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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 09:29

Nous saluons la naissance du magazine (3ème numéro) "International Hip Hop". Son objet culturel n'est probablement pas très familier à la plupart d'entre nous et de nos lecteurs. Sa ligne éditoriale, nettement engagée, ne peut qu'attirer notre curiosité et notre sympathie.
Ci-dessous l'article publié dans l'Huma du 5 janvier.

Vivelepcf


Presse . International Hip-Hop : quand le rap se veut intelligent. (Huma du 5 janvier 2009)


La scène rap compte un nouveau média : International Hip-Hop. Après Digital Hip-Hop, c’est « la seule innovation » de la presse rap française ces dernières années, rappelle son créateur Yann Cherruault. Également « papa » de ce nouveau magazine ; il reprend les codes du hip-hop : rap, fringues et graff. Il propose ainsi avec chaque numéro un DVD mêlant « classiques » rap et « surprises » d’Europe ou des USA. Son but : participer au « redéploiement du hip-hop, touché par la crise de l’industrie du disque, des intervenants trop souvent caricaturaux mis en avant par les médias crétins ou manipulateurs » et lutter contre « une audace artistique en berne ». Avec une conscientisation absente des colonnes de ses homologues. Une coloration politique qui lui vaut reconnaissance des « intellectuels » du milieu, dont certains participent à la rédaction.

Le numéro 3 de ce bimestriel ne devrait pas tarder à sortir, mais c’est dès le premier numéro que le credo d’International Hip-Hop s’est affiché. Dès son premier édito, Yann Cherruault, directeur et rédacteur en chef du magazine, annonçait la couleur : la « fougue » du hip-hop doit l’aider à reprendre « la voie de la résistance politique » alors même que « le consensus entre la droite et le Parti socialiste (toujours d’accord sur le fond lorsque l’on parle Europe, Sécu, emploi, immigration, Constitution…) démolit à vitesse grand V depuis vingt-cinq ans tous les grands acquis solidaires issus de la capitulation nazie et de la déroute de la droite française collaboratrice ». Même si, depuis, le PS a changé de tête, le ton était donné. Visiblement sans grands moyens, International Hip-Hop cultive son côté décalé et intelligent. Sans concession avec le milieu « bling-bling » dans lequel il évolue.

G.M.

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12 janvier 2009 1 12 /01 /janvier /2009 09:21

Nous publions ci-dessous un article particulièrement intéressant de notre camarade, Andrea Catone, membre du Parti de la refondation communiste en Italie. Il traite, à partir de la question des intellectuels, ou plutôt du "travail culturel" dans le Parti, de l'évolution du mouvement communiste italien et de sa situation aujourd'hui, notamment dans la perspective d'une unité entre le PRC et le Parti des communistes italiens (PdCI). Merci à Luigi-Alberto Sanchi de nous avoir communiqué ce texte et de l'avoir traduit.

 

Les communistes et le travail culturel

Contribution d'Andrea CATONE à la rencontre pour l’unité des communistes du 14 décembre à Rome

Envisager les questions touchant l’organisation de la culture en fonction d’une lutte politique pour la transformation sociale – ce qui, même en l’actuelle phase historique, exige la présence active d’un parti communiste bien organisé – c’est, semble-t-il, l’affaire des « intellectuels » dans une sorte de division du travail où les politiciens s’occupent de politique, des petites affaires locales jusqu’aux choix stratégiques, tandis que les intellectuels font les intellectuels, élaborent des programmes ou des théories dans le domaine culturel, sont appelés à signer des pétitions etc. : étanchéité entre élaboration culturelle et gestion politique.

            Cette séparation est l’héritage et le reflet de la division en classes depuis l’Antiquité jusqu’au capitalisme.

            Les marxistes et les communistes se sont battus contre cette séparation. À ce propos, le communisme italien possède le riche patrimoine des réflexions de Gramsci sur le rôle des intellectuels.

            Parce qu’ils entendent diriger le mouvement des masses pour la transformation socialiste de la société, les communistes sont des intellectuels.

            Cet exorde n’est pas rhétorique. C’est peut-être le cœur du problème que nous voulons tenter de résoudre. Ce qu’on appelle « crise de la politique », en ce qui nous concerne, naît aussi de ce que les deux principaux (et petits) Partis communistes en Italie, le Parti de la refondation communiste et le Parti des Communistes italiens, sont devenus des organismes où la formation culturelle et politique n’est pas organisée, où on ne trouve pas une élaboration collective des problèmes, où on n’étudie pas avec une méthode rigoureuse les classes, leur mouvement dans la société, les contradictions, les processus en cours. La lutte politique se réduit souvent à du machiavélisme de bas étage, les idées elles-mêmes sont employées avec une forte torsion politicienne. On ne raisonne pas en termes de contradictions de classes mais de « rassemblements politiques », de « formations politiques », d’« espaces politiques » à occuper.

            Or le parti politique du prolétariat, le Parti communiste, est structurellement différent des partis bourgeois même s’il peut leur ressembler dans certains traits extérieurs. C’est un parti qui organise les progrès intellectuels de ses militants, qui œuvre pour dépasser le clivage entre dirigeants et dirigés. Mais sa dégénération l’a amené à être un parti où la séparation s’est renforcée, à avoir un personnel politique de bas niveau.

            Il faut comprendre pourquoi le PRC depuis ses débuts n’a jamais organisé la formation politique de manière systématique et sérieuse (voire pas sérieuse), alors même que des appels en ce sens surgissaient spontanément çà et là. Cette absence systématique, méthodique, structurelle d’attention aux questions de la formation et de la culture politique est un indice révélateur de l’échec du PRC.

            L’abandon d’un programme de formation émanant du centre – école de Parti et séminaires – datait déjà de l’époque du PCI, dans les années 80. C’était largement le reflet de la crise d’identité et de perspectives stratégiques de ce grand Parti qui sera emporté et dénaturé dans la décennie suivante.

            Pourquoi la formation communiste et marxiste a-t-elle toujours été le parent pauvre dans le PRC ? Pourquoi, dans sa pratique politique, a-t-il chaque fois considéré qu’il y avait quelque chose de plus urgent à faire ? Aussi, a-t-on mis à profit un préjugé anti-intellectuel ranimant l’ancien mépris anarcho-syndicaliste envers la théorie et le sens commun des masses (confisqué par la classe dominante), préjugé selon lequel philosophie et théorie ne sont que vaines palabres tandis qu’il faut des « faits », de la « pratique »… oubliant qu’il existe une pratique de la théorie et que le travail théorique n’est pas moins une activité que le travail manuel. Si l’absence d’organisation de la formation au PRC a pu être renforcée par de ce préjugé, sans compter la crainte d’être « dogmatiques », scolaires, etc., elle a eu des racines bien plus profondes, liées à sa nature même. En effet, même dans les meilleures années de sa vie, ce parti ne s’est jamais pensé ni proposé comme avant-garde stratégique de la révolution. Il s’est plutôt concentré sur l’espace électoral à conquérir ou à maintenir. Le manque d’une organisation cohérente de la formation et de la culture politique, de même que l’absence d’organisation d’un travail syndical de masse, montrent que le PRC se pensait comme une force résiduelle au jeu défensif, chevauchant à l’occasion les mouvements de protestation, oscillant entre culture protestataire et subalternité au gouvernement.

            Tant que la formation politique et culturelle sera jugée superflue, oripeau ou danseuse, les communistes n’auront aucune chance et ils resteront subalternes ; ils ne seront pas des communistes dans le meilleur sens du mot. La question de la formation politique et culturelle doit être une partie intégrante du projet de reconstruction d’un Parti communiste.

            Aujourd’hui aussi on a besoin de cette « réforme intellectuelle et morale » qu’appelait Gramsci.

