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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 23:15

Elections régionales des 14 et 21 mars 2010.

Analyses et décisions de la section du PCF Paris 15ème lors de son assemblée du 3 novembre 2009

 

extrait de

http://pcf-paris15.over-blog.com/article-les-orientations-du-pcf-paris-15-pour-novembre-et-pour-les-regionales-38828253.html


 

A l’unanimité, nous repoussons « l’offre politique » nationale proposée par le CN et nous nous prononçons pour la constitution de listes de rassemblement, présentées par le PCF, sur un programme national et régional communiste.

 

D’abord, nous déplorons les conditions peu démocratiques dans lesquelles la consultation des communistes est organisée dans le Parti.

 

Les communistes disposent d’à peine quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre politique » du CN et se prononcer sur elle dans les sections. Autant dire que l’immense majorité sera tenue à l’écart.

 

Il est anormal que la réunion du CN des 26 et 27 septembre qui devait lancer la discussion ait été annulée, qu’aucune réunion du Conseil départemental de Paris n’ait été convoquée depuis le 2 septembre.

Ce calendrier précipité imposé aux communistes contraste avec toutes les tractations entre partis de « gauche » dont la presse a fait écho dans la période.

 

Pour ceux qui ont pu les lire, le texte « d’offre politique » et le rapport de MG. Buffet ne fournissent pas, au-delà de phrases vagues ou creuses, de bases réelles, notamment en termes de bilan et de contenu, à la réflexion des communistes. Au plan régional, un seul texte est arrivé à la direction de section le 30 octobre pour préparer la « conférence régionale » : aucun compte-rendu de mandat depuis 2004, notamment des élus parisiens !

 

Nous émettons également les plus grandes réserves sur les prochaines étapes de la consultation.

Le mode de désignation des délégués à la Conférence régionale relève de la cooptation par les directions départementales.

Nous attirons l’attention, que tel que « l’offre » politique le conçoit, les communistes ne pourront pas se prononcer sur la tête de liste de la liste soutenue par le PCF, ni même savoir comment elle sera désignée, tout cela revenant aux tractations futures avec le PG.

De même, les communistes risquent d’être empêchés de se prononcer pour un choix pourtant naturel : une liste de rassemblement présentée par la PCF relayant l’exigence de rupture politique exprimée dans les luttes.

Notre section retient unanimement cette dernière option. Voici la réflexion qui l’y conduit.

 

Nous insistons aussi sur le besoin que ce soit une stratégie nationale et sur les dangers d’arrangements opportunistes à géométrie variable selon les régions.

 

b- Aucune rupture politique possible en restant à la remorque du PS dans les institutions, nationalement comme régionalement.  

 

Le constat, mis en évidence par la complicité du PS dans la ratification du Traité de Lisbonne en 2008, demeure. Ses orientations ne portent pas de rupture sur le fond avec la politique au service du patronat et du capital. Son absence d’opposition (plan d’aide aux banques, loi Bachelot, loi LRU…) ou son opposition tronquée (acceptation des directives de concurrence par exemple sur La Poste) aux contre-réformes les plus graves du gouvernement le montrent. Il reste entièrement dans un schéma d’alternance, les yeux de ses prétendants rivés sur 2012.

 

Autre constat : 20 régions de « gauche » depuis 2004 dont 16 à participation communiste n’ont pas constitué un point d’appui pour s’opposer à la politique du pouvoir, ni au plan national, ni même au plan régional. Au contraire, globalement, elles ont accompagné, dans leurs domaines de compétence, la marchandisation des transports, la « régionalisation » des personnels techniques des lycées…

 

Le bilan en Ile-de-France est encore plus sombre avec le président sortant Huchon.

Sa profession de foi libérale dans son livre de 2008 « De battre ma gauche s’est arrêtée » est éloquente. Il s’affiche comme partisan de la régionalisation de l’éducation nationale, adversaire des nationalisations, estimant que les services publics sont mieux effectués par le privé, chantre de l’Europe des régions contre la souveraineté nationale…

Sa politique est en cohérence : il accompagne activement la marchandisation des transports (dont il veut seulement que la Région ait le contrôle), il accorde des aides inédites à l’enseignement privé…

De plein pied dans la logique de concurrence des territoires, Huchon et sa majorité accordent des cadeaux, sans contrepartie, au patronat d’Ile-de-France tout en faisant jouer le moins-disant social dans les commandes régionales comme avec le marché du renouvellement des trains de banlieue attribué au canadien Bombardier contre Alstom et à une production en France.

Etc…

 

A propos du Grand Paris, les divergences entre la majorité régionale et le gouvernement ne portent pas sur le choix d’aménagement au service de la finance et des multinationales mais seulement sur la future « gouvernance ».

 

Force est de constater que les élus de la liste de la « gauche populaire et citoyenne » de 2004, dont les élus communistes auront cautionné jusqu’au bout au sein de l’exécutif régional ces choix néfastes.

 

Cette analyse nous amène à nous prononcer :

contre une alliance électorale avec le PS (et les Verts) et la présence de candidats du PCF sur une liste au 1er tour derrière lui en Ile-de-France comme dans l’ensemble des régions.

contre toute position de principe de participation à un exécutif dirigé par le PS. La définition préalable des conditions d’une éventuelle participation est nécessaire.

Puisque ce n’est pas le cas, à la lumière de l’expérience, nous nous opposons à une participation à un exécutif dirigé par le PS et Huchon.

 

L’absence d’ouverture au Modem ne saurait être un critère suffisant. Même sans le Modem, les exécutifs à direction PS suivent des choix « sociaux-libéraux ».

 

Si l’on veut battre la droite, il faut s’opposer à toute politique de droite d’où qu’elle vienne.

