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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
25 octobre 2010 1 25 /10 /octobre /2010 09:58

Conseil national du PCF des 22 et 23 octobre 2010 

 

Intervention d’Emmanuel Dang Tran, fédération de Paris

 

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En réaction à ce que vient de dire le camarade, je veux souligner combien la proposition du retour aux 37,5 annuités est non seulement juste, crédible mais essentielle dans la défense du système solidaire par répartition. Nous portons l’exigence de l’abrogation de la loi Balladur depuis 1993 mais elle est anormalement délaissée dans la campagne nationale aujourd’hui.

 

Nous devons vraiment avoir ce débat. La contradiction profonde avec le PS qui choisit l’allongement de la durée de cotisation pour affaiblir notre système de retraites ne doit pas le bloquer.

 

La durée moyenne des carrières de ceux qui font valoir leurs droits à la retraite en 2010 est de 36 ans, sans compter les années de bonification. Le Conseil d’orientation des retraites, lui-même, prévoit qu’elle sera de 37 ans pour ceux qui liquideront leur retraite dans les années 2020, cette estimation avec un taux de chômage envisagé à 4,5%.

Donc 37,5 années, cela correspond à une réalité. 37,5 ans de travail dans une vie, c’est déjà long en termes de choix de société.

 

Revenir aux 37,5 annuités, c’est une proposition que redonne sa crédibilité au droit à la retraite à 60 ans pour tous.  

Je trouve l’argument complètement spécieux qui consiste à dire que pour certains cela ne suffira pas pour bénéficier du taux « plein » à 60 ans. C’est une réalité. Mais avec 40,5 annuités comme aujourd’hui, 41,5 voire 43 dans quelques années, les conditions seront évidemment bien pires, inaccessibles pour le plus grand nombre.

 

L’âge d’entrée sur le marché du travail n’est pas de 27 ou 30 ans comme on l’entend. Il est en réalité de 21 ans. Les trois-quarts des étudiants sont aussi salariés. Peu étudient plus de 4 ou 5 ans.

27 ans, c’est l’âge moyen d’accès au premier emploi stable. C’est là qu’est le problème. Nous ne pouvons pas accepter cet état de fait. Notre bataille doit être dirigée contre le chômage, l’emploi précaire, les stages pratiquement pas rémunérés que le patronat impose en particulier aux jeunes, mais aussi de plus en plus aux salariés les plus âgés.

 

Le retour aux 37,5 annuités est une condition pour défendre la légitimité du système par répartition auprès des salariés.

La déconnexion entre la durée réelle des carrières et la durée de cotisation demandée pour une retraite à taux « plein » remet en cause la conception de la retraite comme prolongation du salaire, la légitimité du financement solidaire des retraites par la cotisation sociale, partie socialisée du salaire.

 

Le patronat, le capital ne demandent que ça depuis toujours, depuis 1945, pouvoir mettre la main sur le financement solidaire. Les gouvernements successifs ne cesse d’en saper l’efficacité, également pour que les salariés cessent de le défendre.

 

Or il n’y a pas de prélèvement sur la création de richesse, sur les profits, plus direct, sans gâchis financier, que le salaire dans sa partie nette et sa partie socialisée.

Notre parti, qui est à l’origine de l’établissement de ce système à la Libération, doit être le plus déterminé à le défendre.

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 11:22

DES TRACTS pour faire vivre et renforcer le PCF - octobre 2010

Revue de propagande. 7 octobre 2010

des tracts PCF à la disposition des organisations du Parti

Cliquez sur les titres, documents en lien (format PDF ou html)

RETRAITES :

 

Matériel général :

 

Après le 2 octobre : Confirmé le 2 octobre: Nous sommes le nombre pour gagner le retrait de la loi Woerth  (PCF Paris 15)- PDF

Après le 23 septembre : 3 millions dans la rue pour les retraites : encore plus forts pour aller jusqu’au retrait de la loi Woerth, jusqu’à la victoire - PDF

Retraite à 60 ans à taux plein : nous pouvons gagner PDF 

Femmes - Hommes: intérêt égal à mettre en échec la loi Woerth!