            Aujourd’hui, la culture marxiste est devenue largement minoritaire dans notre pays, après avoir joui, sinon d’une hégémonie, d’un enracinement consistant entre 1945 et 1975. Ecrivains, cinéastes, acteurs, manuels scolaires, disciplines universitaires – d’abord dans les sciences humaines – ont été peu ou prou influencés par le marxisme. Grande maison d’éditions liée au PCI, Editori Riuniti publiait des ouvrages marquants. Ils allaient des classiques du marxisme (très importante l’édition des œuvres complètes de Lénine et celle, restée inachevée, des œuvres de Marx et Engels, aujourd’hui relancée de façon méritoire par l’éditeur napolitain La Città del Sole) jusqu’à la théorie politique contemporaine, en passant par l’histoire du mouvement ouvrier (avec les documents de l’Internationale communiste), par des revues (Critique marxiste, Studi storici, Democrazia e diritto) et par le lien international entre les partis communistes. En Italie la contribution du marxisme a été plus faible dans le domaine des sciences naturelles, encore qu’en ait été nourrie toute une génération de physiciens et de spécialistes des sciences naturelles, et qu’un grand historien de la science comme Ludovico Geymonat en ait été profondément influencé. Encore dans les années 70 des manuels soviétiques de physique étaient adoptés, traduits,  dans quelques universités italiennes.

            D’autres maisons d’édition aussi contribuaient de manière autonome à la diffusion d’une culture marxiste, comme Feltrinelli ou la prestigieuse Einaudi (appartenant aujourd’hui à Berlusconi) : que l’on pense à l’investissement de cette dernière dans l’édition des œuvres de Gramsci, y compris l’édition critique des Cahiers de prison. Une revue hebdomadaire telle que Rinascita, dans sa meilleure période, parvenait à être l’instrument de la formation théorique et politique des cadres et des intellectuels tout en ayant une fonction de travail critique et d’orientation dans les batailles quotidiennes. L’Institut Gramsci et l’école de Parti des Frattocchie, avec la publication d’opuscules pour la formation contribuaient de manière cohérente et organisée au développement du travail culturel dans ses aspects de la formation des cadres du Parti et de l’élaboration théorique. La liste pourrait s’allonger et susciter la nostalgie face à l’abîme qui sépare la misère présente de la richesse culturelle de ce passé. Entre les années 60 et les années 80 il y eut également une floraison de revues « hérétiques » liées aux mouvements de 68 dont aujourd’hui serait utile un bilan critique sur leur rôle réel. Par contre, la production théorique des mouvements et partis marxistes-léninistes a été plus indigente.

            Dans les années 80 l’érosion et la crise de la culture marxiste s’achèvent. Son apogée se situe dans les années 70, avec le développement du mouvement ouvrier et sa déferlante de luttes sociales, politiques et culturelles dans l’intense décennie 1967-1978 : ce n’est pas un hasard si l’un des derniers produits de ce développement a été l’Histoire du marxisme publiée en cinq grands volumes pour Einaudi sous la direction de Hobsbawm ; histoire critique – et critiquable à certains égards – constituée de différentes approches et par des auteurs certes peu homogènes, mais tout de même une pierre miliaire pour étudier le développement du marxisme dans le monde.

            Donc l’érosion du marxisme qui avait déployé son grand potentiel dans les trente années précédentes et avait joui d’une hégémonie durable (par exemple, les catégories gramsciennes entrèrent non seulement dans les travaux spécialisés et universitaires, mais aussi dans les manuels scolaires), commença dans les années 80, justement liée aux signaux de crise du mouvement international communiste qui, pourtant, vers le milieu des années 70 avait remporté une victoire politique, militaire et symbolique considérable avec la défaite des USA au Vietnam. Mais le camp socialiste était profondément divisé avec l’éloignement croissant de Chine et URSS et la guerre entre Chine et Vietnam, la dissolution du front indochinois, les difficultés de l’URSS à se maintenir à son intérieur comme dans ses rapports avec les pays d’Europe centrale et orientale – à commencer par la Pologne – ainsi que sur l’échiquier mondial où la déchirure Chine-URSS fut exploitée par l’impérialisme pour diviser les mouvements anti-impérialistes, de l’Asie (avec l’Afghanistan) à l’Afrique.

            La crise du marxisme en Italie fut liée à la défaite du projet stratégique du PCI, à son incapacité à se donner une ligne convaincante après l’échec du « compromis historique » avec la Démocratie Chrétienne. Histoire qui reste entièrement à écrire et à interroger de manière critique.

            Que cette tâche n’ait pas été accomplie depuis, c’est un signe éloquent de la décadence culturelle et politique où nous sommes tombés. Non seulement n’y a-t-il pas eu d’histoire du communisme italien qui soit partagée par tous ses héritiers ; non seulement n’a-t-on même pas réglé nos comptes avec lui – comptes qu’avait su régler avec le socialisme italien et avec ses propres origines l’ancien Parti Communiste d’Italie dans ses célèbres « Thèses de Lyon » émises lors de son IIIe congrès, en janvier 1926 – mais on n’a pas non plus tenté de le faire, en dehors d’initiatives individuelles.

            La « Bolognina » d’Occhetto (le 12 novembre 1989, à l’occasion d’un discours sur la bataille de la Résistance dite de « la Bolognina », Achille Occhetto, alors secrétaire du PCI, a lancé le processus de changement du Parti, abouti le 3 février 1991 avec la dissolution du PCI) est survenue à la fin d’une décennie où la baisse du consensus électoral ne photographiait qu’en partie l’érosion bien plus grande et profonde de la culture marxiste et la dégénération interne du Parti communiste. Favorisé et accéléré par la crise puis la ruine de l’URSS et du socialisme réel comme par l’idéologie gorbatchévienne (d’ailleurs élaborée avec l’apport d’idéologues antimarxistes du PCI), le tournant inauguré par Occhetto eut la force de soustraire la majorité du PCI à la perspective communiste, parce qu’une grande partie de son patrimoine historique et culturel avait déjà été dilapidé. Certes, la nouvelle formation politique n’abandonnait pas complètement l’enseigne de la transformation sociale et des réformes, mais elle la plaçait entièrement au sein du réformisme social-démocrate, de l’acceptation du capitalisme comme dernier horizon de l’histoire. Occhetto brandissait le drapeau social-démocrate à l’heure même où le projet social-démocrate entrait en crise, à cause du profond remaniement à l’Est et de l’ouverture du marché mondial, ce qui signifiait une concurrence inter-capitaliste à l’échelle planétaire, compétition globale sur tous les marchés avec pour effet, d’une part, la nécessité de réduire au minimum les coûts de production directs et indirects et, d’autre part, le fait de n’avoir plus grand-chose à redistribuer. Car la social-démocratie du XXe siècle n’est parvenue à se frayer un chemin en Occident que : a) parce qu’il y avait l’URSS et le camp socialiste qui suggéraient au capital de faire des concessions sur le terrain économique, l’État-providence et le droit du travail, pour éviter que les masses ne se tournent vers l’Est et s’emparent du pouvoir ; b) parce que la phase d’expansion mondiale permettait de redistribuer une partie des profits accumulés afin d’acheter le consensus. Au reste, tous les gourous prêchaient qu’avec la fin de l’URSS il n’y avait d’autre perspective que le capitalisme, que les masses n’avaient pas d’alternative…

            La naissance du PRC pour résister et s’opposer à la dissolution promue par Occhetto n’était pas le fruit d’un projet stratégique mais une simple réaction, résistance faite au nom d’un symbole, d’un drapeau, d’un idéal dans le meilleur des cas voire, plus banalement, d’un calcul politicien en vue du consensus électoral que le vieux logo de la faucille et du marteau pouvait encore assurer. Ce fut probablement tout ce que l’on pouvait faire sur la base des forces existantes et de la profonde érosion culturelle et idéologique intervenue dans le communisme italien, mais cette limite originelle n’a jamais vraiment fait l’objet d’une réflexion ni n’a été posé comme problème à résoudre comme, pour faire une comparaison avec une autre ère, l’ont su faire les communistes italiens avec les thèses de Lyon de 1926 par rapport aux limites historiques et politiques de la scission de 1921.

            La conséquence de tout cela – ainsi que la pierre de touche – a été que le PRC n’a jamais eu une politique de formation de ses cadres militants : « école de Parti » eût semblé un gros mot. Il ne pouvait l’avoir, en l’absence d’un axe culturel et idéologique commun. Pour faire un exemple qui, au lieu de concerner le bilan très contesté de l’histoire du communisme au XXe siècle, porte sur l’action politique actuelle : dans l’analyse de la structure économique et dans les propositions de politique économique, le keynesisme, et non le marxisme, apparaissait comme la pointe révolutionnaire la plus avancée qui fût.

            La débâcle idéologique a également représenté une chute dans le style de travail, dans l’approche des questions suivant, en cela, la dérive de la culture italienne, de plus en plus dominée par la télé-poubelle et par la politique-spectacle, par un manque d’étude sérieuse et par le règne de l’éphémère. Non seulement n’y a-t-il pas eu un retour sérieux à la culture marxiste (la question n’a même pas été posée !), il y a eu une débâcle de la culture tout court. Sauf exception, une grande superficialité culturelle a triomphé.