 

c- Contre la poursuite de l’effacement du PCF et de ses positions avec la ligne du « Front de gauche »

 

La liste sur laquelle figuraient les candidats du PCF en 2004 en Ile-de-France, intitulée « gauche populaire et citoyenne », correspondait déjà à la stratégie du « Front de gauche ».

Les militants communistes ont fait l’essentiel de la campagne pour une liste effaçant leur parti, pour obtenir une moitié d’élus non membres du PCF, non représentatifs, sur une ligne politique qui a amené, malgré « l’antilibéralisme » annoncé, à une collaboration docile, jusqu’au bout, avec le social-libéral Huchon.

 

Nous refusons la poursuite de cette stratégie du « Front de gauche » au plan régional ou au plan national comme l’offre politique du CN le propose unilatéralement.

 

Le « Front de gauche » ne représente pas une émancipation vis-à-vis de la social-démocratie. Au contraire. On l’a vu avec l’exemple francilien.

Mélenchon est un social-démocrate. « L’offre politique » s’inscrit strictement dans la seule perspective d’une union « majoritaire » dans les institutions.

 

Le « Front de gauche » ne présente aucun intérêt comme alliance électorale pour ce que doit défendre le PCF.

Les partenaires, « gauche unitaire » et PG, sont des groupuscules qui ne pèsent rien dans le pays. Aux européennes, les listes du « Front de gauche » n’ont pas amélioré les résultats des listes PCF de 2004.

En revanche, les positions de Mélenchon (partisan de Maastricht notamment) ont contribué à brouiller le message des communistes et à laisser de côté, dans l’abstention, une bonne part de ceux qui s’opposent à l’UE du capital.

Les élus régionaux sortants du PG sont tous des ex-adhérents du PS.

 

Nous analysons le « Front de gauche » comme étant le nouvel instrument, après les collectifs antilibéraux, pour poursuivre la stratégie d’effacement de l’identité du PCF et de ses positions, de transformation en une deuxième mouvance social-démocrate, complémentaire du PS. Le NPA pourrait rapidement, aux lendemains des régionales, rentrer dans ce schéma de recomposition sur la base de la disparition progressive du PCF et de la captation de son héritage.  

Nous continuons à refuser résolument cette perspective qui prive le monde du travail, les couches populaires de la seule force historique conséquente pour affronter la politique au service du capital.

 

d- Pour des listes de rassemblement présentées par le PCF, en particulier en Ile-de-France

 

Les élections régionales devraient être l’occasion de relayer pendant la campagne et lors du vote l’exigence de rupture politique exprimée avec force dans les luttes. Elles doivent contribuer à développer ce mouvement pour gagner de premières victoires et non à alimenter des combinaisons politiciennes en vue de 2012. Il est temps de montrer une « opposition véritable à gauche » a résumé un camarade, pas un « altercapitalisme » comme la direction du parti commence à utiliser la formule.

 

Le programme régional doit, en cohérence, partir du bilan sans fard de la participation des élus PCF-Front de gauche à la politique « libérale » de Huchon, porter des contenus de résistance à la politique du gouvernement.

Notamment pour les services publics, en particulier les transports, principale attribution des régions, pour refuser d’accompagner le processus de marchandisation-privatisation, en Ile-de-France en promouvant la défense et la reconquête du monopole public RATP/SNCF.

Nous devons nous opposer totalement au développement de l’Europe des régions et au projet de réforme territoriale qui lui correspond.

Pour cela, nous devons nous opposer à toute tentative d’étendre les prérogatives des régions, contre l’échelon démocratique national, son relais départemental et les communes.

Nous nous opposons par exemple totalement à toute régionalisation de personnels de l’éducation nationale, au détournement de fonds régionaux pour faire des cadeaux au patronat, ou encore pour financer le logement en acceptant le désengagement de l’Etat et le démantèlement du modèle de financement du logement social.

En cohérence, nous estimons que les régions doivent s’opposer à toute hausse des impôts locaux pour compenser les cadeaux accordés nationalement aux plus riches et au patronat.  

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 21:12

Robert Hue : le ridicule ne tue pas, il fait vivre !

Les media font preuve de nouveau d’une grande complaisance à l’égard de Robert Hue.

 

Maintenant que la direction de Marie-George Buffet a poussé sa stratégie jusqu’à 1,93%, le candidat des 3,37% aux présidentielles de 2002, se sent autorisé à reparler publiquement.

 

Fin 2008, il créait le NEP, « Nouvel espace progressiste ». Devant l’absence totale de succès de cette association au service de l’union de la « gauche », il en invente une autre, dédiée à la même cause, le ralliement à la social-démocratie, le MUP « Mouvement unitaire progressiste ».

Avec toujours aussi peu de « divisions » comme l’initiateur a dû le reconnaître dans une interview sur France Info le 5 novembre.

Au fil de cette interview, on l’entend dénigrer l’Europe de l’est – c’est l’air du temps – et se ranger parmi les critiques de l’époque, puis se répandre sur ces excellents contacts avec Jacques Chirac, qu’il serait l’un des seuls à visiter très régulièrement depuis qu’il n’est plus président et dont il vante « le rapport aux gens ».

 

Décidément le ridicule ne tue pas. Il fait même vivre Robert Hue dont le rôle dévolu semble être de déconsidérer jusqu’au bout le PCF à la tête duquel il s’est retrouvé pour le détruire.

 

Aujourd’hui, des partisans du MUP, dont lui-même dans le Val d’Oise, comme Jean-Claude Gayssot dans l’Hérault, s’apprêtent à figurer sur les listes des sociaux-libéraux Huchon et Frèche dès le premier tour aux prochaines régionales. En août à Marseille, Hue s’était joint déjà au PS Peillon et à la Modem de Sarnez pour envisager ensemble un schéma d’alternance.

