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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
3 juin 2008 2 03 /06 /juin /2008 12:44
  • André GERIN 
  • Maire de Vénissieux
  • Député du Rhône

 

 

 

à : Section PCF Paris 15ème

130, rue Castagnary

75015 PARIS

 

 

 

LVénissieux, le 30 mai 2008

 

Chers camarades,

 

Vous m’envoyez une lettre m’enjoignant de cesser mes déclarations individuelles. Vous faîtes notamment allusion à une interview accordée au Nouvel économiste, sur laquelle je reviens dans un texte plus général et dans un courrier adressé à Stéphane Auriol.

 

Prendre la liberté d’exprimer publiquement les désaccords au sein du Parti communiste français est vital. Aujourd’hui, priver de cette liberté de parole ceux qui veulent continuer de faire vivre le PCF serait suicidaire. Tout au contraire, il faut démultiplier l’expression publique, libre et non contrainte des communistes.

 

Chaque communiste doit mener sa propre réflexion. C’est à mon sens un enjeu majeur pour la survie de notre parti. Obligeons-nous à dédiaboliser les  désaccords, les oppositions et travaillons à l’unité des communistes qui veulent conserver leur parti. La pensée unique est déconcertante. N’avons-nous pas chacun une part de vérité ?


    Il est vrai que l’accès aux médias n’est ni simple, ni neutre, ni sans risque. Mais le retour à l’omerta nous conduirait au néant social.
 

    Maire et député communiste, j’assume complètement mon rapport aux médias eu égard aux initiatives innovantes et audacieuses que nous mettons en œuvre avec la bataille des communistes.


            En toute fraternité, si nous voulons réussir comme nous nous y sommes engagés le 1er septembre 2007 à Vénissieux, je crois qu’il est temps de s’occuper de l’essentiel : la bataille politique, idéologique. Rassemblons l’opposition, si possible toute l’opposition face à la politique de liquidation, dans le respect de chacun, en faisant l’effort d’éviter les a priori, les raccourcis, ce qui est blessant et surtout contre-productif, en se gardant de donner des leçons.

 

            Quels que soient nos questionnements, nos interrogations, le mieux est de se parler, au-delà des amalgames et des jugements à l’emporte-pièce, en se préservant de lancer des anathèmes.

 

            Je revendique ma personnalité avec mes excès, mes convictions, ma part de sincérité, de loyauté. J’ai appris à être autonome. J’ai horreur des étiquettes. Et surtout, je suis fier d’être communiste.

 

            Recevez, Chers Camarades, mes fraternelles salutations.

 

André GERIN

 

En lien :

lettre du PCF Paris 15ème à André Gérin

lettre de Stéphane Auriol à André Gérin


réponse d'André Gérin à Stéphane Auriol


"Camarade Libéré" - article du Nouvel économiste sur André Gérin
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1 juin 2008 7 01 /06 /juin /2008 23:52

Assemblée nationale de la JC : un compte-rendu encourageant

Depuis pas loin de 20 ans maintenant, la déstructuration organisationnelle et idéologique de la JC (du MJCF) a précédé, étape par étape, celle du parti : abandon des cercles, dilution de la notion même « d’adhérent », dépolitisation jusqu’à l’approbation, chez les étudiants, de l’absorption de l’UNEF par l’UNEF-ID socialiste. Ces derniers temps, plusieurs signes de relèvement sont perceptibles dans plusieurs endroits de France. Ce compte-rendu de l’Assemblée nationale des animateurs du MJCF qui se tenait la semaine dernière confirme cette évolution intéressante. Si le mouvement commence à s’inverser à la JC, que de plus en plus de jeunes militants entendent rendre ses repères théoriques, son organisation de lutte au mouvement, cela ne peut qu’annoncer une évolution similaire dans le parti…


Le MJCF retrouve des couleurs, par un jeune communiste des Bouches-du-Rhône

L'ANA du Mouvement des Jeunes Communistes de France retrouve des couleurs, cela grâce au travail des jeunes communistes des Bouches du Rhône

Les termes "nationalisation", "socialisme" font leurs grands retours dans les bouches des jeunes communistes. Encore tabou lors du congrès d'Ivry de décembre 2006, force est de constater que le travail militant du MJCF des Bouches du Rhône n'a pas été vain pour les jeunes communistes attachés au marxisme. Pour la direction nationale du MJCF le "débat est ouvert", le point est marqué, il faut maintenant le transformer.

La bataille pour des nouveaux droits est lancée, certes sur une visée qui reste encore réformiste, mais il est bon de constater que la volonté d'organisation de la jeunesse a été au coeur des débats et des conflits qui ont éclaté entre la direction et certaines fédérations. Ainsi une fédération, comme celle de la Loire, qui compte plus de 150 adhésions en 3 ans se voit refusée une place au CN, idem pour les fédérations du Languedoc (renaissantes) qui n'ont qu'un siège au CN.

La fédération des Bouches du Rhône a défendu les valeurs du communisme et la volonté de rendre le CN du MJCF plus représentatif. Ainsi notre fédération a mené la lutte pour que le monde salarié et lycéen soit mieux représenté au sein de la direction du MJCF. Ainsi nous avons coalisé autour de nos propositions plus de 38% des délégués (essentiellement les fédérations du Grand Sud: PO-Herault-Gard-Var-Alpes Maritimes, de la Loire, de Côte d'Or), du jamais vu, de plus, de nombreux délégués de la région parisienne ont même soutenus notre combat (Val de Marne, Paris, Hauts de Seine...).

Le rapport de force est crée pour le prochain congrès, pas besoin de faire sauter la direction, comme certains délégués le souhaitaient. Le MJCF a repris des couleurs, reprend forme et vigueur, c'est déjà l'essentiel pour cette ANA.


Nicolas Maury

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30 mai 2008 5 30 /05 /mai /2008 12:38

62% des Hongrois jugent que l’ère Kadar (1957-1989) a constitué l’époque la plus heureuse de leur pays. Ils n’étaient que 53% dans le même sondage en 2001.

BL/EDT pour vivelepcf d’après une correspondance locale

La filiale hongroise de l’institut de sondage allemand gfk-Hungaria a réalisé en mai 2008 un sondage sur la perception par la population du passé de leur pays. De façon encore plus marquée qu’en 2001, les sondés considèrent que la période antérieure au  changement de régime (1989) a été la « plus heureuse » de l’histoire. L’expression de cette nostalgie concerne plus particulièrement la période comprise entre 1956/8 et 1985/9, lorsque János Kádár était chef du gouvernement et premier dirigeant du parti socialiste ouvrier (PSOH) au pouvoir.