            Au sein de cette décadence générale, réunies autour de groupes, réseaux de camarades ou courants internes au PRC, quelques revues – pour en citer quelques-unes, aux conceptions parfois très différentes : La Contraddizione, Contropiano, L’Ernesto, Marxismo oggi – ont constitué une voix parlant en-dehors du provincialisme italien et dans un courant marxiste et communiste mondial qui, malgré les crises et les difficultés de toutes sortes, n’avait pas disparu. Cette voix luttait et élaborait des idées en proposant des analyses de classe, en reprenant la théorie léniniste de l’impérialisme dans les conditions d’aujourd’hui, en se battant contre la démolition du marxisme, en posant dans des termes corrects la question du rapport à l’héritage communiste du XXe siècle. En revanche, l’analyse de la société italienne et, de là, l’élaboration d’une stratégie qui sût lier le contexte mondial et l’ancrage dans le pays, ont été plus faibles, ce qui reflétait l’état des forces politiques et de la pratique politique.

Les communistes savent que l’une de leurs tâches stratégiques est l’organisation de la culture. Il y a plusieurs niveaux et différentes tâches spécifiques.

            Il faut une élaboration à la hauteur du conflit de classe actuel. Travail réel, non la répétition des théories produites dans le passé par nos classiques. Autrefois organisé de manière collective dans des centres de recherche liés de façon plus ou moins directe au Parti communiste, ce travail est aujourd’hui le fait de forces modestes, de quelques individus de bonne volonté. Les occasions d’échanger qu’ont les chercheurs marxistes et communistes sont rares et non systématiques, elles ne permettent pas de sauts de qualité. Sans en avoir l’envergure, nous sommes tous un peu des Gramsci en prison écrivant des cahiers pour les générations à venir. De surcroît, la diffusion des élaborations se produit ou bien par de petites revues, ou bien par les rares éditeurs disponibles que des limites objectives obligent à des tirages minimes : Achab, Teti, Zambon, outre La Città del Sole, maison d’éditions et centre culturel qui a, en connaissance de cause, posé la question du développement organique d’une culture marxiste et communiste.

            D’autres formes de théorisation dominent à « gauche », parfois intéressantes mais bien loin d’une conception marxiste et communiste : que l’on pense à la fortune récente dans l’univers ex-altermondialiste des théories de la décroissance propagées par Serge Latouche et par d’autres, qui cernent de façon unilatérale un grand problème du capitalisme mais indiquent une solution régressive, en partant d’un point de vue fondamentalement occidental.

            Il faut travailler pour que l’élaboration marxiste puisse se frayer un chemin et acquière une dimension de masse au lieu de se borner à quelques cercles de savants. Aujourd’hui, la théorie est perçue par une bonne partie de ce qui reste du « peuple communiste » comme un vain mot, un oripeau, de toute manière inférieure à la pratique. Ou alors – c’est le revers de la médaille – comme une affirmation identitaire, soulignement de ses origines, des textes sacrés. Dans un cas comme dans l’autre (les deux cas ayant des raisons historiques précises dans l’usage dévoyé qui a été fait de la théorie) elle est considérée comme une opération rhétorique.

            Il faut donc redonner sa dignité à l’élaboration théorique marxiste, organiser ses lieux et ses formes, afin qu’un travail jusqu’ici personnel redevienne collectif et nécessaire à la transformation révolutionnaire de la société.

            Problème ardu. Nous en avons décrit la tête, mais non la base. Nous avons non seulement perdu les lieux communistes de la production et de la circulation des théories (suppléés en ces années par les productions des intellectuels, « traditionnelles » en ce qu’elles se fondent sur une tradition d’élite et d’individus), nous avons aussi perdu le terrain sur lequel peut se développer fructueusement une élaboration marxiste qui, en tant que telle, n’est jamais pure étude intellectuelle mais action transformatrice des rapports sociaux. Une culture communiste de base est absente. Sans cela, les élaborations théoriques les meilleures seront l’apanage du cercle, si restreint qu’il risque de s’éteindre, des intellectuels marxistes, ne deviendront pas l’acquis des masses ni ne pourront se nourrir des critiques, des suggestions, des observations, des pratiques des masses.

            Autrement dit, dans les vingt dernières années on a assisté à une véritable rupture générationnelle dans la transmission de la culture marxiste et communiste. Les nouvelles générations, qui en ont vaguement entendu parler et qui ont essayé d’étudier quelque chose, s’en sont approchées de manière hasardeuse, occasionnelle, atomisée. Leur vision de l’histoire du mouvement communiste italien et mondial (ce qui signifie aussi, inévitablement, l’histoire du Monde), de la théorie marxiste, de la conception du monde communiste est fragmentaire, mélangée au sens commun sous l’emprise des idées de la classe dominante. Ce caractère dispersé, cette absence d’une conception organique produit également une grande difficulté de communiquer, un Babel de langages, une confusion de concepts. Pour lever toute équivoque, je ne veux pas ici défendre l’uniformité dogmatique d’un B-A-ba du communisme, mais la nécessité de bâtir les bases d’une culture marxiste organisée qui parvienne à redonner aux camarades les instruments essentiels pour lire le monde et s’orienter dans l’action politique.

            Nous éprouvons le besoin urgent de construire une culture communiste de base s’appuyant sur la production éditoriale traditionnelle (manuels d’histoire communiste, d’histoire du syndicat, d’introduction au marxisme mais aussi livres d’inspiration marxiste sur les développements scientifiques, sur l’anthropologie, sur l’histoire des religions…) et sur les nouvelles technologies et la diffusion par la Toile. A ce propos, le travail accompli par des camarades comme le site Resistenze, du Centre de culture populaire de Turin, montre la voie et, en plus, nous dit qu’il ne faut pas de grands moyens pour rendre disponibles en ligne les grands classiques du marxisme et de milliers d’articles et documents.

            Mais il faut un saut de qualité. Un grand travail coordonné et organisé qui soit à même de centraliser les initiatives utiles mais éparpillées de groupes, d’individus, et de planifier leur travail pour éviter des doublons et optimiser la production éditoriale. Plusieurs énergies restent inutilisées ou sous-employées, dispersées, fragmentées. L’Italie n’est pas seulement le pays de Machiavel, c’est aussi la terre du Guichardin, du particularisme communal, de la tendance à la constitution et à la reproduction extensive de cénacles et groupes avec leur apparat microscopique de chefs satisfaits de leur rôle : il vaut mieux être le premier à Tivoli que le deuxième à Rome… Ce particularisme a caractérisé également l’histoire du socialisme et du communisme italiens et n’a été dépassé que lorsque le Parti communiste s’est doté d’une structure forte et d’une stratégie efficace. Depuis la liquidation du PCI et avec la panne stratégique du PRC (maintenant patente en raison de la débâcle électorale, mais présente dès les origines et aggravée par la direction volubile de Bertinotti, qui oscillait entre altermondialistes et tentations gouvernementales) ce même particularisme tend à s’accroître et à se multiplier dans de petits centres souvent autistes, plus attentifs à se préserver, en dépit de leurs proclamations fracassantes, qu’à promouvoir une politique réelle de conquête de la classe ouvrière et de lutte de classe.

En ce moment, il est fondamental de travailler pour dépasser la dispersion, pour centraliser toutes les ressources, humaines et matérielles, communistes. Tâche particulièrement ingrate étant donné la situation où aucune force communiste ne dispose d’une masse critique suffisante pour pouvoir se présenter comme un pôle d’agrégation des petites « républiques autonomes » communistes éparpillées dans la Péninsule. Dans la faiblesse générale, chacune peut nourrir la conviction d’être au centre du processus de reconstitution de l’unité communiste, de connaître la bonne méthode, de pouvoir être hégémonique. Or elles ne font qu’ajouter à la dispersion.

Il faut la force d’un projet à même, aujourd'hui, d’unifier sans exiger une uniformité impossible ou des homologations absolues et qui soit capable de céder sur des questions secondaires pour mieux atteindre l’objectif principal. L’unité politique n'est pas donnée au départ, c'est un processus de lutte et de transformation.

