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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 11:39

Candidate voilée : le choix grave et dangereux du NPA

 

 

En présentant une candidate portant le voile islamique, le NPA a fait le choix de rentrer dans le jeu du pouvoir (et d'une bonne part de l'opposition) qui fait tout pour escamoter les questions de fond, d’alternative politique de la campagne des élections régionales.

 

Le NPA fait le choix d’aviver la diversion malsaine lancée par le gouvernement sur les questions d’identité nationale et de Burqa.

 

Il apparaît à nouveau que cette formation politique fonde son existence, son lancement sur la complaisance des media bourgeois. Pour faire se faire un coup de pub, un « buzz », comme on dit maintenant sur internet, il faut donner des gages à ce qui les sert.

 

Il est bien évident pour nous, communistes, que ceux qui croient dans une religion et ceux qui ne croient pas sont tout autant citoyens et que le voile islamique ne saurait faire perdre ses droits à celle qui la porte ou est contrainte à le porter.

 

Mais là encore le NPA, parti qui se présente comme progressiste, féministe et défenseur de la laïcité, fait un choix, celui d’apporter sa caution à un acte militant ostentatoire, prosélyte qui a une signification et des objectifs politiques absolument rétrogrades.

 

Les milieux islamistes, qui font de la politique et pas de la religion, portent une conception ultra-réactionnaire, communautariste, antiféministe de la société (et en rien anticapitaliste !). Nos camarades algériens ont pu la dire fascisante.

 

Ils déploient en France comme ailleurs, en ciblant les jeunes originaires de pays où la religion musulmane est dominante, un militantisme bien rodé. Ils essayent d’instrumentaliser et de détourner pour leur cause la colère sociale, les discriminations subies ou encore la solidarité avec le peuple palestinien. Le choix de mettre en avant des femmes fait partie du projet de propagande.

 

Mme Ilham Moussaïd est bien sur les rails de cet activisme politique islamiste.

Elle se présente précisément comme une militante contre « le racisme dans les quartiers » qu’elle confond délibérément avec « l’islamophobie » comme elle a, dans une interview, assimilé la couleur de la peau au voile islamique.

NON ! Nous combattons résolument le racisme et la xénophobie d’où qu’ils viennent mais l’adhésion ou le rejet d’une religion n’est pas une affaire publique, encore moins un délit : c’est une liberté.

Mme Moussaïd se présente aussi comme une militante « contre l’apartheid et l’injustice en Palestine ». Pour nous, la solidarité avec le peuple palestinien est l’affaire de tous.

 

Les dirigeants du NPA ne peuvent ignorer cette réalité.

Rien ne saurait justifier qu’ils couvrent l’action politique des islamistes d’une parure d’anticapitalisme : ni l’opportunisme électoraliste, ni une conception totalement erronée, infantile, gauchiste de la classe ouvrière qui la réduirait aux travailleurs issus de l’immigration et ferait des islamistes ses porte-parole.

 

En tout cas ce choix du NPA va dans le sens de tout ce que, communistes français, nous combattons !

 

 

Rédaction de vivelepcf

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3 février 2010 3 03 /02 /février /2010 17:26

Procès en appel : l’interdiction de la Jeunesse communiste tchèque (KSM) enfin et définitivement levée !

 

070913_carte_postale_ksm.jpgLe 27 janvier 2010, la Cour de justice de Prague a levé l’interdiction de l’Union de la jeunesse communiste tchèque (KSM) qui avait cours depuis 2007. Les juges ont également levé en appel un jugement de 2008 qui avait débouté la KSM de son assignation contre la décision d’interdiction du ministère de l’intérieur.

« C’est une décision très importante car elle relégalise la KSM. La KSM va pouvoir travailler à nouveau ouvertement en tant qu’organisation légale », se félicite Milan Krajca, son président dans une déclaration.

 

Le gouvernement tchèque avait fondé son interdiction de la KSM sur la présence dans son programme de l’objectif de renverser la propriété privée des moyens de production et de la remplacer la propriété collective. Une autre raison invoquée était la perspective proposée par la KSM à la jeunesse tchèque de combattre pour une autre société, libérée des principes du capitalisme.

 

Nous sommes fiers, en tant qu’organisations communistes en France d’avoir porté, comme d’autres un peu partout en Europe, la campagne de solidarité avec nos camarades tchèques. Des milliers de cartes-pétitions ont été collectées dans un public beaucoup plus large que les communistes qui refuse la négation de la liberté d’expression telle qu’elle se manifeste dangereusement dans les pays de l’UE.  

 

La bataille contre l’anticommunisme a marqué un point. Elle est au centre de la lutte des classes en Europe. Elle est appelée à se manifester dans bien d’autres initiatives.

 

« Le jugement de la Cour de Prague signifie la légalisation de la KSM. C’est une victoire très importante dans le combat contre l’anticommunisme et les développements antidémocratiques en République tchèque », souligne la déclaration de l’Union de la jeunesse.

 

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31 janvier 2010 7 31 /01 /janvier /2010 13:38

Dîner du CRIF : il y a des invitations que les communistes peuvent s’honorer de ne pas recevoir !

CRIF-BESSON.JPG

Pour la deuxième année consécutive, le CRIF n’invitera pas de « représentants officiels du Parti communiste et des Verts » à son dîner annuel qui aura lieu le 3 février 2010.

 

Son président Richard Prasquier l’a annoncé dans le Parisien du 31 janvier.  Il reproche au PCF de défendre des « mesures de boycott d’Israël », dénonce « l’empressement de certains maires communistes à nommer citoyen d’honneur de leur ville Marwan Barghouti », le dirigeant de l’OLP, emprisonné dans les geôles israéliennes depuis bientôt 8 ans.

 

En 2009, il n’avait pas supporté pas la dénonciation par notre parti de la guerre israélienne à Gaza et la participation des communistes « à des manifestations de solidarité avec les Palestiniens au moment de l’intervention militaire d’Israël à Gaza ».

 

Ce qui est clair pour le CRIF doit l’être aussi pour les communistes :

 

Qui combat la politique colonialiste de l’Etat d’Israël, ses crimes, l’oppression du peuple palestinien n’a pas sa place au dîner du Conseil « représentatif » des institutions juives de France !

Le CRIF n’a d’ailleurs de représentatif que sa prétention à tenir ses positions réactionnaires au nom de toutes les personnes d’origine juive, à tenter de les enrôler derrière son soutien indéfectible à la politique des gouvernements israéliens. L’Union juive française pour la paix, entre autres organisations et personnalités, le dénonce régulièrement.

 

La décision de Robert Hue, alors secrétaire du PCF, de participer à ce dîner politique à partir de 1997 avait suscité une incompréhension chez de nombreux militants de la cause palestinienne, de la paix, de l’anti-impérialisme et une large réprobation dans les rangs du Parti. Marie-George Buffet l’a suivi jusqu’en 2008.

