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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
15 décembre 2010 3 15 /12 /décembre /2010 16:15

 

La déception est immense à Noisy-le-Sec.

Aux municipales partielles des 5 et 12 décembre 2010, la gauche a perdu la mairie. Pour les communistes, la perspective de reprendre, défendre et développer l’œuvre de la municipalité communiste, longtemps dirigée par Roger Gouhier, s’éloigne encore.

 

Le résultat est sévère. La droite « centriste » du notaire Laurent Rivoire obtient 54,72% au second tour. Pourtant la gauche était sortante et avait repris la municipalité en 2008. Pourtant, nous sortons d’un mouvement national pour les retraites contre le pouvoir de droite auquel les Noiséens ont participé au moins autant, sinon plus, que le reste du pays. Pourtant en 2005, ils avaient voté à 63,06% (avec 65% de participation) contre la constitution européenne défendue par la municipalité de droite d’alors.

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Des explications immédiates apparaissent.

 

L’élection partielle a été provoquée par la démission en bloc des élus Europe-écologie-Les-Verts suivie de celle des élus PCF et apparentés.

Une liste s’est constituée contre la maire sortante PS, conduite par Gilles Garnier, membre de l’équipe dirigeante nationale du PCF et par Anne Deo (EEV) qui figurait sur la liste PS en 2008. Des meetings communs PCF-Europe-écologie sont organisés avec notamment Dominique Voynet, la dirigeante « verte » qui se félicite d’avoir débarrassé Montreuil de sa municipalité communiste. Il n’y avait en outre que sept adhérents du PCF sur la liste, Garnier compris. Le Parti de gauche a pu placer des candidats et a gagné finalement une élue.

Pas sûr dans ces conditions que les raisons de la division à gauche aient pu être comprises par tous.    

Au premier tour, la liste PCF-Europe-écolos devance largement la liste de liste de la maire sortante PS. Au second tour, il manque une centaine de voix sur 3400. Les traces de la division, la volonté récurrente de l’appareil PS en Seine-Saint-Denis, conduit par le président du Conseil général Bartolone, d’éradiquer le PCF de son ancien bastion, ont certainement pesé.

La droite, au contraire, réussit parfaitement la fusion entre la liste « Nouveau centre » et la liste UMP. Elle gagne 750 voix entre les deux tours. Sans atteindre les niveaux de Dassault à Corbeil, où avait lieu le même jour une élection partielle, la droite sait rassembler les catégories qui lui sont plus favorables et pratiquer un clientélisme habile, sur fond de résignation à tout changement, même dans les quartiers les plus pauvres.

Les experts en la matière du 9.3. étaient les premiers à applaudir dimanche soir : le populiste racisant maire du Raincy Eric Raoult (rapporteur sur la Burqa), le pseudo-social centriste Lagarde, maire de Drancy.

 

Mais il est nécessaire de rechercher des explications plus profondes. Un chiffres, entre tous, doit attirer notre attention, celui de l’abstention : 63,51% au 1er tour, 59,89% au second tour, un niveau, même pour des élections partielles, très élevé pour des municipales, par nature plus proches des gens.

 

Depuis des années l’organisation du PCF à Noisy comme ailleurs, est laissée en déshérence, malgré l’effort de quelques uns. La période de la Mutation réformiste depuis la fin des années 90 a été fatale aux cellules, si essentielles dans les quartiers. Bien sûr, c’était difficile de les faire vivre mais c’est devenu impossible sans impulsion des directions et sur la ligne de la « gauche plurielle ».

Les travailleurs, les pauvres à Noisy comme ailleurs attendent manifestement autre chose que le discours sociétal-bobo de Mme Voynet, ne comprennent rien aux calculs politiciens, se moquent de la démocratie « participative » bidon.

 

Depuis des années à Noisy comme ailleurs, le PCF, certes attaqué et affaibli, ne fait plus le choix avant tout de la lutte des classes, partant des préoccupations immédiates des populations.

Le Front de gauche, avec ou sans les écolos, les spéculations sur les élections de 2012, ne peuvent pas constituer un point de repère pour elles, même pas pour les communistes qui ne demanderaient qu’à « reprendre du service », ce que certains ont fait pendant cette dernière campagne.

 

Une ligne de classe, un parti communiste foncièrement rivé sur elle, voilà le besoin qui vient de s’exprimer à Noisy-le-Sec, du moins en négatif, pour résister dans la ville et la reconquérir dans l’intérêt du plus grand nombre en 2014, contre la politique au service du capital et ses effets.

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 19:18

 Les camarades de la section du PCF de Saint-Quentin organisaient un banquet samedi 11 décembre 2010 pour célébrer le 90ème anniversaire du Congrès de Tours et réaffirmer toute son actualité, toute la raison d’être du PCF et la nécessité de son renforcement dans la fidélité à ses fondamentaux et à son histoire.

Objectif atteint, l’initiative a été un beau succès réunissant plus de 150 personnes, toutes générations confondues dans un climat de grande fraternité.

L’intervention du secrétaire de section Jean-Luc Tournay, une exposition sur l’histoire du PCF à Saint-Quentin ont situé l’enjeu politique de cet anniversaire.

La presse locale souligne la « formule gagnante » de la section saint-quentinoise du PCF. Nous nous permettons de reproduire l’article de l’Aisne Nouvelle qui traduit l’état d’esprit dynamique de la soirée et de la section, décidée à faire vivre et renforcer le PCF.

 

 

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Le PCF, un camarade de 90 ans

Article de l’Aisne Nouvelle du 14 décembre 2010

 

Une exposition, un couscous royal et un concert : samedi, salle de Verdun, c'était la formule gagnante pour la section saint-quentinoise du Parti communiste français (PCF).

