelle sous le signe de la centralité des entreprises, pas du tout consacrée à reporter les salaires au niveau du coût réel de la vie.

Quant à l'international, il allait prolonger les guerres en cours, relancer less dépenses militaires (ainsi que le montre l'activité de la Commission Défense, au Sénat, après la chute du gouvernement Prodi) et reconnaître l'indépendance du Kosovo.

L'argument proposé, telle une autocritique prudente, par une partie des dirigeants du PRC (gouvernement imperméable aux mouvements de contestation) est selon nous particulièrement faible. L'essentiel ne réside pas en la fait que le gouvernement ait été imperméable à ces mouvements, mais bien que les politiques concrètement menées ont creusé un gouffre entre le gouvernement et ces mouvements, jusqu'à ce que tombe l'illusion que Bertinotti avait créée, d'ailleurs de manière non complètement honnête, selon laquelle les mouvements de contestation devaient tirer vers la gauche la politique du gouvernement.

A la place de cela, les mouvements de lutte – depuis Gênes 2001 à celles dans la métallurgie, jusqu'à la contestation de la guerre – se sont retrouvés de l'autre côté des barricades, par rapport au gouvernement Prodi, loin d'en être les compagnons de route.
La vérité est que le groupe dirigeant du PRC a commis un refoulement profond des causes de la défaite. Il a voulu oublier d'analyser la phase pendant laquelle s'est située l'expérience gouvernementale.

De manière idéaliste, il a ignoré les données concrètes et structurelles.

On pourrait définir la phase où la PRC est entré au gouvernement comme celle de la compétition globale.

Au niveau international, nous sommes face à un point d'orgue du conflit politique et économique entre les pôles impérialistes et capitalistes, une bataille très dure pour la conquête des marchés.

Les larges fractions capitalistes aujourd'hui hégémoniques – en Italie aussi – ne perçoivent qu'une voie pour battre la concurrence : baisser le coût des marchandises en réduisant brutalement les salaires, les droits, l'état social.

De ce point de vue, elles n'envisagent aujourd'hui aucun compromis avec le monde du travail, aucune solution de redistribution de type social-démocrate.

La redistribution des richesses ne pend pas de la branche – la phase – comme un fruit mûr, prêt à être cueilli. Ce fruit, tout simplement, n'existe pas. Si le gouvernement Prodi entendait cueillir ce fruit, il devait s'inscrire en faux par rapport à la phase en cours (en d'autres termes, cela revient à dire qu'il fallait nuire un peu aux patrons).

Il ne l'a pas fait, ni il n'aurait pu le faire, par sa nature. Voilà le point structurel qui nous mène à la question centrale : existait-il les conditions objectives pour que les communistes entrent au gouvernement Prodi?
Plus encore: y avait-il les conditions pour y rester? Ou n'aurait-il pas fallu retirer au gouvernement la délégation du PRC après l'Afghanistan, après Vicence, après le bouclier antimissile, après le Kosovo, après les mesures de droite sur la « sécurité », après la renonciation aux droits civils et face à la volonté d'acier de gouvernement Prodi de ne pas amender le Protocole du 23 juillet?

Voilà, en vérité, ce qu'il aurait fallu faire, en bons communistes : rompre, du moins à partir du vote sur le Protocole, à savoir sur la complicité avec un gouvernement incapable d'exprimer une position autonome par rapport aux stratégies impérialistes des USA et de l'OTAN et aux politiques économiques désormais clairement libérales.

D’autres données structurelles ont été ignorée par l’analyse du PRC sur la phase en cours : les rapports de force sociaux en Italie, très défavorables à l’ensemble du mouvement ouvrier, et la tendance générale vers le centre modéré lancée dans l’Union Européenne par le néo-impérialisme européen naissant. Ce n’est pas peu dire. Des rapports de force aussi défavorables aux travailleurs, plaçant l’essentiel de la bataille sur le terrain institutionnel, font courir le risque de tomber, plus ou moins inconsciemment, dans le crétinisme parlementaire et d’aggraver encore davantage les conditions de vie des travailleurs, des précaires, des retraités, des jeunes gens au chômage, en consolidant le pouvoir des patrons.

Dictée par les forces hégémoniques du capital économique et financier, fonctionnelle à la constitution de l’impérialisme européen, cette profonde vague politique et culturelle du néo-centrisme dans toute l’Union Européenne constitue désormais bien plus qu’un mouvement souterrain. Elle marque, par-delà les forces explicitement libérales, une grande partie de ces forces politiques qui appartiennent à une sorte de centre-gauche européen.

Les forces modérées du gouvernement Prodi n’ont pas échappé à cette vague hégémonique et le PRC n’a pas su, n’a plus pu – en raison de sa nouvelle nature politique – compter avec ces contradictions, à partir de sa subalternité au carcan de Maastricht et à la mythologie de la réduction des déficits publics imposée par la BCE.

Dans la phase actuelle, comment une force de classe, anticapitaliste, communiste devrait-elle se placer face aux contradictions que suscite la compétition globale et face à l’attaque du capital ? Nul doute, elle devrait renoncer aux illusoires solutions institutionnelles – non pas par extrémisme, mais en vertu d’une analyse précise de la situation concrète – et se mettre à la tête d’un nouveau, long, cycle de lutte sociales, avec l’objectif primordial de changer les rapports de force dans la société et de couper les griffes aux patrons. Surtout, cela signifie se consacrer à la constitution et à la consolidation du Parti communiste, cœur unitaire d’un rassemblement plus large de lutte antilibérale, anticapitaliste, anti-impérialiste.

