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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 11:42

IL S'AGIT DU TEXTE PROPOSE PAR LA DIRECTION SORTANTE (deuxième partie). NOUS LE PUBLIONS DANS SA VERSION  ORIGINALE DELIVREE AUX MEMBRES DU CN. POUR INFORMATION. NOS CAMARADES INTERVIENDRONT POUR EXPRIMER NOTRE TOTAL DESACCORD AVEC CETTE PROPOSITION.



DEUX FILS ROUGES DE NOTRE DEMARCHE :

-          DEMOCRATIE ET INTERVENTION CITOYENNE.

Dans tout ce que nous allons entreprendre, nous voulons mettre la démocratie, l’intervention et la participation active des citoyens au cœur de la construction du changement. Face aux dérives autoritaires et à la confiscation des pouvoirs de décision qui caractérisent les processus de mondialisation actuels, la participation des citoyens aux décisions devient une exigence universelle, une condition de la construction d’une autre mondialisation humaine et solidaire, à tous les échelons, France, Europe et monde.

Placer sans attendre cette souveraineté du peuple au centre de notre  pratique et de nos actes politiques, doit devenir une marque de fabrique de notre démarche, de notre identité communiste d’aujourd’hui.

Il s’agit d’un levier formidable, comme l’ont montré aussi bien la campagne pour le « non », que les élections municipales ou la conduite démocratique de nombreux mouvements sociaux.

 

Dans les élections municipales, l’élaboration des projets et des listes, la conduite des campagnes et aujourd’hui des gestions ont marqué cette originalité. Les élus communistes sont un point d’appui essentiel pour faire vivre cette démarche qui vise à redonner en toutes circonstances du pouvoir  aux citoyens. La conquête d’un nombre grandissant de ces élus est un de nos objectifs.

Nous chercherons à pousser en toute occasion cette démarche participative dans la vie politique, avec l’atout que constitue le fait d’être un parti de militants et d’élus sur le terrain.

-          UNITE DES EXPLOITES ET DES DOMINES.

Nous voulons aussi faire reculer en toutes circonstances les divisions qui affaiblissent le salariat et le mouvement populaire. Combattre toute forme d’exploitation, d’oppression, de domination suppose de rassembler toutes celles et tous ceux qui en sont victimes, dans la lutte pour s’en libérer.

Or, les conditions de cette lutte se sont considérablement modifiées. La mondialisation rapproche les humains en même temps que la domination capitaliste aiguise les antagonismes, divise les exploités. L’affirmation de l’individu est l’enjeu d’un affrontement sur le sens du collectif. Le renouvellement du monde du travail avec le doublement du nombre des femmes salariées depuis les années soixante et le développement du secteur des services, les nouveaux modes d’organisation du travail rendus possibles par les nouvelles technologies de l’information, l’explosion de la précarité, de la parcellisation, des emplois à temps partiels, la mise en concurrence exacerbée à l’échelle européenne et mondiale ont brouillé les repères anciens.

 

Pourtant la domination du capitalisme mondialisé est le fait d’une classe sociale, celle des grands capitalistes,  qui a conscience d’elle-même, et qui exerce son pouvoir sur l’immense majorité par des choix politiques.

 

Face à elle, il ne s’agit donc pas de courir après la « conscience de classe » telle qu’elle s’exprimait dans la culture ouvrière d’antan. En donnant à la lutte des classes son contenu contemporain,  nous voulons aider à construire l’unité de toutes celles et ceux qui ont intérêt à s’émanciper des dominations actuelles, la conscience de leur intérêt commun à partir de leurs différences de situation – ouvriers, employés, femmes et hommes salariés de toutes catégories, précaires, intellectuels, travailleurs sans papiers, sans-emploi, paysans, étudiants, retraités –, de leurs engagements multiples, de l’affirmation de leurs aspirations à l’autonomie et à l’épanouissement individuel. C’est un nouveau défi, quand tant de salariés estiment, parfois pour le regretter, que leur avenir se construira non pas avec les autres, mais contre les autres ou tout au moins en se protégeant d’eux.

 

 

 

UN DEBAT INDISPENSABLE SUR LES GRANDS AXES DE TRANSFORMATION

La réussite du changement passe par  une confrontation d’idées et de projets,  publique, permanente, exigeante, dans la population comme entre les forces sociales et politiques. La question des moyens, des ruptures  auxquelles il faudra procéder pour  parvenir à changer réellement la vie dans le monde tel qu’il est, des réformes structurantes auxquelles la gauche ne pourra se dérober est incontournable. Pour les forces de gauche, ne pas affronter ce débat, c’est miner leur crédibilité, car c’est sur cette question que bute le changement.

Voilà pourquoi nous mettons en débat trois grands axes de transformation que nous jugeons nécessaire. Ces réformes sont à nos yeux des issues possibles aux immenses blocages du système actuel, des alternatives à ses logiques destructrices. Ce n’est donc pas une perspective lointaine que nous remettons  à plus tard,  encore moins un idéal inaccessible. Nous savons qu’une société ne se transforme pas d’un bloc. Nous voulons faire avancer des changements ici et maintenant.

 

Quels sont à nos yeux les trois grands axes de changement incontournables ?

 

1.      UN NOUVEAU MODE DE DEVELOPPEMENT.

Notre projet, c’est d’abord dans tous les domaines la promotion d’un nouveau mode de développement, qui soit à la fois durable, soutenable, renouvelable sur le plan écologique ; générateur de nouvelles solidarités sociales, d’épanouissement individuel et d’émancipation humaine ; démocratique et citoyen sur le plan politique, dans la gestion des villes comme des territoires, dans celle des lieux de production comme de consommation et de services.  

Cela suppose notamment de promouvoir :

-un véritable droit à la qualité de la vie, qui s’affirme dans un rapport plus accessible, plus équilibré, plus raisonnable, plus maîtrisé avec la nature ; dans la protection de grands biens communs de l’humanité comme l’eau ou l’énergie des dérives de la marchandisation ; dans un droit à la ville et à des territoires solidaires, qui englobe la qualité du logement, de l’urbanisme, des transports, des équipements scolaires, culturels, de santé, de loisirs, des espaces verts, la qualité de l’air, de l’eau, de l’urbanisme ; dans une autre conception de la consommation, moins inégale, plus responsable socialement, moins soumise à la rentabilité ; dans une alimentation de qualité appuyée sur des agricultures respectueuses des territoires.

- un nouveau mode de production, avec de nouveaux pouvoirs pour les salariés, un nouveau type de croissance (et non la décroissance) qui repense les contenus de celle-ci : comment produire, en faveur de qui et pour répondre à quels besoins ? Une politique industrielle et énergétique qui, appuyée sur une grande politique publique de recherche, mette l’innovation au service de productions nouvelles, utiles socialement, capables de relever les défis d’un développement écologique, plus économe en énergies et en ressources.

- une société de partage informationnel qui diffuse les savoirs et les cultures, favorise la diversité, l’échange, la mise en commun, libère les capacités créatrices des individus ; une société qui réhabilite la science et le progrès des connaissances en assurant sa maîtrise sociale effective.

- de nouvelles solidarités de progrès social, qui fassent reculer les inégalités, n’opposent pas les salariés entre eux, mais soient construites sur des droits, garantis pour tous, tout au long de la vie à l’emploi, à la formation, à de bons salaires, au logement, permettant par l’accès au savoir et à la culture le développement des capacités de chaque être humain.

-une conception du travail  débarrassée de ses aliénations, qui fasse reculer les précarités et les inégalités, favorise les créativités, reconnaisse les qualifications, où les travailleurs retrouvent du pouvoir sur la conception et la finalité du travail. 

-une protection sociale étendue à tous les âges de la vie, de la naissance au grand vieillissement, qui assume l’accès de tous aux progrès de la santé comme un choix de civilisation partagé ; une reconnaissance nouvelle des droits de la jeunesse à l’autonomie dans l’accès  à la formation, au logement, à l’emploi, à la culture  dès  la sortie du système éducatif secondaire.

-des financements nouveaux et élargis pour tous ces progrès sociaux qui mettent à contribution la masse croissante des capitaux et des revenus financiers et favorisent ainsi leur réorientation vers le développement humain.

-une maîtrise sociale et démocratique des marchés, comme outil essentiel d’un nouveau mode développement.

Cette nouvelle maîtrise publique des marchés, aujourd’hui dominés par le capitalisme financier, est une condition d’un mode de développement respectueux des droits sociaux et des défis écologiques. Cette maîtrise passe notamment :

-une autre gestion de la production et du marché des biens de consommation courante, donnant des droits de regard et des pouvoirs d’intervention aux salariés dans les entreprises et aux consommateurs dans la cité.

-une appropriation publique et sociale des biens communs de l’humanité,   une maîtrise publique du développement avec une conception étendue, renouvelée et démocratisée de pôles, de services et d’entreprises publics.

-un marché du travail où domine progressivement la sécurisation des parcours d’emploi et de formation, à l’opposé de la précarisation actuelle, allant progressivement vers un dépassement des aliénations du salariat actuel.

-une maîtrise publique des marchés financiers, du crédit et de la monnaie, avec notamment la création de pôles publics bancaires et de fonds d’investissements publics décentralisés, et une bataille acharnée pour réorienter l’action de la BCE.

 

2.      UNE SOCIETE DE LIBERTES, UNE DEMOCRATIE PARTICIPATIVE

-Libertés, égalité, fraternité

Notre projet, c’est celui d’une société d’individus libres, autonomes et solidaires entre eux. Nous ne voulons ni d’une société de caserne, ni d’une  jungle où règne le chacun pour soi.

Nous croyons à l’initiative et à une créativité libérée. Nous croyons à la pleine égalité des droits et refusons toutes les dominations.

 Nous voulons mener de front combat anticapitaliste et combat féministe. Nous agissons en faveur d’une égalité réelle pour les femmes fondée sur des conquêtes nouvelles pour leur émancipation, sur de nouveaux droits, de nouveaux rapports entre les femmes et les hommes, loin de la logique de domination patriarcale pesant sur leur vie publique ou privée.

Nous croyons à la diversité et refusons toutes les discriminations. Nous croyons à la fraternité et refusons tous les racismes. Nous croyons à la culture, à son potentiel d’émancipation, d’ouverture à l’autre et refusons toutes les censures. Nous croyons aux potentiels de la révolution numérique et informationnelle qui peut mettre en partage les savoirs, la culture et l’information, et refusons les prétentions capitalistes à les enfermer dans les logiques de marchandisation.

Nous croyons à une société de libertés, au respect des individus, de leur dignité parce qu’elle est le chemin d’une émancipation  partagée.

-Des pouvoirs nouveaux pour une démocratie citoyenne et participative

Notre projet, c’est l’exigence démocratique poussée jusqu’au bout. Nous refusons la présidentialisation et la pipolisation de la vie politique, les dangers de pouvoir personnel qu’elles comportent. De surcroît, à l’heure du progrès des connaissances, de la diffusion des savoirs et de la circulation accélérée de l’information, ce sont des conceptions archaïques. Nous refusons aussi que les salariés continuent d’être exclus des principaux pouvoirs de décision économiques au profit d’actionnaires tout-puissants qui se moquent de l’intérêt général.

Révolutionner la démocratie, c’est promouvoir trois grandes réformes :

-la démocratisation de nos institutions, de nos modes d’élection, du rôle du Parlement, de l’élaboration des lois ; la création d’un statut de l’élu qui permette dans toutes les assemblées élues de démocratiser l’accès à la fonction d’élu et de revaloriser son rôle.

-la promotion à tous les niveaux  d’une démocratie participative dotée de réels pouvoirs d’intervention accessibles en permanence à tous les citoyens .

-la création d’une véritable démocratie sociale qui développe de nouveaux droits et pouvoirs pour les salariés et leurs syndicats dans les entreprises et les territoires, qui repense  le rôle et la responsabilité des entreprises dans l’intérêt général. Il s’agit d’engager un processus de démocratisation sociale et économique d’ensemble qui mette en cause la concentration des pouvoirs dans les mains d’actionnaires, de fonds, de puissances financières toujours plus importants et toujours plus éloignés du contrôle démocratique.

Ces trois grands axes de démocratisation doivent être poussés jusqu’au niveau des institutions et des pouvoirs de l’Union européenne, ainsi qu’au niveau des grandes instances internationales.

 

3.      REFONDER L’EUROPE ET CHANGER LE MONDE

-Changer l’Union européenne en profondeur, en refonder les principes.

Notre projet, c’est celui d’un changement de cap très profond des politiques et de la conception de l’Union européenne, jusqu’à la mise en chantier d’un nouveau traité fondateur de l’Union européenne.