 

Depuis 2009, les choses sont claires. C’est tant mieux.

Encore davantage cette année, avec le choix du CRIF de faire d’Eric Besson l’invité d’honneur de son dîner lyonnais du 28 janvier dernier, en signe évident de soutien à la campagne écoeurante lancée par le « ministère de l’identité nationale et de l’immigration ». La plupart des parlementaires et invités de gauche ont boycotté l’invitation.

 

Comme le précise M. Prasquier pour le dîner parisien, certains « élus communistes pourront venir à titre personnel ». Comme M. André Gerin à Lyon jeudi, seul parlementaire de gauche présent avec Gérard Collomb, maire PS de la ville, ils ne sauraient représenter le PCF.

 

Il y a des invitations que les communistes s’honorent de ne pas honorer, s’honorent encore davantage de ne pas recevoir !

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27 janvier 2010 3 27 /01 /janvier /2010 11:57

C’est quoi tous ces sigles dans ou avec le « Front de gauche » ?

 

 

Comment s’y retrouver ?

Parfois, nous recevons, par mail, des appels à manifester signés d’une quarantaine d’organisations de « gauche », dont nous ne connaissons pas la plupart et qu’on ne voit pas ensuite sur les lieux. Souvent, plus il y a de sigles, moins il y a de monde…

 

Actuellement dans le « Front de gauche » pour les élections régionales, beaucoup de camarades se demandent ce que sont ces formations, ces groupes à qui on laisse un espace pour mettre leur logo et des places, souvent éligibles sur les listes.

 

On peut se demander si cela vaut vraiment la peine de détailler tout ça.

Les lettres valsent si vite, même si la mode est au « E » de « écologie » et que le « » de unitaire est revendiqué par une multitude de groupes comme le « A » de « alter » ou le « G » de gauche ».

 

On dirait que beaucoup ont intégré le principe de décision des CUAL. Vous vous souvenez : les « Collectifs unitaires antilibéraux » de 2006. Il y régnait la règle dite du « double consensus » : un candidat devait avoir été adoubé par les simples adhérents d’une part mais aussi, d’autre part, à l’unanimité, par les organisations qu’elles comptent 50 ou 130.000 membres.

Pour être plus influents et plus « unitaires », le mieux est de commencer par s’éclater en maintes organisations.

Un tel système attire aussi des groupes et groupuscules jusqu’alors isolés mais qui peuvent trouver l’opportunité d’une visibilité voire de bonnes places.

 

Car visiblement, pour les initiateurs du Front de gauche, un peu de volontarisme n’est pas de trop pour montrer qu’il est rassembleur et unitaire.

 

Parfois, pour se repérer, il est plus aisé de suivre la trajectoire d’une personne à travers ses changements d’étiquettes.

La tête de liste du Front de gauche à Paris, Eric Coquerel, après avoir, selon lui, flirté avec la LCR, s’est retrouvé jusqu’en 2002 au MRC de Chevènement puis au MARS, puis au MARS-GR, puis maintenant au PG. (Si on commence à expliciter aussi tous les acronymes obsolètes, on n’a pas fini !)

 

Donc, dans le Front de gauche, et encore ce n’est pas partout pareil, on peut signaler entre autres :

 

Le PG, « Parti de gauche » de Mélenchon (ex-PS, mitterrandien, ex-OCI,), créé fin 2008 à partir principalement du courant PRS du PS, rejoint par quelques autres dont des ex-Verts (ex : Martine Billard, ex-Verte, députée depuis 2002, présentée par le PS, ex-maoïste).

La GU, « gauche unitaire » unit quelques dizaines d’anciens de la LCR. Dans la plupart des régions, on ne trouve même pas de candidats pour ce « troisième partenaire » du Front. Il sert ouvertement de produit d’appel pour racoler les membres et électeurs du NPA. Son dirigeant, Christian Piquet (ex-LCR, fraction « droitière », ex OCR,…) a dû être embauché par un député PCF au Parlement européen après son départ et son licenciement de la LCR. Il est tête de liste du Front en Midi-Pyrénées.

 

Outre ces deux partenaires nationaux (sauf dans les régions où les candidats PCF sont sur les listes d’union de la gauche dès le 1er tour), on trouve, selon les cas (cités sans ordre d’importance):

 

Les « alternatifs », « Rouge et Vert », sont le vestige recomposé de l’union des années 80, dans l’AREV, des restes du PSU avec les comités Juquin, ceux-ci alors précurseurs des slogans pour le dépassement et de l’élimination du PCF. En 2007, ils se rangent derrière Bové qui a rejoint, comme on sait, Cohn-Bendit.

Le PCOF, « Parti communiste des ouvriers de France », issu d’une scission en 1979 du PCMLF, maoïste, dont il a toujours partagé l’anticommunisme. Le PCOF représente le résidu de la tendance albanaise « Enver Hodja » du maoïsme groupusculaire, reconverti maintenant dans la recherche de positions institutionnelles.

Le MPEP se présente comme un « Mouvement politique d’éducation populaire ». Il est issu d’une scission d’ATTAC menée par Jacques Nikonoff, après les accusations de fraudes dans le vote interne portées contre lui. A la tête d’ATTAC précédemment, Nikonoff avait déjà essayé d’en faire un tremplin électoral aux européennes de 2004 malgré le refus de l’immense majorité des adhérents. Auparavant, Nikonoff s’était fait connaître dans le PCF en tentant dans les années 80 de faire perdre au Parti le canton de La Courneuve. Dans les années 90, il est réintégré par Robert Hue qui le propulse aussi sec à la direction nationale pour être un élément actif de sa « Mutation » du PCF. Après l’effondrement de ses espoirs en 2002, il retourne ses ambitions vers ATTAC.

« République et socialisme » est groupuscule issu de la dernière scission en date (2009) du MRC de Chevènement animé par des ex PS et CFDT.

La FASE, « fédération pour une alternative sociale et écologique », est une sorte de club où se rencontrent divers groupuscules (une dizaine qu’on vous passe) en redéfinition permanente, des personnalités en attente d’opportunité électorale (Clémentine Autain, ex-adjointe de Delanoë jusqu’en 2008), des courants de partis dont principalement les « refondateurs » du PCF. Depuis 15 ans, ceux-ci (ex : Braouezec) prônent le dépassement de la « forme parti » et la disparition du PCF mais ils y conservent leurs places (même si Gatignon et Perreux ont fait le pas de rejoindre la liste d’Europe-écologie pour ces régionales). La FASE, c’est une sorte de CUAL dans le CUAL, relèvent certains spécialistes.

