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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 16:32

Demander un référendum sur les retraites : une fausse bonne idée

 

Des voix d’élus de gauche se font entendre pour réclamer un « référendum sur les retraites ». On a pu ainsi entendre Jean-Luc Mélenchon, Ségolène Royal, Laurent Fabius. De façon plus étonnante, les deux derniers numéros de l’Humanité-dimanche ont repris cette proposition politique à leur compte. A ce que nous en savons, le PCF n’a pas discuté de ce qui ne peut être qu’une campagne nationale.

Des députés communistes et de gauche viennent à leur tour de se rallier à cette idée le 9 juin 2010.

Pour nous, ce n’est pas une bonne idée.

 

Nous faisons le constat qu’il existe des possibilités de rassemblement majoritaire dans l’action des salariés, jeunes et retraités contre le recul social emblématique que prépare le gouvernement. Des manifestations importantes ont eu lieu le 23 mars, le 27 mai, sans atteindre encore le nombre des mobilisations du début 2009. L’opposition à la contre-réforme du gouvernement, au report de l’âge de droit au départ à la retraite, à la poursuite de l’augmentation de la durée de cotisation, etc. est massive.

Dans le même temps, le déficit d’alternative, notamment sur les questions de financement, le consensus existant sur le prétexte démographique ou les « charges des entreprises », entre les forces politiques de l’alternance pèse lourdement sur le développement du mouvement. 

 

Notre conviction est que seul le mouvement populaire, déjouant les manœuvres de division entre salariés du privé, salariés relevant des régimes spéciaux et fonctionnaires pourra comme en 1995 faire reculer le gouvernement sur son projet.

La question de la retraite à 60 ans est un des points principaux de convergences. Mais il n’est rassembleur, dans l’action, pour nombre de salariés, de jeunes que si nous apportons des réponses sérieuses contre l’allongement de la durée de cotisation et sur les questions de financement. Le droit de partir à 60 ans, mais avec une retraite minable qui permet à peine de survivre, ce n’est pas une perspective rassembleuse !

 

Voilà pourquoi, la proposition d’un référendum est une erreur pour les progressistes et n’est profitable qu’à ceux qui calculent en termes d’alternance et de places après 2012.

D’abord, le référendum, personne ne l’obtiendra.

Ensuite, un référendum pose une question implicite, dans la perspective illusoire d’un vote. En l’occurrence, elle est très réductrice : pour ou contre le projet du gouvernement ou plutôt pour ou contre la retraite à 60 ans.

 

Voilà de quoi unir pêle-mêle Aubry, Fabius, Mélenchon, toute la « gauche » jusqu’aux « écologistes » et au centre…

Alors que le rassemblement nécessite d’être clairs et offensifs sur les propositions de financement et la défense du système solidaire, on va mettre en avant, dans le camp virtuel du « non », ceux qui sont d’accord avec le passage à 42 annuités, les exonérations de cotisations patronales…

 

Ce n’est pas pour rien que les communistes ont dénoncé le procédé gaulliste du référendum et la caricature de démocratie qu’il porte!

 

Alors que battre le gouvernement implique une mobilisation de masse dans les luttes, on va reporter l’enjeu à un vote, évidemment à 2012. Aubry, Fabius, Mélenchon et leurs amis, logiquement promettent qu’ils reviendront sur tous les méfaits de la droite s’ils arrivent au pouvoir en 2012…

Nous avons l’expérience de la « votation » sur la Poste à l’automne 2009.

Encore, il s’agissait de faire connaître les dangers du changement de statut. Mais la « votation », si elle a permis à des centaines de milliers de personnes d’en prendre conscience et d’exprimer leur opposition au processus de privatisation, n’a pas du tout aidé la lutte dans l’entreprise. La recherche d’une position commune avec le PS a laissé ignorer l’autre disposition du projet de loi du gouvernement, aussi grave, la mise en concurrence intégrale des activités courrier, que les sociaux-démocrates ont approuvée au niveau européen.

 

Sur les retraites, l’effet démobilisateur risque d’être pire.

 

Un parti comme le nôtre, le PCF, doit prendre toutes ses responsabilités dans le développement de la lutte, d’une lutte durable, déjouant le calendrier et les pièges du gouvernement.

C’est maintenant que cela se joue et non dans la préparation de 2012 et d’une alternance sans lendemain. Ne laissons pas détourner le mouvement vers la perspective électorale ! Elle viendra en son temps.

Fourbissons les arguments, prenons les initiatives qui permettent le rassemblement, ici et maintenant, sur le fond, celui qui justifie que les salariés perdent une journée de paie, plusieurs.

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10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 11:14

Qui veut laisser Mélenchon paralyser le PCF d’ici 2012 ?

 

Mélenchon, bien formé à l’école du PS (et avant de l’OCI, aujourd’hui POI), excelle dans un art : l’embrouille politicienne.

Il vient encore de le montrer en accusant dans la presse le PCF d’envisager une participation aux primaires du PS (dépêche AFP du 9 juin). Lui, le repenti du PS (mais pas de la social-démocratie ou de Mitterrand) jette la pierre sur les communistes, à propos d’un choix dont ils n’ont jamais décidé. Ses déclarations déloyales veulent conditionner nos propres débats et faire avancer ses calculs pour 2012.

 

Dans sa logique politicienne, Mélenchon n’a fait que de saisir au bond la balle lancée par Pierre Laurent dans sa tribune dans l’Huma daté du 8 juin. Pierre Laurent y examine en effet « plusieurs hypothèses » : la participation aux primaires du PS, la candidature PCF ou la candidature « de rassemblement avec le Front de gauche ». Mais les primaires du PS ne sont mentionnées que comme un cas d’école, visiblement soulevé pour le renvoyer dos à dos avec la candidature PCF et pour promouvoir le « Front de gauche ».

Car c’est l’un des messages que la direction du PCF veut faire ressortir de son « congrès d’étape » anti-statutaire.

Mélenchon ne s’y trompe pas, mais tire toujours la couverture à lui, en émettant (sur son blog) la « demande pressante » que le « congrès » du PCF fixe les choses.

 

Communistes, pensons-nous que la situation politique appelle 12 mois, 18 mois de dialogue politicien, de tractations pré-électorales, avec Mélenchon ou d’autres ? NON !