A la place de cela, qu’a choisi le groupe dirigeant du PRC après l’échec du gouvernement Prodi, après son propre échec ? Il a choisi d’accélérer le processus de dépassement de l’autonomia communiste et anticapitaliste pour se lancer dans la construction d’un nouveau et fumeux « sujet de gauche » : la « Gauche-Arc-en-ciel ». Un sujet qui naît, certes, comme produit final du long processus de dé-communisation à la Bertinotti, mais qui aujourd’hui prend sa forme la plus accomplie, focalisée sur la Gauche Démocratique [parti issu d’une scission de l’aile gauche des Démocrates de Gauche, lorsque ceux-ci ont formé le PD avec les ex-démocrates chrétiens], modérée et essentiellement social-démcrate.

L’effacement du Parti communiste est, en même temps, l’issue la plus fonctionnelle à l’attaque du grand capital et la plus délétère pour les intérêts des classes subalternes. Cette élimination comporte une espèce d’harmonie interne : elle représente une déchirure si violente dans l’histoire du mouvement ouvrier italien que, pour s’accomplir, elle a besoin d’autant de violence contre la démocratie : l’effacement est décidé par un groupe très restreint de dirigeants qui réduisent au silence et isolent quatre-vingt mille inscrits du Parti.

A bien y réfléchir, le tour de vis interne au PRC pour dépasser l’autonomie communiste est constitué par une longue série de prévarications : on constitue la « Gauche-Arc-en-ciel » sans la moindre discussion dans les cercles et les fédérations (en reprenant à vrai dire un schéma élitiste déjà employé pour la constitution de la Gauche Européenne et de l’Union pour Prodi – avec les résultats que chacun peut constater) ; en même temps, on élimine nos symboles, la faucille et le marteau ; on évite la moindre consultation de la base du Parti pour faire le bilan de l’expérience au gouvernement ; on lance la campagne d’adhésion au nouveau sujet politique (les cartes « Arc-en-ciel » sont en train d’arriver dans les fédérations justement au cours de cette campagne électorale : bel effort pour conforter l’esprit des communistes et les pousser dans les rues et les quartiers !) ; on suspend (jusqu’à quand ?) le Congrès national et l’on punit une minorité interne, « L’Ernesto », à travers une théorisation antidémocratique aussi inouïe que lâche et dangereuse : il y aurait des minorités « dialectiques » qui peuvent être récompensées et des minorités « d’opposition » (en ce qu’elles s’opposent à la liquidation du PRC) que l’on peut humilier et marginaliser.

C’est la campagne électorale, les camarades de « L’Ernesto » travailleront elles et eux aussi pour leur Parti et pour la gauche. Après, on ne saura plus tolérer une telle suspension de la démocratie interne. Qui veut éliminer le Parti communiste devra le dire, au lieu de raconter des fables. Et qui veut relancer l’autonomie communiste devra se battre.

Cette hypocrisie qui reste dans le vide est dangereuse pour tout le monde. Il faut trancher.

Après les élections, on ne pourra plus temporiser : il faudra un Congrès. Si le groupe dirigeant ne le convoquera pas, les inscrits devront l’imposer.

Il est temps d’en découdre.

La parole aux camarades. Congrès tout de suite !

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 19:12

Elections en Italie, les 13 et 14 avril. La « gauche arc-en-ciel », privée de la couleur rouge, peu à même de contrer le bipartisme

Voir aussi Italie: effacement de toute référence communiste aux élections! Les communistes réagissent!

Veltrusconi. Le néologisme, fusion des noms des leaders des deux partis principaux Walter Veltroni et Sylvio Berlusconi, est entré dans la langue courante de la campagne électorale italienne. Les similitudes dans les programmes sont tellement flagrantes. Veltroni est à la tête du nouveau Parti démocrate (PD) qui associe des communistes repentis comme lui-même (depuis longtemps), les ex « démocrates de gauche » et des politiciens issus de la Démocratie chrétienne. Il prétend incarner la rupture avec le gouvernement Prodi dont il était pourtant l'un des soutiens principaux. Son parti de « centre-gauche » présentent des cadres du patronat comme candidats, propose des baisses d’impôts pour les entreprises et les classes aisées, s’inscrit totalement dans les orientations « libérales » du nouveau traité de l’UE. Effectivement, tout cela fait peu de différences avec le programme de Berlusconi qui a gommé, dans la coalition qu’il dirige « peuple de la liberté » une partie des positions identitaires de ses alliés fascistes (soi-disant repentis).

Face à cette alternative bipolaire sans alternative politique, dans un pays imprégné par l’héritage, même contradictoire, de feu le PCI, on pourrait attendre l’expression d’un point de vue communiste fort à l’occasion de ces élections. Ce n’est pas le choix fait par le principal parti dont le nom fait encore référence au communisme « Refondation communiste » (PRC) et par ses dirigeants dont Fausto Bertinotti. Les élections anticipées sont l’occasion pour eux de précipiter la recomposition politique, à gauche du PD, à laquelle ils travaillent depuis plusieurs années. Les candidats, membres du PRC, se présentent dans le cadre de la « gauche arc-en-ciel ». La gauche « arc-en-ciel » réunit des candidats issus de quatre formations politiques : le PRC, le Parti des communistes italien (PdCI), les Verts et le courant des Démocrates de gauche qui a refusé de participer à la création du PD. L’Arc-en-ciel n’est pas conçu comme une coalition électorale de circonstance mais comme une formation politique destinée à se structurer dans la durée.