Au moins en Ile-de-France, on trouve aussi « Alternative citoyenne », avec notamment Claire Villiers, élue conseillère régionale en 2004 grâce à la préfiguration du Front de gauche, la « Gauche populaire et citoyenne ». Ancienne syndicaliste CFDT (puis rattachée à la FSU), elle s’est fait remarquer, si l’on peut dire, par sa solidarité sans faille, comme vice-présidente du Conseil régional, aux choix socio-libéraux du président PS Jean-Paul Huchon.

 

On pourrait citer encore pas mal d’autres groupes locaux ou à prétention nationale, par exemple les Alterekolos (avec un K !) ou les groupes d’« objecteurs de croissance » ou « décroissants » dont on peut railler le message en disant qu’ils expliquent aux travailleurs comment se passer, au nom de la préservation de la planète, de ce dont le profit capitaliste les prive…

 

A l’exception du PG, qui annonçait 2000 adhérents à sa création, maintenant 5000, pour la plupart issus du PS, dont un certains nombre d’élus, la plupart de ces groupes se gardent bien de dénombrer leurs troupes.

 

L’antilibéralisme, les préoccupations sociétales, de plus en plus l’écologie, parfois ornés d’affirmations anticapitalistes constituent en gros le fond commun de cette « gauche de transformation ». Le fonctionnement en clubs, en appels, en groupes, (en CUAL !) est hérité en droite ligne de leurs origines gauchistes et sociales-démocrates.

 

Leur objectif commun, c’est de vouloir recomposer la « gauche », créer un pôle à gauche du PS (en fait une deuxième social-démocratie) et gagner des places institutionnelles dans ce processus, recherché de longue date par « l’autre gauche » et que l’affaiblissement et la ligne de la direction du PCF rend enfin imaginable.

 

Car ce qui fédère aussi la plupart des composantes de cette mouvance de « l’autre gauche », au-delà des changements de noms, c’est leur rejet permanent de tout ce que peuvent représenter le PCF, son organisation, son histoire, accessoirement de la CGT.

 

Quel est l’intérêt pour le PCF de servir de marche pied à ces organisations ? Communistes, nous y voyions un moyen de la poursuite de la stratégie de dilution et de disparition du PCF (voir notre analyse du Front de gauche).

 

Alain Bocquet, le dirigeant du PCF, a eu cette formule heureuse en 2009 : « un rassemblement de petits, cela donne un petit rassemblement ».

On pourrait dire aussi que le Front de gauche, c’est l’auberge espagnole en référence à l’expérience de la « Gauche unie » en Espagne qui s’est traduite par un échec cinglant et un coulage du PCE.

 

Avec un article comme celui-ci, nous entendons déjà les uns et les autres des membres de ces petits groupes dénoncer le sectarisme. Pourtant, même affaibli, le PCF représente au moins 90% du Front de gauche.

Et il ne s’agit pas de repousser les apports des uns et des autres.

 

Pour nous, le préalable à toute alliance est l’affirmation du PCF et des positions communistes. C’est la condition du rassemblement qui nous motive : celui qui permet de riposter à la politique au service du capital.

 

Parce qu’ils ont cet objectif, comme cela se manifeste localement dans les entreprises, les quartiers, les villes, les communistes et leur organisation sont toujours les moins sectaires.

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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 10:44

Le cas espagnol est, sur bien des points, précurseur avec la "Gauche unie" effaçant le PCE, du "Front de gauche" en France. Au bout de 23 ans, le résultat est accablant pour le PCE. La stratégie électoraliste, même parée de "radicalité" et "d'anticapitalisme", a conduit a détruire l'organisation de classe et de masse, dont les travailleurs, le mouvement syndical, le pays ont besoin. Des signes de réveil communiste, de renforcement du PCE, contre IU, annoncent une évolution encourageante.

03-12 L'expérience Izquierda Unida n'a laissé aux communistes espagnols qu'un désert

 

Article d'AC  pour http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/

 

            9 mars 2008, le soir des élections législatives, le verdict tombe: 3,8% pour Izquierda Unida (la « Gauche unie »), encore moins qu’en 2004. Alors que la crise du capitalisme touche de plein fouet les travailleurs, que le PSOE poursuit sa dérive libérale, IU s'écroule.



Soutien inconditionnel au PSOE localement mais silence sur la politique libérale qu’il mène nationalement, appareil d'élus pléthorique mais absence dans les mouvements sociaux, mouvement « unitaire » mais sans autre organisations à unir que le Parti communiste d’Espagne (PCE) tout en pratiquant une chasse aux sorcières contre les communistes : Izquierda Unida a poussé toutes ses contradictions à leur paroxysme.



L'expérience Izquierda Unida (« Gauche unie »), après 23 ans d'existence, semble avoir fait son temps.



En son sein, les « anti-communistes » menés par l'ancien leader de IU, Gaspar Llamazares, parlent de fonder un nouveau mouvement politique, « La Gauche » ou « La Nouvelle Gauche » qui couperait définitivement les ponts avec le passé communiste.  Les « communistes » essaient de sortir le PCE du piège dans lequel il s’est enfermé avec IU.



Entre les deux, une bonne partie de l'appareil s'accroche aux tentatives de refondation d'IU engagées par son coordinateur général, Cayo Lara et encouragée par le Parti de la gauche européenne (PGE).



Le 18ème congrès du PCE en novembre 2009 a confirmé une évolution vers la reprise d’autonomie mais sans trancher définitivement. Les membres du PCE resteront-ils prisonniers d'une formation qu'ils ont eux-mêmes créée, enfermés dans les calculs politiciens, les perspectives électoralistes et les projets de recomposition politique à la remorque de la social-démocratie?



Comment en est-on arrivé là? L’expérience espagnole ne peut que retenir l’attention des communistes français.


 

Au début était l'eurocommunisme


 

            Au sortir de la dictature, le Parti Communiste d'Espagne incarne le parti de la Résistance, il est un parti de masse (plus de 200 000 militants en 1977) et un parti de classe, lié organiquement au syndicat des Commissions Ouvrières (CC.OO) dont le secrétaire-général est alors le dirigeant communiste Marcelino Camacho. 



Mais en particulier sous l’impulsion de son secrétaire général, Santiago Carrillo, le PCE va vite embrasser un nouveau cours, clairement réformiste.



carrilloCette évolution s'inscrit dans le mouvement eurocommuniste, promu par l’Italien Berlinguer et dont Carrillo va se faire le théoricien avec son livre Eurocommunisme et Etat. Les partis communistes sont invités à se démarquer radicalement des régimes socialistes d'Europe de l'Est jusqu’à les condamner. Carrillo les incitent à participer de manière constructive à la création d'une autre Europe, à renoncer à la perspective de rupture révolutionnaire pour faire le choix du dépassement réformiste du système capitaliste, à privilégier pour cela le champ des institutions, à concentrer leurs efforts sur les échéances électorales et sur la lutte parlementaire, à rechercher une hégémonie sur ce terrain, dans la pratique, par la participation aux exécutifs locaux et nationaux dans le cadre de l'union de la gauche.