Mais avec le « Front de gauche » et la place qui a été laissée à Mélenchon, que nous le voulions ou non, c’est parti sans compter le soutien qu’il reçoit des media (évidemment puisque c’est pour attaquer le PCF !).

Avec quelle perspective ? Celle d’occuper un espace électoral existant à « gauche du PS » pour mieux canaliser vers l’alternance.

Mettre en échec la politique du pouvoir sarkozyste n’est pas la préoccupation de Mélenchon. A chaque problème, il répond qu’il faut que la gauche s’engage à faire mieux, à réparer après 2012.

 

Pour les communistes ancrés dans les réalités, dans les luttes, faire échec aux contre-réformes du gouvernement est le souci principal.

 

Arrêtons de laisser paralyser notre parti, de le laisser dénigrer par des Mélenchon avec le « Front de gauche » ! Coupons court au scénario écrit d’avance de la tambouille pré-électorale, puis de l’électoralisme en décidant dès à présent du principe d’une candidature communiste à la présidentielle.

 

Le rassemblement, contribuons à le construire sur chaque lutte pour faire reculer le gouvernement.

 

Nous aurons l’occasion de revenir sur la tribune de Pierre Laurent et sur le caractère illusoire et trompeur du « front populaire du 21ème siècle », associant (dit-il) des « centaines de milliers de personnes », qui plus est sur un objectif avant tout électoral. « Démocratie participative » ?, « ateliers d’écriture » ?: il n’y a pas de décision collective possible sans organisation structurée. Ainsi conçu, le « Front de gauche » ne peut que supplanter le PCF. Nous y reviendrons.

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 19:13

PCF : Nous ne laisserons pas avaliser,

dans un congrès non statutaire, des décisions du « sommet » du Front de gauche

 

Communiqué, mercredi 9 juin 2010

 

Normalement, c’est aux communistes de décider souverainement de la stratégie nationale de leur parti, le PCF.

Mais à une semaine à peine du début du « congrès » extraordinaire, il semble que tous les choix de fond sont déjà tranchés.

 

Le Front de gauche se réunit ainsi en « sommet » le 9 juin 2010 avec comme ordre du jour : « comment continuer le Front de gauche et le structurer », « comment aller ensemble aux futures élections » ? Restent à négocier – et ça peut durer éternellement - entre dirigeants du PCF, du PG et de GU les modes de désignation des candidats pour les élections à venir, des cantonales de 2011 aux législatives de 2012 en passant, bien sûr, par les présidentielles et le programme « unitaire » qui emballera les candidatures communes. Déjà la direction du PCF en a acté le principe dans un échange de courriers avec le PG.

 

A quoi va bien servir alors le « congrès d’étape » du PCF puisque tout est déjà ficelé sinon à avaliser les choix de la direction du Parti et du Front de gauche et à les imposer aux communistes comme décisions de congrès ? Ce n’est pas acceptable.

 

Il se confirme qu’à chaque étape, la préparation de ce « congrès » viole les statuts et les règles démocratiques de fonctionnement du PCF. Un « congrès » non statutaire, ne peut pas prétendre en être un, ni même être légal.

 

La quasi-totalité des assemblées de section sont déjà passées (ou n’auront pas lieu), comme près de la moitié des congrès départementaux. Ces conditions de précipitation auront laissé au mieux quatre semaines aux communistes de base pour prendre connaissance des textes et en discuter, un délai contradictoire avec les statuts (art.11.1). Sans surprise, la participation a été très faible. De nombreuses fédérations n’ont pas pu fixer les délégations des sections suivant les dispositions statutaires (art.10).

 

La direction du Parti ne soumet pas à amendement les textes qu’elle a adoptés. On discute dans le vide sur des textes à la fois unilatéraux et évasifs. Les résolutions de la phase finale du congrès pourront tomber du ciel, du « sommet ». Là encore, il y a violation des statuts (art.11.2).

 

Nous avons déposé un texte alternatif, intitulé « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF ». C’est une proposition de base commune de discussion alternative, telle que les statuts le prévoient. Elle est maintenant signée par 650 camarades dont 9 membres du Conseil national, 25 secrétaires de fédération ou de section.

 

La direction du Parti a réceptionné le texte alternatif.

Marie-George Buffet, à la réunion des secrétaires fédéraux du 26 mai, répondant s’est engagée à ce qu’il soit publié dans le courrier internet « Info-Hebdo ». Cela ne fait pas le compte mais cet engagement n’a pas été tenu à cette heure.

Olivier Dartigolles a affirmé à la presse que le texte serait soumis « aux discussions du congrès conformément aux statuts ». Ce n’est pas le cas. Les statuts précisent que les propositions de base commune sont portées à la connaissance de tous les adhérents.

Robert Injey nous a informés qu’il n’y aurait pas de vote des adhérents sur les textes, là encore en contradiction avec les statuts (art 11.1).

 

Dans cette situation, nous demandons encore plus fortement l’envoi de notre texte aux adhérents et l’organisation d’un vote.

Nous exigeons une page de tribune dans le supplément « Communistes » du 16 juin. Nous invitons les camarades à relayer cette demande et à continuer de signer et de faire signer le texte.

 

La direction du Parti a-t-elle peur de l’information et de la consultation des communistes ?

 

Notre démarche reste la même :

- Nous dénonçons les conditions antidémocratiques de ce congrès.

- Nous apportons des éléments et des analyses pour ouvrir le débat de fond.

Au 34ème congrès, dans leur grande majorité, les communistes se sont prononcés pour le maintien et le renforcement du PCF. C’est contradictoire avec la poursuite de la dilution du parti et des positions communistes dans un Front de gauche politicien et électoraliste, une « unité de petits » qui ne correspond pas à nos objectifs de rassemblement. Le PCF ne peut pas se fondre pas dans une force d’appoint de la social-démocratie, rivée sur 2012.

Notre parti ne doit pas être happé dans le système, dans des négociations politiciennes autour de l’élection présidentielle. C’est pour cela que nous nous prononçons pour que soit décidé dès maintenant le principe d’une candidature PCF.

La priorité doit être accordée au rassemblement dans les luttes, non pour préparer l’alternance, mais pour faire plier le gouvernement tout de suite dans sa violente offensive antipopulaire.

