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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:12

Bové, Autain… Collectifs antilibéraux : fin de soldes !

La résolution finale du 33ème congrès du PCF a embarqué le Parti dans l’aventure des « collectifs antilibéraux » qui devait mobiliser toute l’activité des directions jusqu’à l’échec, fin 2006, d’une opération rivée vers les élections de 2007 et l’effacement du PCF. Les communistes ne l’ont pas accepté.

Ces derniers jours, deux des figures du « collectif national » ont fait parler d’elles. Leurs nouvelles aventures politiques ne peuvent que finir de solder pour les communistes l’expérience de 2006.

A « l’université d’été » des Verts, le 24 août, José Bové vient de sceller un accord avec Daniel Cohn-Bendit. La virulence de l’anti-communisme de Cohn-Bendit est connue, comme son soutien indéfectible à l’UE du capital et au projet de « constitution » européenne en 2005. On nous avait présenté les « collectifs » comme étant une prolongation de la campagne pour le Non. Alors prétendant à en être le leader, avant d’être candidat à la présidentielle, Bové signe sa réconciliation avec le camp du Oui.

Voilà donc Bové partant avec Cohn-Bendit (co-président du Parlement européen), la direction des Verts et des « proches de Nicolas Hulot » pour une campagne commune « écolo » pour les élections européennes de 2009. « J’expère que les gens sortiront du débat en se disant : « qu’est-ce qu’on est cons ! Pourquoi on ne l’a pas fait plus tôt ! » » a-t-il affirmé. 

Cette position donne aussi à réfléchir, à nouveau, sur le contenu très ambiguë d’un certain « non de gauche » en 2005 qui s’apparente à un oui. Allié à Cohn-Bendit, Bové réclame que « l’Assemblée élue en 2009 soit une assemblée constituante ».

Ces jours-ci voient aussi les media faire réapparaître Clémentine Autain, autre leader autoproclamée des « collectifs antilibéraux ». Rappelons quelques étapes précédentes de son aventure politique. En 2001, Delanoë la choisit contre l’avis des communistes du 17ème et l’impose comme candidate étiquetée « apparentée PCF » puis comme adjointe à la mairie de Paris. Sous cette étiquette reprise complaisamment par les media et acceptée par la direction du PCF, elle profère régulièrement à la télévision des leçons de politique, souvent anti-communistes. En 2006, elle tente d’être la candidate naturelle des « collectifs » à la présidentielle, sans succès. En 2007, elle cherche à évincer Jean-Pierre Brard de la mairie de Montreuil, finit par se retirer mais en ayant contribué à la perte de la municipalité communiste historique. Là voilà maintenant abordant un nouveau rivage : le NPA dont elle vient de se montrer à « l’université d’été », après avoir signé un appel du pied à Besancenot avec le philosophe anticommuniste Onfray. Qu’est-ce qui peut bien guider ce parcours sinon la boussole de l’opportunisme ?

Il est frappant comment fin 2006, l’opération politique des « collectifs antilibéraux » s’est dégonflée d’un coup. Il s’est avéré qu’elle relevait d’un processus électoraliste, qu’elle a été un avatar d’une volonté de recomposition politique dont l’effacement du PCF est la condition. Les dérives de Bové et Autain le confirment amèrement peut-être pour certains.

Les rares collectifs locaux qui ont réellement réuni des personnes de bonne volonté ont prolongé des formes d’échanges et de rassemblement progressistes sur des objectifs précis, non politiciens, qui souvent continuent.

Du côté de la direction du PCF, l’objectif d’effacement du Parti dans une gauche indéterminée s’est aussi confirmé. La campagne de Marie-George Buffet candidate de la « gauche populaire antilibérale » ne s’est revendiquée communiste que dans les dernières semaines. Après le résultat désastreux, les dirigeants nationaux ont multiplié les déclarations mettant à l’ordre du jour le « dépassement » du PCF, la remise en question de son existence même, sa dilution dans une fédération de « gauche ».

Depuis l’affirmation sans ambiguïté à l’Assemblée nationale extraordinaire de décembre 2007 de la volonté majoritaire des adhérents du PCF de maintenir l’existence du Parti, ces projets de recomposition sont plus discrets, mais il n’y a eu ni rupture dans la direction, ni dans sa stratégie. 

Un des enjeux du 34ème congrès est de trancher définitivement la question de l’existence du PCF et de sa complète indépendance politique, sur la base d’une théorie, d’un projet, d’une forme d’organisation : ceux qui ont toujours été les siens !

C’est bien parce qu’elle les abandonne que l’équipe dirigeante sortante est à la recherche de formule comme les « collectifs antilibéraux ».

 

 

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27 août 2008 3 27 /08 /août /2008 14:10

Pour les anticommunistes : l’occasion est trop belle !

L’annonce officielle de la mise en location d’un étage du siège du PCF, place du Colonel Fabien et d’une partie des locaux historiques de la Fédération de Paris donne aux media une occasion en or pour attaquer notre parti et ce qu’il représente.

Le Parisien ex-Libéré et son avatar régional « Aujourd’hui en France » ont ainsi consacré la moitié de leur une du 26 août à ce non événement ainsi que pratiquement toutes les pages 2 et 3. Leur anticommunisme historique est connu et n’a d’égal que leur complaisance à l’égard des puissances d’argent (et des Maires de Paris). Le message qu’ils veulent faire passer est facile à comprendre : le PCF serait un parti du passé, aujourd’hui en perdition. Le Parisien pousse l’indécence, écoeurante, jusqu’à établir un parallèle avec le FN. Quel contraste par ailleurs avec la complaisance médiatique qui entoure ces derniers jours « l’université d’été » d’une formation (npa) qui justement est en train de renoncer à toute référence communiste !