Les forces politiques qui ont piloté les traités successifs de l’Union, en l’enfonçant dans un processus néo-libéral et atlantiste, ont conduit la construction européenne dans une impasse. Les « non » français, néerlandais, et irlandais attestent d’une véritable crise de légitimité des choix actuels. Le traité de Lisbonne est caduc et les dirigeants actuels ne sont porteurs d’aucune réponse réelle durable à cette situation. Ils verrouillent le débat, au risque de nourrir le  rejet pur et simple de l’idée européenne.

Pourtant, le besoin d’Europe , d’une construction donnant des atouts à chacun des peuples pour faire face aux nouveaux enjeux du monde, leur apporter des réponses est pressant. Les politiques actuelles de l’Union sont un verrou pour le changement, mais obtenir leur réorientation, créer de nouveaux rapports de force à ce niveau, pourrait en faire au contraire un levier pour le changement.

Des luttes nouvelles expriment ces besoins et se développent. La convergence des forces de transformation n’a rien d’automatique. Les coordinations syndicales se renforcent. Le travail de la GUE au Parlement européen, du PGE qui regroupent désormais vingt partis et 11 autres observateurs sont des cadres précieux que nous voulons développer. Nous voulons agir dans la durée et à une échelle nouvelle, en lien avec toutes les forces européennes qui le souhaiteront.

De premiers objectifs rassemblent que nous voulons pousser, contre la généralisation des précarités et des dérégulations sociales, pour de nouvelles sécurités et droits sociaux ; pour une Europe de paix, contre les logiques de guerre et d’Otanisation ; contre la directive de la honte ; pour une profonde démocratisation de la conception de l’Union et de ses institutions.

Au-delà, la crise de légitimité actuelle, inédite dans l’histoire de la construction européenne, confère une grande responsabilité au PCF et aux autres forces disponibles pour ce combat en France et en Europe, pour reconstruire l’ambition d’une Europe démocratique, sociale et pacifique, et initier dans ce sens une bataille de longue haleine pour la mise en chantier de grands principes d’un nouveau traité fondateur. Cela suppose d’imaginer des formes d’implication citoyenne inédites dans chaque pays et à l’échelle de l’Union sur ces enjeux européens.

Les élections européennes de 2009 seront l’occasion d’amplifier cet effort.

 

-Un monde solidaire pour garantir la paix

Dans chaque domaine, il devient désormais indispensable d’agir du local au mondial. Les batailles contre les délocalisations, pour faire de l’eau un bien commun sont des exemples éloquents de ces liens nouveaux entre toutes les échelles de batailles.

Paix et développement sont désormais les deux faces d’un même combat, car inégalités de développement, concurrences exacerbées, logiques impériales et rivalités de puissance fournissent les ingrédients permanents d’un dangereux cocktail fauteur de guerres.

Nous voulons unir contre les logiques de guerre, pour une solution  durable au conflit israélo-palestinien, pour la relance du combat pour le désarmement, pour la transformation des grandes institutions internationales, la promotion de maîtrises publiques et collectives et de principes de multilatéralisme à l’opposé des stratégies prédatrices, unilatérales et hégémoniques du capital.

 

ETRE A L’INITIATIVE POUR DE NOUVELLES DYNAMIQUES POLITIQUES A VOCATION MAJORITAIRE

Mettre en débat les grandes transformations nécessaires et se donner les moyens politiques de leur réalisation sont les deux faces d’un même problème. Pour favoriser de nouvelles dynamiques populaires, ne pas laisser les forces sociales et politiques de gauche dans le désarroi où elles se trouvent, des initiatives politiques s’imposent.  Nous proposons d’agir dans les directions suivantes :  

 

-AMPLIFIER TOUTES LES RIPOSTES   

Face à un  pouvoir et un patronat qui frappent aussi brutalement contre le monde du travail, et qui parient sur le découragement des forces de résistance, la première des exigences est de rendre espoir à notre peuple, donc ne pas laisser le gouvernement et le patronat poursuivre leur travail de destruction, de ne pas banaliser la moindre atteinte à la dignité de notre peuple,  la moindre injustice, la moindre remise en cause de nos libertés et de nos avancées sociales.

 

Amplifier toutes les ripostes, jusqu’à les rendre victorieuses, est la première des exigences auxquelles nous voulons consacrer toutes les forces du Parti communiste, de ses militants, de ses élus. En favorisant les mobilisations et les rassemblements les plus larges, nous voulons arracher toutes les améliorations possibles  et  remettre en cause l’orientation ultralibérale que veulent imposer Sarkozy et le Medef.

Riposter, c’est faire face à la domination idéologique de la droite, d’autant que ce matraquage fait des dégâts et qu’une partie de la gauche fait sienne les idées de renoncement. C’est le sens de notre campagne « la Bourse ou la vie », que nous voulons amplifier, parce qu’elle lie les questions les plus quotidiennes, comme le pouvoir d’achat, aux racines de la domination financière. C’est une campagne essentielle, à partir de laquelle nous voulons intervenir sur toutes les questions, du local au mondial, en démasquant la réalité du raisonnement ultralibéral et en portant nos propositions alternatives.

Comme parti politique, nous considérons que la responsabilité des partis de gauche est directement engagée. La passivité ou le sectarisme, alors que la droite charge sabre au clair, sont des éléments favorisant le découragement au sein du mouvement populaire, ouvertement visé par le pouvoir actuel. Nous agissons et nous continuerons d’agir pour que la gauche soit un des acteurs de la résistance à cette offensive destructrice.

Pour notre part, nous considérons que le plus grand nombre d’hommes et de femmes de progrès doivent pouvoir agir ensemble, et que tout doit être fait pour rassembler dans la riposte les citoyens, les salariés, les intellectuels, les forces politiques et sociales qui le souhaitent. 

 

-DES CONSTRUCTIONS MAJORITAIRES POUR LE CHANGEMENT.

Nous le savons, de la seule riposte, pourtant indispensable, ne découlera pas le rassemblement sur des choix politiques alternatifs. Il faut s’atteler, à l’appui de ces luttes,  à cette construction en sachant  qu’elle n’a d’avenir qu’en intégrant dans le  contenu même de son élaboration, l’objectif d’être portée et garantie par une dynamique populaire majoritaire.

Des leçons de nos expériences passées.

Cette dynamique est celle d’un mouvement populaire qui prend conscience des obstacles qui se dressent devant lui pour les lever, assume le caractère pluraliste de cette construction et en arbitre les débats. « Primauté au mouvement populaire », avons-nous affirmé depuis les années 80, après l’échec d’alors de  l’union de la gauche, et de son gouvernement auquel nous avions participé.

Aujourd’hui, il nous faut tirer les leçons de nos tentatives successives pour permettre une réelle  appropriation populaire des objectifs et des conditions du changement, expériences qui nous ont fait éprouver la très grande difficulté de ce défi. Nous avons en effet beaucoup tenté depuis vingt ans, dans un contexte il est vrai très difficile, marqué par la vague néolibérale qui a bouleversé le champ politique, emporté une partie de la gauche et décrédibilisé la politique elle-même. Nous avons changé beaucoup de nos conceptions et de nos pratiques, mais aussi tâtonné et commis des erreurs. Nous n’avons pas toujours accordé cette « primauté «  à nos actes et à nos décisions politiques

 L’expérience de la gauche plurielle a ainsi été marquée à plusieurs reprises par une surdité de notre part vis-à-vis du mouvement social et progressiste. L’expérience du rassemblement antilibéral, après la victoire du « non », a été marquée à chacune de ses étapes par un rétrécissement de sa représentativité dans le peuple de gauche. La dynamique populaire a largement fait défaut. Nous n’avons pas su prolonger la dynamique de 2005 en proposant, immédiatement après la victoire du « non », un objectif, un cadre et une méthode susceptibles d’éviter la confusion qui a marqué l’échec de cette tentative. Confusion nourrie par des divergences entre plusieurs des composantes de ce rassemblement et  notre parti sur les finalités mêmes de cette construction.

A l’inverse, le formidable travail citoyen lors de la campagne du « non »,  notre travail sur les listes et les projets municipaux ont mis en évidence l’efficacité d’une démarche d’appropriation populaire réussie. Nous tirons notamment de toutes ces expériences une conviction renforcée que rien n’est plus efficace que de mettre l’essentiel de nos efforts au service de l’intervention populaire et citoyenne. Et que la condition première en est de ne jamais perdre ou laisser s’amoindrir notre pleine autonomie d’expression et d’action.

 

La crise d’alternative à gauche.

C’est donc par un processus démocratique d’amplification de l’intervention du peuple, des citoyennes et des citoyens, favorisée par un effort constant et des initiatives politiques de notre Parti que nous voulons recréer les conditions d’une alternative de changement, du rassemblement de la gauche sur un projet de transformation mobilisateur. Notre objectif demeure une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche porteuse de grandes réformes transformatrices.

Aujourd’hui, cela paraît inaccessible. La crise et les divisions de la gauche sont une des forces du pouvoir sarkozyste, qui s’emploie d’ailleurs à les aggraver. Alors que les élections locales de mars 2008 ont été un succès pour elle, une victoire de la gauche aux élections nationales demeure improbable, tant la crise d’alternative que vit la gauche est patente. Et cela concerne toutes les forces de gauche, dont aucune ne peut prétendre à elle seule reconquérir le pouvoir.

Chaque force est confrontée à ce défi. La conversion définitive du PS au social-libéralisme est ouvertement revendiquée en son sein, mais ce choix social-libéral, l’alliance avec le centre, seraient des impasses. Ils décrédibiliseraient encore la perspective de changement, boucheraient la voix au rassemblement des forces de gauche (pour le Parti communiste, la participation à des majorités ou des gouvernements est impossible si cela ne permet pas des améliorations réelles dans la vie de notre peuple), et rendraient hautement improbable la victoire sur une droite mobilisée et rassemblée.

Le Parti communiste refuse et refusera cette voie du renoncement. Sous cette variante du social-libéralisme. Ou sous celle de sa contrepartie d’extrême gauche qui, en affirmant que le débat est clos, qu’aucun effort ne rendra possible un rassemblement de la gauche, ferme par avance la porte à toute perspective de changement.

Nous sommes pleinement conscients de la très grande difficulté que nous rencontrons nous-mêmes face à cette question de la crédibilité d’un rassemblement majoritaire des forces de gauche rendant possibles de réelles transformations. Sinon comment expliquer que les électeurs nous aient placés au plus faible niveau électoral de notre histoire lors de la présidentielle de 2007 ?

Mais il n’est pas vrai que la question soit tranchée. Le peuple de gauche a fait la victoire du non en 2005. Son vote lors des élections locales de 2008 et tant de luttes où se retrouvent  des hommes et des femmes de toutes les sensibilités de la gauche témoignent de la persistance des valeurs de gauche, et d’une critique croissante du libéralisme, même à l’heure de la confusion des repères. Nombreux sont celles et ceux, y compris dans l’électorat socialiste que les débats et les évolutions actuels du PS désarçonnent, qui souhaitent un projet combatif et audacieux.

Voilà pourquoi nous parions sur leur intervention, la relance d’un débat de projet mieux ancré dans les enjeux contemporains, la confrontation d’idées, la ténacité dans la volonté de rassemblement de toutes celles et ceux qui souhaitent amorcer de nouvelles dynamiques, refaire émerger du neuf à gauche.

 

-UNE GRANDE INITIATIVE DE RASSEMBLEMENT

Notre démarche suppose donc une construction populaire permanente, pour discuter, élaborer et porter des projets de changement jusqu’à leur réussite ; une construction unitaire permanente avec des cadres, des fronts, des alliances adaptés aux contenus portés et aux échéances affrontées ; la volonté continûment affichée d’inscrire ces constructions dans le cadre d’une transformation durable de la société et du monde.

C’est pourquoi nous  proposons d’ouvrir dans la durée un cadre de débat et d’élaboration politiques inédit : de créer partout où c’est possible, dans les quartiers et sur les lieux de travail,  dans les ripostes engagées, des lieux de rencontre où, quelques soient leurs formes,  les citoyens, les salariés, avec toutes les forces politiques et sociales qui le souhaitent, avec des intellectuels, des créateurs, les acteurs du mouvement social, puissent se rencontrer, s’informer, se confronter et construire ensemble les fronts les plus larges possibles visant des objectifs politiques précis. Il s’agirait de travailler à faire naître une véritable dynamique politique nationale d’élaboration d’un nouveau projet politique de transformation.

Ces espaces pourraient prendre des formes diversifiées, évoluer en fonction des besoins et des possibilités du processus initié. L’essentiel, c’est leur objectif : animer en permanence une dynamique populaire et citoyenne la plus large possible pour construire les réponses aux questions posées, dans la vie, par les luttes sociales et démocratiques : quelles réformes une politique, des institutions, un gouvernement de changement devraient-ils promouvoir ? Et les imposer dans le débat politique.    