 

Tant que la question de l'organisation de la culture communiste sera jugée superflue, sorte de « luxe » par rapport aux urgences du moment (listes électorales, etc.), nous n'aurons aucune base solide pour la reconstruction communiste et pour l'unité des communistes.

 

À partir de l’exigence fondamentale de la diffusion d’une culture communiste de base sur laquelle greffer un processus d’élaboration théorique et stratégique collective, donc un progrès intellectuel de masse, non limité aux cénacles savants, nous pouvons lancer la proposition d'une coordination des différentes réalités communistes oeuvrant sur le front culturel (revues, maisons d'édition, sites internet, etc.) afin de parvenir réellement à des formes de coopération et à la création d'un centre éditorial et culturel fort. Dans le passé récent des tentatives ont eu lieu, c'est le signe évident que cette exigence est ressentie, sans pouvoir pour autant dépasser le particularisme et la dispersion.

 

C'est une perspective stratégique. Sans une politique organisée, non épisodique, de

 

   diffusion d'une culture communiste de base

   formation de cadres communistes

   élaboration théorique et stratégique collective

 

toute proposition de reconstruciton communiste sera éphémère et soumise aux conflits et à la fragmentation dûs à l'absence d'un réel collant : celui-ci ne peut qu'être fondé sur une conception du monde unitaire et commune, sur une base marxiste qui nous permette de lire le « monde vaste et terrible » et de s'y orienter, sur une éthique communiste qui place la visée communiste avant l'avantage personnel. Reconstruction qui n'a pas besoin d'utiliser rhétoriquement les « intellectuels » comme oripeaux mais qui se fonde sur des militants-intellectuels et d'intellectuels-militants.

 

Il faut la force d'un projet

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30 décembre 2008 2 30 /12 /décembre /2008 15:51

communiqué du Parti communiste d'Israël - Maki


Des dirigeants du Parti Communiste d’Israël ont rencontré des représentants de groupes de gauche palestiniens.

traduction BL pour vive le pcf

Les dirigeants du Parti Communiste d’Israël ont rencontré des représentants de groupes de gauche palestiniens, comprenant le Front Démocratique pour la Libération de la Palestine, le Front Populaire pour la Libération de la Palestine et le Parti Palestinien du Peuple. Les militants des quatre formations se sont rencontrés jeudi (25 décembre 2008) à Ramallah afin de renforcer leur coopération mutuelle et de se mettre d’accord sur les prochaines étapes à franchir. Le Parti Communiste d’Israël était représenté à la réunion par son secrétaire général, Mohammed Barakeh. C’est la première fois que les représentants de ces 4 formations étaient présents à une même réunion. « La scène politique palestinienne a désespérément besoin aujourd’hui d’un dialogue progressiste d’unité », selon Barakeh.

 

La semaine dernière, Barakeh s’est rendu dans la capitale jordanienne, Amman, où il a rencontré le secrétaire général du FDLP, Nayef Hawatmeh. Les dirigeants du Parti Communiste d’Israël ont récemment déclaré que le dialogue avec les formations progressistes palestiniennes était  une pratique ancrée dans leurs habitudes. Le parti a maintenu des contacts avec ces groupes depuis les années 1970. « Les programmes du Parti Communiste d’Israël et de Hadash et ses positions principales sont clairs et se sont exprimés partout et à toute occasion », selon un porte-parole du parti. « Les liens entretenus avec les groupes de l’OLP n’ont pas été interrompus depuis les années 1970 et toutes ces formations connaissent les positions prises par le Parti Communiste d’Israël en tant qu’organisation juive-arabe qui défend une solution avec deux Etats en menant la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme ».

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 08:38

34e CONGRES DU PCF


Communiqué

 

Des délégués signataires du texte « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps » viennent de déposer une liste alternative au Conseil national du Parti communiste français. Cette liste comprend des militants et dirigeants de nombreuses sections et fédérations.

24 % des communistes se sont prononcés pour la poursuite d'un parti communiste de lutte, attaché au marxisme, travaillant à une véritable rupture avec le capitalisme. Nous souhaitons que ces communistes soient justement représentés à la direction du Pcf. Il s'agit de poursuivre notre démarche politique dans le congrès, avec l'objectif de continuer à travailler au rassemblement des communistes après le congrès.

Nous sommes ouverts à toute démarche constructive pour obtenir la légitime représentation du vote des communistes.

Le 12 décembre 2008

12.Extraits des statuts du PCF – article 12

 

Le mode d’élection au sein du Parti.

12.1. Chaque adhérent-e peut se porter candidat-e et/ou être présenté-e, avec son accord, par d’autres adhérent-e-s, par une assemblée générale de section, par un congrès départemental, à toutes les instances du Parti.

12.2. Aux différents niveaux, une commission élue par l’assemblée générale de section, le conseil départemental ou le conseil national assure la transparence de l’information sur les candidatures. Cette commission doit comprendre au moins un représentant de chaque section pour le congrès départemental, ou de chaque fédération pour le congrès national. Elle reçoit toutes les candidatures. Elle porte à la connaissance des adhérent-e-s l’ensemble de son travail et, quarante huit heures avant l’ouverture du congrès, une proposition de liste pour le comité exécutif local, pour le conseil départemental ou pour le conseil national, avec la liste de toutes les candidatures recueillies. Dès l’ouverture du congrès, elle remet l’ensemble de son travail au bureau qui s’en saisit.

12.3. Le congrès local pour les candidatures au conseil départemental, le congrès départemental pour les candidatures au conseil national, se prononcent par un vote sur chaque candidat-e déclaré-e sur le territoire concerné.

Les résultats de ce vote sont transmis aux commissions assurant la transparence de l’information aux différents niveaux avec la liste de toutes les candidatures non retenues.

Toutes et tous les adhérent-e-s sont informé-e-s immédiatement de toutes les candidatures déclarées aux différentes instances du Parti. Les adhérent-e-s dans les congrès locaux, les délégué-e-s dans les congrès départementaux ou le congrès national en débattent et se prononcent à bulletin secret.

12.4. Les bureaux, les délégué-e-s et les instances concernées du Parti sont élu-e-s de la manière suivante :

-  A l’initiative du bureau - ou du comité exécutif local sortant ou du conseil sortant pour l’élection du bureau lui-même - le débat s’organise avec toutes et tous les membres des congrès. Toutes les candidatures enregistrées sont soumises au débat. Sur la base de la discussion, le bureau – ou le comité exécutif local sortant ou le conseil sortant pour l’élection du bureau - propose une liste de candidat-e-s respectant la parité femmes-hommes, avec l’objectif de permettre un travail efficace. La composition de cette liste doit assurer la juste représentation des différentes opinions exprimées dans les débats, afin que la très grande majorité des membres des congrès puisse en faire leur choix commun. Pour l’élection du comité exécutif local, du conseil départemental et du conseil national, cette liste comprend la proposition d’un ou d’une secrétaire.

-  Tous les efforts ayant été faits pour permettre l’adoption d’une liste commune, les membres des congrès qui ne se retrouveraient cependant pas dans cette proposition de choix commun peuvent proposer des listes alternatives. Ils, elles désignent le, la représentant-e de la liste parmi les candidat-e-s. Il, elle engagera l’ensemble de la liste à toutes les étapes. Ces listes alternatives doivent respecter la parité femmes-hommes. Elles ne doivent pas excéder le nombre de candidat-e-s présent-e-s sur la liste commune. Elles doivent être présentées par 5 % au moins des membres des congrès. Les candidat-e-s ne peuvent être présent-e-s sur plusieurs listes, ni être présent-e-s sur une liste et en soutenir une autre. Ces listes  comportent la proposition d’une ou d’un secrétaire. Au vu des listes en présence, le bureau - ou le comité exécutif local sortant ou le conseil sortant pour l’élection du bureau - propose une liste définitive. Les listes ayant fusionné -en totalité ou en partie avec une autre- disparaissent. Si la fusion n’est pas réalisée, les listes alternatives déposées initialement ont la possibilité de se maintenir et sont soumises au vote. Le choix des listes est notifié par leur représentant-e désigné-e.

-  Le vote a lieu à bulletin secret sans ajout ni suppression. Les candidat-e-s de la liste qui a obtenu le plus de voix sont élu(e)s. S’y ajoutent en proportion du nombre de candidat-e-s présenté-e-s et du nombre de voix obtenues, les candidat-e-s des autres listes, dans l’ordre de présentation. Le ou la secrétaire est celui ou celle dont la liste a obtenu le plus de voix.

