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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 12:59

Intensifier le soutien international à la démocratie bolivienne

 

Le président bolivien Evo Morales et son gouvernement ont décidé de s’en remettre au peuple pour contrer les tentatives de déstabilisation du pays. Le 10 août 2008 étaient organisés des référendums révocatoires. Les mandats du Président, du vice-président et des préfets (gouverneurs) de région étaient remis en jeu.

Le résultat est sans ambiguïté. Morales a obtenu le soutien de 63% des votants, soit 10% de plus qu’à l’élection présidentielle de 2005.

Ce résultat a été obtenu malgré les pressions sur le vote et les manœuvres d’intimidation exercées par les forces réactionnaires, notamment dans les régions qu’elles contrôlent. Les groupes et milices de la réaction ont multiplié les actions violentes et, entre autres, bloqué les aéroports pour empêcher la venue du Président dans ces régions. Les observateurs étrangers, particulièrement nombreux, pourront en témoigner comme de l’impartialité de l’organisation des scrutins par le gouvernement.

Le peuple bolivien a confirmé d’une façon incontestable la légitimité du pouvoir du Mouvement pour le socialisme (MAS) et son approbation de l’action politique impulsée par Evo Morales.

Depuis 32 mois, malgré les difficultés politiques, des mesures de justice sociale aussi fortes qu’inédites en Bolivie sont mises en œuvre. La nationalisation des hydrocarbures ouvre la voie à une redistribution de leur produit pour un développement équilibré dans l’intérêt national. La réforme agraire engagée affronte une répartition de la propriété inégalitaire à l’extrême : 86% des terres arables appartiennent à 1% des propriétaires. L’action de Morales est également tournée vers l’émancipation sociale et économique des populations indiennes jusqu’à présent marginalisées.

Cette politique a suscité dès le départ l’opposition résolue de l’oligarchie réactionnaire qui dispose toujours d’importants moyens économiques, institutionnels et médiatiques. Tous sont déployés pour déstabiliser le pouvoir progressiste.

Depuis le début de l’année, l’opposition tente de couper le pays en deux, en faisant faire sécession aux quatre régions du sud-est, les plus riches, dotées des hydrocarbures et des meilleurs terres. Ce sont aussi les régions où l’emprise de l’oligarchie est la plus forte. Des référendums bidon « d’autonomie » ont été organisés au printemps. L’objectif est de priver la politique en faveur du peuple de tout moyen.

Les Etats-Unis soutiennent à bout de bras l’opposition avec la préoccupation de circonscrire la « contagion » socialiste, la Bolivie d’Evo Morales s’étant placé dans le sillage du Venezuela de Chavez et de Cuba.

Le résultat des référendums du 10 août conforte le pouvoir socialiste. Mais il est loin de mettre un terme au sabotage de son action et à la tentative de déstabilisation.

Le ministère des affaires étrangères bolivien avait alerté, avant les votes, la Communauté internationale et l’opinion publique internationale sur les menaces pesant sur la démocratie. Elles demeurent et trouvent des échos dans le monde entier. Comme l’expérience vénézuélienne, l’expérience bolivienne est devenue l’objet d’une campagne de dénigrement planétaire orchestrée depuis les Etats-Unis. En France notamment.

Le quotidien dit « sérieux » Le Monde a livré dans son édition datée du 9 août un article particulièrement crapuleux. Ce n’est pas la première fois s’agissant de Cuba, du Venezuela ou de la Bolivie. Mais toutes les limites de la déontologie journalistique sont franchies dans un article digne du Crapouillot. Le journaliste ( ?) dénommé Paulo Paranagua dresse de façon perfide le portrait d’Evo Morales, qualifié, entre autres, de « Caudillo narcissique ». L’entreprise des fascistes boliviens est, elle, assimilée à une aspiration à la « décentralisation », « idée neuve » dans le pays. Etc.

Cet article (en lien) est scandaleux. Nous incitons à massivement intervenir auprès de la rédaction du Monde.

La campagne, que ce quotidien « de gauche » relaie avec zèle comme d’autres milieux « de gauche » et de droite, ne fait que confirmer l’enjeu international de la défense de la démocratie bolivienne. Un enjeu internationaliste qui nous concerne.  

 

 

En décembre, 52 partis communistes, ouvriers et progressistes le 15 décembre 2007 dont les PC de Grèce, du Portugal, d’Allemagne (DKP), de République tchèque (KSCM), d’Italie (PDCI), du Venezuela… signaient un Appel de Solidarité avec le peuple, le gouvernement, les forces communistes et progressistes de Bolivie (lien).

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7 août 2008 4 07 /08 /août /2008 20:31

Mutation-liquidation du PCF : expérimentation sur une grenouille.

Eh oui ! Cela fait déjà neuf ans. En 1999, je me souviens de la venue de Jean-François Gau, dirigeant du PCF depuis bien trente ans maintenant, dans notre section de Paris 15ème après la débâcle de la liste « Bouge l’Europe » aux élections européennes. Les 6% recueillis à l’époque par la liste conduite par Hue représentaient un grave échec. Gau est un innovant. Du 28ème jusqu’au prochain 34ème congrès, il a sa part, revendiquée dans les inventions « inédites » qui font plonger le PCF.

En 99, visiblement, il avait sa part dans la conception de la liste « Bouge l’Europe » à « double parité » : un homme une femme, un communiste, un non-communiste. L’innovation formelle, ridicule en elle-même, couvrait de profonds reniements, partant déjà de la question de l’UE.

Des maastrichiens étaient en place éligibles et la direction du Parti, après la signature de Jospin, avait abandonné en 98 la campagne, pourtant très enthousiasmante pour le référendum sur le traité d’Amsterdam et la monnaie unique. Notre section comme beaucoup d’autres s’étaient dès le départ opposée à l’opération et avait exclu d’y participer. Le déclenchement de la guerre en Yougoslavie a accusé les contradictions entre la liste et les positions communistes : trois des sept premiers, Geneviève Fraisse, Fodé Sylla, Philippe Herzog s’étaient déclarés favorables aux bombardements de l’OTAN.

Tout cela faisait de quoi brouiller pour le moins le vote communiste ! C’est qu’avec 90% des camarades nous avions tenté d’expliquer à JF. Gau, en réprouvant la stratégie de dilution du PCF, imposée par la direction. Déjà…

Peine perdue. Sourd et obtus, JF. Gau assène puis bredouille des explications aussi vaseuses que politiciennes (le contexte, le poids de l’extrême-droite, la guerre qui aurait troublé les enjeux – comme si cela n’en était pas au coeur…) pour expliquer un score « décevant ». Il accable les communistes qui en gros n’auraient rien compris. Il affirme sans sourciller qu’il faut poursuivre la démarche suicidaire dans la perspective du 30ème congrès de Martigues.

Un camarade, je m’en souviens comme si c’était hier, a alors raconté, dans un silence au départ surpris, une petite histoire.

Un « scientifique » fait une expérience avec une grenouille.

Premier test : il l’a pose sur une table. Puis il frappe des mains juste derrière elle. Elle saute.

Ensuite le chercheur de neuf sectionne les muscles des pattes de la grenouille.

Deuxième test : il repose la grenouille ainsi mutilée. Il frappe dans ses mains derrière elle. Elle ne saute pas.

Conclusion du scientifique ?

Quand on sectionne les pattes à une grenouille, elle devient sourde !

Rire général.

Depuis que d’expériences ! Et des résultats : 3,37% en 2002, 1,93% en 2007. Gau toujours aux commandes.

Pas besoin d’être « politologue » pour faire parler ces « expérimentations ».

Plus ils enfoncent le parti, plus les dirigeants deviennent sourds et n’entendent pas les demandes de changement. Il faut rompre avec la stratégie qui coule le PCF et ce qu’il représente pour le monde du travail.

Le PCF, lui, a fait ses preuves, dans l’Histoire de la lutte des classes en France.


