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NOUVEAU SITE ACTUALISE QUOTIDIENNEMENT: http://vivelepcf.fr/

 

36ème congrès du PCF: accès au dossier (en lien)

       
       
         
10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 16:44

Faire vivre et renforcer le PCF

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INVITATION

 

Rencontre communiste internationale

Paris, le 26 février 2011 

 

La crise capitaliste porte un coup important à l'idéologie dominante qui, il y a vingt ans de cela, proclamait la « fin du communisme » et avec lui « la fin de l'histoire ».

Un peu partout dans le monde, de grands mouvements de lutte se développent, porteurs d’une recherche de rupture avec le capitalisme.

En Tunisie, en Algérie, en Egypte, sur une base de classe, les peuples ébranlent les dictatures au service de l’impérialisme. En Amérique latine, des expériences d’édification du socialisme se poursuivent.

 

La question du socialisme revient au cœur de l’affrontement idéologique malgré le matraquage sur l’échec du « socialisme réel ».

Dans les pays d’Europe, sous l’égide de l’UE, la remise en cause, sans précédent depuis 1945 (à l’ouest), des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs rencontre une large opposition, des mobilisations nombreuses.

L’existence et le renforcement des organisations politiques révolutionnaires, marxistes et léninistes, c'est-à-dire des partis communistes, sont plus que jamais essentiels.

 

Leur affaiblissement théorique et organisationnel des dernières décennies pèse très lourd sur l’issue des luttes, sur le mouvement syndical.

Nous faisons ces constats dans notre pays, au sortir des immenses manifestations de cet automne contre la casse du système de retraite.

Dans le même temps, parmi les travailleurs, dans la jeunesse se manifeste un intérêt plus grand pour le communisme pour tout ce que continue à représenter notre Parti dans l’histoire de notre pays. Le 90ème anniversaire du PCF a suscité une attention renouvelée, un grand nombre d’initiatives à travers le pays.

 

L’histoire et l’avenir des partis communistes sont devenus en eux-mêmes un enjeu majeur de la lutte des classes. La pression est très forte, à l’extérieur comme à l’intérieur, pour renier la raison d’être de nos partis, mener à bout les processus de transformation en partis réformistes, de « gauche ». Le Parti de la gauche européenne est l’instrument international de cette entreprise coordonnée en Europe, avec la Confédération européenne des syndicats.

 

Au sein du PCF, nous faisons partie de ceux qui combattent ce processus liquidateur depuis plusieurs congrès.

Nous observons avec grand intérêt ce qui se développe dans les autres partis communistes le travail de coordination dont la 12ème rencontre des partis communistes et ouvriers à Johannesburg en décembre 2010 a traduit les nouveaux progrès. Nous tâchons de faire connaître ces expériences dans nos publications, entre autres avec le site internet http://solidarite-internationale-pcf.over-blog.net/.

 

Mais nous éprouvons la nécessité d’intensifier les échanges avec nos camarades d’autres partis.

C’est dans cet objectif que nous organisons une rencontre communiste internationale fin février 2011 à Paris.

 

Des représentants du Parti communiste grec (KKE), du Parti algérien pour la démocratie et le socialisme (PADS), de l’Ambassade de Cuba, des camarades d’Italie, d’Espagne (PCE – La Republica), d’Autriche (KPÖ – Styrie), de Tunisie ont confirmé leur participation.

 

Nous vous invitons à participer aux deux débats prévus le samedi 26 février au Patronage laïque du 15ème, 72 avenue Félix Faure (métro Boucicaut)

 

De 9h00 à 12h00 : « Internationalisme ou intégration européenne ? – les PC face à la logique réformiste et liquidatrice du PGE ».

 

De 14h30 à 17h30 : « Luttes nationales et actualité du socialisme »

 

Une table de livres sera tenue à l’entrée. Le n°4 du journal Cahiers communistes rendra compte de cette rencontre.

 

La solidarité entre partis communistes de différents pays, la confrontation d’expériences de lutte et de résistance ne peuvent que nous aider communistes français.

 

Fraternellement,

 

Corinne Bécourt, Frédéric Bernabé, Emmanuel Dang Tran, Claude Fainzang, Eric Jalade, Dominique Negri, membres du Conseil national du PCF

 

 

A votre disposition pour toute information complémentaire :

 

Contact :  anthony.crezegut@wanadoo.fr ; pcf15@wanadoo.fr  

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 15:27

Sortir du débat faussé des présidentielles. Libérer le PCF du carcan du Front de gauche. Renforcer le Parti dans la lutte des classes.

 

Le PCF devrait prendre les choses dans l’ordre : d’abord les luttes de 2011, puis le programme communiste pour les mettre en cohérence dans une perspective de rupture, après seulement la question du candidat pour 2012.

 

Le mouvement pour les retraites vient de le montrer : un rapport de force existe pour mettre en échec, par les luttes, la politique au service du capital. Les communistes sont en droit d’attendre une analyse de la défaite sur les retraites, un bilan du Front de gauche, le lancement d’actions nationales que les élections cantonales pourraient contribuer à porter.

 

Rien de cela n’est sorti du CN du 7 janvier.

Suivant le choix de candidatures communes du Front de gauche, on empêtre les communistes dans des primaires pour 2012, loin des luttes, singeant les autres partis et la présidentialisation de la 5ème République. Le Congrès prévu en juin 2011 est reporté. 