Il y a une attente dans le monde du travail : l’attente du parti de classe et de masse que seul le PCF a été, l’attente de propositions et d’actions nationales en rupture avec le consensus de l’idéologie dominante, par exemple contre l’UE du capital, pour des nationalisations, pour la défense du financement solidaire de la Sécurité sociale...

La perspective socialiste et internationaliste que notre parti a portée depuis sa naissance, il y a 90 ans au congrès de Tours, est plus que jamais d’actualité.

 

Nous ne laisserons pas ce « congrès » non-statutaire décider à la place des communistes de continuer l’effacement du PCF et de ce qu’il représente. Nous ne nous le laisserons détourner par ceux qui pensent et disent depuis 20 ans que le Parti n’a plus de raison d’être et qui choisissent de mettre en scène leur départ aujourd’hui. Nous ne nous laisserons pas détourner par ceux qui placent leurs billes personnelles pour les présidentielles.

 

Il est d’une importance primordiale que s’exprime, d’ici ce « congrès », au moment du « congrès » et ensuite, avec force et visibilité, que les communistes veulent faire vivre et renforcer leur parti, le PCF, pour affronter le capital.

 

Contacts : Frédéric Bernabé, secrétaire de la Fédération de la Haute-Saône, CN (pcf70@wanadoo.fr);  Eric Jalade, secrétaire de la fédération du Tarn, CN (eric.jalade@orange.fr); Emmanuel Dang Tran, secrétaire de la section de Paris 15ème, CN (pcf15@wanadoo.fr); Corinne Bécourt, section de Saint-Quentin, membre du CN (corinnebecourt@hotmail.fr) ; Fabienne Debeauvais, section d’Amiens, CN ; Claude Fainzang, section Paris 19ème , CN (claude.fainzang@wanadoo.fr) ; Dominique Negri, secrétaire de la section de Saint-Martin-d’Hères, CN (d.negri@wanadoo.fr); Christian Tabaglio, section de Jarny, CN (christian.tabaglio@wanadoo.fr)

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9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 11:42

Nous reproduisons le texte de l'interview donnée le 9 juin 2010 par Noël Zicchina, communiste de Corse du Sud, ancien secrétaire de l'UD CGT, à la radio "Alta Frequenza".

 

(texte retranscrit par vivelepcf)

 


Sur le site de la radio:

Noel Zicchina : Rouge et pas grenadine

(Alex Bertocchini – Alta Frequenza) - Le rouge du drapeau communiste ne doit pas être couleur grenadine ! C’est l’affirmation massue, pardon marteau, assénée par Noël Zicchina sur le Front de Gauche. L’ancien leader de la CGT de Corse-du-Sud n’en démord pas : la dilution de tous les fondamentaux du Parti Communiste dans une sorte de mosaïque, fût-elle de Gauche, est très préjudiciable à un parti qui se situe de manière incontournable dans le camp anti-capitaliste.  Ecoutez Noël Zicchina.

 

  noel_zicchina_rouge_et_pas_grenadine_line_actu.jpg

 

Noel Zicchina. Lorsque vous allez dans un bar prendre une grenadine, vous ajoutez de l’eau. Vous avez dilué la grenadine dans l’eau. Et le goût n’est plus celui que vous attendiez par rapport à l’eau. Je pense que dans cette stratégie d’effacement, de dilution du parti communiste au profit en plus en Corse d’un front de gauche qui n’a jamais existé. Vous n’êtes pas sans ignorer que le Front de gauche est constitué du Parti communiste français au niveau national, du Parti de gauche et de la Gauche unitaire. En Corse, le Front de gauche pour les élections régionales n’était composé que d’un seul parti qui était le Parti communiste français. Il aurait été tout à fait logique et normal que la liste présentée soit présentée par le Parti communiste français. Or la direction du Parti a préféré la présenter comme le Front de gauche. Pourquoi ? Au détriment de qui ? Je pense qu’ils ne sont pas convaincus que le Parti communiste peut être une force de changement, véritablement de changement à gauche afin de permettre aux citoyens, aux retraités, aux chômeurs, à ceux qui ont de plus en plus de mal à vivre de pouvoir s’investir dans l’action revendicative en la matière.

 

Est-ce qu’il y a risque, selon vous, de voir, à terme, disparaître le PCF en tant qu’entité propre, c'est-à-dire en tant que parti politique marxiste ?

 

Noel Zicchina. Je crois. Je crois que les conditions ne sont pas tout à fait réunies aujourd’hui mais je crois qu’il y a au niveau national et au niveau local un certain nombre de dirigeants qui s’inscrivent dans une démarche d’effacement du Parti. Ça veut dire concrètement de disparition du Parti communiste français. Oui, je pense qu’il y a cette volonté politique qui existe parmi un certain nombre de dirigeants.

 

Il s’agit d’enjeux extrêmement importants pour la vie politique, pas seulement ici, au niveau national également.  Le PC a toujours représenté une force politique incontournable dans ce que l’on appelle le paysage politique général. Sa disparition à terme, si elle intervient, quelles seraient les conséquences ?

 

Noel Zicchina. Ecoutez, le problème est simple. Le parti communiste doit s’inscrire dans une démarche de dépassement du système capitaliste. Certains veulent s’inscrire dans une démarche d’accompagnement du système capitaliste, comme le Parti socialiste, par exemple. S’ils sont d’accord pour s’inscrire dans une démarche d’accompagnement du système capitaliste, je pense, honnêtement, qu’ils ont un choix à faire, politique. Mais, ce choix, cela ne peut pas être la destruction du Parti communiste français. Je crois que, à l’heure actuelle, il y a une nécessité importante, plus que jamais, d’avoir un parti communiste français, un parti sur des positions d’intérêts de classe parce que l’on est bien dans cette situation : le système capitaliste a démontré sa nocivité. Je crois qu’il faut qu’on arrive à avancer, à renforcer le Parti communiste, à l’ouvrir, à ce qu’il soit plus démocratique à l’intérieur et en direction des citoyens pour en faire des acteurs et des décideurs de la société dont ils veulent.

 

Vous évoquiez le parti socialiste. Vous pensez qu’aujourd’hui, ce serait finalement, entre guillemets, autour du PC de ne plus être une opposition formelle contre le capitalisme, voire le libéralisme, voire aussi la social-démocratie.