Emile Torner

 

 

Pour rappel, la composition la liste "Bouge l'Europe"

Robert HUE (PCF) ; Geneviève FRAISSE (Ind) ; Yasmine BOUDJENAH (PCF) ; Francis WURTZ (PCF) ; Fode SYLLA (Ind) ; Sylviane AINARDI (PCF) ; Philippe HERZOG (Ind) ; Manuela GOMEZ (PCF) ; Aline PAILLER (Ind) ; Sylvie JAN (PCF) ; Michel DESCHAMPS (Ind) ; Nadia AMIRI (Ind) ; Denis COHEN (PCF) ; Annick MATTIGHELLO (PCF) ; Roland FAVARO (PCF) ; Sophie THONON (Ind) ; Maxime GREMETZ (PCF) ; Monique DENTAL (Ind) ; François DESANTI (Ind) ; Michela FRIGIOLINI (Ind) ; Jean-Claude DANGLOT (PCF) ; Malika ZEDIRI (Ind) ; Cathy SAVEL (Ind) ; Stanislas NORDEY (Ind) ; Mireille PERNOT (PCF) ; Christian FAVIER (PCF) ; Tamara FISCHER (Ind) ; Marie-Christine GUISEPPI (Ind) Nicole DELEPINE (Ind) ; Aude LUMEAU (Ind) ; Isabelle MAYER (PCF) ; Jean-Louis JEGADEN (Ind) ; Jean-Pierre MASSIAS (Ind) ; Dominique GRADOR (PCF) ; Nicole ABAR (Ind) ; Isabelle MASSON (Ind) ; Christophe HODE (PCF) ; Josiane COLLERAIS (PCF) ; Eugène-Henri MORE (Ind) ; Marie ESTRIPEAU-BOURJAC (Ind) ; Dominique BUCCHINI (PCF) ; Louis BROCH (PCF) ; Jeanine DOREL-LE-MOIGNE (Ind) ; Helga AMAIL SHODER (Ind) ; Jean-Michel BODIN (PCF) ; Céline DENOYELLE (PCF) ; Julie MINOT (Ind) ; Dany YSSORCHE (PCF) ; Gérard LALOT (PCF) ; Bernadette TRIC (Ind) ; Jean CORDILLOT (PCF) ; Simone FAYAUD (PCF) ; Eleonore BOURDEAU (Ind) ; Pierre MATHIEU (PCF) ; Gregorio JIMENEZ ROMAN (Ind) ; Meriem DERKAOUI (Ind) ; Geraldine SOULOUMIAC (Ind) ; Gérard LAHELLEC (PCF) ; Magali CHASTAGNIER (Ind) ; Claude GODARD (Ind) ; Marie-Jeanne GOBERT (PCF) ; Zora CHORFA (Ind) ; Francis LAHAUT (Ind) ; Michèle PICAUD (Ind) ; Bechir BENNAFLA (Ind) ; Daniel BACHET (Ind) ; Emile CAPGRAS (PCF) ; Bernard LUBAT (Ind) ; Anne-Marie JUANABERIA (Ind) ; Michel BELLETANTE (Ind) ; Jacqueline JACQUET (PCF) ; André GERIN (PCF) ; André BENEDETTO (Ind) ; Danièle GAIN (Ind) ; Nadine GARCIA (PCF) ; Jean VAUTRIN (Ind) ; Yves L'HELGOUACH (Ind) ; Catherine PUIG (PCF) ; Jean-Claude PETIT (PCF) ; Jacques MILLIEZ (Ind) ; Annick DAVISSE (Ind) ; Jean TENENBAUM (Ind) ; Alain BOCQUET (PCF) ; Anne DELBEE (Ind) ; Roland CASTRO (ind) ; Maurice KRIEGEL-VAL-RIMONT (PCF) ; Marie-Georges BUFFET (PCF)

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 00:06
34ème congrès du PCF, contribution collective de militants du Rhône, jeudi 31 juillet 2008

Des axes essentiels de reconstruction


En France, le Capital exerce depuis des décennies sa dictature. Ces dernières années, compte tenu du rapport de force défavorable, il en a profité pour revenir sur tous les acquis du mouvement ouvrier en faisant pression sur les salaires, les revenus, les protections sociales, l’éducation, la recherche et en faisant porter tous ses efforts sur l’augmentation des profits, sans qu’il y ait de véritable opposition. Outre l’injustice de cette politique, ses effets sont de plus en plus destructeurs pour les êtres humains comme pour la planète. Le système se perpétue de crises en crises, toujours plus profondes, plus destructrices et désormais nous sommes confrontés à la survie de l’humanité. Le peuple de France a donc besoin d’une perspective politique crédible qui s’insère dans un mouvement international.

Pour construire une telle perspective, une force politique capable d’affronter les intérêts de la bourgeoisie capitaliste et de remettre en cause sa dictature est nécessaire. Cette force, pour être efficace, devra être à la fois l’émanation des intérêts de classe des couches populaires, les plus touchées par l’exploitation de l’homme par l’homme, et être capable de porter l’unité de tous ceux qui ne vivent que de leur force de travail, les prolétaires de notre temps : elle doit devenir l’instrument de leur intervention dans la vie politique. Les dernières batailles électorales, le référendum de 2005, les 9% aux cantonales, l’assemblée des animateurs de section de 2007, montrent que les communistes dans la diversité de leur situation, ont les ressources pour cela. Ils doivent pouvoir se prononcer sur les axes fondamentaux d’une telle construction :

1 – Assurer l’existence du PCF et reconstruire son organisation

nous nous prononçons pour un parti qui se revendique du communisme, qui a pour objectif de combattre résolument le capitalisme, de s’en libérer pour une société de rupture, le socialisme, étape indispensable pour poursuivre les transformations révolutionnaires vers le communisme. Les expériences de dépassement du communisme ou de la forme parti dans "l’arc-en-ciel" italien ou dans la "gauche unie" espagnole se sont révélées des drames militants et populaires.

Le PCF doit retrouver son identité, affirmer la nécessité d’une politique autonome afin de recréer un rapport de force s’appuyant sur les luttes et de faire l’unité sur d’autres bases que celles imposées actuellement par le PS. La solution n’est pas de rompre avec le PS pour se tourner vers d’autres solutions politiciennes. Nous avons besoin d’un parti capable d’une autre politique, de créer union et rassemblement populaire autour d’un projet porteur d’espoir et d’avancées concrètes. Il faut sortir du piège dans lequel est tombé le PCF depuis plus de 30 ans : la vraie ligne de fracture n’est pas entre la droite et la gauche, mais entre le Capital et le Travail. Pour se libérer de la dépendance idéologique et institutionnelle du PS, le PCF a besoin de développer sa capacité à agir et à rassembler partout, dans l’entreprise, la commune et la nation, les institutions ; il a besoin d’une véritable organisation communiste, implantée au cœur des couches populaires et armée de la conscience de classe :
Une organisation communiste : l’organisation doit être au service de l’action et de la lutte contre le Capital. Pour cela, il y a nécessité d’une réorganisation démocratique, au sens de rendre à l’action son maximum d’efficacité, à savoir, recréer des organisations de proximité (avec des dirigeants de proximité élus par les adhérents de proximité), promouvoir l’engagement militant, redonner le pouvoir politique et financier aux adhérents (distribution des cartes, paiement des cotisations, décisions politiques, élection des dirigeants…). L’expression transversale permettant de connecter les communistes sur des thèmes particuliers de réflexion ou de lutte ne doit pas mettre en cause le lieu de décision démocratique des organisations de proximité.
Privilégier une implantation de classe : cette organisation communiste doit se donner comme objectif de s’enraciner en priorité dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail afin de développer l’initiative populaire et les luttes. Ce sont majoritairement les ouvriers, les employés, les chômeurs de ces quartiers qui ont porté en 2005 le magnifique "Non" de classe du peuple français. La société compte aujourd’hui plus de 80 % de salariés et nous devons rassembler toutes les couches de la société qui souffrent de la dictature du Capital. Mais sans s’appuyer sur ceux qui ont le plus intérêt à la transformation socialiste de la société, le PCF ne peut redevenir l’expression de cette conscience collective que créent l’histoire et les antagonismes de classe.
Mettre en place une formation interne qui développe la conscience de classe : il est vital que les communistes reprennent pied dans la bataille idéologique. Ils doivent se donner les moyens internes de former des cadres capables de porter par les luttes, la conscience de classe, en prise avec les préoccupations populaires pour que la bataille idéologique soit au service de l’action et de la lutte des classes.

