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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 08:18

Stage de formation du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF »: un franc succès !

 

Anthony Crézégut faisait partie de la délégation de 4 camarades envoyés par notre section au stage politique organisé par le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » à Saint-Chinian du 28 au 30 août 2009. Voici son compte-rendu de cette expérience. Il est encourageant !

 

 

Le stage de formation du réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » s'est déroulé du 28 au 30 août, à Malibert, près de Saint-Chinian dans l'arrière pays biterrois : un cadre propice à la réflexion collective !

Nous pouvons vraiment remercier les camarades de la section de Béziers, dont son secrétaire Paul Barbazange, pour leur organisation et l’ensemble des responsables du Réseau.

 

De l’ordre de 70 camarades de 16 départements se sont donc retrouvés dans une ambiance fraternelle. 5 conférences étaient organisées, stimulant l’échange entre les participants.

La diversité des origines géographiques et professionnelles, des âges (nous étions une quinzaine de moins de 30 ans), des expériences et responsabilités dans le Parti (et la JC), a beaucoup apporté en elle-même à la formation.

 

Notamment pendant les intermèdes, repas, apéritifs, visites, nous avons pu constater que nos situations dans le parti et nos préoccupations étaient néanmoins fort semblables.

 

Comment faire vivre les cellules, les sections ? Comment souvent faire revivre, reconstituer, à partir de quelques camarades motivés, des structures de base détruites par la ligne d’abandon idéologique et organisationnel de la direction du Parti depuis des années ? Comment faire à nouveau jouer au Parti, d’abord localement, son rôle dans les luttes, de quartier ou d'entreprise ? Comment reconstituer, reconquérir nationalement notre parti de classe, comme le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF » l’ambitionne ?

 

Dans cet objectif, le besoin, la demande de formation, théorique et pratique, sont très élevés. Les exposés de Saint-Chinian ont commencé à y répondre. Ce sera un point de repère pour d’autres initiatives de formation, par exemple locales.

Vendredi 28 soir : l'histoire du pcf, enjeu de lutte d'aujourdhui

 

Le stage a commencé par un exposé sur l'histoire du PCF animé par Eric Jalade, membre du Conseil national du PCF, secrétaire fédéral du Tarn (et professeur d’histoire).

 

Sous l'angle historiographique, il a mis en avant l'enjeu politique que représentent l’étude et l’interprétation de l’histoire du parti.

Il a montré comment les thèmes anti-communistes, aujourd’hui dominants, de l'université aux médias, ont toujours existé mais se sont généralisés et acérés (passage à la condamnation des « totalitarismes » et à la criminalisation du communisme) avec la dégradation du rapport de forces international et national.

Y compris parmi les historiens eux-mêmes. Jusqu’à une époque, les historiens-militants du parti contraient efficacement l’anticommunisme, influaient sur l’ensemble de la recherche en histoire. Ce travail autonome, avec toutes les insuffisances révélées par ses penchants apologétiques, avait le mérite de servir d'antidote aux calomnies de l'idéologie dominante.

Et le choix, depuis la Mutation des années 1990, de la capitulation devant les rengaines anti-communistes, de cesser de travailler cette histoire d'un point de vue critique mais communiste, marxiste est lourd de conséquences dans le développement de la criminalisation du communisme et dans l'affaiblissement de notre parti.

Du débat est ressortie la nécessité pour les communistes de se réapproprier l'histoire de leur parti, glorieuse sous bien des aspects, la nécessité de la défendre et de l’assumer aussi dans ses erreurs. Il est vain de vouloir couper l’histoire du PCF de l’histoire du mouvement communiste international, sans pour autant en faire un bloc. Et tout en évitant les pièges de l'idéologie dominante, qu'ils soient ceux de l'autojustification acritique, ceux de l'auto-flagellation liquidatrice ou du révisionnisme.

 

Samedi 29 matin : économie marxiste contre faux-semblants

 

La séance du samedi matin, animée par Raphaël Thaller, consacrée à l'économie et à nos réponses face à la « crise », a été l'occasion de réaliser quelques mises au point théoriques, très utiles dans la bataille idéologique du moment et pour les luttes précises dans lesquelles nous intervenons.

Elle a ainsi permis tordre le cou à quelques lieux communs, dérivés de l'idéologie dominante, qui sévissent jusqu'à l'intérieur de notre parti. Comme la soi-disant opposition entre un capitalisme productif, industriel et un autre capitalisme qui serait financier et spéculatif, menant à l'idée qu'il aurait un « mauvais capitalisme » et un « bon capitalisme » (ou un moins mauvais) avec qui on pourrait collaborer en temps de crise.

Quelle erreur d'analyse fondamentale ! Le capitalisme a toujours été financier, seuls les modes de financiarisation ont changé dans le temps. Capitalisme industriel et financier vont de pair dans l'ensemble du processus de production et d’accumulation, comme les analyses de Marx et Lénine, d’une fulgurante actualité, l’ont montré.

Le capitalisme n'est pas plus spéculatif qu'auparavant. La spéculation n'est pas soudainement devenue créatrice de profits, elle n'est qu’une forme de captation d'un profit existant.

Donc, notre attention doit toujours se porter sur les modalités d'extorsion de la plus-value et sur l'évolution du taux de profit dans le temps.

Dans cette perspective, la hausse du taux de profit dans les 30 dernières années s’explique, comme c’est revenu dans le débat, en grande partie par la dégradation des rapports de classe au niveau mondial et national.

« L'idéologie de la crise » a été développée pour intensifier l'exploitation des travailleurs au nom des sacrifices à réaliser pour y faire face et a donc contribué à la consolidation du capitalisme. Les chantages aux délocalisations, l'utilisation, plus que jamais, de « l'armée de réserve » des chômeurs, les attaques sur le salaire socialisé (cotisations sociales), les services publics sont autant d'éléments qui sont à l’origine de la hausse du taux d'exploitation et de la baisse de la part des salaires dans la valeur ajoutée.

La discussion a découlé sur la question ardue de notre intervention, avec ces analyses, dans les batailles pour l’emploi quand la question de l’emploi est instrumentalisée nationalement pour évincer la question de l’exploitation, celle des salaires.

L’analyse du capitalisme, de ses formidables capacités d’évolution, ne doit pas nous détourner de l’objectif de la combattre et de l’abattre. Ne commence-t-il pas à montrer des signes d’épuisement comme mode de production, comme étape historique de développement ? Comment mesurer les conséquences de son extension au monde entier, depuis 20 ans ?

Le débat a ouvert de nombreuses pistes de réflexion.

Une petite discussion, qui en appelle d’autres, s’est alors engagée sur la notion de la rupture socialiste, sur ses formes. L’abandon du socialisme par la direction du Parti dans les années 1990 a ouvert la voie au réformisme même au nom de la « visée communiste ».