Ces espaces doivent devenir le lieu d’un véritable bouillonnement démocratique où toutes les idées visant au changement pourront s’exprimer et se nourrir les une les autres. Et où celles et ceux qui le souhaitent pourront prendre ensemble des initiatives politiques (de travail, de luttes, de débat et de batailles d’idées, d’éducation populaire…) et créer pour cela les formes (comités populaires, collectifs, fronts…) permettant de les mener à tous les niveaux, du local au national et au-delà, avec l’objectif de faire grandir des exigences et de gagner.

Pour y contribuer, le Parti communiste proposera et prendra lui-même les initiatives permettant aux formations de gauche d’exposer et de confronter leurs analyses et leurs objectifs, les points communs et les différences, et aux citoyens d’apporter à ce débat et de contribuer à ses évolutions.

L’ambition est celle de la construction progressive d’un Front populaire et citoyen qui pourrait lier le développement de cette dynamique citoyenne et l’objectif d’une union de forces politiques de gauche susceptibles de prétendre construire dans notre pays une majorité de changement.

Ce processus impliquerait des étapes, des rendez-vous qui devront être définis pour mesurer l’avancement de ce travail et lui donner de nouvelles impulsions.

Dans cette démarche, nous pensons que ni l’action des forces politiques représentatives, ni la dynamique citoyenne et populaire – liées par leur objectif, mais autonomes l’une de l’autre – ne doivent être chapeautées par quelque cartel que ce soit. Les partis qui le veulent concourent – et c’est notre choix – à faire vivre ces lieux de citoyenneté , à donner toute l’ampleur possible aux fronts d’idées et de luttes qui s’y forment.

Ce travail politique n’est pas pré-déterminé par la question des alliances ou des fronts électoraux, car ce serait réduire à tout moment le champ des acteurs visés par cette démarche, et du même coup la portée de cette démarche.

En revanche, il sera nécessaire de prendre en permanence les initiatives politiques unitaires, d’alliances les plus adaptées, en sachant que notre autonomie, comme celle largement revendiquée des autres acteurs sociaux et politiques, doivent être vécues comme des atouts et non des handicaps.

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 10:44

-LES ELECTIONS EUROPENNES DE 2009

Toute notre bataille pour le changement se joue désormais à la fois à l’échelle de notre pays, de l’Europe et du monde. Les élections européennes doivent être l’occasion de mettre en avant nos ambitions de changement et rassemblement à l’échelle de l’Union.

 Nous pourrions pour cela mener une campagne véritablement européenne, tant dans son contenu que dans la composition des listes, en les composant comme une liste nationale avec des acteurs et des actrices des mouvements sociaux et démocratiques de France et d’Europe, et en coopération avec des partis progressistes de toute l’Europe, du PGE et du groupe de la GUE au -Parlement européen.

-UN NOUVEL INTERNATIONALISME

Face au capitalisme mondialisé, les résistances et les forces alternatives ont besoin elles aussi de d’une vraie dynamique de rassemblements et d’action collective. Nous devons là aussi changer d’échelle. Nous tiendrons à Paris les 15 et 16 novembre une initiative internationale pour réfléchir aux conditions et aux objectifs d’un internationalisme de nouvelle génération. Il s’agit dorénavant avec toutes les forces politiques et sociales engagés dans des luttes contre les dominations de créer des passerelles, de construire ensemble des perspectives, des réponses concrètes, des actions communes ou convergentes.

Les luttes nationales ne sont pas épuisées, loin s’en faut. Le non français l’a montré. En Amérique latine les changements politiques se construisent pays par pays. Mais rapprocher ces forces  au plan mondial, c’est incontestablement se doter d’atouts indispensables pour ouvrir la voie à des changements progressistes  dans la durée.

******************

 

L’AVENIR DU PCF

 

Faut-il, dans ces conditions et avec de telles ambitions, repenser l’avenir du PCF ? Cela nous paraît incontournable. Et si nous voulons le faire de manière efficace, c’est en lien direct avec les exigences du monde actuel et du projet tel que nous le définissons aujourd’hui.

La première des questions à se reposer est simple : faut-il une force politique pour animer ce combat ? Nous le pensons. Penser les bouleversements du monde, quand tant de forces veulent enfermer cette pensée ; faire de la politique une grande affaire populaire et citoyenne quand tout est fait pour éloigner le plus grand nombre de nos concitoyens de la politique ; élaborer des idées d’émancipation quand tout est fait pour les discréditer ; unir des forces de transformation susceptibles de porter un projet politique quand tout est fait pour les diviser, les opposer ; construire des majorités de changement quand l’état de la gauche donne le sentiment que c’est impossible…tout cela appelle une organisation, un parti qui mette en commun et rende efficace l’énergie de toutes et ceux qui veulent contribuer à cette construction.

Dire le besoin de cette force dans les conditions d’aujourd’hui ne suffit pas. Les questions que nous nous posons sur l’avenir de notre parti sont de même ampleur que celles qui nous poussent aujourd’hui à repenser le monde, l’espérance révolutionnaire, les processus de changements, la place qu’ils doivent faire à l’intervention populaire. Nous aussi, nous devons changer d’époque.  

Crise de projet, crise de la politique, crise du communisme… pour relever ces défis, il nous faut aussi nous révolutionner, pour construire, à partir du meilleur de ce que nous sommes, une force porteuse d’avenir, identifiée à un projet d’émancipation du XXIème siècle, unie sur ce projet, une force dynamique, capable de mettre sa créativité politique au service de l’intervention populaire,  de larges rassemblements à vocation majoritaire, ouverte à toutes celles et ceux qui souhaitent s’engager dans ce combat.

Le PCF est-il cette force ? Doit-il se transformer ? Ou faut-il s’engager dans la création d’une autre force politique? Ces questions ont fait l’objet de nombreux débats depuis l’élection présidentielle. Le PCF dispose d’atouts indéniables, d’acquis précieux, que nous ne voulons pas perdre. Il est une force qui compte. Mais son affaiblissement des trente dernières années  montre combien il lui faut se renouveler pour que des millions de nos concitoyens, et notamment la jeunesse, reconnaissent en lui cette force.

Pour répondre aux défis de changement qui s’imposent à nous, nous faisons donc aujourd’hui  un choix : engager de profondes transformations de notre parti pour devenir cette force. La voie de transformations du PCF nous apparaît plus féconde que celle de la recherche de la constitution d’un autre parti aux contours incertains. Certains vont parmi nous jusqu’à parler d’un processus de métamorphose. Pour l’heure, l’important est de s’accorder sur la nature des évolutions nécessaires. Elles pourraient prendre plusieurs directions.

 

Un choix communiste du XXIème siècle.

Nous devons affronter à ce propos une contradiction évidente. Nous pensons que le communisme doit continuer d’être une référence  fondamentale de notre action. Le communisme politique a beaucoup apporté aux combats d’émancipation dans notre pays, et surtout les valeurs de mise en commun, les nécessités objectives de dépassement des exploitations, des aliénations et des dominations  prennent de l’actualité avec les évolutions du monde actuel. Notre visée, repensée à l’aune des enjeux contemporains, conserve toute son actualité.

Mais il nous faut en même temps reconnaître la « crise du communisme » qui brouille fondamentalement notre image. Il ne paraît pas possible de contester les éléments objectifs et subjectifs de cette « crise », notamment : l’échec tragique des expériences qui se sont réclamées du communisme au XXème siècle ; le poids persistant du rapport qui a été le nôtre avec le modèle soviétique ; l’écart considérable qui sépare notre vision du communisme d’expériences, d’ailleurs elles-mêmes fort différenciées, qui s’en réclament aujourd’hui ; les difficultés politiques que connaissent aujourd’hui les partis communistes partout dans le monde, et leur grande hétérogénéïté.

Assumer notre choix communiste aujourd’hui, à partir d’une analyse renouvelée et actualisée du monde, nous renvoie donc au besoin impérieux de confronter ce qui est à dépasser, et ce qui est en train d’émerger pour faire vivre une conception neuve du communisme, en somme une espérance révolutionnaire en prise avec les réalités et les aspirations de notre temps.

Nous devons faire beaucoup plus pour donner sens à notre projet contemporain,  sans en rester aux mots, pour au contraire leur donner du sens dans leur pleine actualité ; pour rendre visible au plus grand nombre, notamment aux jeunes, que la continuité de notre choix s’accompagne de ruptures, fondatrices d’une nouvelle conception du communisme, que nous ne nous reconnaissons dans aucune expérience, passée ou actuelle, qui niait ou nierait les droits de la personne, ne serait pas fondé sur le respect de toutes les libertés fondamentales et la volonté de développer la démocratie comme ressort du développement humain.  Tant que notre démarche communiste ne sera pas perçue pour ce qu’elle est aujourd’hui, mais restera collée aux images du passé, notre combat sera handicapé. Nous devons changer notre image, notamment en nous engageant  à retravailler les symboles qui nous identifient dans la société, et qui pourraient mieux donner à voir le communisme du XXIème siècle qui est le nôtre.

 

 

Un parti ancré dans les enjeux contemporains et le débat d’idées.

De l’analyse du monde que nous esquissons aujourd’hui découle une exigence : il nous faut reprendre avec une vigueur renouvelée et avec constance un travail d’analyse, un effort théorique pour comprendre les bouleversements du monde, saisir ses contradictions. Le mouvement populaire a besoin d’une pensée  créative, imaginative, en perpétuel mouvement. Nous devons y contribuer en faisant de la confrontation d’idées un atout. La pertinence de notre projet est une condition de notre efficacité. L’actualisation de notre projet, son ancrage dans les enjeux contemporains  suppose un éveil permanent aux réalités émergentes, aux innovations, une culture de travail, de débat, de confrontation d’idées, une ouverture résolue à toutes les énergies intellectuelles et militantes qui veulent penser les enjeux de dépassement du système capitaliste.

Nous devons traduire cette volonté politique sans tarder en actes, en repensant progressivement les lieux et les outils de ce travail théorique et intellectuel permanent, en donnant à voir cette ambition  dans la société, en étant beaucoup mieux un lieu où se confrontent toutes les pensées émancipatrices, celles issues de la pensée de Marx, qui nous a fondée et connaît aujourd’hui un renouvellement important dans le monde, et toutes celles qui émergent dans les bouleversements de la pensée et du monde actuels. Ce bouillonnement doit aller de pair avec une meilleure mise en commun des expériences militantes pour construire du savoir et de la pensée.

Nous devons dans le même esprit répondre à la demande d’un travail de formation militant beaucoup plus exigeant. Nous restructurons pour cela un dispositif de formation moderne et adapté à tous les niveaux du Parti.      

 

 

Une force d’action et d’intervention populaire et citoyenne

Pour placer la démocratie, l’appropriation populaire des objectifs et des conditions du changement, les efforts de rassemblement au cœur de notre projet politique, toute notre activité doit être prioritairement tournée vers la mise en mouvement de l’intervention populaire. Parti d’action, impliqué dans la construction des luttes, nous voulons aider cette intervention à se déployer comme mouvement politique. Cela implique un effort de créativité et d’ouverture sur des formes de l’engagement politique dans la société d’aujourd’hui , plus participatives, plus démocratiques, plus diversifiées.

Et parce que nous faisons de  la politisation citoyenne une clé du changement, nous voulons recréer une activité d’une tout autre ampleur dans les entreprises et dans un très grand nombre de quartiers populaires où elle fait gravement défaut, en cherchant à mieux comprendre pour y parvenir les potentiels mais aussi les obstacles nouveaux qui se dressent devant cet objectif. La coordination de notre travail dans ces lieux, entreprises et quartiers populaires, devra être réorganisée et mieux impulsée.       

Tout cela signifie également que nous devons tourner davantage le fonctionnement de toutes nos structures vers l’aide à la créativité et au rayonnement militant de chaque adhérent et de chaque élu : dans leurs lieux de vie et d’activité, dans les structures de proximité ou les réseaux dans lesquels ils agissent, dans les territoires dans lesquels ils sont ancrés.  Nous devons   donner à chacune et chacun les moyens de déployer une action politique qui nourrisse l’action, le débat de propositions, le rassemblement du plus grand nombre.

En retour, l’élaboration de nos orientations doit donner à une grande place à leurs réflexions, à leurs suggestions, à la confrontation et à la diffusion de leurs expériences. La mise en commun de cette activité sans cesse démultipliée doit être sensiblement renforcée pour permettre de lui donner force, sens et efficacité. Les différents échelons de coordination, départemental, régional, national doivent mieux jouer leur rôle en ce sens, en s’appuyant davantage sur la richesse de l’expérience militante.  Les collectifs de travail du Conseil national notamment doivent s’attacher à toujours mieux associer l’ensemble du potentiel créatif militant dans sa diversité d’expériences, veiller à ce que ces expériences et leurs productions soient mises à disposition de tous. Des nouveaux outils de circulation de l’information doivent être mis en place pour cela.

 

 

Une force ouverte et renouvelée.