Pétition :

 

Retrait du projet de loi Woerth - Html

 

Autocollant :

 

101007 autocollant tarn

 

Tracts sectoriels/entreprises :

- Unité Lycéens Etudiants Travailleurs à partir du 12 octobre

- RATP : Solder l’expérience de la lutte de 2007 : la condition pour réussir la grève reconductible à partir du 12 octobre 2010

- Fonction publique : notamment contre l’augmentation des « cotisations »

- Unité actifs et retraités (sur la menace de hausse de la CSG au nom de la « dépendance).

 

Education nationale:

Face à la casse du lycée, de l’école publics : front commun!!  - PDF

DEFENSE DES SERVICES PUBLICS :

 

Contre la loi NOME (marchandisation de l’électricité)

 

Retrait des troupes françaises d’Afghanistan – Sortie de la France de l’OTAN. Des autocollants :

 

100101 autocollant Tarn Otan.png100101 autocollant Tarn afg

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 08:48

Extrait:

 

"Tout le monde n'a pas suivi le même chemin. Je me souviens que, après avoir longuement hésité, Laurent Fabius s'est prononcé pour le "non". Ce qui a encouragé la dynamique d'ailleurs. Le hasard a voulu que, le jour où sa décision a été rendue publique, je croise Laurent Fabius à l'Assemblée nationale avant la séance des questions d'actualité. Comme je le félicitais pour son courage, il m'a répondu: "Tu sais, Alain, c'est dur d'appeler à voter non quand on pense oui". Edifiant! Depuis quid du cheminement de Laurent Fabius".

 

(Alain Bocquet "Un Marx et ça repart" - édition du Cherche midi - page 281).

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5 octobre 2010 2 05 /10 /octobre /2010 00:29

Décès de Philippe Robrieux : un anticommuniste est mort, nous n’allons pas le pleurer !

 

Les communistes ont des adversaires, des ennemis, notamment parmi les historiens, dont ils savent reconnaître les qualités pour mieux les combattre.

 

Philippe Robrieux, décédé le 1er octobre 2010, n’était pas de ceux-là.

 

A défaut de faire carrière dans le PCF, après avoir été secrétaire de l’Union des étudiants communistes à la fin des années 50 et avoir laissé maints mauvais souvenirs dans sa section du PCF du 15ème arrondissement de Paris, Robrieux a ensuite eu plus de succès dans l’anticommunisme professionnel.

L’idéologie dominante a laissé une place de choix à son « Histoire intérieure du parti communiste » à la fin des 70 qui tombait juste en pleine campagne de dénigrement de Georges Marchais.

 

Dans l’historiographie anticommuniste, Robrieux a développé une pratique : la boue, la collecte de ragots plus douteux et haineux les uns que les autres émanant de toutes les générations de renégats morts ou vivants. Sur ces bases fangeuses, Robrieux s’est exercé, dans un style pesant et déplaisant, à l’art de la psychologie à deux sous.

 

Des milliers de pages de petites histoires mal écrites pour arriver une thèse qui tient qu’il aurait pu se contenté d’écrire en quelques lignes : le PCF et sa direction se sont toujours trompés, ont toujours trompé, toujours trahi, toujours été complices du pire, même dans les heures les plus glorieuses que d’autres que Robrieux n’avaient pas osé calomnier.

Seuls les renégats d’abord ou certains militants, forcément naïfs et égarés, trouvent grâce individuellement dans le drame collectif.

 

Le Figaro rend hommage à cet individu, dans un esprit logique de reconnaissance. On ne voit vraiment pas pourquoi Pierre Laurent se sent obligé de « s’incliner devant sa mémoire », sans parler de Roger Martelli, le nouvel « ex » (autrefois mieux inspiré), qui croit voir une « référence » dans son œuvre.

