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13 juillet 2012 5 13 /07 /juillet /2012 08:48

Le retour en régie publique des transports urbains ? C’est possible. Cela s’impose. Exemple de … Nice.

Dominique Negri, 12 juillet 2012

Non, le passage des services publics des collectivités territoriales sous le contrôle des multinationales et de leurs filiales ne répond à aucune fatalité technologique ou économique. Au contraire.

Dans le domaine de l’eau, de plus en plus de municipalités ne renouvellent pas les DSP, « délégations de service public » et reprennent la gestion directe pour le plus grand avantage des usagers, des salariés et des administrés.

120713_CGT_ST2N.jpg

Voilà que dans le domaine des transports, une collectivité, est en train de « briser le tabou », et pas n’importe laquelle, la métropole de Nice Côte d’Azur. Son président, Christian Estrosi, ancien ministre UMP, a annoncé le 9 juillet qu’il soumettrait au vote en septembre « l’abandon de la procédure [d’appel d’offres] pour une reprise en régie directe. » Il s’agit en outre du plus important réseau actuellement concédé au privé (ST2N à Véolia-Transdev) dans le pays avec un chiffre d’affaires de 130 millions d’euros par an. Le détail des offres des prestataires seront à analyser avec attention.

Bien sûr, il faut accueillir cette nouvelle avec une satisfaction modérée par la vigilance, comme le fait la CGT des transports niçois.

Rien ne dit que les élus ne changeront pas d’avis et ne tentent pas de peser pour faire baisser les prétentions des prestataires.

De fortes mobilisations seront nécessaires pour que le passage en régie se traduise bien par une amélioration du service, une baisse des tarifs, des conditions de travail améliorées et un statut public pour les personnels. Aucune illusion n’est à se faire sur le choix des élus d’utiliser les économies récupérées par la métropole (représentant les profits des prestataires) pour limiter les impôts locaux des riches ou aider le patronat local.

Ceci dit, quel plaisir d’entendre les patrons de Keolis et Transdev pleurer que cela leur fait une mauvaise publicité pour le développement de leur firme… en Inde ! Et une nouvelle brèche est ouverte dans la pensée unique qui anime ces élus de droite ou de gauche qui préfèrent céder à l’influence du privé aux dépens des salariés, de plus en plus exploités, de leurs administrés, et de la démocratie locale.

A Marseille, la volonté de faire entrer le loup Véolia dans la bergerie RTM en confiant au premier les nouveaux tramways avait déjà finalement échoué.

Mais à Amiens métropole, la majorité PS-Front de gauche vient de livrer, en mai 2012, les transports publics jusqu’en 2017 à Kéolis, malgré l’opposition notable de certains élus PCF dont Cédric Maisse et ma camarade au Conseil national du PCF, Fabienne Debeauvais.

Chez nous, dans l’agglomération grenobloise, le mouvement vers la concurrence et la privatisation s’accentue, piloté par la gauche s’accentue (voir notre article de juin en lien) avec extension des possibilités de sous-traitance de lignes au privé dans la DSP. La bataille s’intensifie pour un retour en régie publique.

L’exemple de Nice renforce notre position et la campagne que nous menons depuis des années pour des transports 100% publics en Isère. Comment imaginer que ce que les UMP sont obligés d’envisager, des élus de gauche, qui jurent leur amour pour le service public, soient incapables de le faire ? Salariés, usagers, vous pouvez compter sur les communistes pour être avec vous dans ce combat.

Pour nous, la somme des luttes et des victoires locales s’inscrit dans l’objectif de constitution d’un grand service public national des transports urbains, reposant notamment sur l’entreprise nationale RATP, la SNCF à laquelle Kéolis doit être intégrée, Transdev qui doit être nationalisé à 100% et les régies locales.

Préparons ces coopérations par la coordination des luttes locales pour gagner ! A Nice pour le statut des traminots et la baisse des tarifs, à Grenoble et dans tout le département de l’Isère pour les mêmes objectifs via le retour en régie publique.

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Published by Vive le Parti Communiste Français - dans Entreprises-Industrie
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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 14:27

L’Appel du 10 juillet 1940 de Duclos et Thorez.

Quel contraste entre la célébration, relancée par Chirac et Sarkozy, de l’Appel du 18 juin 1940 de De Gaulle et le silence autour de l’Appel du 10 juillet 1940 de Jacques Duclos et Maurice Thorez !

Rien même, cette année encore, dans l’Humanité sur ce texte essentiel dans le développement de la Résistance en France, cette base des acquis de la Libération! Comme si plus aucune voix ne devait s’élever contre l’histoire officielle des tenants de l’idéologie dominante qui s’applique à dénigrer le rôle du PCF, comme avant-garde de la classe ouvrière, dès 1940 dans la restauration de l’indépendance nationale et dans les avancées sociales de la Libération.

Il y a quelques semaines, une provocation de la municipalité d’extrême-droite de Bollène dans le Vaucluse (Mme Bompard) suscitait l’indignation légitime de toutes les organisations républicaines, au premier rang desquelles le Parti communiste français. Lors de la cérémonie commémorative de l’Appel du 18 juin, les autorités municipales ont fait couper la sonorisation lors de la diffusion du Chant des Partisans. C’est un affront aux anciens résistants présents, à la mémoire de l’unité des forces patriotiques pour la Libération du pays. La maire, qui dissimule mal sa nostalgie pétainiste, s’est engagée à laisser diffuser le Chant des Partisans à l’occasion de la cérémonie de libération de la ville en août.

De telles attaques ne sauraient, pour autant, laisser confondre de façon indifférenciée et unanimiste toute l’histoire de la Résistance dans l’imagerie gaulliste.

L’Appel du 18 juin et l’Appel du 10 juillet sont de nature complètement différente.

De Gaulle, représentant de la caste militaire et de la partie des classes possédantes qui ne mise pas sur l’Allemagne et souhaite défendre l’indépendance de l’impérialisme français, n’appelle pas à la résistance sur le sol national en 1940.

Son « appel » appelle à s’appuyer sur l’Empire colonial et sur les impérialismes britannique et américain pour continuer la guerre de l’extérieur. Il demande à tous ceux qui le peuvent à le rejoindre à l’étranger.

Son but affiché est la restauration de l’impérialisme français. Il se manifestera de façon permanente dans les trois décennies qui suivront, à commencer par l’horreur des massacres colonialistes de Sétif en Algérie dès mai 1945. Un livre récent de l’historien Henri de Wailly, peu marqué à gauche,  « 1945, l’Empire rompu » (éditions Perrin), souligne l’intransigeance aveugle et meurtrière de De Gaulle en Syrie, en Indochine et en Algérie.

A la Libération, de façon pragmatique, considérant le rapport de force, De Gaulle, ce représentant de la grande bourgeoisie réactionnaire, devra concéder au mouvement populaire, conduit par la résistance communiste, certains acquis sociaux et démocratiques. A contrecœur.

L’Appel de Jacques Duclos et Maurice Thorez a une signification politique bien plus profonde. C’est un texte décisif et fondateur. Il porte une analyse précise de la trahison des classes possédantes, passant par Munich, qui a conduit à l’invasion allemande et à la perte de la souveraineté nationale. Il l’analyse envisageant, déjà en 1940, les ruptures structurelles qu’il faudra imposer. Il est un appel clair à la mobilisation du peuple, d’abord de la classe ouvrière, parce que c’est cette classe sociale qui a le plus intérêt à combattre le joug nazi et la politique fasciste, antisociale et antinationale, de la Collaboration. Il est le point de départ de la réorganisation du PCF, seul parti à rester organisé, même pendant les plus dures périodes pendant toute la guerre, et à mettre toute sa structure au service de la libération nationale et des intérêts populaires. Il porte aussi, ce n’est pas un détail, la revendication de la libération des peuples asservis par l’impérialisme français.

« Ce ne sont ni les généraux battus, ni les affairistes, ni les politiciens tarés qui peuvent relever la France… C’est dans le peuple que résident les grands espoirs de libération nationale et sociale. Et c’est seulement autour de la classe ouvrière, ardente et généreuse, pleine de confiance et de courage, parce que l’avenir lui appartient ; c’est seulement autour de la classe ouvrière guidée par le Parti communiste, parti de la propreté, de l’honneur et de l’héroïsme, que peut se constituer le front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France ».

Cet extrait de l’Appel du 10 juillet 1940 était prémonitoire.

 

120710_appel_thorez_duclos.jpgNous reproduisons ci-dessous un article d’André Moine, paru en 1974, dans les Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez.

Il explique bien le contexte de la rédaction de l’Appel du 10 juillet, sa diffusion de masse, le rôle qu’il a joué dans la préparation puis le développement de la résistance, comment il préfigure, de loin, la Libération nationale et sociale et ses conquêtes. L’Appel s’adresse aux travailleurs, aux masses populaires, à l’intérieur du pays, à cette classe ouvrière qui « seule, dans sa masse aura été fidèle à la France  profanée », selon la formule reconnaissante de l’écrivain François Mauriac.  

Il émane du parti qui « a été le noyau le plus ferme et le plus clairvoyant du grand combat pour la libération de la France » (André Moine).

(L’article d’A. Moine en PDF)

(L’Appel de Duclos et Thorez en PDF)

 

Un appel historique à l’union : 10 juillet 1940

 

Par André Moine (Les Cahiers d’histoire de l’Institut Maurice Thorez, n°10, 1974)

 

Début juillet 1940 : nous sommes au cœur d’une véritable dislocation nationale ; en juin, 6 millions de Français sont dispersés sur les routes, mitraillés par les aviations allemande et italienne. Quand les longues files de l’exode s’arrêtent, c’est pour se rendre compte de la dispersion des familles et de l’ignorance du sort de deux millions de prisonniers. L’armée est disloquée, et c’est pour beaucoup une dure et inexplicable surprise. Les institutions du pays sont en grande partie mises dans l’impossibilité de fonctionner et toutes les formations sociales et politiques légales sont divisées, désemparées. La confusion est partout. Et puis, d’abord, il faut vivre, dans une confrontation parfois tragique avec le retour d’exode, le ravitaillement, le travail, la recherche des disparus…

La défaite écrase les esprits : la stratégie des généraux français, vainqueurs 25 ans plus tôt, a été bousculée ; les places fortes « imprenables », la ligne Maginot rendues inutiles ; le matériel de guerre apparemment surclassé ; et, par-dessus tout, la pagaille, l’incapacité, les ordres en qui se flaire la trahison.