 

Samedi 29 après-midi : l’organisation communiste

 

La séance de l’après-midi était consacrée à l’organisation spécifique (historique) du PCF comme outil pour les travailleurs dans la lutte des classes.

Son actualité est frappante dans la situation d’aujourd’hui ! Son recul, accepté et organisé par la direction du Parti (suppression des cellules) coûte très cher au mouvement populaire (aussi par ses conséquences sur la vie syndicale – plusieurs interventions sur le sujet).

C’est apparu fortement dans la présentation de Marie-Christine Burricand, membre du Conseil national, qui a repris l’analyse de notre texte de congrès, base de la constitution du réseau, et qui a aussi retrouvé les « anciennes »  brochures de formation du Parti.

Le rôle de la cellule est central, décisif, pour l’intervention politique des travailleurs, de ceux qui ont objectivement intérêt à combattre le capitalisme, pour l’impulsion des luttes. Notamment la cellule d’entreprise, que plusieurs intervenants invitent à concevoir aussi au niveau d’une zone d’activité, d’un bassin d’emploi.

 

Au centre de la discussion, sinon du stage tout entier et des objectifs du Réseau se trouvent les conditions de la reconstruction de l'organisation du parti, prioritairement des cellules. L’échange d’expériences précises, tout au long du stage, inséparables de la situation nationale du Parti, a été pour moi l’un des points les plus intéressants et concrets.

 

« A trois, on peut déjà monter une cellule ! » Le volontarisme, ça marche ? Oui quand il est lié à des repères politiques précis et à une perspective dans le Parti ! que de plus en plus notre Réseau doit porter.

L’exemple le plus convaincant est celui des camarades du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle qui déborde de plus en plus en Lorraine. Forgée dans la culture communiste ouvrière, dans l’organisation qui a défendu la métallurgie, gagné sa nationalisation avant 1981, la section recrée des cellules, enregistre un afflux d’adhésions dans les entreprises, le service public, dans les quartiers, à la porte des lycées… Le développement de l’organisation de lutte permet des résultats électoraux en hausse exponentielle (et non l’inverse !) et permet d'inverser les rapports de force tant vis-à-vis des forces patronales que des élus.

Beaucoup d’autres exemples très intéressants et formateurs ont été évoqués, entre autres :

- l’action de la section de Béziers contre les suppressions d’emplois dans l’entreprise d’équipements de forages Cameron, mobilisant la ville en partant du scandale des aides publics aux licencieurs.

- la mobilisation des camarades d’Arcachon contre la casse des chantiers navals Couach, leur action pour la reconstitution de la filière du gemmage des pins (résine pour l’industrie) dans les forêts des Landes girondines.

- la construction de la mobilisation contre le processus de privatisation de La Poste, notamment dans les sections de Paris représentées (dont la nôtre), partant des vrais axes de ruptures ex : refus de l’application des directives européennes.

- Dominique Negri, secrétaire de section à St-Martin d'Hères dans l'Isère et membre du CN a également témoigné du travail de camarades contre la dérive privée des transports de l’agglomération grenobloise, dont la cession de Transdev à Véolia représente une nouvelle étape. Le travail militant dans les dépôts a permis de renouer avec des camarades isolés ou d’anciens camarades, laissés à l’écart par l’abandon des cellules d’entreprise.

- Un autre camarade de l’Isère a montré la nécessité de l’intervention et de l’analyse politiques dans son secteur, le ministère des finances, pour contrer les « restructurations » et dans l’autre sens l’apport de ces camarades pour l’action des autres organisations du Parti.

 

Autant d’exemples prometteurs pour le Réseau « Faire vivre et renforcer le PCF »!

 

Samedi 29 soir : questions ouvertes

 

Les exposés de philosophie (dont celui de Raphaël Rubbio) ont permis de poser des questionnements fondamentaux dont nous ne sommes malheureusement plus assez familiers. Un large travail de vulgarisation sur le matérialisme dialectique et le matérialisme historique est bien nécessaire.

Parmi les questions qui demandent à être traitées ou creusées après ce stage sont revenues celles de l’état du mouvement communiste international ou aussi celle de notre conception de la classe ouvrière aujourd’hui, soulevée, notamment, partant de cas précis, par un camarade des JC des Bouches-du-Rhône : fonction dans la production, forme du travail, niveau du salaire…

 

Dimanche 30, matinée : progrès du Réseau = progrès du PCF !

 

            La séance de dimanche matin a dressé l’état des lieux du Parti et de l’action de notre Réseau pour le faire vivre et le renforcer malgré la poursuite de la stratégie d’effacement de la direction. Floriane Benoît, membre du CN, secrétaire nouvellement élue de la section de Fontaine (38) a rappelé le chemin parcouru depuis le 34ème congrès et la réunion du 19 mars 2009 à Malakoff. L’appel fondateur du Réseau reste entièrement valable.

Elle a situé les enjeux du 35ème congrès extraordinaire annoncé pour juin 2010. Enjeux pour la direction qui cherche à faire entériner une nouvelle étape des « transformations » du Parti. Enjeux pour nous, continuer à faire que les communistes se réapproprient leur parti.

De nombreux intervenants ont montré, à partir d’exemples locaux, combien le « Front de gauche » était, au-delà de l’alliance électorale étriquée, la méthode pour continuer à enfoncer le Parti. Paul Barbazange a insisté sur le rendez-vous de décembre, la réunion des délégués des sections (on se souvient du point d’arrêt qu’a représenté celle de décembre 2007 aux velléités liquidatrices de la direction).

Mais la lutte à l'intérieur du parti n’est pas dissociable de la lutte tout court. Nous ne sommes pas dans la logique politicienne du Front de gauche, dans des luttes de tendances. Un petit débat là-dessus a permis de préciser en quoi notre Réseau ne peut rien avoir à voir avec une tendance : une tendance communiste dans un parti qui ne le serait plus ? Absurdité ! Même si notre situation n’est pas toujours facile.

Emmanuel Dang Tran, secrétaire de notre section (Paris XV) et membre du CN l’a rappelé : la raison d’être du Réseau est de créer les conditions politiques pour que les communistes fassent vivre, développent, reconstituent leurs organisations du PCF. L’action dans les luttes, si délaissée par la direction, est essentielle, y compris dans la reconquête par les communistes et les salariés de l’outil politique historique irremplaçable dont ils se sont doté dans l’histoire.