Devenir le parti porteur de ce projet, c’est devenir un parti bien plus large en nombre et en diversité de forces militantes. Cela ne va pas de soi. Il nous faut décider de donner à cette ambition le sens d’une initiative politique majeure, visible dans la société, en ouvrant le Parti communiste aux femmes et aux hommes de gauche qui cherchent les voies d’un combat plus efficace, aux salariés dans leur diversité d’aujourd’hui, à toutes celles et ceux qui veulent transformer l’ordre actuel sans avoir forcément la même histoire, les mêmes références, la même culture que nous, et en faisant en sorte que ces adhérentes et ces adhérents se sentent pleinement à l’aise dans un parti qui les respecte à égalité avec tous les autres.          

Ouvrir et renouveler  le parti, c’est aussi donner la pleine mesure de notre engagement féministe,  que ne subordonnons plus au combat anticapitaliste. Etre vraiment un tel parti, c’est rompre en notre sein avec un modèle et des pratiques  issus d’une époque où les femmes étaient minorées, voire absentes de la représentation politique, sans parité. La fragilité de nos progrès en la matière doit nous tenir en alerte.

Le parti pris de la jeunesse.

Nous devons décider d’engager un travail d’ampleur, durable, visible avec la jeunesse, qui cherche les voies d’un engagement politique renouvelé, que nous pouvons aider à faire émerger mais qui ne se fera pas sans leur implication directe. La jeunesse précarisée, la jeunesse des quartiers populaires, le jeunesse lycéenne et étudiante sont à la fois très proches des engagements qui sont les nôtres et très éloignés de nos traditions d’engagement politique.  Ce doit être un axe prioritaire du renouvellement et de transformation du parti communiste.  

Un parti impliqué dans la gestion

Le dévouement  et la proximité de nos élus sont reconnus. Mais leur principal atout est de parier sur des conceptions démocratiques renouvelées de l’intervention citoyenne et de l’exercice de leur mandat. C’est un atout indispensable au moment où les contradictions entre exigences de changements et contraintes financières qui encadrent les politiques publiques ne cessent de se resserrer. En ce sens, les élus tiennent une place essentielle dans notre démarche. Ils sont une source d’expériences et d’expérimentations dans les processus démocratiques de constructions populaires et politiques que nous voulons déployer. Ils sont aussi une source d’enrichissements permanents de notre projet, confrontés en permanence à l’exigence de réponses aux attentes de changement. En faire élire chaque fois que c’est possible et les aider à réussir est essentiel.

 

Une force solidaire, un parti d’éducation populaire et de promotion culturelle.

Notre engagement est aussi un engagement éthique, fait de valeurs que nous voulons faire vivre au quotidien. Nous ne sommes pas un parti de l’émancipation pour demain, qui en attendant sacrifierait ses militants comme des soldats pour la bonne cause. Le militantisme désintéressé qui est le nôtre est une source d’épanouissement dont il faut  refuser le dénigrement. La solidarité au quotidien, dans la cité, sur le lieu de travail, la convivialité, l’accès à la connaissance, à la culture, l’éducation populaire, le partage des savoirs sont des dimensions importantes de la vie et de l’activité d’un parti comme le nôtre, de ses rapports à la société.

Un parti démocratique, où les adhérents sont souverains. 

La vie démocratique de notre parti traverse un moment critique. Nous n’avons pas su, dans la dernière période, notamment au niveau de la direction nationale qui est fortement critiquée sur ce point,  allier trois exigences indispensables : le respect de la diversité et la libre expression des opinions dans les débats que nous considérons désormais comme un acquis irréversible ;  le respect des décisions majoritaires ; et l’efficacité dans le travail comme dans l’action.

Des changements doivent être apportés dans ces trois directions : donner à chaque adhérent la réelle maîtrise des débats qui se font jour en les assumant plus clairement et en favorisant par de nouveaux outils la circulation permanente et transparente des idées en présence ; mieux garantir, y compris entre les congrès,  la souveraineté des adhérents pour trancher ces débats quand cela est nécessaire ; mieux assurer la cohérence et l’efficacité du travail des communistes et des directions à tous les niveaux quand les décisions majoritaires sont prises et qu’elles deviennent donc le bien commun des communistes. Le fonctionnement même de la direction nationale devra être modifié en ce sens.

Il convient dès maintenant d‘approfondir la discussion pour savoir si cette nouvelle étape démocratique devra déboucher et comment sur de nouvelles règles de vie pour notre parti.

   
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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 09:30
Le camarade Roland Weyl a souhaité adresser un texte (très riche) de réflexions aux participants à la rencontre nationale "Pas d'avenir sans PCF" des 29 et 30 août 2008 à laquelle il n'a pas pu participer. Nous l'avons mis en ligne:


Lien vers la partie 1 du texte de Roland Weyl
Lien vers la partie 2 du texte de Roland Weyl

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3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 09:00

Pas d’avenir sans PCF - Rencontre nationale – Paris, les 29 et 30 août 2008

Intervention de Diamando MANOLAKOU, membre du Comité central du Parti communiste grec (KKE), députée au parlement grec, ancienne députée européenne.

(Version française transmise par nos camarades du KKE – merci pour leurs efforts de traduction)

 

Chers camarades,

Je vous transmets les salutations du Parti communiste de Grèce et des vœux pour un bon déroulement de votre conférence. Nous apprécions tout effort pour la reformation des forces communistes de classe en France. Tous les pas vers cette direction sont précieux ; ils contribuent à la résistance aux attaques contre les travailleurs et leurs conquêtes, aux attaques contre les libertés démocratiques, à la diffamation des communistes et des offres du socialisme.

Les développements récents au Caucase et l’installation des missiles américains demandent l’intensification de la lutte contre la rivalité des impérialistes et le risque d’un conflit armé dans le cadre d’une crise étendue.

Ils demandent la création d’un mouvement fort de lutte contre les monopoles et l’impérialisme, qui sera capable d’apporter le renversement de la corrélation des forces politiques dans nos pays et dans l’Union européenne.

Nous espérons que votre activité contribuera au renforcement de la lutte des partis communistes et ouvriers et des autres forces aux élections européennes de juin 2009, contre l’UE de Maastricht, de l’exploitation, des entreprises multinationales et de la guerre.

Nous nous réjouissons que les développements dans l’UE aient été récemment marqués par le NON du peuple irlandais, qui a apporté l’effondrement des efforts pour rétablir la constitution européenne déjà rejetée par les peuples français et hollandais. Nous nous réjouissons aussi de la montée des luttes des ouvriers et des jeunes, de luttes fortes contre les politiques de l’UE et des pays membres. Il y a une tendance vers des luttes de classe plus intenses. A travers ces luttes et l’intensification des contradictions et des difficultés dans le cadre de ‘UE, l’argument de quelques organisations [à savoir] que l’UE est « une réalité à laquelle on doit obéir » commence à vaciller ; l’illusion que, dans le cadre de l’UE, il puisse y avoir des politiques en faveur des travailleurs ou « qu’une autre UE est possible » s’amenuise. Nous croyons que la rupture de l’édifice de l’Union devient plus possible.        

C’est le but pour lequel nous luttons en Grèce. Nous savons que notre combat pour le pouvoir et l’économie populaires, qui donne lieu au socialisme et à l’abolition de l’exploitation de l’homme par l’homme – ce qui est la raison d’être de notre parti – ne peut être accompli que dans la lutte contre l’UE, l’OTAN et les autres organisations impérialistes. Nous luttons pour que notre pays se dégage des chaînes de l’UE, parce que l’unification capitaliste n’est pas une procédure objective – comme certains veulent nous en persuader – et qu’elle ne peut pas être améliorée en faveur des travailleurs.

Avec d’autres partis communistes et ouvriers, nous avons essayé de développer une action commune contre la Stratégie de Lisbonne et le nouveau traité, contre la militarisation, contre l’anticommunisme et l’attaque des conquêtes démocratiques et sociales, pour l’éducation, les relations avec Cuba et l’Amérique latine, contre les missiles américains etc.

Tout en mettant en lumière les besoins contemporains des travailleurs et les possibilités offertes par l’évolution technologique. Malgré les approches différentes sur quelques sujets, cette action commune avance considérablement, parce qu’elle répond aux besoins des travailleurs et des jeunes et surtout parce qu’elle répond aux attentes des travailleurs [vis-à-vis] des communistes et forces anti-impérialistes de classe.

Nous croyons que la lutte imminente des élections européennes de juin 2009, pour laquelle notre parti a déjà publié ses propositions politiques, constituera un nouveau pas dans le cadre de cette collaboration. Ensemble, avec une série de partis communistes et ouvriers des pays de l’UE, nous sommes déjà d’accord sur un cadre de buts politiques et de formes d’action commune, ouvert à toutes les forces qui ont des aspirations similaires.

Un obstacle important à l’action commune des partis communistes et ouvriers et d’autres forces qui résistent à l’UE est – sans doute – la formation et l’activité du Parti de la Gauche Européenne. Son activité négative, en tant que facteur de sabotage et d’affaiblissement du mouvement ouvrier et populaire, a été prouvée récemment en Italie. Dans ce pays, ainsi qu’ailleurs, on a constaté à nouveau que le rôle du parti communiste révolutionnaire est irremplaçable ; d’un parti lié à la classe ouvrière, avec des fédérations ouvrières, fondé sur le socialisme scientifique et ayant des principes de fonctionnement d’un parti de type nouveau.

Notre critique de la Gauche européenne ne signifie pas que le KKE n’est pas disposé à coopérer avec des forces plus larges, comme c’est le cas au Parlement européen, dans le cadre du groupe GUE/NGL, pourvu que nous gardions notre autonomie et que cette coopération soit caractérisée par des relations de respect et de parité mutuels.

Pourtant, peut-être le savez-vous déjà, ce cadre politique et ce type de relations ne caractérisent pas le Parti de la Gauche Européenne.

Pour cette raison, peremettez-nous d’exposer notre vue sur cette formation.

La formation de la «Gauche européenne exprime la tendance à la subordination complète à la corrélation des forces négatives. Elle constitue un développement négatif et une acceptation fataliste de la « légitimité » impérialiste. La Gauche européenne dénie les traditions communistes, la théorie du socialisme scientifique et l’expérience des révolutions socialistes du 20ème siècle, voire elle s’oppose à toute sorte de résistance populaire au nouvel ordre de l’UE.

Ce que la Gauche européenne promeut, c’est une variation de l’administration sociale-démocrate dans le cadre de l’UE capitaliste et de ses politiques.

La Gauche européenne a été constituée sur la base de l’article 191 du Traité de Maastricht, ayant comme but « l’intégration au sein de l’Union » et la « formation d’une conscience européenne ».

Son activité est contrôlée par le Parlement européen, c'est-à-dire par les forces les plus réactionnaires de l’UE. La Commission européenne, à travers un nouvel amendement du règlement sur le fonctionnement et les fonds des partis politiques européens, leur fournit des aisances nouvelles et augmente les supports financiers.

Dans toutes les déclarations du Parti de la Gauche Européenne, il y a l’angoisse, non pas de l’avenir des peuples de l’Europe, mais de l’avenir de la construction impérialiste qu’est l’UE. Dans ses textes, il essaie de cacher, derrière une phraséologie « antinéolibérale » confuse, des propositions soit utopiques, soit réactives. En même temps, les forces principales de la Gauche européenne veulent participer aux divers scénarios de réformation des systèmes politiques bourgeois et d’embellissement de la social-démocratie.

« C’est regrettable », dit la Gauche européenne, « que que quelques partis de gauche et social-démocrates suivent la ligne de libéralisation des marchés » au nom du « libéralisme de gauche ». De cette manière, la Gauche européenne couvre les responsabilités de ses forces dans l’application des politiques antipopulaires [menées] en collaboration avec les néoconservateurs. La Gauche européenne empêche de plus le dégagement de la classe ouvrière des partis bourgeois et crée des illusions.

D’autre part, sous la pression des luttes et le renforcement de la lutte des classes, la Gauche européenne reconnaît que la vie « elle-même nous pose de nouveau la question du socialisme ou de la barbarie ».

Le problème est que le Parti de la Gauche européenne, aujourd’hui comme dans le passé, n’a aucune relation avec la lutte pour le socialisme, mais se prononce pour la « reformation de la société comme une partie d’une reformation culturelle en introduisant de nouveaux modes de cohabitation ».

C’est caractéristique aussi que les « solutions alternatives » de la Gauche européenne ne se situent que dans le cadre de l’UE de Maastricht, étant donné qu’elle ne pose pas la question de leur abolition ou de leur rejet.

Sa critique du Traité de l’UE et de la stratégie de Lisbonne ne dénonce pas le caractère de classe, impérialiste et antipopulaire. Ce qui gène la Gauche européenne, est que leur orientation « vers la concurrence mondiale » n’est « ni économiquement raisonnable, ni efficace ». Il semble que cela ne la gène pas que ces conditions soient favorables aux monopoles et aux puissants, dirigées contre les intérêts des travailleurs, de la jeunesse et contre leurs besoins.