L’anticommunisme souligne en négatif l’actualité du communisme ! L’acharnement à vouloir enterrer le PCF, les moyens déployés, ne peuvent que nous confirmer dans notre engagement. Notre parti est bien le seul qui a pu et su, par sa théorie et son organisation révolutionnaire de masse, par l’action résolue de ses militants, porter une contestation réelle et efficace à la domination capitaliste en France.

En cette fin août, les journaux se gardent bien d’évoquer l’action des militants communistes pour préparer la rentrée des luttes, s’opposer à la guerre en Afghanistan…

En ce qui concerne la réduction des moyens du parti, la vente ou la location de locaux mais aussi la suppression de postes, ils s’intègrent dans les éléments, préoccupants, de la réflexion des communistes pour leur prochain congrès de décembre. Ils font partie du bilan de la stratégie conduite ces dernières années. Fallait-il par exemple consacrer 4 millions d’euros non remboursés, à une campagne présidentielle de la « gauche populaire antilibérale » politiquement floue ? Avec le résultat, prévisible, que l’on sait !

Nous faisons partie des communistes qui entendent redonner au PCF toute sa raison d’être dans la lutte des classes, contre la politique défendue avec zèle par Le Parisien et l’immense majorité des media au service de l’idéologie dominante qui le craignent.
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25 août 2008 1 25 /08 /août /2008 20:39

Rencontre nationale du 30 août (et soirée débat du 29): rappel et précisions

 

Pas d’avenir sans PCF ! 34ème congrès du PCF 

 

Chers camarades,

 

Nous vous renvoyons à titre de rappel l’invitation à la rencontre nationale des communistes des 30 et 29 août à Paris (une semaine avant le Conseil national des 5 et 6 septembre).

 

Depuis, des camarades de plus de 40 fédérations ont maintenant manifesté leur intérêt avec la démarche proposée en juin pour l’activité du PCF et le 34ème congrès. Des camarades de 16 fédérations ont pour l’instant confirmé leur présence.

 

Programme :

 

La réunion aura lieu au 72 avenue Félix Faure à Paris (métro Boucicaut – en voiture accès depuis la Porte de Versailles ou Balard).

Pour tout renseignement (accès, hébergement), appeler au 06 71 49 86 57 ou au 01 48 56 16 66

 

Le vendredi 29 août :

accueil des participants à partir de 16h00

 

18h30 à 20h30 : échange sur le PCF et l’UE, un des points cruciaux du congrès

(Introduction : rappels des positions du Parti, leur inflexion depuis 1998, l’adhésion à l’idée d’intégration européenne signe d’un virage réformiste, valeur de l’expérience militante de 2005, comment lier internationalisme et opposition à l’UE du capital).

20h30 : buffet fraternel

 

Samedi 30 août :

Préparation du 34ème congrès du PCF. Déclaration de cadrage

9h30 : échange sur la préparation du congrès. Quelle initiative pour la rupture avec la stratégie de Mutation-disparition du Parti. Quel texte alternatif ? La question de l’unité des communistes.

Calendrier d’actions à partir de la Fête de l’Huma.

 

12h45 : déjeuner-buffet

14h30 à 16h30 : expériences de lutte, de vie de nos organisations. Comment progresser dans l’échange et la coordination ?

 

 

 

L’INVITATION DU 12 JUILLET :

 

 

Le 12 juillet 2008,

 

 

Chers camarades,

 

Nous sommes de plus en plus de communistes à être déterminés à ne pas laisser détruire ou disparaître notre parti, le PCF, l’outil historique indispensable dont les travailleurs se sont dotés pour mener le combat de classe.

 

Nous sommes également de plus en plus nombreux à juger que nous devons passer à un nouveau stade d’organisation :

- pour faire vivre notre parti, ses structures de base, gagner un espace de visibilité nationale ;

- pour rompre avec la stratégie d’effacement du Parti, de son identité, de ses positions fondamentales, de son organisation spécifique

 

Malgré les désaveux successifs, l’équipe dirigeante a confirmé qu’elle met toujours à l’ordre du jour la poursuite du processus de mutation-disparition du PCF.

S’il n’est plus immédiatement question de revenir sur « l’existence même » du Parti, mais de le « transformer » radicalement, les conclusions prononcées par MG. Buffet à Tours le 14 juin comme les débats et la résolution du CN des 25 et 26 juin, convoquant le congrès traduisent le maintien de cette visée réformiste. Ils confirment le refus de tout bilan de la dernière période. De plus en plus, l’Europe et le PGE sont utilisés comme prétextes et instruments de nouvelles « transformations » du parti.

 

Les partisans de la poursuite du processus d’effacement comptent sur le verrouillage administratif du congrès et de ses débats, sur leur brouillage, sur la dispersion des oppositions pour franchir le 34ème congrès malgré l’opinion majoritairement exprimée des communistes à la poursuite de cette stratégie. L’insuffisance de la riposte nationale contre la politique du pouvoir, le contresens des déclarations communes avec le PS contribuent aussi à démobiliser les communistes.

 

Face à cela, nous avons besoin de construire, dans la durée, collectivement,  un repère et une forme de coordination nationale, à nous saisir du 34ème congrès pour unir davantage les communistes, leurs organisations tournées vers la lutte.

 

D’autant plus que des organisations extérieures, plus ou moins bien intentionnées, parient sur notre échec au 34ème congrès pour récupérer, ou éparpiller encore davantage, les communistes en déshérence.