Cette démarche se situe entre rupture et continuité.

Rupture de plus en plus affirmée avec l’héritage, l’identité et les positions communistes. Pour la 1ère fois depuis 1945, il n’y aura pas de bulletin de vote portant la faucille et le marteau (sauf du côté des gauchistes qui ont vu l’opportunité). Les communistes du PRC, proches de la motion et de la revue « L’Ernesto », y compris les élus sortants, qui s’opposent à l’abandon de l’identité communiste et ont critiqué ces dernières années la participation au gouvernement Prodi, ont été écartés des listes. C’est un arc-en-ciel sans la couleur rouge !

La continuité, du moins l’absence de rupture, s’observe par rapport à la mandature précédente marquée par le soutien et la participation des quatre composantes au gouvernement de « centre-gauche », conduit par l’ancien président de la Commission européenne, issu de la droite, Romano Prodi. Bertinotti est devenu lui-même président de la chambre au bénéfice de cette alliance. Ce soutien actif a amener à cautionner des régressions sociales historiques comme la remise en cause du système de retraite à l’été dernier ou encore l’alignement sur les USA en Afghanistan ou sur la question de l’extension de la base militaire de Vicenze. Les dirigeants du PRC assument ce soutien « loyal » jusqu’au bout. La coalition a en effet été renversée par des parlementaires du centre, sans doute soucieux de passer à nouvelle étape de l’alternance.

Bertinotti estime publiquement que Veltroni va perdre les élections, ce qui permet d’évacuer la question d’une nouvelle participation à un gouvernement dominé par le PD (avec lequel le PRC est lié dans de multiple localités) qui continuerait de gérer loyalement et même avec zèle les intérêts de Cofindustria, le Medef italien. La crédibilité des positionnements de la « gauche arc-en-ciel » sur les problématiques sociales est pourtant conditionnée à cette stratégie et à des choix théoriques fondamentaux.

La « gauche arc-en-ciel » se situe dans un schéma proche de la Linke allemande et des ambitions de certains dirigeants du PCF, un schéma coordonné par le Parti de la gauche européenne PGE, dont Bertinotti a été le 1er président. Dans chaque contexte national, l’objectif à demi affiché est de capter l’héritage des partis communistes de classe et de masse et le diriger vers de nouvelles formations, tournant le dos à l’identité communiste, alliant une partie des socio-démocrates, ouvertement réformistes, favorables à l’intégration dans l’UE du capital. Ces partis de « gauche » auraient pour vocation de prendre une partie de la place laissée par les formations social-démocrates converties au social-libéralisme, tout en leur servant de supplétifs.

Bertinotti s’était lui-même prononcé au Parlement pour l’élévation du seuil électoral à 8% (par région) pour avoir des sièges au Sénat pour forcer la constitution de la coalition.

Les dirigeants de la « gauche arc-en-ciel » ne sont pas assurés de franchir ce seuil nationalement. Leur positionnement stratégique dans le gouvernement Prodi a nourri la logique du « vote utile », renforcée par la prime au parti arrivé en tête. En 2006, les partis qu’elle réunit avaient obtenu 10,2% des voix, sans compter la fraction ralliée des démocrates de gauche dont l’influence n’était pas mesurable.

Dans les deux partis communistes, PRC et PdCI, la ligne de Bertinotti est loin de faire l’unanimité. Après l’épisode électoral et le coup de force de « l’arc-en-ciel », les directions ne pourront pas empêcher le débat, sans doute des congrès extraordinaires. La persistance du mouvement communiste en Italie devrait, devra s’y concrétiser.

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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 23:39

Alain, Olivier, votre démarche vise-t-elle à construire un nouveau « grand » parti anticapitaliste ou à participer à détruire le PCF ?

Nous sommes peut-être les mieux placés pour savoir que ce résultat ne résout pas tout. Mais la nette remontée du PCF, 9,3% aux cantonales, sur la base de 1300 campagnes locales ne masquant pas l’identité communiste, est une bonne nouvelle pour tous les militants révolutionnaires.

Il ne reste à ceux qui spéculent sur le « déclin inéluctable » du PCF que les colonnes du Monde pour expliquer qu’un bon score en est en fait un mauvais (Martelli, Grador…) ou celle de Rouge, l’hebdomadaire de la LCR. Alain Krivine, en politologue, s’y évertue à relativiser la « résistance au déclin » du Parti communiste.

Viendrait-elle contrecarrer les plans de la direction de la LCR ? Dans la motion majoritaire de son congrès, le « déclin du PCF » est présenté comme « continu et irréversible », notre parti comme « une force du passé », « incapable de rassembler » etc. Cet effacement du PCF serait l’une des principales validations de la constitution du NPA, le Nouveau parti anticapitaliste.

Alain Krivine, Olivier Besancenot, si vous voulez vraiment renforcer la lutte politique anticapitaliste en France, vous faites fausse route.

Militants aguerris, comment ne vous inquiétez-vous pas de l’extraordinaire complaisance médiatique dont vous bénéficiez, à l’heure où tout ce qui bouge un peu trop dans le mouvement social subit étouffement et répression ?

Aux élections municipales (il n’y avait quasiment pas de candidats aux cantonales), télévision et presse rangent la LCR parmi les gagnants, sinon les grands gagnants alors qu’ils minorent les résultats du PCF. Pourtant les listes LCR ou apparentées n’étaient présentes que dans un nombre limité de communes et obtiennent des résultats contrastés. 