Leur solution « alternative » se contente du fait que « La Gauche européenne lutte pour la démocratisation de l’UE ». L’UE des monopoles et de l’impérialisme est considérée comme le véhicule de réalisation … de leur proposition « en faveur des peuples ».

Leur incorporation totale se voit dans leurs buts et demandes précis. Ils demandent une miette de services publics restant dans le secteur public, [par exemple] quelque chose concernant les ressources d’énergie renouvelable (un domaine où ils se trouvent en accord complet avec la politique et les arrangements de l’UE), quelque chose pour l’harmonisation des impôts ( !), l’augmentation du budget communautaire ( !), le … contrôle démocratique de la Banque européenne (§§) et ils font même une proposition pour « une politique active d’industrie et de recherche européenne liée à un secteur public européen capable de colaborer avec le secteur privé ». Les industriels seront d’accord !! Pourtant, les travailleurs, comme producteurs de la richesse, doivent « être suffisamment rémunérés ( ! – sic), le minimum en fonction de l’augmentation de leur productivité ( !!) », exactement comme le désire la stratégie néolibérale des restructurations capitalistes.

A part tout cela, les positions de la Gauche européenne justifient la campagne anticommuniste et considèrent que la lutte des classes et la lutte anti-impérialiste sont des choses dépassées.

A côté de déclarations connues anticommunistes et contre Cuba de ses divers dirigeants, se trouve son silence caractéristique à propos du mémorandum anticommuniste du Conseil de l’Europe, l’interdiction de l’activité de la Jeunesse communiste tchèque, le procès contre la direction du Parti communiste ouvrier de Hongrie, alors même que ce dernier parti est membre du PGE, etc…

Dans le capitalisme actuel, selon da Gauche Européenne, il n’y a plus de production matérielle et d’exploitation capitaliste. Le profit a comme source « l’investissement capitaliste dans les biens immatériels (connaissances, information, communication, formation, loisirs, culture), dont l’utilisation par un « consommateur » n’empêche pas l’utilisation par d’autres « consommateurs », contrairement aux biens matériels.

Ainsi, on dépasse le but du renversement des relations de production. Que reste-t-il, donc, comme but au mouvement ouvrier et à la « gauche » ? Rien du tout ! « Aujourd’hui, le but fondamental de la gauche doit être de revendiquer la connaissance comme un bien public et de lutter pour implémenter ce principe ». Mais, même avec cette propositions, la Gauche Européenne ne défens pas une éducation complètement publique et gratuit, ni l’abolition de toute sorte d’intrusion des entreprises dans le secteur de l’éducation.

La Gauche Européenne confirme qu’elle ne peut rien offrir de nouveau et de positif aux luttes qui se développent. Le problème est de savoir comment, dans sa descente, elle n’entraînera pas de forces communistes et radicales, de forces syndicales de classe et d’autres forces qui se radicalisent et cherches à se joindre à la lutte organisée.

Dans plusieurs pays, ils [PGE] poursuivent une stratégie sournoise en essayant de changer le caractère des partis communistes. Quelque fois, ils n’attaquent pas directement le caractère [la dénomination] communiste des partis mais leur identité.

Chers camarades, selon notre expérience, l’opportunisme a plusieurs visages. Méthodiquement et systématiquement, ils transmutent progressivement leur politique et leurs principes.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 12:31

Nous reproduisons ci-dessous la lettre de Michel Perrin, militant communiste cheminot de Haute-Vienne à la direction de l'Humanité à l'occasion de la souscription lancée cet été.

 

Chers camarades,

Lecteur quotidien de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche depuis 1969, je suis de ceux qui pensent effectivement que ce journal ne doit pas disparaître, en tant qu’outil médiatique indispensable pour l’avenir du Parti Communiste Français.

C’est donc bien volontiers que je participe à la campagne de dons financiers pour le journal, et à laquelle répondront j’en suis persuadé de nombreux communistes avec leurs organisations.

Cependant je sais que la contrainte financière n’est pas le seul danger qui menace le journal. Depuis plusieurs années, j’ai de plus en plus de mal à me reconnaître dans la ligne éditoriale du journal. Si l’Humanité continuait sur cette dérive éditoriale, il aurait à mes yeux disparu.

Si je dis cela c’est parce que j’ai vécu une expérience similaire avec le quotidien régional (Indre, Creuse, Corrèze, Haute Vienne, Dordogne) l’Echo du Centre. Ce journal issu de la résistance et maintenu exclusivement par l’action militante des communistes est, après leur avoir été volé, devenu un journal…(pluraliste !!!??). Le paradoxe étant qu’il continue à être demandé aux communistes de participer à son financement par l’intermédiaire de leurs sections, alors qu’il est outrageusement devenu un outil médiatique au service des élus socialistes.

Convaincu que l’Humanité ne s’en sortira pas en étant moins communiste et espérant ne pas investir à fond (politique) perdu, veuillez accepter, chers camarades, mes fraternelles salutations.

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2 septembre 2008 2 02 /09 /septembre /2008 12:11

Nous reproduisons ci-dessous la lettre de notre camarade de Haute-Vienne Michel Perrin à l'Echo du Centre suite à la publication d'une tribune d'un dirigeant fédéral, Gilbert Bernard, pronant ouvertement la dissolution du Parti communiste (voir en bas).

Il n’est pas dans mon habitude de mener le débat politique concernant mon organisation par presse interposée, fut-elle progressiste. C’est un exercice que je privilégie de partager avec mes camarades, dans les réunions prévues à cet effet, permettant l’expression de chacun.

L’intervention de Gilbert BERNARD dans le courrier des lecteurs du mercredi 13 août 2008 après celle de nombreux responsables départementaux du PCF, m’incite à le faire.

Simplement pour dire que de mon point de vue l’intervention politique de responsables départementaux, doit être de faciliter l’intervention du plus grand nombre de communistes possible avant d’imposer leur choix personnel. Le nombre d’initiatives pour réunir cellules et sections sur la haute vienne ne me semble pas aller dans ce sens.

Quand au fond, Gilbert, comme d’autres, propose ni plus ni moins que la dissolution du PCF pour créer un énième mouvement dont il dessine les composantes (PS, verts, communistes, …etc…) mais pas et c’est paradoxal, le but. Souhaite t-il un congrès de Tours à l’envers ? Une organisation réformiste de plus ?

Quand au bilan très négatif de l’organisation, n’est-il pas le fait d’orientations actuelles insatisfaisantes pour une majorité de communistes ? Les directions n’ont-elles pas l’obligation de réfléchir à leurs échecs répétitifs ?

Chacun doit être clair dans les propositions et ne pas avancer masqué. Alors retrouvons nous dans les prochains jours,semaines, mois, pour discuter et prendre les bonnes décisions avec tous les communistes, qui, j’en suis persuadé ne sont pas prêt à s’auto détruire. C’est en tout cas à eux d’en décider.

Michel Perrin



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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 19:19

Nous voulons faire vivre le PCF pour mener le combat de classe

 

Un spectre continue à hanter les nuits du patronat et du pouvoir capitaliste : celui du seul parti politique qui a donné historiquement à la classe ouvrière, au monde du travail les moyens de remettre en cause leur domination en France, le PCF. La persistance des campagnes anticommunistes en témoigne.

L’évolution du monde ne cesse de justifier davantage l’existence de notre parti. La mondialisation capitaliste s’étend et s’intensifie. Dans notre pays, le gouvernement actuel, poursuit à un rythme accéléré la politique de ses prédécesseurs: la remise en cause systématique des acquis sociaux et démocratiques pour la conquête desquels notre parti a joué un rôle déterminant. 

Alors que le danger de guerre mondiale surgit à nouveau, nous nous souvenons que notre parti est né justement en 1920 du refus de la guerre impérialiste.

Dans le même temps, la contestation du capitalisme monte, marquée par le développement continu des luttes sociales depuis 1995 ou par le rejet de la « constitution » de l’UE en 2005.

Dans ce temps où la lutte des classes bat son plein, la raison d’être de notre parti est plus actuelle que jamais : porter une perspective révolutionnaire de rupture avec le capitalisme, le socialisme, la traduire en propositions et actions concrètes pour renforcer le mouvement des luttes, permettre l’intervention politique organisée directe des travailleurs.

L’acquis du Congrès de Tours n’est pas tombé avec le Mur de Berlin. La rupture avec les partis réformistes, toujours enclins à la collaboration de classe, n’a jamais été autant d’actualité.

Quoiqu’en disent les « politologues » anticommunistes, et maintenant une partie des dirigeants du PCF, notre parti n’est pas voué à un « déclin inéluctable ». Le résultat des élections cantonales de 2008, 9,3% avec des candidats clairement identifiés comme communistes, l’écho que reçoivent nos actions militantes dans nos sections, l’expérience de la bataille pour le NON à l’UE du capital de 2005 nous en convainquent.

Aujourd’hui, nous sommes décidés à ne pas laisser dilapider tout ce que représente le PCF, donc à ne pas laisser perdurer la stratégie que la direction sortante entend poursuivre, envers et contre tout, après le 34ème congrès.

Ces dernières années ont connu un affaiblissement grave et sans précédent de notre parti et de sa capacité à jouer son rôle dans la lutte des classes en France.

Nous considérons que c’est principalement le résultat de la stratégie d’effacement de l’identité et des positions communistes depuis la « mutation » des années 90.

A contresens de la raison d’être de notre parti, la direction a choisi de privilégier la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. Elle a abandonné la perspective révolutionnaire du socialisme pour lui substituer, dans les faits, celle de la victoire électorale de la « gauche ». Elle a ainsi placé le PCF sous la tutelle du PS depuis l’expérience de la « gauche plurielle » entre 1997 et 2002. Intégrée dans un bloc de l’alternance, elle a abandonné la contre-offensive idéologique et politique. Dans le même temps, elle a sabordé l’organisation spécifique révolutionnaire de notre parti, la cellule, notamment l’activité à l’entreprise, désertant le premier terrain des luttes.

Le 1,93% de la présidentielle de 2007 a représenté une sanction sans appel. Devant cette situation d’une extrême gravité, les communistes sont en droit d’attendre une analyse sérieuse et responsable de l’ensemble des choix stratégiques depuis vingt ans. Nous faisons le constat que la direction sortante se refuse à la faire. 

En 2007 déjà, elle a évité le congrès extraordinaire que la situation exigeait. Restée en place, elle continue la même politique sclérosante pour notre parti. Comment mener par exemple la bataille contre la privatisation de la Poste côte-à-côte avec un PS qui est responsable de tout le début du processus et qui continue d’appuyer les directives européennes de marchandisation?

Pour le 34ème congrès de décembre 2008, la direction de notre parti a adopté un projet de base commune que nous jugeons irrecevable. Il propose aux communistes l’amnésie, l’anesthésie et la fuite en avant.

Aucun bilan des choix stratégiques des derniers congrès! En revanche, des phrases creuses et fumeuses sur la situation du monde dont la seule préoccupation semble d’être de montrer que l’on a changé d’époque et que donc il faudrait changer le parti, changer de parti.

La direction sortante confirme qu’elle entend continuer jusqu’au bout le processus d’effacement du PCF. Après juin 2007, les principaux dirigeants avaient mis à l’ordre du jour la question de « l’existence même » du parti, de son « dépassement ». Malgré la décision de l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007 de maintenir le PCF, la direction continue à parler, dans son projet de base commune, de « transformations profondes » allant jusqu’à une « métamorphose ».

Responsables d’organisations du PCF, cellules, sections, fédérations, militants, nous décidons d’assumer nos responsabilités de communistes. 

Nous refusons de laisser notre parti continuer à être transformé en coquille vide , en attendant une recomposition politique à gauche, peut-être dès les élections européennes de 2009.

Pour le congrès lui-même et pour l’avenir du Parti, nous prenons la décision de défendre un texte alternatif à celui de la direction que nous souhaitons déposer avec tous ceux qui partagent cette analyse.

Ill est indispensable que les communistes puissent se prononcer définitivement pour le maintien du PCF, se prononcer pour la rupture avec le processus de mutation-disparition, pour que notre parti retrouve sa raison d’être.

Qu’ils puissent se prononcer et agir :

- pour que le PCF retrouve sa totale indépendance de pensée, d’action et de structure qu’il mette entièrement au service des travailleurs et de la lutte des classes.

- pour qu’il porte comme perspective, la perspective politique révolutionnaire de la rupture avec le capitalisme, le socialisme. (au lieu de celle d’une nouvelle « gauche plurielle » en 2012, avec l’insertion du parti dans « une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche » (projet de base du CN), c'est-à-dire dans une bipolarisation derrière le PS qui se détourne de la force décisive de l’alternative politique, les luttes.