 

Etant toujours identifié comme communiste, Hue est encore utile pour discréditer notre parti dans l’opinion. Il peut servir aussi de repoussoir pour mettre en avant la stratégie de la direction actuelle qui pourtant, avec son « Front de gauche », poursuit d’une autre façon, l’effacement du PCF et de ses positions, son arrimage à la social-démocratie, initiés par la « Mutation » des années 90, des années Hue.

 

Rédaction de vivelepcf.

 

Voir aussi notre article d’août 2009 : Robert Hue repoussoir ou poisson pilote

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6 novembre 2009 5 06 /11 /novembre /2009 19:52
L'émission de France 3 "Ce soir ou jamais" sera consacrée, sans originalité, lundi 9 novembre à partir de 22h50 à la "chute du Mur de Berlin".

Plus ou moins mal entouré par Elie Barnavi, Emmanuel Todd, Jacques Rupnik, Roland Dumas, notre camarade Henri Alleg est invité et pourra apporter un contre-poison à la caricature de l'histoire, à l'anticommunisme primaire, au matraquage idéologique ambiant au service d'un capitalisme et d'une UE à son service en mal de légitimation.
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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:50

Aller beaucoup plus loin que le Front de Gauche

27 octobre 2009

 

L’appel que j’ai signé le 8 octobre dernier avec de nombreux militants et élus et qui a été rendu public contribue clairement au débat afin que les communistes choisissent l’unité et le rassemblement à l’occasion des élections régionales. Dans tout le pays, les militants communistes n’ont pas attendu des directives venues d’en haut pour faire connaître leur sentiment et il se dégage une dynamique en faveur de la constitution de listes de large rassemblement conduite par une(e) communiste dans chaque région dès le premier tour. Dans l’Oise, l’appel qui circule , contribue au débat , suscite des échanges libres et francs qui posent des questions de fond. Notamment celle du bilan du Conseil régional sortant, celle de l’identité communiste aujourd’hui, ou encore celle de la politique régionale et des candidats qui seraient capables de la porter et de la mettre en oeuvre dans l’unité une fois élus.

On semble s’orienter vers l’ouverture et la main tendue à nos camarades "Communistes en Somme" afin de rassembler toute la force communiste et permettre aux Picards d’avoir à leur disposition un programme, une liste de combat pour ancrer la future assemblée régionale bien à gauche. Il serait en effet suicidaire de ne pas retrouver ces camarades, de ne pas créer les conditions dès maintenant pour travailler en commun à la mobilisation des Picards. Car on ne souhaite pas jouer "petits bras", une grande ambition peut guider l’action et la mobilisation des communistes et de milliers de progressistes en Picardie : conquérir une assemblée régionale qui soit enfin une assemblée de combat avec une présence communiste et progressiste forte, déterminée et unie, pour ne pas renouveler les divisions que l’on a connues ces dernières années et qui ont conduit l’exécutif régional à accompagner la crise.

Ce texte que nous avons rendu public, parce que nous considérons que le débat n’est pas seulement interne mais concerne aussi les citoyens, pose la question du rassemblement. Le débat est en cours et cela est primordial qu’il ne se fasse pas en vase clos. Des camarades ont évoqué le "Front de gauche" pour caractériser ce rassemblement. Je comprends leur volonté. Cependant le Front de Gauche est une construction fort limitée face aux ambitions que nous avons. Il ne s’agit pas de cantonner notre rassemblement au seul Front de Gauche. Il s’agit de créer les conditions d’un rassemblement majoritaire dont le contenu permette à des citoyens dans leur diversité politique, syndicale, associative de se retrouver pour réaliser ensemble un programme de combat contre la destruction capitaliste et pour des mesures de transformations démocratiques donnant de réels moyens d’intervention aux salariés notamment dans l’utilisation des fonds publics pour le développement économique, en faveur de l’emploi et de la formation ce que le Conseil régional sortant n’ a pas mis en oeuvre.

Il ne faut enfermer personne dans une construction comme le Front de gauche actuel qui est limitée à quelques organisations et qui contrairement à toute analyse sérieuse n’a pas créé une dynamique de rassemblement populaire, mais seulement une alliance circonstancielle et électorale limitée à des organisations dont l’influence reste réduite et qui à tout moment peut voler en éclat car elle est loin d’être portée par un courant démocratique de masse et de classe. Plus que ce type de front, il est urgent d’organiser une offensive populaire de classe permettant aux gens de se positionner non plus sur la défensive mais sur des initiatives créatrices de luttes, de propositions, là où ils vivent et travaillent. En ce sens, il faut ouvrir largement notre démarche à des salariés en lutte qui quotidiennement sont confrontés à l’exploitation et à la répression patronale, à des hommes et des femmes déçus du Parti socialiste, à des militants d’extrême-gauche qui veulent en finir avec le capitalisme, à des élus très divers extrêmement inquiets des conséquences de la suppression de la Taxe professionnelle, à des citoyens qui dégoûtés de la politique politicienne veulent un vrai changement, à ces personnes des quartiers populaires qui si nous n’allons pas à leur rencontre risquent de se tromper de colère en votant Front national. Parmi tous ces gens, il y a des milliers de citoyens en Picardie qui accueilleraient avec un très grand intérêt l’annonce de l’unité des communistes picards, de la constitution d’une liste sur des bases de combat ,et qui se mobiliseraient en faveur de celle-ci.

Espoir, colère et combat, c’est l’esprit, je crois, du rassemblement que nous pouvons créer à l’occasion de la bataille des régionales, bien au delà d’accords d’états majors. Ne faisons rien qui conduirait à coller des étiquettes sur les gens ou qui les enfermerait dans des schémas politiciens et inversement n’entreprenons rien qui nierait l’identité communiste et celle de ceux qui sont prêts à participer avec nous à une belle et enthousiasmante bataille si nous savons nous unir dans l’intérêt de notre région et des Picards et celui de notre pays.