A y regarder de près, les listes LCR+ dépassent 5% dans une trentaine de ville (sur 80 où elles étaient présentes) avec quelques pointes au dessus de 10, mais aussi des résultats décevants par rapport à 2001. Surtout, l’extrême gauche dans son ensemble (LCR+LO+PT) est en repli sur 2001 dans la majorité des villes : Paris (3,3% à 2,7%), Angers (9,3 à 6,4), Blois (8 à 6), Bordeaux (4,4 à 3,6) ; Caen (5,3 à 4,8) ; Créteil (10,5 à 5,5) ;  Lille (9,4 à 6,3) ; Le Havre (4,7 à 2,9 où une liste conduite par le PCF a obtenu 29%)…

Certes, la LCR supplante souvent LO mais l’irruption de l’extrême gauche aux élections municipales se produit de façon nettement atténuée par rapport à 2001. Des alliances étonnantes, par exemple avec des nationalistes régionaux, qui n’ont pas grand’ chose à voir avec la gauche, faussent aussi certains résultats.

Il ne fait pas de doute pour nous que les votes pour vos listes sont à ranger, comme ceux pour les candidats PCF, dans l’expression du refus de la politique au service du Medef et nous les apprécions comme tel, mais à leur juste niveau.

Pendant des années, la LCR a cherché les mots les plus durs pour fustiger l’électoralisme supposé des communistes. N’avez-vous pas conscience de tomber en plein dans cette déviation ? Olivier est sur tous les plateaux, dans tous les magazines. Sa figure stylisée est devenue un logo sur toutes vos affiches de France. Une chose est de se saisir d’une opportunité après la présidentielle, une autre de tomber dans le piège conduisant à l’opportunisme. Là encore, vous ne pouvez pas ne pas avoir mesuré cet aspect.

Construire un « grand parti anticapitaliste » sur les bases de résultats électoraux fugaces (voir l’expérience de Laguiller) et de la complaisance des media du capital : c’est illusoire.

Votre démarche nous frappe sur un autre point. Pendant des années, vous avez critiqué, souvent violemment, les reculs idéologiques sinon les compromissions, selon vous, du PCF. Maintenant vous n’imaginez pas constituer un parti de masse sans effacer les mots « communiste » et « révolutionnaire » du nom de votre parti. Pourtant l’anticapitalisme ne désigne pas un projet de société, encore moins la formule « 100% à gauche ». Si nous sommes pour redonner son sens au mot « gauche », force est de constater qu’il ne porte pas aujourd’hui une perspective politique anticapitaliste.

Pour ne prendre qu’un exemple, votre campagne pour une meilleure « répartition des richesses » relève du plus pur réformisme. Pour un parti marxiste, la remise en cause de la production capitaliste et de l’exploitation est centrale. L’expérience, notamment du PCF, montre qu’elle arrache aussi des concessions concrètes au capital.

La LCR existe sous une forme ou une autre depuis 40 ans. Depuis 40 ans, elle n’a jamais réussi à devenir un parti de masse et de classe comme le PCF. C’est un constat. Elle compte aujourd’hui officiellement 3100 adhérents dans toute la France, c’est moins que le nombre de candidats communistes aux dernières élections locales.

Nous pensons qu’un positionnement en apparence extrémiste s’est montré non productif dans la lutte des classes, qu’une forme d’organisation élitaire s’est avérée incompatible avec un ancrage dans les masses. Tenir des discours déterminés à la porte des entreprises qui sont liquidées et contribuer à organiser la lutte sont deux choses différentes. Nous pourrions en écrire beaucoup plus long sur nos différends historiques, mais ce serait vain aujourd’hui. L’une des constantes historiques de la LCR aura quand même été aussi d’attaquer le PCF…

Aujourd’hui, vous décidez de changer et de lancer un nouveau parti. C’est votre choix. Vous savez d’où vous partez et combien les « mutations » des formations politiques sont lentes. L’idée d’un changement de nom de la LCR n’est d’ailleurs pas nouvelle. La direction l’a avancée il y a déjà plusieurs congrès. Il est prévu aussi que le « nouveau » parti reste adhérent de la 4ème internationale, trotskyste.

Nous nous retrouvons le plus souvent en ce moment du même côté dans les luttes. Des alliances politiques locales ont pu se nouer. Pas de problème. Mais si vous êtes des révolutionnaires, il serait irresponsable (en plus d’être illusoire) d’imaginer fonder le développement de votre parti sur le déclin du PCF.

Le PCF connaît une crise interne. Nous pensons que la ligne de la direction d’effacement de l’identité et des positions de notre parti en est principalement la cause. Elle laisse un grand espace vide dans les media et aussi dans le pays. Momentanément. Encouragés par les résultats des élections locales, déterminés devant l’aggravation de la politique au service du Medef, des milliers de communistes dans toute la France entendent faire vivre leur Parti et ses organisations sur une base de lutte.

Par sa théorie, sa forme d’organisation, les combats de ses militants, le PCF a fait ses preuves et a contribué de façon déterminante à toutes les avancées sociales et démocratiques dans notre pays. Le capital le sait bien et ne relâche jamais ses campagnes anticommunistes.

Si vous voulez vraiment lutter contre la politique du patronat et du pouvoir, vous n’avez pas intérêt à rechercher l’affaiblissement du PCF, à livrer, même à votre corps défendant, avec l’aide des relais du capital, une « concurrence faussée et déloyale » au parti historique des travailleurs en France.