- pour qu’il revienne à des fondamentaux théoriques, marxistes, non par affirmation identitaire mais parce qu’il s’agit d’une nécessité pour le combat de classe aujourd’hui.

Notre analyse de la nécessité de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange est essentielle dans la bataille contre les privatisations, pour la défense et la reconquête des monopoles publics, également pour une conception offensive de la mixité, par exemple dans un secteur comme l’audiovisuel.

Les enseignements de Marx dans « Salaires, prix et profits » sont tout aussi essentiels pour dénoncer et combattre le RSA, les exonérations de cotisations patronales qui sapent le financement de la Sécurité sociale, ou la Prime pour l’emploi défendue par le PS dans la même logique que le RSA [faire rémunérer le travail par la collectivité à la place du patron].

- pour des initiatives politique de lutte immédiates. Un texte de congrès ne peut pas être hors du temps. La responsabilité des communistes est de proposer des ruptures politiques immédiates avec la politique au service du capital. L’alternative politique ne réside pas dans l’objectif électoral de 2012 [avec un pôle canalisant l’électorat à gauche du PS] mais dans la capacité du mouvement des luttes à commencer à mettre en échec la politique de Sarkozy sur une première bataille: éducation, service public, droit du travail… Elles sont toutes déterminantes comme la lutte contre la guerre impérialiste et pour le retrait de la France de l’OTAN.

- pour amplifier en France le rejet et la disqualification de l’UE du capital, dans la suite du NON de 2005, en finir avec les positions « euroconstructives » et les illusions dangereuses qu’elles portent.

Adhérer à l’objectif d’intégration européenne, dans le sillage du PGE, même de façon « radicalement critique », est un contresens. C’est adhérer à un projet capitaliste contradictoire avec notre objectif de développer des coopérations mutuellement avantageuses, respectueuses des peuples.

- pour retrouver l’engagement internationaliste fondamental du PCF.  Rompant avec le PGE, notre parti doit renforcer sa coopération avec les partis communistes et progressistes, affirmer sa solidarité avec les expériences socialistes dans le monde, par exemple en Amérique Latine.

- pour reconstituer l’organisation de classe du parti: la cellule directement sur le lieu de l’affrontement de classe, dans les entreprises et les quartiers, la section dont la raison d’être est d’impulser l’action des cellules dirigée vers les luttes, les directions départementales et nationales qui doivent en émaner. La reconstitution d’une structure de formation idéologique des communistes est indispensable dans ce cadre, partant de l’expérience militante.

Le texte alternatif que nous défendrons devra donner un signal fort à tous les communistes, avec ou sans carte, à ceux qui sont isolés, aux centaines de milliers de camarades qui se retrouvés écartés du parti, à tous les salariés qui luttent.

Nous voulons montrer que le PCF ne se réduit pas à la direction sortante, que des communistes sont décidés à réapproprier leur parti, à ne pas le laisser à ceux qui veulent le détruire. Le 34ème congrès doit être une étape de ce processus.

Un peu partout dans le monde, le socialisme redevient une réalité, le communisme une perspective, des partis communistes se renforcent. Des camarades, comme en Italie, reprennent en main leur parti. En France, les communistes peuvent et doivent s’unir le plus largement pour retrouver le Parti dont ils ont besoin pour mener le combat de classe.
 

PAS D’AVENIR SANS PCF !

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1 septembre 2008 1 01 /09 /septembre /2008 10:08

PAS D’AVENIR SANS PCF ! 34ème CONGRES DU PCF

– RENCONTRE NATIONALE  des 29 et 30 AOUT 2008 A PARIS

1- SUCCES DE PARTICIPATION (19 fédés représentées, 34 sections, 120 camarades)

2- ECHANGES TRES RICHES ENTRE MILITANTS SUR LA SITUATION DU PCF, LA SITUATION POLITIQUE, LE PCF ET L'UE.

3- DES DECISIONS. 34ème CONGRES: lancement d'un texte alternatif dans la recherche de l'unité avec le maximum d'orga du PCF et de camarades. INITIATIVES COORDONNEES DES LA FETE DE L'HUMA. LANCEMENT DE CAMPAGNES D'ACTION COMMUNISTES.

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29 août 2008 5 29 /08 /août /2008 08:58

UN CONGRES DU PCF POUR QUOI FAIRE ?

Contribution de Roland Weyl pour le 34ème congrès - Partie 1

AVANT-PROPOS

La préparation du congrès n’invite guère à l’optimisme : un Parti Communiste ne peut être qu’un parti de combat. Cela suppose que la préparation d’un congrès soit portée par une dynamique. Or il n’apparaît que de longs textes académiques, des pensums d’objectifs limités et listés, des discussions codées entre tendances, et, en face, des réquisitoires souvent fondés mais à dominante épidermique. Il est temps que chacun s’efforce de contribuer à porter les analyses et les ambitions à la mesure des besoins.

Faut-il tout placer sous le mot d’ordre unique ou dominant que le parti doit changer ?  Bien sûr tout ce qui est  vivant est appelé à constamment changer, selon les changements de ce qui l’entoure et l’expérience qu’il engrange. Mais changer en quoi et par rapport à quoi ?    ,

On lit souvent qu’il nous faut être « un Parti moderne »  L’idéologie de la « modernité » est sans doute l’une, sinon la principale, des clefs idéologiques actuelles de la domination de classe : On a connu « l’Etat au-dessus des classes ». Il y a aujourd’hui la « modernité au-dessus des classes », occultant tous les problèmes sous les critères de l’objectivité et de capacité techniques. Certes il ne faut pas s’accrocher au passé, il faut se mettre à jour des besoins contemporains, mais « être moderne » ne veut rien dire en soi.

Le Parti a pour vocation de mener le combat de classe, qui n’est en soi que trop parfaitement moderne.

Donc, s’il doit changer, c’est dans la continuité de son combat spécifique et donc par rapport à ce qu’il est aujourd’hui.. Or certes, les résultats désastreux auxquels a conduit la « mutation » appellent à penser les choses autrement, et cela mérite une analyse. 

Il ne doit certes pas pour autant revenir à ce qu’il était avant la mutation, non par repentir, car tout n’en était pas mauvais, mais à la fois pour intégrer les leçons de ce passé et parce que le réel avec lequel il a vocation d’être aux prises a changé.

Mais si l’on part de l’idée qu’un parti communiste n’est pas une fin en soi, mais la nécessité de répondre à un besoin, il pourrait ne jamais en avoir existé et il faudrait en définir les objectifs et leurs conditions de réalisation. Le fait qu’il existe et a un passé y ajoute seulement le bénéfice de l’expérience acquise de ce qui est essentiel et de ce qui doit être évité.

La question qui se pose aujourd’hui aux communistes ne doit donc pas être  « quoi changer dans le Parti ? » mais « quel besoin y a-t-il d’un Parti Communiste et comment peut-il et doit-il y répondre ? »

                                             -----------------------------------

1 – POURQUOI  UN PARTI COMMUNISTE

La raison d’être d’un parti communiste est la nécessité qu’existe un outil de lutte pour ceux qui veulent en finir avec une société fondée sur l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et qui ait pour cela une culture critique ?  Il ne semble pas que ce combat ne soit plus à l’ordre du jour, que sa culture soit devenue périmée, ou que son expérience acquise soit à passer en profits et pertes.

L’argument des nécessaires rassemblements ne doit pas fourvoyer dans de fausses alternatives : C’est aux heures de sa plus grande force et de sa plus grande vitalité de parti que le PCF a été l’artisan des plus grands rassemblements/ 

Encore faut-il retrouver dans la culture jetée aux oripeaux quelle en était la philosophie, demeurée fondamentale : on rassemble d’autant plus large que l’on en réduit les objectifs à ce que le plus grand nombre a en commun. Cela peut même conduire à des rassemblements en cercles successifs : On peut rassembler à la fois 50 sur a + b,  et 100 sur a seulement.et 100 autres sur b seulement. Et pendant ce temps, le Parti lui-même garde sa liberté d’agir sur a+b+c+d.

Donc, vouloir supprimer le parti pour y substituer un rassemblement, c’est seulement supprimer le parti, puisque sa suppression n’est pas une condition du rassemblement.

De plus, il est clair que si le Parti peut avoir la liberté d’agir sur a+b+c+d et qu’on y substitue un rassemblement celui-ci sera inévitablement limité à a ou b ou a+ b ou a+b+c, car autrement  si c’était pour assurer tous les objectifs du Parti,, il n’y aurait pas besoin d’une autre base de rassemblement, cela signifie qu’on abandonne ce qui du a, du b, du c, et du d n’est pas repris par le rassemblement.

Donc oui au rassemblement (et même aux rassemblements), mais certainement pas à la place du Parti, mais au contraire non  seulement cela ne doit pas être exclusif du rôle propre du Parti mais en dépend nécessairement.

2-QUEL PARTI COMMUNISTE ?

  L’analyse de la crise du PCF et des solution à y apporter ne doit pas se focaliser sur les résultats électoraux pour en améliorer les scores ; La participation élective aux institutions est un moyen (parmi tous les autres) et non une fin. Certes, même si elle est faussée par l’idée du « vote utile », l’évolution des scores est une indication sur le crédit et l’audience du parti, mais c’est celle-ci qui doit être le critère et l’objectif essentiel, à longueur d’année dans les luttes (et à  cet égard le nombre des adhésions et des participants à nos campagnes est plus important que celui des voix recueillies dans les périodes électorales (qui d’ailleurs lui-même en est fonction).

Donc la question essentielle n’est pas « comment regagner des voix ? » mais « comment regagner des militants ? », ce qui renvoie à la fonction spécifique d’un parti communiste. En cela, le formule thorézienne du « parti pas comme les autres » est plus vraie que jamais : il n’y aurait pas besoin  d’un parti communiste s’il n’était qu’un de plus, ou s’il ne donnait pas à voir sa différence.

Essai d’analyse matérialiste de la crise actuelle

D’abord, je récuse le terme de « déclin », qui accréditerait une idée de dépérissement d’un être en fin de vie.  Le terme d’ « effondrement » traduit mieux comment une construction s’écroule pour une cause qui peut ne pas lui être substantielle, et  laisse ouverte la possibilité de reconstruction.

Plus exact encore est le terme de « perte  de crédit », qui rend compte à la fois de l’effondrement des effectifs et de celui des suffrages électoraux.

C’est cette perte de crédit dont il faut rechercher les explications..

Et il ne faut surtout pas voir dans les résultats municipaux et cantonaux un démenti et une raison de se rassurer et de penser que le temps des interrogations serait périmé.

 Ces résultats sont en effet divers et contradictoires, et tendraient au contraire à vérifier ce qui suit : les bons résultats ont été là où n’a pas été pratiquée la délégation de pouvoir mais une relation politique vivante avec la population. Et là où il y a eu échec, que ce soit par des pertes ou des non-gains, les candidats locaux ont manifestement pâti de l’absence d’image nationale. Plus particulièrement, 1) il est permis de penser que les abstentionnistes sont en grande partie ceux que n ous ne mobilisons pas, 2) les primaires en Seine St Denis n’auraient jamais permis la victoire des socialistes si le Parti n’apparaissait pas avec une différenciation si faible qu’elle est ressentie comme une affaire de boutique.    

                  Les mauvaises explications :

La malédiction du passé : le «  stalinisme » du Parti, la solitude sectaire, le rapport à l’URSS 

 La pratique du Parti a certes connu des défauts, mais n’a jamais été ce que veulent bien en dire des oracles qui ne l’ont pas vécue et sont simplement sur la défensive devant les campagnes habituelles des adversaires de classe.

Le Parti était beaucoup plus solitaire dans les années 30 et c’est le moment où il s’est développé, précisément sur la basse de sa différence.

C’est pour les élections présidentielles de 1969 qu’il a obtenu son meilleur score électoral. Pourtant,

1) on connaissait tout du stalinisme en URSS,

2) le Parti ayant seul voté d’abord contre la constitution de 1958, puis contre l’élection du Président de la République au suffrage universel,

3) il était plus seul que jamais, s’était retrouvé en 1968 à lutter sur deux fronts contre la droite et contre le gauchisme (et y compris en son sein contre Garaudy sur sa droite et J. Vermeersch sur sa gauche), et venant d’être exclu des tractations du PS et de Mendès-France  

4) en fait de discrédit pour « stalinisme » interne, le candidat était celui qui avait fait applaudir Staline à Wagram après le 20è congrès du PCUS.