 

Le 34ème congrès ne sera pas le congrès « ça passe ou ça casse » pour les communistes, mais le congrès-étape où doit s’affirmer beaucoup plus fortement, de façon plus structurée, face à la stratégie de liquidation, le point de vue et l’organisation communistes.

 

Les délais sont très courts. Nous devons nous tenir prêts à sortir un texte de base commune alternative avant la fin septembre, dans la prolongation et l’amélioration des textes « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes », « Fiers d’être communistes » et « Colère et espoir » que nous avons présentés et défendus en 2006. Depuis, beaucoup d’autres sections et militants ont manifesté leur volonté de défendre le PCF, grâce notamment à l’appel « Pas d’avenir sans PCF ».

 

Depuis le 13 juin, camarades responsables de plusieurs sections, nous avons fait circuler un texte portant une analyse de la situation du PCF et une démarche pour l’avenir et le congrès. A ce jour, il a été approuvé, avec des amendements, par 14 organisations du PCF, de la cellule à la Fédération. 15 autres l’ont mis en discussion. Des dizaines de camarades ont individuellement exprimé leur soutien.

 

Nous vous le renvoyons avec les modifications et commentaires. Sur la base de ce texte de cadrage, nous proposons de tenir une

 

Rencontre nationale de communistes

 

Vendredi 29 août à partir de 17h00 et samedi 30 août à partir de 9h30,

au Patronage Laïque, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut).

 

Cette rencontre, à deux semaines de la Fête de l’Huma, à une semaine du CN des 5 et 6 septembre qui doit adopter la proposition de base commune, peut et doit nous permettre de nous accorder et de construire un front unitaire pour l’avenir de notre parti, en lien avec notre action dans les luttes.

 

Ces initiatives ont été décidées après plusieurs assemblées de communistes en Région Parisienne et de multiples échanges avec des camarades de 25 fédérations, sur la base d’un accord. L’une des questions en débat sera de trouver une identification juste, correspondant au rassemblement des organisations du PCF et des communistes que nous sommes.

 

 

Espérant ta présence, te priant de relayer cette invitation, et te souhaitant de bonnes vacances,

 

 

Pour la coordination de préparation de la réunion des 29 et 30 août,

 

 

Le secrétariat de la section du PCF Paris 15

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24 août 2008 7 24 /08 /août /2008 13:44

Reprendre la carte du Parti…

Depuis plus de trente ans, congrès après congrès, l’approfondissement de la dérive opportuniste a poussé près de 80% des adhérents à quitter le PCF. La plupart ont voulu ainsi marquer leur désaccord avec la ligne suivie et se sont mis en position d’attente. D’autres, écartés de leurs responsabilités ou poussés vers la sortie, militent aujourd’hui dans des groupes organisés dans l’espoir de faire renaître un vrai parti communiste.

Cette hémorragie d’éléments révolutionnaires a facilité et accéléré le processus de renoncement par les directions successives et a mis en grande difficulté les camarades fidèles au marxisme restés au PCF.

Les dégâts causés par la « mutation », et la division de ses opposants à l’intérieur même du Parti ont été tels que le redressement de celui-ci avait fini par apparaître comme très aléatoire à beaucoup d’entre nous. Le pessimisme parmi les militants les plus conscients ne cessait de gagner du terrain.

Mais il semble qu’une évolution positive dans le rapport des forces s’est développée au cours de la dernière période et a mis en difficulté les directions liquidatrices à tous les nivaux. Une opposition grandissante s’est affirmée progressivement dans les cellules encore actives, dans les sections, dans les fédérations, et jusqu’au Conseil national. Elle s’explique par :

- La suite ininterrompue d’échecs électoraux de plus en plus graves aboutissant au 1,93 % des dernières présidentielles.

- Les participations à des gouvernements socialistes dont on sait les bilans désastreux pour les travailleurs Français et pour la paix en Europe et ailleurs.

 - Les appels à « l’union de toute la gauche »  avec un PS qui soutient, quand au fond, les principales mesures antisociales du gouvernement ultra réactionnaire de Sarkozy et qui dispute à la droite la direction de l’Europe du capital si dure pour tous les peuples de la région.

- Les expériences « mutantes » désastreuses des partis communistes d’Italie, d’Espagne et d’ailleurs.

- La réaffirmation de la nécessité du socialisme en Amérique latine et la résistance grandissante au capitalisme partout dans le monde.

Des militants de plus en plus nombreux ont commencé à douter de la justesse de la stratégie suivie par leurs directions. Les critiques se sont multipliées dans et hors du Parti au point que beaucoup de communistes pensent que le 34ème Congrès, annoncé comme devant procéder à coup sûr à l’enterrement définitif du PCF, n’est plus joué d’avance. Une lutte acharnée se déroule à tous les niveaux entre les partisans et les adversaires de sa liquidation.

Les anciens adhérents du Parti, peuvent apporter une contribution décisive à cette lutte en reprenant leur carte afin d’intervenir à nouveau, aux cotés de leurs camarades, dans les débats internes et faire que le 34ème Congrès soit celui de la défaite des opportunistes et marque le début du redressement d’un Parti qui fut et reste toujours le leur.

Rien ne les oblige à se dédire, à abandonner leurs réserves ou à dissoudre les organisations qu’ils ont créées, tant qu’ils n’auront pas la certitude d’un PCF retrouvé.

L’opportunisme a fait et continue de faire beaucoup de mal, mais ne peut-on pas dire que le sectarisme, qui est plus ou moins en chacun de nous, est aujourd’hui son meilleur allié car il est source de division et s’oppose de fait, non seulement à l’union des communistes, mais aussi aux actions communes indispensables  pour en finir avec « la mutation » et ses partisans.