Dans le détail, l’enquête ne permet pas de visualiser les opinions exprimées en fonction de l’appartenance sociale. Toutefois, nous observons que la popularité de la période « kadarienne » diminue avec le niveau de diplôme (54% pour les diplômés de l’université et des grandes écoles, 58% chez les bacheliers, 62% chez les diplômés des lycées professionnels et 67% chez ceux qui ont arrêté leurs études avant le lycée) et avec la taille de la ville (maximum de popularité atteint dans les villes de 2 à 5000 habitants et minimum relatif à Budapest). Cette indication est suffisante pour tirer quelques enseignements sur le sentiment des classes populaires : alors que les cadres des grandes entreprises, diplômés des écoles de commerce et des universités de droit, se concentrent à Budapest, les petites villes de province abritent une population d’ouvriers et d’employés, mal payée et mal protégée, mais aussi de retraités et de chômeurs survivant dans une situation très difficile. Nous pouvons aussi supposer que les petits commerçants et artisans (dont les activités étaient restées privées du temps du socialisme) font partie des sondés favorables à ce qu’il est convenu d’appeler en Hongrie l’ « ancien régime ».

De façon assez logique, cette popularité croît avec l’âge des sondés : 80% chez les plus de 50 ans, 72% chez les 40-49 ans, 55% chez les 30-39 ans et seulement 24% chez les 15-29 ans qui n’ont pas ou à peine connu cette époque directement. Autre résultat intéressant de ce sondage : le « score exceptionnel » obtenu par les deux dernières décennies qui sont considérées par 60% des personnes interrogées  comme la plus malheureuse du XXe siècle (12 points de plus qu’en 2001), loin devant la période Kádár et l’avant-guerre (13% chacune) !

L'augmentation de la sympathie pour la période Kádár depuis 2001 n’a rien d'étonnant. Le « miracle hongrois », tant célébré par la Commission Européenne avant l’élargissement de mai 2004, a pris fin il y a plusieurs années. La prospérité économique relative qu’avait connu le pays dans les années 1990 reposait sur le flux ininterrompu des investissements occidentaux. Celui-ci contribuait au développement de certaines activités dans la capitale et dans quelques grandes villes, grâce à des délocalisations industrielles (automobile, pharmacie, informatique) et l’installation de sièges sociaux (IBM). L’essoufflement de cette dynamique est dû aux nouveaux horizons des délocalisations industrielles, encore plus lointains (Roumanie, Slovaquie, Turquie), mais aussi au rapatriement du profit par les premiers investisseurs. De plus, l’abondance passagère de capitaux étrangers a eu un prix : celui de la privatisation et de la liquidation rapide du secteur industriel socialisé et celui de l’alignement sur les législations les plus libérales en ce qui concerne la protection maximale du revenu du capital, la faiblesse de l’imposition des entreprises, la ruine des systèmes sociaux solidaires et le démantèlement du droit du travail.

Les conditions de vie du plus grand nombre, déjà sévèrement détériorées par le changement de système en 1989, se sont à nouveau dégradées après 2001. Le gouvernement « libéral-socialiste » a opté de manière brutale pour une politique de rigueur. Une série de mesures visant les dernières entreprises publiques (transports), les hôpitaux (fermetures de site, privatisations, forfait hospitalier), les universités (autonomie, réduction des crédits, envolée des droits d’inscriptions) et les administrations des ministères (vente du parc immobilier, réduction du personnel) a été très durement ressentie. Dans le même temps, les impôts sur la consommation (TVA à 25%, la plus forte d’Europe) et sur le revenu (peu ou pas de progressivité) sont maintenus à des taux élevés. Enfin, les Hongrois doivent subir chaque année une hausse d’environ 10% du prix du gaz, de l'électricité et des transports. Avec une croissance plus lente, les profits n’en continuent pas moins de remplir les poches de quelques capitaines d’industrie occidentaux et hongrois, dont le premier ministre « socialiste » lui-même. On estime que le revenu médian est toujours inférieur de 30% à celui de 1989, en prenant en compte la valeur des avantages matériels comme le logement et l’accès gratuit à de nombreux services. Une grande fraction de la jeunesse, notamment étudiante, ne songe qu’à une réussite individuelle et à partir en Occident.

Le regret de la période précédente où la vie était perçue comme meilleure et surtout plus sûre est observable dans la plupart des pays de l’est. En ex-RDA, on a inventé le concept « d’Ostalgie ». Un sentiment anticapitaliste et un attachement à la « solidarité nationale » sont très aussi répandus.

Mais ce phénomène n’a pas de traduction politique. L’idéologie dominante s’efforce, efficacement pour l’instant, de couper cet état d’esprit et le regret des acquis de l’ancien système de toute référence au socialisme.

Le parti socialiste - héritier direct de l'ancien PSOH  pour la structure et les cadres – s’est radicalement détourné de son passé. Au pouvoir, il s’est appliqué, d’une manière brutale et voyante, à démanteler les acquis sociaux du régime précédent, se montrant adepte d’un « libéralisme » échevelé.

Le système politique a (judicieusement) laissé au parti conservateur (droite) le rôle de défendre les quelques meubles restants (santé, universités). Il capte une partie de la protestation sociale, avec un discours souvent nationaliste et tout en développant un discours anticommuniste outrancier.

Le Parti communiste ouvrier hongrois s’efforce de s’impliquer dans le développement du mouvement social. Depuis 2 ans, le PCOH a fini de se désolidariser complètement du PS. Il n’appelle plus à voter pour lui au 2e tour et le caractérise comme un parti capitaliste comme les autres, sans identifier l’ensemble de ses adhérents à sa direction. Mais son influence et sa visibilité restent modestes, hormis sans doute quelques localités. Le PCOH fait face à une intense répression allant jusqu’à la menace d’emprisonnement de tout son bureau politique.

Une campagne internationale de solidarité a été lancée (voir appel).

Pour les communistes français, il ne s’agit pas d’utiliser les résultats de sondages comme celui-ci en Hongrie, pour réhabiliter des modèles de socialisme comme le « socialisme à la hongroise » où l’économie mixte était particulièrement développée. Mais ils permettent de contrer l’un des axes de la propagande anticommuniste, propagée notamment par l’UE et d’alimenter notre réflexion sur notre visée socialiste, sous un autre jour que le discours de la « repentance », des « valises de plomb de l’Histoire », développée par la direction du PCF depuis plusieurs années.

