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36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 08:18

Un président communiste à l’Assemblée territoriale de Corse

 

L’élection de Dominique Bucchini, dirigeant communiste de Corse, à la présidence de l’Assemblée territoriale, jeudi 25 mars 2010, est un événement marquant.

Contrairement à ce qui s’était passé en 2004, les tractations souterraines n’ont pas inversé le résultat des élections régionales et la victoire de la gauche. La figure d’intégrité que représente Dominique Bucchini, son engagement communiste depuis des dizaines d’années, ont certainement joué.

Pour la Corse, c’est un signal de changement. Pour les communistes français, c’est aussi un signe de ce que peut continuer à représenter le PCF dans les luttes sociales et dans la vie démocratique.

Au 1er tour des régionales, les listes de « Front de gauche », principalement portées par les fédérations du PCF de Haute-Corse et de Corse-du-Sud, avaient à nouveau franchi la barre des 10%.

A la fois symbole et véritable évolution, l’élection de D. Bucchini s’accompagne de l’élection à la tête de l’exécutif de Paul Giacobbi, « radical » de « gauche », connu pour ses positions « libérales ». Les élections ont vu aussi un inquiétant progrès des nationalistes, traduction locale du discrédit national des forces politiques de l’alternance.

La révolution n’a pas encore eu lieu en Corse. Mais une avancée.

Ci-dessous le discours d’installation de Dominique Bucchini repris du très complet site de nos camarades de la section du Cap Corse de la fédération de Haute-Corse du PCF.

Discours d'installation de D BUCCHINI à la Présidence de l'Assemblée de Corse

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21 mars 2010 7 21 /03 /mars /2010 20:35

Résultat du « Front de gauche » : ne pas se payer de mots, ni se payer de chiffres !

 

Au bout d’une campagne électorale, qui plus est quand elle a été pénible et ingrate, les militants mettent en avant tous les résultats positifs. C’est légitime. C’est important.

 

Mais la responsabilité de toutes les organisations du PCF est d’analyser l’ensemble des résultats le plus objectivement.

La réalité des résultats du « Front de gauche » ne justifie pas l’enthousiasme. Il n’y a pas lieu de se féliciter « d’une dynamique en passe d’être reconnue sur le plan national », « d’un Front de gauche qui s’en sort avec bien plus que les honneurs » (Max Staat dans l’Huma du 16/03) Sauf à être adeptes de la méthode Coué.

 

Au plan national, les listes du Front de gauche obtiennent 5,84%.

 

Dans la petite étude comparative qui suit, nous en tiendrons aux 17 régions où le PCF soutenait officiellement des listes du « Front de gauche ».

Dans les cinq autres régions métropolitaines, où habituellement les résultats du PCF sont plus faibles que la moyenne, le Parti présentait officiellement des candidats sur des listes conduites par le PS. Dans trois de ces régions, Lorraine, Bourgogne, Bretagne, des organisations locales du PCF présentaient aussi des candidats sur des listes de type « Front de gauche », avec différents partenaires. Nous ne prenons pas en compte leurs résultats, qui sont mauvais mais n’engagent pas le Parti.

 

Dans les 17 régions précitées, les listes du « Front de gauche » recueillent 6,95% des suffrages exprimés.

 

Par rapport aux européennes, ce n’est pas une progression (contrairement à ce qu’explique l’article de l’Huma).

En juin 2009, les listes du « Front » ont obtenu 6,45%, certes. Mais aux régionales, dans trois régions, le Front de gauche a englobé le NPA : dans les Pays de la Loire, dans le Limousin et en Languedoc-Roussillon. Le NPA y avait obtenu 5,39% des voix.

Par rapport aux européennes, il faut comparer le résultat des régionales avec la somme du résultat aux européennes du Front dans 17 régions et du NPA dans ces trois régions. On passe de 7,24% à 6,95%. Pas de progression mais un léger recul !

Dans le Limousin, on passe de 16,8% aux européennes à 13,3% aux régionales.

En LANGUEDOC-ROUSSILLON, on passe de 14,9% à 8,6%. Ce dernier résultat est particulièrement décevant. La liste du FdG, conduite par l’ex PS qui a rejoint le Parti de la gauche, R. Revol, a difficilement supporté la compétition avec deux autres candidats qu’il cotoyait au PS il y a peu, Hélène Mandroux et Georges Frèche.

 

Par rapport aux précédentes régionales, une comparaison globale est impossible. En 2004, le PCF se présentait dans 15 régions avec le PS dès le 1er tour et en Franche-Comté avec le MRC.

Dans les six régions où la comparaison est possible, les résultats sont différenciés mais le solde est nettement négatif.

 

En CORSE, la liste, toujours conduite par le communiste D.Bucchini gagne en voix (de 9 à 13 mille) et en pourcentage, de 6,6% à 10,0%. Comme nous le font remarquer plusieurs camarades, le « Front de gauche » n’était guère, sans Pg, que le nom électoral du PCF avec des candidats bien identifiés.

En AUVERGNE, la liste toujours menée en 2010 par le député PCF A.Chassaigne bondit de 9,2% à 14,2% et progresse en voix de 54 à 68 mille. Ce résultat exceptionnel, exception qui confirme la règle, est obtenu presque exclusivement dans le département du Puy-de-Dôme où Chassaigne annexe littéralement un électorat habituellement social-démocrate, gagnant 17.000 voix et passant de 9,5 à 19,7%. C’est un niveau (en pourcentage) que le PCF n’atteignait pas en 1967 ou 1973 aux législatives. Mais dans l’Allier, la liste Chassaigne recule en voix et pourcentage sur 2004.

En AQUITAINE, le résultat de 2004 de la liste PCF, marqué par des divisions stratégiques entre fédérations, avait été particulièrement bas : 4,3%. La liste du Front en 2010, menée par un Pg, passe à 5,9%.

Dans le NORD-PAS-DE-CALAIS, la liste de 2010, toujours emmenée par A.Bocquet, maintient exactement l’un des meilleurs scores de 2004 : 10,7%. Cependant le recul en voix, avec la forte poussée de l’abstention dans les zones d’influence du PCF, est net de 173.000 à 132.000. Le député Pg, Marc Dolez, ancien secrétaire fédéral du PS dans le Nord, a rallié un peu de voix, notamment dans sa circonscription de Douai.