Nous ne vous y aiderons pas !


par Emmanuel Dang Tran, secrétaire du PCF Paris 15, membre du CN du PCF
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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 23:28

ELECTIONS MUNICIPALES ET CANTONALES

LE PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS PORTEUR D'AVENIR ET DE MODERNITE

Par le Réseau communiste de Fontenay-sous-bois, avril 2008

Ce titre doit apparaître à certains comme une provocation. En effet, beaucoup de monde attendait l'effondrement électoral du parti communiste.

La droite bien sûr, qui voit à juste titre dans le parti communiste le seul parti qui a encore la capacité de s'attaquer aux racines idéologiques et politiques du capitalisme.

Certains dirigeants du P.S, qui rêvent d'un recentrage en direction du Modem afin d'instituer une bipolarisation de la vie politique et voient dans l'existence du P.C.F. un obstacle majeur à leur rêve.

Certains dirigeants du P.C.F, qui annoncent le déclin inéluctable du P.C.F depuis des années et qui cultivent le catastrophisme pour mieux en conclure que le seul avenir pour le parti communiste c'est de se dissoudre dans une nouvelle force de gauche anti-libérale comme l'a fait le parti communiste allemand dans Die Linke ( la gauche )

Tous ont aujourd'hui un problème, non seulement le P.C.F. ne s'effondre pas, mais il apporte la démonstration qu'il a la capacité d'unir des forces de gauche, autour non d'un parti, mais d'un projet.

Ces élections mettent notre parti devant ses responsabilités, il y a urgence, on ne peut se contenter de constater l'accélération de la bipolarisation par le P.S. et la mise en place par la L.C.R d'un nouveau parti anticapitaliste sans réagir.

Or, pour agir, il faut un projet anticapitaliste, donc il faut lever l'hypothèque de notre fusion-liquidation dans une force de gauche anti-libérale ( Die Linke ). Fusion qui d'ailleurs ne ferait que diviser le nouvement communiste français en deux partis, cela affaiblirait la gauche anticapitaliste en créant un P.S bis et donc renforcerait la bipolarisation.

Les délégués du parti à notre assemblée nationale extraordinaire, nos électeurs à ces dernières élections, ont parfaitement répondu sur l'utilité du parti communiste, rassembler la gauche anticapitaliste. Il faut donc sortir de l'attentisme, du statu-quo, nous avons fait la démonstration que sur le plan local notre parti peut unir la gauche autour d'un projet, alors pourquoi cela ne serait il pas possible au niveau national ?

Malheureusement depuis des années notre parti au niveau national est paralysé politiquement parce qu'il ne conçoit son avenir uniquement que dans la roue du P.S., sa référence constante à la gauche est ambiguë, effectivement beaucoup de monde se réclame de la gauche, Strauss-Kahn le social libéral, Ségolène Royal partisane d 'un rapprochement avec le parti de la droite libérale de Bayrou, Kouchner le ministre va-t-en-guerre de Sarkozy.

Il faut donc que notre direction arrête de répéter sans arrêt : la gauche, la gauche, la gauche, comme si que cette gauche ne faisait qu'une, cela conforte l'idée de bipolarisation, il faut dés maintenant donner un contenu au mot gauche, cela ne peut se faire qu'à partir d'un projet qui permette d'identifier à gauche les uns et les autres, c'est le meilleur moyen de mettre en échec la bipolarisation.

Le parti socialiste rassemble des gens qui sont très différents, il serait donc préjudiciable pour l'union de la gauche anticapitaliste de le stigmatiser en tant que parti, comme le fait la L.C.R , mais nous devons mettre en avant ses contradictions face à un projet de société anticapitaliste. Cela afin de permettre au peuple de gauche de faire un choix, comme il l'a fait lors du référendum sur la constitution européenne en refusant l'Europe libérale contre l'avis des dirigeants du P.S sociaux libéraux.

Ces élections font apparaître également une abstention importante, entre les abstentionnistes et les non inscrits c'est prés de la moitié des électeurs potentiels qui ne se sont pas exprimés à ces dernières élections. Bien souvent de gauche, ils se disent déçus par le passage au pouvoir d'une certaine gauche ( la droite, la gauche c'est pareil, disent-ils. ) ils ont perdu confiance en la politique.

Il y a donc un potentiel important, pour qui à gauche redonnera de l'espoir à cette classe, qui bien que victime du système capitaliste ne voit plus comment s'y opposer et se résigne.

Il n'y a pas de fatalité à la disparition du P.C.F., certes il sort affaibli par des années passées à s'interroger sur son identité sur son utilité, il a payé cher politiquement et financièrement sa tentative de mutation antilibérale.

Pour s'en convaincre il n'y a qu'à comparer les 1,9% de Marie-George Buffet candidate antilibérale avec les 9 % des candidats du parti communiste aux cantonales.

A Fontenay-sous-bois le candidat antilibéral aux législatives, qui était un bon candidat issu du parti à fait en juin 2007 1613 voix sur le territoire d'un canton, alors que sur ce même canton la candidate du parti communiste qui a rassemblé une partie de la gauche fait 2492 voix au premier tour en mars 2008, elle devance la candidate socialiste de 875 voix et se fait élire au second tour sur un canton qui était tenu par la droite. Où sont les valises de plomb que porteraient les candidats communistes ?

Aujourd'hui, l'heure n'est plus à l'effacement du parti communiste, mais à son renforcement.