 

Dans un contexte politique marqué par des luttes de haut niveau, dans les secteurs les plus divers, par une opposition forte à la politique du gouvernement, mais en même temps de stérilisation de l’opposition politique, nous devons prendre la responsabilité de faire tout ce que la direction du Parti devrait entreprendre pour déboucher la perspective politique, pour développer les luttes, leur convergences, pour gagner enfin, faire reculer le pouvoir: abrogation de loi Bachelot contre l’hôpital, retrait du nouveau projet de loi de privatisation de la Poste, échec du démantèlement des filières industrielles…

Devant le piège des fronts électoralistes, face auxquels certains camarades ont avoué leur inquiétude d'être enfermés, les communistes du réseau doivent proposer la constitution de fronts de luttes pour mettre en échec la politique du gouvernement.

La Fête de l’Huma, qui marquera la rentrée politique du Parti, est le prochain rendez-vous déterminant. 

 

Rendez-vous à la Fête de l’Huma !

 

            Les dernières interventions ont permis à la fois de faire le bilan du stage et d'ouvrir la perspective d'approfondissement de notre travail de coordination au sein du réseau. La seule existence de ce stage de formation est déjà une réussite, son déroulement par la richesse des interventions, le partage des analyses et des expériences de chacun – différentes mais convergentes – en ont fait un franc succès.

Des camarades de nouvelles organisations (non présentes à Malakoff), de la Jeunesse communiste notamment, ont ouvert de nouvelles perspectives pour l'avenir de ce travail de formation, par la multiplication des formations au niveau local, le traitement et l'approfondissement de nouvelles problématiques oubliées depuis longtemps par la direction de notre parti (l'objectif du socialisme, l'analyse de la société de classe d'aujourd'hui...).

Toutefois, une grande leçon de ce stage est aussi que la meilleure formation reste celle du travail militant, dans l'organisation communiste et en particulier dans les cellules.

Le prochain rendez-vous, la Fête de l'Humanité, le 11, 12 et 13 septembre permettra d'approfondir le travail sous les stands des organisations participant au réseau. Une expression commune et une rencontre sont prévues au nom du Réseau, des dizaines de débats et d’actions auront lieu dans le sens de son combat !

 

De Malakoff à Malibert, le Réseau a avancé donc le PCF avance !

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 07:54
Au nom de la section du Jarnisy, nous tenons à remercier tous les camarades qui ont part
icipé à Saint Chinian dans l'Hérault au 3 jours à la 1ère Université d'été organisée par le réseau " Faire vivre et renforcer le PCF".

Plus de 80 camarades du Réseau sont venus de différentes régions de France assister à ces travaux et de réflexion d'une qualité exceptionnelle et ou le mot "COMMUNISME" avait encore un véritable sens révolutionnaire.

Les débats et les échanges étaient très enrichissants et très fraternels.

Nous ne sommes pas près d'oublier l'accueil qui nous a été fait par les camarades de la section de Béziers.

Je tiens personnellement à remercier Paul Barbazange et les nombreux camarades pour leur dévouement à la réussite de ces 3 jours.

Nombreux contacts ont été établis entre nous.

En nous quittant, nous nous sommes promis de nous revoir à la Fête de l'Huma pour de nouvelles initiatives.

Jean Baus

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4 septembre 2009 5 04 /09 /septembre /2009 07:46

Langues, cultures, identités régionales, intervention de Jacques Cros (Béziers)

Le compte-rendu de Jacques Cros de la première séance du stage

Elle s’est ouverte comme prévu vendredi 28 août à Malibert, sur la commune de Babeau Bouldoux, avec les premiers arrivants. Une soixantaine d’entre eux ont écouté un exposé d’Eric Jalade, le secrétaire de la fédération du Tarn du parti communiste, sur l’histoire du pcf et la façon dont elle a été décrite par les différents auteurs qui ont produit des documents sur le sujet.
Faisant un inventaire presque exhaustif de ces productions, le conférencier a montré que ces descriptions ne sont jamais neutres mais toujours imprégnées de l’idéologie de ceux qui les ont publiées.
Pour la plupart, certes avec des nuances, elles ne sont guère favorables au mouvement révolutionnaire quasiment accusé de tous les maux de la terre. Malheureusement on a assisté à une réaction insuffisante, quand ce n’est pas complaisante, de la direction du parti communiste, devant des critiques parfois justifiées mais toujours excessives voire non fondées.
Certains dirigeants, balayant tout l’aspect positif de nombreux acquis, n’ont pas craint de jeter l’enfant avec l’eau du bain. Plusieurs exemples ont illustré cette donnée lors du débat qui a suivi la pause repas.
Cette vision de l’histoire du parti communiste va de pair avec l’incapacité de ses responsables à porter un jugement qualifié sur des erreurs réelles lors de choix que les événements ont pourtant condamnés et qui sont hélas restés sans correction dans les pratiques actuelles.
Les travaux reprenaient samedi matin et doivent se poursuivre jusqu’à dimanche, le réseau « Faire vivre et renforcer le pcf » entendant profiter de l’opportunité qui se présente avec cette université d’été pour élaborer une plate-forme d’action plus affinée, en phase avec la situation de crise économique, sociale et politique à laquelle nous sommes confrontés.
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 20:18

A l’occasion du 40ème anniversaire de la mort d’Ho Chi Minh, nous publions ces deux textes historiques de cette grande figure du mouvement communiste international.

 

 

 « Discours au Congrès de Tours » du Parti socialiste français (décembre 1920).

 

Ho Chi Minh (Nguyen Ai Quoc), est délégué du Parti pour l’Indochine.

Il se prononce, avec la majorité, pour la création du Parti communiste français dont il est ainsi l’un des fondateurs.

Son intervention attire l’attention sur la situation en Indochine et les crimes du colonialisme.

Elle montre combien l’anticolonialisme, actif dans le soutien aux mouvements libérateurs, fait partie de la raison d’être de notre parti depuis sa naissance comme du mouvement communiste international.

Elle indique déjà comment le marxisme et le léninisme seront les atouts déterminants de la lutte du peuple vietnamien pour sa liberté.

 

Le Président. — L’Indochine a la parole. (Applaudissements).

 

Le Délégué d’Indochine [Nguyen Ai Quoc]. — Camarades, j’aurais voulu venir aujourd’hui collaborer avec vous à l’œuvre de révolution mondiale, mais c’est avec la plus grande tristesse et la plus profonde désolation que je viens aujourd’hui, comme socialiste, protester contre les crimes abominables commis dans mon pays d’origine. (Très bien!).

Vous savez que depuis un demi-siècle le capitalisme français est venu en Indochine; il nous a conquis avec la pointe des baïonnettes et au nom du capitalisme. Depuis lors, non seulement nous somme honteusement opprimés et exploités, mais encore affreusement martyrisés et empoisonnés. Entre parenthèses, je soulignerai ce mot « empoisonnés », par l’opium, l’alcool, etc.