 

Quant à nous, en connaissance de cause, nous ne pleurerons ni le piètre historien, ni l’anticommuniste aigri. 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 11:57

John Monks, secrétaire général de la CES, à la tête de l’euromanifestation de Bruxelles, vante la bonne gestion d’Obama et la politique de l’emploi de Merkel

 

La Confédération européenne des syndicats, la CES, organisait le 29 septembre 2010 une « euro-manifestation » à Bruxelles avec des répliques dans plusieurs autres villes d’Europe. Les principales organisations syndicales françaises y participaient ainsi que des délégations du PS et du PCF.

 

Mais derrière quelles positions manifestait-on ? Et dans quel but politique ? Il importe de ne pas cultiver d’ambiguïtés.

L’image donnée d’une convergence des luttes contre les politiques parallèles d’austérité qui sévissent dans chaque pays est un beau symbole. Mais la perspective donnée par la CES et ses appareils syndicaux n’aide en rien les mouvements populaires nationaux, au contraire.

 

Sans remonter plus avant dans ses origines réformistes et anticommunistes, on ne peut pas parler de la CES sans rappeler son rôle de porte-drapeau du Traité de Lisbonne, les pressions directes qu’elle a encore exercées l’an dernier sur les syndicats irlandais en 2009 pour qu’ils cessent de s’y opposer avant le deuxième référendum.

 

Cette orientation de la CES est fondamentale. Elle n’est pas cachée. L’accélération de l’intégration européenne dans l’UE des Traités de Lisbonne et Maastricht, présentée comme la « construction » d’une « Europe sociale », est la ligne directrice revendiquée de la CES, partenaire officiel des institutions européennes.

 

L’ euro-manifestation de Bruxelles s’inscrit entièrement dans cet objectif.

Il suffit de lire John Monks, le secrétaire général de la CES. Il était interviewé le 29 septembre simultanément dans les quotidiens les Echos et l’Humanité. On s’amusera de constater que M. Monks livre dans l’Huma une version beaucoup édulcorée de ses thèses.

 

Aux Echos, celui qui est présenté comme un « économiste » qui a fait carrière dans le syndicalisme déclare notamment : « la bonne gestion de la crise est celle d’Obama » ou encore « J’apprécie beaucoup aussi les dispositifs pour préserver les emplois adoptés ces dernières années en Allemagne, y compris par les derniers gouvernements Merkel ».  

Dans l’Huma, il ne délivre pas de médaille qu’à l’Allemagne : « Selon nous, pendant les deux premières années de la crise, les gouvernements ont plutôt bien agi ».

 

Tout est dit ! Quand les salariés français ont lutté contre la politique de Sarkozy-Fillon entre 2007 et 2009, quand les salariés allemands combattent la politique de Merkel, ils ne sont pas dans la ligne politique de la CES et des organisateurs de l’Euro-manif.

 

Sur la base de ces analyses, la CES, avec des moyens immenses que lui donne notamment l’UE, poursuit son travail inlassable de réhabilitation de l’UE du capital et de ses institutions.

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L’UE a perdu la plus grande part de sa légitimité aux yeux les peuples. Le NON de 2005 en France en a été un signe. Les gouvernements ont de plus en plus de mal à se réfugier derrière les traités, directives et autres règlements européens pour justifier leur politique de casse économique et sociale.

La CES s’efforce de ramener la contestation sociale dans le cadre européen.

La pédagogie reprise le 29 à Bruxelles, n’hésitant pas à dévoyer l’internationalisme, consiste ainsi à indiquer l’UE et le niveau européen comme le lieu de la solution à la crise, toujours au nom de « l’Europe sociale ».

Mais les propositions européennes de Monks sont dignes de Trichet, Strauss-Kahn voire de Sarkozy : une condamnation bon teint des paradis fiscaux, une demande de « régulation plus stricte et efficace » des transactions financières, la revendication d’un endettement au niveau européen pour payer aux financiers et aux spéculateurs la dette des pays « les plus en difficulté ».

 

Monks prend garde de ne pas effrayer les capitalistes allemands : « Il ne s’agit absolument pas de faire porter le poids de l’effort uniquement sur l’Allemagne » (Les Echos). Entre les lignes, on n’a pas de mal à voir la volonté à tout prix de préserver l’euro, la monnaie unique de plus en plus contestée parce qu’elle favorise les puissants, écrasent les peuples et leur développement.