Samedi, salle de Verdun, la section saint-quentinoise du Parti communiste français célébrait les 90 ans du Congrès fondateur de Tours.

La salle de Verdun ne sent pas encore les merguez et les grillades du couscous royal. A 18 h 30, pendant le concert du groupe La Robinetterie, les invités préfèrent encore discuter à la buvette. A l'entrée, des « unes » historiques de L'Humanité et quelques brochures sont disposées sur une grande table. A côté, près de 120 photographies sont accrochées à des panneaux.
« On a voulu marquer le coup avec cette petite rétro », explique Olivier Tournay, conseiller municipal, qui s'est lui-même chargé de recueillir ces archives dont une partie, notamment celles de l'entre-deux-guerres, a disparu lors de l'incendie du local de la section il y a plusieurs années. « Il y aurait un boulot titanesque à faire à la bibliothèque municipale. »

Au-delà des campagnes électorales, des Fêtes de l'Huma, des manifestations et des réunions, les camarades présents reconnaîtront l'adolescent Jean-Luc Tournay, secrétaire de la section depuis 1995, avec ses parents Emile et Paulette, militants communistes, mais aussi, en noir et blanc, un voyage à Moscou sous l'ère soviétique ou le XVe Congrès du PCF en 1959. Daniel Le Meur, maire de Saint-Quentin de 1977 à 1983 et de 1989 à 1995, fait évidemment partie du Panthéon communiste local.

Une histoire mouvementée.

Aujourd'hui, le poids électoral du PCF dans la cité des Pastels tient à l'élection d'Olivier Tournay au conseil municipal en 2008. De tendance orthodoxe, pas vraiment sur la longueur d’onde fédérale et nationale, apportant son soutien au dissident Maxime Gremetz lors des dernières élections régionales, la section saint-quentinoise a une histoire mouvementée. « ça va être compliqué de rentrer dans les détails ! », indique Jean-Luc Tournay, le nom de famille le plus célèbre des communistes locaux, lorsqu'il faut retracer les grandes dates de la section.

A l'heure de l'apéro, le dirigeant s'emploie toutefois à prononcer un discours devant la bonne centaine de militants présents dans la salle. Roger Marié, plus ancien militant de la section, entonnera ensuite L'Internationale, reprise en chœur par les autres camarades. Le poing brandi, un verre dans l'autre main.

 

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TOURNAY : "ON COMPTE SUR LES JEUNES"

Secrétaire d’une section de Saint-Quentin loin d’être toujours conforme à la ligne officielle du PCF, Jean-Luc Tournay entend présenter des candidats communistes aux prochaines élections cantonales.

Vous fêtez aujourd’hui les 90 ans du PCF. Ce sont aussi les 15 ans de la droite au pouvoir à Saint-Quentin. Comment comptez-vous revenir aux responsabilités ?

Les électeurs sont potentiellement là mais un peu désemparés. On doit les retrouver avec nos valeurs. Aujourd’hui, on les a perdues : à force d’évoluer, on a abandonné quelques bases. On compte beaucoup sur les jeunes. La Jeunesse communiste a été réactivée l’an dernier et les adhésions sont de plus en plus nombreuses. On gagnera en étant présent sur le terrain.

Aujourd’hui, on coupe le gaz et l’électricité à des gens qui ne peuvent plus payer. Il faut amener les gens à lutter.

Depuis 1995, la gauche saint-quentinoise a-t-elle échoué là où la droite a réussi à se réunir derrière de fortes personnalités ?

A Saint-Quentin, on a eu un problème : la succession de Daniel Le Meur. Le PCF n’avait plus de leader charismatique, contrairement à la droite avec Pierre André, Xavier Bertrand ou Pascale Gruny pour prendre le relais de Jacques Braconnier. L’autre difficulté, c’est la situation industrielle avec les licenciements. Les entreprises étaient nos forces. A l’époque, on avait des sections dans les entreprises.

Quelle sera votre stratégie pour les élections cantonales de mars ?

On débat. Rien n’est encore réglé, tant sur la stratégie que sur le projet. Notre souhait est de présenter des candidats communistes à Saint-Quentin-centre et Saint-Quentin-nord. On va faire remonter nos propositions lors de l’assemblée générale de la fédération puis consulter les militants. On devrait y voir plus clair début janvier.

Pourquoi récusez-vous l’alliance avec le Parti de gauche alors que vous adoptez une stratégie d’union de la gauche à Saint-Quentin ?

En 2008, le Parti de gauche n’était pas là. On ne peut pas comparer la situation actuelle du Front de gauche avec le contexte des dernières municipales. A l’époque, l’idée était de faire obstacle à Pierre André et Xavier Bertrand. En 2014, ce sera encore différent parce qu’il y aura eu les élections présidentielles et législatives. Mais si on s’enferme davantage dans le Front de gauche, où va-t-on ? Ce serait un pas de plus vers la liquidation du PCF.