2 – un objectif, le socialisme

Retrouver une analyse communiste, une analyse de classe : il est nécessaire de réhabiliter l’analyse de classe de la société et donc le marxisme, et ainsi s’enrichir de la réflexion portée par les générations de communistes jusqu’à nos jours. La voie du réformisme qui porte l’illusion de marier le Capital et le social, a depuis longtemps montré son inutilité. La politique du PCF devra donc se réapproprier les acquis théoriques du mouvement communiste national et international. Il est aberrant que les textes des derniers congrès élaborés par la direction nationale ne proposent aucune analyse de la société capitaliste, ni de ses évolutions, analyse indispensable pour combattre efficacement la dictature du Capital. Si "les philosophes n’ont fait qu’interpréter diversement le monde, il s’agit maintenant de le transformer" (1818–1883 / Thèse sur Feuerbach) disait Marx.
Transformer la société, construire le socialisme : dépasser le capitalisme suppose un processus continu de lutte contre les intérêts de classe de la bourgeoisie capitaliste avec la participation active du peuple et des travailleurs, processus qui doit renforcer le camp révolutionnaire. Mais cela ne signifie pas que le PCF pourrait participer comme force d’appoint à un gouvernement PS gérant loyalement le capitalisme. Au contraire, dans le cadre d’un rapport de forces favorable, ce processus devra se traduire dans une société de rupture avec la prise du pouvoir d’Etat : point de départ de la construction du socialisme, aiguisant la lutte des classes, ressourçant une nouvelle démocratie française de la commune à l’état et passant par l’entreprise, accélérant le processus de dépassement du capitalisme et ouvrant la longue aventure vers le communisme. Pour cela, il faut être clair sur les moyens de la transformation de la société, réaffirmer l’exigence de l’appropriation et donc de la nationalisation des secteurs clés de l’économie au-delà de celles réalisées par le CNR, tout comme l’exigence de la transformation des institutions, prendre à bras le corps la question de la production industrielle, recouvrer la souveraineté nationale en particulier sur le plan financier, en tenant le secteur bancaire. Sans tous ces moyens, il n’y aura aucune solution crédible aux problèmes fondamentaux de l’emploi, du pouvoir d’achat, de l’environnement.
Pour un développement humain durable donc socialiste : Marx dénonçant les gâchis de la bourgeoisie, disait déjà que le seul état économe ne pouvait être que socialiste. Il n’y aura pas de développement humain durable tenant compte des défis environnementaux sans transformer profondément les modes de production, sans les libérer du Capital. Il est illusoire de ne miser que sur des formes de production locales, anciennes, artisanales, en limitant le contenu scientifique du développement, en craignant la socialisation élargie des forces productives qu’exigent de vastes services publics modernes et efficaces. Il s’agira de mettre en œuvre une nouvelle révolution scientifique et industrielle, faisant de l’environnement, du cadre de vie, de la santé humaine, les nouveaux défis industriels. Cela nécessite un développement mondial des forces productives dans lequel la science joue un rôle essentiel pour une libération massive de la créativité humaine, individuelle et collective.

3 – sortir de l’union européenne, affirmer la souveraineté populaire, développer la coopération et la paix

L’Union Européenne a été créée pour permettre au Capital de s’accumuler plus librement, pour redonner de l’air à ses taux de profits et aviver l’exploitation de l’homme par l’homme, en cassant le cadre national, berceau des acquis sociaux et en s’asseyant sur la souveraineté populaire. La "concurrence non faussée" était déjà un article fondateur du Traité de Rome ! Le refus de consulter les peuples ou le rejet autoritaire de leur décision (référendums français et hollandais) est un véritable déni de démocratie et montre le vrai visage de la dictature du capitalisme. La question de la participation de la France à l’UE doit désormais être posée. Le vote Irlandais vient confirmer que les peuples exigent de retrouver leur souveraineté pour faire d’autres choix, mettre en œuvre d’autres relations internationales, notamment de coopération et de paix, en Europe et dans le Monde. Nous devons soutenir avec force cet objectif en présentant une liste aux élections européennes portant l’exigence de sortir de l’UE. Cela nécessite de prendre des distances avec le PGE qui représente l’acceptation de l’UE, qui enferme les NON populaires dans l’illusion de la renégociation d’un traité, qui pousse le PCF à se désolidariser de certains partis communistes au profit de partis réformistes.

4 – avoir une solidarité internationale active

La rupture avec l’UE rouvre la possibilité de l’internationalisme. Et en effet, la question du socialisme fait de nouveau surface au niveau mondial, des pays bougent, de nouveaux rapports sud-sud se construisent, en Amérique Latine des processus révolutionnaires voient le jour et Cuba fêtera l’an prochain ses cinquante ans de socialisme. Et surtout, les rapports internationaux s’aggravent face à l’impérialisme qui provoque les émeutes de la faim, l’appauvrissement généralisé de nombreux pays et la guerre. Le PCF doit avoir une tout autre conception de la solidarité internationale. Il ne doit plus se poser en donneur de leçon, ne plus rechercher de modèle pour affirmer sa solidarité. Mais, désormais il doit avoir le respect, la connaissance des expériences. Il doit sortir du suivisme médiatique, comme dans le cas du Tibet où l’attitude de la direction nationale paraphrasant les faux amis des droits de l’homme a été catastrophique, ou dans le cas de notre participation à un gouvernement envoyant des troupes en Afghanistan. Au plan international, le PCF doit avoir l’exigence du respect des souverainetés nationales tant économiques que politiques, contribuer à la constitution d’un nouvel ordre international basé sur la justice sociale et le respect du droit international, contre les ingérences impérialistes qu’elles soient militaires ou dites “humanitaires”. Dans ce contexte, il aura aussi pour tâche de renouer avec les partis communistes : les progrès de l’influence de certains partis (Chypre, Grèce, Népal, Amérique Latine...) doivent nous interroger et nourrir notre analyse. Et même s’il existe certaines structures de rencontres internationales, comme le Forum Social Mondial, rien ne remplace une solidarité communiste internationale.

Pour conclure :

Pour le PCF, il est temps de changer de politique et donc de direction politique. Comment ceux qui depuis plus de vingt ans incarnent une ligne qui a conduit à l’échec, pourraient aller vers ce changement politique indispensable ? La tâche essentielle de la nouvelle direction sera de renforcer et réorganiser le PCF, d’être en capacité de rassembler et donc d’affronter les combats qui seront ceux de tout un peuple. Contre l’immobilisme et la momification du PCF tels que voulus par la direction actuelle, il s’agira au contraire de faire du PCF l’instrument de tous ceux qui veulent changer de société, qui veulent le socialisme. Plus que jamais, nous sommes fiers d’être communistes et souhaiterions aussi être fier du parti communiste français.



Texte cosigné par des militant(e)s du Rhône : Pascal Brula, Lyon ; Laurent Brun, Oullins, Cheminot ; Pietro Brundu, Vénissieux ; Marie-christine Burricand, Vénissieux ; Yvette Centa, Villeurbanne, Blandine Chagnard, Vénissieux ; Edith Chagnard-Peillard, Vénissieux ; Evelyne Ebersviller, Vénissieux ; Véronique Forestier, Vénissieux ; Anne-Marie Gallenne, Villeurbanne ; Marie-Noelle Lekouara, Lyon ; Yvette Jacqmin, Villeurbanne, Annick Le Mée, Villeurbanne ; Bernard Le Mée, Villeurbanne ; Pierre-Alain Millet, Vénissieux ; Marius Pellet, Vaulx-en-Velin ; Alain Picard, Feyzin ; Michèle Picard, St-Fons ; Christiane Pradier, Vaulx-en-Velin ; Jacques et Zinette Reffo, Villeurbanne ; Gilbert Rémond, Vaulx-en-Velin ; René-Louis Serre, Villeurbanne ; Serge Truscello, secrétaire de section de Vénissieux, Gérard Viornery, Vénissieux
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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 15:49

L'ensemble de notre dossier sur le mouvement communiste en Italie en lien.

Fin de l’ère Bertinotti : virage à gauche du PRC


par Stefano G. Azzarà*

28/07/2008

* publié en allemand dans le quotidien progressiste « Junge Welt ». Traduction par L-A S

 

            Mission accomplie, pourrait-on dire. Ancien ouvrier métallurgiste issu de la mouvance gauchiste post-68 de « Democrazia Proletaria » et ex-ministre des politiques sociales pendant le court gouvernement Prodi, Paolo Ferrero a battu hier le président de la Région des Pouilles Nichi Vendola lors d’un vote très serré, pour 342 contre 304, et il est à présent le nouveau secrétaire de Rifondazione Comunista. L’appui du courant léniniste de « L’Ernesto » a été déterminant. Ainsi, avec une déchirure nette à l’intérieur du Parti mais aussi avec une clarification politique et culturelle se clôt la longue saison dominée par la figure de Fausto Bertinotti qui avait mené Rifondazione Comunista à la catastrophe électorale des 12 et 13 avril 2008.

            L’issue du VII congrès de Rifondazione a immédiatement été commentée de manière très hostile par le monde politique italien, de la droite à la gauche, en particulier par le Parti Démocrate ainsi que par presque toute la presse : la thèse prédominante, soutenue par « La Repubblica » et « Il Corriere della Sera » affirme que Rifondazione avait tenté avec Bertinotti de se renouveler et se redéfinir en tant que nouvelle gauche moderne ouverte au dialogue mais, désormais, le Parti revient sur des positions nostalgiques d’un communisme intransigeant. Or la réalité est plus complexe. Cette réaction du monde politique et des médias italiens montre, plutôt, que les choix de Rifondazione, quelle que soit leur origine, n’ont pas l’heur de plaire aux centres du pouvoir politique et économique. Ces choix représentent donc une intéressante nouveauté, un virage à gauche pouvant aboutir à des développements féconds.

            Rifondazione était sortie annihilée de l’expérience du gouvernement Prodi. En deux ans elle n’avait obtenu aucun résultat politique important et elle avait fortement déçu ses soutiens, dissipant un patrimoine de plus de deux millions et demi de voix. Aux élections d’avril dernier, elle s’était présentée dans l’alliance « Sinistra Arcobaleno » en renonçant à son nom et au symbole avec la faucille et le marteau et elle n’avait obtenu que les 3,2%, ce qui lui interdisait de siéger au Parlement [barrage de 4%, réforme votée avec l’appui de RC !]. Aussitôt la majorité du Parti, qui avait jusqu’alors obstinément et aveuglement appuyé le leader charismatique Fausto Bertinotti, s’est divisée en deux. Contre Vendola qui représentait la continuité avec l’héritage de Bertinotti et qui entendait dissoudre Rifondazione en un Parti de la gauche radicale, mais non communiste, s’est immédiatement levé Ferrero qui s’est présenté au congrès comme le défenseur du Parti et de son identité.