Quant au 34ème Congrès, et quoi qu’en disent certains, la victoire des liquidateurs ne ferait qu’étendre, aggraver et enraciner encore plus la division actuelle des communistes, situation qui est hautement préjudiciable à la cause de tous les travailleurs. La perspective d’un vrai Parti, uni, fort, et influent, en serait reculée pour longtemps.

Je pense qu’il y a urgence. Moins de quatre mois nous séparent du Congrès. La fête de l’Humanité peut être l’occasion et le lieu appropriés pour appeler tous les communistes à participer de plein droit à la lutte en cours pour faire revivre à nouveau le glorieux PCF qui a beaucoup apporté au peuple Français dans le passé et dont il a tant besoin aujourd’hui.

                                                                                                                  J. Molina

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20 août 2008 3 20 /08 /août /2008 20:40

Le PCF doit s’exprimer sans ambiguïté pour la sortie de la France de l’OTAN.

 

Les événements récents viennent de souligner de façon tragique les conséquences de l’alignement français sur la politique mondiale des Etats-Unis et l’OTAN. Dix soldats français viennent d’être tués en Afghanistan, où les gouvernements successifs ont engagé notre armée dès 2002 (sous la « gauche plurielle »), avant que Sarkozy décide de renforcer le corps expéditionnaire et de le diriger vers les zones les plus tendues. L’action de l’OTAN, à laquelle est affilié le gouvernement géorgien, pèse aussi lourdement dans les événements du Caucase.

Pour les communistes français, un objectif doit être posé sans ambiguïté : la revendication de la sortie de la France de l’OTAN. Evidemment cette perspective implique le refus total de la réintégration de la France dans le commandement intégré, comme Sarkozy vient de le décider en conclusion d’un processus conduit par tous les gouvernement depuis les années 70. L’aspect symbolique rejoint un enjeu hautement politique.

Mais au-delà, quelle doit être l’attitude du PCF vis-à-vis de la France et de l’OTAN ? Au 33ème congrès, la résolution finale aborde le sujet deux fois :

- « Alors que les États-Unis militarisent à outrance les relations internationales, développent le concept de guerre préventive en appui à leur offensive économique, commerciale et culturelle, la France et l'Europe doivent être des acteurs indépendants de type nouveau. Cela suppose de s'émanciper de l'OTAN et d'avancer vers sa dissolution, »

- « La France et l'Union Européenne doivent jouer un rôle positif au Moyen-Orient et dans le monde pour la paix en se dégageant de l'hégémonie et de l'unilatéralisme des États-Unis, ainsi que du carcan atlantique de l'OTAN dont il faut obtenir la dissolution. »

Ces phrases appellent, comme certains ont déjà suscité le débat au dernier congrès, plusieurs réflexions.

1-     Comment imaginer d’abord que l’UE se détourne de l’alliance atlantique alors que c’est l’un de ses fondements principaux ? Le projet de « constitution » européenne comme le texte du traité de Lisbonne sont sans ambiguïtés sur l’alignement sur l’OTAN et la militarisation de l’UE dans ce cadre. Cette dernière perspective n’est pas plus acceptable en dehors de ce cadre en vue de la constitution hypothétique d’un pôle impérialiste européen.

2-     La revendication de la « dissolution » de l’OTAN n’est pas équivalente, encore moins supérieure, à la revendication de la « sortie de la France de l’OTAN ». Dissoudre l’OTAN ne peut relever que d’une décision de ses membres avec la prépondérance que l’on sait des Etats-Unis. Citoyens français, ce n’est pas de notre ressort. Alors que demander la sortie de la France de l’OTAN relève de notre débat politique et va de pair, en les dépassant, avec nos revendications du retrait immédiat des troupes françaises d’Afghanistan et avec le rejet de l’intégration dans le commandement commun.

Avec la demande de la « dissolution de l’OTAN », qui plus est, posée dans le cadre de l’UE, la direction du Parti accepte de fait que, pour un temps (sans fin ?), les orientations de l’OTAN soient acceptées jusqu’à un invraisemblable « dépassement » de l’alliance par un nouveau système d’alliances internationales atlantiques ou étendues. Aucune transformation de l’OTAN, officine impérialiste de guerre, n’amènera à un système de règlement pacifique des conflits internationaux.

Aussi, nous devons affirmer clairement le mot d’ordre : retrait de la France de l’OTAN ! en complément des propositions pour le Retrait des troupes françaises d’Afghanistan ! et de Refus du retour de notre pays dans le commandement intégré de l’OTAN.

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19 août 2008 2 19 /08 /août /2008 12:21

Sur le conflit militaire au Caucase

 

Dans l’attente d’une éventuelle analyse de la direction du PCF*, celle de nos camarades portugais, lucide et responsable, donne des repères d'analyse, que nous partageons, sur le conflit militaire dans le Caucase, notamment le rôle criminogène de l’OTAN.

Plus que jamais, construisons le rapport de force contre le retour de l’Etat français dans le commandement intégré de l’OTAN, tel que le pouvoir l’a programmé pour 2009 !

Un communiqué, signé MG Buffet, daté du 12 août a été mis sur internet aujourd'hui 19 août. Il soutient la position de l'UE défendue par Sarkozy, ne porte aucune condamnation de l'OTAN. Il appelle à des négociations impliquant les USA...

 

Au sujet du conflit militaire au Caucase et les dangers pesant sur la paix et la sécurité internationales.

Communiqué du Parti communiste portugais, 14 août 2008 (traduction par AJ pour vivelepcf.fr)


Le Parti communiste portugais déplore la perte de vies humaines et les destructions provoquées par le conflit militaire au Caucase. Il appelle à la fin des hostilités, élément essentiel pour engager des négociations de paix entre la Russie et la Géorgie, qui, pour le PCP, doivent être conduites dans le cadre des Nations Unies suivant les principes du droit international, le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, la non-ingérence dans leurs affaires intérieures.

