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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:52

La fête de l’Huma 2008 vue par les militants de la section du PCF Paris 15ème

La fête de l’Huma avec ses centaines de milliers de visiteurs est le plus grand rendez-vous à caractère politique de la rentrée. En dehors de cela, on ne s’en étonnera pas, les media n’ont pas vu grand’chose de la réalité de la Fête. Ils sont passés sans remarquer les milliers de militants sans lesquels elle n’existerait pas et qui ont dû endurer cette année des conditions matérielles et financières plus difficiles, notamment pour les stands entièrement militants comme les nôtres. Ils n’ont eu d’yeux que pour celui qui s’est pointé là comme une rose : Olivier Besancenot, faisant sa campagne de « récup ».

Militants communistes, nous n’avons pas vu ni vécu la même chose. Sur le stand du PCF Paris 15ème, comme nos camarades du Collectif PCF-RATP-Bus, nous avons résolument décidé de faire de la politique, d’engager le débat avec les visiteurs. Beaucoup nous en ont d’ailleurs remercié, regrettant que la fête soit de moins en moins politique et militante. Cette année encore, aucune campagne politique d’ensemble n’a été impulsée. On pouvait traverser les allées sans être sollicité, même pour la traditionnelle mais si importante campagne d’adhésion.

Nous avions choisi de diffuser et de faire signer un tract-pétition pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et un texte invitant au débat sur le 34ème congrès du PCF, affichant notre intention de défendre, avec beaucoup d’autres, un texte alternatif au projet de base commune de la direction. Pour leur part, nos camarades de la RATP étaient présents avec un tract pour la défense du service public, celle du statut des agents et pour la conquête d’un monopole public des transports urbains en Ile-de-France. Comme l’année dernière, le fronton du stand « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes » a fait mouche et a suscité de nombreuses conversations (merci aux camarades qui ont réalisé les banderoles).

La pétition contre la guerre impérialiste a été un franc succès : plus de 2500 signatures sous notre seul stand. Nous avons vérifié que c’est vraiment une initiative telle qu’on l’attend de la part du PCF.

Concernant notre parti, le PCF, nous avons senti chez beaucoup, camarades, sympathisants, électeurs et même au-delà, à la fois de grandes attentes, une forte demande d’échange et de l’inquiétude. Pas question d’imaginer, sauf un nombre infime, une disparition du PCF, un parti dont on a besoin, mais manifestement quelque chose ne va pas dans le parti, ce qui s’exprime que nos interlocuteurs partagent ou non l’analyse de notre texte.

La tentation existe face à l’affaiblissement récent d’afficher une unité, même de façade, mais le doute sur la stratégie poursuivie depuis plusieurs années est fort. On voudrait se rassurer aux accents un peu plus toniques du discours de Marie-George Buffet. Mais l’alignement confirmé sur le PS avec la rencontre sur la Fête même avec F.Hollande et la secrétaire des Verts les contredit. Ensemble se placer dans la perspective de préparer 2012 pour faire ce que Hollande a appelé la « gauche durable » ? C’est être en décalage avec le développement des luttes, l’ambition d’une véritable alternative politique. Comment combattre efficacement la privatisation de la Poste avec ceux qui ont approuvé et approuvent les directives européennes de marchandisation, qui ont voté oui au Traité européen de Sarkozy ?

Comment faire monter la mobilisation pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan avec ceux qui prétendent les maintenir au nom d’une intervention militaire humanitaire ?

Comment ne pas être dérouté aussi par les flammes omniprésentes portant le slogan « l’Humanité-dimanche : la gauche a son magazine » alors même qu’une souscription nationale est lancée pour sauver le quotidien communiste. 

La « gauche », la « gauche », la « gauche »… n’est-il pas temps de parler du PCF et de son avenir? Surtout quand la contestation du capitalisme, de ses effets et de sa crise est au plus haut, ce dont témoigne le succès, notamment chez les jeunes, dont ceux qui ont été dans les mouvements lycéens et étudiants ou contre le CPE, des badges et des Tee-shirts portant faucilles et marteaux. Ou bien encore la forte demande de livres politiques sur notre stand de livres d’occasion.

Nous ressortons de la Fête avec la conviction renforcée que nous avons besoin de rendre au PCF sa raison d’être. Il doit redevenir le Parti révolutionnaire conséquent, indépendant, idéologiquement fort sur une base de classe s’appuyant sur sa théorie marxiste, qui permette l’engagement de chacun. D’une façon ou d’une autre, cette attente est présente, chez ceux qui ont connu le parti il y a quelques années comme chez des plus jeunes qui font l’expérience de l’affrontement de classe.

Nous en avons discuté en particulier plus longuement avec des salariés et habitants du 15ème, notamment des agents du dépôt bus RATP venus à plus d’une vingtaine sur la Fête et sur le stand, une première depuis longtemps, liée à l’action du parti dans les luttes dans notre arrondissement.

Les échanges avec des camarades d’autres sections nous le confirment aussi. Dès que les communistes redressent la tête, prennent des initiatives fortes, ils regagnent la confiance des salariés, des jeunes.

Le 34ème congrès du PCF doit ouvrir et clarifier les débats, ne pas éluder le bilan des dernières années et proposer de rompre avec la stratégie qui entretient le fatalisme de l’effacement du PCF. Nous en sommes encore davantage convaincus.

 

Autant dire que les plus de trente camarades qui ont participé au montage et à la vie du stand sont revenus de la Fête revigorés mais aussi épuisés... aussi parce qu’ils ont fait la fête.

Vive le PCF et la Fête de l’Huma, cet événement irremplaçable ! 

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 11:28

Elections sénatoriales : le PCF encore un peu plus satellisé au PS ?

 

Les élections sénatoriales de ce 21 septembre concernent un tiers des départements, ceux du début de l’alphabet. Elles sont l’occasion à nouveau pour tous les communistes de condamner un mode de scrutin indirect particulièrement injuste et de poser la question de l’existence même de la deuxième chambre tant qu’elle ne sera pas profondément démocratisée.

Dans les sièges soumis à renouvellement, on ne trouve que deux sortants communistes.

Dans les Côtes-d’Armor qui élisent 3 sénateurs, le scrutin a lieu selon le mode majoritaire, ce qui peut justifier la reconduction d’une liste commune avec le PS dès le 1er tour.

Mais dans les Bouches-du-Rhône, pour la première fois dans l’histoire, la direction départementale du PCF a décidé de se ranger derrière le PS, précisément derrière Jean-Noël Guerini, déjà tête de liste aux municipales à Marseille qui n’avait, entre autres, pas hésité à faire alliance avec le Modem. Pourtant, le scrutin a lieu à la proportionnelle dans ce département qui élit huit sénateurs et la réélection d’un sénateur communiste était acquise avec la création d’un nouveau siège.

On ne peut que s’interroger sur les motivations de ce choix. Officiellement, il s’agit de faciliter l’élection éventuelle d’un quatrième sénateur socialiste. La décision, au début de l’année, de la plupart des Conseillers de Marseille de se rallier à M. Guérini aux municipales, sans attendre la consultation des communistes et en acceptant la perte de la mairie du 8ème secteur, est-il en train de se répliquer ?

Quelles qu’en soient les raisons, on ne peut que constater que la satellisation, via les élus, de notre parti au PS progresse encore. Pour beaucoup d’entre nous, il faudrait marquer au contraire l’indépendance en toute circonstance de notre parti d’une part, la fidélité des élus aux communistes d’autre part, à qui ils doivent leurs mandats.

Ces commentaires et interrogations ne concernent pas la personnalité de la candidate communiste marseillaise.

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21 septembre 2008 7 21 /09 /septembre /2008 10:08

Congrès Pcf 2008: tribune de Fred BRÛLE, fédération d'Ille-et-Vilaine 

 

J’ai adhéré au Parti en  août 1968 ; ma démarche ne fut pas la conséquence d’une demande d’autrui mais le résultat d’un long cheminement personnel. Je me suis souvent abstenu lors des votes de document de congrès, mais en 40 ans, je n’ai jamais quitté le Parti. Comme bon nombre de camarades, je suis de celles et ceux qui ont toujours servi le Parti sans jamais s’en servir.

Depuis sa création, je considère qu’à toutes les époques, le Parti, au  travers de certains de ses dirigeants ou responsables a commis des erreurs (c’est trop facile de dire que tous les camarades sont concernés).

Voici quelques exemples qui, selon moi, ont été des erreurs :

-Une certaine allégeance, par ailleurs des complaisances vis-à-vis d’autres partis communistes dont le PCUS et cela dès les années 20 (l’internationalisme prolétarien signifie bien entendu solidarité de classe mais aussi autonomie, expression du sens que nous donnons à l’idéal communiste (ainsi  ma solidarité à l’égard  de Cuba ne m’interdit pas de réprouver les emprisonnements et autres comportements  auxquels sont soumis les opposants).

- Le comportement sectaire du groupe Barbé-Célor.

- Le faux-pas de Jacques Duclos concernant la tentative de reparution légale de l’Humanité.

- La non-dénonciation des crimes  du stalinisme dès leur connaissance, donc dès après la  disparition de Lénine.

- La signature du Programme Commun (l’écriture du Programme « Changer de cap » fut une bonne initiative que l’on pourrait  remettre aujourd’hui en chantier et  ainsi donner à voir  notre identité)

- Les ouvertures de capital (véritables privatisations) initiées sinon votées, acceptées

 par les ministres communistes

- Lors de l’élection présidentielle de 2007, l’appel et la campagne en faveur d’autres candidats que celle du Parti par des dirigeants et responsables notoires de notre Parti (Merci à ces derniers  pour le score de 1,93% !)…

Les raisons  de toutes ces erreurs : beaucoup d’opportunisme, de suffisance, de manque d’esprit critique, de manque de rigueur … Depuis le début des années 70 et même un peu avant, toutes ces raisons continuent à co-exister dans les instances dirigeantes de notre Parti.

Présentement, la préparation du congrès aurait dû être confiée à d’autres que les membres du Conseil National sortant qui sont juges et parties et par ailleurs naturellement mal placés pour faire le bilan de leur mandat ; il y a parmi eux , celles et ceux qui par leur comportement ont contribué à affaiblir le Parti dans la dernière période, ceux-là même qui souhaitent la disparition de notre Parti !

 

Autres insuffisances ou problèmes : la démocratie interne, les finances du Parti , les accords électoraux , l’internationalisme.

 

-         La démocratie : il reste beaucoup à faire : des camarades s’expriment mais beaucoup ne s’expriment pas , d’autres quittent une instance en cours de mandat ce qui signifie que ces derniers  n’ont pas trouver leur compte dans celle-ci ; et l’auto-critique des responsables de l’instance en question : absente , au moins apparemment .

-         A propos du Congrès, quels moyens concrets de mise en œuvre pour qu’une nette majorité de camarades participent aux votes !? Des scores à 30% ne sont pas plus satisfaisants que des scores à 99% !