A Creil, le 22 octobre, Jean-Paul LEGRAND

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31 octobre 2009 6 31 /10 /octobre /2009 09:33

Nous reproduisons ci-dessous une lettre ouverte de jeunes communistes d’Ille-et-Vilaine à MG. Buffet ainsi qu’une réaction qu’elle a suscitée toujours dans la section de Rennes.

Ces lettres datent de l’été et le contexte a légèrement changé. Les questions du sens de la démarche du Front de gauche, élargi ou non, restent posées.

Ces textes, qui n’engagent pas le comité éditorial du site vivelepcf, invitent à poursuite l’échange. C’est dans ce but que nous les mettons en ligne. Ils ne reflètent qu’une partie des débats sur les régionales dans la fédération 35.

 

 

Lettre à Marie-George Buffet, signée de 15 jeunes communistes de la Fédération du PCF d’Ille-et-Vilaine.

 

Le 20 juillet 2009 à Rennes


Chère camarade,
Nous sommes des jeunes adhérents du Parti Communiste Français, de Rennes. Nombres d’entre nous ont adhéré après 2005. Alors que notre Parti est en train de vivre un tournant historique, qui lui permettrait de rebondir et de s’ancrer définitivement à gauche, nous sommes inquiets quant à la tournure que prennent les discussions actuelles.
L’expérience du Front de Gauche pour changer l’Europe a suscité de nombreux espoirs tant chez les militants de la gauche de dépassement du capitalisme qu’au sein de la population. Pour pérenniser cette dynamique, il est important de continuer dans cette logique d’union de la gauche qui refuse le consensus libéral.
Les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du Parti Communiste. Il est temps pour nous de prouver notre intégrité idéologique et d’affirmer notre appartenance à la gauche en s’opposant au capitalisme. Nous, jeunes adhérents du PCF, n’avons pas fait le choix de rejoindre ce parti pour le voir de plus en plus inféodé au Parti Socialiste.
C’est pourquoi, nous estimons qu’il est essentiel pour nous et pour la gauche, de construire un Front de Gauche pour les Régionales au côté de nos alliés des dernières élections européennes. L’élargissement vers le Nouveau Parti Anticapitaliste, est possible et indispensable si nous ne voulons pas perdre d’élus, voir en gagner !
Le Parti Communiste est aujourd’hui face à un choix, celui de l’audace, pour la construction de nouvelles majorités à gauche ou celui du renoncement avec l’affiliation à la Social-démocratie. C’est à ses militants de décider, ils ne doivent pas être laissés à l’écart des négociations en cours.
C’est parce que nous sommes attachés aux valeurs du Parti Communiste Français que nous nous refusons à le laisser sombrer avec le Parti Socialiste.
Dans l’attente d’une réponse, très fraternellement.
· Jeannie Barbier, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· François Cadiou, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Morgane Carlotti
· Mona Dorion
· Vincent Haloua, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Vivien Hipeau
· Romain Hipeau, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Jean-Marc Lacire
· Yann Le Carff
· Elsa Lafaye, membre du Conseil départemental de la fédération d’Ille-et-Vilaine
· Fabien Paboeuf, membre du comité exécutif local de la section Rennes métropole
· Claire Payen
· Olivier Sarrouy
· Elsa Siffert, membre du Conseil départemental de la fédération des Côtes d’Armor
· Semyon Tanguy-André
· Anatolie Teissier
- Quentin Wald

 

 

Réaction de la camarade Jacqueline Dang Tran, de la section de Rennes

 

Le 29 août 2009,

 

Chers camarades

            Je me permets de répondre à votre lettre du 20 juillet que l’on m’a transmise récemment et qui ne m’était évidemment pas adressée. Cela permettra peut-être d’alimenter le débat à Rennes.

            J’en suis bien d’accord, les mois prochains vont être décisifs pour l’avenir du PCF. La situation historique que nous vivons, grave crise du capitalisme, extrême tension internationale, y compris au sein de l’UE, impose au parti communiste de se renforcer et de réaffirmer haut et fort ses principes fondamentaux. Jamais la théorie révolutionnaire n’a été autant d’actualité. Mais présenter l’expérience du front de gauche comme un  tournant historique me paraît bien excessif. Si le FG avait suscité tant d’espoirs dans la population, il aurait obtenu plus de voix. Le fait majeur des élections européennes, c’est l’abstention qui comme le non au référendum sur le TCE est le fait surtout des classes populaires que notre parti est censé représenter. Il s’agit d’une abstention de classe.

            Vous posez le problème épineux des alliances et du rassemblement, mais vous le posez, comme le font en général hélas nos dirigeants, en termes uniquement électoralistes et sans référence aux contenus. Le rôle d’un parti politique n’est pas seulement de préparer les élections et de présenter des candidats. Le PC doit être une force d’analyse, de proposition qui, sans se substituer aux syndicats, impulse, soutient , coordonne les luttes et mobilise la population. C’est dans les entreprises et dans la rue que peut se constituer un véritable front populaire.

            Ce sont ces « fronts de luttes » qui peuvent ouvrir des perspectives politiques, soit qu’elles aboutissent et mettent en échec le gouvernement ( cf. le CPE) soit qu’elles influent sur le résultat des élections. Si les militants communistes et leurs partenaires, au lieu de raconter des salades sur les prétendus pouvoirs du parlement européen,  avaient inondé la population de tracts dénonçant la loi Bachelot ou la privatisation en cours du service postal, en montrant bien que ces politiques sont l’application en France des directives européennes qui détruisent les services publics dans tous les pays, s’ils avaient pris part à  toutes les actions menées pour la défense de la poste ou de l’hôpital public , ils auraient peut-être eu  plus de voix et des élus au moins décidés à donner un écho européen à la mobilisation des citoyens. Ces luttes rassemblent des militants politiques, syndicaux, associatifs, des usagers sans appartenance politique tous unis par un même objectif.