 

UNE VIE DE MILITANTS

Devant les militants réunis dans la salle de Verdun, il n’a rien perdu de son engagement vieux de 66 ans. Béret sur la tête et écharpe rouge dénouée, Roger Marié lance, poing levé, L’Internationale. « Toute notre vie, on l’a donnée au parti. Aujourd’hui, on est encore fiers d’être communistes », assure cet ancien conseiller municipal sous Daniel Le Meur, parlant au nom de son voisin Jacques Poix, également arrivé au PCF en 1944. A 101211_Saint-Q_Marie.jpgrespectivement 86 et 79 ans, ces deux camarades saint-quentinois, également cégétistes depuis les années 1950, ont tout connu des étapes marquantes du mouvement : la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, le Programme commun de 1972, les ministres communistes dans le gouvernement Mauroy, mais aussi les guerres d’Algérie et du Vietnam puis la chute du mur de Berlin. « On l’a payé gros à partir de ce moment-là », affirme Roger Marié, ancien employé aux services généraux de l’hôpital pendant que Jacques Poix était agent aux Télécommunications. « Des erreurs ont été faites mais on a résisté à tout ça. Ce n’est pas fini. Les jeunes vont remonter le parti. C’est la relève. »

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 12:32

Dominique_Touraine.jpgUne dépêche du 10 décembre 2010 informe que Dominique Touraine, secrétaire général du groupe parlementaire de la « gauche démocrate et républicaine » dans lequel siègent maintenant les députés PCF (avant du groupe PCF), va rejoindre le cabinet du ministre de la Ville Maurice Leroy à compter du 20 décembre.

 

Selon le groupe GDR, il s’agit d’un « choix personnel ».

Dominique Touraine « reste communiste », affirme… nul autre que Maurice Leroy.

C’est ahurissant ! La fédération d’Indre-et-Loire du PCF, dont Dominique Touraine est adhérent, lui demande de renoncer à un projet qui sera, à juste titre assimilé à un choix politique, incompatible avec l'action quotidienne, la démarche et les valeurs du Parti Communiste.

Ce n’est plus possible. La véritable orientation politique de D.Touraine est dévoilée. Il est inimaginable qu’il puisse rester au PCF.

 

Ce retournement de veste pose question. Comment un tel opportuniste a-t-il pu rester tant d’années dans une position si stratégique pour le Parti, d’où il a participé activement à toutes ses transformations depuis 15 ans ?

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:55
La direction du PCF marque l’anniversaire du Parti par une série de débats et de projections au siège, place du Colonel Fabien les 10 et 11 décembre 2010.
 
La lecture du programme à de quoi étonner sur les objectifs politiques de l’initiative.
 
Cet anniversaire devrait être l’occasion de réaffirmer la raison d’être de notre parti, notre fidélité aux choix fondateurs du Congrès de Tours, à la rupture avec l’opportunisme réformiste. Le besoin de l’outil historique au service des travailleurs dans la lutte des classes, contre le capitalisme, qu’a été le PCF vient de s’exprimer encore plus nettement dans les dernières luttes.
 
Les communistes ont fait le choix en 2007 de maintenir leur parti le PCF, quand les principaux dirigeants remettaient en cause son existence même puis invitaient à sa « métamorphose ».
Les communistes sont en droit d’attendre aujourd’hui que la direction assume, défende l’histoire de leur Parti et sa continuité, sans hésiter à pousser la critique, mais en combattant fermement les attaques anticommunistes et révisionnistes d’où qu’elles viennent.
 
arton5272.pngLa commémoration à Fabien ne se place pas dans ces objectifs, c’est le moins que l’on puisse dire.
 
Le carton d’invitation met en exergue : « PCF réseau social depuis 1920 ». Voilà l’organisation de classe structurée, qui a permis l’intervention politique de millions de travailleurs dans leurs cellules de quartiers et d’entreprise, réduite au statut de Facebook !
 
Que signifie l’intitulé de la journée, « PCF : vers un nouveau siècle d’émancipation » ? L’émancipation de qui, de quoi, pour quoi ? Pour les communistes depuis 1920, sur la base de l’analyse marxiste, notre perspective politique porte un nom : le socialisme pour rompre avec le capitalisme. Il semble être passé aux oubliettes de Fabien.
 
Nous ne sommes pas contre la confrontation avec des personnalités politiques et des historiens qui nient la raison d’être du PCF, qui le combattent, encore qu’une célébration n’est guère le bon moment pour cela. Les 10 et 11 décembre, point même de confrontation : sur le plan historique, il n’y a que les mouvances « refondatrice », gauchiste et social-démocrate qui sont représentées.
 
Roger Martelli vient de quitter le PCF avec un fracas calculé. Pour lui, la « forme » parti, surtout la plus achevée, la forme « parti communiste », sont dépassées. Depuis une décennie, ses travaux « historiques », jadis mieux inspirés, s’efforcent péniblement d’étayer ce révisionnisme, de démontrer notre déclin inéluctable.
Le voilà qui préside au « cédérom sur l’Histoire du PCF » présenté ce jour. Le voilà qui est invité au débat « historique » sur « Maurice et Jeannette, un couple dans le siècle » (sic !). Il s’y retrouve aux côtés de l’historienne, pour le moins non communiste, auteur d’un livre du même titre, qui pratique le révisionnisme par le petit bout de la lorgnette.   
Le sujet de l’autre débat historique est bien choisi aussi. Il est consacré à Charles Tillon, évidemment pour en retenir sa place de martyr d’un « stalinisme à la Française ». Parmi les intervenants, on trouve M. Claude Pennetier, historien de tendance trotskyste, auteur en 2007 d’un xème livre malhonnête, proprement dégueulasse, sur le PCF en 1940, accusé de collusion avec les nazis, que nous avons eu l’occasion de dénoncer sur ce site.
 
Comme film, les programmateurs n’ont pas trouvé mieux que « Goodbye Lénine » dont le sentimentalisme ne doit pas faire oublier la thèse centrale : le rejet de Lénine et du léninisme dans le passé révolu. « L’Atlantide, une histoire du communisme » de Marcel Trillat et Maurice Failevic s’applique d’une tout autre manière, mais toujours avec sentimentalisme, à force d’anecdotes et de témoignages vaseux, à montrer les erreurs, le sectarisme du communisme « balayé par le vent de l’Historie » et à faire passer la résignation à la fin (la « transformation-métamorphose ») du PCF.
 