Les Allemands, qui occupent déjà une partie de l’Europe, s’installent sur près des deux tiers du pays, provoquant un choc psychologique, une crainte indécise, un problème imprévu, dont on ne discerne pas encore les contours.

C’est dire que les perspectives nationales sont bouchées, ou plutôt qu’elles s’ouvrent, comme le note R. Paxton, sur une volonté massive de paix chez les civils et chez les militaires.

Or la défaite n’était pas le fruit du hasard, de circonstances imprévisibles, pas plus que d’une simple supériorité militaire allemande. Elle était la conséquence logique d’une politique menée depuis 1938, qui tournait le dos à l’intérêt national.

La grande bourgeoisie française, profondément effrayée par le mouvement du Front populaire en France et en Espagne, fit tout pour arrêter cet élan des masses, y compris en cherchant ses appuis à Berlin. Les dirigeants français revinrent dès cette époque à leur politique des années 1918/1920 qui visait à détruire militairement l’Union Soviétique considérée comme le cœur du mouvement ouvrier, mais cette fois avec un nouvel instrument : Hitler. Répression antidémocratique, antisoviétisme, recherche d’appuis avec l’Allemagne nazie allaient de pair. La classe dirigeante ne prépara pas la guerre et elle accepta la défaite comme le moyen d’asseoir plus sûrement sa domination.

Entré au ministère comme vice-président du Conseil, signant l’armistice après l’avoir appelé de ses vœux, Pétain assassina la République le 10 juillet 1940, se faisant octroyer les pleins pouvoirs par un Parlement d’où sont exclus les communistes depuis huit mois. Seuls quatre-vingts parlementaires ne participent pas à ce coup de grâce.

Le diplomate américain à Paris, Biddle, témoigne : « Le Maréchal Pétain avait été choisi comme chef du gouvernement parce qu’il passait pour le seul homme qui put amener le peuple à accepter des conditions d’armistice que l’on prévoyait rigoureuses et qui put en même temps empêcher une révolution ».

En fait, la défaite permet de parachever la victoire des forces réactionnaires et antinationales. Pétain, après avoir « fait don de sa personne à la France », fait don de la France à l’Allemagne, qui va commencer une politique de pillage des richesses françaises.

Cependant, cette politique se couvre d’un rideau « national » et « socialiste ». Le partage des tâches, nécessaire, entre le gouvernement de Vichy et les représentants nazis à Paris n’est pas toujours facile.

Pétain tire, à sa façon, les leçons de la défaite, en culpabilisant les Français : « l’esprit de jouissance l’a emporté sur l’esprit de sacrifice… On a voulu épargner l’effort ; on rencontre aujourd’hui le malheur » (21 juin). Il faut donc, d’après lui, se soumettre aux conséquences de la défaite. Pétain n’hésite pas à parler de régime nouveau, de « Révolution nationale » et à développer, dès 1940, des thèmes anticapitalistes, nationalistes ; il se fera, à ce moment, procureur contre les « responsables de la déroute ». S’appuyant sur la défaite et sur la crise sociale, usant des pouvoirs qu’il a reçus et de son prestige, Pétain préside à une puissante campagne pour dévoyer l’opinion.

L’occupant, lui, fait patte de velours ; c’est le temps de l’offensive du sourire et des manœuvres pour gagner le cœur et la pensée des Français.

Certes, la présence du drapeau à croix gammée porte un coup aux sentiments des patriotes et des antifascistes. Mais les soldats allemands sont corrects, les autorités allemandes aident la population à se réinstaller, elles libèrent des prisonniers politiques, et vont jusqu’à laisser entendre que le Parti communiste français pourrait accepter une telle politique. Les nazis s’efforcent de faire faire le travail répressif, la sale besogne, par les hommes de Vichy.

On conçoit que, dans de telles conditions, l’obscurité, la confusion, les interrogations et les doutes dominent les pensées. Si les perspectives d’avenir ne se discernent pas, les dangers sont bien réels d’une perversion des esprits, tout du moins d’une résignation générale.

Il importe de ne pas oublier, ni de sous-estimer la conscience nationale et la volonté de résistance d’une petite minorité : officiers, soldats qui refusent de capituler devant l’armistice, civils qui mesurent le drame et se rangent dans l’opposition, rares hommes politiques. Puis, le Parti communiste français se dresse contre le nouveau régime et l’occupation. Mais, il faut bien dire qu’en juillet, tous ceux-là sont à contre-courant et leur mérite peut en être d’autant souligné. Leur attitude laisse seulement percevoir ce qu’il aurait été possible de faire avec une autre politique, et en fait, ce que deviendra la Résistance.

D’autant plus qu’on ne saurait méconnaître les racines de la naissance et du développement de la Résistance. D’une part, elles se frayaient un chemin à travers certaines volontés de redressement, qui se reflètent même en mai 1940, jusque parmi des ministres, et se traduisent notamment par des tentatives d’ouvertures en direction de l’URSS.

D’autre part et surtout, elles se sont nourries des actes d’un parti, le Parti communiste français. En mai, à plusieurs reprises, dans l’Humanité clandestine, il trace l’ébauche d’une politique de défense nationale avec des propositions claires tendant à transformer le caractère de la guerre : chasser les banqueroutiers, libérer les emprisonnés et les internés, réintégrer les élus du peuple, rétablir les libertés démocratiques et les lois sociales ; constituer un gouvernement de paix s’appuyant sur les masses populaires, prenant des mesures immédiates contre la réaction et s’entendant avec l’URSS pour rétablir la paix générale.

Un mot d’ordre est partout répété : imposer la paix dans la sécurité et l’indépendance nationale.

On sait que le 6 juin, le Parti communiste, par l’intermédiaire de G. Politzer, transmettait au gouvernement des propositions de mesures concrètes de mobilisation populaire pour la défense de Paris.

Ainsi, le Parti communiste français s’efforçait, dès ce moment, de poser des jalons pour l’avenir et de dégager les bases d’une action capable de s’opposer aux conséquences de la capitulation.

L’appel du 10 juillet est inséparable de cette situation historique concrète comme des prémices politiques qui l’enracinent.

 

LES CIRCONSTANCES DE L’ELABORATION ET DE LA DIFFUSION DE L’APPEL

 

Si l’on se reporte aux Mémoires de Jacques Duclos, c’est le 5 juillet, à l’annonce de la réunion de l’Assemblée des deux chambres, que fut décidé l’appel au peuple de France.

Deux documents nous confirment que l’élaboration de l’appel date bien de la première décade de juillet : un numéro 60 de l’Humanité clandestine du 7 juillet et un deuxième numéro 60 sans date, mais dont la rédaction permet de le situer, en tout cas, avant le 10 juillet. Ces numéros contiennent un « Appel au peuple de France » signé de M. Thorez et de J. Duclos. Très court, on y retrouve des formules identiques ou analogues, de mêmes mots d’ordre, la même idée centrale du front de la liberté, du travail, de l’indépendance de la France.

C’est une ébauche, une préfiguration de l’Appel du 10 juillet.

Cependant, le texte donné aux imprimeurs Tirand et Le Marrec ne sera pas tiré sans difficulté. D’après Jean Jérôme, qui servit d’intermédiaire, une première composition, trop longue pour le papier disponible, dut être refaite après une recherche de caractères plus petits…

Ce contre-temps permit à J. Duclos de revoir le texte et de l’actualiser ; finalement, l’appel commença à être tiré, sur deux machines, à des centaines de milliers d’exemplaires, vraisemblablement au plus tard dès la dernière décade de juillet.

Du fait de la publication massive de l’appel sous forme de tracts, l’Humanité clandestine centrale, à Paris, ne le reproduit pas et se contenta d’y faire référence en appelant à le lire et à le diffuser. Par contre, il est reproduit dans les numéros de l’Humanité clandestine de la zone non occupée, dès août 1940.

C’est ainsi que l’appel du 10 juillet fut diffusé dans toute la France durant, au moins, tout le dernier semestre de 1940. Il constitua, non seulement un élément psychologique important, mais il servit effectivement de guide pour des milliers de militants plongés au plus noir de la clandestinité.

Son impact, sa valeur politique, son rôle de témoignage historique ne sont disparus après la Libération. Il a subi avec succès l’épreuve du temps : des extraits, des citations ont été repris dans ne nombreux ouvrages. On retrouve intégralement le texte de l’appel notamment dans le tome XIX des œuvres de M. Thorez, édité en 1959, ainsi que dans le tome II des Œuvres choisies, publié en 1966.

L’appréciation correcte d’un texte ne peut se faire que si l’on prend en considération la situation du moment.

Nous avons rappelé plus haut quelques traits de cette situation en juillet 1940. Cela ne saurait suffire. Il faut encore saisir les conditions « internes » dans lesquelles il a été rédigé.

D’abord, celle de la clandestinité totale, sans appui de masse, sous une pression considérable : 90 arrestations, 9 organisations détruites entre le 1er et 7 juillet, rien que dans la région parisienne.

Les hommes qui rédigent l’appel sont en partie isolés, ne disposent que des informations officielles et de bien rares informations de leurs « contacts ». Il a fallu beaucoup de mérite et de lucidité pour ne pas se tromper sur l’essentiel dans ces conditions.

De plus, il fallait tenir compte de l’appréciation sur le caractère de la guerre formulée par l’Internationale Communiste, à laquelle appartenait le Parti communiste français. On sait que l’IC avait analysé la guerre de 1939-1940 comme une guerre uniquement et globalement impérialiste, sans tenir compte des situations particulières où se trouvèrent placés différents pays. Même si elle ne correspondait pas à sa politique effective, cette appréciation est reprise par le Parti communiste français, et se traduit, dans l’Humanité par exemple, par des formulations inadaptées, en décalage avec d’autres.