-         Les finances du Parti : en fait , je pense plutôt aux sources de recettes et aux conséquences :  les recettes reposent majoritairement sur les reversements des indemnités d’élu(e)s .Rêvons un seul instant  à la situation où les recettes proviendraient essentiellement des cotisations des adhérent(e)s. Il est facile de comprendre alors que notre situation actuelle justifie notre électoralisme, nos accords électoraux avec le Parti socialiste. Petit à petit, ce parti nous efface de la carte électorale. Dans les années 70, nos maires géraient une population de plus de 5 millions d’habitants, et maintenant… c’est 5 fois moins ! Les accords à géométrie variable selon les élections …! fondamentalement ce n’est pas fiable : les élus communistes sont utiles, bien sûr … Il n’empêche, je pense quand même que  l’objectif des accords électoraux est pour le moins autant financier que politique. Le Parti est  plutôt réformiste que révolutionnaire !

 

-         L’internationalisme. Le monde capitalisme est organisé, a ses instances, bref est à la hauteur quant à la défense et à la promotion de ses privilèges. Pendant ce temps que font les différents partis communistes du monde entier, sont-ils à la hauteur  pour s’opposer  au rouleau compresseur du capitalisme mondial ? Que fait le Parti dans ce cadre ? Qu’attend-on  pour prendre des initiatives de  rencontres à l’échelle de la planète, pour participer à l’organisation de la riposte au capitalisme? Pour le Parti c’est l’Europe, l’Europe, et encore l’Europe ! En attendant le «  dépassement » du Capitalisme, nous gérons ? oui ou non !

 

Pour finir : ce que je souhaite du prochain congrès :

 

Que le  Parti redevienne  MARXISTE. Je comprends que l’on peut être communiste sans être marxiste. S’agissant des responsables et plus encore des dirigeants, je suis beaucoup moins compréhensif. Je pense vraiment que la situation actuelle dans laquelle se trouve le  Parti en matière de comportement, d’analyse, de stratégie, de réflexions, d’actions tient au fait que le MARXISME n’irrigue plus  les consciences de nos dirigeants.

Alors est venu depuis plusieurs décennies le temps de l’opportunisme, du pilotage à vue, de la cacophonie. Je souhaite que ce temps soit révolu.

 

Fred Brûlé (Fédération d’Ille-et-Vilaine)

 

P.S.  Quand je dis MARXISME, j’entends par là, évidemment, les apports de Marx qui correspondent à notre époque du début du 21è siècle, apports, enrichis, complétés par les résultats acquis à ce jour et fruit des recherches dans les diverses sciences humaines et sociales.

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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 11:17

Texte issu de la rencontre nationale des 29 et 30 août. Version intégrant les amendements collectés à la Fête de l'Humanité. Remplace la précédente.


Nous voulons faire vivre le PCF pour mener le combat de classe

Nous défendrons un texte alternatif au 34ème congrès

Un spectre continue à hanter les nuits du patronat et du pouvoir capitaliste : celui du seul parti politique qui a donné historiquement à la classe ouvrière, au monde du travail les moyens de remettre en cause leur domination en France, le PCF. La persistance des campagnes anticommunistes en témoigne.

L’évolution du monde ne cesse de justifier davantage l’existence de notre parti. La mondialisation capitaliste s’étend et s’intensifie. Dans notre pays, le gouvernement actuel, poursuit à un rythme accéléré la politique de ses prédécesseurs: la remise en cause systématique des acquis sociaux et démocratiques pour la conquête desquels notre parti a joué un rôle déterminant. 

Alors que le danger de guerre mondiale surgit à nouveau, nous nous souvenons que notre parti est né justement en 1920 du refus de la guerre impérialiste.

Dans le même temps, la contestation du capitalisme monte, marquée par le développement continu des luttes sociales depuis 1995 ou par le rejet de la « constitution » de l’UE en 2005.

Dans ce temps où la lutte des classes bat son plein, la raison d’être de notre parti est plus actuelle que jamais : porter une perspective révolutionnaire de rupture avec le capitalisme, le socialisme, la traduire en propositions et actions concrètes pour renforcer le mouvement des luttes, permettre l’intervention politique organisée directe des travailleurs.

L’acquis du Congrès de Tours n’est pas tombé avec le Mur de Berlin. La rupture avec les partis réformistes, toujours enclins à la collaboration de classe, n’a jamais été autant d’actualité.

Quoiqu’en disent les « politologues » anticommunistes, et maintenant une partie des dirigeants du PCF, notre parti n’est pas voué à un « déclin inéluctable ». Le résultat des élections cantonales de 2008, 9,3% avec des candidats clairement identifiés comme communistes, l’écho que reçoivent nos actions militantes dans nos sections, l’expérience de la bataille pour le NON à l’UE du capital de 2005 nous en convainquent.

Aujourd’hui, nous sommes décidés à ne pas laisser dilapider tout ce que représente le PCF, donc à ne pas laisser perdurer la stratégie que la direction sortante entend poursuivre, envers et contre tout, après le 34ème congrès.

Ces dernières années ont connu un affaiblissement grave et sans précédent de notre parti et de sa capacité à jouer son rôle dans la lutte des classes en France.

Nous considérons que c’est principalement le résultat de la stratégie d’effacement de l’identité et des positions communistes depuis la « mutation » des années 90.

A contresens de la raison d’être de notre parti, la direction a choisi de privilégier la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. Elle a abandonné la perspective révolutionnaire du socialisme pour lui substituer, dans les faits, celle de la victoire électorale de la « gauche ». Elle a ainsi placé le PCF sous la tutelle du PS depuis l’expérience de la « gauche plurielle » entre 1997 et 2002. Intégrée dans un bloc de l’alternance, elle a abandonné la contre-offensive idéologique et politique. Dans le même temps, elle a sabordé l’organisation spécifique révolutionnaire de notre parti, la cellule, notamment l’activité à l’entreprise, désertant le premier terrain des luttes.

Le 1,93% de la présidentielle de 2007 a représenté une sanction sans appel. Devant cette situation d’une extrême gravité, les communistes sont en droit d’attendre une analyse sérieuse et responsable de l’ensemble des choix stratégiques depuis vingt ans. Nous faisons le constat que la direction sortante se refuse à la faire. 

En 2007 déjà, elle a évité le congrès extraordinaire que la situation exigeait. Restée en place, elle continue la même politique sclérosante pour notre parti. Comment mener par exemple la bataille contre la privatisation de la Poste côte-à-côte avec un PS qui est responsable de tout le début du processus et qui continue d’appuyer les directives européennes de marchandisation?

Pour le 34ème congrès de décembre 2008, la direction de notre parti a adopté un projet de base commune que nous jugeons irrecevable. Il propose aux communistes l’amnésie, l’anesthésie et la fuite en avant.

Aucun bilan des choix stratégiques des derniers congrès! En revanche, des phrases creuses et fumeuses sur la situation du monde dont la seule préoccupation semble d’être de montrer que l’on a changé d’époque et que donc il faudrait changer le parti, changer de parti.

La direction sortante confirme qu’elle entend continuer jusqu’au bout le processus d’effacement du PCF. Après juin 2007, les principaux dirigeants avaient mis à l’ordre du jour la question de « l’existence même » du parti, de son « dépassement ». Malgré la décision de l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007 de maintenir le PCF, la direction continue à parler, dans son projet de base commune, de « transformations profondes » allant jusqu’à une « métamorphose ».

Responsables d’organisations du PCF, cellules, sections, fédérations, militants, nous décidons d’assumer nos responsabilités de communistes. 

Nous refusons de laisser notre parti continuer à être transformé en coquille vide , en attendant une recomposition politique à gauche, peut-être dès les élections européennes de 2009.

Pour le congrès lui-même et pour l’avenir du Parti, nous prenons la décision de défendre un texte alternatif à celui de la direction que nous souhaitons déposer avec tous ceux qui partagent cette analyse.

Ill est indispensable que les communistes puissent se prononcer définitivement pour le maintien du PCF, se prononcer pour la rupture avec le processus de mutation-disparition, pour que notre parti retrouve sa raison d’être.

Qu’ils puissent se prononcer et agir :

- pour que le PCF retrouve sa totale indépendance de pensée, d’action et de structure qu’il mette entièrement au service des travailleurs et de la lutte des classes.

- pour qu’il porte comme perspective, la perspective politique révolutionnaire de la rupture avec le capitalisme, le socialisme. (au lieu de celle d’une nouvelle « gauche plurielle » en 2012, avec l’insertion du parti dans « une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche » (projet de base du CN), c'est-à-dire dans une bipolarisation derrière le PS qui se détourne de la force décisive de l’alternative politique, les luttes.

- pour qu’il revienne à des fondamentaux théoriques, marxistes, non par affirmation identitaire mais parce qu’il s’agit d’une nécessité pour le combat de classe aujourd’hui.

Notre analyse de la nécessité de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange est essentielle dans la bataille contre les privatisations, pour la défense et la reconquête des monopoles publics, également pour une conception offensive de la mixité, par exemple dans un secteur comme l’audiovisuel.

Les enseignements de Marx dans « Salaires, prix et profits » sont tout aussi essentiels pour dénoncer et combattre le RSA, les exonérations de cotisations patronales qui sapent le financement de la Sécurité sociale, ou la Prime pour l’emploi défendue par le PS dans la même logique que le RSA [faire rémunérer le travail par la collectivité à la place du patron].

- pour des initiatives politique de lutte immédiates. Un texte de congrès ne peut pas être hors du temps. La responsabilité des communistes est de proposer des ruptures politiques immédiates avec la politique au service du capital. L’alternative politique ne réside pas dans l’objectif électoral de 2012 [avec un pôle canalisant l’électorat à gauche du PS] mais dans la capacité du mouvement des luttes à commencer à mettre en échec la politique de Sarkozy sur une première bataille: éducation, service public, droit du travail… Elles sont toutes déterminantes comme la lutte contre la guerre impérialiste et pour le retrait de la France de l’OTAN.

- pour amplifier en France le rejet et la disqualification de l’UE du capital, dans la suite du NON de 2005, en finir avec les positions « euroconstructives » et les illusions dangereuses qu’elles portent.

Adhérer à l’objectif d’intégration européenne, dans le sillage du PGE, même de façon « radicalement critique », est un contresens. C’est adhérer à un projet capitaliste contradictoire avec notre objectif de développer des coopérations mutuellement avantageuses, respectueuses des peuples.

- pour retrouver l’engagement internationaliste fondamental du PCF.  Rompant avec le PGE, notre parti doit renforcer sa coopération avec les partis communistes et progressistes, affirmer sa solidarité avec les expériences socialistes dans le monde, par exemple en Amérique Latine.

- pour reconstituer l’organisation de classe du parti: la cellule directement sur le lieu de l’affrontement de classe, dans les entreprises et les quartiers, la section dont la raison d’être est d’impulser l’action des cellules dirigée vers les luttes, les directions départementales et nationales qui doivent en émaner. La reconstitution d’une structure de formation idéologique des communistes est indispensable dans ce cadre, partant de l’expérience militante.