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 16:40

Préparation du 34ème congrès du PCF

 

Remarques sur les travaux des ateliers, par Claude Deffontaine, section PCF Paris 16

Les 8 ateliers (je n’en vois que 7 avec une intro) n’apportent rien de véritablement neuf par rapport aux contenus des textes fondamentaux de ces 15 dernières années. Par contre, ils confirment bon nombre de renoncements (voir dans les remarques ci-après).

Ils confirment l’inventaire à la Prévert des défauts de notre société que nous connaissons tous. Ils sont rédigés sur le mode du questionnement, proposant des pistes mais n’ouvrant pas vraiment de voies claires. Après tant d’années de réflexion inabouties, il est écrit « qu’il ne s’agit pas de se positionner par rapport à ces textes ». Ils ne serviraient qu’à alimenter le débat. Cependant, un Conseil national se tiendra les 25 et 26 juin pour en faire le bilan et trois réunions nationales se teindront d’ici là, basées sur ces textes. Si ce ne sont pas des pré-textes de congrès, cela y ressemble beaucoup.

Par ailleurs, les 3 questions majeures qui seront débattues lors des 3 rencontres nationales ne sont pas assez ouvertes, vu le nombre restreint de participants, qui sont désignés par les fédérations. Pourquoi pas un nombre au moins double de participants qui seraient désignés par les sections. L’assemblée de fin décembre 2007, avec ce mode de désignation, avait permis de faire reculer les idées réformistes de la direction.

Revenons aux thèmes de travail. Ils sont fractionnés mais il y a entre eux un trait commun : l’absence de référence au marxisme en tant que théorie économique, philosophique, historique.  

Suivent mes observations brèves et synthétiques sur les textes, non pour fermer le débat, mais au contraire pour l’alimenter en cellule.

SUITE

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 09:17

La répression anticommuniste s’intensifie en République tchèque. Intensifier la solidarité internationale avec la JC interdite (KSM)!

Se faire arrêter pour avoir brandi le drapeau rouge avec la faucille et le marteau, cela se passe maintenant au cœur de l’Europe, en République tchèque. C’est arrivé précisément le 21 mai dernier à Prague à un dirigeant de l’Union communiste de la jeunesse tchèque, David Pazdera, qui participait à une manifestation contre la privatisation du système de santé. Déjà lors de la manifestation du 1er mai à Brno, la police s’était emparée des drapeaux de jeunes manifestants communistes.

Les emblèmes de la faucille et du marteau ne sont pourtant pas interdits en République tchèque, même si plusieurs parlementaires, à l’image de certains parlementaires européens, le demandent. David Pazdera avait fait remarquer le 1er mai que se trouvent parmi les plus virulents d’entre eux des anciens membres du parti communiste et de la JC, d’avant 1989…

Ce nouveau pas franchi dans la répression anticommuniste en République tchèque suit la décision de la justice, le 24 avril, de déclarer légale la mesure d’interdiction de la KSM prise en 2006 par le ministère de l’intérieur. Elle a ordonné la dissolution immédiate de l’organisation.

Bien au-delà des communistes, tous les progressistes, les démocrates, de tous les pays, notamment d’Europe ne doivent pas laisser passer la banalisation du délit d’opinion, en particulier de l’opinion marxiste et socialiste.

Rappelons que le motif invoqué par les autorités est l’expression dans les statuts de la KSM de la nécessité de l’appropriation publique des moyens de production et d’échange.

Derrière l’organisation de jeunesse, il ne fait pas de doute que le Parti communiste de Bohème-Moravie, KSCM, 3ème parti du pays, est visé. Les autorités souhaitent probablement aussi préparer le terrain à la campagne anticommuniste et caricaturale qui accompagnera l’anniversaire des événements d’août 1968.

La solidarité internationale contre l’interdiction de la KSM doit s’intensifier.

En France, une carte postale de solidarité, reprenant une pétition de soutien, a été éditée par des organisations du PCF et est à la disposition de tout militant (contact : solidarite-pcf-ksm@laposte.net ).

Nous appelons ce jour le Comité exécutif national du PCF à prendre des initiatives d’ampleur.

Au Conseil national du PCF du 23 mai, consacré aux questions européennes, Emmanuel Dang Tran a évoqué l’interdiction de la KSM mais ignorait la nouvelle étape de l’escalade répressive.

Il n’est pas imaginable qu’un pays qui vient d’honorer Guy Môcquet, admette que l’un de ses voisins et partenaires criminalise et arrête des jeunes communistes qui ont aujourd’hui les mêmes convictions politiques.

Stéphane Auriol, Emmanuel Dang Tran, Fabienne Debeauvais, Claude Fainzang, membres du CN du PCF

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29 mai 2008 4 29 /05 /mai /2008 08:58
Section du PCF Paris 15ème

130 rue Castagnary

75015 PARIS

01 48 28 60 05

                                                                                                   Au camarade André GERIN

5 avenue Marcel Houël

BP 24

69200 VENISSIEUX

 

 

Paris XV, le 26 mai 2008,

 

 

Cher camarade,

 

Nous jugeons qu’il est nécessaire que tous les communistes qui entendent s’opposer à la liquidation du PCF et participer à son relèvement sur une base de classe, travaillent ensemble.

 

Dans cet objectif, il est impératif de prendre la peine de préciser ce que peut et doit être la démarche commune, notamment dans la période de préparation du 34ème congrès.

 

Dans ce sens, depuis quelques semaines, nous multiplions les échanges avec des responsables d’organisations du parti. Comme Marie-Christine Burricand t’en a informé, nous avons rencontré des camarades de la section de Vénissieux.

 

Le 30 avril, tu as adressé personnellement à notre secrétaire, Emmanuel Dang Tran, une lettre, transmise en copie à un certain nombre de camarades. Tu lui fais part de l’état de ta réflexion sur la situation du PCF et son avenir. Nous avons par ailleurs pu entendre et lire dans les media plusieurs de tes interventions dans la dernière période.

 

Le monde du travail, le pays ont besoin du PCF pour mener la contre-offensive, idéologique et politique, à la mondialisation capitaliste. Pour nous, cette question ne se pose pas. La question qui se pose est celle que les communistes reconquièrent leur Parti, lui rendent sa raison d’être face à la direction liquidatrice.

 

L’expérience nous montre depuis la « Mutation » et le congrès de Martigues, que l’unité des communistes n’est possible que dans leur organisation historique, le PCF.