Ainsi la bataille de personne esquive la discussion et la décision sur les contenus. La candidature fixée avant les objectifs politiques : c’est le monde à l’envers.

 

D’un côté, Jean-Luc Mélenchon, maastrichien zélé et sénateur PS honoraire, reconverti dans une radicalité démagogique, est encouragé dans ses prétentions, dans son OPA sur le PCF. En allant le chercher en 2008, la direction du Parti en a fait le dépositaire du « Front de gauche ».

De l’autre, les communistes qui s’inquiètent pour le Parti sont incités à se raccrocher à André Chassaigne, « issu du PCF » mais candidat « individuel » à la candidature du FdG.

D’autres francs-tireurs font don de leur personne sur des positions « identitaires » incertaines.

En outre, la consultation de juin ne réglera rien puisqu’on ne sait pas comment le FdG désignera finalement son candidat. Comme les « collectifs antilibéraux » de 2006, ce scénario mène le parti dans le mur.

 

Quel que soit le candidat du Front de gauche, c’est le même programme. La direction du Parti a été claire au CN: le « programme partagé » est conçu pour être acceptable par toute la gauche. Il est « partagé » par une mouvance de « gauche » mais décidé hors des communistes.

Pendant que Mélenchon caricature les positions communistes historiques, les porte-parole du PCF assument le choix réformiste. La perspective, c’est une nouvelle « gauche plurielle » : Pierre Laurent commence à négocier le contenu d’un « contrat gouvernemental » avec le PS et les écologistes (Nouvel Obs du 6 janvier).

Le cadre, c’est acceptation du l’UE du capital. Maintenant à la tête du PGE, la direction s’aligne sur la CES, fer de lance du Oui au Traité de Lisbonne, plaide contre une remise en cause de l’existence de l’euro.

 

Tout cela ne peut pas se décider sans les communistes. Il faut remettre les choses à l’endroit !

 

1- Les communistes doivent pouvoir se libérer du carcan du Front de gauche, dont ils n’ont jamais décidé. Le FdG avec Mélenchon leur a été imposé en parallèle du 34ème congrès, les candidatures communes pour 2012 au « congrès » anti-statutaire de juin 2010. L’expérience a déjà démenti les illusions propagées : c’est une démarche structurante, électorale, qui supplante et affaiblit le Parti, qui poursuit l’alignement sur la gauche social-démocrate.

 

2- Lancer de grandes campagnes de lutte et travailler à un programme communiste.

La place du Parti est d’être au plus près des préoccupations des travailleurs sur une base de classe. Engageons des actions de masse notamment :

- pour les salaires, pensions et minima sociaux

- contre l’augmentation des tarifs du gaz et de l’électricité.

-pour l’annulation des décrets Chatel, des lois Boutin et Bachelot contre l’école, le logement social et l’hôpital.

- contre les déremboursements de médicaments, contre l’application de la loi Woerth

- pour le retrait des troupes d’Afghanistan

Des initiatives de cet ordre sont nécessaires pour renforcer le Parti, revitaliser les cellules, sections notamment à l’entreprise et dans les quartiers populaires.

Nous avons besoins d’un programme communiste qui les mette en cohérence, non d’un catalogue électoral à remiser dans les greniers d’une future « gauche plurielle ». Parmi les axes politiques de fond que nous devrions mettre en avant :

- la défense et la reconquête des grands monopoles publics (et non de vagues « pôles citoyens »)

- le rejet de l’application des directives et traités européens (et non leur aménagement)

- des (re)nationalisations, dont celle du secteur financier

- la remise en cause de l’’euro, monnaie de domination du capital européen, aggravant la mise en concurrence des travailleurs, les délocalisations, entravant la capacité des peuples à disposer d’eux-mêmes.

- la défense sans concession du financement solidaire de la Sécurité sociale par la cotisation sociale

- la sortie de la France de l’OTAN

 

3- La stratégie pour les élections de 2012 doit seulement découler de ces actions et du programme communiste.

 

Dirigeants d’organisations du PCF, nous refusons de rentrer dans le débat piégé dans lequel les choix de la direction enferment les communistes. Pour nous, dans la situation actuelle, nous ne pouvons envisager qu’une candidature clairement présentée par le PCF, hors du Front de gauche.

 

Notre priorité est de faire vivre et de renforcer le PCF. Il doit retrouver toute sa raison d’être dans la lutte des classes. Le texte alternatif au 35ème « congrès », « Face au capital, aujourd’hui plus que jamais, le peuple a besoin du PCF », la revue « Cahiers communistes » que nous avons créée sont au service de cet objectif.

 

Les luttes, la crise du capitalisme amènent davantage de travailleurs, de jeunes, vers le communisme, vers le PCF. Réaffirmons l’actualité des choix fondamentaux du Congrès de Tours!