 

Noel Zicchina. Ecoutez, c’est simple. On va rester dans le domaine concret. Un exemple concret : depuis des années et des années, les retraités, les chômeurs, les précaires, les gens qui ont de plus en plus de difficultés réclament une réduction de 50% des tarifs maritimes, aériens et ferroviaires pour ces gens qui vivent en Corse. Nous pensons honnêtement que pour faire une véritable politique de gauche en Corse, il faut que la nouvelle majorité satisfasse cette revendication pour permettre à un certain nombre de gens qui n’ont pas les moyens de pouvoir se déplacer librement. Je crois qu’il fait qu’on arrête de faire de la philosophie. Il faut être concret sur des objectifs précis. Un exemple : il serait tout à fait logique et normal que la présidence de la CCM revienne à un communiste. C’est tout à fait logique et normal puisque le Front de gauche a fait 10 et quelques, on aurait dû avoir deux représentants à l’exécutif. Il me semble que, là aussi, c’est des choix qui se font. On verra en marchant, mais au-delà des débats idéologiques, je crois qu’il faut que nous aidions cette majorité à faire une véritable politique de gauche. Pour cela, il faut que les citoyens s’investissent dans la lutte à partir de leurs problèmes concrets qu’ils rencontrent quotidiennement dans la vie au niveau de la région Corse afin de les aider à faire véritablement une politique de gauche. Dans le cas contraire, il va y avoir là un accompagnement de la crise. Il faut que la région devienne un lieu de résistance à la politique de Sarkozy et à la politique du patronat. Est-ce que c’est cette voie qui est prise ? Je me pose encore la question.

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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 22:30

" Faire vivre et renforcer le parti de classe et de masse", telle est la priorité des camarades de la section du Jarnisy en Meurthe-et-Moselle, section dynamique et rassembleuse.

Elle tenait son assemblée avant le "congrès" extraordinaire de juin 2010.

Les camarades ont exprimé avec force leur rejet du "Front de gauche" qui amène à une "dilution du PCF et de l'identité communiste" et ne représente pas une union valable, avec des organisations représentatives, sur des objectifs précis.

Ci-dessous l'assemblée vue par la presse locale:

 

Jarny-congres.jpg

 

 

 

 

 

 

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 12:23

Francis Wurtz invoque Robert Schuman (HD du 20 mai) pour sauver « l’idée européenne ». Stupéfiant !

 

De nombreux camarades ont été interloqués et même choqués par un article de Francis Wurtz dans l’Humanité-dimanche du 20 mai 2010, intitulé « Schuman, réveille-toi, ils sont devenus fous ».

 schuman.jpg

Article par ACDT pour vivelepcf

 

On aurait pu croire à l’emploi du second degré par le député européen honoraire. Mais non, son article se revendique bien du « père fondateur » de l’Europe et de son discours du 9 mai 1950, que les européistes présentent « comme l’acte fondateur de la construction européenne ».

Réveiller le souvenir de Robert Schuman cela devrait être d’abord rappeler que cet « Européen » vota les pleins-pouvoirs à Pétain en 1940 et fut même membre de son premier cabinet.

Ensuite, cela devrait rappeler son œuvre au service de ce que les communistes dénonçaient à juste titre comme « l’Europe des trusts », affiliée à l’impérialisme américain.

Pas ou plus pour Francis Wurtz !

 

De Schuman, « sans être nostalgique de ce temps là », il reprend à son compte les phrases creuses (« L’union plutôt que la division »), les « valeurs » mises en avant pour accompagner la construction de l’Europe du capital.

Il laisse entendre qu’il y aurait eu un changement dans le cours de la construction européenne par rapport au temps de Schuman, « tout particulièrement ces vingt dernières années ».

Ce serait les dirigeants « actuels » qui seraient en train de discréditer « l’idée européenne ».

Logiquement, Wurtz aboutit à proposer aux lecteurs de l’hebdomadaire de voler à la rescousse de « l’idée européenne », menacée d’être « enterrée » par la réaction à la politique des dirigeants européens. « Sinon, cela reviendrait à leur laisser tout le terrain », assène-t-il sans autre forme d’argument.

Au nom de « réorienter fondamentalement la construction européenne », il faudrait commencer par relégitimer la « construction » européenne si profondément rejetée par les peuples.

Que Wurtz fasse appel à une référence aussi choquante pour les communistes que Robert Schuman est révélateur de combien sa ligne politique est un contresens pour les travailleurs et les peuples d’Europe.

 

Quelques rappels ne sont pas inutiles.

La « construction » européenne n’a pas changé de nature. Elle est conçue depuis l’origine dans l’intérêt du capital et du patronat.

 

La fameuse déclaration de Schuman du 9 mai 1950 correspond à la création de la CECA (Communauté du Charbon et de l'Acier) union supranationale des patrons de la sidérurgie d'Allemagne, de France et du Benelux.

En fait « d’Europe de paix », la militarisation, comme allié de l’impérialisme américain est la ligne directrice de l’UE depuis le départ. Le Traité de Lisbonne se situe dans le droit fil de la « Communauté européenne de défense » (CED), mise en échec en particulier par le PCF en 1954.

Toute « la réalité de l'évolution de l'UE » était contenue dans le Traité de Rome de 1957: « l'établissement d'un marché commun et par le rapprochement progressif des politiques économiques des États membres » (article 2); « l'abolition, entre les États membres, des obstacles à la libre circulation des personnes, des services et des capitaux » (article 3) qui sera effective après Schengen et l'Acte Unique, « l'établissement d'un régime assurant que la concurrence n'est pas faussée dans le marché commun » (art. 3) qui a tant fait parler en 2005, au moment du référendum sur le TCE. Etc.

 

Dans son œuvre de destruction des acquis sociaux et démocratiques nationaux, l’UE, comme outil, avance en fonction des rapports de force. Dans les années 80 et 90, avec les gouvernements nationaux, elle a profité de l’affaiblissement et de l’effondrement de l’URSS et des pays socialistes d’Europe de l’est.

 

Aujourd’hui, dans un contexte de mondialisation capitaliste accrue et de crise, elle fait face à des résistances populaires de plus en plus fortes pays par pays. Bien sûr, les dirigeants européens essayent de dévoyer ces oppositions, de les canaliser avec leurs auxiliaires nationalistes.