Le texte alternatif que nous défendrons devra donner un signal fort à tous les communistes, avec ou sans carte, à ceux qui sont isolés, aux centaines de milliers de camarades qui se retrouvés écartés du parti, à tous les salariés qui luttent.

Nous voulons montrer que le PCF ne se réduit pas à la direction sortante, que des communistes sont décidés à réapproprier leur parti, à ne pas le laisser à ceux qui veulent le détruire. Le 34ème congrès doit être une étape de ce processus.

Un peu partout dans le monde, le socialisme redevient une réalité, le communisme une perspective, des partis communistes se renforcent. Des camarades, comme en Italie, reprennent en main leur parti. En France, les communistes peuvent et doivent s’unir le plus largement pour retrouver le Parti dont ils ont besoin pour mener le combat de classe.

PAS D’AVENIR SANS PCF!

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 09:59


TEXTE DE TRAVAIL, AMENDE DEPUIS. VOIR NOUVELLE VERSION (14 septembre) en lien




34ème Congrès du PCF:

Nous assumerons nos responsabilités de communiste

Nous ferons vivre le PCF, même face à la stratégie de la direction sortante.

Nous défendrons un texte alternatif au 34ème congrès.

 

Ce texte est issu de la rencontre nationale organisée à Paris les 29 et 30 août réunissant des camarades de 19 fédérations dont 5 membres du Conseil national (Auriol, Bernabé, Dang Tran, Debeauvais, Fainzang). Il est destiné à être discuté le plus largement, dès la Fête de l'Huma sur les stands de  la fédération de la Haute-Saône et de la section du PCF Paris 15.

Un spectre continue à hanter les nuits du patronat et du pouvoir capitaliste : celui du seul parti politique qui a donné historiquement à la classe ouvrière, au monde du travail les moyens de remettre en cause leur domination en France, le PCF. La persistance des campagnes anticommunistes en témoigne.

L’évolution du monde ne cesse de justifier davantage l’existence de notre parti. La mondialisation capitaliste s’étend et s’intensifie. Dans notre pays, le gouvernement actuel, poursuit à un rythme accéléré la politique de ces prédécesseurs: la remise en cause systématique des acquis sociaux et démocratiques, pour la conquête desquels notre parti a joué un rôle déterminant. 

Alors que le danger de guerre mondiale surgit à nouveau, nous nous souvenons que notre parti est né justement en 1920 du refus de la guerre impérialiste.

Dans le même temps, la contestation du capitalisme monte, marquée par le développement continue des luttes sociales depuis 1995 ou par le rejet de la « constitution » de l’UE en 2005.

Dans ce temps où la lutte des classes bat son plein, la raison d’être de notre parti est plus actuelle que jamais : porter une perspective révolutionnaire de rupture avec le capitalisme, le socialisme, la traduire en propositions et actions concrète pour renforcer le mouvement des luttes, permettre l’intervention politique organisée directe des travailleurs.

La chute du Mur de Berlin n’a pas supprimé la frontière entre les partis de « gauche réformiste », toujours tentés par la collaboration de classe et le parti communiste, telle qu’elle s’est manifestée au Congrès de Tours pour le plus grand bien des travailleurs de notre pays. La nécessité d’un bilan critique, partant d’un point de vue communiste, des expériences des Etats socialistes au 20ème siècle n’y change rien.

Quoiqu’en disent les « politologues » anticommunistes, et maintenant une partie des dirigeants du PCF, notre parti n’est pas voué à un « déclin inéluctable ». Le résultat des élections cantonales de 2008, 9,3% avec des candidats clairement identifiés comme communistes, l’écho que reçoivent nos actions militantes dans nos sections, l’expérience de la bataille pour le NON à l’UE du capital de 2005 nous en convainquent.

Aujourd’hui, nous sommes décidés à ne pas laisser dilapider tout ce que représente le PCF, donc à ne pas laisser perdurer la stratégie que la direction sortante entend poursuivre, envers et contre tout, après le 34ème congrès.

Ces dernières années ont connu un affaiblissement grave et sans précédent de notre parti et de sa capacité à jouer son rôle dans la lutte des classes en France.

Nous considérons que c’est principalement le résultat de la stratégie d’effacement de l’identité et des positions communistes depuis la « mutation » des années 90.

A contresens de la raison d’être de notre parti, la direction a choisi de privilégier la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes. Elle a abandonné la perspective révolutionnaire du socialisme pour lui substituer, dans les faits, celle de la victoire électorale de la « gauche ». Elle a ainsi aligné le PCF sous la tutelle du PS depuis l’expérience de la « gauche plurielle » entre 1997 et 2002, comme depuis. Intégrée dans un bloc de l’alternance, elle a abandonné la contre-offensive idéologique et politique. Dans le même temps, elle a sabordé l’organisation spécifique révolutionnaire de notre parti, la cellule, notamment l’activité à l’entreprise, désertant le premier terrain des luttes.

Le 1,91% de la présidentielle de 2007 a représenté une sanction sans appel. Devant cette situation d’une extrême gravité, les communistes sont en droit d’attendre une analyse sérieuse et responsable de l’ensemble des choix stratégiques depuis vingt ans. Nous faisons le constat que la direction sortante se refuse à la faire. 

En 2007 déjà, elle a évité un congrès extraordinaire que la situation exigeait. Restée en place, elle continue la même politique sclérosante pour notre parti. Comment mener par exemple la bataille contre la privatisation de la Poste côte-à-côte avec un PS qui est responsable de tout le début du processus et qui continue d’appuyer les directives européennes de marchandisation?

Pour le 34ème congrès de décembre 2008, la direction de notre parti a adopté un projet de base commune que nous jugeons irrecevable. Il propose aux communistes l’amnésie, l’anesthésie et la fuite en avant.

Aucun bilan des choix stratégiques des derniers congrès! En revanche, des phrases creuses et fumeuses sur la situation du monde dont la seule préoccupation semble d’être de montrer que l’on a changé d’époque et que donc il faudrait changer le parti, changer de parti.

La direction sortante confirme qu’elle entend continuer jusqu’au bout le processus d’effacement du PCF. Après juin 2007, les principaux dirigeants avaient mis à l’ordre du jour la question de « l’existence même » du parti, de son « dépassement ». Malgré la décision de l’Assemblée extraordinaire de décembre 2007 de maintenir le PCF, la direction continue à parler de « transformations profondes » allant jusqu’à une « métamorphose ».

Responsables d’organisations du PCF, cellules, sections, fédérations, militants, nous décidons d’assumer nos responsabilités de communistes. 

Nous refusons de laisser notre parti continuer à être transformé en « coquille vide », en attendant une recomposition

 politique à « gauche », peut-être dès les élections européennes de 2009.

Pour le congrès lui-même et pour l’avenir du Parti, nous prenons la décision de défendre un texte alternatif à celui de la direction que nous souhaitons déposer avec tous ceux qui partagent cette analyse.

Ill est indispensable que les communistes puissent se prononcer définitivement pour le maintien du PCF, se prononcer pour la rupture avec le processus de mutation-disparition, pour que notre parti retrouve sa raison d’être.

Qu’ils puissent se prononcer et agir :

- pour que le PCF retrouve sa totale indépendance de pensée, d’action et de structure qu’il mette entièrement au service des travailleurs et de la lutte des classes.

- pour qu’il porte comme perspective, la perspective politique révolutionnaire de la rupture avec le capitalisme, le socialisme. (au lieu de celle d’une nouvelle « gauche plurielle » en 2012, avec l’insertion du parti dans « une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche » (projet de base du CN), c'est-à-dire dans une bipolarisation derrière le PS qui se détourne de la force décisive de l’alternative politique, les luttes.

- pour qu’il revienne à des fondamentaux théoriques, marxistes, non par affirmation identitaire mais parce qu’il s’agit d’une nécessité pour le combat de classe aujourd’hui.

Notre analyse de la nécessité de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange est essentielle dans la bataille contre les privatisations, pour la défense et la reconquête des monopoles publics, également pour une conception offensive de la mixité, par exemple dans un secteur comme l’audiovisuel.

Les enseignements de Marx dans « Salaires, prix et profits » sont tout aussi essentiels pour dénoncer et combattre le RSA, les exonérations de cotisations patronales qui sapent le financement de la Sécurité sociale, ou la Prime pour l’emploi défendue par le PS dans la même logique que le RSA [faire rémunérer le travail par la collectivité à la place du patron].

- pour des initiatives politique de lutte immédiates. Un texte de congrès ne peut pas être hors du temps. La responsabilité des communistes est de proposer des ruptures politiques immédiates avec la politique au service du capital. L’alternative politique ne réside pas dans l’objectif électoral de 2012 [avec un pôle en « canalisant » à gauche] mais dans la capacité du mouvement des luttes à mettre en échec la politique de Sarkozy, sur une bataille ou une autre pour commencer, éducation, service public, droit du travail… Elles sont toutes déterminantes comme la lutte contre la guerre impérialiste et pour le retrait de la France de l’OTAN.

- pour amplifier en France le rejet et la disqualification de l’UE du capital, dans la suite du NON de 2005, en finir avec en finir avec les positions « euroconstructives » et les illusions dangereuses qu’elles portent.

Adhérer à l’objectif d’intégration européenne, dans le sillage du PGE, même de façon « radicalement critique », est un contresens. C’est adhérer à un projet capitaliste contradictoire avec notre objectif de développer des coopérations mutuellement avantageuses, respectueuses des peuples.

- pour retrouver l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Au lieu de suivre la logique du PGE, notre parti doit renforcer sa coopération avec les partis communistes et progressistes, affirmer sa solidarité avec les expériences socialistes dans le monde (Amérique latine...).

- pour reconstituer l’organisation de classe du parti: les cellules directement sur le lieu de l’affrontement de classe, dans les les entreprises et les quartiers, les sections dont la raison d’être est d’impulser leur action dirigée vers les luttes, des directions départementales et nationales qui doivent en émaner. La reconstitution d’une structure de formation idéologique des communistes est indispensable, dans ce cadre, partant de l’expérience militante.

Le texte alternatif que nous défendrons vise à donner un signal fort à tous les communistes, avec ou sans carte, à ceux qui sont isolés, aux centaines de milliers de camarades qui se retrouvés écartés du parti, à tous les salariés  qui luttent. Nous voulons montrer que le PCF ne se réduit pas à la direction sortante, que des communistes sont décidés à réapproprier leur parti, à ne pas le laisser à ceux qui veulent le détruire. Le 34ème congrès doit être une étape de ce processus.

Un peu partout dans le monde, le socialisme redevient une réalité, le communisme une perspective, des partis communistes se renforcent. Des camarades, comme en Italie, reprennent en main leur parti. En France, les communistes peuvent et doivent s’unir le plus largement pour retrouver le Parti dont ils ont besoin pour mener le combat de classe. PAS D’AVENIR SANS PCF!