Obsolescence exigerait de faire autre chose correspondant aux nécessités nouvelles

La mystique de la modernité est un produit de l’idéologie dominante : combinée de technicisme, et se développant sur le terrain favorable dé la révolution scientifique et technique et du développement de forces productives, elle prend le relais des diversions religieuses ou réformistes pour occulter l’enjeu dominant des rapports de classe (avant-hier, la religion au-dessus des classes, hier l’Etat au-dessus des classes, et aujourd’hui la technique et la modernité au-dessus des classes)’ 

Pourtant plus que jamais l’essentiel demeure l’exploitation de l’Homme par l’Homme, donc l’antagonisme entre exploitants et exploités. Ce qui change est 1) la ligne de front qui n’est plus seulement entre prolétariat et bourgeoisie de masse, mais entre peuples et capital mondialisé, 2) le mode d’exploitation (révolution informatique et médiatique). Cela peut conduite un parti communiste à réfléchir sur ses moyens d’action et sur son champ d’écoute et d’organisation, mais ne change rien à la nécessité de son existence originale comme parti de lutte de classe, et plus que jamais sur sa base spécifique unissant classe, nation et internationalisme.

Donc ni la malédiction du passé ni l’obsolescence ne sont des explications valides, et il faut en chercher d‘autres.

                 Quelques pistes d’explications

La compromission avec les socialistes.

Force est de constater que c’est avec les élection de 1981 que l’érosion a commencé à se manifester dans l’électorat, entraînant en spirale l’érosion dans les effectifs par perte de confiance. D’où une propension à inculper principalement la compromission avec le PS.

L’érosion a d’abord fonctionné au profit du « vote utile » ::dès lors que le programme était le même, aucune raison de voter plutôt pour le parti.,.

Il s’est aggravé d’une prétendue nécessité de solidarité gouvernementale qui exigeait de mettre une sourdine aux actions pour ne pas gêner nos ministres.

Pourtant on aurait pou participer au gouvernement et ne pas pour autant relâcher l’action.

Il y a eu là la première amorce d’une autre dérive : la délégation de pouvoir.

La dérive de la délégation de pouvoir

C’est elle qui se manifeste déjà à l’occasion du programme commun.

L’idée en avait été lancée déjà par Waldeck Rochet, et elle pouvait prospérer si ce programme avait été une référence de luttes populaires. Mais c’était sous-estimer les méfaits qu’avait déjà causés dans la conscience populaire (et chez les militants) la délégation de pouvoir, produit combiné des institutions de la 5è et de l’influence idéologique de la révolution scientifique et technique.

De façon constante et notamment dans son discours du Congrès d’Ivry en 1945 Maurice Thorez avait dénoncé la tendance habituelle du Parti à pratiquer l’union à la tête au préjudice de l’union à la base, en lançant notamment cette phrase célèbre : «  L’union à la base toujours,  l’Union à la base et à la tête quelque fois, l’union à la tête seulement jamais ».

Or le programme commun a fonctionné comme un accord dont l’application était déléguée aux états-majors politiques.

Cependant, le mal n’était encore pas structurel, et n’affectait que le niveau tactique et non le niveau stratégique, et pouvait donc être redressé.

Vint alors la mutation

Avec la mutation, on passe de l’erreur tactique possiblement passagère à la remise en cause stratégique et structurelle, qui va marquer non plus seulement une aggravation quantitative du glissement mais un « bond en arrière » de nature qualitative et substantielle.

On ne peut pas s’étonner de la chute vertigineuse de crédit du Parti, quand c’est sa direction elle-même qui la nourrit.

En effet, elle se caractérise par une répudiation de tout le passé, au nom des mêmes arguments qui ont toujours rassemblé contre lui l’adversaire de classe de la droite et les collaborateurs de classe de la social-démocratie (au point de les trouver ensemble à la tête des incendiaires des sièges en 1956).

Pour tout rénover, on va commencer par démanteler ses structures et supprimer les écoles. Et la dominante est de refaire à l’envers un congrès de Tours, que l’on caricature en allégeance  à Moscou, alors qu’il est d’abord celui d’un Parti Socialiste de l’époque qui sous l’impulsion  de « la génération du feu ». purge la trahison de ses dirigeants compromis dans « l’Union Sacrée ».

Pourquoi ce virage à 180 degrés ?

En tant que marxistes, il faut essayer d’en faire une analyse matérialiste et d’en dégager des raisons objectives, où plusieurs ingrédients vont s’alimenter mutuellement :

D’abord une évidence chronologique :

La « mutation »  est contemporaine de l’effondrement de l’URSS, et tout se passe comme si c’était un  soulagement. En tout cas il va falloir faire avec (ou « sans »).

Enfin on est débarrassé de cette compromission et on va même peut-être pouvoir redevenir fréquentable, à condition de bien marquer qu’on a soi-même tourné la page, et qu’on a pris la mesure de sa propre culpabilité. Ainsi espère-t-on avoir l’absolution.

Déjà au lendemain de 1968, quand des esprits distingués d’une certaine gauche ne nous invitaient-ils pas à être « crédibles », en étant moins propagandistes et dogmatiques ?..

Et pour être crédibles,tant qu’à faire, faisons amende honorable sur notre propre passé, en le marquant le plus spectaculairement possible, avec l’abandon des références théoriques, grevées de l’anathème de dogmatisme », et la structure des cellules, grevée de « militarisme ».

Tout cela est facilité par la pénétration de l’idéologie dominante.

Il a toujours été de l’éducation du Parti de se rappeler que l’idéologie dominante est en éternel retour et que le Parti ne peut pas y être imperméable.

L’idéologie de la modernité dont on a déjà noté qu’elle est objectivement secrétée par le développement des forces productives va favoriser l’idée que le Parti tel qu’il est est une vieillerie dépassée, et offrir un alibi rêvé pour se débarrasser de cet encombrant passé et se montrer différents et blancs comme neige.

Cette idéologie générant des déviances technicistes par spécialités et une nouvelle division du travail, qui est une division des compétences, va reprendre, actualisée, la vieille idéologie bourgeoise « laissez faire la politique à ceux qui savent », va secréter une professionnalisation de la politique (avec dichotomie entre classe politique et « société civile »).

A partir de quoi, tous les repères mis au musée des antiquités, va demeurer, lancinante, la perception immédiate des problèmes tels qu’ils s’expriment en surface avec les reculs électoraux.

Et la gestion de la crise va se polariser sur les critères électoraux et les recettes électoralistes.

La même image électoraliste et politicienne que tous les autres

Le raisonnement va être simple : pour avoir des voix, il faut plaire aux électeurs, donc penser comme eux. .

Déjà dans « le Défi démocratique », rompant avec la tradition d’affirmer la fierté de notre différence, Georges Marchais s’emploie à rassurer en protestant que nous sommes un parti comme les autres

Mais cette fois on va plus loin : Si la priorité est dans les enjeux électoraux, et s’il ne faut pas choquer les électeurs, en tenant un discours à contre-courant

En parfaite cohérence, la tactique va prévaloir sur la stratégie. Et on va apparaître comme, s’orientant au coup par coup non en fonction d’une boussole que l’on peut donner à voir, mais en fonction de ce que l’on pense pouvoir attendre d’habiletés circonstancielles. C’est la définition  même de l’opportunisme.

La même délégation de pouvoir démobilisatrice

Enfin,  par nature, une telle option est en dépendance exclusive de manœuvres d’état-major, comportant tous les marchandages au sommet, et l’accréditation de l’entrée dans le club de la politique politicienne, avec donc un  renvoi à une aggravation constante du discrédit, à partir de cette idée simple que si le Parti Communiste est et fait comme les autres, on peut se demander quelle est sa raison d’être et quelles raisons peut-on avoir de lui faire confiance.

Il en résulte que, alors qu’autrefois le Parti était identifiable par le fait qu’il ne pensait pas comme les autres, qu’il apparaissait souvent comme ayant le seul tort  d’avoir une raison trop tôt, mais permettant de faire à l’épreuve des faits la vérification qu’il avait raison, que l’on était en quête de ses analyses parce qu’elles étaient différentes, son insertion dans une sorte de pensée unique de la « gauche » lui retire toute raison d’exister.

De plus, cet électoralisme délégataire qui ne s’investit plus dans les luttes fait perdre au Parti le crédit que lui valait d’être d’abord un animateur de mouvement populaire. Et en corollaire il a perdu une de ses vertus essentielles, l’élément passionnel tout ce que contenait « le mot camarade ». En croyant devoir se plier à l’ultimatum d’être « raisonnable », on est dépouillé de la dimension affective qui était un indispensable ferment d’intense humanité et  d’engagement dans les luttes. On a remplacé la confiance en l’avenir en une inquiétude permanente.

Du révolutionnaire au gestionnaire :

De cette débâcle doctrinale a découlé tout normalement une débâcle de la relation aux masses populaires et se caractérise globalement et sous tous ses aspects par la délégation de pouvoir et la réduction à des différenciations gestionnaires.

La dernière campagne des présidentielles en aura été une illustration typique :

Alors qu’autrefois, les dirigeants communistes disaient toujours « Nous », ils disent aujourd’hui « Je ». Les propositions ne sont plus celles « du PCF » mais de Robert Hue puis de Marie-George Buffet.

Au surplus la méthode consistant à présenter des listes de propositions de réformes pont par point, et souvent de réformettes ne donne pas à voir et à choisir de grands axes de lutte, et les « propositions » se présentent comme la collection que propose un représentant de commerce.

Par leur nature et leur contenu elles dépassent rarement un niveau gestionnaire « ce que je ferais si j’étais au gouvernement »)

Extériorisation du rapport à la population et aux militants eux-mêmes

Enfin, les campagnes, de façon générale ne consistent plus à organiser des luttes et à les  alimenter, mais à s’adresser aux gens en leur disant « voilà ce que nous vous offrons de faire pour vous »., ce qui dans le meilleur des cas constitue un appel à la délégation de pouvoir au Parti.

Au demeurant, tout le rapport aux forces populaires est marqué de cette démarche : Quand on fait des assemblées et des forums, ce n’est pas pour organiser l’action, mais pour « consulter » la population sur ce qu’on doit faire. C’est d’ailleurs bien ce que signifie le mot d’ordre de « démocratie participative ». « Participer » n’est pas « diriger ». La « démocratie participative veut dire qu’on laisse une place à la base pour prendre une part, mais seulement une part.

Le fonctionnement interne lui-même en est marqué : me prétendu démocratisme qui consiste à inviter les communistes à donner leur avis par référendum interne, ou en répondant à des questionnaires est une officialisation de la délégation de pouvoir puisqu’elle réduit le militant à répondre aux questions que la direction décide de lui poser pour ensuite en tenir compte ou non dans son action.

Les masses populaires sont « mutées » en clientèle potentielle et les militants comme des instruments de ce clientélisme. Il est normal que dans ces conditions le corps dépérissent et que peu à peu ne reste que la tête, pour qui l’étiquette n’est plus que la marque de référence dans les compétitions politiciennes de sommet.

Il est également normal que puisse se poser alors la question de la raison de maintenir l’existence d’un Parti dépouillé de toutes ses justifications spécifiques

La logique de la dynamique liquidatrice

Cette analyse n’implique pas nécessairement une perversion des acteurs de cette dérive. Sans aucun doute il y a des cas individuels pour lesquels  elle a favorisé tous les carriérismes propres aux Partis bourgeois, mais jusque là étrangers au Parti. Mais de façon générale, il faut faire à ces acteurs le crédit de la bonne foi et de la bonne volonté. Sans aucun doute veulent-ils et croient-ils être utiles. C’est là encore une des caractéristiques de l’opportunisme.

Il est vrai que l’autre caractéristique est que, depuis près de 20 ans que la dérive a fait ses ravages, bon nombre de ceux-là n’ont rien connu de ce passé qu’ils vilipendent  à l’aulne de ce qui leur en est raconté par ceux qu’il leur est plus commode d’écouter.    

Et aussi que depuis 20 ans, ils ont complètement oublié (quand jamais ils les ont connus) les repères fondamentaux de la  culture politique que tout un héritage enrichi de 70 ans d’expérience avait valu au Parti, et qu’on s’est mis en devoir d’oublier au prétexte de faire peau neuve.

Pourtant les résultats devraient les inciter à réfléchir, car, bonne foi ou non, bonne volonté ou non, il leur fait bien faire le constat que ce qu’ils croyaient être utile a été nuisible, que ce qui est en échec n’est pas le Parti mais ce qu’ils en ont fait.

Il est donc vrai que le moment est venu de tout remettre à plat pour faire le bilan et en tirer les conséquences.

Mais le choix n’est pas alors entre liquider le Parti ou le garder tel qu’il est, mais entre liquider le Parti, ce qui ne serait jamais que finaliser le processus engagé depuis 20 ans, ou en  finir avec la dérive, et refaire du Parti ce qu’il doit être.

 

Lien vers la partie 2

 

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28 août 2008 4 28 /08 /août /2008 08:26

UN CONGRES DU PCF POUR QUOI FAIRE? par Roland Weyl (partie 2)


retour à la partie 1

Pour le Peuple de France et ceux du monde rendre vie et vigueur au Parti Communiste Français

Si le Parti n’existait pas il faudrait l’inventer 

Dire que la nécessité d’un Parti Communiste est dépassée, c’est dire que la Révolution est un objectif obsolète et que la société n’est plus obérée par la contradiction de classes.