 

C’est un contresens pour les syndicats représentatifs des luttes en France et, en ce qui le concerne, pour notre parti, le PCF, de s’associer à la campagne de la CES.

 

Notre parti l’a pourtant analysé depuis des années, depuis le départ dans l’après-guerre. Ce n’est pas au niveau européen, où les capitalistes, débarrassés des acquis démocratiques nationaux, sont tout puissants, qu’une issue favorable aux travailleurs est même pensable.

Emanation des milieux d’affaires, coordination des politiques antipopulaires des gouvernements de chaque pays, conçue par et pour le patronat, l’UE et ses institutions ne se rangeront jamais du côté des travailleurs.

« Changer l’UE », « construire l’Europe sociale », voilà les nouvelles formules, européennes, du réformisme, de la collaboration de classes, de la pédagogie de la résignation. La CES en est la meilleure illustration.

 

En revanche, les immenses mobilisations sociales de ces derniers mois, en Grèce, au Portugal, en Italie, en Espagne, ce 29 septembre, ou en France montrent le rapport de force qui existe au plan national contre les politiques au service du capital.

Chaque lutte, chaque victoire d’un peuple alimente la lutte des autres.  Les coopérations mutuellement avantageuses entre les peuples que nous voulons partent de ces luttes. Elles font vivre et développent le cadre internationaliste dont nous avons besoin.

 

Ne laissons pas l’idée que « l’euromanif » représenterait les luttes nationales !

 

Combattons l’idée pernicieuse que la réponse à la crise du capitalisme puisse se trouver, en dehors des peuples travailleurs, dans une UE conçue pour les capitalistes !

 

Continuons nos grandes campagnes contre l’UE du capital, dans la suite de nos batailles contre Maastricht, la monnaie unique, le TCE ou Lisbonne ! En particulier aujourd’hui contre l’euro.

 

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27 septembre 2010 1 27 /09 /septembre /2010 16:51

Elections dans la province de Styrie : félicitations à nos camarades du Parti communiste autrichien (KPÖ)

 

Dimanche 26 septembre 2010 avaient lieu des élections régionales dans la province autrichienne de Styrie, 1,2 million d’habitants au sud-est du pays.

 

En 2005, les communistes de Styrie avaient créé l’événement en rentrant dans un parlement régional autrichien pour la première fois depuis 1970, avec 6,3% des voix. La personnalité de leur chef de file, Ernest Kaltenegger, largement reconnu notamment pour son action pour le logement social dans la capitale régionale Graz, avait contribué à ce résultat.

 

Après la retraite, bien méritée, de son leader, beaucoup misaient sur l’éviction du KPÖ du Parlement régional en 2010, d’autant plus que les positions du KPÖ de Styrie dérangent.

La fédération de Styrie du KPÖ a refusé en effet tous les abandons théoriques du KPÖ national (lié au Parti de la gauche européenne).

Avec ses militants et ses élus, elle poursuit son action quotidienne, fidèle à son opposition à l’UE du capital, sans compromission avec les partis dominants de droite et socio-démocrate (SPÖ). Entre 2005 et 2010, le SPÖ a écarté toute possibilité de travail avec les communistes pour privilégier des accords à droite.

 

Dimanche dernier, les communistes de Styrie ont réussi à dépasser le seuil de 4% nécessaire pour rester au Parlement avec 4,4%. A Graz, leur liste frôle les 10%.

La représentation institutionnelle du KPÖ ne peut plus être qualifiée d’accident de parcours mais s’inscrit dans la durée.

 

Ce résultat a été obtenu dans un contexte économique et politique préoccupant marqué par la crise et ses effets. Les deux principaux partis, sociaux-démocrates et « populiste » (droite) reculent et obtiennent respectivement 38 et 37%. Le FPÖ de feu Haider, ce parti de droite extrême, double son score à 10,8%.

 

Les batailles pour l’emploi, contre la pauvreté, le contrôle des comptes régionaux sont les premières priorités que s’assignent les nouveaux élus du KPÖ et leur parti, toujours dans l’opposition à la grande coalition qui devrait se réinstaller. 