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 18:31

Conseil national du PCF des 5 et 6 septembre 2008 

34ème congrès du PCF: intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

Le pré-projet de base commune de discussion nous a été communiqué seulement avant-hier. Il ne correspond absolument pas à ce dont les communistes sont en droit d’attendre de leur direction et à ce dont le PCF a besoin.

Nous avons déjà fait l’expérience du caractère bâtard de ce texte prévu par les statuts [adoptés en 2000] : à la fois base de discussion, supposée ne pas trancher les questions, et motion porteuse de la ligne de la direction sortante.

Je considère qu’il constitue une base de discussion irrecevable parce qu’elle fait l’impasse sur des éléments essentiels à soumettre au débat, à commencer par le bilan de la stratégie mise en œuvre depuis les congrès précédents. J’estime que la ligne politique que porte ce texte, la continuité, est dangereuse pour l’avenir du parti.

Amnésie, anesthésie et fuite en avant : voilà les trois caractères de ce projet de base commune.

Les choix repris au 33ème congrès, dans la suite du processus de « mutation » engagé dans le congrès précédents, ont fait la preuve de l’échec. Le 1,9% des présidentielles l’a sanctionné sans appel sur le plan électoral. Mais surtout, cette ligne a privé l’intensification des luttes depuis 1995 et la montée de la contestation du capitalisme de l’outil politique à leur service que le PCF doit être.

Comment une base de congrès peut-elle s’abstenir de présenter un bilan des choix stratégiques qui ont été faits ? Ils sont précis : celui d’effacer l’identité de notre parti, celui de donner la priorité à la présence dans les institutions sur l’action dans le mouvement populaire, ce qui a conduit à la satellisation au PS, ou encore les choix d’abandonner certains de nos fondements théoriques, de supprimer l’organisation spécifique révolutionnaire. Rien de tout cela : l’amnésie !

Le texte abonde en revanche de questionnements et de formules vagues, sur la situation du monde et la « modernité », de phrases creuses et fumeuses, assénant l’idée que le « monde aurait changé », que nous aurions « changé d’époque ». Et donc qu’il faut changer le parti ou plutôt changer de parti !

Tout au contraire, jusqu’à démonstration du contraire, le capitalisme domine toujours, et même davantage, notre pays et le monde, la lutte des classes est une réalité, le danger impérialiste s’affirme. D’une base de congrès, les communistes sont en droit d’attendre une analyse de leur développement, de leur évolution. Et non l’abandon de notre grille d’analyse marxiste.

Vague, peu concret, ce texte décourage le débat des communistes. Est-ce le but recherché ? On entrevoit la volonté de tenir un congrès dilatoire pour mieux poursuivre la stratégie qui détruit notre parti et sa raison d’être.

Car la continuité est bien à l’ordre du jour. L’orientation du texte ne respecte pas le mandat donné par les communistes à l’occasion de l’Assemblée nationale extraordinaire de décembre 2007 : maintenir et renforcer le PCF.

Il est significatif que le sigle PCF n’apparaisse pour la première fois qu’en 19ème page après tant de formulations sur la « gauche ». Si la « recherche de la constitution d’un autre parti » n’est pas retenue, c’est pour mieux insister sur les « transformations profondes », les « dépassements », allant jusqu’à une « métamorphose ». Ce que se propose la direction sortante dans ce texte, c’est de continuer, en attendant, à transformer le parti en coquille vide : un travail de taxidermiste !

La dilution du PCF dans le cadre d’une recomposition politique, dans un ensemble de « gauche » dont il ne serait plus provisoirement qu’un élément, est plus que jamais de mise. La discussion de tout à l’heure et la conception des listes aux élections européennes l’ont bien montré.

L’analyse sur le PS laisse présager la recomposition politique recherchée. Aux côtés d’une du PS convertie au social-libéralisme, existerait une place libre pour une nouvelle social-démocratie dans laquelle se fonderait le parti. C’est oublier, sinon sa nature même, que le PS est rentré dans le jeu de l’alternance depuis au moins 1983. Et surtout, que la différence demeure toujours aussi fondamentale entre un parti social-démocrate, réformiste et un parti communiste !

L’affirmation de l’indépendance totale, de pensée, d’action et de structure du PCF doit être un préalable.

Dans une base de congrès digne de ce nom, il est indispensable que les communistes puissent se prononcer pour la rupture avec le processus de mutation-disparition du parti, pour qu’il retrouve sa raison d’être.

Qu’ils puissent se prononcer pour que le PCF porte à nouveau une perspective politique révolutionnaire, la rupture avec le capitalisme, le socialisme.

Quelle est la perspective politique proposée depuis dix ans d’abandon de l’objectif du socialisme ? La « visée communiste » s’est confirmée être au mieux un vague humanisme, sinon une perspective fumeuse pour habiller la seule voie retenue : le rassemblement électoral majoritaire. Ce que l’on retrouve exactement dans le projet de texte proposé : objectif 2012 ! « une majorité, un gouvernement, une présidence de la République qui impulseraient une politique de gauche ». Une nouvelle « gauche plurielle » ? Immanquablement ! Quoiqu’elle en dise, la stratégie de la direction insère le Parti dans la bipolarisation, le satellise au PS, se détourne de la force décisive de l’alternative politique, les luttes.

Quand avec d’autres camarades, nous parlons de revenir à des fondamentaux théoriques, il ne s’agit pas d’une recherche d’affirmation identitaire, il s’agit d’une nécessité pour le combat de classe aujourd’hui.

Notre analyse de la nécessité de l’appropriation publique des principaux moyens de production et d’échange est essentielle dans la bataille contre les privatisations, pour la défense et la reconquête des monopoles publics, également pour une conception offensive de la mixité, par exemple dans un secteur comme l’audiovisuel.

Les enseignements de Marx dans « Salaires, prix et profits » sont tout aussi essentiels pour dénoncer et combattre le RSA, les exonérations de cotisations patronales qui sapent le financement de la Sécurité sociale, ou la Prime pour l’emploi défendue par le PS et certains de nos parlementaires alors que la PPE suit la même logique que le RSA [faire rémunérer le travail par la collectivité à la place du patron].

Un texte de congrès ne peut pas être hors du temps. La responsabilité des communistes est de proposer des ruptures politiques immédiates avec la politique au service du capital. L’alternative politique ne réside pas dans l’objectif électoral de 2012 [avec un pôle en « canalisant » à gauche] mais dans la capacité du mouvement des luttes à mettre en échec la politique de Sarkozy, sur une bataille ou une autre pour commencer, éducation, service public, droit du travail… Elles sont toutes déterminantes comme la lutte contre la guerre impérialiste et pour le retrait de la France de l’OTAN.

Dans toutes ces batailles, nous voyons combien la position retenue par le projet de texte sur l’UE est un contresens pour le PCF. En adhérent à l’objectif d’intégration européenne, même de façon « radicalement critique », on adhère à un projet capitaliste. Comment se battre contre la privatisation de la Poste si l’on ne remet pas en cause l’application des directives européennes en France ? Comment le faire, comme on nous l’a proposé ce matin, aux côtés des dirigeants du PS qui les ont défendues ?

Le texte de congrès dont nous avons besoin doit permettre aux communistes de se prononcer pour continuer à rejeter l’UE du capital, en finir avec les positions « euroconstructives ».

Quelques mots pour finir sur le parti lui-même.

La spécificité historique de notre organisation politique, parti de masse et de classe, a fait ses preuves dans l’histoire. Elle reste plus que jamais d’actualité.

Comment ne pas constater, par exemple, les effets, les dégâts de l’institutionnalisation du parti? La priorité donnée à la présence dans les institutions a accentué la dérive du rôle des élus [que le congrès de Tours avait justement subordonnés au parti]. On l’a vu encore aux municipales jusqu’à des alliances avec le Modem.

Nous devons analyser et mesurer les nouvelles prétentions du capital et du pouvoir à intégrer au système les forces qui ont pour raison d’être de s’y opposer du côté des exploités. Quelle autre signification des mesures sur le « dialogue social » et sur le plan politique, entre autres, de la réforme des institutions dans la suite du quinquennat et de la décentralisation.

On lit dans le projet de texte comme on entend partout le concept de « démocratie participative ». Mais dans un régime capitaliste, quelle meilleure participation démocratique que la lutte organisée ? La question de la reconstitution des cellules, tournées vers la lutte, est capitale. En particulier à l’entreprise, lieu de l’exploitation, en faisant l’analyse des évolutions du mouvement syndical.

La question des directions se pose en lien avec l’ensemble des choix stratégiques. Nous aurons l’occasion d’y revenir.

Pour finir, à propos du nécessaire renforcement du Parti. Le texte proposé est tout sauf le signal fort qu’attendent, en particulier du PCF, ceux qui sont dans les luttes pour dégager la perspective politique. Je constate qu’à nouveau le texte veut « ouvrir » le parti à des gens de « gauche » qui ne veulent pas devenir communistes. Cette « ouverture », déjà pratiquée par le passé, a laissé sur le bord du chemin des centaines de milliers de camarades. C’est au contraire vers eux en premier, comme vers les salariés, les jeunes qui se battent que nous devons nous tourner. A eux que nous devons nous adresser pendant ce congrès.

Le sondage publié hier dans l’Huma sur l’avenir du PCF m’a affligé. Constater les effets de l’idéologie dominante pour s’y adapter, quelle aberration ! S’il est erroné de se décréter l’avant-garde, il est affligeant de se concevoir en relais politique des majorités silencieuses !

En Italie, autre pays à forte tradition communiste, nos camarades ont déjoué la stratégie de liquidation de la référence communiste. Ils ont ouvert la voie. Non, la chute du Mur de Berlin n’a pas supprimé la différence entre un parti révolutionnaire et un parti réformiste, la nécessité de l’existence du PCF, n’a pas effacé la validité du Congrès de Tours.

Le dépôt d’un texte alternatif à ce projet de base commune sera indispensable.

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 17:30

Conseil national du PCF des 5 et 6 septembre 2008 

Intervention de Claude Fainzang, fédération de Paris, résumé

 

Comment peut-on proposer de préparer un congrès sans faire le bilan de la stratégie adoptée aux congrès précédents ? Il est désastreux mais on veut continuer dans la même voie. Le projet de base commune ne respecte pas l’Assemblée extraordinaire de 2007. Les communistes veulent que le PCF existe et se renforce et non que l’on continue à l’effacer et à en faire une coquille vide.

La priorité donnée depuis la « mutation » à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes est un contresens. Elle a conduit au discrédit du Parti après 97/2002. Le PCF doit cesser de devenir un parti d’élus comme les autres où la lutte des classes est remplacée par la lutte des places et l’alignement sur le PS.

Comment mener aujourd’hui la riposte contre la privatisation de la Poste avec ceux qui ont défendu les directives européennes ?