Par ailleurs, le projet explicite de la direction sortante d’en finir avec la référence communiste a été désavoué par les électeurs aux présidentielles et par les adhérents à l’assemblée extraordinaire de décembre dernier.

 

Pour transformer ce rapport de force, rompre avec la stratégie d’effacement, le reniement des fondamentaux communistes, l’alignement sur le PS, rompre avec les directions qui la conduisent, il est nécessaire que les militants, les organisations du parti qui s’y opposent passent à un nouveau stade de structuration.

 

Ce dont nous avons besoin tient en deux points :

1-     gagner une visibilité nationale. Nous devons donner un point de repère dans le PCF pour tous les adhérents du PCF, pour les communistes qui en ont été éloignés afin qu’ils le réinvestissent et se réapproprient leur parti, pour tous les militants du mouvement social à la recherche d’une organisation politique qui dégage la perspective politique, face au consensus UMP/PS sur les questions principales. 

2-     se donner les moyens de faire vivre, de reconstituer nos organisations du Parti, cellules, sections, fédérations… en alimentant leur bataille idéologique et leur activité dans les luttes.

 

C’est dans ce sens que nous devons poser la question du changement de direction, et non d’abord en terme de personne, de compétition de personnalités comme au PS.

 

Pour nous le congrès doit être une étape dans un processus de reconquête du PCF, très importante dans le rassemblement des communistes pour l’avenir. Mais ce n’est pas « ça passe ou ça casse » comme tu l’écris.

 

Pour faire avancer cette démarche, nous partageons la proposition d’une rencontre nationale avant les vacances d’été. Nous sommes prêts à l’organiser en région parisienne, par exemple le samedi 28 juin.

 

Nous devrons faire de cette réunion un événement national montrant la détermination d’organisations du parti, de militants à rompre avec la mutation-liquidation du PCF. Elle devrait être le moment de cadrer notre démarche par un texte d’appel, annonçant l’établissement d’une coordination nationale, la perspective d’un texte alternatif pour le congrès.

 

Comme tu le vois, nous avons besoin d’une démarche collective et il est de notre responsabilité de veiller à la construire. En toute fraternité, André, nous pensons qu’il n’est plus temps de multiplier les déclarations individuelles. Nous savons qu’il faut se méfier des manipulations des media bourgeois. Mais certaines de tes interventions, notamment l’article du Nouvel Economiste du 11 avril, nous déconcertent comme d’autres camarades.

 

Concernant la possibilité d’une action lors de rencontre prévue par la direction du parti à Tours le 14 juin, dont la symbolique ne nous a pas échappé, nous pensons qu’elle ne sera opportune que si nous sommes en état d’y associer un nombre significatif de camarades.

 

Nous aurons une idée demain, à l’occasion d’une assemblée de communistes de région parisienne, du potentiel de mobilisation.

 

Voilà les éléments que nous voulions soumettre à ta réflexion comme à celle des autres camarades.

 

Amitiés communistes,

 Le secrétariat de section,

 Emmanuel DANG TRAN, Albert BARRE, Josette GAWSEWITCH, Henri DERRIEN


 


En lien :

 

réponse d'André Gérin au PCF Paris 15


lettre de Stéphane Auriol à André Gérin

réponse d'André Gérin à Stéphane Auriol


"Camarade Libéré" - article du Nouvel économiste sur André Gérin

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27 mai 2008 2 27 /05 /mai /2008 18:40

Contribution au 34ème Congrès

 

    Chaque jour les informations qui nous parviennent du monde entier nous confortent dans l’idée que le capitalisme a bien atteint sa forme ultime de développement telle que décrite par Lénine.

Sous la houlette des USA l’impérialisme se livre aujourd’hui au pillage systématique des ressources de la planète utilisant pour cela tous les moyens y compris la guerre. Après l’horreur d’Hiroshima, des centaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants ont péri sous les bombes et la mitraille en Irak, en Palestine, en Afghanistan, en Yougoslavie. Le massacre se poursuit sans que les médias s’en émeuvent outre mesure. De nouveaux peuples sont menacés comme ceux d’Iran, de Syrie, de Cuba, du Venezuela, ou de Bolivie De nombreux pays en Afrique et en Asie sont ravagés et déstabilisés par le chômage, la faim et la maladie. Rien ni personne n’échappe à la rapacité des multinationales.

Il faut voir aussi que l’impérialisme américain et ses satellites mènent un combat impitoyable contre leurs concurrents que sont la Russie, la Chine, ou l’Inde et visent à les dépecer et à les dépouiller de leurs richesses. Les accusations d’atteintes au droit de l’homme et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes sont lancées pour isoler et affaiblir ces pays, tout en essayant de masquer ses propres agissements. Les dépeçages incessant de l’ex URSS, de la Yougoslavie, et les tentatives actuelles contre la Russie, la Chine, l’Inde ou la Bolivie ont avant tout des visées lucratives, l’anti-communisme représentant un plus.

Dans sa recherche effrénée du profit maximum l’impérialisme s’attaque aussi à tous les acquis sociaux des travailleurs et à tous les domaines de la vie dans les pays développés, frappant de plein fouet des secteurs jusque là plus ou moins épargnés comme l’art, l’éducation, la santé, les sports, et l’écologie - qui est source de beaucoup d’inquiétudes aujourd’hui.

Non seulement il pousse toujours plus loin l’exploitation des travailleurs, mais des couches sociales entières comme les commerçants, les artisans, les paysans, sont en voie de disparition. Dans leur soif inextinguible de profits les multinationales en sont même arrivées à se dévorer entre-elles. Des « fusions » de firmes sont annoncées presque chaque jour. Elles se sont engagées en outre dans une fuite en avant de spéculations financières où d’énormes sommes sont englouties.

Toutes les mesures prises pour sortir de cette crise sans précédent se révèlent inefficaces et la situation ne fait qu’empirer. La propagande médiatique, pourtant quasi monopolisée et toute puissante, n’arrive plus à cacher cette évolution désastreuse et irréversible.

L’impérialisme est devenu un prédateur redoutable. Il a créé une situation mondiale anarchique. La seule loi qui vaille aujourd’hui pour lui c’est le droit du plus fort ! Tout le reste n’est que tentatives de dissimulations et de diversions.

L’impérialisme est aujourd’hui un danger mortel pour la planète.

 

    Le 34ème Congrès doit en finir avec l’orientation qui a prévalu au PCF depuis « la mutation », orientation qui consiste à s’intégrer dans le système pour le « dépasser ». L’histoire est là qui montre que le capitalisme, partout sur la planète, n’accepte jamais de se laisser dépasser. Lorsqu’il est contraint au recul par un rapport de forces défavorable pour lui,  il n’a de cesse ensuite de reconquérir le terrain perdu par tous les moyens.