Il m’est impossible, en quelques minutes, de vous démontrer toutes les atrocités commises en Indochine par les bandits du capital. Plus nombreuses que les écoles, les prisons sont toujours ouvertes et effroyablement peuplées. Tout indigène réputé avoir des idées socialistes est enfermé et parfois mis à mort sans jugement. C’est la justice dite indochinoise, car là-bas il y a deux poids et deux mesures; les Annamites n’ont pas les mêmes garanties que les Européens ou les européanisés.

La liberté de presse et d’opinion n’existe pas pour nous, pas plus que la liberté de réunion ou d’association. Nous n’avons pas le droit d’émigrer ou de voyager à l’étranger; nous vivons dans l’ignorance la plus noire car nous n’avons pas la liberté d’enseignement. En Indochine, on fait tout ce qu’on peut pour nous intoxiquer avec l’opium et pour nous abrutir avec l’alcool. On a fait mourir plusieurs milliers d’Annamites et on a fait massacrer plusieurs milliers d’autres pour défendre des intérêts qui ne sont pas les leurs.

Voilà, camarades, comment plus de vingt millions d’Annamites, qui représentent plus de la moitié de la population de la France, sont traités. Et pourtant ces Annamites sont des protégés de la France. (Applaudissements). Le Parti socialiste se doit de mener une action efficace en faveur des indigènes opprimés. (Bravos).

 

Jean Longuet. — Je suis intervenu pour défendre les indigènes!

 

Le Délégué d’Indochine. — J’ai imposé, en commençant, la dictature du silence... (Rires). Le Parti doit faire une propagande socialiste dans toutes les colonies. Nous voyons dans l’adhésion à la IIIe Internationale la promesse formelle du Parti socialiste de donner enfin aux questions coloniales l’importance qu’elles méritent. Nous avons été très heureux d’apprendre la création d’une délégation permanente pour l’Afrique du Nord et nous serons heureux demain si le Parti envoie un camarade socialiste étudier sur place, en Indochine, les problèmes qui se présentent et l’action à mener.

 

Un délégué. — Avec le camarade Enver Pacha?

 

Le Délégué d’Indochine.— Silence, les parlementaires! (Applaudissements).

 

Le Président. — Et maintenant, silence les autres délégués, même non parlementaires!

 

Le Délégué d’Indochine.— Au nom de l’humanité tout entière, au nom de tous les socialistes, ceux de droite et ceux de gauche, nous vous disons: camarades, sauvez-nous!

 

Le Président. — Le représentant de l’Indochine a pu voir par les applaudissements qui l’ont salué, que le Parti socialiste tout entier est avec lui pour protester contre les crimes de la bourgeoisie.

 

 

 

Appel à l’occasion de la fondation du Parti communiste vietnamien, Hong Kong, 18 février 1930

 

 

Ouvriers, paysans, soldats, jeunes gens, élèves des écoles, compatriotes opprimés et exploités, amis, camarades, les contradictions de l’impérialisme ont provoqué la guerre mondiale de 1914-1918. Après cet horrible carnage, le monde s’est divisé en deux fronts : d’un côté le front révolutionnaire englobant les peuples coloniaux opprimés et le prolétariat mondial exploité et dont l’Union soviétique est l’avant-garde. De l’autre, le front contre-révolutionnaire du capitalisme international et de l’impérialisme dont l’état-major général est la Société des Nations.

 

Cette guerre a causé aux peuples des pertes incalculables en hommes et en biens. C’est l’impérialisme français qui en a le plus souffert. C’est pourquoi, afin de restaurer les forces du capitalisme en France, les impérialistes français ont eu recours aux moyens les plus perfides pour intensifier l’exploitation capitaliste en Indochine. Ils créent de nouvelles usines pour exploiter les ouvriers en leur payant un salaire de famine. Ils volent les terres de nos paysans pour créer des plantations, acculant ainsi la paysannerie à une misère affreuse. Ils nous écrasent sous une fiscalité exorbitante, et nous obligent à acheter des bons d’emprunt. Bref, ils acculent notre peuple à la misère.

Ils accroissent leurs forces militaires d’abord pour étouffer la révolution vietnamienne. Ensuite pour préparer une nouvelle guerre impérialiste dans le Pacifique en vue de conquérir de nouvelles colonies, troisièmement, en vue de réprimer la révolution chinoise. Enfin quatrièmement, pour attaquer l’Union soviétique, parce qu’elle aide les peuples opprimés et le prolétariat exploité à faire la révolution.

La deuxième guerre mondiale éclatera. Il est certain que les impérialistes français conduiront alors notre peuple à une tuerie d’une horreur sans précédent. Si nous leur laissons les mains libres pour préparer cette guerre, si nous les laissons combattre la révolution chinoise, et attaquer l’Union soviétique, juguler la révolution vietnamienne, ne serait-ce pas les laisser balayer notre race de la surface de la terre et noyer notre nation dans l’Océan pacifique ?

Toutefois, l’oppression barbare et l’exploitation féroce des colonialistes français ont réveillé la conscience de nos compatriotes. Tous ont réalisé que seule la révolution nous permettra de vivre et que sans la révolution, nous sommes condamnés à une mort lente et misérable. C’est précisément pour cette raison que le mouvement révolutionnaire grandit et se renforce chaque jour : les ouvriers font grève, les paysans réclament la terre, les élèves font la grève des cours, les commerçants la grève du marché. Partout, les masses se redressent contre les impérialistes français qui tremblent devant la révolution montante. De leur côté, ils utilisent, d’une part, les féodaux et les bourgeois compradors, pour opprimer et exploiter leurs compatriotes, d’autre part, ils terrorisent, jettent en prison et massacrent en masse les révolutionnaires vietnamiens.

Mais s’ils croient pouvoir juguler la révolution vietnamienne par la terreur, ils commettent une erreur grossière.

Premièrement, la Révolution vietnamienne n’est pas isolée, elle bénéficie du soutien du prolétariat international et tout particulièrement de la classe ouvrière française. En second lieu, c’est précisément au moment où les colonialistes redoublent leur menée terroriste que les communistes vietnamiens, auparavant divisés s’unissent tous dans un seul parti, le Parti communiste vietnamien, pour diriger la lutte révolutionnaire de notre peuple tout entier.

Ouvriers, paysans, soldats, jeunes gens, écoliers !

Compatriotes opprimés et exploités !

La Parti communiste vietnamien est fondé. C’est le parti de la classe ouvrière. Sous sa conduite, le prolétariat dirigera la révolution dans l’intérêt de tous les opprimés et les exploités. Dès maintenant, notre devoir est d’adhérer au parti, de l’aider et de le suivre pour réaliser les mots d’ordre suivants :

1-       Renverser l’impérialisme français, la féodalité et la bourgeoisie réactionnaire du Vietnam.