Il y en a assez de n’entendre parler que de la « gauche ». Notre parti doit retrouver sa totale indépendance de pensée, d’action et de structure et la remettre au service des travailleurs et des luttes. C’est la condition du rassemblement alors que l’épisode des collectifs « antilibéraux » a conduit au 1,9% et que 80% des communistes de 1995 se trouvent à l’écart de leur parti.

Les communistes, les salariés attendent de ce congrès un signal fort : que le PCF renoue avec son identité révolutionnaire. La mondialisation capitaliste appelle l’alternative socialiste et le combat anti-impérialiste qui fut toujours le nôtre. Le rejet de l’UE du capital a besoin du parti qui l’a toujours combattue sur la base de la souveraineté populaire et de l’internationalisme (Il faut rompre avec la ligne « euro-constructive » et le PGE). Les luttes qui se développent contre le pouvoir ont besoin des repères politique de classe et qu’apportait l’organisation révolutionnaire que la direction a liquidée : la cellule, la cellule d’entreprise. Ce congrès doit être un appel à faire vivre le PCF.

La base commune proposée par la direction pour le 34ème congrès tourne le dos à ces exigences. Un texte alternatif sera nécessaire.

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 12:11

Pas d’avenir sans PCF – Rencontre nationale des 29 et 30 août 2008 à Paris

 

Proposition d’initiative politique communiste de grande ampleur pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan.

 

Dans les discussions lors de la rencontre nationale du 30 août, la nécessité s’est exprimée de passer à un autre niveau dans la coordination des activités militantes des militants communistes et des organisations du PCF représentées. Nos échanges, notamment par internet et nos différents sites ont permis une première forme d’entraide militante. Mais les initiatives de chacun dans sa fédération, sa section, plus ou moins isolé, ne suffisent pas à pallier à l’indigence de la propagande nationale, à l’exigence de la riposte à la politique au service du capital, au déploiement des idées communistes qu’elle délaisse, à faire vivre l’organisation militante sur des bases de classes.

Aussi avons-nous décidé d’initier un certain nombre, le plus possible d’expressions et d’actions communes.

Dans le débat sur la situation politique lors de cette rentrée, une question majeure a été abordée. La guerre en Afghanistan, la mort de 10 jeunes soldats français rendent plus visible la menace impérialiste sur la paix mondiale. Elle est directement à mettre en lien avec le renforcement de l’exploitation capitaliste. Dans son intervention, notre camarade Henri Alleg nous a donné une analyse très précise des dangers et a souligné notre responsabilité de communiste à mobiliser contre la guerre impérialiste. La posture pro-UE de la direction de notre parti l’empêche de prendre l’initiative de la campagne nationale que le PCF aurait le devoir de lancer.

Aussi avons-nous proposé de créer les conditions du lancement d’une campagne nationale de pétition, adressée au Président de la République, pour le retrait des troupes françaises d’Afghanistan et le retrait de la France de l’OTAN.

Elle pourrait être lancée en grand à la Fête de l’Humanité.

Ci-dessous, voici un premier projet de tract reprenant l’analyse d’Henri. Des camarades planchent sur l’aspect européen de la question.

Merci de faire part de vos réflexions.



PAS UN HOMME, PAS UN SOU POUR LA GUERRE AMERICAINE !

La mort au combat, en août dernier,  de dix jeunes soldats a brusquement rappelé aux Français que, sans qu’ils aient été consultés, leur armée était engagée aux côtés des forces  américaines et de celles de l’OTAN dans une guerre  sanglante qui leur remet  douloureusement en mémoire celles menées contre les peuples vietnamien et algérien. 

         Alors que selon  les plus récents sondages 55% des citoyens s’opposent à la présence militaire française en Afghanistan, Nicolas Sarkozy n’a rien trouvé d’autre à dire, au lendemain de la tragédie qui a endeuillé des familles, que d’autres jeunes Français tomberaient encore, qu’il ne regrettait  rien et, qu’au contraire, il entendait poursuivre avec plus de résolution encore la même politique. Son ministre des Affaires Etrangères, Bernard Kouchner, complétant  la pensée du Président, précisait quant à lui que cette guerre coloniale   (prétendument menée contre le terrorisme) et à laquelle la France participerait  de plus en plus directement,  durerait plusieurs années. Reste une question : les Français  accepteront-ils ces sinistres perspectives ?

 
                         Il s’agit de l’avenir de l’humanité tout entière

 
         Il ne s’agit pas seulement de  la guerre en cours contre le peuple  afghan mais bien de la paix mondiale  et donc de l’avenir même de l’humanité car les  ambitions de l’impérialisme américain et de ses alliés vont bien au-delà de la mise sous tutelle de l’Afghanistan et de l’Irak.  Dans  l’entourage de Bush et autres va-t-en guerre, on parle ainsi ouvertement aujourd’hui de s’attaquer à l’Iran dont les immenses ressources en hydrocarbures excitent l’insatiable appétit des monopoles pétroliers. Sans qu’aucune discussion ait été ouverte au Parlement sur un sujet aussi important, sous la pression américaine et en accord avec les tenants de l’Europe du capital,  la France sarkozyste a pris la décision  d’investir des milliards (ces milliards refusés aux salaires, à la santé, à l’éducation, au logement, aux transports publics) dans la construction d’une formidable base atomique à Abu Dabi, face à l’Iran justement, et en prévision de l’agression projetée contre ce pays.

 

Prendre conscience du danger d’un nouveau conflit mondial

Mais il est quantité d’autres « points chauds », en Asie, en Europe, en Afrique, qui peuvent, à tout instant, devenir brûlants, s’élargir  et s’approfondir jusqu’à  déclencher  le feu nucléaire  sur toute la planète. Jamais  la   formule de Jaurès : « Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage » n’a été aussi vraie.  Jamais il n’a été aussi urgent pour tous les hommes de paix et de progrès d’en prendre conscience, d’agir en conséquence et en premier lieu de se dresser contre cette politique criminelle et d’aider à la mobilisation de millions de Français  pour dire résolument  « non » à ceux qui, alignés sur la politique atlantique de Sarkozy et des siens, envoient  de jeunes Français se faire tuer  en Afghanistan et ailleurs, de dire « non »  à ceux qui engloutissent des milliards  dans la préparation de nouvelles guerres déjà programmées  par le Pentagone.

C’est là, pour tous les communistes, pour tous les antiimpérialistes, pour tous  les combattants de la paix, la tâche et le devoir essentiels d’aujourd’hui.

 

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5 septembre 2008 5 05 /09 /septembre /2008 10:59

Pas d’avenir sans PCF – Rencontre nationale des 29 et 30 août 2008 à Paris

Une synthèse du débat sur le PCF et l’Union européenne


Dès l’origine, le PCF a analysé l’UE comme un outil de coordination des élites capitalistes et un instrument de destruction de la nation en tant que cadre de la souveraineté populaire, des conquêtes sociales, par définition, de la nationalisation de certains grands moyens de production (services publics)…

S’appuyant sur cette analyse, le PCF, ses militants ont pu montrer, encore ces dernières années (traité de Maastricht, monnaie unique, TCE), leur capacité à porter largement et efficacement la critique de l'Europe du capital, en lien avec les luttes politiques dans le pays.

L’action et le discours des militants communistes ont réussi à faire le lien, y compris en 2005, entre la dégradation des conditions de vie à l'approfondissement de la « construction » européenne.

Dans notre discussion, des exemples d’actualité ont illustré combien le rapport politique et idéologique est étroit entre les entreprises de liquidation des acquis sociaux et démocratiques nationaux et la promotion d'une entité européenne : mise en cause des départements dans le cadre de la promotion d'une Europe des régions, Révision Générale des Politiques Publiques, attaques contre des conventions collectives...

L’UE a-t-elle changé de nature avec l’évolution de la situation politique mondiale ? Pour tous les intervenants, la réponse est NON.

La chute du mur de Berlin n’a pas modifié les objectifs de la « construction » européenne. Un camarade rappelle que la « concurrence libre et non faussée » du projet de « constitution » de 2005 figurait déjà dès l’article 3 du Traité de Rome. La nouvelle étape du développement de la mondialisation capitaliste n’a pas modifié mais aggravé les prétentions du projet capitaliste de l’UE et renforcé sa fonction destructrice des acquis sociaux et démocratiques nationaux.  

La réflexion est engagée de savoir si l’UE est, aspire à devenir, un impérialisme secondaire (subordonné à l’Américain) ou une puissance impérialiste autonome. Dans tous les cas, l’intégration européenne est fondamentalement opposée au développement de l’internationalisme.

A l'extérieur, l'UE contribue à la mise en coupe réglée des économies émergentes en association avec les USA et le Japon au sein de l'OMC et suit de près toutes les agressions militaires américaines. La propagande autour de « l’Europe », la promotion d’une « Europe puissance » s’apparentent sur le plan idéologique à un nouveau nationalisme.

A l’intérieur, il est significatif que l’UE détruise les quelques exemples de coopérations internationales réussies, hors de son cadre, entre pays européens comme Airbus ou Galileo et les détournent au profit des multinationales.

Les transferts de pans de souveraineté vers l’UE, nominaux ou réels (monnaie, commerce extérieur) n’ont pas non plus supprimé le cadre national comme cadre principal de l’expression démocratique des peuples. Les référendums irlandais, néerlandais et français le montrent. La résistance à la domination capitaliste, dont l’intégration européenne est un instrument, ne peut se faire que dans le cadre national et international et non dans le cadre de l’UE elle-même, qui est incompatible avec la construction d’une alternative politique.

Des camarades ont aussi démonté le caractère illusoire et trompeur de « l’Europe sociale » ou du concept de « services publics européens », dénommés par l’UE « services d’intérêt général » qui part de la privatisation des monopoles publics nationaux dans l’intérêt des multinationales (ex : Véolia). 

L’adhésion à « l’intégration européenne » traduit la dérive « réformiste » de la direction du PCF.

Depuis les années 90, la direction du PCF a profondément changé sa position sur l’UE. Le renoncement en 1998 à la bataille pour le référendum sur la monnaie unique et le traité d’Amsterdam (que la « gauche plurielle » venait d’approuver), et l’expérience de la « Bouge l’Europe » ont constitué des ruptures.

La direction du PCF s’inscrit aujourd’hui dans le projet d’intégration européenne, auquel elle subordonne la perspective politique en confondant, de façon aberrante, internationalisme et « euroconstuctivisme ». Cette posture se traduit soit par la revendication « d’une autre Europe » soit par celle de la revendication d’une « réorientation de l’Europe ». On se souvient comment ont été désarçonnés certains camarades le soir du 29 mai 2005 en entendant MG Buffet réclamer à la télévision la « renégociation » de la « constitution » qu’ils venaient de combattre.

Un camarade a rappelé comment Francis Wurtz affirme dans les réunions que les services publics nationalisés, « à la française », sont dépassés, « parce que même nos amis européens n’en comprennent pas la conception ».

Un autre a montré comment la posture euroconstructive faisait glisser les positions sur l’OTAN, le Proche-Orient et abandonner des positions anti-impérialistes.