 

Nous adressons nos félicitations à nos camarades de Styrie et à leurs élus, Claudia Klimt-Weithaler et Werner Murgg.

 

La persistance et l’ancrage d’un parti communiste dans une région d’un pays capitaliste, où certains pensaient avoir éradiqué l’organisation marxiste et léniniste, est un encouragement pour tous les communistes.

 

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25 septembre 2010 6 25 /09 /septembre /2010 10:12

Le choix toujours fécond du Congrès de Tours

 

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Le 29 décembre 1920, la majorité des délégués du Congrès de Tours décident de répondre à l’appel de Lénine et de suivre l’exemple de la Révolution d’Octobre, en adhérant à la IIIème Internationale et en fondant le Parti communiste français.

Les partisans de la lutte des classes et de la révolution socialiste rompaient alors avec les porteurs du réformisme et de la collaboration de classe qui venaient de soutenir la guerre impérialiste. Ils rompaient avec une conception de parti d’élus, s’engageaient dans la construction d’un parti nouveau, de classe, au service du combat pour la justice sociale, la liberté, le socialisme et la paix. 

Ce choix originel a permis l’intervention décisive de notre parti au 20ème siècle dans les grandes conquêtes sociales, dans la résistance, contre le colonialisme etc.

Certains dirigeants actuels du PCF veulent tourner la page. L’URSS n’existe plus. Le PCF est très affaibli. L’heure serait à « faire un congrès de Tours à l’envers » avec tout ou partie de la social-démocratie, de la « gauche ». Libres sont ceux qui le pensent de la rejoindre. Mais les communistes qui se reconnaissent toujours dans la raison d’être de leur parti doivent garder le PCF. Le recul des dernières 20 années est largement dû à la stratégie d’abandon de sa direction. La social-démocratie est égale à elle-même, disqualifiée. Le besoin d’une force politique révolutionnaire organisant la lutte, porteuse d’une alternative au capitalisme, de l’alternative socialiste est plus grand que jamais : c’est le besoin du PCF. Le choix du congrès de Tours de 1920 est toujours fécond !

 

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22 septembre 2010 3 22 /09 /septembre /2010 15:03

Les partis communistes européens entre « transformation-liquidation » et renouveau.

 

Cet article constitue une introduction à une série d’études par pays, le cas de l’Espagne étant traité dans ce numéro. Article publié par

 

tout

1989-1991 : l’idéologie capitaliste sonne la « fin de l'histoire », la fin du « communisme ». Elle a trouvé un écho au sein des partis communistes eux-mêmes. Les vagues gorbatchéviennes, avant cela eurocommunistes, l’institutionnalisation de ces partis avaient préparé le terrain.

Dans tous les partis communistes d’Europe, des groupes dirigeants, qu’ils s’intitulent « rénovateurs », « réformateurs », « refondateurs », « modernisateurs » s’appuient sur le sens apparent de l’histoire pour engager un processus de rupture avec les fondements de l’organisation communiste.

 

Selon leur propre histoire, l’état de leur organisation, son lien avec le mouvement de classe, les partis communistes n’ont pas tous évolué au même rythme ou dans la même direction. Deux conceptions divergentes, d’abord floues, se précisent et s’affrontent. L'une s’intègre dans une gauche institutionnelle d’accompagnement du capitalisme. L’autre défend la théorie marxiste, l'organisation issue du léninisme et sa place dans la lutte des classes.

 

Dans la plupart des pays de l’est (à l’exception notable de la République tchèque), les directions sabordent les PC en quelques mois. Des PC se reconstituent difficilement, dans un contexte de criminalisation du communisme. Le plus grand parti communiste d’Europe de l’ouest leur a emboîté le pas, le PCI, abandonnant son nom, est devenu maintenant un « parti démocrate » à l’américaine, laissant sur sa gauche un groupement hétéroclite « Refondation communiste » (PRC). Le parti suédois a également changé de nom et de ligne sans aller jusqu’au même point.