            En réalité, les différences politiques entre Vendola et Ferrero étaient bien moindres de ce que laissait croire l’âpreté des conflits au congrès. En effet, Ferrero voulait lui aussi, au fond, repositionner Rifondazione au sein d’une plus large fédération de la gauche, sur le modèle de l’Izquierda Unida espagnole. Sujet où la perspective communiste inévitablement perdrait toute son autonomie, encore que Ferrero voulût parvenir à ce résultat dans un laps de temps plus long et avec des modalités différentes par rapport à Vendola. C’est justement en soulignant cette homogénéité politique (et culturelle) que plusieurs analystes avaient prédit une probable recomposition de l’ancienne coalition liée à Bertinotti juste après le congrès. C’était la solution « de droite » ouvertement souhaitée jusqu’au dernier instant par Claudio Grassi, chef du courant « Essere Comunisti » et allié de Ferrero au congrès. Mais l’aboutissement a été tout autre. Vendola n’a pas obtenu la majorité absolue, s’arrêtant à seulement 47,3% face aux 40,3% de Ferrero. Or il a exigé d’être élu secrétaire quand même, refusant tout compromis sur un autre nom et maintenant sa proposition d’une constituante de la gauche. Du coup, le jeu a été rouvert et les courants minoritaires du Parti sont devenus déterminants.

            En particulier, le courant de « L’Ernesto » – dirigé par Fosco Giannini et par Leonardo Masella et représentant la sensibilité léniniste dans Rifondazione Comunista – a su jouer un rôle central. Malgré la polarisation plébiscitaire du congrès autour des noms de Ferrero et Vendola, L’Ernesto a pu obtenir les 7,7% en critiquant avec cohérence les choix erronés de Bertinotti et Vendola dans les années précédentes, mais aussi ceux de Ferrero : l’entrée au gouvernement, la subalternité par rapport à la gauche modérée et, surtout, la liquidation progressive du caractère communiste du Parti entamée déjà en 1994, en laquelle Ferrero eut de lourdes responsabilités. Sur ces bases, L’Ernesto n’a pas rejoint la motion de Ferrero ; il a gardé son autonomie en proposant avec clarté un virage à gauche pour le Parti et une réunification progressive pour les communistes en Italie. Lorsque même le courant Essere Comunisti s’est déplacé vers la gauche, en privant de majorité la ligne politique appuyée jusque-là et en renonçant à proposer l’alliance entre les deux motions majoritaires, le cadre a changé en quelques heures. L’appui de L’Ernesto, avec celui du petit courant trotskyste de « FalceMartello », 3,2%) est devenu décisif pour assurer la victoire de Ferrero. Il s’est ainsi formé une nouvelle majorité de coalition fondée sur un accord de programme où l’Ernesto a marqué plusieurs points en sa faveur et obtenu une synthèse sur un document final bien plus avancé et déplacé vers la gauche par rapport à la motion Ferrero-Grassi, achevant ainsi de façon brillante une opération politique qui, au début, avait paru désespérée.

            Aujourd’hui, Rifondazione renonce à toute velléité de dépassement de sa nature communiste, souhaité par Bertinotti et par l’ancien groupe dirigeant. Elle se positionne nettement à gauche et mise sur le conflit social, sur l’organisation des travailleurs et sur l’opposition intransigeante au gouvernement Berlusconi pour reconquérir le consensus de son électorat de référence. Rifondazione abandonne en outre l’hypothèse d’une alliance stratégique avec le Parti Démocrate de Walter Veltroni et se présente comme une force autonome, alternative et de classe. Enfin, Rifondazione se dit prête à travailler pour une recomposition des forces anticapitalistes, en particulier des communistes, tant en Italie qu’en Europe, et ce déjà à partir des prochaines élections européennes de 2009.

            Le bilan de ce VII congrès du PRC présente bien sûr des plus et des moins. La fin de l’expérience Bertinotti et le virage à gauche du Parti sont extrêmement avantageux. Le tableau devient encore plus intéressant si l’on considère que, pour la première fois dans l’histoire du PRC, la présence de L’Ernesto et d’Essere Comunisti donne à la nouvelle majorité du Parti une possible orientation solidement gramscienne et léniniste. A eux deux, L’Ernesto et Essere Comunisti – représentant jusqu’à il y a peu un seul courant politico-culturel – constituent à présent le courant le plus fort et influent au sein du PRC. Quelques graves sujets de préoccupation ne manquent toutefois pas, qu’il ne faut pas sous-estimer. En effet, il s’agit d’une majorité fragile et hétérogène –compte tenu de la culture politique de Ferrero et de la présence de la patrouille trotskyste – qui arrive à peine aux 52%. Le Parti est maintenant nettement divisé en deux, le courant de Vendola étant prêt à la scission au cas où, dans les prochains mois, il n’arriverait pas à désarticuler la nouvelle majorité en se servant de ses contradictions et à reprendre en main les rênes du Parti.

            Mais le plus grave est ailleurs. Le VII congrès du PRC a été complètement dépourvu de contenus. Avant le coup de théâtre final qui a rendu un sens politique à l’ensemble de la réunion, ce qui s’est déroulé ressemblait à une pure redéfinition des rapports de force internes et des groupes dirigeants. Un jeu de massacre qui à plusieurs reprises a dégénéré en bagarre et qui, surtout, n’a tenté de résoudre aucun des problèmes réels posés par la situation politique nationale ni par la grave crise économique que traverse l’Italie. L’issue du congrès, en somme, laisse encore espérer mais il en ressort que, pour les communistes en Italie, l’heure de la véritable reconstruction est repoussée et que la longue transition commencée en 1989-91 n’est pas du tout achevée.

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1 août 2008 5 01 /08 /août /2008 15:59

ITALIE: document final adopté par le congrès du Parti la Réfondation communiste

 

Traduction L-A S


VII Congrès du PRC - juillet 2008 

 

OdJ Conclusif

 

1

Le Congrès considère comme close et dépassée la phase caractérisée :

par la coopération organique avec le PD au sein de la désastreuse expérience de gouvernement de l’Union [de Prodi],

par la présence aux élections dans la liste La Gauche – L’Arc-en-ciel

et par la gestion majoritaire erronée de la direction du Parti.

Le Congrès prend acte qu’aucune des motions proposées au VII Congrès n’a été approuvée.

Il estime nécessaire et prioritaire une forte relance culturelle, politique et organisationnelle du Parti de la Refondation Communiste.

Il repousse la proposition d’une Constituante de la Gauche et toute hypothèse de dépassement du PRC ou de sa confluence dans une autre formation politique. Cela posé, le thème de l’unité à gauche reste un domaine ouvert de recherche et d’expérimentation.

 

2

La relance du PRC doit d’abord être caractérisée par un tournant à gauche.

L’expérience dans le gouvernement de l’Union [de Prodi] a montré l’impossibilité d’un accord organique pour gouverner le pays, étant donnés la politique du PD et les actuels rapports de force.

Notre objectif dans cette phase est la défaite des droites populistes et de la politique anti-ouvrière de Confindustria [MEDEF d’Italie]. A cette fin, la ligne néo-centriste qui aujourd’hui caractérise le Parti Démocrate est totalement inefficace ; la proposition de reconstituer l’alliance de Centre-Gauche serait donc erronée et nous réduirait à une position subalterne au sein d’un contexte polarisé.

Au contraire, il faut construire l’opposition au gouvernement Berlusconi, liant la question sociale et celles démocratique et morale dans un cadre d’autonomie du PRC et d’alternative au projet stratégique du PD.

Il importe de recouvrer l’idée que l’opposition n’est pas une simple façon de se situer dans le cadre politique, mais qu’elle prend la forme d’une phase de reconstruction, d’enracinement et de relations sociales, de bataille culturelle et politique.

Dans la crise de la globalisation capitaliste, on bâtit l’alternative dans les luttes sociales et politiques contre le gouvernement Berlusconi, les projets de Confindustria et les vues fondamentalistes et intégristes. Dans cette perspective il est vital de renforcer la gauche alternative en lançant une coopération entre les différentes identités anticapitalistes, communistes ou de gauche en y impliquant les réalités collectives ou individuelles agissant en-dehors des partis politiques, sur les différents terrains social, syndical et culturel.