Pour finir, un débat sur « la visée communiste pour le XXIe siècle » rassemble Anicet le Pors, qui a quitté le Parti en 1994, Marie-Pierre Vieu pour qui le PCF est un « parti outil usé » et les dirigeants de la JC et du PCF, Pierrick Annoot et Patrice Bessac, « responsable » des transformations du PCF au « congrès » extraordinaire de juin 2010. On voit la « visée » !
 
La table de livres est éclectique et reprend tous les titres des éditeurs invités. Du coup les noms de Maurice Thorez, Louis Aragon, Georges Politzer côtoient ceux de Robert Hue ou de Jean-Christophe Le Duigou et même ceux de Daniel Bensaïd, Olivier Besancenot ou de Marc Lazard. Pour l’anniversaire, les portes sont ouvertes, bien au-delà de la famille et même des amis.
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Voudrait-on brader l’héritage ?
 
Fort heureusement, la plupart des commémorations, un peu dans toute la France, à l’initiative de fédérations, de sections du Parti ont adopté un tout autre parti-pris.
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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 17:48

 

Le dernier congrès du Parti de la Gauche Européenne a élu son nouveau président : Pierre Laurent, secrétaire général du PCF.

 

101204 European LeftSa candidature n’a été nullement proposée et discutée dans le PCF, ni même au Conseil national qui a seulement ratifié une délégation de 12 représentants du parti. Pourtant son élection a un sens politique fort, celui d’associer encore un plus le PCF à la logique d’accompagnement de la « construction » européenne.

 

De qui Pierre Laurent était-il donc candidat ? Nous l’apprenons sur le blog de Jean-Luc Mélenchon, dont le PG a envoyé également 12 délégués, à parité avec le PCF.

 

« C’était notre premier congrès en tant que membre à part entière du PGE. Et nous avons pu tout tenir sur trois jours. C'est-à-dire participer aux débats de la session plénière, à ceux de la rédaction de la résolution politique, aux conférences des présidents qui ont mis en place la nouvelle direction … Le Front de gauche français était candidat à la présidence du parti. Nous avons donc porté la candidature de Pierre Laurent pendant ces trois jours. ( … ) Nous étions les mieux placés. D’abord parce que la nature composite du Front de Gauche, alliant un parti communiste et deux autres formations écolo-républicain-socialiste (Le Parti de gauche) et trotskiste (la gauche unitaire), est à l’image du PGE lui-même. » 

 

Le communiqué de la direction du PCF va dans le même sens :

 

« Pierre Laurent, secrétaire national du PCF a été élu président pour deux ans et demi. Son élection témoigne de l’influence grandissante en France – et reconnu comme telle par ses partenaires européens – du Front de Gauche, qui rassemble, outre le PCF, le Parti de Gauche et la Gauche Unitaire ».

 

Front de gauche, PGE même logique ! Le PGE coordonne l’effacement des traditions et des organisations communistes des pays d’Europe dans une gauche réformiste, intégrée au consensus européen.kke-communist-greece.jpg

Un autre choix est possible, celui qu’ont adopté les partis communistes grec ou portugais par exemple, celui du renforcement des partis communistes, de la lutte contre les politiques nationales coordonnées par l’UE du capital, celui l’internationalisme.

 

Forçons le débat dans le PCF : remettons en cause l’adhésion au PGE !

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:01

 

« L’Union Européenne ne sortira de la crise que si elle s’affranchit de la pression des marchés financiers et si elle s’attèle à la construction d’une Europe sociale, solidaire et démocratique telle que le réclame la Confédération européenne des syndicats. »

Pierre Laurent, Président du PGE, premier signataire de l'appel du journal l'Humanité.


« Nous ne voulons pas voir remettre en cause les rêves de Monnet, Schuman, Mitterrand et Delors. C’est pourquoi j’appelle ce soir la gauche, les citoyens de la France, pays d’origine des idéaux et des espoirs européens, à voter « oui ». Oui pour soutenir l’Europe sociale. Oui pour une Constitution nouvelle, utile et efficace. »

John Monks, Secrétaire Général de la Confédération Européenne des Syndicats, à un meeting du Parti Socialiste pour le OUI à la Constitution Européenne.



 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 21:27

 

Le développement des luttes actuelles, en particulier pour la défense de nos retraites, met en évidence avec une extrême acuité, la nécessité pour notre peuple, d'avoir à ses côtés, dans ces batailles décisives, un parti révolutionnaire, totalement indépendant, face aux forces de l'argent ou à la social-démocratie.

Ce parti existe, depuis 1920, c'est notre parti, le PCF. L'expérience forgée par notre peuple depuis des décennies de luttes, les traces profondes inscrites par ses militants dans l'histoire sociale de notre pays, ses pages héroïques, continuent d'avoir une résonance profonde, malgré les campagnes sans cesse renouvelées sur le thème de la mort du communisme et/ou de celle du PCF …

Le choix de Tours : plus actuel que jamais !                         17900925_p.jpg

Le peu de place accordée par la direction de notre parti au 90e anniversaire du congrès de Tours, contraste avec la place accordée à d'autres événements. Ainsi, l'an dernier, le 150e anniversaire de la naissance de Jaurès a été largement célébré, notamment par «l'Humanité». Non que la célébration de l'héritage jaurésien soit problématique, en revanche, le choix de la non-célébration du 90e anniversaire de la fondation du PCF fait problème.