L’application des principes fondateurs issus du Congrès de Tours avait permis au PCF de devenir le premier parti de France, de peser efficacement sur la vie politique du pays, et d’arracher des avancées sociales importantes. Le rejet progressif de ces bases idéologiques depuis trente ans et le refus de prendre en compte l’avis de nombreux camarades qui exprimaient leurs désaccords ont fait que le Parti s’en trouve aujourd’hui très affaibli. Or, en cette période d’offensive capitaliste sans précédent contre toutes leurs conquêtes sociales et politiques, les travailleurs ont besoin plus que jamais d’un Parti communiste fort, influent, et capable d’entraîner les masses à l’action.

Il est inconcevable que la direction nationale s’obstine encore à refuser toute modification dans la stratégie qui a conduit le Parti aux 1,93 %.   

Il est inacceptable qu’elle ne se décide toujours pas à ouvrir vraiment un débat démocratique à tous les échelons du Parti, dans l’Huma et dans la presse régionale, pour préparer le 34ème Congrès. Après les vacances d’été il ne restera  qu’un peu plus de deux mois de discussion.

On est fondé à penser que la direction cherche à réduire au minimum les débats préparatoires au Congrès  afin de poursuivre dans la voie de la liquidation réclamée ouvertement et avec insistance par une partie d’entre-elle.

Depuis plus d’un siècle les sociaux démocrates cherchent à « inventer » une troisième voie sans avoir jamais réussi à en dessiner le moindre contour.

Les communistes doivent tout faire pour hâter l’édification d’une société socialiste, seule alternative possible au capitalisme.

Et pour cela il nous faut revenir au marxisme.



Jules Molina

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 19:18
Conseil National du PCF du 23 mai 2008 sur les questions européennes

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

La nature du projet européen ne fait pas de doute et n’a pas changé. L’UE suit depuis le départ un projet capitaliste et impérialiste. Non internationaliste ! La chute du Mur de Berlin ne l’a pas modifié. Au contraire, elle a donné à l’UE de nouvelles possibilités et prétentions, avec la dégradation des rapports de classe au plan international, pour satisfaire les intérêts de la mondialisation capitaliste. L’UE est plus que jamais l’instrument de la remise en cause systématique des acquis sociaux et démocratiques nationaux. Elle n’a jamais autant contribué à étendre l’impérialisme atlantiste, avec l’OTAN.

Aussi je m’étonne et ne partage absolument les formules du rapport qui parle de « redonner son sens positif » à l’UE, de « remettre le social » au centre.

Une autre constante de l’UE ne doit pas nous échapper : l’anticommunisme, manifesté notamment par la caution apportée à la criminalisation d’organisations communistes comme la JC tchèque ou le PC hongrois.

Les partisans de l’UE du capital ne se trompent pas. Ils savent qu’un seul courant politique s’est toujours opposé à leur projet : le courant communiste.

Nous avons la responsabilité, en France, de faire vivre cet engagement que l’on reconnaît toujours au PCF, comme on l’a vu pendant la campagne du NON. Notre responsabilité est encore soulignée par le consensus européen droite-PS (auquel j’ajoute au niveau européen la CES). Je m’étonne qu’il n’ait même pas été fait mention dans le rapport de leur vote conjoint, si récent, à Versailles pour le nouveau traité de l’UE.

Effectivement, l’UE a perdu de la légitimité vis-à-vis des peuples. La propagande « européenne » a moins de prise. C’est une très bonne chose. Les communistes n’y sont pas pour rien. Poussons l’avantage ! Continuons de délégitimer les directives et traités à l’aide desquels le patronat et le gouvernement français détruisent les acquis sociaux et économiques ! Et surtout pas l’inverse en laissant planer l’illusion d’une « réorientation de l’UE » et en promouvant « l’intégration européenne » comme le fait le PGE!

La présidence française de l’UE s’ouvre dans une période de lutte intense. Dégager la perspective politique en France, concrétiser le rapport de force qui s’était exprimé pour le Non et qui existe toujours, peut être un point d’appui pour les autres peuples dans leurs luttes, comme en 2005.

Ainsi, mettre en échec la casse du droit du travail, du contrat de travail, celle de l’assurance chômage correspond à la bataille contre la « flexsécurité » voulue par l’UE. Mettre en échec la contre-réforme des retraites dans notre pays - je pense naturellement à la grande mobilisation d’hier – ne peut que stimuler les luttes contre la même logique dans les autres pays (et réciproquement). Même chose pour la bataille contre les privatisations et contre l’application des directives de marchandisation.

La question du PGE doit impérativement être reposée au congrès. Le PGE n’est pas la bonne structure pour coordonner l’action contre l’UE du capital et promouvoir des coopérations internationales, mutuellement avantageuses. Ses statuts, qui l’engagent à promouvoir « l’intégration européenne », les importantes subventions qu’il reçoit pour cela (ainsi que désormais sa « fondation politique ») l’enchaînent à la Commission européenne.

Le PGE est-il un instrument pour effacer l’identité et les positions des partis communistes, dans le cadre d’une recomposition politique, parallèle dans chaque pays ?  Après « die Linke » en Allemagne, l’expérience désastreuse de la « section italienne du PGE » suivie de la « gauche arc-en-ciel » en Italie, voudrait-on transformer peu à peu le PCF, notamment à l’occasion des élections européennes en « section française de la gauche européenne » ? On doit poser ces questions. Les communistes au congrès doivent avoir la possibilité d’exprimer et d’imposer leur opposition à cette option.

Un autre cadre que le PGE existe pour une coopération politique internationale. Un cadre qui correspond à notre engagement communiste ! Plusieurs appels internationaux de partis communistes et progressistes, certains d’ailleurs membres, avec notre parti, du groupe GUE au Parlement européen, ont été lancés. Le dernier texte porte sur l’opposition commune au nouveau traité européen. Pourquoi la direction n’y associe pas le PCF?

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 19:13
Conseil national du PCF du 23 mai 2008

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

La question de l’UE va-t-elle être à nouveau l’instrument de la mutation-liquidation du PCF ? On se souvient de l’expérience de la liste « Bouge l’Europe » aux élections de 99 qui comprenait des personnes approuvant le traité de Maastricht et la guerre en Yougoslavie. Une expérience dont la direction n’a jamais voulu tirer les leçons. On recommence en 2009, sous l’égide du PGE ?