Les développements militaires et diplomatiques des derniers jours confirment que ce conflit ne peut être regardé à la seule lumière des questions touchant aux territoires et à la souveraineté de l’Ossétie du sud et de l’Abkhazie. Il doit être considéré en premier comme l’expression concrète de l’évolution actuelle de la situation internationale, marquée par une nouvelle course aux armements, le renforcement de la militarisation des relations internationales et la prolifération des situations de tension et de conflits armés, suscitée par les membres de l’OTAN et ses alliés en vue de dominer les zones géostratégiques importantes du globe et de contrôler l’exploitation et le transport des ressources naturelles comme le gaz et le pétrole.

Voilà longtemps que le PCP a lancé l’alerte. L’accentuation du caractère agressif au niveau mondial de l’OTAN, son extension aux frontières de la Russie, la montée de la confrontation des Etats-Unis et de l’OTAN avec la Russie et la Chine, la militarisation de l’Union européenne, la destruction de traités fondamentaux pour l’équilibre stratégique mondial comme le traité ABM [anti-missile balistique] avec l’installation du système de défense anti-missile nord-Américain à l’est de l’Europe, les menaces constantes sur des Etats souverains comme l’Iran, la persistance de guerres illégales et criminelles en Irak ou en Afghanistan, ou encore le transfert d’armements en Géorgie depuis les Etats-Unis et Israël, tous ces facteurs d’instabilité sont d’une façon plus qu’évidente à la racine du conflit actuel.

Tout en réaffirmant ses positions de principe contre les violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des Etats, pour la prédominance de la diplomatie dans le règlement des conflits, le PCP rappelle dans le même temps que c’est la Georgie, principal allié des Etats-Unis dans la région du Caucase, où sont stationnés d’importants contingents nord-Américains, dont le territoire, incluant l’Ossétie du Sud, a une valeur stratégique importante comme point de contrôle de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan, qui a engagé les hostilités militaires en attaquant un territoire où se trouvait, sous les auspices de l’OSCE et le mandat de la Communauté des Etats Indépendants, une force de stabilisation internationale composée de soldats russes, ossètes et géorgiens. Cette manœuvre n’a pas pu être décidée sans l’information et l’accord préalables des Etats-Unis. Elle illustre la politique de l’actuel gouvernement géorgien de soumission aux Etats-Unis et à l’OTAN, de militarisation croissante de la région, de recherche de conflit avec la Russie voisine, d’instigation de conflits ethniques dans la région.  

Ce conflit armé et les déclarations politiques qu il implique montrent – et servent de sérieux avertissement – la montée des dangers qu’entraîne la politique de mépris systématique du droit international et d’instrumentalisation des Nations Unies par les principales puissances impérialistes mondiales. Ils démontrent les effets concrets sur la situation internationale actuelle des précédents créés par la guerre de démembrement de la Yougoslavie et par l’incitation et de soutien militaire à la sécession du Kosovo de la Serbie. Le PCP a attiré l’attention sur ces dangers le moment voulu. Les faits confirment la validité de la revendication du PCP pour que le gouvernement portugais ne reconnaisse en aucun cas la pseudo indépendance du Kosovo.

Le PCP alerte sur les dangers d’extension du conflit à toute la région de l’Eurasie et du Moyen-Orient et sur les conséquences qu’une accentuation du bras de fer entre l’OTAN et la Russie ou toute provocation militaire dans le Moyen-Orient pourrait avoir sur la sécurité mondiale.

Il demande du gouvernement portugais de prendre position pour la défense de la paix, contre toute ingérence et pour le retrait de toutes les troupes de l’OTAN du Caucase, étape essentielle pour la détente.

Il attire l’attention pour que ce conflit ne soit pas utilisé comme prétexte à une nouvelle accélération de la militarisation de la région du Caucase, à une installation sur le territoire géorgien de forces militaires des Etats-Unis ou de l’OTAN ou à une politique d’ingérence politique ou économique et de contrôle géostratégique de la région par les principales puissances de l’OTAN.

 

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 01:07

34ème congrès. Bilan de la stratégie actuelle en terme comptable : une liquidation !

 

Notre congrès se tiendra 18 mois après le naufrage de la candidature Buffet à la présidentielle.

Il aurait semblé élémentaire que la direction, faillie, remette immédiatement ses mandats. Elle s’en est bien gardée. Pour donner le change, elle a promis un « congrès extraordinaire » pour décembre 2007 sous des formes non statutaires.

Finalement, elle a préféré prendre encore plus de précautions en le transformant en une « Assemblée nationale extraordinaire – ANE » sans base de discussion. Le projet de résolution aura en fait été communiqué trois jours seulement avant l’assemblée.

La direction a visiblement peur des communistes comme de la démocratie.

L’ANE aura quand même permis de montrer l’opposition déterminée des communistes à la remise en cause de l’existence même du parti telle que les principaux dirigeants (dont Cohen-Seat, Dartigolles, Buffet elle-même lors du CN de juin 2007 sans parler de Gayssot…) l’avaient évoqué. La fuite en avant n’a pas fonctionné. Pas entièrement, car la direction a réussi à rester en place et entend rester maîtresse de la préparation du 34ème congrès.

Elle s’efforce d’esquiver du congrès la question cruciale du bilan de sa stratégie du mutation-liquidation dont la présidentielle a été le résultat le plus marquant. Ne laissons pas faire même si 14 mois se sont écoulés !