En ILE-DE-FRANCE, le recul de la liste de « Front de gauche » est beaucoup plus marqué. En pourcentage, les listes menées par Pierre Laurent (PCF) passent de 7,20% à 6,55% par rapport à celles de la « gauche citoyenne et populaire » conduites en 2004 par MG.Buffet. En voix, elles chutent de 264.000 à 189.000.

Enfin en PICARDIE, c’est la débâcle pour le Front de gauche. Le choix préalable des directions nationale et départementales du PCF de tenir à l’écart la tête de liste de 2004, Maxime Gremetz, l’élu sortant de l’Aisne, Jean-Luc Tournay et de nombreux communistes a coûté cher. Le FdG, valorisant des candidats du Pg, des ex-Verts… dépasse à peine les 5% quand la liste du PCF avait obtenu 10,9% en 2004 et le Fdg 6,0% aux européennes. Les communistes à l’initiative de la liste de rassemblement conduite par Gremetz captent, avec 6,3%, la majorité de l’électorat communiste de 2004, notamment dans les quartiers populaires. Pour couronner le tout, le président sortant PS a décidé de priver le FdG d’élus malgré ses déclarations d’allégeance.

 

Une autre comparaison électorale doit absolument être faite. En 2008, aux cantonales, dans une seule moitié du pays, les candidats présentés par le PCF ont obtenu 9,3% et 1.150.000 voix, soit plus, que le Front de gauche au total dans 17 régions sur 22 en 2010.

 

Tous les chiffres que nous venons de donner doivent le céder à un seul qui doit être au centre des préoccupations des communistes. 53,6% des électeurs inscrits n’ont pas voté.

Ce fait majeur relativise entièrement les décomptes. Le Front de gauche ne représente que de l’ordre de 3% des inscrits. Par rapport aux échéances électorales antérieures et au vote communiste, il subit au moins autant que la moyenne le phénomène d’abstention. Parfois plus, dans des cités ouvrières ou des quartiers populaires où l’abstention atteint des sommets et où le vote communiste est habituellement plus fort. En ILE-DE-FRANCE, le « Front de gauche » n’a obtenu le vote que de 4,0% des inscrits en Seine-Saint-Denis en 2010, presque moitié moins que la liste de 2004 (7,8%). Idem dans le Val d’Oise : 2,1% contre 4,1%.

 

La presse bourgeoise déploie une analyse des résultats qui appelle notre attention. Elle tient en deux éléments.

D’une part, le résultat du « Front de gauche » est présenté favorablement, même avec une certaine complaisance. Par exemple, pour la journaliste du Monde, Sylvia Zappi, le « Front de gauche réussit son pari en distançant le NPA ».

Mais d’autre part, les journalistes attribuent ce résultat à leur nouvelle coqueluche Mélenchon, en continuant à enfoncer le PCF. Meilleur exemple, l’article des Echos du 17 mars : « le Front de gauche masque le déclin du Parti communiste ».

 

Nous réfutons ces deux interprétations complémentaires.

Nous avons assez montré combien les résultats du « Front de gauche » sont modestes et en retrait, par rapport notamment à ceux du PCF, des dernières élections comparables. On ne peut pas parler de succès, surtout vu combien ils traduisent un nouvel éloignement du monde du travail et des milieux populaires.

On ne voit pas en quoi le retour du NPA aux résultats de la LCR aux présidentielles de 2007, 3 à 3,5% dans les régions où il se présentait, devrait modifier cette analyse. Le NPA, avec son organisation peu nombreuse et hétéroclite, ses propres ambiguïtés stratégiques, voit ses résultats se dégonfler à mesure que le soutien médiatique lui fait défaut.

Quant à l’effondrement du Modem, il est totalement indépendant du résultat du « Front de gauche ». Se satisfaire que le FdG fasse plus que le Modem, c’est voir les choses avec la lorgnette politicienne de Jean-Luc Mélenchon et dans la perspective strictement institutionnelle de 2012 et des équilibres entre alliés (satellites) à « gauche » ou à « droite » du PS.

 

La deuxième analyse de la presse est tout aussi erronée. Les 6% des listes du « Front de gauche » correspondent très largement à l’électorat communiste, à la carte habituelle de l’implantation communiste.

Nous l’avons tous constaté bureau de vote par bureau de vote dans nos villes et villages. Les meilleurs résultats en témoignent tous : 43,58% à Trith-Saint-Léger, 30,93% à Avion (Nord-Pas-de-Calais), 34,22% à Dieppe (Haute-Normandie), 30,37% à Vierzon (Centre), 21,24% à Martigues (Provence), 34,18% à Gennevilliers, 30,17% à Valenton, 26,41% à Villejuif, 25,47% à Malakoff en Ile-de-France etc. Dans les régions où les têtes de liste n’étaient pas communistes, les résultats sont en deçà mais les meilleurs résultats sont aussi dans les zones de forte organisation communiste : Saint-Martin d’Hères, 20,20% (Rhône-Alpes), Bègles, 15,02 (Aquitaine), etc. Ces résultats coïncident cependant avec des taux d’abstention très préoccupants.

Les multiples partenaires du Front de gauche, même pris tous ensemble, ne pèsent que quelques milliers d’adhérents, et encore, la plupart étant des ex-PS maintenant au PG. Leur apport électoral est pratiquement partout négligeable. Seules quelques personnalités ex-PS, Marc Dolez dans le Nord, René Revol et quelques autres dans le Sud-ouest ont drainé avec eux, très localement, une petite partie de l’électorat socialiste.

Les résultats du Front de gauche ont montré aussi de petites progressions en pourcentage dans des quartiers centraux des grandes villes, notamment à Paris intra-muros (de 5,5 à 6,1%, de 2004 à 2010, tout en reculant de 39.000 à 34.000 voix). Sans modifier le constat d’ensemble, ils traduisent un petit succès dans la petite bourgeoisie. Mais sur quelles bases ?

 

Notre analyse nous amène donc au contraire exact de l’interprétation de la presse bourgeoise. Les résultats des listes du « Front de gauche » montrent une relative persistance du vote communiste et reflètent le maintien d’une implantation active du PCF. Mais elle nous conduit à étayer une hypothèse également inverse : la stratégie de « Front de gauche » n’a pas permis au PCF d’être une alternative électorale crédible, pour ceux qui souffrent et qui luttent, à l’abstention.

 

Sur un seul point, le recul du PCF sera indéniable. Notre parti va perdre presque la moitié de ses élus régionaux.