Mais s’il y a bien un « terrain qu’il ne faut pas leur laisser », c’est celui-là, celui de l’opposition à l’UE du capital, celui de l’internationalisme pour combattre la politique que les gouvernements mènent de concert avec elle contre les peuples.

 

Une idéologie européenne de « gauche » pour défendre l’UE ?

 

 « La gauche doit faire preuve de créativité politique », écrit F. Wurtz, être capable de fournir à cette Europe en crise « des idées neuves à la hauteur des enjeux », en somme fournir une idéologie européenne de substitution.

Et comme point de départ, Wurtz est prêt à récupérer les boniments de Schuman : « 'la reconnaissance de l’autre', 'la coopération', 'la solidarité plutôt que l’égoïsme'.

 

L'Europe sociale est morte(-née)? Vive l'Europe sociale!

 

La logique de ce que l’on pourrait appeler « le réformisme européen » consiste à imposer comme cadre principal de tout changement l’Europe, les institutions de l’UE. C’est à dire précisément l’échelon sur lequel les peuples n’ont pas de prise et qui a été structuré contre leur souveraineté et leur expression démocratique.

Ensuite, le « réformisme européen » émet des propositions de « réorientation sociale » fondamentalement illusoires qui tendent à réhabiliter les structures qui aident les gouvernements nationaux à imposer la politique que les mouvements populaires combattent.

Eventuellement, on ouvre la voie à quelques leurres de politique « sociale européenne » pour donner le change. On se souvient de la « Charte des droits fondamentaux », incluse dans le TCE et dont les communistes ont méthodiquement démonté la logique profonde de régression.

Cette « idéologie européenne de gauche » rejoint les partisans « libéraux » (et socio-démocrates) de « l’Europe politique ». Pour des progressistes, pour des communistes, par rapport à l’analyse que notre parti avait toujours défendue, on est en plein contresens.

 

Il n’y a par exemple aucune illusion à nourrir sur une réorientation de la BCE qui échappe, par définition, à tout contrôle populaire et a été conçue dans l’intérêt des capitalistes. Les peuples paient si fort le prix de sa monnaie unique ! Ce n’est pas un ripolinage avec des « prêts socialement responsables » qu’on y changera quelque chose. Une monnaie commune de coopération exige une autre institution financière et surtout le retour à la souveraineté monétaire des Etats.

L’UE, c’est le contraire, la négation de la coopération entre les peuples, c’est leur mise en concurrence dans l’intérêt du capital. L’expérience a été faite ! Les quelques exemples de coopérations réussies, comme Airbus ou Ariane, se sont faits en dehors de l’UE et sont menacés par ses règles. Ce n’est pas dans le cadre de l’UE, de la libre circulation des capitaux, de l'Union économique et monétaire (entre zones de développements différents), c’est contre elle, que l’on peut concevoir les coopérations mutuellement avantageuses entre nations que le PCF a toujours voulues.

Comment prétendre arracher au niveau européen « des droits et des pouvoirs nouveaux pour les salariés et les citoyens », alors que le capital utilise l’Europe pour détruire les droits et pouvoirs que les peuples et les travailleurs ont conquis dans le cadre de leur pays, grâce à leur expérience de lutte nationales et à leurs organisations de classe?

Au niveau européen, le cadre des relations sociales confectionnées par les européistes va s’imposer de lui-même, c’est celui de la tradition réformiste de collaboration de classe dont la CES, Confédération européenne des syndicats, est l’illustration. La CES a ainsi milité pour le oui à Lisbonne (même contre ses syndicats membres comme on l’a vu en Irlande).

 

Au contraire chaque victoire du mouvement social dans un pays est une victoire pour tous les autres. « Peuples d’Europe, soulevez-vous » invitent nos camarades grecs !

 

Wurtz admet: « Il n'y a pas de solution clé en main ». L'identification de la solution passe d'abord par celle du problème.

Car l'UE n'est pas la solution, elle est le problème.

Wurtz conclut : « L'Europe est un combat ». Nous lui répondons : « L'Europe des peuples est un combat contre l'Union Européenne du Capital ».

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 15:08
Le coup de marteau de Noël Zicchina sur le Front de gauche

Article publié dans Corse-Matin du 4 juin 2010

 

zicchina.jpg

Noël Zicchina fait partie de ces communistes qui dénoncent la stratégie d'effacement du PCF au sein du Front de gauche.

 

Des communistes critiquent le Front de gauche. La démarche peut surprendre et le débat est pour le moins inattendu à l'heure où le président de l'assemblée de Corse porte haut le rouge. Et pourtant, des voix dénoncent la « stratégie d'effacement du Parti communiste au profit du Front de gauche ».

S'agit-il d'un coup de faucille dans l'air ? En fait, des communistes insulaires se veulent le relais d'une grogne nationale qui s'amplifierait sur le sujet. Certains communistes « sincères » affichent leur désaccord avec les instances. Noël Zicchina, l'homme à l'écharpe rouge, fait partie de ces militants « déçus » par l'« alliance électorale » lancée en 2008. « C'est quoi le Front de gauche ? Une nouvelle force politique ? Un mouvement ? Autre chose ? Moi, j'appelle ça "la Cosa". Le Front de gauche n'existe pas... », tranche Noël Zicchina.

Membre du comité départemental de la fédération du PCF de Corse-du-Sud depuis 1972, secrétaire général de la CGT de Corse-du-Sud de 1989 à 2000, Noël Zicchina est partisan d'une ligne plus marxiste. « Plus claire », avance-t-il. « Nos dirigeants laissent penser que le parti n'est plus crédible... Et ce n'est pas une spécificité corse. Il y a une volonté délibérée de se cacher derrière un sigle : le Front de gauche. Alors que dans l'île, "la Cosa", n'est constituée que d'une seule force politique : le PCF », s'indigne-t-il.

Préférant le débat d'idées au conflit des hommes, ce communiste de la première heure se bat pour sauver la structure : « Ici plus qu'ailleurs, le Parti communiste ne sert qu'à amener des voix au Front de gauche ».