Le tournant « euroconstructif » participe de l'inflexion générale des positions idéologiques de la direction du PCF vers le « réformisme » (cette caractérisation fait l’objet d’un autre débat) depuis au moins le milieu des années 1990.

Le passage d'une analyse de classe de ce qu'est la « construction » européenne à une appréciation humaniste (« mettre l'Europe au service des hommes ») peut néanmoins passer inaperçu auprès de bon nombres de camarades. D'abord parce que le PCF est resté formellement impliqué dans une position hostile aux politiques européennes (bataille du Non au référendum), même s'il demeure une forte ambiguïté entre la position défendue par la plupart des militants et la direction. Ensuite parce que la direction a supprimé une bonne part des lieux de débats idéologiques dans le parti, et saboté les lieux de formation politique des communistes (voir l’indigence des « universités d’été » !).

Le niveau européen : prétexte et instrument à une recomposition politique qui efface le PCF.

L’abandon des positions communistes sur la question européenne va de pair avec l’adhésion sans réserve au Parti de la Gauche Européenne.

La nature du PGE a été cachée aux communistes lors de la consultation interne de 2004 comme depuis. Comme l’ont rappelé plusieurs camarades, ce « parti européen » est subventionné par les institutions européennes sous la condition expresse d’approuver et d’œuvrer à la construction d’une « entité européenne ».

Le PGE est à la fois le modèle et l’instrument de la poursuite de la « mutation » réformiste des partis communistes d’Europe, par ses positions et par son action.

Dans plusieurs pays, il soutient les éléments les plus réformistes des partis communistes membres voire des partis concurrents contre les partis communistes nationaux qui refusent de suivre sa ligne (Grèce, Portugal, République tchèque…).

Ses silences, comme ceux de la direction du PCF, sur les attaques menées dans différents pays de l’Union contre les mouvements communistes sont lourds de signification : aucune action contre l’interdiction de la JC tchèque, pour soutenir la direction, traînée devant les tribunaux, du Parti communiste ouvrier hongrois, rien contre le rapport Linblad.

La direction du PCF a également minimisé l’élection d’un président communiste à Chypre.

Le PCF transformé en « Parti de la gauche » comme le PGE ? ou comme « die Linke » en Allemagne (qui en assume la présidence) ? transformé en « section française du PGE » ? Les élections européennes de 2009 pourraient fournir, après le congrès, l’occasion d’une nouvelle étape dans la stratégie de disparition du PCF.

Au plan international et européen, la coopération internationale entre partis communistes et progressistes existe pourtant, hors du PGE. Elle s’est manifestée notamment à travers plusieurs appels internationaux initiés par les partis grecs et portugais, notamment contre le Traité de Lisbonne.

Signe de la gène de la direction sortante du PCF : elle les occulte (ne les publie pas, ne les traduit même pas en Français) même lorsqu’elle y a apposé la signature du PCF.

Le cadre européen est aussi un bon prétexte pour se tourner vers le syndicalisme de collaboration de classe. Plusieurs intervenants ont dénoncé la mise en avant de la Confédération Européenne des Syndicats, CES, comme notre partenaire syndical normal au niveau européen. Approuvant toutes les étapes de la « construction » européenne, y compris le TCE et le traité de Lisbonne, ce syndicat s’est toujours placé dans l’aménagement de la « concurrence libre et non faussée ». Ses positions, aux antipodes d’un combat de classe, sont donc totalement incompatibles avec les luttes que nous menons.

La recomposition politique au moyen de l’Europe s’est également manifestée, en France, avec l’épisodes des collectifs antilibéraux, issus des collectifs du non de 2005. Même si au plan local, les expériences, comme l’ont illustré certains camarades, n’ont pas toutes été négatives en terme de rassemblement et de lutte.

A l’occasion du 34ème congrès du PCF: réaffirmer le rejet de l’UE et la position internationaliste des communistes.

Notre discussion prenait place dans la perspective de l’élaboration d’un texte alternatif pour le congrès. Les analyses à écrire ne partent pas de rien, mais des positions développées dans le Parti plus ou moins jusqu’aux années 90 et de notre expérience militante.

Tous les camarades s’accordent pour réaffirmer l’opposition à l’Europe du capital, dans la suite du référendum de 2005, dont le résultat est analysé principalement comme un vote de classe.

La bataille contre la politique au service du Medef et du capital en France va de pair avec la dénonciation et le rejet du projet de l’UE, de « l’Europe des marchands », de « l’Europe des multinationales ».

L’expression de ce rejet doit-il se faire sous le slogan de « sortie de la France de l’UE », sous l’affirmation de la souveraineté populaire contre ses prétentions, dans une logique de désobéissance, de délégitimation de l’intégration européenne ?

Les directives qui cassent nos services publics, nos conquêtes sociales n’ont aucune légitimité pour s’appliquer en France et le gouvernement français qui utilise l’UE pour avancer sa politique capitaliste peut parfaitement les rejeter (d’autant mieux que c’est lui-même qui les a signées).

Une de nos préoccupations principales, pour le congrès, mais surtout pour la suite, doit être d’articuler notre rejet de l’UE avec nos luttes nationales, de démonter la légitimité de l’UE du capital.

Une autre est de mettre en avant notre position internationaliste : oui à des coopérations mutuellement avantageuses, librement consenties par les peuples, en dehors du cadre de domination capitaliste. Elles sont de plus en plus nécessaires. L’Amérique latine fournit un exemple politique d’alternative à l’intégration capitaliste.

Nous refusons de nous enfermer dans le dilemme « intégration européenne/repli sur soi nationaliste » en défendant la coopération et de solidarité de classe au niveau international. C’est ce que devront porter les listes présentées par le PCF aux élections européennes.

Cela implique, sur le plan du PCF, de demander la sortie du PCF du PGE et la participation, avec un rôle moteur, de notre parti au développement de la coordination des forces communistes et progressistes au niveau des pays de l’Union européenne, au-delà d’Europe, et du reste du monde. 

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4 septembre 2008 4 04 /09 /septembre /2008 12:40

IL S'AGIT DU TEXTE PROPOSE PAR LA DIRECTION SORTANTE. NOUS LE PUBLIONS DANS SA VERSION  ORIGINALE DELIVREE AUX MEMBRES DU CN. POUR INFORMATION. NOS CAMARADES INTERVIENDRONT POUR EXPRIMER NOTRE TOTAL DESACCORD AVEC CETTE PROPOSITION.



VOULOIR UN MONDE NOUVEAU,

LE CONSTRUIRE AU QUOTIDIEN

 

 

INTRODUCTION

 

Nous avons une conviction: dans la phase critique que traversent notre monde, notre pays confronté à la politique brutale de Nicolas Sarkozy, les forces de gauche et notre propre parti, nous ne relancerons pas un nouvel espoir de changement en nous contentant de ravaler la façade. Pour toutes celles et ceux qui aspirent à construire un autre monde, le temps est venu de repenser le changement, d’en redéfinir le sens dans les conditions du XXIème siècle, d’inventer les voies et les moyens de ces transformations dans le monde tel qu’il est devenu. Bien des voix, bien des événements, bien des échecs subis nous invitent au renoncement. Ce n’est pas notre choix. Les potentiels d’émancipation sont réels. Mais nous sommes lucides : sans une ambition politique collective, partagée dans notre société, pour formuler un projet d’émancipation de notre époque, sans le rassemblement des forces susceptibles de porter ce nouveau projet, la contestation du système capitaliste mondialisé restera condamnée à des échecs répétés.

 

Le chantier est immense, mais il n’attend pas. Il y a urgence. Notre peuple souffre durement de l’état du monde et de la politique mise en œuvre par Nicolas Sarkozy et le Medef. Il cherche à retrouver espoir en l’avenir sans avoir le sentiment que la politique lui permet aujourd’hui de trouver les réponses. Nous voulons contribuer, avec lui, à lever ces interrogations.

 

Pour nous, communistes, qui fondons notre engagement sur l’ambition de dépassement du système capitaliste et de toutes les aliénations du monde actuel,  l’essence de notre combat est questionnée. Nous sommes à un moment charnière. L’enjeu est sans conteste d’entrer dans une nouvelle étape de notre histoire. Nous visons donc avec ce congrès l’engagement dans un important travail de refondation de nos analyses, de notre projet, de l’avenir de notre parti.

 

Nous sommes face à quatre défis :

-          Nous avons changé de monde et d’époque. Nous vivons une mutation de civilisation, la crise de la mondialisation capitaliste s’amplifie, et tout cela change très profondément les conditions du combat que nous menons.

-          La politique mise en oeuvre depuis l’élection de Nicolas Sarkozy, qui amplifie avec violence le cours des politiques néo-libérales menées dans  notre pays depuis des années, fait mal à notre peuple, abîme notre pays et ses atouts, dégrade son rayonnement. L’avenir de la France est en jeu.

-          La crise de la gauche s’aggrave. Elle n’offre pas de perspective de changement crédible, et la droite encourage son éclatement entre social-libéralisme et protestation sans projet pour qu’elle ne soit plus susceptible de lui disputer le pouvoir. Le risque existe de l’effacement de toute perspective de changement transformateur à vocation majoritaire.

-          L’originalité du communisme français, mariant la critique globale du système et une visée de transformation sociale radicale avec une ambition et une implication de changement immédiat, est menacée.

 

Nous voulons relever ces défis et nous en mesurons la difficulté. Nous ne le ferons pas seuls. Nous ne résoudrons pas tous les problèmes qui sont devant nous d’ici notre congrès, mais nous voulons nous donner un cap clair pour avancer et travailler, pour pouvoir parler, agir sans attendre, construire un nouvel espoir avec toutes celles et ceux qui, comme nous, souhaitent ne pas se résigner au monde actuel et en France à la politique du pouvoir de droite en place.

**************

 

UNE NOUVELLE EPOQUE, UN AUTRE MONDE

 

Le monde dans lequel nous vivons désormais appelle-t-il et permet-il encore la mise en oeuvre d’un projet de changement dans notre pays ? De la réponse apportée à cette question dépend en grande partie la crédibilité du combat que nous menons. Or, si chaque individu a désormais conscience que son avenir dépend peu ou prou de ce qu’on appelle la mondialisation, celle-ci est majoritairement vécue comme un obstacle majeur à un tel projet de changement. C’est l’une des principales difficultés auxquelles nous nous heurtons.

Pour notre part, nous ne pensons pas que la mondialisation qui est devenue notre quotidien, qui peut donner espoir ou effrayer mais est et restera notre réalité, ferme la porte à des changements émancipateurs. Au contraire, elle peut être une chance de progrès immense, de mise en commun inédite pour l’humanité. L’obstacle est que le processus de mondialisation actuel a été et demeure piloté par les exigences d’un capitalisme financier et ultralibéral qui soumet la nature et toutes les activités humaines, le vivant lui-même, à la recherche exclusive du profit.