Ce bréviaire du réformisme va inspirer la ligne du PCE de 1978 à 1982, et va aboutir, paradoxe apparent, à un désastre électoral. Alors que Carrillo avait lancé la « rénovation » du PCE pour décoller électoralement, il contribue à l'affaiblir dramatiquement. Ayant obtenu près de 10% des voix en 1977 et 1979, le parti tombe à 4% en 1982. L'échec de Carrillo emmène à son remplacement en 1982 par Iglesias, la suite de ses dérives à son expulsion en 1985. Carrillo doit alors mener son projet à bien à l'extérieur du PCE. Il fonde un nouveau Parti avec une fraction du clan dirigeant eurocommuniste, le Parti des Travailleurs d'Espagne, qui est un échec cuisant. La direction du nouveau parti rejoint en bloc le PS, excepté Carrillo, à cause de son engagement communiste antérieur.



Comment les militants communistes ont été trompés par la nature du projet Izquierda Unida


 

            Carrillo avait entrepris la mutation idéologique du PCE ses successeurs vont engager la transformation, autant dire le dépassement de l’organisation PCE elle-même.



Critiques de gauche de Carrillo (les radicaux dont Iglesias et Anguita) et critiques de droite (les rénovateurs) se rejoignent sur un point: le PCE est arrivé au bout de son histoire, une nouvelle formation devait naître de ses cendres. Prenant pour arguments le mauvais résultat de 1982 et la signature d'un appel par une dizaine d'organisations pour la sortie de l'Espagne de l'OTAN en 1986, la direction du PCE lance une plate-forme unitaire de gauche. Les organisations signataires décident de concourir ensemble aux élections législatives suivantes. Izquierda Unida-IU est née.



Pour calmer les craintes des militants du PCE de voir leur parti disparaître, la direction du PCE développe l’argumentation suivante :



-                    IU est présentée comme une coalition électorale et non une nouvelle organisation politique, les partis conservant leur autonomie organisationnelle. Ils ne sont censés se rassembler que de manière ponctuelle et conservent le droit de sortir de la coalition. Renforcement organisationnel du parti et rassemblent électoral derrière IU ne seraient pas contradictoires.



-                    IU est présentée comme la réponse à la nécessité d'une dynamique unitaire. Les élections de 1982 ont nourri une pédagogie du déclin: le parti serait trop faible pour peser tout seul, pour rassembler des voix. La dynamique unitaire se transformera en dynamique électorale qui permettra d'atteindre une masse critique permettant de faire basculer le centre de gravité de la vie politique espagnole à gauche. Peu importe que IU n'ait pas de définition idéologique ni de but clair, l'important c'est le mouvement, aller de l'avant.



-                    L'indépendance par rapport au PS. IU, assurent ses promoteurs, ne sera pas un appendice du PS, ni sa caution de gauche. Il maintiendra son autonomie, critiquera le PS nationalement quand cela est nécessaire, refusera de dépendre de lui localement pour conquérir des places institutionnelles. Les seules alliances possibles seront ponctuelles et basées sur un contenu.



Ce discours rassure mais il est déjà marqué par la centralité de la question électorale et par l'absence totale de toute référence aux luttes. Héritiers en cela de l'eurocommunisme de Carrillo, les fondateurs d'IU vont auréoler leurs visées institutionnelles et électorales d'une phraséologie radicale et anti-PSOE.




De la coalition électorale à la création d'une nouvelle organisation politique




Izquierda Unida est lancée pour les élections de 1986, mais obtient un mauvais résultat (4,63%). En 1986, Izquierda Unida est bien unitaire, elle peut sembler radicale. Mais unie autour d'un projet de société clair et alternatif, elle ne l'est pas et ne le sera jamais. Il suffit de voir la composition même de la coalition: monarchistes alternatifs et républicains de gauche, « marxistes-léninistes » ayant quitté le PCE et rénovateurs qui y sont restés, humanistes et sociaux-démocrates: Izquierda Unida est un fourre-tout d'organisations groupusculaires, tout sauf une organisation révolutionnaire.

 

1245873005 Bien que le PCE représente 9/10ème des membres de Izquierda Unida, les autres organisations servent d'alibi à la participation électorale sous une autre bannière que celle du parti. L'illusion unitaire ne perdurera pas. Entre 1987 et 1989, quatre des sept organisations fondatrices quittent la coalition, craignant que celle-ci ne porte atteinte à leur autonomie. Elles voient juste, à l'approche des législatives de 1989, Izquierda Unida est transformée en un « mouvement politique et social » et récupère l'ensemble des compétences politiques et électorales, et à terme toutes les compétences des partis fondateurs. Une organisation politique parallèle au PCE est ainsi créée. IU n’a déjà plus rien d’une simple coalition électorale.


 

Un moteur purement électoral et institutionnel


 

Et le résultat électoral remporté par IU va étouffer toute contestation au sein du PCE: plus de 9,07% en 1989 et 17 sièges, 9,55% en 1993 et 18 sièges et enfin 10,54% et 21 sièges en 1996. Entre temps, le parti réalise un score historique aux européennes de 1994 avec 13,44% des voix.



iu1993Izquierda Unida est à son apogée, mais son succès, purement électoral, est dû – outre l'attrait pour le nouveau et l'illusion unitaire – à la conjonction de deux facteurs conjoncturels exceptionnels: le niveau de la colère contre le gouvernement social-libéral de Felipe Gonzalez et la personnalité charismatique du leader de IU, Julio Anguita. Le maire de Cordoue parle bien et ne mâche pas ses mots, il peste contre les socialistes et sait prendre un langage de lutte. Il devient même, un temps, la personnalité politique préférée des espagnols.



Sur un point aussi, Anguita est inflexible : l'indépendance par rapport au PS. IU ne conquerra aucune municipalité si elle doit dépendre du PS, elle ne taira pas son opposition. Anguita reprend la théorie italienne du « sorpasso ». Selon lui, il existerait deux gauches en Espagne: une social-démocrate et réformiste, et une autre radicale et révolutionnaire. La dynamique de rassemblent anti-capitaliste portée par IU permet d'envisager le dépassement électoral (sorpasso) de la gauche social-démocrate par la gauche radicale. Une fois que la gauche radicale aura pris le leadership de la gauche espagnole, elle imposera son programme et ses idées à l'ensemble de la gauche.