Cette analyse pèse visiblement sur l’appel. D’autant plus que l’heure n’est pas à la manifestation de divergences qui risqueraient d’ajouter à la confusion générale. Ainsi, la dénonciation du capitalisme d’une manière générale, en bloc, manque sans doute de nuances ; l’insistance sur la volonté de paix des communistes en 1939-1940, si elle est opportune et justifiée, ne peut-elle pas apparaître à tort comme estompant les responsabilités profondes du nazisme ?

D’autres formulations, qui, aujourd’hui, peuvent paraître à première vue des erreurs grossières, doivent être appréciées, elles aussi, dans la réalité précise des circonstances pour les situer à leur juste niveau ; elles doivent faire l’objet d’un examen parfois très fin. Ainsi, « la réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique » voilait certes la distinction à faire, dès ce moment, avec l’impérialisme allemand. Mais, d’une part, n’avait-elle pas un fondement, après le rôle néfaste joué en 1938-1939 par l’impérialisme britannique, après son projet d’union asservissante en 1940, et après le bombardement de Mers-el-Kébir ? De Gaulle n’a-t-il pas été obligé par la suite de résister, parfois durement, aux pressions constantes des autorités britanniques dont les buts de guerre n’ont jamais été séparés d’intérêts impérialistes ?

D’autre part, il convient de remarquer que cette réprobation se présente dans le texte de M. Thorez et de J. Duclos comme un rappel du passé : « Le peuple de France… a su, sous les formes les plus diverses, montrer sa réprobation de voir la France enchaînée au char de l’impérialisme britannique et il saura signifier aussi à la bande actuelle au pouvoir sa volonté d’être libre ». La nuance ne saurait être négligée : elle est, au contraire, très significative de l’orientation générale qui guida le rédacteur.

Mettons donc chaque chose à sa place : les appréciations déformantes, les formulations discutables, inadaptées doivent, elles aussi, être replacées dans l’ensemble du texte et situées dans toute la politique patriotique pratiquée par le PCF durant cette période. La ligne générale doit être dégagée et replacée dans la globalité de la pratique politique.

 

LE CONTENU FONDAMENTAL

 

L’Appel répond aux interrogations pressantes des masses populaires

 

Ces interrogations concernent les raisons de la situation créée et les responsabilités. L’Appel les dévoile.

« La France meurtrie, douloureuse, trahie par ses dirigeants subit la rançon de la défaite. Voilà où nous ont conduit les politiciens à la Daladier… soutenus par un Parlement de valets et de corrompus. » L’Appel insiste sur la « trahison des classes possédantes » en évoquant les « Bazaines de 1940 », Thiers et l’Assemblée de Versailles. Il dénonce « les gouvernants français qui n’ont pas voulu la paix, ne se sont pas préparés à la guerre et ont sciemment organisé la trahison ».

Pareillement, il met au pilori les affairistes les profiteurs de guerre, la « dictature des forbans » qu’il oppose à la misère sans nom des blessés, des malades, des chômeurs, et des victimes de la répression.

En parallèle, il invoque l’attitude des communistes qui « seuls… ont lutté contre la guerre » et que l’on a frappés parce que défenseurs du peuple, sous le prétexte d’avoir réclamé un débat sur la paix au Parlement.

L’Appel, par ses explications, révèle une de ses premières qualités : il reflète la situation concrète, la pensée populaire. Non pour la suivre, mais pour l’éclairer.

Il est né dans la souffrance du moment et l’exprime intensément, non à la manière de Pétain pour justifier les abdications, mais au contraire, pour en dévoiler les causes réelles, accuser les responsables, et appeler au refus.

Pour l’organisation et le développement futur de la Résistance, il fallait que ces choses soient dites, et seul, le Parti communiste pouvait le faire pleinement.

Les revendications proposées, les mots d’ordre revendicatifs formulés tendent à regrouper les travailleurs pour leur propre défense. Ils répondent aussi à une exigence politique du moment : démasquer la démagogie pétainiste et nazie, faire pièce aux illusions semées par les thèmes de la « Révolution nationale ».

La perspective avancée d’un « gouvernement de la renaissance française composé d’hommes courageux et honnêtes, de travailleurs manuels et intellectuels… », souligne qu’il n’y a rien à attendre d’un « gouvernement de honte », d’affairistes et de politiciens tarés. Elle s’inscrit dans la grande idée qui traverse le document : c’est dans le peuple que se trouvent les forces de rénovation et de libération.

 

L’Appel indique où sont les forces nationales, l’espoir de la France

 

Les élites ont trahi ; Pétain abdique. La France est isolée, en partie occupée. Beaucoup, comme l’antimunichois de l’Aude, Georges Hourdin, doutant de tout, estiment que le pays « était devenu définitivement une petite nation ».

 

Que faire donc ? Vers qui se tourner ?

L’Appel de M. Thorez et de J. Duclos réplique à ces attitudes, répond à ces questions ; il indique le sens d’une recherche, donne une perspective, dégage une nouvelle confiance. Cela était capital.

Il le fait par son existence même qui affirme que dans la tempête subsiste, comme un roc, une grande force politique, point de ralliement des courages dispersés. Dans les mois qui suivent, il sera une arme précieuse, matérielle et politique, pour le regroupement et le redressement du Parti, premier noyau nationalement organisé de la Résistance.

Il le fait par des phrases incisives : « C’est dans le peuple que résidente les grands espoirs de libération nationale et sociale… C’est autour de la classe ouvrière ardente et généreuse… »

Il s’agit d’une appréciation fondamentale, d’une portée historique, qui plonge dans le passé et va au-delà des circonstances. Là encore, seul, le Parti communiste pouvait la saisir, non pas par une sorte de divination, ou en raison d’une « mission » à remplir, mais du fait de son enracinement dans les masses populaires, de la rigueur, même relative, de ses analyses et de la pratique politique invariablement nationale élaborée depuis une dizaine d’années sous la conduite de M. Thorez.

Avec les batailles antifascistes, le Front populaire, les luttes pour une « France forte, libre et heureuse », l’opposition à la trahison de Munich, la classe ouvrière s’élève aux responsabilités nationales, elle devient l’élément déterminant de la nation, le meilleur catalyseur des forces populaires et patriotiques. En 1940, c’est elle qui pouvait et devait, avec son parti d’avant-garde, relever le drapeau de l’indépendance nationale. L’appel du 10 juillet est la suite logique des propositions du 6 juin pour la défense de Paris. On sait que F. Mauriac fera, plus tard, le constat lucide du rôle national de la classe ouvrière.

Enfin le texte rappelle qu’il existe un pays, l’URSS, qui peut aider la France à reconquérir son indépendance. Il ouvre, dans ce domaine, l’espoir d’un appui international.

 

Résistance dans le mot ou préparation réelle ?

 

En juillet 1940, il ne pouvait être question, en France, de résistance au plein sens du terme. La résistance militaire était brisée ; la résistance politique devait prendre corps, d’abord en démasquant Pétain. Lorsqu’une grève ouvrière est complètement battue dans une entreprise, le syndicat liquidé, les militants révoqués et le syndicat patronal triomphant, il n’est plus question de grève, mais d’un log et difficile travail d’explications, de clarifications, voire d’organisation clandestine. C’était, sur le terrain national, la situation de juillet 1940.

De Gaulle, à Londres, le percevait bien, qui appelait au regroupement en Grande-Bretagne et dans l’Empire. « Nous sommes submergés par les forces ennemies… La France n’est pas seule ! Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique » (appel du 18 juin). « Je parle avant tout pour l’Afrique du Nord française » (appel du 19 juin). Le 26 du même mois, son mémorandum à Churchill préconise la formation d’un Comité national français pour organiser les résistances qui « se révèleraient dans l’Empire, et, peut-être, dans la métropole ».

Cette attitude de de Gaulle se comprend d’autant mieux que ses positions de classe ne l’amène pas à regarder vers le peuple.

Le texte du 10 juillet, rédigé à Paris, au cœur du drame, ne pouvait évidemment pas être un appel direct à la Résistance. Il était l’énoncé concret de sa préparation. Il en définissait déjà les trois grandes composantes : l’indépendance nationale, l’action populaire, l’union de tous les patriotes.

Certes, l’Appel part en quelque sorte de la situation matérielle des Français ; il détermine avec précision un certain nombre de revendications : le travail, l’aide aux démobilisés, aux victimes de la guerre, aux paysans qui ont perdu leur récolte, le rétablissement des libertés, le droit de parution de la presse démocratique…

Mais en quoi cela est-il contradictoire avec la lutte nationale ? La liaison entre ces deux objectifs de lutte n’est-elle pas, au contraire, une condition de sensibilisation et, ensuite, de mobilisation des masses ? Comment regrouper, non plus quelques personnes d’élite, mais de larges secteurs de l’opinion, les engager à une action immédiatement possible et encourageante à partit des plus petits faits sensibles, qui rendra confiance aux larges masses ? Que l’accent, à tort ou à raison, soit mis sur tel aspect ou tel autre, on peut en discuter. Cela ne change en rien au fond.

En juillet-août 1944, dans une situation et un rapport de forces complètement modifiés, l’Humanité clandestine, qui appelle à la préparation directe de l’insurrection, n’en néglige pas pour autant la lutte revendicative. Le numéro du 4 août 1944, en première page, titre : « La lutte pour le pain inséparable de la lutte pour la délivrance de la patrie ».

En vérité, en ce domaine, l’Appel reflète un solide réalisme et un grand sens politique ancrés dans les luttes sociales et politiques précédentes ; il exprime aussi une orientation profonde : faire confiance, et s’appuyer sur l’action du peuple français.

 

4) Une trame globale ; l’Union pour l’Indépendance nationale. 

 

Le soubassement de l’Appel et de tous les fils qui s’en dégagent jusqu’aux mots d’ordre finaux s’articule autour des deux thèmes de l’union et de l’indépendance nationale, toujours liés à l’action populaire.