 

Contact : vivelepcf@orange.fr  . Texte intégral : http://vivelepcf.over-blog.fr/

 

Stéphane Auriol (PCF RATP – CN de 2006-2008), Frédéric Bernabé (secr. PCF 70), Corinne Bécourt (Saint-Quentin), Emmanuel Dang Tran (secr. PCF Paris 15), Claude Fainzang (Paris 19ème), Eric Jalade (secr. PCF 81), Dominique Negri (secr. PCF Saint-Martin d’Hères), membres du Conseil national du PCF

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 15:21

Cahiers communistes :

Le numéro 3 est en vente à partir du 9 février 2011

Sommaire 

 

 

cc

 

Edito : Sortir le PCF du carcan du Front de gauche

Actualité / Luttes ( 3 à 7 )  

 

35 heures : embrouille pour recréer un clivage « gauche/droite »

Défense des monopoles publics: RATP/EDF

Inquiétant recul de la CGT après le mouvement des retraites

Dépendance

                                              

Dans les fédés ( 8 à 10) 

 

Mantes-la-Jolie: les communistes au cœur du rassemblement pour l’hôpital.

JC/Léo Figuères: rencontres sur le socialisme

 

PCF ( 11 & 12 ) 

 

Elections 2011: le Front de gauche à Hue et à dia!

 

Contre l’UE du capital ( 13 à 16 )

Quand le PGE fait la promotion du Traité de Lisbonne

Sortir de l’euro: poser la question

Sortir de l’OTAN!

 

International ( 17 et 20)

 

Luttes en Europe

Rencontres communistes à Johanesburg—Espagne—Cuba

 

Histoire du PCF ( 21 à 23 )

 

90ème anniversaire du PCF : actualité du congrès de Tours

                       

 Tunisie-Egypte (24)

l’Huma ( 24 )

 

 

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 Chèques à l’ordre de « Cahiers communistes » à renvoyer à « Cahiers communistes », 130 rue Castagnary, 75015 PARIS 

Contact couriel : cahierscommunistes@orange.fr           

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9 février 2011 3 09 /02 /février /2011 13:06

Le PCF après le massacre de Charonne le 8 février 1962

 

110209_charonne_obseques.jpg49 ans après le massacre de Charonne, nous reproduisons ci-dessous l’éditorial des Cahiers du communisme de février 1962, numéro intitulé « gaullisme et fascisme ».

Les analyses du Parti éclairent les collusions et intérêts communs entre pouvoir gaulliste au service du capital et fascistes de l’OAS qui expliquent la violence de la répression policière contre les manifestants antifascistes et anticolonialistes.

(Il n’est alors question que de 8 morts, la dernière victime, communiste également, devant décéder à l’hôpital peu après).  

 

 

 

Devant le péril fasciste

 

Au moment où nous écrivons ces lignes, le peuple de Paris, au cours d’obsèques solennelles et grandioses, accompagne à leur dernière demeure les huit martyrs antifascistes tombés sous les coups de la police gaulliste le 8 février dernier.

L’assassinat de ces travailleurs, dont sept d’entre eux étaient communistes, a soulevé dans tout le pays et à l’étranger une émotion profonde et une réprobation unanime.

C’est pour protester et s’élever contre le danger grandissant du fascisme, contre la poursuites des plasticages criminels des hommes de l’OAS, pratiquement jamais inquiétés ou restant impunis, que la classe ouvrière et le peuple se sont dressés en de puissantes manifestations antifascistes. Mais c’est contre elles que le pouvoir gaulliste a dépêché ses forces policières et répandu le sang.

La diversion anticommuniste du gouvernement pour tenter de justifier sa sauvagerie policière, éclaire une peu plus sa nature profondément réactionnaire, éclaire sa collusion de fait avec l’OAS. Elle montre d’une façon tragique que le pouvoir gaulliste, pouvoir des monopoles s’attaque en fin de compte à tous ceux : communistes, socialistes, catholiques, démocrates et républicains qui entendent faire barrage à l’OAS et n’acceptent pas de vivre sous le joug d’une dictature personnelle synonyme d’oppression, de misère et de guerre.

Contre la montée du péril fasciste, l’idée que le peuple doit compter désormais sur ses propres forces unies pour lui barrer la route a fait d’importants progrès.

L’union réalisée, notamment au soir du 8 février, le démontre. Cette union s’est d’ailleurs puissamment renforcée lors de l’appel à la grève générale le jour des obsèques lancé par toutes les organisations syndicales parisiennes, auxquelles se sont associés notre Parti, le PSU, le Mouvement de la jeunesse communiste, le Mouvement de la paix.

Même les décisions de grève et de manifestation de la CFTC, FO et de la FEN, du Parti socialiste SFIO, lancées pour le lundi 12 février, bien qu’elles contiennent une part d’arrière-pensée et de manœuvre sont avant tout l’expression du puissant mouvement de masse contre le fascisme qui se développe actuellement.

Une telle prise de conscience du danger OAS et un tel développement de l’action unie pour lui faire échec, sont avant tout le résultat de la juste politique et de l’action courageuse menées par notre parti.

Dénonçant, d’une part, sans relâche la nature du pouvoir personnel ouvrant la voie au fascisme, travaillant, d’autre part, sans relâche à l’union de toutes les forces ouvrières et démocratiques, notre parti s’est révélé, une fois encore, la force principale dans la lutte antifasciste, le parti qui montre, non seulement, au peuple la voie de l’intérêt national, mais organise son combat pour reconquérir les libertés et la démocratie.

 

Le grand problème du moment réside donc dans l’organisation rapide et puissante de toutes les forces ouvrières et démocratiques afin de dresser un barrage infranchissable aux fascistes de l’OAS et de les écraser.