Manifestement, certains éprouvent une gêne à évoquer cette rupture historique décisive avec la social-démocratie. Pour certains dirigeants du PCF, les choix effectués à Tours sont sujets à caution, voire rejetés : le clivage historique entre réformistes et révolutionnaires devrait se refermer, certains d'entre eux (on pense ici à Patrice Cohen-Séat) allant même jusqu'à considérer que le choix fait à Tours n'était pas le bon et qu'il serait temps de refermer la parenthèse ouverte alors.

Les tentatives de recomposition politique, sur le dos du PCF, autour en particulier de l'idée du «creuset» portée par Jean-Luc Mélenchon et son «de Gauche» procède elle aussi d'une démarche cherchant à clore la séquence ouverte en décembre 1920.

Raison de plus pour revenir sur cet événement, dont on voit bien que l'interprétation continue de faire l'objet d'un affrontement idéologique.

Dans le cadre de cet article, il ne saurait être question d'aborder l'ensemble du débat, autour du congrès et des 21 conditions d'adhésion à l'Internationale Communiste. Nous nous attacherons à mettre en évidence quelques uns des axes saillants de ce qui a constitué une rupture décisive avec la social-démocratie et les partis «».

Dans le contexte de l'époque, en tenant compte des possibilités révolutionnaires qui existaient alors, dans plusieurs pays d'Europe et notamment en Allemagne, il s'agissait de forger, dans tous les pays, «'avant-garde» politique, un parti communiste, sur le modèle du parti bolchévik, victorieux en octobre 1917 en Russie. C'est le mérite historique de l'Internationale Communiste (IC) d'avoir impulsé et coordonné ce mouvement .

Dans le choix des délégués du congrès de Tours en faveur de l'adhésion, il y a d'abord la haine et le rejet de la guerre, la «épulsion suscitée par la boucherie sans précédent qui avait broyé des millions d'hommes de 1914 à 1918 et dont la responsabilité incombait au capitalisme» . Or, nombre de dirigeants de la SFIO  avaient participé jusqu'au bout aux différents gouvernements «'Union sacrée», tout comme, ailleurs, les dirigeants de la IIe Internationale.

L'attrait et l'enthousiasme vis à vis de la révolution d'octobre, la «ère révolution ouvrière victorieuse», bien réels, viennent dans un second temps. L'idée reste très forte, portée par l'exemple de la «lueur à l'Est», que les luttes sociales peuvent déboucher assez rapidement sur une issue révolutionnaire, comme ailleurs en Europe.

Le PCF naît donc dans une phase marquée par les luttes ouvrières (notamment depuis l'année 1917).

Une étape décisive vers le parti «de type nouveau»

On connait le mot de Lénine, s'adressant au militant syndicaliste révolutionnaire, plus tard dirigeant de la CGTU et du PCF, Gaston Monmousseau, en 1923 : «transformation du vieux type de parti européen parlementaire, réformiste à l'œuvre et légèrement coloré d'une teinte révolutionnaire, en un nouveau type de parti, vraiment communiste, est chose extrêmement difficile. C'est certainement en France que cette difficulté apparaît le plus nettement».

En 1982, Danielle Tartakowsky soulignait combien les 21 conditions d'adhésion à l'Internationale Communiste, qui sont au cœur du débat dans les mois qui précèdent le congrès de Tours, en décembre 1920, donnent finalement une définition théorique du «de type nouveau» 

«parti qui doit transformer les pratiques traditionnelles du mouvement ouvrier (presse, pratique parlementaire, municipale, syndicale et coopérative), développer de nouvelles pratiques de lutte permettant de couvrir l'ensemble des terrains sur lesquels s'organise l'exploitation (colonies, armée, paysans), créer les conditions d'unification de ces luttes en s'organisant selon les principes du centralisme démocratique : élection démocratique des directions par la base puis application par tous des décisions élaborées par ces directions».

Le congrès de Tours n'a pas constitué, du jour au lendemain, un parti «ouvrier». Dans un premier temps, certains cadres restent imprégnés des méthodes de propagande et d'action de la vieille SFIO, sans vraie homogénéité idéologique au départ.

L'IC va donc faire porter ses efforts en particulier sur la formation de cadres issus en particulier de la classe ouvrière et du mouvement syndical.

Une fois surmontés les crises initiales et les départs de certains de ses premiers dirigeants, de jeunes responsables ouvriers, syndicalistes, vont former peu à peu – aux côtés de dirigeants «historiques», tel Marcel Cachin - le noyau dirigeant stable du PCF dès le début des années 30 et pendant des décennies, autour notamment de Maurice Thorez, Benoît Frachon ou Jacques Duclos.

Dans ce processus de formation d'un «de classe et de masse», tel qu'a pu devenir le PCF, à partir du Front Populaire, Tours est donc bien une étape majeure :

- Par la rupture décisive qu'il opère avec le parlementarisme et avec les errements et les terribles compromissions de la SFIO et des sociaux-démocrates durant la période de la guerre et de «'Union sacrée» ;

- Par le maintien dans le giron du Parti grâce à un rapport de forces favorable lors du congrès, de «L'Humanité», qui va être un outil politique décisif pour «'éducation des masses» et la diffusion du marxisme et des idées communistes ;

- Par la place désormais occupée par la classe ouvrière : notre parti a conquis peu à peu une grande influence dans le monde ouvrier, grâce notamment à ses liens étroits avec le mouvement syndical (CGTU puis CGT). De plus, ses dirigeants sont en grand nombre des militants issus de cette même classe ouvrière, constituant une vraie nouveauté et une rupture avec toutes les autres formations politiques dont les dirigeants sont très majoritairement issus de la bourgeoisie (de la petite bourgeoisie aux milieux d'affaires).