Ce n’est pas un hasard si la première phrase est pour dénoncer les responsables de la guerre, de la défaite et de l’occupation. Il est bien précisé par la suite qu’il s’agit « de l’occupation par l’armée allemande aux frais de la France ». Que de ce fait, « le peuple de France connaît l’humiliation de cette occupation et ne sent pas chez lui ».

Le ton n’est pas seulement à une constatation, mais à l’opposition : « la France ne deviendra pas une sorte de pays colonisé… il faut que la France soit aux Français… La France veut vivre libre et indépendante… La France doit se relever en tant que grand pays avec son industrie et son agriculture… Jamais un grand peuple comme le nôtre ne sera un peuple d’esclaves… il n’y a de paix que dans l’indépendance des peuples… ».

Le fait qu’on trouve une douzaine de fois le mot indépendance dans l’Appel (« indépendance complète et réelle ») n’a-t-il pas une signification dans un pays occupé ? Et peut-on négliger l’invitation à la constitution d’une « Front de la liberté, de l’indépendance et de la renaissance de la France », qui n’apparaît en aucun cas comme un mot d’ordre plaqué mais qui s’insère dans tout le texte ?

A moins que les mots ne perdent leur sens, il nous emble que tout cela est, globalement sans équivoque.

 

En fait, un souffle patriotique incontestable anime l’Appel. On y sent l’indignation et la colère vengeresse contre la trahison.

Ici, les auteurs assument les traditions patriotiques des jacobins, des communards, des antimunichois, d’un patriotisme populaire contre les fossoyeurs de la patrie et contre l’occupation étrangère.

L’Appel fond en quelque sorte la revendication à la libération nationale avec celle de la libération sociale sous-tendant les réclamations immédiates au pain et à la liberté. Ce faisant, il ne réduit pas le patriotisme, il lui donne, au contraire, toute sa force – un patriotisme qui n’est pas inspiré par les seules circonstances, ou par les intérêts occasionnels d’une caste, d’une minorité, ou qui risque d’être un jour perturbé ou limité par eux, mais qui s’enracine et prend sa vigueur dans le peuple tout entier. En ce sens, comme en 1792, il est pleinement national. Et cela le différencie profondément de l’Appel de de Gaulle.

C’est à cette conception et à cette pratique de la lutte contre l’occupant et contre Vichy que se rallieront les résistants en 1944, avec l’adoption du Programme du CNR, où se fondent l’appel à la libération nationale et l’énoncé de mesures de libérations sociales. Ce sont les fondements d’une union large et durable qu’on trouve donc déjà dans l’Appel de juillet.

 

L’appel à l’action

 

 Enfin, le texte n’est pas une proclamation généreuse vide de sens pratique. Il est un appel à l’action. Une action qui se discerne encore mal, dont les conditions devront mûrir pour être formulées avec précisions et qui aussi pourra devenir largement mobilisatrice ; une action dont les mots d’ordre évolueront sans cesse, jusqu’à celui de l’insurrection nationale, lorsque les conditions seront données. Pour l’heure, en juillet 1940, on conçoit que les mots d’ordre très généraux comme : « à bas le capitalisme générateur de misère et de guerre » en côtoient d’autres très immédiats et très précis comme celui de remettre la France au travail ou celui des Comités de solidarité et d’entraide, des comités de chômeurs, des comités d’entreprise. Et les communistes sont appelés à jouer leur rôle de défenseurs du peuple. Dans la misère générale, ils doivent être les initiateurs de la solidarité et de l’entraide, les animateurs d’actions, même élémentaires qui montreront aux masses que leur salut est entre leurs propres mains, dans l’action.

La politique, dit-on, est l’art du possible. Visant loin avec l’union et l’action de tous les Français, avec la libération de la France, l’Appel s’incruste dans le possible immédiat, s’accroche à tout ce qui va permettre de faire un pas en avant, de donner une nouvelle confiance, d’éclairer le chemin.

Nous trouvons ici un autre trait important de l’Appel, éminemment réaliste quant aux conditions objectives du moment : Il fait, en même temps, confiance au peuple. Sa confiance en l’avenir ne se place pas particulièrement dans une avant-garde de l’armée, dans une élite politique, dans une libération venant de l’extérieur et hypothéquant l’indépendance ultérieure ; elle se situe essentiellement dans la masse des Français eux-mêmes. Ce sont eux qu’il appelle à l’action, ce sont eux qui, dans les combats, doivent trouver les chemins de leur union ; ce sont eux qui donneront toute sa force à la résistance et permettront à la France de reconquérir toute sa place dans le monde. En ce sens aussi, l’Appel est pleinement national, patriotique.

 

QUELQUES REFLEXIONS

 

L’examen du document du 10 juillet 1940, écrit à l’aube du mouvement complexe de la Résistance en plein sens du terme, appelle à réflexions : sur la Résistance elle-même, sur la place et le rôle du Parti communiste français ainsi que sur les possibilités de l’union du peuple de France et les chemins que prospecte aujourd’hui le mouvement populaire.

Il est significatif qu’en juin juillet 1940, deux conceptions se firent jour, non pas opposées mais distinctes, différentes.

De Gaulle, à Londres, en militaire issu d’un milieu de la bourgeoisie, ne conçoit la résistance que militaire, comme la simple poursuite de la guerre, et, en raison des circonstances, s’organisant à l’extérieur, comme force faisant bloc avec l’armée anglaise, éventuellement avec l’appui des forces qui pourraient surgir sur le sol national.

Le Parti communiste français, enraciné dans le peuple, envisage la résistance comme un mouvement populaire, de masse, essentiellement en France même, trouvant son dynamisme dans les initiatives de masses, dans l’action. Cette conception incluait nécessairement une lutte diversifiée, multiforme : Revendicative, politique, idéologique, militaire. Elle comportait nécessairement une politique d’union patriotique donnant au mouvement un contenu non fractionné, pleinement national. Cette politique s’inspirait du patriotisme populaire né avec 1789 ;  seul un parti ancré dans les masses et ayant une pratique politique liée à leurs luttes pouvait la concevoir et la promouvoir.

L’expérience a apporté la vérification de ces idées : après un long cheminement, le sommet de la Résistance, l’insurrection nationale n’est possible que lorsque les masses les plus larges en acceptent l’idée, soutiennent les combattants armés, participent à la lutte par les sabotages, les grèves, les manifestations dans un combat unifié par des organisations comme celles formant le CNR.

Et c’est seulement ce combat qui a permis à la France de retrouver, en août 1944, son indépendance, malgré les projets américains.

Il nous semble à ce propos intéressant de noter que de Gaulle a été sensible aux réalités, qu’il n’est pas resté figé sur ses positions de départ et qu’il a su proclamer que la libération nationale était inséparable de l’insurrection nationale.

L’union de la Résistance a été extrêmement large, regroupant des couches sociales différentes, les familles politiques et idéologiques les plus diverses. Or, cette union s’est réalisée autour de l’intérêt national qui s’est révélé indissociable des besoins et des aspirations populaires (programme du CNR).

C’est ce développement qui était contenu dans la vision de l’Appel du 10 juillet ; on peut affirmer du reste qu’il s’agit d’une conception fondamentale dont la valeur ne s’est pas atténuée aujourd’hui.

Une autre réflexion peut porter sur la formation et le développement de la résistance dont on a, trop souvent, une vue statique, déformante.

De juin à octobre 1940, surgissent des éléments spontanés de résistance : refus de la capitulation, de l’occupation, haine de l’envahisseur, opposition au régime autocratique de Vichy, constitution de petits groupes de propagande et d’action… Dans certaines régions, comme le Nord, l’Appel de de Gaulle n’est pas sans impact. Les communistes, dispersés, s’engagent dans la lutte sur tous les terrains, dans toute la France…

Il y a des résistants, il n’y a pas encore de Résistance. Il manque, pour la masse des Français susceptibles d’agir, les liaisons, la coordination, l’organisation à l’échelle de la nation. Il manque surtout, des perspectives et une plate-forme nationale d’union et d’action, une stratégie mobilisatrice.

Ce n’est que lentement, dans les drames et les épreuves, que se formera et se forgera le mouvement de la Résistance. On pourrait en situer les étapes depuis les premiers contacts entre communistes et « gaullistes » au début de 1941, la constitution du Front national pendant l’été de la même année, du CNR en 1943, l’élaboration de son programme en mai 1944, puis, parallèlement, à Londres et à Alger, la formation du Comité français de libération nationale, puis du gouvernement provisoire de la République française.

Cette longue gestation, ce mûrissement au fil des ans ne peut être isolé de la vision définitive qu’on peut avoir à partir de 1944. Ce mûrissement s’alimente dans le mouvement spontané de résistance qui se développe – par exemple avec l’opposition au STO. Mais il n’est possible que parce qu’il est fécondé, orienté, impulsé et structuré par les organismes dirigeants dont la propre conscience s’élève sans cesse dans l’expérience, dans les débats et les luttes politiques et idéologiques.

Dans cette évolution constructive, l’Appel du 10 juillet apparaît comme un élément précurseur qui apporte la conscience la plus vaste et la plus claire des problèmes, à l’échelle de la nation, des masses populaires.

Ainsi orienté, le Parti communiste français sera la première organisation nationale de résistance, nationale par son rayonnement sur tout le pays, nationale par le contenu de sa politique. Il pratiquera en effet une politique audacieuse d’union et de combat, marquée par ses initiatives comme l’appel à la constitution du Front national, la formation des FTP et ses mots d’ordre unificateurs comme « S’unir, s’armer, se battre ». Dans ce sens, il mènera une lutte permanente contre l’attentisme, reflet persistant d’une conception étriquée de la résistance. La presse du Parti, en particulier l’Humanité clandestine, dont la parution sera ininterrompue, jouera un rôle sans équivalent.