Mais la lutte antifasciste ne saurait se mener efficacement et aboutir victorieusement sans avoir la claire conscience que le danger OAS ne se limite pas uniquement à l’éventualité d’un coup de force.

En effet, l’attitude complice du pouvoir à l’égard de l’OAS, la persistance des dirigeants socialistes de droite à refuser l’unité ouvrière, à prôner l’anticommunisme, à afficher certaines thèses rejoignant celles de l’OAS, montrent parfaitement que certains milieux n’ont pas abandonné l’idée d’un compromis avec les factieux. S’il est vrai que l’OAS ne repose sur aucune force populaire, qu’elle n’a aucune audience dans le peuple de notre pays, par contre, elle tire sa force et son arrogance de la mansuétude du pouvoir gangréné par ses hommes, elle tire aussi sa force de la politique de division et de capitulation des dirigeants socialistes de droite et de certains hommes politiques qui se réclament de la démocratie.

La vigilance et la nécessité de tout mettre en œuvre pour répondre à un éventuel coup de force fasciste ne sauraient donc nous faire oublier que les méthodes du néo-fascisme revêtent d’autres formes, celles par exemple de l’utilisation du compromis politique, et cela notamment sous prétexte d’éviter la guerre civile.

C’est pourquoi, il est nécessaire d’analyser et de dénoncer systématiquement l’attitude comlplice du pouvoir gaulliste en même temps que la politique de division des dirigeants socialistes de droite.

Il est bien évident que si des contradictions réelles, mais secondaires opposent le pouvoir aux hommes de Salan, il n’en reste pas moins que ce pouvoir du capital monopoliste et de la haute banque conserve pour adversaire principal : les masses populaires qu’il tente de courber toujours plus sous son joug.

Cette contradiction fondamentale entre la classe exploiteuse au pouvoir et les masses laborieuses, que notre parti a toujours éclairée ne saurait en aucun moment s’estomper. C’est elle, au contraire, qui explique que pour continuer à mener une politique antipopulaire et antinationale le pouvoir gaulliste se trouve tout naturellement entraîné à pactiser avec les factieux, à les utiliser, et, par conséquent, à composer avec eux.

Dans le conflit algérien, la recherche d’une solution la moins défavorable possible à l’impérialisme français se trouve ainsi aidée par la pression politique que représente l’agitation factieuse.

De plus, le pouvoir ne peut se priver de l’instrument de répression et d’oppression que représentent pour lui les forces du fascisme dans la lutte contre l’action grandissante des forces démocratiques et nationales.

Toutes ces constatations d’aujourd’hui confirment combien notre parti avait apprécié justement – et dès son avènement – la nature du pouvoir gaulliste qui porte en lui la menace du fascisme déclaré.

Les tentatives de compromis de certains milieux de gauche avec la bourgeoisie s’illustrent par des prises de position identiques, notamment à propos de l’Algérie.

Guy Mollet s’acharne toujours à réclamer sur le problème algérien des « garanties pour la minorité européenne » qui s’apparentent plus à des garanties de caractère colonial qu’à des garanties légitimes. En fait cette position rejoint les exigences colonialistes de de Gaulle et remet sans cesse en cause l’idée de l’application sans restriction du droit des Algériens à l’autodétermination et à l’indépendance.

Il en va de même des positions énoncées par Maurice Faure, président du Parti radical, sur cette question. Elles rejoignent aussi les déclarations politiques d’hommes comme Jules Romains, André Morice, Lacoste et Lejeune qui, sous couvert d’un prétendu « comité de la gauche », parlent à propos des négociations franco-algériennes du « dédain manifesté au peuple français d’Algérie ».

Mais aujourd’hui, étant donné les reculs des forces colonialistes et le développement continu de l’action populaire, rien ne doit s’opposer à la conclusion d’un accord aboutissant à la paix en Algérie.

L’accord politique entre certaines formations de gauche et la grande bourgeoisie au pouvoir ne se limite pas seulement à ce problème. Que ce soit sur la constitution antidémocratique imposée par de Gaulle, le Pacte Atlantique ou le Marché commun, de nombreux autres points d’accord unissent ces formations au pouvoir.

Ainsi, comme le déclarait Paul Laurent dans son rapport devant le Comité central de Choisy-le-Roi : « certains chefs politiques de la bourgeoisie, y compris les socialistes de droite, inquiets des difficultés plus grandes des monopoles capitalistes à continuer leur politique antipopulaire et antinationale, se préoccupent d’en redorer le blason, encore une fois sous le couvert d’une pseudo « troisième force ». Sans porter atteinte le moins du monde au système du pouvoir personnel, ils proposent, dans un soi-disant but d’apaisement, de capituler devant certains exigences de l’OAS ».

 

 

Ainsi au cours de la grande bataille engagée par notre peuple contre le péril fasciste, il est absolument indispensable de battre en brèche la politique de capitulation et de compromission des dirigeants socialistes de droite.

Le danger OAS actuel, inséparable de la désastreuse politique pratiquée par le pouvoir depuis trois années, n’est-il pas issu de la politique de division, de la politique de collaboration de classe pratiquée précisément par les dirigeants socialistes qui, sous couvert d’anticommunisme et par crainte du peuple, aidèrent de Gaulle à se hisser au pouvoir ?