- Par la mise en pratique progressive des axes de lutte contenus dans les 21 conditions, notamment par l’internationalisme prolétarien – par exemple, la 8e condition qui concerne l’internationalisme prolétarien : ainsi, dès 1924-1925, avec la lutte contre la guerre du Maroc, ce sont de nouvelles pratiques politiques qui apparaissent dans le mouvement ouvrier, grâce au PCF, irriguant peu à peu les secteurs les plus progressistes de la société française jusqu'à nos jours.

Eric Jalade, secrétaire fédéral du Tarn

 

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8 décembre 2010 3 08 /12 /décembre /2010 20:54

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Le numéro deux des « Cahiers communistes pour faire vivre et renforcer le PCF », lancé à la Fête de l’Huma, est sorti fin novembre. 

Cet outil, dont le nom fait référence à la revue qui nous a tant aidés jusqu’à sa liquidation en 1999, vise à développer l’échange, la mutualisation d’analyses et d’expériences de lutte pour aider à l’activité militante des organisations du PCF sur une base de classe.

Il se situe dans la démarche que nous avons impulsée depuis plusieurs congrès et dernièrement au « congrès » extraordinaire de juin 2010 avec le texte « Aujourd’hui plus que jamais, face au capital, notre peuple a besoin du PCF » ou bien avec la déclaration « Faire vivre et renforcer le PCF » de Malakoff du 21 mars 2009.

Face à la poursuite du processus d’effacement de notre parti et de son identité révolutionnaire, maintenant au nom du « Front de gauche » et de « transformations », cette nouvelle publication reprend les objectifs de:

 

· réaffirmer l’actualité des fondamentaux théoriques, marxistes du PCF ainsi que l’importance cruciale de l’organisation communiste dans la lutte des classes.

· proposer de redonner son nom à la perspective que doit porter notre parti : le socialisme.

· aider à la revitalisation de cellules, de sections, notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires et les campagnes.

· promouvoir l'adhésion  au PCF.

 

Nous voulons aussi diffuser des informations et des analyses sur le mouvement communiste international, utiles pour notre propre combat.

 

Le numéro 3, en cours de préparation pour la mi-décembre, contiendra un compte-rendu de la réunion nationale que nous avons organisée à Malakoff le 27 novembre 2010.

 

Nous t’invitons, si ce n’est pas fait, à t’abonner (à confirmer l’abonnement de la Fête), à abonner autour de toi. Tu peux aussi commander plusieurs exemplaires pour les diffuser. 

Toutes les contributions sont les bienvenues pour les prochains numéros: remarques, analyses, articles sur des expériences de lutte, la situation dans le Parti.

   

Stéphane Auriol (Collectif PCF-RATP), Corine Bécourt (section de Saint-Quentin – CN) ; Frédéric Bernabé (Fédération de la Haute-Saône – CN), Emmanuel Dang Tran (Section de Paris 15ème – CN), Claude Fainzang (Paris 19ème – CN) ; Eric Jalade (Fédération du Tarn-CN), Dominique Negri (section de Saint-Martin d’Hères – CN) , Russell Yates (Secr. Section de Meaux) pour les camarades de 17 fédérations qui ont pris la décision de lancer le journal le 10 avril

 

Sommaire

 Actualité / Luttes ( 2 à 7 )

 Le retour aux 37,5 annuités : une proposition essentielle 

 Industrie automobile : les salariés au Mondial de l’Auto

Médecine du Travail : La Poste

 Dans les fédés ( 8 et 9 )

  « Blocage » du dépôt de Flandre : reconstruire la lutte à la RATP

Les idées reçues sur la grève - Contre-sommet de l’OTAN

Jeunesse ( 10 )

Retraites : quelles revendications porter dans nos luttes ?

PCF ( 11 à 15 )

Programme partagé - Mélenchon

Paris : l’accord Delanoë-Sarkozy-Chirac

 Rencontre nationale des communistes le 28/11 à Malakoff

International ( 16 à 19 )

 Luttes en Europe et PC - Italie -

Message de félicitations au KKE

Amérique Latine - Brèves

Culture ( 20 et 21)

Retour sur l’exposition : Lénine, Staline et la musique

 Histoire du PCF ( 22 à 23 )

 90 ème anniversaire du PCF : l’actualité du congrès de Tours

 Bilan de la Fête de l’Huma ( 24 )


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Code: ……………………   Ville: ………………………………………………………….

Courriel: ……………………………………………………………………………………...

  Chèques à l’ordre de « Josette Gawsewitch », à renvoyer à « Cahiers communistes », 130 rue Castagnary, 75015 PARIS 

Contact couriel : cahierscommunistes@orange.fr                   

 

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 12:40

Invitation:Le PCF fête ses 90 ans, samedi 11 décembre Salle de Verdun (Route d’Amiens)-St-Quentin

25112010

 Cher(e) amis, Cher(e) camarade, 

 Les communistes de Saint-Quentin fêteront les 90 ans du PCF, le samedi 11 décembre, Salle de Verdun. 

  Cette soirée sera bien sûr un moment convivial autour d’un repas dansant, mais aussi l’occasion de voir ou de revoir, le chemin parcouru par le Parti Communiste Français de 1920, date de sa création au congrès de Tours à nos jours, à travers une exposition nationale et locale ainsi que le témoignage d’anciens camarades qui ont bien voulu nous honorer de leur présence, cette exposition sera inaugurée à 18h 00. 