Nous puisons aujourd’hui dans une analyse renouvelée et actualisée de l’état du monde la conviction qu’un autre mode de développement, une autre conception du développement humain sont nécessaires et possibles. Mais les combats à mener doivent partir des réalités d’aujourd’hui, non d’un monde qui a vécu.  

Nous avons changé d’époque et sommes entrés dans une véritable mutation de civilisation. Nous vivons un état du monde en transformation permanente, très instable, une nouvelle période historique marquée par une accumulation de crises et de processus de transformations dans tous les domaines qui sont autant de défis pour le monde et pour l’humanité. Ne pas le voir, se tromper d’époque, c’est apparaître, même à notre corps défendant, comme les défenseurs des acquis d’un monde perdu, plutôt que comme les porteurs des potentiels du monde nouveau qui cherche à se construire. C’est surtout ne pas agir sur les bons leviers, les lieux de pouvoir qui décident réellement de l’avenir, les représentations qui façonnent les consciences.

 

Quels sont, à grands traits, quelques-uns des enjeux de ce nouvel état du monde ?

 

Révolution informationnelle, révolution des connaissances.

Révolution informationnelle, biogénétique, nanotechnologies… La croissance exponentielle des nouvelles technologies de l’information et de la communication, leur diffusion dans la société, le nouvel âge dans lequel sont entrées les connaissances bouleversent notre quotidien. Ces révolutions accroissent de façon spectaculaire les capacités d’expression et de création des êtres humains, qui n’ont jamais eu autant de possibilités d’agir sur leurs milieux de vie, pour le meilleur comme pour le pire. Les problèmes éthiques soulevés, les choix de civilisation sont considérables. L’accélération de ces changements bouleversent en continu le travail, les technologies, les sciences, les produits, la consommation, les rapports au territoire et à la nature, changent la structure, l’organisation, la localisation des activités salariées, déplaçant le centre de gravité des chaînes de fabrication vers les bureaux d’étude. La création de valeur dépend de plus en plus de l’appropriation des connaissances, des savoirs, des compétences.  Cette révolution transforme les rapports de production, les rapports sociaux, en appelle de nouveaux.

Avec ces révolutions, les besoins et les possibilités d’intervention et d’association des producteurs que sont les salariés sont plus grands que jamais. La tendance à la prédominance des activités informationnelles accroît les exigences de partage, ouvre des champs immenses au développement et à la mise en commun des capacités créatrices des salariés et des individus, ce que Bill Gates nomme avec mépris le « communisme informationnel ». Cela exacerbe les antagonismes capitalistes, en créant des conditions objectives de son dépassement. Mais le capitalisme, lui, tente d’exploiter cette révolution dans le seul but d’accroître la rentabilité financière des capitaux, organise le partage des savoirs sous le contrôle des multinationales pour faire « rendre plus de valeur aux actionnaires », capte les intelligences sans diffuser les pouvoirs, bride, verrouille, domine, contrôle, instaure les péages, marchandise. Le partage et la mise en commun de ces potentiels contre leur confiscation capitaliste est un des grands enjeux du XXIème siècle.  

 

Nouvelle phase de la mondialisation capitaliste.

La domination capitaliste s’intensifie et s’étend à toute la planète, à tous les champs d’activité humaine. C’est l’autre dimension structurante de l’actuelle mondialisation. La libéralisation des mouvements de capitaux a permis la mondialisation d’un capitalisme financiarisé à outrance, piloté par l’exigence de rendements financiers exorbitants, poussant à la surexploitation des mains-d’œuvre, à leur mise en concurrence exacerbée. La déréglementation financière et commerciale a poussé un ultralibéralisme forcené des échanges, une mondialisation des processus mêmes de production , au service des plus grands groupes capitalistes transnationaux, poussant à la marchandisation de toutes les activités humaines, à une mise en concurrence planétaire des salariés, à la privatisation des services publics, au recul des souverainetés économiques et alimentaires, mais aussi à une interdépendance accrue de toutes les économies. Les grandes organisations internationales, comme le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, ont été transformées en instruments de ces processus de domination.

Cette mondialisation sous domination capitaliste creuse des inégalités redoutables entre pays et régions du monde, comme au sein de chaque pays. La contre-offensive néo-libérale, qui a pris forme dans les années 80 et 90, doit faire face à une critique grandissante de la domination des marchés et des institutions chargées de les « réguler ». Elle génère  des ravages sociaux, écologiques et sociétaux grandissants, des contradictions explosives et des inquiétudes sur le devenir même de la planète. D’autant que le fait nouveau de ces dernières années est l’enchaînement des crises, financière, énergétique, environnementale, alimentaire, avec la résurgence d’« émeutes de la faim », affirmant et amplifiant une crise systémique de longue durée. Face aux nouveaux défis de l’humanité, le mode de développement capitaliste éprouve les limites historiques de son efficacité. Le capitalisme présentait sa globalisation comme la fin de l’histoire. Sa capacité à assurer l’avenir du développement humain est aujourd’hui en question.

 

L’avenir de la France en jeu.

Dans ce processus de mise en concurrence à l’échelle du monde, l’avenir de la France est doublement mis en jeu : parce que des acquis sociaux, démocratiques, culturels, marquants de son histoire, empreints des valeurs fondatrices de notre République (liberté, égalité, fraternité) sont menacés d’être mis en pièces ; parce que les forces capitalistes de notre pays ont décidé non plus de composer avec ces acquis mais de tourner la page et de les liquider pour se jeter à corps perdu dans la compétition capitaliste mondialisée. La politique de Nicolas Sarkozy marque de ce point de vue une rupture. Code du travail, Sécurité sociale, services publics, école publique, laïcité, libertés publiques, création culturelle, institutions républicaines, ouverture au monde… tout ce qui fonde une conception progressiste de la personnalité de la nation française est sur la sellette. L’avenir de la France est aussi en question dans la crise très profonde qui est celle de toute la construction européenne,  crise de projet, de confiance et de crédibilité. 

Ce sont non seulement les couches populaires, mais la grande majorité de la population qui est menacée par l’insécurité sociale. Les grands groupes français ou franco-européens détruisent désormais plus qu’ils ne contribuent au développement de l’emploi et de la ressource fiscale en France, fondant à l’instar des groupes transnationaux leurs stratégies financières sur la mise en concurrence des territoires, le pompage des aides publiques, des fiscalités à bas coût qui asphyxient nos finances publiques.

Ces politiques et ces stratégies tournent le dos au développement national, à la construction d’une Europe de progrès, à l’atout que pourrait justement représenter l’engagement de notre pays dans un mouvement de transformation sociale à l’échelle européenne et mondiale.   

 

Un salariat mondial en plein bouleversement. 

Les transformations du capitalisme étendent le champ des dominations mais aussi celui des résistances. Le mouvement de « salarisation » des populations actives se généralise à tous les pays. Ce mouvement est marqué par de profondes contradictions. La crise du travail, de sa finalité est une dimension importante, notamment dans des pays comme le nôtre, où la financiarisation malmène l’entreprise et le travail, où l’intensification de l’exploitation provoque stress et souffrances grandissants. Cela s’oppose aux potentiels de rapprochement des salariés, à leurs aspirations croissantes à être correctement payés, à être respectés, à se former, se cultiver,  évoluer, à intervenir dans les gestions. 

Si des luttes sociales et politiques mettant en cause les conditions de l’exploitation mondialisée se développent dans de nombreuses régions de la planète, si la formule « prolétaires de tous les pays, unissez-vous » n’a jamais été autant d’actualité, le capital a beaucoup d’avance sur les salariés en la matière. La mise en concurrence, le chômage, la précarisation qui  accompagnent l’extension du salariat constituent de puissants facteurs de division des milieux populaires. La conscience des intérêts collectifs recule ou se cherche face à des puissances capitalistes qui en se mondialisant semblent s’être mises hors de portée des luttes, d’autant plus que les convergences internationales, même européennes, demeurent balbutiantes. Le rejet de la mondialisation peut fort bien aller de pair dans ces conditions avec le développement d’égoïsmes individuels ou catégoriels, de nationalismes ou de communautarismes qui apparaissent faute de mieux comme la seule manière de se protéger et de ne pas perdre ses acquis ou ses valeurs dans la compétition mondiale. La période dans laquelle nous sommes entrés nécessite donc un énorme travail politique et idéologique de mobilisation et de solidarisation des salariés et des peuples.

 

Une crise très profonde des modes de développement.

Notre époque est aussi celle d’une prise de conscience que l’avenir même de la planète est menacé si on continue comme cela. Un productivisme aveugle, obéissant prioritairement aux lois du profit, gaspille les ressources naturelles, met gravement en cause les écosystèmes et la biodiversité, et est  aujourd’hui responsable d’une augmentation considérable des émissions de gaz à effet de serre. Les désastres climatiques touchent en priorité les plus pauvres de la planète. Le pillage des ressources naturelles qui s’est accéléré ces dernières décennies aiguise les conflits pour leur appropriation. Crises sociale, financière,  écologique, crises du travail, de l’emploi, de l’énergie, de l’eau, de l’alimentation, de la consommation, crises démographique, urbaine, démocratique s’aggravent et se nourrissent les unes les autres. Une conviction s’affirme que ces crises appellent d’autres avancées de civilisation, qui non seulement remettent en cause les modes de production et d’échange capitalistes, la financiarisation de l’économie, la recherche effrénée du profit, mais au-delà l’ensemble des rapports de domination, d’exploitation et d’aliénation qui gouvernent le monde, les êtres humains et la nature depuis des millénaires.

Notre civilisation  doit inventer un mode de développement humain durable, non productiviste, susceptible de préserver la planète pour notre génération et celles qui viennent tout en maintenant et en poursuivant l’ambition d’égalité et de justice sociale. Le capitalisme n’est pas ce système d’avenir. Le temps court des profits est incompatible avec le temps long des écosystèmes. Le dépassement de la crise écologique devient un élément majeur de la transformation sociale.

 

 

Révolution des consciences et nouveau rapport au monde.

Dans la mondialisation, les rapports au temps et à l’espace se transforment. Les migrations humaines s’amplifient, charriant le brassage des cultures et le choc des inégalités. Les forces capitalistes s’emploient à imposer leur vision du monde et leurs valeurs. La mondialisation a pris des formes d’ « occidentalisation » du monde avec des stratégies et des processus néo-impérialistes d’hégémonie économique, sociale, culturelle, idéologique.

Une culture de guerre permanente,  la fameuse thèse du «  choc des civilisations », avec en effet miroir l’irruption de l’intégrisme et du fondamentalisme instrumentalisant les questions des identités, des religions, nourrissent de prétendues oppositions civilisationnelles entre  des « communautés » présentées comme antagoniques, avec comme corollaire des affaiblissements démocratiques, un recul des valeurs universelles d’émancipation humaine, un refus mutuel de la reconnaissance légitime de la diversité culturelle et au bout du compte d’une communauté de destin pour des avancées communes de civilisation.

Malgré cela, l’aspiration à des valeurs de progrès et de solidarité  a cependant résisté et de nouvelles aspirations à l’émancipation ont émergé. La conscience sociale de l’unicité du monde a véritablement progressé.