L’anticommunisme – et cela apparaît de plus en plus aux yeux des masses actuellement dressées et unies dans le combat antifasciste – recouvre toujours la poursuite de la politique d’entente avec la grande bourgeoisie.

La répression sanglante organisée le 8 février dernier par le pouvoir gaulliste à l’égard des forces populaires dressées contre le péril OAS a découvert le vrai visage de la politique tyrannique, de la politique de classe de ce régime. Elle a souligné en même temps la gravité du danger fasciste, la nécessité et les possibilités de l’unité des forces ouvrières et nationales pour y mettre un terme.   

Ella a montré dans sa tragédie tout le bien fondé de la politique nationale de notre Parti qui, avec confiance et persévérance, n’a cessé d’alerter et de travailler au rassemblement de toutes les énergies ouvrières et démocratiques afin d’en finir avec la guerre d’Algérie et son corollaire, le fascisme.

La bataille n’est pas terminée, c’est pourquoi les communistes redoubleront d’efforts pour continuer à créer et à renforcer des milliers et des milliers de comités antifascistes dans les entreprises et les quartiers. Ils poursuivront aux côtés de tous les combattants de la paix la lutte pour imposer la solution négociée du problème algérien. Ils continueront à propager avec audace et fierté la politique claire et unitaire de notre parti qui se révèle à travers les événements comme la seule juste et valable.

Ils renforceront dans cette période d’intense activité, l’organisation et les rangs de notre glorieux parti, le Parti des martyrs de la liberté.

 

13 février 1962

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 18:07

DES TRACTS pour faire vivre et renforcer le PCF -

07 février 2011

 

Tract PCF à la disposition des organisations du Parti

 

Cliquez sur les titres, documents en lien (format PDF ou html)

 

SOLIDARITE EGYPTE ET TUNISIE :

Tract - Soutient aux peuples égyptien et tunisien (PDF)

Après la fuite du dictateur, tout ne fait que commencer !   html

 

LUTTES SOCIALES RENTREE :

Manifestations pour l’école publique : Arrêter la politique de sabotage !

 

CONTRE LES PROJETS GOUVERNEMENTAUX POUR 2011 :

Stop à la politique de casse de l'hopital public !

Tract dépendance

 

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7 février 2011 1 07 /02 /février /2011 17:07

Par vivelepcf@laposte.net

« La concurrence libre et non faussée », selon le texte du Traité de Lisbonne, plutôt la « concurrence de tous contre tous », voilà l’instrument pour détruire tous les services publics. Dans le rapport de force de la Libération, grâce au PCF, de grands monopoles publics ont été conquis. En France, la notion de « nationalisation » a pris un caractère hautement progressiste, que nous avons pu placer dans une perspective socialiste. Ces conquêtes ont court-circuité le processus de concentration des oligopoles privés analysé si justement par Lénine après Marx.

Il n’était plus question de la nationalisation des pertes et de la privatisation des profits comme cela avait était le cas auparavant (ex : la nationalisation des Chemins de fer de l’ouest en 1909) ou comme on vient de le voir à la faveur de la crise de 2009 aux Etats-Unis (General Motors) ou en Grande-Bretagne (secteur bancaire). En France le gouvernement s’est bien gardé de nationaliser pour renflouer les banques. C’était bien trop risqué eu égard à cette histoire et cette réalité encore présente de l’existence d’un large secteur nationalisé monopolistique.

L’existence des monopoles publics a aussi donné un modèle économique porté par des acteurs publics dans des secteurs restés ou redevenus concurrentiels (ex : l’audiovisuel encore aujourd’hui, ou l’automobile avec Renault) et un modèle social.

La casse des monopoles publics, l’éradication de l’esprit de service public qu’ils portent est une priorité obsessionnelle pour le capital. Tous les arguments sont bons. Le processus est avancé depuis les années 80.

Doit-on considérer pour autant que la bataille est terminée, qu’il faudrait se résigner ? C’est ce que l’on comprend de discours « pro-européens » émanant même de certains dirigeants de la CGT et du PCF. Le « Service public à la française », assimilé scandaleusement à un vecteur de nationalisme, ne serait même pas compréhensible pour les autres progressistes européens nous expliquait Francis Wurtz pour faire passer l’adhésion au PGE en 2003 (!).

Membre tout à la fois de la direction de l’entreprise RATP, de la direction de la CGT RATP et de celle du PCF RATP, Michel Rizzi, écrit dans le n°2 de la « Revue du projet » : « Le monopole public, à la condition expresse qu’il soit géré de façon réellement démocratique, est certainement l’organisation la plus pertinente en termes d’efficacité. Mais supprimer la concurrence, notamment à travers une modification en profondeur des traités européens, ne peut pas être un préalable pour avancer. Un premier objectif est certainement de conserver, de conquérir ou de reconquérir un opérateur public dans chaque grand domaine concerné, tout en admettant qu’il sera nécessairement et pour une longue durée en compétition avec des sociétés privées. »

L’UE du capital et la concurrence libre et non faussée comme horizon indépassable ! On comprend le refus de certains de mener la bataille pour défendre les régimes spéciaux de retraite, le statut des entreprises publiques, son acceptation de la politique du Syndicat des transports d’Ile-de-France à direction PS, aménageant la concurrence.

Communistes, cela ne peut pas être notre position.