2-       Conquérir l’indépendance complète de l’Indochine,

3-       Former le gouvernement des ouvriers, des paysans et des soldats,

4-       Confisquer les banques et autres entreprises impérialistes et les placer sous le contrôle du gouvernement des ouvriers, des paysans et des soldats,

5-       Confisquer toutes les plantations et autres propriétés des impérialistes et des bourgeois réactionnaires vietnamiens pour les distribuer aux paysans pauvres,

6-       Appliquer la journée de travail de 8 heures,

7-       Abolir les emprunts forcés, la capitation et les taxes iniques qui frappent les pauvres,

8-       Réaliser les libertés démocratiques pour les masses,

9-       Dispenser l’instruction à tous,

10-    Réaliser l’égalité entre l’homme et la femme.

PROPUESTA DE SEMINARIO PROPUESTA DE SEMINARIO
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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 14:28

Robert Hue ne représente en rien le PCF. Espérons-le ! Il doit être désavoué !

 

Depuis quelques mois, on voit réapparaître Robert Hue dans l’actualité, pour participer au spectacle lamentable des combinaisons politiciennes à « gauche » pour les présidentielles dans 3 ans.

Depuis le début de l’été, il s’affiche complaisamment avec les « éléphants », les « ténors » du PS, F. Hollande en juillet à Lorient, y compris les plus ouvertement « socio-libéraux » et les plus tentés par l’élargissement de la « gauche » au Modem comme le président du Conseil régional d’Ile-de-France, J.P. Huchon ou Vincent Peillon.

 

Hue participait ainsi à Marseille le 22 août, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit et de Marielle de Sarnez (Modem), au rendez-vous « l’espoir à gauche » de Peillon à la « recherche de nouvelles alliances avant 2012 ».

 

Même sans responsabilité actuellement dans l’organisation du PCF, dont il n’est peut-être plus membre, Robert Hue, ancien secrétaire national (puis président du parti) de 1994 à 2002 et candidat aux présidentielles de 2002, continue de représenter notre parti aux yeux de l’opinion publique.

C’est précisément pour cela qu’il est invité.

C’est précisément pour cela que la direction de notre parti doit le désavouer sans ambiguïtés.

 

Après ce préalable, le rôle que joue Hue ou qu’on lui fait jouer dans ces temps de recomposition politique à « gauche » appelle la réflexion des communistes.

 

Hue, égal à lui même

 

Les initiatives de Hue se situent dans le droit fil de ses positionnements antérieurs, de la stratégie qu’il a incarnée à la tête du PCF, cette « Mutation » qui s’est attaquée aux fondements idéologiques et organisationnels de notre parti, avant de le déconsidérer dans une participation gouvernementale entre 1997 et 2002 comme « force d’appoint de gestionnaires loyaux du capitalisme ». Au nom de la priorité donnée à la présence dans les institutions sur l’action dans les luttes.

3,37% en 2002 : on connaît la sanction, sous son aspect électoral, qui n’est qu’une des lourdes conséquences de ces choix.

 

En 2002, Hue, qui a personnifié l’échec, est complètement disqualifié. Il part.

Le reste de l’équipe dirigeante, qui a tout autant poussé la « Mutation », notamment au Congrès de Martigues et dans la participation au gouvernement, se détache de lui. Mais c’est un changement sans rupture en ce qui concerne la ligne politique, l’image de changement étant d’autant plus facile à marquer que la droite est de retour au pouvoir.

 

Mais voilà, la même stratégie que certains d’entre nous avaient qualifiée de suicidaire, « Bouge l’Europe » cédant la place à la « gauche populaire et citoyenne », aux « collectifs antilibéraux », a abouti aux mêmes résultats : 1,93% en 2007.

 

Du coup, Hue s’en trouve presque réhabilité. Il peut rejouer une partition dans le travail de reniement et d’effacement du PCF.

 

Le revenant était déjà sorti de sa boîte, fin 2008, avant le 34ème congrès du PCF, pour annoncer qu’il ne voulait pas être renouvelé au Conseil national du Parti, que celui-ci, le parti, avait fait son temps et que lui, Hue, avait créé un club de réflexion, le « Nouvel espace progressiste », le NEP.

 

Se présentant comme élément libre maintenant, Robert Hue n’en a pas moins conservé des postes d’influence que la direction du Parti lui a octroyés. A quel titre ?

Il est sénateur du Val d’Oise, présenté par le PCF* en 2004.

Il a été désigné président de la « Fondation Gabriel Péri », fondation politique, qui jouit de moyens financiers importants venant de sa tutelle étatique, et qui a les moyens d’encadrer fortement la recherche et les publications sur le mouvement communiste, le PCF et leur histoire.

 

Repoussoir ou poisson pilote ?

 

Hue revient cet été avec un message : pour battre Sarkozy, gagner les élections, un large mouvement rassemblant toute la « gauche » doit être constitué, dépassant les formations politiques et portant quelques axes généraux en guise de programme.

Sans avoir peur de se citer, il ressort la formule du « pacte unitaire pour le progrès » qu’il avait avancé au PCF en 1996.

Toujours le cadre institutionnel et l’alternance comme seul horizon !

La mouvance social-démocrate (plutôt que l’organisation PS en crise) est le pivot naturel d’une large alliance politicienne, quoiqu’il en dise, mais comme il le montre dans le choix de ses partenaires.

Quant au « communisme » - Hue se dit toujours « communiste » - il est remisé en vague référence culturelle, alors que le PCF « n’est plus réformable » selon lui.

Hue met ses pieds dans les pas de l’ancien président du PGE et du Parti de la Refondation communiste en Italie, Fausto Bertinotti qui l’ont amené à participer à des « primaires » et à soutenir le démocrate-chrétien Prodi.

 

Les sorties récentes de Hue, en chemise rouge entre Cohn-Bendit et de Sarnez, choquent, en particulier les communistes et ceux qui sont proches de nous.

Mais Hue n’est-il pas en cohérence avec une ligne, y compris lorsqu’il contribue à discréditer notre parti, qu’il réduit à un appendice du PS ?

 

Et cette ligne politique est-elle si différente de ce que pratiquent un certain nombre d’élus du PCF (certains, pas tous !), collant aux exécutifs PS, jusqu’à accepter, sans rechigner, le symbole de l’alliance avec le Modem dans certaines villes aux municipales en 2008?

Est-elle si différente du projet que forment des dirigeants socialistes (Quilès, Sapin, Lienemann…) et communistes (Gayssot, Cabanne, Wurtz…) dans le club « Gauche avenir » ?

Est-elle-même si différente des « rassemblements majoritaires à gauche » qu’appelle de ses vœux l’actuelle direction du Parti, de ce qu’Olivier Dartigolles va dire à l’université d’été « officielle » du PS à la Rochelle ?