Je constate que la liquidation du Parti est toujours à l’ordre du jour. Olivier Dartigolles, Marie-Pierre Vieu, Dominique Grador… sont intervenus dans ce sens dans l’Huma ou le Monde.

Des textes de dirigeants, non distribués aux adhérents, circulent et proposent pour le congrès de créer des « fédérations thématiques», des « espaces d’éducation », un « cadre permanent », autant de structures destinées à court-circuiter les fédérations, les sections et les adhérents, qui seraient réduits à coller des affiches, distribuer des tracts, faire la claque dans les meetings.

Tout au contraire, la situation appelle plus que jamais la revitalisation, la reconstitution des cellules, (qui doivent redevenir des lieux de souveraineté des communistes), en particulier dans les quartiers populaires et dans les entreprises, lieu de l’exploitation, de la création de la plus-value, où sévit  la pensée unique de la monarchie patronale. L’originalité de l’organisation communiste réside dans ses liens avec le monde du travail et le mouvement des luttes. Marx ne disait-il pas qu’il ne faisait que renvoyer au mouvement ouvrier, sous forme théorique, ce que ses luttes lui enseignaient.

C’est un contresens pour des communistes de restreindre l’espace de vie politique aux institutions, françaises et encore plus européennes, et aux campagnes électorales, de donner la priorité à la présence dans les lieux de pouvoir sur l’action politique dans les luttes. On sait à quel résultat cela a conduit le Parti.

Pour savoir où aller, la situation politique et la préparation du congrès exigent que l’on fasse, enfin, le bilan de toute la période depuis la « Mutation ». Les textes des ateliers indiquent à nouveau, au contraire, une volonté de fuir en avant.

Faisons le bilan, pour le parti, pour le pays, des cellules balayées, de l’alignement sur le PS et ses positions qui continue depuis la gauche plurielle. Vis-à-vis des salariés, en terme de perspective politique, nous ne nous sommes toujours pas remis de l’acceptation des privatisations entre 1997 et 2002, au prétexte qu’il ne s’agissait que « d’ouvertures de capital ». A continuer à frapper à la porte du PS, on continue à passer à la trappe l’action des communistes ! Assez de penser le parti comme l’aiguillon de la gauche, la gauche,… toujours la gauche. Il doit être l'aiguillon politique des luttes!

Le monde du travail a besoin d’un Parti communiste ouvert, démocratique, capable de définir, non pas une « visée » fumeuse et lointaine, mais une stratégie résolument anticapitaliste applicable tout de suite. Qu’attendons-nous pour lancer, et animer réellement, des campagnes nationales pour contribuer à construire les rapports de forces pour des ruptures immédiates, attaquant la cohérence de la politique du gouvernement. Pour la relance de la consommation populaire par la hausse des salaires, du SMIC, des minima sociaux, pour la baisse de la TVA, pour la fin du scandale des aides publiques au patronat, pour les renationalisations et le refus des directives européennes, pour le retrait de l’OTAN, pour l’augmentation de l’ISF*,…

La préparation du congrès ne peut se penser en dehors de l’activité des communistes pour rassembler dans l’action, pour gagner une autre politique, pour redonner son utilité au Parti. Cette priorité au mouvement populaire devrait nous amener à revisiter nos fondements théoriques délaissés : l’analyse marxiste de la lutte des classes, le matérialisme dialectique ; l’exigence de l’appropriation sociale des moyens de production et d’échange...

L’enjeu du congrès, c’est que le PCF commence à redevenir l’outil politique que se sont forgés les travailleurs pour la remise en cause du capitalisme dans la lutte de classes.

Une remarque : le journal l’Humanité doit cesser de donner la parole à un seul point de vue dans la préparation du congrès.

* Un argument simple et clair : à elle seule, la fortune de Mme de Bettancourt représente plus de 3 fois le coût du RMI ! L'augmentation de son ISF que nous demandons suffirait à financer notre proposition de hausse des minima sociaux.

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25 mai 2008 7 25 /05 /mai /2008 17:12

«Quelles perspectives pour le mouvement communiste en Italie ? »

Rencontre-débat avec Andrea CATONE, historien, militant du Parti de la Refondation Communiste, collaborateur de la revue « l’Ernesto ». A l'invitation d'Emmanuel Dang Tran et Claude Fainzang, membres du CN du PCF.

Paris, Ecole Normale Supérieure, le 17 mai 2008.


Retranscription de l’introduction d’Andrea CATONE (par JV pour vivelepcf – non revue par l’orateur)

 

La défaite des forces de gauche est inattendue et sans précédent.

         La gauche italienne vient de connaître une débâcle sans précédent, qui créé une situation inédite : pour la première fois depuis la fin du fascisme, la « gauche de classe » n’est plus représentée au Parlement. L’échec de la coalition de Gauche Arc en Ciel (GAC) est très grave : les groupes qui la composaient (Parti de la Refondation Communiste - PRC, Parti des Communistes Italiens - PdCI, Verts et Gauche Démocrate - SD) avaient recueilli 10,2 % des voix aux dernières élections, non compris les dissidents de la DS. Avec les dissidents de la social-démocratie, les SD, le potentiel électoral était de 12 % … pour un résultat de 3 % seulement ! Depuis 2006, date des dernières élections, les organisations formant la Gauche Arc en Ciel perdent près de 3 millions de voix. Où sont passés les électeurs ? Une petite partie s’est tournée vers le Parti Communiste des Travailleurs et la Gauche Critique, organisations dissidentes du PRC, qui ont regroupé environ 500.000 voix. Mais où sont partis les autres ? Vers l’abstention, vers le vote blanc ? Quelle partie s’est reportée sur le Parti Démocrate (PD), par un réflexe de « vote utile » ? Il faut voir que beaucoup d’électeurs sont partis vers la Ligue du Nord ou vers Italie des Valeurs, le mouvement social-libéral de l’ancien juge Antonio Di Pietro, allié du PD.

         A vrai dire, une défaite d’une telle ampleur était inattendue : on espérait dans les directions des organisations de la Gauche Arc en Ciel environ 7 ou 8 % à l’échelle nationale. L’échec est également très grave dans les Pouilles, région présidée depuis 3 ans par Nicchi Vendola du PRC, où la GAC ne recueille que 3 % des voix. La défaite de la GAC est homogène sur le territoire. Parallèlement, la victoire de Berlusconi et de la Ligue du Nord est éclatante, et ce sur l’ensemble du territoire. Plus inquiétant encore, la Ligue du Nord (LN), parti réactionnaire et xénophobe demandant la sécession du nord de la Péninsule, allié turbulent de Berlusconi, obtient à l’échelon national le meilleur score de son histoire. Le renforcement de son implantation est très net, avec des scores de 30 à 40 % localement, comme en Lombardie ou en Vénétie. La LN réalise aussi une percée dans les « régions rouges », notamment l’Emilie-Romagne ou la Toscane, y prenant vraisemblablement des voix aux organisations communistes.