 

3

La relance du PRC commence par la reprise de l’initiative sociale et politique. La promotion de luttes ou de négociations, la reconstruction du lien social à partir de formes de mutualité sont indispensables si l’on veut valoriser le rôle historique des communistes et de la gauche du point de vue de l’utilité sociale. Aussi sont-elles des éléments nécessaires pour évaluer l’efficacité de notre présence dans les institutions et pour réaffirmer notre différence, notre opposition intransigeante face aux dégénérations de la politique. En vue des prochaines élections administratives, tout en conservant la pleine souveraineté des différents niveaux du Parti – notamment à cause de l’importance prise par les gouvernements locaux dans le déploiement des politiques de subsidiarité, de privatisation et sécuritaires – il faut vérifier la cohérence des accords de gouvernement avec les objectifs généraux du Parti en cette phase.

La lutte contre la politique économique antipopulaire du gouvernement des droites, l’opposition face aux initiatives racistes et discriminatoires contre les immigrés et les Roms, la bataille contre les projets de démantèlement du fonctionnariat et de l’administration publique, l’opposition à la contre-réforme de la justice, la question morale, constituent autant de domaines décisifs d’initiative, de mobilisation et d’élargissement d’une lutte de masse contre les politiques du gouvernement.

Il est donc nécessaire que dès maintenant le nouveau groupe dirigeant du Parti travaille à toute forme possible de coordination de la gauche politique, sociale et culturelle afin de déployer la plus large et forte mobilisation contre le gouvernement et Confindustria. Dans ce cadre, il faut travailler pour parvenir à un nouveau 20 octobre [2007, grande manifestation communiste de travailleurs contre les politiques antisociales du gouvernement Prodi], une grande manifestation de masse et une campagne politique d’automne qui, s’appuyant sur les participants au précédent rendez-vous, y ajoute des forces nouvelles, en particulier celles engagées dans des luttes. L’engagement d’organiser pour l’an prochain la Conférence Nationale des travailleuses et des travailleurs rentre dans ce parcours.

Or une manifestation ne saurait suffire ; la reprise des luttes requiert en premier lieu une forte initiative pour sauvegarder la qualité de vie et de travail des classes populaires, de la défense des Contrats de Travail Nationaux à la question des salaires et des retraites, de la question décisive de la lutte contre la précarité à l’initiative contre le chômage dans le Mezzogiorno, de la lutte pour l’habitation à la défense et au développement de la sécurité sociale.

Le thème des rétributions est central, à partir de la défense du pouvoir d’achat des salaires et des retraites, qu’il faut assurer également à travers un mécanisme de protection automatique de la valeur réelle des rétributions, et de la revendication inéluctable du salaire social.

Ce sont là des terrains décisifs pour reconstituer l’unité du monde des travailleurs, unir le Nord et le Sud, les salariés du public et du privé, les Italiens et les immigrés ainsi que pour éliminer l’actuelle séparation entre travailleurs garantis et précaires. Il s’agit de décliner ces luttes en leur intégrant le conflit des genres et les relations intergénérationnelles. Seule la reprise du conflit de classe peut éviter qu’une guerre des pauvres s’établisse dans notre pays en y enracinant racisme et xénophobie.

Tout en respectant l’autonomie du syndicat, nous devons souligner le besoin absolu que les logiques de concertation ayant rendu impossible la défense des travailleurs et des bas salaires soient dépassées. En réaffirmant donc la nécessité d’une pleine autonomie du syndicat par rapport aux partis, au gouvernement et au patronat, nous souhaitons la construction d’une puissante gauche syndicale qui mette au centre les problèmes de la démocratie et de la reprise des luttes. De même, nous saluons toute forme de coordination et de coopération au sein du syndicalisme de base.

            Nous jugeons opportun de favoriser tout élément de conflit d’en-bas dans les lieux de travail, la renaissance du protagonisme des travailleurs et des travailleuses, l’émergence de moments d’auto-organisation, tous éléments décisifs pour que la bataille contre la concertation prenne une dimension massive. Pour cela il faut un fort investissement dans la construction d’une présence organisée du Parti dans les lieux de travail.

            Liés à la question sociale stricto sensu, d’importants mouvements de lutte ont grandi dans le pays sur des thèmes vitaux tels que la laïcité de l’Etat, la défense de la Constitution républicaine et antifasciste, la relance de l’école et de l’université publiques, le droit à la liberté d’orientation sexuelle et la lutte contre toute forme de discrimination, homophobie, violence contre les femmes et attaques à leur liberté, au droit de choisir et de disposer de leur corps (voir la tentative d’attaquer la loi 194 [garantissant le droit d’avorter] et la loi sur la procréation assistée) la défense de l’environnement dans des questions locales mais qui posent des problèmes d’ordre général touchant le modèle de développement. Que l’on pense aux luttes contre le TGV [ligne Lyon-Turin], contre les grands travaux, contre la prolifération d’incinérateurs et de regazificateurs. Il faut appuyer activement ces luttes en travaillant pour une recomposition des conflits dans une stratégie globale de transformation.

Les droits sociaux, civils, environnementaux sont pour nous les diverses facettes d’un même projet : celui d’une autre société.

Dans ce cadre, le VII Congrès du PRC estime nécessaire le lancement d’une saison de referendums sur les thèmes de la précarité, de la démocratie dans les lieux de travail, de l’anti-prohibitionnisme à mettre en œuvre avec les alliances les plus larges possibles.

 

4

            En reprenant le parcours entamé à Gênes [G8 de 2001], le PRC réaffirme sa propre appartenance au mouvement mondial contre la globalisation capitaliste et, dans ce cadre, sa volonté d’intensifier sa coopération et ses relations avec les partis communistes et progressistes, avec tous les mouvements révolutionnaires et avec les expériences précieuses d’Amérique Latine, se rangeant contre les politiques néolibérales et belliqueuses, à côté des peuples en lutte contre l’occupation militaire et pour leur souveraineté.

            En Europe notamment, le PRC travaille à consolider l’unité des forces communistes et de gauche alternatives au Parti Socialiste Européen, tant au sein de la Gauche Européenne qu’en celui du Groupe Parlementaire Européen de la Gauche Unitaire Européenne – Gauche Verte Nordique auquel les futurs élus adhéreront.

            Pour cette raison, le Congrès donne mandat aux organismes dirigeants pour qu’aux prochaines élections européennes l’on présente le symbole et la liste de Refondation Communiste – S.E. sur la base du programme à définir à l’automne prochain. Cette décision doit être accompagnée de la recherche de convergences à l’occasion des élections européennes entre forces anticapitalistes, communistes, de gauche, sur la base de contenus contraires au projet de Traité de Lisbonne et à l’orientation néolibérale et belliqueuse de l’UE. Le congrès juge gravissime toute modification de la loi électorale pour les élections européennes et engage tout le Parti à se battre contre ce projet par la plus grande mobilisation démocratique de masse.

            En Italie, en vue du prochain sommet du G8, le PRC doit s’engager, dans les instances des luttes contre la globalisation, à reconstituer le déploiement de forces politiques et sociales qui dirigea le mouvement contre le G8 de Gênes sans taire les responsabilités du gouvernement Prodi ni sur la condescendance du gouverneur [sarde] Soru pour fixer le lieu du sommet en Italie sur l’île de La Maddalena.

Le PRC doit s’engager au sein du mouvement pour la paix dans toute lutte contre les guerres en cours dans le monde, contre l’OTAN et contre toutes les bases militaires étrangères à partir de celle de Vicence ; il doit s’engager pour le retrait des contingents militaires italiens des théâtres de guerre.

 

5

            Le Congrès estime nécessaire de relancer le Parti et son projet stratégique de refondation communiste. Il engage le nouveau groupe dirigeant à promouvoir et encourager un débat politique et théorique à la fois réel et pluraliste qui poursuive les innovations et la recherche. Dans ce contexte, la recherche autour de la non-violence ne signifie pas, pour nous, un absolu métaphysique mais bien une pratique de lutte à mettre en place dans le conflit de classe et dans la critique du pouvoir.

            De même il faut relancer l’analyse de la morphologie du capitalisme contemporain, élargir le travail d’enquête sur la nouvelles composition des classes et sur les formes d’organisation du conflit.

 

La relance du Parti est impossible sans le soin pour le Parti lui-même. 

Le Congrès engage le nouveau groupe dirigeant à procéder à la réforme du Parti, en particulier en remettant en discussion le caractère sexiste et autoréférentiel de la politique, en partant des indication émises par la Conférence d’Organisation de Carrare.

            Il faut empêcher toute dégénération du Parti en sens leaderiste et plébiscitaire et toute subordination du Parti aux représentants institutionnels et aux rapports hiérarchisés avec les autres forces politiques.

            La gestion unitaire du Parti dans le respect d’éventuelles dialectiques internes aux organismes dirigeants à tous les niveaux, doit être comprise en tant que participation aux procès de décision et non pas comme simple droit de critique envers des décisions prises par des majorités ou, pis, par des cercles restreints de dirigeants.