Notre congrès doit tenir compte de la réalité, il ne faut pas qu'il s'enferme comme prévu dans le saucissonage par thèmes, ce qui empêche toute réflexion globale sur la situation politique en France. Le parti a besoin, dès maintenant de textes alternatifs qui permettent à sa base militante de se prononcer sur un projet de société anticapitaliste.

Ainsi, la question centrale pour le congrès ne doit plus être : Quelles transformations du P.C.F. ? Mais : Quel P.C.F. pour la transformation ?

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10 avril 2008 4 10 /04 /avril /2008 02:16

N’admettons pas que M. Mamère s’exprime au nom des députés du Parti communiste français !

Mardi 8 avril a eu lieu à l’Assemblée nationale le débat sur la motion de censure déposée par le groupe socialiste contre l’envoi de renforts en Afghanistan et l’alignement derrière les Etats-Unis dans l’OTAN. S’il y a tout lieu de mettre en doute la sincérité de la démarche du PS, si peu cohérente avec ses options lorsqu’il était au gouvernement ou avec son approbation du Traité de l’UE derrière Sarkozy, les députés communistes ont logiquement voté la censure. A côté des ambiguïtés du discours de François Hollande, les communistes ne devaient pas manquer d’arguments clairs pour condamner les choix du gouvernement.

On ne les a pas entendus mardi.

En effet, l’orateur désigné pour parler au nom du groupe de la « gauche démocrate républicaine » GDR où se retrouvent les 18 députés communistes ou apparentés (sur 24 membres) s’est trouvé être Noël Mamère. C’est tellement peu croyable que l’Huma du mercredi 9 n’en dit mot.

Faut-il rappeler que M. Mamère fait partie de ceux qui se firent les chauds propagandistes de la guerre de l’OTAN en ex-Yougoslavie, de ceux qui ont mené une campagne ardente pour le Oui à la « constitution » de l’UE intégrée et surmilitarisée derrière l’OTAN, des députés de la honte qui ont bafoué en février dernier l’expression du peuple en laissant ratifier le nouveau traité de l’UE ? Il est inadmissible que ce personnage ait pu parler au nom des députés communistes, qui plus est sur un sujet si important. Mardi, il ne s’est pas gêné non plus pour faire l’apologie des perturbateurs du passage de la flamme olympique…

M. Mamère est le champion de l’opportunisme en politique qui l’a fait naviguer des rives du PS à celle du centre droit puis se découvrir écologiste et même prendre parfois des accents gauchisants. Sa carrière de journaliste et de politicien connaît cependant une constante : l’anticommunisme. Il ne le cache pas. Il vient d’être réélu maire de Bègles contre le PCF après avoir pris la municipalité grâce à une alliance anti-communiste un peu comme Voynet vient de s’emparer de la mairie de Montreuil. Il y aurait de quoi remplir un dictionnaire des citations anti-PCF de M.Mamère.

Cet événement montre qu’il est temps que soit clarifiée la situation du groupe GDR. Il a été présenté aux communistes en juin 2007 comme un groupe « technique ». L’association administrative avec les 4 députés verts et 2 députés des DOM aurait été la seule possibilité pour que les députés communistes se retrouvent dans un groupe (le seuil est de 20 membres). Les conditions de l’accord qui laisse la part belle aux « partenaires », par exemple 3,5 ans de présidence sur 5 ans de législature, et la déclaration de constitution du groupe ont déjà soulevé des inquiétudes devant une nouvelle tentative d’effacement du PCF (en lien notre article de juillet).

Il est aujourd’hui inadmissible que les 18 députés élus grâce à l’action des communistes, au vote communiste au 1er tour des législatives acceptent de se laisser dicter leur loi par 4 élus verts qui étaient candidats du PS dès le 1er tour. Il s’agit d’une question de respect des communistes, des électeurs communistes, de la démocratie.

Cette question concerne tout notre parti.

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 11:24

Pékin: derrière la surenchère d'hypocrisie

article du PCF Paris 15ème

Le passage de la flamme olympique à Paris le 7 avril a donné lieu à un spectacle lamentable. Les « idéaux » olympiques ont été ridiculisés. L’ont-il été davantage que d’habitude ? Le principe, inscrit dans la Charte, du refus de toute instrumentalisation du sport et des athlètes à des fins politiques et commerciales, est tombé en désuétude depuis longtemps, s’il a jamais été respecté. La défense des valeurs de l’olympisme est déjà souvent sinon toujours une hypocrisie.

 

De la confusion fortement médiatisée de cette journée d’avril à Paris, des actes et positions diverses qui ont été montrés, il ressort un message unique : la Chine, le régime chinois, sinon les Chinois, sont des méchants pour rester sur le niveau de langage de Bush.

La formule définitive est prononcée : ils ne respectent pas les Droits de l’Homme. Ils s’abattent sur les malheureux Tibétains. De surcroît, ils sont médaille d’or en langue de bois…

Le constat de cette vérité tout à coup redécouverte fait quasiment l’unanimité, des personnalités en vue aux associations prétendument humanitaires (avec la palme pour Reporters sans frontières, groupe de pression notoirement financé par la CIA), du gouvernement à quasiment tous les partis, jusqu’à la direction de notre parti, le PCF.

Les propositions de réaction vis-à-vis de la Chine différent. Mais tous se sont crus obligés de participer à la campagne mondiale orchestrée contre la Chine. Pourtant la situation du Tibet n’est pas nouvelle. Les événements récents, si largement diffusés dans le monde méritent également d’être analysés aussi bien quant à leur déclenchement qu’à leurs répercussions réelles.