Il demande le report du congrès national

Noël Zicchina, comme une trentaine d'autres militants insulaires, refuse que le PCF devienne un outil pour les élections. Il estime que le parti doit se recentrer sur son identité. Revenir à des fondamentaux : la lutte des classes. « Je faisais partie des militants qui souhaitaient que le PCF mène sa liste aux territoriales. Une liste ouverte à des progressistes, syndicalistes, mouvements associatifs sur un contenu anti-capitaliste. Je n'ai pas été écouté. Je me suis donc mis en congé du parti », confie le syndicaliste, regrettant l'effacement du PCF « jusque sur le bulletin de vote ». « Depuis, il n'y a plus eu de débat dans la structure. Il n'y a eu aucune transparence sur la réunion et les accords de Venaco, mais aussi sur le contenu politique du programme de Paul Giacobbi... Ce contenu a permis de satisfaire les besoins des élus, non ceux des citoyens ». Et d'ajouter : « On a gagné les élections, en effaçant le PCF ». Félicitant la nouvelle majorité à l'assemblée de Corse, il assène cependant : « Je ne connais pas le contenu du projet commun pour faire une véritable politique de gauche en Corse. J'en appelle à la lutte... Pour les aider... ».

Pourquoi ces communistes montent au créneau aujourd'hui ? « Je m'appuie sur la déclaration des secrétaires fédéraux qui demandent le report du congrès national prévu les 18, 19 et 20 juin prochains à La Défense. Ce congrès devrait permettre d'adopter une feuille de route sur les transformations de notre parti. II a pour but d'institutionnaliser le Front de gauche. Dans ce texte, l'effacement du PCF est mis en évidence. Je pense qu'il est nécessaire de retarder ce congrès, afin de permettre l'implication réelle des communistes ».

Absent de Corse jusqu'au 15 juin, Noël Zicchina a adressé des courriers tous azimuts la veille de la conférence fédérale du PCF de Corse-du-Sud (prévue le 5 juin). Des missives cinglantes. Aux membres du comité départemental, il écrit : « Je pense que l'appellation des élus à la région sous l'intitulé "communistes et citoyens du Front de gauche" aurait mérité débat au PCF de Corse, en lien avec les nouveaux élus. Cette appellation est révélatrice de l'opinion qu'ont certains dirigeants des deux fédérations insulaires qui ne considèrent pas le PCF comme un parti capable de porter le changement ». Et il s'oppose clairement à la dilution du parti : « Je suis convaincu de la nécessité de continuer le PCF de notre temps : démocratique, actif, dynamique, rassembleur, créatif ».

« Je tiens à la souveraineté des communistes »

Dans un second courrier « aux camarades », Noël Zicchina présente le FDG comme un échec. Il n'épargne pas la stratégie du deuxième tour : « Le nom de la liste, Alternance et pas Alternative, en dit long sur la politique de Giacobbi... Et la phrase "la mafia va rentrer à l'assemblée de Corse" a créé un trouble. Et n'a pas aidé ». Il avance : « Nous avons sept élus dont trois sont communistes et quatre sont progressistes... Comment travailler au mieux des intérêts des couches populaires de Corse dans ce contexte ? Cela demande débat et nous avons très peu de relation avec ces élus ».

En refusant de laisser filer toute référence au communisme, Noël Zicchina agite le drapeau rouge. Il souhaite faire vivre et renforcer le PCF. Quitte à prendre à revers les partisans du Front de gauche. « Je tiens à la souveraineté des communistes dans le parti et le peuple a besoin du Parti communiste. Il n'a jamais été aussi utile que maintenant, notamment pour les retraités, les chômeurs, les précaires, les salariés, les commerçants », estime Noël Zicchina qui dit n'avoir « aucune ambition à 65 ans ». Il veut simplement la peau de « la Cosa ». Avec la faucille et le marteau.

Paule Casanova

 

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5 juin 2010 6 05 /06 /juin /2010 09:31

L’enjeu des cantonales de mars 2011 pour le « Front de gauche » et pour le PCF

 

Dans la situation politique, après l’abstention record des élections régionales, les élections cantonales de mars 2011 ne sont guère une préoccupation pour les travailleurs et pour la plupart des militants communistes.

Les responsables départementaux du PCF, et c’est bien normal, commencent à songer aux candidatures. Ils savent que c’est un long travail. Il peut et doit être couplé avec l’action dans les luttes.

Trop peu de publicité a été fait sur le bon résultat du PCF aux cantonales de 2008 : 8,77% (1.152.000 voix). En 2004, dans l’autre moitié des cantons, celle qui est renouvelable en 2011, les candidats présentés par le PCF avaient obtenu 7,79% (957.000 voix).

Ces résultats montrent l’ancrage du vote communiste et de l’organisation du PCF, qui atténuent les effets des errements de la stratégie nationale du Parti.

 

Les cantonales seront la dernière élection d’ici 2012.

 

Pour l’instant, les tenants du « Front de gauche » éprouvent bien du mal à trouver une validation électorale, la principale qui vaille pour eux, à leur démarche dans les deux premières tentatives, les européennes et les régionales. Même en forçant le trait. Avec des différences locales, les résultats de 2010 sont souvent en retrait, encore plus nettement en voix, sur ceux du PCF aux élections équivalentes précédentes.

 

Il est donc bien tentant d’annexer le vote communiste aux cantonales de 2011 pour doper le « Front » et marquer un semblant de progrès.

 

Le Parti de gauche, qui ne représente à peu près rien localement, a évidemment tout intérêt à des candidatures « Front de gauche » en 2011. Les cantonales figurent ainsi dans le « paquet électoral » qui tient lieu de perspective politique à Mélenchon (des candidatures communes des européennes de 2009 aux législatives de 2012).

 

La direction du PCF, par exemple dans la lettre du 12 mai 2010 de Marie-George Buffet et Pierre Laurent aux organisations du Front de gauche, rentre implicitement dans la perspective de candidatures « Front de gauche », tout en affirmant « l’ambition nationale de réélire les sortants » et la nécessité « d’examiner les situations département par département ».

La diminution de moitié des élus communistes régionaux au nom du Front de gauche a en effet frappé les communistes et les fédérations du Parti sont (théoriquement) souveraines dans le choix des candidats aux cantonales.

 

Le risque est à nouveau que le PCF apporte les forces militantes et les voix du vote communiste à une « unité », où il passera pour le moins unitaire et qui profitera aux partenaires et à l’étiquette « Front de gauche » effaçant et supplantant progressivement notre parti.

 

Ce risque, ces calculs sont encore plus évidents localement pour les camarades.