Mais quel programme de IU, quelles idées? Unis autour du plus petit dénominateur commun idéologique (la gauche) et galvanisés par une perspective électoraliste et institutionnelle (le sorpasso): IU n'est ni la gauche radicale ni la gauche révolutionnaire décrite par Anguita.


 

Un château construit sur du sable: démolition de l'organisation du PCE et épuisement de la dynamique électorale


 

Cet « âge d'or » d'Izquierda Unida cache la réalité la plus préoccupante. IU rompt le lien entre les communistes et le mouvement ouvrier et l'organisation communiste entame sa décomposition.



1229533771405zapaccgrandednLes dirigeants communistes historiques sont écartés du syndicat des CC.OO et sont remplacés par des nouvelles têtes apolitiques (réformistes). L'organisation du PCE à l'entreprise disparaît tandis que les effectifs du Parti fondent (à peine plus de 50 000 militants à la fin des années 1980). En déstructurant le PCE, IU sape, paradoxalement, les bases de son succès. Le recul du PCE, seule organisation de masse à la fondation de IU, seule organisation restante au début des années 2000, ne peut qu'aboutir à l'affaiblissement électoral de IU. IU se révèlera être un château construit sur du sable.



Anguita a-t-il sciemment démoli l'organisation du PCE pour mieux pouvoir liquider un parti qui faisait obstacle à son rêve d'un nouveau mouvement radical et anti-capitaliste? Rien n'est moins sûr diront ces partisans. Pourtant, en 1994, il est avéré que Anguita avait préparé un discours annonçant la dissolution du PCE devant les militants réunis lors de la fête du PCE. Seules les réticences exprimées par une partie de la direction de IU et du PCE, craignant une rébellion de la base, l'a contraint à faire marche arrière. Dans le même temps, l'opposition affichée d'Anguita aux positions liquidatrices exprimées par le courant Nouvelle Gauche, dont les leaders rejoindront en 1997 le PSOE, lui donnent la légitimité de dirigeant « communiste » d'Izquierda Unida.



Dans la période suivante, le roi est nu face au redressement du PSOE et au retournement des médias. Le PS se refait une virginité politique dans l'opposition à partir de 1996 tandis que les médias accusent Anguita, avec sa rhétorique anti-PSOE, d'avoir facilité l’arrivée au pouvoir par Aznar et le Parti populaire. C'est la théorie de la « pince », Gonzalez, le socialiste, pris dans la tenaille d'Anguita, le radical de gauche, et d'Aznar, l'homme de droite.



Izquierda Unida ne s'en remettra pas. Aux Européennes de 1999, le score est divisé par trois par rapport à 1994 (5,77%). Aux législatives de 2000, le résultat est catastrophique (5,45%). Affaibli également par des ennuis de santé récurrents, Anguita cède la main sur un constat d'échec. Il laisse à son successeur, Gaspar Lllamazares, le soin de redéfinir la stratégie d'IU.


 

La boucle est bouclée




L’illusion du « sorpasso » s’est effondrée : IU ne concurrencera jamais pas le PSOE sur son terrain électoral. Succès électoral en feu de paille, PCE en ruine : IU ne survit plus que par son appareil d'élus, en péril.



Gaspar Llamazares Rodriguez Zapatero Congreso DiputadosDu coup, Llamazares opère, logiquement, un virage à 180 degrés. IU est structurellement amenée à se ranger inconditionnellement derrière le PSOE : soutien aux politiques social-libérales du gouvernement Zapatero dès 2004, participation aux exécutifs locaux socialistes afin de consolider ses positions institutionnelles. Dans le même temps, Llamazares contractait des alliances régionales contre-nature avec des formations écolo-nationalistes en Catalogne et aux Asturies, enfoncé dans des calculs opportunistes.



La boucle est bouclée, le discours présenté aux militants du PCE en 1986 est contredit point par point. La dynamique s'est essoufflée depuis longtemps. D'unité il y en a plus depuis le départ de tous les groupes et groupuscules opportunistes (le PASOC et Gauche Républicaine quittent IU en 2001 et 2002). La coalition électorale est devenue parti politique supplantant le PCE. Enfin, la conception d’IU s’est révélée conduire de l'indépendance proclamée par rapport au PSOE à la soumission inconditionnelle.



Ce dernier virage ne fait que discréditer davantage IU qui baisse encore en 2004 (4,96%) et en 2008 (3,77%). Llamazares déjà affaibli lors des « primaires » de 2007 où il ne réalise que 62% des voix face à la secrétaire du Parti Communiste du Pays Valencien, Marga Sanz est renversé lors de l'Assemblée Fédérale de 2008 où la ligne « Renforçons le Parti Communiste d'Espagne » l'emporte avec 44%. Cayo Lara qui s'inscrit plutôt dans la lignée historique de Julio Anguita succède à celui qui était perçu par les communistes comme un liquidateur et un anti-communiste.



Mais ce changement est encore bien loin de marquer le « renforcement du PCE » tant le bilan est sans appel: 22 ans de IU ont laissé un désert.


 

Comment renforcer le PCE dans le désert laissé par IU ?



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Car le PCE est, au début des années 2000, plus affaibli que jamais. A peine 10 000 militants dans tout le pays (12 000 aujourd'hui), dont la moitié pour l'Andalousie où l'organisation a moins souffert grâce au maintien d'une ligne communiste. IU a coupé le PCE des luttes sociales et des lieux de travail. Exemple extrême, les militants communistes ne pouvaient même plus participer aux manifestations avec le drapeau du PCE sous peine d'exclusion. L'enchevêtrement des deux organisations parallèles – PCE et IU – a créé des situations inextricables et cocasses, nuisant dans tous les cas à la vitalité du Parti communiste. Dans certaines régions (Asturies et Castille-Leon par exemple), les fédérations d'IU en sont arrivées à expulser les fédérations communistes qui les avaient elles-mêmes créées!



Au XVIIème Congrès du PCE, la direction du parti prenait acte de la dérive social-démocrate d'IU et tirait le bilan des erreurs commises au nom de l'unité. Le Parti a apporté son soutien aux fédérations communistes malmenées par les appareils d'IU, annoncé la récupération de l'ensemble des compétences du PCE, exceptées les élections. Un processus de reconstruction du PCE est engagé.



logopce-partidotrabajadores.jpgDepuis 2005, le PCE tente de se réimplanter dans les entreprises, impulse et participe aux luttes des travailleurs. Le travail effectué dans certaines régions (Andalousie, Pays Valencien, Castille-Léon etc.) porte ses fruits en termes de croissance des effectifs militants et de revitalisation des organisations de base.