 

 

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13 décembre 2008 6 13 /12 /décembre /2008 07:31

Communiqué du Comité Central du Parti Communiste de Grèce

Sur les dernières évolutions à l’occasion de la mobilisation suite à l’assassinat de l’adolescent de 15 ans

Le Comité Central du Parti Communiste de Grèce (CC du KKE) s’est réuni le mardi 9 décembre et a discuté de la situation politique du pays à l’occasion des évolutions des derniers jours, les luttes massives des travailleurs et de la jeunesse, qui ont manifesté leur protestation contre l’assassinat de l’élève de 15 ans, leur indignation pour les problèmes populaires aigus. Le CC du KKE est arrivé aux conclusions suivantes :

1.                  Le CC du KKE salue les jeunes hommes et femmes, élèves, étudiants, travailleurs, qui dès le premier moment et jusqu’à ce jour ont réagi avec des mobilisations de masse et de la protestation à l’assassinat d’Alexandros Grigoropoulos. Ils ont révélé les raisons politiques intemporelles qui ont armé la main de l’assassin, les responsabilités précises du parti de la Nouvelle Démocratie. Les mobilisations avaient aussi comme support les problèmes populaires aigus, l’autoritarisme, la répression d’état, l’indignation de la jeunesse, l’angoisse et l’incertitude pour l’avenir. Le CC du KKE adresse un appel combattif de continuation et intensification des luttes du peuple et  de la jeunesse qui sont en effervescence tous ces derniers mois et qui doivent s’échelonner afin de repousser la nouvelle attaque en raison de la crise économique et de l’autoritarisme d’état qui s’intensifie. Le KKE signale : aucun sursis à l’action et mobilisation de combat populaire, l’organisation et sauvegarde des luttes, au développement de formes supérieures de lutte à travers de processus collectifs avec de la participation populaire et un sentiment de responsabilité de lutte. Des luttes populaires qui toucheront tout le spectre de la politique dominante, depuis la flambée de la répression et violence d’état jusqu’aux revendications économiques et sociales de la classe ouvrière, des petites et moyennes couches sociales de la ville et du village, de la jeunesse et des femmes, contre l’immense attaque que subissent leurs droits. Les travailleurs, ici et maintenant, doivent prendre cette affaire en main. Les lieux de travail, les usines, les secteurs, les chantiers, les grands magasins des villes, les lieux d’éducation et d’habitation doivent devenir des cellules vivantes de la renaissance et du développement du mouvement ouvrier et populaire.

 

2.                  L’assassinat de sang-froid de l’élève de 15 ans Alexandros Grigoropoulos le soir du samedi 6 décembre, par des gardes spéciaux des forces de répression d’état, était une « chronique de mort annoncée » par la répression et violence d’état, par une politique qui voit comme ennemis le peuple et la jeunesse qui revendiquent, qui luttent, qui contestent le pouvoir de la ploutocratie du pays et ses partis politiques. Une politique qui est inamicale envers toutes les formes combattives d’action, envers les mobilisations de grève, les manifestations, les occupations, envers toutes les formes de lutte qui sont organisées et politiquement élevées. Une politique qui est inamicale à l’organisation collective et à l’action des ouvriers, des agriculteurs, des petites et moyennes couches sociales des villes, de la jeunesse. L’assassinat de l’élève est la continuité de la violence et de l’autoritarisme policiers, qui s’est intensifié ces dernières années contre les ouvrières et ouvriers sur les lieux de travail avec des chantages et intimidations, contre les immigrés, victimes de l’exploitation et des guerres, contre les étudiants et élèves qui sont persécutés car ils revendiquent une éducation publique gratuite. C’est le même ventre du système qui crée les victimes de l’indifférence du patronat, les ouvrières et ouvriers morts sur le lieu du travail.

 

3.                  Énormes sont les responsabilités de tous les gouvernements du pays jusqu’à ce jour, de la Nouvelle Démocratie et du PASOK. Ils ont promulgué  et appliqué les lois qu’eux-mêmes ont à tour de rôle voté au parlement. Les lois « anti »-terroristes, le traité de Prüm (Schengen III), les lois pour l’usage des armes par les policiers qui facilite leur usage abusif, l’élargissement  des pouvoirs des services secrets, la création de systèmes de surveillance, l’implication progressive des Forces Armées dans des questions d’ordre intérieur. La création d’un autre mécanisme, complémentaire de la police nationale au niveau municipal, l’élargissement  de l’usage de chiens de police lors des apparitions publiques de la police nationale et lors des manifestations, l’élargissement du port d’arme des agences privées de sécurité et tant d’autres.

 

4.                  La violence aveugle des casseurs encagoulés dont nous devenons témoins surtout à travers des chaînes de télévision, tend d’être utilisée par l’état bourgeois, le gouvernement de la Nouvelle Démocratie, afin de bloquer la vague de contestation et intervention populaire qui se développe. La sauvegarde des luttes est l’affaire du mouvement populaire organisé et non pas de la police, des forces de répression. Avec  la contribution du KKE et des forces de classe, les luttes, le mouvement peuvent être sauvegardées par eux-mêmes et faire face tant à l’état de répression qu’aux casseurs encagoulés qui sont les alliés et le bras droit de tous ceux qui veulent voir le peuple résilié et terrorisé. Leur noyau s’est formé au sein de l’état, de source interne et externe au pays, sous le PASOK et la Nouvelle Démocratie. Comme il s’agit souvent dans des cas similaires ceux-ci peuvent échapper également au contrôle des leurs inspirateurs d’origine.

 

5.                  Sont également responsables ceux qui donnent des « lettres d’expiation » à la violence aveugle des casseurs encagoulés, en essayant de les identifier avec des actions spontanées des élèves indignés. Ceux qui caressent les oreilles des casseurs comme le parti SYRIZA et un groupe d’alliés qui lui font la propagande via les médias, ont une responsabilité politique lourde. Objectivement, avec sa pratique le parti SYRIZA soutient contre le mouvement des formes d’action qui sont ouvertes et vulnérables à l’infiltration des mécanismes de répression d’état et d’autres services. La position de SYRIZA est un opportunisme politique. Il s’intéresse, uniquement pour des raisons électorales à flatter, sert de « paratonnerre » à toutes sortes de casseurs, en ciblant les urnes et les jeux de la formation d’un gouvernement après les élections. Avec sa pratique politique et tactique soutient contre le mouvement organisé des formes d’action ouvertes et vulnérables à l’infiltration des mécanismes bourgeois et de répression.

 

6.                  Le CC du KKE salue la réponse de dizaines de milliers de manifestants, travailleurs et jeunes  à son invitation de participer à la manifestation qu’il a organisé en partenariat avec la Jeunesse Communiste de Grèce (KNE) hier, lundi 8 décembre. Il a été évident qu’il existe un plan d’implication du KKE dans une confrontation avec les casseurs d’un côté et les forces de répression de l’autre. Le KKE n’a pas été pris dans le piège, il a organisé un grand rassemblement et une manifestation dans les rues d’Athènes, ainsi que dans des dizaines de villes du pays qui ont été couronnés de succès avec un dynamisme inédit. Des manifestations qui sont arrivées à leur destination d’origine sans un seul blessé. Aujourd’hui, le besoin est pressant de faire entrer en action tous ceux qui jusqu’à ce jour n’avaient pas fait le pas ou ceux qui se sont démobilisés par le passé. Que le mouvement populaire organisé prenne l’affaire en mains avec comme départ les lieux de travail et de vie, avec des coordinations par secteur, par commune, par quartier. Dans le cas où les élus syndicaux, ne répondent pas ou vendent les luttes et bloquent les fermentations de lutte, les travailleurs doivent prendre eux-mêmes l’affaire en main,  avec de processus de masse en formant des comités de lutte. Ils doivent se rassembler et coordonner leurs forces dans tout le pays avec des revendications économiques, sociales et politiques ainsi que contre les lois répressives.