 

Dans les lignes qui suivent, nous voulons attirer l’attention sur un aspect qui a été très peu commenté : l’aspect financier ou comment la direction du PCF a réussi à dilapider plus de 4 millions d’euros lors de la campagne.

La gravité de cette question apparaît encore plus fortement cet été alors que la direction du Parti sollicite 2 millions d’euros des communistes pour sauver l’Huma et met en location deux étages du Colonel Fabien. 4 millions d’euros, cela représente aussi par exemple le financement pendant un an de 200 postes de permanents…

La cause de la banqueroute est naturellement liée à l’orientation politique de la campagne elle-même. Après l’échec de la candidature unitaire des collectifs antilibéraux, option qui visait déjà à effacer le Parti, la candidature Buffet est présentée, presque à contrecoeur et en tant que candidature de la « gauche populaire et antilibérale ». Il faudra attendre les dernières semaines pour voir le mot « communiste » apparaître. De quoi dérouter les électeurs cherchant à voter PCF. D’autant plus que nos positions de fond, notamment par rapport aux luttes essentielles n’ont pas été mises en avant, que la candidature n’a pas cherché à s’émanciper du PS et des expériences passées, qu’elle est apparue illisible.

Mais le détail des chiffres est lui-même éloquent.

Officiellement, d’après les comptes déposés à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), la candidature Buffet a coûté 4.823.000 euros, auxquels il faudrait ajouter certaines dépenses effectuées directement par les fédérations et celles engagées pour la « candidature unique ».

Certains se sont amusés à compter le ratio euros dépensés par voix obtenue. Record absolu pour Buffet : 6,82 euros ! Besancenot : 0,61 euro ! Bayrou : 1,45 euro ! 

Sur la somme totale, seuls 774.000 euros ont été remboursés, comme à tous les candidats ayant fait moins de 5%. Comment la direction de campagne de MGB, sans que le Conseil national du PCF ait eu son mot à dire, a-t-elle pu prendre le risque d’engager une somme aussi colossale ? L’expérience des 3,37% de Hue en 2002 n’avait-elle pas suffi ? Surtout que jamais un seul sondage n’a donné plus de 5% à MGB ! Et le coût d’une très bonne campagne militante n’a rien à voir avec de tels montants !

Regardons y de plus près ! Pour une candidature qui a toujours refusé d’être une candidature communiste (au point que MGB a temporairement démissionné de son poste de secrétaire nationale), 93,1% des recettes sont provenues directement du PCF !

Le comité de campagne de la « gauche populaire antilibérale », en fait principalement l’équipe dirigeante du PCF, a donc décidé des orientations, des dépenses et a laissé les communistes régler la note. Les « partenaires antilibéraux » n’ont pas dû débourser un centime !

Le détail des dépenses montre aussi combien la campagne Buffet a tourné le dos à ce qu’est une campagne communiste, avant tout militante, de proximité, basée sur la bataille d’idée.

De l’ordre de 300.000 euros ont été dépensés en « marketing électoral » payés à des « conseils en communication ». On a pu voir le résultat : des affiches à la Benetton débilitantes. Comme si les communistes et normalement les directions qui émanent de leurs organisations n’étaient pas plus avisés que des spécialistes de la « com » pour définir le matériel politique ! Non, ils ne sont bons qu’à coller !

Le 1er poste de dépense est celui qui est le plus disproportionné : celui des « réunions publiques » qui absorbe plus de 40% du total, pas loin de 2.000.000 d’euros.

Les deux grands meetings nationaux à Paris en représentent certainement la plus grande partie, rien qu’avec le prix exorbitant des salles, le Zénith et Bercy. Combien a coûté en sus la mise en scène, les trains spéciaux pour faire venir des adhérents et sympathisants de 70 départements de France ? On entend encore Cohen-Séat se réjouir que le meeting de Bercy ait rassemblé plus de monde qu’aucun meeting depuis 1981. Mais quel est l’intérêt de payer si cher pour ne ramener que des convaincus de toute la France ? 1 électeur de MGB sur 50 était présent à Bercy !

Quel intérêt sinon peut-être d’essayer d’associer les communistes, les sympathisants les plus proches à un coulage organisé d’en haut ?

La débâcle du 1,93% n’est pas la défaite des militants ou celle du PCF exposés aux vents contraires du vote utile et du soi-disant « déclin inéluctable ». L’équipe dirigeante en porte la responsabilité accablante par ses choix politiques et la campagne qui leur a correspondu.

L’effacement du PCF, de tout ce qu’il représente, a pris sur le plan comptable un mot qui a aussi un sens politique : la liquidation.

 

PS: Seule Claude Fainzang a abordé cette question au CN d'octobre 2007 où un rapport concernait les finances. On lui a répondu que les sommes "avaient été provisonnées" avant l'élection. Sic.

 

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 01:00
Sanctionnons les fautes politiques, par Claude DEFFONTAINE, section PCF Paris 16ème

Dans une précédente intervention, j’évoquais l’incompétence des dirigeants qui d’échec en échec persistent sur des lignes politiques erronées. Depuis ce temps je constate que les débats confirment majoritairement l’attachement des communistes à leur parti avec le souci de corriger les erreurs passées mais surtout de choisir un cap à base d’affirmation de lutte des classes avec un parti à options revolutionnaires.