Mais cela n’a rien à voir avec le résultat des élections. C’est le résultat du choix autoritaire de la direction du PCF, celui de laisser la moitié des places aux partenaires, même insignifiants, du « Front de gauche ». Comme c’est leur choix de laisser le social-démocrate maastrichien Mélenchon jouer, à contre-emploi, une partition d’indépendance vis-à-vis du PS, se la jouer « anticapitaliste » pendant que nos dirigeants s’affichent derrière Aubry, Huchon et cie.

 

Là, pour les communistes, il y a matière à réfléchir et à réagir !

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 16:05

Régionales Picardie. L’allégeance du Front de gauche au PS ne paie pas !

PCF_Saint_quentin_gremetz.jpg

 

Le président sortant PS de la région Picardie, Claude Gewerc, a décidé de ne pas intégrer de candidats du Front de gauche sur sa liste au second tour. Il aurait accepté, prétend-il, à la rigueur de céder 3 places éligibles. Le Front de gauche, qui a obtenu 5,3% au 1er tour, en exigeait au minimum 5 (dont 3 communistes).

Dans une autre situation, nous serions en droit de dénoncer l’hégémonisme voire l’anticommunisme du PS.

 

Mais pas en 2010 en Picardie avec la stratégie (régionale) du « Front de gauche » !

 

Tour à tour à la radio (France Bleu, le 15 mars) et dans le « Courrier Picard » (extrait ci-dessous), des responsables du « Front », les secrétaires départementaux du PCF de la Somme (J.Carliez) et de l’Oise (T.Aury) ont révélé la nature du pacte tacite qu’aurait dû respecter C.Gewerc.

 

En écartant toute possibilité de liste commune avec Maxime Gremetz et toute une partie des communistes picards, ils font remarquer qu’ils ont empêché qu’une liste menée par des communistes dépasse les 10%. Elle aurait pu se maintenir au 2ème tour et négocier avec le PS sur une position de force.

Effectivement, l’addition du résultat de la liste des communistes de « Colère et espoir »  avec Gremetz comme chef de file, 6,20% et de celui de la liste du « Front de gauche », 5,34% rejoint le résultat (en pourcentage) de la liste unie « Colère et espoir » de 2004, 10,86%.

 

Au lendemain du 1er tour, les dirigeants du Front de gauche se prévalent de cette situation de division pour revendiquer une reconnaissance de C.Gewerc. C’est inconcevable !

Gewerc, non content d’être débarrassé (au conseil régional) de Gremetz, élimine aussi les autres communistes pour ne garder que les disciples de Robert Hue, alignés sur sa liste dès le 1er tour. Il est ravi d’être le dernier à rire.  

 

C’est grave pour le PCF. Ces dirigeants n’en finissent pas de se disqualifier.

Comment peuvent-ils justifier l’ostracisme à l’égard de Gremetz mais « l’ouverture » du Front de gauche, par exemple, à une tête de liste, conseillère écolo sortante dans l’Aisne ?

 

Chacun, notamment dans la région, a son opinion sur la personnalité de Maxime Gremetz. La liste qu’il proposait avec ses camarades, celle qu’ils ont finalement présentée, étaient ouvertes et diverses, sans exclusive à priori, tout en étant « à l’initiative de communistes ».

Des centaines de communistes ont fait la campagne. Le meeting final a été fort notamment des interventions de militants cheminots, de syndicalistes de Goodyear, de jeunes communistes. Les critiques portées sur la gestion Gewerc sont irréfutables.

 

Il est temps d’arrêter le gâchis, le processus de destruction de l’organisation communiste en Picardie (comme ailleurs). La direction nationale ne peut plus continuer à couvrir l’exclusion de fait, arbitraire, illégale et intolérable, de centaines de communistes de la Somme. Sous peine de se disqualifier elle-même.

 

Le total 6,20+5,34=11,54% peut et doit être, malgré l’abstention considérable ici aussi, le socle, sur le plan électoral, d’une reconquête, sans compromission politicienne, de la place du PCF dans les entreprises, dans les quartiers populaires, dans les luttes dans la Picardie de Continental, Goodyear, Nexans et de dizaines d’autres entreprises où les salariés se battent contre la casse industrielle.

 

 

Extrait du Courrier Picard du 16 mars 2010 :

« Reconnaissance...

Le PCF a aussi rappelé au PS qu'il avait pris de gros risques. Et réussi, en se présentant sous sa propre étiquette, à barrer le boulevard qui s'ouvrait à Maxime Gremetz, le maintenant en deçà du seuil fatidique de 10 %. Une bonne action qui aurait, estime le PCF, valu une certaine reconnaissance. » 

Lien vers le site de la section du PCF de Saint-Quentin (communiqués de la liste « Colère et espoir) : http://pcfsaintquentin.unblog.fr/

 

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17 mars 2010 3 17 /03 /mars /2010 16:02

Résultats du 1er tour des régionales. 54% d’abstention : une sanction générale.

Communistes, regardons en face la défaillance du PCF avec le « Front de gauche » !

 

Le 1er tour des élections régionales est marqué avant tout par le niveau impressionnant atteint par l’abstention. Tous les autres résultats doivent être relativisés.

Cette abstention record contraste, de manière frappante, avec le développement de grandes luttes sociales dans le pays, dans des secteurs très divers mais sur des objectifs de plus en plus communs.  

Les souffrances, la colère populaires devant l’aggravation des conditions de travail et de vie ne trouvent pas d’expression électorale. L’exigence, les conditions d’une alternative politique que portent les luttes, ne trouvent pas de relais.

Les luttes butent, plus que jamais, sur l’enfermement de la vie politique dans le cadre institutionnel et sur le consensus sur le fond entre les partis de l’alternance, UMP, PS.

Il faut être aveugle pour le nier, le « Front de gauche » a subi tout autant le désaveu de l’abstention. L’alliance avec une partie de la social-démocratie a aggravé l’effacement du PCF et du vote communiste. La seule perspective avancée reste désespérément l’alignement sur le PS dans une nouvelle « gauche plurielle ». L’éloignement du PCF du monde du travail, des couches populaires, s’accentue encore gravement. Communistes, dans les mois prochains, nous allons pousser le débat et l’action pour que notre parti retrouve pleinement sa raison d’être. C’est une priorité que les élections régionales sont venues souligner.