Avec le recul du temps qui permet de mieux saisir la globalité des problèmes et des événements, il ne nous semble pas présomptueux de dire que le Parti communiste français, porteur de grandes initiatives, s’il n’a pas été le seul mouvement de résistants – loin de nous cette idée – a été le noyau le plus ferme et le plus clairvoyant du grand combat pour la libération de la France.

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9 juillet 2012 1 09 /07 /juillet /2012 15:22

Orange en panne : un drame national ? Renationaliser France Télécom !

Pcf Paris 15, 8 juillet 2012

Le vendredi 6 juillet 2012, jour de départ en vacances, de résultats du bac : Orange ne répond plus. C’est la panique dans le pays. Même plus de téléphoniste à qui se plaindre de la coupure de la ligne. 20 à 30 millions d’utilisateurs de portable, d’internet sont privés pendant 10 heures d’outils de télécommunication devenus essentiels à leur vie quotidienne comme à celle de l’économie.

120709_FT_broyer.jpgEchaudé par les précédents de la canicule ou de la grippe aviaire, le nouveau gouvernement délègue en pleine nuit Mme Fleur Pellerin, ministre à l’économie numérique, au central téléphonique de France Télécom dans le 14ème arrondissement de Paris.

Interviewée par le JDD, Mme Pellerin souligne « le très forte dépendance de notre économie et de notre société à l’égard des infrastructures de télécommunications » puis admet que « c’est tout à la fait le rôle de l’Etat » en tant qu’actionnaire que « d’imposer à l’opérateur d’investir dans des réseaux plus solides et plus fiables ».

Eh oui, l’Etat, avec 27% du capital, demeure le seul actionnaire de référence.

Mais alors pourquoi le gouvernement de « gauche » vient-il, début juin, de laisser verser par FT un dividende de 3,7 milliards d’euros, les deux tiers au profit de spéculateurs d’on ne sait où ? Pourquoi la « gauche » plurielle a-t-elle lancé la privatisation de FT en 1997 ?

Depuis, c’est pratiquement 40 milliards d’euros qui sont partis dans les poches de actionnaires en dividendes, autant dans celles de la finance en remboursement des rachats absurdes, au prix le plus fort, de marques et de réseaux étrangers, complètement surévalués. La dette de FT a culminé en 2003 à 70 milliards d’euros (30 milliards aujourd’hui).

A l’heure où l’on enterre la prouesse d’avant-garde du service public que fut le minitel il y 30 ans, il faut constater combien la téléphonie mobile et l’accès à internet se sont développés dans des conditions de surfacturation et d’inégalité scandaleuses pour les usagers et le pays.

Les bénéfices détournés de FT, les profits colossaux du cartel de la concurrence (FT avec SFR, Bouygues et maintenant Free qui parasite le réseau FT), sont la contrepartie des abonnements prohibitifs, de l’abandon des territoires ruraux (à moins d’augmenter les impôts locaux), des SMS si longtemps à 15 centimes alors qu’ils ne coûtent quasiment rien etc. La facture globale de télécommunication a explosé d’une façon totalement injustifiée. L’investissement productif, la recherche en France sont maintenant menacés.

Voilà aussi maintenant 10 ans que le scandale de la gestion des ressources humaines de FT par le harcèlement a éclaté, grâce notamment à des communistes (le livre « FT : La Machine à broyer » dont nous, PCF Paris 15, sommes à l’origine). Mais depuis 10 ans, les mêmes pratiques continuent d’être couvertes par les gouvernements successifs, leur médiatisation, celle du drame des suicides, d’être utilisée pour démotiver encore un peu plus les salariés, fonctionnaires ou non.

Vraiment, cela suffit, cette hypocrisie ! Communistes, pour nous, une revendication centrale s’impose :

LA RENATIONALISATION INTEGRALE DE FRANCE TELECOM, sans indemnité pour les personnes morales actionnaires, LA DENONCIATION UNILATERALE AU NOM DE L’INTERET PUBLIC DES DIRECTIVES EUROPENNES DE CONCURRENCE.

POUR UN GRAND SERVICE PUBLIC NATIONAL DES TELECOMMUNICATIONS DU 21EME SIECLE!

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 13:49

Briser le consensus en faveur de la « dissuasion » nucléaire ! (Mélenchon inclus)

Vivelepcf, 5 juillet 2012

 

A peine élu, François Hollande a tenu à marquer symboliquement sa décision de poursuivre intégralement le programme nucléaire militaire français. Le 4 juillet 2012, il a plongé à bord du sous-marin nucléaire lanceur de bombes, « le Terrible », en rade de Brest.

120705_Hollande_Sous-marin.jpgGiscard avait fait pareil en 1974. En 1995, suscitant une protestation planétaire, Chirac avait décidé de poursuivre les essais nucléaires à Mururoa jusqu’à la mise au point des essais en laboratoire.

Les présidents se succèdent. La politique militaire nucléaire demeure, toujours avec le même discours doctrinaire sur la « dissuasion nucléaire, élément de notre sécurité » et avec les mêmes phrases nationalistes : « tenir le rang de la France ». 

3,5 milliards d’euros par an, somme officielle, continueront donc d’être prélevés pour les armes atomiques sur les dépenses publiques et sociales, malgré la politique d’austérité et les discours sur les déficits publics. C’est la lourde contribution du peuple français à l’arsenal nucléaire de l’impérialisme occidental dans l’OTAN, à celui de sa composante européenne, l’UE.

Les pressions sont très fortes pour qu’aucune contestation politique ne s’élève dans les rangs des partis de gouvernement, de droite bien sûr, mais aussi de gauche.

Côté PS, il y a quelques jours sur une chaîne de télévision, l’ancien premier ministre, Michel Rocard, a eu cette réflexion de bon sens : les milliards d’euros pour les bombes nucléaires « ne servent strictement à rien ». Il a dû se rétracter en soutenant qu’il avait sorti une « boutade ». Comme on le croit !

Côté « écolo », le fossé est béant entre la condamnation obsessionnelle du nucléaire civil, destiné au développement de l’activité humaine, et la discrétion sur le nucléaire militaire destiné à détruire et à tuer.

Côté Front de gauche, Mélenchon n’a pas cette retenue. Converti au discours écologiste ambiant contre le nucléaire civil, il reste un farouche partisan de la dissuasion nucléaire à la française. Le 1er février 2012 sur France Inter, il l’a exprimé directement : pas question de désarmement français en attendant celui des Américains et des Russes ! Pourquoi ? Parce que, selon Mélenchon, « nous, les Français, nous ne menaçons personne, ni n’agressons personne ». Et la Libye, la Côte d’Ivoire, L’Afghanistan ? Mélenchon pousse, dans la même émission, sou soutien à l’impérialisme militaire bleu-blanc-rouge jusqu’à saluer en Serge Dassault « un grand industriel efficace » à l’occasion de l’annonce de la vente d’avions Rafale à l’Inde (aux frais du contribuable français…).

Communistes, nous ne pouvons que dénoncer l’ensemble de ces positions. Brisons ce consensus!

120705_mvt_paix_nucl.gifNotre parti, le PCF est revenu peu à peu dans les années 90 à l’analyse qui lui avait fait condamner en 1960 le lancement du programme militaire atomique français par De Gaulle, dans la suite de son engagement pour l’Appel de Stockholm à partir de 1950.

En 1975, déjà pour biffer un point de divergence, fondamental, avec la social-démocratie, dans le cadre du programme commun, la direction du PCF en 1975 avait changé de position. Elle était rentrée dans la fable de la force de dissuasion nucléaire, « élément de l’indépendance nationale ». Ce revirement avait suscité une profonde incompréhension chez nombre de camarades.

En 2012, quelle que soit la position de Mélenchon et du Front de gauche, engageons-nous  pleinement dans la bataille pour l’abolition de l’arme nucléaire et le désarmement nucléaire unilatéral de la France !

 

Ci contre, affiche du Mouvement de la Paix - 2012

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6 juillet 2012 5 06 /07 /juillet /2012 08:32

Fermer les prisons pour mineurs (PCF – Lavaur – 81)

 

120704_modele_epm.gifLe 23 juin 2012 s’est produite une agression particulièrement violente d’un gardien de « l’établissement pénitentiaire pour mineurs » de Lavaur (Tarn). Les salariés et leur intersyndicale ont vivement réagi, dénonçant les conditions de travail, l’hypocrisie des autorités administratives. Les communistes de la section du PCF de Lavaur et d’autres sections du Tarn avaient mené une large action contre l’ouverture de l’EPM en 2007. Tout ce qu’ils dénonçaient se vérifient. « L’enfermement crée la violence », « Ce n’est pas en prison que l’on apprend la vie », « à des jeunes qui à qui la société capitaliste n’a laissé aucune chance », écrivaient-ils notamment, condamnant la logique sécuritaire (et lucrative) du pouvoir. Aujourd’hui, ils exigent un bilan de 5 ans de fonctionnement de la prison de Lavaur et la fermeture des EPM.

Ci-dessous le communiqué de Christiane Odetti, conseillère municipale communiste, après sa visite aux gardiens en grève.

 

"Les Communistes expriment leur solidarité avec le surveillant agressé. C'est à juste titre que gardiens et éducateurs demandent qu'un bilan des EPM soit fait après 5 ans d'existence. Quel est le taux de récidive? Combien d'ex- détenus ont trouvé un emploi? Autant de questions que le nouveau gouvernement devrait étudier rapidement. L'ancien gouvernement avait présenté des EPM comme la 2ème chance des jeunes, presque un lycée étoilé. Aujourd'hui les personnels se rendent compte qu'il y a loin de la coupe aux lèvres. Le PCF avait participé à l'organisation de manifestations contre l'ouverture de l’EPM, estimant que l’enfermement ne peut résoudre les problèmes qui ont conduit un jeune à commettre un délit. Aujourd’hui, nous nous prononçons pour le financement des foyers PJJ et associatifs (certains ont dû fermer faute de moyens), la prise en charge médicale des malades psychiatriques, l’ouverture de centres de formations qualifiantes et la fermeture des EPM. Donner la priorité à la prévention, développer les personnels médicaux, psychologues et autres professionnels de l’enfance dans les établissements scolaires, créer des emplois bien rémunérés afin de valoriser le travail. La délinquance et l’enfermement des jeunes obligent à repenser toute la société. C’est l’affaire de tous les citoyens qui ne résoudront ces questions que par leurs luttes".