Le XVIIIème Congrès qui s'est tenu en novembre 2009 a confirmé cette orientation mais toujours sans sonner l’heure de la sortie d'Izquierda Unida.





larepublica.esMais le débat est enfin ouvert, porté notamment par plusieurs membres de la direction nationale du PCE et le journal La Republica. Les bouches s’ouvrent. Aussi difficile soit-il, le bilan de vingt-trois ans de démolition de l'organisation communiste commence à être tiré. Des anciens camarades reviennent. La rupture avec IU, et non la transformation de IU, la priorité absolue à accorder aux luttes et au renforcement de l'organisation apparaissent de plus en plus comme des nécessités.



Aujourd'hui, alors que le modèle libéral espagnol, promu par les gouvernements socialistes et conservateurs successifs, est en crise, que la colère des travailleurs espagnols monte face au chômage massif, aux gels des salaires, à la casse des acquis sociaux, à la précarisation du travail, le mouvement social est au plus bas et la paix sociale est paradoxalement assurée par les deux syndicats, le socialiste UGT, et l'ancien syndicat communiste passé entre les mains des réformistes, les CC.OO.



cartel_CRISIS_PCE.png Les militants du PCE ressortent leur drapeau de la poche, réinvestissent le terrain des luttes, reparaissent aux portes des entreprises. La direction du PCE a lancé la campagne de masse « Pour que les travailleurs ne paient pas la crise » qui a permis au parti de renouer avec le terrain revendicatif.



Il a organisé une manifestation nationale à Madrid le 12 décembre dernier. Les communistes sont toujours là, mais ils ont perdu 23 ans. L’état du mouvement ouvrier et de la lutte des classes en Espagne s’en ressent durement.



Tout cela au nom de « l’Izquierda Unida », de la « Gauche Unie » dépassant, non le capitalisme, mais la lutte des classes et le parti communiste.

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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 19:37

Difficile de trouver meilleurs arguments contre la stratégie du Front de gauche que ceux que M. Mélenchon nous donne de lui-même.

 

 

Camarades, surtout ne manquez pas la vidéo ci-jointe !

 

C’est celle de l’émission du 2 décembre 2010 « les questions du mercredi » sur France Inter où Jean-Luc Mélenchon et Daniel Cohn-Bendit étaient invités.

        

Pendant les 10 minutes de débat de quoi est-t-il question, de quoi parle Mélenchon ? Des luttes en cours dans l’industrie, à La Poste ou dans les transports ? Du programme des deux formations  pour les élections régionales? Du bilan de 5 ans de gestion « de gauche » dans 20 régions sur 22 ? Pratiquement pas !

 

M. Mélenchon est venu là pour « mettre quelque chose sur la table ». Avec insistance, tout au long de l’émission, il revient sur sa proposition : une alliance préalable avec Europe Ecologie en vue du second tour pour qu’ensemble le Front de gauche et Europe écologie grillent le PS.

 

La situation est cocasse (en tous cas elle semble beaucoup amuser Cohn-Bendit).

 

Mélenchon essaie de trouver une justification politique : le PS serait trop tenté à son gout par l’option libérale, par une alliance avec le Modem. Mais Cohn-Bendit ne se prive pas de lui rappeler que, lui aussi, est partisan d’alliances avec le Modem. Sur le « libéralisme » et l’anticommunisme de Cohn-Bendit, tout est connu.*

 

         S’ensuit 10 minutes de la pire « tambouille » politicienne où le numéro 1 du Parti de Gauche s’enfonce dans un numéro de marchand de tapis, afin de vendre son « accord », son alliance bancale, à Cohn-Bendit. Mélenchon est clownesque au point que Cohn-Bendit peut se permettre de le rappeler à la discipline républicaine.

 

Cette lamentable image de la politique politicienne, que nous donne à voir la figure la plus médiatisée du « Front de gauche », est lourde pour celle du PCF, seule organisation conséquente embringuée dans celui-ci. Mélenchon d’ailleurs n’en a cure. Il parle de leader à leader, laissant voir combien il se moque du PCF et des communistes. 

        

         Ainsi, pour M. Mélenchon, peu importe le programme, peu importe les partenaires, pourvu qu’on ait des places !         Semaine après semaine, son plan s’affirme : se servir de l’organisation communiste comme tremplin pour sa personne ou, ce qui revient au même, pour une organisation (le Parti de Gauche) qui n’a pour raison d’être que la promotion personnelle de son leader.

 

         Le PCF, l’Humanité ont à peine réagi. Malgré les négociations difficiles pour les listes, le grand amour est revenu.

        

         Cette vidéo est un élément supplémentaire pour lever les illusions : Le Front de Gauche, ce n’est pas l’émancipation vis-à-vis du PS. C’est, au contraire, l’entrée en fanfare du PCF dans la nébuleuse social-démocrate !

 

         Avec des Napoléon aux petits pieds tels M. Mélenchon, c’est la crédibilité du PCF qui est en jeu. En bonne roue de secours du Capital, un social-démocrate retombe toujours sur ses pattes et se refait rapidement une virginité à peu de frais. Il en est tout autrement d’un parti révolutionnaire. Il n’est pas trop tard pour mettre fin à l’OPA Mélenchon sur le PCF  et à la complaisance que la direction du PCF lui accorde pour mener au bout la « métamorphose » du PCF.

        

 


La proposition d'alliance de Mélanchon à Cohn-Bendit

 

Nous ne résistons pas à mettre en lien cette autre vidéo, bien plus courte, enfin de rappeler aux plus jeunes qui est Daniel Cohn-Bendit et quelles sont ses convictions de longue date.

 

 

 

* Rappelons que M. Cohn-Bendit estime, par exemple, que « des services comme le téléphone, la poste, l'électricité n'ont pas de raison de rester dans les mains de l'État » ou qu’« il n'y a pas de raison qu'il existe un service public de télévision » (Libération du 6 janvier 1999).

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 17:53

Conseil national du PCF – 15 janvier 2010

 

Intervention d’Emmanuel DANG TRAN, fédération de Paris

 

emmanueldangtran.jpg

J’entends dans le rapport et dans l’intervention de Marie-George cette invitation: « le temps viendra pour l’analyse, maintenant tout pour la campagne ».

 

C’est trop facile de placer les communistes devant le fait accompli. Et c’est impossible.

 

A huit semaines du scrutin, dans plusieurs régions, les tractations politiciennes se poursuivent encore. Celles pour les places éligibles au 2ème tour vont bientôt commencer.

 

Les communistes ne peuvent pas se lancer dans la campagne comme si de rien n’était. Presque partout – j’entends les exceptions comme le Nord-Pas-de-Calais – la préparation des listes a suscité malaise, colère, divisions, dans le parti.

En Ile-de-France, nous avons des communistes présents sur trois listes différentes alors qu’il n’y a pas de liste communiste. Je rappelle que cinq têtes de liste départementale du « Front de gauche » sur huit ont été cédées à nos « partenaires ».