Ceci n’est de toute évidence pas la caractéristique de l’actuelle direction. Une contribution attire mon attention, celle de JF TEALDI, avec laquelle je suis d’accord, surtout dans ses réponses à R.MARTELLI. Il manque à mon avis un pas à franchir dans la critique de notre situation, c’est celle des sanctions des équipes dirigeantes qui nous ont menées à l’impasse. Les communistes français sont par nature disciplinés et respectent leurs responsables. Compte tenu du traumatisme vécu après 1991, beaucoup n’ont pas mesuré la gravité des choix faits sous couvert de recherche de nouvelles solutions. Aujourd’hui, la situation est éclairée par la vision que le renoncement aux valeurs de base et "collaboration" avec la social-démocratie mènent droit dans le mur.

Je ne crois pas aux modèles qu’il soient ALLEMAND ou ITALIEN mais nous pouvons analyser que les communistes avec leur culture internationaliste ont souvent les mêmes bons réflexes. Donc nos camarades ITALIENS ont bien réagi, tant mieux !! Je ne souhaite pas faire "tomber les têtes "car nous avons besoin de toutes les forces. Les têtes tomberont d’elles mêmes, qui ne se reconnaissent plus dans un parti du peuple pour le peuple. Je ne me fais pas de souci car les professionnels en politique trouveront des débouchés nouveaux. Dans les débats précédant notre congrès, il me semble important de sensibiliser les camarades à l’indispensable renouvellement des directions fédérales et nationales. Les communistes attendent des dirigeants qui dirigent sur des options claires et non des "responsables" qui se prennent la tête depuis 15 ans sans savoir ou ils vont. L’urgence de la situation en FRANCE avec les résultats de la politique sarkoziste si peu combattue par le PS est maintenant complétée par une situation internationale très grave. Dans ces conditions peut-on faire confiance à une équipe dont le credo reste l’alliance avec la social-démocratie toujours prompte à se tourner vers l’empire américain. Sensibiliser les camarades à cela me semble être la méthode pour faire prendre conscience que le parti de la résitance mérite mieux comme représentants.

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16 août 2008 6 16 /08 /août /2008 00:48

André Maurice (section PCF de Nantes) réagit à notre article sur 1968 et donne son expérience personnelle

 

1- Extrait d’intervention en Assemblée des communistes

« … Etudiant-salarié en Histoire, je pensais être de gauche. Je lisais France-Soir de temps en temps ! Les provocateurs et la démagogie de Cohn-Bendit en mars 68 bousculèrent ma culture idéaliste…

J’ai alors tout appris des communistes.

C’étaient des militants ouvriers, souvent issus de la Résistance. Ils m’ont expliqué… la place des entreprises… la classe ouvrière. Les événements avaient du sens… au travers des combats des générations. Ils m’ont parlé de la lutte des classes en France et à l’échelle internationale. Le peuple de France n’était pas seul, d’autres luttaient à travers le monde, aidés par les pays socialistes : Cuba, les peuples d’Indochine, les pays d’Afrique… A Moscou, il y a avit l’université Patrice Lumumba. Et il faudrait faire l’impasse sur le rôle de l’Union Soviétique face au nazisme, aux impérialistes, ne retenir que le stalinisme !

J’ai commencé à lire l’Humanité, Clarté… J’ai découvert un nouvel alphabet pour comprendre le monde, tout ce que la société, son système scolaire et ses médias, me dissimulait. J’ai appris le matérialisme philosophique et historique.

Je ne crois pas que ces outils d’analyse soient aujourd’hui dépassés. 

Faudrait-il en douter ?

Nos ennemis de classe nous donnent un éclairage singulier sur nos renoncements. Eux ne doutent pas de la force de nos idées… Ils redoutent pas dessus tout une progression nouvelle des peuples.

Il n’y a qu’à voir l’acharnement qu’ils mettent toujours à caricaturer les expériences révolutionnaires, à éradiquer l’espoir, l’idée même qu’une autre société est possible : l’Histoire serait terminée, les classes sociales n’existeraient plus. Le marxisme serait vidé de son contenu… or la bataille est idéologique, plus que jamais.

Faut-il les aider en rompant les amarres ?

Comme hier contre le nazisme, à l’exemple de Guy Môcquet, résistons aujourd’hui pour combattre le capitalisme. Reste à débattre de notre stratégie et de nos objectifs… et ceci demande une réflexion complémentaire… »

 

2- Entretien avec André Maurice, étudiant à Nanterre en mai 68 (dans un journal local)


Quel âge aviez-vous à l’époque, et dans quel établissement étiez-vous ?

En Mai 68 ? Je suis à 6 mois de ma majorité, alors à 21 ans. Etudiant-salarié en deuxième année d’Histoire à Nanterre-La folie… c’était le nom de la gare pour l’Université !

Qu’est-ce que le mouvement a représenté pour vous à l’époque ?

L’irruption de la politique avec un grand P, dans ma vie d’étudiant : la force des mouvements sociaux… da la jeunesse, mais aussi la puissance des syndicats ouvriers… Le silence dans la gare Saint-Lazare, tous les trains immobilisés, c’était impressionnant !

L’Histoire s’écrivait tous les jours. Des lectures également… Entre les assemblées générales, j’apprenais dans Lénine, le sens d’un mot nouveau dans l’actualité… le gauchisme !

Il faut dire que j’avais vu Daniel Cohn Bendit gifler un prof devant un amphi de 5000 étudiants… Les pratiques de la révolution culturelle chinoise de 1966 n’étaient pas loin. Cela m’avait interrogé sur le véritable rôle de ce « leader », mis en scène par les médias, puis très vite par le pouvoir.

Quels étaient les objectifs de Cohn-Bendit ?

J’ai assez vite compris que les barricades étaient un « piège à cons pour les élections »… Une nuit d’émeute, c’était des centaines de voix pour un retour à l’ordre et le triomphe électoral de la droite.

Comment le voyez vous aujourd’hui avec le recul ?