 

Est-ce même si différent de la stratégie du « Front de gauche », qui pourrait sembler être un autre choix au premier regard ?

Mais on retrouve la logique d’effacement du PCF, auquel on fait, de plus, jouer le mauvais rôle de satellite du PS dans la période. On retrouve la logique purement électoraliste que Mélenchon appelle la « Révolution dans les urnes », avec le mirage conscient de dépasser son parti de 30 ans, le PS, pour mieux s’y raccrocher. Méthode également appliquée, avec échec en Italie, par Bertinotti et sa « gauche arc-en-ciel ».

 

Plus que jamais, c’est un troisième choix, en rupture avec 15 ans maintenant de « Mutation-disparition » du PCF, que, communistes, nous devons mettre en avant. Partir du contenu, de l’actualité si évidente de nos fondements théoriques, pour nourrir et impulser de véritables Fronts de lutte contre la politique au service du capital, pour rassembler les salariés, les retraités et les jeunes qui rejettent aujourd’hui explicitement cette politique.

Et ensuite seulement, envisager, sans disproportionner l’enjeu, des unions électorales.

 

En un mot, faire vivre et renforcer le PCF !

 

*Notons que R. Hue a été élu grâce à 40% de voix de « grands électeurs » non communistes (sans doute de droite puisque la liste PS a gagné un siège.

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 10:56

Les écologistes tels qu’en eux-mêmes : opportunistes ! Ils n’ont rien à faire dans le même groupe parlementaire que les députés communistes !

 

A Nîmes, au cours de leurs « journées d’été », portés par le triomphalisme de leurs résultats aux européennes, les dirigeants des Verts et de l’écologie politique se sont montrés tels qu’en eux-mêmes.

 

La défense du cadre de vie, de l’environnement, la lutte contre les pollutions… sont des préoccupations communes à quasiment tous les citoyens, à un niveau ou un autre, selon leurs autres soucis quotidiens. Pour les communistes, elles sont indissociables de la lutte contre le capitalisme.

Sinon, l’écologie politique, c’est un peu tout et n’importe quoi et avant tout de l’opportunisme politique au service de l’idéologie dominante.

 

On se souvient qu’un des ancêtres des Verts, René Dumont, s’était reconnu dans l’idéologie vichyssoise du retour à la terre.

On voit comment le capitalisme, par exemple par la voix de l’ancien vice-président américain, Al Gore, entretient et récupère la préoccupation environnementaliste pour en faire de nouveaux marchés et de nouvelles sources de profits.

 

Mais à Nîmes, les personnalités françaises se sont vraiment lâchées !

 

Cohn-Bendit dont tout l’engagement, comme il le proclame, est fondé depuis 1968 sur l’anticommunisme, et qui s’est découvert écologiste sur le tard, lance un appel au rassemblement de la « gauche » avec le Modem.

Mamère, ancien membre du PS, élu à Bègles depuis 1989 à la tête d’une coalition anticommuniste, se sent pousser des ailes dans son plan de carrière.

Bové, le plus affligeant de tous, parce qu’il a essayé d’abuser des militants « antilibéraux » et les opposants à l’UE du capital, avant de se rallier à l’ultra-libéral Cohn-Bendit pour être élu à Strasbourg, révèle sa profession de foi : « Aujourd'hui, le paradigme, ce n'est plus le socialisme ou la barbarie, mais l'écologie ou la barbarie ».

 

Dans le système politique promu dans les pays européens, les écologistes se confirment, presque partout, être une option politique de diversion pour canaliser des électorats vers les tenants principaux de l’idéologie dominante. Leurs partis, groupusculaires au niveau des adhérents, trouvent soudainement des dirigeants quand de bonnes places d’élus sont à convoiter.

 

Ce bref résumé, découlant des Journées de Nîmes, ne signifie pas un rejet en bloc, indifférencié, de tout ce qui se dit écologiste.

 

Mais encore plus avec le changement de règlement de l’Assemblée nationale, on ne comprend vraiment comment les députés communistes peuvent siéger dans le même groupe parlementaire que les députés écologistes.

 

Rédaction de vivelepcf


Voir notre article du 2 juillet: 

Assemblée : qui s’oppose à la reconstitution d’un groupe communiste et apparentés ?

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27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 10:14

Faire vivre et renforcer le PCF, une condition pour des fronts de lutte qui rompent avec la politique du capital !

Fête de l’Humanité 2009 – rendez-vous sous le stand du 15ème !

programme, invitation et plan en lien.
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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 13:50

Invitation de la section PCF de Saint-Quentin à la fête de l'huma les 11, 12 et 13 septembre 2009.


http://pcfsaintquentin.unblog.fr/2009/08/17/fete-de-lhuma-2009/

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26 août 2009 3 26 /08 /août /2009 12:56
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21 août 2009 5 21 /08 /août /2009 14:55

Bataille contre la privatisation de la Poste : l’unité d’organisations ne devrait pas nuire au rassemblement pour gagner

 

L’aspiration à l’union, au rassemblement contre la politique du pouvoir part d’un constat.

 

Objectivement, les contre-réformes du gouvernement sont rejetées par une grande majorité des salariés, des retraités, des jeunes. Objectivement, chaque lutte, pour l’emploi, la sécurité sociale, les services publics… revêt de plus en plus un caractère d’intérêt général.

L’ampleur des grèves et des manifestations interprofessionnelles des 29 janvier et 19 mars ont fait la preuve de l’ampleur des possibilités de rassemblement et de leur force potentielle.

 

Cependant, elles n’ont pas mis en échec le gouvernement sur une seule de ses contre-réformes, comme cela s’était passé en novembre/décembre 95 ou plus récemment et plus modestement en 2006 contre le CPE.

 

Communistes, responsables du PCF, cette contradiction doit être notre préoccupation majeure, contribuer à en sortir, l’objectif de notre action. Cela en restant sur le terrain politique tout en étant nécessairement très attentif aux options syndicales.

 

La bataille contre la privatisation de La Poste rentre dans une nouvelle phase avec le nouveau projet de loi que le gouvernement veut faire voter avant la fin de l’année.

 

Les convergences d’intérêt autour de la défense de la Poste invitent à en faire un point de convergence des luttes :


- L’opposition massive des agents de La Poste à la privatisation qu’ils subissent directement, les nombreuses luttes locales des postiers sont autant de points d’appui.

- Du côté des usagers, des actions locales contre les conséquences de la privatisation, contre des fermetures ou « restructurations » de bureaux par exemple, font la démonstration de l’ampleur de l’opposition et des possibilités de la faire s’exprimer rapidement.