 

 

Les élections régionales de 2010 sont comparables avec celles de 2004 par leur objet et par le situation en cours de quinquennat. L’abstention est passée de 39,1% en 2004 à 53,6% en 2010. En comptant les 1,7% de bulletins blancs ou nuls, seuls 44,6 % des électeurs inscrits se sont exprimés.

La hausse de l’abstention est générale et assez uniforme dans le pays. Mais on arrive à des records de non vote dans les zones les plus populaires, jusqu’à 70% d’abstention (comme à Bobigny), 80% dans certains bureaux.

 

Dans ce contexte, la sanction électorale que subit le pouvoir est à la fois cinglante et relative.

Le gouvernement ne peut se prévaloir que du soutien de même pas un Français sur 8. C’est un véritable désaveu.

Mais, dans le même temps, moins d’un Français sur 4 a voté pour l’opposition de gauche. La gauche est certes passée de 40% en 2004 à 50% en 2010 mais elle ne gagne aucune voix. S’il y a vote sanction, c’est par défaut.

 

Une première explication de l’abstention réside dans la campagne électorale. Elle a été réductrice et politicienne, esquivant les enjeux principaux.

C’est un choix des deux grandes forces politiques.

La droite, pour minimiser le désaveu prévisible, a concentré sa campagne sur des questions régionales. Le gouvernement a ouvert une diversion, un imposant des débats nauséabonds sur l’identité nationale et la sécurité, avec des concours inattendus (Burqa, minarets…).

Il a ainsi délibérément contribué à remettre en selle le Front national. Les résultats de notamment de Marine Le Pen dans les villes ouvrières du Nord-Pas-de-Calais (18,3% dans la région) sont littéralement effrayants.

De son côté, le PS, à peu près assuré de gagner l’épisode des régionales, a soigneusement évité de pousser le débat sur le fond. Sortant dans 20 régions sur 22, il est mal placé pour montrer l’efficacité de sa gestion comme contre-pouvoir à la politique nationale de la droite. Dans l’optique de 2012, le PS n’a aucun intérêt à trop ébruiter sa proximité avec le gouvernement sur des choix cruciaux comme le report de l’âge de départ à la retraite, le plan de soutien à la finance ou les directives européennes.

En décidant, avec retard, de diaboliser Georges Frèche, figure du social-libéralisme populiste à exorciser, la direction du PS a pu redorer son blason de « gauche » à bon compte. Les colistiers de Frèche seront promptement réintégrés dans le parti…

 

La campagne électorale a traduit, à nouveau, le consensus sur le fond des forces politiques de l’alternance. Ceux qui sont dans les luttes, ceux qui ont le plus intérêt à combattre la politique au service du capital ne s’y retrouvent pas. Fondamentalement, c’est ce que traduit l’abstention.

 

Les régionales marquent une nouvelle étape de la mise en place du jeu politicien de l’alternance pour 2012.

Sarkozy a annoncé pendant la campagne qu’il arrêterait les « réformes » au deuxième semestre 2011, six mois avant les présidentielles… D’ici cette date et l’ouverture d’une nouvelle période de démagogie effrénée, l’UMP boit la tasse. C’est logique : c’est la période du quinquennat où il lui faut faire passer les pires contre-réformes. Mais dans la perspective de ratisser plus large en 2012, la droite installe d’autres doigts à son râteau. Villepin est déguisé en opposant à Sarkozy, Fillon en concurrent potentiel. Beaucoup plus grave, la droite fait du FN un déversoir de la colère populaire.

 

Côté PS, les régionales marquent un tournant politicien. La tentation du Modem s’éloigne, malgré quelques dissonances. Les symboles et identifiants de la « gauche » reviennent. On l’a vu face à Frèche. On le voit avec Europe-écologie.

Les « écolos » apparaissent comme un rabatteur plus efficace pour le camp social-démocrate que le Modem en vue de 2012. Europe-écologie permet de capter la préoccupation environnementale, cultivée et détournée par l’idéologie dominante. En même temps, ce rassemblement très hétéroclite et attrape-tout peut passer pour être à « gauche » tout en associant des personnalités qui ne le cèdent en rien à Bayrou en termes de « libéralisme » ou d’engagement « européen » (Eva Joly, Cohn-Bendit).

Le résultat donne raison à ce raisonnement : 12,2% pour Europe-écologie, 3,9% pour le Modem.

 

Le « Front de gauche » ne s’est pas démarqué ; il n’a pas échappé au désaveu de l’abstention. Il en porte une part de responsabilité.

 

Selon les façons de compter les différentes combinaisons régionales, il obtient entre 5,8 et 6,5%. Dans les régions où il y avait des listes « Front de gauche », il reste à peu près au niveau des européennes de juin 2009 malgré le ralliement dans 3 régions du NPA.

La carte du vote « font de gauche » recoupe largement la carte du vote communiste mais il est loin, pour une élection à caractère locale, des 9% enregistrés par le seul PCF aux cantonales de 2008.

Par rapport à 2004, une comparaison est possible dans certaines régions.

Dans le Nord-Pas-de-Calais, la liste toujours conduite par Alain Bocquet maintient le bon score en 2010, 10,7%, obtenu par la liste PCF de 2004 mais perd quand même 1/5ème de ses voix (malgré l’apport du député Pg, ex-PS, Dolez).

En Ile-de-France, la liste conduite par Pierre Laurent perd en pourcentage par rapport à la « gauche populaire et citoyenne » de 2004, passant de 7,2 à 6,5% (malgré l’alliance avec plusieurs élus PS de 2004). En voix, elle chute de 264.000 à 189.000 avec des reculs considérables dans les banlieues populaires. En Seine-Saint-Denis, elle ne représente plus que 4,0% des inscrits contre 7,8% en 2004, dans le Val d’Oise 2,1% contre 4%.

L’action militante des communistes, le rayonnement de certaines personnalités (comme A. Chassaigne dans le Puy-de-Dôme), ont joué. Le PCF représentant 90% des forces du « Front », ils ont permis de récuser les discours sur le déclin inéluctable du PCF.

 

Mais communistes, il nous importe, bien plus qu’à tous les autres, d’être objectifs et de ne pas se payer de mots.

Ce n’est pas parce que le NPA régresse et que le Modem s’effondre que, pour autant, la stratégie du « Front de gauche » est validée.