            Car on ne s’unit pas pour s’unir. On ne le fait que si l’on est d’accord sur un projet clair. Or rien n’est plus obscur que le mot « gauche » !   C’est  un fourre-tout. Bien sûr le PS s’identifie à la Gauche, alors que, lorsqu’il était au pouvoir, il a servi loyalement les intérêts du capital et qu’il continue de le faire à des degrés divers dans certaines régions ou communes. C’est pourquoi le parti communiste ne peut en effet rester inféodé au PS. Là dessus je suis absolument d’accord. Notre parti s’est décrédibilisé, déconsidéré par sa participation et son soutien indéfectible à la Gauche Plurielle

            Mais est-ce mieux ailleurs ? Les écologistes se déclarent « de gauche » par nature évidemment. On voit surgir de multiples groupuscules « de gauche », dépourvus de militants, mais prêts à entrer dans le FG pour placer leurs grands penseurs, des « personnalités » comme on dit. Ce qui est gênant dans le front de gauche, c’est que l’une de ses composantes principales avec le PC est justement «  le parti de la gauche » qui s’inspire, Mélenchon n’a cessé de le répéter, de Die Linke qui en Allemagne n’est guère qu’un parti socio-démocrate no. 2. Rappelons qu’en 2004 en Ile-de- France, une liste alternative de « gauche populaire et citoyenne » initiée par M.G. Buffet a eu des élus qui se sont montrés d’une docilité remarquable à l’ égard du gouvernement régional. Qui dit qu’il n’en serait pas de même avec les élus du FG ? On n’a pas beaucoup entendu Mélanchon protester au temps de la Gauche Plurielle.

            Partout en Europe « la gauche » selon des modalités diverses sert à liquider les partis communistes, à effacer l’identité communiste. N’est-ce pas ce dont rêvent certains  ténors du FG, faire disparaître le PC en douce contre la volonté de ses adhérents ?

            Alors faut-il renoncer à toute alliance électorale ? non sans doute. Faut-il se tourner vers le NPA, comme vous le suggérez ? Pourquoi pas ? Mais n’oublions pas que les trotskistes ont toujours eu dans l’histoire comme objectif principal la liquidation du PCF, parti « stalinien » bien sûr ! Il en reste bien quelque chose. Leurs propositions en général séduisantes, sympathiques, sont souvent soit irréalistes soit racoleuses.

            Alors que faire ? Refuser tout effacement de notre identité. Réaffirmer notre raison d’être. Elle n’a pas changé : œuvrer pour l’abolition du capitalisme et l’instauration du socialisme (dont le régime soviétique n’était qu’une caricature). Nos dirigeants n’osent même plus utiliser ce beau mot de « socialisme ». Nos grandes  orientations qui sont autant de lignes d’action doivent être rappelées. Même si dans le cadre d’une alliance électorale conjoncturelle, nous pouvons accepter certains compromis, nous ne pouvons transiger sur l’essentiel.

            Ces grandes orientations sont (mais je n’ai pas la prétention d’être exhaustive) :

            _l’appropriation collective des moyens de production qui ne peut être que progressive mais qui est possible dans certains cas et selon certaines modalités dans le contexte même de la crise.

            _La défense ou la reconquête des monopoles publics pour toutes les activités qui relèvent des intérêts vitaux des citoyens : santé, communications, transports, éducation nationale, courrier, services de l’énergie, électricité, gaz, service de l’eau…Certaines de ces activités ont été déjà privatisées, ou sont menacées de privatisation. Dans ces domaines nous ne devons faire aucune concession. Pas de partenariat public privé.

            -Le développement d’un pôle public financier pour l’investissement d’intérêt général. Ici aussi aucune concession. Pas de démantèlement de la caisse des dépôts et consignations, pas de privatisation de la banque postale !

            _ Le refus du pouvoir personnel, du régime présidentiel. Un président, c’est fait pour présider, pas pour gouverner. Donc réforme de la constitution.

            _Le rejet de l’Union Européenne, cette machine à exploiter et asservir les peuples, sous hégémonie américaine. Une autre Europe est souhaitable, une organisation solidaire de peuples souverains. Le parti communiste a toujours défendu le droit des peuples à décider de leur destin.

 

            Dans l’immédiat, nous devons surtout nous investir dans le mouvement social. Pour les élections régionales, il est exclu de faire liste commune avec les socialistes, ce serait un ralliement à la social démocratie. Mais un désistement n’est pas exclu au second tour. Pour la constitution des listes et l’éventuelle participation à l’exécutif, la situation diffère selon les régions. Les communistes peuvent présenter des listes de rassemblement  enracinées dans les luttes sociales, comme ils l’ont fait en 2004 en Picardie et dans le Nord-Pas-de Calais, avec succès. Ailleurs il paraîtra préférable de présenter des listes « alternatives » de type Front de gauche élargi. Dans certaines régions, il est impensable que nous gouvernions avec les socialistes, dans d’autres où les socialistes peuvent avoir, au vu de leur bilan, une action bénéfique, pourquoi ne pas travailler avec eux, tout en restant sur nos gardes. Le refus de principe du NPA de participation aux exécutifs régionaux est difficilement soutenable.

            Pas question en tout cas d’accepter l’offre groupée de Mélanchon (cf. L’Huma du 27 aout). Bien de l’eau coulera sous les ponts d’ici 2012, les adhérents du PC décideront en temps utile.

 

Bien fraternellement. 

 

Jacqueline DANG TRAN, adhérente, section de Rennes du PCF

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29 octobre 2009 4 29 /10 /octobre /2009 11:13

lire aussi l'intervention de Corinne Bécourt au CN des 24 et 25 octobre.


Communiqué de Presse des communistes picards "Colère et espoir"

 

La bataille des communistes a payé

 

Lors de sa réunion des 24 et 25 octobre derniers, le Conseil national du PCF sest rangé à la volonté dune très grande partie des communistes de France qui souhaitaient voir leur parti présenter des listes au 1er tour des élections régionales de 2010.