La privatisation de la Poste peut être à la hauteur de ce que représente ce service public dans le pays (également en termes d’emploi et de référence sociale – relative).

- La défense de La Poste va aussi de pair avec la lutte pour tous les services publics qui sont l’objet de la même politique de privatisation.

Le pouvoir sarkozyste s’en est bien rendu compte de la capacité de développement et d’entraînement d’une bataille comme celle de La Poste. Il a soigneusement repoussé l’examen du projet de loi de 6 mois pour qu’il ne coïncide pas avec les mobilisations du début de l’année.

 

L’existence objective de convergences d’intérêt ne débouche pas automatiquement sur une convergence de lutte ! Sur la Poste comme sur le reste. Nous ne le découvrons pas !


En 2004, il n’y a pas eu de mouvement national d’importance, malgré quelques actions locales notamment partant des rangs du PCF, contre la précédente loi de privatisation de La Poste, celle qui a livré le courrier au dessus de 50g au marché privé et transformé en Banque postale de statut privé les services financiers.

En 2004, il n’y a eu aucune impulsion politique, une absence globale de bataille sur le fond et même un refus de l’engager. On notera que depuis cette date, la crise « financière » a rendu plus évident le danger du processus de privatisation des services financiers de La Poste.

 

Quelle action en 2009 ?


De multiples actions locales ont été engagées depuis le début de l’année, en particulier à l’initiative ou avec le soutien d’organisations du PCF.

Au plan national, un « Comité national de mobilisation contre la privatisation de la Poste » s’est créé, unissant des dizaines d’organisations, syndicales, associatives, dont, parmi les partis politiques, le NPA, le PS, les Verts...

Ce n’est pas méchanceté que de constater qu’y figurent des dizaines de groupuscules qui tirent la preuve de leur existence de l’apparition de leur sigle sur d’interminables listes de signataires d’appels « unitaires ».  et que le cadre unitaire leur permet de prétendre représenter la mobilisation des autres.

La direction du PCF semble vouloir s’inscrire nationalement dans ce cadre.

 

Des propositions et initiatives sont avancées autour d’un appel demandant un « référendum » sur l’avenir de la Poste. « Enfin quelque chose ! » se disent les militants qui en ont assez des occasions de lutte manquées. Mais quoi ?

Faute de clarté sur le fond, cette unité d’organisations risque d’être aussi inefficace contre la nouvelle loi de privatisation qu’en 2004.

Par son l’absence de clarté sur le fond, cette unité d’organisations sur un thème de mobilisation important, cautionne des regroupements et des alliances politiciennes à « gauche » à l’avenir. Est-ce l'objectif?

En tout état de cause, le PCF et les militants communistes ne doivent pas se laisser effacer mais s’exprimer en tant que tels et mettre en avant les aspects fondamentaux de la bataille idéologique. C’est indispensable pour contribuer à la victoire de la lutte.

 

Mesurons le contenu et la gravité du nouveau projet de loi contre La Poste:

 

Le texte comprend deux dispositions principales qui accélèrent le processus de privatisation :

 

a-      la transposition de la 3ème directive européenne de marchandisation du courrier.

La distribution du courrier serait entièrement mise en concurrence en France à compter du 1er janvier 2011, y compris celles des lettres de moins de 50 grammes qui relève toujours pour l’heure du monopole de La Poste.

Pour rappel, la 2ème directive a été transposée en 2004 et la 1ère en 1999 par la « gauche plurielle » (loi Voynet).

 

b-     le passage de La Poste sous le statut de société anonyme.

La voie de l’ouverture du capital, c'est-à-dire la privatisation partielle, puis de la privatisation totale, au sens propre du transfert de propriété du public au privé, sera ouverte.

La disposition du projet de loi précisant que le capital restera dans les mains de l’Etat ou de « personnes morales appartenant au service public » ne doit pas faire illusion. Elle sera beaucoup plus facile à lever que le statut d’établissement public, quand ce sera mûr.

Rappelons que le précédent changement de statut, première grande étape du processus de privatisation, remonte à la loi Quilès de 1990, du nom du ministre socialiste qui a cassé l’administration des PTT, fait de la Poste un établissement commercial et qui a sorti les fonctionnaires de La Poste de la fonction publique d’Etat.

 

On le voit, le nouveau projet de loi s’inscrit dans une continuité. La privatisation de la Poste est un processus.

On le voit, la « gauche », derrière le PS, a participé, à Paris comme à Bruxelles, avec zèle, à la mise en œuvre de ce processus. Et encore, nous n’évoquons pas France Telecom ou l’action des socio-démocrates dans les autres pays…

En ce qui concerne la Banque Postale, on retrouve le même processus avec la création par la « Gauche plurielle » de la filiale Efiposte en 1999, l’embryon de la banque.

 

Tout le monde peut changer d’avis ! Mais les positions de la « gauche » qui approuve les directives européennes de mise en concurrence, qui les a votées et mises en œuvre sont inconciliables avec la bataille contre la privatisation.

Aucune mobilisation « unitaire » ne peut se construire sans une mise au clair.


Il y va de la crédibilité parmi les postiers, les militants syndicalistes qui ont combattu hier comme aujourd’hui la privatisation.

Il y va de la crédibilité face au pouvoir sarkozyste qui justifie le changement de statut par les directives européennes et se défend de vouloir privatiser.

Le « Comité national unitaire » ne fait rien pour retrouver cette crédibilité.

 

Revendiquer un « référendum » pour esquiver le fond de la bataille ?

 

Le « Comité national unitaire » développe une proposition phare : la tenue d’un « référendum d’initiative populaire sur l’avenir de La Poste ». Cette demande reflète l’ensemble de sa démarche.

Sous couvert de « donner la parole au peuple », n’est-ce pas un moyen de s’abstenir de se prononcer soi-même sur ce qui fâche mais qui est essentiel?

 

1- D’abord, ce référendum n’a strictement aucune chance d’avoir lieu, quand bien même la proposition serait opportune et largement reprise dans la population.

La loi organique, suivant la modification constitutionnelle de 2008, encadrant ce type de référendum n’a pas été votée. Et en tout état de cause, la nouvelle disposition constitutionnelle exige que 10% du corps électoral, 4,4 millions de citoyens, soutiennent la demande de référendum. En trois mois…  Par ailleurs, on se demande pourquoi faire de la publicité aux modifications constitutionnelles de juillet 2008 qui ont renforcé la dérive présidentielle du régime.

 

2- Ensuite, quelle question pose le « Comité unitaire » avec son référendum ? « Pour ou contre la privatisation ». C’est si général que tout le monde peut s’y retrouver, comme dans les formulations du Comité demandant un service public « maintenu, modernisé et rénové afin de répondre aux besoins ».