            La démocratie n’est pas une forme quelconque de fonctionnement du Parti. Elle ne saurait se réduire à la pure dialectique entre positions différentes, ni être confondue avec des formes de consensus plébiscitaires. La campagne d’adhésions doit être l’instrument de la participation à la vie du Parti, à son projet politique et à ses décisions. Elle ne doit jamais se réduire à un outil bureaucratique pour dénombrer les camarades de différents courants. La démocratie comporte une participation libre et renseignée à la prise de décisions touchant les orientations politiques de fond et les chois les plus importants. Dans ce cadre, la démocratie des genres est un élément essentiel de transformation de la société pour un monde où égalité et différence soient des moments fondateurs de la constitution de subjectivités critiques, conscientes, sexuées.

            Les organismes dirigeants à tous les niveaux ne doivent pas être régis par une logique élitiste ; ils doivent sur fonder sur le principe de responsabilité. La rotation des charges, la défense de mêler charges au sein du Parti et charges institutionnelles de gouvernement, le renouveau constant des organismes et le dépassement de leur caractère sexiste, l’introduction de codes éthiques concernant les comportements liés aux privilèges sont autant d’objectifs que le Congrès désigne comme étant prioritaires pour le nouveau groupe dirigeant.

            Enfin, le Congrès engage le nouveau groupe dirigeant à travailler avec les instruments oppurtuns à l’amélioration de la formation de tous les inscrits des militants de base jusqu’aux dirigeants nationaux.

 

Fait à Chianciano, le 27 juillet 2008

 (Traduction L.-A. S.)

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29 juillet 2008 2 29 /07 /juillet /2008 14:46

Fusion-privatisation de GDF-Suez : tirer les enseignements politiques d’une défaite

GDF et Suez viennent finalement de fusionner, après 2 ans et demi de laborieuses tractations. GDF est privatisée de fait, l’Etat gardant pour l’instant 65% du capital de l’ensemble. Une nouvelle étape, grave, est franchie dans le démantèlement du secteur public nationalisé de l’énergie conquis à la Libération. On connaît les conséquences, déjà sensibles depuis longtemps du processus. Elles ne peuvent que s’aggraver aux dépens des agents, de leur statut et de leurs conditions de travail, des usagers du service public, du pays tout entier. Les tarifs s’envolent. Une concurrence aberrante et dangereuse, vu de l’intérêt général, s‘instaure avec EDF. Etc…

On pourrait continuer longtemps. Mais la question est pourquoi, malgré un rapport de force potentiel très important, cette privatisation n’a pas pu être mise en échec.

Du côté politique, la direction du PCF porte sa part de responsabilité, d’autant plus grande que notre parti tient une place historique à GDF comme à EDF.

Quelle bataille nationale a-t-elle engagée contre la privatisation ? Strictement aucune. Toutes les propositions ont reçu une fin de non-recevoir. Pourtant les possibilités de convergences de lutte sur cette question étaient (et restent) très fortes, avec les usagers, les salariés des autres services publics, l’ensemble des citoyens, sensibles à des questions comme l’indépendance énergétique, la sûreté des installations, etc… Les quelques organisations locales du Parti qui se sont engagées ont pu les mesurer et mesurer le gâchis, d’autant que nous avions du temps.

Cette bataille non menée ramène aussi à l’absence d’initiative marquante lors de l’immense mouvement des électriciens et gaziers en 2004. Ils se sont battus contre la casse de leur système de retraite et la privatisation, les deux étant liés. La suite l’a confirmé, également pour les autres entreprises publiques. Qu’a fait la direction du PCF alors pour rassembler dans le pays derrière les agents EDF-GDF ? Rien, sinon un service minimum parlementaire et des déclaration sur le ton « on est avec vous ». Le mouvement s’est effiloché à l’été 2004, laissant une expérience de l’échec.

La défaillance organisationnelle recoupe une défaillance idéologique.

La direction du PCF s’est convertie aux « services publics européens ». Nous avons toujours été favorables au développement de la coopération entre services publics de chaque pays. Mais, il ne s’agit pas de cela. Derrière la notion de « service public européen », on retrouve les « services d’intérêt économique généraux » et l’acceptation des directives européennes de marchandisation et donc de privatisation. La notion même de « service public européen » est une négation de la nationalisation : où est la nation européenne. La notion de « service public à la française », la seule acceptable liant le service public et la propriété nationale est niée (et combattue) par l’UE. Elle est abandonnée par la direction du Parti. L’héritage de Marcel Paul et du programme du CNR ! Qui a tant fait ses preuves.

En 2000, il y avait 60000 manifestants, EDF et GDF, contre la transposition d’une première directive de mise en concurrence. La « gauche plurielle » a réussi à la faire passer.

Pour les prochaines batailles pour le service public qui s’annoncent (SNCF, RATP, La Poste, EDF et GDF toujours…), les communistes doivent réaffirmer leurs positions fondamentales. Le service public passe par des monopoles publics détenu par des entreprises publiques (nationalisées ou selon l’activité municipalisées…). La nationalisation n’est pas synonyme d’étatisation. La privatisation est synonyme de loi du profit.

Les directives européennes n’ont pas de légitimité pour s’appliquer et détruire nos services publics, d’autant moins que l’EU du capital est désavouée par les peuples et que la « libéralisation » a montré ses effets dévastateurs partout dans le monde. Le service public, ce n’est pas, la compensation, aux frais de la collectivité, de quelques activités non rentables, par exemple d’une tarification « sociale » pour les plus pauvres, pendant que les actionnaires s’emparent des bénéfices.  

Sur ces bases, les communistes peuvent être de nouveau à l’aise et efficaces pour défendre et reconquérir des services publics, notamment GDF, en s’appuyant sur les acquis, encore considérables, pour participer à construire les grandes mobilisations et convergences de lutte.

Faisons jouer au PCF son rôle, déterminant, dans ces batailles !

 

PS : Est posée également la question du parti à l’entreprise et des relations avec le syndicat.

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 07:06

Italie : défaite des liquidateurs au congrès du PRC

Le 7ème congrès du Parti de la Refondation communiste, PRC, s’est achevé ce dimanche 27 juillet sur un résultat marquant qui doit appeler toute l’attention des communistes français.

La direction sortante a été mise en minorité. Le dauphin de Fausto Bertinotti, Nichi Vendola, a été battu dans l’élection du nouveau secrétaire général du Parti, par 142 voix contre 134. Le congrès a adopté une résolution, par 342 voix sur 646, affichant sans ambiguïté la rupture avec la stratégie et les pratiques politiques mises en œuvre jusqu’à présent.

Les points essentiels :

- La stratégie de « dépassement » du parti, de liquidation, dans une « gauche arc-en-ciel » ou une « chose rouge » est définitivement abandonnée. Même certains tenants de cette option ont été obligés de mettre de l’eau dans leur vin et de parler de « fédération ».

- L’existence du Parti, avec sa référence communiste, et la nécessité de son renforcement, politique et organisationnelle, sont au contraire soulignées dans le texte de résolution.

- La collaboration « organique » avec le Parti démocrate (social-libéral) est condamnée, comme la reproduction de la participation au gouvernement Prodi.

- La volonté a été actée de donner la priorité au mouvement populaire, aux luttes contre la politique de la droite berlusconienne et du patronat, à la reconquête du monde du travail par une action de masse. Des dates ont été prises pour des initiatives politiques en phase avec les luttes sociales. Le texte affirme aussi la nécessité de l’existence d’une véritable « gauche syndicale » (après que les principaux syndicats aient approuvé la casse des retraites par le gouvernement Prodi).

- L’opposition à l’OTAN et à l’extension de la base militaire de Vicenze est clairement marquée (alors que les parlementaires l’avaient votée suivant Prodi, malgré les manifestations).

- La nécessité de développer la démocratie dans le parti (dont l’unité semble préservée), partant des organisations de base, dans le respect de la diversité d’opinion, est affirmée.


Pour les communistes français, confrontés à une stratégie similaire à celle de l’ancienne direction du PRC, les conclusions du congrès du PRC, son « tournant à gauche », sont du plus haut intérêt, alors que notre propre congrès se prépare.

Le poids du bilan, l’effondrement électoral de la coalition « arc-en-ciel » (3% au lieu de 10%), la mobilisation des communistes italiens, auront eu raison du poids de l’appareil sortant qui avait pourtant réussi, après recomptage et annulation de certains votes, à atteindre 47% sur sa motion dans les structures locales.

 

Jusqu’au bout, l’issue du congrès est demeurée incertaine et les lignes ont bougé entre les tenants des différentes motions.

La résolution finale ne coupe pas les ponts avec le Parti de la gauche européenne, PGE, malgré l’expérience et le vote très serré et contesté d’adhésion en 2005. Elle précise cependant que Refondation communiste sera présente sous ses couleurs aux élections européennes, sans exclure des alliances notamment avec d’autres mouvements communistes. Le « projet alternatif » mentionné n’est pas explicitement socialiste.