 

Les communistes ne peuvent pas davantage faire semblant d’ignorer les prétentions (a priori démesurées) et les calculs de Mélenchon. Il les proclame partout.

Il y a à peine quelques semaines, il proposait à Cohn-Bendit une combine à la radio, au nom du « Front de gauche », presque en notre nom.

Mélenchon a un projet d’OPA, hostile, sur le PCF. Les communistes ne peuvent pas s’abstenir de la repousser, y compris et même notamment pendant la campagne électorale. Comme ils ne peuvent pas ne pas s’interroger sur la stratégie qui amène la direction à lui ouvrir le chemin avec tant de complaisance.

 

Dans l’ordre normal des choses, les campagnes électorales sont un moment pour relayer la politique du parti.

Pour ces régionales, après déjà les européennes, c’est l’inverse : les élections servent d’instrument pour tenter [presque coûte que coûte] de faire passer une autre stratégie politique, celle de la recomposition électoraliste rimant avec la décomposition du PCF.

 

Aussi, pour préserver l’avenir du Parti, la campagne ne peut se concevoir que comme une campagne visible, identifiable du PCF. Sur la forme de façon indispensable mais surtout sur le fond. Et le fond doit être les propositions et les actions qui font l’utilité du vote communiste.

 

Les négociations politiciennes font perdre de vue à certains l’ampleur des luttes qui se poursuivent et se développent dans le pays, contre la politique du gouvernement. La bataille pour le service public de La Poste se poursuit malgré le vote du Parlement. Nous étions ce matin même avec les grévistes, majoritaires, de notre centre de distribution de Paris 15. Les agents de la RATP analysent l’épisode du RER A, en tirent les enseignements. La combativité ne baisse pas. Pareil pour les hôpitaux où les conditions de convergence qui existaient contre la loi Bachelot existent contre son application. Les camarades des Hauts-de-Seine mentionneront sans doute le succès de la grève, de toutes les catégories, de plus de 20 jours à l’hôpital Ambroise Paré de Boulogne.

 

La manifestation des Contis à Amiens, telle qu’on vient de la relater ici, fait réfléchir. Communistes, nous ne pouvons pas nous contenter d’être présents « aux côtés » de ceux qui luttent. Notre raison d’être, c’est de contribuer, sur la base d’un contenu politique, à ce que les luttes gagnent, construisent l’alternative, c’est de rechercher les convergences de lutte, l’unité d’action.

Tout le contraire de la démarche ouvertement électoraliste de Mélenchon, pour ne citer que lui mais on pourrait citer certains soi-disant « anticapitalistes », qui renvoie tout à 2012.

 

La situation politique, dans le moment de la campagne des régionales, invite à développer des axes de luttes pour l’hôpital, contre les agences régionales de santé, pour les transports publics, contre la logique de la concurrence et des appels d’offre (comme l’a mentionné le rapport), pour les lycées contre la loi Chatel, etc. 

 

Dans la même période, une grande bataille idéologique reprend sur la question des retraites. Après avoir sabordé le système solidaire, le patronat et le pouvoir veulent le couler, essayer d’en finir notamment avec la cotisation sociale. Force est de constater que certains comme Chérèque leur emboîtent déjà le pas. Notre rôle est essentiel dans cette lutte.

 

Une réflexion pour finir sur un article de l’Huma de ce matin à propos des dissensions internes graves au sein de die Linke en Allemagne. Plusieurs expériences étrangères doivent nous alerter. En Espagne, la « Gauche unie », Izquierda unida, après une illusion électorale passagère, suivie d’une dure retombée, a presque tué le PCE. En Allemagne, dans des conditions très spéciales, die Linke a fait un bon score électoral. Mais les problèmes de fond ressurgissent déjà. Dont le plus grave : l’affaiblissement des partis communistes.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 17:39

Conseil national du PCF du 15 janvier 2010 

Intervention d’Alain DE POILLY, fédération du Val-de-Marne

 

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Au dernier CN, j’ai voté pour la poursuite du Front de gauche parce que la direction de notre parti affirmait que ce front élargi ne conduirait pas à l'effacement du parti communiste, bien au contraire, En clair, le parti communiste ne passerait pas sous le table.

 

Or, force est de constater aujourd’hui, que le parti communiste est en train de passer sous la table.

 

Sur ce thème, le collectif électoral ainsi que l’exécutif départemental du Val-de-Marne a écrit à Pierre Laurent et à Marie-George Buffet pour leur faire part de leur sentiment sur la conduite des négociations en ces termes, je cite : « la direction nationale semble subir les négociations plutôt que d’anticiper les différentes problématiques rencontrées. Les concessions faites par notre parti sont trop importantes notamment en Ile-de-France. » « Quant aux propositions d'éligibles, elles ne sont pas conformes aux réalités des rapports de force dans une région comme la nôtre. »

 

Malheureusement, les concessions importantes ne se limitent pas à l’Ile-de-France.

 

Nous arrivons à un constat : plus le Front de gauche s'élargit à de petites associations et plus la place du parti communiste dans ce front rétrécit. Encore un élargissement de ce type et notre parti sera complètement noyé dans une force aux contours mal définis

 

Or, il est évident que les élections régionales ne se gagneront pas sur le nombre de micro-associations composant le Front de gauche, dont les adhérents d’ailleurs pratiquent la double appartenance. Mais ces élections se gagneront sur la qualité du projet dont il sera porteur.

 

C’est pourquoi il est regrettable qu’une fois de plus, la direction du parti ait privilégié les accords d’états-majors, en s’enfermant dans des tractations sur la répartition des places avec de micro-associations dont les électeurs ignorent même l'existence et cela au détriment du projet politique et idéologique, qui seul peut mobiliser les victimes du système capitaliste et ainsi les faire sortir de l'abstentionniste dans lequel ils se sont repliés dans l’attente d’un projet crédible à gauche.

 

Ceci dit, aujourd’hui, l’heure n’est pas au bilan, mais à la mobilisation pour que les listes « Front de Gauche » fassent le meilleur score possible, sans que pour autant, dans cette campagne, notre parti renonce à son identité. Cela est important pour l’avenir.

 

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 11:49

Conseil National du PCF du 15 janvier 2010 

 

Intervention de Claude FAINZANG, fédération de Paris

claudefainzang

Cela se révèle clairement avant ces élections : le Front de gauche, c’est laisser le Parti de Gauche, des transfuges de divers partis, de multiples petits groupes insignifiants et récemment créés, plumer la volaille communiste, région par région.

Et tout ça pour aller avec le PS au 2ème tour et cautionner sa politique dans les exécutifs régionaux !