   Ce sera donc une soirée importante qui réunira de nombreux communistes, sympathisants et bien au delà pour célébrer ensemble cet événement historique au moment où les luttes sociales s’amplifient contre la politique du gouvernement UMP « Sarkozy/Bertrand » à la botte du MEDEF.

 Le besoin d’une force politique révolutionnaire organisant la lutte, porteuse d’une alternative au capitalisme en transformant notre société  pour plus de justice et d’égalité, est plus grand que jamais : C’est le besoin du PCF.

  Le choix du Congrès de Tours est toujours fécond.  

      

Pour la Section de St-Quentin 

Jean Luc TOURNAY,  Secrétaire de Section  

Corinne BECOURT,  Membre du Conseil National du PCF-Aisne

 

Bienvenue à tous.. et RESERVEZ (suivre le lien)

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4 décembre 2010 6 04 /12 /décembre /2010 15:08

REPOSER LA QUESTION DE L’ADHESION DU PCF AU PGE

 

101204_European_Left.jpgLe 3ème congrès de « European Left » (Parti de la gauche européenne – PGE) se déroule jusqu’au 5 décembre 2010 à Paris La Défense.

La direction du PCF y a mandaté 12 délégués, le même nombre que le Parti de gauche de Mélenchon.

 

A l’issue du congrès, Pierre Laurent devrait être désigné président du PGE.

Le « Bloc des gauches » portugais et le « Synapsismos » grec ont également revendiqué la présidence. Dans leur pays, ils espéraient bénéficier encore davantage de soutien face aux partis communistes, le PCP et le KKE, qui ont refusé d’adhérer au PGE.

 

Rappelons que le PGE est un parti « européen », financé par la Commission européenne, dont les statuts stipulent l’adhésion à la « construction » européenne. Son projet, actualisé à ce 3ème congrès, est donc logiquement de relégitimer l’UE et ses institutions au nom d’une Europe sociale.

Sa vocation à développer des partis socio-démocrates de « gauche », à pousser à la transformation des partis communistes pays par pays pour les intégrer au consensus européen, n’a cessé de se vérifier.

 

La question de l’adhésion du PCF au PGE doit rester une question ouverte. Le texte alternatif (extraits ci-dessous) « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF » l’a reposée en juin 2010 à l’occasion du « congrès » extraordinaire.

Nous reproduisons aussi ci-dessous un argumentaire de 2004 s’informer d’informer les camarades sur le PGE à l’occasion du vote bidon organisé alors par la direction du PCF.

 

 

PGE : Extrait du texte alternatif du 35ème « congrès » « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF.

 

 

« Après 1997, la direction de notre parti a opéré un virage appelé alors « euroconstructif ». Le gouvernement de la gauche plurielle venait d’approuver le Traité d’Amsterdam et allait signer les conclusions du sommet de Barcelone. Ce revirement a amené la direction du PCF à abandonner la défense de la souveraineté nationale et à envisager une réforme de l’UE, allant dans le sens de « l’Europe sociale », indépendamment du droit de notre peuple à disposer de lui-même. L’adhésion au PGE, puis la collaboration avec la Confédération européenne des syndicats, CES (favorable à Lisbonne), a accentué cette évolution. »

 

« En parallèle avec ces changements d’orientation, doit se reposer la question de l’adhésion de notre parti au Parti de la gauche européenne.

La crise grecque oblige les media à mettre en avant une réalité : le rôle crucial joué par le Parti communiste grec dans l’intervention des masses. Le KKE a refusé d’adhérer au PGE.

L’adhésion du PCF s’est faite dans la précipitation et la confusion en 2004, avec l’avis de moins d’un quart des communistes français. Le Parti communiste portugais a également exclu d’adhérer au PGE pendant que le Parti tchèque ne souhaite pas en devenir membre à part entière.

Les communistes français doivent disposer de tous les éléments. Le PGE est un « parti européen », parrainé et financé par la Commission européenne. Au Portugal, en Grèce et ailleurs, il soutient structurellement des organisations ouvertement anticommunistes. Son adhésion à la « construction » européenne est originelle. Est-ce le meilleur cadre de coopération international pour le PCF, alors qu’il existe déjà un groupe au Parlement européen beaucoup plus ouvert, GUE-NGL, et que d’autres formes de travail communiste international se font jour ?

Depuis plusieurs années, les partis communistes de plusieurs pays d’Europe (dont le KKE et le PCP) et d’ailleurs développent des cadres d’échange et diffusent des déclarations communes sur les sujets les plus importants. La direction du PCF, sauf exception, a choisi de boycotter ce cadre sans s’en expliquer. Il est temps de réviser cette position, eu égard au développement rapide de la « crise ».

 

 

NON A L’ADHESION DU PCF AU PGE : UNE ARGUMENTATION DE 2004 TOUJOURS ACTUELLE

 

Nous nous battons pour le NON au projet de « Constitution européenne »

Nous nous opposons à l’adhésion du PCF au Parti de la Gauche européenne, PGE !

Déclaration de la section du PCF du 15ème arrondissement de Paris,

5 octobre 2004

 

Au printemps dernier, le projet de création du « Parti de la gauche européenne » avait rencontré une forte opposition des camarades dans toute la France.

 

La direction du PCF n’en a pas moins décidé, sans consultation des communistes, d’apposer la signature du PCF comme membre fondateur du PGE au « congrès » de Rome, organisé symboliquement le 9 mai à la date de la « Journée de l’Europe » reprise par le projet de « Constitution » européenne.