Cette décision, arrachée à une direction nationale résignée, est le résultat de la bataille menée par tous ceux qui sont encore persuadés que le PCF est un outil indispensable au service du progrès social.


A cet égard, la mobilisation depuis plusieurs mois des communistes de Picardie en faveur d'une liste de large rassemblement conduite par un(e) communiste au 1er tour des élections régionales dans notre région a été déterminante.


A la veille de la campagne électorale qui sengage, les communistes de Picardie vont être amenés à prendre un certain nombre de décisions. En 2004 aux élections régionales, ils ont décidé démocratiquement de présenter une liste communiste de large rassemblement conduite par Maxime Gremetz. Cette liste a recueilli 10.86% au premier tour, le score le plus élevé réalisé par les communistes sur l'ensemble du territoire national.


Ce succès est le fruit du travail des communistes de Picardie qui, à travers leur combat quotidien, ont fait la démonstration de l'efficacité de leur action. Nous sommes convaincus qu'un tel succès peut être réitéré et même dépassé lors des élections régionales de 2010 comme le confirme un tout récent sondage.


Toutefois, cela n'est envisageable qu'à une condition : que tous les communistes de Picardie, sans exclusive, s'unissent autour dun projet faisant la démonstration à travers des propositions concrètes et immédiatement applicables qu'il est possible, même à l'échelon régional, de prendre le contre-pied du capitalisme.


D'autant que la déception est grande face aux renoncements de la majorité sortante et de son président M. Gewerc qui ont renié tous leurs engagements et se sont, pour l'essentiel, contentés d'accompagner une crise du système libéral qui frappe notre région avec une immense violence.


De plus, nous restons persuadés de la nécessité de nous tourner vers tous ceux qui dans notre région partagent la conviction qu'il existe des solutions alternatives au libéralisme qui peuvent être mises en oeuvre dès aujourdhui. C'est pourquoi, nous souhaitons que, comme en 2004, où la liste Colère et Espoir aux élections régionales était composée de représentants du monde associatif, de syndicalistes, de personnalités de la société civile, la liste présentée par les communistes en Picardie aux élections régionales de 2010 soit ouverte à tous les progressistes, et ce, qu'ils appartiennent à une organisation politique ou non.


Dépassant ainsi l'horizon du seul Front de gauche, nous voulons oeuvrer pour l'unité de tous les communistes sans aucune exclusive et offrir une main tendue à tous les progressistes. Mobiliser l'ensemble des forces de progrès en Picardie au soutien d'une liste de combat à gauche présentée par le PCF, tel est notre engagement, telle est notre détermination pour les prochaines élections régionales.

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28 octobre 2009 3 28 /10 /octobre /2009 20:13

Conseil national du PCF des 24 et 25 octobre 2009 - Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

 

Une nouvelle fois, la réunion du CN largement en dehors des réalités de la lutte des classes dans le pays, du développement d’un rapport de force pour commencer à rompre avec la politique du pouvoir. Le terme détestable, je l’avais déjà dit, « d’offre politique », traduit par lui-même le caractère politicien de la démarche proposée pour les élections régionales.

 

La perspective proposée reste toujours la même : le rassemblement institutionnel de la « gauche » dans les exécutifs régionaux en attendant 2012.

La stratégie proposée aussi : la poursuite du processus d’effacement du PCF au nom d’un « Front de gauche », sans contenu, élargi à rien, associant le PCF aux mêmes petits partenaires qu’en juin, pour ne pas dire groupuscules.

 

La bataille actuelle de La Poste, illustre exactement l’impasse que représente la stratégie reprise dans « l’offre ».

Que propose-t-on aux postiers qui étaient dans l’action à près de 100.000 le 22 septembre, qui poursuivent de multiples luttes locales, aux centaines de milliers d’usagers, qui, pour reprendre le mot du rapport, ont manifesté leur disponibilité à agir ?

On leur répond « union de la gauche ». On les renvoie aux parlementaires de gauche, à un référendum virtuel. On ne gagnera pas cette bataille de La Poste, c'est-à-dire le retrait du projet de loi, en esquivant les questions qui dérangent le PS, la mise en concurrence par les directives européennes qu’ils ont approuvées, l’expérience de l’ouverture du capital de France Télécom par la « gauche » ou de la loi Quilès, etc.

Les collectifs de défense de La Poste ont un penchant à l’alignement des sigles d’organisation, comme les collectifs antilibéraux ou le Front de gauche mais pas davantage à la mise en avant des axes de lutte décisifs. Le PG de Mélenchon donne le ton en renvoyant dès le titre de son tract au futur « gouvernement de gauche qui rétablira le service public postal ». D’ici là…

 

Alors que la journée d’action des cheminots du 20 octobre a été un vrai succès qui en annonce d’autres, que les syndicats enseignants appellent à une grève le 24 novembre, on en a parlé, que les salariés de l’industrie sont mobilisés, ne devrions-nous pas mettre au centre de nos préoccupations la convergence des luttes, notamment autour de La Poste, en portant les contenus pour gagner ?

 

La même logique pourrait et devrait inspirer notre préparation des élections régionales. Ce n’est pas le cas.

 

Le texte proposé exclut d’emblée l’option qui y correspond et qui devrait être un choix naturel : celle de présenter, en tant que PCF, partant des positions communistes, des listes de rassemblement, largement ouvertes au mouvement social.

 

J’entends qu’on veut élargir le Front de gauche à des syndicalistes, des personnalités du monde associatif. Mais qu’est-ce qui nous empêche de le faire, comme nous l’avons toujours fait, sur des listes présentées par le PCF ? Rien sinon la poursuite d’un schéma de recomposition politique et de reclassement politique d’ici 2012.