 

Qu’une préparation complète se développe devant la probabilité d’élections anticipées, pour qu’un grand coup soit donné aux partis du bipartisme, que le KKE en sorte renforcé. Le KKE est le facteur décisif du développement de la lutte de classe, du Front sociopolitique, dans la lutte pour des acquis, dans la voie de la rupture et du renversement de situation. La Nouvelle Démocratie et le PASOK doivent recevoir une leçon significative aux prochaines élections. Le peuple doit condamner de façon décisive, affaiblir et tourner le dos au bipartisme ainsi qu’à leurs alliés. Tous ceux qui essaient de dégénérer le radicalisme pour préserver le pourri, injuste et corrompu système de répression et de violence. Le premier pas dans cette perspective est le renforcement et le rassemblement avec le KKE partout. Avec initiative et détermination, avec intensification de la vigilance et de la préparation, de façon bien plus créative, les communistes, les jeunes de la KNE doivent  combiner l’information du peuple concernant les positions du KKE sur l’actualité avec la discussion interne devant le 18e Congrès du Parti, avec une bien plus grande contribution au développement des luttes du peuple et de la jeunesse.

 

- QUE LE PEUPLE ET LA JEUNESSE DONNENT MAINTENANT LEUR REPONSE AVEC LEUR LUTTE ET LEUR VOTE !

 

- LUTTE-ORGANISATION-VIGILANCE-PRÉPARATION

 

- AVEC LE  KKE  NOUS ORGANISONS LA CONTRE-ATTAQUE DU PEUPLE ET DE LA JEUNESSE POUR UNE GRANDE ALLIANCE POPULAIRE SEUL ESPOIR ET GARANTIE POUR UN VRAI POUVOIR POPULAIRE

 

Athènes, 9/12/2008 - Le bureau de presse du CC du KKE

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 10:56
Analyses de différents signataires du texte alternatif "Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps" à quelques jours de l'ouverture du congrès

(mise en ligne progressive)


11 décembre: Dang Tran. Lettre aux signataires du texte alternatif

10 décembre: Gérin - "Poursuivons nos échanges, nos discussions politiques"

9 décembre:
PCF PARIS 15
34ème congrès : être cohérent jusqu’au bout pour « Faire vivre et renforcer le PCF » dès 2009

9 décembre: Béziers

5 décembre:
André Gérin
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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 10:54

Aux signataires et initiateurs du texte alternatif « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps ».

 

Chers camarades,

 

Nous devons nous féliciter de l’élargissement de l’échange politique entre nous en cette veille de congrès. La situation est aussi délicate que notre détermination est entière à défendre notre parti.

Il est très important qu’aucun avis personnel ne puisse être interprété comme une décision collective.

 

A cette étape, pour poursuivre la réflexion notamment après la dernière lettre d’André Gérin (10 décembre PJ) et avant que certains d’entre nous se rencontrent à l’Assemblée nationale, quelques éléments.

 

Je suis bien d’accord que la question ne se résume pas à « liste alternative ou pas ». La question est politique.

A cette étape, nous ne l’avons pas tranchée mais nous sommes d’accord pour nous tenir prêts à déposer une liste.

André, pas plus qu’un autre, n’est pas mandaté pour annoncer en notre nom qu’il faut se rallier à Marie-George Buffet comme la presse le diffuse.

 

L’équipe dirigeante du Parti, celle qui a mis en oeuvre une ligne d’abandon et d’effacement du PCF, a dû lâcher quelques gages sur le maintien de l’existence du PCF, mais ne revient en rien sur la poursuite de sa stratégie. Loin de là !

 

Pour quelques congrès départementaux qui se sont bien déroulés, dans le respect de toutes les opinions, la plupart, notamment dans les plus grosses fédérations se sont conclues par un bétonnage des textes et des délégations.  

 

La direction sortante n’a donné aucun signe de rupture avec la stratégie des derniers congrès dont elle continue à esquiver tout bilan. Au contraire, court-circuitant scandaleusement le congrès et les communistes, elle force la recomposition politique avec le « front pour les européennes » en liaison avec l’opération Mélenchon.

 

Les refondateurs, d’autres groupes autour de Gayssot affichent la couleur : ils veulent le dépassement du PCF. Ils l’avaient déjà proclamé depuis longtemps. Ils tentent de forcer les choses pendant le congrès. C’est la moindre des choses pour la direction du parti de s’y opposer. Mais cela ne change pas sa ligne, qui sur bien des points rejoint ce que ces groupes disent tout haut.

 

En témoignent l’épuration des directions telles que la liste des candidatures retenues pour la Commission de « transparence » du 9 décembre. Sur 162 noms, on ne trouve aucun camarade qui se soit affiché pour le texte alternatif, hormis des camarades du Pas-de-Calais ; il aurait été inimaginable d’écarter les dirigeants de la deuxième plus grande fédération de France par le nombre de cotisants.

Toutes les autres candidatures ont été refoulées, celles de dirigeants de fédération, de section, de militants d’entreprise, de membres du CN sortant. Sans autre forme de procès !

Le message est clair ! En revanche sont bien retenus la plupart des signataires de la contribution de Cohen-Seat, Hayot et cie… qui programment aussi le dépassement du PCF.

Une précision par rapport à la lettre d’André : personne n’a jamais été mandaté pour donner des noms (ou pour en retirer) à la Commission.

Je pense qu’il n’est pas opportun de « négocier » avec qui que ce soit, maintenant comme hier.

 

Notre objectif de ce congrès est de renforcer tous ceux qui se battent pour « faire vivre et renforcer le PCF ». Notamment grâce à notre texte alternatif, des militants dans leurs organisations du parti, des sections, des fédérations sont passées à un autre stade dans la résistance au processus de disparition du Parti.

 

C’est le plus appréciable. Seule une position complètement franche et claire au congrès permettra de poursuivre sur cet élan.

 

Dans les conditions qui se précisent, je pense encore plus que la constitution d’une liste alternative est nécessaire.

 

Fraternellement,

 

 

Emmanuel Dang Tran

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 10:42

Fondation « Gabriel Péri », Fondation Hue ou Fondation NEP

 

Robert Hue vient d’annoncer sa démission du Conseil national du PCF, son éloignement du Parti dont il dénonce la « matrice bolchévique » et la création d’une nouvelle organisation, à statut d’association le « Nouvel espace progressiste », NEP.

 

Robert Hue est aussi président de la Fondation Gabriel Péri, constituée en 2004.

 

Nous étions un certain nombre à l’époque à nous opposer à ce que le PCF crée cette fondation sous le statut des fondations politiques instituées par la droite, suivant un modèle européen.

Nous nous inquiétions que soit institué un organisme dépositaire officiel de la mémoire du mouvement communiste en France, placé sous la tutelle des pouvoirs publiques, mais coupé du PCF. Cette fondation dispose en outre de très importants moyens financiers issus de subventions qui ne peuvent qu’influencer ses activités.

 

La poursuite de la dérive du parcours politique de Robert Hue, président de la fondation souvent surnommée « Fondation Hue » vient illustrer ces risques.

 

Ce serait la moindre des choses qu’il démissionne du Conseil d’administration.

 

La lecture des statuts de la fondation réveille les inquiétudes.

Les administrateurs nommés par le PCF sont minoritaires. Il est fait mention, cela fait froid dans le dos parce que ce n’est plus une hypothèse d’école, de « l’empêchement définitif du Parti Communiste Français ».

 

Pendant et après le Congrès, il est important que les communistes reviennent sur la question de la Fondation Gabriel Péri.

 

Extrait des statuts :

Article 3

La fondation est administrée par un conseil composé de 16 membres répartis en quatre collèges :

  • Cinq administrateurs au titre du collège des fondateurs ;
  • Quatre administrateurs au titre du collège des membres de droit ;
  • Six administrateurs au titre du collège des personnalités qualifiées ;
  • Un administrateur au titre du collège des salariés ;

Le collège des fondateurs comprend des membres nommés par le Parti Communiste Français et renouvelés par lui. En cas d’empêchement définitif du Parti Communiste Français, ils sont choisis par les autres membres du collège. En cas de désaccord au sein de ce collège, ils sont cooptés par l’ensemble du Conseil d’Administration.

Le collège des membres de droit comprend :

  • Le ministre de l’intérieur ou son représentant,
  • Le ministre des affaires étrangères ou son représentant ;
  • Le ministre de la jeunesse, de l’éducation nationale et de la recherche ou son représentant ;
  • Le ministre de la culture et de la communication ou son représentant ;

Etc…

 

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11 décembre 2008 4 11 /12 /décembre /2008 10:38

par Francisco Granados

Congrès départemental du PCF 17 les 13 et 14 décembre 2008 à la Jarrie

Impressions

Ce congrès est à l'image de l'activité de la Fédé ou plutôt de son inactivité.