La constatation qui s’impose, c’est que la stratégie du « Front de gauche » ne permet pas au PCF de répondre à la colère populaire et aux perspectives politiques ouvertes par les luttes.

Ce débat crucial doit enfin avoir lieu dans notre parti.

 

Pour nous, il se confirme combien le « Front de gauche », alliance fusionnelle mettant en valeur des éléments de la social-démocratie (Mélenchon), accentue l’effacement du PCF et de ce qu’il représente, entre autres du vote communiste. Combien d’électeurs communistes ont été en peine de trouver le bulletin du Parti ?

Le « Front de gauche » poursuit et aggrave l’alignement des directions du PCF sur la social-démocratie. Aucune rupture n’a été mise en avant avec la participation loyale à la gestion par le PS des régions depuis 2004 (sauf dans le Nord-Pas-de-Calais).

La notion de plus en plus vidée de sens de « gauche », de rassemblement de la « gauche », est systématiquement mise en avant aux dépens du contenu et de l’action. Le « Front » sert objectivement de caution de « gauche » à la social-démocratie et enferme le PCF dans la perspective institutionnelle de 2012, dans le cadre d’une « gauche plurielle » en reconstitution. Le ralliement sans condition au 2nd tour le montre encore.

Le « Front de gauche » a également paralysé le PCF, en particulier ses directions, pendant de longs mois de tractation sur la composition des listes, de calculs politiciens dont Mélenchon est si friand. En cherchant à additionner les sigles d’organisations groupusculaires de « gauche », il a gravement divisé le PCF.

Cette stratégie politicienne continue à détourner le PCF des entreprises et des quartiers populaires, dramatiquement quand on mesure l’explosion de l’abstention et la remontée du FN.

 

Il faudra que les choses soient dites et entendues dans le Parti. La méthode Coué de la direction et son autoritarisme ne peuvent plus durer. C’est une priorité pour l’avenir de notre parti mais aussi pour le pays, pour débloquer la perspective politique.

 

Les mauvais résultats du NPA et de LO montrent ce que ces organisations gauchistes représentent réellement sans le soutien des media.

 

Par son ancrage dans le pays, sa théorie et sa forme d’organisation historiques, le PCF peut et doit répondre aux exigences de l’alternative politique anticapitaliste qu’appellent les luttes et des fractions de plus en plus larges des couches populaires et intermédiaires. A condition que les communistes ne laissent plus la direction de notre parti tourner le dos à sa raison d’être, en faire un parti comme les autres.

 

Deux jours après le deuxième tour, le 23 mars, aura lieu la journée de grève et de manifestation interprofessionnelle à l’appel de cinq centrales syndicales. Pour défendre les retraites, les services publics, l’hôpital, l’école ou l’industrie, il s’agit plus que jamais pour les communistes d’être au cœur, à l’impulsion des luttes et non « à leur côté », de redonner entièrement son indépendance du PCF pour la remettre au service des travailleurs.

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13 mars 2010 6 13 /03 /mars /2010 23:39

Décès de Jean Ferrat

 

Ferrat-68-FNL-Vietnam.jpgL’annonce du décès de Jean Ferrat ce 13 mars 2010 suscite une immense émotion collective. Elle touche en particulier, bouleverse même, des centaines de milliers de communistes, de personnes qui se sont reconnues, se reconnaissent dans l’histoire des luttes de notre parti, le PCF.


Les chansons de Jean Ferrat ont en effet si intimement accompagné les communistes pendant trois décennies depuis les années 60. Elles ont si étroitement correspondu dans la forme et le fond, au parti pris populaire du PCF. Elles ont été si liées à notre engagement, à nos actions militantes, « du journal que l’on vend le matin d’un dimanche à l’affiche qu’on colle au mur du lendemain », parfois jusqu’à la censure. Elles ont déployé si largement les poèmes de notre camarade, le grand poète et écrivain communiste, Louis Aragon.


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Jean Ferrat n’a cependant jamais été communiste. Rarement, l’expression « compagnon de route du Parti » n’aura été si juste. Les routes ont pu aussi s’éloigner comme vers 1980 ou, d’une autre façon ces dernières années. Mais cela n’a jamais affaibli le compagnonnage entre l’artiste et les communistes.

Le chanteur avait fait le choix, depuis les années 70, de se retirer en Ardèche où il était très aimé notamment des camarades.


Les communistes portent le deuil de l’auteur des airs qui ont accompagné, au sens musical, leurs luttes, leurs fêtes, de l’auteur des chansons qui ont marqué l’étroite relation entre notre grand parti révolutionnaire et le peuple de France, qui le marquent toujours, en attendant.

 

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 09:47

Front de gauche : une faucille et un marteau de malfaçon.

 

Dans plusieurs régions, des camarades et certainement aussi des électeurs sont interloqués par la présence sur les professions de foi des listes du « Front de gauche » d’une étrange faucille avec un étrange marteau. Ce ne sont pas les faucille et marteau du logo du PCF. D’ailleurs il y a une petite étoile en plus en haut et un sigle inconnu « PCOF » en bas.

Les initiateurs du « Front de gauche » ont en effet introduit comme partenaire le « Parti communistes des ouvriers de France ». La généalogie de ce groupuscule de quelques dizaines de membres renvoie à une scission à la fin des années 70 dans les partis maoïstes. Le pcof a alors été créé par des « pro-albanais », admirateurs d’Enver Hodja.

Que vient faire ce groupuscule dans une alliance électorale avec le PCF ? Pourquoi lui faire de la publicité ? Objectivement, rien ne peut le justifier, ni son influence insignifiante, ni ses orientations.

A-t-on cherché à ajouter un sigle de plus au Front pour donner l’image d’une plus grande unité ?

Sans doute, mais pas uniquement.

 

Dans le Front de gauche, le PCF est de très loin la première force mais sa direction s’efforce de l’effacer. Par exemple sur le bulletin de vote en Ile-de-France, « PCF » apparaît seulement 4 fois, autant que « PG », sur 225 noms de candidats. « PCOF » apparaît deux fois !

 

Dans la stratégie de recomposition politique effaçant le PCF qui se poursuit, le PCOF peut servir à exorciser le « Front de gauche » de sa composante communiste en la réduisant, en réduisant son symbole historique, à de l’anecdotique, à du marginal.