         On comprend le désappointement des communistes italiens : en effet, quelles sont les perspectives pour le mouvement communiste italien, après une défaite de cette ampleur ? L’histoire des communistes italiens est-elle terminée ?

La gauche et le centre au gouvernement : le bilan des expériences est incontournable.


Les communistes italiens ont soutenu tous les gouvernements de centre-gauche depuis 1998. Il est donc indispensable de revenir sur la politique de Prodi et du bloc dont il a été la figure de proue pendant près de 10 ans : ce bloc a été à deux reprises aux affaires, une première fois avec les gouvernements Prodi, puis d’Alema et Amato, une seconde en 2006/2008 avec Prodi. On peut considérer que ces gouvernements ont loyalement servi les intérêts du capital européen : soutenus par le PRC et les Verts, avec le PDS comme force-pivot, ils ont systématiquement privatisé, en particulier dans le secteur de l’industrie lourde (historiquement à forte participation publique en Italie dès les années 1920, si bien qu’on a pu parler de « capitalisme d’Etat »). Même Berlusconi n’est pas allé aussi loin que Prodi et ses alliés dans la privatisation de l’industrie ! (Parenthèse : il ne s’agit pas de faire des nationalisations une fin en soi. Comme Engels le souligne dans l’Anti-Dühring, le capitalisme d’Etat reste du capitalisme. Les nationalisations n’amènent pas au dépassement du capitalisme : elles sont cependant une manière de sortir de capitalisme, une forme transitoire, qu’il s’agit de faire déboucher sur autre chose). Autre point, les contrats de travail, que les gouvernements Prodi se sont attelés à démanteler, tant et si bien qu’aujourd’hui en Italie la précarisation du travail est très avancée, et qu’il est presque impossible d’obtenir un CDI. Une telle politique n’aurait pas été possible sans le soutien de la CGIL (Confédération Générale Italienne des Travailleurs, principal syndicat ouvrier proche du PCI puis du PDS) au gouvernement Prodi et son absence d’opposition réelle à « l’autre fraction de la bourgeoisie » autour de Berlusconi. Après 1993 en effet, les syndicats italiens (CGIL et autres) se lancent avec les gouvernements successifs et la Cofindustria (confédération patronale italienne) dans une politique de modération salariale : aujourd’hui les salaires italiens sont parmi les plus faibles d’Europe Occidentale. Cette politique n’a pas réussi : l’Italie connaît un déclin économique réel (avec une chute des indicateurs économiques et une dégradation de la qualité des productions), le capitalisme privé ne s’est pas véritablement développé, et ce malgré les privatisations et la casse des contrats de travail.   

On peut dire ainsi que « la gauche n’a pas su faire son travail » au gouvernement. La dégradation de la condition des travailleurs est réelle, les réformes fiscales ont augmenté les impôts pesant sur la petite bourgeoisie et les travailleurs (notamment les impôts locaux), des coupes sombres ont été effectuées dans les budgets sociaux. Le pire est que les mouvements sociaux qui ont porté le bloc Prodi au pouvoir en 2006 ont été trahis dans leurs aspirations : fin 2003, 3 millions de personnes manifestaient à Rome contre la guerre en Irak ; à la même époque, des centaines de milliers de travailleurs se battaient contre la réforme du droit du travail touchant aux modalités des licenciements. Or le gouvernement Prodi a fait voter les crédits militaires pour l’OTAN, en autorisant l’installation d’une base à Vicence ; allant plus loin que Berlusconi, il a fait passer un projet d’allongement d’un an du temps de cotisation pour les retraites. Dans une telle perspective, la présence des communistes au gouvernement est donc au mieux inutile, au pire dangereuse, en servant de caution progressiste à des politiques de régression sociale.


Il est nécessaire d’analyser la victoire de la droite : la constitution d’un « bloc social » berlusconien.

 

         Quelle analyse faire de cette droite ? Le problème est que celle-ci n’a pas été menée par la gauche italienne, toutes tendances confondues, qui s’est contentée de diaboliser le personnage Berlusconi et sa manière de gouverner l’Etat au service de ses intérêts. Depuis 15 ans que « l’entrepreneur médiatique » Berlusconi dirige la droite, ce ne sont pas moins de 150 livres qui ont paru sur lui : mais cet « anti-berlusconisme » primaire n’a jamais tenté d’analyser le contenu social, la nature de classe du berlusconisme. Or le fait est que Berlusconi est parvenu à construire un « bloc social », en s’appuyant sur la puissance de ses média et en jouant sur son image de self-made-man. « Il a vendu des rêves ».

On peut dire globalement que le « bloc Berlusconi » est une coalition du peuple et des petits entrepreneurs plutôt opposés à l’UE (ne serait-ce que parce que Prodi a loyalement servi les intérêts du grand capital à Bruxelles comme président de la Commission européenne puis à Rome). Au l’inverse, les européistes sont plutôt anti-Berlusconi, et plus ou moins clairement pro-Prodi : Berlusconi représente en fait une droite non européiste, voire potentiellement anti-UE. La petite entreprise familiale a en Italie une importance économique et culturelle qu’on soupçonne difficilement en France : Berlusconi est parvenu à exprimer les aspirations des petits entrepreneurs. Ce que les communistes italiens n’ont pas vu, c’est que si le capital est généralement uni contre les travailleurs, il n’en n’existe pas moins des contradictions réelles au sein du capital entre les différents types de capitaux : entre la petite entreprise et le grand capital notamment. A destination des classes populaires, le bloc Berlusconi mène des campagnes sécuritaires et racistes aussi, hélas avec succès : les travailleurs ont voté pour la droite, surtout dans le nord.

Le problème est que le déficit d’analyse des partis communistes italiens s’étend aussi à l’évolution du PDS. Au nom de « l’anti-berlusconisme », ils ont accordé leur soutien à Prodi. Depuis 1991 le PDS ne se référait plus à la social-démocratie, mais à la « démocratie » et à la « gauche », ce qui pose la question du contenu de ces deux termes. Par son nom même le PDS n’a plus vocation à soutenir le monde du travail et à lutter avec lui. La notion de bloc social ayant été occultée dans leur analyse politique, les communistes étaient dans l’incapacité à agir contre la constitution du bloc social berlusconien et à réorganiser le mouvement ouvrier italien en conséquence.