 Six mois plus tard, elle vient demander aux adhérents de ratifier le fait accompli à l’occasion d’une consultation bâclée où l’essentiel des enjeux sont dissimulés aux communistes.

 
Le texte unilatéral accompagnant le « bulletin » de vote (dans l’Huma du 22 septembre, expédié à tous les communistes) n’éclaire pas les véritables objectifs et les conditions de la création du PGE.

 
Les communistes français ont plus que jamais besoin de revivifier l’engagement internationaliste fondamental du PCF. Le renforcement d’échanges et de coopérations entre partis communistes ou progressistes de différents pays, européens est une exigence pour renforcer la solidarité entre les peuples.

 

L’opération PGE est à l’opposé de cela.

 
1)- Le PGE, un outil au service de « l’intégration » européenne

 
Le PGE s’inscrit ouvertement dans le cadre dicté par le « règlement définissant le statut et le financement des partis politiques européens », adopté en juin 2003 par le Conseil européen et le Parlement européen et repris dans le projet de « constitution » de Giscard (article III-331). Ces « partis européens » ont pour mission de « promouvoir l’intégration européenne », en récompense de quoi l’Union européenne leur gratifie une subvention annuelle conséquente.

 
C’est à quoi se conforment strictement les statuts du PGE. A l’article 5 sur les objectifs du PGE, on lit : « promouvoir un travail de relations publiques européen qui soutienne activement la formation d’une entité européenne ».

 
La loi européenne est claire. Pour être « qualifié » comme « parti politique au niveau européen », il faut accepter dans ses statuts les principes fondateurs de l’Union européenne. Le PGE et avec lui les dirigeants du PCF s’apprêtent ainsi à prêter allégeance à « la concurrence libre et non faussée », principe fondamental de la (pseudo)-construction européenne repris par le projet de « constitution »

 

2)- L’adhésion au PGE est contradictoire avec l’engagement des communistes dans la campagne pour le NON au projet de « constitution » européenne

 
Le PGE s’inscrit dans le schéma de l’Europe fédérale et dans l’acceptation d’une constitution européenne. Plusieurs « membres fondateurs » du PGE ont d’ailleurs des positions très ambiguës sur la « Constitution européenne ». Plusieurs avaient approuvé le Traité de Maastricht. Certains de leurs dirigeants se sont même prononcés pour le projet de Giscard, dont la tête de liste du PDS allemand aux dernières élections européennes, Mme Sylvia-Yvonne Kauffmann (3 députés européens de la « gauche unie espagnole » se sont abstenus, le 4ème a voté pour...).

 
Nous remarquons que le PGE n’a pas encore pris position sur le « traité constitutionnel » et ne le fera que fin-octobre.

 

3)- Le PGE destiné à supplanter les partis nationaux et notamment le PCF ?

 
Le PGE est très loin d’être un simple « espace commun d’initiative politique ».

 
La première phrase de ses statuts du PGE indique qu’il vise à « unifier les partis » qui y adhèrent. Ses structures sont calquées sur celles des institutions européennes, avec un « président européen », un « conseil des présidents » auxquels les statuts donnent les moyens de contrôler le PGE. Comme l’Union européenne elle-même, le PGE est une structure pyramidale, antidémocratique dont les positions conditionneront celles des partis membres.

 
C’est une atteinte inacceptable à l’indépendance des communistes français.

 

4)- Le PGE, à l’opposé du rassemblement des communistes et des Partis communistes

 
Le « manifeste du PGE» est si vague que n’importe quel parti social-démocrate peut le signer et évite toute référence au communisme.

En revanche, la majorité des partis communistes européens (qui ont gardé ce nom) rejettent le PGE: les PC de Grèce, du Portugal, de République Tchèque, le Parti des communistes italiens… Parmi les autres composantes du groupe au Parlement européen dont font partie les 2 députés du PCF, tous les partis scandinaves, le Parti socialiste (non socio-démocrate) des Pays Bas,…  ont aussi dénoncé et combattu la création du PGE.

En Italie, la consultation de « Refondation communiste » a donné 47% de votes contre.

 
Contrairement à ce que le texte accompagnant le « bulletin » de vote dans l’Huma veut laisser croire, les partis communistes portugais et tchèque (Bohême-Moravie) ne sont pas « membres observateurs ».


Que signifie l’empressement des dirigeants du PCF pour imposer la fusion du PCF dans le PGE ? Au-delà de l’intérêt de la carotte financière, il est difficile de ne pas voir une nouvelle étape du ralliement de la direction du PCF, déjà manifeste en 1999 avec « Bouge l’Europe », à l’intégration européenne.

Les communistes se trouvent confrontés à une nouvelle tentative de coup de force pour effacer l’identité, les valeurs, les combats de toujours de leur parti. Il s’agit de faire franchir un pas nouveau à la « Mutation », au reniement de la raison d’être du PCF et même à terme de son nom, dilué dans le PGE.

La discussion sur le fond de l’adhésion au PGE est esquivée de même que la discussion pour ou contre le principe d’une constitution européenne.

Pour nous, la bataille au plan international pour une voie anticapitaliste est indissociable de la bataille pour préserver la souveraineté nationale, intrinsèquement liée à la souveraineté populaire. De même, notre combat internationaliste exige le maintien de l’indépendance du PCF (et son retour sur les rails de la lutte des classes !).

Comme plusieurs sections et fédérations en France, nous appelons les communistes à s’opposer et à voter contre l’adhésion du PCF au Parti de la gauche européenne, nouvelle tentative pour saborder le PCF, son originalité, son histoire.

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