 

Un peu partout en Europe, les composantes du PGE (Parti de la gauche européenne) font ainsi appel à des groupuscules trotskystes ou maoïstes comme forces d’appoint se revendiquant du communisme et aidant l’entreprise de mutation des vrais partis communistes jusqu’à leur fusion dans les nouveaux ensembles de « gauche ».

 

Ces trotskystes et maoïstes se précipitent sur l’occasion de gagner une petite place au soleil en restant fidèles à leur combat de toujours : l’anticommunisme, au sens des manœuvres contre les partis communistes de classe et de masse.

 

Communistes, méfions-nous des contrefaçons et de ceux qui les importent !

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 08:46

Une plaque commémorative apposée à Paris en souvenir de Rosa Luxembourg

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Lundi 8 mars 2010 a été inaugurée une plaque au 21 de la rue Feutrier dans le 18ème arrondissement en souvenir de la révolutionnaire socialiste Rosa Luxembourg. Elle y vécut quelques mois en 1894 lors de son exil.

 

On fera abstraction de l’œcuménisme mémoriel de la municipalité de Paris qui s’étend jusqu’à Jean-Paul II et maintenant Ben Gourion mais s’arrête encore aux noms de Robespierre et Yasser Arafat. On oubliera aussi que la Mairie du 18ème fête Rosa Luxembourg en même temps que Dalida pour la Journée de la femme.

 

On retiendra qu’une plaque porte désormais le nom à Paris de la théoricienne et de la dirigeante socialiste qui anima avec Karl Liebknecht ou Clara Zetkin la Ligue spartakiste avant de fonder avec eux en décembre 1918 le Parti communiste d’Allemagne (KPD).

 

On oubliera pas que Rosa Luxemburg et Karl Leibknecht furent sauvagement assassinés le 15 janvier 1919 par les « Corps francs » sur ordre du ministre social-démocrate Noske.

 

Voir sur ce site :

Relire Rosa Luxemburg

12 Janvier 2008 : Les néonazis tentent de perturber la manifestation en l'honneur de Rosa Luxemburg et Karl Liebknecht.

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10 mars 2010 3 10 /03 /mars /2010 07:52

Hommage de Roland Weyl à son camarade et confrère Pierre Kaldor qui vient de mourir à l'âge de 97 ans, publié dans l'Humanité du 9 mars 2010.

Pierre Kaldor, avocat aux côtés des opprimés

Roland Weyl, avocat


À quatre-vingt-dix-sept ans, Pierre aura jusqu’au bout été fidèle à lui-même, fidèle à ses engagements, fidèle à son exceptionnelle synthèse de dévouement et de modestie.

Il avait à peine vingt-deux ans lorsqu’en 1935 déjà il assistait Marcel Willard dans la défense de Georges Dimitrov devant les tribunaux nazis. Arrêté et condamné à cinq ans de prison en 1939 pour son activité de communiste, il s’évadait pour reprendre le combat clandestin dans le Mouvement national judiciaire et faisait partie du groupe de quatre qui, avec Marcel Willard, Joe Nordmann et Solange Bouvier Ajam, allait, revolver au poing, occuper le ministère de la Justice et faire prisonnier le ministre de Vichy, le sinistre Gabolde…

La paix revenue, pendant un demi-siècle avocat des opprimés et des victimes du colonialisme, plus particulièrement aux côtés des peuples d’Afrique, il allait pendant les soixante-cinq ans écoulés être et rester un actif du Secours populaire après en avoir été le secrétaire général à la Libération, un actif de l’Afaspa (Association française d’amitié et de solidarité avec les peuples d’Afrique) dont il était le président d’honneur, et plus récemment l’un des membres les plus assidus de notre association Droit solidarité. Avocat honoraire au barreau des Hauts-de-Seine, il en était encore un membre actif et vigilant de la commission des droits de l’homme.

En Allemagne, on porte aujourd’hui le deuil de celui qui fut l’animateur victorieux de la bataille contre les berufsverbote, les interdits professionnels, qui prétendaient chasser de la fonction publique, et notamment de l’enseignement, ceux et celles qu’on suspectait de sympathies communisantes.

Toutes nos pensées fraternelles sont aujourd’hui avec Charlotte, que sa passion musicale l’avait fait rencontrer dès avant la guerre quand elle participait à la Chorale populaire de Paris, qui pendant plus de soixante-dix ans partagea ses peines et ses joies et fut si souvent son indispensable soutien (jusqu’à avoir eu un rôle décisif dans son évasion de Clairvaux), et à notre camarade François, son fils, qui a pris son relais parmi nous et dans le combat judiciaire aux côtés des victimes des injustices sociales.


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8 mars 2010 1 08 /03 /mars /2010 08:33
La journée internationale du droit des femmes est instaurée officiellement dans un Etat pour la première fois en Russie soviétique, le 8 mars 1921, en souvenir notamment de la manifestation des ouvrières le 8 mars 1917 à Saint-Petersbourg contre la vie chère et pour la paix.

Voici ce que Lénine écrit pour le 8 mars 1921:

La journée internationale des travailleuses

 

Le trait essentiel, fondamental du bolchévisme et de la Révolution d’Octobre, c’est d’amener à la politique ceux qui étaient les plus opprimés sous le régime capitaliste. Les capitalistes les étouffaient, les dupaient et les pillaient aussi bien sous la monarchie que dans les républiques bourgeoises démocratiques. Cette oppression, cette duperie, ce pillage du labeur populaire étaient inévitables tant que subsistait la propriété privée de la terre, des fabriques et usines.


L’essence du bolchévisme, du pouvoir soviétique est de remettre tout le pouvoir d’Etat entre les mains des masses laborieuses exploitées, en dévoilant la duperie et l’hypocrisie de la démocratie bourgeoise, en abolissant la propriété de la terre, des fabriques et des usines. Ce sont ces masses qui prennent en main la politique, c'est-à-dire l’édification de la société nouvelle. C’est une œuvre difficile, les masses sont abruties et accablées par le capitalisme, mais il n’existe pas, il ne peut exister d’autre issue à l’esclavage salarié, à l’esclavage capitaliste.


On ne saurait amener les masses à la vie politique sans y attirer les femmes. Car en régime capitaliste, les femmes, la moitié de l’espèce humaine, sont doublement exploitées. L’ouvrière et la paysanne sont opprimées par le capital, et par surcroît, mêmes dans les républiques bourgeoises les plus démocratiques, premièrement elles ne jouissent pas de tous les droits, car la loi ne leur confère pas l’égalité avec les hommes ; deuxièmement, et c’est là l’essentiel, elles restent confinées dans « l’esclavage domestique », elles sont les « esclaves du foyer » accablés par les travaux ménagers, les plus mesquins, ingrats, durs et abrutissants, et en général par les tâches domestiques et familiales individuelles.