 

On refait le même coup que dans les années 70, où à force de crier « unité, unité », on a largement contribué à renforcer le Parti Socialiste de l’époque, même à le créer là où il n’existait pas, à faire monter Miterrand… Mais aujourd’hui, ce n’est pas une erreur, c’est un choix.

 

La stratégie du Front de gauche continue la « métamorphose » du parti, pourtant rejetée par les communistes à notre dernier congrès. Le Front de gauche est destiné à diluer et à supplanter progressivement le PCF, son organisation et ses positions historiques, son nom même. Il le remplace par une formation électoraliste vaguement de « gauche », vaguement « radicale », en fait entièrement inscrite dans la gauche d’accompagnement du système.

 

Avant même les élections, nous sommes déjà assurés de perdre la moitié de nos élus.

 

Et qu’on ne nous explique pas que ce que représente le PCF serait un repoussoir !

Souvenez-vous des récentes cantonales de 2008 : 8,82 % des suffrages exprimés alors que nous présentions des candidats dans seulement 1245 cantons sur les 1918 renouvelables ! Les candidats PCF ont réuni 1 166 000 voix sur la moitié du pays, alors que Marie-George Buffet en avait réuni 707 000 sur tout le pays en 2007 dans la suite des « collectifs antilibéraux ».

 

Dans les luttes, aussi et surtout, l’attente d’une perspective est forte à l’égard du parti.

Pendant la campagne, invitons les communistes à s’investir sur ce qui devrait fonder le vote communiste. Dans le domaine des régions, par exemple contre la marchandisation des transports ou la réforme des lycées. Concernant les questions d’alternative nationale, contribuons au rapport de force pour défendre les retraites, les services publics, pour combattre la désindustrialisation, pour faire reculer tout de suite le pouvoir.

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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 01:00

Conseil National du PCF du 15 janvier 2010

 

Intervention de Dominique NEGRI, fédération de l’Isère

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Aujourd’hui je me fais la porte-parole de l’incompréhension, du désarroi et de la colère des communistes de la section de Saint Martin d’Hères, de l’Isère et de Rhône Alpes. Même si les communistes se sont majoritairement prononcés pour des listes du front de gauche, ils n’ont pas été consultés pour valider une tête de liste régionale du Parti de gauche et rien n’est prévu dans ce sens pour leur permettre de faire valoir la souveraineté que doit leur garantir les statuts. Ils constatent que le Parti de Gauche nous impose ses ambitions démesurées dans des négociations, sans pouvoir se prévaloir d’une organisation militante conséquente, d’une solvabilité sérieuse et d’un quelconque rapport de force électoral. Ils n’ont toujours pas osé affronter les urnes seuls. Nous sommes toujours leur marche-pied dans leurs conquêtes de place.

Après un débat en assemblée générale la motion qui suit a été adoptée. En introduction, elle rappelle quelques chiffres qui montrent que le PCF a bien une influence politique et en particulier après les cantonales de 2008. Nous étions bel et bien la troisième force politique alors que presque partout nous affrontions des candidats socialistes. Sur le résultat des législatives il faut rappeler que ces élections se déroulaient juste après l’élection du N Sarkozy, rendant le combat encore plus rude.

Avant de vous livrer la motion, je souligne que la lutte de classe qui fait rage et le mouvement social à la recherche de convergence soulignent la nécessité du Parti Communiste de masse et de classe. Et malgré ces chiffres et ce constat nous nous effaçons dans une construction artificielle le front de gauche qui permet surtout l’émergence d’un nouveau parti social-démocrate.

 

 

Motion adoptée par l'Assemblée générale de la

Section de St Martin d'Hères en Isère

le 11 janvier 2010

 

Lors du vote du 19 novembre, notre section s’est prononcée, à plus de 63%, pour « une liste de large rassemblement conduite par le PCF » aux élections régionales.

 

Aux dernières législatives le PCF réalisait dans la région Rhône-Alpes 5,20%. Aux cantonales 2008, les candidats du PCF ont rassemblé 1 166 000 de voix, soit 8,82% nationalement (sur 1 918 cantons alors que les candidats du PCF étaient présents dans seulement 1 248 cantons). À l'élection présidentielle de 2007, la candidature de Marie-George Buffet, au nom des collectifs anti-libéraux, a obtenu 707 000 voix. En juin 2009, lors de l’élection du parlement de l’UE, le Front de gauche a fait 5,35%.

 

Ces chiffres démontrent que la stratégie du Front de gauche n’a pas apporté de gain significatif. Cette même stratégie est pourtant décidée pour les élections régionales. En Rhône-Alpes, nous avons 15 élus communistes sortants et des forces militantes communistes locales, implantées dans toute la région. Le Parti de Gauche a 4 élus sortants (de surcroît élus sous étiquette PS). Ses forces militantes et son influence en Rhône-Alpes restent à démontrer.

 

Les négociations nationales entre le PG et la direction du PCF ne prennent pas en compte ce rapport de forces. La direction nationale de notre Parti cède la tête de liste de la région Rhône-Alpes au Parti de Gauche et prévoit moins d'élus communistes dans la future assemblée régionale. Cette offre faite au PG représente une possibilité promotionnelle inespérée pour cette organisation politique embryonnaire. Le PG choisit avec soin sa candidate tête de liste et profite de cette excellente occasion pour la propulser dans la perspective des futures élections cantonales, législatives et municipales sur SMH. Ainsi, c'est le PCF lui-même qui apporte les forces nécessaires à sa « partenaire » d'aujourd'hui pour que « l'adversaire » de demain le combatte mieux.

 

Partout les communistes refusent de creuser leur propre tombe et de voir leur Parti effacé. Pour palier ce rejet massif, la fédération essaie de resserrer les rangs et de mobiliser tous les militants du département, en particulier les maires communistes de l’agglomération. « Tout le PCF Isère uni derrière la responsable locale du Parti de Gauche ». Quelle image brumeuse et quel manque de lisibilité pour les électeurs ! Quel désarroi pour les communistes !

 

Encore une fois, les communistes de la section de SMH refusent que le Front de gauche s’apparente à un effacement de l’identité et de l’influence communistes. Ils refusent également que SMH accueille un meeting servant, de fait, à promouvoir une nouvelle organisation social-démocrate.

 

Les communistes de la section de SMH demandent une consultation régionale sur l'ensemble de la liste Front de Gauche et sa tête de liste. Lors de la consultation interne, si la liste soumise à l'approbation des adhérents ne comporte pas le nom de la totalité des candidats, la section de SMH appelle au rejet de cette liste. Ce rejet ne signifie pas une opposition aux candidats communistes eux-mêmes, bien au contraire. Il signifie l'exigence de souveraineté des communistes, le refus de la stratégie d'effacement du PCF et le refus de la conduite des négociations.

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