Le service public est attaqué comme jamais. Au 1er janvier 2011, le monopole juridique de La Poste sur le courrier de moins de 50g a été supprimé, avec une directive européenne (La « votation » de « toute la  gauche » en 2009 avait d’ailleurs refusé de mettre ce point en question). Veolia s’allie avec Trenitalia pour faire rouler, sur les mêmes voies, des trains privés de voyageurs contre la SNCF. Avec la loi NOME, EDF va livrer à prix coûtant l’électricité d’origine nucléaire financée par les usagers et la collectivité pour qu’elle soit revendue au prix fort par le privé.

Pas question d’accepter cela comme une fatalité ! Les ressorts du service public d’entreprise publique, reposant sur les monopoles publics historiques, sont toujours actuels, largement partagés, à l’heure où même la « gauche » de l’idéologie dominante se met hypocritement à vénérer le programme du CNR.

Défendre et reconquérir les monopoles publics, des nationalisations démocratiques, refuser l’application des traités, directives et autres règlements européens illégitimes est une obligation pour promouvoir l’intérêt général, la coopération internationale entre services publics et peuples face aux prétentions du capital européen et mondial.

Nous ouvrons la réflexion par plusieurs articles traitant concrètement de différents secteurs d’activité. Parce que c’est fondamental.

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3 février 2011 4 03 /02 /février /2011 16:31

Le PCF peut s’enorgueillir d’avoir conduit les campagnes les plus conséquentes contre l’Europe supranationale du capital.

une-huma-dimContre le Traité de Maastricht en 1992, puis pour un référendum le Traité d’Amsterdam jusqu’en 1998, nous avons marqué beaucoup de points dans la dénonciation des méfaits de la monnaie unique qui allait devenir l’euro.

 

Depuis, en France comme dans tous les pays, avec la crise du capitalisme, l’UE du capital subit une profonde crise de légitimité et rencontre des résistances nationales toujours plus fortes. Les gouvernements nationaux, de droite ou socio-démocrates, peuvent de moins en moins utiliser le prétexte européen pour mener leur politique de casse des acquis sociaux et démocratiques. En difficulté, les dirigeants européens font front uni devant les opinions publiques pour défendre le principal de l’UE : l’euro.

 

Sarkozy, dans ces vœux au pays, a mis en garde solennellement contre les dangereux irresponsables qui évoqueraient la sortie de l’euro. Mme Merkel a fait de même avec autant d’insistance. M. Papandréou fait payer tous les sacrifices au peuple grec pour rester dans la zone euro.

 

Aussi c’est avec surprise que nous lisons les déclarations insistantes des principaux dirigeants du PCF pour défendre l’existence de l’euro. Avant MG. Buffet dans l’Huma, Pierre Laurent, tout juste désigné président du PGE, déclare à la presse, le 8 décembre 2010 : « La sortie de l’euro n’est pas la solution. Ce n’est pas la sortie de l’euro qui peut arranger les choses. … Donc changeons l’euro et la manière de l’utiliser mais ne bazardons pas l’instrument ».

Qu’est-ce qui peut justifier un tel revirement par rapport aux analyses que les communistes ont toujours défendues ?

 

Que l’on ne vienne pas nous dire que ne nous pouvons pas défendre une position en étant mal accompagné ! Puisque les Le Pen sont pour la sortie de l’euro, nous ne devrions pas l’être. Dans ces cas-là comme Mitterrand et les socialistes nous le disaient déjà, nous n’aurions pas dû combattre Maastricht. A gauche, Mélenchon ne s’embarrasse pas pour cela (France Soir du 8/01/11). Nous savons bien comment Le Pen est utilisé pour détourner les aspirations populaires. Nous savons (voir ci-contre) combien ses positions nationalistes et racistes l’amènent à soutenir en vérité l’EU du capital.

 

En s’opposant à l’euro, on se retrouverait aussi dans le camp des capitalistes allemands, des égoïstes qui veulent abandonner les pays européens aux économies les plus faibles. Les capitalistes allemands sont au contraire au 1er rang pour défendre l’euro, avec les capitalistes de tous les pays, armateurs grecs compris.

 

Exactement comme le Parti le dénonçait dans les années 90, l’euro favorise les capitalistes dominants. Il renforce encore la concurrence, « libre et non faussée », au sein de la zone euro, écrasant les activités en développement. L’euro « fort » fait le jeu des économies structurellement exportatrices mais pénalise les activités moins « compétitives ». Il encourage les délocalisations dans des pays ateliers, aux marches d’Europe de l’est ou plus loin.

 

Tout cela nous l’avions dit et cela se vérifie de même que l’aggravation des tensions nationales. La presse démagogique de chaque pays accuse les autres peuples d’être coupables de la crise, d’être irresponsables, paresseux…

Pierre Laurent estime que : « les pays qui sortiraient de l’euro seraient seuls face à la guerre économique actuelle ». Grecs, Irlandais, Portugais font l’expérience de la solitude avec l’euro ! Les sacrifices qu’on leur demande, 20% de perte de pouvoir d’achat en 2 ans, sont sans commune mesure avec les conséquences des dévaluations des années 1992/1993 de la livre et de la lire.

 

Sortir le l’euro et revenir aux monnaies nationales ne réglerait pas tout. Certes ! L’existence d’une monnaie nationale n’est pas le socialisme. Elle reste sous le contrôle des capitalistes nationaux, des banques centrales nationales, mais elle n’est pas hors de portée politique des peuples.