 

En Grèce, au Portugal (ou au Luxembourg), la réaffirmation d'une ligne communiste finit par l’emporter dans l’organisation historique. Les éléments réformistes s’intègrent dans de nouveaux groupements de « gauche ».

 

Dans la plupart des pays qui ont connu des partis communistes forts, et on peut considérer que c’est le cas de la France, l’affrontement traverse toujours les partis historiques. Les contradictions s’accusent entre la stratégie des groupes dirigeants et ce que continuent à représenter ces partis, leur identité, les luttes animées par les militants. Confusion et ambiguïté demeurent.

 

Les similitudes sont grandes entre les options suivies par les directions dans les années 90 et 2000, en Italie (PRC), en Espagne, en France… Elles sont marquées par la priorité accordée à la participation aux institutions (ex : aux gouvernements Prodi, Jospin), par l’acceptation du cadre européen de l’UE du capital, par d’importants abandons théoriques, par la recherche de la dilution des partis communistes dans une gauche recomposée ou la séparation historique avec la social-démocratie est supprimée. Izquierda Unida en Espagne (« Gauche unie »), Linke en Allemagne (« Gauche »), « Fédération de la gauche » (après l’échec de la « Gauche arc-en-ciel ») en Italie, « Front des gauches » en Belgique, « Front de gauche » maintenant en France... marquent partout la ligne d’effacement, de disparition des partis communistes d’Europe.

 

En 2004, la création du Parti de la gauche européenne a institutionnalisé ces connivences. Le PGE est un parti politique européen financé par la Commission européenne pour promouvoir « l'idée et l'intégration européennes ». Il ne vise non pas à coordonner les partis dans leur diversité mais bien, par sa nature même de parti européen, à promouvoir, depuis sa création en 2004, la création de « sections nationales du PGE » acquises à l'idée qu'une « autre Europe sociale, écologique et solidaire » est possible. Le PGE, autour de cette ligne clairement réformiste, européiste et liquidatrice, adapte ensuite sa tactique à l'état d'avancement du processus de liquidation dans chaque pays: en Espagne et en Italie, il répond aux échecs par la fuite en avant: « refondation » d'Izquierda Unida et projet « Fédération de la Gauche », inspiré de l'expérience espagnole, en Italie, pour tuer dans l'œuf les projets de reconstruction des PC. Le PGE soutient en Allemagne et en France la création de « Partis ou de coalition de gauche ». Au Portugal et en Grèce, il appuie des « Blocs de Gauche » (Portugal) ou « Coalitions de gauche » (Grèce) contre les Partis communistes de masse et de classe. En République Tchèque, il soutient les tendances droitières dans le Parti communiste.

 

Mais vingt ans après 1989, le vent de l'histoire tourne. Le capitalisme connaît des crises de plus en plus profondes. L’idée du socialisme est revalorisée dans les masses. Le discours d’autoflagellation de dirigeants communistes sur les « valises de plomb » que traineraient les partis communistes ne portent plus.

 

Les expériences réformistes ont connu des échecs flagrants que leurs promoteurs ne peuvent plus attribuer au passé. Les partis héritiers de la tradition communiste qui se sont fondus dans la « gauche » ont participé à la gestion loyale du capitalisme. Ils ont perdu tout ou partie de leur identité et de leur raison d’être pour les travailleurs.

 

Les désastres électoraux se sont succédé, malgré les recompositions électoralistes. La Gauche unie espagnole a chuté à 3%. Le regroupement de la “Gauche arc-en-ciel” italienne a divisé par 3 les anciennes voix communistes. Le cas allemand correspond à une situation très particulière.

 

Les partis communistes qui assument et font vivre leur identité communiste ne sont pas condamnés à l’échec électoral au contraire : entre 8% et 10% en Grèce, entre 7 et 11% au Portugal, autour de 12% en République Tchèque, 35% à Chypre (en Russie de 15 à 20%).

 

Dans les luttes sociales intenses que connaissent leurs pays, les partis communistes grecs et portugais sont à l'avant-garde en portant un projet d'alternative politique résolument antagoniste à celui de la droite, de la social-démocratie et de l'UE.