Comme une mutation de nos pratiques d’alors…politique, mais aussi culturelle, scolaire et même familiale. Ce n’était plus pareil au lycée, à la fac avec nos profs, nos parents. On osait prendre la parole…

Mai 68 met en chantier les luttes des années 70/80… La question de l’après-gaullisme allait se poser et pour certains, le remplacement du système lui-même.

Si vous ne deviez avoir qu’un seul souvenir, quel serait-il ?

Une nuit au journal l’Humanité, boulevard Poissonnière, en face du cinéma le Grand Rex. A l’époque, j’étais étudiant « catho », peu politisé… je lisais de temps en temps France-Soir !

La journée avait été rude à Nanterre… entre les CRS, les groupuscules trotskistes, maoïstes… et les étudiants communistes.

La secrétaire de leur cercle, fille de réfugiés espagnols, m’avait proposé de les accompagner à l’Huma où tous les soirs ils venaient chercher le réconfort et les analyses de leurs aînés…

C’est là que j’ai entendu le commentaire de René Andrieu, le rédacteur en chef du journal… « si nous avions appelé les ouvriers à aller sur les barricades… ce soir il y aurait eu plusieurs centaines de morts ! »

Et un slogan ?

Aucun. Il me semble que vouloir réduire Mai 68 à quelques slogans sortis de leur contexte historique, c’est participer à la caricature des évènements pour mieux les discréditer et orchestrer un mythe. D’autant que la plupart de ces slogans annoncent l’individualisme « libéral-libertaire » des futures bobos des années 90.

Que pensez vous de la volonté de Nicolas Sarkozy de « liquider » l’héritage de mai 68 ?

Ce qui me frappe dans la campagne (commerciale) de la commémoration des 40 ans, c’est précisément la dénaturation du mouvement réduit à Dany le rouge, aux grenades lacrymogènes… et à la liberté de circulation dans le dortoir des filles !

Le mouvement ouvrier et la satisfaction des revendications sont rarement évoqués !

Or la « grande trouille du pouvoir », c’est un mai 68 qui aboutisse. C’est le bouc émissaire des difficultés d’aujourd’hui !

Comme en 40, le Front Populaire était accusé de la défaite ! D’autant que la crise économique est  à nos portes et qu’il faut préparer les esprits au sacrifice des réformes, voilà l’objectif du président. Le message est clair, refaire un mai 68 ne servirait à rien d’autre qu’à développer la violence et la « chienlit » anarchiste.

Selon vous, quel est l’héritage de mai 68 ?

Pour les salariés, le droit syndical dans l’entreprise, interdit depuis 1884 ! La hausse du SMIC de 35%, le retour aux 40 heures alors que la durée moyenne était alors de 52 heures ! Et un rapport de foce avec le patronat qui rappelait 36…

Pour les étudiants et les lycéens, des élus dans le conseil d’administration et des droits nouveaux d’expression dans les établissements.

Quelle conclusion à tirer ? « La lutte paye ! Lorsqu’elle est menée dans l’unité . Ce ne peut pas être l’héritage du président ! Au-delà il me semble que l’esprit de Mai est un esprit critique sur touts choses, une organisation nécessaire pour gagner, et de la créativité dans l’élaboration de perspectives nouvelles pour transformer la société.

Quelque chose qui doit ressembler à ce qu’il y avait dans la tête d’un républicain en 1793 après l’élimination du roi ; ou d’un de la commune de Paris en 1871.

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12 août 2008 2 12 /08 /août /2008 13:01

L’unité des communistes en France passe par le PCF.

Des milliers de communistes ne sont plus adhérents du PCF. Beaucoup sont partis parce qu’ils refusent les positions de la direction suivies depuis des années et la « Mutation ». Certains ont été écartés du Parti, ne serait-ce que par l’abandon des structures de base de leur engagement, la cellule. Certains jeunes, des militants dans leur entreprise, n’ont jamais eu l’occasion de rencontrer le PCF de lutte.

Pourtant, par son passé, ce qu’il continue à représenter dans le pays, par sa théorie et son mode d’organisation historiques dont il est dépositaire, le PCF est le lieu, le repère pour l’unité des communistes. La référence au PCF, la bataille pour ne pas laisser la légitimité de ce qu’il représente à ceux de ses dirigeants qui veulent le faire disparaître, sont essentielles pour les rassembler.

Les expériences de camarades, des « groupes d’opposants », des « personnalités » qui ont tenté de se structurer en dehors du PCF nous le confirme. Malgré leurs efforts, ils n’ont capté qu’une partie minime de ce que représente le PCF. Mais dans le même temps, leur démarche a facilité le travail de destruction du PCF. L’esprit de groupes, de « chapelle » conduit en outre à la division organisationnelle mais aussi à une dispersion idéologique.

En revanche, si tous les « opposants » signataires de l’appel « nous assumons nos responsabilités » de 1999 étaient organisés ensemble dans le Parti, la direction affaiblie ne pourrait plus tenir.

Aujourd’hui, plus que jamais, le regroupement des communistes est nécessaire pour regagner l’organisation politique dont les salariés ont besoin dans les luttes. Sur la base et le respect des acquis de chacun, nous pensons que ce regroupement passe par l’engagement commun pour relever le PCF, faire vivre le plus possible de ses organisations locales sur une base de classe, combattre ceux qui tentent de le faire disparaître.

Ne leur laissons pas le PCF ! Alors même qu’ils sont désavoués comme jamais. 

Appelons les camarades, isolés, écartés à réinvestir leur parti, et donnons-nous les moyens de consolider, recréer des cellules, des sections…

Faisons du 34ème congrès une étape dans ce sens !

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