La crise du système capitaliste est là mais elle n'imprégnait pas la réflexion des congressistes. A aucun moment, on n'a parlé des entreprises qui délocalisent (Zodiac, KPI, Delphi...), de la filière nautique qui connaît du chômage technique. Aucune intervention sur Alsthom, SOGERMA EADS, EDF GDF, ..... Et donc encore moins de luttes.

Un camarade (qui par ailleurs demande un parti de lutte et marxiste) relatera son action contre la privatisation de la Poste. Allant de village en village, il a (avec l'aide de camarades contactés sur place) fait signer 10 000 pétitions !

Une discussion aura lieu sur les jeunes. Seule la section de Saintes auprès des lycéens et a donc une JC. Mais rien sur La Rochelle, rien sur la Fac.

Quant aux alliances, à la stratégie, une discussion aura lieu sur les Européennes, la manœuvre Mélenchon. Mais jamais, par exemple sur le fait que le parti a participé à une liste commune avec S. Royal aux régionales. Au bilan de la Gauche plurielle, il sera répondu un plaidoyer pro Gayssot. Fermez le ban.

Hors la séance des amendements décrite plus loin,
On aura entendu de la part de camarades qui ont honte du passé du Parti des éloges dithyrambiques sur le rapport du secrétaire départemental. Cela aurait pu avoir un aspect surréaliste, mais il n'y avait pas de poètes.

On aura assisté à des manœuvres pour refuser le texte du CN non pas pour proposer une stratégie, des axes de lutte, mais pour une « méthode » de préparation de congrès !

On aura assisté à la quasi élimination des instances du Parti des camarades qui s'étaient prononcés pour le texte n°3.

On aura assisté à un véritable déni de démocratie envers les camarades de Charente Maritime qui s'étaient prononcés majoritairement pour le texte du CN.

Pendant ce week-end frais et ensoleillé, j'en étais presque à regretter de ne pas être dans le marais avec mon copain Jojo, (un camarade de la cégette, ancien membre du Parti), à entendre gueuler les cheunes.
Francisco Granados.


Quelques chiffres.

9 sections :

  • Rochefort et Saintes ont une centaine d'adhérents, 12 délégués, ont discuté sur la BC, ont présenté des amendements.

4 camarades de Rochefort étaient proposés par la section pour être au CD (2 femmes, 2 hommes), 3 seulement seront retenus, la conférence ne saura pas pourquoi.
Bien sûr moi je le sais, tu as voté pour le texte 3 Francisco, tu t'enflammes quand tu parles, tu es un méchant et un parano quand tu dénonces les manœuvres et les magouilles !
• Est Saintonge a une soixantaine d'adhérents, vu quelques camarades au congrès départemental, peu d'interventions, pas d'amendements, vœux, motions, ..., aucun représentant au CD.
• Royan a une soixantaine d'adhérents, 16 présents sur 17 en AG de section rejettent tous les textes et demandent que l'hypothèse d'un communisme du XXIème siècle soit pleinement travaillée.
• Sud-Saintonge a une quarantaine d'adhérents, des délégués présents qui annoncent avoir voté des textes alternatifs, ont discuté sur la BC, ont présenté des amendements sur le communisme et la pensée marxiste. Ils ne sont pas représentés au CD.
Un camarade sillonne le département et les bureaux de poste et a recueilli 10 000 signatures sur la pétition « la poste service public ».
• Oléron a une quarantaine d'adhérents, des délégués présents, pas d'amendements, une motion regrettant qu'il n'y ait pas eu 1 seul texte, on ne sait pas par combien de présents.
• Nord Aunis a une trentaine d'adhérents, des délégués, pas d'amendements, une motion votée par 16 camarades appelant à développer l'idée du « communisme du 21ème siècle ».

  • Ré a une vingtaine d'adhérents, délégués ? pas d'amendements, aucun représentant au CD.

Ces 8 sections représentent donc 450 adhérents et 70 délégués potentiels.
Reste La Rochelle qui annonce 232 cotisants, mais 530 adhérents et donc 41 délégués (au lieu de 21) et la moitié des élus au CD.
Je ne sais pas où sont les 1 200 annoncés au national, je sais d'ailleurs qu'ils n'existent pas.

Les paroles et les actes.

  • Le vote ce n'est pas démocratique, peu de camarades se sont exprimés !

Un texte c'est déjà difficile à lire, mais plusieurs textes avec si peu de temps c'est totalement indigeste ! Il faut revenir à un seul !
Les cellules c'était pas mal pour discuter et s'emparer des textes, non ?
Et les 3 sections qui rejettent tout représentent-elles leurs adhérents ? On ne saura pas ce que ces adhérents ont voté car pour la première fois le dépouillement sur les 3 textes n'a pas été fait par section mais globalement, pourquoi ?
• On nous a bassinés avec la démocratie et l'écoute mutuelle mais quand des camarades parlent des jeunes, de s'adresser à eux sur leurs préoccupations, d'utiliser aussi leurs moyens de communication comme internet par exemple, on leur répond à plusieurs et à répétition : tout le monde n'a pas internet, il n'y a pas qu'internet,...
Est-ce qu'ils ont dit ça les camarades, qui les a écoutés ?

  • Le congrès départemental a voté une motion sur la préparation des élections et la souveraineté des adhérents.

D'accord mais quand on nous dit en section : les secrétaires départementaux du grand ouest se sont réunis pour les élections européennes, ils ont décidé que.....
Avez-vous été consultés camarades ?

Sur le déroulement du congrès départemental du PCF 17.
Elections du bureau et des commissions :
1ère violation des statuts malgré ma protestation : aucun camarade ayant voté pour un texte alternatif (45 % lors du vote sur le choix de la base commune), 3 ayant voté pour le texte du CN (55% lors du vote sur le choix de la base commune).

Rapport du secrétaire départemental qui se félicite de l'écoute mutuelle, dit que le texte du CN est inamendable, critique la préparation du congrès, parle de la crise et fait un lot des échecs du communisme, des PS, du libéralisme, décline les options dans le parti qu'il ne retrouve pas dans la base commune en violation de l'Assemblée Générale des secrétaires de sections de décembre 2007, précise son point de vue pas de projet préétabli, revenir dans le mouvement populaire et l'union de la Gauche.
Dans ce rapport, aucune trace de l'activité du Parti sur le département.

Alors commence une série d'interventions pour vanter la qualité du rapport et demander sa diffusion la plus large (Un intervenant parlera d'un rapport monumental, un autre proposera de remplacer la base commune par le rapport......), pour dénigrer le texte du CN qui ne mène à rien et sur lequel on ne peut discuter et annoncent que la base commune va être rejetée par le congrès départemental. D'autres intervenants disent leur intérêt pour les textes alternatifs et que l'on peut amender la base commune qui a été votée.
Pourquoi Communisme 21 n'a-t-il pas voulu présenter de texte et rejette tout ? Qu'est-ce qu'ils proposent ? Comment peut-on parler à tout bout de champ de démocratie, ne pas présenter ses idées au vote et ne pas tenir compte qu'il y a eu un vote des communistes. Ces mêmes qui reprochent à d'autres d'être attachés au passé, d'être simplistes, m'ont fait sourire intérieurement mais profondément attristé.

Incident :
Des camarades de la section de La Rochelle qui avaient demandé à être délégués souhaitent prendre la parole : le bureau refuse du fait qu'ils ne sont pas délégués. Une discussion s'engage sur la possibilité de les écouter qui se terminera par un vote : 22 pour, 41 contre et 6 abstentions.
La section de La Rochelle avait 41 délégués (5 pour la section +1 par tranche de 15 adhérents). En effet la section annonce 530 adhérents et 232 cotisants. Cette base de calcul a surreprésenté cette section.
De plus c'est à la fin de congrès de la section de La Rochelle, qu'une liste de 41 noms préparée et bloquée a été présentée. Cette liste contenait des noms de camarades qui n'étaient pas présents au congrès de section et qui ne sont pas venus au congrès départemental. Bizarrement sur ces 41 il n'y avait que 2 camarades qui ont soutenu les textes alternatifs et ceux qui étaient refusés les avaient également soutenus.

Le débat général se poursuit.