 

C’est l’aspect fondamental. Les dirigeants du Parti affirment que l’euro pourrait se transformer en la monnaie commune de coopération que nous appelions de nos vœux dans les années 90. Mais comment ? Comment laisser l’illusion d’une démocratisation de la BCE, même si hypocritement ses statuts intégraient des objectifs de croissance et d’«emploi » comme… ceux de la FED américaine ? Les peuples, les démocraties nationales n’ont aucune prise sur elle. De telles propositions ne font que légitimer ce que nous devons combattre !

 

Une monnaie commune n’est envisageable qu’avec le retour de monnaies nationales.

Au moment où l’euro, l’UE subissent une crise de confiance, de la part de peuples qui se mobilisent par millions contre la politique du capital, quel est le rôle des communistes ?

Certainement pas de rentrer dans le consensus pro-européen !

Mais de miser sur le rapport de force politique, de haut niveau, qui a amené à rejeter à 55% le Traité constitutionnel en 2005.

 

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31 janvier 2011 1 31 /01 /janvier /2011 21:15

1-foot-can2002-hue-aubry_45.jpgLa fédération du PCF du Val d’Oise est l’une de celles qui s’engagent le plus fortement dans le Front du Gauche derrière la direction nationale.

C’est aussi un département où la cohérence de cette stratégie est la plus éclairante.

 

Pour les sénatoriales de 2011, pour la première depuis la création du département, le PCF ne présentera pas de liste, bien que le parti n’ait pas perdu en nombre d’élus depuis les dernières élections, où il avait obtenu un élu. Il n’y aura pas non plus de liste « Front de gauche ».

Non, le choix est fait de présenter un candidat directement sur la liste du PS.

 

Et pas n’importe lequel ! Robert Hue !

Hue n’est plus membre du PCF. Il l’était encore lorsqu’il a été imposé (déjà) en 2004. Depuis, avec son MUP (« Mouvement unitaire progressiste »), il a déjà fait le choix de se ranger derrière le PS dès le 1er tour aux régionales de 2010 en Ile-de-France.

 

Hue considère que le PCF a fait son temps, c’est son droit. Mais il ne dédaigne pas de profiter encore un peu du Parti.

 

Maintenant, il est le candidat du Front de gauche derrière le PS. Finalement, tout cela est bien logique. Hue se situe dans la continuité du rôle de précurseur de la mutation-liquidation du PCF qu’il a joué comme secrétaire national ; sur ce plan seulement, avec une longueur d’avance. 

 

Côté démocratie interne au PCF, on notera que, pour l’instant, la direction nationale négocie, déjà, avec le PS sans que le CN en ait discuté, que les adhérents du Val d’Oise n’ont pas non plus été consultés. 

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30 janvier 2011 7 30 /01 /janvier /2011 12:22

Le camp des PS du monde ? Le Parti national-démocrate de Moubarak toujours membre de l’Internationale socialiste…

 

Les partis socio-démocrates ne tiennent pas les mêmes positions selon qu’ils sont au pouvoir ou non. Ce n’est pas une découverte. Les grandes luttes actuelles des peuples tunisiens et égyptiens viennent éclairer cette contradiction fondamentale.

 

Le groupe social-démocrate au Parlement européen s’est illustré en faisant bloc, lors de la dernière séance plénière (17 au 19 janvier 2011), avec le Parti populaire européen (droite) pour qu’aucune résolution sur la Tunisie ne soit adoptée, ni même simplement examinée. Le prétexte : il faut attendre que la situation « se stabilise » pour « avoir les idées claires ». C’est comme cela que Sarkozy a cherché à excuser son soutien tacite à Ben Ali.

 

Les déclarations ultérieures, après coup, venant notamment du PS français, en faveur de la démocratie en Tunisie n’y changent rien. Le mal est fait. Les socialistes français ne se sont pas désolidarisés de leurs camarades. A la tête du FMI, Strauss-Kahn avait d’ailleurs félicité Ben Ali en 2008 pour sa réussite économique…

 

Au passage, c’est un signe de plus qu’il n’y a rien à attendre d’un Parlement européen dont les députés ne sont pas responsables devant leur peuple.

 

Le même jour, le 19 janvier 2011, on apprend que l’Internationale socialiste (IS), qui réunit les PS du monde, dont Pierre Mauroy est président honoraire, a exclu de ses rangs, du jour au lendemain, le Rassemblement constitutionnel démocratique, RCD, le parti de Ben Ali.

Il était temps de se rendre de son « incompatibilité avec les objectifs fondamentaux de l’IS » !

 

Le Parti national démocratique égyptien, le parti de Moubarak, en est toujours membre. Dépêchez-vous de l’exclure, amis socialistes ! Sinon ça va se savoir !  

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23 janvier 2011 7 23 /01 /janvier /2011 23:06

Proposition d’« Initiative citoyenne européenne » : le PGE fait la promotion de l’UE de Lisbonne ! Inacceptable pour le PCF !

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Le Parti de la gauche européenne (PGE), maintenant présidé par Pierre Laurent, annonce le lancement d’une campagne européenne de signatures en vue de proposer une « initiative citoyenne » à la Commission de Bruxelles.