La révolution bolchévique, soviétique, coupe les racines de l’oppression et de l’inégalité des femmes de façon extrêmement profonde, comme aucun parti et aucune révolution au monde n’ont osé les couper. Chez nous, en Russie soviétique, il n’existe pas trace de l’inégalité des femmes par rapport aux hommes au regard de la loi. Le régime des soviets a totalement aboli l’inégalité odieuse, basse, hypocrite dans le droit matrimonial et familial, l’inégalité touchant l’enfant.


Ce n’est là que le premier pas vers l’émancipation de la femme. Aucun des pays bourgeois, même parmi les républiques les plus démocratiques n’a osé faire ce premier pas. On n’a pas osé, par crainte de la « sacro-sainte propriété privée ».


Le deuxième pas et le principal a été l’abolition de la propriété privée de la terre, des fabriques et des usines. C’est cela et cela seul qui fraye la voie de l’émancipation complète et véritable de la femme, l’abolition de « l’esclavage domestique » grâce à la substitution de la grande économie collective à l’économie domestique individuelle.


Cette transition est difficile ; il s’agit de refondre « l’ordre des choses » le plus enraciné, coutumier, routinier, endurci ( à la vérité, c’est plutôt une monstruosité, une barbarie). Mais cette transition est entreprise, l’impulsion est donnée, nous sommes engagés dans la nouvelle voie.


En cette journée internationale des ouvrières, on entendra dans les innombrables réunions des ouvrières de tous les pays du monde, saluer la Russie soviétique qui a amorcé une œuvre incroyablement dure et difficile, une grande œuvre universelle de libération véritable. Des appels galvanisants inciteront à ne pas perdre courage face à la réaction bourgeoise furieuse, souvent même sauvage. Plus un pays bourgeois est « libre » ou « démocratique », et plus les bandes capitalistes sévissent avec fureur et sauvagerie contre la révolution des ouvriers ; c’est le cas pour la république démocratique des Etats-Unis d’Amérique. Mais la masse ouvrière s’est déjà réveillée. La guerre impérialiste a définitivement éveillé les masses endormies, somnolentes, inertes de l’Amérique, de l’Europe et de l’Asie arriérée.


La glace est brisée dans toutes les parties du monde.


L’affranchissement des peuples du joug impérialiste, l’affranchissement des ouvriers et des ouvrières du joug capitaliste avance irrésistiblement. Des dizaines et des centaines de millions d’ouvriers et de paysans, d’ouvrières et de paysannes ont fait progresser cette œuvre. Voilà pourquoi l’affranchissement du travail délivré de la servitude capitaliste triomphera dans le monde entier.


4 mars 1921. Publié dans la Pravda du 8 mars 1921.

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2 mars 2010 2 02 /03 /mars /2010 00:44

Le Front de gauche d’une élection à une autre élection ou le PCF dans la lutte des classes ?

 

Non au congrès extraordinaire pour imposer le Front de gauche jusqu’aux présidentielles !

 

Invitée sur I-Télé, le 22 février 2010, Marie-George Buffet a été interrogée sur la déclaration de Roland Muzeau, du 10 février. Le député PCF avait envisagé une candidature « du Front de gauche élargi » à l’élection présidentielle de 2012. Le Pg s’était alors empressé de saluer cette position (Voir notre article Muzeau (député PCF), après Mélenchon (PG), pour un « Front de gauche » jusqu’aux présidentielles et au-delà. Non merci ! du 14/02 en lien).

MG. Buffet se garde bien de se prononcer. Mais l’AFP prend le soin de répandre largement une dépêche sous le titre « Buffet n’exclut pas qu’il y ait une candidature Front de gauche en 2012 ».

Car MG. Buffet a indiqué que cette question serait mise à l’ordre du jour du « congrès de juin » : « ce sera le débat que nous allons ouvrir à notre congrès de juin et, bien sûr ce sera une des options qui seront en débat dans le Parti ».

 

Cette annonce est inacceptable.

 

Le Conseil national du PCF est l’instance qui peut convoquer un congrès extraordinaire et en fixe l’ordre du jour. Il n’a même pas été informé de la « proposition » de l’équipe dirigeante. Ses membres en sont réduits à interpréter les orientations de la haute direction du PCF au fil des émissions de télévision. C’est inadmissible.

 

Préparé dans le secret, puis expédié en deux mois et demi, ce « congrès extraordinaire » serait censé définir une ligne politique jusqu’en 2012. Voilà qui s’apparente à un coup de force.

 

On peut imaginer pourquoi la direction n’a pas osé convoquer un congrès extraordinaire dans des délais décents. Il lui faut attendre le résultat du « Front » aux régionales. Maintenant que les sondages se font plus rassurants, la possibilité s’ouvre d’enfermer le PCF et les communistes dans la logique électorale et électoraliste du « Front de gauche » d’ici 2012.

 

Le mépris des militants est à son comble. On est en plein dans la campagne des régionales. Beaucoup de communistes s’y sont investis pour défendre le Parti, pour garder des élus, malgré tout, malgré les couleuvres qu’ils n’ont cessé d’avaler pendant la période interminable de préparation des listes du Front. Ils doivent encore supporter l’arrogance du Pg et des groupuscules qui sont encore présentés officiellement comme de simples alliés électoraux. Et voilà qu’on leur fait voir qu’un résultat électoral correct pourra être utilisé pour faire perdurer et structurer le « Front de gauche », contre le PCF.

 

Le Congrès normal du PCF doit avoir lieu fin 2011, c’est suffisamment tôt !

Sa préparation pourrait commencer en septembre ou en juillet 2011. Est-ce trop tard pour décider de la candidature aux présidentielles qui auront lieu fin avril 2012 ?

Bien sûr que non ! A moins que l’équipe dirigeante du PCF veuille faire, comme les autres partis, de la préparation de l’échéance électorale l’alpha et l’oméga de la vie de notre Parti.

 

Précipiter le congrès pour imposer le « Front de gauche » et forcer la main aux communistes.