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 11:41

http://pcfsaintquentin.unblog.fr/

La section du PCF de Saint-Quentin organise sa

 

FETE des LIBERTES

DIMANCHE 8 JUILLET

10H-21H au stade M. Bienfait, Quartier Neuville

 

120708_Fete-StQ_2.jpgNombreuses animations musicales,

Méchoui,

 

Stands politiques

Espace livres

 

Débat- 15H00

 

Sarkozy battu, et maintenant ? LUTTER !

 

La section de Saint-Quentin met trois axes en discussion:

 

· Rompre avec l’UE du capital, remettre en cause Maastricht et donc le traité budgétaire  

· Refus de l’austérité : les travailleurs, le peuple n’ont pas à payer la crise des capitalistes, la « dette » publique

· Augmenter les salaires pour sortir de la crise

 

Débat animé par Marc  JAMMET, journaliste

 

Avec :

 

-      Jean Luc TOURNAY, secrétaire de la Section de St-Quentin du PCF

-      Corinne BECOURT, membre du Conseil National du PCF

-      Olivier TOURNAY, Conseiller municipal de Saint-Quentin

-      Serge CASIER, Syndicaliste

-      George VARENNE, Syndicaliste

 

Avec la participation d’Anthony CREZEGUT, de la JC de Paris 15, animateur du site « Solidarité internationale PCF »

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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:37

SeaFrance, une SCOP ? De la nationalisation à l’auto-exploitation puis l’auto-liquidation !

Vivelepcf, 4 juillet 2012

 

« Si cogérer c’est gérer avec, autrement dit, dans les conditions du capitalisme, gérer avec les capitalistes, autogérer, c’est gérer soi-même, c’est-à-dire sans les capitalistes. Ce ne serait pas pour nous déplaire, comme chacun sait.

Mais comment gérer sans les capitalistes aussi longtemps que les entreprises et tous les moyens de l’économie leur appartiennent et aussi longtempsqu’ils disposent de toute la puissance de l’Etat et d’un gouvernement à leur service ? En les priant de bien vouloir nous laisser faire ? Les promoteurs du mot d’ordre d’autogestion sont toujours muets sur la question. » Henri Krasuscki, Syndicats et lutte de classes, Editions sociales, 1969, page 36.


120705_SeaFrance.jpgDepuis plusieurs mois, l’avenir de l’entreprise de navigation SeaFrance à Calais est devenu le cheval de bataille des partisans des SCOP, sociétés coopératives ouvrières de production.

Depuis le 11 juin 2012, leur vœu est en voie d’être exaucé. Le Tribunal de commerce de Paris a en effet attribué la reprise des bateaux de SeaFrance à Eurotunnel qui prévoit d’en confier l’exploitation à la SCOP créée par l’ex-CFDT.

Une partie de la gauche est dithyrambique. Pour l’Humanité du 12 juin, ce n’est rien de moins que la réalisation du slogan du Front de gauche : « Prenez le pouvoir ! ». Jean-Luc Mélenchon a d’ailleurs déclaré qu’il avait prévu de « lancer sa campagne sur SeaFrance » avant d’y renoncer devant les soupçons de malversation par le syndicat CFDT (désormais exclu par sa confédération). Jacky Hénin, ancien maire de Calais, a choisi un responsable syndical de l’ex-CFDT, comme suppléant aux législatives. De son côté, Benoît Hamon (PS) se réjouit : il avait acheté symboliquement deux parts de la SCOP. Même à droite, Sarkozy se disait prêt en janvier à « donner une chance » au projet de SCOP et la maire UMP de Calais promet de donner 1 million d’euros à la SCOP.

Y-a-t-il vraiment de quoi être si enthousiaste ? Qui gagne ? Qui perd ?

Du côté de la firme Eurotunnel, on se frotte les mains. Elle récupère les trois bateaux pour 65 millions d’euros alors que leur valeur est estimée entre 120 et 150 millions d’euros, somme qu’elle se déclarait prête à mettre sur le tapis en mars. Si le projet d’exploitation échoue, elle sera toujours largement gagnante.

La SNCF, société nationale jusqu’alors maison mère à 100% de SeaFrance parvient à ses fins. Elle se débarrasse d’une entreprise qui ne fait plus partie « de son cœur de métier » et qu’elle s’efforce de couler depuis 5 ans. Comme le dénonce la CGT, elle a réussi à mener une entreprise bénéficiaire au dépôt de bilan. L’accord avec Eurotunnel prévoit qu’aucune poursuite judiciaire ne sera engagée contre la SNCF sur ses responsabilités éventuelles (évidentes !) dans la faillite de SeaFrance. Ouf, pour la SNCF et pour l’Etat !

Les dirigeants de l’ex syndicat CFDT, à la tête de la SCOP, vont pouvoir reprendre leur fonction de cogestion aux côtés de Jean-Michel Giguet, ancien patron, bien peu social, de Britanny Ferries, et qui deviendra le véritable patron de la SCOP en tant que patron d’« Eurotransmanche » qui lui louera, pour le compte d’Eurotunnel, les bateaux. La CGT dénonce depuis des années la collaboration de l’ex-CFDT à la casse de l’entreprise, son fonctionnement de « secte mafieuse », allant jusqu’au coup de main contre les syndicalistes et salariés récalcitrants.

Et les autres salariés ? Déjà, il ne s’agit plus que de 500 emplois sur 1000 en 2011, 1600 en 2008. A défaut de prime spéciale de licenciement pour tous, la SNCF versera 25.000 euros à ceux qui accepteront de les placer dans la SCOP à leurs risques et périls. Dans les conditions effrénées de la concurrence déloyale organisée par l’UE, pour maintenir l’entreprise hasardeuse, ils seront poussés à s’auto-exploiter. Le patron d’Eurotunnel, Jacques Gounon, ne peut pas exprimer plus cyniquement cette réalité que lorsqu’il évoque les vols présumés de certains salariés ces dernières années (11 mises en examen): « L’esprit SCOP peut jouer. Dans ce cadre-là, celui qui volerait volerait ses collègues ».

L’avènement de la SCOP n’est qu’une nouvelle étape du « scandale d’Etat » que dénonce la CGT, l’avant-dernière peut-être avant la liquidation totale. Communistes, nous ne ferons pas partie de ceux qui se félicitent du démantèlement concerté d’une entreprise nationale de service public, point d’appui contre les dérégulations européennes des conditions d’exploitation, de travail, aussi de sécurité pour les passagers.

L’exemple de SeaFrance mène-t-il à condamner les SCOP en général. Non. C’est une forme de propriété en système capitaliste qui peut présenter parfois quelques avantages pour les salariés. L’expérience de centaines de SCOP qui existent montre qu’il s’agit d’un modèle qui marche surtout pour des petites entités, situées dans des niches commerciales. Des expériences historiques ont illustré comment des salariés pouvaient gérer mieux que des patrons les entreprises et établir d’autres formes de relations au travail. Mais la pression capitaliste ne leur laisse pratiquement plus de place et la logique d’auto-exploitation prévaut sur l’utopie et l’illusion des « îlots de socialisme » dans le capitalisme.

En même temps que ceux de SeaFrance, les salariés de Fralib (conditionnement du thé) mènent eux aussi une action, à l’initiative de la CGT, en vue d’exploiter leur usine en SCOP. Mais dans les Bouches-du-Rhône, tout est différent. Les salariés ne collaborent pas avec une firme privée, ils luttent pour contraindre Unilever à laisser les moyens à la SCOP de maintenir l’activité, rentable sur le site de Géménos, mais qu’elle veut liquider. Ils ne rentrent pas dans des plans destructeurs des pouvoirs publics, ils font monter le rapport de force pour que les autorités politiques interviennent face à la multinationale.   

A SeaFrance, devant la trahison de la SNCF et de l’Etat, la CGT a mené une bataille pour la poursuite de l’activité sous pavillon français à travers une société d’économie mixte dont la région Nord-Pas-de-Calais aurait été partie prenante.

Dans les conditions concrètes de la lutte, la constitution de SCOP ou de SEM peuvent être des objectifs. Mais ni l’une, ni l’autre de ces formes de propriété et de gestion de saurait être érigée en modèle, encore moins en modèle pour « dépasser le capitalisme ».

Dans la médiatisation du cas SeaFrance et les prises de position politiques pour les coopératives et l’autogestion, on voit revenir à la charge les syndicalistes réformistes, les sociaux-démocrates. Tous les leurres sont bons pour esquiver la nécessité de la perspective de rupture révolutionnaire, de remise en cause globale de la propriété privée des moyens de production et d’échange, du pouvoir capitaliste.

Ce n’est pas historiquement celle du PCF ni celle de la CGT depuis 1945. Ce n’est pas celle dont ont besoin les salariés dans leurs luttes actuelles !

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 11:58

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Faire vivre et renforcer le PCF : plus que jamais une nécessité face à la politique du capital. 

Rompre avec les stratégies d’effacement du PCF. 

Déclaration de responsables d’organisation du PCF et de militants communistes, 23 juin 2012

(Pour signer ce texte - cliquez sur le lien)


FVER-PCFL’interminable période électorale s’achève enfin. Sarkozy est certes battu mais la perspective d’une rupture avec les politiques au service du capital s’est encore éloignée, malgré les luttes des dernières années, et une nouvelle étape a été franchie dans l’effacement du PCF.