Ils doivent nous amener à préparer, au contraire, des candidatures de rassemblement présentées ou soutenues par le PCF, selon les réalités locales, basées sur notre action dans les luttes. L’affirmation du PCF et des positions communistes n’est pas un obstacle mais une condition pour un rassemblement efficace qui affronte par exemple la réforme territoriale de la droite ou certains choix de gestion des exécutifs PS. 

 

Ne laissons pas le vote communiste aux cantonales et l’ancrage militant de notre parti être détournés dans la stratégie politicienne du « Front de gauche », fausse alliance, rassemblement illusoire mais vraie force d’appoint de la social-démocratie.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 14:49
PARTI COMMUNISTE FRANCAIS                        
Section du Pays Grassois

 

La section du pays grassois du P.C.F réunie le 21 mai 2010 dans le cadre de la préparation du Congrès national ˝d’étape˝ des 18, 19 et 20 juin 2010 exprime :

 

  • son accord avec la description économique et sociale de la crise présentée par les documents.

            Effectivement, notre peuple est à bout !

 

  • des réserves de fond sur :

 

l’analyse qui sous-tend la crise.

      Ce ne sont pas les ˝politiques libérales˝ -terme fourre-tout mais la logique du       capitalisme financier poussée à son extrême qui est la cause de cette crise             structurelle.

 

la terminologie utilisée qui participe d’une approche confuse.

      Alors que le PSE et PPE s’accordent sur toutes les orientations de la construction          ultra capitaliste européenne et que le PS français vote avec l’UMP à l’Assemblée            Nationale et au Sénat un ˝Plan de soutien˝ à la Grèce qui n’est qu’un plan de soutien             aux banques et aux spéculateurs, l’utilisation du terme globalisant et vague de       ˝gauche˝ est de nature à brouiller la perception des réalités économiques et sociales           à révolutionner.

      Aujourd’hui, comme dans toutes les périodes de crise, l’Internationale socialiste et le      parti socialiste français sont les soupapes de sûreté du capitalisme en crise.

      La confusion terminologique entretenue par les documents du congrès n’aide     nullement à une lisibilité de notre politique.

 

la perspective :

      Pour les communistes grassois, l’objectif de transformation de la société ne peut-être    que le socialisme et la fin de l’exploitation de l’homme par l’homme.

      Le projet émancipateur doit explicitement faire référence à la volonté du PCF de            construire le socialisme.

      Ce qui passe par l’appropriation collective des grands moyens de production et   d’échange.

      ˝Appropriation collective˝ ne signifiant ni ˝étatisation˝ à la soviétique ni ˝autogestion˝ à    la yougoslave, mais un projet bâti à partir de nos réalités d’aujourd’hui intégrant les       échecs et réussites des expériences (et non des modèles) des pays socialistes     d’Europe de l’Est.

 

Sans cette perspective claire, différente et compréhensible par tous, les efforts pour rassembler et mobiliser durablement les travailleurs et les couches les plus pauvres, sont voués à ne donner que des combats ponctuels et sans lendemains.

 

Les communistes du pays grassois regrettent unanimement que le 65ème anniversaire de la victoire de 1945 sur le nazi-fascisme ait été quasiment passé sous silence par notre parti et sa presse alors qu’à l’Est de l’Europe, dans plusieurs pays, les nostalgiques des régimes alliés à Hitler paradent et se voient accorder des pensions de guerre.

Notre parti aurait du être signataire aux côtés des autres communistes du monde de la déclaration commune sur cette victoire dans laquelle l’Armée Rouge et les résistances nationales, souvent animées par les partis communistes, ont joué un rôle déterminant.

 

Ce n’est pas en gommant notre histoire et celle du mouvement communiste du XXème Siècle que l’on pourra offrir une perspective à notre peuple pour le XXIème Siècle.

 

Enfin, les communistes du pays grassois se prononcent pour la création d’une nouvelle internationale progressiste et révolutionnaire qui, sans hiérarchie ni modèle, permette les échanges et la coordination des actions entre forces partageant le même idéal citoyen et révolutionnaire.

 

Cette nouvelle internationale ne saurait se confondre avec le Parti de Gauche Européen auquel ne participent pas divers partis communistes européens représentatifs de leur peuple et qui -comme le Parti Communiste Grec- sont au premier rang de la lutte contre les ravages du capitalisme.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 14:48

Motion  adoptée à l’unanimité

par les Communistes de la Section de Carqueiranne, lors de leur conférence de Section,

les 19 et 31 mai 2010

 

Préambule

Les communistes carqueirannais tiennent à réaffirmer d’abord leur opposition quant à la tenue d’un congrès, fut-il d’étape, dans une démarche de temps qui ne laisse pas suffisamment la place  à la réflexion  et à l’élaboration de pistes et de décisions. Un congrès dans l’action, oui, mais à condition que soit laissé le temps de véritablement développer des actions, en y consacrant le maximum de nos moyens. Un congrès d’étape annoncé, oui, mais où l’objectif initial de changement de secrétaire général se trouve maintenant noyé dans un ordre du jour   fondamental pour la vie même de notre Parti, et  où les réflexions apparaissent déjà comme des prises de position  qui verrouillent le  35eme  congrès.

Les communistes carqueirannais regrettent donc que la position qui était la leur de  ne tenir ce congrès que dans quelques mois n’ait pas été prise en compte. Une fois de plus nous est imposée, par le haut, une démarche  volontariste qui ne tient pas compte de la réalité de terrain ni de la nécessaire démocratie dans le parti.

Evaluation..

C’est dans un contexte de crise pour les peuples que  le « Congrès d’étape » se tient. Le  capitalisme fait donner toutes les armes dont il s’est doté, en particulier dans les dernières décennies pour accentuer sa recherche de profits à tout prix, et cela maintenant dans la sphère européenne pour ce qui nous concerne. Les évènements se déroulant en Grèce, Portugal, Espagne,  comme  en France,   éclairent, si cela était nécessaire, sur les réelles ambitions du capital, mais aussi sur le rôle des différentes structures politiques ( Communauté Européenne, Fond Monétaire International) et le rôle des formations politiques (Partis de droite, mais aussi Partis Socialistes, Sociaux Démocrates) soutenant ou accompagnant le système. Le Parti Communiste grec (KKE), quant à lui, souligne par son action, toute l’importance et l’utilité de l’existence d’une organisation révolutionnaire, qui ne renonce pas à ses idéaux.