Ils contribuent à l’existence d’un mouvement syndical de classe quand les syndicats historiquement liés au PCI et au Parti communiste espagnol, la CGIL et les Commissions ouvrières, n’en finissent plus de glisser dans l’accompagnement. Au PGE correspond étroitement la Confédération européenne des syndicats, la CES, qui est, entre autres, l’un des plus influents suppôts du traité de Lisbonne.

 

Le besoin de partis communistes plus forts face au capital s’exprime de plus en plus nettement. Le processus de disparition des partis communistes et de ce qu’ils représentent, concerté avec le PGE, n’est pas une fatalité.

 

Une alternative existe qui refuse le cadre strictement européen, qui respecte la diversité nationale des partis communistes et ouvriers tant qu'ils partagent les mêmes principes organisationnels et idéologiques, portent une alternative anti-impérialiste et anticapitaliste (donc anti-UE).

Une coordination des Partis communistes se met progressivement en place. Elle rassemble des partis communistes de masse en pleine expansion (Afrique du Sud, Inde voire Japon), des partis à l'avant-garde de la lutte de classe en Europe (Portugal, Grèce), des partis représentant encore pour des millions de personnes la résistance à la restauration capitaliste (République Tchèque, Russie), des Partis acteurs des mouvements révolutionnaires en Amérique Latine (Cuba, Venezuela). Des rencontres internationales sont organisées, des appels lancés. La direction du PCF reste pour l’instant presque toujours aux abonnés absents. Cela peut et doit changer. 

 

Entre la ligne du PGE et une ligne communiste, il n'existe pas de troisième voie. La ligne PGE a échoué sur tous ses objectifs avoués, électoral et social, hormis sur un, plus caché et pourtant non secret, celui d’anesthésier le mouvement communiste. La nécessité de notre temps est au contraire de faire vivre et de renforcer les partis communistes.

 

Nous ferons tout notre possible pour mettre en avant les points d’appui que peuvent représenter pour l’avenir du PCF les expériences du mouvement communiste international.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 20:42

Demander un référendum sur les retraites : une fausse bonne idée

en lien notre article de juin qui revient d'actualité.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 15:34

« Capitalisme, socialisme(s), communisme » : sur le livre de Léo Figuères (2)

 

« Des perspectives lucides pour l’avenir, pour un socialisme du XXIème siècle qui ne répèterait pas les erreurs du passé. »

 

capitalismesocialismescommunisme.jpgLe livre que Léo Figuères vient de sortir est d’une rare densité. L’ancien dirigeant du PCF retrace de façon synthétique les expériences socialistes du 20ème siècle, URSS, pays de l’est, Chine, Yougoslavie, Cuba... Il les pose au pluriel, du moins entre parenthèses, dès le titre : « Capitalisme, socialisme(s), communisme ».

Il exprime la volonté de reprendre le fil d’une « appréciation critique et équilibrée de ces expériences », abandonnée à partir du début des années 90 par le PCF avec la perspective socialiste elle-même.

Son analyse a postériori s’avère très critique sur les phases de l’histoire de l’URSS, sur la ligne stalinienne, sur « l’analyse très superficielle du stalinisme qui a suivi » jusqu’aux « liquidateurs » comme Gorbatchev et Chevarnadze. Mais il refuse de considérer que rien ne doit être retenu et qu’il faille « écarter le terme même de socialisme ».

Il propose au PCF de reprendre la « cause laissée en friche » du « socialisme à la française », « autogestionnaire », de la « démocratie poussée jusqu’au bout ». La démocratie est le critère, la question omniprésente dans tout le livre. On pourra considérer qu’elle reste un sujet de recherche et de réflexion pour toutes les expériences évoquées comme pour le présent, après la lecture du livre.

Que l’on partage ou non toutes les analyses de Léo, son étude constitue une base remarquable et remarquablement accessible pour poser la question essentielle aux révolutionnaires de notre temps : celle de la rupture, de la perspective socialiste.

 

Editions du Temps des cerises, mai 2010, 10 euros, en vente militante dans plusieurs sections et fédérations du PCF.

 

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