Rien d’autre ne peut expliquer l’option du « Front de gauche » où le PCF a tout à perdre et qui rentrent dans les calculs de Mélenchon, et peut-être demain du NPA.

 

Que soit proposée et défendue, ici comme dans les régions, l’option de se ranger dès le 1er tour sur les listes dirigées par le PS, me paraît au contraire logique et cohérent. Mais c’est un choix que je ne peux que rejeter, par rapport à la situation nationale et aux bilans des régions de gauche, du moins ceux que je connais.

 

En Ile-de-France, le bilan de la majorité Huchon est éloquent. Huchon tend la main au Modem. Mais même sans le Modem, son programme et son action sont « sociales-libérales ». Partisan entre autres de la régionalisation de l’éducation nationale, Huchon cherche aussi à s’emparer de la propriété des infrastructures de la RATP pour organiser la mise en concurrence, malgré l’opposition de la CGT et des autres syndicats. Les conseillers régionaux, dont les communistes, élus en 2004 sur la liste de la « gauche populaire et citoyenne », préfiguration du « Front de gauche », ont tout cautionné dans l’exécutif. C’est à méditer !

 

Pour finir, puisque mon temps est compté : il n’est pas acceptable que les communistes ne puissent pas se prononcer sur la base d’un bilan des régions de gauche et de la participation des élus de leur parti. Il n’est pas acceptable que soit éliminée l’option de listes de rassemblement présentées par le PCF sur des positions communistes. Il faudra l’imposer dans les conférences régionales. Il n’est pas acceptable que le contenu de la campagne se limite à quelques formules générales. Ce devrait être le point de départ de notre réflexion, avant les combinaisons de liste.

 

Encore un point [le président de séance presse l’orateur]: dans notre rejet de la réforme territoriale, nous devons absolument expliciter notre refus de l’Europe des régions.

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27 octobre 2009 2 27 /10 /octobre /2009 10:10

Conseil National du PCF, 24 et 25 octobre 2009 - Intervention de Dominique NEGRI, fédération de l’Isère

 

 

L’ « offre politique » proposée est déconnectée de la lutte des classes. Elle porte une stratégie d’appareil qui passe à côté des attentes du mouvement social, des possibilités qu’ouvrent les luttes. L’urgence, c’est de gagner de premières ruptures, de commencer dès à présent à faire reculer le gouvernement, de construire les convergences pour cela. J’aurais aimé que le Conseil national d’aujourd’hui adopte un appel dans ce sens, qu’il envisage les régionales dans cette perspective.

 

La bataille de La Poste fait la démonstration de la volonté majoritaire qui existe dans le pays pour défendre le service public contre les choix du gouvernement. Nous avons constaté cette dynamique à Saint-Martin-d’Hères aussi bien dans la population qu’avec les postiers en lutte que nous avons rencontrés.

 

Maintenant, notre responsabilité de communistes devrait être de porter les objectifs et les contenus qui permettent de prolonger le mouvement de faire réellement reculer le pouvoir : le retrait du projet de loi avec le rejet du changement de statut et le rejet de l’application des directives de mise en concurrence. 

Cela va bien au-delà de la démarche des « collectifs » et de la demande d’un référendum, consensuel à gauche, mais illusoire et qui gomme les enjeux de fond et le but immédiat.

 

Cet exemple de lutte devrait inspirer notre démarche de rassemblement pour la campagne des régionales. Elle devrait partir de la réalité des fronts de lutte du monde du travail.

 

Au plan régional, la question de créer le rapport de force pour refuser les directives européennes de mise en concurrence se pose de manière pressante par exemple au sujet des transports.

Un référendum avait mis en évidence ce rapport de force potentiel, c’est celui de 2005 contre le TCE. Je pense qu’il existe toujours.

 

C’est pour cela que nous avons besoin de listes présentées par le PCF ouvertes sur le mouvement social. Il est en tout cas injustifiable d’écarter cette option du choix des communistes. 

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 15:59

Conseil National du PCF, 24 et 25 octobre 2009, intervention de Corinne BECOURT, fédération de l’Aisne

 

Depuis 2004, 20 régions sont gérées par la gauche. En quoi cela a-t-il changé la vie ? En quoi les régions ont-elles servi de points d’appui pour s’opposer à la droite au pouvoir ?

En Picardie, aucune mesure forte n’a été prise mais les cadeaux aux grandes entreprises ont été maintenues, de nouvelles taxes crées. Au total, un bilan a minima de l’exécutif social-démocrate, le choix du « moins pire ».

Partant de ces bilans, le Conseil national devait lancer le débat dans le parti lors de sa réunion prévue les 25 et 26 septembre. Elle a été annulée empêchant les communistes de disposer du temps et des éléments pour se prononcer à partir d’un contenu sur les différentes stratégies pour les élections : union avec le PS dès le 1er tour, listes présentées par le PCF de rassemblement sur des bases de lutte. Le débat a été confisqué.

Aujourd’hui, une « offre nationale » à sens unique nous est proposée : le « Front de gauche » au 1er tour pour rassembler derrière le PS au 2nd tour. Toujours après des rencontres d’appareil, on continue la même stratégie, celle des collectifs antilibéraux, celle de l’effacement du point de vue communiste, au nom d’alliances avec des groupuscules qui n’existent que sur internet, d’élus socialistes dissidents.

Depuis 1997, on connaît le résultat, notamment aux présidentielles de 2007.

Où les avez-vous vus les ouvriers, les salariés, ceux des quartiers populaires dans les « ateliers de la gauche » ?

Au nom de quoi devrions-nous faire la part belle à Mélenchon et à son PG ? A Saint-Quentin, il n’y a pas un seul PG à l’horizon ? Faut-il inventer le PG partout où il n’existe pas ou bien faire vivre et renforcer le PCF ?