Les violations permanentes des Droits de l’Homme en Irak, en Palestine, du droit international au Kosovo… ne donnent pas lieu à de telles campagnes, bien que les crimes soient avérés et des résolutions de l’ONU soient bafouées. Que dire de la légalisation de la torture aux Etats-Unis ? La sensibilité aux Droits de l’Homme de certains est sélective, celle d’autres facilement manipulable. Là encore cette hypocrisie n’est pas une découverte.

Les Jeux olympiques sont devenus un moment fort de la politique internationale, retenant l’attention de l’opinion publique mondiale. En 1980, le boycott par les Etats-Unis et leurs affidés des Jeux de Moscou, a été un symbole et un acte de la guerre, froide, livrée sans relâche jusqu’au bout contre le camp socialiste. En 2008, les rapports entre l’impérialisme américain (et son vassal, l’UE) et la puissance montante chinoise sont plus complexes. L’immense croissance productive chinoise s’effectue sur un mode capitaliste, avec des liens commerciaux et financiers très importants avec le capitalisme occidental. La Chine, superpuissance en devenir, également sur le plan militaire, est-elle un partenaire, un rival, un adversaire de la triade capitaliste USA-Europe-Japon ? Plus ou moins les trois à la fois.

C’est comme cela que nous pouvons interpréter les événements préolympiques. Il est impensable pour les gouvernants occidentaux de pousser jusqu’à la rupture avec la Chine que signifierait un boycott. Mais il n’est pas question non plus de laisser la Chine accéder, sans opposition, à l’occasion des JO, à un nouveau degré du développement politique de sa puissance. L’impérialisme occidental fait donc monter ses brigades légères : les media et les ONG à son service qu’il a considérablement développées depuis 1980. Se cacher devant un mouvement que l’on fomente soi-même : troisième hypocrisie.

Une cause facile, soutenue par l’idéologie dominante : de quoi attirer en France tous les opportunistes associatifs et politiques, de quoi abuser certains bons sentiments. On est évidemment bien loin des préoccupations du peuple tibétain.

Communistes français, quelle doit être notre position ?

Surtout pas d’aboyer avec les loups !

Refusons toute instrumentalisation des JO dans notre pays ! Ne rentrons pas dans la campagne antichinoise, dans la logique d’ingérence !

La position du secrétariat national du PCF n’engage que lui, elle n’a même pas été discutée en CN. Accuser Sarkozy de timidité dans sa condamnation de la Chine qui plus est parce qu’il serait sous l’influence de Bush, c’est un contresens! La campagne anti-chinoise est bien pilotée de Washington et non le résultat d’une poussée soudaine d’altermondialisme. Appeler les chefs d’Etats européens pour que l’UE intervienne « pour une issue politique au Tibet », c’est, de surcroît, rentrer la notion illusoire et dangereuse « d’Europe puissance », d’un impérialisme qui serait autonome de celui des Etats-Unis.

Pour autant, malgré l’exaspération que la mise en scène médiatique et politique peu légitimement inspirer, réagir par l’expression d’un soutien inconditionnel au régime chinois serait injustifiable. La lutte anticolonialiste est trop au cœur de notre engagement pour que nous puissions accepter sans réserves les discours sur « l’arriération » du peuple tibétain auquel le régime Chinois aurait apporté développement et modernité. Contrairement à l’Union Soviétique, Etat fédéral où l’élément russe n’étouffait pas les autres nationalités, notamment les peuples d’Asie centrale, la vie politique, économique et culturelle du Tibet, nation historique, est placée sous la domination à tous les niveaux ou presque de Chinois, devenus majoritaires dans le peuplement des villes. Aucun observateur ne le conteste. Pour les communistes, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ne saurait souffrir d’exception. Ce n’est en outre pas plus aux Occidentaux (le Dalaï Lama), qu’aux Chinois de désigner les représentants légitimes du peuple tibétain mais à lui seul. Le respect, essentiel, de l’intégrité territoriale de la Chine, ne peut que s’accompagner du respect des droits des nationalités présentes sur son territoire. Cela, nous devons le réaffirmer.

Au-delà des événements actuels, les communistes, l’ensemble des progressistes ne pourront pas faire l’économie d’une analyse de fond sur la question chinoise.

L’émergence de la puissance chinoise s’effectue sur un mode capitaliste mais sous l’impulsion d’un Etat qui a développé une forme de socialisme.

Communistes français, ce socialisme n’a jamais été pour nous une référence, sans même parler de la « révolution culturelle » (qui a en revanche subjugué certains repentis du maoïsme en France que l’on a retrouvés dans les dernières manifestations). Au plan international, nous n’oublions pas qu’il a soutenu les Khmers Rouges (aux côtés des USA) et qu’il a mené une guerre d’agression contre le Viêt-Nam socialiste à peine sorti de sa guerre de libération. Mais la Chine est le plus grand pays qui se réclame du socialisme, son parti dirigeant même du communisme. 

Où en est le socialisme en Chine ? L’appel au capitalisme est-il, à la l’image de la NEP (Nouvelle politique économique de Lénine à partir de 1921), mais à une tout autre échelle, un choix pragmatique pour permettre l’essor des moyens de production qui restent ou doivent revenir sous le contrôle de l’Etat socialiste et du peuple ? Ou bien la Chine est-elle en train de devenir une superpuissance capitaliste où subsiste comme élément dirigeant l’appareil d’Etat du socialisme ? 

Des réponses à ces questions, qui demandent un important travail d’information et de réflexion, dépendent notre analyse des tensions montantes entre Occident et Chine telles qu’elles se manifestent avant les JO et notre attitude politique.