Sur la forme comme sur le fond, cette campagne va à l’encontre des positions défendues par les communistes au moment de la lutte contre Maastricht ou contre le TCE. Le PGE s’enfonce un peu plus dans une logique de légitimation de l’UE du capital.

 

Les « initiatives citoyennes européennes » désignent une disposition prévue par le Traité de Lisbonne.

 

Au plan national, le PCF a toujours, sauf dans des cas bien précis, condamné le recours au référendum, même d’initiative populaire. Loin d’être une avancée démocratique, il tend à caricaturer les vraies questions politiques et à rentrer dans une logique de plébiscite.

Au niveau de 27 Etats européens, c’est pire.

 

Les modalités d’application du « droit » d’initiative citoyenne, laissées à la définition du Parlement européen, confirment la mascarade que nous avions dénoncée en 2005. Mais le PGE rentre dans le jeu…

Les dispositions juridiques définitives ne seront adoptées qu’en 2012 ( !). On sait déjà qu’il faudra 1 million de signatures émanant, avec un minimum dans au moins 7 pays, pour, tenez vous bien amis démocrates, pour pouvoir demander à la Commission de Bruxelles de bien vouloir organiser un référendum. Libre à elle de refuser, à condition de donner ses raisons !

 

Toutes les précautions sont prises pour éviter que voient jamais le jour les seuls référendums que les peuples doivent être en droit d’exiger dans l’UE: les référendums qui remettent en cause les traités de l’UE, la dictature de l’UE du capital.

Le souvenir des victoires du NON au Danemark en 1992, en France et aux Pays-Bas en 2005, en Irlande en 2008, restent décidemment dans la gorge des dirigeants européens. Ils ont permis de montrer, au bénéfice des tous travailleurs de tous les pays, combien cette UE est illégitime, combien les peuples peuvent y résister dans le cadre national.

 

Mais le projet du PGE n’a pas du tout cet objectif politique. Il est parfaitement recevable par la Commission européenne. Il n’a rien à voir et est même contradictoire avec les belles campagnes en France du PCF pour obtenir un référendum contre Maastricht en 1992, contre la monnaie unique en 1996/7, contre la Constitution européenne en 2005.

 

Le PGE demande la création d’un fonds d’investissement européen qu’il souhaiterait voir dédier au financement d’investissement pour la recherche, la formation, l’emploi, les infrastructures et bien d’autres choses.

Mais pourquoi un fonds européen ? Comment laisser imaginer que les peuples obtiendront plus d’un échelon qui leur échappe que des gouvernements de leurs pays ?

 

L’illusion, ou plutôt la supercherie, apparaît encore plus nettement dans les ressources proposées par les spécialistes du PGE pour alimenter le fonds.

Il faudrait d’abord augmenter le budget européen ! Mais d’où viennent ses recettes sinon du prélèvement sur les budgets nationaux ! On voit parfois dans nos villes des panneaux de propagande indiquant que la réfection d’un trottoir a été financée « grâce » à l’UE : en fait c’est avec notre argent !

Il faudrait ensuite créer une taxe sur les transactions financières, les mouvements spéculatifs. Même ATTAC a relativisé sa proposition historique devenue une tarte à la crème, reprise régulièrement à leur compte par les dirigeants du G20. Outre son caractère irréaliste, elle présente une logique perverse : plus il y spéculation, plus il y a de ressources pour le « fonds ».

Enfin, le PGE compte sur la BCE pour abonder le fonds avec une autre politique monétaire. Un FMI de gauche, une BCE de gauche, plus à gauche que Strauss-Kahn et Trichet ? Impossible, la BCE et l’euro ont été conçus pour échapper aux peuples.

 

Sur tous ces sujets précis, il serait souhaitable que le débat s’ouvre dans le PCF et nous ne demandons qu’à y contribuer. Mais ils ne doivent pas non plus esquiver une question de fond, encore plus imminente.

La proposition du PGE, l’action du PGE, combinée ouvertement avec celle de la Confédération européenne des syndicats (la CES qui défend le Traité de Lisbonne) se placent dans l’acceptation, la promotion du cadre de l’UE. Pour le PGE, c’est même une condition inscrite dans ces statuts pour bénéficier du financement de la Commission européenne.

 

Les communistes français peuvent et doivent avoir la possibilité de refuser cette dérive, qui trahit toutes les positions historiques du PCF.

L’affiliation du PCF au PGE ne doit pas être une fatalité. Pour nous il est clair qu’il faut en sortir.

 

D’autres formations ou personnalités commencent à avancer des propositions « d’initiative citoyenne européenne ».

Ainsi, Christine Boutin, représentante de la droite la plus réactionnaire demande un référendum pour que les « racines judéo-chrétiennes » de l’Europe soient plus explicitement inscrites dans les textes de l’UE (tiens comme Gallo ou Gerin !). Voilà qui laisse présager des questions nauséabondes que les « initiatives citoyennes » vont charrier à l’instar des votations en Suisse.

De son côté, le premier ministre et « père la rigueur » socialiste grec Papandreou va lancer une « initiative citoyenne européenne » pour la création d’un fonds européen qui mutualiserait les intérêts d’emprunt et permettrait « de financer des infrastructures », des activités créatrices d’emplois etc.

Papandreou, Pierre Laurent, les esprits se rencontrent !

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