Oui, plus que jamais, face à un capitalisme dévastateur, les peuples ont besoin de Partis Communistes susceptibles de lutter avec eux, pour un changement radical de société, pour l’abolition du capitalisme, pour l’instauration du socialisme démocratique. Face à la mondialisation capitaliste, l’internationalisme communiste se doit d’être puissamment développé.

Plus que jamais, en France, nous avons besoin d’un Parti Communiste Français offensif, clairement anticapitaliste,  internationaliste, rassembleur, unitaire, ne négligeant rien sur sa nécessaire existence et son nécessaire développement.

Cette exigence souligne combien il est urgent de se ressaisir, en mettant un terme aux stratégies (mutation, collectifs antilibéraux, front de gauche de sommet, transformation … ), qui depuis le Congrès de Martigues (30ème Congrès), nous conduisent à un effacement progressif du PCF, ne pouvant qu’aboutir à sa disparition.

Les communistes carqueirannais tiennent à souligner combien la tactique de front de Gauche de sommet pour les régionales , bien loin d’être une stratégie offensive de front de lutte, a été contreproductive et néfaste, appliquée à la région Paca et au département du Var. La perte d’identité et de repère associée à une campagne  tardive et «  tiédasse »  au niveau régional n’a pas permis, malgré une campagne dynamique et identitaire de la Fédération  et des communistes du Var, de s’ancrer dans la volonté exprimée  sur le terrain, et pour laquelle on était attendu, de proposer et de faire autre chose , face à la droite et à la social-démocratie  sortante.

 De plus le déni de démocratie qui a consisté à imposer une tête de liste  Parti de Gauche  dans le Var contre l’avis de plus de 80% des communistes ( les autres s’étant ralliés à une candidature avec le PS dès le premier tour)  et de surplus sans véritable surface politique dans le département ( entreprises et quartiers )  a fortement contribué au résultat que l’on ne peut  sincèrement qualifié de positif  pour le premier tour ni  pour le Parti communiste, ni pour ce qui était appelé Front de Gauche . Et pourtant, dans le même temps,  les socialistes et les verts ne sont pas parvenus à décoller  par rapport à 2004 et après 12 ans de mandat !!

Beaucoup de potentialités de changer les choses n’ont donc pas été travaillées et n’ont pas pu  donner du souffle et des résultats tangibles à ce qui aurait du être un front de lutte  offensif .

L’évaluation de la stratégie de front de gauche, telle qu’elle a été ressentie et concrétisée par les électeurs et surtout par tous ceux qui ne sont pas aller voter, dans les quartiers populaires comme dans les entreprises du département, a le mérite d’être très  claire. Que cela ait été ressenti douloureusement dans l’esprit et dans le cœur des militants communistes qui se sont investis dans la campagne  est un autre volet de cette leçon. Le Front de Gauche de sommet, tel qu’il a été imposé par la Direction nationale pour les régionales est un échec et mène à l’impasse politique par rapport aux besoin exprimés par les gens .

 

Les communistes de Carqueiranne  réaffirment  leur volonté de  la nécessité de mise en place et en œuvre de fronts de lutte,  pour avancer et agir face à des enjeux sociaux fondamentaux, comme l’emploi, les retraites  etc . Fronts qui ont vocation de rassembler dans l’action très largement, avec les partis politiques, toux ceux qui dans le mouvement social, le mouvement associatif et les citoyens veulent avancer sur ces enjeux et contribuer ainsi à changer les choses dans notre société.

En aucun cas, pour les communistes carqueirannais, la stratégie de front passe par la construction d’un pseudo parti politique nouveau à la Die linke, ou  par l’éclatement et le redéploiement du parti communiste comme on a pu le voir en Italie ou en Espagne…

 

Le Parti communiste Français

 

Mais cette stratégie de front de lutte ( rassemblement majoritaire)  ne pourra être efficace sans un outil politique  conséquent et cet outil est le Parti communiste français.

Plus que de « transformation », notre Parti a besoin de redevenir lui même, pour ses adhérents d’aujourd’hui et ceux qui l’ont quitté et qui doivent y revenir, pour ses électeurs, ceux d’aujourd’hui et ceux d’hier qui ne le reconnaissent plus et doivent le retrouver, ceux de demain surtout et en particulier les jeunes.

Identité et repère sont des mots forts , chargés de sens pour qui veut bien les entendre sans œillères et parti pris.

 Les  jeunes  ne sont-ils pas ceux-là mêmes pour qui un projet de société résolument communiste, peut parler , réhabilitant les nécessaires socialisations des moyens de production et des principales banques, la gestion démocratique des services publics, reprenant les principes forts tels qu’a pu les concevoir le Conseil National de la Résistance dans son contexte de lutte et d’émancipation des peuples,  comme les acquis de mai 68. Un projet de justice sociale, fraternité, solidarité, ici et partout dans le monde.

Un PCF porteur de cela , qui retrouve ainsi son identité révolutionnaire, a toute sa place dans une société moderne comme la notre.

Aussi,  le PCF doit-il être présent, es qualité, dans la construction des fronts de luttes  indispensables  face à la crise et aux attaques sans précédent que subit notre peuple.

Aussi, le PCF doit-il être présent, es qualité, dans toutes les élections à venir, cantonales, législatives et présidentielle. L’élection présidentielle doit à l’occasion du premier tour, constituer une opportunité de visibilité nationale.

 

Si la perspective de « transformation » peut avoir un sens, c’est dans la nécessité de créer toutes les conditions, pour faire vivre déjà en interne, nos ambitions d’émancipation des gens, de transparence  et de fonctionnement démocratique réel.

 Il faut mettre un terme au centralisme actuel, qui conduit une poignée de « dirigeants » à décider de tout, pour tous, quand ce n’est pas contre le plus grand nombre. Comment accepter en notre sein, ce que nous refusons et combattons dans la société ? Nos statuts se doivent d’être rénovés pour donner effectivement les pleins pouvoirs à celles et ceux, qui par leur adhésion, par le règlement de leurs cotisations, par leur engagement militant, font et sont le Parti Communiste Français.

  Conférence de section de Carqueiranne  des 19 et 31 mai 2010

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