Occident derrière les USA face à Chine : choc entre deux impérialismes capitalistes, l’un déclinant l’autre montant à terme dangereux pour la paix mondiale ? Ou bien choc entre l’impérialisme et une puissance socialiste émergeant au premier rang?

Un chantier de réflexion avant notre 34ème congrès.

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 10:53

Conseil national du PCF des 29/30 mars 2008   

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris, résumé

9,3% aux cantonales avec 1250 candidats : une persistance nationale du PCF sur la base de campagnes locales qui n’évacuent pas l’identité communiste (ex:UE). 3ème désaveu de la stratégie d’effacement après le 1,9% et l’assemblée de décembre. Confirmation que le PCF a un avenir mais tout reste à faire. 3 ruptures urgentes: avec la soumission au PS, le flou des positions (ex: UE, salaire socialisé, nationalisations), l’abandon des orgas de base. Nécessité pour l’alternative politique tout de suite partant des luttes. Aux communistes, cellules, sections, en lien avec les luttes, de bouleverser le congrès de continuité prévu par les mêmes directions. Paris : contre-exemple de dynamisme communiste avec l’alignement sans conditions sur le social-libéralisme.

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31 mars 2008 1 31 /03 /mars /2008 10:50

Conseil national du PCF des 29 et 30 mars

Intervention non prononcée de Marie-Christine Burricand 
Bien qu'inscrite dès mon arrivée, je n'ai pas pu prendre la parole au conseil national. Voici le texte de mon intervention.

Je souhaite livrer ici quelques éléments de réflexion, en m'appuyant particulièrement sur la campagne que nous avons menée à Vénissieux et qui apermis la réélection dès le premier tour de la liste des forces de gauche conduite par André Gerin, la réélection de deux conseillers généraux, Christian Falconnet sortant et moi-même, dans le cadre d'un passage de relais avec Guy Fischer, sénateur et conseiller du canton sud depuis 26 ans.

Il faut prendre la mesure des difficultés terribles dans lesquelles se débattent les familles populaires et en même temps de leur demande de réflexion et action politique, qui a grandi ces derniers mois. Il y a eu engagement large autour de nos candidats avec plus de 60 rencontres d'appartements dans la ville en un mois.

Dans la suite de ce qui s'était passé aux législatives, les communistes se sont fortement et largement mobilisés, pour gagner les élections bien sur mais aussi pour faire la démonstration qu'il y a un espace politique et un avenir pour leur parti, tordre le cou a la théorie du "déclin inéluctable du PCF".

Il n'y aurait pas eu de victoire possible sans une présence quotidienne des militants et des élus dans les quartiers. Nous avons mené la campagne à partir des organisations du parti que les communistes se sont acharnés à faire vivre, cellules et section.

Le résultat a été possible parce que nous sommes apparus comme les plus déterminés à construire la résistance à Sarkozy et porteurs du clivage gauche droite qui reste très présent dans le monde populaire. Nous étions aussi forts du bilan de l'équipe municipale et du maire, identifiés largement dans la ville comme les meilleurs défenseurs des intérêts populaires.

Cette campagne confirme qu'il y a réellement un espace pour le renforcement du PCF et une reconquête de son influence.

L'attitude du PS qui a essayé de nous faire la peau dans plusieurs municipalités ne peut se réduire à un excès de concurrence à gauche, ni à une affaire de sociologie. Le PS portait dans ces élections l'alternance et la recomposition politique, la confusion dans l'alliance avec la droite-modem, plus importante et insidieuse que ce que nous en avons dit et il est regrettable que dans plusieurs villes nous ayons accepté de partir sur de telles listes. L'alternance condamne la gauche. Nous portions le clivage gauche droite et la résistance à Sarkozy et c'est quand nous sommes forts que le vote à gauche prend ce sens.

- Il y 2 ans, j'ai entendu dans cette assemblée la direction expliquer que les collectifs antilibéraux étaient la panacée.
- Il y a un an, nous avons fait un groupe technique avec les verts à l'Assemblée nationale et aujourd'hui Voynet se fait élire par la droite à Montreuil contre nous sans que nous remettions en cause cette décision.
- Il y a 6 mois, à l'assemblée extraordinaires des secrétaires de section, la direction a imposé malgré l'avis majoritaire des communistes l'idée des expérimentations y compris celles pouvant déboucher sur une nouvelle force politique.

Aujourd'hui les mêmes se réjouissent que le PCF soit la troisième force du pays, quitte à faire passer pour négligeables des pertes aussi lourdes que celles du Conseil général de Seine saint Denis et de Calais et d'escamoter que le second tour a surtout profité au PS.

On ne sort pas d'une ligne opportuniste, d'une navigation à vue qui prive le peuple de la force révolutionnaire dont il a besoin aujourd'hui. Les propositions pour le congrès témoignent surtout de la volonté de la direction d'éviter les débats, décisions d'organisation et constructions théoriques qui rendraient le PCF visible et audible au plan national. Heureusement, il y a de plus en plus de communistes qui ont fait leur deuil de la place du Colonel Fabien et de ce qui peut en sortir.

La bonne nouvelle, c'est la confiance retrouvée des communistes dans leur organisation, les efforts entrepris pour reconstruire l'organisation dans les quartiers populaires, la volonté de reconquête de notre influence, le tout dans la tourmente de la bataille contre la droite et le capital. Il va falloir compter avec ça et c'est bien.

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