Autre contradiction, Bertinotti, dont la ligne a été complètement désavouée, a pourtant été acclamé par une majorité du congrès en tant sans doute que « leader historique » du PRC.

Paolo Ferrero, 47 ans, a été élu secrétaire général du Parti à sa suite. Ouvrier chez Fiat à l’origine et militant syndical, Ferrero a adhéré au PRC au milieu des années 90, après avoir été membre du groupe « démocratie prolétarienne » dans les années 80. Il ne cache un engagement, qui peut déconcerter, dans l’église évangélique vaudoise. Il était aussi ministre, ouvertement critique, de Prodi.

Ce qui compte pour l’instant, c’est qu’il a été élu, contre l’ultra-réformiste Vendola, par la même majorité que celle qui a voté le texte de résolution et qu’il aura la charge de la mettre en œuvre.

Nos camarades italiens viennent de donner un signe fort qu’il est possible de rompre avec les stratégies de déclin et d’effacement des partis communistes et avec les directions qui les portent.

Vive le PRC !


AJ pour vivelepcf.

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24 juillet 2008 4 24 /07 /juillet /2008 20:30

Ouverture du congrès du PRC en Italie : les liquidateurs déjà mis en minorité

 

Le 7ème congrès du Parti de la Refondation communiste en Italie s’est ouvert ce 24 juillet 2008 près de Sienne. Il se tiendra jusqu’au 27.

Ce congrès revêt une importance encore plus décisive pour les communistes après les élections d’avril dernier.

Celles-ci ont vu la sanction sans appel de la stratégie de la direction sortante pilotée par Fausto Bertinotti. Les listes de coalition « arc-en-ciel », qui se voulaient l’embryon d’une nouvelle formation politique, vaguement à « gauche », dans laquelle le PRC se serait dilué, n’ont obtenu que 3% contre 10% en 2006.

La ligne d’effacement du parti et de l’identité communiste, l’affiliation au gouvernement Prodi, en reniant toutes les positions communistes fondamentales, ont créé une crise sans précédent dans les rangs du Parti que le congrès a pour défi de régler.

Après les réunions des sections (cercles) et fédérations du Parti, préparatoires au congrès lui-même, un élément important ressort déjà.

Malgré le contrôle de l’appareil, les tenants de la stratégie passée, sont en échec. Il est attesté que leur motion, celle de leur porte-parole Vendola et de Bertinotti, est minoritaire dans le Parti (40 à 47% officiellement). La poursuite du « dépassement » du Parti dans la constitution d’un nouvel ensemble de « gauche » est rejetée.

Pour le reste, la situation reste assez indéterminée.

Une motion, menée par une partie de la direction sortante dont l’ancien ministre de Prodi, Ferrero et par certains tenants au congrès précédent d’une ligne plus identitaire (« Essere communisti ») obtient de l’ordre de 40%. Cette motion, dans le cadre d’un vote bipolarisé, a visiblement rassemblé autour de sa volonté affichée de faire vivre le Parti et de regagner une autonomie à l’égard du Parti démocratique (PD : gauche « social-libérale »).

Une des questions du congrès est de savoir si les dirigeants de cette motion vont adopter une ligne commune et désigner une direction conjointe, sur la base d’un compromis incertain, avec les « sortants » ou bien si le congrès va engager le parti dans une orientation nouvelle.

La motion, arrivée 3ème avec 8%, définit clairement la voie du renouveau : reconstruire un Parti communiste de masse et de classe. Dans la suite de l’appel de Florence de décembre, lancé par 100 organisations de base du Parti, ces camarades se proposent de rassembler la « diaspora » communiste, notamment, mais pas seulement, le Parti des Communistes italiens (PdCI). L’affirmation de l’autonomie vis-à-vis du PD, mais aussi la définition d’un projet communiste de rassemblement des communistes pour les prochaines élections européennes seraient pour eux les conditions d’une synthèse avec la motion précédente permettant d’envisager l’avenir du Parti.

Une évolution à l’opposé d’une transformation en un parti vaguement de « gauche », comme un parti de la « tomate », « la Linke » allemande, ou le Parti de la gauche européenne » pour reprendre les expressions du dirigeant Fosco Giannini.

Dans le cadre de la préparation de notre propre congrès, en gardant en tête les différences historiques, en particulier la disparition du PCI, nous ne pouvons, communistes français, que regarder avec grand intérêt l’évolution de la situation des communistes italiens du PRC comme du PdCI. Et assurer nos camarades de nos meilleures pensées.

 

24 juillet 2008,

AJ pour vivelepcf

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:47

Communistes, aidons l’Humanité pour qu’elle redevienne pleinement le journal des communistes

Depuis quelques jours, la secrétaire nationale du PCF, la Présidente du Conseil national du PCF, avec Patrick le Hyaric, directeur du journal, s’adressent à nous dirigeants et militants communistes pour que nous aidions l’Huma confrontée à un problème financier exceptionnel.

La société avec laquelle avait été signée la vente du siège de Saint-Denis pour 15,5 millions d’euros, si nos souvenirs sont bons la « SARL immobilière Paris-Saint-Denis », se trouve en défaillance et ne peut payer. Dans l’attente de trouver un autre acheteur, l’Huma qui a déjà déménagé à un besoin urgent de l’équivalent d’un prêt relais.

Les camarades sont donc invités à consentir des dons exceptionnels ou des prêts remboursables dès la vente réalisée.

L’attachement des communistes à leur journal ne se démentira pas, une fois de plus, nous l’espérons, comme nous redoublons d’ardeur dans la préparation de la Fête de l’Huma.

Mais nous ne pouvons manquer de relever que cette situation pose une nouvelle fois, en pleine préparation du 34ème congrès du PCF, la question des rapports entre le PCF ; les communistes et l’Humanité.

Dès qu’il y a besoin d’argent, la direction sortante du Parti sonne à la porte des communistes. 

Pourtant la même direction, depuis des années, ne cesse de proclamer et d’établir la séparation entre le journal et le Parti. D’organe central du PCF, puis de journal du PCF, on est passé à l’Humanité tout court, journal de « ceux qui à gauche recherchent la voie d’un projet alternatif et de changement », pour reprendre le texte de la lettre qui nous a été adressée.

Il ne s’est pas agi simplement de changements de nom mais de lourdes évolutions de ligne éditoriale et de structure.

Comme beaucoup d’autres camarades, qui nous le disent dans nos sections, nous nous reconnaissons mal dans la ligne éditoriale en tant que militants communistes. Avec des hauts et des bas et tout en saluant le travail de nombreux journalistes et personnels de l’Huma.

Notre journal se doit d’être à contre-courant de l’idéologie dominante. Pourquoi laisser tant de place à des « intellectuels », même à des patrons, ou bien sans hiérarchie aux politiciens de « gauche », du PS, quand ce n’est pas de droite (les « débats » de l’HQ du samedi !), qui ont tout le reste de la presse et des media pour s’épancher.

L’interview sur une pleine page, offerte à Guillaume Pépy, PDG de la SNCF, sans analyse et contradiction dans l’édition du 26 juin n’est pas acceptable dans les colonnes de notre journal, quand on sait que le plan « Destination 2012 » dont il fait la promotion signifie la casse du service public et la privatisation.

Sous la « gauche plurielle », l’Huma était devenue un soutien du gouvernement, au point d’être souvent exaspérante. On n’est pas revenu depuis au journal communiste dont nous avons besoin.

Ceci ne va pas sans cela : en 2001, la direction du Parti a livré 20% du capital de l’Huma aux groupes privés Hachette-Lagardère, Bouygues et Caisses d’épargne, réunis dans la mal nommée « Société Humanité Investissements Pluralisme ». Lagardère et Bouygues pour garantir le pluralisme : une plaisanterie! Personne ne s’imagine que ces magnats des affaires et des media donnent de l’argent, même si c’est une goutte d’eau pour eux, sans contrepartie.

Dans l’immédiat, nous nous étonnons que l’on ne sollicite pas ces « bienfaiteurs du pluralisme » pour accorder le prêt relais, qui ne leur coûterait presque rien, dont l’Huma a besoin.

Quelle signification va prendre la vente du siège, acte douloureux qui ne doit pas être l’annonce d’une liquidation*? La vente est censée donner un ballon d’oxygène financier au journal pour deux à trois ans. C’est le temps des décisions. Nous sommes à la croisée des chemins, la dernière.


Le choix est le suivant :

1- continuer à laisser l’Huma devenir un journal comme les autres à tonalité de gauche, c'est-à-dire continuer à disparaître par étape, quitte à se réduire à un hebdomadaire. Déjà l’HD est présentée comme le « magazine de la gauche » (avec le slogan: « avec l’HD, la gauche a son magazine »). On a vu comment Regards a été livré à la « gauche » non communiste et ne cesse maintenant de tirer dans le dos du PCF.

2- ou bien rendre pleinement à l’Huma son identité militante et communiste, celle qui a fait qu’il se trouve encore tant de communistes, de sympathisants prêts à souscrire.