L’argument des nécessaires rassemblements ebe doit pas fourvoyer dans de fausses alternatives : C’est aux heures de sa plus grande force et de sa plus grande vitalité de parti que le PCF a été l’artisan des plus grands rassemblements/ 

Encore faut-il retrouver dans la culture jetée aux oripeaux quelle en était la philosophie, demeurée fondamentale : on rassemble d’autant plus large que l’on en réduit les objectifs à ce que le plus grand nombre a en commun. Cela peut même conduire à des rassemblements en cercles successifs : On peut rassembler à la fois 50 sur a + b,  et 100 sur a seulement.et 100 autres sur b seulement. Et pendant ce temps, le Parti lui-même garde sa liberté d’agir sur a+b+c+d.

Donc, vouloir supprimer le parti pour y substituer un rassemblement, c’est seulement supprimer le parti, puisque sa suppression n’est pas une condition du rassemblement.

De plus, il est clair que si le Parti peut avoir la liberté d’agir sur a+b+c+d et qu’on y substitue un rassemblement celui-ci sera inévitablement limité à a ou b ou a+ b ou a+b+c, car autrement  si c’était pour assurer tous les objectifs du Parti,, il n’y aurait pas besoin d’une autre base de rassemblement, cela signifie qu’on abandonne ce qui du a, du b, du c, et du d n’est pas repris par le rassemblement.
Donc oui au rassemblement (et même aux rassemblements), mais certainement pas à la place du Parti, mais au contraire non  seulement cela ne doit pas être exclusif du rôle propre du Parti mais en dépend nécessairement.

Ce que signifie revitaliser le Parti

1)     Conjuguer au présent une dialectique du futur et du passé

Au cours des années et des luttes, le Parti avait accumulé une expérience qui faisait qu’au lendemain de 1968, à la double épreuve de la lutte sur deux fronts en mai, et du coup de force soviétique à Prague, la maturité des militants avait atteint un niveau de qualité sans précédent. Cela qui permet de mesurer le gâchis ultérieur.

A la base, si les  aspects effectivement positifs de l’expérience soviétique ont pu y avoir leur place,, y voir la composante principale de cette culture des communistes participe de l’entreprise de l’adversaire de classe Cette culture des communistes a principalement fleuri sur le terreau d’un double héritage, celui des philosophes des lumières et des combats du mouvement ouvrier français des origines communales à l’évènement communard,  enrichi par un marxisme seulement parfois trop dogmatisé.

Il n’y a donc rien ni de « stalinien », ni de passéiste, d’archaïsme, de nostalgique, ou d’immobilisme à en redécouvrir les sources et les richesses.  Elles sont un facteur indispensable de fertilisation de la projection  dans l’avenir.

Elles le sont d’autant plus qu’elles-mêmes se sont constituées dans un constant mouvement de mise à jour, à l’épreuve des luttes, des échecs, des modifications du contexte et du comportement de l’adversaire/. Ce sont des sources constamment ouvertes à la découverte et à l’enrichissement, les rejeter est se désertifier, avec la prétention puérile d’avoir à tout réinventer comme si rien n’avait jusqu’ici existé ou si a priori tout en était à rejeter parce qu’ayant dépassé la date de consommation !

Pour le vérifier, il suffit de  faire un bref inventaire, évidemment non exhaustif, de ces repères :

1)     Ce sont les peuples qui font l’Histoire

2)     Les peuples sont enseignés plus par l’expérience (leurs déboires, leurs luttes, leurs

 succès) que par les discours.

3)     Définir le communisme autrement que par une sorte d’humanisme vague dont tous

les autres font à bon compte leur panneau publicitaire.  Revenir aux fondamentaux  mettre au centre la dénonciation de l’exploitation de l’Homme par l’Homme, et donc la lutte de classes

Remettre en honneur des formules ambitieuses comme : le communisme est la substitution de l’administration des choses au gouvernement des hommes, et c’est la maîtrise des êtres humains sur leurs rapports sociaux et sur la nature. Reprendre avec vigueur les drapeaux du matérialisme historique, et les donner non pas seulement à voir mais à partager.

2)     Simplement mettre à jour l’application de cette boussole au moment de l’Histoire où nous sommes

Le stade du capitalisme mondialisé, en proie avec la crise tenant à la  contradiction fondamentale qui peut, dans la course aux marchés, conduire aux pires catastrophes pour l’Humanité.

Cela rend plus actuelle que jamais la nécessité d’une conscience de classe, mais en déplace le front, qui, avec toujours évidemment la classe ouvrière comme moteur, une opposition entre peuples et capital mondial  Nous sommes à une épque où  dans tous les domaines l’alternative fondamentale est entre pouvoir sur les peuples et pouvoir des peuples

Cela pose en termes nouveaux, enrichis, la notion d’internationalisme. Toute l’Histoire du Parti a été imprégnée de la solidarité entre classe et nation. Il serait coupable de penser que cela puisse être périmé, quand, en acquis des luttes passée, le Préambule de la Charte des Nations Unies, en proclamant « Nous Peuples des Nations Unies, avons décidé d’unir nos efforts » a donné à la notion de souveraineté populaire une dimension mondiale, consacrant que les Peuples étaient pluriels, et devaient être égaux, souverains, mutuellement respectueux et solidaires. .

        3)Ne pas hésiter à remettre au centre en la mettant à jour la question du pouvoir

Cette question du pouvoir est centrale. Encore faut-il la poser de façon adéquate.

On a l’impression que cette question du pouvoir est taboue, qu’on tremble de paraître prôner la prise du pouvoir un jour J, comme si la notion de pouvoir était irrémédiablement compromise par le précédent soviétique de « Parti au pouvoir », et d’autoritarisme de parti.

C’est faire bon marché de ce que dans toute formation sociale il faut que soient prises des décisions, et que la question de savoir qui les prend et comment, est incontournable  Et la question de savoir qui a le pouvoir sur quoi est un enjeu central.

Et qu’on le veuille ou non, la Révolution est une inversion de pouvoir ; pn ne peut pas se dire révolutionnaire et en faire l’économie.. C’est d’ailleurs la différence d’avec le réformisme qui ne brigue qu’à se différencier dans des choix purement gestionnaires, sans inversion du pouvoir.

Et la démocratie n’est pas une inversion de pouvoir si elle se limite à garantir des libertés.  Mais elle l’est si on lui restitue son origine étymologique de « pouvoir du peuple »  Marx ne disait-il pas que la liberté ne voudra plus rien dire quand il n’y aura plus d’oppression, et qu’elle aura fait place à la maîtrise ?

Alors les luttes sont mises en perspective : l’alternative étant pouvoir sur le peuple ou pouvoir du peuple, on renoue avec toutes les batailles de notre peuple pour la souveraineté populaire.  On évite le piège libéral du trop d’Etat » ou de l’Etat-providence » pour viser à cette ambition que Krouchtchev avait proclamée pour l’URSS mais dont les conditions et l’héritage historiques n’ont pas permis de faire passer dans la vie : l’Etat du peuple entier dont la fonction répressive dans une société de classes fait place à un Etat de service public dans une société libérée de la domination de classe. Il ne s’agit plus alors d’un pouvoir de parti,  mais d’un pouvoir du peuple.

Il est évident que, ainsi résumé, cela s’offre à tous les lazzis anti-populistes. Mais le populisme est l’utilisation par des oligarques d’un soutien populaire démagogiquement fourvoyé, alors que le pouvoir du peuple est simplement l’exercice d’une véritable souveraineté populaire

Et dès lors que la question du pouvoir est posée en ces termes,  elle se retrouve dans tous les combats, car c’est dans tous les domaines, et pied à pied que à tout moment cette question du pouvoir est posée : elle l’est dans la bataille contre les privatisations, dans la défense du service public, s’agissant des attributions des comités d’entreprise, des prérogatives municipales, du mode d’élection,  des pouvoirs des élus et de leur responsabilité devant leurs mandants, de la transparence de leurs délibérations, des possibilités d’intervention populaire, de la démocratisation des médias, etc……

A cet égard, la véritable mutation du PCF a été opérée dans les années 60, quand d’abord Maurice Thorez proclamait à la dernière conférence mondiale des Partis Communistes le droit à la différence, puis quand, préfaçant l’abandon de la dictature du prolétariat, était lancée en 1966 la stratégie de la démocratie avancée menant au socialisme,, c’est-à-dire le combat pour la démocratie jusqu’au bout,  à la condition qu’elle intègre à la fois le politique et l’économique, ,et ne soit pas cette caricature de démocratie réduite à l’élection et à la délégation de pouvoir.

 

D’abord et d’urgence rendre à notre peuple colère, ambition et confiance en lui,

Dans sa pièce Nekrassov, Sartre fait dire par un de ses héros « ils veulent désespérer Billancourt ». Le drame est qu’ils y ont réussi, et que, l’effondrement de l’URSS y ayant aidé le parti lui-même y a contribué, en acceptant de se  culpabiliser comme si c’était le moyen de faire peau neuve, et en ne sachant plus ou n’osant plus, une fois privé de la référence à l’exemple soviétique, offrir de perspectives alternatives (alors que les révolutionnaires du 19è siècle n’en étaient pas incapables ni avares, en un temps où il n’était pas question de modèle soviétique).

Il ne s’agit pas,  comme c’est un peu partout la mode, de présenter un projet de prêt-à-porter, mais de montrer à notre peuple, à la fois par le discours, par l’exemple, et par l’entraînement, qu’une véritable alternative est nécessaire et possible, et de lui rendre la chaleur et l’enthousiasme  d’une véritable perspective de libération humaine.

Sans doute un tel combat doit compter aujourd’hui avec les nouvelles formes de la domination de classe, que ce soit le nouvel opium du peuple que représentent les dévoiements et les diversions de la société de consommation, ou les moyens médiatiques.

Mais cela ne fait qu’exiger le passage à un niveau supérieur de qualité et de vigueur dans le combat de classe et non à le réviser à la baisse et au compromis.

Plus que jamais précisément, cette situation rend nécessaire un parti de classe, ayant une boussole, la donnant à voir et à partager , et qu’il n’ait pas pour souci dominant de rassurer mais de motiver et d’impulser.

Il ne faut pas être grand clerc pour penser qu’en se revendiquant avec fierté de son passé,de son héritage, de son identité, de sa boussole, de son internationalisme, le parti redeviendrait ce phare qui aujourd’hui fait si terriblement défaut à notre peuple

Un manque et un gâchis

Il est clair en effet que l’un des traits les plus dramatiques de la situation actuelle est que l’adversaire n’a rien de vraiment opposé en face de lui. Les différences et oppositions nourries ou non de phrase anti-libérale, ne disputent que la manière de gérer le capital en plus ou moins social. Il y a certes aussi des discours révolutionnaires, mais ils n’ouvrent pas cette ambition communiste d’une complète libération humaine.

La question de l’Europe en est exemplaire : la seule alternative offerte a été celle d’un « non de gauche », strictement focalisé sur les orientations sociales de l’Europe, aloprs qu’un non communiste devait, comme en 1954 contre la CED être fondé sur la revendication de ne pas toucher au pouvoir de chaque peuple sur ses affaires et sur le choix entre une Europe de concertation entre des Peuples libres et une Europe d’asservissement supranational. Il n’est pas excessif de constater qu’en cette circonstance le Parti a déserté son combat..

Plus généralement, la caractéristique actuelle est que la politique du pouvoir nourrit les mécontentements, mais qu’aucune force politique ne s’offre, comme le ferait un Parti Communiste digne de ce nom, à les faire passer ensemble des protestations catégorielles à un combat commun  pour un changement de logique.

Et le gâchis est considérable, car il est évident 1) qu’il y a, notamment dans la jeunesse, une demande considérable, et  2) que seraient comblés ceux qui retrouveraient des repérages pleurés ou découvriraient alors des horizons insoupçonnés.

Tous sont orphelins de ces enthousiasmes et de ces perspectives qu’on leur a déniés, et demandeurs de pugnacité.

Il n’y a rien de passéiste ou de nostalgique à en retrouver la dynamique dans les conditions nouvelles, plu difficiles sous certains aspects mais plus faciles sous d’autres, de la société d’aujourd’hui.

A l’approche d’un congrès où son existence est posée, les communistes ne doivent pas oublier que leur Parti n’est pas leur propriété mais celle de leur peuple, et par son internationalisme celui de tous les autres peuples, qu’il n’est pas un but en soi mais un moyen historiquement indispensable, et qu’ils n’ont pas le droit d’en disposer à leur guise, que sa vitalisation n’est pas un droit mais un devoir.

 


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