Cessons l’effacement du Parti, de l’organisation qui concrètement est dans les luttes avec ses militants qui savent ce que sait que pratiquer le rassemblement dans l’action.

Nous n’avons jamais décidé, encore au congrès, de nous fondre dans une nouvelle structure, d’arrêter de nous présenter aux élections comme communistes, de cesser de permettre aux salariés, aux électeurs d’utiliser le vote communiste.

En 2004, en Picardie, les listes présentées par le PCF, ouvertes au monde du travail, ont obtenu le meilleur résultat du PCF en France, 12%. Notre démarche a prouvé que partir sous son drapeau, avec notre projet, n’est pas suicidaire, si on l’assume.

Des positions claires, de défense des services publics contre la concurrence « libre et non faussée », de maintien et de développement du potentiel industriel, etc… seuls les communistes les défendent de manière conséquente.

Le succès de 2004, nous le devons à une campagne collective de terrain, menée par les militants communistes, dont Maxime Gremetz, notre tête de liste. Cette année de nouveau il serait irresponsable de se passer de l’atout que représentent Maxime, notamment dans le monde ouvrier et chez les syndicalistes, comme les 300 communistes de Somme écartés de leurs droits dans le parti, de façon injustifiable.

Sur ce point, j’interpelle aujourd’hui toute la direction du Parti, pour avoir une réponse qui puisse être identifiée par les communistes comme un signe fort de rassemblement.

Chercher des alliances avec des groupuscules insignifiants mais tenir à l’écart des centaines de militants et de sympathisants communistes : personne ne le comprendrait dans le Parti, dans son électorat, en Picardie et ailleurs.

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26 octobre 2009 1 26 /10 /octobre /2009 12:24

Conseil National du PCF, 24 et 25 octobre 2009 

 

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

 

 

Pour les élections régionales, sur les différentes options envisageables, je me prononce pour un choix que je n’ai pas vu dans l’offre politique et que j’ai à peine entendu dans le débat, seulement du côté du Nord - Pas de Calais : des listes de rassemblement, présentées par le PCF, en lien avec les luttes, ouvertes aux acteurs de ces luttes.

 

Je suis opposée à la constitution de listes avec le PS au 1er tour, en particulier en Ile de France. Avec son choix fondamental du traité de Lisbonne, les similitudes avec le programme du MODEM, le PS ne représente pas une alternative politique correspondant à l’exigence de rupture voulue par le mouvement social, par la majorité du pays.

En Ile de France, HUCHON joue cartes sur table. Il est « social libéral ».

Les provocations contre l’Education Nationale qu’il veut régionaliser le montrent. Comme son bilan. Par exemple, son choix d’attribuer le marché du renouvellement des trains de banlieue, 4 milliards d’euros, au moins disant social, le groupe canadien Bombardier dont l’essentiel de la production s’effectue à l’étranger, contre Alstom.

Par exemple encore sa bataille pathétique pour dépecer la RATP de son patrimoine et organiser la mise en concurrence des transports urbains en Ile de France, malgré la protestation de la CGT. Je veux aussi citer les fortes augmentations, très impopulaires, des tarifs des transports.

Les élus de la liste de la « Gauche populaire et citoyenne en 2004 », préfiguration du « Front de gauche » soutiennent tous ces choix, au sein de l’exécutif.

 

C’est pourquoi je refuse aussi la perspective de listes du « Front de Gauche ».

La stratégie du Front de gauche, au-delà des régionales en vue de 2012, continue à effacer le Parti, ses positions et son identité, pour en définitive être mieux une force d’appoint du PS sur le fond.

Je ne vois pas non plus pourquoi nous devrions laisser, sans aucun avantage pour les gens, comme en 2004, la moitié des élus obtenus grâce à l’électorat et au militantisme communistes, à des « PG » ou des membres d’autres groupes insignifiants. Le PG réclame 50% des places dans certaines régions !

 

Un parti qui ne se présente pas aux élections, des années durant, sous ses propres couleurs et ses positions, risque de disparaître. Je refuse cette perspective. Je refuse de laisser enfermer notre parti dans des choix strictement institutionnels, tactiques, politiciens, où Mélenchon ou le NPA ont le beau rôle.

Notre place est d’abord sur le terrain des luttes. Ils ne nous le disputeront pas : la Poste par exemple, contre l’acceptation des directives européennes, pour le retrait du projet de loi, pour gagner tout de suite contre la privatisation.

 

Partant de cette expérience, il serait nécessaire que les communistes puissent s’exprimer sur la base d’un large débat et d’un bilan de la période 2004/2009, un bilan national des 20 régions de gauche, dont 16 à participation PCF, un bilan dans chaque région.

Je constate que les modalités retenues ne le permettent pas.

 

L’ « offre politique » est à sens unique : continuer la « gauche ensemble » dans les institutions, en ratissant avec le Front de gauche au 1er tour. Je ferai partie de ceux qui se battront pour que les communistes puissent s’exprimer sur des listes présentées, conduites par le PCF, sur nos positions.

 

La démocratie dans le parti, il ne suffit pas d’en parler. Le calendrier traduit une précipitation. Les communistes auront à peine quelques jours pour prendre connaissance de « l’offre » politique du CN avant que soient désignés leurs délégués aux conférences régionales. Sur quelle base ? Avec quel mandat ? Puis encore quelques jours ensuite avant le vote sur les décisions des conférences.

La précipitation avec laquelle on choisit d’organiser la consultation des communistes est un signe de défiance, de faiblesse. Comme l’absence dans notre fédération de Paris, de toute assemblée départementale, de tout compte-rendu de mandat des élus régionaux sortants, et même depuis le 2 septembre, de toute réunion du conseil départemental.

J’ai la conviction, moi aussi, que les communistes, ceux qui sont dans les luttes notamment, sont très loin des options proposées par l’offre politique. Je voterai contre !

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