En fait de changement, Hollande et le gouvernement Ayrault ont promis la poursuite de l’austérité, avec un effort « mieux réparti ». Le niveau de l’abstention aux législatives a traduit un vote par défaut, sans illusions. Les élections à peine passées, une nouvelle hausse écrasante du gaz, un quasi-blocage des salaires, des dizaines de milliers de suppressions d’emploi dans la fonction publique comme dans les grandes entreprises sont annoncées. Une nouvelle étape dans la mise du pays sous la tutelle de l’UE est imminente. La menace d’un plan de super-austérité, au nom de la dette publique et de l’euro, tel que des gouvernements de gauche ou de droite en ont initié dans les autres pays se précise. Suivant les pas de Sarkozy en Libye, Hollande prévoit une guerre en Syrie…

Le système a dangereusement réussi à faire monter l’extrême droite pour dévoyer la colère populaire et l’idée de rupture. Une recomposition politique potentielle alliant droite et extrême droite est en préparation.

Pour nous communistes, ces constats font encore plus apparaître les lourdes conséquences de la stratégie imposée par la direction de notre parti. Nous avons dénoncé avec constance le « Front de gauche » comme nouvelle étape du processus de mutation-disparition du Parti, de ses positions révolutionnaires et de son organisation, engagé depuis 20 ans au moins et marqué par le Congrès de Martigues en 2000. Nos analyses sont confirmées.

Le « Front de gauche » a poursuivi l’effacement du PCF, cette fois derrière un politicien socialiste. Le solde de l’opération, pourtant clairement électoraliste, est sévère : réduction à 7 du nombre de députés membres du Parti, dans la suite la perte de la moitié des élus régionaux en 2010. Le vote « Front de gauche » aux législatives, moins de la moitié des voix de la présidentielle, n’arrive pas à  masquer la poursuite du recul du vote communiste, en particulier parmi la classe ouvrière. Le rôle de rabatteur pour la social-démocratie et l’UE s’est vérifié, aux yeux de tous après le 1er tour de la présidentielle. Les positions fondamentales de rupture que portent les communistes, contre l’UE, pour les retraites, pour l’appropriation sociale des moyens de production, etc. n’ont pas été défendues. Le Front de gauche a été impuissant à combattre la démagogie « sociale » du FN, à faire reculer l’abstention populaire. Il a prolongé l’abandon par la direction du PCF de toute action concrète en direction de la partie de classe ouvrière qui connaît la plus grande détresse sociale.

Nous faisons le constat d’un énorme gâchis. Les nombreuses et grandes luttes de ces dernières années, culminant dans le mouvement pour les retraites, ont montré les forces existantes pour commencer à rompre avec les politiques au service du capital.

Renvoyées vers les élections, elles n’y ont pas trouvé de débouché politique. Par défaut, sur fond d’années d’abandon de positions de lutte par la direction du PCF, particulièrement dans certaines catégories, le Front de gauche a pu représenter une option électorale, un espoir. Mais les postures se sont dégonflées dès les législatives. Nous ne confondons évidemment pas l’aspiration au changement d’électeurs du Front de gauche avec l’opération politique qu’il représente.

Le risque de démobilisation, de résignation politiques est réel.

Une fois de plus, la direction du PCF fuit le débat, refuse de se remettre en cause. La consultation bidon, caricaturale, après les législatives, montre la volonté méprisante de manipuler les communistes.

Nous rappelons que les décisions de constituer le Front de gauche en 2008, de présenter des candidats communs en 2010, de sortir un programme « partagé » ont été prises en dehors des communistes, que le congrès statutaire de 2011 a été annulé.

Après avoir refusé pendant des mois d’être claire sur la participation au gouvernement PS, maintenant que celle-ci est politiquement indéfendable après les législatives, la direction du PCF essaie de reprendre à son compte le large refus des communistes pour valider la poursuite de sa stratégie. Ces procédés sont des signes de défiance vis-à-vis des communistes. Nous ne pouvons pas accepter que l’on continue à paralyser l’action communiste.

L’heure est plus que jamais à préparer la riposte à la politique du nouveau gouvernement. Il ne saurait être question, par delà l’absence de ministres PCF, de s’intégrer dans la majorité présidentielle, de cautionner sa politique en continuant à cultiver l’illusion qu’il est possible de la « tirer à gauche ».  De même, des positionnements critiques superficiels, gauchistes, un « réformisme radical », tels que Mélenchon les pratique quand cela l’arrange, participent d’une logique d’accompagnement et de duplicité que nous rejetons catégoriquement.

Responsables locaux ou nationaux du Parti, militants communistes, nous appelons nos camarades à forcer le débat sur la poursuite, ou plutôt l’abandon, de la stratégie du « Front de gauche », faussement et scandaleusement associée à celle du « Front populaire ». Nous appelons tout le Parti à engager de grandes campagnes de lutte, à rassembler, sur les positions de ruptures les plus fondamentales.

Nous proposons des actions nationales pour la retraite à 60 ans, avec retour aux 37,5 annuités pour un taux plein et rétablissement intégral du financement solidaire par la cotisation sociale, contre la mise en concurrence du rail et le bradage de l’outil collectif ferroviaire, pour une maîtrise publique et nationale des banques, de l’eau, de l’énergie, pour l’abrogation de la loi Bachelot, pour le retour de La Poste comme établissement public détenteur du monopole public de distribution du courrier, une grande campagne articulant revendications pour la hausse du SMIC et rétablissement d’une échelle mobile, une action contre la 3ème phase de la « décentralisation »…

Plus que jamais, une campagne s’impose pour la rupture avec l’UE du capital, ses institutions et son euro. L’opposition de notre parti en 1992 à Maastricht est fondamentale. La crise actuelle le démontre. Nous appelons à reprendre ces analyses et positions de lutte, loin des illusions sur « l’Europe sociale », pour rassembler et rejeter efficacement le nouveau « traité » budgétaire, ce qui passe par remettre en cause Maastricht.

Notre préoccupation majeure reste de contribuer à faire vivre les organisations du PCF indépendamment des compromis électoraux et des clubs du Front de gauche, avec comme priorités l’entreprise et la jeunesse, l’objectif de reconstituer des cellules du Parti. Les grandes luttes qui se préparent vont tellement avoir besoin des communistes.

Dans les mois qui viennent, nous entendons proposer l’action et imposer le débat à tous les niveaux dans le Parti, dans la suite des textes alternatifs de congrès que nous avons initiés depuis 2005 : « Remettons le PCF sur les rails de la lutte des classes », « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps », « Plus que jamais, notre peuple a besoin du PCF ».

Nous mettons à la disposition des communistes, des acteurs des luttes, des outils d’échange et de réflexion, pratiques et théoriques :

-          Un nouveau site internet : vivelepcf.fr

-          Un site d’information sur le mouvement communiste international, entres autres sur l’activité des partis communistes européens qui refusent l’intégration dans le PGE.

-          De nouveaux numéros de notre revue, Cahiers communistes

-          Des espaces de débats notamment à la Fête de l’Humanité. Ils diffuseront un manifeste pour expliciter et défendre la raison d’être du PCF aujourd’hui en France contre le capitalisme.

Les dirigeants du PCF qui pensent que « la matrice historique des partis communistes » est dépassée en ont le droit. Qu’ils en tirent les conséquences et laissent le PCF aux communistes! Pour nous, le capitalisme est toujours le système d’exploitation du monde, en tirant des milliards de profits en France. Pour nous, le Parti communiste est toujours le meilleur outil politique révolutionnaire dans la lutte des classes. Sa raison d’être est intacte. Pour nous, la perspective révolutionnaire porte toujours le nom de socialisme.

Camarades, reprenons notre parti, le PCF, en main !

Premiers signataires

(chronologiques) (responsabilités dans le PCF : CD = Conseil départemental ; CN = Conseil national)

 

POUR S'ASSOCIER: renvoyer NOM, Prénom, localité et "qualité" à vivelepcf@orange.fr

 

Premiers signataires (chronologiques) (responsabilités dans le PCF : CD = Conseil départemental ; CN = Conseil national) 