Débat sur les amendements.
Seront retenus
- Un amendement sur l'Amérique Latine en mouvement contre l'impérialisme.
- Un amendement demandant : la France doit rester indépendante de l'OTAN et inciter les membres de l'UE à en sortir.
- Un amendement sur l'expérience négative des collectifs antilibéraux.
- Un amendement sur le rôle des cellules et les moyens d'exister.
- Un amendement sur la rupture franche avec le capitalisme.

Seront rejetés
- Un amendement sur notre objectif dans la perspective du communisme.
- Un amendement sur la nécessité d'avoir une pensée marxiste.
Les amendements retenus constituent une avancée mais les refus traduisent le filtrage des délégués.

Débat sur les vœux :
Seront retenus
- Un vœu sur la formation à tous les niveaux.
- Un vœu pour expliciter et clarifier le mot dépassement à chacune de ses utilisations.
- Un vœu sur notre projet (27 pour 20 contre et 23 abstentions).
- Un vœu sur le poids du passé (43 pour, 18 contre, 15 abstentions).

Débat sur les motions :
Seront retenues
- Une motion sur l'organisation et le déroulement des congrès.
- Une motion sur les élections européennes et à venir et la souveraineté des communistes.

Les votes :
- Sur le texte amendé : 26 pour, 50 contre et 11 abstentions.
- Sur le quitus financier : 84 pour.
- Sur le conseil départemental et son secrétaire : 87 votants, 2 nuls, 2 blancs, la liste des 44 membres est élue avec une moyenne de 64 voix.
- Sur la délégation au congrès : 86 votants, 3 blancs et 83 pour.
- Sur les 2 propositions au CN : les 2 ont obtenus la majorité.
Après avoir entendu des discours sur la démocratie dans le parti, les chiffres parlent d'eux-mêmes :
Vote des adhérents pour la base commune : 55,5 %.
Vote des adhérents pour les textes alternatifs : 44,5 %.
(Il y avait 19,7 % de blancs et nuls)
Vote des congressistes pour la base commune amendée : 30 %.
Sur les 10 délégués au congrès national, 9 ont voté contre la base commune amendée et 1 seul, qui avait voté pour un texte alternatif, a voté la base commune amendée.
La fédération annonce 5 délégués au congrès + 1 par tranche de 300. Elle annonce 1200 adhérents ( combien de cotisants ?). Pour moi, 5 + 4 = 9 délégués !

1 seul camarade ayant soutenu le texte 3 a été élu au conseil départemental.
6 camarades ont été refusés au conseil départemental (1 chômeur, une femme de ménage, un routier, un responsable départemental d'une association humanitaire, un serveur et un enseignant) : 5 d'entre eux avaient le tort d'avoir soutenu le texte n°3.
3 camarades qui avaient soutenu le texte n°3 ont été refusés dans la délégation au congrès.

Rien de nouveau chez les amis de R. Hue dans cette fédération.

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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 00:53

La conférence départementale de la fédération de la Haute-Vienne s'est tenue samedi 06 décembre 2008 avec la présence de 50 camarades ce qui est peu pour un parti qui a obtenu dans les années 1970 trois députés sur trois.
La section des cheminots a présenté 19 amendements sur les 35 examinés par la conférence. Seuls 2 ont été retenus. Les autres amendements ont tous été retenus, mais ne modifient en rien l'esprit et la lettre de la base commune.
Vous verrez à la lecture des amendements et aux votes exprimés que cette conférence était peu représentative des votes des communistes exprimés sur les textes les 29 et 30 novembre.
Base commune : 83 - Texte 2 : 24 - Texte 3 :  61

Il n'empêche que l'essentiel de la discussion de la conférence s'est faite au travers des amendements proposés par la section des cheminots.

A la dernière minute le voeu que je vous joins a été présenté, par une section, largement téléguidé par la secrétaire fédérale. Je me suis opposé au vote de ce voeu rappelant que les communistes Haut Viennois n'avaient pas retenu cette hypothèse et cela à une écrasante majorité.
Le vote a cependant été serré. Pour 13 Contre 20 Abst. 6

Au final le texte de la base commune a été voté Pour 23 Contre 3 Abst. 4

Je n'ai pas voté pour le futur Conseil Départemental expliquant que je ne pouvais mettre en place un nombre important de dirigeants départementaux du parti qui n'ont pour ambition que de créer un autre parti en dehors du PCF.

Je pense cependant que rien n'est perdu, que de nombreux camarades s'interrogent et que d'autres restent malheureusement pour l'instant sur la réserve.

La période actuelle doit nous permettre de mobiliser les consciences.

Michel PERRIN

 

 

Déclaration de Michel PERRIN  Section des Cheminots

Conférence départementale de la Hte Vienne du 06/12/08

 

La Section des cheminots lors de la première des trois réunions consacrées à la préparation du congrès, s’est largement prononcée pour un soutien au texte alternatif N° 3 « Faire vivre et renforcer le PCF, une exigence de notre temps.

Parce que ce texte s’oppose aux tentatives de remise en cause de l’existence même du PCF, parce qu’il prend en compte les déceptions ressenties par un très grand nombre de communistes aujourd’hui sans carte, parce qu’il se fonde sur une logique toujours bien réelle d’affrontement de classe, parce qu’il ne se satisfait pas d’un texte de base commune qui manque pour le moins de souffle révolutionnaire, parce qu’il assume notre originalité, notre choix de classe, parce qu’i propose de reconstruire nos organisations de proximité,cellules et sections, parce qu’enfin il revendique de privilégier ce potentiel humain et politique qu’elles représentent, affirmant qu’il appartient aux militants d’avoir le dernier mot.

Ce choix qu’ils ont fait semble être partagé par de nombreux militants, puisque dans notre fédération le résultat du vote montre que le texte 3 recueille 36.3% des suffrages exprimé, et qu’avec le texte 2 cela représente 50.6%.

C’est donc dans ce contexte que la discussion sur la base commune s’est faite lors des deux autres réunions.

Les amendements proposés sont en opposition radicale au texte de la base commune, et ils ont pour ambition de souligner les manques de ce texte et de susciter le débat sur des questions essentielles, dans l’esprit du texte N° 3.

Il en est ainsi de l’analyse d’un autre monde qui si elle décrit effectivement des modifications formelles importantes (révolution informationnelle, révolution des connaissances, mode de développement,…ETC…) elle ne démontre pas qu’il ne s’agit en fait que d’une adaptation de l’exploitation capitaliste qui ne lâche rien sur ses fondamentaux. On peut penser de ce point de vue qu’après avoir gagné une bataille idéologique, le capital se sente en capacité de pousser plus loin sa logique, sans aucun complexe.

D’autres amendements ont pour ambition de poser la question du marché comme mode de développement et notre positionnement par rapport à celui-ci.

La question de l’Europe et son traitement dans la base commune nous interpelle également. En dehors du fait que l’orientation proposée par le texte sur ce sujet ait été déjà tranchée en dehors des militants communistes, nous nous posons des questions sur la mise en place de résistances à l’Europe du capital. Il nous semble étonnant aujourd’hui que la lutte contre la privatisation de la poste ne s’accompagne pas de la demande d’abrogation des directives européennes instituant la concurrence dans le domaine de la distribution du courrier par exemple.

Nous cheminots, nous savons bien que le fait que notre entreprise ne soit pas privatisée n’empêche en rien sa gestion de type privé.

Nous avons voulu également souligner l’absence d’analyse des orientations des congrès précédents et du bilan à en tirer. Nous ne pensons pas que la seule raison de notre perte d’influence réside dans l’effondrement des pays de l’est et de leur image négative. Dans notre entreprise nous avons bien évidemment eu à subir des reproches faits aux communistes, très rarement sur le bilan des pays de l’Europe de l’Est mais beaucoup plus souvent sur notre attitude pendant la période de la gauche plurielle. On m’a beaucoup parlé de Gayssot et pas du tout de Staline.

Nous pensons qu’il faut repenser le rôle de nos élus et des rapports qu’ils doivent entretenir avec les organisations du parti. C’est pour cela que la priorité doit être donnée à la vie de ces organisations élément essentiel de notre réflexion collective pour ne pas dériver vers des adhérents spectateurs auxquels il ne resterait plus comme tâche que de se ranger aux cotés de tel ou tel leader, comme cela ce produit dans d’autres partis.

Nous pensons enfin qu’il est nécessaire de s’opposer à toute tentative d’effacement du PCF, qu’elle soit le fait de ceux qui ont proposé un texte sans le soumettre au vote des communistes, ou de ceux qui proposent une métamorphose du parti.

 

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