 

C’est la deuxième solution que nous défendons, renforcés par l’expérience de la vie du journal mais aussi des luttes ces dernières années.

A court terme, nous demandons que soit prise la décision de libérer le capital de l’Huma de la présence des groupes capitalistes. Leur participation au capital représenterait 500.000 euros. La vente du siège doit servir entre autre à cela. Ce serait un vrai investissement politique et financier. L’Humanité doit redevenir indépendant des puissances d’argent, entièrement le journal du PCF qu’il est et reste, qu’on le veuille ou non, dans tous les esprits.

La ligne éditoriale doit évoluer en conséquence pour rendre son caractère militant et son engagement au journal. Les articles de l’Huma ne doivent pas être des tracts, nous dit-on. Mais ils doivent servir parfois à en écrire et la vente de l'Huma doit pouvoir redevenir un acte politique militant! Les articles à propos du mouvement social doivent cesser d'être si descriptifs. Pour cela, les journalistes doivent être eux-mêmes engagés dans le combat de classe. 

A propos du PCF : la séparation administrative a éloigné le journal des communistes mais pas la direction actuelle du parti du journal. Les articles politiques, notamment ceux concernant le parti lui-même, reflètent pratiquement exclusivement le parti pris de la direction. Cela ne peut plus durer. Tous les débats dans le parti doivent se retrouver dans l’Huma sans filtre, dans cette période cruciale.  

Ceux qui pensent que l’Huma pour survivre doit devenir encore moins communiste se trompent ou sont de mauvaise foi.

Nous pensons strictement le contraire. L’Histoire l’a montré.

 

Stéphane AURIOL, Emmanuel DANG TRAN, membres du CN du PCF


*Certains se sont étonnés à juste titre que le journal ne vienne pas occuper les deux étages libérés pour location au Colonel Fabien mais loue de nouveaux bureaux.

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22 juillet 2008 2 22 /07 /juillet /2008 12:43

PCF et institutions : être cohérents et revenir notamment sur la position sur le quinquennat

La révision constitutionnelle voulue par Sarkozy et l’UMP a été votée le 21 juillet 2008. Les parlementaires communistes ont voté contre après avoir combattu le texte dès le départ. Les communistes sont opposés à la quasi-totalité des nouvelles dispositions.

Le PS a finalement voté contre, à quelques exceptions près, après avoir hésité. Nous ne pouvons pas parlé sur ce sujet là non plus d’un « front commun » de la gauche tant la position du PS tient de la posture politicienne et ne contredit pas l’accord sur le fond avec la droite, manifesté depuis 10 ans sur l’évolution des institutions.

Dans l’esprit de la 5ème République, les derniers gouvernements tentent de verrouiller institutionnellement toute contestation, d’abord du mouvement populaire, ensuite de ses relais éventuels dans les assemblées, de la politique des majorités d’alternance en place.

Ce constat doit amener le PCF à réaffirmer ses positions de toujours et à revenir sur des choix récents qui allaient à leur encontre.

Nous dénonçons la « présidentialisation » du pouvoir. La nouvelle modification de la Constitution donne en fait plus de pouvoir au bloc majoritaire autour du président : majorité parlementaire+gouvernement+Président (voir les analyses détaillées du texte, notamment sur les nouvelles procédures permettant de limiter les possibilités de d’opposition au Parlement).

Le « bloc majoritaire » se dote de nouveaux moyens pour imposer sa politique (au service du Medef) pendant la période de 5 ans où il tient le pouvoir politique.

La modification de la Constitution qui a le plus fondamentalement renforcé la présidentialisation est l’adoption en 2000 du quinquennat. Elle a mis au centre l’élection présidentielle, la plus personnalisée, la plus « bipolarisée », celle qui pose le moins les alternatives de fond, comme seule véritable échéance politique nationale.

Les législatives dans la foulée lui sont subordonnées quasi automatiquement. La coïncidence des deux élections ouvre des périodes beaucoup plus longues, de 5 ans, sans possibilité de sanction électorale populaire.

En 2000, la direction du PCF, notamment par la voix de Patrice Cohen-Seat, porte-parole sur ces questions, a choisi d’appeler à l’abstention au référendum sur le quinquennat. Le PCF était le seul parti qui aurait pu et dû dénoncer l’opération. Sa direction a choisi de ne pas le faire et est au contraire rentré dans le jeu du PS, alors à la tête de la « gauche plurielle » et de la droite.

Communistes, nous devons imposer que notre parti revienne sans ambiguïté sur cette position pour le moins erronée et fasse des propositions pour contrer les effets du quinquennat et la « présidentialisation » du régime.

-                    Dès les années 70, nous avancions la proposition d’un quinquennat avec « un délai suffisant entre l’élection présidentielle et celle des députés à l’Assemblée nationale évitant toute simultanéité ». Reprenons-là !

-        Où est passée aussi notre opposition à l’élection du Président au suffrage universel direct, clef de la présidentialisation. On la retrouve discrètement dans les derniers programmes mais elle ne semble plus défendue alors qu’elle est fondamentale.

 

La dernière révision constitutionnelle doit nous faire réfléchir sur d’autres plans.

Le nouveau texte introduit dans la Loi fondamentale « l’objectif d’équilibre des budgets des administrations publiques ». L’expérience nous montre partout (Ex : Pacte de stabilité), que cet « objectif d’équilibre » est en fait l’instrument de la politique « ultra-libérale » de réduction de l’action publique et sociale, des coupes claires dans les budgets, de dizaines de milliers de suppressions d’emploi.

Cette nouvelle disposition, que nous dénonçons tous, prolonge l’introduction de la LOFL que nos camarades de la fonction publique connaissent bien pour en combattre les effets.

La LOFL est la « loi organique relative au loi de finances » co-élaborée en 2000 par le PS et la droite. Son objectif a été d’introduire, progressivement depuis, les modes de gestion privée dans les budgets publics. Au nom d’économies et de bonne gouvernance, la LOFL sert à supprimer des moyens humains et à diminuer le périmètre de l’action publique.

A l’époque, si les sénateurs communistes avaient voté contre la version sénatoriale du projet de loi, les députés s’étaient simplement abstenus sur cette loi d’essence « libérale ».

Aujourd’hui, nous devons être cohérents, revenir sur le contresens de la position de la direction du PCF en 2000 et développer notre opposition à la LOFL et à sa logique.

C’est central au moment où est frontalement attaquée la Fonction publique.

 

La révision constitutionnelle pose aussi à nouveau la question des prérogatives du Parlement national relativement aux textes européens.

Scandaleusement, la référence au Traité de Lisbonne est maintenue malgré le vote NON des Irlandais qui le rend caduc. L’obligation de tenir un référendum en cas d’élargissement de l’UE est supprimée.

Aujourd’hui, les directives et règlements européens sont rédigés à l’initiative de la Commission européenne, organisme antidémocratique par nature. Puis ils sont adoptés avec le Conseil européen où l’exécutif français (Président, premier ministre) peut s’y opposer mais ne le fait jamais, parce que la politique définie à Bruxelles, dans l’intérêt du capitalisme mondialisé, est la sienne.

Mais où intervient le pouvoir législatif français, représentation démocratique de notre peuple sur ces directives amenées à devenir des lois s’appliquant dans notre pays ?

La lutte acharnée à laquelle nous avons contribué contre la « constitution » européenne aura réussi à empêcher que les directives européennes, qui seraient devenues « lois européennes », rentrent directement dans la Loi française. C’est un des seuls reculs du Traité de Lisbonne. Les directives donnent toujours lieu à des « lois de transposition » discutées par le parlement national.

Là aussi, jusqu’à présent, jamais les majorités successives n’ont voté contre une loi de transposition. Mais l’existence du débat parlementaire en France, à l’échelon national, le plus important de l’expression démocratique du peuple, par exemple sur la marchandisation des services publics, ouvre des possibilités de débat public et limitent les prétentions des eurocrates.

L’UE sert de prétexte et d’instrument, dans les mains de nos gouvernants, pour casser nos acquis sociaux et démocratiques. Ne devons-nous pas porter l’idée d’un droit de censure de l’Assemblée nationale des directives et règlements européens ?

Sur ces questions aussi et bien d’autres, le 34ème devra être un moment pour réactualiser nos positions.


PS : pour donner le change contre les voix des radicaux de gauche, la majorité aurait consenti à abaisser à 15 le nombre de députés nécessaires à la constitution d’un groupe parlementaire à l’Assemblée nationale.

Si cela se vérifie, notre revendication de 2007 serait satisfaite et l’occasion serait offerte de lever toutes les ambiguïtés du groupe de la « gauche démocrate ». Les 18 députés PCF et apparentés pourront reconstituer le groupe communiste. Les 4 Verts, notamment les anticommunistes Mamère et Cochet, pourront retrouver les 11 députés radicaux avec lesquels ils constituaient déjà un groupe entre 1997 et 2002.

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