Retour sur la constitution de la Gauche Arc en Ciel : l’aboutissement d’un processus de plusieurs années.

         La constitution de la GAC s’ancre dans les derniers mois du gouvernement Prodi. Celui-ci tombe « sur sa droite », quand des centristes quittent le gouvernement à propos du projet de référendum en juillet sur la loi électorale, l’idée étant d’aller vers un scrutin de type majoritaire. Ici, une parenthèse s’impose. Dès la Libération, le PCI est le principal soutien à la constitution de la République italienne, imprégnée de l’esprit de la Résisitance : il s’agissait de conjurer toute nouvelle expérience fasciste et de contrecarrer toute tentative de pouvoir autoritaire, d’où un tour très anti-présidentialiste et très parlementariste. Mais dès la fin des années 1970, des démocrates-chrétiens et des socialistes, regroupés entre autres dans la loge maçonnique P2, se battent contre le pouvoir du parlement. Dans un contexte de luttes sociales très fortes, qui se prolongent 10 ans après 1968, il s’agit de conjurer la lutte des classes en réorganisant la politique autour d’un centre-gauche et d’un centre-droit pratiquant l’alternance sans changer fondamentalement de politique. La fonction de ce bipartisme, comme dans le cas américain, est d’écarter la représentation des travailleurs et de favoriser l’alliance des différentes factions de la bourgeoisie. C’est en ce sens qu’en 1993 est introduite la prime majoritaire pour les élections « politiques » (parlementaires), position soutenue à bout de bras par Achille  Occhetto, artisan de la transformation du PCI en PDS. La boucle est bouclée : il s’agit de rendre impossible la représentation des communistes, des progressistes, … au Parlement. On a ici un des aspects de l’offensive contre les travailleurs et leurs moyens d’expression politiques.

Les deux grands partis (Forza Italia et le PD) avaient comme projet commun de renforcer le bipartisme, sur le modèle américain, en constituant deux blocs politiques : le berlusconisme (centre-droit allié aux fascistes et postfascistes) d’une part, alliance des DS et de La Marguerite de l’autre. La comparaison avec les Etats-Unis n’est pas fortuite : elle imprègne les dirigeants du PDS et de la Marguerite (démocrates-chrétiens de centre-gauche), qui se sont fondus en un « Parti Démocrate ». L’orientation de celui-ci est claire : Veltroni a dit refuser la lutte des classes, qui « engendre la haine ». Cofindustria : présente sur les listes du PD, qui se présentait sur une ligne « interclassiste », prétendant se tenir à mi-chemin des travailleurs et des entrepreneurs. On savait en fait que le bloc Prodi allait perdre. Les élections locales de mai 2007 avaient été une défaite pour lui, les communistes connaissant à cette occasion un grave échec, notamment dans l’électorat ouvrier du nord. Les organisations communistes ont par exemple perdu plus de la moitié de leurs voix dans le nord, notamment dans la banlieue de Milan. Sachant qu’il allait perdre, Veltroni a fait le choix de la « normalisation » politique, en refusant toute alliance avec les communistes. Il s’agissait de se débarrasser des communistes en tant que force politique, et de rechercher les convergences au centre : au fond, les programmes de Veltroni et Berlusconi étaient interchangeables.

         Le PD ayant exclu toute alliance avec la gauche, celle-ci s’est ainsi trouvée prise au dépourvu et menacée de ne pas être représentée au parlement à cause des seuils électoraux : la GAC est donc une alliance improvisée et de circonstance. Son projet n’a pas été clairement défini, tout comme ses rapports avec le PD : définition d’autant plus difficile à trouver que la Gauche Démocratique, membre de la gauche arc-en-ciel est issue du PDS, qui avait tourné le dos au communisme ! A vrai dire, on a là encore l’aboutissement d’un processus d’effacement du combat de classe et de la référence communiste au sein des organisations communistes italiennes, initié par le dirigeant historique du PRC, Fausto Bertinotti. En 2001, il formulait le projet de dépasser PRC en le fondant dans les différents mouvements (altermondialistes, anti-guerre.) ; en 2004, il s’agissait de s’allier avec Prodi au sein de l’Union pour battre Berlusconi. Avant les élections, Bertinotti proposait ainsi avant les élections le dépassement du PRC dans un « sujet de gauche », qu’il comparait à la formation du PGE en Europe. Pour lui, le communisme était amené à rester une « tendance culturelle » au sein du parti de la gauche : une « réserve indienne » ... 

Que faire ?

         Les forces progressistes sont, en Europe, dans une situation extrêmement difficile. Le rapport de forces globalement défavorable, les attaques contre les organisations communistes, notamment en République Tchèque, sont très dures. Cela va dans le sens de la politique du capital. Parallèlement les organisations communistes sont tentées par des mutations de ligne. Le PRC a par exemple une ligne historique d’opposition à la participation des soldats italiens aux opérations de l’Otan. L’Italie compte 12000 soldats en tout en mission pour l’OTAN : au Kosovo et en Afghanistan surtout. Actuellement, Nicchi Vendola, dont il a déjà été question, n’exclut pas une participation accrue à l’OTAN. Ainsi, tout n’est pas question de changement de noms et de symboles ! C’est le contenu politique des combats qui est aussi en jeu.

         Le PRC comprend aujourd’hui plusieurs tendances, qui vont s’affronter lors du congrès de cet été. La première autour de la direction sortante, qui envisage la dissolution du PRC dans un « sujet de gauche », ce que propose par exemple Nicchi Vendola. Une deuxième tendance entend conserver l’organisation PRC : elle regroupe une partie de l’ancien courant majoritaire et le groupe « Être communistes ». Fondamentalement, elle cautionne les orientations du PGE. Une troisième tendance veut tenter une réunification des communistes, sur une base communiste : cela passe par une réorganisation (syndicale et politique) du mouvement populaire sur la base d’une opposition progressiste au gouvernement. Il s’agirait ainsi de s’opposer aussi aux directions syndicales, notamment celles de la CGIL, et à leur politique de cogestion du capitalisme avec le patronat. L’idée serait de faire du mouvement syndical une courroie de transmission, mais dans l’autre sens que celui que l’on a pu connaître : le parti doit relayer les luttes sociales.

        

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