Sarkozy ne prétend-il pas lui-même que la privatisation ne saurait être à l’ordre du jour. Au sens précis du transfert de propriété, sa loi ne privatise pas, même si elle fait tout dans ce sens.

Quant à ceux qui, « à gauche », ont préparé la privatisation de leur côté et partagent l’idéologie du marché « libéré », la formule leur permet de se dérober, de se ranger du bon côté, sans frais et sans sortir du consensus « européen ».

Les différends fondamentaux sont gommés. Mais la bataille essentielle contre l’application de la « concurrence libre et non faussée » qui conduit à la privatisation est ignorée.

Si l’on voulait demander un référendum qui amène le vrai débat : demandons la renationalisation intégrale de GDF et de EDF et leur fusion!

 

3- Enfin, inviter à un référendum, faire voter dans des urnes fictives, comme le Comité propose de le faire, c’est indiquer à l’opinion une seule perspective: les échéances électorales, une alternance à « gauche » en 2012, en passant par les régionales et avec les alliances adéquates. En 2012, le projet du gouvernement contre la Poste sera adopté depuis longtemps si la lutte ne rassemble pas maintenant pour y faire échec. Et sans les luttes, il n’y aura rien à attendre en 2012 !

 

Affirmer l’analyse communiste dans la bataille de La Poste !

 

Les communistes sont profondément unitaires dans la mesure où l’unité, pour une lutte précise, comme pour l’alternative politique, est de nature à élargir et renforcer le rassemblement de ceux qui ont objectivement intérêt à les gagner. Mais évidemment, nous ne recherchons pas l’unité pour l’unité.

 

Pour les communistes, ce serait un contresens de se fondre dans la démarche et l’esprit du « Comité national ». Notre but ne peut être que de tout faire pour contribuer à faire reculer le gouvernement. Y compris dans un cadre unitaire, nous n’avons pas à nous rallier au plus petit dénominateur commun. On sait comment cette position a déconsidéré le PCF pendant la « gauche plurielle ».

 

Aussi les communistes doivent-ils avoir leurs propres initiatives et dans les rendez-vous unitaires, comme ceux organisés le 3 octobre, bien souvent par des municipalités communistes d’ailleurs ou des organisations locales, à l’appel du « Comité national », mettre en avant les analyses qu’ils jugent efficaces dans la lutte idéologique.

 

Des axes de lutte indispensables :

 

1- L’objectif immédiat de la bataille pour La Poste est la mise en échec, le retrait, du projet de loi du gouvernement portant le changement de statut et la mise en concurrence intégrale.

C’est la condition pour commencer à inverser le processus de privatisation.

C’est le point de convergence pour donner plus d’efficacité à l’ensemble des luttes contre les effets de la privatisation de La Poste. Une victoire ouvrirait une perspective à l’ensemble de ceux qui combattent la politique au service du Medef.

(Il est amusant de constater comment certains de ceux qui croient dur comme fer dans leur référendum n’imaginent pas mettre le gouvernement en échec sur le projet de loi…)

Les initiatives de lutte doivent correspondre à cet objectif : pourquoi pas une pétition nationale unitaire pour le retrait de la loi ? Un objectif précis et crédible, des explications complètes contre le processus de privatisation, pas d’ambiguïté sur la forme d’action (lutte/vote).

 

2- On ne pourra pas mettre en échec le projet de loi et la privatisation sans s’attaquer à leur justification : l’installation de la concurrence. La concurrence, dont les effets sont connus et analysés, détruit les grands services publics nationalisés de « réseau » (transports, énergie, poste…) et leurs principes d’égalité, d’accès à tous, de péréquation tarifaire…

On doit être logique et cohérent.

Refuser la concurrence dans ces activités fondamentales à la réponse de tous et au développement du pays, c’est rejeter les directives européennes qui les organisent et les prétextent.

Rejeter les directives européennes, c’est refuser la fatalité de leur application dans notre pays. Des rapports de force existent au niveau national : des majorités refusent les lois de la concurrence, leurs conséquences, leurs aberrations (imaginons deux boîtes aux lettres de deux compagnies différentes côte-à-côte !). Ce n’est pas de Bruxelles ou de Strasbourg, irresponsables devant les peuples, acquis à 90% au Traité de Lisbonne qu’il faut laisser l’illusion qu’un changement pourrait venir.

Refuser la concurrence, c’est aussi choisir une alternative qui a fait ses preuves, la nommer et la défendre en positif : les monopoles publics à défendre et reconquérir pour une amélioration et une « modernisation » du service public.


« Tout bien, toute entreprise, dont l'exploitation a ou acquiert les caractères d'un service public national ou d'un monopole de fait, doit devenir la propriété de la collectivité. », l’alinéa 8 du préambule de la constitution de 1946, issue du programme du Conseil national de la Résistance et de son analyse de l’avant-guerre, est plus actuel. Nombreux sont ceux qui y font référence : qu’ils soient conséquents !

 

3- La question des services financiers de La Poste et de la Banque postale est à mettre en avant au même niveau. C’est la seule banque qui a échappé aux pertes de la « crise financière », grâce à son origine publique. Mais la logique de privatisation s’accentue rapidement avec l’annonce d’investissements financiers à l’étranger, une dérive spéculative, notamment dans les produits d’épargne, un recul rapide des services aux usagers…

L’avenir des services financiers de La Poste est une question d’intérêt national en elle-même, entièrement liée à celle de l’ensemble de La Poste (ex : l’avenir des bureaux).

La proposition du PCF de constituer un « pôle public financier » n’aurait pas de sens si elle ne partait pas de la bataille pour la défense et la reconquête des institutions financières publiques existantes. On a vu comment la casse des statuts des Caisses d’épargne, la privatisation de 40% de la Caisse des dépôts, etc… pendant la « gauche plurielle » l'ont décrédibilisée.

En termes d’orientation de l’épargne populaire, d’accès à tous aux services bancaires, de limitation des excès des banques privées, La Poste a un rôle majeur à jouer, dans la perspective de renationalisation des banques.

Pour stopper la dérive de la Banque Postale, il faut mettre fin à son statut privé de la Banque postale, qui préfigure celui de l’ensemble de La Poste. Avançons l’idée d’une campagne pour la réintégration de la Banque postale dans l’Etablissement public, préservant l’unicité de l’entreprise !

 

 

Communistes, nous devons être à l’offensive pratique et idéologique sur toutes ces questions. Ne laissons pas un cadre unitaire effacer un peu plus notre parti pour anticiper différents scénarios de recomposition politique institutionnelle !

Le PCF a une place particulière dans ce pays, indispensable, pour contribuer à créer les fronts de lutte qui gagnent contre la politique au service du capital.

EDT, pcf Paris 15, pour vivelepcf

 

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