Sans perspective électorale, le « Front de gauche », coalition déséquilibrée entre le PCF qui en représente plus de 90%, les socio-démocrates du PG et des groupuscules divers ne trouve pas de justification, notamment pour les communistes.

C’est une constatation. Sans objet électoral, qu’est-ce qui rassembleraient dans une même organisation les communistes et ces quelques autres ? Un rapport de force trompeur et illusoire par rapport au PS (en fait pour mieux canaliser vers lui) dans les urnes est la raison d’être du Front.

 

Fin 2008, le principe du « Front », téléphoné avec Mélenchon, est imposé aux communistes en court-circuitant le débat du 34ème congrès du PCF. Ensuite, les européennes et les régionales ont été les seules occasions de leur forcer la main à nouveau.

 

Le résultat des européennes a pourtant été peu concluant. Seulement après hésitation, il a été présenté comme un succès. Pourtant le « Front » progresse à peine (pas du tout par rapport aux inscrits) sur les listes PCF de 2004. Et la campagne électoraliste (derrière un partisan de Maastricht comme Mélenchon) est passée à côté de la colère exprimée au référendum de 2005 et des attentes des grandes luttes du début 2009.

 

Avec difficultés, en laissant le moins d’espace à la réflexion collective des communistes (cf. la suppression du CN d’octobre 2009), la direction du PCF est à peu près parvenue à imposer à nouveau le Front de gauche pour les régionales.

A la faveur d’une forte abstention, de la persistance du vote communiste et de l’action des communistes, il semble que les listes du Front s’approcheront des résultats du PCF aux élections locales. Voilà qui ne manquera d’être présenté comme une victoire. Pourtant, le « Front » s’est constitué, dans la douleur, mais sans contenu et sans objectifs précis. Sa campagne superficielle, loin de s’émanciper du PS, n’aura donné aucune piste, aucun point d’appui pour rompre avec la gestion sociale-libérale des régions (cette observation étant à nuancer selon les régions).

 

Pour continuer le Front, il faudra une relance électorale immédiate. Les présidentielles constituent la troisième étape du « paquet électoral » de Mélenchon. Il faut placer de force les communistes dans cette perspective, embrayer tout de suite après les régionales. C’est l’un des buts perceptibles du congrès extraordinaire.

 

Ne laissons pas les calculs électoraux esquiver encore les questions de fond !

 

Pour un parti communiste, les candidatures aux élections doivent relayer l’action dans les luttes, pour l’alternative politique et non l’inverse.

Sinon on fait comme Mélenchon qui, au cœur de la lutte pour La Poste, promet que cela ira mieux en 2012 si la « gauche » fait un bon score.

 

Dans une majorité des fédérations et des sections, la stratégie du Font de gauche, les tractations avec les « partenaires » pour les régionales, écartant les positions de fond, ont semé la division (des communistes sur 4 listes différentes dans certaines régions !) et un désarroi profond parmi les communistes.

 

La fuite en avant vers de nouveau calculs électoraux pour les présidentielles, deux ans à l’avance ne résoudra pas le problème. Tout au contraire, c’est la meilleure façon d’aggraver les choser d’éviter les remises en cause de fond salutaires.

Aux communistes, que va-t-on proposer ? De se prononcer sur un choix électoraliste, pire, présidentialiste. 

Faudra-t-il une candidature du « Front de gauche en 2012 qui ne soit pas nécessairement communiste » ou une « candidature du Font de gauche qui soit si possible communiste » ? Dans des débats stériles, Mélenchon, Clémentine Autain voire Besancenot joueront à tour de rôle les alliés ou les repoussoirs.

En marge, certains « Refondateurs » réclameront une « candidature du Front de gauche qui ne soit surtout pas PCF ». Les media promouvront une ou deux candidats potentiels dits « orthodoxes » pour caricaturer l’identité communiste.

 

De cette soupe, les communistes ne tireront rien de bon. Ce qui ne veut pas dire que nous mettions tous les candidats éventuels sur le même plan ni que la nécessité d’une candidature communiste ne s’impose pas, mais sur la base d’orientations politiques et le moment venu.

 

Des primaires à la « gauche de la gauche » comme au PS, pendant deux ans, pour mieux esquiver le fond et rentrer dans l’électoralisme ? Cela ne vous dit rien ? Si ! Les communistes ont déjà donné. Pendant plus d’un an en 2006 et 2007, la vie du parti a été polluée par la stratégie des collectifs anti-libéraux tournée vers l’élection présidentielle et déjà la recomposition politique effaçant le PCF dans un nouvel ensemble de « gauche » social-démocrate.

 

Le « Front de gauche » se situe dans le droit fil de cette expérience. C’est un nouvel avatar de la stratégie de la direction, à l’œuvre depuis au moins le congrès de Martigues en 2000, d’effacement du PCF, de ce qu’il représente, de sa théorie et de son organisation. Le Pg est cette fois l’instrument de la nouvelle étape d’effacement du Parti. Auxiliaire recruté par la direction du PCF, Mélenchon aurait tort d’en rabattre sur ses prétentions démesurées à dépouiller le PCF, y compris en vue de 2012.

 

Ne rentrons pas dans ce jeu !

 

Dans ces conditions, nous invitons tous les communistes, quelle que soit l’option qu’ils privilégient, à refuser le coup de force du congrès extraordinaire en juin 2010.

Nous les invitons à refuser que soit mis au centre des débats du Parti la question des présidentielles de 2012 avant le congrès ordinaire (qui peut être avancé, si cela doit être décidé, en juin 2011).

Nous nous prononçons et insistons pour des initiatives du PCF, en tant que tel, réaffirmant son indépendance au service des travailleurs. Elles peuvent et doivent contribuer à ouvrir la perspective politique au moment où la contestation du capitalisme, le mouvement des luttes s’élèvent, à mettre en échec le gouvernement dès à présent. Sur les questions des retraites et des coupes budgétaires dans les dépenses sociales, on attend des positions du PCF indépendantes.

 

Depuis des années, on impose aux communistes aux élections des choix politiciens qui sapent le fondement du vote communiste, dilapident l’électorat communiste, acquis en des décennies de fidélité à notre parti pris révolutionnaire. La direction de notre parti méprise et gâche cet héritage au lieu de le consolider, de le reconstruire.

L’action dans la lutte des classes, c’est la raison d’être du PCF, c’est ce qu’on attend de lui, loin des calculs électoraux, notamment du « Front de gauche ».

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