ALI Alain (02 – Saint-Quentin) ; ALI Jeanne (02 – Saint-Quentin) ; AURIOL Stéphane (75 – RATP – ex. CN), BARRE Albert (75 - Paris 15) ; BECOURT Corinne (02 – Saint-Quentin – CD/CN), BELLICHE Karima (02 – Gauchy) ; BERNABE Frédéric (70 – Vesoul – CD/CN – Secr. Fédéral), BERNATETS Jean-Claude (02 – Chauny) ; BERNATETS Monica (02 – Chauny) ; BERTRAND Robert (31 – Verfeil) ; BRANCOURT Jean-Luc (02 – Saint-Quentin) ; CARPENTIER Michel (29 – Brest) ; CARPENTIER Paulette (02 – Saint-Quentin) ; CARRIER Serge (02 – Harly); CHANTRELLE Jean (92 – Malakoff) ; CHANTRELLE Laurence (92 – Malakoff) ; CHATAIN Monique (83 – Carqueiranne) ; CHAUVINEAU Jean-Marc (Etr – Vietnam) ; CLET Franck (38 – Saint-Martin-d’Hères – CD) ; COPIN Joël (62 – Rouvroy) ; CREZEGUT Anthony (75 – Paris 15, CD) ;  CRYSSOMALIS Julia (69 – Lyon) ; DANG TRAN Emmanuel (75 – Paris 15 – CD/CN) ; DANG TRAN Jacqueline (35 – Rennes) ; DARGHAM Pierre (92 – Vanves); DA SILVA Raphaël (69 – Lyon) ; DEBEAUVAIS Fabienne (80 – Amiens – CN) ; DEFFONTAINE Claude (75 – Paris 16 – CD) ; DEGAUGUE Arlette (62 – Béthune) ; DEGUELDAIRE Jean-Michel (02 – Rouvroy) ; DEGUISE Loïc (02 – Saint-Quentin) ; DELVAL Jean-Claude (78 - Mantes) ; DENIS Guy (02 – Saint-Quentin) ; FAINZANG Claude (75 – Paris 19 – CD/CN) ; FERRIER Martine (69 – Lyon) ; FEVRE Thomas (42 – Saint-Etienne) ; FOURNIER Jean-Pierre (03 – Commentry – syndicaliste paysan) ; FRICOUT Serge (24 – Jumilhac - CD) ; GABERT Jean-Jacques (02 – Gauchy) ; GABERT Michèle (02 – Gauchy) ; GAGLIANO Michel (42 – cheminot communiste de Saint-Etienne) ; GARCIA Jacqueline (10 – Romilly) ; GARCIA Tenessee (69 – Vénissieux) ; GARNODIER Luc (69 – Lyon) ; GARNODIER Pierre (69 – Lyon) ; GAWSEWITCH Josette (75 – Paris 15 – CD); GERMAIN Roland (70- Plancher-Bas – Maire) ; GUILLON François (75 – Paris 15) ; HERVE Armelle (78 – Mantes – secr. Section- CD) ; JAMELOT Joran (75 – Paris 15 – AP-HP) ;  JAMMET Marc (78 – Mantes- CD ) ; JAN Aurélien (02 – Saint-Quentin) ; KOLLI Anne-Marie (33 – Arcachon – CD) ; LACAUD Amy (24 – Neuvic) ; LAROSIERE Jean-François (59 – Douai – CD) ; LEROSEY Benoît (02 – Saint-Quentin) ; LIEVIN Fabienne (70 – Vesoul – CD) ; LIEVIN Patrick (70 – Vesoul – CD) ; LUBRINA Antoine ( 03 – Désertines) ; MARION Fabien (13 – Pays d’Aix) ; MARQUES Camille (75 – Paris 14 – CD) ; MATTA Robin (13 – Pays d’Aix) ; MICHEL David (02 – Gauchy) ; MORAS-CASTRO Esteban (33 – Bordeaux) ; MOREAUX Jeoffroy (13 – Marseille) ; MORENON Jean-Pierre (73) ; NEGRI Dominique (38 – Saint-Martin-d’Hères – CD/CN) ; NIEL Guy (94 – Gentilly) ; ODETTI Christiane (81 - Lavaur – Secr.  Section – CD) ; OUAKZIZ Moha (81 – Albi) ; PATE Jean-Claude (50 – Valognes) ; PATTE Jean-François (62 – Arras) ; PECH Jérôme (13 – Pays d’Aix) ; PEINTRE Junon (75 – RATP) ; PEPIN Jean-Claude (38 – Saint-Martin-d’Hères) ; PERRIN Michel (87 – Limoges SNCF – ex-Secr. fédé) ; PICARRETTA Savino (38 – Echirolles) ; PLE Christian (83) ; PLE Sabrina (02 – Gauchy) ; PUDEPIECE Jean-Jacques (02- Saint-Quentin) ; RALLIERES Danièle (81 – Bastides - CD) ; RALLIERES (81 – Bastides – secr. Section - CD) ; RICHARD Laurent (38 – Terres froides – secr. section) ; RIO Paul (58 – Guérigny) ; RIOT Sarah (69 – Lyon) ; ROCHE Quentin (69 – Lyon ) ;  ROLLO Stéphane (38 – Saint-Martin-d’Hères) ; ROQUIN François (38 – Saint-Martin-d’Hères) ; SABATTIER Henri (07 – Sud-Ardèche) ; SANCHI Luigi-Alberto (75 – Paris 19) ; SCHMIDT Jean-Claude (75 – Paris 15) ; SINTEFF Marie-Christine (57) ; SOLET Nicole (75 – Paris 15) ; SURAT Joëlle (91 – Vigneux-sur-Seine) ; TOLLET Gérard (60 – Méru – Universitaire) ; TORNER Emile (75 – Paris 15 – ancien déporté-résistant) ; TOURNAY Alain (83 – Toulon) ; TOURNAY Jean-Luc (02 – Saint-Quentin – Secr. Section) ; TOURNAY Josette (83 – Méounes); TOURNAY Olivier (02 – Saint-Quentin – CD) ; WEINMANN Gautier (62 – Leforest) ; YAGHLEKDJIAN Pierre (75 – RATP) ; YATES Russell (77 – Meaux – Secr. Section) ; ZICCHINA Noël (2A – Ajaccio – CD)

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 15:30

Des (ex)NPA mûrs pour servir de caution gauchiste au Front de gauche

Vivelepcf, 1er juillet 2012

120702_besancenot_melenchon.jpgUne nouvelle division du NPA devrait rentrer officiellement dans le Front de gauche après la conférence nationale du NPA le 8 juillet. Des tractations ont déjà eu lieu sur les conditions de leur intégration, révèle la presse (Le Figaro du 28 juin, le Monde du 30), avec les dirigeants auto-désignés du Front de gauche, Francis Parny, membre du PCF et Eric Coquerel, bras droit de Mélenchon.

Pour nous, ce n’est pas une surprise.

Avec une élégance crasse, Myriam Martin, dirigeante de ce courant dit de « gauche anticapitaliste » qui revendique 300 suiveurs, avait déjà participé au meeting de Mélenchon le 5 avril à Toulouse trahissant la candidature de son parti, Philippe Poutou, pour laquelle elle s’était prononcée.  

Mais il s’agit surtout d’une évolution logique liée à la nature du NPA, embryon de Front de gauche en voie d’avortement. Déjà en 2009, nous écrivions en conclusion d’un article de ce site (Où va le NPA ? en lien) :

« A peine né, le NPA fait face à une crise existentielle prévisible. La position B ramène au petit parti trotskyste. Les positions A et C, dans la suite de l’évolution de la LCR, conduisent tout droit à l’intégration dans le « Front de gauche ».

Parions que le NPA, dès le lendemain des régionales, se transformera en caution « anticapitaliste » d’un « Front de gauche », lui-même caution électorale d’une social-démocratie recomposée.

On est loin du parti de classe et de masse que seul le PCF a été et doit redevenir. »

Tout dans le NPA correspond au Front de gauche :

-          Le NPA a permis à la direction de la LCR de se débarrasser de l’étiquette « communiste » (ce n’était qu’une étiquette !) comme le Front de gauche permet de poursuivre l’effacement du PCF.

-          Le NPA trouve la justification de son existence dons des calculs électoralistes et dans la promotion par la bourgeoisie d’Olivier Besancenot. En 2007, celle-ci pouvait et voulait faire élire Sarkozy et avait intérêt à valoriser OB. En 2012, Mélenchon a constitué un meilleur rabatteur pour son poulain social-démocrate. OB s’est prudemment désisté laissant Poutou assumer le rôle de candidat de témoignage.

-          Le NPA, comme le Front de gauche, derrière un vernis de « radicalité » s’inscrit dans la légitimation de l’UE du capital en diffusant l’illusion de « l’Europe sociale » et en pervertissant l’internationalisme.

-          Le NPA, comme le Front de gauche et la direction mutée du PCF, dévalorise la lutte des classes en érigeant les questions « sociétales » en priorités.

-          Le NPA, comme la LCR, comme Mélenchon gardent de leurs racines trotskystes un anticommunisme viscéral.

Dans les courants subsistant du NPA, il y a maintenant fort à parier les trotskystes doctrinaires, issus de LO, vont recomposer leur propre groupuscule, que le pape Krivine et son ancien assistant parlementaire Besancenot vont orienter le reste du NPA dans une position à la fois complémentaire et critique (encore trop de PCF dans le FdG !) du Front de gauche pour contribuer à canaliser la colère populaire, les travailleurs syndiqués aspirant à un mouvement révolutionnaire, vers une opposition de façade, à coup de déclarations maximalistes tombant à côté des enjeux de classe.

« Le gauchisme, cet anti-léninisme ! » pour reprendre le titre du célèbre ouvrage de référence de notre camarade Léo Figuères : quelle vérité !

LCR, NPA, « 100% à gauche » ? Comme le concentré de tomate !

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1 juillet 2012 7 01 /07 /juillet /2012 13:48

« Consultation » des communistes du 18 juin : une nouvelle étape franchie dans le mépris des communistes !

 

Corinne Bécourt, site http://pcfsaintquentin.unblog.fr/

 

Corinne-BECOURT-PCF-ST-Quentin-Membre-du-Conseil-National-d.jpgNotre section a dénoncé la mascarade de « consultation » des communistes, en 24 heures sur un texte de 50 lignes,  au lendemain des législatives dans un communiqué (en lien).

Comme des camarades de nombreuses fédérations et sections du pays, nous avons refusé de nous plier à cette parodie qui n’avait pour objet que de faire avaler la poursuite de la stratégie du Front de gauche malgré la perte des deux tiers des députés communistes et le nouveau recul du vote communiste aux législatives.

Nous venons de recevoir le bulletin interne de la direction fédérale de l’Aisne, « Communistes 02 ». Une fois de plus, il n’est fait aucun état de l’analyse, transmise par PV, de la plus grande section du département. Nous ne sommes pas vraiment étonnés non plus que les résultats du « vote » ne soient pas détaillés section par section.

Des camarades de plusieurs sections nous ont alertés : de nombreux votes ont été obtenus automatiquement, par téléphone, sans lecture du texte, sur la seule base du refus de la participation au gouvernement, question que la direction nationale avait soigneusement évitée pendant la campagne électorale. Au plan national, ce n’est rien d’autre que de la manipulation.

L’échec cinglant du Front de gauche dans la 4ème circonscription fait réfléchir dans l’Aisne, comme la poussée préoccupante de l’extrême-droite aux présidentielles, comme l’avènement d’une « gauche » au pouvoir en situation de poursuivre la politique antipopulaire d’austérité. Avec un PCF qui ne joue pas son rôle au cœur du monde du travail avec ceux qui subissent le plus durement cette politique.

Voilà les bases des discussions que la direction fédérale devrait avoir le courage d’ouvrir dans l’Aisne. Elle préfère boycotter les analyses de Saint-Quentin, de certains membres du Conseil départemental, d’un des deux membres du Conseil national de la fédération.

Se boucher les oreilles pour continuer à aller dans le mur de la poursuite de l’effacement du PCF ? Pour préserver des accords politiciens?

Camarades dirigeants fédéraux, si vous n’avez pas peur des communistes, acceptez le débat démocratique dans le parti ! Comme nous le faisons à Saint-Quentin !

 

Corinne BECOURT

Membre du Conseil National du PCF, du Conseil départemental du PCF 02

Section de St-Quentin 02

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