Dans ce chahut des consciences, des sentiments très contradictoires cohabitent, d’autant que d’autres interrogations essentielles ont surgi sur la responsabilité humaine dans le devenir de notre civilisation : sur la notion de progrès, sur la place de l’individu, sur les enjeux éthiques, démocratiques, sociaux, écologiques et culturels : un nouvel universalisme perce dans la mondialisation.

 

Nouvelles conflictualités.

Nous vivons un état du monde issu d’une transformation radicale du système des relations internationales depuis la chute du mur de Berlin et l’effondrement de l’Union soviétique il y a quelque vingt ans. Les Etats-Unis ont cherché une hégémonie sans rival dans une logique de guerre permanente – dite « guerre contre le terrorisme » - qui a pris toute sa dimension après le 11 septembre 2001. Mais cette stratégie néo-impérialiste, qui se heurte aux réalités d’un monde beaucoup plus complexe que la rhétorique idéologique utilisée par George Bush,  débouche sur un fiasco en Irak et en Afghanistan. Elle nourrit une impasse dramatique dans le conflit israélo-palestinien où l’injustice choquante subie par le peuple palestinien alimente les tensions dans toute la région et au-delà.

La confrontation russo-américaine dans le Caucase vient brutalement d’exacerber les tensions en aggravant les risques pour la sécurité internationale. Cette situation inédite depuis la fin de la guerre froide rappelle à tous, aux forces progressistes en France et en Europe,  l’importance d’une mobilisation politique et citoyenne pour la paix à la hauteur des dangers et de ces nouveaux enjeux.

Dans ce monde où les dépenses militaires atteignent à nouveau des chiffres  records, les Etats-Unis restent dominants, mais, en dépit d’une puissance inégalée, ils ne sont plus en capacité de maîtriser à leur guise les relations internationales. Aussi, ils essayent comme jamais d’embarquer les puissances moyennes, comme celles de l’Union européenne, sous l’étendard de l’OTAN, dans leur logique de guerre.

En même temps, de nouvelles puissances riches de milliards d’êtres humains et de très anciennes civilisations, Chine, Inde, Russie, Brésil…, émergent. L’hégémonie occidentale dans l’histoire du capitalisme est en question. Même profondément déstructurés par la poussée du capitalisme néo-libéral, les pays d’Afrique contestent désormais les relations de domination qui les étouffent. En Amérique latine, les changements politiques expriment des résistances croissantes.

Aux anciennes oppositions Est-Ouest et Nord-Sud, succède une autre configuration mondiale marquée par l’exacerbation des concurrences, des contradictions et des rivalités de puissances entre capitalismes, par des tensions protectionnistes, des nationalismes, des guerres économiques violentes, des conflits politico-religieux, des guerres civiles dans des Etats déliquescents, des terrorismes… Le nouvel état du monde a produit une véritable mutation de la conflictualité internationale.

Au cœur des désordres de ce nouveau monde, l’Union européenne devient un enjeu essentiel, et c’est notamment faute de refonder son projet et ses relations au reste du monde, qu’elle connaît une crise qui ne cesse de s’aggraver.

Paix, sécurité et développement sont donc aujourd’hui des défis planétaires qui ont partie liée. Tout commande d’agir tout à la fois pour favoriser les conditions d’une maîtrise démocratique, publique et multilatérale du développement sur le plan mondial ; pour  relancer le désarmement ; pour réunir les conditions sociales qui rendront solides la sécurité et la paix ; pour obtenir des changements profonds des politiques et de la conception de l’Union européenne. 

 

Des conditions de luttes sociales et politiques transformées.

Dans ce processus extraordinairement contradictoire qu’est la mondialisation, la bataille fait donc rage en tous domaines pour faire prévaloir ou bien des logiques de dominations renforcées, ou bien des issues d’émancipation. Le cours de la mondialisation n’est pas joué pour toujours, mais les conditions du rassemblement de celles et ceux qui ont intérêt à se libérer des rapports d’exploitation sont transformées.

Les forces du capital ont marqué des points. Elles ont déployé ces dernières décennies et déploient chaque jour des efforts gigantesques pour mettre les bouleversements à l’œuvre au service de leurs intérêts, pour construire des rapports de force qui accroissent leurs dominations et en faire  de véritables verrous au changement. Tout est fait pour faire grandir l’idée que les solutions collectives sont inefficaces et le plus souvent dangereuses. Les valeurs de l’argent sont promotionnées. Les nouvelles exigences de chaque personne humaine sont  dévoyées en individualisme sans foi ni loi. L’égoïsme (individuel, communautaire, nationaliste) dispute le terrain aux besoins de mise en commun, en proportion des divisions attisées entre les peuples et les salariés, par exemple entre « assistés » et « méritants », et  du renoncement à espérer peser sur le cours des choses. La puissance de circulation de l’information et la marchandisation culturelle sont mises au service de la normalisation de la pensée et des consciences.

Mais, là encore, le mouvement n’est pas linéaire. Depuis les années 90, des peuples réagissent aux dégâts de ce capitalisme financiarisé et mondialisé. Les luttes se développent, parfois importantes. Comme pour le CPE en France, elles connaissent de premiers succès très significatifs. Le rejet croissant de la mondialisation capitaliste pousse  partout (en Amérique latine, en Europe, sur tous les continents) à chercher à construire des solutions politiques, des solidarités nouvelles. Le mouvement altermondialiste en témoigne à sa manière. Les « non » français, néerlandais et  irlandais en Europe aussi d’une autre manière. Dans tous ces mouvements pointent le besoin d’alternatives qui pour le moment ne trouvent pas leur chemin.  

Cette crise des alternatives politiques affaiblit les forces de progrès. La faillite des régimes de l’Est marque les consciences. Elle est exploitée pour discréditer tout projet anticapitaliste. L’échec des modèles sociaux-démocrates, notamment européens, et le ralliement progressif des forces s’en réclamant aux politiques néo-libérales qui elles aussi échouent, accroissent le désarroi. Sur le plan idéologique, le clivage gauche/droite est brouillé. Les partis qui prétendent  contester le système ou les logiques capitalistes, communistes ou non, sont très affaiblis. La division des forces de gauche, la déception, la colère ou la démobilisation électorale qui suivent leurs expériences gouvernementales pèsent lourdement.

Toute la question est de savoir si les forces qui s’expriment seront capables d’inventer de nouvelles réponses, de rassembler politiquement les victimes aujourd’hui divisées et dispersées du capitalisme financier mondialisé. Les tentatives et les échecs, comme les nôtres en France, montrent l’extrême difficulté à surmonter les obstacles. Mais ce mouvement est en marche. Nous voulons repenser notre projet avec cette ambition.

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UN NOUVEAU PROJET,

UN NOUVEAU CHEMIN POUR LE CHANGEMENT

 

Ce sont tous ces défis contemporains qui nous mobilisent. Des échecs subis, des difficultés rencontrées, nous tirons des leçons, mais sûrement pas celle de renoncer au moment où le besoin d’ouvrir de nouveaux chemins au développement humain n’a jamais été aussi pressant.

Nous maintenons que l’ambition doit rester celle d’ouvrir dans un délai rapproché une perspective de changement progressiste réel. Cette perspective de changement à la fois ambitieuse (changer le monde) et immédiatement concrète (des changements tout de suite) qui marque notre originalité dans la gauche française, est un processus conflictuel qui n’avancera pas tout le temps et partout du même pas. Elle suppose la coexistence prolongée avec des forces contraires. Nous ne voulons laisser passer aucune occasion de le faire avancer. C’est donc en travaillant en permanence  à des rassemblements à toutes les échelles où c’est possible, localement, en France, en Europe,  dans le monde, que redeviendront possibles petites et grandes conquêtes anticapitalistes.

L’état actuel de la gauche, notre affaiblissement font douter du maintien de cette ambition. Mais c’est précisément y renoncer qui est l’une des principales causes de perte de crédibilité de la gauche.

 

Affirmer cette ambition, définir et rendre crédible un projet politique de changement, à fortiori dans une situation où domine l’idée d’impossibilité de tels changements, y compris à gauche, c’est indissociablement énoncer le contenu des transformations qui seraient nécessaires et les moyens politiques  de leur réalisation.

 

Le sens et l’ambition de notre projet politique reposent donc sur quelques idées forces, dont nous voulons faire nos axes de travail dans la durée, car il n’y aura pas de raccourci avec ces exigences si nous voulons réussir le changement :

 

- créer en permanence les conditions d’une intervention populaire, d’une maîtrise citoyenne  et démocratique des processus de changement.

 

- construire, dans les conditions de la société et du monde d’aujourd’hui, une nouvelle unité politique des exploités et des dominés, en combattant pied à pied les logiques de domination, les idées de division sur lesquels s’appuient les forces capitalistes, en favorisant à tous les niveaux, local, national, européen et mondial, tous les rapprochements possibles.

 

-favoriser l’élaboration, à partir des contradictions du système et des besoins qui s’expriment, des grands objectifs d’un projet de changement à vocation majoritaire, travailler à les rendre crédibles, animer la confrontation à gauche sur ces choix et faire vivre sans attendre ces  axes de transformation partout où c’est possible.

 

- construire en toute circonstance les luttes, les rassemblements, les dynamiques, les majorités citoyennes et politiques susceptibles de porter ces réformes. Ce qui suppose l’articulation permanente entre des constructions populaires pour les discuter, les élaborer, les soutenir et les mettre en œuvre;  des constructions unitaires avec des cadres, des fronts, des alliances adaptés aux contenus portés et aux échéances affrontées ; et la recherche du rassemblement de la gauche le plus large possible sur ces idées de transformation.

 

Au fond, l’objectif  auquel nous ramènent toutes ces orientations d’action est celui là : comment œuvrer à ce que des millions de femmes et d’hommes, divers par les courants de pensée dans lesquels ils se reconnaissent, par les organisations politiques et sociales dont ils se sentent proches, soient suffisamment unis et résolus pour rendre incontournables des changements dont ils auront acquis la conviction qu’ils sont indispensables ?

 

Nous prenons dans cet esprit plusieurs grandes initiatives politiques de ripostes et de rassemblements. Ces initiatives, toutes nécessaires à nos yeux, cherchent à dépasser les oppositions ou les hiérarchies stériles entre « bas » et « haut », entre luttes et projet, entre contenus du rassemblement et formes politiques de ce rassemblement, entre constructions citoyennes et constructions politiques. La réussite du changement bute quand toutes ces dimensions ne se nourrissent pas suffisamment les unes les autres. Nous savons qu’elles n’avancent pas forcément toutes du même pas. Il faut plutôt savoir provoquer et saisir toutes les occasions de progresser.  Il n’y a pas d’automatisme à leur enchaînement ou d’emboîtement idéal. Nous pensons que c’est en travaillant de manière conjuguée et permanente à toutes ces dimensions d’une construction politique majoritaire de changement qu’elle peut réussir.

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